Varginha : crash d’O.V.N.I au Brésil

Varginha-Alien1Une créature de Varginha

 

 

Un texte de Gildas Bourdais

 

Source : « Le blog ufologique de Gildas Bourdais (http://bourdais.blogspot.com) ».

Note d’Alain Moreau : Les trois photos intégrées dans le texte ci-dessous sont de mon fait. Pour les photos de l’article original, veuillez vous référer au lien ci-dessus.

 

Un engin extraterrestre s’est-il écrasé, en janvier 1996, près de la ville de Varginha au Brésil, et a-t-il été récupéré en secret, avec ses occupants, par l’armée de ce pays ? C’est bien ce que semblent révéler de nombreux témoignages, civils et militaires, qui ont été recueillis depuis cette date par des enquêteurs capables et motivés. Les premiers, et principaux enquêteurs sur cette affaire incroyable, Ubirajara Rodrigues et Vitório Pacaccini, ont pu recueillir très vite, avec leurs amis dans les quelques semaines suivant l’incident, une série de premiers témoignages concordants. Ils se sont rendu compte que le secret militaire avait été vite imposé aux soldats ayant participé aux opérations, mais « le chat était sorti du sac » et l’armée n’a pu empêcher un certain nombre de témoins de parler sous couvert de l’anonymat, ceux-ci ayant été enregistrés, avec des copies de cassettes mises en lieu sûr.

L’incident de Varginha comporte encore des zones d’ombre et des interrogations, comme on va le voir, mais les enquêteurs ont réuni des témoignages assez solides pour penser qu’il y a bien eu, probablement, un accident d’ovni, avec capture de plusieurs êtres étranges, dans la banlieue de la ville. Extraordinaire découverte ! D’excellents enquêteurs brésiliens ont pu obtenir rapidement des témoignages importants, et l’histoire a bientôt attiré l’attention à l’étranger. Des enquêteurs de plusieurs pays sont venus s’informer sur place et voir à leur tour les témoins trouvés par leurs collègues brésiliens, ce qui a encore renforcé la crédibilité du dossier. image1L’un d’eux, le Dr Roger Leir, est un médecin et enquêteur américain. Déjà connu des ufologues brésiliens, il a pu faire sa propre enquête avec leur aide efficace, et il en a tiré un livre de reportage, publié en France (…) sous le titre « Des Extraterrestres capturés à Varginha au Brésil » (1). 51osnXBdPqL._SX314_BO1,204,203,200_C’est un livre recommandable pour les lecteurs souhaitant en savoir plus. Voici le film détaillé des enquêtes et des événements tels qu’on a pu les reconstituer.

 

 

 

 

 

 

Les premiers témoignages : des sources différentes et concordantes

Le soir du samedi 20 janvier 1996, la ville de Varginha est parcourue de rumeurs sur la découverte d’une étrange créature. C’est l’été, et dans cette ville prospère de 120 000 habitants de l’Etat de Minas Gerais les nouvelles circulent vite. Dès le lendemain, l’avocat et ufologue Ubirajara Rodrigues, habitant de la ville et connu pour son sérieux, recueille déjà plusieurs témoignages.

Les premiers lui paraissent fragiles, puis il est appelé par un commerçant, M. Milton, dont l’une des employées connaît trois jeunes filles qui disent avoir vu un être étrange en traversant un terrain vague. Celui-ci les a effrayées au point qu’elles ont pris la fuite, croyant voir le Diable ! Voici ce qu’elles racontent à Ubirajara, qui les a retrouvées rapidement. Il a rencontré la mère de deux des trois filles, Mme Luisa da Silva. Celle-ci, d’abord réticente, a accepté de lui faire rencontrer ses deux filles et leur amie. Katia Xavier, âgée de 22 ans, est femme de ménage et elle est accompagnée ce jour-là de ses deux amies plus jeunes, les sœurs Liliane da Silva, 16 ans, et Valquiria, 14 ans. Elles sont encore scolarisées, mais elles l’ont aidée à préparer un déménagement.

Toutes trois reviennent de leur travail, ce samedi 20 janvier vers 15 h 30, dans le quartier de Jardim Andere, pour rentrer chez elles au quartier de Santana, situé juste au nord. Varginha est bâtie sur un terrain vallonné, et ces deux quartiers, situés dans la banlieue est, sont sur des collines séparées par un petit bois et des prés en contrebas. Les trois filles ont l’intention de couper par un raccourci à travers bois et elles sont en train de traverser un lotissement en friche de Jardim Andere lorsque, soudain, elle aperçoivent un être très bizarre, accroupi au pied d’un mur. « Ce n’était ni un homme, ni un animal – c’était quelque chose de différent », raconte Katia Xavier. Cet être avait la peau brune, d’aspect huileux, avec des membres « comme du caoutchouc ». Sa tête, très grosse, était surmontée par trois protubérances arrondies.

Alors que les trois filles s’approchaient, la créature a tourné la tête vers elles. Elles ont vu alors deux énormes yeux rouges qui les ont épouvantées et elles ont pris la fuite en courant. Liliane, la sœur aînée, est restée un instant en arrière pour l’observer. Elle a eu l’impression que la créature était intelligente et en état de détresse. On a dit qu’elles avaient senti une odeur très forte, mais plus tard, notamment lorsque le Dr Leir va les interroger en 2003, elles ne confirmeront pas cela. A part ce détail, elles s’en sont toujours tenues à la même description. Les trois filles arrivent chez elles, très émues, et racontent leur aventure en pleurant à la mère des deux filles. Celle-ci s’arme de courage et va inspecter les lieux avec une voisine, mais l’être étrange n’est plus là. Il reste cependant des traces de pieds bizarres, dans les herbes hautes, au pied du mur.

Ubirajara a été impressionné par la sincérité des trois filles, encore très émues, au bord des larmes lorsqu’il les a rencontrées. D’autres enquêteurs ont eu la même impression. Notamment Roger Leir, et surtout le psychiatre américain John Mack, spécialiste de l’épineux dossier des histoires d’enlèvements, qui a pu, lui, les interroger en juin 1996 à l’occasion d’un congrès ufologique au Brésil. Après leur avoir parlé, le Dr Mack a déclaré que, si elles étaient des simulatrices, il était prêt à déchirer ses diplômes de médecin ! 165543_115737268499998_555304_nMais qu’est-il advenu de cet être étrange qui semble avoir disparu ? Les enquêteurs vont le découvrir grâce à d’autres témoignages qu’ils vont commencer à recueillir rapidement.

 

 

 

Révélations d’une infirmière de l’hôpital Régional :

Très vite, des rumeurs orientent l’enquête vers l’un des trois hôpitaux de la ville, l’hôpital Régional. Ubirajara Rodrigues réussit à parler à une infirmière qui, d’abord très réticente, lui raconte ce qu’elle a vu, après être assurée de son anonymat car elle est effrayée. Le dimanche 21 janvier, il y a eu une certaine agitation à l’hôpital. Des médecins sont venus, qui n’étaient pas de la ville. Etaient là également la police militaire et des véhicules militaires. Une partie de l’hôpital était fermée, interdite d’accès, même au personnel. Le lendemain, elle a été convoquée avec d’autres employés dans le bureau du Directeur qui leur a ordonné de ne rien dire de ce qui s’était passé : « c’était juste un exercice d’entraînement pour les médecins et les militaires ». Il les met en garde contre les questions qu’on pourrait leur poser, en particulier l’avocat Rodrigues. « Vous devez tout nier », conclut-il.

Peu après, Ubirajara reçoit une première confirmation par l’une de ses anciennes élèves (il est aussi professeur à l’université). Celle-ci s’est trouvée avec des amis à la réception de l’hôpital, le dimanche soir vers 22 h 30, et ils ont demandé à l’employé ce qu’il en était des rumeurs sur le « petit monstre ». Celui-ci a confirmé qu’on l’avait bien amené là, mais qu’on l’avait déjà transporté ailleurs, à l’hôpital Humanitas. Celui-ci, plus petit, se trouve à la sortie de la ville et est plus facile à contrôler. Des témoins habitant près de cet hôpital ont remarqué des mouvements de personnels militaires, à l’entrée latérale. D’autres témoignages, on va le voir, recoupent bien celui-ci sur le transport du blessé à l’hôpital Humanitas, le soir du dimanche 21 janvier. Disons-le déjà, il s’agissait sans doute de l’être blessé, aperçu par les jeunes filles, qui avait été capturé le même soir par deux policiers non loin de là. Mais poursuivons le fil de cette enquête qui va de surprise en surprise.

Ubirajara décide alors de se renseigner directement et obtient un entretien avec le commandant Mauricio, de la police militaire. Celui-ci le reçoit courtoisement et déclare ne pas être au courant. Il « va se renseigner » et lui dit de le rappeler. Ce que fait Ubirajara, mais le commandant reste injoignable après des dizaines d’appels téléphoniques. Pourtant, une amie de l’enquêteur travaillant dans la police lui confirme qu’il y a eu beaucoup d’appels de témoins ayant vu le « petit monstre », mais que les policiers n’y ont pas fait attention, croyant que c’était une blague. Ubirajara, intrigué, continue à enquêter en visitant la brigade des pompiers, à laquelle on fait normalement appel pour capturer des animaux égarés. Le capitaine Alvarenga n’est pas au courant lui non plus. Plus tard, lors d’une émission de télévision sur la station locale de la grande chaîne ‘‘Globo TV’’, les pompiers, de même que l’hôpital Régional, vont nier toute participation, au beau milieu d’une émission avec Ubirajara Rodrigues. Or, on ne va pas tarder à découvrir que les pompiers de Varginha ont bien joué un rôle dans cette affaire, grâce au renfort d’un autre enquêteur, lui aussi très efficace, Vitório Pacaccini, venu de Belo Horizonte au début de février, trois semaines après l’événement. Au cours des mois suivants, les deux enquêteurs, travaillant ensemble, vont entendre pas moins de vingt-cinq témoins directs : des civils, des personnels et policiers militaires, des personnels médicaux. Aujourd’hui, leur nombre dépasse la soixantaine. Ils vont aussi apprendre l’identité de presque tous les militaires impliqués. Mais ni eux, ni les autres enquêteurs venus en renfort, comme Claudier Covo, de Saõ Paulo, n’ont encore pu mettre la main sur une preuve irréfutable d’un crash d’ovni à Varginha, telle qu’un débris ou un document militaire le confirmant. On peut dire cependant que c’est l’un des dossiers les plus remarquables dont on dispose aujourd’hui sur un accident d’ovni, comparable par le nombre et la qualité des témoins à celui de Roswell (2). On peut aussi supposer que, étant beaucoup plus récent, il a plus de chances d’être résolu, mais ce n’est pas sûr car l’affaire de Roswell a progressé ces dernières années, alors que ce n’est pas le cas, semble-t-il, pour Varginha. Mais il peut toujours y avoir des surprises…

 

Des témoins militaires :

Vitório Pacaccini habite à Belo Horizonte, la grande ville de l’Etat de Minas Gerais. Toute cette région est prospère, tout comme Pacaccini qui est propriétaire de plantations de café et exportateur. Il est aussi un ufologue bien rôdé aux enquêtes de terrain, comme Ubirajara. Le 11 février, il découvre, avec ses amis, les événements de Varginha dans la presse, et son groupe ufologique, dont il est membre depuis pas moins de 18 ans, lui confie la mission d’aller enquêter sur place. Jouissant d’une assez grande liberté dans son travail, il va pouvoir consacrer beaucoup de temps à cette enquête qui le passionne très vite. Il se met en rapport avec Ubirajara et il va, au cours des mois suivants, faire de nombreux déplacements de Belo Horizonte à Varginha, mais, comme il a des attaches dans la ville voisine de Três Corações, à 27 km à l’est de Varginha, c’est là qu’il se rend d’abord pour contacter des amis. Grâce à eux, il y trouve presque tout de suite des témoins militaires, car c’est dans cette ville que se trouve un grand établissement militaire, l’ESA, qui est l’école de sous-officiers de l’armée brésilienne (‘‘Escola de Sargentos de Armas’’), très impliquée dans l’affaire de Varginha.

 

La capture d’un être par les pompiers :

Pacaccini rencontre, chez un ami, un premier témoin militaire qui accepte de parler, à condition bien entendu qu’il respecte son anonymat. Selon lui, la brigade des pompiers de Varginha a reçu de nombreux appels, sans doute transmis par la police, dès le samedi 20 janvier de bonne heure, entre 7 h et 8 h, lui demandant de venir capturer ce que l’on croit alors être un animal en liberté. Notons que les pompiers sont, comme en France, des militaires. Le chef de la brigade, le major Maciel, envoie une équipe de quatre pompiers qui arrive sur les lieux vers 10 h. Et devinez quoi : ce terrain est juste à côté de celui où les trois filles vont voir un être étrange dans l’après-midi. Mais il n’est pas possible que ce soit le même car les pompiers vont en capturer un le matin même. Et ce n’est pas tout : nous allons voir plus loin que l’armée en a trouvé deux autres, toujours dans le même secteur, le même jour ! Mais revenons d’abord à cette première capture par les pompiers.

Une fois sur place, les pompiers trouvent d’abord trois garçons qui s’amusent à lancer des pierres en direction d’un être étrange. Ils les font décamper et observent cette créature en train de se déplacer avec peine sur l’autre versant d’un petit vallon boisé, au pied duquel passe une ligne de chemin de fer. Leur route est en surplomb et il leur faut descendre une pente assez raide, puis traverser la voie ferrée pour essayer de la capturer. Ils ont du mal à s’en approcher car elle s’est cachée dans le bois. Mais, finalement, elle se laisse faire. Les pompiers la capturent, non pas au moyen d’un filet comme on l’a cru, mais avec une longue canne munie d’une corde coulissante. Cet instrument sera montré au Dr Leir quand il leur rendra visite avec Ubirajara en 2003 (à cette date la consigne du secret se sera beaucoup relâchée…).

Le militaire qui a révélé à Pacaccini cette opération des pompiers donne une description de la créature semblable à celle des jeunes filles, avec d’autres détails : elle a de grands pieds avec deux gros doigts en V ; après avoir été capturée, elle va émettre un son curieux, comme un bourdonnement d’abeilles. Les pompiers, une fois remontés sur la route en surplomb, remettent la créature à des militaires, venus eux aussi sur les lieux, qui attendaient avec un camion sur la route en surplomb. Ceux-ci la placent dans une caisse recouverte d’une bâche, la chargent à bord de leur camion et s’en vont rapidement, retournant sans doute à leur base de l’ESA à Três Corações. Le Dr Leir raconte dans son livre, qui apporte beaucoup d’informations nouvelles, que, selon un autre témoin militaire qui l’a raconté à Ubirajara, cet être aurait été maintenu en captivité à l’ESA pendant 24 heures puis transféré en hélicoptère à Brasilia. De là, un avion militaire américain l’aurait embarqué pour les Etats-Unis. Cependant, cette information n’a pu être recoupée. En revanche, il y a d’autres témoins de cet étrange manège des pompiers. Il a été observé par des ouvriers en train de construire une maison, à une centaine de mètres plus loin. L’un de ces témoins est un poseur de briques du nom de Henrique Jose de Souza. Et il y a eu au moins trois autres témoins qui passaient par là. Et pour finir, il y a les pompiers eux-mêmes, ou du moins l’équipe en place en 2003 qui avait changé mais était au courant. Le Dr Leir raconte dans son livre qu’il a pu les rencontrer avec Ubirajara et qu’ils ont été très bien accueillis !

 

Un être capturé par deux policiers :

Vers 18 h, toujours le 20 janvier, une averse de grêle, brève mais brutale, est tombée sur Varginha, qui a effacé les traces de pas vues pas la mère des jeunes filles dans le terrain vague. En revanche, des témoins ont vu deux policiers en civil, en fait des agents de la police militaire qui patrouillaient dans le quartier dans une voiture banalisée, arrêter et embarquer une étrange créature qui s’était cachée dans un terrain en construction. On sait maintenant que ce terrain était à seulement deux pâtés de maison du lotissement des jeunes filles, comme Ubirajara l’a montré, sur place, au Dr Leir lorsqu’il a enquêté en 2003. Il y a tout lieu de penser que c’était le même être qui, blessé, n’avait pas pu aller bien loin. On sait que les deux policiers ont d’abord amené la créature à une petite antenne médicale proche, qui les a dirigés vers l’hôpital Régional. L’un d’eux, le jeune Marco Eli Chereze, 23 ans, s’est arrêté à la maison de ses parents pour changer ses vêtements trempés par la pluie. Il leur a dit de prévenir sa femme qu’il n’allait pas rentrer dîner car il allait travailler toute la nuit. C’est là que l’histoire de Varginha prend un tour dramatique. Chereze va tomber malade quelques jours plus tard et mourir d’infection foudroyante le 15 février. L’un des témoignages les plus importants est celui du Dr Cesário Lincoln Furtado qui avait tenté en vain de le soigner. Un autre témoignage médical de première importance est celui d’un membre de l’équipe qui a dû opérer d’urgence la créature, le soir même à l’hôpital Régional, sous étroit contrôle militaire et dans le plus grand secret. Grâce à Ubirajara Rodrigues, le Dr Leir a pu le rencontrer en 2003, et c’est l’une des révélations majeures qu’il raconte dans son livre. Celui-ci a requis, avant de parler, le respect d’un strict anonymat. Je vais revenir plus loin (…) sur ces deux témoignages qui renforcent beaucoup toute l’histoire, mais qui, dans le même temps, la rendent plus étrange encore. Car l’une des questions qui se posent, évidemment, est celle de la nature de ces êtres, qui sont quand même de drôles d’astronautes « extraterrestres » déambulant dans les rues d’une petite ville brésilienne, nus et sans armes, et se laissant prendre sans résister. On est loin de l’imagerie classique de science-fiction avec pistolets laser et moyens sophistiqués de communication !

 

Deux autres créatures capturées par des militaires :

Les enquêteurs vont découvrir un autre épisode qui s’est déroulé dans le vallon boisé séparant les quartiers de Jardim Andere et de Santana, toujours dans cette journée du samedi 20 janvier. C’est celui de la capture de deux autres créatures dans le même petit bois, cette fois par une patrouille militaire selon un témoin civil qui a pu les observer. C’est un avocat qui passait par là en faisant son jogging. Il a raconté aux enquêteurs qu’il a vu, entre 13 h 30 et 14 h du même jour, une patrouille de sept soldats armés se déployer dans le vallon, sur le terrain découvert qui se trouve à l’est du petit bois. Deux d’entre eux avaient des fusils automatiques et les autres des armes de poing. Deux soldats portaient aussi des boîtes, ou valises, en aluminium. Le jogger s’est demandé ce qu’ils faisaient là. Restant prudemment à distance, il les a vus avancer dans la prairie, en formation en V. Ils ont d’abord inspecté un petit bosquet d’arbres juste à côté de la voie ferrée, où ils n’ont apparemment rien trouvé, puis ils se sont dirigés vers le bois. Le témoin s’est éloigné vers le quartier de Santana mais, une minute ou deux plus tard, il a entendu distinctement trois coups de feu. Très intrigué, il est revenu dans la rue surplombant le bois où se trouvaient un camion militaire en stationnement et des soldats. A ce moment, quatre soldats sont sortis du bois, portant deux grands sacs. Il lui a semblé que l’un des deux sacs était agité comme s’il contenait une créature vivante. Les soldats ont remonté difficilement la pente avec leur lourd fardeau, les sacs ont été chargés à bord du camion et tout le monde est parti rapidement. Probablement vers la base de l’ESA, comme le camion précédent deux heures plus tôt.

Ainsi, nous avons un scénario assez cohérent sur la découverte de plusieurs êtres, le même jour et presque dans le même quartier : un être capturé par les pompiers le matin du 20 janvier ; deux êtres, par des militaires en début d’après-midi ; un autre être vu par les jeunes filles dans l’après-midi, puis sa capture, probablement, par les deux policiers le soir. Au total, ce seraient quatre êtres qui auraient été capturés le 20 janvier dans ce coin de banlieue de Varginha ! Les informations fournies par les témoins se recoupent bien. En particulier pour la description de l’être, qui est pratiquement identique à celle des jeunes filles, et il va en être de même avec d’autres témoins.

 

Des témoins de transports militaires :

Vitório Pacaccini a rencontré d’autres témoins militaires, à Três Corações. L’un d’eux est venu chez lui à trois heures du matin avec sa femme. Il lui a expliqué le fonctionnement des services secrets, ou « S-2 », impliqués dans cette affaire, qui se déplacent discrètement en civil, roulent dans de vieilles voitures et se fondent dans la population. N’oublions pas que, quelques années plus tôt, le Brésil avait encore un gouvernement militaire. A l’ESA, ils disposent d’un bâtiment très sévèrement gardé. Même les officiers de l’armée régulière n’y ont pas accès. Comme, en plus, l’opération de Varginha a eu lieu pendant le week-end alors que la base était presque vide, ils ont pu entrer et sortir très discrètement.

Un autre témoin militaire lui dit avoir participé directement à une capture, et il cite des noms. Ce témoignage important, recueilli par Pacaccini avec un autre ufologue, Marco Petit, est enregistré sur vidéo. Il en sera de même avec d’autres témoins, et des copies des vidéos seront mises en lieu sûr. Des extraits de ces enregistrements figurent dans une cassette intitulée « Rencontres extraterrestres », qui a été publiée en 1998 dans la série « Dossiers OVNI ». Un autre témoin militaire confirme que toute l’opération est restée très secrète, même à l’intérieur de la base. Sur les 3 000 hommes présents sur cette base, pas plus de 2% sont au courant. Pourtant, plusieurs autres témoins ont parlé. Deux d’entre eux, en particulier, disent avoir participé à la capture et au transport des êtres. Selon l’un d’eux, il y aurait eu encore une autre capture, tout simplement par le convoi militaire arrivant à Varginha, au bord d’une route ! Mais cette information ne semble pas confirmée.

Au total, ces témoins ont fourni plusieurs noms de militaires impliqués dans les événements : le lieutenant-colonel Olímpio Vanderlei, le capitaine Ramires, le lieutenant Tibério (de la police militaire) et le sergent Pedrosa ; ils ont aussi donné les noms de trois conducteurs de camions : le caporal Vasalo, le soldat Cirilo et le soldat De Mello. Ils ont été conduits par un lieutenant de S-2 à l’hôpital Humanitas. Que s’est-il passé là ?

 

Un être mort à l’hôpital Humanitas :

Selon ces témoins militaires anonymes, un convoi de trois camions est arrivé à l’hôpital Humanitas, venant de Três Coraçoes, le lundi 22 au soir. Des témoins civils du quartier ont remarqué ce manège inhabituel. A leur arrivée, il y avait déjà du monde rassemblé à l’entrée latérale. Les témoins disent avoir vu plusieurs médecins, des policiers militaires, deux agents des services secrets S-2, attroupés autour d’une boite en bois posée sur deux chevalets, dans laquelle était placé le cadavre de l’un des êtres. Détail étonnant, l’un des médecins a extrait avec une pince la langue, longue, noire et élastique, de la créature. Lorsqu’il l’a lâchée, elle s’est rétractée aussitôt dans sa bouche ! La boite a été recouverte d’une bâche en plastique et chargée à bord d’un camion. Il planait sur la scène une forte odeur d’ammoniac. On a beaucoup insisté sur cette odeur, rapportée aussi par un chauffeur militaire qui l’a remarquée pendant le transport. Ce détail a été monté en épingle, par exemple dans un article du « Wall Street Journal » qui a titré le 12 juillet 1996 : « Une histoire d’extraterrestres malodorants agite les ufologues au Brésil ». Mais peut-être que le cadavre se décomposait rapidement et que, en plus, les médecins l’avaient badigeonné d’un puissant antiseptique ? La question reste non élucidée, mais il n’est pas du tout certain que les êtres vivants dégageaient une telle odeur : les trois filles, censées l’avoir remarquée elles aussi, l’on nié par la suite lorsque le Dr Leir les a interrogées, de même que des personnels médicaux dont nous allons parler plus loin (…). Voilà comment on interprète abusivement un détail propre à tourner une histoire en ridicule.

Le convoi militaire est arrivé à Três Corações sans encombre le lundi 22 janvier au soir. Un nouveau convoi est reparti le lendemain, à 16 h, cette fois en direction de la ville de Campinas, à 320 km au sud, dans l’Etat de Sao Paulo, toujours avec trois camions. Leur destination était d’abord un camp militaire, sans doute l’Ecole d’Elèves Officiers. Puis les êtres, vivants ou morts, auraient été livrés à un grand établissement universitaire, « Unicamp », réputé pour la recherche médicale et biologique. Selon un témoin à Campinas, une autopsie y aurait été faite par un médecin légiste connu, le Dr Badan Palhares. Cependant, celui-ci a nié publiquement toute participation (…).

 

Une explication ridicule des militaires à l’ESA :

L’histoire des enquêtes sur Varginha comporte un épisode franchement comique, celui des explications fournies par les militaires de l’ESA, à Três Corações, aux journalistes britanniques qui ont filmé en 1998 la vidéo, citée plus haut, de la collection « Dossiers OVNI ». On y voit un officier du nom de Calza (nom visible sur son uniforme) fournir deux explications successives pour les observations de créatures à Varginha. Il suppose d’abord que les gens ont vu, à l’hôpital Régional, un couple de nains dont la femme était enceinte ; puis il fournit une seconde explication quand les journalistes reviennent quelques jours plus tard : il y avait un nain handicapé mental, au physique très particulier, dans le quartier de Jardim Andere. Pendant l’orage, il s’était peut-être blessé et réfugié dans le terrain vague où l’avaient aperçu les jeunes filles ! Cela fait beaucoup de nains. Ces explications font désormais partie du folklore ufologique, au même titre que les explications américaines, présentées sans rire en 1997, selon lesquelles les gens de Roswell qui croyaient avoir vu des cadavres d’extraterrestres, en juillet 1947, avaient vu en fait des mannequins en bois utilisés pour des essais de parachutes dans les années 50 ! Une chose est certaine, les principaux enquêteurs de l’affaire de Varginha ont été étroitement surveillés, leurs téléphones mis sur écoute, et ils ont même reçu des menaces physiques. Un témoin militaire de l’ESA a raconté que le seul fait de citer le nom de Pacaccini pouvait valoir dix jours de prison !

 

Les fermiers Oralina de Freitas et Eurico de Freitas :

Note d’Alain Moreau : Dans le texte de Gildas Bourdais, il manque ici (j’ai ajouté le sous-titre ci-dessus, à la place des photos des deux fermiers) quelques lignes, le texte débutant « brutalement » ainsi :

Les deux fermiers remarquent que l’appareil semble en difficulté, se déplaçant lentement, avec une sorte de roulis, à seulement cinq ou six mètres au-dessus du sol. Il ne semble pas faire de bruit – mais il est peut-être couvert par le bruit des animaux – et il est plutôt petit, de taille comparable à un minibus. Il y a une grosse déchirure sur le côté, d’où s’échappe de la fumée, ou de la vapeur, grise. A l’arrière, semblent flotter des sortes de débris qui s’effilochent. L’engin était si lent qu’ils ont pu l’observer pendant trois quarts d’heure avant de le voir disparaître derrière une colline à environ 700 m de là en direction de Varginha. Est-il allé s’écraser dans les environs ? Quoi qu’il en soit, leur témoignage est renforcé par un autre témoin, celui d’un étudiant, Hildo Lucio Galdino, qui habite dans une chambre non loin de la ferme. Sa chambre est au rez-de-chaussée et, lorsqu’il ouvre sa fenêtre, ce matin-là peu après 8 h, il a un choc en découvrant un être bizarre accroupi près de l’entrée. Le lecteur perspicace a déjà deviné que sa description ressemble en tous points à celle des autres créatures observées à Varginha : de petite taille, environ 1,20 m à 1,50 m, sans vêtements, la peau huileuse brun foncé, grosse tête sans cheveux, petites mains avec trois longs doigts. La créature s’est enfuie en courant lorsqu’il l’a appelée. Le témoignage des deux fermiers est l’un des premiers à avoir été recueillis par Ubirajara Rodrigues seulement six jours plus tard. Ce détail est important car la date de leur observation est de ce fait quasi certaine, alors qu’il y a une incertitude sur la date d’une autre observation que nous allons voir maintenant.

 

Le témoignage de Carlos de Souza :

Neuf mois après l’incident de Varginha, un autre témoin s’est fait connaître, un commerçant du nom de Carlos de Souza, qui serait un témoin direct du crash d’un ovni. Il dit avoir gardé longtemps le silence car on l’avait intimidé. Son témoignage est très intéressant mais il a donné initialement une autre date pour son observation, le 13 janvier. Cependant, après discussion avec les enquêteurs, il n’en était plus certain et a admis que cela aurait pu se passer plutôt le 20 janvier. Nous allons y revenir, mais voici son histoire. Carlos, qui voyage beaucoup dans la région, avait quitté les environs de Saõ Paulo à quatre heures du matin pour se retrouver à Três Corações, à 250 km de là. Il roulait déjà près de cette ville, vers huit heures du matin, sur la route allant au Nord à Belo Horizonte, près du croisement avec la route reliant Varginha à l’ouest et Três Corações à l’est, lorsqu’il entend un curieux vrombissement qui l’inquiète un peu. Il s’arrête et découvre dans le ciel un engin bizarre en forme de cigare, qui vole lentement, à environ 60 à 80 km/h, à environ 30 m d’altitude, à l’ouest de la route. Il estime sa longueur de 9 à 12 m et sa hauteur de 4 à 5 m. L’engin semble mal en point, avec un grand trou vers l’avant, prolongé par une fissure sur le côté, comme s’il avait été atteint par un projectile (ou une météorite ? Ou un vulgaire débris spatial ? Sinon, une question vient à l’esprit, évidemment : qui a tiré ?). De cette fissure s’échappe une fumée blanche. Carlos de Souza, très excité, parvient à suivre l’engin pendant 16 km. Il voit l’engin se diriger vers des collines, puis plonger brutalement derrière l’une d’elles. Supposant qu’il s’est écrasé là, il parvient à s’en approcher par une petite route de terre et atteint à pied le haut de la colline vingt minutes plus tard. Là, il est stupéfait de découvrir, non seulement l’engin écrasé en contrebas, mais toute une équipe de militaires, déjà sur place, affairée à récolter de nombreux débris ! Il s’approche discrètement et commence à ramasser un débris, mais il est remarqué et un soldat arrive, lui ordonnant sans ménagement de quitter les lieux. Très secoué, Carlos renonce à son rendez-vous et décide de rentrer chez lui. Il s’arrête en route, pendant plus de deux heures, dans un café, pour réfléchir et reprendre ses esprits. Or, il est rejoint par des agents en civil qui l’abordent et lui expliquent longuement qu’ils connaissent son identité (on a dû l’identifier par sa voiture) et que, s’il raconte ce qu’il a vu, il aura de gros ennuis. Pendant neuf mois, il n’en parlera qu’à sa femme et à deux amis, mais un article de Claudier Covo, dans un journal de Saõ Paulo, va le décider à parler. Covo le convainc de venir à Varginha, et ils vont visiter le lieu supposé du crash avec Ubirajara. Mais ils ne trouvent aucune trace, à part un terrain qui semble avoir été semé récemment de gazon. Une précision importante est que ce terrain est proche de la ferme d’Oralina et Eurico de Freitas. Et il n’est qu’à 11 km de Três Corações. S’est-il trompé simplement sur la date ? S’il a vu cela le 20 janvier, date du début de l’incident à Varginha, son témoignage peut coller avec les autres, bien qu’il ne laisse pas beaucoup de temps à ces êtres mystérieux pour franchir les quelques kilomètres les séparant de la banlieue est de Varginha, surtout si l’un d’eux avait une fracture ouverte à la jambe, comme on va le voir plus loin ! Mais il y a peut-être une autre explication. D’autres témoins avaient vu un ovni du côté de la Rivière Verte, une zone boisée plus proche de Varginha. On peut imaginer que l’engin, avant de s’écraser, ait pu déposer des êtres à cet endroit. Il s’est peut-être passé pas mal de choses entre 1 h et 8 h du matin. En l’occurrence, on a aussi le témoignage d’un fermier qui a dit avoir tué l’un de ces êtres à coup de fusil ! On voit qu’il y a encore quelques points à éclaircir dans cette affaire, pour le moins. D’autant plus que, pour compliquer le tout, les enquêteurs ont recueilli plusieurs témoignages de militaires qui disent avoir vu des débris d’un engin accidenté, apportés par camion à l’ESA, et c’était justement le 13 janvier ! Y aurait-il eu deux accidents successifs ? C’est encore plus difficile à croire. Cette date du 13 janvier n’aurait-elle pas été suggérée par mégarde à ces témoins ?

 

L’histoire se complique :

Le mystère de Varginha s’est encore épaissi avec de nouveaux témoignages sur des êtres qui auraient été aperçus plus tard, au cours des mois suivants. C’est l’une des parties les plus bizarres de tout le dossier, sur laquelle on se perd en conjectures. Le soir du 21 avril, trois mois après l’incident, une réception avait lieu, à l’occasion d’un anniversaire, au restaurant du zoo de Varginha. Vers 21 h, après le dîner, Mme Terezinha Clepf quitta la salle pour aller fumer tranquillement une cigarette dans la véranda bordée par un épais fourré. Et là, elle eut un choc en apercevant tout à coup une figure étrange qui semblait l’observer, à seulement quelques mètres d’elle. Elle n’a vu que sa tête mais sa description colle bien avec celle des êtres de Varginha. A un détail près qui n’est pas sans intérêt : il portait une sorte de casque ! Stupéfaite et effrayée par cette vision d’un être aux gros yeux rouges, faiblement lumineux dans l’obscurité, Mme Clepf a rejoint son mari, mais lorsqu’ils sont revenus voir ensemble, l’être avait disparu. Que penser de cela ? Etait-ce un survivant du crash ? Un autre témoignage le donne à croire, celui de la directrice du zoo, Mme Lelia Cabral, qui a constaté durant cette période la mort inexpliquée de cinq animaux.

Un autre témoignage est celui d’un étudiant en biologie de 21 ans, Ildo Lucio Gordino, qui dit avoir vu un être au bord de la route allant de Varginha à Três Corações, le 15 mai vers 19 h 30. Il venait de ralentir dans un virage quand il a vu un étrange animal sur la route. Il a remis ses feux de route pour mieux voir. La créature s’est tournée vers lui et il a pu voir ses grands yeux rouges, mais elle s’est aussitôt protégée les yeux et s’est précipitée dans les fourrés. Quand Ubirajara et Pacaccini ont enquêté, ils ont découvert que ce lieu était tout proche de la ferme de Eurico et Oralina de Freitas. Si ces témoignages sont véridiques, il y avait encore des survivants trois et quatre mois plus tard, mais nul ne sait ce qu’ils sont devenus. Il n’est pas sans intérêt de signaler que, dans cette période, on a vu beaucoup d’ovnis dans la région…

 

D’importants témoignages médicaux :

L’affaire de Varginha comprend trois aspects médicaux importants : l’opération d’urgence d’un être blessé, à l’hôpital Régional le soir du samedi 20 janvier ; la mort rapide du jeune policier Eli Chereze, après la « capture » d’un être dans le quartier de Jardim Andere. Ces deux épisodes reposent sur des témoignages médicaux crédibles. Le troisième dossier est celui des rumeurs, et des dénégations, concernant une autopsie réalisée à l’université de Campinas.

 

Opération de l’être blessé, à l’hôpital Régional :

Les enquêteurs ont recueilli plusieurs témoignages de personnels médicaux, à l’hôpital Régional et à l’hôpital Humanitas. Le principal est celui d’un médecin qui a révélé, bien entendu anonymement, qu’il avait dû opérer d’urgence, à la demande et sous le contrôle des militaires, l’être blessé amené le samedi soir à l’hôpital Régional. Jusqu’en 2003, il avait été fait seulement allusion, discrètement, à l’existence de ce témoin qui craignait beaucoup que son identité soit dévoilée publiquement. Cependant, lorsque le Dr Leir a été reçu à Varginha par Ubirajara Rodrigues en mars 2003, ils ont eu la surprise que le médecin accepte de les rencontrer. Celui-ci leur a raconté comment, le soir du 20 janvier, il avait été requis par des militaires qui se trouvaient à l’hôpital pour opérer d’urgence une fracture multiple et ouverte à une jambe. Il avait cru d’abord qu’il s’agissait d’un soldat accidenté, mais lorsqu’il se trouva devant le corps, déjà préparé sur la table d’opération, il eut le choc de découvrir une créature non humaine. Il en a donné la description la plus précise que l’on possède à ce jour, et elle correspond parfaitement à celles des autres témoins.

Sa taille était d’environ 1,50 m, il avait une peau brune, d’apparence « réticulée » et huileuse mais lisse et sèche au toucher. La tête était volumineuse, surmontée de trois arêtes osseuses parallèles et sans aucun cheveu. Les yeux étaient grands, de couleur rouge et légèrement relevés sur les côtés extérieurs. Ils semblaient aussi brillants et humides. Ses mains avaient quatre doigts longs et flexibles, sans pouce mais chaque doigt pouvait s’articuler avec les autres. Les pieds avaient trois doigts principaux à l’avant, complétés d’une sorte d’appendice préhensile à l’arrière, muni d’une griffe et rabattu vers le bas au repos. En fait, la disposition des doigts de pied correspondait bien aux empreintes de pied remarquées par les trois jeunes filles et leur mère dans le terrain vague de Jardim Andere. Le médecin a aussi donné quelques indications sur l’anatomie interne et la physiologie, bien qu’il n’ait pas eu vraiment le temps de les étudier, pressé qu’il était par les militaires de terminer l’opération au plus vite. Ses os comportaient des cavités comme s’ils souffraient d’ostéoporose, mais semblaient pourtant très solides. La plaie et les tissus superficiels se refermèrent avec une rapidité étonnante, en 24 heures, ce qui explique son transfert si rapide vers l’autre hôpital. Le sang était de couleur et de consistance semblables au nôtre, mais avec beaucoup plus de plaquettes, à l’examen au microscope. Il coagulait presque instantanément. Il avait une série de vaisseaux sanguins saillants sous la peau de ses épaules, un peu comme nos varices.

Enfin, après beaucoup d’hésitation, le médecin fit la révélation la plus extraordinaire : il aurait eu une sorte de communication très intense avec cet être en le regardant dans les yeux, comme le raconte Roger Leir dans son livre. Il faut signaler, cependant, que Ubirajara Rodrigues, qui assistait à l’entretien, a fait de fortes réserves sur cet aspect de son témoignage. J’en ai discuté, en octobre 2005 lors d’un symposium du CUN en Italie (à Cozensa, en Calabre) avec Roger Leir et l’ufologue A.-J. Geveard, qui soutenait Ubirajara Rodrigues bien qu’il n’ait pas été présent à cette rencontre avec le médecin. Les deux hommes, qui sont amis, sont retournés voir le médecin à Varginha pour tenter de clarifier cela. Celui-ci les a reçus après une longue attente, chaleureusement mais en leur faisant comprendre qu’il ne dirait plus rien. Roger Leir, que j’ai revu encore en juillet 2007, m’a raconté le mot de Gevaerd en repartant : « maintenant, il vaut mieux le laisser tranquille car cela pourrait devenir dangereux pour lui ! ». A.-J. Gevaerd m’a confirmé tout cela et m’a même envoyé une photo de leur rencontre.

 

La mort du jeune policier Eli Chereze :

L’un des faits les plus graves du « Cas Varginha » a été la mort très rapide par infection généralisée, le 15 février 1996, de l’un des deux policiers qui avaient capturé la seconde créature dans la soirée du 20 janvier. Il est donc mort trois semaines seulement après l’événement, et l’on pouvait craindre qu’il ait été contaminé lors de la capture. Les enquêteurs en avaient vite entendu parler par un témoin, mais un épais secret semblait entourer ce décès. Ubirajara Rodrigues réussit cependant à vérifier auprès de la mairie qu’un policier avait réellement trouvé la mort peu de temps après la capture. Il obtint même une copie du registre des décès, et par celui-ci parvint à localiser la famille du garçon. Il s’agissait du caporal Marco Eli Chereze, qui avait alors 23 ans, et faisait partie du service secret de la Police Militaire (P2).

Sa famille n’a eu pratiquement aucune information sur les circonstances et la cause du décès, et n’a même pas pu assister à son enterrement. Lui-même ne leur avait rien dit sur ce qui s’était passé. Lorsqu’il est tombé malade, les proches du policier, en particulier sa sœur, Marta Antônia Tavares, qui se rendait le plus fréquemment à l’hôpital, ont eu beaucoup de difficultés pour rencontrer le médecin responsable du traitement et n’ont pu savoir quelle était sa maladie. A sa mort, sa famille a réussi à faire ouvrir une enquête par le commissariat local afin de mettre en évidence d’éventuelles responsabilités médicales de son décès, mais le commissaire de police lui-même n’a pu avoir d’informations et, en particulier, n’a pu assister à l’autopsie. Tout ceci a été confirmé au Dr Leir qui a pu rencontrer sa jeune épouse, très silencieuse jusque là, lors de sa visite en 2003. C’est seulement un an après l’événement de Varginha, le 20 janvier 1997, la dissimulation des faits ayant été publiquement dénoncée avec insistance, à la fois par les ufologues et par toute la presse, que les choses ont commencé à bouger. Finalement, Ubirajara a réussi à obtenir un long entretien avec l’un des médecins qui avaient tenté de le sauver, le Dr Cesário Lincoln Furtado, qui a révélé en détail, en 2004, les circonstances de sa mort sur le plan médical. Par contre, il a dit ne rien savoir de la capture de la créature susceptible de l’avoir contaminé, mais son récit renforce beaucoup cette hypothèse. Le voici, très résumé, qui montre à quel point les médecins ont été surpris et désarçonnés par la rapidité de sa mort, malgré des soins intensifs, avec des transferts dans plusieurs services de deux hôpitaux.

Selon le Dr Furtado, le policier Marco Eli Chereze a été d’abord accueilli dans le département « Prontomed » (service des urgences) de l’hôpital Regional par son collègue Armando Martins Pinto (cardiologue) le 12 février 1996. Il y est entré à cause d’une douleur intense dans la région lombaire. Le Dr Armando l’a dirigé sur l’hôpital Bom Pastor, où il a été rapidement pris en charge par le docteur René, médecin généraliste et cardiologue, responsable en titre du département de cardiologie, qui a ordonné quelques examens. Le Dr Furtado a été impliqué lui aussi, étant à cette époque le superviseur (sorte de coordinateur) de la cardiologie à Bom Pastor. Le jour suivant, ils avaient demandé des examens parce que Chereze souffrait toujours de la région lombaire :

« Nous avons demandé des analyses d’urine, des radios de la colonne, de la zone lombaire et du sacrum, en plus d’une analyse par l’orthopédiste, parce que la douleur était intense et que nous suspections la présence d’une hernie discale. Le docteur Rogério Ramos s’est chargé de la partie orthopédique de l’état du patient. Il nous indiqua qu’il n’y avait aucune altération et que le problème ne venait pas de là. Il nous dit aussi qu’il nous fallait continuer nos recherches sur la cause des douleurs et sur celle de la fièvre qui commença à apparaître ce même jour. Les examens de sang arrivés dans l’après-midi montrèrent un hémogramme avec une leucocytose, une déviation à gauche et des granulations toxiques dans les neutrophiles. Ceci était un signe d’une importante infection, hautement capable de provoquer un empoisonnement (toxémie) – car il y avait ces granulations toxiques. Nous avons alors procédé à l’administration de deux antibiotiques : de la pénicilline et de la gentamicine, parce que nous avons pensé qu’il pouvait s’agir d’une pneumonie à cause de la localisation de la douleur, ou encore d’une infection urinaire. Nous avons donc administré des antibiotiques susceptibles de répondre aux deux possibilités. »

Son cas fut évalué à nouveau le 13 février : même état. Le jour suivant, le 14 février, il passa la journée avec de la fièvre et des douleurs, mais à un stade acceptable. Cela, jusqu’au 15 au matin où il se réveilla en proie à de la fatigue, à une torpeur et à des signes de cyanose (coloration bleuâtre de la peau due à un manque d’oxygène). Ces symptômes tendaient à confirmer un empoisonnement général véhiculé par le sang, avec une issue possible de septicémie. Il fut alors immédiatement transféré au CTI (traitement intensif) de l’hôpital Regional, où il fut accueilli et mis sous médication. Son état de santé s’est détérioré rapidement et il est mort en quelques heures, bien qu’on lui ait donné des antibiotiques peu après son admission.

Le point principal, insiste le Dr Furtado, est que la cause de la mort – la ‘‘causa mortis’’ – n’a pas été clarifiée. Quelques jours plus tôt, le garçon était en bonne santé, et au début l’infection semblait relativement simple. Il n’avait jamais eu auparavant de traitement lourd pouvant causer une déficience immunitaire. Et cela ne pouvait pas non plus être congénital car, si cela avait été le cas, il n’aurait pas atteint l’âge de 23 ans en bonne santé. C’est pourquoi nous pouvons affirmer que son immunodéficience a été « acquise », mais nous ne savons pas comment. Sa mort n’a été causée ni par une pneumonie, ni par une infection urinaire, ni par l’abcès. Et le Dr Furtado ajoute :

« Au début, le diagnostic d’une infection urinaire ou rénale a prévalu à cause de la présence d’une ‘entérobactérie’. Mais, en moins de vingt jours, trois bactéries ont attaqué le policier. TROIS ! C’est quelque chose de très rare dans le monde. Lorsque Marco a eu une infection pulmonaire, il n’avait déjà plus aucune défense immunitaire. Dans une telle situation, n’importe quelle bactérie peut prendre le contrôle d’une personne. »

Le Dr Furtado, questionné avec insistance par Ubirajara Rodrigues, a fini par admettre ceci :

« Ecoutez, il y a cette histoire rapportée par la famille (à propos de la capture d’un être), que je ne connais pas et dont je ne sais rien. Si une histoire a été tissée autour de cet événement, on ne le sait pas. Mais si nous analysons bien la façon dont les choses se sont passées, nous ne trouvons aucune explication rationnelle quant à la mort du garçon. Aurait-il acquis à travers ce contact, ou par une blessure qu’il aurait eue sur la peau, une chose quelconque qui aurait eu raison de sa résistance de façon foudroyante ? Parce que cela a été terriblement rapide, vous comprenez ? Je vous garantis qu’aucun abcès ne provoque une immunodéficience. Un abcès peut être la cause d’une septicémie, mais cela ne tue personne. Par ailleurs, n’importe quel antibiotique en vient à bout. Ce ne fut pas le cas. Ce n’est pas la bactérie entrée par le bras qui provoqua l’infection. »

A Ubirajara qui lui demande alors s’il pouvait s’agir d’une bactérie totalement inconnue, Furtado, visiblement embarrassé, répond :

« Oui. Bon, si nous parlons de quelque chose de complètement inconnu il est évident qu’il serait impossible de se risquer à des conjectures. Il n’y a aucune réponse possible. Maintenant, est-ce que quelque chose aurait pénétré à l’intérieur de son organisme, quelque chose d’inconnu également, qui l’aurait privé de son système immunitaire ? Ceci est une autre question sans réponse. »

Après encore quelques échanges, Ubirajara finit par poser une question encore plus directe :

« Vous êtes en train de me dire que la mort de Marco Eli Chereze fut une mort étrange ? ».

A quoi Furtado répond :

« Une mort étrange et sans explication rationnelle. Au cours de ma vie professionnelle, j’ai déjà vu deux personnes d’environ 25 ans mourir ainsi d’une infection, mais pour toutes les deux nous étions au courant de leur déficience immunitaire. Et toutes les deux, si je me souviens, avaient subi l’ablation de la rate (splénectomie) par suite d’un accident dans le passé. Après un certain délai, cela cause une immunodéficience. Dans cette situation, la personne peut décéder rapidement si elle se trouve dans les conditions d’une septicémie. Mais, une fois encore, là ce ne fut pas le cas. »

En bref, il est assez clair que ce médecin, dont la réputation est bien établie, a admis que la mort du jeune policier était complètement incompréhensible sur le plan médical, ce qui en fait un épisode important du mystère de Varginha.

 

Une autopsie à l’université de Campinas ?

Le premier témoin à avoir parlé d’une autopsie, qui aurait été réalisée très secrètement à l’université de Campinas dans des locaux en sous-sol, sécurisés, est tout simplement le frère de Vitório Pacaccini, étudiant en médecine dans cette université. Il a dit à Vitório l’avoir appris par son conseiller qui a cité le nom d’un médecin légiste réputé, le Dr Badan Palhares. Celui-ci est connu notamment pour avoir autopsié et identifié le corps du tristement célèbre Dr Mengele, l’ancien tortionnaire nazi réfugié en Amérique du Sud.

Vitório Pacaccini, qui parle très bien l’anglais (j’ai eu plusieurs entretiens avec lui au congrès de Brasilia en décembre 1997), a raconté cet épisode, et les premiers mois de son enquête, aux ufologues américains et britanniques venus au Brésil à un congrès ufologique en juin 1996. L’un d’eux, John Carpenter, a filmé l’entretien et a publié la vidéo intitulée « Aliens Captured in Brazil ? ». J’en ai une copie et je peux dire qu’il reste un document convaincant sur Varginha. Il y a d’autres témoignages, recueillis à Campinas, si bien que nous avons là aussi plusieurs sources qui se recoupent. L’une d’elles est un étudiant en droit qui avait assisté à une conférence du Dr Palhares sur la médecine légale, à Campinas. Etant au courant de rumeurs sur sa participation à l’autopsie d’une créature capturée à Varginha, il lui avait posé la question. Le Dr Palhares lui répondit qu’il voudrait bien lui en parler mais qu’il ne le pouvait pas, et lui suggéra de revenir lui poser la question dans une dizaine d’années ! Il se trouve justement que, en 2005, le Dr Badan Palhares a accepté d’en débattre, longuement, à la télévision, avec Ubirajara Rodrigues. L’entretien, rapporté en détail dans la revue « UFO » de A.-J. Gevaerd, a été courtois, mais le Dr Palhares a nié complètement avoir pratiqué une telle autopsie. Pourquoi, alors, en discuter ainsi publiquement ? Dans le but, a-t-il expliqué, de mettre fin à toutes ces rumeurs qui circulent depuis 1996 à son sujet et qui lui empoisonnent la vie. En fait, il semble bien que ce débat, assez insolite, n’ait fait que relancer la rumeur et attiser la curiosité…

L’un des aspects les plus secrets, et peu documenté à ce jour, concerne le rôle qu’auraient joué les Etats-Unis. Les témoins sont rares, mais en voici un, rapporté par Pacaccini. Un officier de l’armée de l’Air, qui travaillait au contrôle du trafic aérien (effectué au Brésil par un organisme mixte, civil et militaire, le CINDACTA), lui a confié que, dès le 13 janvier, le NORAD américain avait détecté un ovni qui avait pénétré dans l’atmosphère terrestre et se dirigeait vers le Brésil en perdant de l’altitude. On aurait même localisé un point de chute possible dans la région de Varginha, ce qui expliquerait la rapidité des interventions militaires. Remarquons que, si cette information est authentique, il s’agit bien de la date du 13 janvier et non du 20, à moins qu’il y ait plusieurs épisodes, dans une histoire plus complexe que nous ne le supposions. Dans le même ordre d’idées, des témoins auraient remarqué des allées et venues d’avions cargos militaires américains dans la région. Voilà que le mystère de Varginha s’épaissit encore ! En revanche, en 2005, l’armée de l’Air brésilienne a commencé à lever un coin du voile sur des observations aériennes d’ovnis, au profit d’un groupe d’ufologues brésiliens. Peut-être obtiendront-ils un jour, également, des révélations sur Varginha ?

Gildas Bourdais

 

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