Roswell (5) Les thèses fantaisistes

 Nick Redfern Aug 11Les deux principales thèses pour rendre compte du crash à Roswell sont la thèse “officielle” (et erronée) des ballons Mogul et la thèse extraterrestre (la bonne). Mais divers spéculateurs ont mis en avant d’autres interprétations à la fois ridicules et invraisemblables :

  • Des expériences japonaises (d’après Nick Redfern).
  • L’implication de Staline et Mengele (d’après Annie Jacobsen).
  • Un objet volant nazi, “la cloche” ! (D’après un documentaire allemand de 2014.)

 

 

A gauche : Nick Redfern

 

Le présent texte est scindé en plusieurs parties :

  • J’évoque d’abord la thèse d’Annie Jacobsen.
  • La deuxième partie concerne une critique, faite par Gildas Bourdais, de la thèse d’Annie Jacobsen, la thèse de Nick Redfern étant aussi évoquée.
  • Enfin, je mentionne la dernière thèse absurde, celle de l’objet volant nazi.

 

I. Annie Jacobsen, Mengele et Staline !

Décidément, les hypothèses fantaisistes pour nier le caractère extraterrestre de l’incident de Roswell n’arrêtent pas de pleuvoir dru comme grêle. Après les ballons météo et Mogul, après les expériences japonaises, etc., en voici encore une autre, qui a fait surface en 2011 :

Un nouveau livre sur Roswell présente une hypothèse faisant appel à deux personnages totalement inattendus : le dictateur Joseph Staline et le tristement célèbre docteur Josef Mengele, le médecin nazi surnommé à l’époque “l’Ange de la Mort”.

Cette thèse est soutenue par Annie Jacobsen, une journaliste au « Los Angeles Times ». Elle présente dans son livre “Area 51” des interviews avec des scientifiques et des ingénieurs qui ont travaillé sur la Zone 51, la base top-secrète installée dans le désert du Nevada.

Annie_Jacobsen_0373Voici la traduction qu’a faite un membre du forum ovnis-usa.com des propos tenus par Annie Jacobsen dans une émission de radio, à propos de la partie de son livre traitant de Roswell :

« La folie sur les Ovnis commença pendant l’été 1947. Quelques mois après, le groupe de renseignement G2, qui était le service de renseignement de l’armée à cette époque, a passé énormément de temps à chercher 2 ingénieurs aéronautiques du 3eme Reich, Walter et Reimar Horten, qui auraient créé un disque volant. Les agents américains du renseignement passèrent l’Europe au peigne fin pour trouver les frères Horten afin de découvrir s’ils avaient vraiment mis au point ce disque volant.

Mais la question derrière tout cela demeure : Pourquoi ? Pourquoi cherchaient-ils un disque volant ?

Les théoriciens du complot ont eu accès à des documents déclassifiés depuis 10 ans maintenant, et ils affirment que cela prouve que ce disque volant venait de l’espace.

Si vous lisez ces documents, ce que je trouve fascinant c’est qu’à la fin l’armée admet avoir trouvé les frères Horten et que les frères Horten ont reconnu avoir eu des contacts avec les Russes, et c’est là que le document se termine. Après cela, tout est classifié.

Pourquoi la Zone 51 est elle classifiée selon une source ?

Les frères Horten étaient impliqués dans le crash du disque volant au nouveau Mexique.

Cela provient d’une seule source. Arrivé à un certain stade du récit, cette source était vraiment bouleversée et m’a dit des choses absolument sidérantes, presque impossibles à croire à la première écoute.

C’est que le disque volant s’est vraiment crashé au nouveau Mexique et a été transporté à la base aérienne Wright Paterson, et qu’en 1951 il a été transféré à la Zone 51. Ce qui explique pourquoi la zone est appelée Zone 51.

Et la partie la plus étonnante concernant ma source, et que je crois absolument, ayant travaillé avec elle pendant 18 mois, c’est qu’elle était un des ingénieurs qui reçurent le disque volant ainsi que les personnes qui étaient à l’intérieur.

Ces personnes étaient, selon ma source, des pilotes de la taille d’enfants ; il y a un grand débat sur l’age qu’ils avaient. Ma source pense qu’ils avaient 13 ans, bien que d’autres personnes croient qu’ils étaient plus âgés. C’est un témoignage de première main, et j’ai pris la décision d’écrire là-dessus à la toute fin du livre. Après être passée de la forme journalistique traditionnelle utilisant la troisième personne, je décidai d’interpeller le lecteur et de lui dire : ‘Ecoutez, ce n’est pas la raison pour laquelle la Zone 51 est classifiée, au point que personne au gouvernement n’admettra son existence. La seule et unique raison est celle relatée par un seul homme.’ Et là, utilisant la 1ère personne, je vous raconte ce qui m’a été dit. Et il n’y a aucun doute que les gens vont être sceptiques, bouleversés et effrayés par cette information, mais je crois foncièrement en la véracité de ma source, et je crois qu’il était important de faire sortir cette information qui n’est que la partie émergée d’un très gros iceberg.

Ce que sa source lui a dit des expérimentations des Soviétiques sur des êtres humains :

La petite taille des pilotes de cet engin (qui s’est crashé au Nouveau Mexique) était le résultat d’un programme soviétique d’expérimentation sur les humains ; ces pilotes auraient été conçus pour ressembler à des extraterrestres à la Orson Welles La guerre des mondes -, et c’était une salve d’avertissement au Président Truman. En 1947, lorsque cela se serait produit, les Soviétiques ne possédaient pas encore l’arme nucléaire, Staline et Truman étaient à couteaux tirés. Staline ne pouvait pas à ce moment là entrer dans la course à l’armement nucléaire, mais il était très sûrement compétitif dans le domaine de la propagande – c’était son but, selon ma source…

L’information de première main est qu’il (la source) fut un témoin oculaire et qu’il dû travailler sur ces corps (des pilotes). D’où venaient-ils vraiment est évidemment le sujet du débat. Mais si vous regardez le calendrier de Josef Mengele de l’époque, il quitta Auschwitz en janvier 1945 et il disparut pendant un moment, et ma source suggère qu’il avait déjà coupé les ponts avec le 3ème Reich à ce moment là et travaillait avec Staline.

Pourquoi les Soviétiques auraient élaboré une telle mystification ?

Le plan, selon ma source, était de créer un mouvement de panique aux Etats-Unis, faisant croire qu’un Ovni aurait atterri avec des extraterrestres à son bord. Les documents les plus intéressants sont les mémos du 2ème directeur de la CIA, Walter Bedell Smith, qui firent des allers-retours au Conseil de Sécurité Nationale, décrivant la crainte que les Soviétiques pouvaient réaliser une telle mystification, aux dépends de l’Amérique, mettant en cause un Ovni et le franchissement de notre système de défense aérienne, faisant croire que l’Amérique était vulnérable à une attaque. »

Voici le commentaire du chercheur Stanton Friedman :

« Le livre a provoqué beaucoup de réactions parce que l’auteur prétend que le crash de Roswell n’était pas celui d’un Ovni, mais d’un avion espion envoyé par l’URSS. Il aurait été victime d’un orage magnétique.

En ce qui concerne les cadavres de petits aliens, Jacobsen pense avoir découvert qu’il s’agissait ‘d’enfants ayant une apparence aliène’ qui étaient aux commandes de l’appareil. »

Le but de l’opération aurait été de créer une panique aux Etats-Unis, à la manière du roman de H.-G. Wells, « La guerre des Mondes », et de la pièce radiophonique mise en ondes par Orson Welles le 30 octobre 1938.

« Jacobsen déclare que le docteur nazi Josef Mengele avait conçu ces créatures. Cela ne manque pas de sel parce que nous savons que le Troisième Reich se passionnait pour l’occultisme et la magie noire. Cependant, bien que Hitler et ses partisans furent notoirement versés dans l’occulte, l’auteur ne présente aucune preuve de ce qu’elle avance. Il nous faudrait au moins quelques documents assez précis qui évoquent ce genre d’expérimentations consistant à envoyer vers les Etats-Unis des pilotes mutants à bord d’un avion espion. »

L’hypothèse d’Annie Jacobsen est tournée en ridicule par les ufologues anglo-américains sur la liste UfoUpdates : “Jusqu’où seront-ils capables d’aller ?” Mais le livre offre aux autorités une excellente opportunité de semer davantage la confusion sur les principaux médias.

Un membre du forum ovni-usa trouve cette hypothèse très intéressante et envisage des croisements et des expériences génétiques nazies pour créer des chimères qui auraient pu passer pour des extraterrestres en cas de capture (idem pour la vague de 1954, ajoute-t-il) ! Et de nous mettre une citation d’un auteur faisant référence aux soucoupes volantes nazies. Puis il nous cite un épisode d’« X-Files »Où va-ton ? (Pour les foutaises relatives aux soucoupes volantes nazies, voyez mon texte : « Le mythe des soucoupes volantes nazies », même rubrique.) Un autre membre écrit qu’il « ne sait pas pourquoi » (sic), mais il a toujours été intimement convaincu que l’URSS « maîtrisait totalement la technique des réacteurs symbiotiques » ! Et d’ajouter : « D’ailleurs, Tchernobyl était une mise en scène pour faire croire au monde à leur déclin technologique. »

Mengele travaillait sur les jumeaux mais il s’intéressait aussi aux nains. Evidemment, le premier membre évoqué ci-dessus évoque la petite taille des ufonautes… Mais il faut dire que les nazis ne disposaient pas des moyens scientifiques de modifier l’ADN. Pour ce qui est de la création d’êtres, un autre membre observe ainsi qu’il a toujours douté de cette histoire car pour créer des êtres « il fallait que les militaires et scientifiques de l’époque connaissent l’ADN et je ne suis pas sûr que c’était le cas ». Puis il donne une référence, sur Wikipedia, à propos de l’histoire de la découverte de l’ADN. En réalité, on est sûr que la création génétique d’êtres dans les années 1940 était impossible, et ce d’autant plus que l’ADN n’a été découvert que dans les années 1950. Par contre, ce même membre envisage la possibilité de l’utilisation de singes épilés ou rasés, couverts d’une peinture grise ou d’un revêtement d’aspect métallisé, avec les dents limées et la queue coupée, le tout étant largué, en 1947, dans une épave ressemblant à un OVNI ! Après une objection pertinente, on retombe donc dans la fantaisie…

Un autre membre :

« Si on va par là, l’armée a pu tester les effets de la haute altitude sur des cobayes humains ou même des enfants handicapés ou abandonnés, ou que sais-je… Une nacelle sous un ballon stratosphérique, des cobayes victimes de décompression brutale, les tissus augmentent de volume et hémorragie généralisée. L’usure du temps aura fait son oeuvre sur les témoins qui parlaient, pour certains, d’êtres qui ressemblaient aux humains sans en être vraiment…

On comprend la difficulté d’avouer une telle chose. Mais je précise que l’HET à ma préférence. »

Ouf, la « chute » (la dernière phrase) sauve la mise !

La palme du délire revient à un certain « Astaroth » qui fait intervenir, lui, un univers parallèle dans lequel les Puissances de l’Axe ont gagné la Seconde Guerre mondiale contre les Alliés, le Troisième Reich ayant ensuite développé la génétique avec la création d’une race humanoïde à peau grise et de petite taille, la souche initiale ayant été constituée principalement de sujets juifs, tsiganes, de prisonniers et d’esclaves inféodés au Reich tout puissant ! Sans oublier les développements électromagnétiques du Vril et la découverte d’autres dimensions spatiotemporelles dont l’une est constituée d’un monde parallèle (le nôtre) où le Troisième Reich et les Puissances de l’Axe ont perdu la Seconde Guerre mondiale, avec la possibilité de voyager dans ce monde et d’interférer avec lui, les explorations étant confiées aux cobayes de la race hybride !! Les dossiers de Mengele seraient passés de l’Allemagne nazie à la Zone 51 « avec des gros morceaux à Moscou » !

On est atterré de lire des fadaises pareilles sur un site qui, sur le sujet des OVNIs, est normalement sérieux. Mais le forum de ce site n’est, par contre, parfois pas à la hauteur (comme la quasi totalité des forums, d’ailleurs).

Voici par contre l’intervention pertinente de « firdi »:

« Nick Redfern avait déjà parlé, dans un livre sorti il y a 5 ans (Body snatch desert), de la théorie d’expériences sur des êtres par des Japonais, qui pourrait expliquer le crash de Roswell en 1947. Théorie ridicule vite démontée a l’époque par des ufologues sérieux. Après les ballons météo, puis Mogul, puis les mannequins (grandes tailles of course), les expériences japonaises ? Mais avec quel appareil pour une telle distance ? Et maintenant, Staline et Mengele (soyons sérieux avec ce sujet). Une chose est certaine : Von Braun était présent au Nouveau Mexique en 1947 et à Roswell, il a été habilité à avoir son opinion sur le crash (voir les confidences de Mc Clealand, ancien de la NASA qui a discuté du crash avec Von Braun en 1969). Les ufologues spécialistes de Roswell vont vite démonter cette théorie fumeuse et bidon. Une nef d’un monde inconnu s’est bien crashée a Roswell avec un équipage d’humanoïdes (robots biologiques). »

Le 24 mai 2011, sur l’antenne de « Radio Ici et Maintenant ! », Gildas Bourdais a commenté la publication d’Annie Jacobsen. Il mentionne que le livre de cette dernière contient un chapitre sur Roswell, avec le récit d’un vieil ingénieur à la retraite, ce dernier évoquant une invention nazie : des mutants mal formés oeuvre de Mengele. Le tout aurait été orchestré par Staline pour réfréner les Américains… Cette histoire est aussi extravagante que celle de Nick Redfern (2005), une autre histoire à dormir debout qui a été rapidement coulée… Nick Redfern faisait référence aux ailes volantes Horten, à d’horribles expériences (avec vivisection sans anesthésie) dans un camp japonais de Mandchourie. Les Américains seraient allés récupérer les survivants, ce qui est faux car les Japonais avaient en fait tué les derniers prisonniers… Il y a ainsi eu diverses désinformations : l’US Air Force et Karl Pflock à propos des ballons Mogul, la thèse de l’invention des services américains pour cacher des expériences secrètes, et maintenant nous avons la thèse Mengele/Staline, cette dernière ayant été jugée, par des journalistes américaines (la vidéo se trouve sur le site www.ovnis-usa.com) toute aussi valable que les autres, la probabilité de sa pertinence ayant même été jugée plus grande ! Comme le note Gildas Bourdais, ces propos témoignent du fait que ces journalistes sont trop crédules et ne connaissent rien au sujet.

L’un des membres (« Flatron »), déjà cité, du forum, fait ce commentaire :

« Merci pour l’interview de Gildas Bourdais, son point de vue toujours bien documenté est intéressant. Le problème c’est : fait-on de la désinformation quand on dit que ‘ce n’était pas des extraterrestres’ ou fait-on de la désinformation quand on dit ‘que c’est des extraterrestres ?’

Quoi qu’il en soit, nous avons une date charnière : 1947, la suite probable d’expériences de médecins nazis et japonais sur les manipulations génétiques, des expériences atomiques, des appareils secrets issus de l’opération paperclip qui se rejoignent dans un périmètre si proche que je me dis qu’il n’y a peut-être pas de hasard… ou plutôt non, je dirais même ‘il n’y a jamais de hasard’… »

Je réponds évidemment : on fait de la désinformation quand on dit que « ce n’était pas des extraterrestres » ! Quant au reste, c’est la confusion et le mélange…

L’enquêteur et auteur américain Kevin Randle, spécialisé dans l’affaire de Roswell, a réagi sur son blog à la sortie du livre « Area 51 » d’Annie Jacobsen :

« Voyons si j’ai bien tout compris. En 1947, les officiers et les hommes du 509ème groupe de bombardement ont découvert les restes d’une soucoupe volante qui s’était écrasée. Ils ont acheminé des débris vers la base de Fort Worth où le Général Roger Ramey et l’un de ses officiers météo, l’adjudant Irving Newton, déclarèrent qu’il ne s’agissait que d’un banal ballon sonde, muni d’un réflecteur radar.

La presse, qui s’était montrée très intéressée, s’est soudainement détournée de l’affaire et n’a pas demandé comment les officiers les plus hautement qualifiés de la seule force de frappe nucléaire au monde à cette époque, avaient pu faire une erreur d’appréciation aussi stupide. Ils ne se sont pas demandé si les hommes qui ont leurs doigts sur les détonateurs pouvaient ne pas être aussi dignes de confiance qu’on pouvait l’espérer. Non, ils ont acheté cette version et poursuivi leur route.

Puis, Jesse Marcel Senior, officier du renseignement de l’Air Force en 1947, commença à raconter à ses amis radio-amateurs qu’il avait ramassé les morceaux d’une soucoupe volante cette année-là.

Des articles ont été publiés, suivis d’un livre, mais les grands médias ne s’y intéressèrent pas ; ils savaient bien qu’il ne s’agissait pas de soucoupes volantes, puisque l’Air Force l’avait déclaré.

L’intérêt du public pour le crash de Roswell s’est alors amplifié, d’autres livres et des articles intéressants sont sortis. Des documentaires télévisés ont été réalisés ; on y présentait souvent des personnes bien réelles venant raconter leurs histoires.

Les grands médias ne s’y intéressèrent pas, parce que ce devaient être de vieux fous à la mémoire défaillante. Par ailleurs, il ne pouvait être question de soucoupes volantes, puisque l’Air Force l’avait déclaré.

Mais l’intérêt fut soudain relancé et un représentant du Nouveau-Mexique au Congrès a commencé à poser des questions sur le crash de l’Ovni de Roswell. Il réclama une enquête à ce sujet.

Les grands médias y ont accordé de l’attention car Steven Schiff était un membre du Congrès, et cela rendait l’affaire assez crédible… bien qu’allez savoir pourquoi cela m’échappe… ce qui ne veut pas dire que pour moi Schiff ne serait pas crédible.

L’Air Force a mené l’enquête, a publié un rapport final et a conclu que ce qui était tombé à Roswell était un… ballon météo. Oh, il ne s’agissait pas d’un banal ballon-sonde, c’était le projet Mogul, si hautement classifié que même les scientifiques travaillant dessus n’en connaissaient pas le nom.

C’est devenu la version officielle, communément admise, simplement parce que l’Air Force l’avait déclaré.

Bien sûr, le Projet Mogul ne consistait qu’à lancer de classiques ballons météo munis de réflecteurs radar, comme on en avait utilisé des dizaines de milliers à travers tout le pays depuis des années, et il n’y avait aucune raison de se laisser berner par ces objets, même s’ils avaient été attachés pour former des trains.

Il s’est avéré que le Projet Mogul n’était pas hautement classifié… seul l’était son objectif final. Mais les grands médias ont acheté l’histoire parce qu’il ne pouvait être question de soucoupes volantes. L’Air Force l’avait déclaré.

Pas un seul des grands médias n’a pris la peine de poser quelques questions simples comme : Si vous êtes en train d’enquêter sur un crash d’OVNI au Nouveau-Mexique, pourquoi n’avez-vous pas interrogé davantage de personnes parmi celles qui se trouvaient là à l’époque ? Pourquoi se contenter de Sheridan Cavitt ? Pourquoi pas le brigadier général Exon Arthur ? Pourquoi pas Patrick Saunders ? Pourquoi seulement cinq hommes qui ont travaillé sur le Projet Mogul, dont certains n’étaient même pas au Nouveau-Mexique en 1947 ?’

Pas un seul journaliste des grands médias n’a pensé à ça.

Quelqu’un qui n’appartenait pas aux grands médias avait quand même posé la question : Mais comment expliquer les corps retrouvés ?’ L’Air Force a alors sorti un second rapport final pour clore le sujet : il s’agissait de mannequins anthropomorphiques qu’on larguait dans les années 50 pendant des tests de ballons et de parachutes à haute altitude. Ne vous souciez pas du fait que les premiers largages tout près de Roswell ont commencé en 1957, ni que les mannequins étaient parfaitement identifiables comme tels. C’était la réponse officielle, et les grands médias ont adopté ce non-sens, parce que l’Air Force l’avait déclaré.

Puis, mon ami Nick Redfern (du moins je le considère comme un ami) a lancé : Pas si vite !’. Il avait découvert une info qui suggérait que la récupération faite à Roswell était vraiment le résultat final d’expériences qui utilisaient des Japonais déformés et une sorte de vaisseau expérimental.

Cela pouvait au moins fournir une explication à la chape de plomb… il ne s’agissait plus d’une sorte de ballon secret.

Peu de gens ont accepté cette hypothèse et l’Air Force est restée silencieuse. Je pense qu’ils avaient bien appris leur leçon. Ne pas s’impliquer dans ces folles histoires de soucoupe volante. Laissez faire les dingues, mais je ne dis pas que Nick soit un idiot.

Cependant, Redfern a eu tort à ce sujet et nous le savons aujourd’hui, car une ‘journaliste’, à savoir une personne liée aux grands médias, a déclaré que le crash de Roswell était le fruit d’une collaboration entre Joseph Mengelé et Josef Staline, mettant en oeuvre un engin de type ‘aile volante’ des Frères Horten, pour ensuite lui donner une apparence aliène. Dans ce cas, l’Air Force, ayant eu accès aux schémas et modèles Horten après l’effondrement de l’Allemagne nazie, aurait dû reconnaître cet appareil… mais n’allons pas chercher trop loin.

Toutefois, les grands médias se sont montrés réceptifs à cette idée, simplement du fait qu’Annie Jacobsen, laquelle collabore à la rédaction du Los Angeles Times’, a dit qu’elle avait interviewé un gars, qui reste anonyme, et que c’est lui qui l’a dit : il s’agissait d’enfants difformes, créés à la suite d’horribles ‘expériences’ du Dr. Mengelé, embarqués dans une sorte d’aile volante des frères Horten à la sauce extraterrestre. Staline aurait pensé que ce scénario de la ‘guerre des mondes’ créerait une panique publique, quoiqu’il me soit bien difficile de comprendre ce qu’il aurait gagné de cette façon.

Quelqu’un se serait-il aperçu que les Nazis et Staline étaient des ennemis ? Quelqu’un a-t-il relevé que Mengelé s’était enfui en Amérique du Sud et n’était plus, en aucune façon, un personnage important en 1947 ?

Assez de ces absurdités ! Je ne comprends pas pourquoi les mass-médias prêtent attention à ce ramassis de bêtises si mal étayées, mais qu’ils ne tiennent aucun compte des informations fournies par les hommes et les femmes qui étaient là. Il est clair que les grands médias ignorent totalement ce dossier.

Ils ne veulent pas savoir que nous, les enquêteurs de l’Affaire Roswell, avons analysé les dessins de l’avion des frères Horten (et que l’aile volante était intrinsèquement instable ; elle ne pouvait pas avoir fonctionné correctement avant qu’on réussisse à compenser avec des ordinateurs la tendance de l’engin à se retourner), et que nous avons examiné de nombreuses autres explications alternatives.

A présent, il est inutile de chercher davantage, puisque nous avons la réponse… Staline, Mengelé, les enfants difformes et une étrange tentative de créer une panique aux Etats-Unis sont responsables de l’accident… Mais lorsque l’Air Force a enterré l’histoire, pourquoi Staline n’aurait-il pas de son côté tiré quelques ficelles pour susciter l’intérêt des grands médias ? Pourquoi n’avait-il pas saisi cette occasion ?

Pour ceux qui sont vraiment intéressés, je répète depuis des années que le grand secret de la Zone 51 c’est qu’il s’agissait du site où l’on testait la prochaine génération d’avions militaires. Elle n’a rien à voir avec les Ovnis… mais cet avis n’intéresse pas davantage les grands médias. »

L’ouvrage d’Annie Jacobsen, “Area 51”, rencontrerait un certains succès chez les libraires aux Etats-Unis. L’enquêteur George Knapp, basé à Las Vegas, a mobilisé son I-Team pour s’intéresser aux motivations de l’auteur.

« C’est la Chaîne 8 qui, dans les années 80, a fait connaître au grand public la base secrète militaire installée dans le désert du Nevada. Nous avons souvent rapporté que des technologies aliènes seraient testées sur cette fameuse Zone 51.

Annie Jacobsen, qui contribue au L.A. Times, n’avait pas prévu de s’attaquer à l’une des plus fantastiques histoires de complot. Pour son nouveau livre : Area 51, An Uncensored History, l’auteur avait souhaité se concentrer sur les héros de la Guerre Froide qui s’étaient mobilisés dans l’ombre, à Groom Lake, pour travailler sur des programmes top secrets tels que les avions-espions U-2 et SR-71.

C’est en 2005, sur la chaîne ‘8 News NOW’, que des employés de la Zone 51 ont commencé à raconter leurs histoires. Ils formaient un groupe surnommé les Roadrunners. Jacobsen avait alors pensé que leurs récits lui permettraient de sortir un livre à succès.

Mais c’est un petit chapitre de sept pages à la fin de son livre qui a éclipsé tout le reste et a captivé l’intérêt des médias. Jacobsen est apparue sur tous les écrans, de Comedy Central au National Geographic, nous racontant chaque fois la même histoire qui ferait le lien entre la Zone 51 et le fameux incident de Roswell.

Elle donne cet exemple : J’ai reçu un email d’Angleterre ; des théoriciens du complot sont très remontés contre moi et disent ne pas croire un mot de ce que je raconte.’

Il est couramment admis depuis longtemps chez les ufologues qu’une soucoupe volante s’est écrasée près de Roswell en 1947, que des cadavres avaient été récupérés, puis que les débris et les corps furent envoyés sur la base de l’Air Force à Wright Patterson, et enfin vers la Zone 51 au Nevada. Bob Lazar, un scientifique qui a travaillé pour le gouvernement, a été le premier à nous raconter qu’il a travaillé sur des épaves de soucoupes, près de Groom Lake, et que son rôle consistait à essayer de maîtriser une technologie extraterrestre.

Jacobsen déclare qu’un ingénieur de premier plan lui a donné une autre version. Il avait contribué au programme sur la bombe atomique pendant 30 ans, mais faisait partie d’un petit groupe auquel on avait demandé de s’occuper d’une épave de soucoupe et de petits cadavres.

Elle précise : ‘On lui avait dit que ça provenait du crash de Roswell. Avec quatre autres ingénieurs, il avait réceptionné les matériels mais aussi cet équipage de petits êtres, dont deux étaient mal en point mais toujours vivants.’

On avait raconté aux ingénieurs que la soucoupe était une création des Russes, lesquels s’étaient inspirés d’une aile volante réalisée par des scientifiques allemands aux ordres d’Adolf Hitler.

Les membres d’équipage étaient des adolescents à large tête, pouvant ressembler à des aliens, qui résultaient d’opérations réalisées par le médecin nazi Josef Mengele. Il s’agissait de créer aux Etats-Unis une panique à la manière de La Guerre des Mondes, mais l’opération a tourné court quand la soucoupe de Staline s’est écrasée.

Jacobsen veut croire à cette histoire insensée, qui repose sur la crédibilité de sa source anonyme : ‘Je pense que mon informateur est fiable. Il croit ce qu’on lui a raconté.’

Cependant, d’autres personnes expriment les plus vives réserves. A commencer par les Roadrunners de la Zone 51, dont le président nommé T. D. Barnes. Il fait savoir que si le groupe valide l’essentiel de l’ouvrage, il désapprouve totalement l’histoire de la soucoupe et tient à se dissocier fermement de toutes ses allégations.

Les ufologues et les critiques sont finalement d’accord sur un point : cette histoire ne tient pas la route. Et Jacobsen devient la cible des principaux médias du pays. Elle m’a simplement dit : Tu sais, George, c’est souvent le lot des journalistes.’ »

Le chercheur indépendant Anthony Bragalia pense avoir identifié l’unique informateur sur lequel la journaliste Annie Jacobsen se serait appuyée pour publier sa version largement controversée sur l’histoire de la Zone 51. Il s’agirait d’Alfred O’Donnell, âgé en 2011 de 89 ans.

« O’Donnell correspond tout à fait au profil. Il se trouvait, au début des années 50, sur le site des Tests du Nevada où l’on procédait régulièrement aux expérimentations sur les bombes atomiques.

J’ai identifié la source anonyme de Annie Jacobsen. J’ai longuement réfléchi, à me demander si je devais finalement l’exposer. J’ai récemment été en contact avec lui, après avoir rencontré beaucoup de difficultés. Au fond, je pense que ce personnage avait fini par accepter une histoire fantaisiste que les autorités avaient choisi de propager.

Mais on doit se demander pour quelles raisons il avait fini par accepter cette version.

O’Donnell a bien fait partie du noyau d’ingénieurs et de responsables de la compagnie EG&G – qui fut l’un des principaux contractants en charge de la défense nationale. Fondée à Edgerton, Germeshausen & Grier (EG&G) fut ensuite acquise en 2002 par URS Corporation. URS emploie plus de 50.000 personnes. Elle assure aujourd’hui un rôle majeur dans la conception et la réalisation de bâtiments secrets dans plusieurs Etats des Etats-Unis. Elle travaille pour l’armée américaine, et aussi la Communauté du Renseignement (notamment la NSA), pour la construction et la gestion de certains de ses sites les plus sensibles.

O’Donnell avait intégré EG&G en 1947, alors que la société n’employait qu’une quinzaine de personnes. Il avait accepté les conditions imposées par les fondateurs de la compagnie et obtenu une accréditation Top Secret afin de pouvoir travailler sur notre arsenal nucléaire.

Il avait contribué à développer des protocoles de recherche sur des charges explosives et avait perfectionné les systèmes de mise à feu des bombes nucléaires. O’Donnell, un homme brillant originaire de Boston, a aidé pendant plusieurs années la compagnie EG&G à perfectionner les moyens de défense de ce pays. Il a permis à EG&G d’acquérir un savoir-faire dans la mesure des énergies émises lors des tests atomiques dans le désert du Nevada, pour le compte du Département de la Défense. »

Anthony Bragalia laisse-t-il entendre qu’Alfred O’Donnell, employé modèle, aurait été prêt à adopter n’importe quelle version que ses supérieurs lui auraient suggérée à l’époque ? Le plus gênant est qu’il soit aujourd’hui – bien des années plus tard – la source unique de la nouvelle thèse popularisée par Annie Jacobsen sur la Zone 51, qui permet d’évacuer toute référence aux OVNIs. (Source : www.ovnis-usa.com)

 

II. Roswell, Zone 51 et soucoupes volantes nazies. Un texte de Gildas Bourdais :

Je viens d’évoquer la thèse ridicule d’Annie Jacobsen (qui a fait intervenir, dans le crash de Roswell, Mengele et Staline) et celle de Nick Redfern (à propos de prétendues expériences japonaises).

Voici, à ce propos, une importante mise au point de Gildas Bourdais, extraite de son blog : http://bourdais.blogspot.fr

 

* Un texte de Gildas Bourdais :

(En annexe, une correspondance avec Fabrice Bonvin.)

Un nouveau livre, paru en mai 2011 aux Etats-Unis, a vite fait du bruit : Zone 51 : Une histoire non censurée de la base militaire américaine top-secrète (Area 51 : An Uncensored History of America’s Top Secret Military base). L’auteur, Annie Jacobsen, semble avoir de sérieuses références. Elle est une journaliste diplômée de la prestigieuse université de Princeton et a écrit des reportages dans des journaux connus, comme le “Los Angeles Times”.

Son livre a rapidement attiré l’attention des médias et a ouvert une vive polémique. Pourquoi cela ? Pas sur le sujet principal de son enquête, l’histoire de la mystérieuse Zone 51 – encore que des experts y ont trouvé des erreurs -, mais parce qu’elle raconte à la fin du livre un nouveau scénario sur le crash de Roswell qui lui aurait été révélé par un ancien ingénieur de la Zone 51 ayant participé à l’étude de l’ovni.

Disons-le tout de suite : c’est peut-être le scénario le plus ridicule qu’on ait proposé à ce jour sur le crash de Roswell ! Plus fort encore que Nick Redfern et son livre Body Snatchers in the Desert. Ce livre, paru en 2005, racontait déjà une histoire à dormir debout d’essais d’irradiation en vol, à bord d’une aile volante Horten, sur des prisonniers des Japonais soit disant récupérés par les Américains en 1945 en Mandchourie, où ils n’avaient pas mis les pieds, ce pays ayant été libéré par les Russes. Voir mon article, sur mon blog, à :

http://bourdais.blogspot.com/2008/03/roswell-et-un-livre-de-nick-redfern.html

Eh bien, Annie Jacobsen fait encore plus fort que Redfern. Le journal britannique Daily Mail Online du 16 mai 2011 résume ainsi son scénario :

« Une révélation explosive sur le crash de Roswell en1947 : un nouveau livre prétend que l’engin alien accidenté était une invention nazie et que les corps d’aliens supposés étaient ceux d’aviateurs mutants malformés, œuvre du Dr Joseph Mengele, ‘l’ange de la mort’ du Troisième Reich. Et c’était orchestré par le leader soviétique Josep Staline pour effrayer les Américains. »

 

– Le crash de Roswell selon Annie Jacobsen :

Je cite entièrement l’article du Daily Mail Online qui semble bien résumer son histoire :

« C’est l’une des plus grandes théories de conspiration de tous les temps sur les ‘aliens’. Mais à présent, un nouveau livre a trouvé une nouvelle explication, encore plus bizarre, pour le crash supposé d’un engin alien à Roswell en 1947 : c’était un plan monté par Staline pour effrayer les Américains. Après avoir interviewé d’anciens travailleurs de la controversée Zone 51 au Nevada, l’auteur Annie Jacobsen a révélé un récit fantastique impliquant l’ancien leader soviétique, le savant nazi Joseph Mengele et un groupe d’aviateurs malformés à l’’allure d’enfants’. Selon le livre de Mme Jacobsen, Zone 51, une histoire non censurée, Staline avait conçu une machination pour créer une panique d’une ampleur comparable à celle causée par la célèbre émission radiophonique d’Orson Welles en 1938 qui avait mis en scène l’invasion extraterrestre fumeuse de La guerre des mondes.

Utilisant un seul chasseur à réaction nazi capturé, appelé le Horton HO 229, Staline avait conçu le plan de faire atterrir l’avion aux Etats-Unis avec à son bord des aviateurs à ‘l’allure d’enfants malformés’. Il était escompté, écrit Mme Jacobsen, que cet atterrissage causerait une panique terrible chez les Américains. Pour créer ces créatures monstrueuses, il avait fait appel au Dr Mengele, surnommé ‘l’ange de la mort’ à la suite de ses horribles expériences sur des prisonniers dans un camp de concentration (Auschwitz). Staline avait eu recours à l’expertise de Mengele pour créer ces monstres à l’allure d’enfants, en échange de la fourniture d’un laboratoire d’eugénisme. Apparemment, Mengele, qui se cachait à l’époque en Amérique du Sud, ayant fui l’Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avait jugé que le projet valait bien de prendre un risque pour sa sécurité.

Le crash de Roswell s’est inscrit, chez les adeptes de théories conspirationnistes, comme un ‘cover-up’ du gouvernement américain. Selon cette histoire, une soucoupe volante alien s’était écrasée inexplicablement à Roswell, Nouveau-Mexique, avec des aliens gravement blessés à son bord. A l’époque, les porte-paroles de la base militaire de Roswell avaient dit qu’un ‘disque volant’ avait été trouvé, mais seulement quelques heures plus tard cette déclaration avait été rétractée en affirmant qu’il s’agissait en fait d’un ballon météo. L’incident avait été à peine rapporté, jusque dans les années 70 quand une série de livres et de documentaires avaient fait renaître les théories de la conspiration selon lesquelles un atterrissage alien avait bien eu lieu.

Selon le livre (de Jacobsen), le stratagème ne s’était PAS déroulé comme prévu. L’avion, piloté à distance, s’était écrasé lors d’un orage électrique, et le gouvernement américain avait agi rapidement pour cacher l’incident. Mlle Jacobsen a écrit :

Ils trouvèrent des corps à côté de l’appareil. Ce n’étaient pas des aliens. Ils n’étaient pas non plus des aviateurs volontaires. Ils étaient des cobayes humains. D’une petitesse inhabituelle pour des pilotes, il s’avéra qu’ils étaient des enfants. Chacun d’eux mesurait moins d’un mètre et demi (cinq pieds). Ils étaient déformés de manière grotesque, mais tous de la même manière. Leur tête était plus grosse que la normale et leurs yeux étaient également plus grands, de forme anormale.

Il n’est pas dit clairement comment le Dr Mengele avait réussi à ‘créer’ ces pilotes malformés mais, selon Mlle Jacobsen, certains avaient été trouvés dans le ‘coma mais encore vivants’ après le crash de Roswell. La source de Mlle Jacobsen pour cette histoire fantastique est un ingénieur à la retraite de la société EG&G qui avait travaillé à la Zone 51 en 1978. Cette société a été chargée de nombreux projets secrets du gouvernement américain. »

 

– Quelques remous dans les médias :

Même sans être historien, on voit tout de suite le ridicule du dossier. Alors, est-ce la peine d’en parler ? A mon avis, oui, parce que ce livre a eu pas mal d’échos dans les médias, jusque dans les colonnes du “New York Times”, où l’on a pu lire ce commentaire ambigu à souhait, cité sur le site Ufocasebook :

« Bien qu’il relie les fils de cette histoire dans un additif vite écrit d’un livre qui est par ailleurs une enquête honnête sur l’histoire de l’aviation militaire, il laisse une impression indélébile. Zone 51 va sans doute rester connu surtout pour cette provocation de science-fiction ».

(Source : http://www.ufocasebook.com/2011/bookussrroswell.html).

Une pirouette, mais un petit coup de pouce, tout de même, de l’« éminent » quotidien, toujours aussi sceptique sur les ovnis.

Certes, Annie Jacobsen s’est fait brocarder par les journalistes de télévision, comme Bill Weir à son Night Line Show, et Jon Stewart à son Daily Show (voir les vidéos sur le site / de la radio Ici et Maintenant). Mais certains commentateurs sceptiques n’ont pas manqué l’occasion de dire que toutes ces histoires sur Roswell se valent, y compris celle d’Annie Jacobsen. Une journaliste, Maggie Shaw, l’a même trouvée plus probable que les autres : La probabilité que cela soit arrivé est plus grande que toutes les autres explications que j’ai entendues’ ! Même en France, certains lui trouvent des mérites. On voit comment la confusion peut s’installer, une fois de plus, à la faveur d’une histoire aussi absurde. C’est pourquoi il faut en parler.

Quant à la source anonyme d’Annie Jacobsen, le journaliste Bill Weir l’a retrouvée, et voici ce qu’il en a dit, selon l’article de Space Review. Il l’a trouvé confus et son histoire n’était pas ‘consistante’ par rapport à celle de Jacobsen (‘inconsistent with hers’). Il a dit en outre qu’il avait raconté cette histoire pour ‘aider le livre d’Annie’. Le journaliste de Space Review fait cette remarque que je trouve assez pertinente : Ma propre théorie est que, soit il lui faisait une blague, soit il cherchait à la discréditer.’ (‘My own theory is that he was either pulling her leg, or seeking to discredit her.’). Un autre enquêteur, Anthony Bragalia, pense l’avoir retrouvé lui aussi. Il serait bien un ancien ingénieur de la Zone 51, ayant travaillé aux essais nucléaires, et âgé aujourd’hui de 89 ans. Bragalia suppose qu’il se serait laissé convaincre de la véracité de cette histoire fantaisiste que les autorités avaient choisi de propager’.

 

– Pourquoi cette histoire est absurde :

Voilà donc l’histoire selon Annie Jacobsen : oubliez les ovnis, les ET, et aussi, d’ailleurs, le ballon Mogul de l’Air Force. Le crash de Roswell, c’était juste une mauvaise plaisanterie du ”petit père des peuples” qui s’était pris pour Orson Welles ! Il est facile de montrer l’absurdité de cette histoire en quelques arguments, mais elle exploite certaines rumeurs persistantes sur lesquelles c’est l’occasion de revenir, telles que le mythe des « soucoupes volantes nazies », qui servent encore, aujourd’hui, pour mettre en doute la réalité des ovnis, et en particulier de la première vague d’observations en 1947.

 

– Les aviateurs de Roswell ne pouvaient pas prendre un avion pour une soucoupe !

La première question à se poser, me semble-t-il, est la même que pour les ballons météo de l’Air Force, à l’unité ou en grappe : comment les aviateurs de Roswell, qui étaient l’élite de l’armée de l’Air américaine, auraient-ils pu prendre une copie d’aile volante allemande pour une soucoupe volante et en annoncer fièrement la découverte au monde entier, avec leur célèbre communiqué du 8 juillet 1947 ? Ils connaissaient très bien tout ce qui volait. Pour en donner une idée, le sergent-chef Lewis Rickett, l’assistant du capitaine Cavitt qui avait inspecté le ranch Foster avec le commandant Marcel, était un très bon mécanicien qui avait fait partie d’une équipe envoyée en Allemagne à la fin de la guerre pour récupérer des matériaux intéressants. Il ne manquait pas de monde sur la base pour identifier un avion allemand, même copié par les Russes. Leurs bombardiers B-29 étaient à la pointe de la technologie, et les Russes avaient eu beaucoup de mal à le copier en 1945-46.

Je vais revenir plus loin sur la légende des soucoupes nazies qui fait encore du tort, aujourd’hui, à l’ufologie. Mais continuons. Comment les aviateurs américains auraient-ils pu prendre des enfants, même défigurés, pour des extraterrestres ? Et pourquoi, ensuite, l’armée aurait-elle raconté cette histoire ridicule de ballons météo ? Si la version de Jacobsen était vraie, n’aurait-elle pas été une belle occasion de dénoncer publiquement, alors que la guerre froide allait commencer, une horrible machination soviétique ? Et pourquoi les Soviétiques auraient-ils eu l’idée d’un scénario aussi débile ? Staline préparait déjà la division de l’Europe en deux blocs. Il avait de quoi s’occuper. Arrêtons-nous un peu sur l’aspect le plus absurde, et sinistre, de l’histoire, celui des enfants manipulés.

 

– Manipulations génétiques ou opérations chirurgicales ?

Comment peut-on croire à cette histoire horrible d’enfants auxquels le Dr Mengele aurait donné, à coups de scalpel, une tête d’aliens avec grosse tête et grands yeux, un modèle dont personne n’avait encore entendu parler à l’époque ? Et d’abord, comment aurait-t-il fait cela ? Par manipulations génétiques ou par interventions chirurgicales ?

Sur l’hypothèse de manipulations génétiques, rappelons que la structure de l’ADN a été découverte par les Britanniques James Watson et Francis Crick en 1953 et que, un demi-siècle plus tard, l’idée de modifier des humains en les manipulant relève encore (heureusement) de la science-fiction. L’idée d’un Dr Mengele généticien génial dans les années quarante, ou plutôt dans les années trente puisque ces enfants étaient censés avoir une dizaine d’années en 1947, est grotesque. S’il s’agit ‘seulement’ de chirurgie, on est aussi dans la science-fiction de cauchemar, à l’instar des animaux rendus humains sous le scalpel d’un médecin fou dans le roman L’Ile du Dr Moreau de H.-G. Wells.

Une foule de questions viennent encore à l’esprit. Comment Staline aurait-il pu aller chercher le Dr Mengele, alors réfugié en Amérique du Sud ? Combien de temps aurait-il fallu au Dr Mengele, une fois embauché par les Soviétiques, pour « fabriquer » des enfants effrayants à tête d’alien ? Comment les Soviétiques auraient-ils pu introduire ces enfants, installés à bord d’un avion secret copié sur une aile volante allemande, en 1947 au cœur des Etats-Unis ? De combien de temps disposaient-ils pour réaliser ce programme à couper le souffle ? Les premières « soucoupes volantes » apparaissent dans les médias américains dans les jours suivant l’observation de Kenneth Arnold, le 22 juin 1947, quelques jours avant Roswell. Mince, ils ont fait vite ! A cela, certains répondent que les Américains et les Russes avaient déjà fait des copies des ailes volantes, et même de très secrètes soucoupes volantes nazies, récupérées à la fin de la guerre. Ils auraient donc eu du temps pour monter leur coup, ainsi, peut-être, que la vague elle-même des soucoupes de 1947 ! Voyons cela de plus près.

 

– Les ailes volantes Horten :

Les rumeurs sur les « soucoupes volantes nazies » sont apparues au début des années cinquante. On n’a jamais vu ces soucoupes – pas même une, prenant la poussière dans le fond d’un hangar, et leur existence a été réfutée par tous les historiens sérieux de l’aviation, mais certains y croient encore aujourd’hui. Certains de leurs partisans supposent que les Nazis les avaient expédiées dans des bases secrètes, par exemple dans l’Antarctique ou, pourquoi pas, dans la Terre creuse, autre mythe increvable ! Et pourquoi pas sur la Lune ou sur Mars, tant que nous y sommes ?

Essayons d’être sérieux. Selon ces rumeurs, les soucoupes volantes des années quarante étaient en fait des engins de fabrication humaine, dérivés des ailes volantes et soucoupes nazies. Il faut distinguer entre de vrais avions secrets, tels que les ailes volantes Horten allemandes qui ont bien existé, et ces hypothétiques « soucoupes volantes », dotées de moyens de propulsion avancés, qui auraient été expérimentées sous le régime nazi. Annie Jacobsen semble n’avoir cité que l’aile volante Horton 229 (lire Horten), mais les médias ont bel et bien parlé de soucoupe volante nazie à propos de son livre. L’amalgame est vite fait et il faut donc en parler aussi.

Réglons vite la question des ailes volantes Horten allemandes car il est clair qu’elles ne tiennent pas du tout la route, ni pour expliquer une mise en scène à Roswell, ni pour expliquer, d’ailleurs, la vague des soucoupes volantes de 1947 et ses suites, comme certains ont pourtant tenté de le faire. Je renvoie le lecteur à deux articles sur ce blog. L’un, déjà cité plus haut, sur le livre de Nick Redfern, “Body Snatchers in the Desert” ; l’autre, sur la vague d’ovnis des premières années qui est aujourd’hui pleinement confirmée par des documents militaires américains :

2008 La vague de 1947 et les documents militaires américains :

http://bourdais.blogspot.com/2008/05/la-vague-de-1947.html

Il y avait en Allemagne, à la fin de la guerre, deux prototypes d’ailes volantes Horten à réaction : le Horten H IX V2, dont le premier vol eut lieu le 18 février 1945, mais qui s’écrasa en tuant le pilote à cause d’une panne de moteur ; l’autre était le Horten H IX V3 (alias Gotha GO 229A), récupéré par les Américains et expédié aux Etats-Unis. Il était inachevé et n’a jamais été terminé car les ingénieurs américains n’étaient pas intéressés, pour la simple raison qu’ils avaient déjà les ailes volantes Northrop, faisant l’objet d’essais en vol. A vrai dire, ces ailes volantes, aussi bien américaines qu’allemandes, étaient instables et difficiles à piloter. Le prototype Northrop XP 79B fut détruit lors de son premier vol à Muroc en 1945, tuant également son pilote. La formule de l’aile volante en avait pris, si j’ose dire, un coup dans l’aile. D’autres prototypes, comme la fameuse « crêpe volante », le XF 5-U 1 de Chance-Vought, beaucoup citée pour expliquer les ovnis, avaient été abandonnés. Il faudra attendre le bombardier B2, doté d’une informatique sophistiquée, pour avoir enfin une aile volante opérationnelle.

Essayons d’imaginer les Russes mettant la main en Allemagne sur un modèle analogue, l’acheminant secrètement aux Etats-Unis en 1947 et faisant une mise en scène de soucoupe écrasée avec des enfants malformés à son bord. On voit bien, au premier coup d’œil, que ça ne tient pas debout. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l’histoire des ailes volantes, recommandons l’excellent livre d’Alain Pelletier : Les ailes volantes (Editions ETAI, 1999). On y trouvera notamment les modèles des frères Horten, avec photos et plans trois vues. Venons-en maintenant à ce qu’il faut bien appeler cette « légende » des soucoupes nazies, qui a la peau dure.

 

– La légende des soucoupes nazies :

Que n’a-t-on pas écrit, depuis cinquante ans, sur les soucoupes nazies ! Rien qu’en France, plusieurs auteurs-ufologues les ont prises au sérieux, naguère encore. Par exemple, Jean-Claude Sidoun en 2005 dans son livre Ovnis. Guerre froide. Le grand jeu. On m’a questionné sur ce livre, et c’est l’occasion de citer un extrait de mon commentaire :

« Il y a énormément de confusion dans ce livre, qui commence avec les mythiques soucoupes nazies que les Américains auraient copiées après 1945. D’où l’idée, introduite non sans habileté, que certaines soucoupes de 1947 étaient en fait des engins secrets. Vient ensuite l’idée que les autorités ont utilisé et favorisé la croyance aux ovnis, notamment avec le crash de Roswell, pour cacher des engins et des expériences très secrets. Ainsi, on aurait peut-être découvert en réalité un essai de lancement de fusée avec des ballons ! Cela ressemble assez à la thèse invraisemblable de Nick Redfern sur des essais très secrets d’irradiation en vol. J’ai remarqué une véritable falsification de l’histoire au sujet de la commission Sign. Sidoun cite le rapport final de cette commission créée en 1948. Le rapport est sceptique, en effet, sur l’hypothèse d’engins extraterrestres, mais Sidoun omet de préciser qu’il a été rédigé, non pas par l’équipe Sign, mais par l’équipe de la commission Grudge qui l’a remplacée au début de 1949, avec pour directive de dénigrer les ovnis. Or, ce n’était pas du tout l’opinion de la vraie commission Sign, qui s’était prononcée en faveur de l’HET sur les ovnis, dans son Estimate of the Situation à l’automne de 1948. Cela a été divulgué notamment par le capitaine Ruppelt dans son livre de 1956, et largement confirmé depuis.

Il faut citer aussi Jean-Pierre Troadec, dans un article de la revue Top Secret No 24 (avril-mai 2006) : Les ovnis nazis. Les plans secrets du Troisième Reich, avec un titre en couverture : Les OVNIs du IIIe Reich. L’arme secrète des nazis est-elle à l’origine du phénomène ovni ?. Il me revient à l’esprit que, en octobre 2009, Jean-Pierre Troadec avait présenté mon exposé sur Roswell, lors d’un repas ufologique à Lyon, en disant que Roswell, c’était du ‘folklore américain’. Heureusement, le public, venu assez nombreux, m’avait bien apprécié. Je pense aussi à Jean-Denis Denocla qui m’avait parlé des soucoupes nazies lors d’une rencontre en août 2009 au village de Fontenoy-La-Joûte. Quant à Fabrice Bonvin, un disciple de Jacques Vallée qui voit les ovnis comme les manifestations d’une ‘Intelligence supérieure’ ou de ‘Gaïa’, il considère l’hypothèse de soucoupes d’origine extraterrestre comme de la désinformation ! Il est cité ainsi dans la revue Nexus de juin-juillet 2011 (page 80) : Comme le fait remarquer Fabrice Bonvin, le propre de la désinformation ufologique à l’œuvre depuis 1950 est de promouvoir l’hypothèse extraterrestre tout en discréditant simultanément le phénomène ovni, une thèse qui se vérifie dans toute l’histoire de l’incident de Roswell, du communiqué du 8 juillet au livre du colonel Corso ».

Quelle confusion !

Je signale que Fabrice Bonvin a réagi à mon article dans une lettre où il conteste cette présentation de ses idées par la revue Nexus. Avec son accord, je publie sa lettre à la fin de cet article, mais avec mon propre commentaire.

Ainsi, pour beaucoup d’auteurs, souvent adeptes des idées de Jacques Vallée, le mot d’ordre reste : « Tout plutôt que des engins extraterrestres ! ». Dès lors, on comprend mieux pourquoi cette idée des soucoupes volantes néo-nazies, responsables supposées des premières observations de 1947 et des années suivantes, continue à avoir du succès.

Ce nouveau livre américain est une bonne occasion de revenir sur des études, peut-être un peu oubliées, qui ont déjà tordu le coup à cette légende. Citons-en au moins deux. La première est de Joseph Altairac, publiée sous le titre « La légende du V7 », dans la revue “Scientifictions” (Numéro 1, volume 2, Encrage, 1997). Son titre se réfère à la soucoupe nazie la plus connue, le légendaire « V7 » apparu dans la presse pour la première fois – mais pas la dernière ! – en 1952. Altairac est un sceptique – courtois, soulignons-le -, mais son étude est remarquable et doit être citée ici. Il faut également citer celle de Jean Sider, parue en juin 2001 (“Inforespace” No 112) sous le titre : « Le mythe des soucoupes volantes nazies ». Sider s’est appuyé sur le travail d’Altairac, qui avait une importante documentation, et son article est un résumé très solide de la question, dont je vais citer quelques éléments avec son aimable autorisation.

 

– Quelques points clé dans l’article de Jean Sider :

On ne trouve pas une seule trace du V7 dans les livres d’historiens de l’aéronautique :

« … tout ce qui concerne les prétendues soucoupes volantes nazies provient de la grande presse classique à partir de 1950 pour l’Allemagne, la terminologie V-7 apparaissant pour la première fois en 1952… dans un quotidien français ! »

Les Américains pouvaient-ils avoir de telles soucoupes en 1947 ? Jean Sider cite le fameux livre du capitaine Ruppelt : “Face aux Soucoupes Volantes” (France Empire, 1958. Ed. orig. : “The Report on Unidentified Flying Objects”, 1956) :

« A la fin de 1947 (…), tous les renseignements relatifs aux recherches aéronautiques des Allemands pendant la guerre étaient étudiés pour voir si les Russes avaient pu tirer des soucoupes volantes de leurs plans. Les ingénieurs calculèrent les performances maximum que l’on pouvait réaliser avec ces plans. Ils prirent même contact avec les constructeurs, qui répondirent catégoriquement : ‘Non, aucun aéroplane ne pouvait accomplir les manœuvres attribuées aux ovnis.’ Le laboratoire aéromédical fit la même réponse : ‘L’organisme humain est incapable de résister à ces manœuvres.’ Les constructeurs américains affirmèrent qu’aucun métal connu ne pouvait supporter les charges imposées par ces manœuvres et la chaleur développées aux vitesses élevées ».

Sider cite avec à propos l’Air Intelligence Report de décembre 1948 qui s’interrogeait sur la possibilité d’une confusion avec des avions secrets et dressait la liste des engins et projets nazis qui auraient pu induire une telle confusion :

« Au reste, dans l’Air Intelligence Report n°100-203-79 du 10 décembre 1948 (déclassifié le 7 mars 1985), Appendice D, sont énumérés les projets d’appareils sans queue (aile-delta et aile-volante) qui auraient pu être associés éventuellement aux soucoupes volantes, à savoir :

‘Le chasseur de nuit Arado, projet 1, à aile basse. – Le chasseur Arado, monoréacteur, à aile haute. – Le chasseur Gotha P-60 A, aile volante, biréacteur. – le chasseur Heinkel P-1080, aile volante. – Le bombardier Junker EF-130, aile volante, à réaction. – Le monoplan ME-329 (Messerschmitt), bimoteur. – Le Horten 229, aile volante, biréacteur.’

On voit qu’il n’était pas question, dans ce document classé ‘Top secret’, de la moindre soucoupe du genre ‘V7’, ‘Haunebu’ ou ‘Vril’, souvent citées. Il faut rappeler ici le foisonnement incroyable de rumeurs sur les soucoupes nazies qui ont commencé à apparaître à partir des années 50. Mais soulignons-le, il n’y a pas trace de tels engins dans la littérature et la presse des années précédentes, pourtant friandes de révélations sensationnelles sur les armes secrètes du IIIème Reich. »

Voici comment sont apparues les pseudo-révélations sur le V7, telles que les résume Jean Sider :

« – Le ‘disque volant’ de Rudolf Schriever. Cet homme donna une interview dans le périodique allemand Der Spiegel du 30 mars 1950. Il prétendit que son appareil, qui n’exista que sur plan, était censé faire 15 mètres de diamètre et pouvoir atteindre 4 000 km/h ! Une pareille vitesse augure déjà d’une mystification, au mieux d’une très nette exagération. Deux ans plus tard, une autre revue allemande, Die 7 Tage du 27 juin 1952, consacre un article à Rudolf Schriever, dans lequel il se trouve de grosses contradictions par rapport à ses précédentes allégations. En effet, il est dit que cet engin fut construit pendant la guerre et testé une première fois en avril 1945, mais il ne put quitter le sol et fut détruit avant l’arrivée des troupes alliées. De même que la terminologie V-7 apparaît dans le texte, ce qui constitue une ‘première’ pour l’Allemagne.

Le V-7 de Richard Miethe. La terminologie V-7 apparaît pour la première fois au monde dans… France-Soir des 7 puis 14 juin 1952, soit dans un journal français et non allemand ! C’est très probablement la source à laquelle Die 7 Tage fait allusion à propos de Schriever, comme on l’a vu plus tôt. Il s’agit d’une interview de l’ingénieur Richard Miethe, lequel affirme avoir construit un prototype ‘que nous nommions déjà V-7’ (sic) dès 1944. Il prétend que cet engin faisait 42 m de diamètre et qu’il pouvait monter à 20 000 m, à l’aide des douze turbines dont il était équipé ! Ces chiffres démontrent déjà l’inanité d’une telle réalisation, car ils sont nettement supérieurs aux capacités de l’époque concernée. Miethe assura aussi que les premiers vols au-dessus de la mer Baltique furent couronnés du plus grand succès… Charles Garreau, dans Alerte dans le Ciel, 1956, pages 201-210, évoque également Miethe, ses déclarations de 1952 dans France-Soir, puis affirme que le premier V-7 vola le 17 mai 1944 à une vitesse de 2 500 km/h ! Même un ingénieur allemand de renom, Rudolf Lusar, publia ces informations dans un livre sur les armes secrètes du IIIème Reich, dont la publication Bild am Sonntag du 7 février 1957 se fit l’écho. Toutefois, bien que l’auteur de l’article ait utilisé la terminologie V-7 dans son texte, Rudolf Lusar ne la mentionne aucunement dans son livre, semble-t-il. Lusar semble avoir fait confiance à des sources l’ayant précédé et n’ayant aucune crédibilité, ce qui ne fait pas très sérieux pour l’expert qu’il prétendait être… Chose curieuse mais significative, Schriever et Miethe ne semblaient pas se connaître, car aucun d’eux ne signale l’existence de l’autre ! A noter que beaucoup d’auteurs se sont fiés aux assertions de Rudolf Lusar pour propager le mythe des ‘soucoupes’ nazies… »

Voici encore quelques autres « révélations » qui ont alimenté ce mythe des soucoupes nazies, citées par Jean Sider :

« – Le premier ‘disque volant’ d’Habermohl et Schriever. Il aurait volé à Prague le 14 février 1945, s’il faut s’en remettre aux allégations d’un certain Georg Klein, ingénieur, dans une interview donnée au journal allemand Welt am Sonntag du 25 avril 1953. Klein prétend avoir été témoin du vol et que l’engin aurait atteint 12 400 m en trois minutes, puis une vitesse horizontale de 2 200 km/h ! Il pouvait même voler à 4 000 km/h ! Une fois de plus, les performances avancées sont beaucoup trop élevées pour accorder du crédit aux propos du sieur Klein, lequel a précisé aussi que ce ‘disque volant’ faisait 16 m de diamètre et que sa construction commença en 1942. C’est un journal suisse, La Tribune de Genève, du 18 novembre 1954, qui se permit de rapporter ces élucubrations.

L’engin circulaire de l’Italien Giuseppe Belluzo. Selon Charles Garreau, il faisait 10 m de diamètre. D’autres sources associent Belluzo à Schriever, Miethe et Habermohl, en écorchant son nom à presque chaque citation. Belluzo était ingénieur expert en turbines et il fut même ministre en 1925. En 1950, il admit n’avoir œuvré que sur des plans qui auraient été perdus, d’après ce qu’affirme Der Spiegel du 30 mars 1950. »

Voici encore d’autres pseudo-soucoupes nazies, citées par Jean Sider, qui ont fait couler beaucoup d’encre :

« – Les ‘Haunebu II, Haunebu III et Vril’. Ces appellations désignent des soucoupes allemandes totalement imaginaires. Elles apparaissent pour la première fois en 1991 à Vienne (Autriche), dans deux délirantes cassettes vidéo titrées UFO Secret of WWII German Flying Saucers, pour la première, et Secrets of the Third Reich, pour la seconde (du moins pour les versions anglaises car ces bandes ont été éditées initialement en allemand). ‘Haunebu’ est le nom donné par Jürgen Spanuth, dans Le Secret de l’Atlantide (Copernic, 1977, page 23), au peuple nordique venu d’Héligoland qui aurait, d’après lui, envahi l’Egypte ancienne. Quant au second terme, ‘Vril’, il est encore plus vieux et semble trouver ses racines dans une langue orientale très ancienne. Il est très connu des ésotéristes, certains d’entre eux affirmant qu’il vient de ‘Vri’, qui signifiait ‘vie’ dans la langue ‘atlantéenne’, selon Vril, or Vital Magnetism, ouvrage anonyme édité en 1911 (le volume 6 de L’Enseignement Caché, la doctrine secrète de l’ancienne Atlantis, l’Egypte, la Chaldée et la Grèce). D’ailleurs, une société secrète berlinoise s’était créée dans les années 1930, qui se faisait appeler La Loge Lumineuse ou Société du Vril, information révélée par l’ingénieur Willy Ley en 1933 lorsqu’il s’enfuit d’Allemagne pour rejoindre les Etats-Unis, s’il faut se fier au tandem Bergier & Pauwells dans Le Matin des Magiciens (Gallimard, Folio, 1960, page 351). Compte tenu de l’esprit totalement fantaisiste des informations livrées dans ces cassettes, il ne faut pas s’étonner si les modèles ‘Haunebu II’ et ‘Haunebu III’ ressemblent à s’y méprendre à la trop belle soucoupe du célèbre contacté américain George Adamski. »

Il faut dire aussi un mot des mystérieux « foo fighters », ces mystérieuses boules lumineuses qui accompagnaient les avions pendant la guerre. Les aviateurs craignaient qu’il s’agisse d’armes secrètes allemandes, et réciproquement. Le mystère demeure mais on les cite encore aujourd’hui à l’appui de la thèse des soucoupes nazies… Allez, citons encore Jean Sider sur un modèle supposé de soucoupe nazie, et arrêtons-nous là :

« – La ‘soucoupe volante’ de Viktor Schauberger, sujet autrichien. Schauberger était un authentique inventeur quelque peu excentrique qui aurait construit plusieurs modèles d’engin circulaire fonctionnant par électromagnétisme (sic), ce qui est plutôt vague. Un certain Helmut Hofmann, qui signa un appendice dans le livre d’Olof Alexandersson, Living Water, Viktor Schauberger and the Secret of Natural Energy, prétend qu’un ‘disque volant’ de Schauberger, sans pilote, fut testé le 19 février 1945 près de Prague. En trois minutes, il serait monté à 15 000 m d’altitude pour prendre ensuite une vitesse horizontale de 2 200 km/h ! Ces dernières précisions ressemblent beaucoup à celles prêtées à l’ingénieur Klein citées auparavant à propos du ‘disque volant’ d’Habermohl et Schriever. L’énergie naturelle ? Que signifie cette terminologie plutôt vague ? Il s’agit probablement d’une fiction supplémentaire… »

Notons quand même que Nick Cook, un journaliste d’aviation britannique d’une certaine réputation, a pris au sérieux cette recherche de Schauberger, qui semble pourtant bien marginale, ainsi que pas mal de rumeurs sur les soit disant soucoupes nazies, dans un livre remarqué, paru en 2001, “The Hunt for the Zero Point”. Mais il faut savoir que Nick Cook est connu pour être proche des milieux du renseignement, britanniques et américains…

 

– La question du « debunking » :

En l’occurrence, le livre de Nick Cook, après bien d’autres, pose la question de la désinformation et du « debunking », comme le souligne Jean Sider à la fin de son article. J’en cite les points principaux, sur lesquels je suis pratiquement entièrement d’accord :

« Il se pourrait que les Américains aient volontairement ‘planté’ de fausses informations à partir des années 1950, auprès des gens de presse faciles à berner, surtout en matière de nouvelles sensationnelles. Le but de l’opération aurait été double :

1- Faire croire dans l’esprit du public que les ovnis n’étaient pas des engins extraterrestres, mais des armes secrètes capturées sur les Allemands en 1945, ou construites d’après leurs plans, et testées aussi bien par les Soviétiques que par l’oncle Sam et ses alliés.

2- Dans la même perspective, convaincre les hauts responsables du pouvoir américain que certains ovnis, pour ne pas dire tous, étaient des réalisations soviétiques récupérées sur les Nazis. Ceci, afin d’obtenir des budgets colossaux dans le cadre de la défense nationale. »

Il me semble que le premier point, au moins, de Jean Sider, écrit il y plus de dix ans, s’applique fort bien au nouveau livre d’Annie Jacobsen. Comme par hasard, son histoire lui a été « révélée » par un ancien ingénieur de la Zone 51, soupçonnée d’abriter des laboratoires de recherche, non pas sur des soucoupes nazies, mais sur des soucoupes extraterrestres, une question qui reste ouverte, à mon avis. Je renvoie le lecteur à mon livre : “Ovnis. Vers la fin du secret ?” (Editions JMG, 2010).

 

– Rien à Groom Lake avant 1955 :

Il y a une petite précision à apporter ici : la base de Groom Lake, dans la Zone 51, n’a commencé à se développer qu’en 1955 pour les essais en vol du nouvel avion espion U2. Avant cela, il n’y avait qu’une piste sur le lac asséché, dans cette région quasi-désertique, proche de la zone des essais atomiques. Cela est bien raconté dans le livre de Phil Patton : Travels in Dreamland. The Secret History of Area 51 (Orion media, 1997). En 1954, la société Lockheed devait mettre au point rapidement l’avion espion U2. Ce projet était très secret et il leur fallait un terrain plus à l’abri que celui d’Edwards en Californie. C’est ainsi qu’ils s’installèrent à Groom Lake au début de 1955. Les travaux d’installation, raconte Patton (page 84), commencèrent avec 75 personnes pour préparer la piste, installer des « mobile homes » et des hangars. Autrement dit, il n’y avait quasiment rien à Groom Lake, jusqu’en 1955, pour accueillir ni la soit disant soucoupe néo-nazie, ni la vraie soucoupe de Roswell, laquelle avait été acheminée, selon pas mal de témoignages, vers la base de Wright dans l’Ohio. En outre, le site était assez proche des lieux d’essais atomiques dans l’atmosphère qui eurent lieu de 1951 à 1958, notamment à Yucca Flat, et le personnel devait se mettre à l’abri des retombées de temps à autre ! C’est seulement dans les années 80 que l’on a commencé à évoquer des études secrètes sur les ovnis à Groom Lake, avec le témoignage de Robert Lazar, qui reste à ce jour très controversé. Ainsi, le témoignage de l’ancien ingénieur des essais atomiques ne tient pas non plus lorsqu’il raconte que la soucoupe de 1947 avait été amenée à la Zone 51

Pour conclure, la version de Roswell « révélée » par Annie Jacobsen est tellement insensée d’un bout à l’autre, que l’on peut se demander s’il ne s’agit pas, tout simplement, d’une manœuvre grossière de désinformation. C’est le maître de la propagande nazie, Goebbels, qui disait que, plus gros est le mensonge, mieux il a des chances de marcher ! (…)

 

– Annexe : la réaction de Fabrice Bonvin

Fabrice Bonvin a réagi à mon article par lettre du 21 juillet dernier. Je lui ai proposé de la publier en annexe, mais avec mon commentaire, et il a accepté volontiers. La voici donc, avec mon commentaire à la fin.

Bonjour Gildas,

Comment vas-tu depuis notre rencontre à Annecy ?

J’ai lu ton dernier article sur ton blog à propos de Jacobsen et l’ai trouvé fort intéressant. Bravo !

Tu parles de moi, tout le plaisir est pour moi. A ce propos, je souhaiterais apporter quelques commentaires sur ce passage :

‘Quant à Fabrice Bonvin, un disciple de Jacques Vallée qui voit les ovnis comme les manifestations d’une ‘Intelligence supérieure’ ou de ‘Gaïa’, il considère l’hypothèse de soucoupes d’origine extraterrestre comme de la désinformation ! Il est cité ainsi dans la revue Nexus de juin-juillet 2011 (page 80) : ‘Comme le fait remarquer Fabrice Bonvin, le propre de la désinformation ufologique à l’œuvre depuis 1950 est de promouvoir l’hypothèse extraterrestre tout en discréditant simultanément le phénomène ovni, une thèse qui se vérifie dans toute l’histoire de l’incident de Roswell, du communiqué du 8 juillet au livre du colonel Corso.’ Quelle confusion !’

D’abord, je ne suis pas un disciple de Jacques Vallée comme un dévot vénérerait Hare Krishna. Le terme est un peu fort : je ne voue pas une adoration dévotionnelle à JV, je n’ai pas de portraits à son effigie dans mon salon, ni de statues dans ma chambre. Toutefois, il est à mes yeux un théoricien de premier plan de l’ufologie et incarne l’essence même de l’ufologue, au même titre que James McDonald, par exemple. Je crois savoir que cet état de fait est partagé par une majorité de la communauté ufologique, qu’on soit d’accord avec les prises de position de JV ou non… Ensuite, concernant Nexus : la confusion vient de l’auteur de l’article et non de moi. A aucun moment je n’ai dit ou écrit que l’incident de Roswell est une illustration d’une désinformation mêlant promotion de l’HET combinée à du debunking. Je m’exprime rarement sur l’affaire de Roswell, je ne maîtrise pas suffisamment ce dossier complexe pour le faire, je te laisse le soin de le faire, après tout c’est toi l’expert !

Toutefois, j’ai écrit (notamment dans mes livres) en substance que :

– dès 1949 s’est mise en place une politique de debunking auprès du grand public (toujours opérationnelle à ce jour) ;

– dès 1952 s’est mise en place, parallèlement, une politique visant à promouvoir discrètement l’HET pour écarter d’autres hypothèses et ridiculiser le dossier. A mon sens, les autorités se sont assez rapidement rendues compte que le phénomène OVNI est lié aux armes nucléaires et en particulier aux essais nucléaires (voir mon article à paraître prochainement dans Nexus), et que les propriétés du phénomène relevaient davantage d’une origine de type gaïenne qu’extraterrestre….

Ces politiques se sont notamment vérifiées par les actions recommandées de la commission Robertson et par l’explosion de livres de contactés dès 1953, mouvement d’ailleurs appuyé par la CIA ; ou encore par l’article d’avril 1952 paru dans Life Magazine ; ou par l’infiltration d’agents de la CIA au sein du NICAP, eux aussi ‘promotionnant’ l’HET…

Donc, l’auteur de l’article de Nexus me fait dire des choses que je n’ai jamais dites ou écrites. Et soit dit en passant, je n’ai rien contre l’HET, je peux tout-à-fait concevoir des origines multiples au phénomène OVNI et conçois que des apparitions soient bien le fait d’intelligences extraterrestres. Toutefois, l’ensemble des manifestations ne se limite pas, à mon avis, à ces visiteurs d’outre-espace, et l’origine gaïenne du phénomène reste un candidat sérieux à l’identification de l’origine de ces phénomènes.

Bien à toi,

Fabrice

Mon commentaire :

Merci, Fabrice, de préciser ainsi ta position qui, je le vois, a été déformée par la revue Nexus, laquelle, on le sait bien, ne brille pas par l’exactitude. Je vois donc que tu n’exclus pas l’hypothèse extraterrestre, ou « HET », mais tu mets toujours en avant l’hypothèse « gaïenne » qui, pour moi, est de nature ésotérique et incompréhensible. C’est ton droit.

En revanche, je conteste formellement que les militaires américains aient pu ‘promouvoir discrètement l’HET’ pour cacher cette nature « gaïenne » du phénomène ovni. Toute l’histoire de l’ufologie américaine montre au contraire que les militaires ont nié l’existence même des ovnis, et les historiens sérieux de l’ufologie américaine n’ont cessé de le souligner, depuis le capitaine Ruppelt jusqu’au physicien Bruce Maccabee, pour ne citer qu’eux. Cette politique a commencé avec le démenti de Roswell en 1947, a continué avec la dissolution de la commission « Sign » fin 1948, et a été avalisée par la commission Robertson en janvier 1953, qui a recommandé le « debunking » des ovnis. Si l’on a alors, peut-être, encouragé discrètement certains « contactés », c’était à l’évidence pour mieux ridiculiser l’ufologie. Cette politique de négation des ovnis persiste encore au Pentagone aujourd’hui, mais elle paraît de plus en plus isolée et insolite.

Gildas Bourdais

 

III. La thèse nazie !

Le célèbre crash de Roswell dans le Nouveau-Mexique, en juillet 1947, a donné lieu à moult spéculations. Si la thèse extraterrestre a la faveur de nombreux ufologues, d’autres thèses ont eu la faveur de ceux qui ne peuvent pas reconnaître l’implication extraterrestre du crash. On a ainsi évoqué, dans les anénes 1990, les ballons Mogul… D’autres thèses, farfelues, ont aussi émergé, la dernière en date étant celle mise en avant dans un documentaire allemand diffusé en 2014 et qui a prétendu donner la véritable explication sur ce qui se serait réellement produit à Roswell. Dans ce documentaire made in Germany, ce sont les nazis – encore eux – qui sont mis à l’honneur !

Ce documentaire évoque l’essai d’un avion secret nazi par l’US Air Force, lequel aurait été à l’origine du crash. Ainsi, la « soucoupe volante » aurait en fait été un prototype nazi.

L’émission, intitulée « Les ovnis et le Troisième Reich », rapporte, de façon inepte, que l’objet récupéré était en fait issu de tests relatifs à « la cloche nazie » appelée « Bell ». Cette « cloche », qui aurait été un avion futuriste de trois mètres, aurait utilisé des particules électriques pour voler et aurait été le prédécesseur des chasseurs furtifs actuels. Le « très distingué » (sic) ingénieur aéronautique allemand Georg Klein a déclaré avoir été témoin de cet objet.

the-bell-modelSelon la thèse défendue dans le documentaire, cet engin nazi, qui se serait crashé à Roswell, a été créé par des dizaines de chercheurs en armement qui ont prêté allégeance aux États-Unis après la fin de la Deuxième Guerre mondiale ! (Le général SS Hans Kammler, criminel de guerre nazie, qui dirigeait les camps de concentration à Auschwitz, aurait été parmi ceux qui ont travaillé avec les États-Unis pendant la guerre froide.)

L’historien militaire polonais Igor Witkowski a écrit à propos de la détermination d’Hitler à employer les plus grands scientifiques et ingénieurs pour travailler sur le « prototype en forme de cloche » dénommé « Bell ». Des ufologues avaient déjà évoqué, depuis des décennies, cet engin. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les équipages des bombardiers américains et anglais auraient rapporté avoir observé d’étranges machines, maintenant identifiées à cet engin.

Le documentaire examine également si l’incident de Roswell a été causé par le modèle « Schriever-Habermohl » qui est une autre prétendue soucoupe volante nazie.

La machine d’origine germanique, combinant la technologie de la fusée et de l’hélicoptère, a été conçue à Prague jusqu’en 1943, au moment où les États-Unis ont pris le contrôle. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, des prisonniers nazis ont affirmé avoir vu le véhicule voler à de nombreuses reprises. Quant à Joseph Andreas Epp, un ingénieur et consultant ayant travaillé sur le projet, il déclare que quinze modèles de ce type avaient été construits.

Mais, comme on le lit sur ovnis.direct.com qui rapporte cette information, pourquoi aucun test officiel en vol de « Bell » n’a été mentionné depuis les années 1940 ? Et comment une telle technologie a pu durant tout ce temps échapper à l’engouement des spécialistes du domaine militaire ? (Source : www.ovnisdirect.fr, 16 octobre 2014.) La réponse, c’est simplement que cet énième rejeton des mythiques « soucoupes volantes nazies », appliqué cette fois-ci au crash de Roswell, relève tout simplement de l’élucubration et de l’affabulation…

Alain Moreau

 alain_moreau

 

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