« Science et Vie » et les extraterrestres

 

Science et Vie juillet 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le « paranormal » (voir mon texte dans la rubrique « Parapsychologie » : « ‘Science et Vie’ et le paranormal. Critique du dossier d’août 2015 ») traité dans le numéro d’août 2015 de la revue, c’est au tour, en juillet 2016, du sujet des extraterrestres d’être traité par la revue « Science et Vie ». Le Hors-Série de juillet 2016 de « Science et Vie » est en effet consacré aux extraterrestres.

Dans son édito, Pierre-Yves Bocquet pose notamment la question récurrente : sommes-nous seuls dans l’Univers ?, une question rétrograde et obsolète (la réponse négative étant évidente pour moi depuis mon plus jeune âge) tempérée par le constat, page de couverture, selon lequel « la science y croit ! » (aux extraterrestres).

Dans ce numéro spécial, on trouve, d’une part les sujets classiques traités par les revues de vulgarisation scientifique dès qu’il s’agit d’évoquer le thème de la vie extraterrestre, puis le sujet qui intéresse plus particulièrement « l’esprit » du présent site : le thème des OVNIs.

 

I. Les « sujets classiques » :

S’agissant des « sujets classiques », il n’est pas nécessaire de les développer ici, la plupart des commentaires étant cohérents, même si j’apporte pour ma part des réponses à certaines interrogations. Quels sont ces sujets classiques ? Les voici :

Donnons les bonnes réponses à ce problème du « non-contact » auquel je consacre plusieurs textes sur le présent site (rubrique « Présence extraterrestre ».) D’abord, comme nous sommes visités – voyez notamment les textes concernés sur mon site – depuis des temps immémoriaux par diverses espèces galactiques, exit ceux qui « sont morts avant de pouvoir le faire », ceux qui sont « certes vivants, mais pas intelligents » (car comme ils sont venus et qu’ils viennent tous les jours – discrètement, certes – , ils sont nécessairement « intelligents ») et évidemment ceux qui « n’ont pas encore réussi à venir jusqu’à nous » (pour la simple et bonne raison qu’ils sont venus et qu’ils viennent : ça s’appelle les « vrais » OVNIs). Que reste-t-il dans ce listing ? Ceci :

Parmi les autres thèmes évoqués, il y a :

A la fin du numéro, il y a un texte sur « Independence Day » et « Star Trek ».

Pages 48-53, on nous parle de « Mars : les prodiges de l’imagination ». On y montre que les structures bizarres vues sur la surface martienne : un « rat », une « petite cuillère en lévitation », des « oasis noires jaillissant des dunes », l’« étrange lueur dansant sur la montagne », le « crâne enfoui dans le sable », la « mystérieuse dame agenouillée », le « fémur sans squelette », ne sont que des illusions d’optique propices à la paréidolie (tendance du cerveau à reconnaître à tout prix des formes).

S’agissant du fameux « Visage » détecté en 1976 par la sonde Viking 1, et que la sonde américaine Mars Global Surveyor a survolé en avril 1998 et en avril 2001, Mathilde Fontez nous dit bien sûr (après bien d’autres individus) qu’il ne s’agit que d’une forme naturelle, d’un monticule de terre, le visage n’ayant été qu’un jeu d’ombres. On ne vit, en 2001, ni bouche, ni nez, ni yeux, la reconstruction en 3 D étant présentée comme invalidant « définitivement l’hypothèse d’un  »monument extraterrestre » ». Il s’agit, écrit l’auteure de l’article, d’un plateau rocheux (une mesa), le « visage » étant identifié à un ancien bord de mer. Cette mesa aurait été sculptée naturellement par l’eau. Néanmoins, n’en déplaise à Mathilde Fontez et à tous ceux qui pensent comme elle, rien n’interdit de suggérer, lorsqu’on ne rejette pas la thèse de la construction artificielle originelle du « visage », que les vents ont fini par éroder ledit visage pour lui donner finalement, après des milliers et des milliers d’années, l’apparence d’une simple mesa. Se rendre sur place dans le cadre d’une expédition humaine sera plus édifiant qu’une conclusion « naturelle » qui pourrait en définitive s’avérer prématurée. Voici, à ce propos, ce qu’a prétendu, le premier mars 1989, une source extraterrestre alléguée (Métron) au contacté sud-africain prénommé Edwin :

La « face » serait une partie d’une grande statue de Zektron, un souverain de l’ancienne race martienne. Il aurait régné dix-huit ans avant la désastreuse guerre sur Mars. L’objet posé à côté de la « face » serait son casque spatial utilisé dans les combats ! Quant à la « pyramide », symbole de puissance, elle était utilisée « comme tombe et réserve de trésors ». Carl Van Vlierden (qui a étudié le cas Edwin) note que l’on peut présumer que ces vestiges furent détruits par la radioactivité et usés, lors des tempêtes, par le sable. (1) (Ce qui pourrait évidemment expliquer, pour le « visage », l’impression de massif érodé.)

 

II. Les OVNIs :

Occupons-nous maintenant de la partie du numéro spécial de « Science et Vie » sur les extraterrestres consacrée au sujet des OVNIs :

On trouve, pages 34-43, une présentation « correcte » du sujet sur le plan historique. On évoque l’observation, en juin 1947, de Kenneth Arnold – celle-ci ayant donné naissance à l’expression journalistique « soucoupes volantes » -, ainsi que l’enlèvement du couple Betty et Barney Hill (1961), un enlèvement qui est présenté dans le texte comme étant la « première abduction ». La théorie des anciens astronautes (date donnée : 1963) est brièvement évoquée. Le cas du faux contacté Raël est mentionné, ainsi que le suicide, en 1997, de 39 personnes ayant appartenu à la secte de « La porte du paradis » (suicide ayant eu pour objectif, dans l’esprit des membres, de « rejoindre » un vaisseau spatial censé se trouver dans le sillage de la comète Hale-Bopp). Un encadré évoque « la fin des Ummites » (référence au dossier Ummo). Jusque là, « cela va », mais cela se gâte ensuite.

Déjà, page 5, on a droit à cette formulation : « Entre canulars et crédulité, retour sur les plus fameux cas d’ovnis ayant enflammé le XXe siècle. » Et page 33, on lit : « (…) A la fin du XIXe siècle, quand l’observation de la planète rouge fait croire à l’existence de Martiens, l’hypothèse E. T. se renforce. Elle va enflammer tout le XXe siècle, pour le meilleur et surtout pour le pire. Car entre ovnis et autres soucoupes volantes, de Roswell aux crop circles, c’est peu dire que les canulars ont alimenté le mythe. Retour sur un siècle qui a voulu croire aux petits hommes verts. »

On voit là pointer les a priori négatifs (naturels pour une revue scientiste comme « Science et Vie ») des rédacteurs du dossier. Pourquoi parler seulement de « canulars » et de « crédulité » ? En fait, les vrais canulars sont beaucoup moins nombreux, en la matière, que ce qui est insinué. Si la crédulité a concerné certains éléments évoqués par la rédaction, il n’en demeure pas moins que, dans nos sociétés, c’est l’incrédulité qui, en la matière, est beaucoup plus importante. (Il suffit de voir l’absence d’intérêt qu’ont la grande majorité gens, notamment en France, pour le sujet extraterrestre et celui des OVNIs, ainsi que les commentaires sur les vidéos YouTube censées montrer des OVNIs…) Et ce n’est pas « surtout pour le pire » que l’hypothèse extraterrestre a « enflammé » (sic) le XXè siècle. Les prétendus canulars mis en exergue dans la citation, Roswell et les crop circles, demandent des développements autrement plus importants et aussi plus objectifs que les quelques lignes sentencieuses, et qui se veulent « définitives », mises en avant par les rédacteurs de « Science et Vie ». (Voir plus loin.) Passons en outre sur l’expression « petits hommes verts », une expression emblématique mais débile utilisée par ceux qui se croient plus intelligents que certains…

 

a) « Il est humain d’y croire » :

Pages 44-47, il y a un article ainsi intitulé : « OVNIS : Il est humain d’y croire ». On y retrouve le langage condescendant des zélateurs du discours sociopsychologique classique. Et les intervenants convoqués (cités) ne sont pas le fait du hasard : le sociologue Pierre Lagrange (voyez mon texte sur le présent site et dans la même rubrique : « OVNIs. Critique de l’oeuvre de Pierre Lagrange par Gildas Bourdais »), le journaliste américain Philip J. Klass (un spécialiste du dénigrement systématique en matière d’OVNIs), Wiktor Stoczkowski (un anthropologue au Collège de France et dont j’ai le gros livre mentionné), Sébastien Poulain (de l’université Paris-Sorbonne). Sans oublier le psychanalyste Carl G. Jung (auteur, en 1961, du livre : « Un mythe moderne. Des ‘signes du ciel’ »), ainsi que le psychosociologue Leon Festinger, ce dernier ayant été l’auteur d’un livre paru en 1956 : « L’échec d’une prophétie ». Dans ce livre, on étudiait une « secte » ayant prédit, sur la base de communications extraterrestres, la « fin du monde ». Il ne s’agissait pas réellement de fin du monde car, je le précise, les enseignants extraterrestres natifs de la planète Clairon (Clarion) étaient censés avoir averti la médium Dorothy Martin, en 1954, que la moitié Est des Etats-Unis allait être détruite par des marées gigantesques le 21 décembre de cette année-là, ce qui ne s’est évidemment pas produit. L’événement catastrophique ne s’étant pas déroulé à la date prédite (c’est d’ailleurs le cas, je le précise, de toute prédiction datée, ainsi que je le signale dans mon livre : « Le livre des prophéties », paru en 2011 aux éditions Le Temps Présent), les « adeptes » se sont mis en tête que leurs prières (c’est le « coup classique ») avaient annulé l’événement ! (Le bouquin de L. Festinger – coécrit, d’ailleurs, avec deux autres contributeurs, si mes souvenirs sont exacts – avait même été cité dans un cours lorsque j’étais étudiant en psychologie.) Valérie Devillaine, l’auteure de l’article concerné de « Science et Vie », fait ce commentaire :

« Le chercheur a ainsi mis à l’épreuve sa théorie de la dissonance cognitive : quand les faits contredisent les cognitions, nos neurones s’activent pour trouver à ces contradictions une explication ‘rationnelle’. »

Personnellement, je n’appellerais pas cela une « explication  »rationnelle » », mais plutôt un « sauve qui peut » (pour éviter de reconnaître, par exemple, que la source canalisée alléguée n’était pas authentique ou qu’il y avait eu « usurpation d’identité » de la part de l’entité communicante, « l’information/désinformation » concernée ayant été, je le précise, obtenue par voie médiumnique)…

Dans cet article concocté par Valérie Devillaine, nous avons droit au discours psychosociologique paternaliste classique : notre cerveau a « en effet bien des raisons, sociologiques et neurologiques, de ‘voir’ des extraterrestres », etc., avec un ensemble de considérations qui sont tout au plus susceptibles de ne rendre compte que de récits ou témoignages « à degré d’étrangeté » quasi inexistant :

« (…) Il semble au contraire qu’il faille le croire pour le voir, ou tout au moins être porté à y croire, parfois de façon inconsciente », peu d’entre nous ont l’habitude de regarder le ciel « et on s’étonne donc facilement de formes ou de couleurs qui n’ont rien d’étrange pour un œil exercé ». Et d’ajouter qu’il y a, pour la majorité des cas rapportés au GEIPAN, une explication, comme un lâcher de lanternes thaïlandaises, un avion, la planète Vénus. L’auteure de l’article évoque « l’autocinétique » (illusion d’optique par laquelle un point lumineux fixe, dans le noir, peut sembler se déplacer).

Puis c’est au tour du « conformisme social » d’être convoqué, celui-ci étant faussement impliqué, par Valérie Devillaine, dans la perception des OVNIs – c’est une adepte des interprétations fallacieuses de certains « ufolo-sociopsychologues » -, ce prétendu « conformisme » étant faussement appliqué aux vagues d’observations d’OVNIs, « comme la ‘vague belge’ de 1989 à 1992 ». (C’est un mauvais exemple. Voir plus loin à propos de cette « vague belge ».) En fait, les négateurs du caractère inexpliqué de certaines observations (comme dans le cas de ladite « vague belge ») font abusivement intervenir cette notion de « conformisme social » afin de rendre compte de la multiplication des témoignages à un moment donné, le but étant bien sûr d’évacuer l’idée d’une manifestation massive (une « vague ») d’objets volants « exogènes » durant un laps de temps plus ou moins court. De même, Valérie Devillaine signale que Philip J. Klass a soutenu, en 1986, « que si la couverture médiatique d’observations d’ovnis pousse à croire qu’il y en a dans une région, la population sera portée à interpréter toute vision inhabituelle comme un ovni », ces observations s’ajoutant aux témoignages déjà rapportés par la presse et « poussant à chercher d’autres ovnis, jusqu’à ce que l’intérêt des médias retombe ». C’est là une façon « habile » de nier toute idée d’intrusion massive de consciences « exogènes » sur une période de temps limitée.

Valérie Devillaine ajoute, à sa panoplie d’explications réductionnistes, les hallucinations, disant qu’il « est fort probable » (sic) que certaines observations d’OVNIs relèvent de celles-ci, le seul justificatif à cette déclaration étant que 5 à 10% des gens « feraient l’expérience d’hallucinations au moins une fois dans leur vie ». Aucune référence n’est donnée pour justifier ce pourcentage (mis de surcroît au conditionnel), pas plus qu’il n’y a de précision fournie sur les critères qui permettraient d’affirmer qu’il s’agit de vraies hallucinations. D’autant que s’il s’agissait d’hallucinations, en ce qui concerne certaines observations d’OVNIs, on ne pourrait évidemment pas parler « d’observations d’OVNIs »… Les hallucinations ont par ailleurs « bon dos » lorsqu’il s’agit de se débarrasser de certains vécus observationnels, et on notera que le « fort probable », employé par Valérie Devillaine pour étayer l’interprétation hallucinatoire, n’a aucune valeur scientifique, pas plus que n’est sérieuse l’allégation selon laquelle il « serait étonnant » (sic) que les hallucinations ne soient à l’origine d’aucune observation d’OVNI (alors que, par définition, il ne s’agirait alors pas d’observation d’OVNI !), les hallucinations pouvant être causées « par une fièvre élevée », la prise de certaines drogues ou de certains médicaments, « la maladie de Parkinson, la schizophrénie, une intoxication ».

Valérie Devillaine cite ensuite le sociologue Pierre Lagrange qui dit notamment qu’il y a bien « quelques gens bizarres qui veulent voir des ovnis », mais qu’ils sont rares. Mais en quoi le désir de voir un OVNI rend-il bizarre l’individu qui en manifesterait le souhait ?

Puis il y a le recours au psychologue social Pascal Morchain qui dit que personne ne voit le monde tel qu’il est réellement… Outre le fait que cela n’a pas de rapport avec le phénomène OVNIs, cela peut donc aussi s’appliquer au « psychologue social » en question. Ce dernier dit que notre œil n’est pas une caméra et que le cerveau interprète « ce qu’il voit en fonction de ce qu’il a appris à voir et de ce qu’il est porté à croire », une personne religieuse, par exemple, étant plus prompte « à labelliser un événement extraordinaire comme un miracle ». Pascal Morchain se réfère à Jean-Pierre Deconchy, dont les travaux, nous dit-on, ont mis en évidence « que les personnes qui souffrent d’un manque de contrôle sur leur environnement ont plus facilement recours à des explications magiques pour donner sens à une situation inattendue ». Ces formulations (qui n’ont pas de rapport avec le phénomène OVNIs mais permettent de noyer la bonne compréhension de celui-ci) font suite à cette question posée dans son texte par Valérie Devillaine : « Quelle que soit l’origine de ces observations (illusion, méprise, hallucination), une question subsiste : pourquoi leur attribuer une origine extraterrestre ? » Cette question est ridicule car elle part du principe que toute observation relève de l’illusion, de la méprise ou de l’hallucination, ce qui est heureusement très loin d’être le cas, l’origine « exogène » ne pouvant être envisagée ou affirmée que dans les cas non explicables par des objets de nature terrestre (via des méprises ou « illusions », sans parler des hallucinations, lesquelles sont pour le coup absentes, n’en déplaise à Valérie Devillaine). On notera d’ailleurs que Valérie Devillaine ne fait pas la moindre référence aux observations bien attestées faites par des observateurs compétents (pilotes, etc.), comme celles que l’on peut lire dans le livre de Leslie Kean publié en langue française, en 2014, chez Dervy.

Valérie Devillaine fait aussi une allusion au psychanalyste Carl G. Jung qui avait évoqué la « composante psychique » du phénomène OVNIs, des « imaginations conscientes » et des « phantasmes inconscients », la tentation d’une interprétation par une édification psychique à 99%, les témoignages étant vus comme le support « d’un phénomène psychologique qui reflète l’inadéquation de l’homme moderne à lui-même et au monde, et la détresse qui en résulte ». Du baratin qui ne signifie pas grand chose.

 

– Le modèle sociopsychologique de Jean-Michel Abrassart :

Ce baratin « sociopsychologique » (Carl G. Jung ne se prononçait cependant pas à propos de l’existence matérielle des « soucopupes volantes »), on le retrouve dans la thèse du psychologue Jean-Michel Abrassart (un spécialiste connu du dénigrement systématique en matière d’OVNIs) qui a soutenu, en septembre 2016, sa thèse sur le « modèle sociopsychologique du phénomène ovni », une thèse ridicule qui stipule que le phénomène OVNIs est le fruit « de la culture américaine imprégnée de science-fiction et de guerre froide, qui s’est répandue à l’ensemble du monde occidental », l’interprétation extraterrestre étant censée « naturaliser » ce qui était « autrefois interprété comme un phénomène surnaturel : fées, elfes, anges, démons ». Bref, la « thèse » du debunker Jean-Michel Abrassart est la version scientiste et « rationaliste » d’une autre thèse liant extraterrestres/fées/démons (il s’agit de l’hypothèse magonienne) défendue par certains ufologues, comme par exemple Jean Sider, pour lesquels les extraterrestres d’aujourd’hui sont les fées et démons d’antan, à cette importante différence près, cependant, que ces entités sont considérées, chez ces derniers spéculateurs, comme l’expression d’une réalité « exogène » manipulatrice et non, comme dans le « modèle sociopsychologique », comme de simples contenus mythiques. La réalité est différente, comme je le développe dans mon propre modèle : extraterrestres, anges, elfes, etc., sont des entités de natures différentes et ne peuvent être confondus, même si certains anciens cas d’« abductions » ont pu, dans le passé, être interprétés en termes d’enlèvements par des fées ou des démons (lors de « sabbats »). Voyez à ce sujet, dans la même rubrique « Présence extraterrestre », mon long texte : « Critique de la théorie de Jean Sider ». Il est en outre faux de prétendre, comme le fait Jean-Michel Abrassart, que le phénomène OVNIs est le fruit de la culture américaine imprégnée de science-fiction et de guerre froide. On ne parlait pas d’extraterrestres en 1947 au moment de l’observation américaine de Kenneth Arnold, les témoins de « disques volants » n’étaient pas des fans de science-fiction, et la guerre froide entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique ne s’était par ailleurs pas traduite par la peur de « l’envahisseur extraterrestre ». Voyez ce que dit à ce propos l’ufologue Gildas Bourdais dans un texte daté de 2008 et mis en ligne sur son blog (http://bourdais.blogspot.com) :

« L’idée que la science-fiction aurait engendré la ‘croyance’ aux soucoupes volantes a été souvent avancée par les sceptiques. Elle s’appuie, évidemment, sur l’abondante littérature populaire qui a exploité sans vergogne le thème des envahisseurs extraterrestres venus à bord de leurs soucoupes.

Elle a été formulée, soit de manière radicale chez les sceptiques purs et durs (‘les soucoupes sont nées de la S.-F.’), soit de manière plus nuancée, en laissant éventuellement la porte ouverte à diverses hypothèses, mais qui excluaient généralement une origine extraterrestre. C’est un point commun à toutes ces opinions – Cachez ces ‘ET’ que je ne saurais voir ! -, mais n’ouvrons pas ici ce vaste débat sur la nature des ovnis. Contentons-nous d’examiner quelques arguments d’ordre psychologique mis en avant pour les ‘expliquer’.

Outre l’influence de la science-fiction, les sceptiques ont proposé plusieurs explications ‘psycho-sociologiques’, telles que la tension des débuts de la guerre froide ou la crainte d’un futur angoissant provoquée par la bombe atomique. Certains ont supposé qu’il pouvait s’agir d’engins secrets américains ou soviétiques, comme dans l’observation célèbre de Kenneth Arnold, de neuf ‘soucoupes’ passant devant le mont Rainier (lesquelles n’avaient pas vraiment la forme de soucoupes, fait-on finement remarquer), mais on sait aujourd’hui que de tels appareils n’existaient pas. Cette idée trouve encore quelques défenseurs aujourd’hui, mais oublions-là.

L’idée d’une angoisse, peut-être diffuse et encore inconsciente, née des débuts de la guerre froide et de la crainte des armes atomiques, qui aurait suscité des hallucinations collectives, mérite que l’on s’y arrête un moment. Historiquement, la crainte de la guerre nucléaire apparaît déjà chez H.-G. Wells dans son livre ‘The World Set Free’  paru en 1914, juste avant la première guerre mondiale. Elle est aussi présente, mais rarement, dans l’entre-deux guerres, par exemple dans un roman de Karel Capek, ‘La fabrique d’absolu’ (1927). On la trouve aussi dans des nouvelles de Robert Heinlein et de Lester del Rey, dès les années 1941-42. Et nous voici enfin en 1947, ‘l’année des soucoupes’. Dans le roman ‘Et la foudre et les roses’, de Theodore Sturgeon, les Etats-Unis sont ravagés par une guerre nucléaire. On trouve donc, en cherchant bien, ce thème dans la science-fiction de l’époque. Cependant, la peur de la guerre atomique ne prendra de l’importance que dans les années 50, avec l’intensification de la guerre froide et le développement des arsenaux nucléaires. En 1947, les Américains n’ont pas encore lieu de craindre l’arme atomique puisqu’ils vont en détenir le monopole jusqu’en 1949. A ce moment, la guerre froide n’a pas encore vraiment commencé. C’est au début de l’été de 1947 que le Président Harry Truman propose le plan Marshall à l’Europe, y compris à l’URSS, et celle-ci ne le refusera qu’à la fin de l’été. Pas de quoi provoquer des hallucinations collectives d’envahissement par des soucoupes soviétiques ! Les Américains, comme les Européens, sont confiants dans l’avenir et surtout occupés à développer rapidement leur économie.

L’autre argument psychosociologique qui vient naturellement à l’esprit, c’est la crainte d’un futur inquiétant, et en particulier d’une invasion par de dangereux extraterrestres, courante dans la S.-F., dont l’archétype est le fameux roman  La guerre des mondes’ de Herbert G. Wells. C’est sur ce terrain, peut-on penser, que jouerait l’influence de la science-fiction. Mais une telle crainte était-elle si répandue qu’elle puisse provoquer soudainement une hallucination collective massive de visions de soucoupes ? Signalons un sondage d’opinion sur les ‘soucoupes volantes’ réalisé aux Etats-Unis en août 1947 par l’institut Gallup, un mois après la vague médiatisée de juin-juillet. L’hypothèse de leur origine extraterrestre ne figurait même pas dans la batterie des questions posées ! Elle était dissoute dans une catégorie résiduelle ‘d’autres causes’ qui n’obtenait, globalement, que 9% des suffrages. Là non plus, pas d’hystérie collective sur une invasion extraterrestre, semble-t-il. Il est vrai que ce sondage était bien dans la ligne officielle mise en place, dès juillet, pour écarter cette idée dans l’opinion. Ah, ces sondages ‘scientifiques’ et indépendants !

Voici un texte qui est un condensé, caricatural mais typique, de toutes ces idées, paru dans le livre Ze Craignos Monsters. Le retour’, de Jean-Pierre Putters (Editions Vent d’Ouest, 1995), en chapeau de son chapitre L’invasion des extraterrestres’ :

‘Vers la fin des années quarante (comptez à peu près un bon demi-siècle avant Jacques Pradel…), la psychose de l’ovni s’emparait du Monde. Des soucoupes parcouraient le ciel, Welles terrifiait la population avec son adaptation deLa Guerre des Mondes’ déguisée en flash d’actualité. Mars redevenait le Dieu de la Guerre. Voyez l’image. C’était la panique. Chronique d’une visite annoncée.’

Trêve de plaisanterie, on peut débattre sans fin de tels facteurs, mais il devrait au moins être possible de trancher facilement sur l’influence de la science-fiction. Revenons à ce début d’été 1947, quand se produit la première grande vague historique d’observations de ‘soucoupes volantes’ aux Etats-Unis. La donnée principale de cette vague est qu’elle se produisit soudainement et massivement. En quelques jours, la presse locale, puis régionale et finalement nationale, se fit l’écho d’une multitude de témoignages, d’abord dans l’Ouest, puis dans d’autres régions de l’Amérique du Nord, y compris au Canada. Et cela sans que l’on constate le moindre affolement de la population. Il y avait bien eu quelques observations analogues au cours des mois précédents, mais elles étaient en très petit nombre et nullement médiatisées. Elles ne pouvaient donc avoir provoqué un hypothétique phénomène d’emballement médiatique.

La réalité de cette vague est attestée par des documents militaires de l’époque, dont le plus connu est la lettre du général Twining, alors secrète mais rendue publique en 1969. Le 23 septembre 1947, le général Nathan Twining, patron des services techniques de l’armée de l’Air américaine (et futur chef d’état-major des armées), écrivait une lettre au général George Schulgen, chef adjoint des services renseignement aérien au Pentagone, dans laquelle il confirmait la réalité de ces mystérieuses ‘soucoupes volantes’ :

‘a) Le phénomène rapporté est quelque chose de réel, qui n’est ni visionnaire ni fictif ;

b) ces objets, ayant probablement la forme d’un disque, sont de dimensions comparables à celles d’un avion de conception humaine.’

Le général Twining évoquait ensuite, notamment, leur vitesse ascensionnelle très élevée, leur manœuvrabilité, particulièrement en tonneau, et certaines ‘manœuvres d’évasion’ lorsque ces objets étaient repérés par les avions et les radars, évoquant la possibilité que certains soient contrôlés, soit manuellement, soit automatiquement ou à distance. Suivait une description précise des mystérieux engins : surface métallique ou réfléchissant la lumière ; absence de traînée, sauf dans quelques rares cas où l’objet semblait opérer dans des conditions de hautes performances ; forme circulaire ou elliptique, avec un fond plat et un dôme sur le dessus ; selon plusieurs rapports, ‘vols en formation bien tenue’, réunissant de trois à neuf objets.

Alors, quel fut le facteur déclencheur de cette vague ? N’est-ce pas, tout simplement, que tous ces témoins virent effectivement ces mystérieuses soucoupes ? Mais posons-nous tout de même la question : est-ce que ces gens lisaient trop de magazines de science-fiction, assez populaires à l’époque ? Il aurait fallu, au moins, qu’ils fussent remplis d’images inquiétantes de ‘soucoupes volantes’. Or il n’en était rien, ou presque.

 

– Avant 1947, beaucoup de fusées et peu de soucoupes dans la science-fiction :

A l’époque, les bandes dessinées et les films de science-fiction étaient pleins de belles fusées avec des ailerons profilés : (…).

On s’intéressait surtout aux fusées et aux perspectives qu’elles ouvraient de conquête de l’espace, comme dans les livres de vulgarisation de Willy Ley : Rockets’ (1944) et The Coming Age of the Rocket Power’ (1945). C’est aussi l’époque des premiers essais, à White Sands, de fusées V2 prises aux Allemands à la fin de la guerre. Alors, les soucoupes dans la S.-F. ? Eh bien, elles commencent à apparaître, comme par hasard, au début des années 50, dans la foulée des premières vagues d’ovnis.

Les partisans de la thèse de la S.-F. à l’origine des soucoupes ont fouillé dans les archives de la S.-F. américaine et ont bien trouvé, dans le foisonnement des publications des années 30 et 40, ou même antérieures, quelques rares engins volants ressemblant plus ou moins à des soucoupes, dont ils ont fait des sortes d’archétypes dans le subconscient des gens qui se seraient mis soudainement à en voir partout. Ainsi, Michel Meurger, défenseur bien connu de cette théorie, a illustré son article ‘Qui a inventé les soucoupes volantes ?’ (Ciel et Espace’, avril 1996, avec Serge Lehman) avec une image de soucoupe parue en couverture du magazine Science Wonder Stories’ en 1929 !

En y regardant de plus près, on constate une prolifération de modèles différents d’engins spatiaux dans la science-fiction. Par exemple, dans les bandes dessinées de Brick Bradford (Luc Bradefer, en France), populaires à l’époque, le héros voyageait à bord d’un engin en forme de montgolfière, or personne n’a vu de montgolfière lors de la vague des soucoupes. En revanche, on a aussi observé, en 1947 et au cours des années suivantes, des cigares et des sphères, comme dans la S.-F. Mais, répétons-le, dans celle-ci la forme ‘soucoupe’ est assez marginale, contrairement à la vague de 1947.

Il faut mentionner ici un livre intéressant de Bertrand Méheust, Science-fiction et soucoupes volantes’, publié d’abord en 1978 (Mercure de France), qui vient d’être republié en mai 2008 (Terre de brume) avec une nouvelle introduction de l’auteur. Méheust affirme, avec de nombreux exemples à l’appui, que toutes les histoires de soucoupes existaient déjà dans la science-fiction d’avant 1947, y compris les récits d’enlèvements qui sont apparus bien plus tard. Peut-on en conclure, comme beaucoup l’ont fait, que les soucoupes sont nées de la S.-F. ? D’abord, nous venons de voir que la vague de ‘soucoupes volantes’ de 1947, attestée par des documents militaires de l’époque, était bien réelle et n’avait donc rien à voir avec une quelconque influence de la science-fiction. Cependant, il faut reconnaître qu’un certain nombre de récits de fiction antérieurs à cette vague, ressemblent, jusqu’à un certain point, à des récits d’observation d’ovnis apparus depuis lors. On peut admettre qu’il y a là un phénomène troublant. Dans la nouvelle édition, Méheust finit par admettre qu’il y pourrait bien y avoir des cas crédibles d’observations d’ovnis, qu’il surnomme des ‘choses intentionnelles’. Mais alors, leur ressemblance avec des récits de science-fiction constitue selon lui une énigme, un ‘puits sans fond’. A cette idée, il me semble possible de faire une objection de fond. Si, comme je le crois avec beaucoup d’autres, il y a une longue histoire de visions et d’apparitions célestes de toutes sortes, et pas seulement dans le domaine des religions – les historiens romains mentionnaient déjà des apparitions d’ovnis -, alors il n’est pas surprenant que ces apparitions aient laissé des traces, notamment dans les légendes et le folklore, et de nos jours jusque dans la science-fiction. Méheust est bien conscient de cet argument et il s’emploie à le minorer, mais il n’arrive pas à l’éliminer complètement. Ainsi, l’énigme n’est peut-être pas si profonde que cela !

L’histoire la plus célèbre d’envahisseurs extraterrestres est le roman La guerre des Mondes’ de Herbert G. Wells, dont l’adaptation radiophonique d’Orson Welles (à ne pas confondre avec Wells) avait provoqué une panique en 1938 (c’est attesté par les articles de journaux de l’époque). Cette histoire mettait en scène des Martiens à bord d’engins tripodes qui n’avaient encore rien à voir avec les soucoupes. Ce n’est que plus tard, avec le film du même nom tourné en 1953, qu’ils vont prendre une forme ‘soucoupique’, qui devient à la mode, à cette époque, dans la science-fiction.

 

– L’adoption des ‘soucoupes volantes’ par la science-fiction :

Il y a toujours eu des frictions entre amateurs d’ovnis et amateurs de science-fiction. Stan Barets, spécialiste de la science-fiction, résume ainsi, avec humour, l’incompréhension qui perdure entre les amateurs des deux bords :

‘Ne parlez pas de soucoupes volantes à un écrivain de S.-F., il vous répondra que lui, il essaie d’écrire des choses sérieuses et intelligentes. Ne parlez pas de science-fiction à un ufologue, il vous répondra que lui, il essaie d’écrire des choses sérieuses et intelligentes. Bref, il y a malaise.’ (Le science-fictionnaire’, tome 2, page 238.)

En fait, les ufologues aiment bien la science-fiction, mais ce sont eux qui se font traiter de haut par les ‘science-fictionnaires’, toujours soucieux de reconnaissance littéraire. Le résultat est qu’il y a peu de romans de S.-F. ‘sérieux’ mettant en scène ces mystérieux ovnis. En revanche, les magazines populaires, le cinéma, et plus encore la télévision, qui se moquent de la reconnaissance littéraire mais pas du ‘box-office’, ont pillé sans vergogne, pour leur plus grand profit, cette mine d’or qu’était pour eux la thématique des ovnis, accumulée pendant des années par d’obscurs ‘ufologues’ bénévoles. Oui, il y a des gens qui ont gagné beaucoup d’argent avec les ovnis. Parfois des auteurs de livres, mais surtout des producteurs de cinéma et de télévision. Dans les magazines populaires, les beaux jours de soucoupes commencent dès la fin des années 40, et elles seront encore populaires jusque dans les années 70.

C’est au début des années 50 que les ‘soucoupes volantes’ font leur apparition dans le cinéma américain, avec le film The Flying Saucer’, bien oublié aujourd’hui.

Puis le thème se répand rapidement, notamment celui de la soucoupe accidentée ! Celui-ci ne vient pas de l’incident de Roswell, qui ne fit qu’une brève apparition dans la presse des 8 et 9 juillet 1947, mais plutôt du livre à succès de Franck Scully, Behind the Flying Saucers’, paru en 1950, qui prétendait révéler plusieurs accidents de soucoupes récupérées par l’armée dans le plus grand secret. Le thème de la soucoupe écrasée est exploité dès l’année suivante au cinéma, avec La chose d’un autre monde’ (The Thing From Another World’), film produit par un cinéaste réputé, Howard Hawks (et tourné par Christian Nyby), en 1951. Des militaires américains découvrent une ‘soucoupe volante’ accidentée, non pas dans le désert du Nouveau-Mexique, comme dans l’affaire de Roswell, mais enfouie dans les glaces du Groenland. Ils y trouvent un extraterrestre gelé, qu’ils dégèlent joyeusement, mais ce n’était pas une bonne idée car il s’avère être sanguinaire et va semer la terreur dans leur campement. Mauvais début pour les ‘ET’ au cinéma !

En fait, ce thème de l’accident de soucoupe fut discrédité rapidement lorsqu’un journaliste révéla, en 1952, que le livre de Scully reposait sur de fausses informations fournies par un escroc, Silas Newton. Un magazine en fit alors une couverture plutôt drôle et sexy, montrant une pin-up qui sauvait dans ses bras un petit homme vert avec des tentacules ! (Elle ne craignait pas les bactéries ET, comme les chirurgiens masqués dans le trop célèbre film de l’autopsie de 1995.) Incidemment, c’est cette illustration ridicule qu’a choisie Pierre Lagrange comme couverture pour la version française du livre de Karl Pflock censé déboulonner Roswell, parue en France en 2007…

Un autre film célèbre de l’époque, Le jour où la Terre s’arrêta’ (The Day the Earth Stood Still’), réalisé par Robert Wise en 1951, nous conte l’histoire d’un visiteur cosmique pacifiste, Klatoo, d’apparence parfaitement humaine mais épaulé par son fidèle et puissant robot Gort (qui va lui sauver la vie, face à des humains agressifs).

Klatoo débarque de sa soucoupe sur l’esplanade de Washington pour mettre en garde les Terriens contre les dangers de la guerre atomique. Mais ce pacifiste se fait menaçant : si nous ne cessons pas nos bêtises, ils reviendront nous éliminer ! Cet avertissement est servi en pleine guerre froide et paranoïa maccarthyste : à bon entendeur, salut. Remarquons au passage que le thème des ovnis et des extraterrestres n’a pas produit que des œuvres négatives, loin de là, au cinéma et à la télévision. Il n’y a pas eu que des ‘aliens’ terrifiants, il y en a eu aussi qui étaient civilisés et intelligents !

Et voici qu’apparaît, l’année suivante, le thème attendu de la guerre contre les extraterrestres, avec la mise en images du célèbre roman de H.-G. Wells, La guerre des mondes’, dans lequel les tripodes martiens sont remplacés, opportunément, par des ‘soucoupes volantes’ (voir plus haut). D’autres films vont suivre, en général de piètre qualité, tels que Les soucoupes volantes attaquent’ (Earth versus the Flying Saucers’) en 1956. Ce film s’inspirait des nombreuses observations de ‘soucoupes volantes’ qui continuaient aux Etats-Unis, notamment au-dessus de Washington en 1952.

Toujours dans les années 50, il faut en revanche saluer deux bons films sortant du lot des films ‘soucoupistes’. En 1955, Les survivants de l’Infini’ (This Island Earth’) met en scène à la fois de bons extraterrestres et d’horribles monstres, contre lesquels les bons ET mènent un combat désespéré pour sauver leur planète Metaluna.

‘Planète interdite’ (Forbidden Planet’) est, en 1956, le premier grand ‘space opera’, en couleurs et cinémascope, avec un astronef en forme de soucoupe. Il a bénéficié de gros moyens et les décors de ce monde lointain sont très réussis. Le dépaysement est crédible, peut-être pour la première fois, ainsi que l’évocation d’une ancienne civilisation très avancée, les Krels, qui ont mystérieusement disparu mais dont il reste une immense usine souterraine. C’est elle qui a causé leur perte, découvre-t-on à la fin, car elle avait été conçue pour capter et satisfaire les désirs de ces êtres. Et ils avaient scellé leur destin car la machine avait créé, dès sa mise en service, tous les monstres nés de l’inconscient – Monsters from the Id’ – qui les détruisirent tous ! Le Dr Morbius, découvrant cette terrible catastrophe et comprenant le danger extrême de cette machine, se résigne à détruire la planète : les humains ne sont assurément pas prêts à jouir d’une telle puissance, et l’on ne peut qu’être d’accord avec lui !

Ainsi, un examen rapide des influences réciproques entre science-fiction et ovnis nous invite à faire le constat que ce sont essentiellement les ovnis qui ont inspiré la science-fiction, et non l’inverse. Risquons même l’idée, pour terminer, que des ‘ovnis du passé’ ont pu inspirer des histoires plus anciennes, mais c’est un autre sujet, bien plus vaste que la S.-F. Pour ceux que cela intéresse, j’ai traité le thème dans mon livre Visions célestes. Visions cosmiques’, qui retrace notamment l’histoire des visions anciennes. Il comporte aussi, cependant, un chapitre sur la science-fiction, et se termine, naturellement, avec les ovnis. » (G. Bourdais, http://bourdais.blogspot.com/)

Le livre « Visions célestes. Visions cosmiques » a été publié aux éditions Le Temps Présent.

On trouve aussi le texte ci-dessus dans mon article en deux parties : « Science-fiction et soucoupes volantes, Steven Spielberg et les OVNIs ».

 

– Autres considérations « sociopsychologiques » :

Revenons à l’article de Valérie Devillaine dans « Science et Vie ». Elle nous parle de « version moderne des fantômes » à propos des témoignages OVNIs, une formulation d’autant plus stupide qu’à notre époque les « fantômes » se portent très bien. Il suffit à cet égard de regarder par exemple les documentaires (exemple : « Phénomèner paranormal ») sur des cas de hantises américains évoqués sur plusieurs chaînes télévisées (dont « Numéro 23 »), et de prendre connaissance du contenu de nombreux livres dont ceux de Sylvie Havart (aux éditions Le Temps Présent) : « L’Ecosse hantée », « L’Amérique hantée ». Valérie Devillaine cite le sociologue Arnaud Esquerre (dont des passages de son livre sur la thématique OVNIs ont été lus en 2016 par une lectrice de VBN sur Direct 8 !) qui a mentionné des traits communs dans les témoignages d’observations d’OVNIs : des indications de temps et de lieu, une description de la chose vue, etc. Mais tout cela est bien banal et bien normal… pour une observation.

« Par tous ces éléments, ces textes seraient donc à rapprocher des récits fantastiques non-littéraires et rappelleraient, selon le sociologue, d’autres récits antérieurs : ceux mettant en scène des fantômes. »

Je fais encore une fois remarquer que les récits faisant état de fantômes ne sont pas seulement « antérieurs », mais qu’ils existent toujours en abondance à notre époque. (Voyez ce que je viens d’écrire ci-dessus.) En outre, on voudra bien enlever le qualificatif « fantastique »… Enfin, quand on fait le compte rendu d’une observation, de quelque nature que ce soit, il est normal qu’on donne des indications de temps et de lieu, qu’on décrit ce que l’on a vu, etc. Et cela ne relève pas du « fantastique »…

Valérie Devillaine cite ensuite Wiktor Stoczkowski, lequel développe, dans son livre cité, l’idée que la théorie des anciens astronautes s’inspire de la littérature fantastique (décidément…) et qu’elle est l’héritière d’autres croyances plus anciennes, comme l’occultisme du XIXe siècle et même le gnosticisme des débuts de l’ère chrétienne, des croyances qui « attribuent elles aussi à des entités ni divines ni humaines, anges ou démons, l’origine de l’homme ». La croyance dans les engins volants extraterrestres « succèderait donc à d’autres : mythologie, religions, fantômes », et aurait pour avantage « sa modernité et son caractère techno-scientifique », dans la mesure où elle n’implique « aucun phénomène surnaturel ou paranormal, ce qui sied à notre culture occidentale imprégnée de science-fiction ». Notons d’abord que « surnaturel » et « paranormal » ne sont pas synonymes d’inexistant car, n’en déplaise aux scientistes, beaucoup de phénomènes ainsi qualifiés existent bien. Les notions de pluralité des mondes habités et de visiteurs de l’espace ayant été inconnues dans le lointain passé, il est logique que des visions d’êtres célestes aient pu être interprétées avec les concepts de l’époque, ce qui est conforme à la validité, dans certains cas, de la théorie des anciens astronautes. Ce qui ne signifie évidemment pas que les vrais anges (en tant qu’entités spirituelles) n’existent pas.

Après cet énoncé réducteur : « Difficile de renoncer à la croyance » (un énoncé qui peut par ailleurs très bien s’appliquer à la croyance négative des « sociopsychologues »), nous avons droit ensuite à cette curieuse formulation : « Certains soucoupistes sont néanmoins capables de repentir. » Je ne connais pas par contre des « antisoucoupistes » capables de se repentir de leur jugements erronés, d’autant qu’ils ne sont pas conscients du caractère erroné de ceux-ci, étant persuadés de détenir la vérité scientifique (laquelle n’est tout au plus que pseudoscientifique). Comme exemple de « repentir », Valérie Devillaine cite le cas d’une association ufologique du Nord-Est de la France, les enquêteurs étant retournés sur les lieux d’une observation 18 ans après. Ils sont revenus à un moment où la Terre, la Lune et le Soleil se sont retrouvés dans la même configuration, les membres de l’association ayant soupçonné que la Lune était responsable des « croissants de feu » décrits en 1976. La méprise fut confirmée.

Valérie Devillaine cite le psychologue social (à l’université de Rennes) Sylvain Delouvée qui dit que certaines personnes colportent les histoires d’OVNIs « comme des rumeurs », « sans y croire réellement, par besoin de lien social ». On ne comprend pas bien, mais passons sur ce genre de petit énoncé « à deux balles »… (Je pense plutôt que parler d’OVNIs, par exemple, n’est généralement pas très bon pour se faire « des amis »…)

Le psychologue Sylvain Delouvée souligne que chez ceux « qui n’en démordent pas » (sic), on trouve des traits communs avec les amateurs de théorie du complot (un sujet auquel est consacré un dossier du numéro d’août 2016 de « Science et Vie »). Tiens, comme c’est curieux : je n’en « démords pas », mais je ne suis pas du tout friand de théories du complot (mais critique par rapport à celles-ci). C’est grave ?

Puis Valérie Devillaine cite Sébastien Poulain (de l’université Paris-Sorbonne) qui, dans la revue « Mots », écrit que l’hypothèse du passage sur Terre d’extraterrestres devient aussi crédible que n’importe quelle autre théorie. (En fait, elle est crédible car elle est conforme à la réalité !) Pour justifier cette hypothèse, les ufologues s’appuient, écrit-il, sur quatre arguments principaux : « c’est la seule façon de sauver la Terre que les humains consument ; les sceptiques sont manipulés par ceux qui savent (gouvernement, armée, scientifiques) ; nous ne pouvons pas être seuls dans ce vaste Univers ; il y a de nombreuses preuves matérielles et des témoignages humains, et ce, depuis longtemps ». Valérie Devillaine écrit que le « renoncement aux croyances va alors moins de soi ». Et de citer le livre de Leon Festinger que j’ai évoqué plus haut… Les quatre arguments cités par le psychologue, qu’il impute aux ufologues, ne sont pas représentatifs de l’ensemble des ufologues car il existe plusieurs « écoles » de pensée dans le petit monde de l’ufologie, et parmi les ufologues qui soutiennent (comme moi) l’origine extraterrestre de nombreux OVNIs, seuls certains – tous affirmant bien sûr que « nous ne sommes pas seuls dans l’Univers » – parlent éventuellement de « sauver la Terre ». Les sceptiques, quant à eux, n’ont pas besoin d’être manipulés, leur fonctionnement mental faisant à lui seul le travail de déni. Et à défaut de réelles preuves matérielles (officielles), il existe effectivement une multitude de témoignages répertoriés depuis des décennies, dont beaucoup se recoupent (description et comportement cinématique des objets perçus, etc.), sans oublier les cas à « haute étrangeté » (RR3, etc.) qui témoignent d’une réelle présence « exogène » sur notre planète. Toutes les considérations sociopsychologiques paternalistes évoquées par Valérie Devillaine dans son article de « Science et Vie » perdent leur validité dès que l’on s’intéresse non pas aux témoignages de lumières ou d’objets non identifiés peu « étranges », mais à des récits de bien plus grande étrangeté. En effet, les récits en faveur de l’origine extraterrestre de nombreux OVNIs ne reposent pas sur les méprises ou mauvaises interprétations relatives à des témoignages à degré d’étrangeté inexistant, mais sur des récits relatifs à des objets volants non réductibles, après analyse, à des objets volants terrestres (avions, lanternes thaï, etc.), sur des témoignages circonstanciés de pilotes, de militaires, etc., ainsi que sur des récits à « haute étrangeté » (RR3 ou rencontres rapprochées du troisième type, enlèvements – non réductibles à la ridicule explication de la « paralysie du sommeil » -, récits de certains contactés).

 

b) L’affaire Mantell et les avions U-2 :

Le 7 janvier 1948, un objet rond et brillant d’apparence métallique est signalé par de nombreuses personnes dans le ciel de Madisonville, dans le Kentucky.

« Envoyée observer l’objet, une patrouille militaire de trois Mustangs F-51 peine à poursuivre la cible volant à haute altitude (plus de 6000 mètres). Deux appareils abandonnent la chasse, tandis que le troisième, piloté par un jeune vétéran, le capitaine Thomas Mantell, poursuit sa course, perdant rapidement le contact radio avec le sol. Il sera retrouvé un peu plus tard, écrasé dans un champ. L’enquête aboutira à une perte de contrôle du pilote suite à un manque d’oxygène lors de la poursuite de ce qui aurait été un ballon Skyhook d’étude de l’atmosphère gonflé à l’hélium. Lancé un peu plus tôt par la Navy, le ballon aurait été emporté par des courants rapides en haute altitude. Mais dans la presse, la version d’un avion abattu par un vaisseau extraterrestre ne tarde pas à apparaître et fait florès, donnant naissance à une nouvelle vague de témoignages du même type. »

On aura remarqué l’emploi du conditionnel à propos de l’explication relative au ballon Skyhook… Ce qui signifie que ce n’est pas nécessairement la bonne explication.

On a ensuite la mention de « l’envol des avions furtifs », la date donnée étant juillet 1955 :

« L’année 1955 voit le début des tests de l’avion de surveillance à haute altitude U-2 de Lockheed Martin, près de la base militaire de la Zone 51, dans le Nevada. Engin qui est suivi quelques années plus tard par le A-12 Oxcart, une version supersonique, qui donnera elle-même naissance au fameux SR-71 Blackbird aux lignes futuristes. Selon un rapport de la CIA déclassifié en 2013, ces avions, largement utilisés pendant la guerre froide, seraient à l’origine de plus de 50% des 12618 cas de vision d’ovni recensés par le projet Blue Book, une commission mise en place par l’US Air Force afin d’étudier et d’enquêter sur le phénomène ovni entre 1952 et 1969. »

On montre, à gauche de ce texte, la photo d’un U-2 (qui ne ressemble en rien à un vrai OVNI – disque, soucoupe, cigare, etc. – !) avec le commentaire suivant : « Les avions furtifs américains (ici, un U-2) seraient à l’origine d’une grande partie des cas de vision d’ovni. » Si le conditionnel montre que, dans l’esprit des scientistes de « Science et Vie », ce n’est pas une certitude, c’est aussi totalement ridicule. Voici, en effet, ce qu’écrit l’ufologue Gildas Bourdais dans un texte (« OVNIS : nouveaux livres et nouvelles polémiques ») mis sur son blog (http://bourdais.blogspot.com) le 25 décembre 2010, à propos de cette prétendue identification OVNIs/avions U-2 :

« Un exemple classique, repris bien entendu par Pilkington, est le discours tenu en 1997 par l’historien de la CIA, Gerald Haines, qui a expliqué que les services secrets avaient discrètement favorisé les confusions avec des avions d’espionnage, comme l’U-2 et le SR-71 Blackbird. Ce discours, aussitôt adopté par la grande presse en 1997, a été encore tenu en 2007 par Haines à un jeune journaliste de France 3 pour l’émission ‘‘Pièces à conviction’ d’Elise Lucet. Bornons-nous à souligner que l’avion U2, au demeurant d’allure on ne peut plus classique, fit son premier vol en 1955 à Groom Lake, à l’abri des regards dans le désert du Nevada, et ne peut donc pas expliquer les observations d’ovnis antérieures. Ni postérieures, d’ailleurs, car, construit à seulement cinquante exemplaires, il a été basé surtout en Allemagne et en Turquie pour aller survoler les pays de l’Est. Si l’explication était la bonne, c’est par là qu’auraient dû avoir lieu la plupart des observations d’ovnis, ce qui n’est pas du tout le cas. Mais qu’importe : cette fable peut encore servir ! »

Oui, elle a encore servi, en 2013 (date que l’on retrouve dans la citation de « Science et Vie ») dans un journal télévisé sur France 2 à l’occasion de ladite déclassification de la CIA en 2013, alors que cette histoire d’avions U-2 était connue, comme le rappelle Gildas Bourdais, depuis 1997 – et ensuite dans le numéro de juillet 2016 de « Science et Vie »

Voici ce qu’on lit à la fin du paragraphe consacré à l’avion U-2, dans la citation de « Science et Vie » évoquée plus haut :

« Depuis, d’autres aéronefs, comme le bombardier furtif F-117 ou le B-2 Spirit (tous deux triangulaires) sont venus grossir les rangs de ces  »armes volantes non-identifiées », régulièrement confondues avec des vaisseaux extraterrestres. »

Cette allégation, dépourvue du moindre fondement, relève de la pure désinformation et de la malhonnêteté intellectuelle. En effet, si de nombreux OVNIs contemporains ont eu et ont une forme triangulaire (observations de la vallée de l’Hudson dans les années 1980, « vague belge » en 1989-1992, « lumières de Phoenix » en 1997, etc.), ces observations n’ont pas été et ne sont nullement imputables à des F-117 et des B-2 Spirit. Les caractéristiques des OVNIs triangulaires observés : déplacements silencieux à faible distance, etc., ne sont nullement compatibles avec les avions « secrets » américains qui, s’ils ont une vague forme triangulaire, ne se déplacent pas moins, par exemple, avec un bruit impressionnant à faible distance… Je consacre, sur le présent site et dans la même rubrique « Présence extraterrestre », un texte à chacun des dossiers relatifs à l’observation d’engins triangulaires :

On s’aperçoit, en lisant les comptes rendus circonstanciés des témoins de ces OVNIs triangulaires, que ces derniers n’ont rien à voir avec des F-117 ou des B-2 Spirit. Voici, par exemple, le témoignage suivant extrait de mon premier texte (« Les OVNIs de la vallée de l’Hudson et les OVNIs triangulaires ») :

Le 24 novembre 1986, à Waukesha (Wisconsin), un homme de 29 ans rentrant chez lui en voiture a aperçu, à 23 heures, des lumières rouges étincelant dans le ciel. Ces lumières tournaient sur elles-mêmes. Il s’est arrêté à environ 150 mètres de l’objet et est sorti du véhicule pour observer la scène. L’engin était plat et triangulaire, sa largeur estimée étant d’environ 22 mètres. A chaque coin, il y avait des paires de feux rouges clignotants, et sur les côtés il y avait des paires de feux blancs et rouges qui ne clignotaient pas. Le vaisseau semblait être brun foncé ou noir. Pendant qu’il faisait du surplace, il pivotait lentement et sans bruit. Alors que l’homme s’approchait en voiture, les feux cessèrent de pivoter et l’engin commença à s’éloigner en demeurant à très basse altitude. L’engin s’est ensuite dirigé au-dessus d’un bosquet d’arbres et le témoin l’a perdu de vue.

On ne me fera pas croire qu’il s’agissait là d’un F-117 ou d’un B-2 Spirit.

 

c) Roswell :

Voici la présentation du dossier Roswell par « Science et Vie » :

« Des débris étranges sont retrouvés près de la base militaire de l’US Air Force de Roswell, au Nouveau-Mexique. Leur analyse aboutit à la thèse de la chute d’un ballon météorologique. Mais en 1980, l’affaire rebondit avec la publication d’un livre, ‘The Roswell Incident’, qui pointe une volonté gouvernementale de cacher ce qui s’est réellement passé. L’opus ouvre la voie à la théorie du complot et à toutes sortes d’hypothèses plus ou moins fantaisistes sur la nature des débris retrouvés qui seraient issus d’une soucoupe volante… Dans les années 1990, nouveau rebondissement : le film d’une prétendue autopsie d’un alien de Roswell, réalisée et dissimulée par les militaires, fait surface et est vendu à une dizaine de pays (dont la France, avec TF1). Ce n’est qu’en 2005 que le propriétaire du film, l’Anglais Ray Santilli, finira par avouer qu’il s’agissait d’un canular réalisé avec l’aide d’un sculpteur spécialiste des effets spéciaux. »

On lit aussi qu’en 1947, l’histoire « de la soucoupe volante de Roswell avait fait long feu », mais qu’en 1995 l’autopsie filmée d’un alien de Roswell avait fait sensation, un canular révélé en 2005.

Que penser d’une telle présentation un peu (beaucoup) lapidaire ?

Il est classique, chez ceux qui dénigrent le dossier Roswell, de se référer à l’affaire de la prétendue « autopsie d’un extraterrestre ». Cela leur permet d’enfoncer un peu plus le cas, alors que cette histoire n’est qu’un épiphénomène tardif (1995) n’ayant aucun rapport réel avec l’ensemble des données relatives au crash survenu en juillet 1947. Ce que ne précisent d’ailleurs pas les négateurs en tout genre, c’est que cette histoire d’« autopsie » est opportunément apparue quand le député du Nouveau-Mexique Steven Schiff a fait, à propos du dossier Roswell, une demande d’enquête auprès du General Accounting Office… (L’histoire des ballons Mogul est « sortie » dans la foulée.)

Dans la citation de « Science et Vie », il est écrit que l’analyse des débris a abouti à la thèse de la chute d’un ballon météorologique. C’est une façon tendancieuse de présenter les choses car, au début, les autorités militaires avaient parlé de la récupération d’un « disque volant » (donc d’une « soucoupe volante »), avant, dans la foulée, de se rétracter en invoquant le ballon météorologique (qui se transformera, dans les années 1990, en train de ballons Mogul).

Notons en outre que « la théorie du complot » ne peut s’appliquer au dossier Roswell, contrairement à ce qu’ont insinué divers journalistes et le sociologue Pierre Lagrange. Dans ce cas-là, il convient en effet de parler de préservation d’un secret très « sensible », les autorités locales ayant préservé ce secret pour des raisons de « sécurité nationale » (et mondiale !), en dehors de toute perspective « complotiste »… Bien sûr, cette confusion entre « complot » et « préservation d’un secret ultra-sensible » (pour éviter une panique mondiale, etc.) est volontairement entretenue par les debunkers (parmi lesquels il faut aussi mettre Jean-Claude Bourret, comme on peut le lire dans un numéro de « Nexus » !) du dossier Roswell car chacun sait que les théories du complot sont dans le viseur (à juste titre, d’ailleurs, pour la grande majorité de ces délires genre : « les Américains ne sont pas allés sur la Lune ») de la sphère intello-médiatique et que caser le dossier Roswell sous cette étiquette permet du même coup de déconsidérer encore plus celui-ci.

De plus, les hypothèses fantaisistes sur le crash de Roswell, évoquées par « Science et Vie », existent bien, mais elles ne concernent pas la thèse de la « soucoupe volante ». L’une de ces hypothèses complètement farfelues est celle qui fait intervenir, dans l’affaire, Staline et Mengele ! Cette foutaise, défendue par Michael S. Heiser, a été mise en exergue, en France, dans le numéro 52 (juillet-août 2016) de « Science et inexpliqué », pages 16-23. Avec heureusement la mise au point, pages 42-43 dans le même numéro, de Thomas J. Carey, qui précise que la théorie de l’aile volante allemande comme explication du crash de Roswell est une pure invention… Voici la réaction de Gildas Bourdais à propos de l’article de « Science et inexpliqué », telle qu’on peut la lire sur la page Facebook de la revue « Lumières dans la nuit » :

« Après avoir hésité, j’attire votre attention sur le dernier numéro de la revue ‘Science et Inexpliqué’ (No 52, juillet-aout) qui présente un dossier sidérant sur Roswell.

En couverture : ‘Numéro spécial. OVNIS. Nouvelles révélations extraordinaires. Crash de Roswell : l’enquête qui change tout’.

Un ‘dossier’ de huit pages ressort l’histoire extravagante ‘révélée’ à la journaliste américaine Annie Jacobsen par un ancien ingénieur de la Zone 51 et publiée dans un livre en 2011.

En bref, c’était Joseph Staline qui avait organisé en 1947 un faux crash d’ovni aux Etats-Unis pour inquiéter les Américains. Il avait fait décoller une aile volante, dérivée des Horten nazis, à partir de la Sibérie, et télécommandée jusqu’à Roswell. A son bord, des enfants défigurés, avec de grands yeux noirs, un travail d’artiste du Dr Mengele, le bourreau d’Auchwitz qui était alors réfugié en Amérique du Sud.

Une ‘hypothèse séduisante’, estime le directeur de la revue !!

Ce magazine étant assez largement diffusé, il faut reparler du vrai scénario de Roswell et je vais le faire à la conférence du Razès, le 14 août prochain, avec un Powerpoint bien étudié sur les témoins. Je le complèterai ensuite avec l’exposé annoncé sur les ovnis et le nucléaire. Roswell, avec ses bombardiers nucléaires, ne sera d’ailleurs pas hors sujet.

Je rappelle que j’ai parlé de cette histoire stupide dans un article qui est sur mon blog à :

Roswell,Zone 51 et soucoupes nazies

http://bourdais.blogspot.fr/…/roswell-zone-51-et-soucoupes-…

J’en ai aussi parlé à la radio Enghien mardi 5 juillet, avec la journaliste Joëlle Varain qui m’a bien reçu. On peut l’écouter à :

https://www.youtube.com/watch?v=TlGHlVbudaw&feature=youtu.be>

L’article de ‘Science et Inexpliqué’ rappelle également une autre histoire aussi stupide, ‘révélée’ par Nick Redfern dans son livre de 2005 ‘Body Snatchers in the Desert’.

On peut lire aussi ma critique sur mon blog à :

2005 Le livre de Nick Redfern ‘Body Snatchers in the Desert’

http://bourdais.blogspot.com/ »

Voici les trois livres de référence sur le dossier Roswell :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voyez, en outre, les cinq textes sur le sujet dans le présent site, à la même rubrique « Présence extraterrestre » :

d) Les crop circles :

Voici la présentation du dossier « crop circles » page 41 du numéro Hors-Série de « Science et Vie » :

« Après quelques cas isolés de  »nids de soucoupes » rapportés en Australie, le sud de l’Angleterre devient soudainement le théâtre de vastes motifs géométriques dessinés dans des champs de céréales, des crop circles, ou agroglyphes. Pour certains, aucun doute : il s’agit là de traces causées par l’atterrissage d’un vaisseau extraterrestre, voire de messages aliens laissés à notre intention. Le phénomène se répandra ensuite dans plusieurs autres régions du monde, avec des géométries de plus en plus fines et complexes. En 1991, deux agriculteurs, Doug Bower et Dave Chorley, avouèrent être les auteurs de près de 200 agroglyphes du sud de l’Angleterre, tracés à l’aide d’outils basiques (des planches et des cordes) entre 1978 et 1991. Fin 2015, un autre duo britannique, un père et son fils, a également admis être à l’origine de plus de 20 agroglyphes du comté de Wiltshire, sur une période de quinze ans. »

Suivent quatre photographies d’agroglyphes avec ce commentaire : « Ces soi-disant traces extraterrestres, laissées dans des champs en Australie ou en Angleterre, étaient en fait l’oeuvre d’agriculteurs… »

Je consacre pour ma part, sur le présent site (rubrique « Enigmes »), 11 textes au sujet des crop circles. Si la totalité du phénomène est explicitée par beaucoup de commentateurs, dont ceux de « Science et Vie », par une simple origine humaine (avec planches et cordes), quelques observations laissent penser à d’autres personnes que, si la majorité des formations sont bien d’origine humaine, il existe aussi un phénomène authentique d’origine exogène. Aucune étude scientifique avec publication dans une revue a referrees n’a cependant été faite. Certains invoquent la complexité des figures géométriques pour soutenir l’origine exogène (extraterrestre ou autre) des figures. Or, cet argument n’a pas de valeur comme le montre par exemple un crop circle apparu dans le sud de l’Angleterre durant l’été 2016. Voici, sur le site www.cerclesdanslanuit.com, le commentaire d’Umberto Molinaro, daté du 18 août 2016, à propos de ce crop circle :

Faux crop circle« Il aura fallu 3 jours et une équipe bien rodée pour exécuter ce faux crop circle. Voici les explications du crop publicitaire ‘mothership glass’ ce jour 17/08/2016. Merci à Josy Celeste qui m’a envoyé ce courrier. Traduction du texte de Colin Andrews publié par Jacky Kozan. Le crop circle ‘Ansty’ résolu.

Mon enquête sur ce crop circle exceptionnel est terminée. Depuis 1999, je me suis concentré sur les cas biens documentés d’interactions impliquant le public, les chercheurs, les agriculteurs et ‘circlemakers’ humains. Parce que ce crop-circle est le plus impressionnant que j’ai vu, cette fois-ci j’ai voulu savoir qui a fait ça. Pourquoi ? J’ai eu mes réponses et tout le monde ne sera pas content des résultats. La qualité exceptionnelle est due en grande partie aux mains expérimentées qui l’ont réalisé et aux trois jours qu’elles ont prises pour le faire. J’en connais les auteurs. Ils ont été impliqués, ces dernières années, dans la production de dessins dans le sable sur la côte sud de l’Angleterre.

Une période de trois jours leur a permis de construire et de perfectionner la figure, avec l’accord des propriétaires de terrain. La conception a été faite d’après une pub pour ‘Mothership Glass’ : le design est inspiré du logo de l’entreprise, mais il n’est pas identique.

Note : la déclaration faite par le propriétaire du domaine et de la boutique souvenir est presque identique à celle de la déclaration des propriétaires d’une autre publicité pour l’entreprise de puces d’ordinateur ‘Nvidia à Salinas en Californie il y a quelques années :

Karren Price, de la boutique souvenir de ferme ‘Ansty’, a dit : ‘Notre famille ne va jamais en vacances, mais hier nous étions de retour d’une pause de cinq jours dans le Devon, et, ce matin au réveil, nous avons découvert ce motif géant dans le blé.’

Ceci est une tactique pour mettre de la distance entre les fermiers et la période de tromperie temporaire pendant que la publicité se met en place. Ainsi, ils peuvent dire beaucoup sans mentir, après tout ils n’étaient prétendûment pas là ! Mais ce ne fut pas une surprise, contrairement à ce qui est mentionné.

Conclusions : je connais le nom des artistes du Cercle des ‘Circle-makers’ humains qui ont fait cela. Ils sont payés à la commission par ‘Mothership Glass’ pour la conception, la construction de trois jours dans un champ appartenant à la boutique de la ferme ‘Ansty’. Evaluer le montant de la somme d’argent qui passe par le propriétaire et chaque crop-artiste, ainsi qu’un organisme de bienfaisance, n’est pas dans mes objectifs de recherche. Je remercie un certain nombre de personnes fiables qui m’ont assisté dans cette enquête. Pour cette affaire, la première motivation n’était pas une action d’une mystérieuse source interactive, mais une action pour faire de l’argent pour les personnes impliquées. »

Pour les hypothèses relatives à l’origine des agroglyphes non imputables à une origine humaine, je renvoie à mes deux textes suivants (je rappelle qu’il y a, sur le présent site Web, 11 textes sur les crop circles) : « Les crop circles. (10) Les hypothèses sur l’origine des agroglyphes » ; « Les crop circles. (11) Les agroglyphes selon les sources extraordinaires ».

Comme pour le crash à Roswell, des thèses fantaisistes ont été formulées pour rendre compte des agroglyphes non imputables à des circlemakers humains, l’une d’elles étant celle qui fait intervenir les esprits de la nature. crop-circles-le-defi-a-la-science-500x550Selon Daniel Harran, en effet, ce sont ces derniers qui sont à l’origine de la plupart des crop circles, seuls quelques-uns d’entre-eux étant d’origine humaine. Le cas de Chilbolton est par contre mis sur le compte d’une intelligence extraterrestre. Daniel Harran, qui avait été interrogé pour un numéro de la revue « Sacrée planète » (cette dernière revue ayant cessé sa parution en 2016 avec le numéro 75), est aussi l’auteur de plusieurs livres consacrés aux agroglyphes : « Crop circles : le défi à la science » (éditions Louise Courteau, 2010), « Crop circles. Les clés du mystère » (éditions EccE), « Crop circles. La révélation de Chilbolton » (éditions EccE, 2011), « Crop circles. Les réponses à toutes vos questions » (éditions EccE). En 2016, il a publié un livre (« OVNIS, crop circles et MIDim », éditions EccE) dans lequel il défend la thèse fantaisiste selon laquelle les OVNIs sont des manifestations d’êtres de la nature !

Si le cas de Chilbolton (août 2001) a peut-être l’origine extraterrestre alléguée (ce cas est aussi évoqué dans le livre de Joël Mesnard, « Les apparitions d’OVNIS », éditions Le Mercure Dauphinois, 2016, p. 367-373), il n’apparaît pas sérieux d’attribuer la presque totalité des crop circles aux esprits de la nature (même si ceux-ci existent bien). Les personnes sérieuses reconnaissent que la majorité des agroglyphes sont de facture humaine (il existe des textes et des vidéos qui montrent comment réaliser de telles formations), le reliquat étant imputable à ce que j’appelle une intelligence extraterrestre de type « multidimensionnel » (et qui n’appartient donc pas à notre univers physique dense), sauf peut-être pour quelques très rares cas (comme celui de Chilbolton évoqué ci-dessous, celui-ci pouvant être imputé à des êtres de nature physique). Des boules de lumière ont été filmées sur certains sites avec formations (je ne parle pas de la vidéo controversée de 1996), notamment par l’équipe du coldevence.com

Daniel Harran ChilboltonC’est le 14 août 2001 qu’on a trouvé, à une trentaine de kilomètres de Southampton, un dessin dans un champ de céréales jouxtant l’observatoire radio-astronomique de Chilbolton. Il s’agissait d’une zone rectangulaire d’environ 50 mètres sur 55 mètres, à l’intérieur de laquelle le blé était couché, sauf en un certain nombre de « plots » circulaires de différents diamètres. Les zones intactes circulaires étaient alignées selon une trame. On découvrit, grâce à l’arrivée d’un hélicoptère, le portrait tramé d’un visage !

Six jours après, on découvrit, dans le même champ, un rectangle d’environ 61 mètres sur 26 mètres. Cette figure, formée de plots rectangulaires, rappelait le dessin (sous forme numérique) contenu dans le message de 1679 bits envoyé le 16 novembre 1979 par le centre radio-astronomique d’Arecibo (Puerto Rico) en direction de l’amas globulaire Messier 13 (quelque 300 000 étoiles) situé à environ 25 000 années-lumière dans la Constellation d’Hercule. S’agissait-il de réponses au message émis à Arecibo ? En Grande-Bretagne, Paul Vigay a pu déchiffrer, en quelques jours, la supposée réponse, sans se prononcer quant à l’origine (extraterrestre ou non) de l’agroglyphe. Voici le commentaire de Joël Mesnard :

« Les constituants de la matière organique des supposés ET comporteraient, outre les nôtres (carbone, hydrogène, oxygène, azote, phosphore, soufre, dans l’ordre des teneurs décroissantes), le silicium. Leur taille serait de l’ordre de 1 m, et le petit dessin exprimant leur aspect physique les montre avec une tête nettement plus volumineuse que la nôtre. Ils seraient plus nombreux que nous : 21,3 milliards. Enfin, dans le bas du message, à la place du croquis symbolisant un radiotélescope, on trouve un schéma qui a été interprété comme celui d’un crop circle apparu, non loin de la parabole de Chilbolton, en 2000. Les E. T. chercheraient ainsi à nous faire comprendre qu’ils ne communiquent pas avec nous par des émissions radio, mais en créant les crop circles.

Les responsables du projet SETI ne sont pas restés muets à l’annonce de cette affaire. D’une part, ils ont publié un communiqué, rédigé par Seth Shostak, et, d’autre part, Drake s’est prêté à une interview au profit de chercheurs allemands, dans laquelle, lorsqu’on lui montre de grandes photos des crops de Chilbolton, il affiche un grand sourire, ne manifeste aucune surprise, ne pose aucune question, et ironise poliment. Il dit par exemple qu’au lieu d’endommager les cultures, les ET auraient mieux fait de venir déposer à l’entrée du radiotélescope une preuve irréfutable de leur existence. En apparence, il n’envisage pas un seul instant que le crop du 20 août puisse être une réponse au message d’Arecibo.

On devine sans peine la suite : en France, le grand public n’a rien su, ni du premier crop de Chilbolton, ni du second. Sur Roswell, on ne lui avait servi que la mascarade de l’autopsie. Il y a égalité de traitement envers toutes les grandes affaires ! »

Joel Mesnard Les apparitions d'OVNIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

e) La vague belge :

Pages 42 et 46-47 du Hors-Série de « Science et Vie », la vague belge d’OVNIs est évoquée en termes extrêmement réductionnistes (ce qui n’a rien de surprenant) et de façon tout à fait erronée. Cette vague d’observations (entre 1989 et 1992) est en effet présentée comme étant une « parfaite illustration de l’effet du conformisme social » (sic), cet effet ayant été censé s’être déroulé en plusieurs étapes :

Cette affirmation erronée (nous allons le voir plus loin) est aussi présente dans la formulation page 42 où la vague belge est réduite à un cas de « contagion psycho-sociale, selon les experts ». En réalité, les « experts » évoqués sont seulement les spécialistes du dénigrement systématique en matière d’OVNIs, parmi lesquels Jean-Michel Abrassart, lequel est aussi cité dans le numéro 52 de juillet-août 2016 (page 6) de « Science et inexpliqué », avec comme titre inadéquat (car, loin d’être nouvelle, cette « thèse » appliquée à la vague belge est connue depuis longtemps) : « Vague belge : nouvelle hypothèse une fois ! ». Nicolas Montigiani cite ainsi Jean-Michel Abrassart et Nicolas Gauvrit qui disent qu’« on sait que notre perception visuelle est loin d’être optimale, surtout la nuit : notre estimation des vitesses et des distances n’est pas fiable », et qui ajoutent que nous sommes « influencés par les croyances de nos pairs et par les médias : si beaucoup de personnes nous ont rapporté avoir vu des ovnis, la probabilité que nous pensions en voir également s’en trouve augmentée ». Une façon insidieuse de prétendre qu’on ne peut pas avoir affaire à une incursion importante, sur une période limitée de temps, d’engins d’origine « exogène », tout s’expliquant par le concept inventé (pour la circonstance) de « contagion psycho- sociale », cette dernière étant définie, dans le Hors-Série de « Science et Vie », comme une tendance à reconnaître, en présence d’un phénomène incompris, « ce dont on a entendu parler sur la place publique ». A noter qu’à propos de la photo truquée de Patrick Maréchal, on nous dit, page 42, que la maquette utilisée avait été fabriquée « pour coller aux formes décrites dans les témoignages de l’époque ». Ce qui signifie que le faussaire s’est inspiré de témoignages préexistants et donc que ce n’est pas sa maquette qui a influencé les témoignages répertoriés ! Et c’est aussi ce qui contredit de façon formelle l’allégation (donnée plus haut) page 47, à propos de cette photo de Patrick Maréchal : « La preuve définitive que les observations ne reposaient sur rien d’autre qu’un phénomène d’emballement collectif ». Les rédacteurs/rédactrices de « Science et Vie » se sont ainsi « mélangés les pinceaux »… C’est ici qu’il faut mettre la déclaration suivante (également mise dans mon texte sur la vague belge dans la même rubrique : « La vague d’OVNIs sur la Belgique ») du général Wilfried De Brouwer telle qu’on peut la lire dans le livre (« OVNIs : des généraux, des pilotes et des officiels parlent ») de Leslie Kean publié en France en 2014 chez Dervy :

« La photographie de Petit-Rechain a été publiée bien après que la plupart des observations d’ovnis aient été réalisées pendant la vague belge, et il est donc clair que des centaines de témoins n’ont pas été affectés par ce canular. Au contraire, le canular était basé sur les témoignages déjà enregistrés et non l’inverse. Ces centaines d’observations restent aussi consistantes qu’auparavant. L’incident de Petit-Rechain n’est qu’une péripétie et il n’affecte en rien les observations authentiques faites pendant la vague belge. » (W. De Brouwer)

Voici par ailleurs comment je termine mon texte (sur le présent site) sur la vague belge :

La précision de nombreux témoignages (…), comme ceux des gendarmes Heinrich Nicoll, Hubert von Montigny, Dieter Plummans et Peter Nicoll, rend ridicule la thèse de l’influence « sociopsychologique » subie par des gens via les médias, et ce d’autant plus que les caractéristiques des objets (vol silencieux, forme triangulaire, etc.) se rencontrent ailleurs dans le monde (vallée de l’Hudson dans les années 1980, « lumières de Phoenix » en 1997, etc.). L’hypothèse « explicative par défaut » (sic) invoquée par Abrassart et Gauvrit, présentée par ces individus comme étant « la plus simple », est en fait la plus ridicule lorsqu’on la confronte au contenu d’un grand nombre de témoignages recueillis. Contrairement à ce qu’ils insinuent, cette interprétation « fondée sur des phénomènes connus » (sic) n’est pas cohérente « avec ce que nous savons des comportements humains » (sic) car elle ne cadre pas du tout avec le contenu informationnel et le recoupement des témoignages. En conséquence, ce n’est pas aux défenseurs du caractère inexpliqué de la vague belge de prouver qu’il y a réellement quelque chose « dans cette histoire » (sic) qui ne s’explique pas par des faits ordinaires, l’Armée de l’Air ayant elle-même déclaré qu’elle n’avait pas d’explication aux nombreuses observations rapportées. Cette dernière déclaration montre, contrairement à ce qu’insinuent les deux « sociopsychologues » spécialistes du dénigrement systématique, que les défenseurs du caractère inexpliqué de nombreuses observations n’ont pas « jusqu’à présent échoué » (sic) à montrer cela.

 

f) « Paralysé par des extraterrestres… ou par le sommeil ? » :

Dans le dossier sur le « paranormal » qui se trouve dans le numéro d’août 2015 de « Science et Vie », l’auteure a privilégié l’explication des « abductions » (enlèvements extraterrestres) par le phénomène dit de « paralysie du sommeil ». Du coup, il n’y aurait, dans le phénomène, rien de physique ou d’exogène, le tout étant censé pouvoir s’expliquer en termes psychologiques… Cette explication fantaisiste a la faveur d’une kyrielle de ratio-scientistes bornés et sectaires, parmi lesquels, bien sûr, les « sociopsychologues ». Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que l’on trouve ce petit commentaire page 46 du numéro de juillet 2016 de la même revue « Science et Vie » :

« Un phénomène neurologique pourrait expliquer les ‘abductions’, nom donné aux enlèvements par des extraterrestres. Les sensations physiques que les victimes rapportent (paralysie, éblouissement, impression d’avoir été étudié intimement…) et les effets psychologiques associés (anxiété, désorientation, cauchemars…) pourraient être une conséquence de la ‘paralysie du sommeil’. Ce trouble survient lors d’un réveil soudain au cours d’une phase de sommeil paradoxal, en plein rêve, alors que corps et cerveau sont désynchronisés. On se trouve dans l’incapacité de bouger et le cerveau, qui revient peu à peu à l’éveil, tente de trouver une explication, parfois des plus farfelues, à ce mélange de rêve et de réalité qu’il expérimente. »

Dans mon texte de critique qui se trouve sur le présent site Web : « ‘Science et Vie’ et le paranormal. Critique du dossier d’août 2015 » (rubrique « Parapsychologie »), il y a la critique de cette interprétation réductionniste et simpliste des « abductions ». Je me contente ici de donner cet extrait :

« Richard McNally suggère que la paralysie du sommeil, associée à des hallucinations, est à l’origine de ce que vivent les experiencers. Selon cette hypothèse, un épisode de paralysie du sommeil provoque une hallucination terrifiante pour le sujet. Ensuite, l’experiencer qui serait, selon Richard McNally, une personne aisément influençable et versée dans la science-fiction ou l’ésotérisme, s’inventerait de manière inconsciente de faux souvenirs de ‘rencontre extraterrestre’ par une sorte d’autosuggestion, et ce, lors de séances de régression hypnotique. Pour Richard McNally, tous les détails des procédures ‘d’enlèvement extraterrestre’ viendraient des croyances populaires, de la télé, des lectures, en somme de la culture américaine sur le sujet.

Or, le phénomène a commencé avant que l’on en parle dans les séries télé, et ces expériences sont rapportées à travers le monde entier, dans des pays aux cultures très éloignées de celle des Etats-Unis.

Selon la thèse de Richard McNally, reprise par la psychologue Susan Clancy, on aurait donc affaire à de banales mais terrifiantes et réelles hallucinations qui se produiraient dans des phases particulières de sommeil et auxquelles les experiencers, des personnes fragiles, voudraient ensuite donner un sens en imaginant autour tout un contexte irréel.

On notera que Karin a fait partie des six femmes du groupe d’étude. Elle précisa à Stéphane Allix qu’aucun de ses souvenirs ne lui est revenu au cours d’une régression hypnotique. Elle sait pertinemment qu’elle ne rêvait pas.

Ce fut au tour de John Mack de s’exprimer. Il a observé que la plupart des hypothèses proposées à propos de ce que vivent les experiencers font systématiquement abstraction d’un nombre significatif de caractéristiques propres au phénomène. Il précisa que la théorie de Richard McNally, celle d’un mélange de paralysie du sommeil et d’influence de films de science-fiction, lui paraissait très incomplète et qu’il ne la trouvait pas satisfaisante. Il s’est borné à souligner qu’un nombre important de ces expériences se produit à travers le monde entier, en pleine journée, dans des circonstances où l’experiencer n’est manifestement pas dans une phase de sommeil, comme lorsqu’il est au volant de sa voiture par exemple. John Mack a dit qu’il est convaincu que la source de ces expériences ne se trouve pas sur un plan neurophysiologique. Aucune pathologie n’a pu être identifiée. Il n’y a pas de lien avec un dérèglement cérébral… Rien ne permet d’établir que les experiencers sont mentalement dérangés. »

Voici un autre extrait :

« Des études ont montré qu’au moins 40 ou 50% des gens sont sujets à la paralysie du sommeil. Le sujet paralysé se sent complètement éveillé et ‘voit’ sa chambre. Or, les études en laboratoire menées au Japon montrent que, dans certains cas, les sujets n’ouvrent même pas les yeux pendant la paralysie du sommeil.

David Hufford, professeur en sciences humaines à la Faculté de médecine de l’Université de Pennsylvanie, note qu’il s’agit d’un phénomène ‘complexe et étrange, extrêmement réel pour ceux qui en sont les victimes’. Dans les trois quarts des cas, les gens entendent et voient apparaître quelque chose, et, à l’origine de cela, il y a sûrement, ajoute David Hufford, ‘un stimulus réel indépendant de l’imagination’. Il est incapable de dire d’où viennent ces rêves.

Le psychologue Kazuhiko Fukuda, de l’Université de Fukushima (Japon), pense que la paralysie du sommeil peut expliquer les enlèvements par des extraterrestres. De même, Al Cheyne, professeur de psychologie à l’Université de Waterloo (Canada), a écrit que les trolls ou les sorcières ne constituant plus des interprétations valides des hallucinations (sic) des ‘abductees’, l’explication en termes d’extraterrestres est plus acceptable de nos jours. Selon Al Cheyne, sur 2000 personnes ayant connu une paralysie du sommeil, plusieurs centaines ont décrit leurs expériences au moyen d’un récit d’enlèvement.

‘La sensation d’une présence, la vision d’ombres se mouvant dans la pièce et l’immobilité, les pressions sur certaines parties du corps ressenties par le sujet, ne correspondent plus à l’attaque d’un démon, mais plutôt à celle de créatures extraterrestres. Et les sensations de flottement rendent comptent des récits de lévitation jusqu’au vaisseau extraterrestre.’ (Al Cheyne)

Robert Baker, professeur de psychologie à l’Université du Kentucky, a écrit que ‘les gens se réveillent en pleine nuit avec l’impression de ne plus pouvoir bouger, en proie à de violentes hallucinations peuplées de diables et de diablotins’, ces crises ayant été attribuées, au Moyen Âge, aux démons, alors que leurs équivalents modernes se nomment extraterrestres. C’est ce que l’on appelle ‘les rêves éveillés’.

Fabrice Bonvin note que cette explication par la paralysie du sommeil peut être envisagée… ‘à condition d’éliminer la moitié des éléments qui constituent le dossier des enlèvements’ :

D’abord, une partie des enlèvements se déroule durant la journée, quand le sujet est éveillé. John Mack a ainsi relevé que ces expériences surviennent très souvent ‘à un moment de parfaite conscience, nullement dans un état hypnagogique (état qui précède immédiatement le sommeil) ou de rêve’.

Deuxièmement, les ‘abductees’ rapportent des détails et des séquences d’événements similaires, quels que soient leur culture ou leur vécu. Le phénomène de paralysie du sommeil ne peut rendre compte d’une telle similarité.

Troisièmement, les ‘ravis’ montrent des réactions phobiques à des événements ou des objets qui rappellent l’événement, ce que la paralysie du sommeil ne peut expliquer.

Quatrièmement, la paralysie du sommeil ne peut expliquer les répercussions physiques sur le témoin, telles que les cicatrices.

‘De plus, la paralysie du sommeil tend à produire des symptômes de narcolepsie – un dysfonctionnement neurologique caractérisé par un désir de sommeil disproportionné. Les individus souffrant de narcolepsie sont également sujets à la cataplexie – une perte soudaine du contrôle du tonus musculaire. Mais si tous les sujets souffrant de paralysie du sommeil ne sont pas systématiquement atteints de narcolepsie ou de cataplexie, les ‘abductees’ interrogés ne souffrent ni de narcolepsie, ni de cataplexie. Des électroencéphalogrammes appliqués aux ‘abductees’ n’ont pas révélé de causes neurologiques pouvant expliquer les enlèvements.’ (F. Bonvin)

Fabrice Bonvin conclut que l’hypothèse de la paralysie du sommeil ‘revient à substituer un mystère par un autre’ et omet de rendre compte de nombreux aspects de l’énigme des enlèvements. »

 

g) Le GEIPAN :

Sous le titre : « En direct du Geipan. La vérité est ici », on trouve, dans le Hors-Série de « Science et Vie » de juillet 2016, quelques pages consacrées au groupe d’études, basé à Toulouse, des phénomènes aérospatiaux non identifiés.

On évoque le cas d’une personne qui (en mai 2010) a constaté après coup sur une photo la présence d’un objet qui s’est révélé n’être, à l’analyse, qu’un insecte très proche de l’objectif. On trouve, dans une colonne, un listing de méprises possibles : drones ou ailes volantes (lumières rouges, blanches ou multicolores, avec un déplacement irrégulier), ballon-sonde, planète ou étoile (point brillant immobile), lanternes thaïlandaises (plusieurs points lumineux jaune orangé, blancs, rouges ou violets, mobiles dans le ciel), météorite ou météore (un trait visible quelques secondes), rentrée atmosphérique d’un débris de satellite ou de fusée (traînée lumineuse colorée ou objet gris constellé de points lumineux). Si 10% des observations signalées au GEIPAN restent inexpliquées, 90% des observations s’explicitent de la sorte :

On évoque, incidemment, une autre structure officielle d’étude des phénomènes spatiaux non-expliqués, celle qui se trouve au Chili : le CEFAA (comité pour l’étude des phénomènes aériens anormaux) créé en 1997 par la direction générale de l’aéronautique civile chilienne. Comme le GEIPAN, ce groupe recueille et analyse les témoignages. Le CEFAA reçoit une centaine de cas par an, 95 à 98% d’entre eux étant expliqués. Le groupe peut étudier des cas en provenance d’autres pays d’Amérique latine. Commentaire de « Science et Vie » :

« Là-bas aussi, nombre de cas étudiés s’expliquent par la présence de lanternes thaïlandaises dans le ciel. Autres facteurs prêtant à confusion : les phénomènes météorologiques et… les insectes qui passent trop près des appareils photo ou des caméras ! »

Que cela signifie-t-il ? Que les cas étudiés par ces deux organismes, le français et le chilien, ne présentent pas un grand intérêt et n’ont, pour la grande majorité d’entre eux, aucun rapport avec les « vrais » OVNIs… On ne trouve pas de cas de RR3, d’« abduction », etc., aucun cas, donc, « à haute étrangeté ». Notons, en ce qui concerne le GEIPAN, que l’un de ses directeurs, Jean-Jacques Velasco, avait, à la fin de son mandat à la tête de l’organisme, publié un livre dans lequel il défendait l’origine extraterrestre de certains OVNIs. Il se basait, pour arriver à cette conclusion, sur l’étude de dossiers ne se limitant pas aux quelques cas inexpliqués répertoriés par le GEIPAN, mais sur des cas survenus à l’échelle mondiale. Mais les directeurs qui se sont succédé après lui à la tête du GEIPAN sont « rentrés dans les rangs », aucun d’entre eux ne soutenant l’hypothèse extraterrestre pour expliquer le résidu de cas inexpliqués. Ce n’est, disent-ils, qu’une hypothèse « parmi d’autres »… Il ne faut donc rien attendre de ce type d’organisme, contrairement à ce que pensent des personnes, comme Leslie Kean, un peu trop « optimistes » à son égard. On trouve, dans le numéro 52, de juillet-août 2016 (pages 10-11), de « Science et Inexpliqué », une interview de l’ingénieur en télécommunications Jean-Paul Aguttes, le successeur, en 2016, de l’ingénieur informaticien Xavier Passot comme responsable du GEIPAN.

Le GEIPAN distingue les catégories suivantes :

Les lanternes thaïlandaises représentent jusqu’à un tiers des signalements. Pour les 10% de cas inexpliqués, le problème réside dans les témoignages uniques que l’on ne peut « ni recouper ni étoffer avec plusieurs sources » (Michaël Vaillant, consultant pour le GEIPAN). Il y a le problème des drones, ces objets pouvant être plus ou moins lumineux et se présenter sous des formes et des couleurs très variées. Au sein du GEIPAN, il n’y avait eu, au moment de l’interview pour « Science et Vie », qu’un seul cas attribué, rétrospectivement, à un tel engin. En 2014, le GEIPAN a recueilli 251 témoignages, contre 303 en 2015.

Il existe deux nouveaux projets :

h) 12 « vrais OVNIS » :

A la fin du dossier OVNIs du numéro Hors-Série de « Science et Vie », on trouve une liste de 12 cas inexpliqués, 12 « vrais OVNIs » :

Ces douze cas sélectionnés, issus des archives déclassifiées de la CIA, du GEIPAN ou d’autorités locales, sont résumés dans la revue. Faisant référence aux cas inexpliqués en général, Simon Devos déclare, à tort, qu’il n’existe qu’une poignée de sources fiables (les archives déclassifiées de la CIA, le GEIPAN), avec un commentaire désobligeant à propos des ufologues qu’il qualifie de « particuliers autoproclamés spécialistes en ovnis, dont une majorité est persuadée de l’origine extraterrestre de ces phénomènes ». En réalité, ce sont bien les ufologues de terrain qui, pendant des décennies, ont fait le gros du travail pour le recueil et l’analyse des cas parvenus à leur connaissance. Quant aux « spécialistes autoproclamés en OVNIs », ils ont le mérite de bien connaître le sujet (même s’ils appartiennent à des « écoles de pensée » différentes), et le fait que certains d’entre eux (dont je fais partie) en sont venus à la conclusion d’une présence (passée et présente) extraterrestre est la conséquence d’une étude de longue date du sujet,

A noter que la référence par la CIA aux avions U-2 pour expliquer de nombreuses observations n’est pas crédible (voyez plus haut ce qu’en dit Gildas Bourdais). Quant au GEIPAN, la presque totalité de ses cas ne présente pas un grand intérêt. Les ufologues (pas les « sociopsychologues » et autres zététiciens), tant vilipendés, ont beaucoup mieux à faire valoir.

Faisant allusion au projet Blue Book (commission mise en place par l’armée de l’Air américaine dans les années 1950), Simon Devos rappelle que sur 12 618 cas de 1952 à 1969, 701 sont restés non-résolus (soit 5,5%).

Alain Moreau

 

Référence :

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Un commentaire

  1. Etude très intéressante que je partage en majorité. Quelques points mériteraient un approfondissement, par exemple l’histoire de l’antigravité qui pourrait donner un statut d’hybride (ET-terrien) aux engins de la vague Belge (trop long à développer dans un commentaire). Il serait aussi intéressant de prendre en compte les photos de structures techniques à la surface de la Lune et de Mars (souvent maquillées par la NASA).
    Je pense qu’il est plus intéressant de poursuivre notre recherche de la vérité que d’étudier les états d’âme des opposants irréductibles……

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