Quelques mauvaises émissions télévisées sur le paranormal et les OVNIs

Mac Lesggy, le présentateur vedette de “E= M6”

 1-mac-lesggyJ’évoque dans deux textes, dont celui-ci est le premier, quelques émissions télévisées sur le paranormal et les OVNIs en général, diffusées sur des chaînes de la télévision française. Ce premier texte est notamment consacré à des émissions ou des reportages biaisés par les a priori “rationalistes” des promoteurs de ces émissions. J’ai aussi ajouté quelques autres émissions qui comportent des aspects positifs, mais aussi des éléments négatifs. Le prochain texte : Quelques bonnes émissions télévisées sur le paranormal et les OVNIs, concerne plus spécifiquement quelques émissions (plus rares) qui se caractérisent par une bonne approche des sujets traités.

 En 1999-2000, il y a eu, sur France 3, deux émissions présentées par Sylvain Augier, au cours desquelles divers sujets relatifs à l'”extraordinaire” ont été traités. Problème : le chef d’orchestre de ces deux émissions était Henri Broch, alors le chef de file (voyez mon texte :Zététique et parapsychologie) du mouvement français zététicien. Sous la “houlette” de ce spécialiste du dénigrement systématique en matière de “parasciences”, les explications réductionnistes et les accusations de charlatanisme ont été le leitmotiv de cette mascarade…

 

I. “Normal, paranormal ?” (2001-2003) :

Dans la série d’émissions sur M6 : “Normal, paranormal ?” (2001-2003), des témoins d’expériences extraordinaires étaient confrontés à de pseudo spécialistes (souvent des psychiatres !) qui donnaient systématiquement un avis négatif sur le vécu de ceux-ci. Les vrais chercheurs en ces domaines étaient, sur le plateau, totalement absents. On se souviendra, entre autres, de ce psychiatre – Jean-Marie Abgrall – au discours particulièrement sectaire (et qui par ailleurs, curieusement, s’occupait de la lutte contre les « sectes »), qui a notamment qualifié de médecin « taré » (sic) Ian Stevenson, le spécialiste (décédé en 2007) de l’étude des cas suggérant la réincarnation, et qui a qualifié de “conviction parfaitement délirante” les propos d’Anne-Ray Wendling concernant ses contacts avec l’Au-delà. Il avait été précédé par un collègue – Jean-Jacques Aulas – qui avait réduit à de simples « couillonnades » (sic !) les sujets traités dans l’émission. Cela vole bas chez les « rationalistes » ! Voici ce qu’a noté, à ce propos, Sylvie Simon (interview de Sylvie Simon, « La revue de l’Au-delà », n° 48, juin 2001, p. 12) :

« Quant aux débats qui sont organisés, ils sont particulièrement affligeants, et je vous en parle d’expérience, ayant été confrontée à des rationalistes particulièrement obtus. On a pu, d’ailleurs, encore le constater tout récemment dans l’émission diffusée sur M6 !

Les médias sont dans la pensée unique. Cela concerne aussi bien les problèmes de santé qui m’intéressent aussi beaucoup, comme on le sait, que les phénomènes paranormaux. (…)

Ce que je remarque, c’est que les médias invitent délibérément, trop souvent, des personnes qui ne sont pas, pour diverses raisons, capables de porter la contradiction aux rationalistes. »

Dans cette série d’émissions, si les reportages étaient parfois intéressants, le petit “débat” qui suivait chacun d’eux était très “orienté” dans la mesure où le commentateur et critique était systématiquement un individu opposé à la réalité du “paranormal”. Le pseudo spécialiste invité était le même qui “officiait” après chaque séquence diffusée, chaque émission ayant eu son faux spécialiste (Jean-Marie Abgrall, Jean-Jacques Aulas, Georges Charpak, etc.)

 

II. E = M 6 :

Le magazine dit scientifique de M6 a ponctuellement consacré certains de ses “numéros” à des sujets relevant de l'”extraordinaire”, mais chaque fois, bien sûr, dans une perspective réductionniste. J’évoque ci-dessous les deux dernières émissions parvenues à ma connaissance :

 

1. L’émission du 23 septembre 2012 : “hantises”, réincarnation, NDE et OVNIs

Les zététiciens font partie intégrante de ce que l’on appelle le mouvement sceptique international. (Voir mon texte : “Zététique et parapsychologie”, rubrique “Parapsychologie”.) Ils prônent « l’art du doute » et l’étude rationnelle et scientifique des phénomènes prétendus paranormaux et des « parasciences » en général. C’est un beau programme, et nombre de leurs interventions ponctuelles dans diverses émissions télévisées (notamment) donnent à beaucoup de gens l’impression qu’ils incarnent la raison et la science contre l’obscurantisme. Mais lorsqu’on est familier avec les tenants et les aboutissants des divers aspects de la controverse, on s’aperçoit que, derrière le vernis, il y a… une idéologie. Je ne suis évidemment pas le seul à faire ce constat. Fabrice Bonvin note ainsi (dans “Science et inexpliqué” de janvier/février 2013) que si le scepticisme relève d’une attitude saine qui veut que l’on doute, que l’on n’adopte pas une croyance pour ce qu’elle est, on trouve néanmoins, dans le paysage des parasciences, des courants dits « sceptiques » qui relèvent en réalité du dogmatisme. Il s’agit d’individus qui partagent la croyance que les OVNIs n’existent pas (en tant que réalité extérieure à notre espèce), pas plus que n’existent selon eux – c’est moi qui l’ajoute – d’autres phénomènes « extraordinaires », que ces derniers relèvent ou non du paranormal (un qualificatif qui doit être réservé au champ d’investigation de la parapsychologie, et non constituer une sorte de fourre-tout de l’inexpliqué, contrairement à ce que font penser les responsables de divers documentaires télévisés ou certains auteurs).

L’émission d’E = M6 du 23 septembre 2012 a eu pour prétention de répondre à la question : Que dit la science à propos des phénomènes paranormaux ? Comme toujours, on a eu droit à un mélange hétéroclite de sujets dont l’un n’a pas de rapport avec le paranormal : la vie extraterrestre et les OVNIs.

 

a) A propos du cas de “hantise” évoqué :

Dans l’émission de M6, on a eu droit à une séquence sur une maison « hantée » et à une autre concernant une femme ayant eu l’impression d’avoir vécu en Egypte ancienne. Dans le cas de la maison hantée, on a entendu un enregistrement de voix (censée être celle d’un défunt) et on a vu une photo intéressante montrant des volutes lumineuses. Pour la voix, le zététicien « de service » (un ingénieur) a décrété qu’il s’agissait d’une interprétation subjective, chaque individu croyant reconnaître des paroles précises alors qu’il n’en est rien. C’est l’accusation classique que font les critiques à propos des phénomènes de transcommunication instrumentale (l’enregistrement de voix attribuées à des défunts). On connaît cependant (quelle que soit la pertinence ou non de l’interprétation « rationnelle » appliquée à ce cas) des enregistrements de voix suffisamment clairs qui ne peuvent prêter à une interprétation subjective…

Quant à la photo, pas de problème non plus : le « spectre » de la fumée de cigarette a été agité ! On doit d’ailleurs pas mal fumer, dans les maisons hantées, car c’est exactement le même type d’explication donnée, dans un documentaire anglo-saxon diffusé en 2012 sur Direct 8, par… un zététicien (américain) à propos d’un autre cas. On notera, dans l’émission de M6, la séparation des interventions : d’un côté, les « chasseurs de fantômes » (ayant fait l’enregistrement audio et pris la photo), de l’autre côté le zététicien, qui, grâce à sa (pseudo) science, trouve l’explication… à distance, sans être allé sur les lieux et sans avoir rencontré les « chasseurs » afin d’évaluer la pertinence ou non de, par exemple, l’hypothèse de la fumée de cigarette.

 

b) A propos d’un “vécu antérieur” :

Quant à la dame ayant eu le sentiment d’avoir vécu en Egypte ancienne, son cas a aussi été « réglé » de façon « rationnelle » en faisant intervenir une impression de déjà vu (expliquée, bien sûr, en termes psychologiques, ce qu’une psychologue s’est chargée de faire) associée à un « faux souvenir » : on a ainsi montré quelqu’un à qui on a demandé de réciter une liste de mots lus, liste à laquelle le sujet testé a ajouté un mot qui ne s’y trouvait pas… Le « tour » est joué. Si pour ces « chercheurs », cette explication est évidente, elle ne l’est pas du tout pour le « réincarnationniste » que je suis et qui n’est pas inféodé au paradigme matérialiste. Il ne s’agit en fait que d’une hypothèse, l’hypothèse de la réincarnation étant, dans ce cas, tout aussi cohérente : un processus de réactivation d’une mémoire « antérieure » a pu être déclenché suite à la confrontation à un stimulus (en l’occurrence, ici, un lieu ou une momie) associé à l’époque concernée.

 

c) Les NDE :

Le sujet des expériences au seuil de la mort a aussi été abordé. Après l’intervention positive du médecin anesthésiste Jean-Jacques Charbonier (qui défend la thèse de la survie de la conscience après la mort), on n’a pas manqué de montrer un neuroscientifique disant que la décorporation peut être provoquée par la stimulation d’une zone cervicale et qu’il n’est donc pas nécessaire de faire appel au paranormal. Pourtant, de nombreux auteurs (dont Jean-Jacques Charbonier) spécialisés dans les NDE et la décorporation ont montré les différences qui existent entre une simple sensation de sortie hors du corps à la suite d’une stimulation électrique et une réelle expérience de décorporation… (Voyez les livres de Jean-Jacques Charbonier, celui de Pim van Lommel, etc.) Et il y a longtemps que les interprétations réductionnistes des NDE ont été invalidées (par des précurseurs en la matière comme Raymond Moody, Kenneth Ring, Michael Sabom, Melvin Morse, etc.), ce qui n’empêche pas les retardataires de nous « ressortir » périodiquement l’explication, par exemple, par l’anoxie cérébrale… (Voyez, dans la rubrique “Au-delà et médiumnité”, mes textes sur les expériences au seuil de la mort et sur la décorporation.)

 

d) La vie extraterrestre et les OVNIs :

Après une présentation “classique” de la thématique relative à la recherche d’une vie extraterrestre, le sujet des OVNIs a été abordé, la question suivante ayant été posée : des extraterrestres nous ont-ils visité ? Nous avons eu droit à la déclaration péremptoire et inexacte d’un jeune astronome amateur zététicien selon lequel les OVNIs conçus comme des vaisseaux extraterrestres n’existent pas (une affirmation que je ne partage évidemment pas).

Dans cette émission, on a aussi dit que si des vaisseaux extraterrestres se dirigeaient vers la Terre, ils seraient détectés par les télescopes et les satellites… Les scientifiques ignorent cependant l’origine multidimensionnelle de nombreux vaisseaux extraterrestres, ceux-ci pouvant se densifier (ou se « matérialiser ») dans l’atmosphère terrestre. Quant aux autres vaisseaux, ceux en 3 D, il est permis de supposer que les êtres qui les « pilotent » sont capables de les rendre momentanément invisibles aux moyens terrestres de détection, sachant que nous avons affaire à des êtres ayant des centaines ou des milliers d’années, voire des millions d’années, d’avance technologique par rapport à la société terrienne du vingt-et-unième siècle…

 

e) La conclusion injustifiée de la commentatrice :

La commentatrice a déclaré, à la fin de l’émission de M6, que l’on commence ainsi à avoir des explications scientifiques au paranormal. Ce commentaire est absurde, les “explications” données n’étant que des interprétations réductionnistes qui s’enracinent dans une idéologie matérialiste. Evidemment, pour ce genre d’individus, est « scientifique » tout ce qui met en avant des explications relevant du matérialisme et de l’athéisme, le reste étant mis, de façon inappropriée, sur le compte du « surnaturel ». Pour parvenir à ce genre de résultat, le recours à des intervenants « rationalistes » ou zététiciens s’impose chez les responsables de ce type d’émission, avec l’exclusion de contradicteurs (un parapsychologue par exemple) susceptibles d’apporter un autre éclairage ou tout au moins de nuancer les propos tenus.

 

2. L’émission du 19 octobre 2014 : voyance et astrologie

Le 19 octobre 2014, une émission du magazine télévisé de M6 : E = M6, a eu pour thème : “Jeux de hasard, voyance, prévisions : peut-on agir sur notre avenir ?”

Trois dossiers ont été traités (le premier ayant été plutôt mal traité et maltraité), mais seul le premier fait l’objet, compte tenu de sa nature, du présent texte : la voyance et l’astrologie. (L’un des deux autres thèmes est relatif aux jeux de hasard – genre Loto ou Euromillions.) J’ai eu connaissance de cette émission au moment où elle démarrait, et quand j’ai vu qu’il y avait la voyance et l’astrologie, j’ai tout de suite su que cela allait encore être une catastrophe, connaissant bien les convictions et les préjugés des responsables de ce magazine à propos des sujets « paranormaux ». En effet, le binoclard Mac Lesggy (un pseudonyme) et sa commentatrice attitrée (ainsi que, bien sûr, l’ensemble de l’équipe du magazine) sont bien connus, par les gens avertis, pour peaufiner des petits dossiers réductionnistes et partiaux faisant appel notamment à des zététiciens pour imposer leur vision pseudo-scientifique du paranormal et de l’extraordinaire.

 

a) La voyance :

S’agissant de la voyance, une femme prénommée Géraldine (faisant partie de l’équipe du magazine) a consulté une voyante connue, Claire Thomas, laquelle a fait sa séance avec, comme « support », des cartes (de tarot). La consultante a eu la surprise de constater que la voyante avait vu qu’elle avait un chat « avec des rayures ». Effectivement, c’est un tigré. Qu’en pensent les scientifiques, demande l’inepte – inapte, aussi – et partiale commentatrice ? Oh !, « surprise » (c’est ironique, bien sûr), le « scientifique » qui s’est alors exprimé n’était autre qu’un zététicien, Florent Martin (déjà vu dans ce genre d’émission – ils ont leur carnet d’adresses sélectionnées pour ce genre d’interventions sur le « paranormal »), de « l’Observatoire de zététique ». Cet individu a dézingué la prestation de la voyante (et des voyants en général) en invoquant quelques « mécanismes » qui ne sont pas nouveaux car ils sont régulièrement mis en avant par les « rationalistes » pour jeter le discrédit sur ce genre de prestation. On « apprend » ainsi que les voyants utilisent simplement la lecture du « langage corporel » du consultant… Et puis, il y a l’effet « coup de fusil » (sic) : en gros, on lance plusieurs pistes possibles et on finit par tomber juste. On a ainsi vu, en accéléré, la voyante dire quelque chose (pour un voyage allégué, semble-t-il) comme : « l’Italie », “l’Espagne », « en rapport avec la chaleur »… (Je cite de mémoire.) Et puis, le zététicien parle d’ « acquiescements bénins » – on voyait alors la consultante faire quelques petits signes d’approbation -, ce qui est censé orienter la voyante vers de bonnes réponses. Mais on est en droit d’objecter qu’on ne voit pas très bien pourquoi la consultante n’acquiescerait pas si ce qu’on lui dit s’avère exact… Reste le problème du chat. Manifestement, la consultante n’a pas donné de signe perceptible que son chat pouvait être un tigré. En fait, le problème de ces zététiciens est d’étendre à l’ensemble des prestations de tous les voyants ou médiums ce qui ne s’applique tout au plus qu’à certains cas… S’il est vrai que certains voyants peuvent ponctuellement utiliser ce genre de mécanismes psychologiques pour « soutirer » à leurs consultants des informations valables, il n’en est pas moins vrai que beaucoup de consultants peuvent témoigner que de nombreux voyants ou médiums authentiques ont été capables de donner des détails précis non imputables à un langage corporel ou à un « coup de fusil » (sic)… Prétendre le contraire, c’est faire preuve de partialité.

Le caractère biaisé et partial de l’émission de M6 a résidé dans le fait que seul un pseudo-spécialiste comme Florent Martin a donné son « expertise », aucun contradicteur ne pouvant dès lors lui apporter la contradiction. A ce propos, d’ailleurs, le minimum d’objectivité eut imposé qu’on demandât à un parapsychologue ce qu’il en pensait. Il en existe quelques-uns en France, notamment à l’Institut Métapsychique International. Mais les individus qui concoctent les quelques sujets « paranormaux » d’“E = M6” n’en ont cure. La seule chose qui les intéresse, c’est de faire passer leur message nihiliste : le paranormal n’existe pas, une explication réputée être “scientifique” pouvant toujours être apportée. Etant entendu que dans leur esprit, « scientifique » est synonyme, au final, d’interprétation réductionniste, le paranormal étant réputé, chez ces idéologues, ne pas exister. C’est cet état d’esprit délétère qui a présidé, dans les années 1970, à la création, aux Etats-Unis, du premier mouvement dit de zététique. Ce mouvement a ensuite essaimé à l’échelle internationale… Pour la critique de la zététique, veuillez vous référer à mon texte dans la rubrique “Parapsychologie” : « Zététique et parapsychologie ».

Ces gens, chez E= M6, sont un tant soit peu “vicieux” : ils vous invitent à participer à l’émission, mais la cause est entendue à l’avance, leur objectif étant évidemment de discréditer les pratiques évoquées. Et pour cela, ils ont une arme fatale : le zététicien de service qu’ils convoquent chaque fois que le “paranormal” est évoqué. Et personne ne peut évidemment lui apporter la contradiction. Chez E= M6, on a, en matière de “parasciences”, des gens spécialisés dans l’art de donner des coups de couteau dans le dos… Ce type d’émission est en fait un traquenard sous ouvert de scientificité. Ils vous traitent en fait de charlatan et d’escroc, mais sans prononcer ces termes désobligeants, bien sûr. (C’est tout un art, la “communication”…) Le message qu’ils passent est clair : tous les voyants/médiums (et astrologues) sont des charlatans qui font croire à leurs clients qu’ils ont des “dons”, alors qu’en réalité ils utilisent des techniques de “langage corporel” et autres manoeuvres psychologiques pour soutirer de l’argent à leurs clients crédules. Ils ne le formulent évidemment pas comme cela (ils sont “malins”), mais c’est bien le message véhiculé par l’équipe du binoclard et de ses sbires zététiciens…

Je suis allé sur la page “Facebook” de la médium Claire Thomas et j’y ai laissé mes impressions à propos de l’émission à laquelle elle a participé. Voici les réponses qu’elle m’a données :

« Bonjour Alain, il ont bâclé le sujet, mais quand je fais de la voyance au téléphone, je n’ai personne pour acquiescer. Je n’ai rien à cacher et c’est pour cela que je l’ai fait. Et je ne regrette pas, car un escroc n’aurait jamais participé à ce genre d’expérience… » (C. Thomas)

« Merci pour ces informations, pour cet article ; mais en effet, ils n’ont pas parlé de la séance d’1h où j’ai vu certaines informations personnelles. Et puis les scientifique feront toujours cela. » (C. Thomas)

« J’ai mis votre article sur mon Facebook pro compte. » (C. Thomas)

 

b) L’astrologie :

Je ne suis pas « fan » d’astrologie. Mais si l’astrologie est, à notre époque, une « science » imparfaite, je constate néanmoins pour ma part qu’aucune des sources auxquelles je me réfère prétend qu’il y a rien de valable dans cette discipline… Il convient cependant de distinguer les “horoscopes” des magazines, qui ne valent rien, d’une étude personnalisée par un astrologue compétent, l’astrologie ne permettant par ailleurs pas de faire des prédictions.

Dans l’émission “E = M6”, la démolition de cette « science humaine » s’est faite en deux temps-deux mouvements, une stratégie qui est tout à fait en adéquation avec celle qui est régulièrement utilisée par les militants zététiciens pour dénigrer tout degré de validité à l’astrologie :

* Première étape :

On fait appel à un astrophysicien – en l’occurrence, ici, Philippe Zarka, que je connaissais – pour affirmer qu’il n’y a aucune base scientifique à l’astrologie… (Pour ma part, je connais une explication possible de son mécanisme d’« action », mais ce n’est pas ici le sujet…) Avec l’affirmation récurrente classique chez ce genre de personnage : toutes les études statistiques faites ont montré l’absence d’influence des astres sur la personnalité et le destin des individus. Comme ses collègues négateurs, Philippe Zarka passe sous silence (ceux qui les connaissent méprisent ceux-ci) les travaux de Michel Gauquelin qui avait notamment montré l’existence d’un « effet Mars »… C’est toujours le problème de la sélection des données : on ne cite que celles qui « confirment » ses présupposés doctrinaux (comme en théologie), et, lorsqu’on cite celles qui vont à l’encontre de ces derniers, on les dénigre… Il est lamentable de voir, d’ailleurs, que les zététiciens utilisent cet argument de la « sélection des données », alors qu’eux-mêmes utilisent la même stratégie de « communication » (et, disons-le dans leur cas, de désinformation) ! Il suffit de voir, pour s’en rendre compte, la liste des références de leurs publications. C’est édifiant…

* Deuxième étape :

Il s’agit ici de la démonstration de « l’effet Puits », et c’est le même Florent Martin (celui qui a auparavant « dégommé » la voyance) qui s’est chargé d’en faire une « brillante » démonstration. Il a lui-même mentionné cet « effet Puits ».

Notons d’abord (car ce n’est pas mentionné dans l’émission concernée) que « l’effet Puits » a été inventé par le maître à penser de Florent Martin : le physicien Henri Broch, le chef de file (jusqu’à sa retraite il y a quelques années) de la zététique française. Vous trouverez la mention de cet « effet Puits », pour la première fois, dans son premier livre polémique, partial et de mauvaise qualité (comme tous ses livres d’ailleurs, sans oublier ses interventions télévisées) : « Le paranormal ». Puis Henri Broch a squatté, pendant de nombreuses années, l’université de Nice avec son cours de zététique, dans lequel de nombreux étudiants se sont faits endoctriner par un mentor incompétent, pour en faire des « spécialistes » tout aussi incompétents. C’est ça aussi, l’université… Et, bien sûr, de jeunes « disciples » ont émergé, dont, évidemment, le Florent Martin d’« E = M6 », qui récite le catéchisme zététique.

Incidemment, je précise qu’Henri Broch est le même type qui a fait un « sacré coup » en 2002 : il a recruté le physicien et Prix Nobel Georges Charpak (décédé en 2010) comme coauteur du livre : « Devenez sorciers, devenez savants ». Ce livre a fait un « tabac » en librairie (plus de 200 000 exemplaires, paraît-il), uniquement, bien sûr, à cause de la notoriété du coauteur Charpak, une notoriété qui a été bien exploitée car c’était toujours lui, à la télévision, qui se manifestait pour faire la promotion du livre, Henri Broch étant étrangement absent… Le contenu du livre est pourtant de qualité médiocre, et pour qui connaît, comme moi, la prose brochienne, je peux assurer qu’au moins les trois quarts du livre ont été rédigés par Henri Broch. Georges Charpak s’est contenté du « minimum syndical », avec notamment une partie consacrée à la radioactivité, dont le coefficient de corrélation avec le paranormal est d’ailleurs égal à zéro. Mais le coup a été bien monté, les médias ayant fait beaucoup de publicité (prix Nobel oblige) pour ce médiocre livre… D’ailleurs, peu de temps après, les zététiciens ont sorti (apparemment grâce à au moins une partie de l’argent obtenu par les ventes du bouquin) leur revue « Science extrême ». Le numéro 1 avait même été montré par Patrick Poivre d’Arvor dans un journal télévisé de 20 h sur TF1 ! Les “relations”, cela sert. En l’occurrence, dans ce cas-là, cela n’a pas beaucoup servi. Hélas pour les zététiciens, en effet, le dénigrement systématique des « parasciences » n’est pas très vendeur (même si « Science et pseudo-sciences » est en vente en librairie), et, au bout de trois petits numéros, la revue a « défunté »…

Revenons à l’émission de M6. Sur la base de quelques données (date et lieu de naissance, etc.) fournies par les personnes (des jeunes) croyant avoir affaire à un astrologue (on leur avait cache la qualité de « zététicien » de l’individu Florent Martin qui faisait le test), un profil astrologique allait être fait pour chaque personne présente. Les jeunes ayant pris connaissance du prétendu profil, ils se sont reconnus, à 82 %, dans les informations qui étaient censées les concerner. Puis le « pot aux roses » a été dévoilé : tous les participants avaient en fait le même texte et donc la même « analyse »… Tout cela pour montrer, évidemment – c’est d’ailleurs le discours classique des zététiciens à l’encontre de l’astrologie -, que l’on se retrouve facilement dans un discours écrit contenant suffisamment de généralités dans lesquelles la plupart des gens peuvent se reconnaître. C’est le fameux « effet Puits » que je viens de mentionner. Si ce genre de test est convainquant, peut-on cependant réduire la problématique astrologique à ce genre de pratique ? Bien sûr, aucun astrologue compétent n’a été invité à commenter cela…

 

III. “Envoyé spécial : la voyance”, 2 septembre 2010 :

Le 2 septembre 2010, sur France 2, la première séquence d’« Envoyé spécial » a été consacrée à la « voyance », et, comme on ne pouvait que s’y attendre, cette pratique a été dénoncée.

On y a vu les escrocs utilisant les services Audiotel, même en Tunisie, histoire de se faire un maximum de « blé » sur la désespérance des gens. Ces sociétés Audiotel sont devenues le terrain de jeu des charlatans et faux voyants.

– On a vu un « voyant » (David Mocq) disant prévoir les cours de la Bourse.

– Au début du reportage, après un individu chassant « les mauvaises ondes » dans un salon de coiffure, on a vu un voyant de radio, Claude Alexis, celui qu’on avait vu quelques mois auparavant dans « La soirée de l’étrange ». Il est indiscutable que ce voyant est de qualité, malheureusement la journaliste responsable du reportage n’a pas trouvé mieux que d’aller interroger Florent Martin, un membre de l’Observatoire Zététique, cet individu ayant, bien sûr, dénigré la valeur démonstrative des infos correctes données aux auditeurs par Claude Alexis. Ce même individu a aussi dévalorisé les résultats obtenus dans une « école de voyance », des stagiaires étant invités, par « le professeur de voyance » Alexis Tournier, à essayer de décrire le contenu d’une photo se trouvant dans une enveloppe. Florent Martin a ainsi dit que sur 10 « prédictions » faites, une sera exacte et on retiendra celle-là. On dit une chose et son contraire, prétend-il, à propos d’éléments comme « lumineux/sombre »… Les propos du zététitien sont valables pour les faux voyants (et ils sont légion) et les mauvais voyants (qui “compensent” par des “astuces”), mais pas pour des voyants de qualité comme Claude Alexis ou pour certaines personnes ayant pu développer une certaine aptitude à la voyance.

Bref, l’émission de France 2 est une émission classique du « service public » visant à dénigrer un sujet « paranormal », en montrant les aspects négatifs et les dérives d’une pratique et en interrogeant, à propos des quelques éléments « positifs » abordés (le cas Claude Alexis, le développement de la « voyance »), un rationaliste opposé à l’existence de la voyance en tant que faculté naturelle (et non « surnaturelle »). Ou comment jeter le discrédit… La journaliste (que l’on a vue à la fin du reportage avec les présentatrices) qui a fait ce reportage a montré sa partialité, car si elle (et sa rédaction) avait été objective, elle aurait demandé aussi l’avis d’un parapsychologue. Mais on ne pouvait attendre rien d’autre de la part de France 2, ce type de magazine télévisé devant préserver sa réputation de « sérieux », ce qui passe évidemment par la négation de tout « paranormal » ou « surnaturel » (sic). On notera que cette séquence sur la voyance a été rediffusée en avril 2011.

 

IV. Le 23 mars 2011 sur France 3 : une émission sur les guérisseurs

Le 23 mars 2011, il y a eu, sur France 3, un documentaire, suivi d’un petit débat, consacré aux guérisseurs et autres « magnétiseurs ».

Ce documentaire a été rediffusé (sans le débat) un an après, le 23 mars 2012 (en deuxième partie de soirée débordant sur le 24 mars).

Le documentaire est bien fait et est dépourvu de cet esprit polémique et accusateur que l’on trouve généralement dans les émissions télévisées évoquant ce sujet. Ce n’est donc pas à l’essentiel de ce documentaire, plutôt positif, que ce texte est consacré.

L’Institut Métapsychique International a contribué à ce documentaire (« Les nouveaux guérisseurs : au-delà du secret »), une enquête d’Agnès Poirier, réalisée par Olivier Wlodarczyk. Vers la fin du documentaire, on a vu une séquence sur les recherches de Stefan Schmidt (de Fribourg en Allemagne) sur l’intention à distance, qu’il avait lui-même présentées lors de la Journée Francophone du Congrès de la Parapsychological Association, à Paris, en juillet 2010. Dans l’expérience montrée, il s’agissait de voir si un guérisseur émettant à distance une intention de guérison pouvait induire chez le sujet des modifications (au niveau de l’activité électrodermale) mesurées par des capteurs sur le cuir chevelu. Le chercheur a évoqué un effet significatif mais faible, tout en ajoutant que quelque chose se passait.

On a vu à l’action plusieurs guérisseurs ou magnétiseurs : Bernard, Jean (un “conjureur”) – qui pratique aussi par téléphone -, Denis Magnenaz (qui organise des stages d’apprentissage de magnétisme), M. Boucharlat, François Fournier (soins énergétiques). A propos de Denis Magnenaz, on a vu une patiente (Nadine) qui, pendant 25 ans, avait eu la tête penchée sur l’épaule, et qui a été guérie après avoir consulté ce guérisseur. Un cas de charlatan (prénommé Bernard, comme le premier guérisseur cité) a aussi été évoqué.

Je voudrais ici évoquer brièvement les propos rationalistes exprimés par quelques intervenants (deux dans le documentaire, et un dans le débat qui a suivi).

Il est de notoriété publique que les intervenants rationalistes attribuent à la suggestion et à l’effet placebo les résultats obtenus par les guérisseurs. Ces propos ont évidemment été exprimés dans le documentaire (par le biais d’une jeune psychologue, mais aussi d’un zététicien enseignant à l’Université de Grenoble) et dans le débat (par l’un des intervenants).

La jeune psychologue hypnothérapeute (Nusbaum) a expliqué, de sa voix douce, que, à son avis, les effets obtenus par les guérisseurs s’expliquent, comme pour l’hypnose, par la suggestion. Et le zététicien Richard Monvoisin a évoqué, en salle de cours, cette même suggestion et ce même effet placebo. Dans l’assistance, il y avait quelques étudiants, et on a vu, sur le papier sur lequel une étudiante prenait ses notes, le mot « zététique ». Cela veut tout dire… Il est vrai que le bourrage de crâne zététicien est instillé insidieusement dans quelques universités françaises : celle de Nice – le fief du chef de file de la zététique française : Henri Broch -, certes, mais aussi celle de Grenoble. L’art du doute, ainsi que l’esprit critique, c’est bien, mais il faut prendre garde à ce que ce dernier ne se transforme pas en esprit de critique, ce qui est malheureusement le cas des promoteurs de la zététique, lesquels sont avant tout, et contrairement à ce qu’ils prétendent, des idéologues du rationalisme. (Voyez, dans la rubrique “Parapsychologie”, mon texte : “Zététique et parapsychologie”.)

Par contre, au début du documentaire, et à propos du cas du guérisseur Bernard, un médecin a reconnu le caractère inexpliqué des interventions de ce dernier. En outre, Alain Marre, un médecin responsable d’un service de radiothérapie, a dit reconnaître avoir une liste de “barreurs de feu” pour les patients qui souhaiteraient bénéficier d’un apport complémentaire au traitement. Il a dit qu’il ne savait pas comment cela marche. Il a précisé que le zona de son fils avait été guéri après un traitement par un guérisseur, et il a posé la question : est-ce le traitement médical classique ou celui du guérisseur qui est à l’origine de cette guérison ?

Lors du débat (diffusé seulement le 23 mars 2011), quatre personnes étaient présentes :

– Une dame dont le mari a été victime de la « biologie totale », une pratique et une doctrine charlatanesques qui avaient été promues – le nom n’a pas été donné dans l’émission – par le docteur Hamer (maintenant décédé).

– Un guérisseur, Jean-Luc Bartoli. (Il a participé à l’émission consacrée aux guérisseurs, dans l’excellent documentaire de l’INREES, en mai 2010 sur M6, le DVD de cette émission pouvant être commandé, avec les autres documentaires de la série, sur le site www.inrees.com)

– Un médecin favorable aux guérisseurs.

– Le psychiatre Jean-Jacques Aulas, auteur d’un livre sur l’effet placebo. Quelques précisions sont nécessaires à propos de ce dernier individu :

Faisant référence à la « médecine quantique », il a employé le mot « couillonnades », un terme qu’il affectionne particulièrement et qu’il utilise de manière récurrente, puisqu’il l’avait déjà employé en 2001, lors de la première émission du magazine « Normal, paranormal ? » (sur M6), afin de caractériser les sujets évoqués dans l’émission. C’était le scientifique de service (selon le principe de ce magazine télévisuel disparu en 2003), le faux spécialiste de chaque émission de ce magazine, dont la fonction était de commenter et de dénigrer les allégations « extraordinaires » des témoins d’expériences non moins « extraordinaires »… Le critère commun à ces faux spécialistes (il y eut notamment George Charpak, décédé en 2010), c’était d’être idéologiquement opposés au paranormal.

Jean-Jacques Aulas, faisant référence aux guérisons de Lourdes, a évoqué l’effet placebo, une énorme ineptie lorsqu’on sait que les guérisons constatées et validées par un Bureau médical concernent des pathologies lourdes, certains patients ayant été à l’article de la mort…

Le psychiatre a aussi évoqué une commission d’enquête sur les magnétiseurs, qui avait été mise sur pied au dix-huitième siècle et qui avait conclu que les effets des magnétiseurs relevaient de « l’imagination » (terme correspondant au mot moderne de « suggestion »).

Le lendemain de l’émission, donc le 24 mars 2011, j’ai reçu un email ainsi titré : « article erroné ».

« Pour info, le ! est bel et bien un ? à l’origine, si l’on se réfère au site officiel de France 2… Je vous prierai donc de ne pas déformer ainsi la vérité, c’est un des principes de base du rationalisme !”

L’émission était d’ailleurs bien mieux que celle de France 3 – Les nouveaux guérisseurs -, sauf vers la fin où il y avait un équilibre dans les invités : un psychiatre réaliste qui frissonne quand il entend parler de médecine quantique, une femme dont l’époux a été victime de la biologie totale, contre un magnétiseur bien bronzé et bien commerçant, et un médecin pro magnétiseurs. Mais les temps de parole étaient inégaux… »

Ma réponse débutait de la sorte :

« Alors, d’abord, il faudrait que vous précisiez le nom de l’émission dont vous parlez au début : c’est quoi ‘le !’ et ‘un ?’. Est-ce un délire de votre part ? »

J’ai fini par comprendre que l’émission évoquée, censée être ‘bien mieux’ (car elle mettait en exergue le charlatanisme de certains guérisseurs !), était Complément d’enquête, une séquence d’une émission de ce magazine ayant été consacrée aux guérisseurs. J’évoque un peu plus loin cette émission.

Suite de ma réponse :

« S’agit-il de l’émission Complément d’enquête ? C’est sûrement cela, puisque vous me parlez de l’émission d’hier soir. Contrairement à ce que vous écrivez, le documentaire d’hier soir était bien meilleur, le premier mettant trop l’accent sur les aspects négatifs (émanant de certains praticiens). Quant au psychiatre rationaliste, Aulas, c’est un rationaliste sectaire qui ne sait que dire ‘couillonnades’ (et effet placebo), un terme qu’il avait déjà employé il y a dix ans lors de la première émission de Normal, paranormal ?. C’est dire que le type est ‘limité’ dans son horizon intellectuel. »

J’ai fait observer que les temps de paroles n’étaient pas inégaux, si on les compare au contenu de la séquence de Complément d’enquête (qui, je le précise, était essentiellement un dossier à charge).

Le 25 mars 2011, mon correspondant m’a fait à son tour cet « aimable » commentaire :

« Merci, je n’en attendais pas tant ! Mais cela confirme bien que les gens de votre ‘espèce’ sont dans l’obscurantisme le plus total. Ah, ces nostalgiques de l’inquisition… »

Je lui ai bien sûr répondu que c’est lui qui est dans l’obscurantisme le plus total, et que les représentants de la moderne Inquisition sont ceux qui ne voient, dans certaines pratiques, que des charlatans et des individus dépourvus d’esprit critique.

J’ai mentionné, plus haut, que Jean-Jacques Aulas avait explicité les guérisons de Lourdes par l’effet placebo, une explication d’autant plus insane (et reprise par de nombreux scientistes) qu’elle s’applique, comme je l’ai mentionné, à des cas graves. Il s’avère que, peu de temps après l’émission, un nouveau cas de guérison inexpliquée a été publiquement évoqué. Voici ce qu’on lit sur Lepost du 28 mars 2011 :

« Serge François, un artisan d’Angers, souffrait depuis plusieurs années d’une hernie discale opérée deux fois, et surtout d’une paralysie de la jambe gauche et de douleurs vives.

Le 12 avril 2002, il décide de se rendre à la grotte de Massabielle à Lourdes.

Devant la grotte, il est soudain pris d’une douleur fulgurante. ‘Il croit mourir’, selon son récit, relate 20minutes.ch.

Puis, la souffrance fait place à une sensation de bien-être et de chaleur, et, chose impensable, il arrive subitement à bouger sa jambe et ses douleurs disparaissent.

Les médecins ont bien été obligés de constater que cette guérison avait été subite.

Le Comité médical international de Lourdes a conclu à la guérison en 2008, sans prononcer toutefois le terme de ‘miracle’.

Hier, dimanche, l’évêque d’Angers, Mgr Delmas, a annoncé que l’Église reconnaissait le caractère ‘remarquable’ de la guérison de Serge François. Au nom de l’Eglise, je reconnais publiquement le caractère remarquable de la guérison (…) Cette guérison peut être considérée comme un don personnel de Dieu pour cet homme, comme un événement de grâce, comme un signe du Christ Sauveur’, a-t-il déclaré.

Note de la rédaction :

Serge François serait donc le soixante-huitième ‘miraculé’ de Lourdes. Mais l’Eglise reste prudente. Sur 7000 cas signalés depuis les ‘apparitions’ de la Vierge en 1858, 1% seulement ont été reconnus, explique Le Figaro. »

Voici un échantillon des commentaires négatifs des posteurs :

 

* « Fadaises que tout cela. Influence de l’esprit (et non l’Esprit) sur le corps dans des maladies psychosomatiques. L’Eglise récupère, ça conforte son pouvoir. En somme, il suffit d’y croire, comme pour les prétendues guérisons opérées par des charlatans guérisseurs, coupeurs de feu et autres aspirateurs à fric, marchands d’espoir aussi rapaces que dangereux. »

Rectification : On ne peut pas sérieusement parler de fadaises car les cas graves (les patients sont atteints de maladies à échéance mortelle) constatés ne permettent en aucun cas de cataloguer ces derniers dans le domaine des maladies psychosomatiques. En outre, on ne peut pas dire que l’Eglise « récupère », cette dernière ne qualifiant de « miracle » la guérison qu’après la reconnaissance du caractère inexpliqué – on ne peut donc pas parler d’un simple placebo agissant sur une maladie psychosomatique – de celle-ci par un collectif de médecins. Comme l’effet placebo n’intervient pas (contrairement à ce que pensent les rationalistes), il ne suffit pas « d’y croire ». Ensuite, les guérisseurs ne sont pas tous des charlatans, pas plus que ne le sont les « coupeurs de feu », les cas avérés de guérison par ces derniers étant bien connus. Quant à l’argent, comme on dit : « tout travail (ou service) mérite salaire », ce qui ne peut qu’être le cas, aussi, des guérisseurs, lorsque ceux-ci ne sont pas des charlatans (et ne sont donc pas dangereux) et que leurs honoraires sont corrects.

 

* « Je ne crois pas aux miracles, seuls ceux qui ont la foi y croient. Le seul miracle, c’est la vie. »

On pourrait dire, dans ce cas-là, que tout est miracle (puisque la vie serait le seul miracle et que tout fait partie de la vie), l’existence de phénomènes inexpliqués témoignant d’une transcendance s’intégrant par ailleurs très bien dans cette perspective…

 

* « Il faut arrêter les conneries, croire à de telles sornettes je ne comprends pas. A l’heure où nous vivons tant et tant de catastrophes, de guerres dans les pays nord-africains, tant de victimes au Japon etc., alors pourquoi sauver une personne alors qu’il y a tant de misère autrement ? S’il y avait un bon Dieu ou n’importe quel saint capable de sauver le monde, qu’attend-t-il pour le faire ? Si la spiritualité peut aider certaines personnes, tant mieux pour elles, mais moi je ne crois pas à tout ça, c’est du vent, du ‘bla bla’, car si un jour vous vous retrouvez dans la misère ce n’est pas le bon Dieu qui viendra vous aider, croyez-moi ! »

Les conneries et les sornettes sont en réalité constituées des propos de cet individu. Les catastrophes et les guerres ont toujours fait partie de l’histoire de l’humanité, et ce triste constat ne peut être utilisé pour nier l’existence de phénomènes extraordinaires témoignant de l’existence d’une transcendance ou d’un sens spirituel à la vie. Pourquoi sauver une personne et non la misère du monde ? L’explication est simple : les catastrophes sont dues à la géologie (tectonique des plaques, etc.) de notre planète, alors que les guerres sont le résultat du mauvais usage du libre arbitre de l’humanité, Dieu n’interférant jamais avec ce libre arbitre. Ce n’est donc pas à Lui de « sauver le monde », mais à l’humanité elle-même de « se sauver »… C’est l’humanité qui doit « faire le boulot », pas Dieu ! Dans le cas contraire, l’être humain ne pourrait pas prendre conscience de ses errements et ne pourrait pas tirer des leçons de ses erreurs. On ne demande pas à Dieu, que je sache, de faire les devoirs des écoliers ! L’absence d’intervention divine dans les affaires humaines ne permet donc pas de nier la composante spirituelle sous-jacente à la vie sur des mondes de matière comme notre planète.

Pourquoi sauver seulement quelques personnes ? Eh bien, c’est également simple : ces cas exceptionnels sont autant de signes de l’existence du « divin », même si Dieu n’intervient pas directement dans ces phénomènes, ceux-ci pouvant être le fait de Maîtres ascensionnés (y compris Marie), de guides, voire d’entités de type angélique, ou encore être le résultat de l’utilisation des potentialités d’une certaine couche, dite de guérison, de « l’ADN multidimensionnel ». (Voir, pour cette dernière possibilité : Kryeon, « Les douze couches de l’ADN », éditions Ariane, 2011.) Ces cas rares sont là pour supporter la foi des personnes sensibles à ces « signes du divin », et ils sont rendus possibles, non pas par le fait du hasard, mais par le « contrat de vie » (avant l’incarnation, l’âme préexistant à la matière) de la personne bénéficiaire (la maladie elle-même pouvant être de nature karmique)… En d’autres termes, il est prévu, dans le contrat de vie de cette personne, qu’elle sera atteinte de telle ou telle maladie grave et qu’elle en guérira dans un contexte particulier (ici : la grotte de Massabielle).

Ce n’est pas non plus à Dieu que revient le rôle d’aider une personne qui se trouve dans la misère, celui-ci n’intervenant jamais directement dans les vies humaines. L’aide, si aide il doit y avoir, doit venir de personnes incarnées… Et la spiritualité ne se réduit pas à « du vent » ou du « bla bla »…

Dernier exemple de réaction épidermique :

* « Non, non et non ! Il faut arrêter de faire croire de telles sottises aux gens. D’autant plus grave que des personnes gravement malades mettent leur espoir dans les prières et autres bondieuseries qui n’ont jamais résolu quoi que ce soit, sinon conduire à d’amères désillusions. »

Commentaire : Oui, oui et oui ! Il faut arrêter de faire croire aux gens qu’il n’y a là que des sottises. D’autant plus grave que cette disposition d’esprit ne reflète pas la réalité. Beaucoup de personnes, non guéries, sont certes amenées à « d’amères désillusions », leur guérison n’étant pas prévue dans leur contrat de vie.

On lit, dans l’article, qu’une minorité de commentateurs… « y croient ». L’un d’eux a ainsi écrit : « Sans blaguer, j’y crois. Cela m’est personnellement arrivé », puis il a détaillé son histoire.

* « Bien sûr, cela peut sembler étrange, mais beaucoup de gens en allant à Lourdes en sont revenus plus forts et prêts a affronter la vie… les miracles existent heureusement. »

* « Tant mieux si certains se sentent mieux après être allés à Lourdes. Cela renforce leur croyance et allège la facture de la Sécu. Que du bénef ! Certains placebos peuvent être efficaces. »

Là encore, il faut rappeler que l’effet placebo ne peut rendre compte des guérisons obtenues, les maladies contractées n’étant pas de type maladie psychosomatique.

Certains posteurs, ajoute le rédacteur de l’article sur le Web, préfèrent l’humour. Hélas, cet « humour » témoigne surtout d’une indigence intellectuelle :

* « Il parait que ‘Sarko’ a l’intention d’aller y faire un tour avant 2012 ! »

* « En fait, la vraie question est : faut-il croire au Père Noël ? »

S’il ne faut pas croire au Père Noël, il faut par contre reconnaître le caractère inexpliqué de certaines guérisons « miraculeuses ». Et il faut aussi croire à la bêtise des individus postant leurs inepties ! Il est vrai que les commentaires des ignares et des incompétents sont légion sur Internet. Cet étalage de la suffisance et de l’indigence intellectuelle est consternant…

* « Les miracles, personne n’y croit, mais tout le monde en espère un : personne ne croit aux miracles promis par les politiques, mais l’on vote tout de même pour ceux qui promettent les plus beaux. »

Précisons tout de même qu’il existe beaucoup de croyants qui croient aux miracles…

On notera l’existence du même type de commentaires à propos du miracle de Garges-les-Gonesse (voir « Parasciences », n° 80, hiver 2010/2011, page 44) et à propos d’un cas allégué de poltergeist survenu à Coventry, en Grande-Bretagne. Voyons ce dernier cas. On voit sur une séquence vidéo une porte s’ouvrir et une chaise se déplacer. Commentaire du premier « posteur » : « C’est naze. » Avec ça, on a tout dit (sur la connerie humaine), car avant de faire ce genre de commentaire il faudrait, avant toute chose, prendre l’avis des éventuels enquêteurs s’étant intéressés au cas. Ce n’est qu’après, dans l’éventualité du trucage, que l’on pourrait effectivement dire : c’est naze.

Voici ce qu’on lisait, sur Zigonet daté du 30 mars 2011 :

Un poltergeist a-t-il été filmé à Coventry ?

« Victime de phénomènes étranges survenus dans sa maison, Lisa Manning a fait appel à un médium pour s’en débarrasser. Ce dernier aurait d’ailleurs filmé un de ces Poltergeists.

Si vous n’êtes pas sensible aux phénomènes étranges, l’histoire de Lisa Manning pourrait bien vous faire changer d’avis rapidement. Cette Britannique a en effet vu sa maison, qu’elle habite avec son mari et ses deux enfants, être la proie d’un Poltergeist, phénomène paranormal consistant en des bruits divers, des déplacements, apparitions ou disparitions d’objets et autres phénomènes à priori inexplicables.

L’activité avait atteint un point tel que Lisa a fait appel à un médium bien connu outre-Manche pour la débarrasser de ces bizarreries, Derek Acorah. Une fois sur place, celui-ci a expliqué à la famille qu’ils étaient victimes de l’esprit d’un “homme très, très en colère” dénommé Jim, explique le Coventry Telegraph. Derek Acorah a évidemment réussi à faire partir l’esprit, dont il a expliqué la présence par le fait que la maison était construite près d’eau, qui a la propriété d’attirer les Poltergeists. Une histoire rocambolesque, dont peu de gens croient à la véracité…

Pourtant, Lisa affirme bien de son côté que sa maison est désormais différente. Et si vous n’y croyez toujours pas, une vidéo prise par la famille montrant des objets bouger absolument tout seuls viendra insinuer encore un peu plus le doute.

Découvrez la vidéo du Poltergeist de Coventry en cliquant ci-dessous : http://www.zigonet.com/fant%f4me/croyez-vous-aux-fantomes_art21155.html »

Pour prendre connaissance d’un autre exemple du caractère inepte de la grande majorité des commentaires postés par les internautes réagissant à un cas « extraordinaire » ou « miraculeux », vous pouvez vous reporter à mon texte : « Miracles à Garges-les-Gonesse », rubrique « Enigmes ».

Revenons au sujet des guérisseurs. On trouve, dans le numéro 10 de la revue de l’INREES (www.inrees.com), une interview de Clare Guillemin, médecin chef à la Clinique de la Source à Lausanne et responsable du service de radio-oncologie de celle-ci.

A propos des barreurs de feu, lesquels soulagent (par quelques paroles murmurées accompagnées de quelques gestes des doigts) les brûlures dues à la radiothérapie, elle précise qu’ils sont probablement ceux qui sont les plus connus en radiothérapie en Suisse Romande.

« Ici, à La Source, on l’appelle notre ‘liste magique’. Nous la donnons aux gens, ou parfois nous téléphonons nous-mêmes. Il s’agit de diminuer les effets secondaires de la radiothérapie. Les résultats sont parfois très spectaculaires. Quand j’ai commencé ma carrière il y a environ 30 ans, j’étais très réticente. Mais j’ai vu des choses vraiment étonnantes. J’ai eu par exemple le cas d’un petit monsieur avec un cancer de la prostate qui souffrait de terribles brûlures au niveau du périnée. On avait épuisé tous les recours avec les médicaments et ça continuait de le brûler. Je lui ai dit : ‘Qu’est-ce que vous risquez à essayer de téléphoner ?’ En l’espace d’une demi-heure, il n’a plus eu mal. Des cas comme celui-là, il y en a plein. C’est peut-être du hasard. Moi, je pense qu’il y a plus. Tout a un sens. » (C. Guillemin)

Au niveau scientifique, les mécanismes « ne sont pas très clairs ». Elle ne pense pas que ce soit l’effet placebo. Elle pense que cela passe « par un autre canal, qu’on peut appeler l’énergie ou la pensée ».

« Je travaille en commun avec un petit réseau de gens précieux et compétents qui sont ou des guérisseurs ou des énergéticiens, des masseurs ou des thérapeutes divers et variés, qui sentent et voient les choses différemment. C’est une approche que l’on peut appeler multidimensionnelle. » (C. Guillemin)

En Suisse, on parle de « secret ». Il y a, dit-elle, ”le secret” pour les hémorragies, les brûlures, les verrues… Dans le temps, on était initié par quelqu’un, et cela se passait généralement au sein de la famille. Il s’agit de genres de prières.

« Dans ma vision plus scientifique, la formule ou la prière permet de ‘brancher’ une partie du malade sur une énergie de guérison. » (C. Guillemin)

Le père de Clare Guillemin était physicien particulaire et il a construit les premiers accélérateurs de particules au CERN. Sa mère était médecin. Outre sa formation en médecine, elle a une formation en soins palliatifs, en homéopathie, en huiles essentielles, en chamanisme, en spagyrie et en technique de communications comme la PNL ou l’hypnose ericksonienne. Clare Guillemin cite Barbara Ann Brennan (dont j’ai les deux livres parus en français, le premier étant « Le pouvoir bénéfique des mains »), laquelle a développé, dit-elle, « une bonne connaissance de nos différents corps ».

Comment les guérisseurs peuvent-ils diriger l’énergie ?

« Ils mettent la personne en face d’eux et ‘voient’ des choses, ou alors ils ont des informations qui leur viennent, je pense que leur système cérébral marche comme cela. Les barreurs de feu demandent toujours au patient à quel endroit du corps il est traité et combien de fois par semaine, pour pouvoir diriger le ‘système de refroidissement’ sur la zone traitée. Mais c’est évident que le guérisseur n’a pas un faisceau aussi précis, aussi technologiquement pur, que ce qu’on fait avec nos électrons ou nos photons. Mais une partie est similaire sans doute. Le rayonnement de la pensée, ce ne sont ni des électrons, ni des photons. On ne sait pas ce que c’est. » (C. Guillemin)

(Voir « 2E, le magazine de l’INREES », n° 10, avril/mai/juin 2011, p. 62-67.)

Depuis le début des années 1990, plus de 150 études réalisées ont prouvé les effets positifs de la guérison à distance.

« Parmi celles-ci, citons celle de la psychiatre Elisabeth Targ qui mena ses recherches sur 20 patients qui souffraient du sida. Celle-ci sépara les patients en deux groupes. Le premier groupe reçut pour seul traitement celui de la médecine conventionnelle, alors que le second reçut, en plus, des traitements de guérison à distance. Les photos des 10 patients de ce groupe furent envoyées à 40 guérisseurs partout sur la planète, incluant des chamans, des rabbins, des praticiens de Reiki, de Qi Gong, etc. Pendant 10 semaines, les 40 guérisseurs pratiquèrent leur rituel une heure par jour sur un des patients. Notons qu’ils vivaient en moyenne à 2500 km de ces derniers.

Voici les résultats : pendant les 6 mois qui suivirent le traitement, 40% des patients du premier groupe décédèrent. Par contre, tous les patients qui avaient reçu des traitements de guérison à distance virent leur santé s’améliorer.

On ne peut attribuer ces résultats à l’effet placebo puisque les patients ne savaient pas dans quel groupe ils étaient. »

Cette étude a été reconduite quelques années plus tard par Elisabeth Targ, cette fois sur 40 patients. Elle a été publiée dans le “Western Journal of Medicine”. Elle observa dans ses deux études que le choix de la méthode de guérison ne semblait pas important. L’intention que le patient guérisse (et non pas une intention de guérir le patient) était primordiale.

(Paru dans l’Agenda Plus n° 227 de mai 2011.) (Voir : « Sacrée planète », n° 46, juin/juillet 2011, p. 4.)

 

V. “Complément d’enquête”, 29 novembre 2010, France 2 :

J’évoque ici une émission du magazine “Complément d’enquête”, diffusée le 29 novembre 2010, sur France 2 : « Devins, guérisseurs, gourous, le retour des charlatans ! »

On sait que lorsque France 2 (ou France 3) aborde un sujet ayant plus ou moins un rapport avec le « paranormal », on est assuré d’une chose : le sujet va être plus ou moins dénigré, l’accent étant mis sur le charlatanisme. J’en ai donné ci-dessus quelques exemples. L’émission « Complément d’enquête » du 29 novembre 2010 n’a pas dérogé à la règle. Le parti pris de Benoît Duquesne (décédé en 2014), le responsable de l’émission, et des journalistes ayant enquêté, était manifeste dès le titre : « Devins, guérisseurs, gourous, le retour des charlatans ! »

Un titre objectif aurait pu être : « Devins, guérisseurs, gourous : tous des charlatans ? ». Eh bien, non, on annonce aussitôt « la couleur », celle que l’on veut mettre en exergue : ce sont forcément tous des charlatans. Tout cela relève plus de l’idéologie rationaliste que du réel journalisme d’investigation objectif.

Voici le texte de présentation de « Télé 7 Jours » :

« Ils prétendent soigner, combattre les mauvais esprits, désenvoûter votre intérieur, prédire l’avenir… Que penser de ces guérisseurs, magnétiseurs, devins et autres gourous dont le nombre ne cesse de croître ? Possèdent-ils de réels pouvoirs ou sont-ils de simples imposteurs ? Pourquoi fascinent-ils jusqu’aux plus puissants ? Enquête sur ces ‘sorciers’, faiseurs de miracles pour les uns, charlatans pour les autres… »

La présentation est « correcte », mais malheureusement le titre de l’émission, avec l’affirmation du charlatanisme, trahit déjà la position et le parti pris des responsables de celle-ci !

* « Le Diable aux trousses » et Michel Onfray :

Le 23 octobre 2010, dans les Yvelines, cinq adultes et sept enfants se jettent par la fenêtre du deuxième étage. Retour sur le parcours de cette famille.

Il s’agit là d’un fait divers qui illustre les ravages d’une croyance irrationnelle et stupide en l’existence et aux pouvoirs du Diable. On a vu, dans ce reportage, des membres d’une Eglise évangélique. Comme intervenant, à la fin du reportage, on a eu droit au médiatique philosophe Michel Onfray. Rappelons le personnage :

Il s’agit de l’auteur, notamment, du “Traité d’athéologie” (« athéologie » étant un néologisme créé par Georges Bataille) et le créateur de l’Université Populaire de Caen. Ce militant de l’athéisme est convaincu que Dieu, les religions, la vie après la mort, etc., ne sont que des fadaises. Son livre sur l’« athéologie » est un virulent réquisitoire contre les religions monothéistes (celles qui enseignent l’existence d’un Dieu unique). Il faut démonter, dit-il, « les fables monothéistes ». Il faut reconnaître que sa critique n’est pas infondée sur divers points. Il pointe avec justesse les errements des religions en général. Il soutient ainsi que l’on trouve dans la Bible et le Coran des passages renvoyant à des « messages de haine et de dangereuse soumission ». Les trois grandes religions monothéistes sont, dit-il, au service de la pulsion de mort : haine du corps et des femmes, de la sexualité, des désirs, passions et pulsions ; haine de la raison, de la réflexion autonome ; haine des livres en dehors de celui dont on se réclame ; « invitation à l’imitation, à l’obéissance, à la soumission, au renoncement à l’esprit critique et au goût pour la science »… Pour lui, la spiritualité n’est pas l’apanage des spiritualistes. Il existerait une spiritualité matérialiste, celle qui concerne la vie et les activités de l’esprit. Le tort de Michel Onfray, cependant, après avoir justement pointé les errements des religions, est de nier du même coup toute transcendance et de ranger un sujet comme la vie après la mort parmi les fables, les mythes et les histoires pour les enfants. On l’a encore entendu dire, dans une émission de France 2, le 15 avril 2011, qu’il n’y a rien après la mort, cette affirmation péremptoire, qui émane d’un rationaliste sectaire, faisant totalement l’impasse sur la grande quantité de phénomènes et de témoignages qui montrent le contraire.

Quant aux lectures qui ont orienté sa pensée (Friedrich Nietzsche, Karl Marx, Sigmund Freud, etc.), elles sont en réalité, loin d’être des « Lumières » (sic), des « Ténèbres » dans la recherche du sens de la vie. (Ultérieurement, il s’en est violemment pris à Sigmund Freud dans ses deux livres polémiques contre la psychanalyse freudienne, livres publiés en 2010 !) Selon lui, on peut acquérir une éthique, une morale, et donc une philosophie, sans qu’il soit nécessaire de recourir aux dieux inventés (d’après lui) par les religions. Certes, mais, à l’opposé, combien d’individus commettent-ils des actes délictueux de toutes natures, justement parce qu’ils sont convaincus qu’il n’y a rien après la mort et que la vie n’a pas de sens ? Il y a aussi, bien sûr, les actes terroristes des « fous de Dieu », lesquels ont une compréhension totalement erronée et fantaisiste de Dieu et du devenir post mortem, mais ceci est un cas négatif extrême n’ayant rien à voir avec le comportement « positif » que peut générer, vis-à-vis de soi-même et des autres, une compréhension éclairée des réalités spirituelles… Les religions (ce que les hommes en ont fait) constituent un mélange de bonnes et de mauvaises choses, et il n’est pas bon de ne pointer que les mauvaises. De plus, le tort de Michel Onfray (et de tous les athées avec lui) est de ne pas tenir compte de la masse de données qui témoignent, justement, de la survie de la conscience après la mort (et donc de l’existence d’une Intelligence Supérieure à l’origine de la Création) : communications médiumniques, sorties hors du corps, « transcommunication » instrumentale, etc.

Dans Complément d’enquête du 29 novembre 2010, Michel Onfray a mis au même niveau la croyance en Dieu et au Diable, ainsi que des domaines pour lesquels il n’a d’ailleurs aucune compétence : les “tables tournantes”, les “soucoupes volantes” et la parapsychologie, tout en faisant l’apologie, bien sûr, de l’athéisme. Cet individu en a appelé à la philosophie pour se débarrasser de toutes ces croyances. Hélas pour lui, ses références philosophiques, celles qui font l’apologie du néant post mortem, sont, comme je viens de le préciser, des ténèbres dans la recherche du sens de la vie.

* Parmi les autres séquences, il y en a eu une sur le Feng-Shui, et une autre sur un bracelet censé émettre des ondes bienfaisantes (notamment pour les sportifs), mais dont les effets relèvent manifestement de… l’effet placebo. Passons… Les intervenants post-séquences étaient André Santini (pour le Feng-Shui) et Axel Kahn (pour le “bracelet des sportifs” et l’effet placebo).

* La première séquence concernait des guérisseurs particuliers, les “chirurgiens de l’invisible”. On y a vu un nommé Jean-Marie Bataille, aux résultats plus que douteux, et un élève de ce dernier, Thierry Cheveau. On a parlé de “biomagnétisme humain”, de “biochirurgie immatérielle”, du coût très élevé des “formations” (4000 euros à dépenser pour obtenir un certificat permettant de pratiquer à son tour !), sans oublier la vente du “spiritor” (permettant de générer des symboles de protection). On a mis en exergue le cas d’une jeune fille souffrant de scoliose et “soignée” par Jean-Marie Bataille, ce dernier ayant par ailleurs été condamné, dans les années 1990, à 6 mois avec sursis pour avoir vendu très cher un produit qu’il avait prétendu pouvoir guérir le cancer et le sida.

Bref, comme c’est toujours le cas dans ce type d’émission, l’accent a été mis sur des praticiens “magnétiseurs” peu scrupuleux, en l’absence de toute référence à des magnétiseurs honnêtes obtenant des résultats indiscutables par rapport à certaines affections. Dans la première émission de la série documentaire Enquêtes extraordinaires, sur M6, en mai 2010, on avait vu quelques exemples de magnétiseurs ou guérisseurs honnêtes, mais il ne fallait pas compter sur l’émission de France 2 pour rétablir l’équilibre. Notons toutefois l’intéressante intervention du chaman Patrick Dacquay, à la suite de la séquence sur le “biomagnétisme humain”.

 

VI. Le 14 février 2012 sur Direct 8 et TF1 : maisons hantées, fantômes, guérisseurs et exorcistes

Pour le défenseur de la réalité du paranormal et d’autres phénomènes relevant de « l’extraordinaire », regarder une émission télévisée sur ces sujets n’est généralement pas une partie de plaisir (à de rares exceptions près, comme par exemple la série documentaire initialement diffusée sur M6 en 2010 : Enquêtes extraordinaires). Les deux émissions sur Direct 8 et TF1, le 14 février 2012, n’ont pas dérogé à cette triste règle.

Il n’est pas dans mon intention de détailler ici le contenu de ces deux émissions car, à vrai dire, elles ne méritent pas qu’on leur consacre beaucoup de temps. Disons quand même quelques mots de celles-ci.

 

* Sur Direct8, ladite « grande soirée du paranormal » était en fait composée de plusieurs documentaires distincts mis côte à côte, les premiers sur les maisons hantées et les fantômes, le dernier sur les possessions et les exorcismes. En fait, vu l’identité de certains intervenants interviewés, on s’aperçoit de suite (je veux dire : ceux qui, comme moi, connaissent le sujet en dehors du traitement télévisuel des thèmes abordés !) que les responsables du magazine se sont bornés à acheter plusieurs documentaires réalisés, aux Etats-Unis ou en Angleterre, par des journalistes que je qualifierai de fortement favorables à l’approche sceptique des phénomènes abordés. On y trouve en effet des intervenants zététiques (bien que ce qualificatif n’ait jamais été employé dans les documentaires) bien connus, notamment James Randi (un illusionniste) et Joe Nickell, ou encore le rationaliste Richard Wiseman (un psychologue anglais). Quelques années auparavant, j’avais lu (sur le site de l’Institut Métapsychique International) un petit compte rendu critique sur un documentaire télévisé anglo-saxon concernant les maisons hantées et les fantômes, et j’ai reconnu, dans l’émission de Direct8, les personnages mentionnés dans ce compte rendu, dont James Randi. La diffusion anglo-saxonne originelle de ces documentaires remontait à quelques années auparavant…

James Randi a été présenté (ce titre ayant été affiché sur l’écran) comme étant un « chercheur en parapsychologie ». Pour qui, comme moi, connaît le personnage, ceci est totalement erroné bien sûr, cet individu étant connu de longue date comme étant un pourfendeur de la réalité des phénomènes paranormaux ! En fait, c’est un illusionniste qui fait partie intégrante de ce que l’on pourrait appeler « la frange la plus musclée » des rationalistes pourfendeurs des « parasciences » en général. Qualifier de « chercheur en parapsychologie » quelqu’un qui a passé sa vie à nier la réalité des phénomènes parapsychologiques, cela en dit long sur le degré de compétence et d’objectivité des individus qui ont réalisé ces émissions. (Il est vrai aussi que des voyants, faux ou vrais, s’attribuent le titre de parapsychologues, ce qui n’est pas mieux.)

Passons très vite sur le documentaire consacré aux possessions et exorcismes. Moi-même ne croyant absolument pas au Diable, les commentaires « rationnels » formulés à propos des états des « possédés » ne sont pas en conflit avec mes convictions (même si pour ma part je reconnais la possibilité, dans certains cas, d’un « parasitage » par une entité du « bas Astral », le Diable, qui n’existe pas, étant bien sûr exclu). Il est évident, par exemple, que Bob Larson, l’exorciste évangélique américain qu’on a vu, ne fait que mettre dans un état de type hypnotique ses « patients » censés être possédés par le démon, ces individus mis dans un état modifié de conscience se comportant ensuite conformément à ce que l’on est en droit d’attendre de l’attitude d’un prétendu possédé.

Dans l’émission sur les exorcismes, on a vu une séquence qui montrait un rationaliste indien, nommé Nayak, dont la vocation est de démystifier les charlatans faisant croire qu’ils ont des pouvoirs miraculeux. Dans mon texte consacré à Sathya Saï Baba (rubrique “Spiritualité du troisième millénaire”), j’évoque un individu nommé Sanal Edamaruku, qui opère de même.

Plus ennuyeux (pour une présentation vraiment objective de ce type de dossiers) étaient les documentaires consacrés aux « maisons hantées » et aux « fantômes ». On nous a parlé d’abord du cas d’Amityville, connu (de longue date) comme étant une simple supercherie. (Même si un doute plane, comme on a pu le voir dans la séquence rediffusée, classée numéro 1, de l’émission « Les 30 histoires », sur TF1, du 17 février 2012.) Il faut d’ailleurs se méfier de ce genre de cas donnant lieu à une exploitation cinématographique et littéraire. (Idem pour le cas ayant donné naissance au film « L’exorciste », également évoqué dans l’émission.) Un deuxième cas survenu dans le Kentucky a laissé planer une interrogation…

Des manifestations présumées paranormales, survenues dans une résidence américaine (la résidence Lemp), ont été expliquées par une équipe de « chasseurs de fantômes » sceptiques :

* Le prétendu visage sur un tableau représentant un portrait n’était qu’une craquelure, l’imagination ayant fait le reste.

* Les enquêteurs ayant filmé un fauteuil censé tourner sur lui-même – avec, de surcroît, un homme défunt dedans -, le film n’a rien montré.

* Une médium ayant déclaré avoir enregistré des « voix » sur magnétophone, l’équipe sceptique n’a quant à elle rien enregistré de tel. Bien sûr, on en a profité pour expliquer la TCI par la sensation d’entendre des voix là où il n’y a rien de tel… Le dossier, heureusement, est beaucoup plus complexe que cela. Voyez mes textes consacrés à la TCI dans la rubrique « Au-delà et médiumnité ». En outre, dans l’émission « Les 30 histoires », sur TF1, du 17 février 2012, on a pu revoir la séquence sur la TCI consacrée à Jacques Blanc-Garin, séquence qui avait été classée numéro 1 lors de sa première diffusion dans une précédente émission des « 30 histoires ». Cet expérimentateur en TCI a obtenu, avec sa compagne Monique Laage, d’intéressants résultats non imputables à l’interprétation réductionniste systématique invoquée par les négateurs.)

* Les boules filmées dans la pénombre ont été expliquées par des grains de poussières virevoltantes… Les intervenants sceptiques ont par ailleurs montré (c’est le test zététique classique, décrit il y a quelques années dans un numéro de l’éphémère revue zététique française : « Science extrême ») que les globes lumineux (les « orbes ») fréquemment visibles sur des photos s’expliquent par le reflet du flash de l’appareil sur des grains de poussières. Les autres images sont aussi censées s’expliquer aisément, comme les traits de lumière qui peuvent être obtenus par la courroie de l’appareil photo ou par des cheveux qui traînent devant l’appareil… D’autres photos peuvent s’expliquer par la condensation due au froid ou par la fumée de cigarette… Mais les orbes s’expliquent-ils tous par la cause “rationnelle” évoquée ? Je consacre un texte aux orbes dans la rubrique “Enigmes”. De plus, si l’on veut expliquer, par exemple, qu’un certain effet est obtenu par de la simple fumée de cigarette, il faut s’assurer que lors de la prise de vue il y avait quelqu’un qui fumait… Les membres de l’équipe ont fièrement conclu, quant à eux, que « jusqu’à présent » (sic), aucune photo ou aucun film qu’ils ont étudié ne leur a permis de conclure à quelque chose d’inexpliqué.

Un autre cas, celui d’un château anglais, n’a pas non plus trouvé « grâce » chez les critiques du documentaire. Les manifestations alléguées (une petite fille qui pleure, etc.), ainsi que les sensations éprouvées par deux étudiants (Eleanor et Jonathan) venus passer – à titre « expérimental » – une nuit dans ce lieu réputé « hanté », ont été trivialement expliquées : le psychologue Breathwaite a ainsi évoqué la sensibilité à un champ magnétique (un lit en fer du dix-septième siècle ayant été trouvé fortement magnétisé). Ces champs magnétiques sont censés pouvoir provoquer (avec l’implication du lobe temporal) des hallucinations et notamment la sensation d’une présence invisible. Bref, il n’y aurait là qu’une réaction à des champs magnétiques. Et puis on a évoqué, bien sûr, l’intervention éventuelle de l’autosuggestion. Pour expliquer des sensations de « hantises », on a aussi supputé l’intervention du monoxyde de carbone et celle des infrasons. Un globe oculaire qui tressaute peut induire, nous dit-on, des hallucinations… Tout cela, cependant, ne relève que de supputations « rationnelles » qui n’ont pas été validées.

Par contre, aucun parapsychologue (un vrai) n’a été interrogé sur les cas de « hantises » en général et sur ceux qualifiés de « poltergeist ». Ces parapsychologues existent pourtant. Le seul « parapsychologue » interrogé, qui est en fait un négateur du paranormal, est le psychologue britannique Richard Wiseman, ce dernier pouvant être considéré comme le pendant britannique du zététicien Henri Broch. Là aussi, le choix n’est pas innocent. Certes, dans son étude, il a pu constater que certains individus étaient sensibles à des phénomènes naturels pouvant être psychologiquement vécus comme des présences invisibles, mais ce genre d’explication peut-il rendre compte de l’ensemble des cas répertoriés ? Si de vrais parapsychologues avaient été consultés, ils auraient apporté des nuances à ce genre d’interprétations naturalistes qui ne sauraient s’appliquer à toutes les manifestations recensées. S’agit-il là, en effet, de la seule explication aux cas de « hantises » et de « fantômes » ? Je ne le crois pas, d’autant qu’il est très aisé, pour des individus n’ayant eux-mêmes jamais expérimenté des vécus de « hantises », de rationaliser ceux-ci en leur donnant des explications conformes à leur système de croyance pseudo-scientifique. Voyez par ailleurs, dans la rubrique “Parapsychologie”, mes textes sur les maisons hantées et les poltergeists.

Nous avons eu aussi droit à la piètre prestation d’un « médium chasseur de fantômes » qui s’est complètement planté dans l’identification des présences censées hanter une maison. Bien sûr, il reste une éventualité : et si ce « chasseur/détecteur » avait « identifié » des gens ayant vécu sur les lieux avant les derniers résidents ? (Ainsi, il n’a pas identifié le garçon mais il a « vu » par contre une fille…) On ne le saura pas.

On aura noté aussi l’emploi, dans ce type de documentaires, de mots comme « irrationnel » et « surnaturel » pour caractériser les phénomènes abordés, un choix de mots qui est classique certes, mais qui n’est jamais innocent quant aux a priori des individus s’exprimant dans ce genre d’émission. Le prétendu « irrationnel » et le prétendu « surnaturel » sont tout aussi naturels et rationnels (car obéissant à des lois précises inconnues), quand ils existent, que ce qui est catalogué « rationnel » et « naturel ».

 

* Qu’en est-il, par contre, d’« Enquêtes et révélations », cette émission de TF1 ayant traité des guérisseurs et des exorcistes ? Il n’y a pas grand-chose à en dire, tellement le sujet a été traité de façon convenue et classique, sans surprise donc.

Après nous avoir montré un prêtre catholique exorciste (avec un cas de « possession » apparemment résolu), on nous a présenté deux personnages (un passeur d’âmes nommé Lateuil et un magnétiseur nommé Denis Magnenaz) déjà « rencontrés » dans une autre émission télévisée (ils se « repassent » les mêmes personnes !), ainsi qu’une guérisseuse (de la campagne), prénommée Marcelle, qui donne gratuitement ses soins.

On a bien sûr eu droit à la déclaration tout aussi classique et convenue du rationaliste de service, en l’occurrence, ici, un scientifique nommé Jean Brissonnet, lequel explique bien sûr (car dans ce type d’émission il y a toujours des bien sûr) les guérisons constatées par l’effet placebo. Et, bien sûr (encore), personne n’était là pour le contredire (comme ce fut le cas, bien sûr, pour le psychiatre – pourtant totalement inconnu dans le domaine du « remote viewing » – qui a été interrogé dans le journal télévisé de France 2 du 31 janvier 2012, à propos des résultats obtenus lors de sessions de « remote viewing » ; dans la séquence, il s’agissait en l’occurrence de la perception de cibles dans des enveloppes).

Enfin, on a de nouveau eu droit à un sujet rabâché constamment dans ce type d’émission : les pratiques charlatanesques des praticiens de la « biologie totale » (avec la référence à Claude Sabbah et au docteur Hamer). Avec, à la fin, le « must » (si on peut dire) : l’incontournable pourfendeur de « sectes » Georges Fenech. Rien de bien nouveau donc…

Effet placebo et charlatans : voilà ce à quoi les journalistes « bien-pensants » de ces émissions télévisées de piètre qualité réduisent des pratiques jugées irrationnelles.

 

VII. Les 29 février et 9 mars 2012 sur Direct8 : OVNIs, Roswell, anciens astronautes

Sur Direct8, les 29 février et 9 mars 2012, on a pu voir des documentaires consacrés aux thèmes des OVNIs, de la théorie des anciens astronautes (extraterrestres) et de la recherche de la vie extraterrestre. (Ces émissions ont été rediffusées après ces dates initiales.) En voici un compte rendu critique.

 

A) Les documentaires du 29 février 2012 (rediffusés à plusieurs reprises) :

Deux documentaires (rediffusés ultérieurement) ont été diffusés durant la soirée du 29 février 2012.

 

1. Le documentaire consacré au sujet des OVNIs :

Ce documentaire a été présenté comme étant inédit. C’est, à vrai dire, un mensonge à disons 90%. La seule partie inédite, là-dedans, est le début de l’émission, lorsqu’on a montré quelques séquences récentes (datées de 2011 et du début 2012) d’OVNIs filmés : 26 mars 2011 à Fukushima, 28 juin 2011 au Mexique, 31 janvier 2012 en Antarctique, 1er février 2012 en Bosnie, et une autre vidéo datée du 5 février 2012 et montrant un appareil lumineux.

Quelques rares autres séquences sont peut-être inédites :

* Une petite interview de Jean-Jacques Vélasco (qui a été longtemps à la tête du SEPRA).

* Le témoignage de Nelson Monfort (son observation datant de 1985), le chroniqueur sportif bien connu. (Il avait déjà évoqué son observation dans d’autres émissions.) Il a vu un objet triangulaire très lumineux, qui ne faisait aucun bruit, qui a oscillé, puis qui est parti à grande vitesse.

* Une petite interview de Jean-Claude Sidoun, évoquant des observations d’astronautes, dont les propos (en 1978 et 1985) de Gordon Cooper… (Jean-Claude Sidoun est l’auteur de plusieurs livres, dont : “OVNIs dans l’espace”, éditions Le Temps Présent, 2012. )

* Une petite interview d’Igor Bogdanov et d’Hubert Reeves, leurs propos n’étant cependant pas associés aux OVNIs, mais au thème extraterrestre en général. On a aussi évoqué le message radioélectrique envoyé en 1974 depuis le radiotélescope de Porto Rico.

Tout le reste du documentaire n’est en fait qu’un « rafistolage » de séquences déjà diffusées dans d’autres émissions. En effet :

De nombreuses séquences ont été « empruntées » à un documentaire initialement diffusé en 2008 sur Canal+, et notamment celles-ci :

– L’observation des « lumières de Phoenix » (Arizona) le 13 mars 1997. Avec notamment Emma Barwood, qui avait recueilli plus de 700 témoignages, et le gouverneur F. Symington.

– L’observation faite à Jersey, au-dessus de la Manche, le 23 avril 2007, avec le témoignage du pilote (Ray Bowyer) et le commentaire du contrôleur aérien Marc Angee (de Brest).

– La séquence relative au GEIPAN (avec Yves Patenet, alors directeur de ce service du CNES) et à la collaboration de la gendarmerie dans la collecte des observations relatives aux PAN (Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés).

– L’observation, en 1975, du pilote Jack Krine.

– La séquence évoquant les analyses de photos par François Louange, et notamment le commentaire de ce dernier à propos de la photo de « l’OVNI de Petit-Rechain ». Si l’émission avait été « up-to-date », les responsables auraient plutôt évoqué le fait qu’il s’est avéré que cette photo, loin de montrer un OVNI associé à la vague belge, est truquée, le responsable de la mystification s’étant fait connaître en 2011. J’évoque cette révélation de la photo truquée à la fin de mon texte (même rubrique) : “La vague belge d’OVNIs”. On trouve par ailleurs, dans le numéro 26 (mars-avril 2012) de « Science et inexpliqué » (pages 22-23), une courte interview du faussaire : Patrick Maréchal. Il s’agissait d’une maquette triangulaire fabriquée en frigolite, d’une longueur d’environ 60 centimètres sur sa grande base, dans laquelle il a encastré quatre ampoules de lampe de poche, celle du milieu étant peinte en rouge avec un simple marqueur. Il a suspendu le tout dans son jardin, il a pris plusieurs clichés et a choisi le meilleur. Il a refait ensuite, à titre personnel, deux maquettes identiques. Pour faire cette photo, il s’est inspiré, dit-il, « de détails de vrais témoins ».

– La séquence montrant des confusions avec des phénomènes naturels, et notamment d’étonnants nuages lenticulaires évoquant la forme d’une « soucoupe volante ». Sur ce point, cependant, il convient d’être prudent, car diverses sources font état de vaisseaux de l’espace prenant l’apparence, parfois, de nuages, afin de dissimuler leur présence. Il existe ainsi d’étonnantes photos de nuages particuliers au-dessus du mont Shasta (en Californie)…

– La séquence montrant Denis Letty, qui a participé, en 1999, au rapport COMETA, et qui soutient que l’hypothèse extraterrestres est la plus cohérente.

Si l’on excepte le fait qu’il ne s’agit, dans ces diverses séquences, que de rediffusions pour la plupart, cela n’enlève rien au fait que cette partie de l’émission a été tout à fait correctement traitée… C’est, je dirai, l’aspect positif de ce documentaire.

D’autres séquences, par contre, sont des emprunts à d’autres documentaires télévisés, anglo-saxons ceux-là, ces documentaires ayant été diffusés quelques jours plus tard, le 9 mars 2012. Ainsi, certaines séquences sont des emprunts au documentaire sur Roswell (diffusé le 9 mars 2012), alors que d’autres séquences sont des emprunts au documentaire consacré à la théorie des anciens astronautes (documentaire également diffusé le 9 mars 2012, après ceux consacrés à Roswell et à l’Aire 51).

Dans le cas de Roswell, on a eu les interventions de Donald Schmitt, de Stanton Friedman, de Denis Balthaser, etc., avec, parmi les opposants, Michael Schermer.

Les séquences consacrées à la théorie des anciens astronautes extraterrestres ont concerné Teotihuacan, les lignes de Nazca, les pyramides, le crâne « Star Child »… :

a) Parmi les intervenants « croyants », il y a eu Erich von Däniken (l’un des « anciens » et pionniers, le seul encore vivant, à ma connaissance, de la thèse des anciens astronautes), Lloyd Pye (à propos du crâne « Star Child »), et quelques autres (des « nouveaux ») dont je ne peux pas donner ici l’orthographe exacte, leurs noms n’ayant pas été écrits lors de leurs courtes interventions filmées.

b) Parmi les intervenants sceptiques/négateurs, on a montré Joe Nickell et l’archéologue Ken Feder.

Les séquences concernées ayant été, je le rappelle, extraites de documentaires diffusés quelques jours après, je reviens plus loin sur ces deux sujets (Roswell et les anciens astronautes). Voir : B) Les documentaires du 9 MARS 2012.

En outre, Seth Shostak, du Projet SETI, a été interrogé.

 

2. Le second documentaire du 29 février 2012 :

Il n’y a pas grand-chose à dire à propos des trois quarts de cette émission, celle-ci ayant été consacrée à la recherche de la vie extraterrestre, du point de vue des « chercheurs académiques » bien sûr. Le sujet a été abordé de façon tout à fait classique, comme c’est toujours le cas lorsque ce thème est traité : les microbes « extrêmophiles », les exoplanètes, les tentatives de réception de messages extraterrestres (SETI), etc. C’est le même discours que l’on entend à longueur d’émissions sur le sujet, et, bien sûr, on n’apprend rien de nouveau. (Dans le journal télévisé de 20 heures, sur France 2, le 12 mars 2012, on a eu droit à un « cours » tout aussi classique sur les exoplanètes.) Bon point quand même : les intervenants s’accordent à penser qu’il est probable (certains en sont même convaincus) que la vie existe ailleurs que sur Terre.

On a entendu Stephen Hawking parler du choc des civilisations, en cas de rencontre extraterrestre, une telle confrontation pouvant conduire à un désastre. On a aussi entendu plusieurs autres intervenants, dont Seth Shostak (projet SETI), D. Fisher, l’astronome Dan Werthimer, Anthony Hewish (qui a parlé des pulsars ou étoiles à neutrons), Frank Drake (et sa célèbre équation permettant d’estimer le nombre de civilisations extraterrestres, mais avec un nombre de paramètres inconnus qui ne permettent pas une estimation fiable). On a évoqué Enrico Fermi (et son célèbre « paradoxe »), l’envoi de la sonde “Voyager” en 1974, Titan (un satellite de Saturne), Europa (un satellite de Jupiter) – ce dernier satellite étant suspecté d’avoir un océan liquide sous la surface – et Mars (avec un sous-sol constitué d’eau). Le planétologue David Grinspoon a énuméré les hypothèses susceptibles d’expliquer pourquoi des civilisations extraterrestres ne sont pas entrées en contact avec nous : nous ne les intéressons peut-être pas, le problème de l’immensité de l’espace (avec la limite de la vitesse de la lumière), etc. (Voyez mes propres textes à propos du problème du non-contact, dans la même rubrique « Présence extraterrestre ».)

Et puis, vers la fin de l’émission, patatras : on expédie, en quelques séquences, le sujet des « soucoupes volantes » ravalées au niveau du mythe. Le cas Roswell a été exécuté sans autre forme de procès : le commentateur a évoqué ce qu’il a appelé le « pseudo crash d’OVNI de Roswell », « ultime théorie du complot » (confondant de la sorte, et après d’autres individus, complot et préservation d’un secret relevant de la sécurité nationale). C’était, a-t-on asséné de façon péremptoire et ridicule, un ballon (référence, en fait, au projet Mogul), les témoignages relatifs à la récupération d’« aliens » s’expliquant par la confusion avec des mannequins dont on nous a montré fugitivement l’apparence. Or, ces mannequins ont été utilisés dans les années 1950, et non en 1947, et leur description (près de deux mètres de haut, etc.) ne correspond nullement au descriptif des êtres (petite taille, etc.) donné par certains témoins. Voyez, à ce sujet, mes textes sur Roswell (rubrique “Présence extraterrestree”).

Le sujet des crop circles a aussi été expédié en quelques séquences et phrases sentencieuses, avec un circlemaker, John Lundberg, en train de faire un crop et de montrer combien il était facile de faire voler un faux OVNI au-dessus d’une formation et de photographier celui-ci.

Le sujet des pistes de Nazca a été aussi évoqué, pour « montrer », bien sûr, le prétendu caractère absurde de la thèse extraterrestre.

Un tel condensé d’inepties en un délai aussi court m’a laissé pantois. Les individus à l’origine de ce documentaire n’ont vraiment rien à voir avec des « journalistes d’investigation », même si leur façon de procéder ne peut que réjouir des sceptiques sectaires comme ceux qui officient dans la revue « Science et pseudosciences » ou des auteurs de la même veine comme Gilles Fernandez

Mais là aussi, un tel traitement est classique dans ce genre d’émission sur une chaîne télévisée. Cela montre aussi que si les Américains (rappelons qu’il s’agissait d’un documentaire américain) sont généralement plus ouverts, en moyenne, que les Français par exemple, sur le sujet des OVNIs, la désinformation ambiante est aussi bien à l’oeuvre là-bas… Cela ne fait que refléter un état d’esprit général chez les pseudo élites intellectuelles, quel que soit le pays concerné : on est « sympa » avec l’idée d’une vie extraterrestre, quand on fait s’exprimer les astronomes/astrophysiciens qui y sont favorables, mais quand il s’agit de parler d’OVNIs et de la thèse des anciens astronautes, alors, là, on « tire à boulets rouges », sans discernement. Et comme l’immense majorité des gens ne sont pas férus de ce genre de sujets, ils ne risquent pas de s’apercevoir de la grosseur des « ficelles » utilisées…

Notons, au passage, que le jugement expéditif du documentaire tranche avec la présentation beaucoup plus modérée du documentaire précédent (diffusé la même soirée) où le sujet des OVNIs était présenté de façon beaucoup plus objective et où le cas de Roswell n’était pas « assassiné », mais abordé en présentant les deux versions « pro » et « anti ». Mais il est vrai, cependant, que tout le passage concernant le projet Mogul avait été « gommé » dans ce documentaire, ce passage (visant à faire pencher définitivement la balance vers la thèse anti-extraterrestre) se trouvant pourtant dans le documentaire (diffusé le 9 mars 2012) consacré à Roswell. (Les séquences relatives à Roswell, dans ce documentaire du 29 février, ont été extraites du documentaire spécifiquement consacré à cette affaire et diffusé le 9 mars.)

L’affirmation relative aux mannequins prétendument confondus avec des « aliens » ne fait que reprendre, en fait, la thèse soutenue par les auteurs d’un rapport (dans les années 1990) pour le compte de l’armée américaine. Cette affirmation est mensongère pour les deux raisons suivantes :

* D’abord, le descriptif de ces ridicules mannequins ne correspond en rien avec les descriptions données par certains témoins allégués du crash de Roswell. Ainsi, par exemple, Eli Benjamin a aperçu un visage grisâtre, une large tête sans cheveux qui n’était pas humaine. De mémoire, Eli Benjamin a fait la description d’un petit corps avec une grosse tête en forme d’œuf, des yeux allongés, une bouche mince comme une fente, et deux trous à la place du nez. (Voyez l’un des textes de Gildas Bourdais dans la rubrique “Présence extraterrestre”, à propos de Roswell.)

* Ensuite, il y a un fait incontournable qui montre, sans aucun doute possible, le caractère invraisemblable de la confusion avec de vulgaires mannequins : ceux-ci n’ont été utilisés que dans les années 1950 et donc plusieurs années après l’incident de Roswell !!

Il faut en effet rappeler que le crash de Roswell est daté de début juillet 1947. Il est donc impossible que des témoins aient pu confondre avec des mannequins et ce d’autant plus que le descriptif des êtres qui auraient été aperçus ne correspond absolument pas au standard humain. (Cette dernière constatation permet, incidemment, d’éliminer la thèse sournoise des spécialistes du dénigrement systématique selon lesquels les témoins se sont trompés et ont mélangé les dates, les événements rapportés s’étant déroulés il y a longtemps.)

 

B) Les documentaires du 9 MARS 2012 (rediffusés à plusieurs reprises) :

1. Le documentaire sur Roswell :

Outre le cas Roswell, le documentaire a évoqué l’ouvrage (« Behind the flying saucers ») de Frank Scully, dans lequel ce dernier développait le cas d’Aztec, avec une prétendue récupération de corps, comme à Roswell. En 1952, les deux individus à l’origine de cette « information », qui avaient tout inventé, furent condamnés pour imposture.

L’observation de Kenneth Arnold (en juin 1947) a aussi été évoquée.

S’agissant du cas de Roswell, on a vu s’exprimer George Newling (qui dit avoir perçu, dans une soute, un morceau d’un vaisseau spatial) et James Ragsdale (qui a fait état de la vision de petits êtres de nature non humaine). On a évoqué le cas de Glenn Dennis qui avait cité le témoignage d’une infirmière, laquelle n’a pas été retrouvée… On a vu Donald Schmidt, Stanton Friedman, Jesse Marcel, Frank Joyce, Toby Smith, Dennis Balthaser.

Les sceptiques et opposants qui se sont exprimés comprennent Michael Schirmer (auteur de : « Why people believe weird things ») et Seth Shostak. Ce dernier, à la tête du projet SETI, a déclaré, pour répondre à ceux qui pensent que les « aliens » se sont intéressés aux essais nucléaires terriens, que ce n’est pas possible car il n’y avait que deux ans d’écoulés entre la première bombe atomique et l’incident Roswell, et qu’aucune civilisation extraterrestre n’aurait pu franchir les espaces interstellaires en un laps de temps aussi court. Cet individu (et ses pairs) souffre en fait d’anthropomorphisme, ce chantre du projet SETI étant incapable de concevoir que notre planète puisse être « surveillée » depuis bien plus longtemps que la période de l’après-guerre, que ces civilisations puissent disposer de technologies autrement plus performantes que celles qui sont « autorisées » par la physique contemporaine, et qu’il puisse y avoir effectivement eu un regain d’activités extraterrestres de surveillance depuis la découverte, par l’humanité, de l’arme atomique. Il a évoqué la nécessité de moteurs ou vaisseaux énormes !

Seth Shostak a aussi déclaré qu’il y a peu de chances que les extraterrestres nous ressemblent. En réalité, si l’on se réfère aux multiples récits et sources disponibles (rencontres rapprochées, récits de contactés, etc.), on s’aperçoit qu’il y a deux grands types de visiteurs : ceux qui nous ressemblent et ceux qui ne nous ressemblent pas !

Michael Schirmer, mentionnant le fait que l’affaire Roswell n’a pas été importante avant 1980 (l’affaire n’a été relancée que vers cette date), en déduit un peu trop vite que cela en dit long sur la fabrication d’un mythe moderne… A propos du témoignage du jeune Marcel, Michael Schirmer se contente de dire qu’un jeune garçon est forcément influencé par son père. Pourtant, faisant référence aux débris que lui-même avait vus, le jeune Marcel a bien précisé qu’il avait entendu, de la bouche de son père, l’expression « soucoupe volante » (ou disque volant). Pour expliquer les témoignages tardifs des témoins présumés, Michael Schirmer en est réduit à déclarer qu’il s’agit là de faux souvenirs et de témoignages pas fiables. (Je suppose, aussi, que, par exemple, les rescapés des camps de la mort durant la Seconde Guerre mondiale, sont aussi victimes de faux souvenirs et que leurs témoignages ne sont aucunement fiables…) Et on a évoqué le fait qu’il y avait des contradictions sur plusieurs éléments du dossier, comme le lieu de l’accident ou le nombre de corps censés avoir été vus.

A la fin du reportage (cette séquence ne figurait pas dans le documentaire du 29 février 2012), le « mystère » de Roswell a été évidemment « expliqué » par le train de ballons Mogul (train de ballons à haute atmosphère). Les opposants prétendent que les descriptions (par Marc Brazel) des débris correspondent parfaitement au projet Mogul : « hiéroglyphes », colle et ruban adhésif, motif à fleurs. Aux yeux des scientifiques, nous dit-on, Roswell n’est qu’un mythe. On se demande de quels « scientifiques » le commentateur parle, alors que l’interprétation Mogul n’a été imposée que par des militaires américains, au détriment du bon sens. (Voyez par exemple le texte, dans la rubrique “Présence extraterrestre”, de Gildas Bourdais : “Roswell. (1) Retour sur l’imposture des ballons Mogul”.)

Au final, ce documentaire sur Roswell est de piètre qualité. C’est un ensemble de séquences assez décousues mêlant pêle-mêle les déclarations de « pro-Roswell » et d’« anti-Roswell », un documentaire « à l’anglo-saxonne » dans lequel les séquences vont dans tous les sens, avec des déclarations souvent superficielles (les interviewés n’ayant en outre, chaque fois, que quelques secondes pour s’exprimer), le tout ne pouvant que donner « le tournis » aux néophytes qui ne sont pas plus avancés à la fin du reportage, ou, qui, plutôt, sont manipulés afin de leur asséner une fausse vérité, car s’il y a un vrai mythe, dans cette histoire, c’est bien celui que les individus à l’origine du documentaire ont privilégié : celui de la thèse des ballons Mogul.

* Il existe deux importants témoignages qui montrent le caractère inepte de la thèse des ballons Mogul. Ils sont reproduits dans le numéro 27, de mai-juin 2012, de la revue « Science et inexpliqué » (pages 46 – 49) :

 

a) Le capitaine Walter G. Haut :

Le premier témoignage est celui du capitaine Walter G. Haut, porte-parole de la base de Roswell. Il a rédigé et diffusé, le 8 juillet 1947, le communiqué de presse mentionnant la récupération d’une « soucoupe volante ». Cette nouvelle fut démentie le soir-même, la nouvelle version ayant alors fait état d’une méprise avec les débris d’un simple ballon météorologique. On ne parla plus de l’affaire jusqu’au début des années 1980.

En 1993, Walter Haut produisit un premier affidavit (déclaration écrite sous serment devant un commissaire à l’assermentation : greffier, notaire, avocat, maire, etc.). Il y avait consigné qu’« il n’y a aucune chance pour que les débris aient été confondus avec ceux d’un ballon », et qu’il était convaincu que « le matériel récupéré appartenait à une sorte de vaisseau venu de l’espace ».

En 2002, dans un second document à n’ouvrir qu’après sa mort (survenue en décembre 2005), il fit cette déclaration :

« 1. Mon nom est Walter G. Haut.

2. Je suis né le 2 juin 1922.

3. Mon adresse est 1405 W. 7e rue, Roswell, NM 88203.

4. Je suis retraité.

5. En juillet 1947, j’étais affecté à la base de l’armée de l’Air de Roswell, au Nouveau-Mexique, où je servais comme officier des relations publiques. J’avais passé le week-end du 4 juillet chez moi (samedi 5 et dimanche 6) à environ quinze kilomètres au nord de la base, située au sud de la ville.

6. Lors de mon retour au service, le lundi 7 juillet, j’ai appris en milieu de matinée qu’un civil avait signalé les restes d’un engin qui s’était écrasé. J’ai été informé que le major Jesse A. Marcel, chef du renseignement, avait été dépêché sur les lieux par le commandant de la base, le colonel William Blanchard, pour enquêter.

7. Le même jour, en fin d’après-midi, j’ai appris l’existence d’autres témoignages civils relatifs à un second site au nord de Roswell. J’ai consacré le reste de la journée à mes taches quotidiennes sans rien apprendre de nouveau.

8. Le 8 juillet au matin, à 7 h 30, j’ai assisté au briefing habituel. Outre Blanchard et Marcel, il y avait le capitaine Sheridan Cavitt, du service de contre-espionnage (CIC), le colonel James I. Hopkins, chef des opérations, et le lieutenant-colonel Ulysse S. Nero, officier d’approvisionnement. Le supérieur de Blanchard, le brigadier général Roger Ramey, de la base de Carswell (Fort Worth, Texas), ainsi que son second, le colonel Thomas J. Dubose, étaient également présents. La discussion, initiée par Marcel et Cavitt, a porté sur la découverte d’un champ de débris dans le comté de Lincoln, à environ 120 kilomètres au nord-ouest de Roswell. Nous avons eu droit à un exposé préliminaire de Blanchard au sujet du second site localisé à environ 65 kilomètres au nord de la ville. Quelques débris ont circulé parmi nous. Je n’avais jamais rien vu de semblable de toute ma vie. Il y avait des morceaux qui ressemblaient à du métal, de l’épaisseur d’une feuille de papier mais extrêmement résistants, et des morceaux couverts d’inscriptions inhabituelles. Personne n’a été capable d’identifier ces débris.

9. La principale interrogation était de savoir si nous devions rendre la découverte publique. Le général Ramey a proposé un plan qui, je crois, avait été conçu par ses supérieurs du Pentagone. L’attention devait être détournée du site le plus important, au nord de la ville, en confirmant le second. Trop de civils étaient déjà impliqués et la presse au courant. Je n’ai pas totalement été informé de la procédure suivie.

10. Vers 9 h 30, le colonel Blanchard a téléphoné à mon bureau pour me dicter un communiqué de presse : nous étions en possession d’un disque volant et le major Marcel avait convoyé les débris au quartier général. On m’a ensuite donné la mission de livrer ce communiqué aux stations de radio KGFL et KSWS, ainsi qu’aux journaux Daily Record et Morning Dispatch.

11. A partir du moment où le message était transmis, mon service a été inondé d’appels en provenance du monde entier. Les messages s’empilaient sur mon bureau et le colonel Blanchard m’a conseillé de rentrer chez moi pour ‘me planquer’, plutôt que d’affronter les médias.

12. Avant de quitter la base, Blanchard m’a personnellement conduit au bâtiment 84 (connu sous le nom de P-3), un hangar pour les B-29 situé du côté est du tarmac. En approchant, j’ai pu noter qu’il était étroitement gardé aussi bien dehors que dedans. Une fois à l’intérieur, j’ai été autorisé pour la première fois à observer l’objet récupéré au nord de la ville. Il mesurait approximativement entre quatre et cinq mètres de long, un peu moins en largeur, 1,80 mètre de haut, et avait plutôt la forme d’un œuf. L’éclairage était faible, mais sa surface m’a semblé métallique. Aucune fenêtre, ni hublot, ni aile, ni queue, ni train d’atterrissage, n’étaient apparents.

13. Toujours à distance, j’ai pu voir deux corps disposés sous une bâche en toile. Les têtes, qui dépassaient, m’ont semblé plus grosses que la normale. La disposition de la bâche suggérait que les êtres avaient la taille d’un enfant de dix ans. Plus tard, dans son bureau, Blanchard indiquera leur taille en plaçant son bras à environ 1,20 mètre au-dessus du sol.

14. J’ai été informé qu’une morgue provisoire avait été installée pour entreposer les corps.

15. J’ai été informé que l’épave de l’engin n’était pas radioactive.

16. A son retour de Fort Worth, le major Marcel m’a dit qu’il avait porté les débris dans le bureau du général Ramey, puis, lorsqu’il était revenu dans la salle des cartes, que des morceaux de ballon météo et de cible radar leur avaient été substitués. Il a été très contrarié par cette situation. Nous n’en avons plus reparlé.

17. J’ai été autorisé à me rendre sur l’un des sites du crash tandis que les militaires le nettoyaient. Ensuite, je suis retourné à la base avec quelques débris que j’ai exposés dans mon bureau.

18. On m’a dit que deux équipes distinctes retourneraient périodiquement sur chaque site à la recherche d’indices restants.

19. Je suis convaincu que ce que j’ai observé était une sorte de vaisseau venu de l’espace, ainsi que son équipage.

20. Je n’ai pas été payé ni reçu quoi que ce soit de valeur pour faire cette déclaration, qui est la vérité selon mes souvenirs.

Walter G. Haut

26 décembre 2002

Témoin : Chris Xxxxxx »

 

b) Sappho Henderson :

En 1947, le capitaine Oliver « Pappy » Henderson était pilote au 509e Groupe de bombardiers de la base de Roswell. Titulaire de l’accréditation « top secret », il y assurait alors des missions « sensibles »… Cinq après son décès, son épouse Sappho Henderson a livré, sous serment, cette déclaration :

« 1. Mon nom est Sappho Henderson.

2. Mon adresse est XXXXX

3. Je suis retraitée.

4. Mon mari était Oliver Henderson, surnommé ‘Pappy’ car plus âgé que les autres pilotes de son escadron pendant la Seconde guerre mondiale et qu’il a eu prématurément les cheveux gris. Nous nous sommes rencontrés au cours de cette période tandis qu’il volait avec le 446e Escadron de bombardiers. Il pilotait des B-24 et a mené trente missions au-dessus de l’Allemagne, pour lesquelles il a reçu deux Croix de vol et la Médaille aérienne.

5. Après la guerre, il est rentré chez lui et a été affecté aux bases aériennes de Galveston, Pueblo, puis Roswell (plus tard Walker AFB) où il est resté treize ans.

6. Alors qu’il était basé à Roswell, il a intégré la ‘Green Hornet Airline’ où il transportait, en C-54s ou en C-47s, du matériel, des scientifiques et des personnes importantes vers le Pacifique lorsque des essais nucléaires avaient lieu. Une accréditation top secret était alors nécessaire. Après avoir quitté l’armée, il s’est investi dans une entreprise de bâtiment à Roswell. Il est mort le 25 mars 1986.

7. En 1980 ou 1981, il acheta un journal dans une librairie de San Diego, où nous vivions alors. Un article parlait du crash d’un ovni près de Roswell, avec des corps d’extraterrestres retrouvés près du vaisseau. Il me montra cet article et me dis : ‘Je veux que tu le lises parce que cette histoire est vraie. Je suis le pilote qui a transporté l’épave de l’ovni à Dayton, dans l’Ohio. Si c’est dans le journal, je pense que je peux te le dire. Je souhaitais t’en parler depuis des années.’ Pappy n’avait jamais parlé de cet épisode en raison de son accréditation.

8. Il a décrit les êtres comme de petite taille avec d’énormes têtes. Il a dit que le matériau qui constituait leurs combinaisons était différent de tout ce qu’il avait jamais vu. Il a dit qu’ils étaient vraiment bizarres. Je crois qu’il a précisé que les corps avaient été mis dans de la glace pour les préserver. Il ne savait pas qu’un livre avait été publié lorsqu’il m’a tout avoué.

9. Je n’ai pas été payée ni reçu quoi que ce soit de valeur pour faire cette déclaration, qui est la vérité selon mes souvenirs.

Sappho Henderson

9 juillet 1991

Témoin : Steve Xxxxxx »

Ces deux témoignages assermentés rendent ridicules les thèses relatives à la confusion avec un ballon, de type Mogul ou non. Ce que les opposants ne sont pas aptes, bien sûr, à reconnaître.

 

2. Le documentaire sur l’Aire 51 :

L’Aire 51 est une zone militaire, aux Etats-Unis, qui a été propice à diverses spéculations relatives à des engins extraterrestres qui y seraient entreposés. Ce documentaire donne la parole à d’anciens militaires ayant oeuvré dans cette base. Il s’agissait en fait d’essais relatifs à des prototypes d’avions secrets de l’armée américaine, tels que l’U2 (dans les années 1950), l’« Oskart » (début des années 1960, le premier avion furtif capable de se rendre invisible aux radars ennemis), le SR-71 Blackbird… Comme on interdisait au personnel la révélation de l’existence de ces avions, les missions étaient secrètes. Un ancien militaire ayant travaillé dans la Zone 51 a précisé qu’il n’y avait pas eu de bases souterraines et pas davantage d’ingénierie inverse à partir de vaisseaux extraterrestres (mais plutôt avec un MIG 51 soviétique).

Dans ce documentaire, le sujet des OVNIs n’a été traité que de façon marginale et de manière très réductionniste. On a ainsi entendu dire que les observations concernant l’avion U2 étaient à l’origine de la moitié des témoignages relatifs aux « soit-disant OVNIs » (sic). C’est une affirmation bidon qui n’a aucun fondement réel, ne serait-ce que parce que ce vulgaire avion n’a, lorsqu’on le voit en photo, strictement aucun rapport avec le descriptif des engins observés à l’époque (en forme de disque, etc.). Voyez, dans la rubrique “Présence extraterrestre”, le texte : “Les OVNIs et la CIA, les avions U-2 et la Zone 51”.

 

3. Le documentaire sur la théorie des anciens astronautes :

Dans ce documentaire, divers artefacts ou sites archéologiques ont été évoqués, ceux-ci étant présentés, par les tenants de la thèse des anciens astronautes, comme des éléments qui attestent la venue, dans le passé, d’êtres de l’espace.

On a ainsi évoqué un temple de l’ancienne Egypte dont les motifs passent pour avoir été peints dans le noir complet. Or, on y trouve des hiéroglyphes qui représentent ce qui s’apparente à une ampoule avec un filament. Mais l’archéologue Ken Feder a dit que ce n’est pas une ampoule, que c’est quelque chose qui ressemble plutôt à une aubergine. « Montrez-moi », dit-il, le verre et la source d’énergie.

Un autre exemple concerne les célèbres piles de Bagdad découvertes dans les années 1930.

Objectivement, ces exemples ne constituent aucunement des indices ou preuves que des visiteurs de l’espace ont donné une technologie aux humains de l’époque. Ainsi, Nancy Ried a rappelé que le mode de fabrication (avec du cuivre et du fer) des piles de Bagad, pour obtenir un courant électrique de 1,5 volt, est très simple.

Un partisan de la thèse des anciens astronautes a évoqué (reprenant de la sorte la thèse de Zecharia Sitchin, sans citer celui-ci) la nécessité, pour les « aliens », de s’approvisionner en or afin de réchauffer (grâce à des particules d’or) l’atmosphère de leur planète, d’où la nécessité d’extraire ce minerai. Il a fait état de l’usage de techniques d’extraction minière comme l’or. Ainsi, le site de Teotihuacan (près de Mexico) aurait été un site d’exploitation aurifère pour extraterrestres. Mais, ainsi que l’a précisé l’archéologue Kim Goldsmith, il n’y avait pas d’or à Teotihuacan. Ce spéculateur a manifestement appliqué à tort la thèse de Zecharia Sitchin au site de Teotihuacan…

On a mentionné les sites de Chichen Itza, de Baalbeck, de Nazca (Pérou), de l’île de Pâques, ces sites étant suspectés, par les tenants de la thèse des anciens astronautes, d’avoir quelque chose à voir avec les « aliens ».

On a aussi évoqué des images rupestres faisant penser à des individus vêtus de combinaisons spatiales. On a entendu Ken Feder dire qu’il est plus simple de penser qu’il s’agit là de représentations de dieux n’ayant aucun rapport avec des « aliens ». Ce gardien de l’orthodoxie a ajouté, en substance, que ce genre de thèse sous-entend que les humains sont stupides dans la mesure où ils auraient été incapables d’être à l’origine de réalisations imputées à des extraterrestres… Ken Feder a sorti par ailleurs l’argument classique du « rasoir d’Occam », lequel consiste à privilégier l’hypothèse la plus simple. Lui et ses pairs ignorent semble-t-il que les apparences sont parfois trompeuses et que privilégier la prétendue « hypothèse plus simple » peut parfois conduire à de grosses contrevérités…

Les pyramides égyptiennes ont aussi été évoquées. Pour William Henry, elles n’ont pas été conçues par les Egyptiens, une espèce extraterrestre ayant forcément participé à leur construction. Ceci est ridicule mais mérite une petite précision. Les pyramides sont bien sûr l’oeuvre des Egyptiens, sauf, dirai-je, la pyramide dite de Chéops (ainsi que le Sphinx), qui, si l’on en croit de nombreuses sources « psychiques », est l’ouvre d’architectes atlantes (secondés, d’après quelque-unes de ces sources, par des êtres d’autres mondes). Voyez, à ce propos, mes deux textes sur la Grande Pyramide et le Sphinx, dans la rubrique « Enigmes ».

Le tort fondamental des tenants de la thèse des anciens astronautes est de ne pas reconnaître la réalité de civilisations terrestres « avancées » dans la prétendue « préhistoire », et c’est à tort qu’ils attribuent à des extraterrestres des tas de réalisations monumentales qui sont en fait l’oeuvre, dans certains cas, d’Atlantes ou de Lémuriens ! La thèse des anciens astronautes n’est pas fausse, mais ceux qui la défendent la défendent souvent à tort et à travers en se trompant lourdement sur de nombreux dossiers. C’était comme cela dans les années 1960 et 1970 (avec Robert Charroux, Peter Kolosimo, Erich von Däniken, etc., dont je m’étais procuré les livres à l’époque), et je vois que leurs successeurs (j’ignorais les « nouveaux » avant cette émission) commettent les mêmes erreurs. Et quand ils tombent (apparemment) juste, comme dans le cas de Nazca (voir plus loin), ils n’en ont pas forcément une bonne représentation. (Ainsi, les pistes de Nazca n’étaient pas des « pistes d’atterrissage » mais avaient une autre fonction.)

La Grande Pyramide a été présentée comme un capteur d’énergie géant.

Un intervenant a mentionné les « Anunnakis » pour désigner les dieux extraterrestres, et il a évoqué la planète Nibiru et les Sumériens. On nous dit que la plupart des chercheurs estiment que les récits sumériens relèvent du mythe, ce en quoi, je l’ajoute, ils ont tort, car il s’agit, en fait, de « mythes » enracinés dans une réelle vérité historique. (Voyez notamment les “Chroniques du Girku”, d’Anton Parks.) Ces dieux extraterrestres nous auraient créé, par métissage, grâce à des manipulations génétiques. Les aliens auraient eu besoin de main d’oeuvre (pour les mines), et celle-ci aurait été constituée d’humains qui, ce faisant, auraient ainsi servi leurs dieux. L’archéologue Ken Feder a ironisé en évoquant, à ce propos, la théorie « des astronautes en chaleur », une ironie qui n’a heureusement aucune incidence sur la réalité des dieux extraterrestres sumériens et de la référence biblique (évoquée dans le documentaire) relative aux Fils de Dieu et aux Fils de l’Homme…

Le documentaire a aussi évoqué le peuple Dropa qui aurait été une race extraterrestre ayant vécu sur Terre. Des disques de pierre ont été découverts, ceux-ci étant réputés raconter l’histoire du vaisseau des Dropas qui se serait écrasé sur Terre. Ces êtres auraient été les ancêtres de la race chinoise.

On a montré le parc d’attraction, créé par Erich von Däniken, qui existe en Suisse et qui est dévolu aux artefacts censés valider la théorie des anciens astronautes. Erich von Däniken a cependant reconnu qu’il y avait, dans son premier livre paru dans les années 1960, beaucoup d’erreurs, celles-ci ne concernant pas tout son contenu mais une partie de celui-ci.

 

– Le crâne « Starchild » :

Dans les années 1930, on a découvert un crâne pas ordinaire, surnommé « Starchild » (« enfant d’étoile »), qui présentait des particularités qui ont fait penser à certaines personnes qu’il pouvait s’agir d’un crâne non humain, et donc extraterrestre. Le chercheur Lloyd Pye a ainsi déclaré que ce crâne n’était pas entièrement humain. Ray et Mélanie Young ont été les propriétaires de ce crâne qui ressemblerait à celui d’un « alien » du genre Gris.

Ce crâne ayant été confié pour analyse à un laboratoire de Miami, son âge a été estimé à 900 ans. On y a décelé un résidu rouge et des fibres solides, et les mycologues et autres spécialistes n’avaient rien vu de semblable. S’agit-il du résultat du croisement entre un humain et un extraterrestre ?

On a essayé d’extraire l’ADN, ce qui n’a été possible que pour l’ADN mitochondrial, celui de la mère. Dans ce cas, l’ADN s’est révélé être humain. Tant qu’on n’aura pas pu analyser l’ADN nucléaire, on ne saura pas qui est le père.

Les caractères particuliers du crâne (comme la boîte crânienne difforme) pourraient en fait ne refléter qu’une simple anomalie de la nature humaine. L’anthropologue Bill Rodriguez a le moulage d’un crâne humain dont la forme rappelle un peu « Starchild ». Mais on ne saura jamais sans doute la vérité.

Ken Feder trouve purement fantaisistes, comme on s’en doute, ces histoires d’accouplement extraterrestres/humains.

Je précise qu’on trouve un article de Lloyd Pye, sur le crâne “Starchild”, dans le numéro 80 (mai-juin 2012) de “Nexus”, pages 74-81.

 

– Les lignes de Nazca :

Dès les années 1960, certains auteurs ont suggéré que les célèbres dessins et lignes de Nazca (au Pérou) ressemblent à des pistes d’atterrissage modernes. Selon certains partisans de la thèse des anciens astronautes, ils auraient été tracés à partir d’un engin.

C’est en 1927 qu’un pilote d’avion a découvert les lignes de Nazca. Celles-ci sillonnent la pampa péruvienne sur plus de 500 kilomètres carrés. Les dessins et les figures géométriques qu’on y voit sont destinés à être vus du ciel. Ces motifs, mis en place par une civilisation « pré-incaïque » il y a plus de 1500 ans, représentent divers animaux : singe, lama, perroquet, baleine, colibri, etc. Il y a aussi des spirales, ainsi que des lignes droites qui se croisent et s’étendent sur des kilomètres.

Parmi les chercheurs s’étant intéressés à cette énigme archéologique, citons Paul Kosok, Maria Reiche, Georg von Breunig, Anthony Aveni, Horkheimer, Henri Stierlin, Simone Waisbard, Alan F. Alfo, Robert Bast, Zoltan Zelko, Albrecht Kottmann, Thomas Wick.

La signification de ces tracés a fait l’objet de nombreuses hypothèses : calendrier astronomique, calendrier météorologique, site de rituels et de cérémonies, système d’irrigation des cultures et culte de l’eau, etc.

Parmi les hypothèses émises pour rendre compte de l’origine de ces lignes et motifs, il y a celle de l’intervention extraterrestre. Parmi les tenants de cette interprétation, il y a notamment eu Erik von Däniken. Evidemment, cette explication est considérée comme irrecevable par les tenants de l’orthodoxie archéologique.

Le 30 mars 2007, sur France 5, Yves Calvi a abordé le sujet des OVNIs avec ses invités : Jacques Patenet (alors président du GEIPAN), l’ufologue Gildas Bourdais, Alain Cirou (rédacteur en chef de la revue “Ciel et espace”), Pierre Lagrange. Un spectateur ayant demandé si les fameuses pistes de Nazca ont pu servir à l’atterrissage d’engins « aliens », Pierre Lagrange se prit « les pieds dans le tapis » (comme on le lit sur le site www.ovnis-usa.com) – il avait auparavant repris les autres participants sur la tentation de l’anthropocentrisme dans l’analyse du phénomène OVNI – en déclarant :

« Ces signes ont été formés par des empilements de cailloux… Comment alors imaginer que des engins propulsés par des réacteurs (sic) aient pu les utiliser pour se poser ? »

Cette réponse est en effet tout à fait absurde car les vaisseaux d’origine extraterrestre n’utilisent pas de réacteurs (des êtres capables de traverser les espaces interstellaires n’ayant pas besoin de ce type de déplacement obsolète et anthropomorphique) !

Joe Nickells, que l’on a vu dans le documentaire de Direct8, est un « sceptique » (bien connu des milieux zététiciens) qui, comme les archéologues, ne croit évidemment pas à l’explication extraterrestre qu’il juge totalement dénuée de fondement. Afin de montrer qu’on pouvait facilement reproduire ce genre de figures, il a voulu recréer un motif bien connu, celui représentant une araignée de 45 mètres. Il a eu quelques difficultés à faire ce travail. En 1982, il avait reproduit (avec des piquets et une corde) un condor de 150 mètres. Il a bien sûr dit qu’il ne croyait pas que des extraterrestres aient tracé les lignes de Nazca. Raison invoquée : des engins spatiaux auraient créé un gros nuage de poussière !

De même, voici ce qu’on lit page 24 du numéro 27 (mai-juin 2012) de « Science et inexpliqué », à propos des lignes de Nazca :

« Servaient-elles de piste d’atterrissage pour des vaisseaux dont nous ignorons la provenance ? Cette vieille vision des choses ne s’accorde guère avec la réalité des ‘pistas’, de simples déblaiements du substrat. »

En réalité, on peut, à propos des tracés de Nazca, concevoir une intervention extraterrestre sans pour autant accréditer l’idée de pistes d’atterrissage. Notons, à ce propos, que si les archéologues et les zététiciens (Joe Nickell dans le documentaire de Direct8, Henri Broch, etc.) rejettent toute intervention extraterrestre dans l’élaboration des pistes de Nazca, quelques sources « psychiques » ou « paranormales » font intervenir, dans l’élaboration de ces tracés, une guidance extraterrestre.

Ainsi, l’ésotériste britannique Benjamin Creme (2000), qui dit tenir ses informations d’un Maître de la Hiérarchie planétaire, a confirmé que les lignes de Nazca (Pérou) ont été tracées par des visiteurs de l’espace. (1)

Une autre source « psychique » faisant état de l’origine extraterrestre des lignes de Nazca concerne la « psychométrie » (connaissance extrasensorielle par l’intermédiaire d’un objet) effectuée, en juin 1974, par le sujet psi Raymond Réant, un grand médium français décédé en 1997. Ce dernier ayant eu dans les mains un petit éclat de pierre noire, dont il ignorait la provenance, il eut la perception d’un grand plateau désertique :

« Des sortes de fossés très peu profonds y sont creusés. Ils forment de grandes lignes droites qui se recoupent. Sur ces lignes évoluent des fusées… Les unes descendent du ciel, les autres y remontent… Le plus surprenant est de voir ces appareils, qui n’ont pas de roues, circuler sur ces lignes. Ils volent comme portés par un matelas d’air, à une vingtaine de centimètres de hauteur. Ces fusées ressemblent à des obus, elles n’ont ni ailerons ni appareillage extérieur. Une seule ouverture est visible, sur la face postérieure de l’appareil… Pas très loin de là s’élève une ville, une énorme construction parabolique, ainsi que d’autres constructions. Toutes sont en pierre taillée et de dimensions gigantesques. Leur architecture est étrange. Voici qu’une fusée s’approche de moi… Elle stationne à quelques mètres, puis s’élève lentement et se dirige directement vers la montagne, dans laquelle elle s’engouffre en pénétrant sous la voûte d’un énorme bâtiment de pierre… Des êtres descendent de la fusée… Ils ressemblent à des hommes de forte corpulence, mais leurs oreilles sont beaucoup plus longues que les nôtres, et l’arrière de leur tête présente d’étranges bosses. Ils portent une sorte de combinaison, mais pas de casque. En descendant de la fusée, ils retirent une ventouse respiratoire qui leur emprisonne le nez et la bouche… Quelques hommes, exactement semblables à nous, circulent parmi eux. Ils sont presque nus, à l’exception d’un pagne qui forme une petite jupe très courte. A leurs poignets, des bracelets… Ils portent aussi des jambières en or… » (R. Réant)

Ce n’est qu’après avoir donné cette description que Raymond Réant apprit la nature de l’objet apporté par une journaliste. Elle avait ramassé ce caillou quelques années auparavant sur le plateau de Nazca, au Pérou, ce haut plateau des Andes où se trouvent des traces rectilignes qui s’entrecroisent à l’infini, de quelques mètres de large et de plusieurs kilomètres de long. (2)

Le 13 octobre 1974, on remit à Raymond Réant une pierre plate ramassée sur le plateau de Nazca. Il perçut une ville perchée sur la plate-forme d’un pic rocheux, des bâtiments faits d’énormes pierres taillées, des morts embaumés enfermés dans les cavernes et souterrains de la montagne, un énorme bloc de pierre cylindrique (avec le sommet coupé en biseau) reposant sur une pyramide formée d’une quinzaine de plates-formes… Un homme grand, au teint clair, vêtu d’une combinaison rembourrée, effleurait un pain de pierre à l’aide d’un instrument, le découpant ainsi ; l’une des tranches était la pierre dont le médium faisait la psychométrie. Des individus vêtus de jupes courtes et de robes longues ou courtes, beaucoup ayant des plumes dans les cheveux, s’inclinèrent devant l’inconnu. Une machine équipée de « mâchoires » aux dents de plus en plus serrées réduisait des pierres en poudre, cette dernière tombant dans des bassins alimentés en eau par des canalisations qui captaient les sources des montagnes voisines ; l’eau entraînait la poudre de pierre en suspension vers un bassin dans lequel elle décantait… De temps en temps, des disques de feu dansaient dans le ciel au-dessus de la pyramide.

La poudre obtenue était séchée dans une sorte de presse, mise en sacs et chargée dans un engin faisant penser à une fusée. L’appareil s’envola et pénétra dans une montagne après l’ouverture d’une porte métallique qui y était enchâssée. Les sacs furent déchargés. Les individus présents, portant de lourds vêtements de protection, versèrent la poudre dans une fosse contenant un liquide incolore, d’aspect légèrement huileux ; une ébullition (sans production de vapeur) se produisit, et un homme y plongea un appareil tubulaire (3 mètres de long sur 10 centimètres de diamètre environ)… La pâte résultant de cette opération fut extraite de la fosse par un système d’aspiration, puis modelée en pains plus ou moins gros, lesquels furent soumis, à l’aide d’un instrument, à un rayonnement, avant d’être découpés en disques plus ou moins réguliers.

« Empilés dans une grande salle, ces disques sont coupés à l’aide de ‘rayons’. Ils servent à garnir le fond des appareils volants. Les pièces défectueuses et les déchets sont utilisés pour les pistes de Nazca, où ils jouent un rôle très important pour la navigation au sol. Ces pistes servent à l’orientation des multiples fusées, qui s’y rendent de plusieurs points de la Terre, pour les voyages interplanétaires…

Une reprise de contact fait apparaître des soldats espagnols ravageant la ville, violant et massacrant les quelques femmes qui y sont restées…

Une autre ‘mémoire’ montre des archéologues ou des pilleurs de tombes fouillant une caverne. » (R. Réant)

Après une analyse au laboratoire de pétrologie de l’Université Pierre-et-Marie-Curie, on constata que cette pierre plate, ovale, était une pierre volcanique. On ne put expliquer la coupe précise de ses côtés. (3)

En novembre 1980, Raymond Réant remit à ses « élèves en parapsychologie » quelques décigrammes d’une pierre brune provenant des pistes de Nazca, dont ils ignoraient l’origine. Dix élèves virent des pistes avec des fusées et des « sortes de soucoupes volantes », trois sujets se virent dans une fusée et perçurent sous eux de longues pistes s’entrecroisant, et deux « psychomètres » virent notamment des « hommes aux longues oreilles »…(4)

Voici une troisième source « psychique » :

Dans un livre publié en 2011, on trouve l’explication suivante à propos de l’origine du tracé des lignes de Nazca, explication donnée par Saint-Germain, la source alléguée de Pierre Lessard :

« Elles furent créées physiquement par des hommes en état altéré de conscience guidés par des présences de l’extraterre. Des hommes éveillés (dans un état naturel) accompagnant des hommes en état altéré de conscience (en état de réceptivité) suivaient leurs directives. Si, par une analogie, nous voulions vous représenter la création de ces formes, nous vous dirions d’imaginer qu’à une plus faible échelle vous vouliez tracer des formes symboliques parfaites dans votre jardin. L’un d’entre vous s’élèverait au plus haut niveau de la toiture de votre demeure et, par une communication télépathique ou par l’intermédiaire de vos appareils, il transmettrait à son partenaire en état de réceptivité des consignes très précises comme ‘faites trois pas en ligne droite, puis tournez perpendiculairement à votre gauche sur quatre pas’. Ainsi, des formes très précises pourraient être créées sans que leur créateur sache vraiment ce qu’il dessine ou conçoit.

Cela dit, imaginez cette fois une présence de vie cosmique qui guide des hommes. S’ajoute alors aux directives l’influence d’héritages d’humanités lointaines antérieures, héritages enfouis dans le sol et créant une force d’attraction. Les hommes de la Terre, sans en être conscients véritablement, sont attirés vers ces lieux par la puissance du champ magnétique et l’ampleur de la spirale ascendante. Ils sont inspirés par les connaissances enfouies dans le sol et guidés par des présences de la vie de l’outreterre tandis qu’ils sont dans des états altérés de conscience pour créer ces formes. Par la suite, ces formes font l’objet d’une magnétisation cosmique pour en assurer l’inscription continue à laquelle le soleil puissant et le vent participent. » (5)

 

VIII. Une émission sur les OVNIs sur France 2 (22 février 2009) :

En France, les rares émissions télévisées consacrées aux OVNIs sont, dans la plupart des cas, de mauvaise qualité. Les émissions sur France 2 et France 3 n’échappent jamais au label « mauvaise qualité ». Normal, ces chaînes, dites de « service public », véhiculent la pensée unique et le « scientifiquement correct ». Il n’y a donc pas lieu de s’étonner de la nullité ou de la médiocrité des émissions de ce type. Ce fut le cas, en 2007, pour « L’arène de France » (France 2) et pour « Pièces à conviction » (France 3). Cela s’est de nouveau vérifié pour « L’objet du scandale » (France 2) le 22 février 2009.

Par contre, Canal+ avait fait une bonne émission en 2008 (si l’on excepte les deux commentaires négatifs injustifiés à l’égard des ufologues en général). Voyez à ce sujet le texte de Gildas Bourdais dans “Quelques bonnes émissions télévisées sur le paranormal et les OVNIs”. Une autre bonne émission a été diffusée sur Direct8 le 22 mai 2009.

J’évoque ici brièvement l’émission sur les OVNIs diffusée sur France 2, le 22 février 2009, dans le cadre du magazine télévisé « L’objet du scandale » :

Comme toute personne un tant soit peu informée du sujet OVNIs le savait à l’avance, l’émission diffusée sur France 2 le 22 février 2009 (enregistrée fin janvier), dans le cadre de « L’objet du scandale » (un magazine télévisé qui était présenté par Guillaume Durand), a été de très mauvaise qualité. D’abord, on savait que les intervenants étaient, pour nombre d’entre eux, les mêmes que ceux qui avaient participé à une émission, sur le même sujet, de « L’arène de France », également sur France 2, en 2007. On a ainsi vu, de nouveau, le témoin Nelson Monfort et le journaliste Stéphane Allix (directeur de l’INREES), ainsi que les mêmes personnes qui ne sont aucunement spécialistes de l’ufologie : les frères Bogdanoff et l’écrivain Bernard Werber. Parmi les nouveaux « non-spécialistes », il y avait le sociologue Patrick Tacussel et l’astronome Amy-Chantal Levasseur-Regourd. Il y avait aussi Marie-Thérèse de Brosses, l’auteure de : « Enquête sur les enlèvements extraterrestres » (1995). Cette dernière est très peu intervenue (mais n’oublions pas que l’émission était enregistrée). Elle s’est contentée de préciser qu’un cas d’observation filmée, évoqué par « l’introducteur » Bonaldi, n’avait pas de rapport avec des OVNIs. Et elle a répondu (en partie) au « paradoxe de Fermi » en mentionnant que le contact par émissions radioélectriques n’est pas un moyen nécessairement utilisé par des civilisations extraterrestres. Elle aurait dû aussi évoquer, ce qu’elle n’a pas fait, le principe de « non-interférence » si bien analysé par Christel Seval dans : « Extraterrestres. Contact et impact » (JMG éditions, 2006). Le pilote Jack Krine, également présent sur le plateau, a évoqué, pour la énième fois, son observation effectuée dans les années 1970. Et Stéphane Allix a fait quelques observations très générales sur l’intérêt à écouter les témoins… Signalons qu’en introduction, Bonaldi avait présenté la classification des PAN du GEIPAN, et qu’il a évoqué, plus loin dans l’émission, des exemples de confusions avec des choses naturelles ou de fabrication humaine qui peuvent être prises pour des OVNIs.

Tout le reste fut négatif et désastreux :

Patrick Carmouze a évoqué les « cas » abordés (depuis les années 1980, à vrai dire) dans ses émissions faites avec Christophe Dechavanne (même s’il n’a pas évoqué ce dernier) : Jimmy Guieu et les « petits Gris » (et les « hybrides »), Raël… Afin de montrer la fragilité du témoignage humain, il a cité les récits contradictoires obtenus de témoins à qui on avait fait croire à un événement. Stephane Allix a répondu qu’un psychologue aurait mis en évidence les incongruités de cette situation.

Bernard Werber a ressorti les inepties de son intervention à « L’arène de France » : Imaginons, dit-il, qu’il n’y ait pas d’extraterrestres, que la vie sur Terre soit unique et donc non reproductible. Cela signifierait que l’espèce humaine serait dans l’obligation de réussir l’expérience de vie… Il est de nouveau venu pour sortir cette banalité, lui qui, à vrai dire, ne connaissait alors rien à l’ufologie.

– Les frères Bogdanoff n’ont pas fait mieux. L’un d’eux a déclaré que, pour la physique relativiste, les voyages interstellaires sont impossibles. Stephane Allix a répondu qu’il faut « écouter » les témoins. Il aurait dû plutôt répondre que si ces voyages sont impossibles dans le cadre des connaissances terrestres actuelles, on ne peut en aucun cas affirmer qu’ils le sont aussi pour des civilisations ayant des centaines, des milliers ou des millions d’années d’avance sur la nôtre…

– L’astronome a suggéré une explication « naturelle » pour expliquer le témoignage de Nelson Monfort. Il est toujours aisé, pour les personnes qui n’ont rien vu, de dire aux témoins ce qu’ils ont en fait peut-être vu ou réellement vu.

– Le sociologue de service a sorti une petite tirade sans intérêt sur le phénomène des croyances. On ne peut pas dire qu’il remplaçait avantageusement le sempiternel Pierre Lagrange, car si je suis en total désaccord avec ce dernier sur le dossier OVNI (et notamment sur Roswell) – voyez par exemple les textes de critique de Gildas Bourdais sur ce site -, il avait au moins le mérite de connaître le sujet (ce qui ne veut pas dire qu’il a abouti à de bonnes conclusions), alors que le nommé Tacussel était, lui, un incompétent notoire en la matière.

– Un autre individu a montré un document évoquant les lignes de Nazca et les “crop circles”, histoire de montrer, bien sûr, que lorsqu’on pense avoir des preuves (de l’ingérence extraterrestre), eh bien il n’y en a pas. L’individu a bien sûr fortement suggéré que tous les “crops circles” sont de fabrication humaine, le documentaire se terminant par une séquence où on voyait un « ballet » de sphères lumineuses sur un champ où était censé apparaître un “agroglyphe”. Le commentateur a fait cette déclaration lapidaire : « C’est truqué, bien sûr. » S’il s’agit du film pris en 1996, c’est effectivement truqué.

Voilà, en gros, le contenu de l’émission. Elle n’aurait pas eu lieu que cela aurait été bien mieux. Notons, au passage, que le physicien Jean-Pierre Petit avait été initialement « espéré » pour cette émission, mais qu’il a été finalement rejeté, ce qui n’a pas plu, bien sûr, à la « victime ». Il aurait pourtant avantageusement remplacé les frères Bogdanoff et leur déclaration selon laquelle les voyages interstellaires sont impossibles.

 

IX. Emission des frères Bogdanoff sur les OVNIs, le 6 janvier 2011 sur France 2 :

Cette émission sert, en quelque sorte, de transition entre les mauvaises émissions citées ci-dessus et celles évoquées dans le texte suivant : “Quelques bonnes émissions télévisées sur le paranormal et les OVNIs”.

Jean-Pierre Petit avait annoncé, sur son site (www.j.-p.petit.org), qu’une émission sur les OVNIs allait être diffusée sur France 2, cette émission devant être présentée par les frères Bogdanov. Fin août 2010, ceux-ci ont présenté quatre documentaires programmés en deux soirées sur une période de deux semaines, le premier ayant été consacré à la recherche de la vie extraterrestre. Titre de ces documentaires : « A deux pas du futur » (en deuxième partie de soirée). Mais le magazine télévisuel des frères Bogdanoff s’était achevé sans la diffusion de l’émission sur les OVNIs. Finalement, c’est le 6 janvier 2011 que cette émission a été diffusée.

Voici le compte rendu de ce que Jean-Pierre Petit a écrit sur son site Web, à propos de l’émission des frères Bogdanov sur les OVNIs :

Au moment de l’émission de Direct8 consacrée, en 2009, aux OVNIs, Jean-Pierre Petit avait demandé à Nicolas Montigiani, à plusieurs reprises, s’il accepterait de figurer sur le plateau pour présenter sa revue « Science et inexpliqué » (à laquelle Jean-Pierre Petit avait collaboré). Nicolas Montigiani refusa en ces termes :

La télé, j’ai compris depuis longtemps que plus je me tenais au large, mieux cela valait.

Le 8 février 2010, Jean-Pierre Petit fut donc surpris de recevoir un message de Nicolas Montigiani dans lequel ce dernier annonçait qu’il préparait, conjointement avec les frères Bogdanoff, une émission sur les OVNIs.

« J’ai tenté de t’imposer : c’est niet (tout comme Velasco d’ailleurs).

Ils sont par contre vivement intéressés par une présentation de l’Ufocatch et une interview filmée de Jean-Christophe Doré (que je mets en copie). L’association ‘Ufo-science’ sera certainement évoquée… Ne vois-tu aucune objection à tout cela ?

J’ai également contacté Michau qui est d’accord pour témoigner. »

Dans le même temps, Jean-Pierre Petit recevait, en copie, la réponse du témoin-pilote d’hélicoptère Daniel Michau, présent sur le plateau de Direct8, contredisant ce mail :

Si Jean-Pierre Petit est présent sur le plateau, je suis d’accord pour venir, sinon ma réponse est négative.

Nicolas Montigiani a démarché auprès d’un second participant à l’émission, l’écrivain et essayiste Christel Seval, lequel a fait la déclaration suivante :

Dans ces conditions d’exclusion de JPP, je ne participerai pas à votre émission avec les Bogdanov.

Voici la suite du commentaire de Jean-Pierre Petit (sur son site : www.jp-petit.org) :

« Réponses similaires, alors que les deux ne se sont pas concertés.

On connaît la position des frères Bogdanov vis-à-vis du dossier ovni, qui est tout sauf scientifique. Stéphane Bern, qui les avait invités à l’émission consacrée au sujet, les avaient classés ‘dans les camp des NON’, au fil de ces joutes imbéciles dont la télévision s’est faite une spécialité et qui se terminent rituellement par un vote des téléspectateurs. Cela n’avait pas gêné une seule seconde les jumeaux, et je peux vous dire que si Bern avait décidé de les placer ‘dans le camp des OUI’, ils auraient accepté, en déroulant un discours emprunt de la même vacuité.

Montigiani savait ainsi pertinemment que ce projet d’émission sur France 2 déboucherait sur du médiocre et du vulgaire, et contrarierait nos efforts pour sortir ce sujet du folklore et le hisser au niveau d’un véritable problème scientifique. Sa revue, me dit-il, commence à marcher, et j’en suis ravi pour lui. Il n’est pas pris à la gorge, aux abois, tenu d’accepter toutes les compromissions. Je lui ai alors dit qu’à sa place ma réponse aurait été :

Dans la mesure où Jean-Pierre Petit est d’emblée exclu de cette émission et qu’il me semble être l’intervenant incontournable sur ce sujet, je préfèrerais que vous vous adressiez à quelqu’un d’autre.

Mais sa réponse, en date du même jour, 8 février, a été fort différente :

‘Cher Jean-Pierre,

Au sujet des Bogdanov : il faut bien que je gagne ma vie, et une opportunité comme celle-là ne se représentera pas. Je te l’ai dit : j’ai tenté, en vain, de t’intégrer au programme.

J’ai l’impression que tu prends vraiment mal la chose… J’ai pourtant été franc. Ce qui me peine un peu car je t’apprécies et te respecte au plus haut point.

Sache également qu’en ce qui concerne Michau, je n’ai rien fait ‘en douce’, mais ai seulement pris mon téléphone pour lui demander de témoigner. L’homme, d’ailleurs, m’a répondu qu’il était ton ami et souhaitait dans la mesure du possible que tu participes au programme.

Nicolas

Montigiani a fait son choix. Je lui ai aussitôt écrit :

– Que je lui renvoyais son argent (150 euros).

– Que ceci mettait fin à toute collaboration avec sa revue ‘Science et Inexpliqué’.

– Que je lui interdisais désormais de citer mon nom et mes travaux, de même que tout ce qui pouvait avoir trait aux activités d’UFO-science. Sinon, mise au point immédiate dans mon site.

Dans l’avenir, il lui faudra donc monter ses dossiers ovni avec le tout venant de l’ovni. Pas avec moi, pas avec nous.

Suite à cette réaction, appel téléphonique des Bogdanov. Je reproduis l’essentiel de notre dialogue :

Jean-Pierre, ça n’est pas nous qui avons été à l’initiative de ce projet d’émission. C’est France 2 qui nous a carrément donné l’ordre de traiter ce sujet. Or, nous savons très bien qu’en faisant cela, cela ne nous rapportera que des ennuis, de tous bords. Ceci étant, dans la liste d’intervenants que nous avons fournie, tu penses bien que tu étais le premier sur la liste. Mais nous nous sommes alors heurtés à un barrage catégorique. France Télévisions nous a dit que tu leur avais fait un sale coup et qu’ils ne te voulaient plus sur le petit écran. (Je me demande bien lequel ?)

– Qui a formulé ce refus ?

Un représentant de France Télévisions. Tu sais peut-être que France Télévisions chapeaute et contrôle les contenus de tout ce que produisent les chaînes.

– Et qui est ce personnage, comment s’appelle-t-il ?

C’est… un représentant de France Télévisions… Et puis, est-ce nécessaire de faire tout un foin avec cette affaire ? Cela n’est jamais qu’une émission magazine, un simple reportage.

– Pour moi, le sujet ovni n’est pas un sujet magazine, et vous le savez très bien.

Tu sais, nous, on ne fera que présenter l’émission. Elle contiendra un dossier qui sera réalisé par Roland Portiche.

– Alors là, on est sûr que ça sera à la fois médiocre et vulgaire ! Dans ce domaine, celui-là n’en est pas à son coup d’essai.

Mais nous, nous ne faisons que présenter….

– Ecoutez, vous deux, ne me prenez pas pour un imbécile. Cette émission sera une émission des frères Bogdanov, point. Reste à élucider cette affaire avec Montigiani. Qui a contacté qui ?

Montigiani nous avait contactés il y a un an pour nous demander une interview, mais nous avons éludé parce que nous n’avions pas de livre à présenter à cette époque-là. Puis, début 2009, il nous a envoyé ses voeux. On a alors pensé à lui comme conseiller, pour aider Portiche à monter son dossier. » (J.-P. Petit)

Source : www.jp-petit.org

Le « sale coup » (évoqué par les frères Bogdanov) fait par Jean-Pierre Petit à France Télévisions, lequel a motivé l’exclusion de Jean-Pierre Petit, je me demande si cela n’a pas de rapport avec les commentaires qu’il a faits, sur son propre site, à propos de sa participation à l’émission de Stephane Bern (émission de France 2, je précise).

On notera que la réaction de Jean-Pierre Petit vis-à-vis de Nicolas Montigiani a eu quelques conséquences :

Dans le numéro 15 (mai/juin 2010) de « Science et inexpliqué », on trouve un dossier descendant en flèche le dossier UMMO, l’opinion positive de Jean-Pierre Petit quant à l’origine extraterrestre des documents « ummites » n’étant pas explicitement évoquée. Jean-Pierre Petit n’est même pas nommément cité ! Nul doute que si Jean-Pierre Petit n’avait pas rompu sa collaboration avec Nicolas Montigiani, ce dernier aurait sollicité l’avis du premier ! On a droit seulement à la formulation (p. 41) :

“Un scientifique français affirme avoir puisé dans les lettres ummites certaines théories scientifiques peu en rapport avec une origine terrestre.”

Le scientifique en question, dont le nom n’est pas cité, est évidemment Jean-Pierre Petit.

L’interviewer (qui est bien sûr Nicolas Montigiani) pose cette question à Dominique Caudron (par ailleurs un spécialiste du dénigrement systématique en matière d’OVNIs) :

“Votre réaction ?”

Réponse de l’interviewé :

« Il semble que ce ‘scientifique’, d’ailleurs décrié par nombre de ses confrères, ne se soit pas intéressé aux revues de vulgarisation populaires des années 1960, ce qui l’a empêché d’en trouver l’origine. Pour le reste, il a tout transformé en ‘modèle scientifique’. Ce qui reste du domaine de la spéculation. »

Voici la réponse de Jean-Pierre Petit au texte rédigé par Nicolas Montigiani sur le dossier ummite :

« La revue Science et Inexpliqué, qui était au départ une initiative à la fois courageuse et intelligente, s’enlise dans de scandaleuses âneries. Dans leur grande majorité, les articles ne sont pas signés. C’est parce qu’ils sont de la plume du rédacteur en chef, Nicolas Montigiani. Leur contenu est alors d’une variabilité inimaginable. Autant l’article consacré aux pyramides chinoises est intéressant, autant Montigiani nous gratifie d’un article de sept pages où il exécute l’affaire Ummo d’un trait de plume, avec un texte d’une bêtise sans nom, qu’il étaye avec une interview de l’ufologue Dominique Caudron. »

Il donne le contenu d’une lettre adressée (en mai 2010) par Yves Rodde-Migdal au rédacteur en chef de Science et inexpliqué, Nicolas Montigiani :

« Je ne me présente plus, vous avez eu la gentillesse de passer un extrait de mon message concernant la GLNF (la Grande Loge maçonnique Nationale Française), qui, soit dit en passant, vit une crise sans précédent, ce qui a depuis largement confirmé mes propos.

Mais aujourd’hui je reviens sur l’article concernant le dossier Ummo.

Je n’ai aucun avis sur ce sujet, j’ai lu bon nombre d’ouvrages sur la question mais, n’ayant pas les connaissances scientifiques nécessaires, je me garde bien de toute conclusion.

Toutefois, je reste sans voix après la lecture de l’entretien avec M. Caudron. Pourquoi avoir donné la parole à ce monsieur que vous présentez comme astronome amateur ? Je ne conteste pas le fait que les autodidactes puissent accéder à un haut niveau de connaissance, mais lorsque M. Caudron cite, sans le citer, J.-P. Petit, on frise le néant absolu. Comment peut-on sérieusement donner à M. Caudron la moindre caution face à Mr. Petit, chercheur au CNRS spécialiste de l’astrophysique, certes décrié, conspué même, mais jamais contredit par l’ensemble du milieu scientifique qui n’a aucun argument valable à lui opposer ?

C’est une tartufferie totale qu’un amateur puisse se permettre de critiquer un scientifique, je ne sais même pas s’il a conscience du ridicule dans lequel il s’est vautré.

J’imagine qu’il serait bien incapable de décoder l’ensemble des formules mathématiques émises par J.-P. Petit. Je précise que je n’ai (…) aucun avantage à défendre M. Petit, mais entre un professionnel confirmé et un amateur aussi compétent soit-il, mon choix est vite réglé.

Au vu de son portrait, je vous ferai grâce d’une analyse psycho-morphologique toujours dangereuse, mais on sent bien chez le personnage, pour résumer, une évidente autosatisfaction qui est toujours un frein à toute idée d’ouverture d’esprit.

L’enterrement de première classe du dossier ummite et du dossier ovni en général asséné par M. Caudron est d’une rare bêtise.

Personnellement, je n’ai jamais vu d’Australiens, pour autant je ne remets pas en cause leur existence, et si un jour ils débarquent dans mon jardin j’essaierai de communiquer avec eux en leur montrant des photos de kangourous, afin qu’ils ne soient pas trop nostalgiques.

Ces propos sont exactement au niveau de ceux de M. Caudron sur sa manière de considérer le phénomène ovni qui est une insulte à l’intelligence.

L’exemple pris en conclusion reste un monument. En citant l’Affaire Dreyfus, je me demande ce qu’il veut démontrer, la justice étant depuis passée par là en réhabilitant l’honneur d’une victime de l’antisémitisme.

Bref, M. Caudron a les deux pieds dans la merde, mais il chante encore, ce qui est très français, mais somme toute vraiment peu efficace. M. Caudron serait-il un ‘Débunker’ ? Ce ne serait pas étonnant.

Je reste surpris de votre choix, je comprends votre désir de chercher la vérité, de mettre en contradiction des thèses, de tenter de séparer le bon grain de l’ivraie, mais là… Franchement… » (Y. Rodde-Migdal)

Ce que n’a pas compris ce lecteur, cependant, c’est qu’il s’agit là, en ce qui concerne le dossier Ummo, d’une réponse « du berger à la bergère », ou, si l’on préfère, de Nicolas Montigiani à Jean-Pierre Petit, le second ayant décidé d’interrompre toute collaboration avec le premier parce que ce dernier avait accepté de participer à l’émission des frères Bogdanov alors que Jean-Pierre Petit avait été évincé de celle-ci !!

Commentaire de Jean-Pierre Petit :

« Le ménage en grand doit être fait, car en matière d’âneries ça n’est pas fini. Les frères Bogdanov, avec qui j’ai été dans le passé lié d’amitié, il y a plus de vingt ans, mais qui maintenant son prêts à faire absolument n’importe quoi pour continuer de paraître sur le petit écran, nous ont concocté un dossier ovni, déjà tourné par le réalisateur Roland Portiche, qui sortira l’été prochain, en même temps qu’un numéro spécial de Science et Inexpliqué consacré au sujet. Peut-être un bon succès commercial, mais quand on apprend que Caudron y a contribué, la médiocrité parait assurée. »

Dans le numéro 16 (juillet/août 2010) de « Science et inexpliqué », on lit, page 6, ce courrier émanant du docteur Marc Francel (de Saint-Etienne) :

« A la lecture de votre article sur le ‘mythe ummite’, je pensais à Jean-Pierre Petit, vrai scientifique persuadé qu’Ummo et cie n’étaient pas sujet à doute. Il vous tiendra peut-être pour traîtres à la cause, lui qui vous a, à plusieurs reprises, félicités et encouragés dans votre entreprise. Je ne connais pas personnellement M. Petit, mais consulte régulièrement son site Internet. Je le crois sincère dans ses vraisemblables erreurs, et d’une certaine façon précieux pour tous ceux qui n’érigent pas les ukases scientifiques bien-pensants en préalable à toute discussion. D’une certaine façon, donc, si décidément Ummo n’est qu’une construction humaine, il est bon que des esprits libres s’y soient penchés sans a priori. Cette idée de cousins bienveillants qui attendraient que nous fussions à l’article du génocide pour nous délivrer de la faim ou de la maladie garde pourtant ce trait éminemment commode pour les imposteurs de tout poil qu’ils ne se manifesteront au fond jamais. Comme vous l’écrivez dans votre article, un célèbre auteur s’était fait l’écho de la correspondance scientifique reçue d’un certain M. N. Y. dont les cahiers écrits à la main donnaient moult secrets d’une civilisation d’outre-espace venue en vaïdorge’ nous surveiller pour le meilleur, à l’affût de nos guerres atomiques. A l’époque, dans les années soixante-dix, on pouvait encore rêver sur les dessins représentant les tableaux de bord desdites vaïdorges-soucoupes volantes qui exprimaient la vitesse en ‘koua/tol’. L’ennui, c’est que ces tachymètres de la vitesse superluminique montraient de fort belles aiguilles dans des cadrans ronds, de la plus analogique façon ! A l’heure de nos expressions numériques, nos visiteurs étaient déjà ringards ! Pourvu que Jean-Pierre Petit retrouve son sens critique, et le ton et le génie de son Enquête sur les ovni parue chez Albin Michel en 1990, où l’exposé de ses découvertes en MHD n’avait pas besoin des Ummites pour soutenir son talent. »

Il aurait fallu écrire : « Il vous tiendra peut-être pour traître à la cause » (à propos de Nicolas Montigiani), le singulier étant de mise !

(Le « célèbre auteur » évoqué par ce lecteur est Robert Charroux, et le cas mentionné remonte aux années 1960 et non aux années 1970. J’ai les livres concernés : « Le livre des secrets trahis », paru en 1965, et « Le livre du mystérieux inconnu », paru en 1969. Je consacre, dans la rubrique “Présence extraterrestre”, un texte à ce cas de « contacté » – M. N. Y.– présumé : “Le contacté Stephan Ritchen et la planète Bâavi”. Ces livres ont été publiés aux éditions Robert Laffont, la mort de ce dernier, survenue en 2010 à l’âge de 93 ans, étant évoquée – coïncidence – à la page 7, donc en vis-à-vis de la lettre de Marc Francel.)

Dans le numéro 69 (juillet/août 2010) de « Nexus » (p. 27-28), on trouve une interview de l’astronome Jean-Claude Ribes. Ce dernier a fait le commentaire suivant :

« J’ai participé à une émission pour France 2 qui sera diffusée à la rentrée, et le traitement du sujet a l’air sérieux. »

En lisant cela, j’avais tout de suite compris, bien sûr, qu’il s’agissait de l’émission dont Jean-Pierre Petit avait été évincé. Mais, comme je l’ai signalé en début de texte, la diffusion de cette émission a été retardée, cette diffusion ayant finalement eu lieu le 6 janvier 2011. Voici l’annonce qui s’y réfère :

“Dans la série A deux pas du futur :

OVNIS : VERITES ET ILLUSIONS

Les OVNIS cartes sur table ! Une institution prestigieuse, le CNES, l’Agence Spatiale Française, a accepté de nous ouvrir ses portes et ses dossiers.

Quelles sont, aujourd’hui encore, les observations qui résistent à l’analyse ? Comment déceler le vrai du faux ? Si les Ovnis viennent d’un autre monde, comment ont-ils traversé les gouffres de l’espace ? Et pourquoi leurs ‘passagers’ semblent-ils nous fuir ? Les ingénieurs du CNES et les astronomes répondent. Enfin, s’il s’agit d’un mythe, comment expliquer son étonnante longévité soixante ans après ?

Intervenants, par ordre d’apparition à l’écran :

Jacques ARNOULT, chargé de Mission Ethique, CNES

Jacques PATENET, retraité, ancien responsable du GEIPAN au CNES

Jack KRINE, ancien pilote de chasse

Stéphane CAPLIEZ, responsable Nouvelles Technologies, Ville de Paris

Christian COMTESSE, des Repas Ufologiques strasbourgeois

Egon KRAGEL et Yves COUPRIE, auteurs du livre Ovnis (2010)

Gildas BOURDAIS, auteur du livre Ovni : vers la fin du secret

Francine FOUÉRÉ, veuve de René Fouéré, pionnier de l’ufologie en France

Éric MAILLOT, démystificateur d’Ovnis, membre du Cercle Zététique, auteur du livre Les Ovnis et le Cnes

Yvan BLANC, responsable du GEIPAN, CNES, Toulouse

François LOUANGE, analyste et consultant en imagerie argentique et numérique

Adjudant Érik VERFAILLIE, gendarmerie de Saint-Alban (31)

Pascal BULTEL, ingénieur concepts avancés, CNES

Jean-Claude RIBES, polytechnicien et écrivain spécialiste des Ovnis

Emmanuel DAVOUST, astronome, Observatoire Midi-Pyrénées, Toulouse

Dossier préparé par le réalisateur Roland Portiche, en étroite collaboration avec Nicolas Montigiani, rédacteur en chef de la revue Science et Inexpliqué.”

Cette émission, qui avait été déprogrammée, a donc été diffusée le 6 janvier 2011.

– Compte rendu de l’émission :

Il n’y a pas grand-chose à dire sur le contenu de l’émission. Disons simplement que le sujet a été “honnêtement” traité, tout en n’ayant été qu'”effleuré”.

Ce sentiment d”’honnêteté” n’est pas partagé, bien sûr, par Jean-Pierre Petit ! Dans un texte daté de mars 2011, ce dernier est revenu sur l’émission des frères Bogdanov. Il commence par donner le contenu de l’email qu’Igor Bogdanov lui a envoyé le jour même de l’émission, le 6 janvier. On y lit notamment ceci :

« Tout d’abord, cette émission est de l’entière responsabilité de Portiche : il l’a écrite et réalisée seul (comme tu peux le voir dans le générique qui circule dans toute la presse) :

‘Documentaire écrit et réalisé par Roland Portiche, ce jeudi à 22 h 45 sur France 2 : Ovnis, vérités et illusions.’ http://www.leblogtvnews.com/article-ovni-verites-et-illusions-avec-les-freres-bogdanoff-64357540.html.

Son travail (très bon, par ailleurs) l’a évidemment engagé dans le choix des participants ; mais tu dois savoir que ce n’est pas lui, mais France 2 et le CNES (coproducteur de l’émission) qui se sont opposés à ta participation dans l’émission. Portiche n’y est pour rien. Nous n’y sommes pour rien. »

Jean-Pierre Petit a alors fait le commentaire suivant :

« J’ai ensuite suivi l’émission, où Igor et Grichka ont fait beaucoup plus que de présenter un document qu’ils souhaitaient attribuer au réalisateur Roland Portiche. Il n’échappera à personne qu’ils ont été les artisans et les acteurs de cette opération, visant à redorer l’image d’un service du CNES, déjà très dégradée après 34 ans d’immobilisme et d’exercice d’une incompétence sans faille.

Signalons, au passage, que cette émission n’a à aucun moment mentionné la tenue du colloque international ‘Astronomie-Espace-Dossier OVNI’ qui s’est tenu à Strasbourg en octobre 2010, à l’instigation de Mr. Michel Padrines. Au contraire, l’émission a mis en scène nombre de contributeurs aux propos exempts de consistance, comme ceux du responsable des ‘dîners ufologiques’, ou d’autres ufologues et essayistes.

Quand j’aurai le temps, je présenterai sur mon site des séquences de cette émission, en montrant son aspect inconsistant et tape-à-l’œil. Les images de synthèse que Roland Portiche a fait réaliser, montrant les nefs spatiales du futur, avec leur caractère spectaculaire, ne pouvaient que recueillir l’approbation de ces deux grands spécialistes du virtuel que sont les frères Bogdanov, qui s’étaient même, pendant toute une série d’émissions, fait représenter sous forme d’images de synthèse.

Cette émission, occultant soigneusement les démarches authentiquement scientifiques qui sont les nôtres, représente une symbiose entre incompétence et médiocrité. Elle n’est pas sans précédent. Il y a 25 ans, les frères Bodganoff avaient déjà ‘servi la soupe’ au service du CNES, quand celui-ci s’appelait alors le SEPRA, en collaborant à cette époque avec Jean-Jacques Vélasco. Il s’agissait alors de conclure que la plupart des observations d’ovnis pouvaient aisément être expliquées, et que seule une faible fraction d’entre celles-ci, quelque pour cent, trouverait un jour une explication en tant qu’interprétation erronée d’un phénomène naturel, ou autre’. Quand je les avais eus au téléphone, après cette lamentable émission, les deux frères m’avaient dit : C’est le CNES qui en a écrit le scénario et les dialogues. »

Il mentionne ensuite la séquence relative à l’observation de Daniel Michau :

« Si vous avez suivi l’émission du 6 janvier 2011, animée par les frères Bogdanov, vous aurez été surpris de retrouver sur l’écran les images de synthèse illustrant le témoignage de Michau, que nous avions fait réaliser. »

Il donne le contenu d’un email de Daniel Michau :

« Comme toi, probablement, j’ai suivi hier au soir l’émission des Bogdanov.

Avec surprise, j’ai découvert qu’ils avaient utilisé les images de Direct 8, sans toutefois donner mon nom et m’appelant pour l’occasion Monsieur Pierre.

Nous avions signé un document de renoncement de droit à l’image à Direct 8, et les Bogdanov ont probablement négocié leur utilisation. »

Jean-Pierre Petit :

« Revenons sur cette émission du 6 janvier, sur France 2. Elle est elle-même un mensonge inacceptable puisqu’elle passe sous silence les efforts de l’équipe d’UFO-science :

Voir ces deux jeunes premiers de soixante et un ans, ces deux imbéciles aux cheveux teints, vanter avec complaisance les mérites de gens qui, par immobilisme et incompétence, gaspillent les deniers des contribuables depuis trois décennies, dans un service, aujourd’hui appelé le GEIPAN, voilà qui a de quoi susciter une légitime colère. »

Parler de « mensonge inacceptable » car l’émission passe sous silence « les efforts de l’équipe d’UFO-science » est en soi « inacceptable », puisque tout était parti du fait que France télévisions n’avait pas souhaité la présence de Jean-Pierre Petit et que, suite à cela, ses amis (Daniel Michau, Christel Seval…) n’ont pas voulu non plus y assister, par « esprit de solidarité » avec le « maître » ! L’émission ne pouvait donc évidemment pas évoquer le travail d’UFO-science ! On ne peut pas parler de « mensonge »… Par contre, évoquer « en sourdine » l’observation de Daniel Michau (ce dernier n’ayant pas voulu y participer) en utilisant un pseudo (« Monsieur Pierre ») ainsi que les images de synthèse relatives à l’observation, cela est plutôt « limite » !

Jean-Pierre Petit évoque une partie de l’intervention de François Louange :

« Louange passe ensuite à un cas ‘ouvert’, qu’il considère comme sérieux, émanant d’une série de photographies prises par un de ses amis, à Barcelone, qui avait positionné son appareil sur un pied pour filmer un coucher de Lune. Et soudain, voici qu’en examinant la série de clichés, il découvre qu’un étrange objet traverse le disque sélène. »

« Etant donné la durée de l’observation, Louange en déduit que ça ne peut pas être un avion et que cet objet insolite orbite autour de la Lune. »

« Ce que Louange a pris pour un ovni n’est qu’une suite de photographies d’une traînée de condensation d’avion volant à haute altitude dans un air semi sec. »

« Dans les photographies prises à Barcelone, le panache apparaît simplement en contre-jour, sur une Lune éclairée par le Soleil. »

« En dépit de cette boulette magistrale, que Louange ne reconnaîtra jamais, sous peine de perdre toute crédibilité, il restera le spécialiste attitré du CNES-GEIPAN pour l’analyse des clichés et films. »

Puis il envoie une autre « pique » :

« Dans l’émission, vous aurez aussi vu Yvan Blanc présenter la vieille histoire de l’obus de la seconde guerre mondiale, que sa mise à feu intempestive et tardive a fait sortir de terre, au milieu d’un champ. Dans un premier temps, Jean-Jacques Vélasco, responsable du SEPRA (Service d’Expertise des Phénomènes de Rentrée Atmosphérique), avait identifié cet objet (pesant !) comme un fragment ‘d’un satellite russe’. Mais il est vraisemblable que Vélasco croît toujours que les longerons des avions sont faits avec des rails de chemins de fer. »

Je ne sais pas si cette animosité récurrente instillée par Jean-Pierre Petit envers notamment les acteurs du GEPAN/SEPRA/GEIPAN sert la recherche ufologique, mais elle explique, en tout cas, sûrement, pourquoi il est évincé de certaines émissions… On l’a enfin, notre explication.

A noter :

On trouve, dans le numéro 20, daté de mars/avril 2011, de “Science et inexpliqué”, une interview des frères Bogdanov. A la question : Quel regard portez-vous sur les OVNIs ?, ils apportent cette réponse (page 47) :

“Nous pensons que les ovnis sont réels et qu’il n’est pas impossible que certains soient d’origine extraterrestre. C’est la raison pour laquelle nous aimerions approfondir notre connaissance sur ce phénomène fascinant en nous dotant des outils qui nous permettraient de comprendre et, peut-être, apporter des éléments de réponse pour certains cas.”

Alain Moreau

 alain_moreau

Références :

1. Benjamin Creme, “Le grand retour”, Association Share France, 2002, p. 136.

2. Raymond Réant, “Parapsychologie pratique pour tous”, éditions du Rocher, 1982, p. 124-125.

3. Raymond Réant et Alain Sotto, “Pouvoirs étranges d’un clairvoyant”, éditions Tchou, 1977, p. 205-210.

4. Raymond Réant, “Parapsychologie pratique pour tous”, op. cit., p. 126.

5. Pierre Lessard, “Histoire sacrée. Tome 1 : Pérou”, éditions Ariane, 2011, p. 178.

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