Sathya Saï Baba (1926-2011)

Sai Baba

L’instructeur spirituel indien Sathya Saï Baba est considéré par de nombreux disciples comme ayant été un Avatar (une incarnation du divin).

 

A droite : Saï Baba

 

 

 

 

 

  I. Le décès, en avril 2011, de Sathya Saï Baba :

Sathya Saï Baba avait annoncé, il y a longtemps, qu’il quitterait son corps à l’âge de 95 ans. Il est en réalité parti le 24 avril 2011 à l’âge de bientôt 85 ans ! Voici l’annonce de son décès, faite sur Yahoo ! :

« Le gourou hindou Sathya Sai Baba, vénéré comme un dieu par des millions d’adeptes dans le monde, est mort dimanche à l’âge de 84 ans. Il s’est éteint dans un hôpital près de son ashram de Puttaparthi, un village de l’Andhra Pradesh dans le sud de l’Inde, selon le directeur de l’hôpital, le Dr A.N. Safaya.

book_cover-frDepuis plus de trois semaines, le gourou se trouvait sous assistance respiratoire et dialyse à l’Institut médical Sathya Sai, dont la direction a lancé un appel au calme. Un important dispositif policier était déjà déployé à Puttaparthi depuis son hospitalisation le 28 mars.

Des centaines de milliers de personnes sont attendues à ses funérailles qui seront organisées mercredi. L’Etat d’Andhra Pradesh a décrété quatre jours de deuil. La dépouille du gourou devait être exposée à partir de dimanche soir et jusqu’à mardi dans le temple où les fidèles ont commencé à affluer après l’annonce de son décès.

Sri Sathya Sai Baba était un chef spirituel qui a inspiré des millions de personnes à mener une vie morale et à lui donner du sens, même si elles suivaient la religion de leur choix’, a réagi le Premier ministre indien Manmohan Singh. Sa mort est ‘une perte irréparable pour tous et la nation est profondément endeuillée’, a-t-il ajouté dans un communiqué.

N. Kiran Kumar Reddy, Premier ministre de l’Etat d’Andhra Pradesh, a salué la mémoire de Sathya Sai Baba, ‘symbole d’amour, d’affection et de passion‘.

L'homme des miraclesAvec sa tenue safran et son épaisse chevelure emmêlée, Sathya Sai Baba, né le 23 novembre 1926, comptait un important nombre de fidèles dans des ashrams dans plus de 126 pays, dont des stars du monde de la politique, du sport, du cinéma ou de l’industrie. Il avait aussi fait l’objet de controverses, après des allégations d’abus sexuels et ou de falsification de prétendus miracles.

Né le 23 novembre 1926 à Puttaparti, Sathyanarayana Raju s’était proclamé lui-même en 1940 un ‘avatar’, ou réincarnation, d’un homme sacré hindou, le Sai Baba de Shirdi, une ville de l’Etat de Maharashtra dans l’ouest de l’Inde, mort en 1918.

En 2004, lors d’une émission de la britannique BBC, Secret Swami, au moins deux fidèles américains avaient affirmé avoir subi des attouchements sexuels de la part du gourou qui aurait prétendu selon eux qu’il s’agissait d’un rituel de guérison. Le gourou et son ashram ont toujours démenti les allégations d’abus sexuels et il n’avait jamais été inculpé d’aucun crime. »

Voici un extrait d’un autre texte (Aijaz Rahi, The Associated Press, La Presse Canadienne, 25 avril 2011) :

« PUTTAPARTHI, Inde – Des milliers de personnes ont rendu un dernier hommage lundi à Sathya Sai Baba, un gourou hindou vénéré par des millions d’adeptes dans le monde pour ses conseils spirituels et ses pouvoirs de guérisseur, mais accusé par certains d’être un charlatan.

Le décès du gourou, survenu dimanche à l’Institut médical Sathya Sai où il était hospitalisé depuis le 28 mars, a suscité un grand chagrin chez ses fidèles, parmi lesquels figurent des politiciens, des vedettes de cinéma, des athlètes et des industriels indiens. La plupart d’entre eux ont dépeint l’homme de 84 ans comme quelqu’un de pieux et d’altruiste qui utilisait les milliards de dollars recueillis par sa fondation pour aider les autres.

Les photographies de Sathya Sai Baba, immédiatement reconnaissable à sa crinière noire et frisée ainsi qu’à ses robes oranges, ornent des millions de maisons et de voitures dans son pays natal comme à l’étranger. Plusieurs de ses adeptes faisaient des pèlerinages annuels à son ashram de Puttaparthi, un village de l’Andhra Pradesh dans le sud de l’Inde.

L’annonce de sa mort a attiré des milliers de fidèles dans le principal temple de l’ashram où la dépouille du disparu est exposée dans un cercueil de verre entouré de fleurs et surplombé par un immense portrait de lui.

Lundi, le dalaï-lama a offert ses condoléances aux admirateurs de Sathya Sai Baba, affirmant que sa disparition l’attristait. Le premier ministre indien, Manmohan Singh, a pour sa part déclaré que le pays se souviendrait du gourou comme de quelqu’un ayant inspiré des millions de personnes en quête de valeurs et de sens. »

Sur www.france-info.com, on apprend que Sathya Saï Baba avait été hospitalisé pour un problème cardiaque, une congestion pulmonaire et une défaillance rénale. L’Etat d’Andhra Pradesh a décrété quatre jours de deuil.

Voici ce qu’on lit, à l’occasion du décès de Saï Baba, dans le numéro de juin 2011 de “Partage international” :

« C’est avec grande tristesse que nous avons appris le décès de Saï Baba le 24 avril dernier. Sa mort a été relatée dans les quotidiens du monde entier.

Benjamin Creme disait souvent : Saï Baba est l’Être divin le plus réalisé qui honore cette planète de sa présence.’

41dxzvXcDTL._SX303_BO1,204,203,200_Il est un Avatar, non pas issu de l’évolution de la Terre, mais un visiteur cosmique, pour ainsi dire. Saï Baba est un Régent spirituel, un représentant de la Divinité sur notre planète, et il incarne l’énergie de l’Amour cosmique, le principe christique à un niveau cosmique. Cette énergie continue à émaner de lui sur le monde entier.

Benjamin Creme a expliqué : ‘C’est une grande perte, mais Saï Baba n’est pas parti ; bien qu’il ait quitté son corps physique, il continue son travail.’

Saï Baba était la deuxième des trois incarnations sur Terre d’un grand être spirituel : la première incarnation était en tant que Saï Baba de Shirdi, la deuxième en tant que Sathya Saï Baba, qui a lui-même prédit que sa troisième et dernière incarnation se ferait au début du 21ème siècle en tant que Prema Baba et qu’il naitrait dans l’Etat de Karnataka.

La vie de Saï Baba fut une vie vouée au service ; et le service est au centre de tous ses enseignements. Parmi d’autres réalisations, on trouve des hôpitaux ultramodernes gratuits, des écoles et des universités, construits en Inde et dans d’autres pays sous sa guidance… ou bien l’approvisionnement gratuit en eau de plusieurs villages.

Ce grand Avatar assure également le rôle de stimulant de l’amour inné de l’humanité en général, ce qui ouvre le centre du cœur de ceux qui approchent la première initiation.

Comme le savent les lecteurs de Partage international, Saï Baba et Maitreya travaillent ensemble pour la régénération du monde, incarnant tous deux la même énergie – Saï Baba, le principe christique au niveau cosmique, et Maitreya, le même principe au niveau planétaire. Lors des conférences publiques de B. Creme, Saï Baba et Maitreya adombrent ensemble B. Creme, montrant la connexion entre ces deux Grands Avatars.

Benjamin Creme a décrit comment Saï Baba avait initié ce processus, en 1982, lors d’une conférence dans une université américaine : alors qu’il répondait à une question sur la relation entre Maitreya et Saï Baba, Benjamin Creme sentit soudain une formidable énergie descendre en lui, ‘comme un train express, de plus en plus vite’. Il demanda à son Maître ce qui s’était passé, et ce dernier répondit : Saï Baba a ajouté sa bénédiction pour le public.’ Ce processus a continué depuis et nous comprenons qu’il se poursuivra.

Ces dernières années, on a pu observer se répandre – provenant de certains milieux – un dénigrement de la personne de Saï Baba, de ses activités et de leur valeur ; il a été accusé de tromperie et de mauvais usage de ses pouvoirs. Benjamin Creme a toujours défendu la valeur du travail de Saï Baba et la réalité des miracles qu’il accomplissait pour ses millions de fidèles à travers le monde. Comme l’exprime B. Creme : ‘Les plus grands arbres portent les meilleurs fruits, mais ils attirent aussi les plus grosses pierres.’

Au fil des années, la revue ‘Partage international’ a souvent publié des articles et des témoignages concernant Saï Baba. Nous voulons exprimer notre sympathie à tous ses co-workers et fidèles du monde entier. » (1)

 

– 85/95 ans, année lunaire/année solaire :

Le saint homme et le psychiatreSaï Baba avait annoncé, il y a longtemps, qu’il quitterait son corps à l’âge de 95 (ou 96) ans. Or, il n’allait faire « que » 85 ans. Les détracteurs de Saï Baba ne doivent pas manquer de mettre en exergue cet « échec », en présentant celui-ci comme étant la preuve de l’inanité des prétentions du personnage.

D’un autre côté, on aurait pu penser que les départs « prématurés » de Swami Premananda et de Saï Baba, et ce, à deux mois d’intervalle la même année, signifiaient peut-être que les deux Avatars « laissaient de la sorte la place » à l’imminente manifestation publique de Maitreya, l’Instructeur mondial pour l’ère du Verseau… Rien de tel, en fait, si l’on en croit Benjamin Creme. Ce dernier dit en effet que Saï Baba n’est pas venu en tant que Christ cosmique pour préparer l’humanité pour le travail de Maitreya, « mais pour réaliser ses propres desseins en tant qu’Avatar », et que le décès de Saï Baba n’a rien à voir avec la proximité ou non du travail de Maitreya dans le monde au grand jour.

Un lecteur ou une lectrice de la revue “Partage international” a posé la question suivante :

Saï Baba est supposé avoir dit qu’il vivrait jusqu’à l’âge de 96 ans, mais il vient de mourir à l’âge de 84 ans. Sa prédiction était-elle inexacte ?

Réponse de Benjamin Creme :

« L’explication exacte, donnée par sri Philip M. Prasad, un disciple de Saï Baba, a été publiée dans le Malayalam Daily, à Kerala (Inde), le 25 avril 2011 : ‘Ce que Baba avait prédit était en fait correct. Selon le calendrier romain, il avait 84 ans. Mais on peut remarquer que dans tous ses discours Baba basait ses calculs sur l’étoile (calendrier lunaire). Dans l’astrologie indienne, il y a 27 étoiles dans un mois commençant avec Aswathy et se terminant avec Revathy. Une année de douze mois est ainsi composée de 324 jours. Saï Baba est né le 23 novembre 1926. Entre cette date et le 24 avril 2011, il y a un total de 30 834 jours. Si on divise ce nombre par 324, on obtient 95 ans et 54 jours. En se basant sur les calculs basés sur l’étoile, il se trouvait dans sa 96ème année lorsqu’il a quitté son corps physique.’ » (2)

Il aurait donc fallu tenir compte de « l’année lunaire » et non de « l’année solaire » ! Une explication « tirée par les cheveux » ? Ne serait-ce pas plutôt pour « sauver la face » ?

Voici maintenant le témoignage d’un lecteur britannique de “Partage international” :

« J’aimerais partager une expérience qui m’est arrivée le dimanche de Pâques, le 24 avril 2011. Avant un repas de famille, je prenais un verre avec ma mère et mon grand-père dans la maison de ma mère. Nous buvions du vin. Ce vin avait le goût habituel du vin. Je finis mon verre et décidai de m’en verser un autre. En buvant une gorgée, ma bouche fut soudain remplie du goût et du parfum caractéristiques de la vibhuti. Je fus abasourdi par la soudaineté et l’intensité de l’expérience. En continuant à boire, je constatai que le goût du vin était complètement surpassé par ce goût de vibhuti.

Après le repas et le départ de la famille, je décidai de sortir un livre sur Saï Baba. Il s’ouvrit à une page significative pour moi. Un peu après, je décidai d’aller sur Google pour faire des recherches sur Saï Baba, ce que je fais très rarement. A mon grand étonnement, je découvris qu’à 7 h 40 à l’heure indienne ce même jour, Saï Baba avait quitté son corps. Je remarquai que le compte rendu de YouTube confirmant la triste nouvelle avait commencé à se charger à 19 h 40, exactement douze heures après son décès. Je n’ai pas fait ceci intentionnellement. Le son a démarré à 7 h 41, 41 étant un nombre d’une importance considérable pour moi, et cela complétait le message indiqué sur le livre que j’avais ouvert.

Je ne suis pas en mesure de savoir si cette expérience venait directement de Saï Baba ou d’une part plus élevée de moi-même qui était consciente de son décès avant moi et qui a lié le message de la mort de Saï Baba avec un message personnel très important. »

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que l’expérience avait été manifestée par Saï Baba. (3)

 

II. Des accusations de pédophilie et de triche :

Sathya Saï Baba ayant fait l’objet de graves accusations, il n’est pas possible, ici, de faire l’impasse sur celles-ci.

Voici ce que l’on peut lire sur le site www.prevensectes.com :

« L’urgence d’écarter certains dangers qui pèsent sur des jeunes nous amènent à interrompre la série de bulletins consacrés aux mouvements cités dans le rapport parlementaire Les sectes et l’argent’ de 1999. Nous la reprendrons au prochain numéro.

Tout est parti d’une déclaration officielle et stupéfiante de l’UNESCO qui annonce qu’elle se retire de tout partenariat avec l’association de Sathya Saï Baba en raison d’accusations d’abus sexuels sur des jeunes et des enfants perpétrés par Saï Baba lui-même.

Sachant que nombre d’adeptes français de Saï Baba ignorent tout cela et se rendent à l’ashram du gourou en Inde, accompagnés de leurs enfants parfois, il devient nécessaire de les prévenir des risques auxquels ils s’exposent.

Cette affaire d’abus sexuels sur des jeunes hommes et de pédophilie a largement dépassé le stade de la rumeur, car nous avons reçu des témoignages écrits du monde entier, et certains journaux, à l’étranger, commencent à réagir, ainsi que plusieurs sites sur Internet, notamment »

 

1. Déclaration de l’UNESCO au sujet de Sai Baba :

sathya-sai-baba-laughing« L’UNESCO a retiré son patronage et annulé sa participation à une conférence qu’elle devait co-organiser avec l’Institute of Sathya Sai Education (ISSE, Thaïlande) et The Flinders University Institute of International Education (Australie), du 25 au 29 septembre à Puttaparthi en Inde. La décision signifie que l’UNESCO n’est plus impliquée d’aucune manière, qu’il s’agisse du patronage, de l’organisation ou de la participation à la conférence : Renforcer l’éducation aux valeurs : Approches innovatrices en matière d’éducation des enseignants à la paix et à la compréhension internationale’.

Plusieurs facteurs sont â l’origine du retrait de l’UNESCO. Certaines décisions ont été prises par ISSE sans consultation, concernant notamment la tenue de certaines sessions à 1’Ashrarn du mouvement Sathya Sai à Puttaparthi et l’inclusion dans le programme d’intervenants sans leur accord préalable. Par ailleurs, l’Organisation a appris avec préoccupation que des accusations d’abus sexuels sur des jeunes et des enfants sont portées à l’encontre du dirigeant du mouvement en question, Sathya Sai Baba. S’il ne lui appartient pas de se prononcer à ce propos, l’Organisation rappelle ses positions et ses actions résolues contre l’exploitation sexuelle des enfants, en application de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant qui engage les Etats parties à protéger l’enfant contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et de violence sexuelle.

Service de presse Paris, 15 septembre 2000 – . Tél +33 (0) 1 45 68 17 44 – Fax : +33 (0) 1 45 68 56 52 »

 

2. Des affirmations grandiloquentes :

Voici comment Sai Baba est présenté sur ce site :

“Nous nous étions déjà intéressés au cas de Sathya Sai Baba dans notre bulletin n° 34 (1997) où nous mettions en exergue certains aspects de ce personnage.

Pour être plus précis, nous exprimions notre stupéfaction de ce que Sai Baba exigeait de ses adeptes qu’ils l’adorent comme un Dieu en échange d’une protection spirituelle ou pour échapper à des menaces spirituelles, et le plus fort c’est qu’il obtenait satisfaction.

C’est ainsi que les adeptes en arrivaient à considérer que hors Babaji, la famille, le travail, et tout le reste, tout n’est qu’illusion négligeable. A tel point, qu’une meurtrissure physique assenée par Sai Baba était ressentie comme une suave bénédiction.

Dans ce contexte, on ne sera pas trop surpris, dans le dossier qui suit, de constater que des adeptes masculins hétérosexuels aient cédé aux traumatisantes agressions sexuelles de Sai Baba, les confondant, malgré leur trouble, à des grâces spirituelles.

Le niveau de dépendance mentale des adeptes :

II se mesure notamment à la mégalomanie et au narcissisme du gourou, qui sont inversement proportionnels à la soumission et à l’aveuglement des adeptes. Voici, extraits de Sathya Sai Baba, le saint homme et le psychiatre, du docteur Sandweiss (L’or du temps, 1990), quelques paroles et actes de Sathya Sai Baba.

‘Je secours tous ceux qui M’adorent et Me rendent hommage comme il le faut… Personne ne pourra jamais saisir Ma gloire dans son entier… Vous serez témoins de cette gloire dans les années à venir.’

Avec ces affaires d’abus sexuels, il semble bien que ce ne soit pas la gloire de Sai Baba qui arrive, mais la honte.

Notez aussi, ci-dessus, qu’en plus d’être un faux prophète, Sai Baba est doté d’un orgueil rare allant jusqu’à permettre que les pronoms personnels le désignant soient affublés d’une majuscule, comme s’il était Dieu.

Même le plus grand de tous les savants ne peut me comprendre avec comme seul appui sa connaissance scientifique… Si seulement vous vous abandonniez au Seigneur, il vous protégerait et vous guiderait.’

Il n’y a rien que je ne puisse voir, nul endroit que j’ignore. Mes compétences sont inconditionnelles, indépendantes de tout. Je suis la totalité, le Tout.’

‘Vous ne pouvez rien faire sans ma volonté.’

Je suis en mesure de résoudre n’importe quel problème.’

Certains pourraient objecter que puisqu’il peut tout, Babaji devrait résoudre les problèmes de famine, de misère et de guerre dans le monde ; à cela, voici sa réponse :

C’est de ma volonté lorsque vous êtes atteints par la douleur… Croyez vous que je vous mettrais en présence de la douleur s’il n’y avait pas lieu de le faire.’

Mon pouvoir est incommensurable.’

Baba protège contre le mal, la magie noire, les maléfices… Mais à condition de vous abandonner au Seigneur.’

‘Chaque acte, chaque pensée doivent être dirigés vers moi, le résident de votre cœur.’

En somme, Baba veut tout : la soumission, la raison et la famille de l’adepte.

‘II ne doit pas être contesté, Baba sait mieux que moi ce qu’il me faut…’

Je suis votre mère.’

Il faut élever les enfants dans la dévotion.’

Si tu vois un aigle et que Baba te dit : c’est un corbeau ! Eh bien, c’est un corbeau.’ »

Autre citation extraite du livre référencé :

II connaît le présent, le passé, le futur… Ses pouvoirs sont incommensurables.’

 

3. Le mouvement Sai Baba :

Le critique fait ensuite cette présentation du mouvement Sai Baba :

« Ce mouvement est cité dans la liste des sectes du rapport parlementaire français de 1996.

Sathya Sai Baba, également appelé Baba, Babaji ou Swami par ses fidèles, est né le 23 novembre 1926 à Puttaparthi, en Inde du Sud.

C’est à l’âge de 13 ans qu’il proclame être la réincarnation de Sai Baba de Shirdi, un saint indien décédé en 1917, et qu’il se pose comme nouvel Avatar divin, à l’égal de Rama ou Krishna, avec tous les attributs afférents : omniprésence, omniscience et omnipotence.

L’Avatar Sai est censé se réincarner une troisième et dernière fois en la personne de Prema Sai, qui devra naître en Inde 8 ans après la mort de Sathya Sai Baba qui doit avoir lieu, comme il l’a annoncé lui-même, dans sa 96ème année, c’est-à-dire en 2022. Nous verrons bien !

Puissance :

Sai Baba possède à ce jour des centaines de milliers d’adeptes dans le monde, répartis dans 165 pays. Son organisation, le Trust SAI BABA, se trouverait à la tête d’une fortune estimée à 170 millions de dollars, issue pour l’essentiel de dons effectués par des adeptes.

Beaucoup de ces adeptes sont des intellectuels (avocats, psychiatres, écrivains, journalistes, enseignants, physiciens…) et des businessmen de haut niveau.

Sai Baba a créé dans sa région des écoles et des collèges dont la scolarité serait d’un coût modique, pour les garçons principalement, un hôpital (sur lequel d’inquiétantes rumeurs circulent), et a lancé un projet ‘eau potable’, avec un succès plus que mitigé, dans les campagnes indiennes, à l’aide de dons occidentaux.

Organisation :

C’est une structure pyramidale composée de coordinateurs internationaux, nationaux, et de centres régionaux dans chaque pays (26 en France).

En outre, il existe un organigramme propre à chaque pays, dans lequel se trouvent divers responsables de branches (spirituelles ; jeunes, services…).

L’organisation publie plusieurs brochures internes, dont Prema pour la France.

Des pèlerinages auprès du gourou sont organisés régulièrement. Sai Baba vit principalement en Inde, dans l’ashram de Prashanti Nilayam à Puttaparthi, et possède également un ashram à Bombay, un autre à Brindavan (White Field), un autre à Rishikesh (nord de l’Inde), et un cinquième à Kodaikal (sud de l’Inde) où il demeure environ un mois par an.

L’ashram de Puttaparthi est reconnu par les autorités indiennes, et à l’étranger (ambassades et consulats) comme organisme humanitaire pouvant employer des occidentaux et leur accorder un permis de travail.

Certains adeptes occidentaux y passent plusieurs années de leur vie.

La cour de l’Avatar :

Plusieurs centaines de milliers d’adeptes se pressent (notamment les plus hautes personnalités politiques de l’Union Indienne), lors des grandes fêtes religieuses (anniversaire du gourou, Noël), à l’ashram de Puttaparthi.

Habituellement, Sai Baba s’y montre (Darshan) à ses dévots deux fois par jour, pour recevoir leurs hommages.

II lui arrive de ‘matérialiser’ miraculeusement de la cendre sacrée (Vibbhuti), et il prend ensuite des groupes de personnes en entretien dans une pièce privée du temple (Mandir). Lors de ces interviews, Sai Baba ‘matérialise’ des bijoux pour ses adeptes. II sélectionne parfois l’un d’entre-eux pour un entretien en aparté dans son cabinet.

Doctrine :

Son enseignement s’appuie pour l’essentiel sur la tradition spirituelle de l’Inde et sur un syncrétisme associant notamment des éléments du christianisme.

Comme beaucoup d’autres Maîtres, il affirme aider l’individu à prendre conscience de sa propre divinité, à pratiquer l’amour désintéressé, et à rendre les fidèles de toutes les religions plus sincères et dévoués dans la pratique de leur culte d’origine. »

 

4. Les accusations de déviations sexuelles :

« Sai Baba n’est plus seulement accusé d’être un charlatan (faux miracles, fausses guérisons miraculeuses, fausses résurrections…), il est officiellement dénoncé, par d’anciens adeptes du monde entier, pour avoir perpétré sur ses dévots masculins et sur les étudiants de ses collèges, des abus sexuels allant de la masturbation à la fellation.

Les organisations internationales de défense des victimes d’agissements sectaires sont actuellement saisies de cette affaire, reposant sur des témoignages de jeunes du monde entier.

Pour sa part, le GEMPPI a reçu une dizaine de témoignages de victimes et de protestations d’ex-dévots déçus (parfois coordinateurs de l’organisation SAI), accompagnés des photocopies de leurs papiers d’identités. A cela, s’ajoute la liste des noms de dizaines d’ex-adeptes ayant quitté la secte car ils ont été convaincus par le témoignage des victimes d’abus sexuels commis par Sai Baba.

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Nous n’avons pu publier tous les témoignages de victimes que nous avons reçu, car certains faits étaient si dégoûtants que les plaignants, tout en nous communiquant la photocopie de leur pièce d’identité pour démontrer leur bonne foi, ne souhaitaient pas que leur affaire soit connue du grand public. C’est par exemple le cas d’un jeune garçon français qui a grand besoin de se reconstruire mentalement. On comprendra que sa mère n’ait pas souhaité, pour l’instant, porter l’affaire en justice. Par contre, d’autres ont accepté de témoigner dans les journaux et accepteraient même de se déplacer pour témoigner de la véracité des faits devant un tribunal. Pour collecter d’autres témoignages que ceux que nous présentons, nous vous invitons à visiter les sites Internet suivants (en anglais) :

et

 

Vous pouvez aussi contacter (en anglais) cette organisation, qui a édité un document accablant avec des témoignages sur le comportement sexuel et les trucages utilisés par Sai Baba pour faire croire à des pouvoirs surnaturels : Dipak – Forum for scientific values, 6, Christopher Road, Calcutta 700014 (West Bengale), India. Internet : et

Prévenir les risques d’agression sexuelle des garçons et des jeunes hommes mis en contact avec le gourou, lorsqu’ils se rendent en pèlerinage en Inde ou lorsqu’ils sont confiés aux institutions de l’organisation par leurs parents.

L’immense majorité des dévots de Sai Baba n’a rien à voir avec ces abus sexuels et ignore donc totalement ces agissements.

Si les adeptes ont un si grand intérêt pour Sai Baba, ce n’est absolument pas parce qu’ils sont idiots, mais c’est tout simplement parce qu’ils sont attachés aux enseignements altruistes de leur Maître et ont souvent de lui une image idyllique s’appuyant sur la légende dorée qui circule de bouche à oreille et dans les livres écrits par des dévots transis, plutôt que la réalité objective. Certains adeptes ont aussi subi un conditionnement mental proche de l’hypnose, bien connu dans les grands rassemblements mystiques.

Certaines pratiques mentales, les effets de foule et une ferveur non maîtrisée peuvent provoquer des phénomènes d’auto-hypnose durables provoquant parfois des hallucinations, désignées dans certaines sectes comme des voyages astraux, apparitions mariales, ufologiques ou autres. »

Je note pour ma part qu’il est stupide d’expliquer, par l’auto-hypnose et les hallucinations, les « voyages astraux » et les « apparitions ufologiques », lesquels n’ont d’ailleurs rien à voir avec les « sectes »… Quant aux apparitions mariales, certaines sont authentiques, alors que d’autres sont le fait de personnes « hystériques » et d’illusions astrales (ces dernières pouvant être identifiées à des visions hallucinatoires).

 

– Un article de « Nexus », version anglaise :

SAI BABA DEMASQUE
D’après le journal NEXUS, août/septembre 2000, Australie
NEXUS PO BOX 30, Mappleton, Old 4560, Australia

Tel: (07) 5442 9280

Email : edfor@nexusmagazine.com

Web page: www.nexusmagazine.com

Le critique de « prevensectes.com » note que ce journal est aussi disponible dans les kiosques en France, mais que l’affaire Sai Baba n’y a pas été traitée.

« C’est avec tristesse et regret que nous publions dans ce numéro quelques-uns des nombreux témoignages qui ne cessent d’affluer et dénonçant les tromperies de Sai Baba.

Alors qu’auparavant j’avais rencontré beaucoup de gens racontant les miracles de Sai Baba, j’ai été stupéfait lorsque j’ai reçu tous ces témoignages de duperie et de pédophilie le concernant.

Dans un premier temps, j’ai tout simplement rejeté ces allégations, les considérant comme une attaque médiatique.

Cependant, je ne cessais de recevoir des témoignages écrits d’anciens dévots, démontrant que tout n’est pas si rose avec Sai Baba.

Je commençais alors une enquête à partir de ces témoignages, pensant que quelques appels téléphoniques suffiraient à démonter cette entreprise de diffamation.

Mais après plusieurs contacts téléphoniques, l’horreur se confirmait.

Beaucoup de ces témoignages sont disponibles sur Internet. »

 

* Tromperie, trucage, agression :

THIS+DAY+THAT+AGE+2« Sri Sathya Sai Baba est né dans le village de Puttaparthi (Inde) le 23 novembre 1926. En octobre 1940, à l’âge de 14 ans, il déclare être la réincarnation d’un saint indien décédé en 1917 (il s’agit en fait de 1918 : note d’A. M.), Shirdi Sai Baba. En 1950, Sai Baba inaugure son ashram à Puttaparthi, qui devient un lieu de pèlerinage.

Lors du 70ème anniversaire de Sai Baba en novembre 1995, plus d’un million de personnes, incluant le Président et le Premier Ministre de l’Union Indienne, vinrent lui rendre hommage.

Actuellement, l’organisation SAI affirme avoir plus de 1 200 centres dans le monde.

II est juste de dire que Sai Baba est une personnalité spirituelle hautement vénérée, dont la vie et le message ont inspiré des millions de gens dans le monde, les incitant à une vie hautement morale.

Les histoires, sans cesse répétées, contant ses ‘miracles’, sont nombreuses et sont devenues légendaires.

A cela, s’ajoutent des occidentaux de renom qui ont publié des livres où ils racontaient leurs expériences avec Sai Baba, et comment celui-ci les aurait sauvés d’une mort certaine grâce à une apparition au moment crucial.

Par ailleurs, les nombreux récits de ‘matérialisations’ ex-nihilo opérées par Sai Baba, impliquent clairement qu’il est la réincarnation de Dieu sur terre.

Malheureusement, c’est ici que le conte de fées s’arrête.

Un nombre croissant de garçons et de jeunes hommes sont venus accréditer les accusations de harcèlement sexuel et de viol pesant sur Sai Baba.

De ce fait, l’attention se trouve portée maintenant sur le Swami et ses activités.

De plus en plus d’histoires de miracles truqués, de morts suspectes, de fraude financière, d’armes et d’explosifs trouvés dans l’ashram, de tentatives d’assassinat, et maintenant de pédophilie et d’abus sexuels, sont révélées.

Avec tous ces éléments nouveaux et bien d’autres, une graine de doute s’est insinuée.

On peut se poser des questions sur certains évènements. Par exemple :

– Dans quelles circonstances le beau-frère de Sai Baba est-il décédé de la rage ?

– Pourquoi Sai Baba a-t-il été hospitalisé pour l’éclatement de l’appendice et une jambe cassée ?

– Pourquoi voyage t-il dans des Mercedes et fait-il appel à une puissante escorte ?

– Pourquoi Sai Baba a-t-il besoin d’agiter ses mains avant de ‘‘matérialiser’’ miraculeusement certains objets ?

– Pourquoi se travestit-il parfois et tourne t-il en dérision les femmes ? Est-ce vraiment pour illustrer le principe mâle/femelle de l’univers ?

II est possible que nous ne trouvions jamais la vérité exacte au sujet de toutes ces rumeurs et allégations, sauf pour les affaires d’abus sexuels.

Nous ne vous présentons dans cet article que 3 cas parmi les nombreux témoignages d’abus sexuels. Nous avons aussi rencontré beaucoup d’anciens adeptes de vieille date qui ont abandonné l’organisation.

Pour ceux qui souhaiteraient approfondir cette question, il y a la possibilité de visiter sur Internet le site :

Je tiens à souligner que ces informations ne reflètent pas l’aigreur d’un ou deux ex-adeptes déçus. Elles expriment des faits attestés par un grand nombre de garçons et de jeunes hommes qui ont été abusés sexuellement par celui en qui ils avaient une confiance absolue.

Beaucoup de ces victimes se taisent car elles savent que personne parmi les membres de l’organisation ne les croira. Nous espérons, par ce dossier, rectifier cette situation. »

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a) Le témoignage de Terry Gallagher :

Ce dernier est un ancien coordinateur central de l’organisation Sai Baba en Australie.

« Convaincu par le livre L’homme des miracles, je partis passer Noël en Inde en 1983 avec ma femme et mes 3 filles, avec un groupe organisé d’adeptes de Sai Baba.

Arrivé dans l’ashram, j’y trouvais tout ce que je cherchais depuis longtemps.

Une ambiance de paix et de sérénité avec des gens préoccupés de spiritualité et de réalisation grâce à la présence de Sai Baba.

Peu après Noël, ma famille et moi avons eu l’honneur d’être invités à un entretien avec Sai Baba. Après cet entretien, j’obtenais une sorte de promotion, c’est-à-dire le droit de m’asseoir sous la véranda du mandir (temple) avec les dévots. Puis nous sommes repartis en Australie, tristes de ne pouvoir rester dans l’ashram.

Nous sommes ensuite revenus un mois en 1985, puis à nouveau en 1986 pour une période de 7 mois, pendant laquelle nous avons placé nos filles dans l’école de Sai Baba. C’est pendant cette période que certains faits commencèrent à attirer mon attention. Ayant eu une formation scientifique, j’étais porté à observer le petit manège quotidien de Sai Baba, en particulier lorsqu’il ‘matérialisait’ de la cendre sacrée (vibhuti). Je n’oublierai jamais le regard inquiet de Sai Baba lorsqu’un matin je le surpris, sous la véranda du mandir, laissant tomber 2 boulettes de vibhuti juste devant moi, au moment où il se penchait pour prendre une rose qu’un collégien lui offrait. Il n’y eut pas de ‘matérialisation’ miraculeuse de vibhuti ce matin là.

206393776_b07d4552cd_zDans les mois qui suivirent, j’observais la façon dont il faisait passer ces boulettes de vibhuti d’une main à l’autre, en utilisant les lettres que ses dévots lui remettaient pour dissimuler l’opération. Lors des nombreux entretiens qui suivirent, j’ai pu observer plus de 30 cas de bagues, ‘diamants’, récipients à vibhuti, etc., tous étant produits par un habile tour de main qui ressemblait fort à un trucage. Au début, je gardais cette information pour moi, pensant malgré tout que tous ces gens avaient besoin d’être aidés spirituellement. Puis j’en parlais à ma femme et à mes filles qui avaient vu, elles aussi, les ‘matérialisations’ truquées.

Par la suite, j’ai pensé que ces choses pouvaient concerner aussi les autres, et principalement les étudiants qui avaient été pris en main sexuellement par Sai Baba.

Ce ne fut qu’en 1993, suite à la tentative d’assassinat de Sai Baba se soldant par la mort de 4 collégiens et de 2 assistants dans le mandir, que nous sommes retournés à Puttaparthi. Le but de notre visite était de découvrir pourquoi un ancien étudiant de l’école de Sai Baba avait voulu le tuer. Et ceci d’autant plus qu’il avait reçu une instruction gratuite dans ce collège.

Je fis une enquête supplémentaire pour m’éclairer au sujet des relations sexuelles que Sai Baba aurait eu avec des garçons du collège et des jeunes hommes étudiants. Certains de ces garçons n’avaient pas plus de 7 ans, et si ces informations étaient confirmées par les élèves du collège et les adeptes de longue date vivant dans l’ashram, il y avait là une raison possible à cette tentative d’assassinat.

Je m’entendis dire avec horreur que ces pratiques étaient normales en Inde.

Ceci me rendit malade, et je n’eus plus qu’une idée, rentrer au plus vite chez moi avec ma famille et quitter cet abominable ashram. Juste à ce moment, nous avons tous été invités à un entretien avec Sai Baba. Nous avons saisi cette occasion pour lui raconter nos expériences et toutes les accusations qui pesaient sur lui. Sai Baba ne fit aucun commentaire sur nos accusations et n’était soucieux que de savoir à qui nous avions donné tous ces détails, nous demandant de lui répéter plusieurs fois. Ayant eu une douzaine d’entretiens avec lui tout au long de l’année, celui-ci fut le plus stressant et le plus gênant que notre famille ait expérimenté. Sai Baba était tendu et agité, et sa gestuelle indiquait que tout ce que nous avions découvert à son sujet était exact. Nous sommes repartis ensuite en Australie chez nous.

Les années qui suivirent furent spirituellement difficiles. Pour nous réconforter, nous nous concentrions sur tous les aspects positifs que nous avions vécus durant ces 10 années passées dans la secte. Lorsque nous avons essayé de raconter aux autres adeptes nos expériences et la vérité au sujet de Sai Baba, aucun ne nous a cru, sauf ceux qui avaient vécu des expériences similaires. La plupart de ces derniers craignaient de raconter cela aux autres.

C’est seulement 12 mois en arrière que d’anciens étudiants et dévots de Sai Baba ont commencé à communiquer entre eux, confirmant leurs expériences douloureuses et se réconfortant mutuellement.

Je sais maintenant la vérité au sujet de Sai Baba et sincèrement je prie afin que les autres aussi puissent être en mesure de suivre leur logique et leur intuition afin de découvrir la vérité. »

 

b) Le témoignage de Halas De Kraker :

« J’ai voyagé pendant plusieurs années en Inde. Durant cette période (1992-1994), j’ai eu 35 entretiens privés avec Sai Baba.

J’ai fait sa connaissance en 1988 par le biais d’un ami en Italie. Quatre ans après, je fis mon premier voyage en Inde avec ma petite amie et mes parents.

Dès notre première audience privée, Sai Baba suggéra à ma petite amie et moi-même de nous séparer pour notre bien. II le fit de manière humiliante et en public.

Nous le considérions comme Dieu incarné sur la Terre, le summum de la spiritualité. II y avait aussi beaucoup de livres, écrits par des gens du monde entier, relatant les miracles extraordinaires dont il était capable. Histoires de gens guéris par Sai Baba, ou témoins de matérialisations miraculeuses de bijoux et autres objets. De plus, beaucoup de gens affirmaient que Sai Baba leur était apparu.

Des millions de personnes affluaient du monde entier pour voir ou approcher ‘Dieu sur Terre’.

Pendant ces 4 années de voyage en Inde, chaque fois que je rencontrais Sai Baba, il désirait accomplir un curieux rituel lors des audiences privées. II voulait que je baisse mon pantalon ! Ensuite, il oignait mon ventre et mes parties sexuelles avec de l’huile qu’il avait ‘matérialisée’. Lorsque le ‘rituel’ était terminé, il me demandait de remonter mon pantalon et de bien le défroisser de manière à ce que rien n’y paraisse. J’ai entendu parler dans l’ashram de ce rituel, et il semble que c’était une pratique connue et communément admise. Elle permettrait d’équilibrer l’énergie sexuelle : la Kundalini. J’avais remarqué cependant que Sai Baba ne convoquait que des garçons à ces entretiens, et jamais de fille.

En 1996, j’obtins une nouvelle audience avec Sai Baba dans son cabinet privé. II promit de me donner toutes choses : argent, maison, et une femme. Après toutes ces belles promesses, il me fit signe de m’approcher et de le serrer dans mes bras. Ensuite, c’est lui qui m’étreignit dans ses bras, alors que j’étais à genoux devant lui (nous étions seuls), il m’embrassa longuement sur la bouche. J’étais complètement affolé intérieurement et je ne savais plus comment interpréter ce baiser fougueux d’homme amoureux. Desserrant son étreinte, il me dit : ‘Avec les autres ce n’est pas bon, avec Sai Baba c’est bon’. Je n’avais jamais été aussi mal à l’aise qu’à ce moment là et je me sentais dégoûté. Sai Baba s’aperçut de ma réticence et décida de stopper là son assaut sexuel.

A nouveau, il promit de me donner toutes choses, et au moment de partir, alors qu’à genoux je prosternais mon front sur ses pieds, il prit mes bras et me montra qu’il désirait que je lui masse les mollets. II saisit alors mes mains et les posa fermement sur son aine et me demanda de monter ‘plus haut, plus haut’… Puis il conduisit mes mains jusqu’à ses fesses… Je me demandais quelle diablerie était en train de commettre mon divin Maître. II releva ensuite sa robe en me présentant son pénis presque en érection, et je compris que je devais pratiquer une fellation. J’eus un mouvement de recul instinctif et retirais mes mains. Ne sachant comment échapper à cette contrainte, je lui dis : Swami, je ne veux pas cela, je désire votre cœur seulement.’ Du coup, il me demande à nouveau de baisser mon pantalon et découvre que mon sexe n’est pas en érection. ‘C’est bien ce que je pensais !’, dit-il en regardant mon sexe. Il simula une sorte d’incantation d’exorcisme sur mon sexe, puis releva une nouvelle fois sa robe en me disant : ‘Voici ta seconde chance !’ Je refusais aussitôt sa proposition et quittais illico son cabinet, sans lui répondre un mot. Maintenant, lorsque j’y repense, je suis vraiment scandalisé après cette fameuse scène. ‘Dieu’ est sorti par la porte de derrière.

C’est un comédien, un manipulateur né, un trompeur professionnel qui a saboté les 8 dernières années passées de ma vie. Comme un ascète, je m’étais abstenu de relations sexuelles pendant toute cette période parce qu’il affirmait que c’était nécessaire à mon évolution spirituelle.

II avait mis la pression sur moi pour que je me sépare de ma compagne à cause de notre différence d’âge, alors qu’il avait 42 ans de plus que moi.

Suite à cette affaire, il m’a demandé de ne rien divulguer de tout cela à personne.

Mais je n’ai pas pu tenir car, malgré l’endoctrinement que j’avais subi, j’ai fini par y voir clair.

Voyant que je ne participais plus au culte du gourou, la responsable me questionna. Je lui racontais toute l’histoire. Aussitôt, elle fit venir les agents de sécurité pour photographier mon visage et me fit expulser de l’ashram de Sai Baba. En guise d’adieu, on me fit des menaces et l’on m’encouragea fermement à ne pas prendre le risque de séjourner dans le village voisin et à prendre le premier avion pour rentrer chez moi. » (Hans de Kraker, 19 mai 2000, Australie)

 

c) Le témoignage de Jens et Gurprit Sethi :

(Dans l’article du journal allemand « Bild » du 21 août 2000.)

« Je vais vous raconter en détail l’expérience traumatisante que j’ai subie avec Sai Baba, en espérant que cela aidera les gens à comprendre ce qu’il est en réalité. Tous les détails que je donne sont vrais et peuvent être considérés comme un témoignage vécu. Je pourrai même en attester devant une cour de justice.

J’ai 35 ans et j’ai été attiré par la spiritualité dès mon enfance. Pendant longtemps, j’ai voué un culte à Jésus et au Padre PIO. Ensuite, j’ai été influencé par la lecture du livre de Yogananda, “Autobiographie d’un yogi”, ce qui m’a conduit à prendre la voie du yoga.

En octobre 1988, je devins un fervent adepte de Sathya Sai Baba. Je partis donc le voir à Puttaparthi pour la première fois, en septembre 1989. Depuis lors, je retournais à son ashram tous les ans, et j’étais totalement absorbé par l'”aura” de Sai Baba. J’étais parfaitement convaincu qu’il était l’Avatar de notre ère, et je lui consacrais donc un culte de chaque instant.

En 1989, j’ai lu Lord of the air (1976) – (Le Seigneur de l’air) – de Tal BROOKE, un jeune homme américain, ex-adepte qui avait écrit ce livre relatant les abus sexuels qu’il avait subis de Sai Baba. Mais je n’y accordais aucun crédit, pensant que Tal voulait simplement le diffamer. Pendant plusieurs années, je n’ai pu obtenir d’entretien avec le Maître, malgré toute ma dévotion.

En 1993, ma méfiance fut quelque peu éveillée aux vues du style de vie de Sai Baba et de ses activités dans son ashram. Chaque année, je pouvais voir la construction de somptueux édifices et l’accroissement des activités commerciales. De plus, en 1996, je constatais que Sai Baba roulait dans une coûteuse Jaguar et disposait aussi de voitures de haut de gamme telles que des Mercedes et BMW. Mais je le tenais toujours pour l’Avatar de notre époque.

Le 17 janvier 1996, j’obtiens enfin mon premier entretien avec Swami. II fut très agréable et me promit : ‘Je te donnerai toutes choses’, lorsqu’il me bénit en me touchant la tête.

Il me déclara aussi :

‘Je sais que tu n’es pas sûr de toi et de ton avenir. Je sais aussi que tu es déçu des femmes. Je sais, mais ne crains rien. Cependant, tu as de mauvaises pensées, mais je t’accorderai tout ce dont tu as besoin pour ta santé et ta vie spirituelle. Je te donnerai l’amour infini. Toi et moi, nous serons un.’

Je touchais sa robe, il posa sa main sur ma tête et m’invita à un entretien en privé.

Le 20 janvier 1996, j’obtins cette entrevue. Déjà, les jours précédents, ses oeillades complices m’avaient indiqué que la rencontre allait survenir. Ma femme et moi nous sommes donc présentés à cet entretien, mais il se montra tout à fait déçu de nous voir ensemble. II me prit à part dans son cabinet et me confia : ‘Elle est malade et beaucoup trop vieille pour toi. S’il te plaît, sépare-toi d’elle.’ Choqué, je lui répondis : ‘Mais elle est très attachée à moi.’ Je lui demandais alors de me donner quelques conseils spirituels. Mais il avait autre chose en tête.

Soudain, et sans me demander la permission, il m’embrassa sur la bouche et me demanda ensuite d’ouvrir mon pantalon, il ‘matérialisa’ de l’huile dont il m’enduit le pourtour du sexe.

J’étais extrêmement mal à l’aise et gêné, mais je me laissais faire car je croyais aveuglement en lui. Après cela, il prit ma femme dans une chambre à part et lui fit cette injonction :

‘Tu dois te séparer de ce garçon, sinon je te chasse de Puttaparthi.’ Elle ressortit, déchaînée et furieuse, et me raconta l’entrevue. Sai Baba me convoqua quelques jours plus tard pour savoir si je m’étais séparé d’elle. Je lui répondis : ‘Pas encore.’ II se retourna en criant devant tout le monde : ‘Mauvais, mauvais garçon.’ Il était devenu si agressif qu’il semblait irradier une aura diabolique. Je quittais immédiatement l’ashram et me rendit en Inde du Nord en pèlerinage. Ceci fut un tournant, mais, après quelque temps, je décidais d’aller plus loin avec Sai Baba pour clarifier la situation.

Le 04 décembre 1996, j’étais invité à un nouvel entretien privé avec Sai Baba. Ce vieux bonhomme lubrique saisit à nouveau cette occasion pour m’embrasser sur la bouche et me caresser les fesses. Je compris alors clairement qu’il y avait quelque chose d’anormal.

Le 28 décembre, j’avais un autre entretien avec Sai Baba au cours duquel il matérialisa pour moi une bague en or, qui d’ailleurs n’épousait pas bien le diamètre de mon doigt, malgré qu’il ait soufflé dessus. Dans son cabinet privé, il m’embrassa à nouveau sur la bouche, mais cette fois, doutant de sa divinité, je résistais, il gargouilla : ‘N’aie pas peur.’ Je rétorquais : ‘Mais je n’ai pas peur.’ Puis il me fit ce chantage : ‘C’est une chance pour toi aujourd’hui, car beaucoup attendent des mois pour me rencontrer et n’y arrivent pas.’ Ceci me stupéfia, car il était évident que tous ces gens n’attendaient pas à l’ashram de Puttaparthi pour se faire embrasser sur la bouche. Ensuite, son humeur changea totalement, je pris peur. II me commanda d’enlever mon pantalon. Il ouvrit la fermeture éclair de ma braguette et entra sa main droite dans mon slip. Le divin Sai Baba me masturbait. II espérait une érection, mais en vain, car il est bien difficile d’être excité par un vieux bonhomme de 70 ans. J’étais complètement dégoûté. II eut l’impudence d’ajouter : ‘Elle est vraiment faiblarde, ne disperse donc pas ton énergie.’ C’est alors qu’en le regardant, je réalisais soudain quel individu il était en réalité. Aussitôt, il me congédia de son cabinet.

De retour en Allemagne, j’entrepris d’intenses recherches sur Internet. Je tombais alors sur un article de Jed Geyerhahn, qui avait trouvé quelqu’un ayant eu des expériences semblables aux miennes. Comme j’avais laissé des bagages à Puttaparthi, j’y suis retourné fin octobre 1999 pour les récupérer, muni de 2 pages que j’avais trouvées sur Internet afin d’en parler avec quelques amis que j’avais sur place. Malheureusement, une femme fut mise en possession des documents et les porta au poste de police de Puttaparthi. Suite à cela, j’ai été interrogé plusieurs fois par la police qui me confisqua mon passeport. (Sai Baba est un notable à Puttaparthi.)

Le 30 octobre, 2 personnes que je connaissais vinrent me prévenir que je courrais un grave danger et que je devais partir immédiatement. Je me suis donc enfui à Delhi et me suis rendu à l’ambassade d’Allemagne. J’y obtins un document de voyage, après leur avoir raconté tout ce qui m’était arrivé. L’officier de l’ambassade décida qu’il fallait envoyer une note de protestation au gouvernement indien. Ils m’expliquèrent qu’un tel acte est illégal, et que ce n’était pas la première fois que des cas similaires venaient à leur connaissance.

J’espère que ce cauchemar va cesser et que tous ceux qui s’intéressent à Sai Baba dans le monde sauront qu’il est le Maître de déception. »

– Un autre témoignage, qui n’est pas rapporté par « Nexus », mais par le GEMPPI, est celui d’un ex-acteur suédois, Conny Larsen (ou Larson). Ce témoignage est daté de septembre 2000 :

« Entre 1979 et 1983, Sai Baba a abusé sexuellement de moi à chacune des entrevues que j’ai eu avec lui.

Je suis allé à Puttaparthi de nombreuses fois avec des amis. Nous considérions tous Sai Baba comme l’Avatar, l’incarnation de Dieu. Nous gobions toute cette histoire, au point que moi-même j’en étais arrivé à m’abandonner aveuglément entre les mains de Sai Baba qui en profita pour commettre sur ma personne des abus sexuels tels que devoir le masturber ou lui faire des fellations. A ce sujet, il m’expliquait que ces pratiques étaient ‘divines’ et servaient à mon accomplissement spirituel, et que j’étais un élu appelé à une haute destinée. Tout se passait dans son cabinet d’entretien privé derrière un rideau. Evidemment, ces pratiques sexuelles me répugnaient, je n’en voulais pas, mais à chaque fois il insistait tant en y ajoutant des explications spirituelles appropriées, que je finissais par céder, de crainte de perdre mon salut.

J’étais devenu très intime avec lui pendant toutes ces années, de 1979 à 1983.

Mais, lorsqu’un jour je lui présentais ma petite amie afin qu’il nous marient, il devint furieux et nous demanda d’y renoncer. II nous sépara totalement ensuite. La pauvre devrait désormais vivre à Puttaparthi, sous restriction comme si elle avait été prisonnière de la secte de Sai Baba.

Après juin 1999, j’ai rencontré beaucoup de garçons avec qui j’ai parlé et qui m’ont confié leur déception, car ils avaient eux aussi subi les mêmes agressions sexuelles de Sai Baba en privé.

Le dernier cas d’abus sexuel dont j’ai eu connaissance est celui d’un ami suédois de 21 ans, à l’époque des faits. Des articles ont été écrits à ce sujet, mais l’organisation de Sai Baba les a réfutés, même si d’autres garçons sont venus confirmer ce témoignage.

J’ai maintenant 52 ans, et je dirige depuis 20 ans l’Institut “KARNAN” en Suède.

J’ai personnellement beaucoup oeuvré pour faire cesser les abus sexuels sur les jeunes garçons dans l’organisation Sai Baba, car j’en ai beaucoup souffert moi-même. Mais c’est difficile, car les adeptes pensent qu’il est divin et qu’il ‘sait très bien ce qu’il fait’, comme s’il s’agissait là de pratiques spirituelles et mystérieuses accessibles ou compréhensibles qu’à des personnes ayant un niveau surhumain de conscience. Aucun des adeptes de la secte ne nous a jamais demandé comment nous nous sentons ou s’est intéressé aux dommages, et souffrances morales, que nous avons subi.

Je me tiens donc prêt à venir témoigner devant les médias ou devant les tribunaux.

Je considère avoir été trompé, escroqué par les hauts dirigeants de l’organisation de Sai Baba, qui, je le sais, savaient ce qu’il en est.

Pour ma collaboration, je ne souhaite rien d’autre en retour que la plus grande organisation pédophile du monde soit dévoilée et mise hors d’état de nuire. »

 

5. La critique de « Marc-André » et de David Icke :

Marc-André, qui réside à Montréal, est le prénom du responsable d’un site Web (http://blogdesinfidèles.blogspot.com/). Cet individu, que l’on peut appeler « le libraire new age repenti », a tenu une librairie « nouvel âge » pendant 13 ans.

« Conny Larsson fut proche disciple de Sathya Saï Baba pendant plus de 30 ans. Contraint à des relations sexuelles avec Saï Baba sous l’effet d’une dépendance à celui-ci, Conny finit par dénoncer son gourou publiquement lorsque la sécurité d’un jeune européen, surnommé le ‘golden boy’, fut en danger.

Le récit de Conny est authentique, mais parfois choquant en raison de sa franchise et de son langage qui va droit au but. » (Marc-André)

Marc-André, ancien adepte de cet « Avatar », dit avoir découvert que c’est un « illusionniste/pédophile/mégalomane ».

Dans un de ses livres, David Icke a lui-même accusé Saï Baba de comportements déviants :

« Je ne puis offrir de meilleur exemple sur les escrocs et les arnaqueurs du Nouvel Âge, et des millions de fidèles qui remettent leur esprit entre leurs mains, que Saï Baba. Ce type est un guru adoré en tant que ‘Dieu vivant sur Terre’ par un grand nombre de gens partout dans le monde et dans toutes les couches de la société. Il procède à partir de son ashram à Puttaparthi, en Inde. Des milliers de personnes vont là-bas et s’assoient dans l’admiration béate, mêlée de crainte respectueuse, devant cet homme vêtu d’une longue robe orange. Je me suis rendu un jour à une réunion en Angleterre où une femme, presque submergée d’émotion pour son dieu, demanda à l’assistance de chanter des chants d’adoration à Saï Baba. Mais savez-vous qui est réellement Saï Baba ?

Un pédophile, un escroc, un voleur, et certainement pire. Ne me croyez pas sur parole. Demandez à ceux qui furent ses proches et qui ont travaillé avec lui pendant plus de vingt ans. Faye et David Bailey furent des dévots de Saï Baba. Ils ont largement dénoncé la fraude colossale de Saï Baba, à partir de leurs propres expériences. Ils ont rassemblé d’innombrables preuves en provenance d’autres dévots qui ont constaté que Saï Baba est un mythe fabriqué de toutes pièces. Les comptes-rendus de ses agressions sexuelles sur des enfants, des adolescents et des hommes adultes, sont ahurissants. Il est décrit comme un vicieux de la pire espèce.

Il est célèbre notamment pour produire, à partir de rien, de la ‘vibhuti‘ (substance cendrée), des montres, des bagues et des bibelots de valeur, en les faisant surgir d’une autre dimension. Les Bailey et le flot de témoignages qu’ils ont compilés ont apporté la preuve que la ‘vibhuti’ était fabriquée en pilules à partir de bouse de vache grillée et que Saï Baba la gardait entre le majeur et l’annulaire jusqu’à ce qu’il doive la manifester. Les bijoux de valeur sont des colifichets achetés dans le village local et ailleurs. Baba matérialisa une bague pour David Bailey qui, dit le dieu vivant, avait une grande valeur de revente. Lorsqu’il apporta le bijou à un bijoutier du sud de l’Inde pour le faire réparer, l’homme reconnut immédiatement l’objet comme étant une bague de Saï Baba. Il a dit que la pierre était un zircon (donc sans valeur réelle) et qu’il trouverait en dessous un bout de papier d’argent placé pour faire scintiller le zircon. Quand la pierre fut enlevée, ils trouvèrent en effet du papier d’argent. Le bijoutier dit alors que les bagues étaient fabriquées spécialement pour les manifestations de Baba.

Les Bailey ont également fourni des documents portant sur l’escroquerie de Baba envers la communauté locale et certaines autres personnes jusqu’à hauteur de dizaines de millions de dollars, et comment il est impliqué dans un certain nombre de meurtres. C’est l’homme à qui des millions de personnes ont abandonné leurs esprits. Ils ont quitté leur famille et se sont remariés, uniquement sur les dires de Baba. Pour tout savoir sur les abus d’enfants et les supercheries de Baba, contactez Faye et David Bailey, lisez leur magazine trimestriel : The Finding. Vous pouvez aussi consulter ‘Religious Archives’ sur mon site.

La religion et son autre facette qu’est le Nouvel Âge sont une fosse puant le mensonge, la corruption, l’hypocrisie et l’iniquité. (…) Je parle de ceux qui dirigent ces façades ‘illuminati’ et les utilisent pour couvrir les comportements et les sévices auxquels ils prétendent s’opposer. On dit qu’un imbécile naît chaque minute, mais, dans la religion, cela doit être toutes les dix secondes. Ces types peuvent manipuler la religion sans le moindre effort, uniquement parce qu’il semble y avoir un stock illimité de personnes souhaitant désespérément abandonner leur esprit à d’autres. Lorsque les Bailey commencèrent à diffuser leurs informations sur Saï Baba, un couple de dévots leur téléphonèrent pour dire qu’ils savaient qu’ils disaient la vérité. Mais ils ajoutèrent : ‘‘… Il est Dieu et Dieu peut faire ce qu’il veut.’’ » (4)

Voilà donc les graves accusations portées contre Saï Baba. On trouve de semblables accusations sur ces sites : http://robertpriddy.wordpress.com ; www.saibabaexpose.com

J’ajoute qu’en mai 2011, un ami m’a dit qu’il connaît quelqu’un dont une relation dit avoir été victime d’attouchements de la part de Saï Baba

III. Mon commentaire :

alain_moreauA la fin d’une séance de channeling à laquelle j’ai assisté, dans les années 1990 (c’était la seconde et dernière séance à laquelle j’ai assisté avec cette médium), un « spectateur » évoqua Swami Premananda, disant que les manifestations de celui-ci (cendre s’extériorisant de son corps, etc.) relevaient de la « magie noire ». Comme j’ai un peu « vivement » réagi à cette absurdité et que j’ai mentionné le nom de Saï Baba, la channel (qui ne « canalisait » pas, à ce moment-là, ses « êtres de lumière ») a elle aussi « vivement » réagi en disant qu’elle ne s’aplatirait pas devant cet homme (comme le faisaient de nombreux dévots de « l’Avatar »). Moi non plus, d’ailleurs, mais le problème n’est pas là. Ce que cette femme n’avait pas compris, c’est que ces dévots étaient convaincus que Saï Baba était une incarnation divine et qu’ils adoptaient en conséquence à son égard un comportement extrême que, pour ma part, je désapprouve. Mais cela n’est pas spécifique à ce personnage. Je suis sûr que si le Christ revenait, de nombreux « croyants extrêmes » – également branchés sur le sixième Rayon de la dévotion et de l’idéalisme abstrait, un rayon sur lequel je ne suis point -, mus par leur dévotion excessive (comme pour Saï Baba) plutôt que par leur mental, ne manqueraient pas de s’aplatir devant celui qu’ils considèrent (bêtement d’ailleurs) comme « le Fils unique de Dieu » ! Mais ce n’est pas sur les scènes de dévotion excessive à l’égard de Saï Baba qu’il convient de se baser pour enlever toute légitimité au caractère authentiquement spirituel du personnage.

 

– Des « miracles » truqués ?

Les multiples « miracles » (matérialisation d’objets, etc.) réalisés par Saï Baba sont-ils en fait truqués ? Pour les gens « rationnels », cela ne fait évidemment aucun doute. Ils en veulent d’ailleurs pour preuve les démystifications que l’on peut voir sur des vidéos visibles par exemple sur Dailymotion. A cet égard, je précise que j’ai reçu un email d’une internaute qui avait lu, sur mon précédent site, un passage où j’évoquais brièvement les « pouvoirs » de Saï Baba. (Je cite très brièvement Saï Baba dans ma liste des phénomènes physiques qui se trouve dans mon texte sur les médiums à effets physiques et la télékinésie, rubrique « Parapsychologie ».) Voici ce que m’a écrit cette internaute (prénommée Annie) :

« En ce qui concerne Saï Baba, l’imposture n’est plus possible à nier, on n’est plus dupés si facilement, les idées vont vite et le vieux Saï Baba, malheureusement, a été trop filmé… Je ponds l’idée que vous allez douter, moi je ne doute pas, cet homme est un imposteur. Il me dégoûte profondément, et pour cause ! »

L’internaute m’avait donné cette vidéo :

La vidéo (mise en ligne sur Dailymotion en 2007) s’intitule en français : « Les tours d’illusionniste de Sai Baba ».

Benjamin Creme a fait cette objection (ce passage est inclus dans une citation plus longue donnée plus loin) :

Benjamin-Creme4« Comment un tricheur, un charlatan, pourrait-il faire des choses aussi étonnantes que, par exemple, produire de la ‘vibhuti’ en énorme quantité à partir de rien ? Montrez-moi un illusionniste qui puisse en faire autant et je réfléchirai à nouveau à la question. »

Mais contrairement à ce qu’écrit Benjamin Creme, il n’est pas difficile de reproduire le « miracle » de la matérialisation présumée de cendre sacrée (“vibhuti”), puisque des gens l’ont fait, comme on peut d’ailleurs le voir sur la vidéo que m’a indiquée l’internaute que je viens de mentionner. Sur cette vidéo, on voit un type (la scène se passe, semble-t-il, en Inde) reproduire ce « miracle » en dissimulant sous la paume de sa main un petit réservoir à « vibhuti ». Le même bonhomme a aussi « reproduit », par la simple régurgitation, l’extériorisation d’un « lingam » (une sorte d’« œuf »).

Ces vidéos ont évidemment une valeur probante incontestable pour ceux qui les visionnent. Néanmoins, elles n’ont pas valeur de preuve car toute personne un tant soi peu au courant de l’étude des phénomènes paranormaux sait que la reproduction, par un illusionniste, d’un phénomène réputé paranormal ne constitue pas la preuve de l’escroquerie des personnes que l’on prétend ainsi démystifier. Pour que cela constitue une preuve, il ne faut pas simplement reproduire en apparence ce que le prétendu faux médium fait, mais il faut prendre celui-ci en flagrant délit de fraude. En effet, on risque de mystifier les très nombreuses personnes qui visualisent ce genre de document en leur faisant croire « dur comme fer » que le personnage est ainsi démasqué. C’est le même phénomène qu’avec l’effet Geller. Si vous prenez connaissance de mon long texte le concernant (voyez la rubrique « Parapsychologie »), vous verrez que les accusations de fraude par des illusionnistes semblent démonstratives. Mais si vous étudiez en détail l’ensemble du dossier, sans parti pris, les choses s’avèrent beaucoup plus compliquées et beaucoup moins évidentes que cela… N’en déplaise aux détracteurs, l’effet Geller est une réalité, de nombreuses autres personnes (des adultes, mais aussi des enfants) ayant montré qu’elles possédaient, à des degrés variés, le même type de capacité.

Les vidéos comme celle que m’a indiquée la correspondante internaute ne constituent pas la preuve de la fraude de Saï Baba, car un illusionniste peut reproduire, par des moyens « artificiels », un phénomène par ailleurs authentique.

Par contre, il faut déplorer les graves insultes portées à l’encontre de Saï Baba que l’on trouve dans les commentaires des internautes à propos de ce type de vidéo « démonstrative ». Je précise en outre que la « démystification » à propos de Saï Baba n’est pas nouvelle, puisque ce dernier avait déjà été confronté, dès les années 1960, à un virulent opposant, ainsi que je l’avais lu dans un article d’une revue dont quelques numéros étaient parus dans les années 1990, revue au titre un peu débile d’ailleurs : « Incroyable et scientifique ». Mais Internet multiplie la caisse de résonance des « dénonciateurs » de tout poil (à tort ou à raison, selon les cas)…

Ceci précisé, il faut reconnaître que les accusations de pédophilie sont graves pour la crédibilité de « l’Avatar », qui, du coup, si elles étaient l’expression de la réalité, établiraient qu’il ne s’agissait pas… d’un Avatar ! A moins qu’un Avatar puisse être aussi pédophile… Qu’en est-il alors des miracles qui sont imputés à Saï Baba ? A côté des accusations de charlatanisme (comme celles évoquées plus haut) qui semblent attester que Saï Baba n’était qu’un tricheur, il existe pourtant de nombreux cas qui semblent attester du contraire. Plus loin (voir la conclusion), je relate un cas de guérison miraculeuse (la guérison d’un paralysé), dont Daniel Meurois a été le témoin.

La question qui se pose (la même problématique s’est posée pour Swami Premananda) est celle-ci : un personnage censé être de la stature spirituelle d’un Avatar et capable en outre de produire les nombreux phénomènes « miraculeux » allégués peut-il en même temps être un fraudeur occasionnel doublé d’un pédophile ? En d’autres termes, un Avatar pourrait-il à la fois truquer parfois ou souvent, et se comporter de surcroît comme un délinquant sexuel ? Si la réponse semble être négative, les témoignages à charge sont là et le doute s’installe. Padre-PioPrenons le cas du Padre Pio (+ 1968), qui fut lui-même l’auteur de phénomènes extraordinaires dont ses biographies sont parsemées. Si l’on en croit le « dossier » (de quelques petites pages) que le responsable (Nicolas Montigiani pour le citer) de la revue « Science et inexpliqué » a consacré au thaumaturge, le personnage se réduit – manifestement de manière simpliste et inadmissible – à un « hystérique » (diagnostic porté bêtement, par certains médecins rationalistes, au célèbre stigmatisé) et à un individu porté sur les femmes (l’Eglise lui aurait dit de ne pas approcher celles-ci !). Pourtant, si l’on prend en compte les multiples témoignages de personnes qui l’on approché et qui ont notamment témoigné des aptitudes extraordinaires (bilocation, etc.) du personnage, on ne peut pas sérieusement limiter le Padre à ce portrait pour le moins réductionniste et au moins en partie fantaisiste. A cet égard, le petit « dossier » de Nicolas Montigiani, qui ne donne la parole qu’à des détracteurs – il lui faut de temps en temps, dans sa revue, son quota d’articles « rationalistes », histoire de plaire aux zététiciens qui liraient celle-ci -, est une insulte à l’objectivité (et, ajouterai-je, à la réalité). Que le Padre Pio se soit ou non intéressé aux femmes, peu importe, ce serait plutôt le fait qu’il ne s’y serait pas intéressé qui serait anormal (en dépit de son statut de prêtre)… Se priver volontairement (ou être involontairement privé) de vie sexuelle toute sa vie, ce n’est pas une partie de plaisir… (C’est d’ailleurs là que l’on mesure le caractère totalement stupide du célibat imposé aux ecclésiastiques.) D’ailleurs, on connaît les dysfonctionnements sexuels de certains prélats au sein de l’Eglise, nombre d’entre eux ayant été accusés de… pédophilie.

Justement, est-ce que Sathya Saï Baba aurait été victime de pulsions sexuelles inassouvies ou son statut d’Avatar (qui supposerait une maîtrise complète de la pulsion sexuelle) le prémunissait-il de dysfonctionnements comportementaux de ce genre ? That’s the question. Lorsque j’ai pris connaissance de l’existence du personnage, dans les années 1980, j’étais convaincu qu’il s’agissait d’un grand instructeur spirituel possédant d’extraordinaires “siddhis” (« pouvoirs » paranormaux). Dans les années 1980-1990, je m’étais procuré plusieurs ouvrages le concernant, notamment ceux de l’ésotériste Michel Coquet. En 2007, ce dernier a publié, aux éditions Alphée, un ouvrage consacré aux « Maîtres » : « Les Maîtres. Du mythe à la réalité ». Il y dénonce notamment les agissements d’individus ayant contribué au discrédit des Maîtres de Sagesse (ceux qui avaient été révélés dans l’œuvre théosophique d’Helena Petrovna Blavatsky, celle-ci étant décédée en 1891). Il s’en prend notamment à Raymond Bernard – décédé, je le précise, en janvier 2006 – et à l’Ordre Rosicrucien A.M.O.R.C. (dont Michel Coquet a été longtemps membre, comme moi d’ailleurs), ainsi qu’à Benjamin Creme. Il reconnaît par contre le statut d’Avatar de Sathya Saï Baba. Voyez plus loin ce qu’il en dit dans un de ses livres.

« D’après ce que j’ai pu lire concernant Helena Petrovna Blavatsky, elle était sans cesse accusée de supercherie et souvent calomniée. Aujourd’hui, de semblables critiques et accusations s’exercent à l’encontre de deux grands avatars : Sathya Saï Baba et swami Premananda. Sur Internet, d’anciens fidèles de Saï Baba en sont venus à l’accuser de fraude, d’attentat à la pudeur sur des enfants, et même de meurtre, les premiers cas cités remontant aux années 1970. Pourquoi ce genre de chose arrive-t-il à des êtres si évolués ? »

Réponse de Benjamin Creme :

« C’est l’éternel problème. Bon nombre des grands instructeurs ont ainsi été calomniés et attaqués. Ce fut notamment le cas du Bouddha Gautama, de Jésus, de Mahomet, de Shirdi Baba (l’incarnation précédente de Sathya Saï Baba), et probablement d’autres avant eux. Il semble que cela fasse partie des risques de leur fonction.

Saï Baba est un avatar cosmique, alors que Maitreya est un avatar planétaire. Il vient dans le monde selon la Loi des Avatars, la Doctrine des Avatars, et sous l’égide du Seigneur du Monde, celui qui représente notre Logos planétaire. C’est la Loi qui commande sa venue.

Pensez-vous qu’une telle loi ait pu amener dans le monde un tricheur, un charlatan, un fraudeur, un dépravé sexuel ou un assassin ? Pensez-vous que les Seigneurs qui organisent la venue des avatars, qui les connaissent, qui les considèrent à juste titre comme de grandes entités cosmiques, se sacrifiant pour venir sur cette planète pendant de nombreuses années afin d’aider à son évolution, pourraient envoyer des charlatans et des dépravés ? C’est non seulement improbable, c’est en fait littéralement impossible. Il est impossible pour un avatar, n’importe quel avatar, et plus particulièrement un avatar de la stature de Saï Baba, dont la stature exacte vous surprendrait si vous la connaissiez, de se comporter ainsi. Toutes ces accusations sont sans fondement. Comment un tricheur, un charlatan, pourrait-il faire des choses aussi étonnantes que, par exemple, produire de la ‘vibhuti’ en énorme quantité à partir de rien ? Montrez-moi un illusionniste qui puisse en faire autant et je réfléchirai à nouveau à la question.

Il semble exister une loi qui fait que plus un être est grand, plus il attire la méchanceté, l’envie et la malveillance, le désir malsain et négatif du pouvoir, de la part de ceux qui veulent sa perte. Cela arrive régulièrement. Le Bouddha a souffert du même genre de chose, de même que Jésus, et tous les grands instructeurs qui sont venus dans le monde. Nul doute que certains considèreront Maitreya comme un illusionniste, un tricheur, simplement parce qu’il peut disparaître à volonté.

Il existe un vieux dicton selon lequel ce sont les arbres les plus grands et les plus beaux, ceux qui donnent le plus de fruits, qui précisément reçoivent le plus de pierres. On ne jette pas de pierres sur les petits arbres ordinaires dont les fruits sont tout juste mangeables, ou trop mûrs ou aigres. Ce sont les arbres grands et magnifiques, aux fruits splendides, qui attirent. Ce sont eux qui reçoivent des pierres ; il en est de même pour les grands instructeurs. Ce sont ceux qui ont quelque chose de grand, quelque chose d’unique et de merveilleux à donner au monde, qui attirent les calomnies.

Aujourd’hui, un autre avatar, swami Premananda, est incarcéré en prison depuis des années, accusé exactement des mêmes choses : attentat à la pudeur, assassinat, fraudes en tout genre. Il est aussi innocent que les fleurs des champs et il en est de même pour Saï Baba. Cela semble être une règle générale. Saï Baba lui-même a dit que les choses empireraient encore avant de finalement s’améliorer. Attendez-vous donc à voir ce genre d’accusations se produire encore davantage. Les gens mesquins semblent haïr la grandeur : je suppose que c’est parce qu’elle les fait se sentir encore plus petits. » (B. Creme, Le grand retour, Association Share France, 2002, p. 184-186.)

Si cette objection de Benjamuin Creme semble pertinente pour certains (dont moi-même), elle se heurte néanmoins au terrible constat des témoignages circonstanciés recueillis, relatifs aux dsyfonctionnements sexuels de « l’Avatar ». Benjamin Creme balaye ces témoignages en les mettant d’office, sans enquête préalable, dans le registre des mensonges. C’est une chose d’avoir une certitude, mais encore faudrait-il pouvoir la mettre à l’épreuve des faits allégués et des doutes… Nous nous trouvons en présence d’un dilemme : ou les accusations reflètent la réalité ou alors ces témoignages ne sont pas sincères et ont été extorqués à des fins obscures (moyennant finances ?). Faut-il faire alors intervenir, dans cette dernière éventualité, l’existence d’un complot visant à discréditer certains Maîtres de sagesse en Inde, ainsi que le suggère le témoignage d’Anne Givaudan et de Daniel Meurois, dont le récit est extrait de « Celui qui vient » (éditions Amrita, 1995) ? Je relate ce récit dans ma conclusion. Si, par contre, Saï Baba a commis les actes qui lui sont reprochés, comment se fait-il qu’il n’ait pas fini ses jours en prison (comme son « collègue Avatar » Premananda) ? Je présume que les adversaires du Swami donneraient cette réponse : il a été protégé par de hautes instances gouvernementales, Saï Baba ayant été à l’origine d’oeuvres caritatives dans le domaine de la santé et de l’éducation. Pourtant, Swami Premananda, lui, « y est passé » (dans les geôles)…

Voici ce qu’on lit sur rfi.fr à l’occasion de l’annonce du décès, en avril 2011, de Sathya Saï Baba :

« Il était, selon ses sympathisants, à l’origine de nombreux miracles et capable de soigner des maladies en phase terminale. Les scientifiques l’ont accusé d’être au mieux un prestidigitateur, au pire un charlatan, d’autant que le gourou a toujours refusé que des chercheurs analysent ses supposés dons naturels.

Quoi qu’il en soit, Sai Baba reste une figure incontournable de la spiritualité indienne contemporaine. De nombreux hommes politiques, acteurs et sportifs de haut niveau, l’ont soutenu publiquement tout au long de sa vie. L’un de ses plus importants soutiens financiers était l’ancien propriétaire de la chaîne de restaurant Hard Rock Cafe.

À 85 ans, Sai Baba laisse derrière lui plusieurs œuvres caritatives dans le domaine de la santé et de l’éducation. »

Curieuse formulation que celle-ci : « Les scientifiques l’ont accusé d’être au mieux un prestidigitateur, au pire un charlatan… » Cette formulation est en effet curieuse car les scientifiques – qui se comportent d’ailleurs comme le vulgus pecus quand il s’agit de donner ce qui n’est qu’une opinion vis-à-vis de ce qui n’entre pas dans leur cadre conceptuel – ne se sont pas bousculé pour approcher le swami indien et avoir une opinion censée sur les manifestations observées. Je signale par contre (voyez la fin du texte) que le parapsychologue Erlendur Haraldsson est revenu convaincu de l’authenticité des phénomènes.

Les « pouvoirs » du swami indien étaient-ils authentiques ? J’ai plusieurs livres de témoignages sur Sathya Saï Baba qui évoquent les phénomènes extraordinaires dont il était le sujet. Est-il, à cet égard, raisonnable de croire que des milliers et des milliers de personnes aient été trompées par de simples petits tours de passe-passe, et ce pendant des décennies ? Non, ce n’est pas raisonnable, pas plus qu’il est raisonnable d’imputer les multiples « miracles » du Padre Pio, par exemple, à des tours d’illusionniste. J’ai choisi de donner ici le témoignage d’un ésotériste auteur de nombreux ouvrages, dont quelques-uns sur Saï Baba (les deux premiers datant des années 1980). Cet auteur est Michel Coquet, les informations étant extraites de « Pouvoirs spirituels et psychiques » (éditions Alphée, 2011), un livre – réédité en 2015 aux éditions Trajectoire – paru peu de temps avant le décès de Saï Baba.

 

IV. Saï Baba « vu » par un « disciple », Michel Coquet :

Dans son livre paru début 2011 : « Pouvoirs spirituels et psychiques » (éditions Alphée), Michel Coquet évoque à plusieurs reprises les miracles de Saï Baba (personnage auquel il avait auparavant consacré, comme je viens de le préciser, quelques livres). Je fais, ci-après, la synthèse de ces passages du livre.

C’est en 1984 que Michel Coquet a personnellement découvert Saï Baba, dont l’ahram, Prashânti Nilayam, est situé à Puttaparthi. Son organisation coopère avec l’Etat à des projets comme l’apport d’eau potable dans l’Etat de Madras, ou venir en aide aux plus infortunés. L’argent sert à la construction et au fonctionnement d’hôpitaux modernes gratuits, d’écoles, de collèges, d’universités.

Très jeune, Saï Baba a été reconnu comme un avatar par des instructeurs considérés comme « réalisés » ou proches de l’être. Il fut accueilli ou visité par Ramana Maharshi, Sri Aurobindo, Swami Sivananda de Rishikesh, J. Krishnamurti et Muktananda de Ganeshpuri. Et Yogi Ramsuratkumar le considérait comme le Seigneur Krishna en personne.

Saï Baba est réputé pour pouvoir matérialiser tout ce qu’il veut.

« Bien entendu, Sai Baba ne s’est pas fait que des amis, et parmi les millions qui le vénèrent, quelques centaines le haïssent depuis son adolescence. La jalousie est monnaie courante, mais il y a aussi d’autres causes : 1) L’incompréhension quant à son mystère ; 2) le fait qu’il ait clairement défini sa position à l’encontre des brahmanes, en donnant la place qui revient aux femmes, en autorisant à tous, femmes, enfants ou hors castes, la récitation de la Gayatri, prière mantrique que seuls les brahmanes sont habilités à réciter après l’initiation ; 3) en considérant que la seule caste existante est celle de l’humanité ; 4) en imposant une stricte discipline morale ; 5) en enseignant la pure tradition ou sanâtana dharma, et en conseillant de chercher Dieu en soi plutôt qu’à travers un guru ! Toutes ces réformes n’ont pas milité en sa faveur. Par de tels choix, Sai Baba va à contresens des groupes traditionnalistes et conservateurs.

Coquet-Michel-La-Doctrine-Des-Avatars-Livre-896813430_MLParmi les plus virulents qui le haïssent et font tout leur possible pour le discréditer, se trouvent les communistes et les rationalistes qui lui font une guerre sans merci. Les catholiques ne sont pas en reste, eux qui voient d’un mauvais oeil un homme saint faire en cent fois plus grand ce que fit l’humble nazaréen en son temps. Bref, Sai Baba dérange et ne manque ni d’ennemis ni d’humour, lui qui considère que ceux qui se disent ses ennemis sont obligés de penser à lui et de cette façon peuvent recevoir son amour.

Ayant été le premier président de l’Association officielle Sathya Sai en France dès 1987, je puis dire au moins une chose, c’est qu’en plus de quinze ans de travail dans son organisation, je n’ai jamais rien vu qui puisse me permettre d’avoir un seul doute à son propos ou dans les objectifs de son organisation. » (M. Coquet)

 

– Un pèlerinage divin :

En 1957, la “Divine Life Society” de Swami Sivananda Saraswati organisa une convention devant avoir lieu à Venkatagiri, et Sai Baba fut invité à la présider. Swami Satchidananda révéla qu’aussitôt qu’il eut l’occasion de parler en privé avec Sai Baba, celui-ci évoqua immédiatement une vision qu’eut le swami plus de 37 ans auparavant.

« Lorsque Sai Baba décida de descendre vers le sud en direction de Kanyakumâri après cette convention, Sadananda et Satchidananda décidèrent de l’accompagner. Sur le sable de la plage, ils eurent la surprise de voir se matérialiser spontanément, sous les pas de Sai Baba, des grains de cristal (sphatika). Les fidèles les ramassèrent, il y en avait exactement 84, mais Sai Baba leur affirma qu’il y en avait 108, un nombre sacré pour les hindous. On recompta et l’on en trouva effectivement 108 très précisément. Un chapelet (japamala) fut confectionné, et Sai Baba en fit présent à Sadananda. » (M. Coquet)

swami-sivananda-sageSwami Sivananda invita Sai Baba à venir dans son ashram de Rishikesh. En présence des fidèles réunis, il matérialisa d’un geste de la main une magnifique guirlande de 108 rudrâksha, puis il produisit de la cendre (vibhûti) qu’il appliqua sur le front de Sivananda.

« A cette époque, la santé du swami était très fragile, et pendant leurs entretiens privés Sai Baba lui matérialisa des fruits et de la vibhûti en guise de médicaments. Rapidement, Sivananda retrouva sa pleine santé. Une autre fois, alors qu’ils marchaient tranquillement le long du Gange, Sai Baba prit de l’eau dans ses mains qui, spontanément, se transforma en nectar qu’il donna au swami en guise de remède. » (M. Coquet)

Sur le chemin du retour, Sai Baba fit arrêter l’autocar, en descendit et se dirigea vers une grotte située tout près du Gange, lieu de résidence de swami Purushothamananda, disciple de Brahmananda de l’Ordre de Râmakrishna, qui fut initié au sannyâsa par Mahâpurushaji, un autre disciple direct de Râmakrishna. Cet ascète, âgé de plus de 70 ans, avait vécu là pendant plus de 30 ans…

« Le jour suivant, le groupe devint anxieux à cause d’un ciel orageux prêt à fondre en averse, mais Sai Baba les rassura et les nuages se dispersèrent. Les fidèles qui étaient tout près de l’entrée de la grotte entendirent Sai Baba chanter des bhajan (chants dévotionnels), notamment le Sri Raghuvara Sugana Laya, que swami Kaliknanda, alors présent, avait toujours eu le désir d’entendre. Sai Baba excellait aussi en chant, en musique et en interprétation théâtrale. Sai Baba, qui s’entretenait avec le vieux sage, lui matérialisa quelques friandises pour soigner des maux d’estomac qui le faisaient souffrir. Il lui matérialisa également un chapelet de méditation. Mais le plus important arriva lorsque Sai Baba invita tout le monde à sortir et resta seul avec l’ascète. Sri Subbaramiah, président de la Divine Life Society, était assis près de l’entrée de la grotte. Voici ce dont il fut le témoin :

Swami_purushottamanandaBaba posa sa tête sur les genoux de swami Purushothamananda et s’étendit ! Tout à coup, son corps tout entier baigna dans une divine lumière. Sa tête et son visage m’apparurent augmenter beaucoup en volume. Des rayons de splendeur émanaient de son visage. Je fus submergé d’une inexplicable joie. Il était environ dix heures du soir.’

Plus tard, lorsqu’on demanda à Sai Baba quel genre de vision il avait donné au swami, il révéla qu’il s’agissait d’une vision de jyothir-padma-nabha, que le vieux sage avait cherché toute sa vie sans pouvoir l’obtenir. Swami Purushothamananda mourut la nuit de Mahâshivaratri (de Shiva) en 1961, pendant la lingodbhâva muhurtham, moment où Sai Baba matérialisait de la vibhûti en abondance, suivi de la matérialisation, dans son corps, d’un ou plusieurs lingas.

Lorsqu’ils quittèrent la grotte, Sai Baba, comme cela lui arrivait souvent à cette époque, s’étendit sur le sol et quitta son corps. Plus tard, il expliqua qu’il avait sauvé un yogi, et il envoya les curieux de détails auprès de Subrahmanyam qui, dit-il, connaissait toute l’histoire. On rechercha ladite personne qui avait fait partie du groupe. Lorsqu’il fut trouvé, Sai Baba lui demanda de raconter ce qu’il avait vu ce soir-là à vasishtha guha. » (M. Coquet)

Celui-ci déclara avoir aperçu un corps flottant sur le Gange et que, croyant qu’il s’agissait d’un mauvais présage, il s’était abstenu d’en parler afin de préserver l’atmosphère sacrée de la grotte.

« Baba rit et dit qu’il ne s’agissait pas d’un cadavre du tout, bien que le yogi concerné fut suffisamment mort aux conditions extérieures pour ne pas se rendre compte de sa situation. Son corps avait été porté par le courant. Il semble qu’il était assis sur un rocher près de la rivière, perdu en dhyâna (méditation). Le courant avait sapé la terre sous le rocher, et le rocher avait basculé, le précipitant dans le fleuve. ‘Au début, ce fut comme un rêve pour lui’, dit Sai Baba. Plus tard, lorsqu’il s’aperçut qu’il était emporté par le Gange, il commença à prier le Seigneur. Baba entendit son appel. Il ramena doucement le ‘cadavre’ flottant sur la rive, à quelques kilomètres au-dessus de Sivanandanagar où se trouvait une ferme qui pourrait lui donner chaleur et réconfort ! » (Sathyam, Sivam, Sundaram, vol. 1, p. 112-113)

On notera que les 16 premières années de la vie de Sai Baba ont été consacrées aux jeux du Seigneur dans le monde phénoménal. La période de 16 à 32 ans a été consacrée aux miracles (mahima) qui ont pour but d’instruire et de révéler à l’humanité la grandeur et la présence de l’avatar. Après cette période, sa mission principale devait être de corriger les travers de l’esprit humain et de ramener l’humanité vers le Sanâtana Dharma (la loi éternelle et universelle). (5)

 

– Opération chirurgicale avec les mains :

Gopal Krishna Yachenda, le second fils du raja de la famille royale de Venkatagiri, a raconté qu’il vit plusieurs fois Sai Baba pratiquer l’ablation des amygdales.

« Lors de l’une de ces opérations, Gopal Krishna observa très attentivement que Sai Baba commença par matérialiser de la cendre qu’il mit dans la bouche du malade, puis il matérialisa un trident de métal, coupa les amygdales avec cet objet (attribut de Shiva), les sortit et les montra aux personnes présentes. Le sang ne coula pas et le patient ne ressentit aucune douleur. » (M. Coquet)

Voici le témoignage d’Amarendra Kumar, un fidèle qui fut, pendant les années 1940 à 1950, en étroit contact avec Sai Baba :

« Une fois, il opéra sur un cas d’appendicite. Et le plus beau fut qu’il n’ouvrit même pas l’abdomen. Voici ce qui se passa : Baba me dit d’aller chercher de l’eau, du Dettol, une serviette, du coton, etc. Je sortis rapidement de la pièce et ramenai tout ce qu’il avait demandé. Je ne me souviens pas du nom du patient, c’était un homme d’âge moyen du village de Puttaparthi. Baba releva la chemise du malade afin de mettre à nu la partie abdominale. Puis il y plongea ses mains qui bougèrent d’un côté et de l’autre, et sortit un ‘morceau’ du ventre du malade ; mais le ventre n’était pas ouvert. Je vis un morceau de chair ensanglanté sortir. Les mains de Baba étaient pleines de sang. Il mit tout dans la cuvette, se lava les mains et dit à l’homme : ‘Bon, lève-toi et marche.’ L’homme était tout à fait content. Il put immédiatement se lever et marcher aux alentours. Et par la suite, il ne se plaignit plus jamais de douleurs abdominales. »

Comme le note Michel Coquet, ceci est identique à la méthode réalisée par les guérisseurs philippins. (6)

 

– Jésus et Sai Baba :

Michel Coquet rappelle la guérison, dans les Evangiles, du sourd-bègue :

« Le prenant hors de la foule, à part, il lui mit ses doigts dans les oreilles et avec sa salive lui toucha la langue. Puis, levant les yeux au ciel, il poussa un gémissement et lui dit : ‘Ephphatha’, c’est-à-dire ‘ouvre-toi !’ Et ses oreilles s’ouvrirent et aussitôt le lien de sa langue se dénoua, et il parlait correctement. » (Marc, VII, 32-35)

Sai Baba guérissait souvent à l’aide de la cendre sacrée (vibhûti) matérialisée à cet effet. Il n’était pas différent de Jésus, l’un et l’autre ayant utilisé toutes les branches de la médecine.

« En quoi la terre utilisée par Jésus serait-elle différente de la cendre utilisée par Sai Baba ? On a vu que Jésus utilisait même sa salive. De son côté, Sai Baba donnait quelquefois du bétel à un fidèle malade après qu’il l’ait préalablement mâché. » (M. Coquet) (7)

 

– Transfigurations :

Michel Coquet a un jour assisté à ce phénomène :

« Après que des milliers de fidèles se soient assis en attendant son passage, Sai Baba passe dans les allées, donne des conseils, bénit, matérialise de la cendre ou prend des lettres. Un jour, il s’arrêta près du lieu où je me trouvais, il s’immobilisa et pendant qu’il nous regardait, immobile dans le silence le plus total avec un amour à peine supportable, nous vîmes un halo de lumière rayonner autour de son abondante chevelure. »

Le biographe de Sai Baba, le professeur Kasturi, a écrit que, le 20 octobre 1940, le jeune maître (alors âgé de 14 ans) partit à l’école comme à son habitude. Sri Anjaneyulu, un inspecteur des impôts, aperçut, autour du visage de l’adolescent, un halo de lumière.

« Ce fut en ce jour mémorable que Sai Baba quitta définitivement l’école et sa maison pour se consacrer à ses milliers de fidèles. Sa belle-soeur, à qui il annonça sa mission d’avatar, fut elle aussi éblouie par la lumière qui rayonnait autour de son visage au point de ne pouvoir le supporter. Un voisin, sri Nârâyana Shastri, qui avait entendu des bribes de la conversation, se précipita dehors, et, voyant la splendeur du halo autour de la tête de Sai Baba, se jeta à ses pieds et l’adora.

Dans les années qui suivirent ce premier événement, Sathya Sai Baba manifesta ses siddhis et vibhûtis en abondance. En ce qui concerne la lumière, il permit à ses fidèles de faire l’expérience du jyoti-darshan, la vision de la lumière divine. Cela avait souvent lieu dans le village de Puttaparthi sur les bords de la rivière Chitravati. L’une de ces expériences se passa sur une colline bien connue proche de l’ashram. L’événement a été raconté par sri Kasturi de cette manière : le jeune Baba lança un défi à ses camarades, à celui qui arriverait le premier en haut de la colline. Au signal, tout le monde se précipita, mais soudainement Sai Baba apparut par miracle en haut de celle-ci et leur cria de lever la tête et de le regarder. Ils virent alors un immense cercle de lumière avec Sai Baba au centre. Certains virent un jet de lumière sortir de son front, d’autres s’évanouirent tant la lumière était puissante, d’autres encore le perçurent dans une immense colonne de feu. » (M. Coquet)

Franck G. Baranowsky, de l’université de l’Arizona, a enquêté sur plus de 100 saints personnages à travers tout le continent indien. Le résultat ne fut pas extraordinaire, mais en juillet 1978 il passa une semaine à photographier Sai Baba au moyen du système Kirlian.

« L’aura que Swami projetait n’était pas celle d’un homme ! L’énergie blanche était deux fois plus large que celle d’un homme ; le bleu (amour) était pratiquement sans limite ; et il y avait du rose (amour intense), des bandes de doré et d’argent au-delà des deux premières, au-delà du bâtiment, jusqu’à l’horizon. Il n’y a pas d’explication scientifique à cela. » (F. Baranowsky)

Voici ce qu’a écrit Franck Baranowsky (qui était aussi un clairvoyant) :

« La couleur rose, que l’on voit rarement, est la caractéristique de l’amour désintéressé. C’était la couleur que Sai Baba avait autour de lui. L’aura allait au-delà du building près duquel il se trouvait ; ce champ d’énergie allait jusqu’à 30 et 40 pieds (120 mètres environ) dans toutes les directions.

N’ayant jamais vu une telle aura jusqu’alors, ma première réaction fut de chercher des lumières fluorescentes sur lui. Mais, tandis que j’observais, la belle énergie rose se déplaçait en même temps que son corps se déplaçait. Emerveillé par ce spectacle remarquable, j’entendis à peine les bhajan (champ dévotionnels), et Sai Baba partit sans que je m’en rende compte. » (8)

 

– Matérialisations et téléportations d’objets :

Encore enfant, Sai Baba matérialisait, pour ses amis, des bonbons et des médicaments. Lorsqu’il grandit, ce furent des objets spirituels : images divines, lingas, cendre sacrée, chapelets, bagues et bracelets, pierres précieuses, statuettes en or, etc.

Le docteur S. Bhagavantam tenait à l’époque un poste de directeur de l’Institut des Sciences de l’Inde. (Il devint ensuite conseiller scientifique au Ministère de la Défense de Delhi.) C’est en 1959 qu’il avait rencontré Sai Baba pour la première fois, et à cette occasion ils étaient allés se promener le long des sables de la rivière Chitravati. Sai Baba demanda au scientifique de choisir un endroit pour s’asseoir, ceci afin d’éviter le soupçon d’un emplacement préalablement choisi.

« Puis la discussion s’orienta sur l’attitude générale des savants. Piqué au vif et voulant démontrer que tous ne se ressemblaient pas, il raconta que, lorsque Oppenheimer participa à l’explosion de la première bombe atomique et que les journalistes lui demandèrent quelle avait été sa réaction, il avait répondu en récitant un verset de la Bhagavad Gîtâ. Tout de suite, Sai Baba lui demanda : ‘Aimeriez-vous avoir un exemplaire de la Bhagavad Gîtâ ?’, en ramassant dans sa main une poignée de sable pendant qu’il parlait. ‘La voici’, continua-t-il, ‘tendez vos mains’. » (M. Coquet)

Bhagavantam mit ses mains en coupe pour attraper le sable qui tombait des mains de Swami. Ce fut un livre relié d’une couverture rouge qui tomba dans les mains du chercheur : un exemplaire de la Bhagavad Gîtâ (en caractères télugus) ! Sai Baba remarqua qu’il aurait pu faire cadeau d’un livre imprimé en sanskrit, mais comme le scientifique avait des difficultés à en lire les caractères, il lui avait donné un exemplaire en télugu, langue maternelle de Bhagavantam. Ce dernier n’avait jamais mentionné son manque de pratique du sanskrit. Bhagavantam constata que le livre paraissait tout neuf, mais il ne put découvrir le nom de l’éditeur. Sai Baba répondit avec un large sourire : Sai Presse !

« Nous avons aussi l’exemple de ce livre, la miniature d’un gros ouvrage, dans lequel, dit Sai Baba, se trouve résumée la véritable histoire de Jésus, et qu’il matérialisa spontanément au moment d’un discours. Tout le monde put le photographier, puis Sai Baba le confia à un responsable de l’organisation en Russie avec interdiction d’en dévoiler le contenu. Il a aussi fait apparaître le joyau de Krishna, une reproduction parfaite de l’astre lunaire en réduction, etc., tout cela pour agrémenter les discours aux étudiants de ses écoles. De tels exemples sont infinis. D’autre part, et de cela je n’en connais nul autre exemple, tout objet donné par Sai Baba, s’il est volé ou perdu, lui revient systématiquement, ce qui est la preuve que l’objet est une création de sa volonté, non un apport. » (M. Coquet)

Sai Baba, qui sait l’importance d’une image comme support à la foi et à la vie affective, a matérialisé pour les fidèles de toutes les religions des symboles associés à chacune d’elles.

« Si les représentations d’images de saints ou de symboles religieux n’étaient pas utiles, les statues des hindous et des bouddhistes n’existeraient pas, pas plus que les statues et les images de la Trinité et des centaines de saints dans le christianisme ! Avant d’adorer le Père en esprit, comme le conseille Jésus, l’Homme en vénère les qualités et principes. C’est pour cela que Sai Baba a matérialisé depuis son plus jeune âge des tonnes de vibhûti et des millions d’objets comme des statues en or des avatars de Vishnou, des lingas, des chapelets, des bijoux symboliques, des bagues, des médicaments, de la nourriture, etc. L’objet fait plaisir, certes, mais ce n’est pas que cela. » (M. Coquet)

Sai Baba explique :

« Je vais vous dire pourquoi je donne ces objets, tels que bagues, talismans, chapelets, etc. C’est afin de souligner le lien existant entre moi et ceux à qui je les donne. Lorsque l’adversité les atteint, l’objet me parvient en un éclair et leur revient en un éclair, porteur de la grâce ou de la protection qui va les secourir. »

Comme les matérialisations d’objets produites par de petits médiums hindous et musulmans sont monnaie courante, Sai Baba précise qu’il n’utilise pas les élémentals mais qu’il crée lui-même à partir de l’âkâsha :

« Il n’y a pas d’être invisibles qui aident Swami à faire les objets. Sa volonté divine crée l’objet instantanément. Swami est omniprésent. Ses créations appartiennent au pouvoir naturel illimité de Dieu et ne sont en aucun cas le résultat de pouvoirs yogiques ou magiques. »

Le docteur Hislop, à la fois chrétien et fidèle de Sai, se vit offrir un crucifix que Sai Baba matérialisa devant lui.

« Il lui précisa que l’objet était l’image exacte de Jésus, tel qu’il était au moment précis de son agonie sur la croix, précisant au passage que le bois de la croix était celui sur lequel Jésus avait été crucifié. Dès son retour, le Dr Hislop fit analyser le bois et fut stupéfait de s’entendre dire qu’il était vieux d’au moins deux mille ans. » (M. Coquet)

Dans les années 1940, Sai Baba était souvent invité par le rajah de Venkatagiri. Ce dernier était passionné de philatélie et avait une belle collection de timbres anciens.

« Un jour, pour jouer, Sai Baba passa sa main sur les feuilles, et, lorsqu’il la retira, on s’aperçut que tous les visages s’étaient miraculeusement transformés. A leur place et sur chaque timbre, se trouvait maintenant le portrait de Sai Baba. » (M. Coquet)

Voici une anecdote racontée par le biographe N. Kasturi :

bible7« C’était l’anniversaire de la naissance de Krishna. Comme Baba était présent à ce moment-là, la fête allait se dérouler sous les meilleurs auspices. A Madras, les fidèles faisaient des préparatifs minutieux. La salle des fêtes fut décorée, des invitations furent lancées aux fidèles géographiquement proches. Baba arriva et prit place sur un siège spécial, près de l’autel, érigé momentanément à une extrémité de la salle pendant la cérémonie. Ensuite, juste avant le rite d’offrande de la lumière (âratî), il se leva et tout le monde fit de même. Il leva ses mains très hautes au-dessus de sa tête et la foule des fidèles qui se tenait en attente observait ses mains, car personne ne l’avait vu dans cette position à aucune autre fête précédente. Cela paraissait plutôt étrange ; mais, avant même que les fidèles puissent s’en étonner, Baba tenait dans ses mains une grande coupe en verre qui scintillait sous la lumière électrique, magnifiquement conçue avec, à chaque extrémité, un oiseau déployant ses ailes. Elles paraissaient plutôt lourdes, et Baba la posa sur la table de l’autel. Il annonça : ‘Voici de la nourriture consacrée et spéciale en provenance de Brindavan.’ Il y avait dans cette coupe quarante-trois variétés de confiseries, toutes étrangères au goût des Indiens du sud. »

Ci-dessus :  Saï Baba après avoir “matérialisé” une petite Bible

 

– Matérialisation de nourriture :

Vijaya a rapporté un événement ayant eu lieu peu avant 1950, un jour où il enseignait des choses de Dieu au milieu d’un groupe d’une soixantaine de fidèles. Sai Baba déclara que c’était un jour spécial et qu’il allait préparer quelque chose. :

« Nous pensâmes : ‘Comment Bhagavan va-t-il faire pour préparer quelque chose près de la rivière Chitravati ?’ Alors il dit : ‘Mettez tous les récipients vides sur la charrette.’… Nous avions chanté des bhajan, grimpé la colline, en étions redescendus, nous avions couru sur les rives de la Chitravati, et nous étions vraiment fatigués. Nous dîmes à Bhagavan que nous avions faim. Il nous répondit d’apporter les récipients vides.

Tous les récipients furent mis en ligne, et il nous demanda de mettre sur chacun un couvercle. Puis il s’approcha d’un arbre tout proche et en prit une petite branche. Il revint vers les récipients, toucha chacun d’eux avec son bâton et dit : ‘Rasam, sambar, riz, chappattis’, et ainsi de suite (ce sont les noms de plats indiens). Lorsque nous enlevâmes les couvercles, une agréable odeur en sortit. Même le rasam bouillonnait. Ensuite, les garçons allèrent ramasser des feuilles de lotus dans un sac tout proche, en guise d’assiettes. Bhagavan nous fit tous asseoir en ligne et nous servit lui-même la nourriture.

C’était merveilleux, nous n’avions jamais goûté à une nourriture aussi délicieuse. Pendant les deux jours qui suivirent, nous n’eûmes pas beaucoup envie de manger. Alors Bhagavan nous dit que cette nourriture était comme de l’âmrit (nectar). »

 

– Transformation d’une roche de granit en sucre candi :

Un jour, Sai Baba fit appeler le docteur V. J. Rao, directeur du département de géologie à l’université d’Osmania à Hyderabad.

« Baba ramassa un morceau de granit rugueux et, le tendant au docteur Rao, lui en demanda la composition. Le géologue mentionna quelques-uns des minéraux contenus dans cette pierre.

Baba : ‘Je ne veux pas dire cela… Quelque chose de plus profond…’

Le docteur Rao : ‘Eh bien, des molécules, des atomes, des électrons, des protons…’

Baba : ‘Non, non, encore plus profond ! …’

Le docteur Rao : ‘Je ne sais pas, swami.’

Baba reprit le morceau de granit des mains du géologue et, le tenant entre ses doigts, souffla dessus. Le docteur Rao ne quitta pas un instant la pierre des yeux, et cependant, quand Baba la lui rendit, sa forme avait complètement changé. Au lieu d’être un morceau de rocher informe, c’était devenu une statue de Krishna jouant de la flûte. Le géologue remarqua une différence dans la couleur, ainsi qu’un léger changement dans la composition de la pierre.

Baba : ‘Vous voyez ? Au-delà de vos atomes et de vos molécules, il y a Dieu dans cette pierre. Et Dieu est douceur et joie. Cassez-donc le pied de la statuette, et goûtez-y.’

Le docteur Rao n’eut aucun mal à briser le pied de ‘granit’. Il le porta à sa bouche, ainsi que Baba le lui avait demandé. C’était du sucre candi ! »

 

– Matérialisation d’une statue :

Le Rajah de Venkatagiri et la Rani étaient devenus des fidèles de Sai Baba après avoir fait l’expérience de son omniscience et de ses nombreuses vibhûtis. Le Rajah fut particulièrement impressionné par un miracle fait dans sa ville en 1950, Sai Baba étant alors âgé de 24 ans.

« Un groupe de vingt à trente personnes quitta le palais dans un cortège de voitures pour faire une randonnée dans la campagne. Baba, qui n’avait jamais visité la région de sa vie, demanda au Rajah de s’arrêter près de la première étendue de sable qu’ils rencontreraient sur leur route. Au bout de quelques kilomètres, ils arrivèrent au lit desséché d’une rivière. Là, ils descendirent de voiture et s’assirent sur le sable autour du jeune Swami. Il discourut pendant quelques instants, puis il roula sa manche jusqu’au coude et enfonça son bras dans le sable. ‘Alors’, me raconta le Rajah, ‘nous entendîmes un étrange bruit de scie. C’est du moins ce à quoi cela ressemblait. Je demandai à Swami ce qui faisait ce bruit et il répondit d’une façon énigmatique qu’on était en train de fabriquer de la marchandise à Kailash

Au moment où le jeune Homme-Dieu retira son bras du sable, il y eut un grand éclat de lumière bleue, sur un rayon de trois mètres. Ils virent alors que Baba tenait dans sa main un objet haut de vingt centimètres, composé de spath d’un blanc pur. C’était une statue de Râma, un des avatars, en compagnie de Sitâ, son épouse. Quand tous eurent examiné ce ‘cadeau qui venait de Kailash, Baba l’offrit à la Rani voilée de Venkatagiri et lui dit de le garder, enveloppé dans de la soie, jusqu’au lendemain.

Quand, le jour suivant, la statue fut retirée de son enveloppe, la pierre blanche était devenue bleue. La statuette a maintenant sa place dans la chapelle du Rajah et, me dit celui-ci, elle est toujours de la même couleur bleue que la lumière qui jaillit autour d’elle quand elle sortit du sable. »

De telles matérialisations furent chose courante pendant les 32 premières années de la vie de Sai Baba. Quelques instants après la matérialisation, les statues, surtout les plus grosses, étaient chaudes, ce qui prouve la réalité du phénomène.

Les choses qu’il fait ou qu’il donne n’ont qu’un seul objectif : redonner la foi ou protéger le fidèle. Pour le reste, Sai Baba écrit :

« La plupart d’entre vous viennent ici pour que je leur donne bibelots et camelote de toute sorte ou bien pour être guéris de leurs maux, ou encore pour obtenir un quelconque avancement dans leur travail. Mais très peu viennent pour prendre ce que je suis venu donner à tous : la libération elle-même… Et même parmi ces quelques-là, seulement une poignée suit la ‘Sâdhanâ’ (discipline spirituelle) recommandée et arrivent au but. »

 

– Téléportations d’objets :

En 1973, Sai Baba, qui était entouré de nombreux disciples sur les rives de la rivière Kakkara Halla, matérialisa un linga translucide de 12 centimètres de long sur 10 centimètres de large.

« Il leur dit que ce linga n’était pas une création mais un apport du mont Kailash, et qu’il venait tout juste d’avoir été l’objet d’une adoration et d’un culte, puisqu’il était encore fraîchement enduit de pâte de santal, de poudre kumkum et de feuilles de bilva. Après en avoir reçu la bénéfique influence, Sai Baba le renvoya rapidement à l’endroit où il se trouvait pour ne pas créer d’incident fâcheux.

Un jour, Sai Baba se rendit avec des fidèles au temple de Chidambaram réputé pour abriter, dans une crypte secrète, un linga représentant l’ultime énergie de l’âkâsha (âkâshalinga). Sai Baba leur expliqua que, pour symboliser cet élément abstrait, les anciens avaient mis au point un système, et, avant de continuer l’explication, il matérialisa d’un geste un linga en fer que tous purent observer à souhait. Puis il précisa que sa suspension sans support était due à la présence de deux pierres magnétiques cachées aux yeux des visiteurs, l’une attirant vers le haut, l’autre vers le bas, de sorte que par le biais d’une technique (non dévoilée), le linga restait en suspension dans le vide symbole de l’âkâsha. Puis, d’un geste, il renvoya le linga dans sa crypte.

Il fit la même chose avec le linga de Badrinath ramené du Mont Kailash par Shankarâchârya. Une fois rechargé spirituellement, l’objet sacré fut renvoyé dans sa niche secrète. » (M. Coquet)

Jamais un apport fait par Sathya Sai Baba ne put être considéré comme immoral, comme en témoigne cet exemple :

« Un couple âgé de Népalais, pas très riche, avait, depuis de nombreuses années, désiré le darshan de Sai Baba. Ils avaient donc mis les bijoux familiaux en gage et entrepris le long voyage en Inde. Lors de l’entretien, Swami les réprimanda d’avoir vendu leurs précieux biens simplement pour le voir, alors qu’il était déjà dans leur coeur. Baba matérialisa chaque bijou, un par un, et remit le tout au couple. Lors de leur retour à Kathmandou, le prêteur sur gage ne put leur revendre les bijoux. Il avoua que le lendemain du jour où ils lui avaient laissé les bijoux, un étranger avait insisté pour tous les acheter ! »

 

– Matérialisation et dématérialisation :

On vit Sai Baba matérialiser un joyau qu’il incrusta dans une statue de pierre ou de métal.

« Tout ce qu’il a matérialisé lui revient lorsque l’objet est perdu ou détruit. Lorsque le fidèle revient à l’ashram, Sai Baba, le plus simplement du monde, lui restitue l’objet. C’est avec ce pouvoir, dit-il, qu’il dissout les cancers du corps, les maladies de l’âme et les poisons du mental.

Une fois, Sai Baba donna un objet à un fidèle qui, très étonné, lui fit remarquer qu’il avait déjà reçu le même. Sai Baba lui répondit que l’objet, qu’il gardait précieusement dans une boîte d’argent, venait de lui être volé la nuit précédente dans son appartement. L’objet était immédiatement revenu à son créateur.

Une autre fois, il s’agissait d’un bijou en or. Le fidèle à qui cet objet avait été donné avait eu de graves soucis d’argent et avait pris la décision de le faire fondre et de le vendre à bon prix. A peine avait-il récupéré le minerai que celui-ci disparut. Dépité et honteux, le fidèle revint voir Sai Baba qui, très aimablement et sans mot dire, lui restitua le pendentif. » (M. Coquet) (9)

 

– Le miracle de la cendre sacrée :

Depuis son jeune âge, Sathya Sai Baba a matérialisé, d’un simple geste de la main, de la cendre sacrée, la vibhûti.

« Il arrive à Sai Baba de donner ou de matérialiser un petit pot de vibhûti à une personne afin qu’elle s’en serve pour aider ou guérir, par exemple à Indra Dévi, que je rencontrai il y a quelques années, ou au docteur Gadhia. Dans les deux cas, la vibhûti était donnée très généreusement, et le petit récipient ne désemplissait pas. J’ai personnellement expérimenté ce phénomène dans mon lieu de méditation. La petite boîte contenant ma vibhûti, qui normalement se vidait au bout d’un mois, dura plus d’une année. Puis tout redevint comme avant.

En dehors de cette constante matérialisation de vibhûti, Sai Baba avait l’habitude, jusqu’en 1977, au moment du festival appelé la grande nuit de Shiva (mahâshivaratri), de pratiquer, devant des milliers de fidèles, l’ablution de vibhûti sur la statue de son ancienne incarnation (Shirdi Sai Baba). Il accomplissait ce rite en agitant, d’un mouvement circulaire, sa main à l’intérieur d’un vase vide tenu à l’envers par un fidèle (Sri Kasturi eut souvent ce privilège), et la cendre n’arrêtait plus de tomber jusqu’à ce qu’elle finisse par recouvrir entièrement la statue. Puis, Sai Baba s’adressait à la foule pendant une demi-heure et concluait par un ou plusieurs chants dévotionnels (bhajan). C’est alors que se matérialisaient, dans l’oesophage de Sai Baba, un ou plusieurs lingas de matière précieuse ou semi-précieuse. Ces lingas étaient donnés à des fidèles pour accomplir des rites, ou placés dans des hauts lieux spirituels. C’est là un exemple type de ce que nous entendons par omnipotence. » (M. Coquet) (10)

 

– Omniscience :

Lors de son anniversaire, le 23 novembre 1962, Sai Baba annonça que les troupes chinoises n’avanceraient pas et ne troubleraient pas la joie des célébrations, et en effet les Chinois se retirèrent pendant la nuit du 22 novembre.

« Lors de la préparation du festival hindou de Dasara, en 1965, en dépit des campagnes et contre-campagnes sur le conflit indo-pakistanais, il annonça que les hostilités cesseraient à temps, et en effet, à la surprise des combattants et de nombreux chefs politiques dans les deux pays, de l’ONU, un cessez-le-feu fut déclaré deux jours avant le début des festivités de Dasara.

Bien qu’il ait abandonné l’école à l’âge de quatorze ans, il maîtrise les aspects les plus complexes du sanskrit. Il n’a jamais étudié la médecine, mais a fait une conférence sur les infections virales. Ils s’est montré un expert en diagnostics médicaux et a expliqué en détail les causes d’afflictions dont souffraient les malades qui venaient le voir. Politique, philosophie, médecine, architecture, musique, rien ne semble être ignoré de lui. Une fois, Sai Baba a mis en garde des experts en agriculture contre l’excavation aveugle de puits instantanés pour résoudre le problème de la rareté de l’eau. Il expliqua que cela se révèlerait être une contre-productivité, en détaillant, à la surprise des experts, les caractéristiques géologiques des sources souterraines.

Un jour, Sai Baba commença à parler en télugu à Madhuri, la femme d’Y. T. Tatachari, professeur dans une université américaine. Elle fut surprise et se demanda pourquoi Baba lui parlait en télugu au lieu de sa langue maternelle, le tamil. Baba lui répondit alors : ‘N’êtes-vous pas née dans un village près de Prodattur ?’ En effet, cet endroit se trouve dans un territoire d’Andhra Pradesh où l’on parle télugu. Madhuri avait complètement oublié ce détail, mais pas Baba. (…)

Lorsque le juge G. K. Damodar Rao partit pour la conférence internationale du Lion’s Club à Chicago, Baba lui remit des paquets de cendre sacrée qu’il avait matérialisés et lui dit : ‘Distribuez ces paquets aux fidèles de Californie.’ G. K. D. répondit avec regret : Swami, le gouvernement ne m’a pas donné de visa pour un voyage via la Californie à l’aller ni au retour. Je dois voyager seulement via l’Atlantique.’‘Cela n’a pas d’importance, vous irez en Californie’, lui répondit négligemment Sai Baba, en lui remettant les sachets.

Bien plus tard, alors que G. K. D. était sur le point de retourner en Inde, les pilotes de la compagnie auprès de laquelle il avait réservé son vol de retour se mirent en grève. Il fut donc dans l’obligation de retourner en Inde via le Pacifique, et put de cette façon donner les sachets aux fidèles californiens, comme Sai Baba l’avait prévu.

Lorsqu’un jour il fit venir à lui Amritananda, il lui donna immédiatement tous les détails des pratiques de hatha yoga qu’il avait accomplies, ainsi que les erreurs qu’il avait commises. Ces détails dataient de l’époque où Sai Baba n’était pas encore né.

Presque chaque jour il reçoit des fidèles. Pendant ces entrevues, il n’est pas rare que son omniscience soit sollicitée et que Sai Baba donne une réponse immédiate de la plus grande exactitude.

A une époque où elle n’avait même jamais imaginé une telle chose, le jeune Baba prophétisa à une écolière du nom de Jayalakshmi : ‘Vous irez à l’étranger et reviendrez avec un diplôme de médecine.’ Ce jour-là, Jayalakshmi lui adressa un sourire moqueur. Pourtant, treize ans après, lorsqu’elle fut embauchée en tant que Docteur Jayalakshmi, avec son diplôme étranger, à Puttaparthi même, Sai Baba lui retourna son sourire. » (M. Coquet)

Michel Coquet note que les dévots d’un instructeur ont souvent tendance à diminuer la grandeur des autres instructeurs au profit du leur. C’est ce qu’il a vu faire à l’ashram de Sai Baba aussi bien que dans celui de Mata Amritanandamayi (appelée Amma).

« Pourtant au niveau de l’âme, ces deux grandes lumières travaillent en parfaite unité. Lorsqu’un disciple cherche l’instructeur, Sai Baba lui indique lequel sera le plus adéquat. Il est donc intéressant de donner l’exemple de deux disciples qui furent conduits vers Amma par Sai Baba dans des circonstances habituelles pour ce dernier, mais qui prouvent son omniscience et son omniprésence. Comme ces deux exemples sont empruntés à la biographie d’Amma, je ne risque pas d’être accusé de parti pris. » (M. Coquet)

Dans la nuit du 23 janvier 1985, Radha Baï (de Kozhikode), une fidèle dévote de Sai Baba, rêva que celui-ci lui apparaissait, accompagné d’une sainte femme vêtue de blanc. Montrant la sainte femme du doigt, Baba lui dit : « Tu dois aller voir cette Mère. » A son réveil, Radha Baï se demanda où elle devait aller pour rencontrer cette femme. Le lendemain, elle vit dans un journal la photo d’une sainte femme, avec un article qui annonçait la venue de celle-ci le jour-même, à Kozhikode. Elle reconnut son visage, celui de la Mère qu’elle avait vue en rêve avec Baba.

Le second témoignage concerne P. O. Nambiar, un disciple qui vivait aussi à Kozhikode. Celui-ci avait reçu, à l’âge de 17 ans, l’initiation d’un disciple de Sivananda Paramahamsa. Voici ce témoignage :

« L’incident suivant eut lieu en 1960. Un soir, après ma séance habituelle de chants et de méditation, j’allais me coucher. A trois heures trente du matin, j’eus un rêve dans lequel je vis un grand hall avec une cour devant. Dans cette cour se trouvaient toutes sortes de plantes aux couleurs variées qui poussaient en terre ou dans des pots. Là, je découvris deux personnages : l’un était un saint homme vêtu d’une robe orange vif, avec une épaisse chevelure crépue, et l’autre une sainte femme habillée de blanc, qui me faisait signe de la main droite pour m’inviter à les suivre. Le saint homme ne me regardait pas et ne fit aucun geste dans ma direction. Bien que ce fut seulement un rêve, j’eus la certitude qu’il avait un sens caché, et par la suite ce rêve et les grandes âmes qu’il me fit découvrir restèrent très vivants dans ma mémoire.

Ce n’est que deux années plus tard, quand il commença d’être connu dans notre région, que je découvris que le saint homme était Shri Sathya Saï Baba, de Puttaparthi. Vingt autres années passèrent avant que je réalise que la sainte femme du rêve était Mata Amritanandamayi. »

Michel Coquet note que l’omniscience de Sai Baba pénètre le passé, le présent et le futur avec la même aisance.

« Le 28 novembre 1983, alors qu’il se trouvait à Bangalore, il informa les fidèles réunis ce jour-là que le père de sa future incarnation en tant que Prema-Sai Baba venait de naître ce même jour. Et lorsque son biographe officiel N. Kasturi mourut en 1987, Sai Baba annonça qu’il serait la mère de son prochain corps. Il avait déjà annoncé que lui-même mourrait à l’âge de 95 ans et qu’il se réincarnerait huit ans après sous le nom de Prema Sai Baba dans un village du nom de Gunaparthi, sur les bords de la Tungabhadra (quelque part vers Shimoga). Cette claire vision de l’avenir était aussi détenue par M. Philippe qui, lui aussi, prophétisa la date de son retour sur Terre. Il annonça en 1903 : ‘Dans cinquante ans, je serai là de nouveau.’ C’est-à-dire en 1953 ! » (M. Coquet)

De même, Mata Amritanandamayi a témoigné de son omniscience après qu’elle eut atteint la réalisation de l’unité avec son Esprit qu’elle vénérait sous la forme de Krishna :

« J’avais la faculté de tout connaître au sujet de chaque personne. J’avais pleinement conscience d’être moi-même Krishna, non seulement durant ce moment particulier de la manifestation, mais à tout autre moment également. Je ne pensais pas : ‘Je suis un personnage important.’ Quand je voyais les gens et devinais leur souffrance, je ressentais pour eux une immense compassion. J’étais consciente que les dévots m’offraient leurs hommages et m’appelaient ‘Seigneur’. Je pouvais comprendre leurs doléances sans même qu’ils m’en parlent. » (11)

 

– Une résurrection par Sai Baba :

Le 25 décembre 1971, alors que Sai Baba se trouvait à Madras, un fidèle, Walter Cowan, mourut à l’hôtel Connemara de la ville. Il fut déclaré cliniquement mort et préparé en tant que tel. Sai Baba, qui connaissait le couple Cowan, fut averti du fait. Il déclara que cela ne devait pas arriver et il précisa qu’il se rendrait à l’hôpital vers 10 heures.

Un employé déclara que Baba était venu et reparti. Walter Cowan fut retrouvé vivant dans sa chambre !

« De retour près de ses fidèles, Sai Baba s’expliqua : ‘J’ai donné une nouvelle naissance à Cowan.’ Plus tard, Cowan raconta comment il avait été amené devant le Dieu de Justice, comment on lui avait alors lu tous ses karmas passés, et comment Baba avait intercédé en sa faveur pour lui accorder un nouveau cycle d’existence, mais Cowan était physiquement très malade, et trois fois encore Sai Baba dut intervenir. Dix-neuf mois plus tard, Cowan mourut en Amérique, mais pendant cette période il s’était immergé dans la contemplation du Seigneur et avait vécu saintement. Au moment de sa mort, Baba envoya un télégramme à sa femme :Rani, Walter est arrivé ici en bon état.’ Ce délai de dix-neuf mois avait été accordé à Cowan pour qu’il puisse repartir sur des bases plus spirituelles. » (M. Coquet) (12)

 

– Une lévitation de Sai Baba :

L’épisode est raconté par M. Varadu, un très ancien fidèle de Sai Baba, qui a précisé qu’à cette époque-là il arrivait souvent à Sai Baba de tomber inanimé, laissant son corps vide afin de partir au secours de ses fidèles en danger. Il raconte :

« La nuit où Ramana Maharshi mourut à Tiruvannmalai, j’étais à Puttaparthi avec Swamiji. Krishna et moi-même étions tous les deux-là. Ce soir-là, aux environs de 9 heures, nous étions en train de faire une puja il me semble, lorsque soudain Swamiji leva son regard sur nous. Il a une manière spéciale de regarder qui signifie qu’il veut aller dans sa chambre. Au moment où Krishna et moi-même passâmes la porte de sa chambre et la fermâmes, Swami tomba sur le sol. J’y étais préparé. Krishna et moi-même tendîmes nos mains et Swami s’y étendit. Puis, de nos bras, il s’éleva dans l’air. Son corps était aussi raide qu’une planche. Il commença à murmurer quelque chose comme :Maharshi est arrivé à mes pieds de lotus.’ Et alors, de la plante de son pied droit, qui s’ouvrit, se déversèrent au moins deux kilogrammes de splendide vibhûti parfumée. Je me mis à ramasser la vibhûti alors qu’il était encore en lévitation. Puis il se remit sur pied, reprit ses sens et demanda ce qu’il avait dit. Je lui répondis : Swamiji, voici ce que vous avez dit : ‘Ramana Maharshi a transité. Et voici ce qui est sorti de vos pieds.’ Il me dit : ‘Donnez-la en pradasam.’ »

La nouvelle arriva un peu plus tard et confirma le moment exact de la transition du Mahâtma, qui correspondait, à la minute près, à l’annonce faite par Sai Baba. (13)

 

– Invisibilité :

« Pendant son adolescence, Sai Baba avait l’habitude de se rendre à la rivière toute proche avec un groupe de fidèles. Le chemin passait devant une colline à droite du sentier sur lequel se trouvait un tamarinier devenu célèbre depuis. Il arrivait alors que Sai Baba disparaisse sans prévenir. D’autres fois, il claquait des doigts, demandait que l’on fasse de même et, à la seconde d’après, il avait disparu aux yeux de tous et se trouvait téléporté en haut de la colline. Sa manière de disparaître pouvait varier de cent façons diverses. L’une d’elles est restée dans les annales grâce à deux témoignages.

L’épouse de Radhakrishna fut plusieurs fois témoin des disparition subites de Sai Baba. Elle se souvient qu’un jour son mari était tombé très malade. Comme c’était l’heure de la promenade à la rivière, tous les fidèles demandèrent à Sai Baba de les y conduire. Mais celui-ci refusa, prétextant que le pauvre Radhakrishna était malade et devait être surveillé. Aussi, pour ne gêner personne, l’épouse proposa de rester au chevet de son mari. Tout l’ashram avait suivi Sai Baba, sauf le malheureux couple. Parvenu au bord de la rivière, Sai Baba s’assit au centre du groupe comme à son habitude et commença à les instruire. A ce moment-là, Mme Radhakrishna donnait à boire à son mari qui se sentait mal, vomit et tomba inanimé. Paniquée, l’épouse spontanément se mit à crier :Swami, swami, il est arrivé quelque chose !’ Et, en une fraction de seconde, Sai Baba apparut derrière elle et lui dit : ‘Rien n’est arrivé, reste tranquille !’ Il posa ses mains sur le front de Radhakrishna, lui fit boire un breuvage, et celui-ci se remit presque immédiatement.

Si ce témoignage est unique, c’est que la fille du couple, Nijaya, se trouvait à cet instant avec le groupe des fidèles sur le bord de la rivière ; elle put donc témoigner de ce qu’elle avait vu. Selon ses dires, Sai Baba, en plein exposé, disparut subitement. Après quelque temps, tout le monde se mit à le chercher, le croyant sur la colline ou dans les environs. Finalement, tout le monde rentra à l’ashram. Lorsqu’ils le retrouvèrent, ils s’empressèrent de lui demander pourquoi cette soudaine disparition, et Sai Baba répondit simplement : ‘Une petite chose est arrivée, aussi ai-je dû revenir en toute urgence. Tout va bien.’

Selon Vijaya (maintenant Mme Hemchand), ces disparitions se renouvelèrent souvent pendant la période 1946-1949. Sai Baba était l’objet d’une intense vénération, voire de curiosité, et il était impossible qu’il ait pu s’esquiver une seule seconde alors que tous avaient les yeux rivés sur sa personne. Vers 1946, le groupe de fidèles qui l’entourait était de trente à cinquante personnes. Après 1946, le groupe s’amplifia sans cesse jusqu’aux actuelles proportions de plusieurs millions de fidèles. » (M. Coquet) (14)

 

– A-vesa :

Le pouvoir de se projeter dans un autre corps que le sien et de l’animer, une technique connue sous le nom sanscrit d‘â-vesa (l’équivalent du trongjug tibétain), appartenait aux grands rishis de l’Inde ancienne…

A l’époque du cycle de ses miracles, Sai Baba avait l’habitude de se promener le long de la rivière avec ses disciples et quelques fidèles.

« Un jour, il s’y rendit avec quatre disciples choisis par lui : Seshagiri Rao, Vittal Rao, Krishna et Bola Pattabhi Chetty. Alors qu’ils marchaient sur le sentier qui allait les y amener, ils découvrirent le cadavre d’un gros serpent. Le voyant, Sai Baba s’allongea à ses côtés et, après quelques instants, son corps devint rigide. Mais, à la stupeur des disciples, le corps du serpent se mit à bouger. A ce moment-là, ils entendirent la voix de Sai Baba sortir du serpent : ‘Restez ici même !’ Puis le serpent retomba sans vie. Il était 17 heures. Assis à côté des deux cadavres, les fidèles durent patienter de longues heures. Enfin, peu avant minuit, le corps de Sai tressaillit et soudainement se leva et dit : ‘Deux vies ont été sauvées.’ Et il révéla de quoi il s’agissait : Samrajyamma était dans les douleurs de l’enfantement. L’enfant s’était retourné et elle était à l’agonie. Les docteurs avaient abandonné tout espoir. Quand elle commença à m’adresser des prières, je me rendis près d’elle et réajustai la position de l’enfant.’

Le lendemain de ses déclarations, tout cela fut confirmé. Son mari, le Rajah Niladri, vint se prosterner devant Sai Baba et lui dit en sanglotant, épris de gratitude : ‘Vous avez sauvé Samrajyamma !’ » (M. Coquet) (15)

 

– Omniprésence :

Comme la sainte mère Yvonne-Aimée, Sai Baba pouvait se déplacer instantanément au chevet des gens qui le priaient sincèrement. Il existe à ce sujet des milliers de cas.

« J’ai moi-même eu le privilège de cette présence alors qu’il venait juste de me sauver la vie lors de ma descente en pleine nuit du glacier de Gaumukh à la source du Gange. » (M. Coquet)

Alors qu’il se trouvait aux Etats-Unis à bord de son avion, Charles Penn vit un jet de pétrole sur le pare-brise. Il commença à paniquer puis il vit soudain Sai Baba assis à côté de lui dans le cockpit. Il garda ainsi le contrôle de lui-même, ramena tranquillement l’avion à terre, et Sai Baba disparut aussi soudainement qu’il était apparu.

En 1944, après être tombé inerte pendant quelque temps, Sai Baba revint à lui et informa les fidèles de Puttaparthi qu’il venait à l’instant même de se rendre dans les Himalayas afin de sauver deux de ses amis d’école alors en grand danger.

« Lorsqu’ils revinrent, en 1945, ils mentionnèrent l’événement qui s’était déroulé à la minute précise où Sai Baba en avait parlé. Il s’agissait de Nagesam et de Sathyanarayana. Tous deux avaient été avec Sai Baba à l’école de Bukkapatnam et étaient les fils de Subhanna, un des instituteurs de l’école. L’un et l’autre s’étaient engagés dans l’armée, le temps du grand conflit. Alors qu’ils se trouvaient avec leur bataillon près de la frontière nord-est de l’Himalaya, des réservoirs d’essence prirent feu et incendièrent tout le campement. Les deux hommes paniqués appelèrent immédiatement au secours leur ami guru, et le feu s’arrêta miraculeusement. » (M. Coquet)

Voici un cas survenu dans la famille de Manjeri, un fidèle de Sai Baba qui demeurait dans l’Etat du Kérala :

« Le 25 décembre 1964, M. Rao avait été hospitalisé après avoir reçu une faible décharge électrique au cours de son travail. Sa fille, Sailaya, âgée de huit ans, n’était pas très bien non plus. Au cours de la nuit sa fièvre augmenta et, ne pouvant dormir, l’enfant se rendit dans l’oratoire et pria Sathya Sai Baba de lui venir en aide, comme elle l’avait déjà fait un an auparavant afin d’être guérie d’un eczéma qui avait résisté à toutes les médecines.

Très tôt le lendemain, une servante vint prévenir Mme Rao qu’un étrange ascète attendait devant la porte. Selon sa description, il était de petite taille, avec des cheveux crépus, portant une robe orange et marchant pieds nus. Aussitôt qu’elle le vit, elle reconnut Sathya Sai Baba car à cette époque aucun instructeur n’avait cette apparence. Comme elle était bouleversée par cette venue qui représente un rare privilège et le profond désir de millions de fidèles, Sai Baba lui dit de se calmer car il était venu pour aider son mari et surtout sa fille qui était déjà une sincère fidèle de Sai, Mme Rao et son mari étant quant à eux des fidèles de Shirdi Sai Baba depuis de nombreuses années.

Sai Baba entra dans la maison, se dirigea directement au chevet de Sailaya et lui dit dans sa langue (le malayalam) : ‘Tu m’as appelé la nuit dernière, et je suis venu ce matin pour te guérir.’ Mme Rao conduisit ensuite Sai Baba dans la salle de séjour mais, apercevant son portrait, Baba préféra s’asseoir juste en dessous : ‘Ceci est ma place’, dit-il. Mme Rao put alors constater que les deux visages étaient parfaitement identiques. Après cela, M. Rao et sa fille les rejoignirent. Sai Baba prit la petite fille sur ses genoux et se montra d’une infinie tendresse à son égard. Il la pria de chanter des chants dévotionnels dédiés à Sai, mais elle n’en connaissait pas. Alors elle lui demanda le plus simplement du monde s’il était possible de s’en procurer un. Sai Baba lui répondit : Palghat Menon a rapporté à Prashanti Nilayam quatre cents livres de chants imprimés en malayalam. Je vais t’en donner un.’ Ce qu’il fit d’un tour de main. Ensuite, il demanda à M. Rao d’inviter tous ceux qui désiraient participer à une cession de chants dévotionnels (bhajan). Une fois les chants terminés, il commença à répondre aux nombreuses questions et à donner des conseils. Il parla tamoul avec M. Rao, en kannada avec sa femme, et s’adressa à d’autres personnes dans leur dialecte. Il matérialisa un médicament pour Mme Mâdhava Nair qui souffrait d’un diabète et soulagea plusieurs personnes malades.

En privé, Sai Baba matérialisa plusieurs objets pour les Rao, une bague en or, un pendentif avec l’image du seigneur Muruga, etc ; et pour toute la famille il fit apparaître un rosaire de 108 minuscules coquillages qu’il plaça lui-même autour de son portrait. Il matérialisa également un pot de vibhûti pour M. Ramas. Pour finir, il s’adressa à M. Rao et lui révéla des choses à propos de son père. Vers 11 heures, Sai Baba se leva, prétextant qu’il avait un programme à suivre à Sri Kâlahasti. Il demanda à ne pas être suivi et disparut. » (M. Coquet)

Malgré la justesse de la révélation, faite à son fils, le concernant, le père de M. Rao avait du mal à admettre qu’un tel personnage soit venu de cette façon dans son humble maison. Il prit avec lui Sailaya et partit à Mangalore afin de consulter M. Dixit qui connaissait personnellement Sai Baba.

« Au soir du 24 décembre, vers 17 h 30, les Rao, un peu tristes à cause de l’absence de leur fille, allèrent rendre visite à des amis. A leur retour, la nuit était tombée, et ils furent très surpris de constater que la lumière de leur maison était allumée. Ils pensèrent à un voleur mais les portes étaient fermées à clé et il n’y avait aucun signe d’effraction. Lorsqu’ils entrèrent chez eux, quelle ne fut pas leur surprise de voir Sai Baba installé dans l’oratoire, préparant le matériel nécessaire à une cession de chants dévotionnels. Ils se jetèrent à ses pieds et, Sai Baba, amusé, leur demanda s’ils avaient été effrayés. Il leur expliqua qu’il était venu les voir parce que le couple se sentait seul. Puis son visage s’éclaira, et il dit : ‘Chantons ! Si Sailaya avait été ici, elle aurait aimé chanter’. Après les chants, les Rao préparèrent le dîner et Sai Baba les instruisit des choses spirituelles jusqu’à 22 heures environ. A 4 heures du matin, selon son habitude, Sai Baba était debout. Il prit un bain d’eau fraîche et but une boisson chaude avec les Rao, tout en les instruisant de mille choses passionnantes. Tout à coup, un rosaire de rudrâksha apparut dans sa main. Il le plaça autour du cou de M. Rao en lui expliquant comment l’utiliser. Puis ils prirent ensemble le petit-déjeuner. Plusieurs personnes, membres de la famille, amis et voisins, ayant eu vent de l’illustre présence, se joignirent au groupe pour de nouveaux bhajans. Après avoir parlé avec chacun, Sai Baba clôtura lui-même la cérémonie et distribua de la nourriture consacrée. Il se reposa (à ce qu’il semble ?) deux heures, prit un thé vers 16 h 30 et déclara qu’on l’attendait impatiemment à Sri Kâlahasti. Il bénit la famille Rao, sortit dehors et s’évanouit dans l’air. Il était 17 heures.

Bien entendu, du fait que les moindres faits et gestes de Sai Baba sont commentés par les responsables de l’ashram et par ses milliers de fidèles qui le suivent jour et nuit, de sérieuses investigations furent entreprises auprès des témoins. Et force fut de constater que pendant ces deux jours, Sai Baba se trouvait de l’autre côté de la péninsule indienne, en tant qu’invité au palais de Venkatagiri, dans l’Etat d’Andhra Pradesh. De plus, une fidèle américaine bien connue, Mlle Hilda Charlton, confirma qu’elle était avec le groupe accompagnant Sai Baba dans son voyage en Andhra Pradesh en décembre 1964 et que le groupe était retourné à Brindavan, la résidence de Sai Baba à Bangalore, le 24 décembre, juste à temps pour célébrer Noël. Sai Baba interrogé confirma sa visite aux Rao hors de son corps. » (M. Coquet)

Dans d’autres cas, Sai Baba a projeté plusieurs personnes, une technique connue sous le nom de parakâya-srshti.

« C’est par le même principe que le maître pourra également créer des animaux ou des objets, ce que fit Shirdi Sai en son temps. En voici un exemple.

Shirdi comme Sathya sont connus pour avoir souvent guéri au moyen de cendre sacrée (vibhûti). Dhupati Thirumalacharyulu, le traducteur de la biographie de Sathya Sai Baba en télugu, et auteur du ‘Suprabatham’ de Sai Baba, a raconté qu’un jour, alors que son petit-fils était malade à Hyderabad, Sathya Sai Baba arriva à sa maison en voiture, mit de la vibhûti dans le berceau et disparut dans la voiture qui l’attendait. On fit une investigation sur l’heure de cet événement, et on s’aperçut que Sai Baba était alors à Puttaparthi. » (M. Coquet)

 

– Sauvé d’un bombardement :

L’individu à qui l’histoire ci-après est arrivée fut ministre et disciple de Gandhi. Il devint le président d’une organisation Sai en Inde. Il vint à Sai Baba après avoir été miraculeusement sauvé d’un accident de voiture.

« Quelques mois après cet accident, il se trouva pour une affaire d’Etat dans une ville en même temps que Sai Baba. Lorsqu’il passa devant cette foule immense en attente, il sentit une si forte attraction qu’il décida de voir qui était ce célèbre homme aux miracles. A peine était-il entré qu’un fidèle s’occupant du service d’ordre (sevadal) vint vers lui et lui dit que Sai Baba souhaitait le voir s’asseoir au premier rang, ce qui n’est déjà pas commun dans une foule de milliers de personnes. Lorsque Sai Baba, passant lentement devant les centaines de fidèles avides d’un regard, s’arrêta devant notre homme, ce fut pour lui dire que s’il avait été sauvé de l’accident de voiture récent, c’était grâce à sa femme qui avait crié : Râma ! Râma ! Il précisa que c’était lui qui les avait sortis indemnes de la voiture et posés sur le sol. Puis Sai Baba lui rappela qu’il lui avait déjà souvent sauvé la vie. ‘Vous souvenez-vous de l’abri antiaérien ?’ L’homme déjà abasourdi par ce qu’on venait de lui dire dut faire un grand effort pour retrouver la mémoire de faits oubliés depuis si longtemps, puis il se souvint de sa vie à Londres alors bombardée par les Allemands chaque soir. A cette époque, il habitait une chambre sous les toits, et à chaque alerte il devait descendre à toute vitesse se cacher dans la cave qui servait d’abri. En dehors du propriétaire, nul ne connaissait l’existence de cet étudiant sérieux. Un soir, les sirènes se mirent à rugir comme chaque soir et pour une fois, irrité puisqu’il n’arrivait jamais rien, il tira les couvertures à lui et essaya de s’endormir. A cet instant, on frappa très fort à la porte, mais il garda le silence et fit semblant d’être absent. Les coups se firent plus pressants jusqu’à devenir un martèlement ininterrompu, et une voix se fit entendre : ‘Ouvrez ! Ouvrez ! Je sais que vous êtes là, c’est le règlement !’ Il finit par ouvrir la porte et se trouva devant un Anglais de grande taille qui, passablement irrité, lui intima l’ordre de descendre très vite se réfugier à la cave. Ils descendirent les marches quatre à quatre et atteignirent l’abri que le gardien referma aussitôt. A peine s’était-il installé qu’une énorme explosion ébranla l’abri. Elle venait de faire disparaître le dernier étage de l’immeuble. Il remercia Dieu mais, comme son sauveur avait disparu, il le crut mort et en fut très affecté. Baba interrompit ses souvenirs et lui dit qu’il était cet homme venu exprès pour le sauver. ‘Je vous ai souvent protégé et sauvé la vie. Maintenant vous venez et vous resterez avec moi.’ » (M. Coquet)

 

– Deux autres interventions :

« Un jour qu’il se trouvait dans son ashram de Puttaparthi, Suseela, une de ses fidèles de Madras, enflamma son sari pendant qu’elle se trouvait dans son oratoire (pûjâ-room) en train de prier. Effrayée, elle appela immédiatement son guru Sathya Sai Baba à l’aide, et en une seconde le sari s’éteignit comme par miracle. A ce moment précis, la température du corps de Sai Baba à Puttaparthi s’éleva très haut sans raison apparente. Aux fidèles qui l’interrogèrent, Sai Baba expliqua qu’il venait d’éteindre les flammes d’une fidèle en feu avec ses mains, ce qui avait fait monter sa température. Comme de coutume, l’événement fut vérifié et avéré par l’intéressée. » (M. Coquet)

Dans un autre cas, le corps de Sai Baba fit, devant les observateurs intrigués, les mêmes gestes que ceux qu’il faisait au même instant afin de sauver un fidèle nommé Bhimaial.

« Ce fidèle vivait à l’ashram à cause d’une dispute avec son frère et se fit réprimander par Sai Baba qui lui reprocha de se faire nourrir et servir par les bénévoles sans que lui-même ne lève le petit doigt pour personne. Il lui conseilla donc de s’en retourner dans son village pour renouer des liens fraternels avec son frère. Le fidèle n’était pas un mauvais homme mais il était trop susceptible et, ne supportant pas d’avoir été rejeté, du moins le croyait-il, par celui qu’il aimait le plus au monde, il décida, au lieu de rejoindre son frère, de se suicider. Il se coucha en travers d’une voie ferrée et attendit. Quelques heures après son départ, tous les fidèles virent Sai Baba tomber en transe et se mettre à gesticuler comme s’il s’efforçait de tirer ou de pousser un objet très lourd.

Lorsque Bhimaial revint, honteux, à l’ashram, tout le monde savait ce qui s’était passé à l’instant précis où le train allait arriver. Baba leur avait expliqué qu’il était intervenu pour le sauver. Il était intervenu, non parce que le fidèle l’avait appelé, mais parce qu’il le savait juste avant le départ de celui-ci, mais voulait lui donner une leçon. Bhimaial confirma qu’il avait senti quelqu’un le traîner avec difficulté hors de la voie au moment du passage du train et comprit ensuite tout l’amour de Sai Baba à son égard. Le lendemain, il se rendit dans sa famille et fit la paix avec son frère. » (M. Coquet)

 

– Une expérience personnelle de Michel Coquet :

51XtDJcRIxL._SX320_BO1,204,203,200_« Bien qu’en vingt ans de contact avec Sai Baba, je n’ai vécu que très peu d’expériences objectives extraordinaires, certaines d’entre elles ont été assez fortes pour me convaincre de sa réelle omniprésence. Lors de l’un de mes voyages à Puttaparthi, j’avais demandé à Sai Baba, qui ne m’avait jamais gratifié d’aucune faveur, de m’accorder ce qui pour moi était essentiel, une méditation personnelle. J’avais écrit cela sur une lettre qui avait été prise par Sai Baba en main propre au moment de son passage dans une foule de milliers de fidèles. C’est à peine s’il jeta un coup d’oeil sur moi, plus intéressé à regarder ce qui se passait au-dessus de ma petite personne. Je n’y croyais guère, mais au bout de trois jours, juste avant de rentrer en France, le brahmane Shastri, le frère junior de celui qui était responsable des rituels du temple de Sai Baba, vint me chercher alors que je méditais sous un arbre, lui aussi miraculeux, et me dit que Sai Baba m’accordait cette méditation, Sai Baba lui ayant donné l’autorisation de me la transmettre traditionnellement. C’était un mantra à six bîjas qui correspondait aux six facultés de sa nature d’avatar.

De retour en France, ma sâdhanâ passa de la Gayatri au mantra nouvellement reçu. Je le chantais constamment, nuit et jour, en méditation passive ou lors de mes activités.

A cette époque, je donnais des cours d’escrime japonaise (iaï-do) dans une M.J.C. proche du métro colonel Fabien à Paris, et, un soir, comme à mon habitude, je quittai le club en me hâtant pour ne pas manquer mes correspondances jusqu’à Cergy. Alors que je traversai une des rues qui menait au métro et, voyant que le feu était au vert pour moi, je fonçai sans regarder, tant j’étais déjà absorbé par la récitation de mon mantra (exemple à ne pas suivre !). Alors une voiture venant de ma gauche, qui avait grillé le feu rouge, arriva à toute vitesse directement sur moi. De profil, je ne pouvais plus rien tenter pour sauter ou esquiver, surtout que j’étais placé bien au centre du pare-chocs. En un millième de seconde je vis la situation, m’immobilisai et m’entendis penser : ‘Cette fois, ça y est !’. Les choses étaient allées si vite que je n’eus même pas le temps d’avoir peur.

9782753806467Au moment du choc, quelque chose d’incroyable se passa, je sentis une force me propulser vers le haut, je glissai au-dessus du toit de la voiture avec la sensation d’être sur un tapis doux et moelleux, et, en une seconde, je me retrouvai debout, sans aucun stress, pas même une accélération du rythme cardiaque ou un essoufflement. Mon premier réflexe fut de regarder la voiture qui avait toutes les peines du monde à s’arrêter, vu sa vitesse. Avant même qu’elle ne soit entièrement arrêtée, je me précipitai vers le conducteur. Il me regarda, effaré, ne pouvant croire que j’étais celui qu’il venait de renverser. Je lui fis juste remarquer que ce n’était pas correct de griller un feu rouge, mais que de mon côté tout allait bien. Puis je repartis rapidement vers le métro.

Pour avoir longtemps pratiqué les arts martiaux, je puis affirmer qu’il était impossible de se sortir intact d’une telle situation, hormis avec l’aide d’une force invisible et spirituelle. » (M. Coquet) (16)

 

 – Autre siddhi :

Un jour, un étudiant du collège Sathya Sai de Brindavan fit discrètement remarquer à un ami :

« Quel drôle d’avatar est ce Swami qui ne peut même pas empêcher ses cheveux de grisonner ! »

Le soir-même, après un discours, Sai Baba appela cet étudiant et lui dit :

« Regarde mes cheveux, y a-t-il des cheveux gris ? »

L’étudiant regarda et répondit que oui.

« Sai Baba se releva et secoua plusieurs fois ses cheveux. Il se baissa à nouveau et fit voir ses cheveux à l’étudiant qui, stupéfait, se rendit compte qu’ils étaient devenus entièrement noirs et le sont restés depuis. » (M. Coquet) (17)

 

V. Le témoignage de Christian Tal Schaller :

Tal Schaller Des êtres merveilleuxDans « Des êtres merveilleux, créateurs de bonheur et de joie », un livre publié en 2011 aux éditions Guy Trédaniel, le docteur Christian Tal Schaller a témoigné avoir vu Sathya Saï Baba matérialiser une petite chaînette en or. Il a aussi assisté à la guérison, par celui-ci, d’un jeune Américain (qui s’est remis à marcher) qui se déplaçait en chaise roulante.

Christian Tal Schaller a aussi rencontré le parapsychologue islandais Erlandur Haraldsson. Pendant une dizaine d’années, ce dernier a interrogé de nombreuses personnes à propos des miracles allégués de Sathya Saï Baba (lequel n’avait pas voulu servir de cobaye pour des expérimentations). Il en a tiré la conclusion que les prodiges (matérialisations d’objets, etc.) du guru étaient authentiques. A noter qu’Erlendur Haraldsson a fait, à l’Institut Métapsychique International, une conférence sur Sathya Saï Baba.

 

 VI. Une guérison miraculeuse et la question du complot :

Saï Baba était réputé réaliser des guérisons « miraculeuses ». Voici, à titre d’exemple, le témoignage de Daniel Meurois, celui-ci ayant assisté, lors d’un “darshan” de Saï Baba, à la guérison d’un homme :

« Comme chaque jour, des fidèles ou de simples chercheurs de vérité se pressaient par milliers face à lui. C’était ce que l’on appelle traditionnellement ledarshan, la vision, la captation de ce qu’un sage ou un être réalisé émet tout naturellement de sa personne.

Dans une section spéciale du terre-plein situé face au temple, je remarquai un homme. C’était un occidental, il devait avoir une quarantaine d’années et était assis, non pas à même le sol mais sur une chaise roulante. Je me souviens m’être dit que cet homme devait être sérieusement motivé pour avoir entrepris le voyage qui l’avait mené là. En effet, parvenir en chaise roulante dans ce petit village de l’autre bout du monde écrasé par une chaleur torride représentait en soi une sorte de petit exploit qui en disait long sur sa volonté d’approcher Sathya Saï Baba.

L’attente était longue et nous ruisselions tous de chaleur, assis tant bien que mal sur de petits coussins.

L’ordre parfois étrange des choses de la vie voulut que je surprenne la conversation à mi-voix de deux de mes voisins, occidentaux eux aussi. C’est ainsi que j’appris que la personne en chaise roulante était un de leurs amis, rendu incapable de marcher depuis une vingtaine d’années à la suite d’un accident. Je compris que depuis que celui-ci avait découvert l’existence de Sathya Saï Baba, il avait placé toute sa foi en lui et entrepris une profonde démarche intérieure. Ce voyage représentait la concrétisation de son rêve et il se montrait persuadé que le Maître indien, connu entre autres pour ses guérisons miraculeuses, était seul capable de lui rendre l’usage de ses jambes. D’ailleurs, la vie ne lui donnait-elle pas déjà un peu raison, commenta l’un de ses amis ? En effet, d’emblée il se trouvait au premier rang de la foule, devant sans doute plus de dix mille personnes, dans un endroit où Saï Baba ne manquerait pas de le remarquer.

Vint enfin l’heure précise du darshan’… Une musique douce se fit entendre sur le terre-plein du temple, et la silhouette tant attendue fit son apparition, toute d’orangé vêtue. Etant quelque peu au courant de l’histoire de l’homme en chaise roulante, j’avoue m’être soucié de ce qui se passerait éventuellement pour lui lorsque le Maître de sagesse l’approcherait… Une curiosité somme toute assez naturelle et mêlée de compassion.

Seulement voilà, il ne se passa rien. Rien du tout ! Saï Baba ne jeta pas même un coup d’œil dans la direction de celui qui l’attendait tant et qui lui vouait visiblement une incroyable dévotion. Sa longue robe couleur de soleil frôla la chaise roulante, mais strictement rien de plus. C’était l’ignorance complète.

Au milieu de la mêlée silencieuse qui suivit la fin du ‘darshan’, je remarquai un petit attroupement au pied d’un palmier. C’était l’homme à la chaise roulante qui le provoquait. Entouré de trois ou quatre de ses amis, il se montrait en proie à une violente crise de désespoir. Il n’était plus que larmes et cris de douleur à peine contenus. De toute évidence, il vivait une profonde révolte. En fait, il s’agissait même d’une colère. C’est en tout cas ce que je devinai et qui me fut confirmé dès le lendemain après m’être informé de son état auprès de ses amis. L’homme était bel et bien révolté, désespéré, furieux aussi d’avoir été ignoré à ce point. Lui qui avait parcouru tout ce chemin, dans son état, lui qui était un modèle de dévotion, comment avait-il pu être l’objet de tant de mépris de la part de Saï Baba ? Il jurait qu’on l’avait bien trompé sur la personne et qu’il n’irait plus au ‘darshan’ puisque toute l’étendue de sa foi et de son amour ne lui avait pas valu ne fusse qu’un regard.

Deux jours plus tard, malgré tout, j’aperçus à nouveau la chaise roulante et son occupant en bordure d’une allée, face au temple, durant le ‘darshan’. Sathya Saï Baba se mit à circuler lentement face à la foule comme à son habitude. Il arriva enfin à proximité de l’homme handicapé qui paraissait abattu sur son siège, il le dépassa toujours sans le considérer, puis se retourna brusquement dans sa direction en le pointant du doigt. C’est alors que nous entendîmes une parole très brève et un peu rauque sortir de sa gorge. D’une façon très autoritaire, Saï Baba venait de lui ordonner, en telugu : ‘Lève-toi !’

Les maladies karmiquesL’incroyable fut de voir, dans les dix secondes qui suivirent, l’homme privé de ses jambes se lever effectivement et accomplir quelques pas vers lui. Une incroyable clameur, on s’en doute, monta aussitôt de la foule, tandis que déjà, discrètement, la silhouette à la robe orangée gravissait les quelques marches du temple pour s’éloigner…

Qu’y avait-il à comprendre de tout cela ? Une quantité de choses, bien entendu. Cependant, ce n’est sans doute qu’avec le recul que je puis, aujourd’hui, mieux en mesurer l’ampleur.

Il y avait d’abord la guérison, stupéfiante en elle-même, avec toutes les lois subtiles qu’elle avait mises en œuvre, mais aussi le chemin que celle-ci avait emprunté, l’itinéraire étrange décidé par Saï Baba.

Tout s’est passé comme s’il avait été capital que la guérison prenne son point d’appui sur une émotion violente, une colère même, se transformant après une crise de deux jours en un état d’abandon total des résistances. Il avait fallu le bon moment, ce jour-là et pas un autre, et l’exact état de conscience, c’est-à-dire la brèche précise dans l’âme, semblable alors à une porte ouverte… » (18)

Voilà un témoignage (et on pourrait sûrement en trouver un grand nombre dans la littérature spécialisée) qui met à mal l’affirmation des détracteurs selon lesquels Saï Baba n’était qu’un charlatan qui utilisait de simples trucs d’illusionniste pour faire croire qu’il possédait des pouvoirs extraordinaires. En outre, un individu qui possèderait de telles capacités (comme celle de guérir un paralysé) pourrait-il en même temps être un pédophile et un meurtrier ?

 

– Un complot ?

Il ne m’appartient pas d’affirmer que toutes les accusations portées contre Saï Baba sont dépourvues de fondement. Je n’en sais rien. Je n’ai pas les moyens de procéder à une enquête à ce sujet. Il faudrait évidemment aussi faire une enquête sur les gens qui colportent ces graves accusations. Je me contente simplement de dire que si Sathya Saï Baba était réllement celui qu’il prétendait être et que si Swami Premananda (décédé en février 2011) était réellement celui qu’il prétendait être, alors il est impossible qu’ils aient été coupables des actes qui leur sont reprochés. Dans cette éventualité, une question se pose :
Anne-Givaudan-et-Daniel-MeuroisPeut-on parler d’un complot ?

Au début des années 1990, Anne et Daniel Meurois-Givaudan (alors responsables des éditions Amrita) ont réalisé et diffusé en France une cassette vidéo – que je m’étais procurée – consacrée à Swami Premananda. Peu de temps après, suite à de graves accusations portées contre lui, ce dernier s’est retrouvé en prison. Il a été accusé du même type de délits attribués par certains à Saï Baba (lequel, lui, ne s’est pas retrouvé en prison).

Voici ce qu’a écrit, en 1994, un lecteur ou une lectrice de la revue « Partage international » :

swami-premananda-19981« Les éditions Amrita (France) présentent une vidéocassette intitulée : Swami Premananda ou la joie d’aimer’, dans laquelle on trouve un Maître de Sagesse qui, non seulement ressemble physiquement beaucoup à Saï Baba, mais dont le travail est similaire. On peut ainsi le voir matérialiser de sa bouche, devant des milliers de personnes, cinq lingams. (1) Qui est-il ? (2) Ses activités sont-elles complémentaires de celles de Saï Baba ou différentes ? »

Réponse de Benjamin Creme :

« Swami Premananda, selon mes informations, est un avatar (voir l’interview qu’il a accordée à Share International dans le numéro d’avril 1983) qui continue dans une certaine mesure l’œuvre de Saï Baba ; par exemple, depuis quelques années il produit les lingams mentionnés dans la question et que produisait autrefois Saï Baba lors de la cérémonie annuelle du ‘Shivalingam. (2) Son travail est complémentaire de celui de Saï Baba. » (19)

Dans le numéro de juin 2006 de la même revue, Benjamin Creme apporte ces précisions :

« Swami Premananda a un ashram au sud de l’Inde et il est en prison depuis des années en raison de diverses accusations dont la plupart sont dénuées de fondement, à part une ou deux choses exactes mais sans gravité. Ceci est le résultat d’un complot monté contre lui et d’autres instructeurs spirituels, une méchante affaire. De toute manière, il est heureux où il est, les gardiens sont devenus ses fidèles. Je pense que les gens qui sont dans son ashram se font davantage de soucis à son sujet que lui-même. » (20)

Voici maintenant un témoignage qui validerait la thèse du complot :

Lors d’une sortie hors du corps, Anne Givaudan et Daniel Meurois furent projetés sur la place Saint Pierre de Rome, en pleine Cité du Vatican. Ils furent spectateurs d’une réunion avec une assemblée composée de guère plus de sept ou huit hommes, deux d’entre eux étant visiblement des prélats. Un autre portait un simple costume de prêtre en civil, le reste de la compagnie semblant se composer de laïcs. Des chèques furent échangés et on fit circuler des dossiers abondamment paraphés.

Les deux « visiteurs » furent informés qu’on avait tenu à leur présenter « un aspect assez particulier du Vatican », un aspect que soupçonnent très peu de personnes. On y élabore « des stratégies politiques, économiques, guerrières s’il le faut »… Le catholicisme en est le prétexte, celui-ci étant une vision réductrice du christianisme qui fabrique des dogmes depuis bientôt deux millénaires afin de développer sa puissance temporelle. Dans sa version la plus conservatrice, le catholicisme « est l’une des pièces maîtresses du Gouvernement Mondial dont vous avez entrevu une image à Genève ».

Il s’agissait en fait d’une réunion de l’Opus Dei, cette organisation, aussi appelée l’Oeuvre, qui est devenue « le véritable gouvernement souterrain » de tout le catholicisme. Elle gère des affaires « terriblement temporelles » de par le monde, le crime ne représentant même pas un obstacle pour elle. Elle est devenue « un véritable réseau d’espionnage, une armée secrète qui utilise la foi religieuse comme levier de manipulation ». Certains de ses membres, et aussi certains dignitaires du catholicisme qui n’y sont pas rattachés « mais qui sont mus par des appétits analogues », ont de considérables moyens de pression sur quelques-uns de nos dirigeants officiels. Ainsi, l’Eglise de Rome contribue financièrement, « d’une façon habile, à la fabrication de certains armements »

« Si l’Eglise de Rome reste depuis de nombreux siècles un exemple d’une certaine pauvreté de l’âme, à quelques belles exceptions près, elle n’est certes pas la seule. Toutes les religions ont ou ont eu leurs heures de mascarades. L’Islam dans quelques-unes de ses manifestations connaît de toute évidence aujourd’hui un semblable délire. Lui aussi a son ‘Opus Dei’ à sa façon… et vous seriez surpris de savoir à quel point les Organisations souterraines ou ‘semi-souterraines’ des grandes religions déguisées s’entendent quant à leur but… car elles-mêmes sont des pièces manipulées sur un échiquier qui les dépasse.

Sous la salle de réunion que vous voyez ici, existent d’autres salles qui elles-mêmes conduisent à d’autres lieux, plus discrets encore et qui contiennent une énorme quantité d’archives. Une véritable bombe pour l’ensemble de la conscience d’une humanité menée par le bout du nez…

Un seul homme dans cette pièce en connaît l’accès. Il sait les raisons politiques d’une quantité de canonisations, les implications mafieuses des hommes d’affaires du Vatican, il sait aussi les mensonges des premiers pères de l’Eglise et la multitude des assassinats commandités au nom de Dieu. »

Ainsi, « la forme d’Ombre » que les « visiteurs » voyaient œuvrer dans ce bureau « est sans conteste l’une des manifestations de l’Antéchrist qu’évoquent les Ecritures dont se réclame l’Occident ».

L’Eglise de Rome « offre l’un des visages les plus éclatants de l’Antéchrist, conjointement à la faction intégriste de l’Islam ». Cela n’a pas de rapport avec l’essence du christianisme « qui demeure un véritable joyau ».

« L’enseignement de notre frère le Christ et l’impact que celui-ci laisse en profondeur n’ont aucune commune mesure avec ce qui est professé par la hiérarchie catholique et avec les agissements de celle-ci. L’histoire du Catholicisme pourrait se résumer à l’histoire de la secte des évêques de Rome qui a voulu imposer sa vision de la Parole Christique. Le ‘Christisme’ reste à naître des cendres de tout cela. Cela ne saurait tarder. Les deux ou trois siècles à venir verront se mettre en place cette nouvelle religion qui résultera globalement, dans ses enseignements, d’une véritable fusion entre le Christianisme et une grande philosophie orientale. Un homme hors du commun donnera, de façon éclatante, le coup d’envoi de cette nouvelle façon d’être ouvert à la Lumière. »

Le grand être blond ajouta ce commentaire :

« Vous ne grandissez pas tous en même temps sur cette Terre. Dans une même école il existe toujours plusieurs classes, n’est-ce pas ? Ne croyez donc pas qu’une spiritualité pure, dénuée de tout support, soit accessible à l’ensemble de l’humanité dans quelques décennies sous prétexte que l’on passe d’une ère zodiacale à une autre !

La majeure partie de vos frères humains a encore besoin de points de repère fixes et de rituels. Ceux qui se mettront en place auront cependant la marque de l’Universel et iront dans le sens de l’enseignement que nous vous délivrons.

L’Islam sera dans un premier temps la religion qui éprouvera le plus de difficultés à se fondre dans cette volonté d’unité… car il nourrit beaucoup de souffrances, de peurs et de réflexes de protection dans son coeur. »

Voici maintenant la partie du récit à mettre en relation avec le sujet du présent texte :

Parmi les personnes présentes à la réunion il y avait un cardinal.

Celui qui vient« La plus grande partie de la hiérarchie catholique ne soupçonne pas la moitié de son influence sur une certaine stabilité mondiale. Cette réunion, qu’il a d’ailleurs organisée, est totalement ignorée de ses pairs et aussi de la majeure partie des dirigeants de l’Opus Dei. S’il parle en ce moment, c’est pour donner son approbation définitive à un complot de vaste envergure visant à discréditer le rayonnement de quelques Maîtres de Sagesse actuellement incarnés en Inde principalement, mais aussi dans d’autres contrées de la Terre.

Il donne les dernières autorisations à une attaque en règle contre tous les enseignements qui visent à libérer réellement la conscience. Vous en verrez les effets. C’est sa vision de ce qui est juste, selon un certains Ordre prônant une pensée unique et le contrôle total de l’individu. Cette conception doit aboutir, selon lui et d’autres bien sûr, à la mise en place d’une élite mondiale appuyant sur tous les boutons de tous les registres individuels et collectifs. » (21)

On aura noté la mention d’un vaste complot visant « à discréditer le rayonnement de quelques Maîtres de Sagesse actuellement incarnés en Inde principalement »… Dans ces Maîtres de Sagesse, il n’est évidemment pas difficile de reconnaître Premananda et Saï Baba. Notons, à ce propos, que le livre de Meurois-Givaudan est paru en 1995. Or, c’est à peu près à ce moment-là que les ennuis de Swami Premananda ont commencé (et qu’il a été incarcéré)…

On fera en outre le parallèle avec ce passage, donné plus haut, d’un texte de Benjamin Creme :

« Swami Premananda a un ashram au sud de l’Inde et il est en prison depuis des années en raison de diverses accusations dont la plupart sont dénuées de fondement, à part une ou deux choses exactes mais sans gravité. Ceci est le résultat d’un complot monté contre lui et d’autres instructeurs spirituels, une méchante affaire. »

(Voyez, à propos de Swami Premananda, mon texte : « Swami Premananda. 1951-2011 ».)

 

VII. Des manifestations post mortem de Sathya Saï Baba :

Des disciples de Saï Baba ont témoigné avoir reçu des signes de la part de leur Swami. Voici deux exemples :

« Images de Ganesh et de Saï Baba montrant des manifestations de vibhuti (cendre sacrée) et d’amrit (nectar au goût de miel). Photos prises par T. L., Edmonton, Canada.

Le Maître de Benjamin Creme indique que ces deux miracles ont été manifestés par Saï Baba. » (« Partage international », numéro 319, mars 2015.)

« Vibhuti (cendre sacrée) et amrit (nectar au goût de miel) manifestés dans une maison à Edmonton (Canada). Photo prise par T. L.

Le Maître de B. Creme indique qu’il s’agit d’une manifestation de Saï Baba. » (« Partage international », numéro 321, mai 2015.)

Depuis le décès de Sri Sathya Saï Baba, le 24 avril 2011, et celui de swami Premananda, le 21 février 2011, le nombre de matérialisations miraculeuses de vibhuti (cendre sacrée) sur leurs photographies va en augmentant et témoigne de leur continuelle présence. On trouve, dans divers numéros de la revue « Partage international », la relation de manifestations post mortem attribuées à Sathya Saï Baba. Dans certains cas, et comme pour les manifestations post mortem attribuées à Swami Premananda, ce sont des accumulations de vibhuti :

« Dans l’hospice de Puttaparthi, la photographie de Saï Baba a été complètement recouverte de vibhuti, à part son visage. [Photographie envoyée par S. L.] » (« Partage international », numéro 297, mai 2013.)

« A l’école Easwaramma, à Puttaparthi, l’une des nombreuses écoles construites par Saï Baba, des matérialisations continuelles de vibhuti se produisent depuis octobre 2012 sur une chaise dédiée à Saï Baba ainsi que sur ses portraits. [Photographie envoyée par S. L.] » (« Partage international », numéro 297, mai 2013.)

« Une accumulation de vibhuti apparaît sur une grande photographie de Saï Baba, dans la chambre d’un fidèle à l’ashram de Saï Baba à Puttaparthi (Inde). Photo prise et envoyée par P. L., G.-B.

Le Maître de Benjamin Creme indique que le miracle a été manifesté par Saï Baba. » (« Partage international », numéro 322, juin 2015.)

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 Evidemment, pour le sceptique, ces photos n’ont aucune valeur de preuve, des dévôts du Swami ayant pu badigeonner les portraits de vibhuti. Cela ne constitue une preuve que pour les personnes présentes sur les lieux…

Plus intéressante est la photo suivante :

201212_sai_baba_sign« Le 11 août 2012, lors d’un séminaire sur l’éducation dans les valeurs humaines selon Saï Baba, qui s’est déroulé au Sasana Budaya Hall, Saï Ganesha, à Sunggal (Indonésie), l’un des employés prit une photo et y découvrit une silhouette éclatante de lumière. Le directeur du Centre la reconnut immédiatement en tant que corps subtil de Sri Sathya Saï Baba et tous furent ravis de la visite de Swami.

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé qu’il s’agissait d’une authentique apparition de Saï Baba. » (« Partage international », numéro 292, décembre 2012.)

 

 

 

VIII. Conclusion :

alain_moreauIl est bien difficile, parfois, d’y voir clair dans certains dossiers. Dans leur immense majorité, les gens sont très « binaires » : ou tout est « noir », ou tout est « blanc », alors que la vérité est souvent plus complexe. Dans le cas de Saï Baba, nous avons les « crédules positifs » : c’est le cas notamment de Benjamin Creme et de ses « disciples » (ceux qui « avalent » tout ce que ce dernier écrit et dit, via son Maître allégué), ainsi que de Michel Coquet (qui, tout en critiquant sévèrement Benjamin Creme, a la même position que ce dernier à l’égard de Saï Baba). Dans son livre évoqué plus haut, Michel Coquet ne mentionne que très brièvement le fait que Saï Baba a fait « l’objet d’une infâme accusation de pédérastie (véhiculée de surcroît sur un site Internet) ». Je rectifie en précisant que ce n’est pas que sur un site Internet que cela est véhiculé, mais sur divers sites Internet… Sans oublier que certaines vidéos peuvent laisser penser que Saï Baba avait parfois recours à de simples tours de passe-passe. Je note aussi que sur les sites international et français consacrés à Saï Baba (voyez les liens ci-dessous), on ne trouve pas la moindre référence à ces aspects et polémiques, les « miracles » de Saï Baba n’étant même pas évoqués. Comme si on voulait gommer ces deux aspects (auxquels j’ai consacré ce texte) au profit exclusif de l’enseignement spirituel du Swami… J’ai remarqué d’ailleurs que nombre d’individus « font l’autruche » quant aux aspects négatifs, alors que d’autres ne voient qu’arnaques, mystifications et perversions. Peu de gens sont objectifs et ne voient que ce qu’ils veulent voir, y compris d’ailleurs chez divers « enseignants spirituels » et auteurs suivis, sur leurs pages Facebook, par des milliers de personnes (ce qui n’est pas mon cas !) et qui bénéficient de milliers de lecteurs…

Quelques heures après avoir mis en ligne mon texte sur Saï Baba, j’ai reçu un email d’un ami dont je reproduis le texte ci-après, auquel il a ajouté un commentaire supplémentaire :

« J’ai lu ton article, il est très très bien documenté, bravo Alain pour ce travail. En plus, tu restes bien impartial, ce qui dans ce cas précis n’est pas facile !

De mon côté, j’ai vécu des expériences personnelles avec un genre de gourou qui m’ont appris à nuancer les choses. Il faut reconnaitre que le cas de Sai Baba est spécial et même spectaculaire. De très nombreux témoignages en font un dieu incarné et d’autres en font un personnage controversé de gourou dangereux et pervers. Mais les témoignages, lorsqu’ils sont précis, diversifiés, et qu’ils se rejoignent sur des faits souvent similaires, ne laissent pas de doute quant à la crédibilité des récits des témoins impliqués. Disons qu’il y a de grandes probabilités que ce soit du vécu. On ne connaîtra pas la vérité mais on pourra avoir quelques doutes. Je partage avec vous, lecteurs, mon expérience à propos des êtres éveillés.

J’ai fait l’expérience, moi aussi, d’un gourou, et je peux témoigner que rien n’est jamais ni tout noir, ni tout blanc. L’ombre et la lumière cohabitent chez tous les êtres et même ceux qui ont atteint un éveil libérateur, avatars ou autres, du moment qu’ils se sont incarné sur Terre, mais ça c’est mon avis personnel. Ces êtres ont un désir d’aider l’humanité, c’est leur tâche. Mais leur incarnation terrestre, qui leur est souvent assez pénible, les expose théoriquement, comme tout un chacun, au risque de succomber au désir. Mais cela doit être très rare pour les grands éveillés car ils ont, en principe, parfaitement maîtrisé leur nature inférieure, instinctive et prédatrice.

Dans le cas de Sai Baba, même si les témoignages accablants ont plutôt tendance à le confondre, on ne peut encore une fois être certain qu’il a bien abusé de son pouvoir, à moins que cela eut été programmé pour son incarnation (cela devenant ainsi partie prenante de sa mission). J’ose même pas l’imaginer…De toute façon l’œuvre humanitaire accomplie par cet être accompli est suffisamment imposante pour lui accréditer un grand mérite.

J’ai fait partie, il y a quelques années, d’un groupe spirituel dirigé par une dame très rayonnante ayant atteint apparemment un éveil spirituel important. Je dis bien apparemment… Son aura était beaucoup plus étendue que la nôtre. Douée d’un très grand charisme hypnotique, elle nous enseignait le discernement et l’ouverture du cœur. Sa préoccupation première était de nous aider à ouvrir notre cœur à travers des exercices de groupe sympathiques, ainsi que par des écrits et surtout par un travail psycho thérapeutique et énergétique. Je pensais que sa démarche était excellente et complète. Mais, malgré un parcours sans faute, sa part obscure a commencé à s’exprimer – certains pouvaient la percevoir, mais ils étaient rares. Un indice cependant pouvait facilement la révéler : elle s’était entourée d’une cour de jeunes femmes qui étaient sans cesse autour d’elle, au point que cela me mettait mal à l’aise, non pas par jalousie, ou un peu peut-être, mais surtout parce que je voyais bien que ces filles avaient en quelque sorte ‘vendu’ un peu de leur âme à leur instructrice spirituelle. Cela ne semblait pas gêner celle-ci qui apparemment y trouvait son compte. C’était un peu la mère qui élève ses filles en leur apprenant à se connaitre mieux, à se remettre sans cesse en question, ce qui ne les aidaient pas à croire en elles non plus. Ces filles n’étaient plus recentrées et intègres, mais dispersées et focalisées sur le rayonnement de cette grande dame. De mon côté, j’ai toujours voulu conserver une certaine distance par rapport à l’influence de celle-ci. Et la part obscure de cette instructrice aux manettes de son ego, en arrière-plan très éloigné, a un jour décidé de refaire surface de façon brutale, aux yeux de ses ‘disciples’ médusés. Imaginez un peu le choc ! Je ne peux en dire plus ici. Je respecte cette femme, et on a tous le ‘droit’ de faillir un jour, de se tromper, de tromper soi-même aussi et les autres, cela fait partie du cheminement spirituel. Je dis cela car il ne s’agit pas du gourou qui joue seul, non, il joue avec ceux qui ont envie de jouer avec lui. C’est invariablement la responsabilité double, celle du gourou qui manipule, et celle du manipulé qui a bien voulu se laisser manipuler, c’est-à-dire laisser l’autre prendre les manettes de sa vie en en tirant des bénéfices secondaires : porter un habit de lumière qui ne lui appartient pas vraiment ou si peu.

Un jour ou l’autre, un gourou (au sens neutre) doit subir l’épreuve de la tentation de l’ego. Dans le cas de cette femme, il y avait chez elle un fort ego et un désir de pouvoir et de contrôle sur autrui qu’elle dissimulait, consciente ou non, derrière ses enseignements spirituels sur l’ouverture du cœur (tout un programme…) et derrière des techniques de communication et des méthodes très sophistiquées. On se sentait petit face à elle et elle ne le savait que trop bien. Elle m’impressionnait par son charisme. Elle savait qui tu étais, tes points faibles… Au delà de son désir sincère d’aider autrui, ce dont je ne doute pas, elle formait des groupes pour des stages, d’une part dans un désir authentique d’aider, mais d’autre part aussi pour le pouvoir et l’énergie de groupe qu’elle en retirait. Sans doute se sentait-elle exister davantage. Mais ça va dans les deux sens ! Nous aussi nous nous ‘nourrissions’ des énergies de cette femme, mais hélas dans une inconscience totale de ce qui se passait derrière le miroir aux alouettes. Tout le monde était bien content de repartir chez soi à la fin du week-end boosté à bloc d’énergies. Oui, mais au final tout le monde ou presque s’est fait piéger…

Cela nous enseigne 3 choses très importantes : la première, c’est de ne pas compter sur autrui pour porter sa lumière. Cette lumière doit venir de soi, pas des autres. La deuxième chose importante, c’est le travail de discernement nécessaire à réaliser après cette épreuve. La troisième chose, c’est que cela est toujours salutaire de faire ce genre d’expérience dite ‘négative’, mais qui ne l’est pas du tout en fait puisqu’elle nous permet de grandir d’une façon qu’on n’avait certes pas prévu !

Dans l’étude très complète d’Alain, l’auteur de cet article, on ne peut raisonnablement douter que Sai Baba a atteint un niveau de conscience et de libération très élevé, parce que d’une part il maitrise la matière et est capable apparemment de créer à partir de ‘rien’, voyager hors du corps et se matérialiser ailleurs ou en bilocation, soigner comme un dieu, etc. On ne donne pas ces capacités à n’importe qui, ces capacités étant généralement débloquées d’en haut par des rites initiatiques lorsque le disciple a atteint un palier d’éveil significatif. Cadeaux maestro !

Sai Baba a donc été dans ses vies passées, sur Terre ou ailleurs, un disciple assidu sans aucun doute, vu son niveau atteint. Par contre, il est crédible de penser que cela lui ait monté à la tête toutes ces choses incroyables qu’il faisait et la façon dont les gens le traitaient (c’est-à-dire comme un dieu incarné). Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a pas fait dans la discrétion pour ses pouvoirs, c’est le moins qu’on puisse dire… C’est pas Marvel, mais presque ! C’est là où, pardonnez-moi, on peut s’interroger sur la façon qu’il a eu de gérer son pouvoir.

On peut avoir de grands pouvoirs sur la matière et la guérison et n’avoir pas atteint la pureté parfaite pour autant, c’est en tout cas ce que j’ai pu apprendre dans mes lectures. Je pense que dans ses incarnations successives sur Terre ou ailleurs, Sai Baba a fait évoluer sa spiritualité de façon atypique, laissant la possibilité qu’il ait pu exprimer à une période de sa vie des facettes de lui très sombres et enfouies au plus profond de son être. Sans doute a-t-il été mis à l’épreuve sur ce plan terrestre.

Soyons réalistes. Il est très difficile de rejeter en bloc les nombreux témoignages divers et variés des supposées victimes de viol et de manipulation. Même si d’autres êtres évolués comme Sai Baba ont pu à un moment donné de leur vie être souillés de la même façon par des accusations, celles de Sai Baba sont beaucoup trop nombreuses et fréquentes pour les écarter. Ce sont des centaines de témoignages d’enfants ou d’adultes ayant été longtemps disciples. Et que penser des récits si précis et concordants faisant intervenir une famille entière ? Le fait aussi que ces pratiques sexuelles de masturbation en Inde soient tolérées dans un but thérapeutique en agissant sur la kundalini pour faire évoluer le patient, cela donne à Sai Baba maintes occasions d’être finalement tenté de se livrer à ces déviances sexuelles. Il est tout à fait plausible que Sai Baba, après avoir atteint un niveau d’élévation important, ait laissé son ego inférieur prendre le dessus, tout en conservant ses pouvoirs psychiques et spirituels.

C’est peut-être volontaire de sa part d’avoir laissé entrer le loup dans la bergerie, ne serait-ce que pour enseigner aux autres le discernement et l’ouverture de conscience dans des expériences douloureuses de sexualité déviantes et de pouvoir sur autrui. Un gourou enseigne toujours, qu’il soit du bon ou du mauvais côté de la barrière. C’était peut-être sa plus grande mission que d’enfanter l’éveil dans la douleur chez les autres. Un peu tiré par les cheveux…

Sai Baba était-il aussi pur qu’on le dit ? Est-il un Avatar ? On l’espère du plus profond de notre cœur ! Il connaissait sûrement les risques de dérapage en s’incarnant sur Terre, un lieu très bas ‘vibratoirement’ par rapport aux autres dimensions d’après ce que j’en sais, et où le ‘diable’ est sans cesse à l’affût. Peut-être avait-il des choses à apprendre et à corriger sur Terre, c’est mon ressenti perso. D’autant plus s’il n’a eu que très peu d’incarnations terrestres. Ceci expliquerait cela. Son défi à relever dans son incarnation aura pu être la compréhension de l’exercice du Pouvoir…

C’est pas facile, Alain. Il faut toujours comme tu le fais bien s’en tenir aux faits. L’illusion gouverne notre monde. C’est comme le dalaï-lama, on apprend de source sûre par des dossiers déclassifiés qu’il fut agent de la CIA et rémunéré…Autre info : il aurait décidé récemment de désigner lui-même son successeur comme nouveau dalai-lama, car il prend sa retraite ! On le voit aussi en train de s’éclater avec Bush junior pour fêter son anniversaire. Je n’ai rien à dire là-dessus, chacun est libre de fréquenter qui il veut !!! Cela n’a pas de rapport avec les sujets traités précédemment mais je pense à la sècheresse qui sévit actuellement en France…Selon moi, elle traduit la sècheresse du cœur des dirigeants européens et de certains d’entre nous qui ne veulent pas accueillir les peuples en exode et en détresse, à cause de guerres pour lesquelles nous, Européens, avons une part de responsabilité ! » (D.)

BalaSai_charming_bigJe complète ce commentaire de Didier en précisant que, selon moi, la question n’est pas de savoir si Saï Baba était un Avatar (il doit d’ailleurs s’incarner dans quelques années sous l’identité de Prema Saï) les meilleures sources lui reconnaissant ce statut d’Avatar -, mais que la question est : un Avatar peut-il « chuter » (ou, pour employer une terminologie « chrétienne » que je n’aime pas du tout, « pécher ») ? L’idée qu’on se fait d’un Avatar est celle d’un être très pur, au-delà des contingences matérielles et pulsionnelles. Il est censé tout maîtriser, il est censé bien penser, bien parler et bien agir constamment, tout le long de sa vie ! C’est ce que pensent des gens comme Benjamin Creme et Michel Coquet, ainsi que le grand nombre de dévots, à travers le monde, du Maître indien. C’est un peu trop idyllique pour être vrai, les épreuves et difficultés de la vie dans la 3 D rendant cela quasi impossible… Il est donc possible que Saï Baba ait eu parfois des comportements indignes de sa haute fonction, mais, à défaut de preuves et de procès, cela relèvera toujours du domaine du « non élucidé »…

Je voudrais aussi ajouter quelques précisions à propos des siddhis manifestées par Saï Baba. Ces siddhis ne sont pas spécifiques au personnage, d’autres « Réalisés » ayant, dans l’Histoire, manifesté de telles capacités hors du commun, le plus connu d’entre eux étant bien sûr Jésus. La multiplication des pains et des poissons, ainsi que la transformation de l’eau en vin, sans oublier les guérisons dites miraculeuses, tout cela relève de la même phénoménologie (et des mêmes lois sous-jacentes) que les manifestations de swamis contemporains comme Saï Baba et Swami Premananda. Patanjali, dans ses Yoga Sutras, avait codifié l’ensemble des siddhis pouvant s’acquérir lors de l’évolution spirituelle. (Voyez le livre de Dean Radin : « Super Pouvoirs », InterEditions, 2014.)

En outre, ceux qui s’intéressent de près à l’histoire de la parapsychologie savent qu’il est souvent arrivé que des sujets psi, produisant par ailleurs d’authentiques phénomènes, aient occasionnellement fraudé (au grand bonheur des rationalistes, ces derniers se croyant dès lors autorisés à dire qu’ils ont toujours fraudé). Sans aller loin dans l’histoire de la « recherche psychique » (qui a débuté à la fin du dix-neuvième siècle), je me contente de donner ici le cas de Jean-Pierre Girard, « l’Uri Geller français » (avec Jean-Marie Le Gall). Celui-ci (auquel je consacrerai un texte sur mon site) a apporté la preuve (n’en déplaise aux « zététiciens » et autres rationalistes sectaires) de la réalité de ses facultés d’action sur la matière (notamment la déformation de barres métalliques). Les travaux réalisés avec des métallurgistes, à Péchiney-Ugine-Kuhlman dans les années 1970, sont à cet égard édifiants. Il continue, à plus de 70 ans, à produire des phénomènes PK – on l’a par exemple vu, début 2015, dans une émission de « Dossiers surnaturels » sur la chaîne 23 – et à animer des stages de développement des capacités psi, certains stagiaires arrivant par eux-mêmes à produire des phénomènes de télékinésie. Or, il s’avère que Jean-Pierre Girard a fraudé, en mars 1987, lors de l’émission de Michel Polac consacrée à Uri Geller : il a fait une fausse télékinésie (avec la complicité de l’hypnotiseur Dany Dan)…

Pourquoi de vrais sujets psi (ou médiums) se sont-ils parfois abaissés à utiliser des trucages plus ou moins grossiers ? La raison est simple : comme ils ne maîtrisent pas la production des phénomènes recherchés (le psi étant difficilement reproductible) et comme ils ne sont pas, comme la plupart des gens, d’une moralité à toute épreuve, ils ont tendance à vouloir palier à leurs « insuffisances » par un trucage, exactement comme un sportif dit de haut niveau peut parfois se doper… Dès lors, il n’est pas extraordinaire de supposer que Saï Baba ait eu lui aussi parfois recours à quelques grossiers trucages quand sa « maîtrise de l’âkasha » était défaillante…

Alain Moreau

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Voir les sites : www.sathyasai.org et www.sathyasaifrance.org

 

Références :

1. « Partage international », n° 274, juin 2011, p. 14.

2. Ibid., p. 22.

3. Ibid., p. 21.

4. David Icke, « Les enfants de la Matrice 2 », éditions Louise Courteau, 2005, p. 177-178.

5. Michel Coquet, « Pouvoirs spirituels et psychiques », éditions Alphée, 2011, p. 95-102.

6. Ibid., p. 238-239.

7. Ibid., p. 243.

8. Ibid., p. 275-277.

9. Ibid., p. 295-296, 452-453, 443-445, 451, p. 462.

10. Ibid., p. 353.

11. Ibid., p. 325-328.

12. Ibid., p. 401-402.

13. Ibid., p. 416.

14. Ibid., p. 432-433.

15. Ibid., p. 482-483.

16. Ibid., p. 495-502, 513, 517, 502-503

17. Ibid., p. 496-497.

18. Daniel Meurois, « Les maladies karmiques », éditions Le Perséa, 1999, p. 160-163.

19. « Partage international », n° 71, juillet 1994, p. 31.

20. « Partage international », n° 214, juin 2006, p. 27.

21. Anne et Daniel Meurois-Givaudan, “Celui qui vient”, éditions Amrita, 1995, p. 235-238, 240-243.

 

ANNEXE. Un rationaliste indien contre les gourous :

Dans le texte ci-dessus, Michel Coquet évoque l’association de rationalistes indiens luttant contre les gourous et leurs “miracles”. Voici à ce sujet un texte de Frédéric Bobin publié sur le site LeMonde.fr et daté du 11 novembre 2011 :

“Le 11 novembre 2011 fait souffler un petit vent de folie en Inde. En ce jour 11.11.11, numéro magique – la seule fois dans le siècle où une date égrène six chiffres identiques -, les quêteurs de providence s’embrasent. A Bombay, les salles de banquet sont prises d’assaut par des couples de jeunes mariés. La sortie d’un film de Bollywood a été prévue ce jour précis à dessein. Dans une autre ville, Hyderabad (Andhra Pradesh), un parti régional a tenu à organiser une soirée de collecte de fonds en espérant que la bonne fortune de la date videra les bourses. Et à New Delhi, un homme se gausse. ‘Que tout cela est ironique ! Qu’est-ce que le calendrier grégorien a à faire avec les traditions indiennes ?’

Cet homme, Sanal Edamaruku, ne se moque pas seulement de la crédulité de ses contemporains. Il est surtout un rationaliste militant, un traqueur d’impostures, provoquant les charlatans en de mémorables duels médiatiques. En cette terre baignée de mysticisme, le champ de manoeuvre de Sanal Edamaruku est vaste, presque infini. L’esprit de dévotion résiste même fort bien à l’émergence économique du pays. ‘La transformation de la société est si brutale, la vitesse du changement si rapide, que beaucoup de gens se sentent en état d’insécurité’, explique M. Edamaruku. ‘Les gourous fournissent cette ceinture de sécurité.’

C’est peu dire que le champion du rationalisme indien se méfie des gourous. Les plus aigrefins d’entre eux sont carrément ses adversaires. En 2008, M. Edamaruku s’était taillé un gros succès d’audience en affrontant sur un plateau de télévision un maître du tantrisme (culte ayant inspiré différentes branches de l’hindouisme et du bouddhisme) revendiquant des pouvoirs surnaturels. Quand le saint homme a proclamé qu’il pouvait tuer quiconque en trois minutes’ par la seule psalmodie de mantras (formules rituelles), M. Edamaruku l’a mis au défi d’exercer ses sortilèges contre lui, s’offrant au sacrifice. Le maître a eu beau réciter longuement ses om lingalingalingalinga kilikilikili…’, M. Edamaruku a continué de se porter comme un charme, hilare devant les vains maléfices de son rival. L’épreuve fut humiliante pour l’officiant démasqué.

M. Edamaruku orchestre ses coups de son bureau, dans la banlieue de New Delhi, de l’Association des rationalistes indiens (IRA), dont il est le président. Rivé au plafond, un ventilateur caresse de son souffle une bibliothèque bourrée de vieux ouvrages. Barbe taillée court, voix grave et douce, le grand pourfendeur des superstitions se réclame des 7 % d’Indiens athées et veut protéger les autres des escroqueries.

Avec les volontaires de son mouvement, il se rend régulièrement dans les campagnes propager l’esprit critique. La dramaturgie est son arme de prédilection. Il envoie d’abord dans le village un faux sadhu (‘renonçant’) – en fait un membre de l’association déguisé en ascète – qui commence à subjuguer les habitants à coups de petits miracles, tel celui consistant à faire jaillir de la cendre de ses mains. Puis surgit de la foule M. Edamaruku lui-même, interpellant le pseudo sadhu, dénonçant sa supercherie, décryptant devant les villageois les tours de magie faisant illusion. Le renonçant jette alors le masque et, passé la stupeur collective, la scène se conclut par un cours de vulgarisation scientifique.

M. Edamaruku a confondu bien des tartufes. Sa première cible fut swami (‘maître’) Sadachari, aussi appelé le ‘second Raspoutine indien’. Le premier ‘Raspoutine indien’ était son oncle, Dhirendra Brahmachari, le maître de yoga de l’ancienne première ministre Indira Gandhi dont il devint le confident. Le neveu fut aussi adoubé par la ‘dame de fer’ de New Delhi, qui lui demanda de purifier par des rituels le Parlement lors de la session inaugurale de 1980. Swami Sadachari prétendait – entre autres divines facultés – allumer un foyer de branches par la seule puissance de son regard.

Lors d’une épique conférence de presse en 1985, le rationaliste Edamaruku montra comment le ‘miracle’ du swami se résumait en fait à une combustion chimiquement précipitée d’un mélange de permanganate de potassium et de glycérine, dissimulés sous le ballot de branches. ‘Là, j’ai achevé sa carrière’, sourit M. Edamaruku. Le faux maître n’en continua pas moins de sévir auprès de politiciens locaux crédules à Bombay jusqu’au jour où il fut arrêté pour proxénétisme.

Le héraut du rationalisme indien a bien des regrets. Il a échoué à prendre en défaut, avant le récent décès (avril) de celui-ci, Sathya Sai Baba qui trônait à la tête d’un véritable empire économique et caritatif dans son fief de l’Andhra Pradesh. Le gourou avait bâti sa gloire en faisant miraculeusement apparaître bagues, colliers et montres. Il sera mort sans que la controverse l’atteigne sérieusement.

Le démystificateur continue toutefois de poursuivre de son examen critique Baba Ramdev, qui clame soigner jusqu’au cancer grâce aux séances de yoga et aux produits ayurvédiques – dont il a fait sa fortune personnelle. Il a également dans son viseur le ‘racket’ de Sri Sri Ravi Shankar, prophète de ‘l’art de vivre’ vendant cher ses techniques de respiration (brevetées). Le rationaliste prend tout de même garde. ‘Je fais un métier dangereux’, concède-t-il. Depuis qu’un inconnu a sectionné un jour les freins de sa voiture, il en change régulièrement.”

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Un commentaire

  1. Le plus simple: regarder la photo des personnes concernées, se connecter, et en votre fort intérieur, vous saurez… prendre votre axe vertical (axe informationnel), et voir si il se décale confirmera…

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