”Survivre à la mort” – Un livre de Leslie Kean

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les éditions Dervy ont publié, en 2018, un livre de la journaliste américaine Leslie Kean : « Survivre à la mort ».

Elle est connue pour avoir publié auparavant un autre ouvrage (également chez Dervy) : « OVNIs : Des généraux, des pilotes et des officiels parlent ». (Voyez à ce sujet mon texte sur le présent site, dans la rubrique « Présence extraterrestre » : « OVNIs : A propos de l’approche agnostique de Leslie Kean ».)

Dans ce nouveau livre, elle développe de nombreux témoignages et faits accréditant la survie de la conscience après la mort : souvenirs de vies antérieures, récits d’expériences au seuil de la mort, communications médiumniques, vécus subjectifs de contacts avec des décédés, apparitions, séances avec des médiums à effets physiques. C’est, sur ce thème fondamental, un livre indispensable que je recommande particulièrement. Je ne détaille pas le contenu du livre (qui fait près de 500 pages), mais ce qui suit donne un large aperçu de son intérêt.

 

* La première partie est consacrée aux souvenirs de vies antérieures. Elle comporte les chapitres suivants :

 

– Les chapitres 1 et 2 présentent le cas de James Leininger qui, dès son jeune âge, eut des souvenirs de sa précédente vie en tant que James Huston, un pilote américain de la Seconde Guerre mondiale qui mourut dans un archipel du Japon en 1945. Ce cas a été traité dans une émission – datée de 2013 – sur la réincarnation dans la série documentaire de l’INREES : ”Enquêtes extraordinaires”. (Cette émission a été diffusée sur la chaîne W9 en mars 2019.) Il est l’objet du livre de Bruce et Andréa Leininger (avec Ken Gross) : ”Réincarné” (Dervy, 2014), ce cas faisant aussi l’objet du chapitre 4 d’un livre de Jim B. Tucker : ”Histoires extraordinaires” (Dervy, 2015).

 

– Le chapitre 3 est rédigé par Jim Tucker, qui a poursuivi les recherches de Ian Stevenson (décédé en 2007) quand ce dernier a pris sa retraite en 2002. C’est un pédopsychiatre certifié qui est professeur associé en psychiatrie et en sciences neurocomportementales de l’université de Virginie. Il a publié deux livres sur les enfants ayant des souvenirs de vies antérieures. Ils ont été publiés en français sous les titres suivants :

En 2014, Leslie Kean s’est rendue à Charlottesville, en Virginie, pour rencontrer Jim Tucker.

 

 

 

 

 

 

– Le chapitre 4 concerne un cas suivi par Jim Tucker dès le début, ce cas étant celui de Ryan Hammons. C’est la mère de ce dernier, Cyndi Hammons, qui a rédigé ce chapitre.

– Le chapitre 5, rédigé par Leslie Kean, concerne aussi le cas de vie antérieure de Ryan Hammons. Ce chapitre est intitulé : « Cinquante-cinq souvenirs vérifiés ».

 

* La deuxième partie concerne les expériences au seuil de la mort (NDE ou EMI) et les expériences de fin de vie. Elle comprend les chapitres suivants :

– Le chapitre 6 est rédigé par Kimberly Clark Sharp (qui a exercé une longue carrière comme travailleuse médico-sociale). Elle y relate le cas d’une femme prénommée Maria qui a vécu une NDE.

– Les chapitres 7 et 8, rédigés par Leslie Kean, sont consacrés aux EMI en général.

– Le chapitre 9, également consacré aux EMI, est rédigé par Pim van Lommel (avec lequel j’ai pu parler quelques minutes à Pau fin novembre 2015) à propos notamment de sa célèbre étude publiée en 2001 dans la revue médicale anglaise « The Lancet ». Pim van Lommel est l’auteur d’un livre paru en français en 2012 (chez Interéditions) sous le titre : « Mort ou pas ? Les dernières découvertes médicales sur les EMI ».

– Le chapitre 10, rédigé par Leslie Kean, concerne les souvenirs « entre deux vies », que Jim Tucker et ses collègues appellent les « souvenirs intermédiaires ».

– Le chapitre 11, rédigé par Peter Fenwick, concerne les « expériences de fin de vie ». Il s’agit de récits dans lesquels des personnes mourantes rapportent l’expérience d’une réalité transcendante. Peter Fenwick est neuropsychiatre et membre du Collège royal des psychiatres, au Royaume-Uni.

 

* La troisième partie concerne les communications médiumniques, les vécus subjectifs de contacts avec des défunts et les apparitions. Elle comprend les chapitres suivants :

Les chapitres 12 et 13, rédigés par Leslie Kean, évoquent son désir d’expérience personnelle en matière de communication médiumnique, via la recherche de médiums fiables n’ayant pas recours à la « lecture à froid » (cold reading), les faux médiums et certains médiums utilisant diverses « techniques » pour donner l’impression qu’ils captent des informations par voie « paranormale » : suppositions de forte probabilité, affirmations très générales ou très vagues pouvant s’appliquer à quasiment n’importe qui, observation – pour glaner des indices – des expressions du visage, des vêtements et bijoux, le fait de poser des questions (afin d’obtenir d’autres informations) telles que : « Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? », de délivrer des messages d’ordre général en provenance du défunt, et d’étudier – si c’est possible – le consultant préalablement…

Mais on a affaire à quelque chose de totalement différent lorsque de stricts contrôles sont mis en place : ”lecture” au téléphone (ce qui élimine les indices visuels), en s’assurant que le médium ne connaît rien de celui qu’il consulte, pas même son nom, ou encore en ne révélant pas la moindre information au cours de la lecture.

« Dans ces situations, le médium doit fournir des informations spécifiques, peu ou pas connues, et détaillées, qui se révéleront exactes, tandis que le consultant, installé dans un autre lieu, ne révèle rien.

La recherche sur la médiumnité mentale montre qu’un petit pourcentage de médiums a une véritable capacité à obtenir des informations aussi précises dans des conditions strictement contrôlées. Leurs résultats ne peuvent être expliqués par la fraude, la chance, la lecture à froid, ou une simple conjecture heureuse, parce que, lorsque des protocoles de contrôle idoines sont observés, on peut écarter ces explications. Ces ‘médiums attestés’ peuvent même révéler des faits précis, alors inconnus du consultant, qui pourrait les considérer comme faux ou absurdes. Ultérieurement, ils pourront être vérifiés auprès d’une tierce personne qui connaissait une chose que le consultant ignorait. » (L. Kean) (1)

Leslie Kean s’est rapprochée de deux organisations qui administrent des programmes de certification des médiums :

 

1. La Forever Family Foundation (FFF) :

C’est une organisation de bénévoles basée à Long Island, New York, qui apporte du soutien et des soins aux personnes dans la douleur. Ils soumettent les médiums à des tests pour établir leur compétence. Seul un petit pourcentage réussit l’examen, le site Internet indiquant que le processus de test « est conçu de manière à ce que seuls des médiums extrêmement aptes puissent obtenir la certification ».

« Chaque médium est confronté à une variété de consultants et un système de notation composite est utilisé pour déterminer la précision des informations fournies par chacun des testés. La sélection des consultants est très contrôlée elle aussi pour s’assurer qu’aucun médium n’ait pu avoir préalablement de contact avec l’un d’eux ni avec la moindre information les concernant. Avant la séance, on donne des instructions aux consultants à propos des procédures spécifiques de notation pour garantir la parfaite intégrité du programme. » (L. Kean) (2)

www.foreverfamilyfoundation.org

J’ajoute cette liste de médiums certifiés par la FFF :

– Amy Utsman Georgia – FFF Medium Certification

– Angelina Diana Connecticut – FFF Medium Certification, FFF Advisory Board, FFF Volunteer

– Bobbi Allison Colorado – FFF Medium Certification

– Catherine Nadal New York – FFF Medium Certification

– Dave Campbell Arizona – Windbridge Certified Research Medium

– Doreen Molloy New Jersey – FFF Advisory Board, FFF Volunteer, Windbridge Certified Research Medium

– Dusten Lyvers Indiana – FFF Medium Certification

– Eliza Rey Arizona – Windbridge Certified Research Medium

– Gina Simone New York – FFF Medium Certification, FFF Volunteer

– Ginger Quinlan Georgia – Windbridge Certified Research Medium, FFF Volunteer

– Heidi Jaffe Florida – FFF Medium Certification

– Janet Mayer Missouri – FFF Advisory Board, FFF Volunteer, Founding Research Medium

– Janet Nohavec New Jersey – FFF Medium Certification

– Joanne Gerber Massachusetts – FFF Advisory Board, Windbridge Certified Research Medium

– Joe Perreta New York – FFF Medium Certification

Joseph Shiel New York – FFF Medium Certification

Kim Russo New York – FFF Medium Certification, FFF Advisory Board, FFF Volunteer, Windbridge Certified Research Medium

Laura Lynne Jackson New York – FFF Medium Certification, FFF Advisory Board, FFF Volunteer, Windbridge Certified Research Medium

Lee Ashley Tennessee – FFF Medium Certification

Lynn LeClere New York – FFF Medium Certification

Nancy Marlowe Texas – Windbridge Certified Research Medium

Neal Rzepkowski email: docneal@mac.com cell: 1-716-665-0768 – New York – FFF Medium Certification

Rebecca Anne LoCicero Connecticut – FFF Medium Certification Evaluation, FFF Volunteer

Renata Santorelli Kentucky – Windbridge Certified Research Medium

Renee Marie Buck California – FFF Medium Certification Evaluation

Sirrý Berndsen Massachusetts – FFF Medium Certification Evaluation

Tracy Lee Nash California – FFF Volunteer, Windbridge Certified Research Medium

 

2. Le Windbridge Institute :

Le Windbridge Institute de Tucson (Arizona) est une structure de recherche scientifique indépendante fondée en 2008.

Chaque médium cherchant à obtenir une certification est soumis à une procédure intensive de sélection et de formation en huit étapes, lesquelles incluent des entretiens en profondeur, des tests psychologiques et deux lectures en aveugle au téléphone (ce qui signifie que le consultant n’est même pas présent au bout du fil pendant la lecture).

www.Windbridge.org

(Note d’Alain Moreau : RationalWiki, le Wiki rationaliste sectaire anglosaxon, qualifie stupidement de pseudoscientifiques les articles de Julie Beischel ainsi que son livre : ”Among Mediums : A Scientist’s Quest for Answers” (2013), « which claimed that mediums such as Leonora Piper communicated with the dead ». « The book ignored any evidence of fraud in the mediums that she wrote about. She has also supported the controversial experiments of Gary Schwartz, which have been rejected by the scientific community. »

D’abord, Leonora Piper n’a jamais été convaincue de fraude. Ensuite, on sait qu’il a existé des fraudes chez de faux médiums et chez de vrais médiums ayant parfois fraudé. Ce qui est scandaleux, par contre, c’est d’insinuer, comme le fait cet abruti (et ses pairs ”rationalistes”), qu’il n’y a eu que des fraudes dans ce domaine. Quant aux études de Julie Beischel et de Gary Schwartz, elles font partie, ne lui en déplaise, des meilleures études scientifiques validant les aptitudes psychiques. Et ce n’est évidemment pas la ”communauté scientifique” dans son ensemble qui rejette ce type d’études, mais ceux qui, faisant partie de la frange sectaire rationaliste de celle-ci (et à laquelle RationalWiki appartient), sont violemment opposés à l’existence de phénomènes qui remettent en cause leur vision de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas. L’auteur du petit texte de RatioWiki déclare par ailleurs que les seuls supporters de Julie Beischel sont d’autres spiritualistes tels qu’Alex Tsakiris et Robert McLuhan. Les scientistes dogmatiques qui rejettent ces contributions sont dans leur rôle de négateurs systématiques car ils défendent une idéologie pour le coup réellement pseudoscientifique. Les articles que Julie Beischel a publiés dans des journaux de parapsychologie ne relèvent nullement, contrairement à ce qu’insinue cet individu, de la pseudoscience. Par contre, les termes diffamatoires tels que : ”pseudoscience”, etc., devraient être bannis de toute discussion à ce sujet, mais cela est toujours loin d’être le cas. En fait, pour ces individus, ne relèvent pas de la pseudoscience toute étude et tout type de publication qui ne contredisent pas le paradigme matérialiste dominant dans les publications ”académiques” du courant mainstream… )

 

3. Laura Lynne Jackson et Sandra O’Hara :

Robert Ginsberg, cofondateur de la FFT avec son épouse Phran, a expliqué à Leslie Kean le processus de certification et lui a suggéré de contacter la médium Laura Lynne Jackson pour sa lecture.

« Professeure d’anglais en secondaire (high school) et mère de trois enfants, Laura a suivi les programmes de certification tant de la FFF que du Windbridge Institute. Le protocole de ce dernier incluait tant de niveaux de masquage et de criblage que, là encore, on pouvait exclure toute tromperie, toute fraude, toute lecture à froid, ou autre distorsion de la notation. Laura a obtenu 90% de précision pour une lecture et 95% pour l’autre, ce qui est exceptionnellement élevé. » (L. Kean) (3)

Au cours de séances à l’intention de Leslie Kean, les médiums Laura Lynne Jackson et Sandra O’Hara (une médium d’Irlande) ont pu manifester des traits de personnalité reconnaissables de son frère Gary Kean et de son grand ami Budd Hopkins, tous deux morts au cours des dernières années, et rapporter de nombreux faits précis les concernant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chapitre 14 est rédigé par Julie Beischel, du Windbridge Institute.

« Julie a obtenu son doctorat (PhD) en pharmacologie et toxicologie à l’université de l’Arizona en 2003. A la suite d’une lecture médiumnique probante qu’on lui fit après le décès de sa mère, elle a renoncé à une carrière potentiellement lucrative dans l’industrie pharmaceutique pour entreprendre des recherches scientifiques avec et sur les médiums. » (L. Kean) (4)

Elle est professeure associée à l’Ecole de psychologie et de recherches interdisciplinaires de l’université Saybrook, et l’auteure de : ”Investigating Médiums : A Windbridge Institute Collection” (2015)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chapitre 15, rédigé par Leslie Kean, donne des éléments biographiques à propos de Laura Lynne Jackson et de Sandra O’Hara.

Comment faire la distinction entre les informations obtenues psychiquement de sources terrestres de celles reçues d’un désincarné ?

Voici ce que Laura Lynne Jackson a précisé à Leslie Kean en 2015 :

« Quand je fais une lecture, je visualise un écran intérieur – une sorte de TV écran large – qui est divisé en une moitié gauche et une moitié droite. Je commence ma lecture à gauche – c’est là que l’information psychique se présente. Le côté droit est celui où ma médiumnité se manifeste. Je suis attirée de ce côté quand je vois un point de lumière apparaître sur l’écran. Cette partie droite est elle-même divisée en trois parties : la partie supérieure pour la famille maternelle du consultant, la partie inférieure pour la branche paternelle, et le milieu pour les amis, les collègues, la famille au sens large, etc. Dès que je suis connectée, ceux du côté droit de l’écran vont me montrer des images, des films, me faire sentir des choses, en entendre, etc., afin de me transmettre des informations. Je ne connais aucun autre médium ayant un écran intérieur divisé entre des informations psychiques à gauche et des informations médiumniques à droite. » (5)

En 2013, le psychologue Jeff Tarrant (qui a un doctorat en psychologie du conseil – Counseling Psychology – et qui est professeur auxiliaire à l’université du Missouri) a commencé à cartographier le cerveau de voyants et de médiums certifiés pendant qu’ils exécutaient des lectures. Les médiums présentaient constamment une activité inhabituelle des ondes cérébrales, incluant parfois des « accroissements significatifs de l’activité rapide à l’arrière de la tête – les zones du cerveau associées au processus de la vision ». Ces données, si elles ne prouvent pas la communication avec les décédés, « suggèrent fortement que les médiums entrent dans un état de conscience très différent quand ils sont engagés dans leur activité », et ils ne semblent donc pas être tout simplement en train de simuler – « quelque chose d’intéressant est assurément en action ! ».

Jeff Tarrant a mesuré deux fois l’activité cérébrale de Laura Lynne Jackson, puis il a comparé les scanners de son cerveau pendant une lecture psychique – quand elle utilise son « psi par agent vivant » ou « psi somatique » – à ceux d’une lecture médiumnique – quand se manifeste le « psi survivant ». Il voulait voir si ce que Laura décrivait comme son utilisation de deux types distincts de psi était réellement enregistré différemment dans son cerveau. Or, il découvrit des changements significatifs dans la zone du cerveau impliquée dans le processus de la vision.

« Une zone du cerveau devient active lorsqu’elle reçoit des informations médiumniques. L’autre zone est activée quand elle procède à une lecture psychique. ”Coïncidemment” – ou pas -, Laura explique qu’elle voit les informations psychiques dans son champ visuel gauche et qu’elle voit les informations médiumniques dans son champ visuel droit. En fait, c’est exactement ce que nous voyons sur ces images du cerveau. Donc cela apparaît comme la confirmation de ce que Laura rapporte de sa propre expérience. » (Jeff Tarrant) (6)

Le fait que Laura Lynne Jackson ait utilisé deux processus distincts comme le montrent les changements dans le cerveau – ce qui correspond à sa description de ce qui se passe sur ses deux écrans visuels internes – vient à l’appui des dires de celle-ci, à savoir que les processus sont bien différents.

« Cette confirmation montre qu’elle n’est pas seulement consciente de son fonctionnement interne, mais aussi qu’elle dit la vérité. Si les deux types de lectures se limitaient à son utilisation du psi par agent vivant, il semblerait logique que tant les lectures psychiques que les lectures médiumniques s’enregistrent dans le même endroit du cerveau.

Cela ne prouve pas pour autant que la différence entre ces deux états cérébraux implique que l’un des deux soit en communication avec un défunt. Mais on peut affirmer que l’étude de Tarrant vient au moins étayer l’hypothèse de la survivance. » (L. Kean) (7)

Le chapitre 16, rédigé par Leslie Kean, concerne les informations fournies par la médium britannique Sandy Ingham à propos de George Draper, le plus jeune frère du grand-père de Mark Lewis, directeur général de ”Basilica Marketing”, une société qui fournit des solutions marketing à des centres commerciaux en Angleterre.

Le chapitre 17 est rédigé par Alan Gauld (né en 1932), un professeur de psychologie retraité de l’université de Nottingham, au Royaume-Uni. Après avoir suivi un troisième cycle à Harvard, il a principalement enseigné à Nottingham les neurosciences comportementales (biopsychologie) et la neuropsychologie. Il est notamment l’auteur de : ”Poltergeists” (1979, avec Tony Cornell), ‘Mediumship and Survival : A Century of Investigations » (1983), ‘A History of Hypnotism” (1992).

Il a aussi été président de la Society for Psychical Research. Le contenu du chapitre 17 du livre de Leslie Kean est extrait de ”Mediumship and Survival”. Dans ce texte, Alan Gauld évoque notamment les études qui furent réalisées auprès de célèbres médiums : la médium à transe Leonora E. Piper (1857-1950) – de Boston, Massachusetts – et Mme Gladys Osborne Leonard (1882-1968), une médium britannique. La première avait pour entités-maîtres (guides) « Dr Phinuit » et George Pellew, et la seconde avait pour principale entité-maître une jeune fille nommée Feda.

Le chapitre 18, rédigé par Leslie Kean, évoque les deux thèses en présence : la « super PES » et la thèse de la survie.

Le chapitre 19, rédigé par Leslie Kean, concerne des cas de communications post mortem, des signes spontanés et personnels perçus comme venant d’un être aimé décédé.

Le chapitre 20, rédigé par Loyd Auerbach, concerne les apparitions. L’auteur a été professeur à l’Atlantic University (Virginia Beach, Virginie), à la JFK University (Pleasant Hill, Californie) et à l’HCH Institute (Lafayette, Nord-Californie). Il a enquêté sur des cas d’apparitions, de hantises et de poltergeists pendant plus de 35 ans et il est notamment l’auteur de : « A Paranormal Casebook : Ghost Hunting in the New Millenium » (2005) et de : « ESP, Hauntings and Poltergeists : a Parapsychologist’s Handbook » (2016).

 

* La quatrième partie concerne les phénomènes physiques de la médiumnité. Elle comprend les chapitres suivants :

Le chapitre 21, rédigé par Leslie Kean, concerne la macro-psychokinèse. Elle évoque les phénomènes de poltergeists, l’étude de K. J. Batcheldor sur les « tables tournantes » (dont je parle dans mon texte sur le sujet, sur le présent site), l’étude canadienne (des années 1970) sur le « fantôme » imaginaire Philip.

Elle évoque des séances de médiumnité à effets physiques auxquelles elle a participé, en compagnie du chercheur Stephen Braude, avec le médium Kai Muegge. Les séances ont eu lieu à Hanau, en Allemagne, en octobre 2015. Des mouvements et des lévitations de table ont pu être constatés(A noter que, curieusement, Leslie Kean ne mentionne pas que Kai Muegge produit aussi des phénomènes d’ectoplasmie. Voir mon texte – avec photos à l’appui : ”De nouveaux médiums à ectoplasme”.)

Leslie Kean mentionne un article de Barrie G. Colvin publié en 2010 dans un numéro du Journal of the Society for Psychical Research, à propos de son étude concernant 10 enregistrements de coups produits par de véritables ”poltergeists” entre 1960 et 2000.

« Il les a comparés aux courbes d’ondes (la signature acoustique) des coups obtenus normalement sur ces mêmes objets. En mesurant l’amplitude des ondes sonores avec un programme informatique – qui indique aussi la puissance du son -, il a obtenu des diagrammes de ces courbes d’ondes. Les pics sonores ont ainsi également pu être déterminés.

Pour les bruits de coups normaux, comme des coups d’index contre une paroi, l’amplitude est à son apex au moment où la jointure du doigt touche le mur – autrement dit, au moment où le son retentit – puis décroît très vite. Dans les dix enregistrements que Colvin étudia, ce n’était pas le début qui était la partie la plus forte du son. Au contraire, ce dernier commençait relativement doucement et s’amplifiait progressivement pour atteindre son maximum avant de décroître. Et cette descente durait plus longtemps. » (L. Kean) (8)

Dans le cas d’Enfield (dans le nord de Londres) de 1977, les enquêteurs ont enregistré les coups mystérieux et des coups semblables, mais normaux, frappés contre la porte de la chambre. Les graphiques présentent des différences frappantes entre les sons.

Barrie G. Colvin a montré que cette différence entre les coups normaux et les coups poltergeists était attestée dans les 10 cas, avec les mêmes caractéristiques anormales pour tous les coups inexpliqués. Le chercheur a conclu que les bruits de coups provoqués par les poltergeists ne semblaient pas du tout de véritables coups. Au lieu de cela, « ils paraissent impliquer la relativement lente accumulation d’une tension dans un objet, culminant en un son audible au moment où le niveau de tension atteint une amplitude particulière », les raisons et la physique de ce mécanisme étant inconnus.

« Il déclare que personne n’a été capable de produire des sons avec des courbes d’ondes (la signature acoustique) semblables à celles des coups inexpliqués, même quand on essaye de les obtenir. Il avance la théorie selon laquelle les coups anormaux auraient pour origine la vibration de molécules à l’intérieur d’une structure comme une table et pas de quelque chose frappant une surface, ce qui crée donc un son très différent. Les courbes d’ondes ressemblent très fortement aux sismographes d’un tremblement de terre, la seule signature acoustique de ce type produite par des moyens normaux. Le grand coup asséné sur le tambour de Kai aurait pu être produit de cette manière – de l’intérieur de l’instrument -, ce qui pourrait expliquer pourquoi il n’a pas changé de position. Même si la vibration était forte, elle a pu affecter le tambour d’une manière que nous ne comprenons pas. » (L. Kean) (9)

Dans le chapitre 22, Leslie Kean évoque des phénomènes physiques observés, dans le passé, lors de séances médiumniques expérimentales, comme ceux obtenus avec le jeune médium autrichien Willi Schneider (1903-1971), lequel fut observé par des chercheurs comme l’écrivain allemand Thomas Mann (lauréat du prix Nobel de Littérature) qui fut invité chez le baron Albert von Schrenck-Notzing (médecin et psychiatre). Lors de cette séance, étaient présents deux professeurs de zoologie et d’autres intellectuels. Des mouvements d’objets (un mouchoir, une clochette avec des rubans luminescents qui se mit à tinter, une corbeille, etc.) se produisirent.

Leslie Kean évoque aussi les expériences avec la célèbre médium italienne Eusapia Palladino (1854-1918). Celle-ci fit soumise à des études rigoureuses sous le contrôle de trois chercheurs sceptiques qui connaissaient tous les tours répertoriés utilisés par les médiums fraudeurs.

« Eusapia était exceptionnelle. Aucun autre médium à effet physique a été étudié aussi soigneusement, pendant si longtemps, avec des précautions aussi extrêmes et par autant de scientifiques. Eusapia avait elle-même reconnu que si elle n’était pas étroitement surveillée, elle pourrait essayer de tricher pendant sa transe, quand ses actions étaient totalement hors de contrôle et qu’elle n’était pas consciente de ses propres comportements. Elle l’avait fait par le passé, même si ses truquages simples et évidents étaient faciles à détecter et n’étaient possibles que si les contrôles étaient laxistes. » (L. Kean) (10)

La Society for Psychical Research envoya des émissaires dans le but de démasquer Eusapia comme une fraudeuse : l’Américain Hereward Carrington (auteur de ”Physical Phenomena of Spiritualism”) – qui était un illusionniste amateur -, le Britannique W. W. Baggally (également illusionniste) – qui, après avoir assisté pendant plus de 35 ans à des séances de médiums à effets physiques, disait avoir rarement, pour ne pas dire jamais, rencontré quelques chose d’authentique – et Everard Feilding, un sceptique également expérimenté dans le ”débusquage” de faux médiums. Les 3 chercheurs organisèrent 11 séances avec Eusapia, dans une pièce sous leur contrôle.

Le compte rendu officiel – ”Report on a Series of Sittings with Eusapia Palladino – documente et analyse les séances sur 295 pages. (In ”Proceedings of the Society for Psychical Research”, 1909.)

Au cours d’une séance, l’équipe rapporta une série de mouvements d’objets, de sons, et le pincement d’une corde de guitare. La lumière était suffisamment forte pour permettre de voir chaque objet tout autour de la pièce… Au cours de la cinquième séance, des mains matérialisées apparurent pour la première fois. La lumière était suffisante pour voir le visage et les mains d’Eusapia. Une main d’un ”blanc absolu” apparut, surgissant entre les deux rideaux, au-dessus de la tête de la médium. Cette main s’avança quelque peu lentement, paume vers le bas, et elle referma les doigts avant de disparaître entre les rideaux, les mains de la médium étant tenues séparément et distinctement. Quand Carrington poussa contre les tentures un instant plus tard, « quelque chose de solide et de tangible à l’intérieur du rideau, comme une main », appuyait et résistait fortement contre sa propre paume, Eusapia étant alors à l’écart du rideau et sous contrôle.

Eusapia disait que son entité-maître ”John King” (qui aurait été son père au cours d’une précédente incarnation) régulait ses séances et produisait la plupart des phénomènes…

Leslie Kean mentionne aussi le cas du célèbre médium (né en Ecosse) Daniel Dunglas Home (1833-1886), lequel fut l’objet d’observations de la part du physicien et chimiste William Crookes (célèbre pour sa découverte du thallium et ses études sur les rayons cathodiques). Parmi les 15 types de phénomènes qu’Home produisit, il y avait des mains souples, mobiles et chaudes, de diverses tailles et couleurs. Les mains, animées et fermes au toucher, s’achevaient souvent au niveau du poignet ou aux alentours de celui-ci, et elles finissaient par se dissoudre ou fondre. On a parfois rapporté que les mains étaient défigurées…

William Crookes précisa qu’en une occasion une petite main et un petit bras, comme ceux d’un bébé, apparurent et jouèrent autour d’une dame qui était assise à côté de lui. Puis la main arriva à Crookes, lui tapota le bras et tira plusieurs fois son habit. De nombreuses fois, Crookes et d’autres témoins ont vu une main pressant les touches d’un accordéon, alors que les deux mains du médium étaient constamment visibles et parfois tenues par ceux qui étaient placés près de lui.

« Au toucher, la main paraissait parfois glaciale et morte, et d’autres fois chaude et vivante, serrant la mienne avec la ferme étreinte d’un vieil ami. » (W. Crookes) (11)

Leslie Kean évoque aussi le phénomène des voix directes indépendantes : des communicateurs désincarnés parlent – soit dans le vide, soit par l’intermédiaire d’un simple cône appelé ”trompette”, qui aide à amplifier la voix – à distance du médium.

« Certains médiums, comme le célèbre Leslie Flint, se sont vus bâillonnés à l’aide de bandes adhésives ou raccordés à des laryngophones (des micros placés dans la gorge), quand on ne leur remplissait pas la bouche d’eau ou qu’on les rendait aphones par quelque autre moyen, tandis que les voix retentissaient dans la pièce. » (L. Kean) (12)

On a aussi appliqué sur les lèvres de Flint un moulage de plastique, qui fut ensuite enroulé dans des bandages, le médium étant lié à sa chaise. Cela n’a pas empêché les voix de s’exprimer avec leur clarté habituelle, certaines ayant même crié. (Voir ”Psychic News”, 14 février 1948, p. 1-2.)

Le journaliste Alexander Walker, du ”London Evening Standard”, a écrit :

« Pour un test, Flint devait conserver une quantité mesurée d’eau colorée dans la bouche. Lors d’un autre, un laryngophone n’enregistra aucune vibration de son larynx, alors que les voix continuaient de plus belle. » (www.leslieflint.com, 10 mai 1994.) (13)

 

Le chapitre 23 est rédigé par Erlendur Haraldsson, professeur émérite de psychologie de l’université d’Islande (Reykjavik), où il a enseigné de 1973 à 1999. Il s’est intéressé, depuis les années 1970, aux phénomènes psi, aux apparitions, à la médiumnité, aux cas de réincarnations d’enfants, et il est l’auteur de nombreux articles dans des revues de psychologie, de psychiatrie et de parapsychologie, ainsi que de nombreux ouvrages. En 2015, il a publié un livre sur le médium à effets physiques islandais Indridi Indridason (1883-1912), décédé alors qu’il n’était que dans sa vingt-neuvième année.

Dans son chapitre pour le livre de Leslie Kean, Erlendur Haraldsson présente deux exemples de la médiumnité d’Indridi Indridason sur lesquels il a enquêté : un cas exceptionnel de communicateur spontané vérifié, et un autre de voix directe indépendante chantant dans une langue inconnue du médium…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je signale ces autres livres d’Erlendur Haraldsson :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le chapitre 24, Leslie Kean évoque les matérialisations complètes. Elle évoque les médiums à matérialisation que furent le Polonais Franek Kluski (1873-1943), la Française Eva Carrière (Eva C.), Minnie Harrison (1895-1958) et le Britannique Alec Harris (1897-1974).

 

Franek Kluski (1873-1943) :

Franek Kluski était un banquier à Varsovie, un écrivain, un dramatuge et un poète. L’ouvrage de référence sur ce médium est celui de Zofia Weaver : Other realities ? The Enigma of Franek Kluski’s Mediumship (White Crow Books, 2015). Il accepta d’être étudié par Charles Richet et le médecin Gustave Geley (1860-1924), de l’Institut Métapsychique International français (l’I.M.I.). Pour Alan Gauld, Kluski dut être probablement le plus remarquable médium de tous les temps. Plus de 300 personnes ont été témoins de la médiumnité de Kluski, qui incluent notamment l’intelligentsia polonaise, des spécialistes de la branche polonaise de la Society for Psychical Research, ainsi qu’Everard Feilding.

A l’I.M.I., à Paris, 11 séances ont été organisées en 1920 :

« Les contrôles les plus stricts furent mis en place – la pièce toute simple était inaccessible, sauf pendant l’expérimentation, sans possibilité de complicité ; une lampe rouge était allumée ; et les mains du médium étaient tenues en permanence par un contrôleur de chaque côté. Tandis que les mains étaient immobilisées, le médium demeurait totalement calme et il était en transe tout le long des séances. Ces conditions rendaient toute fraude physiquement impossible. Dans ce contexte, comme au cours de nombreuses autres séances avec Kluski, des formes matérialisées avec des visages humains furent observées. » (L. Kean) (14)

Ces formes étaient semblables aux mains en ce qu’elles étaient consistantes et « vivantes ». Dans des circonstances sans lumière rouge, les formes devenaient visibles quand elles se saisissaient des plaques luminescentes présentes dans la pièce. D’autres fois, les formes étaient auto-luminescentes.

Lors des séances impliquant des visiteurs supplémentaires, les entités étaient souvent reconnues comme des amis ou des parents des personnes présentes, 84 personnes ayant confirmé de telles identifications. Elles pouvaient toucher les gens et répondre parfois aux pensées non exprimées des participants.

F. W. Pawlowski, professeur d’ingénierie aéronautique de l’université du Michigan, assista, en 1924, à plusieurs séances avec Kluski.

« La lumière émanant de la plaque luminescente était d’une telle intensité que l’on pouvait apercevoir sur ces visages fantomatiques les pores et les papilles de la peau. Sur le nez d’un vieillard, je pouvais distinguer nettement le dessin des fines veines incurvées. De même, je pouvais apercevoir le genre de tissu dont étaient vêtus les fantômes. Je voyais ces fantômes si près de moi que je percevais leur souffle et ressentais leur haleine contre mon visage. » (F. W. Pawlowski) (15)

Lors des séances de Paris et de celles, en 1921, de Varsovie, les chercheurs ont installé au centre du cercle de la séance un baquet circulaire contenant une épaisse couche de paraffine liquide brûlante flottant à la surface d’une eau chauffée électriquement. Puis ils demandaient aux ”apparitions” de plonger leurs mains matérialisées dans la cire brûlante, créant ainsi autour d’elles des sortes de gants fins de paraffine. Les personnes présentes pouvaient entendre le bruit d’une chose clapotant dans la cire, des gouttes de celle-ci allant éclabousser le sol et les personnes les plus proches. Parfois, une main recouverte de cire venait toucher ces personnes après s’être immergée dans le récipient brûlant. Les mains matérialisées se dissolvaient ensuite à l’intérieur de la cire froide et durcie, en abandonnant les ”gants” vides sur les genoux de quelqu’un ou sur la table, ces ”gants” étant extrêmement fragiles, plus minces encore qu’une feuille de papier. Voici ce qu’a écrit Gustave Geley :

« Nous avons eu le grand plaisir de voir les mains plonger dans la paraffine. Elles étaient éclairées par des points lumineux placés aux extrémités digitales. Elles se promenaient lentement devant nos yeux, se plongeaient dans le baquet de paraffine, barbotaient un instant, une fraction de minute, en ressortaient toujours lumineuses, puis finalement venaient déposer le moule, encore chaud, contre l’une de mes mains. » (16)

Il n’était pas possible que quelqu’un (Kluski, etc.) ait créé ces gants d’une seule pièce. Une main humaine n’aurait pu s’extraire des poignets étroits, car le mouvement nécessaire aurait détruit la très fine couche de cire. Au cours des expérimentations à Varsovie, des gants furent produits avec les doigts entrelacés, avec les deux mains qui se tenaient et les cinq doigts qui étaient bien écartés. Ressortir une main humaine d’une telle création de cire aurait été impossible. La seule méthode permettant de garder les moules intacts était la dématérialisation du support. Les chercheurs s’étaient en outre assurés que les gants de cire ne pouvaient pas être introduits en douce au préalable dans la pièce. A l’insu de tout le monde, au moins en une occasion, juste avant la séance, Geley et Richet ont ajouté à la paraffine un agent colorant bleuâtre, et lors d’une autre séance ils ont secrètement ajouté du cholestérol. Ces ajouts garantissaient que la cire utilisée était bien celle de la séance et qu’aucune autre ne lui était substituée.

« Quand les gants étaient secs, les expérimentateurs versaient du plâtre dedans. Puis, une fois celui-ci durci, ils immergeaient l’ensemble dans de l’eau bouillante, ce qui dissolvait totalement la fine couche de cire. Les expérimentations de Paris ont ainsi donné neuf moules – sept de mains, un d’un pied et un d’un bas de visage (bouche et menton). Les mains et le pied avaient la taille de ceux d’un enfant de cinq à sept ans et ne ressemblaient en rien à ceux du médium. Mais s’ils étaient en réduction, les détails anatomiques parfaits des mains étaient bien ceux d’un adulte et pas ceux – lisses et ronds – d’un enfant. » (L. Kean) (17)

Les moules, qui furent photographiés par Gustave Geley en 1927, sont conservés à l’Institut Métapsychique International à Paris.

Dans ”L’Ectoplasmie et la Clairvoyance” (éditions Félix Alcan, 1924), Gustave Geley écrit qu’on a pu obtenir des preuves objectives et formelles, absolument incontestables, de la réalité des matérialisations.

Les médiums à effet physique, inconscients quand ils sont dans une transe profonde, exsudent une substance qui fut appelé ”ectoplasme” par Charles Richet. On a vu émerger d’ectoplasmes des mains indépendantes d’un corps. De nombreux chercheurs compétents ont observé la formation de formes mobiles à partir de cette substance, en pleine lumière et dans des conditions qui éliminent toute possibilité de fraude.

L’ectoplasme est si sensible que si de la lumière est allumée inopinément, ou si quelqu’un touche une forme ectoplasmique sans y être invité, celle-ci a un violent mouvement de recul et retourne rapidement dans le corps du médium, en provoquant des dommages sérieux ou même la mort. Les médiums les plus célèbres ayant ainsi été affectés sont Helen Duncan et Alec Harris. C’est pourquoi les ”règles” de séance, clairement énoncées par les responsables, doivent toujours être respectées par les participants.

 

Alec Harris (1897-1974) :

Ce médium britannique a manifesté des ectoplasmes sous lumière rouge. Le chercheur britannique David Fontana a écrit que celui-ci figurait au tout premier rang des médiums à effets physiques. Pendant des années, Minnie Harrison (1895-1958) – voir, à son sujet, l’article de Michel Granger dans le numéro 113 de Parasciences, juin 2019, pages 46-55 – et Alec Harris se sont produits au sein de leurs petits groupes de parents convaincus et d’amis fidèles – le « cercle domestique » -, sans accepter d’argent ni chercher de publicité, mais en acceptant la visite d’invités.

David Fontana a écrit qu’Alec Harris a passé 40 ans à démontrer la réalité de la survivance.

De nombreuses personnes ont aussi été les témoins de la dématérialisation d’entités solides, se dissolvant et disparaissant dans le sol. Certains participants communiquaient avec leurs êtres chers, aisément reconnaissables, et ils n’avaient aucun doute, après une telle expérience, quant à la réalité de la survivance.

En 1961, deux journalistes, qui assistèrent en invités à une séance avec Alec Harris, positionnèrent des caméramans cachés à l’extérieur des fenêtres, avec l’intention de filmer Alec Harris en train de frauder.

« Selon l’épouse d’Alec, le ”guide” de celui-ci se matérialisa au cours de la séance et s’adressa aux présents, puis il s’avança parmi eux tout en prenant leurs mains dans les siennes. Le guide leur montra Alec en transe pour bien établir qu’ils étaient deux personnes différentes, mais tout cela ne suffit pas à convaincre les journalistes. Quand la forme matérialisée se dirigea vers l’un d’eux, l’homme leva ses bras vers la forme solide, l’attrapa et la serra fortement. » (L. Kean) (18)

Louie Harris a raconté que le journaliste s’est mis à crier : « Je t’ai eu ! ». La forme s’est alors rapidement dématérialisée et le médium a hurlé de douleur lorsque l’ectoplasme a réintégré son corps « avec l’impact d’un coup de massue ». Alec Harris tomba alors très malade et resta sous surveillance médicale pendant un mois. Cela lui prit deux ans pour vraiment récupérer et redevenir lui-même, mais, en tant que médium, « il ne fut plus jamais capable de se retrouver aussi détendu qu’avant ».

Louie Harris a écrit un livre consacré à Alec Harris : ”Alec Harris : The Full Story of His Remarkable Physical Mediumship” (Saturday Night Press Publications, 2009).

 

– PK et ectoplasmie

Le chercheur Stephen Braude parle de « composante PK » à propos des phénomènes de matérialisation. Je ne vois pas la chose de la sorte. Pour moi, la PK concerne uniquement l’action sur des objets matériels (notamment le déplacement de petits objets et l’action PK sur des objets métalliques, dont Leslie Kean ne parle pas du tout dans son livre), alors que l‘ectoplasmie, qu’elle soit partielle (mains, etc.) ou complète (personnages complets), relève du composé « éthérique et astral » (je ne développe pas cela ici) de l’être humain, la réalisation de ces phénomènes nécessitant néanmoins l’aide de personnalités désincarnées. Contrairement à Stephen Braude, qui ne voit pas de différence entre ce qui est attribué à des désincarnés et à la PK ordinaire – le tout pouvant être attribué selon lui à des ”agents vivants” -, le chercheur britannique David Fontana, qui a été témoin (contrairement à Stephen Braude) de matérialisations complètes et partielles avec un certain nombre de médiums, soutenait (comme moi-même) qu’une authentique médiumnité à effet physique (celle évoquée dans le livre de Leslie Kean) « fournit un argument supplémentaire très solide contre la théorie de la super-PES ». Dans une interview de 2004, David Fontana a déclaré que les expériences qu’il a eues l’ont convaincu « qu’il est très difficile d’expliquer la moindre de ces choses par une explication alternative à celle de la survivance ». De même, je ne suis pas du tout d’accord avec Pierre Devaux (1897-1969) – l’auteur, en 1954, de Les fantômes devant la science” – et les anciens chercheurs qu’il cite dans un texte publié dans le numéro 112 (mars 2019) de Parasciences”, visant à expliquer les phénomènes de transe chez des médiums par la création de personnalités subconscientes factices ou ”personnalités secondes” – la ”prosopopèse” selon René Sudre (décédé en 1968). (Je n’ai pas la place de faire la critique de cela dans cet article. Voir le chapitre que je consacre à ce sujet dans mon premier livre : Communications interdimensionnelles, JMG éditions, 2007.)

David Fontana ne voulait pas négliger le fait que les bons médiums n’avaient aucun doute que l’énergie impliquée provenait d’esprits désincarnés. De son point de vue (et du mien aussi !), ils en savaient beaucoup plus sur ce qui se passait que les chercheurs comme lui-même, « qui se contentent de venir s’asseoir là pour observer ce qui se passe ».

« Je pourrais avancer toutes sortes de théories personnelles grandioses et tenter de dire aux médiums que les expériences qu’ils font ne sont pas ce qu’ils pensent qu’elles sont. Mais il y a là de graves dangers, comme il y en a dans le reste de la psychologie, si vous essayez d’imposer vos vues aux personnes en leur disant que vous connaissez mieux qu’elles leurs expériences. Donc, du point de vue des médiums, la réponse à la question est claire : la survivance est un fait et les êtres communiquent. » (D. Fontana) (19)

(Bien sûr, cela doit aussi s’appliquer aux chercheurs anciens et modernes qui font intervenir d’invraisemblables ”personnalités secondes” créées de toutes pièces, au détriment de la volonté des médiums – ”à l’insu de leur plein gré” ! -, pour ”expliquer”, avec beaucoup de pédantisme, les désincarnés communiquant avec les médiums.)

Pour le philosophe Michael Sudduth (2016), il n’est pas improbable que toutes les personnes concernées aient mal interprété leur expérience et qu’elles ont été inconsciemment incitées à le faire. Leslie Kean fait à ce propos le commentaire suivant :

« Pourrait-on imaginer une expérience du type de celle de ”Philip” avec l’intention de réaliser des matérialisations capables de marcher et de parler, simplement grâce à des pensées et à des intentions ? Au regard du faible nombre de médiums aptes à accomplir cela après de nombreuses années de développement, ce serait extrêmement difficile à mettre au point, pour ne pas dire impossible. Les médiums sont plongés dans un état de transe profonde et rendus inconscients par ce qu’ils disent être les entités désincarnées qui s’expriment à travers eux. » (20)

Leslie Kean note qu’on pourrait postuler que l’esprit d’un défunt se matérialise lui-même grâce à une sorte de mémoire qu’il a conservée de la vie sur Terre et dont il va se servir pour reconstituer sa forme antérieure en utilisant l’ectoplasme.

« Pour qu’un médium parvienne à faire ça par lui-même, il faudrait qu’il ait le pouvoir de créer une forme entièrement séparée de lui, capable de marcher et de parler indépendamment – en somme, un ”autre” en état de marche. Par ailleurs, il faudrait qu’il fasse appel à des informations télépathiques pour que la forme créée coïncide avec une personne ayant vécu mais qu’il ne connaissait pas, et il devrait transmettre à la forme toutes les obscures informations orales et physiques qui permettraient de le faire reconnaître d’un membre de son ancienne famille. Par l’intermédiaire de l’ectoplasme, il lui faudrait donner vie à cette forme. Qu’est-ce qui semble le plus faisable : qu’une entité-esprit comme Emil Jensen recrée sa propre forme physique antérieure ou qu’un être humain inconscient ait le pouvoir de créer un autre être humain ”vivant” indépendant ? » (L. Kean) (21)

Leslie Kean a senti intuitivement qu’il était sensé de distinguer les matérialisations ectoplasmiques (mains, formes complètes) des phénomènes qui semblent plus mécaniques, comme les mouvements d’objets de type poltergeist ou les inclinaisons de table.

Hereward Carrington, qui a étudié les phénomènes produits par Eusapia Palladino, a écrit, à propos des matérialisations, que, dès lors que ce n’est pas le médium, « qu’est-ce que cela peut être si ce n’est quelque intelligence externe – une entité avec un esprit et des pensées propres ? ». Il a listé ses propres postulats au regard de l’existence des esprits à laquelle il croyait : notre conscience perdure après la mort physique, elle conserve une mémoire et une identité personnelles, elle habite quelque sorte de corps astral « de la même forme que notre corps physique », elle est dans notre environnement et elle possède des facultés psychiques, elle est normalement invisible, mais elle peut se rendre visible et communiquer avec ceux qui sont présents, et elle ne peut agir sur le monde physique qu’au travers d’un intermédiaire. Cet intermédiaire est « la force vitale nerveuse » du médium, extériorisée et utilisée par « l’esprit » qui se manifeste. En se revêtant de cette énergie vitale (ectoplasme), l’intelligence non physique peut entrer en contact avec le monde matériel, déplacer des objets, être vue et photographiée. Après avoir passé dix ans à étudier la médiumnité physique et le spiritisme, Hereward Carrington a conclu que lorsque des mains, des visages et des formes apparaissent, que des conversations dans une langue inconnue du médium ont lieu avec ces formes, à propos de choses privées que le médium ignore, « il semble absurde d’essayer d’expliquer ces faits autrement qu’en admettant qu’une entité spirituelle est présente et active ». L’hypothèse spirite est, écrivit-il, la seule qui explique tous ces faits…

 

Le chapitre 25, rédigé par Leslie Kean, concerne le médium britannique contemporain Stewart Alexander à plusieurs séances duquel elle a assisté.

C’est à l’automne 2014 que Leslie Kean a fait la connaissance de ce médium à effets physiques, par la lecture du livre de ce dernier publié en 2010 : An Extraordinary Journey. Il est un érudit sur l’histoire de la médiumnité à effets physiques et il a interviewé de nombreuses personnes ayant participé à des séances avec Alec Harris, Minnie Harrison, Helen Duncan, Hunter Selkirk, et d’autres grands médiums.

En 1968, alors qu’il était âgé de 22 ans, Stewart Alexander a eu connaissance du livre, publié en 1931, d’Arthur Findlay : On the Edge of the Etheric, à propos des recherches personnelles de l’auteur sur le médium à voix directes indépendantes John C. Sloan (1869-1951). Après avoir passé plusieurs années à lire tout ce qu’il pouvait sur la médiumnité à effets physiques, Stewart a constitué son propre ”cercle domestique” avec sa famille, ses amis et ses voisins.

« Ils se réunirent chaque semaine dans l’obscurité pendant des mois sans le moindre résultat. Stewart ne cherchait pas à devenir lui-même un médium. Il voulait simplement créer les bonnes conditions pour que des phénomènes puissent éventuellement survenir.

Cependant, un soir, sans signe avant-coureur, il se sentit ”possédé” par une entité ou une présence appelée ”Plume blanche” (White Feather), qui devait devenir son principal esprit-guide et qui allait développer, sur une période de nombreux mois, une aptitude à parler au travers de Stewart quand celui-ci entrait dans un état de transe. Cela prit plus de dix ans, mais, finalement, Plume Blanche fut en mesure de parler indépendamment au travers de ce que l’on appelle une ”trompette” – c’est-à-dire un simple cône de 45 cm en matière très légère, avec une ouverture plus étroite que l’autre, ressemblant à un petit mégaphone – en lévitation. » (L. Kean) (22)

Au cours du temps, d’autres phénomènes se produisirent, dont des « apports » (apparition d’objets dans un endroit clos).

Christopher, un autre guide, se manifesta. Il précisa qu’il était mort lorsqu’il était un jeune garçon…

C’est en 1988 que le cercle domestique actuel de Stewart a été constitué. A cette époque, les transes de Stewart étaient si profondes qu’il ne montrait aucune réaction lorsque des outils étaient enfoncés dans sa chair. Il a tenu une première séance publique en 1992, alors que sa médiumnité à effets physiques était encore dans un état embryonnaire.

Des participants furent invités à tester Stewart en pleine lumière pour vérifier qu’il était bien plongé dans une transe profonde. En une occasion, un participant « pinça, coupa et enfonça » un instrument dans la chair du médium, sans aucun résultat. Il n’y avait pas de marque sur le bras, Stewart n’ayant pas été conscient de ce qui lui avait été infligé avant qu’on le lui dise.

En 1992, Walter Stinson, un Canadien qui avait vécu à Boston et qui était mort âgé d’une vingtaine d’années dans un accident de train en 1911, arriva dans ”l’équipe des esprits” de Stewart. Il fut chargé de développer les phénomènes physiques. Walter Stinson déclara être le frère de la célèbre médium de Boston Margery Crandon (1888-1941). Après sa mort, il avait oeuvré avec sa sœur en se manifestant dans ses séances, et il avait l’intention de continuer à le faire avec Stewart.

En 1996, une dame nommée Freda Johnson compléta l’équipe. Quelques années plus tard, un autre esprit, le Dr Barnett – qui avait été le médecin de plusieurs participants – vint régulièrement parler indépendamment du médium et se matérialiser complètement au cours des séances.

Stewart n’a toujours exercé son activité de médium qu’à temps partiel. Il a dirigé une entreprise avec son épouse et a élevé deux enfants. Il a toujours veillé à séparer ses vies familiale et professionnelle de sa vie médiumnique. Ainsi, ses deux fils n’ont eu connaissance de son activité de médium que lorsqu’il leur a donné un exemplaire de son livre paru en 2010…

Katie Halliwell a rédigé trois petits livres, les parties I, II (2008) et III (2011) de : Experiences of Transe, Physical Mediumship and Associated Phenomena with the Stewart Alexander Circle. Ils ont été écrits au cours de ses onze années d’observation au sein du cercle et on y trouve les transcriptions d’extraits de séances de 1999 à 2010. Il existe aussi des CD de ces extraits.

En novembre 2014, Stewart Alexander et Leslie Kean ont entamé une longue correspondance par courriels qui a duré pendant des mois. Stewart Alexander a invité Leslie Kean à asssiter à une retraite/séminaire, qu’il organise deux fois par an, et d’y présenter une intervention sur les OVNIs. Après cet événement, en avril 2015, il lui a suggéré de revenir le voir dans sa ville du nord de l’Angleterre et de participer à deux séances avec son cercle domestique.

Leslie Kean était consciente que les séances de Stewart s’étaient généralement déroulées dans l’obscurité. Il est naturellement difficile d’admettre que l’obscurité soit réclamée, pour des motifs légitimes, par la plupart des médiums. Le chercheur David Fontana, qui a assisté à des séances avec beaucoup de médiums dont Stewart Alexander, expliquait que « de nombreux phénomènes naturels, comme la germination des graines, la gestation dans le ventre et le développement d’images sur des plaques photographiques, ne peuvent se produire qu’en absence de lumière ou en la seule présence d’une faible lumière rouge ».

Stewart Alexander a fait des séances en Ecosse et au Pays de Galles, en Suède, en Suisse, en Allemagne et en Espagne. Lors de ces réunions publiques, il était souvent fouillé au corps, et son siège ainsi que tous les recoins des différentes salles étaient minutieusement inspectés.

Leslie Kean a participé, en 2015, à quatre séances (que je ne détaille pas ici), deux en avril et deux en août…

En 2014, Reville Mohr, qui ne croyait pas en la médiumnité ou en l’après-vie, prit l’avion en Australie avec sa sœur Leone Holdsworth pour assister à une séance avec Stewart Alexander. Reville Mohr était profondément déprimé par la perte de son épouse neuf mois plus tôt, mais sa sœur pensait que cela pourrait l’aider.

« A la surprise de tous, Freda, parlant comme d’habitude par l’intermédiaire de Stewart, invita Reville à venir s’asseoir près du médium. Elle lui demanda : ”Pensez-vous à vous marier ?” ”Non”, fut la réponse immédiate. Puis Freda indiqua qu’elle pouvait ne pas entendre correctement, mais qu’elle avait une femme qui était là et qui disait ”Marry Lynn (Epouse Lynn). Mais elle corrigea d’elle-même en s’exclamant : ”Oh, non… C’est Marilyn. Reville, seriez-vous surpris si je vous disais que j’ai votre épouse ici, avec moi ?” De nouveau, il répondit : ”Non”. ”Est-ce que ça vous surprendrait aussi si je vous disais qu’elle a aussi avec elle votre fille Kimberley et votre fils Thomas que vous n’avez jamais vu ?” Entendant cela, Reville craqua et fondit en larmes. Lui et son épouse Marilyn avaient perdu leur petite Kimberley au berceau et c’était Reville qui avait découvert son corps sans vie. Quant à Thomas, Marilyn avait fait une fausse couche à cinq mois. Dans la salle de la séance, personne ne connaissait quoi que ce soit de ces drames en dehors de sa sœur.

Reville avait été sous le coup d’une telle émotion que, le lendemain matin, Stewart adressa un texto à son hôte, une membre du cercle, pour lui demander comment leur visiteur australien allait. » (L. Kean) (23)

Stewart Alexander a dit à Leslie Kean que la réponse était restée dans son esprit depuis lors. Elle a dit que Reville Mohr était parti faire une promenade et qu’à son retour il était comme un homme qui avait gagné à la loterie. Il était métamorphosé pour toujours, avec un poids énorme enlevé de ses épaules.

Un autre élément important est le pouvoir de guérison dont est capable le Dr Barnett (quand il se matérialise ou par l’intermédiaire de Stewart Alexander) :

« En 2011, Robin Hodson et son épouse rendirent visite au cercle. Parlant par l’intermédiaire de Stewart, le Dr Barnett invita Robin à s’asseoir devant le cabinet. Les mains de Stewart se posèrent contre les paumes ouvertes du visiteur et, raconta celui-ci, ”immédiatement, ce fut comme recevoir des chocs électriques”, qui durèrent quelques minutes. Le Dr Barnett annonça que ”l’organisme (de Robin) avait été transformé”, ce qui suscita beaucoup de rires parmi les présents, et que Robin n’en aurait pas les résultats avant trois mois. Ce qu’ignoraient Stewart et les membres du cercle, c’était que Robin souffrait de cardiomyopathie, une maladie incurable du muscle cardiaque – le cœur ne pouvait pomper que difficilement le sang et nécessitait une surveillance médicale constante. Après cette expérience pendant la séance, il sentit ses jambes le trahir et il regagna avec peine sa chaise sur laquelle il s’effondra.

Lors de sa visite suivante chez le cardiologue de l’hôpital de Brighton, il lui fut fait son habituel échocardiogramme. D’après Robin, le médecin lui demanda ce qu’il avait fait depuis sa visite précédente. Il avait quelque inquiétude alors, car le résultat des tests d’effort cardiaque de Robin tournait autour d’un taux excessivement bas de 20% et son cœur avait grossi. Mais là, il indiqua à Robin que son efficacité cardiaque avait substantiellement augmenté pour retrouver un taux de 55% (dans la normale) et que son cœur avait dégonflé pour retrouver une taille ordinaire. Le médecin ajouta qu’il était rare que l’on assiste à une guérison aussi miraculeuse chez des patients souffrant de cardiomyopathie. Et cette visite se déroulait exactement trois mois après la visite au cercle de Stewart, comme le Dr Barnett l’avait annoncé (le rendez-vous avait été pris avant la séance). Robin affirme qu’il n’a plus de symptômes et que son état ne nécessite plus de surveillance médicale. » (L. Kean) (24)

Le 15 novembre 2015, Robin a fourni (par courriel) à Leslie Kean un exposé écrit de ce qui s’était passé, et il a répondu le 25 novembre 2015 aux questions qu’elle lui avait posées après son récit initial.

Parfois, les informations émanant d’êtres chers n’ont pas de sens ou peuvent être inexactes, et les guérisons peuvent ne pas être couronnées de succès. Il arrive aussi que Stewart Alexander et son cercle s’assemblent et que rien ne se passe.

« Les résultats des séances ne sont pas prévisibles, et c’est une question qui préoccupe énormément Stewart quand des personnes ont parcouru de longues distances pour venir participer à ses séances. Ce qui se produit à chaque fois échappe totalement à son contrôle. » (L. Kean) (25)

Leslie Kean a interrogé Stewart Alexander à propos de l’hypothèse du psi par agent vivant, qui postule que tous les phénomènes sont exclusivement le produit de son propre psi et de celui des participants, en utilisant la psychokinèse. Il répondit : « Est-ce que le Dr Barnett est créé par moi ? ».

« Quelqu’un qui peut non seulement parler aux gens indépendamment de moi, mais qui peut aussi marcher parmi eux, mettre ses mains sur eux et les guérir ? Est-ce moi ? Absurde ! » (S. Alexander) (26)

 

Le chapitre 26, le dernier chapitre du livre, est rédigé par Stewart Alexander.

Au début des années 1970, il assista à une séance avec le médium anglais Leslie Flint, un médium à ”voix directes”. En sa présence, on pouvait entendre les voix des morts parler indépendamment de lui dans une autre pièce comme si elles surgissaient ex nihilo dans l’air alors qu’il était tranquillement assis sur sa chaise. Lors de sa troisième ou quatrième séance avec Leslie Flint, Stewart Alexander entendit la voix de sa grand-mère provenant du centre de la pièce.

« Elle avait été comme une mère pour moi, mon frère et mes deux sœurs. Après le naufrage du mariage de mes parents quand j’avais dix ans, c’était elle qui avait endossé le rôle essentiel de notre éducation. Le jour de son décès, deux ou trois semaines à peine avant cette séance – un fait totalement inconnu de Flint -, j’étais assis tout seul à son chevet, dans sa chambre d’hôpital. Elle était inconsciente, mais je lui tenais la main et quelque chose était passé entre nous, ce que personne d’autre ne savait. Soudain, là, dans cette petite pièce où se déroulait la séance quelques semaines plus tard, elle y fit allusion à mon intention – une chose, je le répète, que moi seul sur Terre et elle de l’autre côté, savions. La voix que j’entendais était la sienne. Sa manière de s’exprimer et certains mots utilisés lui étaient propres. Dans mon esprit, il était indiscutable que c’était bien elle. » (S. Alexander) (27)

Des centaines de séances ont été enregistrées dans le cercle domestique de Stewart Alexander. Les participants sont souvent profondément émus par les paroles des Esprits.

« Je ne peux honnêtement pas imaginer que tout cela ne représente que ma propre manifestation psychologique de personnalités multiples complexes capables – d’une manière ou d’une autre – de réaliser des miracles ostensibles, de guérir des maladies, et de lire dans la tête de tiers, tandis que je suis ”endormi”, en transe.

Par ailleurs, les manifestations physiques reposent sur l’utilisation d’une substance énergétique (que l’on appelle l’ectoplasme), dont les Esprits se servent pour manipuler des objets et pour se matérialiser totalement ou partiellement. Si cela se passe généralement dans des conditions d’obscurité, il est arrivé que la lumière rouge reste allumée suffisamment longtemps pour que des personnes présentes dans la pièce puissent observer l’ectoplasme en action, alors qu’il est attaché à mon corps. Quand Walter (notre Esprit responsable des phénomènes physiques) matérialise sa main, elle sort d’un nuage d’ectoplasme qui est toujours visible dans la lumière rouge. Si c’était purement psychologique et que les effets n’étaient dus qu’à un psi inconscient, il semble éminemment improbable qu’une telle substance mystérieuse ait pu être engendrée et vue par ceux qui se trouvaient dans la pièce.

Malheureusement, très peu de personnes auront l’occasion de faire un jour l’expérience des phénomènes merveilleux et incroyables de ces séances, dès lors que très rares sont les véritables médiums et les cercles fiables accessibles aujourd’hui ; beaucoup n’oeuvrant qu’en privé. » (S. Alexander) (28)

Stewart Alexander a produit un double CD : Physical Seance Room Recollections, à partir de ses archives audio. Ces dernières contiennent une série de témoignages de première main des séances à effets physiques.

En 2015, Leslie Kean a demandé à Stewart Alexander si elle pouvait enregistrer en vidéo la matérialisation de la main de Walter en se servant d’une petite caméra permettant de filmer sous la lumière rouge de basse intensité qui est toujours allumée pour cette expérience. Il a envisagé d’accepter, mais après mûre réflexion il a compris que cela précipiterait sa vie, et celle du cercle, dans une tourmente qui serait destructrice pour l’objet du cercle et problématique pour sa famille. Et une telle investigation ne mènerait au bout du compte nulle part, ajoute-t-il.

« J’ai passé près de cinquante ans plongé dans une étude exhaustive de l’histoire de la médiumnité physique. Les faits historiques montrent que de nombreux médiums à effet physique bien connus ont coopéré à un moment donné avec des chercheurs. Mais finalement, cette exposition n’a jamais mené qu’à des suspicions ou à des accusations de fraude, même pour les médiums les plus authentiques. Parfois, les découvertes ont été qualifiées de ”non concluantes”, et les chercheurs ont réclamé encore plus de tests. Ou alors, convaincus que des failles avaient permis au médium de réaliser leur supercherie, ils faisaient tout pour les débusquer. Et encore et encore, de nouveaux tests étaient demandés.

Quant aux comptes rendus favorables émanant de chercheurs à la crédibilité et aux références les plus impeccables, ils étaient contestés, mis en doute et parfois même raillés. Quant aux véritables médiums, il n’a jamais pu être prouvé de manière irréfutable – comme l’auraient voulu les chercheurs – que les phénomènes étaient authentiques, pas plus qu’il ne put être démontré qu’ils étaient frauduleux. Donc rien ne fut prouvé de manière concluante et acceptable par l’ensemble de la communauté scientifique. Ce scénario s’est répété d’Eusapia Palladino à Eva C., de Margery Crandon à Helen Duncan… Elles ont collaboré et toutes ont connu le même sort.

Margery, l’une des médiums à effet physique les plus extraordinaires des années 1920 et 1930, fut l’objet de perfides controverses après s’être soumise pendant des années à des tests rigoureux. Les détracteurs sélectifs ont totalement ignoré les phénomènes remarquables qui se sont manifestés dans des conditions très étroitement contrôlées et qui ne pouvaient tout simplement pas s’expliquer. Ils ont été commodément oubliés depuis la mort de Margery et aujourd’hui elle est largement considérée comme une habile fraudeuse qui s’est servie de ses charmes féminins pour duper une grande partie des chercheurs mâles. Le monde de la recherche contemporain continue de fermer les yeux sur cette injustice cruelle et scandaleuse, qui a conduit à la mort de cette femme courageuse par intoxication éthylique.

Je me demande souvent comment Margery et d’autres auraient pu évoluer s’ils avaient choisi de se réunir seulement en petits cercles domestiques privés et harmonieux. Nous ne pouvons qu’imaginer quels phénomènes se seraient manifestés s’ils ne s’étaient pas exposés à l’atmosphère clinique froide des tests et à la pression de la réussite qu’ils induisaient. Parfois, dans le cadre des recherches qu’ils ont autorisées, ils ont laissé faire des photographies. Naturellement, il est bien connu que certains médiums fraudeurs ont essayé d’abuser des personnes crédules et que des photos d’ectoplasmes et d’autres phénomènes étaient en réalité truquées. Mais même les clichés légitimes pris dans des conditions contrôlées peuvent sembler étranges à ceux qui n’ont pas participé à des séances avec un médium à effet physique. Cela ne justifie pas pour autant les accusations que ces photos ont suscitées contre les vrais médiums qui avaient voulu prendre le risque de permettre les prises de vues pendant les séances.

Au mieux, un film de la main de Walter montrerait qu’un phénomène paranormal est une réalité, mais il pourrait être expliqué comme une fonction physiologique anormale possédée et inconsciemment dirigée par moi-même. Il ne serait pas vu comme une chose susceptible de prouver la survivance post-mortem – même s’il y aurait sans doute beaucoup de débats autour de cette question. A la suite des examens et de l’authentification scientifiques, les médias du monde entier débarqueraient rapidement. Tout ce tapage perturberait gravement la vie de ma famille bien-aîmée ainsi que celle de mon cercle médiumnique domestique. Ce dernier serait incapable de tenir sous la pression du regard inquisiteur du monde entier. Il ne fait aucun doute qu’il serait réclamé encore d’autres études et d’autres films. Et ça n’aurait pas de fin.

Au pire, les prises de vues seraient mises en doute et qualifiées de frauduleuses. Alors, je viendrais prendre ma place parmi tous ces médiums avant moi qui ont choisi d’emprunter une telle voie. La stigmatisation qui est depuis longtemps attachée à leur nom le serait désormais et pour toujours au mien. Dans ce cas, mes enfants et mes petits-enfants se demanderaient toujours si leur père/grand-père avait été capable de se prêter à une supercherie, parce qu’ils s’interrogeraient éternellement sur l’authenticité ou la fausseté du film. Et cette pensée est franchement insupportable.

Ma médiumnité fonctionne comme le résultat direct d’une extrême sensibilité innée avec laquelle j’ai vécu depuis le commencement et qui n’a cessé de s’intensifier au fil du temps. Elle pourrait s’étioler et disparaître sous l’effet d’une telle pression. La poursuite de mon développement en tant que médium à effet physique serait menacée. Je ne vois absolument aucun intérêt à m’engager dans une entreprise aussi ambitieuse en sachant que tant son succès que son échec seraient littéralement une calamité – pour moi, pour ma famille, pour mon cercle – et qu’au surplus, elle ne prouverait absolument rien. J’espère que c’est compréhensible par tous ceux qui aimeraient voir le film d’une séance pour des raisons que je conçois assurément. » (S. Alexander) (29)

(Note d’Alain Moreau : A propos de Margery Crandon, je précise que le célèbre illusionniste Harry Houdini – 1874-1926 – a assisté, en tant que contrôleur, à plusieurs séances de celle-ci. On peut lire son compte rendu à l’adresse suivante : www.projetutopia.info. Je me contente de donner ici sa conclusion : « J’accuse Mme Crandon de pratiquer ses exploits quotidiens comme un prestidigitateur professionnel. Aussi, en raison de sa formation en tant que secrétaire, de sa longue expérience en tant que musicienne professionnelle et de sa constitution sportive, elle n’est pas si simple et naïve, mais plutôt une femme habile et rusée, extrêmement ingénieuse, et profitant de toutes les occasions pour produire une ”Manifestation”. (…) Ce qui précède est un bref compte rendu de ce que j’ai facilement et immédiatement discerné dans l’obscurité absolue aux cinq séances auxquelles j’ai assisté, et si la médium a d’autres méthodes ou des méthodes améliorées, ou si elle prétend posséder un soi-disant pouvoir psychique, je serais heureux d’assister à d’autres séances avec elle en tant qu’inspecteur. » Je pense pour ma part que Margery Crandon fait partie de cette catégorie de médiums à effets physiques qui ont possédé certaines capacités mais qui n’ont pas hésité à ”en rajouter”, afin d’assurer ”le spectacle”…)

Stewart Alexander a longtemps soutenu que les phénomènes physiques ne permettaient pas seuls de prouver la réalité de la communication avec les défunts. Ce sont les informations probantes transmises lors d’une séance à effets physiques qui sont, selon lui, les plus démonstratives en ce sens. Lorsqu’elles sont hors de la connaissance du médium (lui-même inconscient lors des séances), elle suggèrent alors avec force l’implication réelle d’une intelligence extérieure.

Lors d’une séance, une dame s’est retrouvée en communication avec son compagnon qu’elle avait perdu tragiquement douze mois plus tôt. Elle avait envisagé le suicide. Après la séance, elle remercia Stewart Alexander de lui avoir sauvé la vie.

Il encourage d’autres personnes à former leurs propres cercles et à se réunir pour développer la médiumnité. Il donne un petit conseil crucial :

« Je me suis réuni avec le même groupe, semaine après semaine, depuis plus de trente ans. Dans le monde technologique frénétique d’aujourd’hui, la chose la plus difficile c’est de parvenir à réunir ainsi dans l’harmonie un groupe de personnes impliquées. Il faut bien percevoir qu’il s’agit d’un engagement vis-à-vis du monde des Esprits. Le développement d’un cercle peut être horriblement lent et même très frustrant à l’occasion, ce qui requiert beaucoup de patience. Mais la seule chose que nous puissions faire, c’est d’être là et d’avoir confiance dans le monde des Esprits, parce que c’est une collaboration entre deux mondes. C’est aussi simple que ça. » (S. Alexander) (30)

L’entité-guide Freda a déclaré que notre monde est un monde d’illusion, alors que le sien est celui de la réalité ultime.

« Et elle nous a assuré que nous ne perdrions pas notre individualité, notre personnalité, notre caractère et nos souvenirs, quand nous accomplirons cette transition vers ce ”monde de la réalité ultime”. Donc je continue à m’accrocher résolument à une conviction : à savoir que ma médiumnité peut apporter le réconfort et l’assurance que la mort n’est pas la fin, mais simplement un passage vers cet autre monde dans lequel, un jour, nous irons tous. » (S. Alexander) (31)

Alain Moreau

 

Références des citations :

1. Leslie Kean, « Survivre à la mort », Dervy, 2018, p. 214-215.

2. Ibid., p. 215.

3. Ibid., p. 216.

4. Ibid., p. 235.

5. Ibid., p. 255-256.

6. Ibid., p. 257.

7. Ibid., p. 257.

8. Ibid., p. 375.

9. Ibid., p. 376-377.

10. Ibid., p. 387.

11. Ibid., p. 396.

12. Ibid., p. 396-397.

13. Ibid., p. 397.

14. Ibid., p. 416-417.

15. Ibid., p. 418.

16. Ibid., p. 419.

17. Ibid., p. 420.

18. Ibid., p. 426.

19. Ibid., p. 429.

20. Ibid., p. 430.

21. Ibid., p. 431.

22. Ibid., p. 436-437.

23. Ibid., p. 461-462.

24. Ibid., p. 462-463.

25. Ibid., p. 463-464.

26. Ibid., p. 464.

27. Ibid., p. 472.

28. Ibid., p. 473-474.

29. Ibid., p. 475-478.

30. Ibid., p. 483.

31. Ibid., p. 484.

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