Science-fiction et soucoupes volantes, Steven Spielberg et les OVNIs

Rencontres-Du-Troisieme-Type

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


I. La science-fiction est-elle à l’origine des « soucoupes volantes » ?

Un texte de Gildas Bourdais (2008)

Référence :

http://bourdais.blogspot.com

 

– Une idée très répandue : la « psychose de l’ovni »

L’idée que la science-fiction aurait engendré la « croyance » aux soucoupes volantes a été souvent avancée par les sceptiques. Elle s’appuie, évidemment, sur l’abondante littérature populaire qui a exploité sans vergogne le thème des envahisseurs extraterrestres venus à bord de leurs soucoupes.

Elle a été formulée, soit de manière radicale chez les sceptiques purs et durs (« les soucoupes sont nées de la S.-F. »), soit de manière plus nuancée, en laissant éventuellement la porte ouverte à diverses hypothèses, mais qui excluaient généralement une origine extraterrestre. C’est un point commun à toutes ces opinions – Cachez ces « ET » que je ne saurais voir ! –, mais n’ouvrons pas ici ce vaste débat sur la nature des ovnis. Contentons-nous d’examiner quelques arguments d’ordre psychologique mis en avant pour les « expliquer ».

Outre l’influence de la science-fiction, les sceptiques ont proposé plusieurs explications « psycho-sociologiques », telles que la tension des débuts de la guerre froide, ou la crainte d’un futur angoissant provoquée par la bombe atomique. Certains ont supposé qu’il pouvait s’agir d’engins secrets américains ou soviétiques, comme dans l’observation célèbre de Kenneth Arnold, de neuf « soucoupes » passant devant le mont Rainier (lesquelles n’avaient pas vraiment la forme de soucoupes, fait-on finement remarquer), mais on sait aujourd’hui que de tels appareils n’existaient pas. Cette idée trouve encore quelques défenseurs aujourd’hui, mais oublions-là.

L’idée d’une angoisse, peut-être diffuse et encore inconsciente, née des débuts de la guerre froide et de la crainte des armes atomiques, qui aurait suscité des hallucinations collectives, mérite que l’on s’y arrête un moment. Historiquement, la crainte de la guerre nucléaire apparaît déjà chez H.-G. Wells dans son livre  »The World Set Free » paru en 1914, juste avant la première guerre mondiale. Elle est aussi présente, mais rarement, dans l’entre-deux guerres, par exemple dans un roman de Karel Capek,  »La fabrique d’absolu » (1927). On la trouve aussi dans des nouvelles de Robert Heinlein et de Lester del Rey, dès les années 1941-42. Et nous voici enfin en 1947, « l’année des soucoupes ». Dans le roman  »Et la foudre et les roses », de Theodore Sturgeon, les Etats-Unis sont ravagés par une guerre nucléaire. On trouve donc, en cherchant bien, ce thème dans la science-fiction de l’époque. Cependant, la peur de la guerre atomique ne prendra de l’importance que dans les années 50, avec l’intensification de la guerre froide et le développement des arsenaux nucléaires. En 1947, les Américains n’ont pas encore lieu de craindre l’arme atomique puisqu’ils vont en détenir le monopole jusqu’en 1949. A ce moment, la guerre froide n’a pas encore vraiment commencé. C’est au début de l’été de 1947 que le Président Harry Truman propose le plan Marshall à l’Europe, y compris à l’URSS, et celle-ci ne le refusera qu’à la fin de l’été. Pas de quoi provoquer des hallucinations collectives d’envahissement par des soucoupes soviétiques ! Les Américains, comme les Européens, sont confiants dans l’avenir et surtout occupés à développer rapidement leur économie.

L’autre argument psychosociologique qui vient naturellement à l’esprit, c’est la crainte d’un futur inquiétant, et en particulier d’une invasion par de dangereux extraterrestres, courante dans la S.-F., dont l’archétype est le fameux roman « La guerre des mondes » de Herbert G. Wells. C’est sur ce terrain, peut-on penser, que jouerait l’influence de la science-fiction. Mais une telle crainte était-elle si répandue qu’elle puisse provoquer soudainement une hallucination collective massive de visions de soucoupes ? Signalons un sondage d’opinion sur les « soucoupes volantes » réalisé aux Etats-Unis en août 1947 par l’institut Gallup, un mois après la vague médiatisée de juin-juillet. L’hypothèse de leur origine extraterrestre ne figurait même pas dans la batterie des questions posées ! Elle était dissoute dans une catégorie résiduelle d’« autres causes » qui n’obtenait, globalement, que 9% des suffrages. Là non plus, pas d’hystérie collective sur une invasion extraterrestre, semble-t-il. Il est vrai que ce sondage était bien dans la ligne officielle mise en place dès juillet, pour écarter cette idée dans l’opinion. Ah, ces sondages « scientifiques » et indépendants !

Voici un texte qui est un condensé, caricatural mais typique, de toutes ces idées, paru dans le livre « Ze Craignos Monsters. Le retour », de Jean-Pierre Putters (Editions Vent d’Ouest, 1995), en chapeau de son chapitre « L’invasion des extraterrestres » :

« Vers la fin des années quarante (comptez à peu près un bon demi-siècle avant Jacques Pradel…), la psychose de l’ovni s’emparait du Monde. Des soucoupes parcouraient le ciel, Welles terrifiait la population avec son adaptation de La Guerre des Mondes’ déguisée en flash d’actualité. Mars redevenait le Dieu de la Guerre. Voyez l’image. C’était la panique. Chronique d’une visite annoncée ».

Trêve de plaisanterie, on peut débattre sans fin de tels facteurs, mais il devrait au moins être possible de trancher facilement sur l’influence de la science-fiction. Revenons à ce début d’été 1947, quand se produit la première grande vague historique d’observations de « soucoupes volantes » aux Etats-Unis. La donnée principale de cette vague est qu’elle se produisit soudainement et massivement. En quelques jours, la presse locale, puis régionale et finalement nationale, se fit l’écho d’une multitude de témoignages, d’abord dans l’Ouest, puis dans d’autres régions de l’Amérique du Nord, y compris au Canada. Et cela sans que l’on constate le moindre affolement de la population. Il y avait bien eu quelques observations analogues au cours des mois précédents, mais elles étaient en très petit nombre et nullement médiatisées. Elles ne pouvaient donc avoir provoqué un hypothétique phénomène d’emballement médiatique.

La réalité de cette vague est attestée par des documents militaires de l’époque, dont le plus connu est la lettre du général Twining, alors secrète mais rendue publique en 1969. Le 23 septembre 1947, le général Nathan Twining, patron des services techniques de l’armée de l’Air américaine (et futur chef d’état-major des armées), écrivait une lettre au général George Schulgen, chef adjoint des services renseignement aérien au Pentagone, dans laquelle il confirmait la réalité de ces mystérieuses « soucoupes volantes » :

« a) Le phénomène rapporté est quelque chose de réel, qui n’est ni visionnaire ni fictif ;

Le général Twining évoquait ensuite, notamment, leur vitesse ascensionnelle très élevée, leur manœuvrabilité, particulièrement en tonneau, et certaines « manœuvres d’évasion » lorsque ces objets étaient repérés par les avions et les radars, évoquant la possibilité que certains soient contrôlés, soit manuellement, soit automatiquement ou à distance. Suivait une description précise des mystérieux engins : surface métallique ou réfléchissant la lumière ; absence de traînée, sauf dans quelques rares cas où l’objet semblait opérer dans des conditions de hautes performances ; forme circulaire ou elliptique, avec un fond plat et un dôme sur le dessus ; selon plusieurs rapports, « vols en formation bien tenue », réunissant de trois à neuf objets.

Alors, quel fut le facteur déclencheur de cette vague ? N’est-ce pas, tout simplement, que tous ces témoins virent effectivement ces mystérieuses soucoupes ? Mais posons-nous tout de même la question : est-ce que ces gens lisaient trop de magazines de science-fiction, assez populaires à l’époque ? Il aurait fallu, au moins, qu’ils fussent remplis d’images inquiétantes de « soucoupes volantes ». Or il n’en était rien, ou presque.

 

– Avant 1947, beaucoup de fusées et peu de soucoupes dans la science-fiction :

A l’époque les bandes dessinées et les films de science-fiction étaient pleins de belles fusées avec des ailerons profilés : en voici deux exemples, de mars et avril 1947, donc juste avant la grande vague des soucoupes de juin-juillet. (Note d’Alain Moreau : Pour ces dessins, voyez le texte original de l’auteur.) (…)

On s’intéressait surtout aux fusées et aux perspectives qu’elles ouvraient de conquête de l’espace, comme dans les livres de vulgarisation de Willy Ley : « Rockets » (1944) et « The Coming Age of the Rocket Power » (1945). C’est aussi l’époque des premiers essais, à White Sands, de fusées V2 prises aux Allemands à la fin de la guerre. Alors, les soucoupes dans la S.-F. ? Eh bien, elles commencent à apparaître, comme par hasard, au début des années 50, dans la foulée des premières vagues d’ovnis.

Les partisans de la thèse de la S.-F. à l’origine des soucoupes ont fouillé dans les archives de la S.-F. américaine et ont bien trouvé, dans le foisonnement des publications des années 30 et 40, ou même antérieures, quelques rares engins volants ressemblant plus ou moins à des soucoupes, dont ils ont fait des sortes d’archétypes dans le subconscient des gens qui se seraient mis soudainement à en voir partout. Ainsi, Michel Meurger, défenseur bien connu de cette théorie, a illustré son article « Qui a inventé les soucoupes volantes ? » (« Ciel et Espace », avril 1996, avec Serge Lehman) avec une image de soucoupe parue en couverture du magazine « Science Wonder Stories » en 1929 !

En y regardant de plus près, on constate une prolifération de modèles différents d’engins spatiaux dans la science-fiction. Par exemple, dans les bandes dessinées de Brick Bradford (Luc Bradefer, en France), populaires à l’époque, le héros voyageait à bord d’un engin en forme de montgolfière, or personne n’a vu de montgolfière lors de la vague des soucoupes. En revanche, on a aussi observé, en 1947 et au cours des années suivantes, des cigares et des sphères, comme dans la S.-F. Mais, répétons-le, dans celle-ci la forme « soucoupe » est assez marginale, contrairement à la vague de 1947.

Il faut mentionner ici un livre intéressant de Bertrand Méheust, « Science-fiction et soucoupes volantes », publié d’abord en 1978 (Mercure de France), qui vient d’être republié en mai 2008 (Terre de brume), avec une nouvelle introduction de l’auteur. Méheust affirme, avec de nombreux exemples à l’appui, que toutes les histoires de soucoupes existaient déjà dans la science-fiction d’avant 1947, y compris les récits d’enlèvements qui sont apparus bien plus tard. Peut-on en conclure, comme beaucoup l’ont fait, que les soucoupes sont nées de la S.-F. ? D’abord, nous venons de voir que la vague de « soucoupes volantes » de 1947, attestée par des documents militaires de l’époque, était bien réelle, et n’avait donc rien à voir avec une quelconque influence de la science-fiction. Cependant, il faut reconnaître qu’un certain nombre de récits de fiction antérieurs à cette vague, ressemblent, jusqu’à un certain point, à des récits d’observation d’ovnis apparus depuis lors. On peut admettre qu’il y a là un phénomène troublant. Dans la nouvelle édition, Méheust finit par admettre qu’il y pourrait bien y avoir des cas crédibles d’observations d’ovnis, qu’il surnomme des « choses intentionnelles ». Mais alors, leur ressemblance avec des récits de science-fiction constitue selon lui une énigme, un « puits sans fond ». A cette idée, il me semble possible de faire une objection de fond. Si, comme je le crois avec beaucoup d’autres, il y a une longue histoire de visions et d’apparitions célestes de toutes sortes, et pas seulement dans le domaine des religions – les historiens romains mentionnaient déjà des apparitions d’ovnis -, alors il n’est pas surprenant que ces apparitions aient laissé des traces, notamment dans les légendes et le folklore, et de nos jours jusque dans la science-fiction. Méheust est bien conscient de cet argument et il s’emploie à le minorer, mais il n’arrive pas à l’éliminer complètement. Ainsi, l’énigme n’est peut-être pas si profonde que cela !

L’histoire la plus célèbre d’envahisseurs extraterrestres est le roman « La guerre des Mondes » de Herbert G. Wells, dont l’adaptation radiophonique d’Orson Welles (à ne pas confondre avec Wells) avait provoqué une panique en 1938 (c’est attesté par les articles de journaux de l’époque). Cette histoire mettait en scène des Martiens à bord d’engins tripodes qui n’avaient encore rien à voir avec les soucoupes. Ce n’est que plus tard, avec le film du même nom tourné en 1953, qu’ils vont prendre une forme « soucoupique », qui devient à la mode, à cette époque, dans la science-fiction.

 

– L’adoption des « soucoupes volantes » par la science-fiction :

Il y a toujours eu des frictions entre amateurs d’ovnis et amateurs de science-fiction. Stan Barets, spécialiste de la science-fiction, résume ainsi, avec humour, l’incompréhension qui perdure entre les amateurs des deux bords :

« Ne parlez pas de soucoupes volantes à un écrivain de S.-F., il vous répondra que lui, il essaie d’écrire des choses sérieuses et intelligentes. Ne parlez pas de science-fiction à un ufologue, il vous répondra que lui, il essaie d’écrire des choses sérieuses et intelligentes. Bref il y a malaise. » (« Le science-fictionnaire », tome 2, page 238).

En fait, les ufologues aiment bien la science-fiction, mais ce sont eux qui se font traiter de haut par les « science-fictionnaires », toujours soucieux de reconnaissance littéraire. Le résultat est qu’il y a peu de romans de S.-F. « sérieux » mettant en scène ces mystérieux ovnis. En revanche, les magazines populaires, le cinéma, et plus encore la télévision, qui se moquent de la reconnaissance littéraire mais pas du « box-office », ont pillé sans vergogne, pour leur plus grand profit, cette mine d’or qu’était pour eux la thématique des ovnis, accumulée pendant des années par d’obscurs « ufologues » bénévoles. Oui, il y a des gens qui ont gagné beaucoup d’argent avec les ovnis. Parfois des auteurs de livres, mais surtout des producteurs de cinéma et de télévision. Dans les magazines populaires, les beaux jours de soucoupes commencent dès la fin des années 40, et elles seront encore populaires jusque dans les années 70.

C’est au début des années 50 que les « soucoupes volantes » font leur apparition dans le cinéma américain, avec le film « The Flying Saucer », bien oublié aujourd’hui.

Puis le thème se répand rapidement, notamment celui de la soucoupe accidentée ! Celui-ci ne vient pas de l’incident de Roswell, qui ne fit qu’une brève apparition dans la presse des 8 et 9 juillet 1947, mais plutôt du livre à succès de Franck Scully, « Behind the Flying Saucers », paru en 1950, qui prétendait révéler plusieurs accidents de soucoupes récupérées par l’armée dans le plus grand secret. Le thème de la soucoupe écrasée est exploité dès l’année suivante au cinéma, avec « La chose d’un autre monde » (« The Thing From Another World »), film produit par un cinéaste réputé, Howard Hawks (et tourné par Christian Nyby), en 1951. Des militaires américains découvrent une « soucoupe volante » accidentée, non pas dans le désert du Nouveau-Mexique, comme dans l’affaire de Roswell, mais enfouie dans les glaces du Groenland. Ils y trouvent un extraterrestre gelé, qu’ils dégèlent joyeusement, mais ce n’était pas une bonne idée car il s’avère être sanguinaire et va semer la terreur dans leur campement. Mauvais début pour les « ET » au cinéma !

En fait, ce thème de l’accident de soucoupe fut discrédité rapidement lorsqu’un journaliste révéla, en 1952, que le livre de Scully reposait sur de fausses informations fournies par un escroc, Silas Newton. Un magazine en fit alors une couverture plutôt drôle et sexy, montrant une pin-up qui sauvait dans ses bras un petit homme vert avec des tentacules ! (Elle ne craignait pas les bactéries ET, comme les chirurgiens masqués dans le trop célèbre film de l’autopsie de 1995.) Incidemment, c’est cette illustration ridicule qu’a choisie Pierre Lagrange comme couverture pour la version française du livre de Karl Pflock censé déboulonner Roswell, parue en France en 2007…

Un autre film célèbre de l’époque, « Le jour où la Terre s’arrêta » (« The Day the Earth Stood Still »), réalisé par Robert Wise en 1951, nous conte l’histoire d’un visiteur cosmique pacifiste, Klatoo, d’apparence parfaitement humaine mais épaulé par son fidèle et puissant robot Gort (qui va lui sauver la vie, face à des humains agressifs).

Klatoo débarque de sa soucoupe sur l’esplanade de Washington pour mettre en garde les Terriens contre les dangers de la guerre atomique. Mais ce pacifiste se fait menaçant : si nous ne cessons pas nos bêtises, ils reviendront nous éliminer ! Cet avertissement est servi en pleine guerre froide et paranoïa maccarthyste : à bon entendeur, salut. Remarquons au passage que le thème des ovnis et des extraterrestres n’a pas produit que des œuvres négatives, loin de là, au cinéma et à la télévision. Il n’y a pas eu que des  »aliens » terrifiants, il y en a eu aussi qui étaient civilisés et intelligents !

Et voici qu’apparaît, l’année suivante, le thème attendu de la guerre contre les extraterrestres, avec la mise en images du célèbre roman de H.-G. Wells, « La guerre des mondes », dans lequel les tripodes martiens sont remplacés, opportunément, par des « soucoupes volantes » (voir plus haut). D’autres films vont suivre, en général de piètre qualité, tels que « Les soucoupes volantes attaquent » (« Earth versus the Flying Saucers ») en 1956. Ce film s’inspirait des nombreuses observations de « soucoupes volantes » qui continuaient aux Etats-Unis, notamment au -dessus de Washington en 1952.

Toujours dans les années 50, il faut en revanche saluer deux bons films sortant du lot des films « soucoupistes ». En 1955, « Les survivants de l’Infini » (« This Island Earth ») met en scène à la fois de bons extraterrestres et d’horrible monstres, contre lesquels les bons ET mènent un combat désespéré pour sauver leur planète Metaluna.

« Planète interdite » (« Forbidden Planet ») est, en 1956, le premier grand « space opera », en couleurs et cinémascope, avec un astronef en forme de soucoupe. Il a bénéficié de gros moyens et les décors de ce monde lointain sont très réussis. Le dépaysement est crédible, peut-être pour la première fois, ainsi que l’évocation d’une ancienne civilisation très avancée, les Krels, qui ont mystérieusement disparu mais dont il reste une immense usine souterraine. C’est elle qui a causé leur perte, découvre-t-on à la fin, car elle avait été conçue pour capter et satisfaire les désirs de ces êtres. Et ils avaient scellé leur destin car la machine avait créé, dès sa mise en service, tous les monstres nés de l’inconscient – « Monsters from the Id » – qui les détruisirent tous ! Le Dr Morbius, découvrant cette terrible catastrophe et comprenant le danger extrême de cette machine, se résigne à détruire la planète : les humains ne sont assurément pas prêts à jouir d’une telle puissance, et l’on ne peut qu’être d’accord avec lui !

Ainsi, un examen rapide des influences réciproques entre science-fiction et ovnis nous invite à faire le constat que ce sont essentiellement les ovnis qui ont inspiré la science-fiction, et non l’inverse. Risquons même l’idée, pour terminer, que des « ovnis du passé » ont pu inspirer des histoires plus anciennes, mais c’est un autre sujet, bien plus vaste que la S.-F. Pour ceux que cela intéresse, j’ai traité le thème dans mon livre « Visions célestes. Visions cosmiques », qui retrace notamment l’histoire des visions anciennes. Il comporte aussi, cependant, un chapitre sur la science-fiction, et se termine, naturellement, avec les ovnis.

Gildas Bourdais

Publié sur le Blog Ufologique de Gildas Bourdais (http://bourdais.blogspot.com/)

Note d’Alain Moreau : Le livre « Visions célestes. Visions cosmiques » a été publié aux éditions Le Temps Présent.

 

En décembre 2009, la journaliste Angela Joiner a révélé sur OpenMinds.tv que James Fox, auteur du documentaire « I know what I saw », était très touché d’avoir reçu une lettre d’encouragements de Steven Spielberg. Le réalisateur et producteur a visionné son film grâce à l’entremise d’un ami commun.

Steven_Spielberg_Cannes_2013_3Elle rappelle que Steven Spielberg est l’auteur de films remarquables comme « Rencontres rapprochées du troisième type » (1977), « E. T. : L’extraterrestre » (1982), « La guerre des mondes » (2005), ainsi que de la série « Taken » (2002).

Cependant, James Fox n’avait pas alors été autorisé à publier ce texte. L’agent de Steven Spielberg, avec lequel il était en contact, « serait heureux de parvenir à un accord ». Mais il lui a fait savoir que Steven Spielberg, auquel il avait transmis sa requête, avait seulement répondu :

« Pas maintenant… »

James Fox a essayé de nouveau en lui faisant passer ce message :

« Il n’y aura pas d’autre moment plus favorable ! »

James Fox, qui ne s’était pas découragé, maintenait la pression pour obtenir l’autorisation de publier le contenu de la lettre, parce qu’il pensait que « c’est important ». Il ajouta :

« Je peux seulement vous dire pour le moment que Spielberg est dans le camp de ceux qui réclament la transparence du gouvernement à propos du phénomène. »

« I know what I saw » présente une partie des images tournées le 12 novembre 2007, où James Fox avait rassemblé – au « National Press Club » de Washington D. C. – des témoins parmi les plus crédibles, venus du monde entier :

« Des astronautes, des généraux de l’USAF, des pilotes civils et militaires, des officiels du gouvernement, et des FAA de 7 pays, nous ont apporté des éléments qui doivent confronter notre réalité… »

James Fox a aussi rendu hommage à la journaliste Leslie Kean qui a largement contribué à cette réalisation. Elle se consacrait alors à la version écrite du documentaire.

Steven Spielberg a toujours réussi à éluder les interviews sur le sujet du phénomène OVNI. A-t-il voulu éviter de concentrer les critiques des détracteurs systématiques ?

Matthew Alford et Robbie Graham avaient publié en novembre 2008 une étude remarquée sur Hollywood et la CIA. Ils s’étaient étonnés de relever dans leurs archives ce commentaire de Steven Spielberg :

« J’ai réalisé qu’il se passait vraiment quelque chose quand la NASA a pris la peine de m’écrire une lettre de 20 pages en 1977. Ils étaient furieux après avoir lu le scénario de ‘Rencontres rapprochées du IIIème Type’, et pensaient que ce serait un film dangereux. »

Les auteurs de l’enquête avaient alors lancé une double requête FOIA, dirigée vers la CIA et la NASA, pour tenter d’obtenir une copie de ce document :

« Habituellement, le délai n’excède pas quatre semaines. »

Plus d’un an après, ils attendaient encore une réponse. Par ailleurs, le ‘‘Washington Post’’ avait publié cette annonce le 21 mai 2008 :

Le réseau que le réalisateur Steven Spielberg a prévu de mettre en place sur Internet a maintenant un nom, « Rising », ou « The Rising ».

« On y trouvera des contenus vidéos et un espace d’échanges qui permettra aux visiteurs de partager leurs histoires personnelles et leurs expériences. »

Ce réseau devait être lancé en juillet 2008…

Il existe une interview qui date de 1977, avant la sortie du film « Rencontres rapprochées du troisième type ». Le réalisateur confiait qu’il s’était isolé dans le désert du Mojave, dans l’ouest des États-Unis, et qu’il avait imaginé quelle serait son attitude si les passagers d’une « soucoupe » lui proposaient d’embarquer :

« J’étais mort de trouille, et je suis rentré à Los Angeles en vitesse. »

Il raconte également comment, alors qu’il préparait la réalisation de ‘‘RR3’’, il avait recueilli le double témoignage d’un commandant de bord de ‘‘Eastern airlines’’. La séquence se termine sur cet appel à la divulgation :

« Le gouvernement finira bien par considérer que nous avons la maturité nécessaire pour qu’il nous révèle ce qu’il a appris depuis quelques décennies. »

Fin juin 1982, Steven Spielberg avait proposé au Président Reagan de visionner en privé « E. T. : l’extraterrestre ». Ils dînèrent ensemble, puis le film fut projeté dans le bureau ovale, en compagnie de Nancy, l’épouse du Président, et d’autres invités. Vers la fin de la projection, Ronald Reagan se tourna vers Steven Spielberg et lui dit (selon Jaime Shandera) :

« Vous savez, je parie qu’il n’y a pas 6 personnes dans cette pièce qui savent combien tout cela est vrai. » Mais les autres personnes venant le féliciter vinrent « interrompre cette discussion » (J. Shandera)

Le 2 juillet 1982, Steven Spielberg écrivit à Nancy Reagan pour la remercier de son accueil. Le 12 juillet 1982, Ronald Reagan envoya à Steven Spielberg une lettre de remerciement :

« Nancy et moi voulons que vous sachiez combien nous avons apprécié de voir « E.T. » C’est vraiment un classique du cinéma et vous devez être félicité pour votre splendide travail. La qualité et l’excitation de vos films ont aidé à apporter un boost plus que nécessaire à cette industrie, et vous devriez être fier des marques que vous avez faites dans l’histoire du cinéma.

A nouveau, nous apprécions votre partage de « E.T. » avec nous. »

Lorsque Steven Spielberg entama le projet relatif à « Rencontres du troisième type », J. Allen Hynek était une figure de l’ufologie. Steven Spielberg a choisi Allen Hynek comme conseiller technique pour le film, dont le titre, « Rencontres du troisième type », fait référence à la classification RR3 d’Allen Hynek. Ce dernier vanta à Steven Spielberg les qualités de Jacques Vallée, lequel allait servir de modèle pour le personnage de Claude Lacombe interprété par François Truffaut.

Le film était le premier à donner une image positive d’extraterrestres. Or, Jacques Vallée désapprouva (je précise qu’il s’agit là d’une absurdité proférée par ce dernier) la présentation des êtres venus d’ailleurs comme des « frères » inoffensifs d’un autre monde (ce qui, comme on pouvait s’y attendre, laissa les producteurs d’Hollywood indifférents) ! Il déclara à propos du personnage de Claude Lacombe :

« Je pense qu’ils cherchaient simplement un personnage dont l’étrangeté se situait à mi-chemin entre les protagonistes américains et les visiteurs de l’espace. »

Steven Spielberg raconta la réaction de la NASA à sa proposition de collaboration :

« Si la NASA a pris le temps de m’écrire une lettre de 20 pages, alors je savais qu’il devait se passer quelque chose. J’avais voulu une coopération de leur part, mais lorsqu’ils lurent le script ils devinrent très en colère et pensèrent que c’était un film qui pourrait être dangereux. J’ai pensé qu’ils avaient écrit la lettre principalement parce queLes dents de la mer’ avait convaincu tant de gens dans le monde qu’il y avait des requins dans les toilettes et les baignoires, pas juste dans les océans et les rivières. Ils craignaient que le même genre d’épidémie arrive avec les ovnis. »

Quant à Allen Hynek, il apparaît un instant, en hommage, dans la séquence finale du film.

Le 18 mars 1978, « La Gazette de Phoenix » indiqua que le film favori de Jimmy Carter était « Rencontres du troisième Type ». Le Président avait vu le film de nombreuses fois. En outre, Steven Spielberg aurait été reçu par Jimmy Carter en août 1978, à la Maison Blanche. Le 25 août 1978, le réalisateur reçut une lettre provenant de celle-ci, lettre signée par Gretchen Poston (Secrétaire Social pour la Maison Blanche), avec une photo (signée par Jimmy Carter) montrant la rencontre de Steven Spielberg, Jimmy Carter et son épouse. Cependant, les archives de la Maison Blanche n’ont conservé aucune trace d’une telle rencontre.

 

– Le témoignage de Jamie Shandera :

Selon le producteur Jamie Shandera, basé à Hollywood, Steven Spielberg lui aurait raconté la chose suivante :

Après la projection privée du film « ET, l’extraterrestre » à la Maison Blanche, le 27 juin 1982, le Président Reagan se pencha vers lui, lui tapa sur l’épaule et lui dit :

« Vous savez, il n’y a pas six personnes dans cette pièce qui savent à quel point tout cela est vrai. »

L’anecdote est accompagnée de ce bref commentaire :

« Malheureusement, d’autres personnes s’approchèrent de Spielberg et du Président, ce qui les empêcha de poursuivre. »

Le chercheur Grant Cameron a rassemblé tous les détails pour son site web « PresidentialUFO ». Il raconte par exemple qu’il y avait 35 invités à cette projection.

Grant Cameron signale également que « Spielberg a toujours refusé d’aborder ce sujet avec des journalistes », que ce soit Linda Howe, lui-même, ou Billy Cox. Sans autre preuve, on doit se contenter de la parole de Jamie Shandera. Il serait tout de même étonnant que Jamie Shandera puisse avoir totalement inventé un tel échange, au risque d’être sèchement démenti par Steven Spielberg. 220px-Official_Portrait_of_President_Reagan_1981De son côté, Ronald Reagan avait utilisé à plusieurs reprises l’image de la présence extraterrestre :

– Le 4 décembre 1985, devant des étudiants de Fallston High School :

« Une menace aliène pourrait permettre d’unir les nations du monde… »

– Le 21 Septembre 1987, lors de la quarante-deuxième Assemblée Générale des Nations Unies :

« Nous avons peut-être besoin d’une menace aliène pour que nos différences soient rapidement aplanies… »

– Il avait repris le même thème dans son fameux discours sur le désarmement de 1988, toujours aux Nations Unies, en ajoutant :

« … et je vous pose la question : une force aliène n’est-elle pas déjà parmi nous ? »

– En avril 2009, l’ancien Président de l’Union soviétique Mikhaïl Gorbachev a témoigné qu’au Sommet de Genève, en 1985, Ronald Reagan lui avait demandé :

« Que feriez-vous si les Etats-Unis étaient soudain attaqués par quelqu’un venu des confins de l’espace ? Est-ce que vous nous viendriez en aide ? »

Dans une note manuscrite sur son projet de discours, révisé et raccourci par Rhett Dawson, Ronald Reagan avait insisté pour que son allusion à une menace extraterrestre soit rétablie. (1)

Référence :

Source : www.ovnis-usa.com

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