Quelques thèmes “chrétiens” vus par la “nouvelle spiritualité”

 

220px-Ciudad_sin_diosReprésentation de l’enfer

 

 

 

 

 

 

 

 

J’évoque ici quelques thèmes religieux traditionnels, ceux-ci étant explicités sous l’angle de ce qu’on peut appeler « la nouvelle spiritualité », c’est-à-dire celle qui fait intervenir des sources et enseignements extérieurs aux religions traditionnelles.

 

La rémission des péchés, dont il est question dans la Tradition chrétienne, est le pardon de toutes les fautes, un événement qui, si l’on en croit l’Eglise, devrait se produire lors du Jugement dernier, c’est-à-dire à la Fin des Temps.

En termes orientaux, la rémission des péchés pourrait être identifiée à la suppression du karma négatif, donc de l’annihilation de la charge énergétique négative accumulée dans la mémoire de l’âme.

« Selon l’expression consacrée, ‘remettre les péchés’ reviendrait, en conséquence, à gommer l’intégralité d’un karma douloureux, ou encore, exprimé de façon plus technique, à décharger le dossier mémoriel pesant qu’une conscience a fini par générer dans son espace-temps.

Est-ce la Divinité qui opère un tel travail de nettoyage ? C’est ce que le dogme tente de nous faire croire… et c’est ce à quoi les mystiques non assujettis à une Eglise temporelle ne peuvent souscrire. Toute plongée de l’âme dans les sphères de la Lumière enseigne tôt ou tard que seul l’être peut pacifier sa propre mémoire.

Ce n’est pas Dieu, si on voit Celui-ci comme une Puissance extérieure à la Création, qui porte un jugement sur le contenu de son bagage ; c’est l’être lui-même et lui seul qui a le pouvoir de ‘dédouaner’ son fardeau. » (D. Meurois)

C’est la Présence du Divin au sein de toute âme qui résout la problématique de sa mémoire totale akashique, le principe de la rémission des péchés ne devant pas être compris comme une sorte d’ultime cadeau de provenance divine, mais comme l’aboutissement d’un immense travail de réforme de l’âme sur elle-même…

Il peut cependant y avoir des exceptions. On dit que les plus grands Maîtres (comme Sri Yukteshwar et Babaji) sont dotés de la capacité de « prendre sur eux » le karma négatif de leurs disciples. L’Ancien Testament mentionne aussi à quatre reprises la possibilité d’une annulation des fautes, Joseph, David, Samuel et Moïse y faisant l’objet d’une telle demande… Dans Matthieu 9 : 2-9, le Christ offrit la guérison à un paralytique en lui annonçant : « Aie confiance, mon enfant, tes péchés te sont remis. »

L’Eglise romaine ne montre pas de réelle cohérence. Alors que l’Evangéliste Marc a affirmé que « Dieu seul remet les péchés » (2 : 1-12), le pape Pie X a attribué ce même pouvoir à l’ensemble de l’Eglise et, bien sûr, aux papes en priorité.

Deux conditions sont requises pour qu’un Missionné divin incarné puisse remettre les péchés (le karma négatif) :

* Celui qui affirme avoir la capacité d’intervenir sur le karma d’autrui doit être un Maître ascensionné, seul un être de cette nature pouvant envisager dénouer la problématique mémorielle d’une âme, sa charge souffrante. Il doit être capable d’absorber (et donc de transmuer) en lui « l’infection énergétique, la masse vibratoire dysharmonieuse dont l’âme souffre au niveau de sa mémoire ». On rapporte que certains grands yogis ou Maîtres spirituels tombent gravement et mystérieusement malades suite à une pratique visant à libérer – ne serait-ce qu’en partie – le poids karmique d’un de leurs disciples.

* La seconde condition concerne la personne bénéficiant de cette action. Derrière le paralytique que le Christ a décidé de guérir, « une âme méritante se cachait sans doute ».

L’Eglise en tant qu’institution ne bénéficie pas d’une telle prérogative.

Décharger l’empreinte douloureuse gravée dans l’âme constitue une préoccupation dans les grandes traditions religieuses et spirituelles.

« Le principe de la confession tel qu’imaginé par l’Eglise de Rome le traduit à sa façon, bien que d’une manière très simpliste. » (D. Meurois)

Tranquilliser la conscience ne suffit pas à la « désinfecter », tranquilliser n’étant pas synonyme de pacifier ni de réunifier… (1)

 

II. La résurrection des corps :

Michel Coquet note que ceux qui rejettent la réincarnation au profit d’une résurrection finale de la chair utilisent souvent cette citation du prophète Isaïe (XXVI, 19) :

« Tes morts revivront, leur cadavres ressusciteront ; réveillez-vous, exultez, tous les gisants dans la poussière, (…). »

Le mot ‘‘résurrection’’ vient du grec ‘‘egeirein’’ et signifie s’éveiller, « le seul sens qui lui convienne ».

Lorsqu’un individu est dans l’état d’ignorance qui consiste à se prendre pour son corps, « on dit qu’il dort, mais lorsqu’il prend conscience que son être essentiel est son âme, alors on dit qu’il est éveillé ».

« C’est pourquoi le nirvana une fois atteint, le Bouddha fut appelé le ‘pleinement éveillé’. Les Juifs dirigeants d’Israël, ayant une idée très anthropomorphique du concept de la résurrection, utilisèrent le mot ‘anistanaï’, qui signifie : se lever, se mettre debout, et finirent par croire que la résurrection était celle des corps qui, une fois dans la tombe, avaient le pouvoir de se relever. Les pères de l’Eglise catholique ont repris cette idée qui apparaît pleinement pendant la résurrection de Jésus, où l’on voit les morts sortir de leur tombe et se promener tranquillement dans Jérusalem ! (Mt, 27, 51-53). » (M. Coquet)

Il est essentiel que l’Homme comprenne « que le devoir de tout être humain intelligent et instruit est de s’éveiller ». Il est fini le temps des croyances imposant aux gens de croire que « la résurrection ne se fera qu’à la fin des temps, ou bien qu’elle est fixée d’avance par le créateur ». (2)

 

III. Enfer et destruction de l’âme :

 

1. Le monde des enfers :

Michel Coquet note que le cheminement d’une âme passe par trois périodes distinctes : sa vie physique, sa vie astrale (le purgatoire), sa vie en “devachan” (le paradis).

L’avitchi, le pôle opposé et ténébreux du devachan, n’est en aucune manière comparable au Shéol et à l’Hadès, pas plus qu’à l’Amenti des Egyptiens ou l’Anderah des Hindous.

« Les anciens Hébreux n’ont jamais cru à l’enfer en tant que lieu de damnation, temporel ou éternel. Il faut attendre le Nouveau Testament pour que se forge l’idée d’un univers de feu éternel, lieu infernal de punition, pour ceux qui n’ont pas eu droit au paradis. » (M. Coquet)

Voici ce qu’on lit dans le “Catéchisme de l’Eglise catholique” :

« Le séjour des morts où le Christ mort est descendu, l’Ecriture l’appelle les enfers, le Shéol ou l’Hadès, parce que ceux qui s’y trouvent sont privés de la vision de Dieu. Tel est en effet, en attendant le Rédempteur, le cas de tous les morts, méchants ou justes… »

Les scribes ont associé Hadès avec enfer, feu éternel et géhenne. Le feu éternel et la géhenne de feu sont ainsi mentionnés dans Matthieu XVIII, 8-9.

« Cet amalgame malheureux constitue une profonde altération de la vérité car nous trouvons dans les royaumes de Hadès, du Shéol et d’Amenti, un petit coin réservé au paradis, et de cette façon ils ne peuvent être comparés à l’avitchi.

Avec le mot Hadès, les Ecritures saintes ont également utilisé le mot géhenne, ‘géénna’ étant la forme grecque de l’hébreu ‘gé-hinnôm’ (vallée de Hinnom), mot qui n’a jamais signifié l’enfer mais une vallée près de Jérusalem, où les Israélites, selon les dires de Jérémie, immolaient jadis leurs enfants à Moloch. Dans cette vallée se trouvait un endroit nommé ‘Tophet’ qui servait de décharge à Jérusalem. C’est à cet endroit que l’on jetait les ordures, y compris les cadavres d’animaux et d’ignobles criminels. Et, comme dans toutes décharges, on entretenait constamment un feu purificateur, d’où l’idée des scribes d’en faire l’image d’un enfer de feu éternel. Chacun y allait de son interprétation. Saint Augustin, à l’encontre des idées d’Origène sur ce sujet, et malgré son érudition théologique, écrivait que l’enfer était au centre de la Terre, car disait-il : ‘Dieu fournissait l’air au feu central au moyen d’un miracle.’ » (M. Coquet)

Selon le credo de l’Eglise, Jésus-Christ est descendu aux enfers, ce qui est ainsi formulé dans le “Catéchisme de l’Eglise catholique” :

« Dans l’explication ‘Jésus est descendu aux enfers’, le symbole confesse que Jésus est mort réellement et que, par sa mort pour nous, il a vaincu la mort et le diable ‘qui a la puissance de la mort’. »

« Ensuite, le Credo nous précise qu’il est ressuscité le troisième jour ! Or, tout cela n’est que le reflet déformé de l’initiation païenne, comme le prouve ce dialogue d’Hermès à Prométhée enchaîné sur les rochers arides du mont Caucase :

‘Ne t’attends pas à une fin de ces labeurs, jusqu’à ce qu’un Dieu apparaisse comme un substitut de tes angoisses, et qu’il consente à descendre aussi bien au sombre Hadès et aux tristes abîmes autour du Tartare.’

Héraclès est la figure idéale du sauveur que les premiers pères de l’Eglise prirent comme modèle car, de même que Jésus après ses trois jours en enfer et sa résurrection, remonte vers Dieu et s’assoit à sa droite, de même Héraclès remonta sous forme d’esprit vers son père, Zeus, dans l’Olympe. Cette légende d’Héraclès impressionna même si fort les juifs qu’ils en firent largement usage. » (M. Coquet)

Quelques siècles avant Jésus-Christ, Aristophane avait écrit sa parabole de la Descente aux enfers d’Héraclès, « laquelle fut plagiée et honteusement remaniée, puis insérée dans l’Evangile apocryphe de Nicodème ».

« C’est dans cet Evangile qu’apparurent des aberrations et des absurdités à propos de Satan et du Prince des enfers, et le plus terrible c’est que cet Evangile fut admis comme une révélation divine et lu dans les églises au même titre que le ‘Berger d’Hermas’.

Cette descente aux enfers suivie d’une résurrection le troisième jour, ce n’est pas seulement Jésus qui en fut le héros, mais d’autres fils de Dieu tels Bacchus, Héraclès, Orphée et bien d’autres. C’est à cette initiation que se réfère l’histoire de Jonas avalé pendant trois jours dans le ventre d’une baleine et vomi de son ventre sur ordre de Yahvé. Désormais, Jonas était spirituellement métamorphosé. Il n’existe pas de plus beau signe de la présence de Dieu que cette suprême initiation à laquelle tout homme est convié s’il en a l’aspiration et le courage. C’est pour cela que Jésus enseigne que le seul signe prouvant cette présence n’est pas un miracle objectif pour le bien du corps, mais une initiation comme celle que reçut Jonas pour le salut de son âme. Paul, lui aussi, passa par cette étape en devenant aveugle pendant trois jours avant de retrouver la vue (spirituelle).

Quoi qu’il en soit, cette phrase du Credo qui ne date que de l’an 600 de notre ère, et qui était parfaitement inconnue à l’époque d’Eusèbe, aura été l’une des principales sources de malentendus en ce qui concerne la réalité des connaissances sur le monde de l’après-vie.

La juste interprétation est bien différente. » (M. Coquet)

Au cours d’une pluralité d’incarnations, Jésus s’épura par l’épreuve et la souffrance « jusqu’à ce que le triple vêtement de sa personnalité ou Ego ait été passé au feu de la transmutation, et que la conscience soit passée de la mort à la résurrection après les trois jours de l’initiation, c’est-à-dire la mort des trois principes inférieurs et la focalisation de la conscience dans les trois principes supérieurs de la Triade ». A ce moment, on peut parler de résurrection, non seulement du monde des morts (ou des mortels), mais de la mort elle-même.

 

2. L’enfer est sur Terre :

Dans le Bhagavata Puranas, le sage Parîkshit demande au sage Shuka de lui enseigner où se trouvent les enfers… Le sage répondit : « au midi, sur la Terre et au-dessus de l’eau ». Le sage donna des précisions sur les 21 et 28 sortes d’enfers et sur les conditions qui y règnent, « évoquant bien plus sûrement la condition d’un homme incarné qu’un séjour en astral ».

Le tourment est payé sur Terre.

« L’homme qui a empalé son frère sera lui aussi empalé. Jésus enseignait la même chose en avertissant que celui qui tue par l’épée sera lui aussi tué par l’épée ! La loi qui veut qu’une cause matérielle engendre des effets de même nature trouve ici son accomplissement. » (M. Coquet)

 

– « La vie est belle » :

Combien de fois n’entend-on pas cette formulation ? (A ranger au même niveau que : « On ne choisit pas ses parents », « Je n’ai pas demandé à naître », « On n’a qu’une vie »Toutes ces contrevérités sont évidentes lorsqu’on se situe, comme moi, dans une perspective « réincarnationniste » !)

« Les êtres humains qui sont attachés au monde par les sens et vivent une période faste ont tendance à en faire un lieu idéal, plein de bons moments. Cela n’est certainement pas de l’avis des sages pour qui le monde est un moyen de prendre conscience de notre être réel, un monde d’effort où chaque dette devra être payée, de la plus infime à la plus terrible. Pour les sages donc, le monde est avant tout un lieu de souffrances, au point que Bouddha vint prêcher la manière de s’en libérer. Celui qui rejette cette vérité que l’enfer est ici bas est certainement dans une période favorable et malheureusement temporaire de son existence, et comme l’une des caractéristiques de l’Homme est l’oubli, il décrète que le monde n’est pas si terrible.

Depuis la nuit des temps, l’Homme est le bourreau de son frère. Nous avons fait jadis de mauvaises choses, et dans cette vie ou dans les prochaines il faudra assumer notre karma. Le monde est un champ de bataille et d’expérimentation, rien de plus. Dire qu’il est beau et bon c’est oublier que l’existence est dirigée par la loi de dualité, et que le bonheur d’aujourd’hui sera le malheur de demain. L’enfer n’est pas sur Terre, affirmeront certains. Auriez-vous affirmé cela aux 800 Pharisiens crucifiés en 88 avant notre ère par le roi Alexandre Jannée qui, pendant qu’il jouissait du spectacle et dînait avec ses concubines, fit venir leurs femmes et leurs enfants, et devant ces hommes soumis aux plus horribles souffrances, les fit lentement égorger ? Essayez donc de convaincre ces hommes que l’enfer est autre part ! On a peine à croire aujourd’hui qu’il fut une époque où l’on crucifiait des hommes par milliers. Imaginez un instant ce que veut dire être cloué les bras tendus à la limite de la rupture des ligaments, agoniser lentement dans des douleurs intolérables renforcées par les nuits glacées et les journées brûlantes, dévoré par des milliers de mouches attirées par le sang et les déjections. Que dire des hommes qui n’avaient pas la chance d’être tués au champ de bataille et que, faits prisonniers, on dépeçait vivants, jusqu’à ce qu’ils meurent desséchés et dévorés par les insectes ? L’enfer était bien sur Terre lorsque l’on tombait entre les mains des experts chinois qui sciaient les membres des coupables de manière à ce qu’ils vivent le plus longtemps possible. L’enfer était sur Terre pour l’Africain qui, voilà moins d’un siècle, à cause d’un adultère ou pour n’être qu’un Noir, était attaché par les pieds au-dessus d’une fourmilière et finissait sa vie dévoré jusqu’aux os. Souvenez-vous de cette technique asiatique consistant à asseoir le coupable sur une pousse de bambou et de l’y attacher jusqu’à ce que celle-ci finisse par l’empaler vivant. Que pensaient les milliers de gens innocents qui furent torturés par l’Inquisition, les membres brisés, écrasés ou écartelés, et cela jusqu’à ce qu’ils avouent une faute dont ils étaient innocents, ce qui les conduisait à une ultime souffrance : le bûcher à petit feu. Il est peu probable que l’Eglise ait pu convaincre les millions d’esclaves noirs que l’enfer était dans l’au-delà. Et comment pourrait-on oublier un seul instant l’horreur de la Shoah qui fit six millions de victimes qui vécurent dans la fournaise d’un véritable enfer, torturées moralement et physiquement dans un climat de terreur entretenu par l’idéologie nazie ? Ce n’est certainement pas Dante qui nous a tracé les plus terribles tableaux de l’enfer, mais bien la destinée des hommes incarnés.

Les révolutions ne sont-elles pas des scènes de l’enfer ? Quand on pense à la révolution culturelle chinoise, il y a de quoi trembler d’effroi. En dehors des victimes chinoises elles-mêmes, de 1951 à 1983, 432 705 Tibétains sont morts en protégeant leur famille et leur religion ; 342 971 furent victimes de famines ; 156 758 ont été exécutés arbitrairement dans les prisons ; 92 731 furent horriblement torturés, et, conséquence de ces conditions inhumaines, 9002 Tibétains se suicidèrent. Et le régime chinois n’a guère évolué depuis. Je parle ici d’un régime et certainement pas d’un peuple ! Les révolutions, qu’elles soient françaises, soviétiques ou khmers, n’ont pas fait mieux. Est-il utile de remettre en mémoire les atrocités perpétrées par les Japonais à Tonkin, les massacres des ethnies africaines entre elles, le génocide des Turcs contre les Arméniens, ou celui des Serbes contre les Croates, etc. Séismes, épidémies, cancer, sida, exodes… Quel autre nom que l’enfer peut-on donner au monde ? Alors que j’écris ces lignes, une mère a vu la tête de son bébé, qu’elle portait dans ses bras, se briser sous l’impact d’une pierre jetée du haut d’une forteresse par deux stupides adolescents. Imaginez le choc et la douleur de cette pauvre mère ! Dans le même temps, un flash d’information commente la mort du jeune Valentin, assassiné de plus de 40 coups de couteaux par un marginal ! Et ce genre d’événements se produit des centaines de fois par jour dans tous les pays du monde. L’enfer est chez nous lorsque notre famille se déchire, que les membres se haïssent, se jalousent, s’insultent et se frappent, mais également lorsque notre épouse bien-aimée se meurt, que nos enfants sont touchés par l’accident et la maladie. Que ressent le jeune homme amateur de sensations fortes, qui se retrouve tétraplégique après un stupide accident de moto ? Imaginez la souffrance des grands brûlés qui restent momifiés à vie dans un lit d’hôpital ! » (M. Coquet)

Pour aller dans le sens de ce qu’écrit Michel Coquet, et si vous ne croyez toujours pas que le véritable enfer est bien sur Terre, j’ajouterai ceci (et ce ne sont que quelques exemples) :

Allez dire à un handicapé à vie : alors, elle est belle la vie ?

Allez dire à quelqu’un qui vient de perdre une épouse ou un mari, un parent, un ami, un animal de compagnie : alors, elle est belle la vie ?

Allez dire à quelqu’un qui vient d’avoir un grave accident : alors, elle est belle la vie ?

Allez dire à une personne qui vient d’apprendre qu’elle a une maladie incurable (cancer ou autre) : alors, elle est belle la vie ?

Allez dire à quelqu’un aveugle de naissance ou qui a perdu la vue : alors, elle est belle la vie ?

Allez dire à quelqu’un qui a végété toute sa vie dans la misère sexuelle et affective, ou dans la solitude : alors, elle est belle la vie ?

Si vous vous prenez quelques « tartes » dans la figure, au passage, vous ne devrez pas vous en étonner !

On pourrait, bien sûr, multiplier les exemples d’épreuves ou d’atrocités survenant dans la vie de chacun. Et l’histoire de l’humanité est remplie de ces atrocités et abominations, que ce soit sur un plan collectif ou individuel.

On comprend pourquoi les Orientaux perçoivent la réincarnation comme une « malédiction », le souci étant de s’en libérer le plus vite possible ! La réincarnation, ce n’est pas le Club Med !

Et que dire des abominations subies, chaque jour que Dieu fait, par d’innocentes créatures animales, abominations perpétrées par des barbares « humains » (les guillemets s’imposent) : tauromachie, chasse, vivisection, abattoirs, etc. ? Des abominations qui, bizarrement, à l’encontre d’autres aberrations (actes terroristes, etc.), ne suscitent pas des protestations, dans la rue, de millions de personnes…

En fait, tous ceux qui disent que « la vie est belle » ne pensent qu’à « leur gueule » : ils sont jeunes, ils bossent bien, ils ont un bon salaire, une belle voiture, une compagne ou un compagnon, ainsi que des enfants, et, bien sûr, ils sont en santé… Tout « baigne », quoi… Ils sont en train de passer une agréable période de leur vie, mais ils ne pensent pas à tous ceux qui, eux, se sont programmé (avant leur incarnation, ce qu’ils ignorent, étant par ailleurs très bien dans leur athéisme et dans leur culte au dieu hasard), au lieu d’une vie d’abondance, une vie d’insuffisance… Du coup, finalement, pour eux, « la vie est belle », mais provisoirement, cependant, car ils seront tôt ou tard affectés dans leurs vies par des drames…

 

3. L’« avitchi » et la destruction de l’âme :

« Dans le mot sanskrit ‘avitchi’, nous avons ‘a’, qui est une négation, et ‘vichi’ qui signifie vague de plaisir. L’avitchi est donc un lieu où la moindre onde de plaisir ne peut se manifester. De même que tout est bonheur en devachan, tout est souffrance dans l’avitchi. » (M. Coquet)

Cet enfer est mentionné dans plusieurs textes sacrés, dont l’Abhidharma Shastra :

« Bouddha enseigna que sur les confins de tous les Sakwatas se trouve un intervalle obscur ; pour celui qui y tombe point de Soleil ni de Lune. On n’en ressort point par la renaissance. C’est l’Enfer froid, le grand Nâraka. »

Le Vishnu Purana mentionne plusieurs enfers, dont l’un est appelé ‘‘avitchi’’. On trouve la mention : «… et un autre avitchi ».

L’âme qui est condamnée à descendre dans l’« avitchi » est désignée par le nom de « Mararupa », un être voué à l’annihilation, ce qui est extrêmement rare.

« Il s’agit d’une âme qui, pendant un long cycle d’existences, n’a exprimé que de la haine, de l’égoïsme et de la cruauté, à tel point qu’elle s’est enfermée dans une carapace de matière mentale inférieure et s’est définitivement coupée de son Esprit ou septième principe, d’où le nom de ‘huitième sphère’ donné à cet état de conscience que l’être expérimente en avitchi. C’est littéralement une rupture du ‘sutratma’ qui, comme nous le savons, est l’unique lien entre l’Esprit et la personnalité. Cette rupture est la conséquence d’une usure préparée par de nombreuses vies (…).

Lorsque vient la fin du ‘mahamanvantara’ (la fin des sept Rondes), l’humanité entre en ‘pralaya’ nirvanique en attendant de reprendre le sentier d’évolution dans la prochaine Ronde. Quant aux élémentaires souffrants dans les horreurs de l’avitchi, qui n’ont vécu que pour le mal et se sont coupés définitivement de leur Esprit, ils sont annihilés et disparaissent à jamais. Seule leur monade immortelle reprendra, le moment voulu, le grand cycle de l’évolution à partir du degré le plus bas des vies mineures jusqu’à celui d’être humain, et devra reprendre sa marche avec des efforts et des souffrances supplémentaires comme conséquence des erreurs passées. Comme le souligne le Livre de Kiu-Ti à propos de l’avitchi : ‘Il n’y a pas de rédemption car les ténèbres spirituelles absolues y règnent.’

Les personnages qui se préparent à tomber dans cet enfer ont eu des centaines d’existences consacrées à faire le mal sous toutes ses formes, ce sont les Raspoutine, les Gilles de Retz, les Thomas de Torquemada, les Jean Bodin, les Peter Binsfeld ou les Hitler ! Mais rassurons nos lecteurs, l’annihilation complète d’une personnalité humaine est une chose rare, tant les possibilités de se racheter sont nombreuses et voulues par le grand Seigneur de l’Amour et de la Compassion. » (M. Coquet)

Dans une note de fin de page, l’auteur précise que Le Livre de Kiu-ti (rGyud-sde), la partie secrète et tantrique de l’enseignement du Bouddha, est composé de trois séries d’ouvrages. Les stances de Dzyan, à partir desquelles “La doctrine secrète” de H. P. Blavatsky a été écrite, sont tirées du premier volume de la deuxième série.

On notera donc que les « damnés » sont des âmes qui, par une série d’existences consacrées au mal, en sont arrivées à être séparées de leur Esprit.

« Pour ces frères perdus, le devachan est à jamais fermé, et l’avitchi est leur dernière demeure. » (M. Coquet)

Certains individus « infiniment méchants (élémentaires) » ont été si loin dans la perversion qu’avant de mourir ils perdent le contact avec leur Esprit et en sont séparés pour toujours.

« Ils se retrouvent alors seuls et sans âme. Ces êtres peuvent vivre encore quelque temps sur Terre, mais quand vient le temps d’abandonner leur corps physique ils sont projetés dans la huitième sphère de l’‘avitchi’, d’où ils ne reviendront plus jamais. » (M. Coquet) (4)

Alain Moreau

 

Références :

1. Daniel Meurois, “Les Annales akashiques”, éditions Le Passe-Monde, 2007, p. 132-136.

2. Michel Coquet, “Comprendre la mort pour connaître la vie”, éditions Alphée, 2010, p. 448-449, 452.

3. Ibid., p. 406-415.

4. Ibid., p. 359-361, 389, 335.

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