Visiteurs de l’espace et religion. (1) Vie extraterrestre et foi chrétienne, apparitions mariales et OVNIs

Voici ce qu’on lit dans un article (paru en novembre 2009) du Washington Post, un article qui est signé du chroniqueur scientifique Marc Kaufman et qui a été repris sous forme condensée par The Telegraph :

« A quelques centaines de mètres du Vatican, sur le Campo de Fiori, se trouve une grande statue de Giordano Bruno, un philosophe de la Renaissance qui avait été condamné au bûcher par l’Inquisition en 1600. Parmi ses nombreuses ‘hérésies’, il croyait en la ‘pluralité des mondes’ – c’est-à-dire à la vie extraterrestre et aux ‘aliens’. » (M. Kaufman)

L’Académie Pontificale des Sciences organisait du 6 au 10 novembre 2009 sa première semaine d’études sur l’astrobiologie, cette nouvelle science qui recherche la vie dans le cosmos et s’intéresse à comprendre comment elle est apparue sur Terre.

« La ‘Casina Pie IV accueillait des scientifiques de premier plan venus du MIT, du CNRS, du SETI ou du Laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux. Il apparaît maintenant que certaines des traditions qui reposent le plus sur la foi considèrent désormais très sérieusement la possibilité que la vie existe ailleurs sous des formes multiples.

L’astrobiologie s’est imposée et les institutions sociales et religieuses – dont le Vatican – ont reçu le message.

Le Père jésuite Jose Funes, astronome et directeur de l’Observatoire du Vatican, est l’un des principaux artisans de cette conférence. C’est lui qui dans une interview, le 13 mai 2008, avait déclaré que l’immense étendue de l’Univers montre qu’il est possible que d’autres formes de vie existent en-dehors de la Terre, même des êtres évolués, et que cette idée ‘ne saurait être contraire à la foi chrétienne’ parce que les ‘aliens’ seraient des créatures divines.

L’interview reprenait en titre une de ses formules : ‘L’extraterrestre est mon frère’. Selon lui, nier l’existence des E.T. serait comme ‘imposer des limites’ à la liberté du Créateur.

‘Comme il existe une multiplicité de créatures sur Terre, il peut y avoir d’autres êtres également intelligents créés par Dieu.’

Cependant, cette idée peut heurter certaines personnes qui sont attachées à des ‘vérités’ bien enracinées. De la même manière que la révolution copernicienne nous avait forcés à réaliser que la Terre n’est pas le centre de l’Univers, la démarche des astrobiologistes nous conduit à envisager que nous ne soyons pas seuls et qu’il y ait d’autres créatures plus avancées dans l’Univers.

Ce ne serait peut-être pas ‘contraire à la foi’ mais ça pourrait amener un changement radical quant à la perception de notre place dans l’Univers.

Cette conférence de 5 jours était présidée par l’évêque Marcelo Sanchez Sorondo, qui dirige la prestigieuse ‘Académie pontificale des sciences’. Une trentaine de scientifiques (dont beaucoup ne sont pas croyants) ont présenté des travaux sur l’origine de la vie, la découverte de microbes ‘extrêmophiles’ sur notre planète, qui peuvent nous renseigner sur les possibilités de vie ailleurs, comment des formes de vie pourraient être détectées dans notre système solaire, si une biochimie différente peut manifester la vie, ou encore comment découvrir les ‘bio-signatures’ en s’intéressant aux nombreuses exoplanètes…

Après avoir surmonté le facteur du ridicule, en ce qui concerne les possibilités de vie extraterrestre, les astrobiologistes ont adapté leur langage scientifique et leur auditoire pourrait un jour utiliser ce discours pour amplifier leur foi.

L’Eglise catholique n’est pas la seule institution qui se prépare à un tel bouleversement. Par exemple, l’Institut National d’Astrobiologie de la NASA, fondé en 1998, avait organisé en février une réunion de savants, de membres de comités d’éthique, de responsables religieux et de philosophes, pour envisager les implications de l’astrobiologie sur la société et contribuer à réviser la ‘feuille de route’ semi-officielle destinée à répertorier les aspects sensibles d’une possible découverte de la vie extraterrestre.

Cette première étape est considérée par de nombreux scientifiques comme très vraisemblable, elle serait même toute proche – et consisterait par exemple en la découverte d’une vie microbienne sous le sol martien ou dans les océans d’Europe (une lune de Jupiter), ou dans les geysers d’Encelade (qui gravite autour de Saturne).

Les astrophysiciens et les astrobiologistes estiment que si l’on découvre une seconde genèse dans un même système solaire, cela augmenterait considérablement la probabilité que la vie soit un phénomène courant dans l’Univers. Comme nous le savons, si les conditions sont appropriées, l’évolution peut amener à très long terme des microbes à devenir des dinosaures, des oiseaux et des humains.

La possibilité de la vie extraterrestre ne pose aucun problème aux religions orientales qui ne sont pas vraiment ‘géocentristes’. L’Islam se soucie assez peu des extraterrestres parce que le Coran parle explicitement d’autres mondes, et il en va de même pour des communautés chrétiennes telles que les Mormons.

L’astrobiologie représente cependant un défi sérieux pour les religions d’occident où Dieu et les hommes sont placés au centre du système.

Paul Davies, physicien et cosmologue de l’Université d’Arizona, pense en effet que ‘la découverte d’une autre genèse aurait un impact énorme dans la sphère spirituelle’. Pour lui, les leaders religieux de la chrétienté en particulier ont choisi de ‘minimiser les conséquences’.

‘La découverte d’une intelligence extraterrestre constituerait une menace parce que, s’il y a d’autres êtres dans l’Univers, ce serait très dérangeant pour les Chrétiens. Ils croient que Dieu s’est incarné sous la forme de Jésus-Christ pour sauver les hommes, pas les dauphins, les chimpanzés ou les petits hommes verts sur d’autres planètes.’

Paul Davies a résumé les tensions au sein de l’Eglise catholique :

‘L’Histoire montre que les chrétiens sont divisés en deux camps :

Certains croient que c’est la destinée humaine d’apporter le salut aux ‘aliens’, et d’autres croient en des incarnations multiples.’

Il fait référence à la croyance selon laquelle le Christ pourrait s’être également manifesté sur d’autres planètes. Mais ‘l’allusion à des incarnations multiples est une hérésie pour le catholicisme’. (Et Giordano Bruno en savait quelque chose.)

De nombreux érudits protestants s’accordent avec Funes pour dire que la découverte de la vie extraterrestre ne poserait pas un problème majeur pour leur foi ou leur théologie, surtout s’il ne s’agit pas d’être intelligents ou conscients. Mais les évangélistes sont bien davantage concernés, et cela nous rappelle les violents débats sur l’évolution.

Gary Bates, responsable du groupe ‘Creation Ministries International’, à Atlanta, me déclarait récemment, à propos de la conférence du Vatican :

‘Sous l’angle théologique, la vie E.T. tournerait en dérision la raison principale pour laquelle le Christ est venu mourir, c’est-à-dire la rémission de nos pêchés, notre rédemption.’

Bates croit que ‘cette communauté terrestre est le but ultime de la création’ et qu’une vie extraterrestre intelligente, dotée d’une conscience morale, pourrait dévaluer cette conception et la croyance en l’incarnation, l’épisode dramatique de la résurrection et le thème de la rédemption, qui est le point central de la foi. Il m’écrivait :

‘C’est un problème énorme sur lequel de nombreux chrétiens n’ont pas encore réfléchi.’

La grande question concerne la vie intelligente. Les astronomes nous disent qu’il y a des milliards de milliards d’étoiles dans l’Univers connu, et on découvre en permanence que des planètes orbitent autour de certaines d’entre elles. Il est de plus en plus difficile de vouloir prétendre que seule la Terre serait capable d’héberger une forme de vie complexe et évoluée – celle dont les chrétiens pensent qu’elle nécessite d’être sauvée. D’autres questions suivent inévitablement : la chrétienté et les autres religions ont-elles les seules réponses au sujet de la vie sur Terre ? Et si elles ne peuvent se prétendre ‘universelles’ au sens cosmique, auraient-elles moins de sens pour autant ?

Le Vatican s’était déjà lourdement trompé face à Copernic, Galilée, ainsi que d’autres chercheurs, et il ne souhaite pas commettre les mêmes erreurs.

Pour Pierre Lena, astrophysicien français et membre de l’Académie Pontificale :

‘L’astrobiologie est une science majeure qui a des choses intéressantes à dire ; elles pourraient transformer la vision que l’humanité a d’elle-même. L’Eglise ne peut rester indifférente.’

Prêtre et scientifique, le Révérend Funes est un peu désabusé. Il n’a pas semblé surpris des réactions mondiales après ses déclarations sur ses ‘frères extraterrestres’ l’an dernier et de l’attention portée sur la conférence des astrobiologistes.

Il ne retire rien de ses propos antérieurs et ne regrette pas de s’être exprimé. Il m’a confié que les autorités du Vatican ne lui avaient fait aucun reproche.

Mais il a tenu à rappeler qu’il ne s’était pas exprimé au nom de l’Eglise, même si son interview avait fait la une de l’‘Osservatore Romano’. Selon lui, l’Eglise n’a pas de position officielle sur la vie extraterrestre ni sur les questions théologiques qui pourraient en découler. Si certains auteurs se consacrent à la science-fiction, Funes quant à lui est intéressé par la ‘fiction théologique’ – et c’est ce qui lui semble important, sur le plan religieux, à supposer qu’on découvre un jour de la vie dans l’Espace.

José Funes a conclu d’un air malicieux :

‘Pour le moment, l’Eglise n’a pas à s’exprimer sur ce point. Mais ça pourrait certainement changer.’ » (M. Kaufman) (1)

 

* Mon commentaire :

Que les « aliens » soient des créatures divines, comme les êtres terrestres, c’est une évidence.

On nous dit que l’astrobiologie est un défi sérieux pour les religions d’Occident car dans celles-ci Dieu et les Terriens sont mis au centre du système universel. Effectivement il faudra, lors du futur contact extraterrestre officiel, que de nombreux croyants remettent en question certaines conceptions surannées et obsolètes relatives à Dieu, au Christ et à d’autres thèmes spirituels !

Il est faux de dire, par exemple, que Dieu s’est incarné sous la forme de Jésus-Christ pour sauver l’Homme. Des « Christs », il y en a de nombreux dans le vaste Univers ! Et chaque planète habitée a évidemment eu, dans son histoire, ses propres « prophètes » ou « Christs ». Quant à la « rémission des péchés », cela ne concerne aucunement les « péchés » individuels, mais concerne en réalité (c’est ce que n’ont pas compris les théologiens et les croyants « orthodoxes ») le karma négatif de l’humanité, la nuance étant très importante. Chacun est par contre responsable de ses actes, et aucun « Messie » ou « Fils de Dieu » n’a le pouvoir d’effacer les « péchés » (en réalité : le karma négatif) d’un individu.

Voici deux citations extraites de la littérature médiumnique contemporaine :

« Lorsqu’un être du Monde divin vient offrir sa vie en sacrifice, il prend sur lui une part du karma de l’humanité (plus ou moins grande selon l’importance de ce sacrifice). Par la force de son Amour, il va transmuter une partie de ce karma négatif. » (2)

« Ainsi, la simple vérité est que chacun possède le potentiel de devenir un Christ. Cependant, vous n’atteindrez pas la conscience christique à travers les efforts d’un autre. Vous l’accomplirez par vos propres efforts ou pas du tout. La doctrine sur la rédemption par substitut (le concept erroné selon lequel Jésus est mort pour les péchés de tous et que, ainsi, tout ce que vous avez à faire est d’accepter Jésus comme votre Seigneur pour être sauvé) peut être réconfortante pour ses défenseurs, mais elle ne fera jamais avancer quiconque d’un seul pas sur le chemin de la maîtrise de soi ! La rédemption par substitut est contraire à la loi universelle de cause à effet. » (3)

Le Christ s’est-il manifesté sur d’autres planètes ? C’est possible, mais je dirais alors qu’il l’a fait comme d’autres « Fils de Dieu » (autres « Messies » ou « Sauveurs ») l’ont fait, le Christ n’étant pas « le Fils unique de Dieu », contrairement à ce que s’imaginent beaucoup de Terriens « croyants ».

Et, évidemment, la destinée humaine n’est pas d’apporter le « salut » aux « aliens », les Terriens n’étant évidemment pas plus importants, dans l’Univers, que les autres peuples stellaires. Il n’y a pas de favoritisme pour la Terre, ce faux favoritisme étant en relation avec la fausse qualité de « Fils unique de Dieu » attribuée au Christ.

Quant aux « incarnations multiples » (référence donc à la réincarnation), n’en déplaise au catholicisme (notamment) pour qui c’est une « hérésie », cela existe bien !

Selon Gary Bates, la vie extraterrestre tournerait en dérision « la raison principale pour laquelle le Christ est venu mourir, c’est-à-dire la rémission de nos péchés, notre rédemption ». Une vie extraterrestre intelligente pourrait, dit-il, dévaluer la conception selon laquelle la communauté terrestre est le but ultime de la Création, ainsi que la croyance en l’incarnation, « l’épisode dramatique de la résurrection et le thème de la rédemption, qui est le point central de la foi ». Le fait de la multiplicité des formes conscientes de vie, dans l’Univers, dévalue effectivement les conceptions erronées des chrétiens sur la nature de Dieu, du Christ, de la « résurrection », de la « rédemption », etc., la communauté terrestre n’étant évidemment pas le but ultime de la Création. Ce que la vie extraterrestre tourne en effet en dérision, c’est la conception erronée qu’ont les croyants de la raison principale pour laquelle le Christ est venu mourir, car la rémission des « péchés » et la « rédemption », comme je l’ai précisé plus haut, n’ont rien à voir avec les « péchés » individuels, mais avec, à vrai dire, le karma négatif de l’humanité. Ce dernier point ne s’oppose évidemment pas à l’existence de Dieu, le Christ n’étant cependant pas « le Fils unique de Dieu ». Le concept de « résurrection » (quelle que soit la réalité sous-jacente à celui-ci) n’est pas par ailleurs invalidé par la vie extraterrestre !

La chrétienté et les autres religions n’ont évidemment pas les seules réponses au sujet de la vie sur Terre. La littérature médiumnique et ésotérique apporte à ce sujet des réponses autrement plus conformes à la réalité !

 

– Apparitions mariales et OVNIs :

Existe-t-il des rapports entre certaines manifestations de type religieux et des manifestations de type extraterrestre ? Je consacre quatre textes à ce thème.

Le premier texte, celui-ci, concerne la description de plusieurs cas d’apparitions mariales qui comportent une phénoménologie s’apparentant à celle des OVNIs. Cette étude permet d’établir l’existence d’un lien indiscutable entre quelques « mariophanies » et certaines caractéristiques du phénomène OVNI.

Le deuxième texte s’attache à expliciter la nature de ce lien et donc à répondre à la question : comment peut-on concilier des manifestations de type religieux avec une certaine partie du phénomène OVNI ? Dans cette deuxième partie, je détaille diverses manifestations « ufologiques » extraites de l’Ancien Testament.

Le troisième texte se concentre essentiellement sur quelques aspects de la vie de Jésus associés au thème abordé.

Le dernier texte concerne la destruction de Sodome et Gomorrhe.

L’objectif du présent texte n’est pas de faire une étude des multiples apparitions mariales répertoriées depuis des siècles (et notamment du dix-neuvième siècle à nos jours), mais de montrer le rapport existant entre certaines manifestations relevant des ‘‘mariophanies’’ (apparitions de la Vierge) et certaines caractéristiques du phénomène OVNI, ce rapport pouvant être étendu à d’autres types de manifestations religieuses, notamment dans la Bible.

Je précise qu’il ne s’agit pas, ici, de dire que les mariophanies dans leur ensemble relèvent de l’ufologie, mais de défendre l’idée que quelques mariophanies comportent une indiscutable « coloration » ufologique. Le cas le plus connu de connotation « ufologique » est Fatima (Portugal, 1917).

 

I. Fatima (Portugal), 1917 :

Le premier auteur à avoir fait des rapprochements pertinents entre l’apparition mariale de Fatima et certaines manifestations d’OVNIs est, à ma connaissance, Paul Misraki (1962, 1968, 1978). des-signes-dans-le-ciel-de-paul-misraki-976825672_MLUltérieurement, d’autres auteurs (Jacques Vallée, etc.) ont aussi évoqué les ressemblances entre ces deux types de phénomènes.

Le 13 mai 1917, trois petits bergers (deux fillettes et un garçon) déclarèrent avoir aperçu une « Dame de Lumière », d’une grande beauté, laquelle avait flotté au-dessus de la cime d’un chêne vert. L’apparition avait parlé : elle avait demandé notamment aux pastoureaux de revenir en ce même lieu le 13 du mois suivant.
Le 13 juin, une escorte accompagna les petits à leur rendez-vous :

« Là, les assistants purent voir les trois enfants tomber à genoux, cependant qu’une légère vapeur blanche se formait autour d’eux ; la lumière du jour, ainsi que la température, perdaient aussi de leur intensité ; une brise fraîche souffla. On ne distinguait aucune ‘belle dame’, mais l’aînée des enfants, Lucia, parlait comme si elle s’adressait à quelqu’un, puis écoutait d’inaudibles réponses. Les villageois, eux, ne percevaient, selon leurs dires, qu’un léger bourdonnement… Au moment où Lucia signala le départ de la Dame, il se passa quelque chose : les branches du chêne vert s’inclinèrent comme entraînées dans la direction indiquée par la petite fille. »

Le 13 juillet, plusieurs centaines de personnes s’agglomérèrent à la Cova da Iria, lieu des apparitions, pour assister à un spectacle en tous points semblable à celui du mois précédent. Lucia déclara que la « Dame » lui avait confié des « secrets ». Cette fois, le départ de la céleste visiteuse fut ponctué d’une détonation brutale que tous entendirent, cependant qu’un portique de fortune, érigé pour l’occasion, fut secoué sur ses bases.

L’administrateur de l’arrondissement voulut faire avouer aux enfants qu’ils avaient tout inventé. Peine perdue. Il ne put non plus obtenir les « secrets » de la Dame. Le 13 août, il séquestra les petits fauteurs de troubles à l’ordre public pour les soumettre à un nouvel interrogatoire. Il menaça les enfants de les plonger dans une marmite d’huile bouillante s’ils persistaient dans leur mutisme !

« ‘Ton petit frère est déjà frit !’, dit-il à l’une des fillettes, qui pâlit mais continua de se taire. Les enfants passèrent le reste de la journée dans la prison, mêlés aux détenus de droit commun. »

Pendant ce temps, à la Cova, les pèlerins assemblés apprirent que les enfants ne viendraient pas. On entendit cependant une sorte de coup de tonnerre, semblable à l’éclatement d’un pétard, suivi d’un éclair. La nuée blanche s’éleva du sol. Quatre jours après, les trois petits virent le vallon s’illuminer de la teinte jaune d’or qui précédait généralement les apparitions. La « Dame » se montra alors. Lucia la supplia de faire en sorte que son entourage puisse la croire quand elle raconte ce qu’elle a vu. La Dame promit pour le mois d’octobre un prodige éclatant.

 

1. Le globe lumineux :

Le 13 septembre, 20.000 à 30.000 personnes étaient rassemblées autour de la visionnaire. En plus de la vapeur blanche entourant les enfants, certains assistants aperçurent un globe lumineux traversant le ciel en direction du chêne vert. Il cessa d’être visible. Dix minutes après, le globe reparut et s’éloigna vers le ciel.

« On se le montre du doigt, cependant qu’une vieille dame à cheveux blancs, missel en main, trépigne : ‘Je ne vois rien ! Je ne vois rien !’… »

On constate alors qu’une pluie de corpuscules blancs, comparables à de minces flocons de neige, tombe du ciel et se désagrège au moment de toucher le sol.

Voici quelques témoignages :

« ‘A ma vive surprise’, dit l’un d’eux, ‘je vis clairement et distinctement un globe de lumière glissant lentement et majestueusement à travers l’espace (…). Puis subitement, avec la lumière extraordinaire qu’il dégageait, ce globe disparut à mes yeux, et le prêtre qui était à mes côtés cessa lui aussi de le voir.’ »

Comme il demande à ce voisin son opinion sur ce globe, ce dernier répond sans hésiter « qu’il s’agit sans doute du véhicule grâce auquel la Vierge Marie s’approchait des enfants… ».

Tous ceux qui aperçurent le globe, dit un autre texte, en retirèrent l’impression qu’il s’agissait d’un aéroplane de lumière apportant la « Mère de Dieu » au rendez-vous des pastoureaux et la rapportant ensuite au « Paradis »…

 

2. Les corpuscules blancs :

Je viens de mentionner les corpuscules blancs aperçus par les assistants. Une dame déclara avoir vu un de ces « pétales de fleurs » tomber sur son épaule gauche. Elle voulut le saisir, mais ne trouva plus rien.

De semblables pluies blanches se sont reproduites par la suite, à la Cova da Iria, le 13 mai 1918 (jour anniversaire de la première apparition) et le 13 mai 1924.

Paul Misraki fait ici un judicieux parallèle avec certains témoignages d’OVNIs :

 

a) Oloron, 1952 :

En 1952, dans les Pyrénées-Atlantiques (alors appelées « Basses-Pyrénées »), on vit passer, dans le ciel d’Oloron, un cigare et plusieurs disques. Tous ces objets laissèrent derrière eux « une abondante traînée qui tombait lentement vers le sol en se désagrégeant ». Pendant quelques heures, il y en eut des paquets accrochés aux arbres, aux fils téléphoniques, sur le toit des maisons.

« C’était comme des fils de laine ou de nylon, ressemblant à des fils de la Vierge ; ils devenaient rapidement gélatineux, puis fondaient et disparaissaient. Parmi les nombreux assistants qui purent les recueillir et les tenir dans la main pendant quelques instants, se trouvaient les professeurs du collège ; l’un d’eux les examina attentivement mais ne put en faire l’analyse car ils se sublimèrent avant qu’il ne parvînt à un laboratoire. »

 

b) Graulhet, 1954 :

Le 13 octobre 1954 au-dessus de Graulhet (Tarn), et le 18 octobre 1954 à Vienne (Isère), il y eut la même pluie évoquant de la laine de verre ou des fils de toile d’araignée.

« Des experts se penchèrent sur la question et proposèrent des explications ‘naturelles’ plus étonnantes encore, par leur insuffisance, que le phénomène lui-même.

Laine de verre, fils d’araignée : ces comparaisons ne correspondent pas tout à fait aux ‘corpuscules blancs’ qu’une pieuse préoccupation transforme en ‘pétales de fleurs’. Il reste cependant une analogie certaine entre ces diverses chutes de ‘mannes’ célestes, ‘flocons de neige’ ou… ‘fils de la Vierge, qui fondent rapidement à la chaleur du sol. »

 

– La manne céleste :

On fera aussi le parallèle avec la « manne » du récit de l’Exode. Dans l’Ancien Testament, la « manne » est une nourriture tombée du ciel grâce à laquelle tout un peuple put subsister dans le désert « pendant quarante ans ».

Six jours sur sept, une couche de rosée recouvrait les alentours du camp. Puis, la rosée évaporée, apparaissait sur la surface du désert « quelque chose de menu, de granuleux » (traduction incertaine), « de fin comme le givre ». (Exode, 16, 14.)

« On eût dit de la graine de coriandre, c’était blanc, cela avait le goût de la galette au miel. » (Exode, 16, 31.)

Il fallait procéder au ramassage dès l’aurore, car ce « pain du ciel » fondait à la chaleur du jour.

Voici, à ce propos, les commentaires pertinents (que je fais miens) de Paul Misraki :

« Ici encore, les professionnels de la démythification s’en sont donnés à cœur joie. La manne, disent les uns, n’est qu’une sorte de résine secrétée par le tamaris sous l’effet de la piqûre des cochenilles. La preuve, ajoute Werner Keller dans ‘La Bible Arrachée aux Sables’, c’est que cette sorte de manne se rencontre couramment dans la région où elle fait l’objet d’un commerce régulier. Il faut croire que cette preuve n’apparaît pas aussi lumineuse à tous car d’autres, non moins doctes, voient dans la manne un lichen, association symbiotique d’un champignon et d’une algue dont la valeur nutritive très élevée se rapprocherait de celle de la chlorella. Nous avons l’embarras du choix : tamaris plus cochenilles, ou algue plus champignon ? Qui dit mieux ?

Quoi qu’il en soit, si l’une ou l’autre de ces deux combinaisons se rencontre dans les déserts aussi couramment qu’on le prétend, on se demande pourquoi les Hébreux, en contact avec les caravanes qui sillonnaient les sables à longueur d’année, auraient pris cette banale substance pour un nouveau don de Dieu, à tel point que le souvenir en fut étroitement associé avec les événements de la Pâque et que les chrétiens y virent plus tard la préfiguration de l’Eucharistie : n’avaient-ils pas, entre-temps, reconnu que cette nourriture se retrouvait périodiquement dans les déserts environnants, à la portée de tous les voyageurs quels qu’ils fussent, et ne constituait nullement la marque d’une dilection spéciale de la part du Seigneur Yahwé ?

Ajoutons que les commentateurs naturalistes ont fait ici, une fois de plus, bon marché du contexte. Car le récit biblique insiste tout particulièrement sur un détail auquel il semble accorder une importance capitale, à savoir que la manne n’apparaissait que six jours sur sept, chaque sabbat étant marqué par sa complète absence ; le sixième jour, par contre, Israël en recueillait une ration double en vue du jour chômé. Quelle belle régularité dans le travail des cochenilles ! Et quelle constance aussi, puisque ce singulier repas fut servi aux Hébreux pendant quarante ans d’affilée !

Je pense plutôt qu’un rapprochement s’impose entre ces graines blanchâtres, tombées du ciel comme une pluie (‘Je vais faire pleuvoir pour vous le pain du ciel’, dit Yahwé), semblables à du givre sur le sol et se dissolvant dans l’air au bout d’un certain laps de temps, et ces divers produits d’aspect analogue récemment signalés lors du passage d’objets non identifiés : qualifiées en Amérique de ‘cheveux d’anges’, en France de ‘fils de la Vierge’, et à Fatima de ‘pétales blancs’ ou de ‘sortes de flocons de neige’, ces substances gélatineuses bientôt sublimées, n’ont jamais, il est vrai, démontré leur valeur nutritive, nous le reconnaissons volontiers. Mais outre le fait qu’aucun témoin de pareilles pluies ne semble avoir porté ces substances à sa bouche (certains n’en auraient même pas eu le temps), il est frappant de constater une flagrante similitude d’aspect entre toutes ces substances blanchâtres et volatiles en rapport étroit avec l’apparition dans le ciel d’un objet inconnu. Aussi bien l’Exode précise-t-il que la chute de la manne fut précédée par une apparition de la Gloire de Yahwé, visible pour tous.

Et nous en venons à nous demander si ce ‘pain du ciel’ différait sensiblement de celui que les Grecs nommaient l’ambroisie, nourriture des ‘dieux’, à laquelle de rares mortels, admis à la goûter, attribuaient un léger goût de miel…

La Vulgate fait dire à l’ange Raphaël : ‘Moi, je me nourris d’un aliment invisible et d’une boisson que les hommes ne connaissent point.’ (Tobie, 13, 19.) »

 

3. La « danse du Soleil » :

Le 13 octobre 1917, environ 50.000 ou 70.000 personnes (selon les estimations) s’étaient rassemblées aux alentours de la Cova da Iria.

A 10 heures, le ciel était couvert de nuages noirs et la pluie tombait dru. A midi heure locale, les nuages commencèrent à se disperser. Les enfants tombèrent en extase, et la coutumière nuée blanche, par trois fois, se forma et s’éleva au-dessus d’eux. Au bout de quelques instants, Lucia s’écria brusquement : ‘‘Regardez le Soleil !’’ Un témoin déclara ce qui suit :

« Je pus voir le soleil, (…), semblable à un disque à bords nets, à l’arête vive, lumineux et brillant, mais n’imposant aux yeux nulle fatigue. J’entendis des gens le comparer à un disque d’argent mat ; mais cette image ne me parut pas exacte car il s’agissait d’une couleur plus claire, active et riche, avec des chatoiements comme l’orient d’une perle. Ce disque n’avait aucun lien de ressemblance avec la lune telle qu’on peut la voir par une nuit transparente et pure : il se voyait comme un astre vivant. A la différence de la lune, il n’était pas sphérique ; il apparaissait comme un disque plat et poli qu’on aurait taillé dans la nacre d’une coquille (…), et se distinguait nettement avec un bord taillé en arête comme une planche à dessin. »

Ce « Soleil » argenté, discoïde et plat, ne devait pas se trouver à une très grande altitude car, selon un témoin, les nuages ne masquaient pas la lumière de l’astre, « de sorte qu’on éprouvait l’impression » que ces nuages « passaient derrière le soleil, non devant ». L’« astre » se trouvait donc à ce moment-là entre les nuages et la terre.

« Soudain, le soleil frémit et bascula, puis se mit à tournoyer sur lui-même en faisant jaillir dans toutes les directions des gerbes de lumière qui changeaient de couleur à intervalles réguliers. Tout le paysage s’en trouva coloré : ‘Mais, Madame, vous êtes jaune !’, s’écria, raconte-t-on, un des assistants avant que la dame ne devînt verte, puis bleue, puis cramoisie, en même temps que son entourage. Après deux ou trois minutes, le disque parut demeurer quelques secondes en suspens, puis il reprit son mouvement giratoire et multicolore. Enfin, devenu rouge sang, il se mit à descendre par une série de bonds successifs en zigzag dont chacun le rapprochait de la terre, où la chaleur ne cessait d’augmenter. Enfin, après un dernier balancement plus lent, le disque remonta rapidement vers le ciel, à ce moment-là complètement débarrassé de nuages. Et tout redevint normal en un instant ; le Soleil, immobile en plein ciel, brillait de son éclat insoutenable, empêchant la foule de continuer à le regarder.

Les vêtements de ceux qui, depuis le matin, avaient pataugé sous la pluie, étaient entièrement secs. »

Dans son livre, Paul Misraki a fait le parallèle entre la description du « miracle » de Fatima et le contenu de certains témoignages contemporains d’observations d’OVNIs… (4)

 

4. Les théories :

Les éléments de comparaison mis en exergue ci-dessus, associés aux éléments d’information concernant le « globe lumineux », les « corpuscules blancs » et la « danse du Soleil », constituent une véritable preuve de l’identité de nature des manifestations mariales de Fatima et de certaines apparitions de type OVNI. Cette étroite parenté de manifestation permet d’évacuer les autres interprétations données, à tort, par certains spéculateurs :

• Une réelle « danse » du Soleil.

• La théorie hallucinatoire.

• L’invention pure et simple ou l’imposture (Gérard de Sède).

• La théorie phosphénique (Francis Lefébure).

• L’explication faisant intervenir les militaires (Emmanuel Dehlinger).

 

a) La danse du Soleil :

La réelle danse du Soleil est à exclure totalement. Et ce, pour plusieurs raisons évidentes :

1. On imagine mal notre astre dispensateur de vie se mettre à « danser » ! Cela aurait occasionné, évidemment, des dégâts considérables au niveau du système solaire et en particulier au niveau de notre planète…

2. Aucun astronome n’a évidemment vu de comportement solaire bizarre au moment de l’apparition de Fatima. Et, bien sûr, personne n’a vu de ‘‘danse solaire’’ ailleurs que dans la localité de Fatima. La prétendue « danse » était donc circonscrite au lieu de l’« apparition ».

3. Les similitudes frappantes avec le comportement cinématique des OVNIs excluent aussi toute « danse solaire ».

 

b) La thèse de l’hallucination :

La théorie hallucinatoire ne tient pas la route pour plusieurs raisons. Voici d’abord ce que Paul Misraki a noté à ce sujet :

« Aucun observatoire de notre planète, nous nous en doutons, n’avait remarqué la moindre anomalie dans le comportement du Soleil en ce 13 octobre 1917 : l’astre du jour n’avait donc pas vraiment ‘dansé’, ni jeté des étincelles, ni changé de couleur.

Et, cependant, la foule avait vu. Alors, on parla d’hallucination collective, et l’on admettra sans peine que ce fut là l’hypothèse la mieux accueillie.

Les partisans de Fatima objectèrent que rien ne pouvait justifier la forme particulièrement insolite qu’avait revêtue cette prétendue hallucination. En effet, les spectateurs de la Cova da Iria, si portés qu’ils fussent à accueillir l’idée d’un prodige imminent, s’attendaient à ‘voir’ apparaître la Sainte Vierge, ou le Christ, ou même toute la Sainte Famille réunie, ou bien à assister à une nouvelle pluie de fleurs blanches ou quelque autre phénomène en rapport avec les apparitions ; dans cette attente, ils s’étaient tous tournés dans la direction du chêne vert, centre habituel des manifestations précédentes. Absolument personne, au moment où Lucia jeta son cri : ‘Regardez le Soleil !’, ne pouvait imaginer un spectacle aussi abracadabrant, encore moins communiquer à la foule tout entière une vision uniforme d’une fantasmagorie aussi imprévisible ; d’autant plus que cette même foule, pour ‘voir’, dut opérer un mouvement de volte-face et tourner le dos au chêne vert.

Cet argument psychologique ne s’avéra pas suffisant pour convaincre les partisans de l’hallucination ; il en surgit alors un autre, beaucoup plus solide. A quelques kilomètres de la Cova da Iria, les habitants d’un village, qui vaquaient à leurs occupations ordinaires – et qui, par conséquent, ne se trouvaient pas dans une ambiance propice à l’hallucination -, avaient eu le regard attiré par le spectacle insolite du disque en mouvement et purent l’observer à distance. Ils s’étaient tous réunis sur la place, se demandant quelle signification accorder à ce phénomène.

Or, si l’on accepte de considérer comme ‘possible’ qu’une hallucination collective s’empare unanimement d’une foule composée de plus de cinquante mille individus rassemblés en un même lieu sous l’effet d’une préoccupation identique, il n’en va pas de même lorsque deux foules se trouvent séparées par une distance de plusieurs kilomètres et lorsque l’un des deux groupes n’a subi au préalable aucune préparation psychologique. Dans de telles conditions, l’hallucination devient, du point de vue scientifique même, tout à fait improbable. » (5)

A ce commentaire tout à fait pertinent de Paul Misraki, il faut bien sûr ajouter les rapprochements qui ont été faits plus haut avec certaines manifestations de type OVNI.

 

c) La thèse de l’invention :

Dans un numéro de « Marianne » d’avril 2005, on trouve des extraits d’un livre de Jean-François Kahn : « Dictionnaire incorrect » (2005). A « Fatima », on lit ce commentaire farfelu (mais ce n’est pas le seul de ce livre) :

« Petite ville du Portugal où, en 1917, trois jeunes bergers blagueurs se livrèrent à une imposture qui eut un immense retentissement. »

Il s’agit là d’une présentation lapidaire assortie d’une explication émanant d’un individu bien connu par ailleurs pour ses convictions athées et rationalistes bien établies. Mais cette formulation fantaisiste ne tient pas la route. Sur quels éléments Jean-François Kahn s’appuie-t-il pour tenir de tels propos ? On ne le sait pas. On sait seulement que, comme tout « rationaliste » qui se respecte, il privilégie (l’ignorance et l’incompétence aidant) l’argumentation de ceux qui excellent dans le réductionnisme facile. Voyons, à ce propos, quels sont justement les arguments des tenants de l’imposture.

Dans un livre paru en 1991, le « zététicien » Henri Broch a évoqué les apparitions de Fatima, au centre desquelles s’étaient trouvés Lucia dos Santos (10 ans) et ses deux cousins, Francisco Marto (9 ans) et sa sœur Jacinta (7 ans). Francesco et Jacinta moururent dans leur dixième année, le premier d’une ‘‘grippe espagnole’’, la seconde ‘‘des suites d’une opération’’ dans un orphelinat religieux.

Henri Broch rappelle que ces trois petits bergers ont vu apparaître dans un chêne vert une « espèce de poupée très jolie », une petite Dame toute vêtue de blanc qui leur parla sans remuer les lèvres, d’une ‘‘voix fluette et mélodieuse’’, et leur demanda de venir six fois au même endroit, le 13 de chaque mois.

Henri Broch note que les photographes présents ont pris des clichés de la foule, mais pas le « prodige ». Il cite aussi un livre (qualifié d’« excellent ») de Gérard de Sède, dans lequel ce dernier opte pour l’imposture. Gérard de Sède mentionne un article daté du 23 juin 1917, publié par le journal « O Seculo », dans lequel un journaliste évoqua une « spéculation commerciale bien montée » (en relation avec la découverte d’une source minérale). Dans la région, la mort des deux enfants parut suspecte. Ainsi, le chanoine Casimir Barthas rapporta les propos suivants à propos de la mort prématurée de Francisco et Jacinta : il « fallait faire disparaître ces petits qui auraient fini par dévoiler la comédie ». Tant qu’il restera quelqu’un de vivant, « l’affaire ne peut marcher »

En 1921, Lucia quitta son village à jamais pour vivre dans une pension religieuse de Porto sous une fausse identité. Henri Broch parle à ce sujet de « séquestration illégale ». A 17 ans, « toujours en secret, toujours illégalement », elle fut transférée en Espagne d’où elle revint (lors de l’éclatement de la guerre d’Espagne) pour ensuite être cloîtrée à Porto puis au Carmel de Coimbra.

Un hôpital et une chapelle furent construits, et une revue sur Fatima (organe officiel du pèlerinage) fut publiée : « A Voz da Fatima ». En 1922, Monseigneur Da Silva ordonna l’ouverture de l’enquête. Ce n’est qu’en juillet 1924 que l’on consigna pour la première fois un témoignage de Lucia. En juin 1927, Monseigneur Da Silva dit avoir assisté à une pluie de pétales de fleurs qui se sont évanouis avant de toucher le sol.

En 1928, un hôtel (pour les pèlerins et touristes) et une prison (pour les pèlerins mendiants) furent construits autour de la chapelle. En mai 1928, Monseigneur Da Silva autorisa le placement de la première pierre d’une basilique à la Cova, « alors que l’enquête ecclésiastique n’est pas encore terminée ! ». Et en 1930 l’évêque Da Silva proclama légitime le culte de Notre-Dame de Fatima.

Monseigneur Da Silva fit parcourir le monde entier par des statues à l’effigie de Notre-Dame de Fatima. Cinq colombes venaient se poser, l’une après l’autre, devant la Vierge. Ici et là, sur le passage de la statue, les colombes étaient ainsi venues se poser sur les épaules ou la tête de l’effigie, en « signe d’adoration » en quelque sorte. Il ne s’agissait cependant pas d’un « miracle » (lequel se produisit aussi à Paris en 1952), mais de colombes dressées voyageant dans la soute à bagages de l’avion marial. Henri Broch note que la « caravane publicitaire de la firme Fatima se déplaça ainsi longtemps avec tout son attirail ».

Pie XII a mondialisé Fatima, et Paul VI s’est rendu à Fatima pour le cinquantenaire des apparitions…

Henri Broch mentionne aussi les deux photos publiées par l’‘‘Osservatore Romano’’ du 18 novembre 1951. Le 13 mars 1952, l’Osservatore Romano reconnut que ces photographies du « prodige solaire » étaient truquées, le fabricant des documents s’étant fait connaître. Il s’agissait de dessins de pure fantaisie… (6)

Finalement, quelle est la valeur probante de ce genre de « déviations » par rapport au manque d’authenticité de l’apparition originale ? Nulle, dirai-je. L’exploitation commerciale d’un phénomène d’apparition survenu dans un contexte religieux n’est pas spécifique à Fatima. On connaît, entre autres, le cas de Lourdes… Et les photos truquées du « prodige solaire » ne sont qu’un élément tardif qui ne saurait jeter le discrédit sur l’ensemble des témoignages recueillis à l’époque de l’apparition. Il y a aussi les insinuations malveillantes (sans le moindre soupçon de preuve) relatives à « l’assassinat » (pour les empêcher de « parler ») de deux des trois principaux jeunes témoins, et à l’exploitation financière de la découverte présumée d’une source minérale… Tout cela n’explique pas les rapprochements pertinents faits, par Paul Misraki, avec certaines manifestations d’OVNIs. Et ce d’autant plus que l’on retrouve – comme on va le voir plus loin – ce lien « apparitions mariales/OVNIs » dans d’autres cas de manifestations présumées de la Vierge. Et c’est aussi ce lien évident qui permet d’écarter l’explication fantaisiste d’Henri Broch faisant intervenir, pour la « danse solaire » de Fatima, une simple… insolation ! Il précise, cependant, qu’il s’agit d’une idée « toute subjective ». En effet… C’est ici qu’il faut néanmoins évoquer la théorie phosphénique de Francis Lefébure, laquelle pourrait conférer, a priori, un semblant de sérieux à la thèse de l’« insolation ».

 

d) Des phosphènes ?

Francis Lefébure a développé tout un ensemble de théories relatives au développement des facultés psi (ou « paranormales »), dans lesquelles le phosphénisme occupe une place importante. Dans l’un de ses livres, « Phosphénisme. La Clé Scientifique des Manifestations Surnaturelles », il a évoqué la troisième phase du phosphène, la ‘‘lueur diffuse’’ (une énergie émanant du cerveau), laquelle, qui peut être photographiée, permet de percevoir les objets physiques en pleine obscurité. Elle est, disait-il, à l’origine des phénomènes de voyance, des rêves prémonitoires, des visions et des apparitions, et de toutes les manifestations « surnaturelles ».

Ce sujet ne peut évidemment pas être abordé ici. Ce qui nous intéresse, ici, c’est l’éventuelle incidence de la théorie de Francis Lefébure sur les apparitions de Fatima :

« Il y a une autre profession qui porte naturellement au Mixage phosphénique, surtout les enfants, celle de berger, évidemment selon l’ancienne manière.

L’enfant berger était seul dans la nature. Il ne pouvait lire un livre, les moutons se seraient enfuis. Il était obligé de regarder l’horizon pour les surveiller. Ceci l’amenait à jouer souvent avec les phosphènes, parce qu’ils sont beaux, variés, et que leur observation s’accompagne d’une subtile sensation de bien-être. (…)

Nous avons cité un cas de fils d’instituteur communiste qui gardait les chèvres en été dans la montagne, et qui, bien que sans aucune éducation religieuse, jouait alors avec les phosphènes pour passer le temps. Il en a gardé toute sa vie quelque voyance. Une enquête chez les bergers nous a montré que même encore actuellement beaucoup d’entre eux suivent cette pente naturelle de l’esprit.

S’ils ont un peu d’éducation religieuse, ils vont prier d’instinct pendant ce jeu, car il y a une parenté entre la joie subtile que donne le phosphène et le sentiment religieux. De plus, les angelus ont été mis au lever et au coucher du Soleil, de telle sorte qu’il est normal de se tourner vers lui pour prier, d’autant plus que c’est l’heure où il est entouré des couleurs les plus variées et les plus changeantes, parmi lesquelles aux couleurs par diffraction dans les couches de brumes se mêlent des teintes phosphéniques, comme certaines expériences peuvent le mettre en évidence.

Or, nous remarquerons que toute l’histoire de l’Eglise romaine repose sur des enfants bergers. A propos des événements de Fatima, nous relevons dans ‘Il était trois petits enfants’ du chanoine Barthas que la plus jeune des enfants avait entraîné les deux autres à prier en fixant le Soleil, parce qu’ils avaient identifié le Soleil à Jésus et la Lune à Marie.

Bernadette, de Lourdes, les mois précédant ses apparitions, était au village de Barthrès, de l’autre côté du gave sur des pentes orientées vers le sud, qu’elle regardait tout en priant. Citons aussi Jeanne d’Arc, les enfants de La Salette, parmi bien d’autres voyants qui étaient bergers ou bergères. » (F. Lefébure) (7)

Le rapprochement est intéressant, mais il ne permet cependant pas d’expliquer les diverses phases des apparitions de Fatima. Le phosphénisme est par contre tout à fait susceptible d’expliquer la faculté de « voyance » des petits bergers et donc leur capacité à voir une entité (la Vierge) non perceptible par les organes sensoriels (ce qui explique pourquoi les autres personnes ne voient rien dans certaines apparitions mariales). Encore une fois, disons que le phosphénisme à lui seul ne peut expliquer Fatima, contrairement à ce que pensait Francis Lefébure : les similitudes constatées avec diverses manifestations d’OVNIs excluent ce genre d’explication, et ce d’autant plus qu’il n’est pas possible de réduire les OVNIs à des phénomènes de type phosphénique. Les multiples témoins d’OVNIs ne se sont pas amusés à fixer le Soleil avant leur observation (d’autant que beaucoup de ces observations ont eu lieu la nuit !)…

 

e) Et les militaires, dans tout ça ?

Dans un « livre » publié sur Internet, l’ingénieur Emmanuel Dehlinger soutient l’existence d’une « manipulation militaire » se dissimulant derrière le phénomène OVNI. Selon cette théorie fantaisiste, présentée par cet auteur comme étant, en quelque sorte, établie (par ses soins !) – ce qui constitue un comble -, la phénoménologie OVNI dans ses multiples aspects (observations diurnes et nocturnes, rencontres rapprochées, « crop circles », « men in black », mutilations animales, etc.) est imputable à des militaires ! Il prétend qu’il existe une corrélation entre le mouvement de la Lune et du Soleil et les apparitions d’OVNIs, cette corrélation pouvant s’expliquer par l’usage que ferait l’armée de l’éclairage de la Lune et du Soleil afin de dissimuler la source d’une projection lumineuse visant à simuler un OVNI. Des milliers d’observations d’OVNIs seraient ainsi imputables aux services secrets militaires, y compris les Rencontres Rapprochées du Quatrième Type (enlèvements extraterrestres), lesquelles sont alors réduites à des hallucinations provoquées artificiellement chez les témoins par les manipulateurs. Les observations d’OVNIs seraient explicables par la technologie des plasmas, laquelle permettrait la production d’OVNIs artificiels. (Les « lumières de Hessdalen » seraient ainsi des « plasmas thermiques ».)

Ce n’est pas l’endroit, ici, de faire la critique de cette « explication ». Il va de soi que je n’adhère absolument pas à celle-ci. Pour en démonter le « mécanisme », il faut aborder l’étude détaillée de chaque dossier OVNI, ce qui ne peut pas être fait dans ce texte. En outre, les récits de certains « contactés » valables, les informations reçues par channeling, etc., n’accréditent évidemment pas cette thèse farfelue, aussi farfelue, dirai-je, mais pour des raisons différentes, que celle des entités énergétiques manipulatrices de Jean Sider (entre autres) ou celle des « démons » des fondamentalistes religieux.

Pour expliquer les apparitions de Fatima, Emmanuel Dehlinger fait intervenir d’habiles trucages utilisés par l’armée américaine à des fins de propagande. Il reconnaît que la technologie de l’époque était beaucoup plus limitée que 50 ans après, mais il ne se décourage pas pour autant. Il évoque une « tentative de contrôle des populations par l’armée » par l’utilisation d’une projection lumineuse sur fond de nuages, et il rappelle, à ce sujet, qu’au cours de la première guerre mondiale, l’armée allemande avait déjà produit des brouillards artificiels sur lesquels elles avait projeté une image de la Vierge Marie, les bras ouverts en signe de paix, pour influencer les soldats ennemis.

Il n’oublie pas de mentionner que la réalité historique des apparitions d’un « ange » aux « voyants », en 1915-1916, a été mise en doute. Ainsi, l’abbé René Laurentin (1967) s’est étonné que la description de ces événements préliminaires n’ait été faite que 20 ans plus tard, rien de cela n’ayant transparu lors des interrogatoires des enfants en 1917.

Emmanuel Dehlinger évoque la présence d’un champ électromagnétique, d’un rayonnement électromagnétique (audition d’une sorte de bourdonnement d’abeille). A propos du ploiement des branches de l’arbuste où la Vierge est censée se tenir, il évoque une possible « mise en scène de médiocre qualité à base de bouts de ficelles attachés aux branches ». Il parle du caractère suspect d’un effet lumineux accompagné du ‘‘souffle d’une fusée d’artifice’’.

A propos de la promesse d’un « grand miracle », faite par l’apparition le 13 juillet 1917, Emmanuel Dehlinger précise que l’on a suggéré que Lucie a reçu ce type d’annonce d’un membre du clergé local et non lors de l’apparition. On a avancé le nom de l’abbé Faustino José Jacinto Ferreira, que Lucie visitait fréquemment. Le contenu du « deuxième secret » (sur trois secrets) donné par la Vierge – l’appel à la conversion de la Russie – est suspecté avoir en fait été mis dans la bouche de Lucie, son contenu politique s’étant alors révélé fort à propos cette année-là dans un Portugal en dictature et favorable aux puissances de l’Axe en lutte contre le bolchevisme. René Laurentin s’étonnait que ces révélations tardives sur la conversion de la Russie soient restées insoupçonnées pendant 25 ans.

Pour Emmanuel Dehlinger, c’est l’armée américaine qui aurait été à l’origine de la « manipulation », de concert avec les forces conservatrices du Portugal en lutte contre l’émergence d’une République violemment anticléricale. Une « antenne émettrice » aurait pu être dissimulée afin d’ « arroser » la foule des témoins. Les « lumières colorées » et le « globe lumineux » seraient ainsi des projections lumineuses… Nous n’aurions ici que des projections lumineuses « enjolivées par l’effet hallucinatoire d’un rayonnement électromagnétique ou par la plume d’un témoin enthousiaste »… Et la fumée devient le résultat de l’utilisation d’un éventuel fumigène. Les descriptions relatives au « disque bien net » s’expliqueraient par une projection lumineuse sur fond de nuages. Toujours selon cet auteur, les projections multicolores au sol semblent liées à la présence des nuages, « ce qui laisse supposer une ou plusieurs sources de tir aériennes, dissimulées dans la couche nuageuse, peut-être à bord d’un ballon dirigeable ». Emmanuel Dehlinger insinue également que le fait d’avoir démarré la série d’apparitions en mai « était sans doute un bon calcul », la probabilité d’avoir des nuages en octobre (lors de la « danse du Soleil ») étant assez forte.

Le 13 octobre 1917, la Vierge avait déclaré à Lucie que la guerre allait se terminer ce 13 octobre, ce qui ne fut évidemment pas le cas. Ceci plaide, commente Emmanuel Dehlinger, en faveur d’une authentique « vision hallucinatoire » ! Deux des « voyants », François et Jacinthe, étant décédés très jeunes (en 1919 et 1920), Emmanuel Dehlinger n’exclut pas l’idée que ceux-ci aient été assassinés : ils auraient pu se vanter ultérieurement d’avoir remarqué quelques détails suspects, ou ils auraient pu finir par douter de la réalité du miracle. Vantardises d’enfants, ajoute le spéculateur, « qu’ils auraient chèrement payées pour raison d’Etat ou raison d’Eglise ».

Voilà donc les données de la « démystification » du cas Fatima par Emmanuel Dehlinger. Cela a-t-il un fondement de vérité ? Distinguons, d’une part, les données des observations, et d’autre part les accusations faites à propos des enfants et la prise en considération (et l’interprétation) du contexte politique de l’époque, ces derniers éléments ne relevant que d’un scénario élaboré par certaines personnes pour réfuter le « miracle » de Fatima.

Je trouve absurde que l’on puisse imputer les « apparitions » à une comédie de l’armée américaine utilisant des projections lumineuses sur un fond de nuages (sans oublier les fumigènes !), la plus évidente objection étant celle-ci : comme nous allons le voir dans d’autres textes, lesquels abordent l’implication du phénomène OVNI dans d’autres manifestations religieuses (et notamment dans certains récits bibliques), on retrouve le même type de manifestations « lumineuses et nuageuses » que Fatima (1917) dans des récits datant de 2000 ans et plus ! Et, dans ces cas, il est évidemment rigoureusement impossible d’imputer celles-ci à des « coups montés » par l’armée (américaine ou pas) !

Prenons par exemple la « sorte de bourdonnement d’abeille » du récit de Fatima. Que cela soit un indice de l’utilisation d’un rayonnement électromagnétique, pourquoi pas ? Mais :

• D’une part, veuillez jeter un coup d’œil à ce que j’écris dans le prochain texte – deuxième partie du lien entre religion et OVNIs – à propos des « frelons de Yahvé » mentionnés dans l’Ancien Testament. Et là, impossible d’évoquer le rayonnement électromagnétique de quelque engin terrestre !

• D’autre part, on connaît le modèle théorique de propulsion des OVNIs élaboré par le physicien belge Auguste Meessen : la propulsion électromagnétique pulsée. Voyez, à ce sujet, le livre de Jacques Dumont : « OVNIS. ½ Siècle de Recherches », éditions Rebis, 2001, p. 148-203. Au terme de sa présentation de la théorie d’Auguste Meessen, Jacques Dumont note qu’à la lumière des faits observés et des connaissances scientifiques actuelles, « il y a de fortes probabilités que des forces électromagnétiques soient impliquées » dans le principe de propulsion des OVNIs. Et rien ne s’oppose, évidemment, à ce que ce système de propulsion soit, dans le cas des OVNIs, d’origine extraterrestre. Si l’on peut envisager, ainsi que certains auteurs le prétendent (sur Internet et ailleurs), qu’une technologie terrestre récente peut déjà (je dirai : en partie) reproduire ce type de propulsion et les effets, sur l’environnement, des vrais OVNIs, il n’en est pas moins vrai qu’en 1917 il n’y avait évidemment pas d’engins terrestres pouvant se déplacer de la sorte (et pas davantage, évidemment, il y a 2000 ans et plus).

Jetez aussi un coup d’œil à la définition suivante, donnée par Cyrille Odon, des « Ethériens de la cinquième Dimension » :

« Habitants de l’éther de la 5ème dimension et pouvant être originaires de planètes très différentes du système solaire ou d’autres systèmes et galaxies. Ils ont développé depuis des temps ‘antédiluviens’ des technologies fondées notamment sur la maîtrise des ‘fluides’ électromagnétiques et des états ondulatoires des particules atomiques (…). » (8)

Je reviens plus loin sur la théorie d’Emmanuel Dehlinger, à propos des observations brésiliennes de Baturité.

 

5. La contribution de Jacques Vallée :

Dans son livre « Autres Dimensions » (éditions Robert Laffont, 1989), l’informaticien et ufologue franco-américain Jacques Vallée a fait lui aussi le rapprochement entre les apparitions de Fatima et la phénoménologie de type OVNIs.

« Les célèbres apparitions de Fatima offrent un exemple historique de la dimension religieuse des rencontres d’OVNI. » (J. Vallée)

Il note que la série d’observations d’une entité que l’on pense être la Vierge Marie avait commencé deux ans plus tôt par une succession d’observations d’OVNIs parfaitement classiques.

« Les événements de Fatima mettent en scène des boules lumineuses, des lueurs aux couleurs étranges, une sensation de ‘vagues chaudes’, toutes les caractéristiques des OVNI. On y trouve même la fameuse descente en feuille morte de la soucoupe qui traverse l’air en zigzaguant. A cela viennent s’ajouter des prophéties et la perte de la conscience ordinaire chez certains témoins, ce que j’ai appelé la composante psychique des observations OVNI, et que Jenny Randles désigne comme le ‘Facteur Oz’. » (J. Vallée)

Le 13 mai 1917, les trois enfants furent surpris par un éclair brillant.

« Ils se trouvèrent environnés d’une éblouissante lueur qui les aveugla presque ; au centre de la lueur, ils aperçurent une petite femme qui leur parla et les pria de revenir tous les mois au même endroit. » (J. Vallée)

S’il n’y avait que trois enfants la première fois, il y eut cinquante personnes au rendez-vous du 13 juin. Lucia parla à une entité invisible dont on n’entendait pas les réponses.

« Pourtant, l’un des spectateurs déclara qu’il avait perçu une voix très faible ou le bourdonnement d’une abeille (son typique des OVNI modernes). A la fin de ce dialogue, tous les témoins entendirent une explosion et virent un petit nuage qui s’élevait au voisinage d’un arbre : c’est sur cet arbre que toutes les manifestations suivantes allaient être centrées. » (J. Vallée)

Le 13 juillet, le nombre des personnes présentes s’élevait à 4500. Joseph Pelletier (« The Sun Danced at Fatima ») a mentionné les phénomènes suivants évoqués par les témoins :

« Un bourdonnement ou un ronflement, une diminution de la luminosité du Soleil et de sa chaleur, un petit nuage blanchâtre autour de l’arbre des apparitions, et un bruit puissant au départ de la Dame. »

Les enfants furent terrifiés par une vision de l’enfer et reçurent une prophétie spécifique (que je n’évoque pas ici).

Le 13 août 1917, 18.000 personnes étaient sur le lieu des apparitions, en l’absence des enfants qui avaient été jetés en prison par un notable qui avait décidé de mettre un terme à ces « sottises ».

« En leur absence, on entendit un coup de tonnerre suivi d’un éclair brillant. Un nuage blanchâtre se forma autour de l’arbre. Il plana quelques minutes, s’éleva puis se dissipa. Les nuages du ciel étaient devenus cramoisis puis étaient passés au rose, au jaune et au bleu. Voici quelques-unes des expressions employées par les témoins : ‘une lumière colorée, comme un arc-en-ciel au sol’, ‘des nuages autour du soleil qui reflétaient diverses couleurs sur les gens’. Les témoins virent des ‘fleurs qui tombent’, le fameux phénomène des ‘cheveux d’ange’ qui suit si souvent les apparitions d’OVNI et que l’on interprète parfois comme un effet d’ionisation. Un homme, un certain Manuel Pedro Marto, déclara sous serment, au cours de l’enquête canonique qui suivit, qu’il avait vu un globe lumineux tournant sur lui-même dans les nuages. » (J. Vallée)

Le 19 août, les enfants (qui avaient été relâchés) observèrent un refroidissement soudain de la température.

« Le soleil, dirent-ils, devint jaunâtre, et la campagne se remplit à nouveau des couleurs de l’arc-en-ciel, ce que les adultes des environs virent également (comme l’établira l’enquête un peu plus tard). Les enfants virent l’éclair, et une lueur brillante qui se fixa sur un arbre près d’eux. Au centre se dressa l’entité drapée de blanc et d’or. Les témoins tombèrent à genoux et leur ‘âme fut transportée d’ivresse’. Un dialogue s’ensuivit, au cours duquel l’apparition les exhorta à ‘faire des sacrifices pour les pécheurs’. Dix minutes plus tard, la Dame de lumière partit lentement vers l’est dans un bruit de rugissement de moteur. » (J. Vallée)

Le 13 septembre 1917, la foule était composée de 30.000 personnes, dont deux prêtres sceptiques venus pour établir la fausseté des prétendus « miracles ». Tous virent un globe de lumière qui descendit lentement la vallée, en direction des enfants, et qui vint se poser sur l’arbre. Un nuage blanc se forma et de brillants « pétales » blancs se mirent à tomber du ciel vide. Contrairement aux lois de la perspective, ces globules devenaient de plus en plus petits quand ils approchaient des gens. Et quand ces derniers tendirent leurs mains et leurs chapeaux pour les saisir, ils s’aperçurent que, d’une manière ou d’une autre, ils s’étaient volatilisés. Les enfants virent à nouveau l’entité au centre du globe, et le dialogue reprit entre la Dame et Lucia.

« La promesse d’un miracle pour le 13 octobre fut renouvelée. Puis le globe lumineux s’éleva et disparut dans le Soleil. » (J. Vallée)

Quand on lui demanda de quelle nature lui paraissait le globe, l’un des prêtres, impressionné, dit qu’il pouvait s’agir d’un ‘‘véhicule céleste qui transportait la Mère de Dieu’’

La dernière apparition eut lieu le 13 octobre 1917. Il y eut un éclair à midi, ainsi qu’une odeur douce et suave. Les enfants entrèrent en communication avec la Dame. Le miracle annoncé se produisit au départ de la Dame de la Cova da Iria. La pluie s’arrêta soudain et les nuages s’écartèrent pour laisser apparaître le ‘‘Soleil’’ sous la forme d’un disque d’argent brillant qui tourna rapidement sur son axe et lança dans toutes les directions des faisceaux de lumières colorées. Des rayons de lumière rouge fusèrent du bord du ‘‘Soleil’’ et colorèrent les nuages, la terre, les arbres, les gens. Puis des rayons d’autres couleurs se succédèrent : violets, bleus, jaunes, etc. Un sceptique objectif parla de « secteurs monochromatiques » tournoyant sans arrêt.

Les rapports parlent d’un disque plat plutôt que d’un globe. Après avoir stoppé sa rotation, il plongea vers le bas en zigzag… Puis le disque inversa son mouvement et disparut vers le Soleil, le vrai, à nouveau fixe et éblouissant dans le ciel. Les vêtements de la foule étaient parfaitement secs.

La conclusion de Jacques Vallée est celle-ci :

« Le ‘miracle’ final était venu au point culminant d’une série très précise d’apparitions combinées avec des contacts et des messages qui le placent clairement, à mon avis, dans la perspective des OVNI. Non seulement un globe ou un disque volant fut observé à plusieurs reprises, mais son mouvement, sa trajectoire en feuille morte, ses effets lumineux, les coups de tonnerre, les ronflements, l’étrange odeur, la chute des ‘cheveux d’ange’ qui se dissolvent en atteignant le sol, la vague de chaleur à l’approche du disque : toutes ces caractéristiques sont des paramètres fréquents des OVNI dans tous les pays. Il en va de même pour la paralysie, l’amnésie, les conversions et les guérisons miraculeuses. »

 

a) L’ange de la paix :

Jacques Vallée note que les événements de Fatima n’ont pas commencé le 13 mai 1917. Ils ont en effet été précédés, quelques années plus tôt, d’une série de visions d’un ange.

En avril 1915, Lucia (alors âgée de 8 ans) était en train de dire son chapelet, près de Fatima, lorsqu’elle vit un nuage blanc, translucide, et une forme humaine. Cela se reproduisit à deux autres reprises en 1915. En 1916, Lucia reçut trois autres visites de l’ange.

Au printemps de 1916, Lucia et deux de ses cousins jouaient à l’entrée d’une petite grotte.

« Soudain, ils entendirent le grondement d’un vent puissant – autre constante des cas d’OVNI – et virent apparaître une lumière blanche qui planait dans la vallée au-dessus de la cime des arbres. Dans cette lumière était un jeune homme d’une beauté admirable qui s’approcha d’eux et dit : ‘Je suis l’ange de la Paix.’ Il leur enseigna une prière et disparut. Les trois petits restèrent en état de transe ; ils ne cessèrent de répéter mécaniquement la prière jusqu’à ce qu’ils tombent littéralement d’épuisement. » (J. Vallée)

Le deuxième incident eut lieu pendant l’été 1916. L’ange apparut soudain pour leur dire de prier beaucoup, d’accepter et de supporter avec patience ce que le Seigneur leur enverra. Il quitta les enfants complètement paralysés. Ils ne voulurent pas parler de ce qu’ils avaient vu.

La troisième fois, l’ange apparut à la grotte de Cabeso, à l’automne 1916. Il donna aux enfants la communion.

 

b) L’impact de Fatima :

Certains témoins des « miracles » furent guéris de maladies. Ce fut le cas de la mère de l’ingénieur Mario Godinho, laquelle souffrait d’une tumeur à l’œil, une guérison que les médecins ne purent expliquer.

Au moment du ‘‘miracle’’ final, des personnes « perdirent la tête ». Ainsi, un enfant de 12 ans, Albano Barros, qui était dans un champ près de Minde (à 13 kilomètres de Fatima), fut si frappé quand il vit le disque de lumière tomber qu’il ne se souvint pas de ce qui se passa ensuite :

« Je ne peux même pas me rappeler si j’ai rentré les moutons, si j’ai couru, ou ce que j’ai fait. »

Certains, comme le fermier Manuel Francisco, rentrèrent chez eux en pleurant. Un avocat (Mendes) déclara au cours d’un entretien avec John Haffert, en 1960, qu’il se souvenait du ‘‘miracle’’ aussi vivement qu’au moment où il s’est produit.

Madame Guilhermina Lopes da Silva, qui vivait à Leiria (à moins de 25 kilomètres du lieu du ‘‘miracle’’), tourna les yeux vers les montagnes à midi et vit « un grand éclair rouge » dans le ciel. La luminosité fut aussi perçue à 50 kilomètres de Fatima, à San Pedro de Muel, par l’écrivain portugais Afonso Vieira, son épouse et sa belle-mère.

« Malheureusement, il semble que le phénomène ne put être photographié avec les émulsions et les vitesses d’obturateur de l’époque. Une photo souvent publiée dans les journaux est en réalité une éclipse de Soleil qui n’a rien à voir avec le ‘miracle’. Il y a, en revanche, de nombreuses photographies de la foule. Quant à la luminosité propre du disque, la question n’a pas été résolue. Deux témoins qui l’ont regardé à la jumelle disent avoir vu une échelle et deux êtres. Les bords de l’objet, aux dires de tous, étaient parfaitement nets, et le disque n’était pas éblouissant, bien que les photos de la foule montrent de nombreux témoins se protégeant les yeux.

Certains affirment que le phénomène assombrit à tel point le Soleil qu’à un moment donné on pouvait voir la lune et les étoiles. » (J. Vallée)

Un écolier fut tellement bouleversé par ce qu’il vit qu’il entra au séminaire et devint prêtre. Au moment du ‘‘miracle’’, l’écolier était avec son frère et d’autres enfants dans le village d’Alburitel, à 14 kilomètres de Cova da Iria. Voici son témoignage :

« Je regardai fixement le Soleil qui semblait pâle et ne me faisait pas mal aux yeux. Il ressemblait à une boule de neige tournant sur elle-même. Soudain, il sembla descendre en zigzag, comme menaçant la Terre. Terrifié, je courus me cacher parmi les gens qui pleuraient et croyaient la fin du monde imminente. C’était une foule qui s’était rassemblée à l’extérieur de l’école du village, et nous avions tous quitté les classes et couru dans les rues en entendant les cris de surprise des hommes et des femmes qui se trouvaient dans la rue devant l’école au début du miracle.

Il y avait un incroyant qui avait passé toute la matinée à se moquer des ‘simplets’ qui étaient partis à Fatima pour voir une fille ordinaire. Il était maintenant comme paralysé, les yeux fixés sur le Soleil. Il commença à trembler de la tête aux pieds et, levant les bras au ciel, tomba à genoux dans la boue en criant vers Dieu. Pendant ce temps, les gens continuaient à pleurer, demandant à Dieu de pardonner leurs péchés.

Nous courûmes tous dans les deux chapelles du village qui furent bientôt bondées. Pendant ces longs moments du prodige solaire, les objets qui nous entouraient prirent toutes les couleurs de l’arc-en-ciel… Lorsque les gens se rendirent compte que le danger était passé, il y eut une explosion d’allégresse. »

Deux des trois enfants de Fatima moururent jeunes, comme la Dame l’avait prédit, mais Lucia vécut dans un couvent jusqu’à un âge avancé.

 

c) Lourdes et Fatima :

On notera que le 11 février 1858, à Lourdes, Bernadette Soubirous (alors âgée de 14 ans) entendit « un grand bruit, comme celui d’une tempête » :

« Elle regarda autour d’elle : ni les arbres ni l’eau ne bougeaient. Elle entendit à nouveau le bruit de tempête. Effrayée, elle leva la tête et ‘perdit tout pouvoir de parole et de pensée’.

Un nuage doré sortit d’une grotte voisine, suivi d’une entité, qu’elle décrivit comme une belle dame, qui se plaça juste au-dessus d’un buisson agité comme par un vent violent. A Fatima, il y avait un vent qui ‘traversait la montagne sans toucher les arbres’. La Dame de Fatima apparaissait toujours dans les branches supérieures d’un arbuste, dont on trouva les rejets centraux courbés vers l’est, direction vers laquelle l’apparition partait. Lucia de Fatima fut interrogée de façon précise sur ce point et affirma que ‘les pieds de Notre-Dame reposaient légèrement sur les feuilles’. Dans son ouvrage ‘More About Fatima’, Montes de Oca indique que ‘les branches supérieures de l’arbre étaient courbées en forme de parasol et le restèrent comme si un poids invisible était posé sur elles’. » (J. Vallée)

 

d) Un tableau comparatif :

Jacques Vallée a dressé un tableau comparant les apparitions de Fatima et d’autres « miracles religieux » avec certaines notifications d’OVNIs extraites de son catalogue d’observations… (9)

 

6. Les contributions de Dominique de Tarragon et de Gilles Pinon :

Dans le n° 354 (daté de décembre 1999) de la revue « Lumières dans la nuit », Dominique de Tarragon a évoqué le témoignage de José-Maria Pereira. Le 13 septembre 1917, celui-ci vit un objet lumineux qui s’éloigna, avec une certaine rapidité, vers l’orient. Il le perdit de vue à l’horizon.

Le 13 octobre 1917, José Proënça de Almeida Garrett (professeur à l’Université de Coimbra) vit le ‘‘Soleil’’ semblable à un disque « au bord net et à l’arête vive, lumineux et brillant, mais sans fatigue pour les yeux ». Un autre témoignage évoque le ‘‘Soleil’’ pâle et privé de son éblouissante clarté, semblable à un globe de neige tournant sur lui-même.

En 1982, au Portugal, un livre est paru sur les événements de Fatima, résultat de six ans d’enquêtes menées par les auteurs : Joaquim Fernandes et Fina d’Armanda.

« Ce livre révèle, entre autres, l’existence d’une ‘quatrième voyante’ interviewée en 1978. Il démontre, à travers 463 pages, qu’un ovni de forme circulaire était présent au-dessus de la Cova da Iria en 1917. Les auteurs expliquent aussi que l’ovni de Fatima utilisait des micro-ondes lorsqu’il émit de la chaleur sur la foule, de même que l’Apparition lorsqu’elle communiquait avec les enfants. »

Dominique de Tarragon rappelle que l’hallucination collective n’existe pas, l’hallucination étant une pathologie purement individuelle.

La notion d’’hystérie collective est du reste incompatible avec le comportement des gens : trempés par l’averse, ils étaient calmes. Manuel-Pedro Marto, le père de Jacinthe et de François, était présent. Il a précisé que tout le monde était immobile, se taisait et regardait le ciel…

Ce n’est pas un leurre ou une illusion. Comment un leurre pourrait-il sécher une foule trempée, en quelques minutes ?

Certains spectateurs n’ont rien vu. Dans une foule, rappelle Dominique de Tarragon, « il y a toujours quelques personnes qui n’ont rien vu, ou pas vu la même chose que les autres ! ». C’est, ajoute-t-il, l’exception qui confirme la règle.

Sa conclusion est celle-ci : il est certain que plus de 50.000 personnes ont vu à Fatima un spectacle fantastique dû à un OVNI placé entre le Soleil et la foule. Ce prodige avait été annoncé par une apparition mariale trois mois à l’avance, celle-ci ayant été elle-même précédée par l’apparition d’un Ange. Et les personnes qui ont vu la « danse du Soleil » ne l’ont jamais oubliée. (10)

On trouve, dans le n° 370 de « Lumières dans la nuit » (novembre 2003), les commentaires, à propos d’un livre du contre-amiral Gilles Pinon, du général Guy Dotte-Charvy et de Jean-Pierre Tennevin. Le titre de l’ouvrage est : « Fatima, un Ovni pas comme les autres » (éditions Osmondes). Gilles Pinon donne une description fouillée du phénomène de Fatima ainsi qu’une description approfondie du phénomène OVNI, et constate que Fatima possède toutes les caractéristiques de « l’archétype OVNI ». Pourquoi ces extraterrestres ont-ils besoin de se camoufler en Vierge Marie ? Pour Gilles Pinon, ce n’est que provisoire. Jean-Pierre Tennevin explicite ainsi la pensée de Gilles Pinon :

« Par l’intermédiaire de la religion catholique, choisie de préférence parce qu’elle a des antennes dans le monde entier, d’ici deux ou trois générations ils feront connaître ce qu’était réellement Fatima, et alors nous serons prêts pour le contact. » (11)

La véritable réponse est cependant quelque peu différente. Voyez, pour l’explication des liens entre certaines apparitions mariales et un certain type d’OVNIs, le prochain texte (la deuxième partie) consacré au lien OVNIs et religions.

 

7. L’analyse de Christel Seval :

L’ufologue Christel Seval est l’auteur d’un fort intéressant ouvrage paru en 2007 : « La Vierge et les extraterrestres » (JMG éditions). Après les approches de Paul Misraki et de Jacques Vallée, je vous propose donc de prendre connaissance de la contribution de Christel Seval à l’étude de la connexion « OVNIs/apparitions mariales ».

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– La prédiction spirite :

Les historiens Fernandes et d’Armada ont signalé (dans « Celestial secrets ») qu’une prédiction de l’événement de Fatima avait été faite en février 1917.

Le fait a été signalé dans le journal « Diario de Noticias » de Lisbonne, daté du 10 mars 1917. Egalement dans deux journaux de Porto, « Jornal de Noticias » et « Liberdade », on trouve, dans l’édition du 13 mai 1917, la mention d’un événement transcendant qui doit se dérouler le jour même.

Ces avertissements étaient le résultat du travail de deux groupes spirites (à Lisbonne et à Porto), chacun d’eux prédisant qu’un événement de signification historique allait se produire à la date exacte de la première apparition de la Vierge. Le 7 février 1917, un groupe spiritualiste, auquel appartenait le médium Carlos Calderon de Lisbonne, reçut un message par le biais de l’écriture automatique. Ce message était écrit de droite à gauche et n’était lisible que placé face à un miroir. Voici ce message :

« Ne jugez point. Celui qui vous jugera ne sera pas récompensé par votre préjudice. Ayez la foi et soyez patient. Ce n’est pas notre coutume de prédire le futur. Le mystère du futur est impénétrable, bien que de temps à autre Dieu permette de soulever un coin du voile qui le recouvre. Ayez confiance dans notre prophétie. Le jour du 13 mai sera un grand jour de joie pour les belles âmes du monde. ‘Ego Sum Charitas’ (je suis amour). Toujours à vos côtés, nous serons vos amis qui guideront vos pas et vous assisteront dans votre travail. ‘Ego Sum Charitas’. La brillante étoile du matin illuminera la voie. Signé : Stella Matutina. »

« Stella matutina » signifie, en latin, l’étoile du matin, et se réfère depuis des siècles à Vénus, comme à la Vierge. (12)

 

– Les apparitions :

En 1910, au Portugal, le régime monarchique fut renversé par les militaires et la république instaurée. Ce coup d’Etat toucha durablement l’Eglise, ses privilèges furent amputés. Furent votés : la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’institution de l’enseignement laïc, la permission du divorce, la suppression des ordres religieux, l’interdiction du port de la soutane, la privation des jésuites de la nationalité portugaise. Il y eut aussi la multiplication des actions anticléricales : pillages d’églises et de couvents, profanations diverses. En mars 1916, le Portugal entra en guerre contre l’Allemagne dans ses colonies africaines.

En 1917, Fatima était un village de 2500 personnes, à une centaine de kilomètres de Lisbonne.

Lucia dos Santos avait 10 ans lors de la première apparition de la Dame. Issue d’un modeste milieu paysan, elle habitait un hameau, Aljustrel, à proximité de Fatima. Elle eut le rôle principal dans la médiation avec la Dame. Elle prononça ses vœux en 1928 et décéda en 2005.

Francisco et Jacinta Marto étaient âgés, en 1917, de 9 et 7 ans. Leur mère Olimpia était la sœur d’Antonio dos Santos, le père de Lucia. Les deux familles étaient catholiques. Francisco mourut en 1919 de la grippe espagnole, et Jacinta succomba un an plus tard à la pleurésie. Leur disparition fut prédite par la Vierge lors de sa deuxième apparition.

Le niveau culturel des enfants était minime. Il n’y avait pas d’écoles de filles dans la région, et peu de femmes savaient lire. La mère de Lucia, Maria Rosa, était lectrice des secrets de La Salette.

L’abbé du village de Fatima fit preuve d’une grande réserve, voire d’une hostilité à peine déguisée. Il conseilla à ses ouailles de ne pas participer aux manifestations relatives au miracle. L’Eglise adopta aussi un comportement prudent et ne reconnut le miracle que 13 ans après. Une commission mena une enquête, au terme de laquelle un procès canonique de huit ans autorisa officiellement sous Pie XI le culte de Notre-Dame de Fatima (en 1930). (13)

Ayant la garde des troupeaux sur la colline du Cabeço un jour de 1915 dans la campagne portugaise, Lucia dos Santos, âgée de 8 ans, accompagnée de plusieurs fillettes, aperçut au-dessus des arbres une forme humaine transparente. La silhouette disparut et revint deux fois dans la même année au grand dam des parents outrés par de telles histoires.

En 1916, Lucia, Francisco Marto et sa sœur Jacinta, âgées de 8 et 6 ans, s’occupaient du troupeau devant une grotte de la même colline lorsque leur attention fut attirée par une forme blanche lumineuse au-dessus des oliviers, cette forme ayant l’apparence d’un garçon d’une quinzaine d’années.

« Ne craignez rien, je suis l’ange de la paix. Priez pour moi. »

S’agenouillant, il incline la tête jusqu’à terre et leur fait répéter trois fois ces mots :

« Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, et qui ne vous aiment pas. »

Lors de sa dernière apparition, il tenait dans ses mains un calice et, au-dessus de lui, une hostie d’où tombaient quelques gouttes de sang.

Les trois pastoureaux ne parlèrent pas de ces événements, de peur d’être raillés.

Le 13 mai 1917, Lucia, Francisco et Jacinta jouaient dans les buissons sur la colline de la Cova da Iria lorsqu’un éclair lumineux se produisit dans un ciel dépourvu de nuages. Un deuxième éclair précéda de peu l’apparition, au-dessus d’un chêne vert, d’une Dame baignant dans une lumière brillante.

La Dame déclara : « Ne craignez rien, je ne vous ferai aucun mal. »

Lucia demanda : « D’où venez-vous ? »

« Je viens du Ciel. »

– Que voulez-vous ?

« Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois consécutifs, le 13 du mois, à cette même heure. Je vous dirai plus tard qui je suis et ce que je veux. Et je reviendrai encore ici une septième fois. »

Elle s’éleva et disparut enveloppée de lumière.

En arrivant chez elle, Jacinta dit à sa mère qu’elle avait vu une dame de lumière, « Notre Dame ». Lucia déclara qu’elle n’avait jamais dit que c’était Notre Dame. C’était plutôt, dit-elle, « une jolie petite dame ». Ce ne sera que lors de sa sixième visite, le 13 octobre, que la dame déclina son identité.

Le 13 juin 1917, une cinquantaine de personnes accompagnèrent les bergers à leur rendez-vous. L’apparition eut lieu au même endroit. Les assistants virent les trois enfants tomber à genoux pendant qu’une légère vapeur blanche se forma autour d’eux. Ils ne virent rien, sinon Lucia s’adresser à quelqu’un puis écouter d’inaudibles réponses. Certains entendirent cependant comme un bourdonnement d’insecte.

Francisco vit la Dame mais n’entendit pas le discours de celle-ci. Il en sera de même à chaque fois.

La Dame annonça que Dieu allait bientôt rappeler auprès de lui Jacinta et Francisco.

Au moment où Lucia signala le départ de la Dame, les branches du chêne vert s’inclinèrent, comme entraînées dans la direction indiquée par la « voyante ».

Le 13 juillet 1917, plusieurs milliers de personnes étaient présentes autour du chêne vert. On nota une diminution sensible de la température, une baisse de la luminosité, des nuées étranges, une pluie de pétales blancs.

La Dame déclara qu’en octobre elle dira qui elle est, ce qu’elle veut, et qu’elle fera un miracle que tous verront. Elle confia en outre trois secrets :

Le premier est une vision classique de l’enfer, un monde de feu où baignent les démons et les damnés.

Le deuxième comporte trois parties : la fin prochaine de la guerre mondiale, l’annonce d’une seconde guerre sous le règne de Pie XI (dont le signe précurseur sera une nuit éclairée d’une lumière inconnue*), les persécutions contre l’Eglise qui ne prendront fin qu’avec la consécration de la Russie. (*On supposera plus tard qu’il s’agissait de l’aurore boréale du 25 janvier 1938, quelques semaines avant l’invasion de l’Autriche par Hitler.) Le contenu du deuxième secret ne fut publié qu’en 1942.

« Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l’on ne cesse pas d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI commencera une autre guerre, pire. Quand vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’il va punir le monde par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Eglise et le Saint-Père. Pour l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. (…) »

Le troisième secret, confié par écrit par Lucia à l’évêque de Leira puis au Vatican, devait être lu en 1960. Jean XXIII et Paul VI en prirent connaissance sans le diffuser. C’est Jean-Paul II qui révéla cette vision prophétique mettant en scène un évêque vêtu de blanc qui se dirige péniblement vers une croix, au milieu des martyrs de l’église, et tombe sous les balles et les flèches tirées par des soldats. (Note d’Alain Moreau : Cette version officielle du « troisième secret » est contestée. Voyez le livre de Pierre Jovanovic : « Notre-Dame de l’Apocalypse », éditions Le Jardin des Livres, 2008.)

Le départ de la visiteuse fut accompagné d’une forte détonation entendue par tous. Un portique de fortune érigé là pour y accrocher deux petites lanternes trembla comme s’il y avait eu un tremblement de terre.

Oliveira Santos, l’administrateur de l’arrondissement, propriétaire d’un journal anticlérical, voulut faire avouer les enfants et tenta de leur extirper les « secrets » communiqués par la Dame, sans résultat.

Le 13 août 1917, alors qu’une foule se rendait à la Cova da Iria, l’administrateur séquestra les trois jeunes bergers à la sous-préfecture d’Ourem où il se livra à un interrogatoire sévère, ensemble, puis séparément. Il les menaça de les plonger dans une marmite d’huile bouillante s’ils persistaient dans leur mutisme. « Ton petit frère est déjà frit ! », lança-t-il à Jacinta qui ne parla pas. Les enfants passèrent la journée en prison avec les détenus de droit commun.

En l’absence des enfants à la Cova da Iria, les 20 000 pèlerins entendirent un coup de tonnerre, semblable à l’éclatement d’un pétard, suivi d’un éclair. Ils assistèrent à la venue de l’habituelle nuée blanche.

Un mouvement populaire de protestation obtint, deux jours après, la relaxe des enfants.

Le 19 août 1917, alors que Lucia, Francisco et son frère Jean faisaient paître les brebis à Valinhos, Lucia, pressentant l’approche de la Dame, demanda à Jean d’aller quérir Jacinta. Dès l’arrivée de cette dernière, la Dame se manifesta au-dessus d’un chêne. Elle leur signifia d’aller à la Cova da Iria le 13 septembre et confirma le miracle d’octobre qui allait être visible par tous.

Le 13 septembre 1917, 20 000 à 30 000 personnes se rassemblèrent autour des visionnaires, et nombre d’entre elles furent les témoins de signes :

• Evolutions d’un globe lumineux d’est en ouest, glissant lentement et majestueusement dans l’espace. Après l’apparition de la « Mère de Dieu », le globe réapparut puis s’éleva à la verticale jusqu’à sa disparition.

• Pluie de pétales ou de flocons de neige ronds et brillants qui tombèrent du ciel et s’évaporèrent en touchant le sol.

La Dame fut au rendez-vous et réitéra ses propos.

Le 13 octobre 1917, au moins 50 000 personnes s’étaient données rendez-vous. C’est l’annonce du miracle trois mois auparavant qui a été à l’origine de ce rassemblement d’autant de curieux, dont des sceptiques, des anticléricaux, des catholiques fervents, des paysans, des gens de condition modeste, des intellectuels, des reporters des journaux de Lisbonne…

La pluie tombait sans interruption. Lucia demanda de replier les parapluies pour la récitation du chapelet.

A 13 heures 30 en temps local, une colonne de fumée blanche ou bleutée s’éleva à l’endroit où se trouvaient les enfants. La Dame se montra par contre aux seuls « voyants » dont les visages reflétaient l’extase. A une question posée par Lucia, elle déclara être Notre Dame du Rosaire et vouloir que l’on construisît une chapelle en son honneur. Elle annonça que la guerre allait prendre fin et que les militaires allaient rentrer chez eux. Certains malades guériront, d’autres non. Il faut, déclara-t-elle, qu’ils demandent pardon pour leurs péchés et qu’ils n’offensent plus Dieu. Lucia ayant demandé à la Dame si cette dernière voulait autre chose d’elle, l’apparition déclara : « Non, plus rien ».

Lucia se tourna vers la foule en disant de regarder le Soleil. La pluie cessa et les nuages se dispersèrent, permettant au Soleil d’apparaître. Chacun put alors fixer le disque diurne sans être ébloui, celui-ci ayant pris une teinte argentée mate. Puis il trembla, tourna sur lui-même, projeta des couleurs, s’arrêta et reprit sa giration. Il tomba en zigzaguant, semant la terreur parmi les gens, avant de reprendre sa place au firmament. Les gens constatèrent que leurs vêtements étaient secs.

L’épisode a duré une dizaine de minutes. Les jeunes bergers virent la Sainte Famille à côté du Soleil : Joseph, la Dame et l’Enfant Jésus faisant le signe de la croix.

Le corps médical constata, sur place, l’état d’extase chez les voyants.

Le même phénomène fut constaté à 13 kilomètres à vol d’oiseau, au village d’Alburitel : le disque argenté tournoyant, sa danse folle, sa chute erratique, les objets alentour prenant les teintes de l’arc-en-ciel.

 

– L’apparition de la Dame :

Dans la version de 1941 du témoignage de Lucia, la dame fut décrite avec le voile sur la tête, une robe descendant jusqu’aux pieds, un rosaire entre les mains, ce qui correspond à la description classique de la Vierge apparaissant.

« Pourtant, Joaquim Fernandes, qui a consulté les documents originaux des toutes premières descriptions données, s’est aperçu de différences notoires entre cette image imaginaire et la réalité. Les premières descriptions de Lucia parlent de : ‘Une sorte de très jolie poupée. Elle avait des yeux noirs et un très joli visage’, tel qu’elle n’en avait jamais vu chez une autre femme. La Dame ne semble pas avoir plus de quinze ans. On apprend par le journal ‘O Mensageiro’ que la voyante la compare à une jeune fille de son village, Virginia, une voisine âgée de 12 ans et d’une taille d’un mètre dix. Cela coïncide avec ce qu’on peut lire dans l’enquête paroissiale où Lucia dit que la dame était petite, d’environ un mètre’. » (C. Seval)

La lumière qui émanait de la Dame était plus belle que la lumière du Soleil et était très brillante. Les voyants étaient « aveuglés ». Dans ses Mémoires, Lucia dit que de temps en temps elle se frottait les yeux. La Dame était d’un blanc qui dégageait de la lumière. Elle ouvrit ses mains et transmit aux visionnaires « la réflexion de la lumière infinie ».

Le curé de la paroisse de Fatima fit une déposition par écrit de l’histoire de Lucia. Lucia dit que la Dame était vêtue de blanc… Le curé Manuel Marques Ferreira a été l’un des premiers à noter ce détail : la robe était blanche avec des cordons dorés et tombait seulement jusqu’aux genoux. Ce détail de la robe courte a posé problème aux ecclésiastiques, puisque le chanoine Formigao écrivit que « sérieusement, Notre Dame ne peut être apparue autrement que vêtue dignement », la robe devant lui tomber jusqu’aux pieds ! Le contraire « s’oppose à la validité de l’apparition » ! La description ne correspond pas à l’iconographie habituelle de la Vierge que l’on peut rencontrer à cette époque au sein de l’Eglise catholique. Jacinta conforta cette description, et Francisco confia un témoignage similaire au vicomte de Montelo (nom de plume du chanoine Formigao), le premier chroniqueur de Fatima. Concernant la coiffure de l’apparition, Lucia confia au père Humberto Pasquale que la Dame portait un éblouissant « cestinho » (« petit panier ») en or.

Les enfants ont vu, sur le devant de la robe de la Dame, un pendentif en forme de balle dorée, à mi-corps, attaché par une corde dorée. Cette « balle », retranscrite dans les rapports de 1922, deviendra un « cœur » en 1941, et, quelques pages ensuite, « le Cœur Immaculé de Marie ».

Il apparaît ainsi que l’apparence de l’être de Fatima n’a qu’une lointaine ressemblance avec l’imagerie mariale classique. Ce sont les publications écrites par le clergé qui vont faire coïncider le portrait avec celui de Lourdes et celui de la tradition. Les historiens Fernandes et D’Almada sont persuadés que l’expérience des jeunes bergers a été distordue par les croyances populaires.

A propos de l’apparition du 13 octobre, Lucia dit :

« Nous étions si près que nous étions à l’intérieur de la lumière qui l’entourait ou qu’elle diffusait. Peut-être un mètre et demi, plus ou moins. »

Une sorte de rampe d’accès fut aperçue. Gilberto dos Santos décrivit une rampe de lumière s’étendant vers le bas, en provenance de l’apparition vers le chêne. Il appela cette chose « une rue ». L’entité descendit donc une « rue lumineuse », une « rampe de lumière ». Ceci fut corroboré par plusieurs récits, y compris ceux des voyants. Les voyants décrivirent ainsi un départ de la Vierge :

« Elle commença à s’élever calmement, montant vers l’Est, jusqu’à disparaître dans l’immensité de l’espace. La lumière qui l’entourait s’entrouvrit, délimitant comme une rue incluse au milieu d’étoiles. »

Les voyants on dit n’avoir jamais vu l’Être sourire ou paraître triste, ni regarder la foule, ni entamer un signe de croix, ni pratiquer le rosaire. Francisco, qui voyait l’apparition mais ne l’entendait pas, nota que sa bouche restait immobile. Seules les mains bougeaient légèrement, et encore, pas à chaque apparition. Francisco nota qu’elle ne marchait pas en mouvant ses pieds. Une fois, lors du départ de l’apparition, elle tourna le dos et partit en glissant vers un point dans le ciel, disparaissant graduellement (d’abord la tête, le corps, puis les pieds).

 

– Les quatrième et cinquième voyants :

Lucia avait demandé à la Dame si celle-ci était apparue à quelqu’un d’autre que les trois voyants à la Cova da Iria. La Dame répondit que le 28 juillet, Carolina (12 ans), du village d’Espite, et une jeunette de 7 ans, purent voir une figure blonde de petite stature qui n’était pas elle.

C’est le 22 juillet 1978 que Carolina Carreira fut interrogée par Joaquim Fernandes et Fina d’Armada, qu’ils surnommèrent la « quatrième voyante ». A la même place où la Dame apparaissait, vers 10 heures du matin, une voix lui ordonna plusieurs fois : « Viens ici et prie trois Ave maria ». Son amie Conception, qui était présente, n’avait rien entendu. Carolina vit alors un enfant blond, vêtu de blanc – que Conception vit aussi -, qui allait et venait à l’intérieur de l’enclos des chèvres délimité par des pierres que sa mère avait amassées. Alors que le message intérieur se répétait, Carolina vit l’ange blond au-dessus du chêne des apparitions.

 

– A propos des « secrets » :

Lorsque le père Jongen interrogea Lucia en 1946, il lui demanda quand la Vierge lui avait fait la requête concernant la consécration de la Russie. Lucia répondit que cela s’est déroulé à Tuy, dans la chapelle, lors d’une apparition ultérieure à Fatima.

Lucia dit avoir eu, dans la suite de sa vie, de nombreuses visions de la Vierge, de Jésus et d’autres personnages religieux.

« Cloîtrée, surveillée et mise à l’écart – elle qui disait ne pas vouloir de cette vie recluse -, elle s’est probablement inventé des compagnons, à la fois pour meubler sa solitude et se rendre intéressante auprès des autorités. C’était là son seul moyen de se faire entendre. La pression des Jésuites sur la vie spirituelle de Lucia a pu, dans ces conditions, orienter la fabrication de ses visions. » (C. Seval)

C’est grâce à une lettre que Lucia rédigea, à la demande de son directeur spirituel, qu’on a su que la Vierge et l’Enfant apparurent à Lucia le 10 décembre 1925 à Pontevedra, et que l’enfant Jésus lui apparut seul le 15 février 1926 à Pontevedra, puis à Tuy en 1927, lui donnant l’autorisation de confier les deux premiers secrets. Ses confesseurs s’interposèrent à cette volonté. C’est par les notes biographiques de Lucia en 1936, favorisées par le père José Bernardo Gonçalves, qu’on apprit que le 13 juin 1929 la Vierge lui apparut à Tuy pour demander à nouveau la consécration de la Russie en union avec tous les évêques du monde.

En 1943, une pleurésie fit craindre que Lucia n’emporte avec elle, dans la tombe, le troisième secret. L’évêque Da Silva lui adressa l’ordre de transcrire ce secret. Lucia obtempéra en 1944, après une possible intervention de la Vierge. Le 17 juin 1944, elle confia l’enveloppe contenant le secret à une succession d’ecclésiastiques de confiance qui finirent par la faire aboutir à Pie XII le 16 avril 1957. Il la déposa au coffre, la lettre ne pouvant être lue avant 1960 selon la demande expresse de la voyante.

En 1942, Pie XII consacra l’Eglise et le monde entier au cœur immaculé de Marie. En 1950, il érigea l’Assomption de la Vierge en dogme, et en 1952 il consacra tous les peuples de Russie au cœur immaculé de Marie (mais sans y convier l’ensemble des évêques du monde, ce qui ne respectait pas encore le contrat demandé). Il mourut en 1958 sans avoir lu le troisième secret, tout au moins sans en donner l’indication.

Son successeur Jean XXIII, le réformateur de Vatican II, lut le dernier secret fin août 1959, en présence d’un traducteur. « Cela ne concerne pas les années de mon pontificat », aurait-il déclaré en classant le document dans le secrétaire de sa chambre à coucher jusqu’à sa mort.

En 1960, le Vatican fit savoir par voie de presse que le texte de la lettre de sœur Lucia ne serait pas révélé. Paul VI, élu en juin 1963, en prit connaissance peu après son accession, mais il garda le silence à son sujet pendant tout son pontificat.

Le 13 mai 1981, Jean-Paul II fut l’objet d’une tentative d’assassinat (par Mohammed Ali Agça) sur la place Saint-Pierre. C’était le jour anniversaire de la première apparition de la Vierge à la Cova da Iria. La balle de pistolet ne tua pas le pape, un « miracle » que ce dernier attribua à la Vierge de Fatima. Il confia qu’il s’était reconnu dans la vision du troisième secret. En 1982 et 1984, il renouvela la consécration, en évitant la citation de la Russie (ou Union Soviétique). Avec l’effondrement du mur de Berlin et de l’empire soviétique, beaucoup de gens ont considéré que la « consécration » était faite.

Le 13 mai 2000 à Fatima, il y eut la béatification de Jacinta et de Francisco, ainsi que, à la surprise générale, la divulgation de ce qui a été présenté comme étant le dernier secret :

« Nous vîmes (…) un évêque vêtu de blanc – nous avons eu le pressentiment que c’était le Saint-Père -, divers autres évêques, prêtres, religieux et religieuses, monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande croix en troncs bruts, comme s’ils étaient en chêne-liège avec leur écorce ; avant d’y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine, et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin ; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches ; et de la même manière moururent, les uns après les autres, les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses, et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes (…). »

Le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI, accompagna la divulgation d’une interprétation. Gilles Pinon note à ce propos qu’il s’agit là d’une « longue et peu convaincante exégèse qui laisse la désagréable impression de vouloir surtout souligner la destinée exceptionnelle et providentielle de Jean-Paul II ». (Pour la polémique sur ce « troisième secret », je rappelle le livre de Pierre Jovanovic : « Notre-Dame de l’Apocalypse », éditions Le Jardin des Livres, 2008.)

Jean-Paul II se rendit à trois reprises à Fatima, et il fut convaincu d’avoir réchappé à l’attentat du 13 mai 1981 par la grâce de Notre-Dame du Rosaire. La date du 13 mai authentifia à ses yeux l’origine du miracle, et il fit sertir la balle qui le blessa au ventre dans la couronne « adamentine » de la statue de la Vierge de la basilique de Fatima. C’est par sa volonté que fut dévoilée l’intégralité du « troisième secret ».

En 1917, le secret, de l’aveu de Lucia, est composé de « peu de mots », ce qui fut également précisé en 1922 et 1924. Puis, en 1927, on nous parle de deux secrets. En 1942, cela devient trois parties, une vision imagée plus des mots. En 2000, le secret révélé est une vision imagée. Lucia a-t-elle retransmis ce dont elle a été dépositaire ou bien a-t-elle subi des pressions de la part des Jésuites ? Plusieurs auteurs « fatimistes », comme Gonzaga da Foncesca, Antonio Maria Martins, Fernando Leite, Ciriaco Fernandes, sont membres de la Compagnie de Jésus.

Un troisième secret de Fatima fut publié le 15 octobre 1963 par le magazine « Neu-Europa », un journal de Stuttgart émanant de la droite religieuse. Ce secret n’a rien à voir avec celui divulgué par Jean-Paul II en 2000. D’après le journal, ce secret aurait été envoyé par Paul VI à John Kennedy, ainsi qu’à Kroutchev, avant la réunion du 6 août 1963 à Moscou sur le contrôle des armes atomiques. Pour fabriquer ce faux secret, on s’est largement inspiré de La Salette :

« Un châtiment viendra sur le genre humain tout entier. Ce ne sera ni aujourd’hui, ni demain, mais dans la seconde moitié du XXe siècle. Ce que j’ai révélé à La Salette par l’intermédiaire des deux enfants Mélanie et Maximin, je le répète aujourd’hui. Le genre humain a péché et a foulé au pied le don qui lui a été fait. L’ordre ne règne plus nulle part. Satan est parvenu aux plus hauts postes et détermine la marche des événements. Il parviendra à s’introduire et à s’installer dans les plus hautes sphères de l’Eglise. Il parviendra à séduire l’esprit de grands savants qui inventeront des armes avec lesquelles on pourra détruire la moitié de l’humanité en quelques minutes. Il aura des peuples puissants sous son empire et il les poussera à la fabrication en masse de ces armes. Si l’humanité ne se met pas en mesure de l’empêcher, je me verrai obligée de laisser tomber le bras de Mon Fils. Alors Dieu châtiera les hommes beaucoup plus sévèrement qu’il ne le fit lors du Déluge. Les grands et les puissants périront de la même manière que les faibles et les petits. Il viendra aussi pour l’Eglise une époque de grande épreuve. Les cardinaux s’opposeront aux cardinaux, les évêques aux évêques. Le feu et la fumée tomberont alors du ciel et les eaux des océans se tourneront en vapeur ; l’écume sautera jusqu’au ciel et tout ce qui sera debout sera englouti. Des millions d’hommes périront d’heure en heure et ceux qui resteront vivants envieront ceux qui seront morts… » (14)

 

– Origine du prodige solaire :

Aucun observatoire au monde n’a constaté d’anomalies dans la course du véritable astre solaire.

« L’hallucination collective fut écartée parce qu’en plusieurs endroits éloignés du site de la Cova da Iria des personnes avaient assisté aux mêmes phénomènes. Or, l’hypothèse de l’hallucination suppose, au minimum, une unité de temps et de lieu. De même, la supercherie fut écartée car aucune technique au monde n’était en mesure de reproduire ce que 50 000 personnes avaient vu. Etait-ce alors un phénomène météorologique naturel mais peu fréquent, voire inconnu ? Par ses paroles, Lucia avait démenti catégoriquement cette possibilité puisque le miracle solaire avait été annoncé par la voyante trois mois avant son irruption, à l’heure dite qui plus est. La coïncidence entre une date et un phénomène météo insolite est statistiquement un événement possible mais dont la probabilité voisine de zéro est par trop impensable pour être sérieusement envisagée. » (C. Seval)

Lucia entra dans les ordres, y faisant preuve d’obéissance, sans montrer de signe psychopathologique. Le temps ayant accompli son œuvre, l’Eglise obtint le recul nécessaire à un jugement fiable et favorable de la personnalité de Lucia.

Certains auteurs n’ont vu dans le prodige de Fatima que l’expression d’un phénomène naturel dû à la fixation du regard sur le Soleil. Le docteur Mracek, professeur d’optique et de mécanique à l’Institut de recherche Vüzort de Prague, estime que « la rotation du Soleil peu avant son coucher est une illusion optique due à la ‘surradiation’ et à la fatigue de la rétine ». Or, le miracle de Fatima a eu lieu à midi heure solaire, à un moment où l’astre, à son zénith, ne peut absolument pas être fixé. Néanmoins, un certain nombre de faux prodiges solaires sont réductibles à ces simples explications.

Selon le professeur belge Auguste Meessen, le phénomène peut s’expliquer par un effet direct de la lumière du Soleil sur l’œil. Lorsqu’on regarde l’astre directement, brièvement, le disque du Soleil apparaît gris et, si l’on bouge la tête, le cercle gris bouge avec le mouvement de la tête. Des effets de couleurs peuvent aussi se produire. Appliquée à Fatima, cette explication pose, note Christel Seval, un problème de taille : supposer que 50 000 individus ont été atteints simultanément du même phénomène visuel ne paraît guère raisonnable.

« Ajouter à ceux-ci les habitants des villages situés jusqu’à une trentaine de kilomètres de l’épicentre n’est plus admissible, car cela signifierait que tous étaient au courant et fixaient le Soleil. Personne n’était au courant par avance du phénomène solaire, pas même les voyants, et les témoins éloignés n’avaient donc aucune raison d’observer plus attentivement l’astre diurne qu’à l’ordinaire. » (C. Seval)

Le récit du poète portugais Alfonso Lopes Vieira va dans ce sens, le témoin se trouvant alors à 30 kilomètres de Fatima, à Sao Pedro de Muel. Alors qu’il ne se souvenait pas des prédictions des enfants, il fut émerveillé « par un spectacle remarquable dans le ciel », auquel il n’avait jamais assisté jusqu’alors. Cet homme n’avait aucune raison de fixer le Soleil à l’heure dite. Par ailleurs, ces gens, coutumiers de leur pays naturellement lumineux, connaissaient parfaitement les dangers encourus à vouloir fixer le Soleil. Les pathologies développées suite aux éclipses observées de trop près étaient chose connue. En outre, il faut rappeler que les témoins ont vu un disque qui n’éblouissait pas, et que c’est pour cette raison qu’ils ont pu en suivre les mouvements. Il faut aussi tenir compte de l’effet calorifique, de la chute de « cheveux d’ange », de l’hétérogénéité des gens composant la foule (laquelle comprenait de nombreuses personnes hostiles à l’idée d’un événement surnaturel). Comme le note Christel Seval, la lecture d’Auguste Meessen concernant Fatima n’est pas satisfaisante. (15)

 

– La faiblesse théologique :

Lors de sa troisième apparition en 1916, l’ange donna aux enfants une prière dont les paroles présentent plusieurs défauts du point de vue théologique : la prière « offre la Divinité du Christ en réparation », ce qui paraît inconcevable pour certains théologiens. De surcroît, cette prière attribue à Marie des mérites « infinis », or seul Dieu peut se voir attribuer des mérites « infinis », disent des spécialistes.

Vision de l’enfer (premier « secret » confié aux voyants) lors de la troisième vision datée de juillet 1917 :

« Notre Dame nous montra une grande mer de feu qui paraissait se trouver sous la terre et, plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s’ils étaient des braises transparentes, noires ou bronzées, avec une forme humaine. Elles flottaient dans l’incendie, etc. »

Ceci est une description datant du Moyen-Âge, « une imagerie naïve peu digne d’une humanité venant de découvrir la Relativité Générale et la Mécanique Quantique, et qui s’est hissée à travers ses philosophes et ses courants de pensée à une maturité nouvelle ». La Dame dit ensuite qu’ils ont vu l’enfer « où vont les âmes des pauvres pêcheurs ».

La consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie élève aussi un doute parmi les spécialistes : peut-on consacrer à quelqu’un d’autre qu’à Dieu ? Et Marie peut-elle encourager son propre culte ?

Le Père Dhanis soutient que le message de la Vierge a été grossi, déformé par Lucia. Selon lui, à partir de 1935 les Mémoires de Lucia transforment le message originel. La prophétie relative aux horreurs de la seconde guerre mondiale n’est divulguée qu’en 1942, après le début des événements qui ont pu influencer la voyante. La crainte du communisme a pu lui faire intégrer la consécration de la Russie. Les vingt années de solitude monacale séparant les apparitions de la rédaction des Mémoires ont pu jouer le rôle d’un prisme déformant.

Le théologien Enzo Bianchi dit que les tourments des croyants, dans le troisième secret, présentent un Dieu non crédible, le Dieu du racisme chrétien catholique qui ne s’intéresse qu’aux siens et qui « oublie » de parler dans sa prophétie de la Shoah juive qui va se produire une vingtaine d’années après Fatima.

« C’est certainement là le point le plus faible des messages de Fatima : alors qu’est prédite une seconde guerre mondiale et qu’est désignée la Russie comme source des traumatismes à venir, l’absence totale de référence au nazisme est plus que troublante. L’Allemagne, Hitler, le nazisme, l’extermination des Juifs, tout ce pan de l’avenir est occulté. Venant de Dieu tout puissant, par la bouche de Marie, les messages qui, sur le devenir de l’humanité, sur la guerre finissante, sur la prochaine guerre, montrent une absence d’avertissement et de condamnation des futures atrocités que vont commettre les Nazis, ne nous laissent pas d’autre choix que de crier à la fraude. Il est absolument inconcevable que Dieu, déployant force miracles pour nous enseigner au travers de la Mère du Christ, se soit manifesté en 1917 pour évoquer les tribulations de l’Homme sans se référer à l’arrivée imminente d’Hitler et aux tribulations non moins imminentes du peuple Juif. » (C. Seval)

Nous avons d’un côté un « miracle éblouissant », la prétendue « danse solaire », et de l’autre côté des secrets dévoilés par la Vierge qui ne sont pas à la hauteur du signe qui les a annoncés.

« Une publicité fantastique pour un film décevant en somme. Alors que le bon sens voudrait que les messages eussent possédé la force et la clarté de la danse du Soleil, que le contenu soit à la hauteur du contenant, force est de constater l’ambiguïté des Mémoires de Lucia, ainsi que leur relative pauvreté en information, au point que la communauté des catholiques se vit troublée et divisée, de même que la hiérarchie ecclésiastique. Ce déséquilibre, cette tache sur le message virginal, milite sans aucun doute en faveur d’une réinterprétation. Soit, mais quelle tournure peut donc prendre une nouvelle approche de l’événement survenu à Fatima ? » (C. Seval) (16)

 

– Correspondances entre Fatima et les OVNIs :

Dans les années 1960, Paul Misraki a mis en évidence les correspondances entre le « miracle » de Fatima et le contenu de certains témoignages d’observations d’OVNIs contemporaines. Jacques Vallée a fait de même.

Dans son ouvrage paru en 2007, Christel Seval a lui aussi noté ces ressemblances. Les similitudes concernent celles-ci :

Les mouvements. Dans les RR3, il n’est pas rare de voir des « Aliens » qui se déplacent en flottant au-dessus du sol, sans bouger les jambes. Parfois, le contacté lui-même est amené à utiliser ce mode de transport. En Allemagne, en 1960, Klaus-Dieter Kaufmann vit un OVNI qui darda vers lui un éclair aveuglant. Il se trouva confronté à de petites créatures pourvues de sortes de réservoirs à oxygène dans le dos. Il les suivit à bord du vaisseau en constatant, amusé, qu’il n’avait pas besoin de marcher : il se déplaçait en flottant au-dessus du sol.

Le bourdonnement d’un insecte. Certaines personnes perçurent comme « le bourdonnement d’une abeille ». Manuel Marto, le père de Jacinta et Francisco, entendit un son comme celui d’une grosse mouche enfermée dans un pot vide.

Le 8 octobre 1954, dans la Marne, André Légée vit un engin qui s’éleva en l’air en produisant un sifflement comme celui d’un essaim d’abeilles. Le 20 octobre 1954, en Italie, Renzo Pugina vit un être s’élever en l’air, accompagné d’un bruit comme un bourdonnement.

Les coups de tonnerre. Des témoins ont ainsi caractérisé les sons entendus : tonnerre, claquement de main, détonation d’une bombe ou d’une fusée. Un bruit similaire au tonnerre était entendu au moment précédant l’apparition au-dessus du chêne vert.

Le 3 octobre 1954, en France, un témoin fut réveillé par un claquement sec avant d’apercevoir une boule lumineuse qui s’éleva dans le ciel. Le 2 novembre 1968, également en France, un médecin vit deux OVNIs en forme de disque fusionner avant de disparaître avec une explosion.

Les nuages. On peut distinguer deux types de nuages perçus à la Cova da Iria : le nuage léger, vaporeux, qui apparut au-dessus de l’arbre, semblant envelopper et cacher l’apparition, et des nuages colorés qui glissèrent dans des directions bizarres.

Comme le note Christel Seval, quantité d’objets volants non identifiés ont été aperçus, à toutes les époques, « flirter avec les nuages, s’y réfugier, les laisser comme traces de leur visite ». On a émis plusieurs hypothèses à leur sujet :

• Les nébulosités seraient des sous-produits de la technologie propulsive des engins, de leur changement d’univers.

• Elles seraient ce que la nature offre de mieux en guise d’opportunité de furtivité.

Les OVNIs modifient leur environnement direct par leur mode de fonctionnement et induisent en certaines circonstances une condensation vaporeuse qui les enrobe totalement, leur donnant alors l’aspect de nuées plus ou moins compactes. Ces nuées sont aussi mentionnées dans la Bible (Nombres 9. 16-22, etc.) On connaît notamment la « colonne de nuée » et la « colonne de feu » qui guidait le peuple hébreu dans le désert.

La diminution de la luminosité et de la température. José Maria Pereira Gens, alors étudiant en médecine à l’Université de Coimbra, a réalisé un enregistrement sur bande magnétique de son témoignage, que Paul Misraki a pu écouter. Le docteur Pereira Gens écrivit que les pèlerins observèrent, le 13 de chaque mois, une diminution de la lumière solaire. Les témoins notèrent aussi, pendant les apparitions, une diminution de la température de l’air ambiant. L’air devenait, soudain, frais…

Le 22 juin 1976, dans l’île de la Grande Canarie, le docteur Padron Leon vit, à 21 heures, une énorme sphère à une soixantaine de mètres de distance. Il ressentit un intense refroidissement qui, selon lui, était différent d’une simple baisse de température.

Christel Seval note qu’une éclipse solaire donnerait les mêmes effets que ceux qui ont affecté la foule.

« Une telle éclipse provoquée par l’interposition de ‘quelque chose’ dans le ciel d’assez volumineux, à la verticale de la zone touchée, aurait eu également comme conséquence une diminution de température. » (C. Seval)

Compte tenu de la taille de certains OVNIs observés de par le monde, il n’est pas impensable d’imaginer un OVNI d’un kilomètre de longueur, ou de diamètre, venir s’interposer entre le Soleil et le sol, à haute altitude.

Auguste Meessen, professeur de physique théorique à l’Université Catholique de Louvain (Belgique), a imaginé qu’un groupe d’OVNIs pouvait produire une sorte de film semi transparent, absorbant une partie de la lumière visible et laissant passer l’infrarouge, invalidant la nécessité d’un immense engin.

Les odeurs. Lucia était arrivée à la maison avec un bouquet provenant du chêne vert, « Notre Dame » étant apparue vers 16 heures. Sa mère prit le bouquet et nota qu’il sentait très bon, l’odeur ne pouvant être comparée à aucune autre.

On a noté, dans certains cas, des odeurs florales agréables associées à des rapports d’OVNIs. En novembre 1987, en Floride, Ed Walters vit, dit-il, un vaisseau cylindrique de 15 mètres de diamètre (dont il prit quelques photographies). Il fut paralysé par un rayon bleu émis par l’engin… Il sentit une odeur d’ammoniaque et de cannelle.

Les couleurs. Les rochers changèrent de couleur… Maria Carreira déclara que le sol était divisé en carrés, chacun d’une couleur différente, décrivant un effet kaléidoscopique étonnant qu’aucun jeu naturel ne saurait reproduire.

En Roumanie, en juillet 1928, Petre Eremençu vit, avec d’autres témoins, un cylindre irradiant qui passa au-dessus d’un village à une vitesse fantastique, sans bruit. De couleur jaune, sa lumière illumina si clairement les rues qu’on se serait cru en plein jour.

Les objets lumineux. Le témoin Manuel Marto vit, en août, « un type de globe lumineux en giration, dans les nuages ».

Le journal « Correio da Beira » publia le témoignage de Mademoiselle J., laquelle évoqua l’apparition d’un globe argenté. Joël de Deus Magno mentionna l’apparition d’un « ovale » dans les cieux, blanc et brillant.

Un témoin parla d’un « globe de lumière glissant lentement et majestueusement à travers l’espace ». Un prêtre qui était à côté du témoin déclara qu’il s’agissait sans doute du véhicule grâce auquel la Vierge Marie s’approchait des enfants. Monseigneur Joao Quaresma écrivit qu’il vit un globe lumineux se déplaçant lentement. Il disparut soudainement. Le témoin évoqua, à propos de ce globe, le « carrosse » ayant transporté la Vierge.

Le 13 septembre 1917, on aperçut un objet en forme de croix volant au-dessus de la Cova da Iria, ainsi que du village de Lapas. Il fut décrit par Joaquim Xavier Tuna. Emilia Alves parla d’une « petite balle, très blanche, qui ressemblait à une boule de coton sur une branche », et qui vint lentement à l’endroit où les enfants se trouvaient. Elle disparut où ils étaient.

Christel Seval note que les « ronds lumineux » (boules, globes, etc.) se retrouvent dans de nombreux comptes rendus d’observations ufologiques. En novembre 1954, en France, un témoin remarqua une boule lumineuse couleur feu qui venait vers lui. Cette boule prit l’apparence de la pleine lune avant de s’éteindre et de se rallumer pour réapparaître comme le Soleil.

En octobre 1967, à Brandis Corner (Holsworthy, Grande-Bretagne), deux officiers de police virent un engin se déplaçant rapidement, en forme de croix, large, brillant et silencieux.

Les effets sur les animaux. Pendant une apparition de la Vierge, Francisco nota que le troupeau de moutons dont il avait la garde se dirigeait vers un champ de blé tout proche dans la partie basse de la Cova da Iria. Lucia déclara à Francisco de ne pas y aller car Notre-Dame a dit que le troupeau n’irait pas manger le blé. Le troupeau réfugié dans le champ n’y causa aucun dommage.

En Espagne, en 1970, à El Castanuelo dans la province de Huelva, un berger nommé Juanito, qui encadrait son troupeau sur la route, fut paralysé (de même que les animaux) alors qu’il était confronté avec un étrange engin. (17)

 

– La pluie de « fleurs » :

Le premier septembre 1917, un globe lumineux apparut et des « pétales de roses » tombèrent des hauteurs… Ces fleurs tombées en pluies furent observées à plusieurs reprises à la Cova da Iria : le 13 septembre 1917, le 13 mai 1918, le 13 mai 1923 et 1924, le 17 octobre 1957, et peut-être plusieurs fois encore entre 1923 et 1925.

Dans la littérature ufologique, ce phénomène est appelé « cheveux d’anges » ou « fils de la Vierge » :

Le 17 octobre 1952, à Oloron (Pyrénées Atlantiques), Yves Prigent (instituteur) et quelques centaines de personnes virent dans le ciel un gros objet cylindrique dans un nuage floconneux. Une trentaine de boules précédaient l’engin cylindrique. A l’aide de jumelles, Yves Prigent constata que les boules, chacune entourée d’un anneau jaunâtre, voyageaient par deux. Ces objets laissaient tomber des filaments vitreux qui s’accrochaient aux arbres, aux fils téléphoniques, etc. Ils disparaissaient en passant d’un état gélatineux à un état volatil. Ce spectacle se renouvela dix jours plus tard au-dessus de Gaillac.

Le 3 octobre 1954 à 16 heures, à Montandon (Doubs), deux témoins (G. Froidevaux et L. Guillaume) virent deux boules argentées évoluer au zénith. Deux autres suivirent à courte distance, puis deux autres encore, et ainsi de suite, en tout une vingtaine de boules. Une demi-heure après, les témoins furent environnés d’une petite pluie de particules semblables à des fils de la Vierge. Ils tentèrent d’en ramasser, mais tous se sublimèrent.

Dans l’après-midi du 18 octobre 1954, à Vienne (Isère), M. Lelandais remarqua des formes blanches allant et venant dans le ciel, changeantes, effectuant une sorte de ballet aérien. Trente minutes après, il vit une pluie de « toiles d’araignées » tomber sur l’aérodrome. Très doux au toucher, ces « fils de la Vierge » s’agglomérèrent avant de se sublimer. Le témoin tenta d’en conserver dans une boîte hermétiquement close et au frais, mais le lendemain elle était vide.

Le 27 octobre 1954, à Florence (Italie), on vit des objets volants, convexes au-dessus et concaves au-dessous. Le passage de ces objets fut suivi d’une pluie de coton, très lumineuse. Les filaments se dissolvaient rapidement, mais un échantillon put être récolté par un jeune étudiant, Alfredo Jacopozzi, qui le rapporta à l’Institut de chimie de l’Université de Florence où il a pu être conservé et analysé par le professeur Giovanni Canneri. On y trouva du bore, du silicium, du calcium et du magnésium.

Lors d’un congrès ufologique au Portugal en 1978, Raul Berenguel fit le point des connaissances acquises sur ce phénomène des « cheveux d’anges » :

Il s’agit d’une substance qui tombe de l’atmosphère après le passage d’un OVNI ou sans cause apparente. Pendant la pluie, les « balles brillantes » se dispersent, formant un voile en extension. On parle d’une substance organique avec une tendance prononcée à la sublimation, de densité réduite, que la légèreté peut entraîner à distance du point de chute initial.

Il y a plusieurs types de « cheveux d’anges ». C’est ce qui explique que les analyses chimiques diffèrent souvent.

« Les caractéristiques, pourtant, demeurent constantes, offrant une extraordinaire résistance à la traction et à la torsion, pour une épaisseur très faible, ce qui lui confère une très grande fragilité. Une gélatine visqueuse et translucide constitue les fibres qui sont réparties aléatoirement dans un enchevêtrement intriqué. Les filaments brûlent rapidement lorsqu’ils sont exposés à une flamme, laissant une trace imperceptible. Ils sont attirés par les charges électrostatiques et adhèrent notablement au bois. Les éléments chimiques répertoriés dans les différents types prélevés de ‘cheveux’ sont : sodium, carbone, hydrogène, oxygène, bore, calcium, magnésium. On indique également la présence de silicone. La température de décomposition est approximativement de 280 degrés. » (C. Seval)

A Fatima, le 17 octobre 1957, il tomba une pluie intense de flocons blancs sur le site du sanctuaire, en produisant un bourdonnement discret, à tel point qu’on reparla de « miracle ». Cette fois, la substance était dotée d’une plus grande stabilité, si bien qu’on put en prélever et procéder à l’analyse des échantillons. Un groupe de gens de « Radio Fatima » réalisa la collecte des spécimens et les adressa au journal catholique « A Voz ». Le travail fut confié à Candido Ança. Celui-ci parla de fibres naturelles, et non artificielles, qui forment un matériau constitué « de fibres ondulées, parfois nouées, formées de petits agrégats de fibres plus ténues encore ».

« Comparée au coton, la fibre du ‘flocon’ examiné est considérablement plus fine, ondulée, et d’une texture feutrée. La seconde conclusion, qu’il est possible de tirer à partir de la microcombustion réalisée sous microscope, est à rapprocher de celle d’un produit végétal et non animal : la combustion est rapide et donne lieu à une formation d’un résidu presque imperceptible de cendre blanche, sans la formation sphérique à l’extrémité des fibres caractéristique de la combustion de filaments d’origine animale. » (Candido Ança)

Le 2 novembre 1959, des « cheveux d’ange » tombèrent au-dessus d’Evora au Portugal. Vers la mi-journée, cette cité fut survolée par deux objets discoïdes, gris clair, plus sombres à la périphérie. L’un d’eux fit des arrêts brusques. Les témoins assistèrent ensuite à la pluie de « fibralvina », notamment des étudiantes et des professeurs de l’école commerciale et industrielle d’Evora. De nombreux filaments étaient tombés presque verticalement. Ils se désagrégeaient. Leur blancheur et leur brillance étaient si intenses qu’ils semblaient avoir leur propre lumière. Le phénomène dura presque quatre heures, et les filaments se déposèrent sur les arbres, les fils téléphoniques, les toits, etc. Il n’était pas facile de capturer des filaments car beaucoup se désintégraient et disparaissaient avant de toucher le sol. Sur le matériel prélevé, on put faire une analyse spectrale qui révéla une double ligne de sodium. Sous le microscope, la substance apparut comme un tissage de nombreux filaments très fins, « se croisant en désordre, similaires à des tubes capillaires emballés dans une substance d’aspect gélatineux, transparente, sans couleur, et légèrement jaunie ». Les filaments étaient à la fois légers et résistants.

La similitude entre les « cheveux d’ange » de Fatima/1957 et ceux d’Evora/1959 fut confirmée par un témoin du premier événement à qui on montra une photo des fibres d’Evora. Il déclara qu’ils étaient identiques.

Des détracteurs ont souvent déclaré que les « fils de la Vierge » n’étaient que des lambeaux de toiles d’araignées.

« Il est un fait que les araignées utilisent des sortes de ballons tissés de soie pour migrer à l’aide des courants aériens convectifs. Pendant des années, cette ‘arachno-migration’ a été l’explication la plus couramment fournie pour rendre compte des ‘cheveux d’ange’, d’autant que l’étude superficielle de leur composition peut prêter à confusion. Un Américain, Brian Boldman, a collationné 250 cas de ‘cheveux d’ange’ à travers le monde dans une base de données et poursuit des recherches poussées sur ce matériau. Il affirme qu’un professeur de chimie au collège d’Almira à New York a prouvé à l’aide d’un compteur Geiger que les fibres de ‘cheveux d’ange’ pouvaient être radioactives. Ce n’est certainement pas le cas des toiles d’araignées. A l’examen, d’autres cas ont révélé contenir du tritium. Le tritium ne se trouve pas à l’état naturel, c’est un produit artificiel issu des réactions nucléaires. Pour en finir avec les araignées, les données montrent que la ‘fibralvina’ ne contient pas les gouttes de colle organique spécifiques aux toiles d’araignées. » (C. Seval)

Sur 215 cas répertoriés par Brian Boldman, des OVNIs sont impliqués dans 57 % de ceux-ci. Les 43 % restants ne démontrent pas l’absence d’OVNIs, mais seulement le fait que les témoins n’en ont pas aperçu (car ils ne les ont peut-être pas cherchés). (J’ajouterai, pour ma part, que l’explication est peut-être celle-ci : ces OVNIs, de nature « multidimensionnelle », peuvent être cachés dans quelque « repli dimensionnel », au niveau « éthérique », donc invisibles à l’œil nu.)

Parmi les cas d’OVNIs recensés, 44 % concernent des OVNIs discoïdaux, 29 % des OVNIs sphériques, 14 % des OVNIs en forme de cigare. 12 % constituent le reste, un amalgame de formes diverses. (Les 1 % manquants sont saupoudrés sur les pourcentages précédents.)

Les conditions atmosphériques semblent jouer un rôle important, notamment le degré d’humidité. Les pluies de « fils de la Vierge » surviennent en général de jour, par temps clair et sec, aux alentours de midi, rarement en été.

Phyllis Budinger s’est équipé d’un spectromètre infrarouge à transformée de Fourier, d’un chromatographe à phase gazeuse et d’un spectromètre de masse. Il a fait l’analyse d’un échantillon prélevé à Sacramento le 11 novembre 1999. Résultat : matériel fibreux provenant de source biologique. Ce n’est pas de la toile d’araignée. Les fibres contiennent aussi de petits composés d’ester. Des composés volatiles ont été identifiés, des hydrocarbonés à liaison faible. L’analyse du spectre indique : 2-methyl propane, 2-metyhyl-l-propene, 2-methyl-l-butene, 2-methyl pentane, 3-methyl pentane, hexane, dimethyl-pentane, structures hydrocarbone (isomère spécifique non identifié), carbonyle sulfide COS, etc. (Voir : « MUFON UFO Journal », n° 442, février 2005.)

La variété des conclusions scientifiques ne résulte probablement pas de la variété de l’origine de la « fibralvina » examinée, mais plutôt de la diversité des moyens et des procédures utilisés lors des analyses effectuées au cours des ans.

Le professeur Auguste Meessen a développé un modèle théorique de propulsion des OVNIs : la propulsion électromagnétique pulsée. D’après lui, une confirmation (parmi d’autres) de la présence d’un champ électrique émanant des OVNIs vient de la présence des « cheveux d’ange ». Si l’on admet que dans l’air atmosphérique flottent beaucoup de particules électriquement polarisables, on comprend que le champ électrique de l’OVNI va produire au sein de ces particules une partie électrique positive et une partie électrique négative. La partie positive de la particule va attirer la partie négative d’une autre particule, et ainsi se formeront des chaînes de particules, des filaments. Au bout d’un certain temps de navigation, l’OVNI va se trouver entouré d’une multitude de chaînes très fines, englué dans une sorte de pollution. Pour s’en débarrasser, l’OVNI devra couper son champ électromagnétique afin que tombe le cocon particulaire, avant de repartir nettoyé. S’il fallait un champ électrique pour coaguler les particules, on pourrait penser que la disparition de l’alimentation du champ rendrait leur liberté aux particules. Ce n’est pas le cas : les filaments vont subsister dans l’air car les particules seront tenues entre elles par des forces faibles, avant qu’un peu d’agitation thermique ne détruise les assemblages. (18)

On fera aussi le parallèle avec la « manne » tombée du ciel mentionnée dans le récit biblique de l’Exode, cette manne étant associée à la « colonne de nuée » et de « feu ». Cette « manne », aux propriétés nutritives, se dissolvait (comme à Fatima et comme dans les cas ufologiques !).

 

– Un article de francetv.info :

Voici le texte que l’on peut lire sur le site de francetvinfo, un article de Louis Boy daté du 24 octobre 2014 :

« Non, les filaments tombés du ciel à Angers et en Moselle ne sont pas des résidus chimiques :

D’étranges fils sont apparus dans le ciel de plusieurs départements mardi et samedi derniers.

Certains y voient la preuve de l’existence de traînées prétendument toxiques laissées par les avions. Il s’agit en fait de sécrétions d’araignées.

Mais que sont donc ces mystérieux filaments blancs tombés du ciel ? C’est la question que se sont posée certains habitants du Maine-et-Loire et de la Mayenne, mardi 14 octobre, ainsi que de la Moselle, samedi 18 octobre. Cet étrange phénomène, déjà repéré l’an dernier à la même période, est vu par certains comme la preuve que les traînées laissées par les avions sont composées de produits toxiques. Une théorie balayée par les scientifiques qui expliquent qu’il s’agit tout simplement de toiles d’araignée.

A quoi ressemblent ces filaments ?

‘Tout l’après-midi, des filaments ont chuté’, raconte Stéphane, cité par ‘Ouest-France’, qui les a observés un peu partout, mardi 14 octobre, de son jardin aux champs des communes environnantes, dans les alentours d’Angers. Ils avaient un ‘aspect blanc, une texture souple, et ont rétréci brusquement sous l’action d’une flamme’, explique au quotidien un habitant d’un village de Mayenne, juste au nord du Maine-et-Loire. Pour lui, ‘impossible de les confondre avec une toile d’araignée’.

Elodie, résidente d’une autre commune du Maine-et-Loire, estime au contraire que ‘c’était comme une grosse toile d’araignée’, et assure n’avoir jamais rien vu de tel. En novembre dernier, ‘Le Dauphiné Libéré’ publiait des photos d’un phénomène similaire dans la Drôme et en Ardèche.

Jusqu’où vont les théories ?

Stéphane, l’habitant du Maine-et-Loire interrogé par ‘Ouest-France’, en est certain : ces mystérieux filaments sont le résultat ‘d’épandages aériens clandestins de produits chimiques’, dans le but de ‘modifier les températures de la planète’. Cette théorie trouve sa source dans un mythe répandu dans les milieux conspirationnistes, et même chez certains écologistes, et largement diffusé sur Internet : celui des chemtrails, ‘traînées de produits chimiques’ en anglais.

Comme l’expliquait ‘Le Monde’ en août, les tenants de cette théorie assurent que les traînées blanches visibles dans le ciel après le passage d’un avion sont le signe que l’appareil répand des produits chimiques dans l’atmosphère. Une partie d’entre eux y voit une façon de modifier la météo et ainsi de contrôler le climat. Tous s’accordent en tout cas pour dire que les chemtrails sont secrètes et dangereuses pour la santé, leurs conséquences allant des dérèglements hormonaux aux maladies d’Alzheimer et de Parkinson. Et, parfois, ces produits chimiques retomberaient au sol de façon visible, sous la forme de filaments blancs semblant être faits d’une matière plastique.

Ces filaments trouvent également une place dans la mythologie du mouvement raëlien, cette secte qui affirme que la Terre a été créée par une civilisation extraterrestre. Pour les adeptes de Raël, ces ‘cheveux d’anges’, comme ils les appellent, seraient provoqués par le déplacement des ovnis dans l’atmosphère. Ils seraient également liés aux apparitions des anges ou de la Vierge Marie.

Que répond la science ?

Après un phénomène similaire, en novembre dernier, des habitants inquiets de la Drôme et de l’Ardèche ont saisi la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), une association créée pour surveiller les conséquences en France de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. La Criirad, qui dit avoir reçu de « nombreuses demandes », a conclu que les filaments n’étaient absolument pas radioactifs. ‘Notre laboratoire ne dispose, pour l’heure, d’aucun élément susceptible de mettre en doute l’origine naturelle du phénomène observé’, a ajouté l’organisme. Elle n’a pas poussé les analyses plus loin, mais livre son hypothèse basée sur ses recherches et plusieurs témoignages : ‘Cet événement correspondrait à un épisode particulièrement intense du phénomène dit du ‘fil de la vierge’ : de jeunes araignées migrent en tissant un fil emporté par le vent.’

‘Ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent à cette période de l’année’, confirme Frédéric Ysnel. Ce spécialiste des araignées à l’université de Rennes 1, contacté par francetv info, qualifie le phénomène des filaments blancs de ‘tout à fait classique, surtout entre septembre et octobre’. Les jeunes araignées pratiquent ce qu’on appelle la dispersion aérienne : pour se déplacer sur des distances relativement grandes, elles sécrètent ‘un fil de soie très léger qui est pris dans le vent et leur sert de parachute’. Ces fils finissent souvent par s’accrocher dans les branchages ou par s’emmêler et s’agglomérer entre eux.

Cette dispersion a lieu toute l’année de façon invisible. Si, tous les ans, des témoins la découvrent, c’est à cause du climat, explique Frédéric Ysnel : ces fils sont rendus visibles à cette période de l’année par une rosée particulièrement ‘conséquente et persistante’, qui ne s’évapore pas à cause du fort taux d’humidité. ‘Ce matin, j’étais sur le terrain avec mes étudiants’, raconte-t-il, ‘et il y en avait partout.’ Au témoin qui trouvait suspect que les filaments ‘rétrécissent brusquement sous l’action d’une flamme’, Ysnel assure que les toiles d’araignée brûlent effectivement ‘un peu comme du plastique’. Enfin, aucune chance que ces fils de soie soient dangereux pour la santé. »

Un commentaire est souhaitable à propos de ce passage de l’article :

« Ces filaments trouvent également une place dans la mythologie du mouvement raëlien, cette secte qui affirme que la Terre a été créée par une civilisation extraterrestre. Pour les adeptes de Raël, ces ‘cheveux d’anges’, comme ils les appellent, seraient provoqués par le déplacement des ovnis dans l’atmosphère. Ils seraient également liés aux apparitions des anges ou de la Vierge Marie. »

A la suite de ce texte, j’ai essayé, lors de plusieurs tentatives consécutives, de mettre un commentaire sur le site francetvifo. Cette mise au point (qui ne fait pourtant que refléter la réalité) a été censurée par le « modérateur » (?) ou la « modératrice » puisqu’elle n’a pas été mise en ligne :

« Il est pathétique de voir que lorsque certains font référence à des extraterrestres, ils invoquent Raël… Pourquoi évoquer, dans ce cas, ladite ‘secte de Raël‘ ? Le lien entre ‘fils de la Vierge’ (interprétés ici comme de simples fils d’araignée) et certaines apparitions d’OVNIs est connu depuis les années 1960, avec des auteurs comme Paul Misraki (‘Des signes dans le ciel’) et Jacques Vallée (‘Passeport pour la Magonie’). Le précurseur en la matière est, en 1958, George Hunt Williamson (…), dans ‘The secret places of the Lion’, traduit en français en 1972, aux éditions J’ai lu, sous le titre : ‘Les gîtes secrets du Lion’… Ledit Raël n’a fait que reprendre bien plus tard (ce que je ne savais pas car je n’ai pas lu Raël) ce lien fait avant lui, la prétendue première observation (sans ‘fils de la Vierge’ !) de Raël datant de 1973. En outre, un phénomène analogue a en effet été observé à Fatima en octobre 1917, à l’occasion de la prétendue ‘danse du Soleil’, et il est intéressant, à ce sujet, de faire des rapprochements significatifs, y compris avec la fameuse ‘manne’, tombée du ciel, du récit de l’Exode…. (Ce qui a également été noté par G. H. Williamson et Paul Misraki.) Tout cela a été mis en évidence, citations et références à l’appui, par divers auteurs, dont d’ailleurs moi-même… Je ne suis pas en train de dire que tous les phénomènes dits de ‘fils de la Vierge’ sont imputables à des OVNIs, je dis, et les documents disponibles à ce sujet le prouvent, que des ‘fils de la Vierge’ ont été observés lors de certaines apparitions d’OVNIs. On trouve facilement les références dans la littérature spécialisée (et notamment sur mon site), et je peux les fournir à toute personne intéressée. »

J’ajoute que quelques semaines après le texte publié sur francetvinfo (il a dû y avoir une séquence télévisée associée que je n’ai pas vu), la chaîne 24, RMC Découverte, a évoqué, le 31 janvier 2015, dans une émission de la série documentaire « Les OVNIs envahissent l’Europe », le cas portugais d’Evora (novembre 1959) mentionné plus haut. On a vu notamment Raul Berenguel (cité dans mon texte ci-dessus) et des témoins : le professeur de dessin José Inacio Brito, Fatima Ernesto (âgée de 17 ans à l’époque), ainsi qu’un autre témoin âgé à l’époque de 25 ans. Des enfants avaient joué avec les filaments tombés. Un échantillon a été observé au microscope, ce qui a révélé quelque chose de vivant. Cela « repoussait la lamelle »… On a vu aussi Chris Yates, un spécialiste du dénigrement en matière d’OVNIs qui a suggéré que les objets perçus pouvaient être un nouvel appareil militaire ou un ballon météorologique, ce qui n’explique pas, bien sûr, l’observation associée des filaments tombés du ciel… Si un météorologue a évoqué la possibilité, pour des êtres vivants, d’être emportés dans les airs par une tornade, Raoul Berenguel penche pour des créatures microscopiques existant dans les couches supérieures de l’atmosphère et qui flottent à très haute altitude. Elles tendraient parfois à retomber. En 1978, un incendie a détruit l’échantillon de « cheveu d’ange » qui avait été analysé. La séquence télévisée s’est achevée par le commentaire suivant : la pluie de « cheveux d’ange » est un mystère non résolu.

 

– La danse du Soleil :

Le 13 octobre 1917, une foule composée d’au moins 50 000 personnes put assister au spectacle suivant : le « Soleil » se mit à tourner rapidement, la rapidité du mouvement rotatif du « Soleil » ayant été remarquée par la plupart des témoins. Les témoins parlèrent de secousses, de mouvements arythmiques, de tremblements, d’agitation, de danse, d’oscillations, de girations, de rotations. Ce « Soleil » se mit à descendre au-dessus de la foule. Les termes employés pour caractériser cette descente sont : « rotation », « zigzag », « spirale », « danse », « descente en feuille morte ».

Lucia commença à dialoguer avec son correspondant invisible tandis que de nombreux témoins voyaient un nuage stationné au-dessus de l’arbre de la rencontre. Simultanément, le temps s’éclaircit et un globe argenté en légère giration apparut dans le ciel.

Angelica Pitta de Morais expliqua que le Soleil prit successivement plusieurs couleurs (lilas, bleue, rose, orange, la couleur du feu, répétant cela plusieurs fois). Plusieurs couleurs apparurent donc à la surface et en périphérie de l’objet « similaire au Soleil ».

« Plus encore, les séquences chromatiques, voire leur distribution sur le disque et sa couronne, semblèrent suivre un schéma répétitif. Et ce n’est pas seulement le globe qui fut affecté de ces curieux ballets de lumière, mais bien toute la zone qui prit les couleurs de l’arc-en-ciel, englobant à la fois la foule, les arbres, les montagnes. » (C. Seval)

Maria do Carmo Meneses écrivit dans une lettre adressée à son frère que les mêmes couleurs atteignaient le visage, les vêtements, le sol. Puis le « Soleil » se mit à s’agiter.

Le journal « Diario de Noticias » mentionna que le « Soleil » était doué d’un mouvement d’agitation circulaire, « comme s’il était affecté par de l’électricité ». Julia Franco dit que le « Soleil » commença à tourner très rapidement. La rapidité du mouvement rotatif du faux Soleil fut remarquée par la plupart des témoins. Gonçalo Almeida Garrett, doyen de mathématiques, fit clairement état d’une rotation de la seule périphérie du globe. Par trois fois, le « Soleil » manifesta un mouvement rotatif sur sa périphérie, scintillant d’étincelles lumineuses sur ses bords (comme autour des roues de feu d’artifice). Ce mouvement rotatif sur les bords du « Soleil », trois fois enclenché, trois fois interrompu, était rapide et a duré entre huit et dix minutes. Avelino de Almeida écrivit (dans un article publié dans « Ilustraçao Portuguesa ») que le « Soleil », un disque d’argent, fit une « danse violente et convulsive qu’un grand nombre de gens qualifieront de serpentine ».

Le « Soleil » se mit à descendre au-dessus de la foule. Maria Candida da Silva vit le « Soleil » tomber comme s’il allait s’écraser sur le sol, puis elle s’évanouit. Le révérend Joao Menitra vit que les gens devenaient de toutes les couleurs (jaune, blanc, bleu…), et il s’aperçut que le « Soleil » tournait à très grande vitesse. Il pensa qu’il allait mourir. La clameur fut immense, la frayeur aussi. Un témoin, le baron de Alvaiazere, fit un dessin montrant un mouvement de zigzags descendant, allant en s’amplifiant, puis un mouvement symétriquement inverse faisant retrouver au « Soleil » sa position initiale. Le Père Vieira écrivit que le « Soleil » oscilla, descendant en lents zigzags, « au rythme d’une feuille morte qui tombe de l’arbre en automne ».

Le Père Inacio Lourenco avait 9 ans à l’époque et se trouvait dans le village d’Alburitel, à 13 kilomètres environ à vol d’oiseau de la Cova da Iria. Le « Soleil », dit-il, ressemblait à une boule-de-neige qui tournait sur elle-même. Soudain, il sembla descendre en zigzag et menacer de s’écraser sur Terre. Epouvanté, le jeune témoin courut se mettre au milieu de la foule. Les gens pleuraient et croyaient assister à la fin du monde. Les objets autour des gens prenaient les couleurs de l’arc-en-ciel.

Pour certains, le « Soleil » descendit trois fois, pour d’autres deux fois, et d’autres encore à une seule reprise. En tout cas, il descendit suffisamment bas pour donner la sensation d’un possible crash. Maria dos Anjos rapporta qu’il descendit tellement qu’on crut qu’il allait s’écraser sur la Terre. Une nonne déclara que le « Soleil » descendit jusqu’à ce qu’il arrive à la hauteur des pins.

Avelino de Almeida, le rédacteur en chef du journal socialiste « O Seculo », reconnut la réalité du phénomène, ce qui lui valut des critiques de la part des anticléricaux qui ne s’étaient pas déplacés.

Le « Soleil » de Fatima s’est mis à tomber vers la foule, avec un mouvement de zigzag ou de « feuille morte ». Or, il s’avère qu’un certain nombre d’OVNIs manifestent cette tendance oscillatoire.

En ufologie, les cas modernes de boules volantes ignées, colorées, semblables au Soleil ou à la Lune, dansantes de surcroît, sont nombreux. Aux Etats-Unis, en 1952, l’équipage d’un avion de ligne de la TWA vit une roue semblable à du métal chauffé au rouge, tournant sur elle-même.

Le 27 septembre 1954, à Prémanon (Jura), quatre enfants de la famille Romand, après avoir vu un robot en forme de sucre fendu vers le bas, se sauvèrent et aperçurent quelques instants après une grande boule lumineuse rouge qui se déplaça en valsant comme une feuille morte.

Fin septembre 1954, dans le Gard, un témoin aperçut un cercle de petites flammes qui se mit à tourner sur lui-même, de plus en plus vite pour s’élever et disparaître sans bruit.

Le 14 octobre 1954, à La Tour d’Aigues (Vaucluse), Gervais Reynier partait à sa ferme avec son fils, quand soudain l’enfant hurla que le Soleil leur tombait dessus. Le père aperçut alors dans le ciel un disque de 6 à 7 mètres muni d’une queue de plusieurs mètres.

Une nuit de septembre 1956, dans le Loiret, un étudiant en art voyageait en voiture avec ses parents lorsqu’ils virent une énorme masse silencieuse au-dessus d’eux. Une lumière étrange surgit de cette masse en phase de descente vers le sol. Tous les alentours furent illuminés de plusieurs couleurs. Les bois, qui étaient verts, virèrent au bleu foncé. L’étudiant précisa qu’à un moment donné, sa main, prise dans le rayon lumineux, devint jaune orangé.

Si un OVNI à l’effigie de l’astre a pu jouer, à Fatima, le rôle du Soleil, il fallait, compte tenu de la faible couverture nuageuse à ce moment précis dans le ciel, que le véritable Soleil soit caché à la vue des spectateurs pour que ceux-ci puissent prendre l’OVNI pour l’astre solaire. L’ingénieur Jean Goupil a proposé la reconstitution suivante :

« Ce jour-là, un ovni situé à 10 000 kilomètres de la Terre déploya un écran bleu de 1 kilomètre de diamètre, puis lentement s’approcha du sol de façon à ce que l’écran reste dans l’alignement du Soleil et d’un point bien précis : un petit vallon où 50 000 personnes serrées les unes contre les autres attendaient un événement exceptionnel. Simultanément, un deuxième ovni, de 50 mètres de diamètre, suivait une trajectoire homothétique du premier. Il était aussi brillant que le Soleil et, de ce fait, passa totalement inaperçu de la foule dont l’attention était concentrée sur un arbre, au centre du vallon. (…) Le premier ovni se fixa à 50 kilomètres d’altitude, le second à 5 kilomètres seulement. Ainsi placés, ils masquaient totalement le Soleil dans une surface de vingt hectares, supérieure à celle du vallon. (…) L’ovni le plus rapproché, que tous les témoins prirent pour le Soleil, modifia sa luminosité et sa couleur, s’approcha du sol, ce qui terrorisa la foule, enfin se mit à danser, tourbillonnant sur lui-même tout en descendant vers l’horizon, cependant que le premier ovni masquait le véritable Soleil, remplacé par un écran bleu translucide, invisible sur l’azur. Enfin, le plus petit ovni revint à sa position première, et tous deux refirent en sens inverse le trajet initial. Le Soleil se remit à briller, éblouissant la foule étonnée. »

Les voyants, ainsi qu’une partie de la foule, purent distinguer, dans le faux Soleil, et parfois à côté de celui-ci, des figures d’allure humaine. Lucia déclara au Vicomte de Montelo qu’elle vit Notre Dame du Rosaire, saint Joseph et l’enfant Jésus. Après quoi, elle vit Notre Dame des Douleurs, et finalement la Dame qui lui sembla être Notre Dame du Carmel. Les figures se tenaient « au pied » du Soleil. Elle vit également « Dieu » (une figure masculine jusqu’à la poitrine) vêtu d’une robe écarlate. Jacinta compara l’enfant Jésus à un enfant de deux ans. Les vêtements de ces apparitions étaient tous de couleur écarlate. Francisco confirma globalement ces visions.

D’autres récits provenant de Lucia, à différentes époques, montrèrent quelques divergences sur les détails : elle dit avoir vu saint Joseph vêtu de blanc (bénissant la foule de sa main droite), « Dieu » en blanc. Une autre fois, elle déclara qu’elle n’avait pu distinguer clairement l’équipage et qu’il lui avait seulement semblé voir le visage d’un homme et d’un enfant.

Maria dos Prazeres, qui vit le « prodige solaire », mentionna qu’un homme et une femme, qui se trouvaient à ses côtés, observaient le Soleil à l’aide de jumelles. Ceux-ci disaient voir une échelle à proximité du Soleil. Ils distinguaient saint Joseph et l’enfant Jésus. Maria do Carmo vit saint Joseph et l’enfant dans le giron du « Soleil ».

Antonio Vieira Amado rapporta qu’il vit, à l’intérieur du « Soleil », trois images. Ce témoin n’associa pas ces figures à celles de la religion catholique.

« L’identification automatique des figures aux personnages emblématiques de la foi chrétienne, réalisée par la plupart des témoins, ne serait-elle pas que la conséquence d’un filtre culturel, un conditionnement mental dû à leur éducation et au ‘préconditionnement’ installé par le fait des apparitions antérieures vues exclusivement au travers du filtre marial ? » (C. Seval)

On trouve, en ufologie, des scènes semblables :

En octobre 1954, à Melun (Seine-et-Marne), plusieurs jeunes filles virent une boule jaune orange très lumineuse de forme ovale, qui s’éleva lentement au-dessus des toits après être restée stationnaire une dizaine de minutes. A cet instant, la Lune se trouvait dans une autre partie du ciel. Une personne affirma avoir distingué des silhouettes à l’intérieur de la boule, laquelle disparut à grande vitesse.

Le 22 juin 1976, à Las Rosas (Grande Canarie, Espagne), le docteur Francisco Padron, accompagné par plus d’une douzaine de témoins, observa une grande sphère transparente, volant à basse altitude, à travers de laquelle le ciel pouvait être vu, et à l’intérieur de laquelle se tenaient deux êtres de grande taille (l’un plus petit que l’autre). Les êtres portaient des uniformes écarlates. (19)

 

– Autres effets :

L’effet calorifique. Un aspect de la gigue du faux Soleil concerne la chaleur intense qu’il provoqua au point de sécher en quelques instants les milliers de personnes trempées par la pluie diluvienne qui était tombée. Inacio Antonio Marques déclara : « Le Soleil tourna sur lui-même, et tous ceux qui étaient mouillés se retrouvèrent secs. »

Le docteur en médecine Gens précisa que lui et son oncle notèrent que leurs vêtements, auparavant trempés, étaient maintenant parfaitement secs. L’ingénieur Mario Godinho s’est retrouvé avec les vêtements parfaitement secs, alors qu’il était, avant, complètement trempé par la pluie.

Cet effet calorifique fait aussi partie des caractéristiques connues d’une observation rapprochée d’OVNI. Dans plusieurs cas on a noté, par jour pluvieux, une évaporation totale de l’humidité à l’emplacement d’un OVNI stationnaire au-dessus du sol. Selon le physicien belge Auguste Meessen, la sensation de chaleur ainsi que le séchage rapide après la pluie peuvent provenir d’une radiation électromagnétique de basse fréquence, ce principe étant connu dans le processus d’induction de chaleur.

Le 7 ou 8 octobre 1954, dans l’Aube, Roger Réveillé aperçut au ras des arbres un engin ovale d’environ 6 mètres de long. Il ressentit une chaleur de plus en plus torride, l’objet disparaissant à la verticale en quelques secondes. Lorsque le témoin s’approcha, il vit que la terre et les arbres étaient aussi secs qu’en été, alors qu’il pleuvait.

Le 27 octobre 1967, à Dympep, en Inde, un objet tournoyant, et émettant des lumières rouges et vertes, descendit en direction de la rivière, créant une soudaine agitation de l’eau, avant d’émerger au-dessus de la forêt. Ceci fut suivi d’une vague de chaleur.

L’effet d’aspiration ou de traction. Lors de ses départs, la Dame en flottaison au-dessus du chêne vert se trouvait comme transportée à l’intérieur d’un rayon lumineux, une rampe de lumière selon les dires des jeunes pâtres. Maria Carreira attesta qu’à la fin de l’apparition, lorsque Lucia annonça que Notre Dame partait, tous les rameaux de l’arbre se ramassèrent, s’infléchirent du même côté. Un autre témoin déclara que les petites branches du sommet du chêne, auparavant toutes droites, « étaient maintenant un peu inclinées vers l’est, comme si elles avaient été réellement foulées par quelqu’un ».

On trouve trace de phénomènes similaires dans des cas ufologiques :

A Sainte-Foix-les-Lyon (France), le 12 juin 1952, un OVNI plana au-dessus du château de Bramata, à vingt mètres au-dessus du sol. Les témoins virent les branches des arbres attirées par l’objet, ainsi que leurs cheveux.

Le 21 janvier 1980, à Matosinhos (Portugal), Maria Helena Araujo Ferraz observa un objet lumineux de la forme de Saturne en stationnement au-dessus d’un pin. Un rayon de lumière blanche et translucide émergea de l’objet et vint baigner l’arbre. Les extrémités supérieures de ce dernier s’érigèrent en direction de l’objet volant, « formant une concavité donnant l’impression que les branches allaient céder ».

Quant au déplacement d’un être physique par le fait d’un rayon, Christel Seval note que nombre d’observations font état d’aspiration d’animaux (bovins ou chevaux soulevés par des OVNIs). Il en donne des exemples. Au Texas, en mai 1973, une famille assista à un enlèvement sur une route entre Webster et Alta Loma. Ayant stoppé leur véhicule, ils virent un veau dans un pré voisin littéralement « aspiré » et guidé par un rayon lumineux en direction de l’engin volant. Dans le Wyoming, en décembre 1982, un rancher de Laramie vit un vaisseau en forme de disque, avec des lumières, qui transporta une vache à deux mètres du sol. Néanmoins, je précise que cette dernière caractéristique n’est pas nécessairement pertinente pour le rapprochement des deux types de manifestations (OVNIs et Fatima), car les manifestations de Fatima sont peut-être en rapport avec une intelligence extraterrestre de type « multidimensionnel » et non physique.

Christel Seval note aussi que dans les cas de contactés ou d’enlèvements humains, les témoins mentionnent couramment cette traction par un rayon. Le témoin enlevé peut « glisser sur un tapis de lumière », d’autres témoins se sentant aspirés par un rayon de lumière émis par l’engin. Dans le Michigan, trois étudiantes virent six disques, dont l’un émit un rayon jaune en direction de Christina Morciglio. Dès que celle-ci se trouva enrobée de lumière, elle se sentit happée et monta, en suivant ce rayonnement, jusqu’à l’OVNI. En septembre 1997, dans le Maine, Trish se vit au-dessus de son lit et elle se vit transportée dans un tunnel de lumière.

Les guérisons. Il y eut des guérisons miraculeuses associées à Fatima. Parmi celles-ci, il y eut celles de Maria do Carmo (elle souffrait de tuberculose et on suspectait aussi une tumeur à l’utérus), de Maria Emilia et Branca de Sousa (malaria), Mario Godinho (tumeur logée dans le canal lacrymal), Higino Faria (problème de gorge), Joaquim Vieira (infirmités l’obligeant à s’aliter), Maria Carreira (guérie d’une maladie réputée incurable, ce qui a été confirmé en 1978 par ses filles). Cette dernière vécut encore 32 ans sans ne plus jamais souffrir de cette maladie. Sans l’avoir forcément demandé, de nombreux témoins des événements ont été guéris de leurs maux.

Des cas de guérison associés à des observations d’OVNIs ont été également répertoriés. On connaît notamment le cas du « docteur X » (2 novembre 1968, sud-est de la France). Deux OVNIs en forme de disque avaient fusionné avant de disparaître instantanément. Il y eut un coup de tonnerre, ainsi que l’irruption d’une nuée blanchâtre à la place de l’objet « évaporé ». Après son observation d’OVNI, le témoin réalisa que la blessure de sa jambe (qui s’était produite trois jours plus tôt, avec un morceau de bois) avait guéri. D’autres symptômes, comme une paralysie partielle du côté droit (handicapant pour la station debout), disparurent après l’observation, permettant au témoin de se servir normalement de son pied droit. (20)

 

Conclusion :

On peut donc voir, dans le « Soleil » de Fatima, l’archétype du phénomène OVNI. Les caractéristiques majeures d’une manifestation d’OVNI, dans le sens où une seule caractéristique peut directement évoquer un OVNI, sont les suivantes :

• Un objet volant silencieux en forme de boule ou de disque.

• Un changement de couleurs, des gerbes lumineuses, des flammes émises par l’objet volant.

• La rotation de l’objet sur lui-même.

• La descente en feuille morte de l’objet.

• La pluie de « fils de la Vierge » ou de « cheveux d’ange ».

• L’effet calorifique dispensé par l’objet.

Chacun des six points correspond « à une signature typique » d’OVNI. La conjugaison de ces aspects donne une signature d’autant plus forte qu’il n’existe pas, dans la nature ou de main d’Homme, de phénomène pouvant en rendre compte. Il faut aussi tenir compte des autres caractéristiques répertoriées dans le cas Fatima : nuées étranges, détonations, bourdonnement d’abeilles, rafraîchissement de l’air, paralysie des animaux, apparition d’êtres planants ou transparents, apparaissant et disparaissant dans l’air, usant de télépathie et d’ordres télépathiques, provoquant une grande fatigue et un abattement chez le témoin. Au total, il y a 16 types d’indices qui coïncident entre la signature de Fatima et la signature caractéristique d’une apparition d’OVNI. La conclusion que l’on peut tirer de ce constat est celle-ci : la phénoménologie de Fatima appartient à la catégorie de la phénoménologie « ovnienne ». Le poids de l’évidence indique, écrit Christel Seval, que la danse du Soleil de Fatima fut l’expression d’une rencontre rapprochée avec un OVNI plutôt qu’un miracle de type religieux. (21)

Les « voyants » ont-ils été enlevés ? Christel Seval parle de « suspicion d’enlèvement » :

« A Fatima, en 1915, en prélude à la venue de la Dame, en phase préparatoire pourrait-on dire, se déroulent 3 apparitions d’une figure translucide suspendue dans l’air. En 1916, ce sont 3 apparitions d’une figure lumineuse plus blanche que la neige, toujours en apesanteur. A cette occasion, les enfants ressentent une force qui les absorbe, qui les prive de l’usage de leurs sens corporels, pendant un long espace de temps, et qui les pousse à exécuter des actions et les laissent dans un grand état d’abattement physique. » (C. Seval)

Francisco déclara qu’il aimait voir l’« ange », mais que lui et ses compagnes étaient incapables de faire quoi que ce soit. Il ne pouvait même plus marcher, il ne savait pas ce qu’il avait.

Dans ses Mémoires, Lucia rapporte que ses deux cousins et elle-même ont ressenti au cours des apparitions de l’ange en 1916 une force mystérieuse qui les absorbaient et les annihilaient presque complètement.

Christel Seval précise que les récits modernes de rencontres rapprochées avec des OVNIs ou des entités qui ne sont pas terrestres font parfois état des mêmes circonstances. Et les récits que l’on classe dans la catégorie des enlèvements extraterrestres (RR4) font quasiment TOUS état des symptômes décrits par Lucia.

« L’engourdissement, la paralysie, ainsi que l’exécution d’ordres transmis, signalent le début d’un épisode d’enlèvement. Pendant, il n’est pas rare que le ‘ravi’ vive une théophanie, qu’il assiste à des projections d’images de type divin ou qu’on lui délivre des messages à caractère prophétique. Très fréquemment, un état de grande fatigue, d’abattement physique et psychosomatique, suit l’épisode. » (C. Seval)

Christel Seval considère que l’on peut légitimement penser que Lucia, Jacinta et Francisco ont subi un ou plusieurs rapts durant les années 1915 et 1916.

« Cette phase préparatoire, pour la pose d’implants par exemple, pourrait expliquer la voyance de 1917 où les enfants ont l’exclusivité du dialogue avec la Dame. » (C. Seval)

Cela pourrait également expliquer le défaut de perception chez Francisco qui voit mais n’entend pas, ce qui pourrait être attribué à un dérèglement de l’implant. Cela pourrait expliquer aussi la prophétie mariale concernant le proche retour à Dieu de Francisco et de Jacinta, lesquels décèderont en effet un an après. On pourrait envisager qu’un examen médical poussé ait prévu cette fin tragique. (22)

 

8. Mon analyse du « troisième secret » :

Il a fallu attendre mai 2000 pour connaître la teneur (présumée) du troisième « secret » de Fatima : la Vierge aurait simplement annoncé la tentative d’assassinat dont Jean-Paul II a été victime, à Rome, le 13 mai 1981, date anniversaire des premières apparitions de Fatima ! Ce qui, il faut le reconnaître, est un peu « léger » en comparaison des attentes que l’on avait par rapport à ce fameux « secret »… Cette explication avait été donnée à l’époque, et il m’a fallu attendre fin 2007 et la lecture du livre de Christel Seval pour m’apercevoir que le « troisième secret » n’a strictement rien à voir avec cette interprétation fantaisiste (apparemment faite par le pape) du message reçu ! Voici ce texte, déjà donné plus haut :

« Nous vîmes (…) un évêque vêtu de blanc – nous avons eu le pressentiment que c’était le Saint-Père -, divers autres évêques, prêtres, religieux et religieuses, monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande croix en troncs bruts, comme s’ils étaient en chêne-liège avec leur écorce ; avant d’y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine, et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin ; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches ; et de la même manière moururent, les uns après les autres, les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses, et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes (…). »

Comme on le voit, cela n’a strictement rien à voir avec une prétendue annonce de la tentative d’assassinat perpétrée à l’encontre de Jean-Paul II en mai 1981 ! Il n’y a pas, ici, que le « Saint-Père » qui est impliqué, mais de nombreux religieux, dans un contexte de guerre, ce qui s’apparente aux « tribulations » annoncées… dans la prophétie dite de « Malachie », laquelle date du seizième siècle ! En effet, voici ce que l’on lit à la fin de cette prophétie :

« Dans la dernière persécution de la sainte église romaine, le siège sera occupé par un romain nommé Pierre, qui fera paître les ouailles au milieu de grandes tribulations ; après quoi, la ville des sept collines – Rome – sera détruite, et un juge terrible jugera son peuple. »

Dans ce texte, 111 devises sont associées aux papes devant se succéder de Célestin II (au douzième siècle) jusqu’à la « fin des temps ». Il s’avère que la cent-onzième devise (« De la Gloire de l’Olive ») est associée à Benoît XVI. Les « tribulations » annoncées dans le « troisième secret » et dans la prophétie des papes étaient donc censées se produire à la fin du pontificat de Benoît XVI, auquel était censé succéder « Pierre le Romain ». On sait, depuis, que Benoît XVI a démissionné de sa fonction, le pape François lui ayant succédé…

Je signale aussi un cas de visionnaire non mentionné par Christel Seval : le stigmatisé italien Giorgio Bongiovanni. Le message que la Vierge aurait délivré à Giorgio Bongiovanni concernait principalement le troisième secret de Fatima. Giorgio Bongiovanni a prétendu que le « secret » concerne notamment « le retour de Jésus-Christ et le fait que l’humanité va entrer en contact avec les habitants d’autres planètes ». (23) Voici aussi ce que l’ésotériste Benjamin Creme a déclaré à propos du troisième secret :

« On a donné récemment une version édulcorée. Demandez-leur pourquoi ils ne donnent pas la version complète ! (C’est parce qu’il y est question du retour du Christ de nos jours.) » (24)

La « révélation » de Giorgio Bongiovanni ne correspond pas au « véritable secret » évoqué plus haut. A moins d’imaginer, bien sûr, que seule une partie de ce « secret » ait été divulguée… Selon certains auteurs, dont Pierre Jovanovic, le texte révélé ne reflète pas le contenu du véritable secret. (Voir : « Notre-Dame de l’Apocalypse », éditions Le Jardin des Livres, 2008.) On notera notamment (ainsi que l’a fait Pierre Jovanovic) la mention anachronique des flèches, ce qui est éminemment suspect !

 

9. A propos de Lucia :

Notons que Lucia, la « voyante » survivante de Fatima, est décédée en 2005. Soeur Maria Lucia du Coeur Immaculé était née en 1907 sous le nom de Lucia de Jesus dos Santos. Selon l’ésotériste britannique Benjamin Creme, les enfants avaient rapporté les paroles de la Vierge de manière exacte, mais les prêtres les avaient réinterprétées pour le public. Lucia, dit-il, était « une initiée de niveau 1,4 ». (25)

 

II. OVNIs, apparitions mariales et « soleils dansants » :

Dans « La Vierge et les extraterrestres », Christel Seval détaille les mariophanies les plus célèbres : outre Fatima (1917), il y a La Guadalupe (1531), La Salette (1846), Lourdes (1858), Pontmain (1871), Garabandal (1961-1965), Medjugorge (à partir de 1981), Zeitoun, Choubra et Assiout (entre 1968 et 2000).

La Salette, Lourdes et Pontmain ne se signalent pas par des évidences ufologiques. Selon Christel Seval, Medjugorge est une grosse escroquerie « montée sur quelques phénomènes psi », alors que Garabandal « paraît être un énorme fait parapsychique hors du commun mâtiné de petites supercheries ».

Selon Christel Seval, Fatima et la Guadalupe possèdent des caractéristiques « ovniennes » marquées. Nous avons vu qu’il en est bien ainsi pour Fatima. Quant au cas de La Guadalupe, il n’est pas impossible d’imaginer qu’une science extraterrestre ait pu être à l’origine de l’impression de l’image sur la « tilma » (pièce de tissu que Juan Diego utilisait en cape ou en manteau, et sur laquelle figure l’image de la Vierge)…

Christel Seval reconnaît que les apparitions mariales attribuables à des entités extraterrestres sont plutôt rarissimes. La part majeure du phénomène marial, une fois expurgé des faussaires de Dieu (les fausses apparitions), relève d’un processus naturel ne concernant que l’Homme. Les apparitions de dames lumineuses sont un fait indéniable, et ces phénomènes ne sont en aucun cas tous réductibles à de simples illusions d’optique, hallucinations collectives ou supercheries.

Le phénomène à travers les âges semble impliquer une manipulation du témoin. Quelle est la nature de ces êtres si souvent identifiés comme des personnages des Saintes Ecritures ?

Christel Seval propose une taxonomie distinguant une source exogène et une source endogène.

Dans le cas de la source exogène, c’est un tiers ou un agent externe qui provoque le phénomène. Dans le cas de la source endogène, le phénomène est provoqué par le « voyant » lui-même : canular, supercherie ou mythomanie, hallucination, etc.

« Hormis la supercherie, c’est l’hallucination, la fantasmagorie et, surtout, la vision eidétique, qui sont le support d’un nombre important de cas de visions. Ensemble, ils comptabilisent la part majeure des témoignages sincères d’apparitions de type endogène, sans réalité extérieure, provoquées par le voyant lui-même à son insu, et qu’on peut qualifier de fausses.

Sur ces mariophanies endogènes qui mettent en jeu des phénomènes parapsychiques plus ou moins accentués, se plaquent ‘les fausses danses solaires’ qui sont observées par les fidèles en demande de miracle et qui, par les effets désormais connus tels que les ont décrits les professeurs Meessen et Mracek, impressionnent les foules en mal de surnaturel. En fait, le processus de formation de la mariophanie est assez simple : qui dit vision eidétique de la Vierge dit bientôt foule de curieux, puis foule de pèlerins. De la foule de pèlerins autour du voyant récidiviste aux signes (danse solaire, etc.), le pas est vite franchi. » (C. Seval)

Une apparition est considérée comme ayant un rapport privilégié avec le phénomène OVNI/HET (hypothèse extraterrestre) si :

• La sémiologie de l’apparition recoupe la sémiologie « ovnienne ».

• Des « effets », traces physiques ou imagerie, sont potentiellement attribuables à une technologie avancée.

• Des « effets », traces physiques ou autres, sont couramment observés en ufologie.

Quelques apparitions mettent en œuvre ce qui peut s’apparenter à une « supertechnologie ». On y retrouve typiquement :

• Le faux Soleil de Fatima, un engin lumineux qui décrit certaines trajectoires.

• La « tilma » de Juan Diego, « qui s’apparente à une sculpture moléculaire qui préfigure l’art et la technologie du prochain siècle ».

• La projection holographique de la Vierge de Zeitoun « qui n’est que le prolongement de notre savoir faire débutant en la matière ».

L’arrivée d’un globe lumineux, précédant l’entrée en scène de la Vierge, a été plusieurs fois mentionnée à Zeitoun. On a parlé d’un globe rouge d’un mètre de diamètre faisant irruption et duquel naissait une lumière blanche. Or, ces globes ou disques lumineux « font le quotidien des rapports » d’OVNIs. (26)

Avant Fatima, note Christel Seval, l’Histoire ne retient pas de prodiges solaires associés à des visites de la Vierge.

Le phénomène de la rotation du Soleil est mentionné en Italie au Moyen-Âge, « mais il a une signification différente et on peut se demander s’il se fonde sur des observations tangibles ».

« Sur tous les fronts de l’épidémie, la Vierge manifeste sa présence et demande le retour à la vie évangélique. Les signes climatiques se multiplient. Le Soleil se met à tourner pour manifester la colère de Dieu. » (Sylvie Barnay)

Symboliquement, précise Christel Seval, on conçoit qu’une trépidation solaire soit un signe négatif, « et rien ne choque à ce qu’il fasse partie de la mythologie des signes utilisés, sans rapport obligé avec une réalité constatée ».

En décembre 1933, il y eut une « danse solaire » en Belgique, à Onkerzele, préalablement annoncée par la voyante Léonie Van den Dyck. Mais il reste des doutes sérieux sur la véracité du témoignage. Autres cas :

Bonate (1944), avec la voyante Adelaide Roncalli.

• Gimigliano di Venarotta, le 31 mai 1948, avec la voyante Anita Federici.

• Acquaviva Platani, en Sicile, le 15 avril 1950.

De tous les cas du vingtième siècle, ces trois cas sont ceux qui ressemblent le plus à Fatima. Ils réunissent les caractéristiques suivantes :

– Le phénomène a été annoncé à l’avance par la voyante.

– Il a été perçu de façon identique au même moment par toutes les personnes présentes.

– Il a été observé dans des localités éloignées du lieu des apparitions.

– Il a marqué un point final de la mariophanie en cours.

Il y eut aussi une sorte de prodige solaire à Balestrino (Italie). De 1949 à 1971, Caterina Richero eut plus de 120 apparitions de la Vierge se présentant sous le vocable Notre Dame de la Croix. Le 5 octobre 1969, vers 14 heures 30, « le ciel s’obscurcit et une gigantesque croix de lumière se forma dans le Soleil ». Une centaine de personnes purent l’observer pendant quelques minutes. Le docteur Alex Sanchez, de Saint Jean de Braye (Loiret, France), eut le temps d’en faire une photographie.

Pourtant, aucun de ces faits n’a été reconnu par l’autorité ecclésiastique. La réserve des évêques tient probablement sa source dans l’épidémie de fausses visions qui enflamma l’Italie de l’après-guerre. Joachim Bouflet note que la lecture de centaines de témoignages montre que ces « Soleils tournants » n’offrent de la danse du « Soleil » de 1917 « qu’une pâle copie, leur description n’étant le plus souvent qu’un plagiat des récits relatifs à Fatima ». Il cite comme exemple celui d’Espis, où le témoin parla d’un Soleil aveuglant (ce qui n’est pas conforme à Fatima). Christel Seval évoque cependant des cas qui ne semblent pas frauduleux :

Le 8 décembre 1932, à Galaroza (Espagne) – il était 18 h 30 -, de nombreux fidèles participant à la traditionnelle procession de l’Immaculée Conception virent une grosse balle couleur de feu qui tournait et virevoltait dans le ciel. Cinq heures après, à Arroyomolinos de Leon (province de Huelva), trois personnes avaient vu dans le ciel un « melon ardent » (à 29 kilomètres de Galaroza).

Le 7 octobre 1950, à Necedah (Etats-Unis), précise le Père canadien Laplante, 50 000 personnes étaient accourues à la ferme Van Hoof. A 11 heures 40, il vit que des gens levaient les mains vers le ciel, et il s’aperçut, à sa surprise, que le Soleil n’éblouissait pas. Puis le disque lumineux se mit à tournoyer, à descendre « tout près de la Terre » et à remonter à plusieurs reprises. Toute la foule fixait le même point. C’était un tumulte de joie indescriptible.

Le cardinal Tedeschini donna publiquement une version concernant la vision du pape Pie XII, à Rome, le 30 octobre 1950, tandis qu’il se promenait dans ses jardins.

« Le Soleil, qui était encore assez haut, apparaissait comme un globe opaque, jaune pâle, complètement entouré d’un cercle lumineux, qui n’empêchait pourtant en aucune façon de fixer attentivement l’astre sans en éprouver la plus petite gêne. Un petit nuage, extrêmement léger, se trouvait devant. Le globe opaque se mouvait légèrement, soit en tournant, soit en se déplaçant vers la droite ou vers la gauche. Mais à l’intérieur du globe se montraient en toute clarté et sans interruption des mouvements très forts. » (Pie XII)

Le même phénomène se reproduisit, aux dires du pape, le 31 octobre, le premier novembre et le 8 novembre.

Le 9 octobre 1955, en Vendée, le « Soleil » dansa lors d’une fête paroissiale en l’honneur de Notre Dame de Fatima. Tandis que le cortège pénétrait dans l’église, les assistants virent l’astre se colorer d’un bleu azur. Un cercle multicolore, tout frangé d’or, l’entourait. Dans ce cercle, le « Soleil » tournait avec une grande rapidité, « accusant en même temps comme un mouvement d’avance et de recul dans le cercle toujours immobile, mais d’un flamboiement intense ». Différentes couleurs se succédèrent sur un rythme de plus en plus rapide. Les yeux les plus sensibles ont pu fixer le « Soleil » sans aucune gêne, comme si on regardait une photo.

A Baturité (Brésil), José Ernani (âgé de 25 ans) prétendit qu’une apparition de la Vierge aurait lieu le premier octobre 1993 à 14 heures. Au jour dit et à l’heure dite, 3000 personnes assistèrent à des manifestations comme l’abaissement de la température, la formation de nuages singuliers, l’apparition de boules lumineuses blanches qui volèrent au-dessus des collines.

Aux environs de Fatima même, ont été recensés d’autres phénomènes solaires : le 2 février 1918, le 13 juin 1920, le 13 octobre 1922, le 13 mai 1925, le 13 octobre 1925, le 8 novembre 1957 (description d’OVNI). Il y a aussi ceux observés à proximité : le 13 mai 1922 à Santarem, le 13 août 1924 aux alentours de Cortes, en septembre 1949 à Colombia.

En prenant la liste établie par Yves Chiron, Joachim Bouflet (consultant auprès de postulateurs de la Congrégation pour la cause des saints) a relevé, sur 200 mariophanies alléguées – de 1944 (Bonate) à 1993 (Arc-Watripont) -, plus de 70 cas signalés par des prodiges solaires, avec une nette augmentation depuis Medjugorje en 1981. Joachim Bouflet déclare qu’ainsi banalisé, le phénomène « perd toute signification ». Il ajoute qu’autant la relation entre le message et le signe est cohérente à Fatima, « autant elle est artificielle dans la plupart des prétendues apparitions qui revendiquent des prodiges solaires ».

« Cette quantité de prodiges célestes et d’apparitions pose effectivement un problème de lecture, quelle que soit la tournure – religieuse ou ovni – que l’on présuppose. (…) Néanmoins, d’après les éléments à notre disposition, nous pourrions dire qu’un prodige solaire est immédiatement versé au profit de la religion catholique, et mis en relation avec une possible présence de la Vierge, s’il est observé par des yeux de ‘croyants’. En 1917, il ne pouvait d’ailleurs échapper à cette prise de possession par l’Eglise, étant donné l’imprégnation religieuse de la population de l’Estramadure portugais. Aujourd’hui, le même effet constaté par des laïcs conduira naturellement celui-ci à être placé, si l’effort de transmission aboutit, entre les mains de l’ufologie. Le choix du classement semble donc l’affaire du hasard et ne dépendre que de la foi du témoin. A moins, bien entendu, que les témoins ne soient préalablement ‘choisis’ par les ‘auteurs’ de tels phénomènes, ce qui aurait fatalement une incidence sur la nature estampillée du prodige solaire : religieux ou ovnien. » (C. Seval) (27)

Peut-il y avoir une collusion entre deux plans de la réalité aussi distincts que les OVNIs et le plan divin ?

Selon Christel Seval, les entités extraterrestres qui nous visitent doivent avoir une connaissance de l’« après-vie », et la possibilité de dialoguer avec des entités spirituelles peut constituer, pour elles, une banale réalité. Cette idée de collusion ne signifie pas pour autant que les extraterrestres sont de nature angélique, ceux-ci étant de nature physique comme nous.

943938_1655668011351688_2185522553920816293_nPour Gilles Pinon, le plan divin n’a pu utiliser un artifice ressemblant à un OVNI car l’utilisation par Dieu d’un procédé « ovnien » aurait pu jeter la confusion chez les croyants « et laisser croire qu’il interpose son autorité par le truchement d’une technique équivoque ». Ainsi, l’événement de Fatima serait seulement une intrusion d’OVNI, sans véritable apparition mariale au sens traditionnel de l’expression. L’aspect religieux de Fatima serait un camouflage délibéré. Quel aurait été l’objectif de celui-ci selon Christel Seval ? D’abord, l’objectif aurait été, en 1917, de faire authentifier et de valider par l’Homme la manifestation d’un événement surnaturel. Dans un second temps, l’objectif aurait été de lui faire reconnaître, quand l’humanité en aurait eu les moyens techniques et psychologiques, une démonstration « ovnienne » différée, discrète et progressive, destinée à préparer notre espèce à un contact avec des intelligences extérieures à notre planète. Dans cette optique, Fatima serait le premier pas d’un processus graduel de prise de contact entre des extraterrestres et l’Homme.

Selon Christel Seval, les stratèges extraterrestres auraient « arrêté » cette date de 1917 pour deux raisons. Il y a d’abord la constatation d’un saut évolutif effectué par la science terrienne et, partant, la naissance d’une nouvelle conception de l’Univers qui va se généraliser au sein de l’humanité : naissance de la théorie quantique, radioactivité, théories de la relativité restreinte et générale… L’autre raison du choix de 1917 serait associée à des événements politiques et sociaux, le message marial concernant la Russie en pleine révolution marxiste. Douze jours après la dernière apparition à Fatima, le Congrès des soviets et Lénine prenaient le pouvoir, ouvrant l’ère du communisme totalitaire, de la philosophie matérialiste athée… 1917 était sans doute le moment de laisser un message afin d’avertir notre monde des dangers de la trajectoire empruntée. Le choix de l’Eglise catholique comme réceptacle du message est censé s’expliquer, dans cette optique, par le choix des stratèges se portant sur une institution pérenne, la philosophie spiritualiste de ceux-ci pouvant par ailleurs être proche de cette institution.

Pour les historiens portugais Fernandes et d’Armada, le véritable secret de Fatima est que la description de l’être faite par les « voyants » ne correspond pas du tout à ce qu’en a traduit l’Eglise. Les premiers récits de Lucia témoignent en effet de la présence d’un être fort différent – une robe arrivant aux genoux, un médaillon dans la main, un costume étrange – de la représentation traditionnelle de la Vierge. Ils suggèrent que le conditionnement culturel de Lucia et l’ardeur de l’Eglise ont récupéré l’événement sous la bannière de la Sainte Vierge en maquillant le phénomène sous des atours religieux. D’ailleurs, comme dans beaucoup de mariophanies, la Dame de Fatima ne dit pas immédiatement qui elle est, et elle ne le signale qu’au bout de plusieurs mois, « une révélation tardive dont on peut se demander si elle n’a pas été arrachée sous influence ». Pour Gilles Pinon, au contraire, c’était bien l’Eglise qui était visée, choisie par les auteurs de Fatima dès l’origine comme seul réceptacle possible de leur « pièce théâtrale ». Pour Christel Seval, ces deux interprétations sont réconciliables. Son sentiment est que les auteurs de Fatima ont bien choisi l’Eglise catholique comme la « mère porteuse » de leur message à effet retardé. Quand l’Homme aura compris le sens réel de Fatima et que les auteurs se seront fait connaître, écrit-il, « on ne pourra pas leur faire le reproche d’avoir directement choisi d’usurper l’identité de la Mère du Christ ».

« Car ils nous répondront alors que, comme dans bien d’autres cas où ils sont intervenus, ils se sont présentés aux contactés d’une façon neutre, et que ce sont les humains qui ont, consciemment ou non, transformé leurs apparitions en scènes de nature religieuse. Peut-être était-ce le seul moyen pour les hommes d’intégrer l’inconnu dans leur sphère de perception, en le ramenant à des engrammes connus et des symboles universels de communications, mais le choix de cette communication leur aura été donné. » (C. Seval)

Christel Seval appelle « les Marionnettistes » les extraterrestres qui tirent les fils de la marionnette Marie et manipulent l’espèce humaine par la même occasion. Selon Christel Seval, Fatima participe d’un processus graduel de contact, « il en signe l’ouverture ». Alors que la non-ingérence avec l’humanité est le maître mot des activités extraterrestres depuis toujours, « Fatima marque une rupture radicale avec ce principe », les marionnettistes étant les maîtres d’œuvre du processus de contact.

Le mode d’ingérence choisi : parler par la bouche de l’une des principales figures religieuses de notre civilisation, peut paraître choquant et déontologiquement incorrect. Pour Christel Seval, l’événement de Fatima est le point de départ du processus graduel de contact. Il s’agit peut-être, écrit-il, de la première rencontre officielle entre notre humanité et « celle des étoiles », et on ne peut, à ce titre, la traiter comme une vulgaire manipulation. (28)

Je ne partage pas cette analyse de Christel Seval. De la part de l’intelligence à l’origine du phénomène il y a bien eu, à Fatima, « camouflage » et « manipulation », mais ceux-ci s’expliquent dans une optique légèrement différente de celle avancée par Christel Seval. La finalité réelle des apparitions mariales (avec ou sans OVNI) est celle-ci, ainsi que le signale Michel Coquet : redonner au « petit peuple » cette foi qui de nos jours fait cruellement défaut.

 

III. Crosia (Italie), 1987 :

Ce cas a été rapporté par Jean Sider dans un livre publié en 1990.

Le 23 mai 1987, à Crosia, petit village de Calabre, une statue de la Vierge Marie se mit à pleurer. Deux jours après, Vincenzo Fullone (15 ans) et Anna Biasi (12 ans) commencèrent à bénéficier de visions extatiques de la Madone.

Les jours suivants, divers phénomènes furent signalés : guérisons miraculeuses, « danse du Soleil », etc.

Le 30 mai 1987, entre 22 heures et 22 heures 30, plus de cent personnes veillaient dans la petite église délabrée qui était le centre de ces événements. Il y avait notamment le coiffeur local Pascal Campana, qui disposait d’une « télécaméra ». Soudain, Vincenzo Fullone, qui venait de sortir d’une transe extatique, se mit à crier : « La Vierge m’est apparue et m’a informé qu’un prodige va se produire dans quelques instants. Sortez tous de l’église et surveillez le ciel ! »

« Les témoins surexcités se ruent à l’extérieur de l’édifice. Pascal Campana est prêt, la télécaméra sur l’épaule réglée pour fonctionner dès que quoi que ce soit se produit. Tout à coup, un brouhaha allant crescendo monte parmi les fidèles : ‘La voilà !’ Un phénomène lumineux apparaît dans le ciel que la foule pense être la Vierge. Il s’agit en fait d’une petite boule de lumière de forte intensité qui grossit au fur et à mesure qu’elle se rapproche des témoins. A un moment donné, la boule se transforme en curieux aéromobile lenticulaire, nanti d’un trou en son centre, et de deux ‘échancrures’ sur ses bords, diamétralement opposées (…). »

Pascal Campana a filmé, pendant plus de six minutes, les évolutions de l’« objet » :

• virages à angle aigu,

• démarrages foudroyants,

• arrêts subits,

• chutes brutales,

• remontées instantanées à la verticale,

etc.

Bref, comme le note Jean Sider, « toute la panoplie des performances auxquelles les ovnis nous ont habitués ».

La télévision italienne acheta le film de Pascal Campana trois millions de lires. Il fut diffusé en 1988 dans une émission (« Incroyable ») de la deuxième chaîne de la R. A. I., émission animée par Maria Rosaria Omaggio et Lorenzo Ostuni. Une copie sur bande-vidéo fut réalisée et analysée par Roberto Pinotti et Corrado Malaga, du Centre Ufologique National (« Centro Ufologico Nationale »), l’une des principales associations italiennes privées étudiant le phénomène OVNI. Jean Sider a pu se procurer une copie de la bande-vidéo consacrée à cette émission.

« Il ressort d’une analyse sur ordinateur, grâce à la technique de la digitalisation, que la ‘chose’ montre toutes les caractéristiques d’un appareil aérien matériel. Toutefois, les manoeuvres qu’il a effectuées indiquent qu’il doit plutôt s’agir d’une projection holographique tridimensionnelle et non pas d’un objet en matière quelconque, car il a violé les règles établies en aéronautique. En effet, les manœuvres effectuées, compte tenu de sa vitesse énorme, estimée parfois supérieure à celle du son, auraient dû provoquer une onde de choc (le ‘bang’) et des éclatements dans sa structure. » (J. Sider) (29)

Personnellement, je ne crois pas qu’il s’agissait d’une projection holographique. Il s’agissait ici, vraisemblablement, d’un engin volant de matière « éthérique » provisoirement densifié (ou « matérialisé »), et non d’un engin de nature physique/dense (en « tôles et boulons »), ce qui explique qu’il n’était pas soumis aux lois de l’aéronautique.

 

IV. Brésil, 1993-1994 :

C’est encore Jean Sider qui a évoqué, dans un autre de ses livres, ce cas brésilien. Il note que selon l’enquêteur brésilien A. J. Gevaerd, des visionnaires et des médiums affirment avoir reçu des messages de la Vierge Marie dans des secteurs où sont apparus de nombreux OVNIs. Ces événements se sont produits essentiellement dans l’Etat de Cearà, dans une région connue sous le nom de Serra de Baturité. La chronologie de ces événements est la suivante :

• A partir d’avril 1993, il y eut des apparitions de la Vierge Marie, avec des messages délivrés à un jeune homme de 25 ans, José Ernani.

• De décembre 1993 à août 1994, il y eut une vague de « boules de feu ou de lumière » qui terrorisa les habitants du secteur.

• En mai, juin et août 1994, il y eut au moins 36 rencontres rapprochées, avec atterrissages, poursuites de voitures, enlèvements et observations de phénomènes aériens.

« A Amontada, plusieurs témoins, dont le maire et le prêtre de la paroisse, ont assisté à plusieurs atterrissages d’ovnis. A Mulungu, des ovnis ont été vus au-dessus de la ville et, parmi les observateurs, il y avait plusieurs personnalités locales. A Quebra Pau, des fermiers ont pu suivre les évolutions d’un ovni qui vint survoler un bouquet de bananiers au point qu’il déchiqueta leurs sommets. » (J. Sider)

Voici un cas rappelant les « chupacabras » de Puerto Rico. (Voyez, sur ce site et dans la même rubrique, mon texte : « OVNIs et entités à Puerto Rico ».) Reginaldo de Athayde a signalé que, quelques années auparavant, des personnes isolées de la ville de Pacajus (Etat de Cearà) avaient été attaquées par un objet ou un être que les autochtones ont appelé le « chupa-chupa », sorte de vampire local censé sucer le sang de ses victimes.

C’est le 23 avril 1993 que José Ernani eut son premier contact avec la Vierge, alors qu’il priait avec d’autres personnes dans une grotte, à Vila Peri, Fortaleza. D’autres apparitions suivirent, chaque lundi et chaque vendredi.

« La première fois qu’il affirma avoir vu la Vierge, il la décrivit comme la silhouette d’une belle jeune fille d’environ 19 ans (!), avec des traits faciaux finement dessinés, la peau rose, la bouche en cœur (!), ainsi qu’une longue et épaisse chevelure de couleur brune. Le voyant remarqua aussi qu’elle avait des yeux bleus pénétrants et que sa robe semblait agitée par le vent léger qui persistait au moment du contact. Cette dernière particularité (la robe – ou le voile – qui paraît flotter dans un courant éolien) se retrouve très souvent dans d’autres circonstances identiques, comme à Zeitoun, au Caire, en 1968. » (J. Sider)

Autour de la taille, il y avait une sorte de ceinture d’environ dix centimètres de large, dont les bouts pendaient le long de la jambe gauche. Il y avait, sur cette bande d’étoffe, deux visages (celui d’un vieillard à la barbe et aux cheveux blancs, celui de Jésus) et une colombe. José Ernani interpréta ces images comme celles du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

« La voix de la Vierge Marie fut perçue, par le voyant, comme étant mélodieuse, et elle lui transmit un message destiné aux prêtres de la région de Baturité (sic), de type classique, d’essence catéchistique pourrions-nous dire, avec allusion à l’Eucharistie, le Cœur Immaculé de Marie, etc. Bref, le message fut court mais traditionnel, dans le genre de ceux dispensés en d’autres lieux et en d’autres temps. » (J. Sider)

Le lieu des apparitions ne fut pas toujours le même. Le premier septembre 1993, à Brejo (Serra de Baturité), vers 14 heures 10, la plupart des 3000 pèlerins présents purent voir le « Soleil » changer de couleur et prendre l’apparence de la pleine lune, un vent léger commençant à atténuer la forte chaleur présente sur les lieux. Certaines personnes virent des phénomènes que d’autres perçurent de façon différente ou encore ne virent pas.

« Par exemple, un fermier nommé José Valdemir Lima soutint avoir vu, près de José Ernani qui était tombé à genoux, s’élever une ‘fumée’ d’un des palmiers proches et dont les branches furent agitées comme par un vent froid. D’autres personnes affirmèrent avoir pu observer la silhouette transparente de la Vierge s’élevant dans le ciel. On retrouve ici, comme à Fatima, les mêmes anomalies et diversités de perception. Les ‘fumées’ ou ‘nuées’ sont omniprésentes dans les apparitions mariales, tout comme dans certaines rencontres rapprochées de la phénoménologie liée aux ovnis. »

Le premier septembre 1994, Marcos Rabelo vit un « nuage » qui se tenait au-dessus du lieu des apparitions, « duquel partaient des faisceaux multicolores de lumière qui s’étendaient partout dans le ciel, tandis que d’autres étaient dirigés vers le sol jusqu’à toucher le sommet des arbres ». Jean Sider rappelle à ce sujet que les OVNIs s’entourent quelquefois d’une masse gazeuse opaque.

« Le lieu exact des apparitions est connu sous le nom de Sitio Labirinto, une dépression entourée par une succession de collines basses et couvertes par d’immenses plantations de cannes à sucre et de manioc. »

Le premier octobre 1994, une équipe du groupe C. P. U., menée par Marcos Rabelo, vint à Brejo. Le matériel fut installé : détecteurs d’énergie et de champs magnétiques, appareils de prises de vues sur trépieds, caméras, etc. Sur place, il y avait environ 5000 personnes attendant ce qu’avait annoncé, pour 14 heures, le visionnaire, à savoir la descente du ciel de la Vierge. Le « voyant » (José Ernani dos Santos) se mit à prier puis prit place là où la Vierge était censée apparaître.

Quelques nuages se montrèrent, paraissant poussés par le vent vers le lieu des apparitions. Deux des plus gros nuages se dirigèrent l’un vers l’autre, puis se réunirent en une seule nuée.

« Cela produisit un unique nuage noir très compact qui obscurcit le Soleil, lequel se trouvait à ce moment-là presque au zénith des observateurs. Cet étrange nuage semblait faire de lentes allées et venues, pendant que le reste de la troupe poursuivait sa course normale, emporté par les courants éoliens. Une brise agréable soufflait à ce moment-là, chargée d’énergie électrique selon les enquêteurs, car ils sentirent leurs cheveux se dresser droit sur la tête. Cette brise circulait parmi la foule comme si elle avait été prévue pour rafraîchir les pèlerins fatigués et quelque peu incommodés par la chaleur. »

La foule devint quasiment hystérique… L’étrange nuage se stabilisa à la verticale de l’endroit connu sous le nom de Sitio Labirinto. De son pourtour jaillissaient des rayons multicolores sur le sommet des arbres. Le Soleil n’était pas caché par le nuage. Un cercle de la taille de la pleine lune commença à se former à ses côtés puis se sublima lentement. Les implorations, les prières fusaient…

José Ernani dos Santos était en transe, la tête complètement tirée en arrière. Ce qui ne l’empêcha pas d’écrire avec une rapidité surprenante un message qui, à l’en croire, venait de lui être dicté par la mère de Jésus.

Peu après 14 heures 05, un nouveau nuage se forma. Les enquêteurs du C. P. U. virent un disque argenté de la taille de la Lune qui se trouvait à côté du Soleil, alors que des éclairs de lumière dardaient autour des bords du nuage qui venait de se former. Quelques minutes après, le « show » se termina, le ciel étant redevenu normal avec quelques nuages ordinaires.

Une messe fut célébrée. Après celle-ci, José Ernani dos Santos déclara que la Vierge avait promis de revenir au même endroit le 5 novembre 1994 pour « confirmer les pouvoirs de Dieu sur les incroyants de ce monde », selon les termes de celui-ci.

Une personne avait pointé son doigt vers le ciel en criant : « Regardez ! Les grains du rosaire de la Vierge ! » Les enquêteurs Paulo César Tàvora et Hélio Loyola prirent des photos de ce qui leur parut être quatre OVNIs camouflés dans un nuage. Leur diamètre fut estimé à 30 mètres chacun. Trois d’entre eux se trouvaient sur une même ligne, le quatrième étant à l’écart des autres et moins caché par le nuage protecteur. Ce quatrième objet fut décrit comme un disque métallique solide nettement défini. Sur le côté gauche, ces quatre OVNIs émettaient une sorte de fumée. Ils étaient en position stationnaire. Puis les nuages s’écartèrent, révélant dès lors les quatre « objets »… Des nuages naturels vinrent ensuite recouvrir les OVNIs.

Les documents photographiques ne représentent pas, semble-il, ce qui a été observé à l’œil nu. A la place de trois « soucoupes », on voit sur un cliché trois colonnes « de ce qui ressemble à de la poussière descendant au-dessus du sommet des deux palmiers où la Vierge était supposée se trouver ».

Pour certaines personnes présentes, les « soucoupes » étaient « des larmes de la Vierge », alors que pour d’autres il s’agissait de « rangées de grains de son collier ». La scène des « OVNIs » a ainsi été interprétée différemment en fonction des attentes des observateurs.

Au moment où le « voyant » déclara qu’il conversait avec la Vierge (une brise rafraîchissante circulant parmi les pèlerins), « et bien que les détecteurs de champ magnétique n’aient rien décelé, le détecteur de champ électrostatique enregistra 10 pulsations par seconde, confirmant ainsi la présence d’une charge puissante d’électricité statique sur les lieux ». Voici le commentaire de l’ingénieur électricien Paulo César Tàvora :

« Ce qui me causa la plus grande surprise fut le fait de constater que cette électricité était pulsée et pas avec une longue intercalation comme cela aurait dû se produire normalement. Avant l’événement, les instruments étaient silencieux, sans aucune pulsation. L’équipement avait été testé avant que le phénomène survienne, tout comme après, et nous n’avons découvert aucune défectuosité. Nous ne pouvons pas expliquer ce qui s’est passé à Sitio Labirinto ! »

Il existe aussi, au Brésil, des « debunkers » (spécialistes de la désinformation). Ainsi, le colonel José Celso Cutrim Luande (vice-président de la base de lancement de fusées d’Alcantara, dans l’Etat de Maranhao) déclara péremptoirement que le phénomène avait été provoqué par le lancement de fusées Nike Tomahawk au cours de « l’opération Guerra ». A une altitude de 300 kilomètres, ces missiles diffusent du baryum afin de mesurer la luminescence dans les couches supérieures. Ces lâchages de baryum auraient provoqué des boules de lumières multicolores dans les cieux, au-dessus de l’Etat de Cearà. Mais ces tirs de fusées se sont toujours produits entre 18 heures et 18 heures 30, quelques jours avant les événements de Baturité. De plus, ces tirs de fusées sont totalement différents des anomalies signalées par le C. P. U.

On a signalé également des apparitions présumées de la Vierge à Guaraciaba do Norte (Etat de Cearà).

Dans l’Etat de Sao Paulo, dans la petite ville de Jacarei, le « voyant » était Marcos Tadeu. L’un des messages disait que la Vierge reviendrait l’après-midi du 7 septembre 1994.

« Le jour dit, environ 300 personnes s’étaient rassemblées autour du domicile du visionnaire. A une heure non précisée, un grand nombre de gens affirmèrent avoir remarqué que le Soleil tournait dans le ciel en effectuant de petites girations, du même genre que les phénomènes solaires vus à Fatima.

Un peu plus tard, en début de soirée, beaucoup d’autres témoins jurèrent avoir vu le croissant de lune en position horizontale, exactement comme il figure sur des images bien connues au Brésil représentant la Vierge de l’Immaculée Conception. D’autres assurèrent avoir nettement distingué la Lune agitée de mouvements d’allées et venues, un peu comme ceux que font les mères pour bercer leur enfant ! »

C’est Marcos Tadeu qui observa, le premier, les anomalies lunaires. Selon un journal local, « Semarario », la plupart des gens présents purent observer le phénomène. Peu après, la Vierge Marie serait apparue à certaines personnes présentes, et Marcos Tadeu aurait eu un dialogue avec elle. Certaines personnes purent poser des questions à l’entité par l’intermédiaire du visionnaire. Le message délivré par la Vierge est identique à celui délivré dans la plupart des apparitions mariales avec « messages » :

« Priez, mes enfants, priez beaucoup car des jours difficiles vont venir. »

Marcos Tadeu dit avoir bénéficié de messages de la Vierge pendant environ quatre ans. Il ne fut pas la seule personne de Jacarei à avoir reçu des messages, puisqu’il y a au moins trois autres individus qui ont dit avoir eu des contacts directs avec la Vierge. (30)

J’ai évoqué, plus haut, l’explication militaire du cas de Fatima. Emmanuel Dehlinger, le supporter de celle-ci (théorie que, je le rappelle, je ne partage évidemment pas), l’a aussi appliquée aux événements de Baturité. Il s’est demandé si l’armée n’a pas testé une forme de guerre psychologique et de manipulation des populations. Rien de plus simple, écrit-il, « que d’utiliser un bon acteur pour jouer les prophètes mystiques et annoncer à tous la date du spectacle, ou encore d’infiltrer la foule avec des agents provocateurs confits en dévotion et des observateurs discrets ». Les apparitions lumineuses, prétend-il, « sont réalisées selon le stratagème habituel » (sic). Selon lui, les sensations de variation de température peuvent être induites par un rayonnement électromagnétique approprié, et de faux nuages de plasma peuvent être dirigés et modifiés à volonté.

Hélas pour cet adepte des manipulations militaires, ce scénario se heurte à la même objection (voir plus haut) que pour l’interprétation militaire de Fatima. Si vous consultez mon prochain texte consacré au rapport « Visiteurs de l’espace et religion » (la deuxième partie), vous constaterez que l’on retrouve des manifestations de ce type (« nuées », etc.) dans la Bible

 

V. Autres cas :

Michel Coquet cite les cas suivants :

• A Olivetto Citra (sud de l’Italie), en mai 1985, des jeunes gens virent un nuage lumineux qu’ils prirent pour une étoile filante. Ce nuage sillonnait le ciel en direction d’une ruine où se trouvaient les jeunes gens. Ils aperçurent une sorte de nuée dans laquelle apparut une dame qu’ils identifièrent à la Vierge.

• A Rome, en 1980, la Vierge avait averti Bruno Cornacchiola qu’il y aurait un prodige. Près de 3000 personnes étaient présentes. Le « Soleil » apparut sous la forme d’une immense roue multicolore. Il effectua une danse, tourna rapidement sur lui-même, « diffusant tout autour dans le ciel sa lumière irisée ».

• Dans une église copte orthodoxe du Caire, une forme de dame blanche apparut, le 2 avril 1968, sur le dôme central.

« Tout le monde en est certain, il ne peut s’agir que de la Vierge. Or, juste avant l’apparition de cette forme, qui a été filmée et photographiée, des milliers de témoins voyaient apparaître de mystérieuses lumières qui éclairaient le sol ou bien un globe lumineux resplendissant. D’autres fois, il y avait des décharges électriques silencieuses. Assez fréquemment, une lumière éclairait toute la toiture, et au moment de son apparition la femme en blanc semblait sortir du nuage lumineux. Ce phénomène s’étendit sur une période de 14 mois et, selon les statistiques, cinquante mille personnes par nuit accouraient pour contempler la divine forme. » (M. Coquet)

Se référant à Fatima, Michel Coquet a noté qu’il « semble effectivement que cet événement religieux ait été monté de toutes pièces autour de la cause réelle du phénomène, la présence d’un ovni ». Et il y a de fortes chances, ajoute-t-il, pour qu’il en ait été ainsi de tous les autres prodiges de nature solaire. Il cite le cas de Thurn (Allemagne), en 1949, où le « Soleil » tourna sur lui-même et où, peu après la tombée de la nuit, une étoile traversa le ciel. Elle mit six minutes pour aller d’est en ouest, selon le constat du docteur H. Walz, professeur de l’Université de Bamberg. Le phénomène fut observé par les sept « voyants », par le curé de Thurn, ainsi que par 15.000 personnes. Ce qui semble être un « Soleil » peut, conclut Michel Coquet, « avoir été causé par une assemblée de sages à l’intérieur d’un vaisseau spatial dont la mission aurait été de redonner au petit peuple cette foi qui de nos jours fait cruellement défaut ». (31)

Jean Sider a évoqué 118 cas d’apparitions mariales « avec ‘Soleil’ plus ou moins remuant, probablement un phénomène associable à un objet volant non identifié ». Dans un livre paru en 2005, cet auteur cite les cas suivants collectés par Lucien Blaise :

– Melleray (Irlande), 4 mai 1986 : Le « Soleil » fut décrit comme un disque blanc en forme d’assiette, qui descendit pour se poser en bordure d’une grotte consacrée à la Vierge de Lourdes.

– Surichikol (Corée du Sud), 13 octobre 1987 : Il y eut de nombreux témoins dont un religieux, le père Spies. L’objet descendit à 50 mètres du sol.

– Naju (Corée du Sud), 27 mai 1993 : Il y eut aussi de nombreux témoins dont, également, le père Spies. L’objet descendit aussi à 50 mètres du sol.

– Surichikol (Corée du Sud), 30 juin 1995 : Il y eut également de nombreux témoins, et là aussi l’objet descendit à 50 mètres du sol. (32)

 

VI. La Vierge et les « véhicules sataniques » :

Paul Misraki a noté, à propos des apparitions de Fatima, que les tournoiements de l’« objet » au-dessus de la Cova da Iria sont absolument inséparables de tout un contexte religieux. Par qui ont été prononcées les paroles dictées aux enfants ?

« Par quelqu’un ou quelque chose qui leur parut être une Dame de Lumière, et cette Dame parlait. Elle parlait même portugais – à moins qu’elle ne s’exprimât par télépathie, ses concepts se présentant tout formulés à l’esprit de ses interlocuteurs… »

Cette Dame de Lumière tenait des propos en rapport avec les croyances des petits Portugais. Elle prétendait se nommer Notre-Dame du Rosaire, parlait de son Fils, « que les péchés des hommes offensaient », et recommandait le repentir, la pénitence et la prière.

« Il existe donc des rapports inextricables entre ce quelque chose qui ressemble à une Dame lumineuse (visible pour de très rares individus), cette autre chose qui se présente sous la forme de disques colorés (visibles d’un beaucoup plus grand nombre), et enfin la propagation à travers les siècles d’une certaine doctrine morale (…). » (33)

De même, à propos de la « danse du Soleil » de Fatima, Dominique de Tarragon s’interroge :

« Mais que vient faire un ovni dans une apparition mariale ? Et si les anges étaient des extraterrestres ! C’est une hypothèse très plausible. Mais ‘ange égale E. T.’ ne veut pas dire que tous les E. T. soient des anges, loin de là ! Cela ne signifie pas non plus que les ‘anges-E. T.’ viennent d’une quelconque planète, mais plutôt d’un autre univers (parallèle ?). » (34)

 

– Les véhicules de Satan ?

Dans le n° 20 de « Top secret », un lecteur évoque (sans me citer nommément) mon article paru (en mars 2005) dans le n° 18 de la même revue : « Ovnis et apparitions mariales ». L’auteur – qui signe bizarrement « L’Invisible » (!?) – donne l’explication des OVNIs censée avoir été donnée par la Vierge lors des apparitions de Bayside aux Etats-Unis. Il s’agit, c’est moi qui le précise, du cas Veronica Lueken. Révélation de la prétendue « Vierge » : les OVNIs sont les véhicules de Satan !

La référence aux « véhicules de Satan » constitue évidemment une grosse ânerie (pour être poli), également exprimée par les fondamentalistes religieux qui pullulent aux Etats-Unis (mais aussi ailleurs). Mais que valent donc ces « apparitions de la Vierge » à Veronica Lueken ? Notons d’abord que les apparitions de Bayside ne sont pas reconnues par l’Eglise catholique. Mais je ne tirerai pas argument de ce fait car moi-même je me réfère à de nombreuses « révélations » (mariales ou pas) qui ne sont pas davantage reconnues par l’Eglise ! Néanmoins, pour apprécier la « validité » et le « sérieux » du cas Veronica Lueken, il suffit de donner cette citation d’un livre de Joachim Bouflet :

« L’Américaine Veronica Lueken, de Bayside, fit état à partir de 1972 de messages de la Vierge et du Christ l’informant que le pape Paul VI avait été kidnappé par quelques prélats de la curie romaine. Séquestré dans un cachot du Vatican, le pontife avait été remplacé par un sosie, véritable suppôt de Satan, ce qui expliquait la dérive de l’Eglise ; à l’appui de ses dires, Veronica avait fait constituer un véritable press book présentant des photos comparatives du vrai et du faux Paul VI, où étaient soulignées les différences morphologiques entre le successeur de Pierre et l’usurpateur : couleur des yeux, formes du nez et des oreilles, pli des lèvres, rides, tout était minutieusement comparé d’une photo à l’autre, quand bien même il y avait dix ans d’écart entre les documents, pris sous des angles divers, etc. Il se trouva de nombreux illuminés – notamment des Bérets blancs canadiens – pour porter crédit à cette nouvelle histoire des Borgia revue et corrigée à la sauce américaine. »

9782750903411Joachim Bouflet évoque aussi les « dénégations obstinées – sous serment – des voyantes de Tannhausen ou de Bayside, convaincues d’avoir plagié le message de Fatima »…(35) Pas sérieux du tout, le cas de Bayside !

Que dit également l’ésotériste Benjamin Creme à propos des apparitions mariales ? Selon le Maître avec lequel celui-ci dit être en contact télépathique, il existe deux types d’apparitions mariales : celles créées par le Maître qui fut la Madone et celles construites par des formes-pensées « créées par quelques personnes religieuses, hypersensitives ou hystériques »… (36)

Le cas Veronica Lueken se situe, à mon sens, dans cette seconde catégorie.

Rappelons aussi que Satan n’existe pas (tel que conçu par les « croyants »). Il s’agit d’une invention d’ignorants destinée à expliquer l’existence du mal (celui-ci ne pouvant être imputé à Dieu). Il faut remonter, à ce propos, à l’époque de Zarathoustra (ou Zoroastre) et à Ahriman… Voici, à ce propos, ce que Marie (la Vierge) elle-même a dit à Annie Kirkwood :

« Vous qui vivez sur Terre, quand réaliserez-vous que Satan et ses démons ne sont que produits de votre esprit ? »

Dans le même ouvrage et par le même « canal », Jésus aurait précisé ceci :

« Le diable est un symbole, dans la conscience humaine, de la cupidité, du pouvoir et des biens mal acquis (…).

Ces prédicateurs qui vocifèrent des anathèmes et prêchent la guerre sainte contre le démon du haut de leurs chaires se jouent de votre crédulité. Ils ne font que perpétuer les maux de la conscience humaine et susciter en vous les émotions destructrices que sont la peur et l’hostilité. Ils prêchent la haine et non l’amour. Ils vous mettent en garde contre la puissance du démon mais ne font que renforcer en vous une inutile terreur (…). Il n’est pas d’autre démon que celui de vos pensées. Le combat du Bien et du Mal ne se livre pas dans les cieux mais dans l’esprit des hommes (…).

Expliquez à ceux qui vous entourent que le démon n’existe pas et que croire en lui est une grave erreur. Continuer de croire au démon ne peut que vous éloigner du cheminement spirituel qui est le but de votre existence. »

Dans ses messages à Annie Kirkwood, Marie avait annoncé des catastrophes d’ampleur planétaire (gigantesques tremblements de terre, etc.) pour les années 1990, prédiction qui ne s’est pas réalisée. Dans un message ultérieur, cependant, elle avait précisé qu’un sursis d’une dizaine d’années nous avait été accordé, l’année 2012 devant être, disait-elle, l’année des « grands changements ». Elle avait déclaré que des OVNIs seraient visibles presque tous les jours au cours des cinq dernières années de la décennie (1990), ce qui n’a évidemment pas eu lieu compte tenu du report des « tribulations » :

« Ils viendront en grand nombre et tenteront de convaincre vos gouvernements de leurs intentions pacifiques. Ils établiront leurs bases dans les rares endroits isolés de la planète. Ils installeront des sous-stations au sommet des montagnes et dans les coins retirés des déserts. Sur les planètes voisines de la Terre, des bases sont installées et aménagées pour assurer la survie de l’espèce humaine. Ces bases seront utilisées et permettront à un grand nombre de gens de s’y réfugier en ces derniers jours. »

Evoquant la future ère (celle qui succèdera aux « tribulations »), Marie évoque la nouvelle ère de communication où les Terriens pourront entrer en contact avec les êtres extérieurs à notre planète.

« L’humanité entrera en contact avec d’autres planètes. Des extraterrestres vous feront bénéficier de leurs connaissances avancées dans le domaine de la médecine. Ils vous seront, à l’aube du nouvel âge, d’un grand secours. Ils vous enseigneront les arts anciens dont vous avez perdu le secret, tel que lever des pierres très lourdes par la seule force de l’esprit, ce qu’on appelle, dans le vocabulaire d’aujourd’hui, lévitation. Cette technique vous sera fort utile pour bâtir, avec de nouveaux matériaux, habitations, palais et cathédrales, car la distance et le relief ne seront plus alors un obstacle pour vous.

Les extraterrestres vous apprendront également à régir la nouvelle civilisation dans la paix et le droit. Les pouvoirs psychiques, encore inconnus à ce jour, que vous acquerrez, vous permettront de rendre votre vie quotidienne simple et heureuse.

Les extraterrestres vous aideront à développer les technologies existantes. Vous découvrirez, avec leur aide, de nouvelles formes d’énergie que vous utiliserez pour les transports, l’éclairage, la télécommunication et la médecine. Ce sera, pour la nouvelle humanité, l’aube d’une civilisation révolutionnaire. »

Dans le même livre, Jésus (ou « Jésus ») donne la signification du récit de l’Apocalypse. Voici l’extrait qui nous intéresse ici :

« Le septième ange représente le moment où la Terre basculera. Les vingt-quatre vieillards sont ces êtres, venus d’autres mondes, qui permettront à certains d’entre vous de quitter la planète dans leurs vaisseaux. C’est alors que s’ouvrira le temple des cieux révélant l’arche d’alliance. Nombreux sont ceux qui, par la grâce de Dieu, survivront sur Terre, mais nombreux aussi ceux qui seront, par mon intercession, sauvés du chaos de la fin des temps par ces êtres venus d’ailleurs. Ceux qui seront sauvés ne sont pas ceux qui ont argent, pouvoir et richesses matérielles, mais ceux qui ont, en toute sincérité et en toute simplicité, recherché Dieu.

Rien ne permettra en apparence de reconnaître ces élus. Bon nombre d’entre eux sont pauvres, sales et incultes. Ceux qui porteront le Sceau de Dieu seront sauvés.

Certains d’entre eux demeureront sur Terre, d’autres seront rappelés à Lui. » (37)

Il n’y a point, dans tout ceci, de référence à de prétendus « véhicules de Satan » !

Rappelons, enfin, que les apparitions mariales que j’ai citées dans mon article paru dans « Top secret » mettent en évidence un lien entre certaines apparitions de la Vierge et certaines manifestations de type OVNI. Faudrait-il dès lors déduire de ce constat que les apparitions de la Vierge sont « sataniques » ? Absurde !

 

VII. Le livre de Daniel Robin :

daniel-robin-2L’ufologue Daniel Robin a publié en 2015 un intéressant livre sur le lien Fatima/OVNIs : « Fatima. Le quatrième secret » (Les éditions Québec-Livres). f-1Voici la table des matières :

Préface.

Introduction.

1. Fatima : un phénomène ovnien et exogène.

2. Chronologie des AF.

3. Des récepteurs humains pour annoncer les AF.

4. Une intervention extraterrestre minutieusement planifiée.

5. Les objectifs immédiats.

6. Les objectifs à long terme.

7. Fatima : une phase dans un plan plus vaste.

8. Fatima : une expérience ou une manipulation ?

9. Fatima : les manifestations d’une technologie exotique.

10. Fatima : les secrets.

11. Le quatrième secret, une démonstration :

Cheminement logique pour démontrer l’existence d’un troisième niveau de lecture.

12. HET1 ou HET2 ?

– L’hypothèse extraterrestre au premier degré.

– La faiblesse de l’hypothèse extraterrestre au premier degré (HET1).

– Les préliminaires et l’approche de l’HET2.

– Les arguments pour l’hypothèse extraterrestre.

13. Phénomène ovni et spiritualité :

– Les ovnis ne sont-ils que des objets matériels ?

– Les RR4 et les NDE.

– Le phénomène ovni et la nécessité évolutive.

– L’élargissement de la conscience et la transformation personnelle de l’« abducté ».

– Les extraterrestres veulent-ils nous aider à franchir un seuil critique ?

– Le programme d’hybridation des extraterrestres.

14. Les AF et la physique de l’information :

– La conférence qui nous entraîne vers un changement de paradigme.

– La physique des civilisations extraterrestres.

– Les guérisons miraculeuses et la physique de l’information.

Conclusion.

Sources.

Alain Moreau

 

Références :

1. www.ovnis-usa.com

2. Midaho, « Dialogues avec Dieu », éditions Hélios, 1996, p. 62.

3. Joseph Whitfield, « Le trésor d’El Dorado », éditions Vivez Soleil, 1991, p. 113.

4. Paul Misraki, « Des signes dans le ciel » (sous-titré : « Les extraterrestres »), éditions Labergerie, 1968, p. 87-97, 250-251. Réédité ultérieurement aux éditions Robert Laffont. (La première édition du livre de Paul Misraki remonte à 1962, avec pour titre : « Les extraterrestres ».)

5. Ibid., p. 98-99.

6. Henri Broch, « Au cœur de l’extraordinaire », éditions L’Horizon Chimérique, 1991, p. 299-302.

7. Francis Lefébure, « Expériences initiatiques », tome 2, Librairie Verrycken (Belgique), 1976, p. 242-243. (Première édition : Omnium Littéraire, 1956.)

8. Cyrille Odon, « Les racines du futur », éditions Louise Courteau, 1998, p. 258.

9. Jacques Vallée, « Autres Dimensions », éditions Robert Laffont, 1989, p. 219-230, 241-244.

10. Dominique de Tarragon, « Lumières dans la nuit », n° 354, décembre 1999, p. 39-40.

11. « Lumières dans la nuit », n° 370, novembre 2003, p. 40-42.

12. Christel Seval, « La Vierge et les extraterrestres », JMG éditions, 2007, p. 124-125.

13. Ibid., p. 31-32.

14. Ibid., p. 26-31, 42-45, 57, 45, 67, 133, 33-36, 132, 204, 419-420.

15. Ibid., p. 37, 78-80.

16. Ibid., p. 37-40.

17. Ibid., p. 46-57, 66.

18. Ibid., p. 59-66.

19. Ibid., p. 68-77, 85-87.

20. Ibid., p. 80-85.

21. Ibid., p. 111.

22. Ibid., p. 91-92, 101.

23. « Partage international », n° 118, juin 1998, p. 7-11 ; « Les mondes parallèles », n° 11, janvier/mars 1999, p. 38-39.

24. « Partage international », n° 147, novembre 2000, p. 34.

25. « Partage international », n° 200, avril 2005, p. 30.

26. Christel Seval, « La Vierge et les extraterrestres », op. cit., p. 395, 271, 413, 391-394, 402, 397, 355.

27. Ibid., p. 102-107.

28. Ibid., p. 410, 113, 117-122, 125-126, 128-129.

29. Jean Sider, « Ultra top secret. Ces Ovnis qui font peur », éditions Axis Mundi, 1990, p. 434-435. Photo p. 436.

30. Jean Sider, « Ovnis : le secret des aliens », éditions Ramuel, 1998, p. 218-221, 225-232.

31. Michel Coquet, « Nouvelles Dimensions », JMG éditions, 2004, p. 296-297 ; « O. V. N. I. à la lumière de la Tradition », L’Or du Temps, 1992, p. 85.

32. Jean Sider, « OVNIS. Créateurs de l’humanité », JMG éditions, 2005, p. 227.

33. Paul Misraki, « Des signes dans le ciel », éditions Labergerie, 1968, p. 100-101.

34. Dominique de Tarragon, « Lumières dans la nuit », n° 354, décembre 1999, p. 40.

35. Joachim Bouflet, « Faussaires de Dieu », éditions Presses de la Renaissance, 2000, p. 409-410, 573.

36. Benjamin Creme, « La mission de Maitreya », tome 2, Association Partage, 1995, p. 130.

37. Transmis par Annie Kirkwood, « Message de Marie à l’humanité », éditions Marie-Lakshmi Inc., 1994, p. 35-36, 267-269, 31, 183, 245, 266.

 

– Lectures complémentaires :

* « Visiteurs de l’espace et religion. Deuxième partie. Elohim, anges et visiteurs de l’espace »

* « Visiteurs de l’espace et religion. Troisième partie. Les visiteurs de l’espace et la mission christique »

* « La destruction de Sodome et de Gomorrhe ».

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