UMMO : une imposture ?

Voici un texte qui fait suite à celui de Gildas Bourdais à propos du dossier Ummo : « UMMO. La controverse. Un texte de Gildas Bourdais ». Je fais ci-après la synthèse des éléments d’information sur le dossier Ummo, extraits de plusieurs numéros de la revue « Science et inexpliqué ».

 

1. L’article de Nicolas Montigiani :

Nicolas-MontigianiC’est le 28 mars 1950 (à 4 heures 16 minutes !) que trois soucoupes volantes se seraient posées dans la région montagneuse de La Javie (Alpes-de-Haute-Provence), avec, à bord, des Ummites. Une galerie aurait été creusée afin de dissimuler le matériel scientifique et de servir d’abri temporaire. Les vaisseaux auraient décollé 24 heures plus tard en laissant six expéditionnaires. Ces derniers avaient pour mission d’étudier la civilisation terrestre sans (trop) se faire remarquer.

C’est en 1949 que les Ummites auraient capté un court signal émis au début de février 1934, au large de Terre-Neuve, par un bateau norvégien qui menait des essais de transmission en signal morse. Une mission d’exploration aurait alors été décidée pour rendre visite à la planète émettrice.

ummo-hommeCes Ummites sont censés être grands, avoir la peau claire (et être plutôt blonds)… Leur épiderme subirait des changements de couleur, et ce, à cause d’une mauvaise stabilité ou fixation de la mélanine cutanée. En outre, une atrophie des cordes vocales, de l’épiglotte et du muscle thyroïdien, leur occasionnerait une aphasie partielle ou totale, cet inconvénient étant pallié par une aptitude à la communication télépathique.

Le cerveau ummite possèderait 18% de matière grise de plus que le nôtre.

Les membres expéditionnaires auraient été sélectionnés parmi les individus dotés d’un appareil phonatoire opérationnel, leur voix étant juste un peu plus « chantante ». Ils se seraient installés en Espagne, à Albacete puis à Madrid.

En 1965, Fernando Sesma Manzano, dirigeant de la Société des amis des visiteurs de l’espace, commença à recevoir une correspondance ummite. Les visiteurs expliquent qu’ils rejetaient un contact officiel immédiat à cause du bouleversement que cela pourrait provoquer. Fernando Sesma Manzano partagea la teneur des documents avec ses amis, lors de réunions qui avaient lieu dans le sous-sol d’une brasserie madrilène : La Balena Allegre. Certains membres de ce groupe devinrent aussi récipiendaires des lettres.

Les lettres ne révèlent rien qui serait susceptible de contribuer à un quelconque apport ou progrès utile.

Pour Claude Poher, seulement 50 % des affirmations des Ummites sont exactes, les connaissances mises en jeu étant du niveau des premières années de licence. Selon Jacques Vallée, l’informatique ummite est en retard sur la nôtre.

Dans une lettre adresse à Fernando Sesma Manzano, les Ummites disent avoir visité près de 400 systèmes planétaires, une seule civilisation présentant le même degré d’avancement que la leur. Cette planète serait peuplée de « nains à grosse tête ». Une autre planète serait habitée par une race d’ « hommes préhistoriques » hirsutes et un peu idiots.

 

– Un planisphère :

Un petit planisphère est dessiné dans une lettre. La planète ummite n’aurait qu’un seul continent entouré d’eau, ce qui serait dû à l’absence de dérive (laquelle serait extrêmement rare dans la galaxie). Il n’y aurait donc pas de diversité ethnique, linguistique et culturelle, mais une seule race, une seule langue et une seule religion.

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« Notez la ressemblance des provinces avec des… pièces de puzzle. Les frontières de notre planète qui y ressemblent furent tracées à la règle et au compas par les puissances coloniales en Amérique, en Afrique et au Moyen-Orient. Quelque chose de similaire est visible dans le transsibérien, dont une ligne droite contient encore la marque des doigts du Tsar sur la règle qui la traça. Des logiciels contemporains utilisant des fractales auraient évité ces défauts, preuve que notre technologie a devancé celle des mystificateurs de 1966. Notez également les quelques lignes fixes de communications terrestres et aériennes, presque toutes rectilignes et polygonales, similaires à celles des mappemondes promotionnelles des compagnies aériennes des armées soixante, ou au réseau optique au début d’Internet… » (C. P. Kouropoulos)

 

– Wolf 424 :

Ummo graviterait autour d’une étoile de la constellation de la Vierge. Cette étoile correspondrait à Wolf 424, découverte en 1919 par l’astronome allemand Max Cornelius Wolf. Mais nous savons aujourd’hui que ce système stellaire est composé de deux naines rouges. La distance entre notre système solaire et l’hypothétique planète ummite a d’abord été estimée, par la source présumée ummite, à 3,68 années-lumière.

planete-ummite« Visiblement peu féru d’astronomie, le mystificateur ummite a dû s’inspirer d’un article du magazine Time paru en 1938, dans lequel ladite étoile était alors considérée comme la plus proche du système solaire avec une distance estimée à 3,7 années-lumière. Elle est en réalité de 14,4 années-lumière ! Loin de se décontenancer, les Ummites vont trouver un subterfuge adéquat : les deux valeurs sont correctes. La plus petite distance est juste celle calculée lorsque leurs vaisseaux (les OAWOOLEA UEWA) empruntent une sorte d’hyperespace pour aller plus vite… Bien joué. » (N. Montigiani)

 

– Une voix ummite enregistrée :

Membre du « Groupe de Madrid », Rafael Farriols, un riche entrepreneur de Barcelone, reçut des lettres « ummites ».

En 1968, il put même enregistrer au téléphone la voix d’un Ummite, à l’aide d’un micro ventouse. La voix audible, qui est métallique, grave, légèrement nasillarde, cadre avec la dégénérescence supposée de l’organe phonatoire ummite et avec la nécessité, pour ces extraterrestres, de porter une sorte de prothèse vocale. Au moment des faits, certains chercheurs ont affirmé qu’il n’existait pas, sur Terre, d’appareil susceptible de travestir une voix humaine de façon à lui donner un timbre de « robot ».

« En fait, un tel appareil existe depuis bien longtemps ! Il s’agit du Vocodeur (développé en 1939 par l’ingénieur américain Homer Dudley, des laboratoires Bell). » (N. Montigiani)

L’enquêteur belge Thierry Wathelet, qui a travaillé en studio d’enregistrement, a précisé que le Vocodeur fusionne une voix humaine avec une autre source sonore mais électronique. Trafiquer une voix était envisageable en 1968…

 

– Une maquette :

Le 2 juin 1967, le quotidien du soir « Informaciones » publia un article faisant état de l’observation, par des centaines de personnes, de soucoupes volantes, au voisinage de Madrid, et cet article était illustré de l’image d’un engin de couleur blanche, en forme de disque, qui évoluait au-dessus du château de San Jose de Valderas. Sur le ventre était visible une sorte de grand « H », le sigle ummite.

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Les cinq clichés (dont l’auteur est resté introuvable) furent d’abord soumis à l’expertise informatique de l’ingénieur William Spaulding, fondateur de l’association Ground Saucer Watch. Cette étude révéla la discrète présence d’un fil permettant la suspension de « l’ovni ».

En 1977, Claude Poher (le premier responsable du GEPAN) a abouti à la même conclusion en utilisant la technique par microphotomètre numériseur.

Dominique Caudron note, quant à lui, qu’aucun témoin de l’observation n’a été retrouvé. En effet, l’enquêteur Manuel Carballal a constaté que les personnes interrogées renvoyaient vers d’autres témoins supposés ou vers le livre d’Antonio Ribera et de Rafael Farriols, sans avoir elles-mêmes vu quelque chose.

Dans une lettre ummite ultérieure, les Ummites confirmèrent être les auteurs des clichés frauduleux. Ils prétendirent que ces clichés avaient servi de couverture « face à un degré élevé de crédulité de la part du réseau social de la Terre » (sic).

 

– Un monde utopiste ?

Par contre, il faut faire attention à ne pas « en faire un peu trop » dans l’argumentation de la mystification. Carvalho, Duret et Maherou qualifient ainsi la vie quotidienne des Ummites d’un peu trop utopiste. Pourquoi ? Parce que ces derniers sont censés ne travailler que quelques heures par jour et que l’argent est censé ne pas exister ! Il est ridicule d’évoquer un tel argument. Comment peut-on, en effet, se permettre de juger de la pertinence d’un modèle social réputé être extraterrestre à l’aune de ce qui est censé être « réaliste » pour notre société terrienne actuelle ? L’univers est si vaste et tout est envisageable dans des réseaux sociaux extraterrestres complètement différents du nôtre. Carvalho, Duret et Maherou en remettent « une couche » en déclarant que la vie ummite est beaucoup trop cadrée et précise pour qu’elle soit vraie, car il faudrait plus de diversité et de liberté ! On peut défendre la thèse de l’imposture sans qu’il soit nécessaire de recourir à des arguments aussi peu pertinents.

 

– Le dossier Ummo selon Dominique Caudron :

Dominique-CaudronPour l’astronome amateur Dominique Caudron, la science ummite est du niveau des spéculations scientifiques des années 1960, du genre de ce que l’on pouvait trouver dans des revues comme « Science et Vie »

Le monde ummite n’est pas, dit-il, crédible.

« Un seul continent, un seul peuple, une seule forme de pensée, une seule religion, un gouvernement unique… Bref, absolument aucune diversité. » (D. Caudron)

Ici, le critique semble tomber dans le même travers que celui dénoncé un peu plus haut. Il ajoute :

“La vie sous-marine semble en outre être totalement inexistante, ce qui est un peu fort lorsque l’on connaît le rôle majeur des océans dans l’apparition de la vie ! Avancés, les Ummites ? Ils ignorent tout des systèmes globaux de communication, comme par exemple Internet, et décrivaient des appareils à lampe alors que nous venions d’inventer les circuits intégrés… Ces êtres extraterrestres avancés n’ont absolument aucune leçon de modernité à nous donner !”

Voilà un argument plus pertinent.

Le même critique parle, en ce qui concerne le contenu des lettres, de « vaste étalage d’erreurs scientifiques », surtout en matière d’astronomie. Il s’agit, dit-il, d’une sorte d’expérience, de manipulation, dont le but était de tester la crédulité humaine, le test ayant été concluant.

L’auteur des lettres est José Luis Jordan Pena, un technicien supérieur en télécommunication.

« Il a tout avoué, sauf le volet français impliquant le prétendu atterrissage à La Javie… Il n’a pas expliqué comment il connaissait tous les détails de la zone du supposé atterrissage. Il fallait bien connaître la région, et lui était espagnol… En fait, il a motivé son choix de la France parce qu’il estimait, à l’époque, ce pays supérieur à l’Espagne (les Trente glorieuses). Je suppose qu’il avait un correspondant français qu’il n’a jamais dénoncé. » (D. Caudron)

Nicolas Montigiani ayant évoqué un scientifique français (le nom n’est pas donné, mais il s’agit bien sûr de Jean-Pierre Petit) qui affirme avoir puisé dans les lettres ummites certaines théories scientifiques peu en rapport avec une origine terrestre, Dominique Caudron répond qu’il semble que ce scientifique, « d’ailleurs décrié par nombre de ses confrères, ne se soit pas intéressé aux revues de vulgarisation populaires des années 1960, ce qui l’a empêché d’en trouver l’origine ». Pour le reste, ajoute le critique, « il a tout transformé en ”modèle scientifique” », ce qui « reste du domaine de la spéculation ».

 

– A propos de José Luis Jordan Pena :

En 1992, José Luis Jordan Pena avoua la mystification :

Jose-Luis-Jordan-Pena« Je me suis décidé à créer un mythe appelé Ummo, en l’ornant d’un faux atterrissage et de fausses traces. Le montage a été presque parfait. Je l’ai lancé au moyen de lettres anonymes, agrémentées d’informations pseudoscientifiques, en causant l’intérêt que l’on devine. Ultérieurement, à cause d’un journaliste, Javier Sierra, je me suis décidé à révéler l’Affaire. (…) Pour simuler la caractéristique voix ummite, j’utilisai un appareil électrique de distorsion que je construisis moi-même, et qui donnait à ma voix, ou à celle de quiconque l’utilisait, une résonance métallique et nasillarde. Je me revois écrivant les rapports les samedi et dimanche après-midi, profitant de mes voyages en France, en Angleterre, etc., ou des voyages de mes amis, pour y poster les lettres (…). Je me repens d’avoir créé une expérience que je considère immorale et qui s’est retournée contre moi. » (1)

 

2. L’article de Jean Bastide :

Dans sa préface à un article de Jean Bastide paru dans le numéro 20 (mars/avril 2011) de « Science et inexpliqué », Nicolas Montigiani révèle que Jean Bastide lui a remis une lettre récente de Jordan Pena adressée à son ami ufologue Ignacio Darnaude Rojas-Marcos (lui-même ami de Jean Bastide). Outre des aveux renouvelés, l’auteur des fausses missives ummites y reconnaît l’implication d’un organisme secret américain. Le contenu de cette lettre est donné plus loin.

L’institutrice Godelieve Van Overmeire avait cru montrer l’origine chinoise du langage phonétique ummite.

Le concept des « soncepts », que Jean Pollion (un pseudonyme) a décelé dans le langage ummite, existe déjà dans une lettre écrite en 1943 par l’écrivain américain (qualifié d’escroc notoire par Jean Bastide) Richard Shaver, un document qui a été prétendument reçu des « Deros » (rescapés du continent englouti de Mu) et qui a été adressé à Ray Palmer, l’éditeur du magazine « Amazing Stories ». En janvier 1944, ce magazine a publié l’alphabet de Mu, ainsi que les « soncepts ».

En octobre 1992, lors du congrès ufologique de Budapest (Hongrie), le major Colman von Keviczky photographia depuis les airs l’insigne ummite géant (105 mètres) tracé sur l’aérodrome de Ferihegy.

 

– Krypton et sigle Ummo :

sigle-ummiteJean Bastide note que le krypton, évoqué dans les documents ummites, est à l’image de la kryptonite, le minerai qui affaiblit Superman. C’est, ajoute-t-il, le sceau évident d’une mystification d’essence américaine… C’est le chimiste britannique William Ramsey, lauréat du prix Nobel de chimie en 1904, qui a découvert l’élément chimique krypton (1898) dont s’est inspiré Jordan Pena dans plusieurs lettres ummites. C’est en s’inspirant de la kryptonite bleue maléfique que José Luis Jordan Pena a fondé la secte « Pirophos de la lumière bleutée ».

« Et si l’emblème Ummo a été copié sur la lettre russe (…) – ji, c’est que cette lettre est précisément celle de la double initiale de… l’infatué José Luis Jordan Pena, tant il est vrai que les mystificateurs recherchent avant tout la publicité. Cette origine slave peut s’expliquer par la guerre froide qui imprègne à l’époque – inconsciemment ? – l’esprit de l’affabulateur. Quant au nom de la planète Ummo, il viendrait de l’espagnol humo, fumée, ou, selon le si sagace inspecteur criminologue Manuel Carballal, du terme umaa, qui désigne dans la doctrine tantrique la colonne vertébrale par laquelle l’énergie kundalini transite à travers les chakras. Rien d’étonnant, dès lors, de constater que Pena, fondateur d’une dangereuse secte hindouisante, ait abusé sexuellement deux femmes, Trinidad Pastrana et Mercedes Carrasco. Les suicidés de Tarrassa (1972) seront victimes de leur croyance aveugle dans le credo ummite, se croyant appelés par les extraterrestres, (…). » (J. Bastide)

 

Eustaquio Zagorski, Ummo et les Varkulets :

« En juillet 1978, mon ami Ignacio a reçu une lettre d’un Argentin d’Avellaneda, Eustaquio Zagorski, dans laquelle il prétendait rencontrer des Ummites depuis 1968. Selon Zagorsky, d’autre part auteur d’un article de huit pages paru à Lima (Pérou) dans lequel il disait avoir voyagé en soucoupe volante (Yo viajé en un platillo volador), les extraterrestres avaient un ‘laboratoire’ à Albacete… Il précisait avoir été visité par les Ummites (qui lui donnèrent 200 photographies en guise de preuve) et voyagé jusqu’à Ganymède, le plus grand satellite de Jupiter, où il avait appris le langage cosmique Varkulets et avait épousé une autochtone ! galindez1varkuletsEn juillet 1978, Ignacio recevait à son tour une lettre d’un chercheur argentin, le docteur Oscar A. Galindez, qui avait aisément déchiffré ces Varkulets en démontrant le processus d’encodage enfantin – par décalage – utilisé depuis la plus haute antiquité. » (J. Bastide)

La phonétique et la syntaxe des « Varkulets » ne sont qu’un simple décalque de l’espagnol. (2)

 

3. Thierry Wathelet :

L’ufologue Thierry Wathelet a étudié le dossier Ummo pendant plus de deux ans.

ufologue-Thierry-Wathelet« Pour ma part, le seul poids dans cette affaire est l’intervention de Jean-Pierre Petit. Sans lui, qu’on le veuille ou non, l’affaire Ummo n’aurait eu aucune suite… J’ai pu grâce à lui analyser un document audio où l’on entend une voix qui serait celle d’un Ummite. En utilisant des moyens techniques, le son est mon métier, j’ai conclu par a + b qu’elle était d’origine humaine. Des scientifiques de l’UFOCOM ont également examiné des éléments ponctuels et concrets énoncés dans les fameuses lettres comme, par exemple, la localisation de l’étoile du système dans lequel orbiterait la planète Ummo. Je rappelle qu’à l’époque de ces lettres, le télescope Hubble n’existait pas encore. Les éléments étudiés ont montré des erreurs et des fausses informations. En ce qui me concerne, ce dossier ne devrait pas être pris en compte pour expliquer le phénomène ovni. Par contre, il pourrait s’avérer intéressant pour les spécialistes de la Guerre froide… » (3)

 

4. La lettre de novembre 2010 de José Luis Jordan Pena :

Voici le contenu de la lettre que José Luis Jordan Pena a envoyée à Ignacio Darnaude, cette lettre ayant été postée le 5 novembre 2010 :

jordan« Depuis ma généreuse confession datant déjà de bien des années (voici déjà près de quinze ans si je me rappelle bien), dans laquelle je m’attribuais la paternité de l’affaire (H)UMMO, je me dois la compléter eu égard au fait que s’est écoulé un temps de réflexion appréciable, ne serait-ce que par amitié pour les chers amis que j’ai inévitablement pu me faire et au regard desquels je désire maintenant être totalement honnête.

J’aurais pu m’enrichir avec cette affaire, et la preuve de ma bonne foi réside bien en ce que je ne l’ai pas fait, bien que je me doive de reconnaître que les professeurs se sont montrés très généreux avec moi, sur le plan pécuniaire s’entend.

Je t’ai choisi tout spécialement pour parachever ma confession car, en plus de te considérer comme un honnête homme et un ami, ton travail sur l‘ummocat m’apparaît exceptionnellement fidèle.

L’affaire Ummo, ainsi qu’elle fut malencontreusement appelée par les journalistes ufologues de pacotille, était en fait mon oeuvre, mais pas dans sa totalité.

Des écrits comme ceux sur l’Ummowoa, La guerre en Iraq, le waam-waam, le rapport de biologie de l’infortunée et malheureusement défunte Alicia, et les lettres postérieures à 1988, y compris celles reçues par mes admirateurs et si ingénus voisins français, N’ETAIENT PAS DE MOI. (1) Il est vrai qu’ils imitaient mon style, mais il était visible qu’il ne s’agissait là que de simples imitations d’un ou plusieurs plaisantins, dont l’identité exacte m’est restée à ce jour inconnue.

J’ai eu quelques collaborateurs à l’étranger, lesquels envoyaient les lettres de sites éloignés sur le globe terrestre… Des noms ?… Je ne suis autorisé à en donner que quelques-uns : Vicente Ortuno (+), Norman West, John Child, M. Carrascosa, Alberto Borras, T. Pastrami, Sean O’Connelly (+), Iker J. (qui prospère encore aujourd’hui grâce à moi !). Je reconnais avoir réussi à y instiller mes connaissances à travers le personnage (fictif) de Jhon AXEE. La solide culture que j’ai ainsi pu accumuler au fil des ans transparaît ici aussi. (Je demande humblement pardon pour mes abus en ce qui concerne Jhon Axee, mes correspondants ayant exigé ce pardon que, en tant que catholique pratiquant, je livre avec onction.)

J’ai en effet gardé par devers moi la meilleure partie de l’histoire, et je désire aujourd’hui donner, vu le nombre de niaiseries et de sottises qui ont été dites par certaines personnes, quelques précisions.

Ces faussaires s’imaginaient-ils donc vraiment que j’allais assister, impassible, à une telle usurpation de mon talent sans rien dire ?… Je le répète, je ne me suis pas excessivement enrichi avec cette histoire, me contentant d’être un expérimentateur au nom de la science et ce, pour le bien de l’humanité, avec l’aide d’un puissant groupe étranger dont tu dois deviner l’identité.

Je préfère en l’occurrence une confession épistolaire au motif évident que tu puisses clore ainsi d’un fermoir d’or le cycle du catalogue ummite.

D’un autre côté, c’est bien là ce qu’ont exigé mes correspondants.

En outre, l’existence des textes bâtards dont j’ai déjà parlé m’oblige actuellement à devoir dénoncer tous ceux qui, sous couvert de l’anonymat, ont abusé de mon oeuvre en rédigeant ces faux textes, s’en inspirant à coup sûr.

Prends donc bien note de ceci :

Deux citoyens américains, le docteur Jonathan F. Mac Guire (+) et son adjoint le professeur Arnold J. Lebotski, qui travaillaient pour un organisme officiel, m’ont contacté voici déjà de nombreuses années à Alicante, en me demandant de les aider à réaliser une expérience sociologique pour le bien de la culture occidentale. Vu mon anticommunisme virulent, encore bouillant à cette époque, je m’empressai d’accepter, il en fut ainsi, et ils me récompensèrent alors de telle sorte que jusqu’à aujourd’hui, je vis encore grâce à ce salaire, que, pour des raisons évidentes, j’ai réussi jusqu’à maintenant à préserver de l’appétit insatiable de l’Agence de recouvrement des impôts, l’Agencia Recaudatora (Hacienda), un pied de nez envers la stupide démocratie instaurée qui NE PEUT PLUS RIEN CONTRE MOI juridiquement parlant, car ce sont des agneaux décervelés et que je suis un être rationnel, sachant apprécier les temps et les esprits.

Mon salaire en ce temps, quoique décent, ne s’est jamais révélé excessif.

Ils me réglaient alors en billets américains (le dollar valait alors soixante pesetas), et moi j’allais, billet après billet, les changer dans les succursales d’Alicante, Madrid et Albacete. Tout ce que j’avais à faire était d’inventer en conséquence un monde imaginaire (bien qu’inspiré par leurs suggestions) et à en faire état de façon totalement transparente auprès de tous mes amis et de mes connaissances. Et d’employer aussi parfois, en qualité de scientifique indépendant, le hasard, écrivant ainsi à de parfaits inconnus listés dans l’annuaire téléphonique de la Compagnie Nationale d’Espagne (CTNE).

Mon imagination et quelques solides connaissances scientifiques firent le reste.

Le reste de l’histoire est archi-connu.

Voici donc ma confession. Je t’autorise à une divulgation qui se veut pour l’heure modérée, toujours inspirée par ta bonne foi avérée et selon ton excellent jugement.

Je sais que tu m’obéiras, en homme bon et pondéré que tu es.

Rien de plus, cher ami, reçois et transmets donc – à nos braves et crédules amis – ma nouvelle contribution au devenir humain.

Une accolade émue de ton ami,

José Luis Jordan Pena

(1) … et quelques autres, d’encore pire facture, dont je ne me rappelle plus à cet instant.

PS : Je nierai (et à toi le tout premier) avoir jamais écrit cette lettre. Je compte sur ton honnêteté pour ne pas la divulguer, si ce n’est sur ummocat, et encore avec des réserves. Aussi bien mon téléphone que mon courrier sont contrôlés, tant par eux que par d’autres. » (4)

 

5. A propos de José Luis Jordan Pena :

Voici ce qu’a écrit C. P. Kouropoulos (www.ovni.ch) à propos de ce personnage :

Jose-Luis-Jordan-Pena

 

 

 

 

 

 

 

« Voilà le personnage-clé de toute l’affaire. Ingénieur en télécommunications, électronicien, dessinateur et parapsychologue, Luis José Jordán Peña (…) avait suivi un stage de psychologue d’entreprise, fonction qu’il exerçait dans une société de travaux publics. Il vantait ses talents de psychotechnicien et avait dirigé le département de physique d’un collège madrilène où il avait enseigné cette branche ainsi que les mathématiques. Jordán Peña se passionnait pour la science fondamentale et la cosmologie dont il suivait activement les progrès en lisant livres et articles. Il correspondit avec nombre de savants de son temps, de plusieurs pays. Rationaliste et sceptique de droite, il était particulièrement méprisant à l’égard de ses contemporains qui croyaient au paranormal et aux Ovnis. Il avait fondé et présida durant plusieurs années la Société Espagnole de Parapsychologie, la SEP dont il avait construit lui-même les appareils de laboratoire.

Il imagina et mit en oeuvre la mystification UMMO afin de confirmer sa thèse selon laquelle le 79% de la population souffrait d’un dédoublement paranoïaque de la personnalité. Pour les voix ummites, il se servit de filtres, d’une distorsion, et parlait lentement en se bouchant légèrement le nez entre le pouce et l’index, le micro étant placé tout près d’une cavité adjacente afin d’en capter les résonances et obtenir cette voix étrange, à la tonalité à la fois profonde, sourde et nasillarde. Mais, à la motivation d’étude sociologique, s’en ajoutait une autre, moins avouable, de manipulation sexuelle à tendances sadomasochistes, dont on retrouve des éléments dans le paragraphe concernant UMMOWOA. Il monta une autre mystification sectaire, celle du cercle Pirophos, également à vocation sadomasochiste, et un mouvement pseudo-hindou dont il fut le maître réincarné.

Effaré de la crédulité que ses lettres suscitèrent, Jordán Peña tenta d’accumuler les indices, les invraisemblances, d’exhorter ses lecteurs à la pensée critique, de souligner l’importance de la logique tétravalente, qui contenait la notion-clé du Vrai en dehors du Réel, c’est-à-dire de la vérité mythique au sein d’une fiction, ce que suggérait le nom même d’UMMO, mais rien n’y fit. Son Star Trek incarné avait acquis une vie autonome, dont il finit par s’accommoder. Il en tira un profit trouble dans certaines relations féminines.

Devant l’apparition de deux sectes apocalyptiques et d’autres manipulateurs qui prirent le relais, et auxquels on devrait les lettres sur le suaire de Turin, il avoua tout en 1993. Son complice Vicente Ortuño fit de même. La même année, Trinidad Pastrana reconnut être l’énigmatique Marisol, mystérieuse intermédiaire des Ummites et récipiendaire de leurs étranges rapports. Marisol utilisa le téléphone et ses voyages à l’étranger pour poster lettres et messages ummites dans les services postaux des pays qu’elle visitait, amenant les chercheurs à croire que les Ummites voyageaient autour du monde pour collecter des données sur notre planète. La correspondance UMMO lui était dictée par Jordán Peña. Trinidad affirma qu’elle l’avait rencontré à l’extérieur d’un studio radiophonique et qu’elle fut captivée par sa discussion avec lui sur la photographie Kirlian. Les circonstances l’amenèrent à se faire hypnotiser par Jordán Peña, puis à être soumise à ses abus sexuels. Une autre femme, Mercedes Carrasco, également victime d’abus sexuels de la part de Peña, allait aussi être impliquée dans les fantasmes du parapsychologue et dans la mystification UMMO. Manuel Carballal raconta comment elle posta les lettres UMMO de Malaisie et du Zimbabwe en 1983-84. Dans un entretien enregistré, elle évoqua son implication dans l’affaire UMMO : Je rencontrai Jordán en 1972 ou 1973 à la Conférence de la SEP, et acceptai d’être hypnotisée par lui, d’abord devant témoins et ensuite seule… Jordán profita d’une lettre que Mercedes Carrasco avait postée à un groupe spirituel pour se présenter en tant que Maître Hindou, l’amenant à croire que le seul moyen de compenser son mauvais karma d’une existence antérieure était de se soumettre à une relation sadomasochiste avec lui. »

« Reste donc la thèse du canular/étude psychologique perpétré par Jordán Peña, ingénieur, dessinateur, parapsychologue autoproclamé et psychologue d’entreprise.

Jordán était conscient des modes intellectuelles de ses contemporains, modes qui s’épanchaient à foison lors des nombreuses réunions et soirées des pseudo-intellectuels de la bourgeoisie madrilène aisée : marxistes-maoïstes révolutionnaires de salon, partisans du socialisme à la scandinave, de l’autogestion yougoslave, ou même adeptes fanatiques de Staline, de la peinture abstraite, de l’existentialisme de Russell, de la libération sexuelle et de la femme, de l’avant-garde moderniste, sans oublier l’impact de l’ésotérisme du Nouvel Âge, de la psychanalyse jungienne, du Réalisme Magique de Borgès, de la parapsychologie, de la logique non-aristotélicienne des romans de Van Vogt et des croyances posadistes sur les Ovnis. Jordán Peña était un rationaliste catholique de droite et considérait toutes ces modes comme ridicules et irrationnelles. Atterré par la crédulité incroyable de ses contemporains, il aboutit à la conclusion que le 79% de la population souffrait de paranoïa aiguë, voire d’une évidente dissociation schizophrène — dans le cas qui l’occupait, entre sa fonction sociale bourgeoise aisée sous le régime de Franco et son imaginaire magique, marxisant et radical.

Ayant fréquenté les séances de lecture spirites de Fernando Sesma à la Baleine Joyeuse à la fin de 1965 et ayant été ébahi par l’incroyable naïveté des participants, il décida d’y prendre un rôle actif. Il monta ce canular en tentant de lui donner une certaine cohérence. Avec quel matériau ? Eh bien n’importe quoi d’exotique qui lui tombait sous la main : discours sur la mécanique quantique et le Champ Unifié de Heisenberg, la cosmologie selon Schrödinger, la Relativité Générale expliquée à l’homme de la rue par Albert Einstein, textes de philosophie panthéiste de Whitehead, dictionnaire du Chinois phonétique, manuels soviétiques de psychologie et de gestion d’entreprise des éditions Mir, un peu de Jung, de Borgès, d’ufologie posadiste, de Tao Té Ching, de Cabbale, de science-fiction, deux assiettes de camping, un bol, une canne à pêche et un appareil photo. En pleine course spatiale des deux superpuissances vers la Lune, il obtint vraisemblablement les échantillons du fameux Tevlar d’un ingénieur de la Nasa rencontré au stand Dupont de Nemours de quelque foire industrielle, vantant les retombées technologiques de l’espace dans le domaine des plastiques, à laquelle il aurait accompagné son ami Raffael Farriols, industriel de la branche. Et quoi de plus exotique que l’idéologie de certains régimes totalitaires tels que celui de la Corée du Nord ou de la Chine Populaire, dont les fascicules de propagande, vraisemblablement glanés dans quelque salon du livre ou exposition, valaient leur pesant d’Ibozoo-uu ? Peut-être avait-il aussi des amis francs-maçons, posadistes ou synarchistes ?

Il y eut certes des apports extérieurs sporadiques : services secrets espagnols (CESID), ainsi que le révèle Carballal, sectes d’inspiration ummite qui envoyèrent quelques lettres, ainsi qu’une mystérieuse ‘organisation Nord-Américaine’, selon l’aveu de Peña à un ami de longue date en 1998. Une collaboration occasionnelle avec le programme MK Ultra de la CIA à travers la secrétaire de l’ambassade US qui assistait aux réunions de la Baleine Joyeuse ? Des contacts avec des sympathisants de l’organisation alors trotskiste, chrétienne et influencée par le Cosmisme de Lyndon LaRouche, dont certains ont noté la parenté avec certaines de ses vues ? Mais les thèmes et l’initiative furent essentiellement de son crû, en prolongement direct de son canular. Sans doute consulta-t-il d’anciens journaux dans quelque bibliothèque afin d’y déceler quelque fait divers susceptible d’être exploité pour sa mystification. Puis, il prit des notes au cours de ses excursions. Suivant le canevas fourni par Borgès dans Tlon Uqbar, il diffusa ses premières lettres ummites et monta le faux atterrissage d’Aluche, puis de San José de Valderas avec Vicente Ortuño et quelques faux témoins. Or, la réponse, inattendue, fut dithyrambique ! Le succès fut tel qu’il l’incita à poursuivre l’expérience, les questions nombreuses et passionnées de l’assistance lui permettant ensuite de potasser tantôt tel texte philosophique, tantôt tel essai scientifique afin de fournir, au cours des après-midis de ses week-ends où il les dactylographiait et où il en traçait les dessins, des réponses ummites convaincantes. Le caractère public et interactif du canular UMMO, auquel se joindra un nombre croissant de participants de qualité, explique son ampleur, sa richesse et son impact, tandis que la nature confidentielle de Pirophos lui interdira un tel essor.

Le public visé n’était évidemment pas celui des scientifiques, mais le milieu bourgeois-bohème d’alors. Et c’est ce dernier qui, par son enthousiasme et sa crédulité sans limites, fera durer et se développer l’affaire, au centre de laquelle Jordán Peña continuera de trôner, imperturbable, tirant les ficelles, pour voir jusqu’à quels sommets le besoin de croire peut porter l’absurde. Lorsque, pris en flagrant délit de mensonge, sa participation à d’autres canulars et la complicité de Vicente Ortuño étant établies, il finira par tout avouer en 1993, et des amis de trente ans devenus fanatiques, et dont le souhait le plus cher était désormais de finir leurs jours sur UMMO, refuseront de le croire, consternés. Incapable de les convaincre, il se résignera, pour sa tranquillité et la leur, à perpétuer la fable, malgré les preuves de la mystification, malgré ses aveux et ceux de tous ses complices : ce sont les Ummites qui m’ont demandé ces aveux’… » (C. P. Kouropoulos)

On lit, dans la note biographique Wikipédia de José Luis Jordan Pena, que ce dernier est décédé en septembre 2014.

“Pour certains, dont Jean Pollion, les aveux de Peña seraient faux, en raison de l’état de santé de ce dernier qui ne s’était jamais remis d’une grave attaque cérébrale dont il avait été victime le 12 mars 1988, attaque qui l’avait laissé aphasique pendant 18 mois (à Madrid, en octobre 2005, Peña continue à s’exprimer avec beaucoup de difficulté et se déplace mal : hémiplégie partielle).

Pour d’autres, le problème est ailleurs, Peña est bien l’auteur des lettres (du moins des premières), mais il n’aurait pas agi seul.

On y a également vu la marque de la CIA, qui aurait voulu faire des tests sur les réactions de la population face à une hypothétique rencontre du troisième type.

D’autres, au contraire, évoquent le KGB, en affirmant que le modèle ummite est proche du modèle socialiste soviétique (hypothèse qui oublie la prétendue obsession religieuse des habitants d’Ummo).

D’autres affirment que Peña a bien agi seul (sauf en ce qui concerne certaines lettres qui sont considérées comme apocryphes).”

 

6. Mon commentaire :

alain_moreauC’est vers 1984, date de la publication en France (aux éditions du Rocher) du livre d’Antonio Ribera sur le dossier Ummo, que j’ai eu pleinement connaissance de cette histoire. Et au début des années 1990, je m’étais procuré les livres de Jean-Pierre Petit, ainsi que l’ouvrage (aux éditions Robert Laffont) intitulé « La conspiration des étoiles » (livre ultérieurement réédité chez JMG éditions). Je n’ignorais pas non plus les thèses de Renaud Marhic, de Jean-Claude Bourret et de Jean-Jacques Velasco, qui faisaient intervenir, eux, le KGB ! (En réalité, c’était plus probablement la CIA.)

De 1984 à 2010, je n’avais, à vrai dire, aucune certitude quant à la réalité ou non de ces présumés Ummites. Bien sûr, j’étais au courant de la première déclaration de José Luis Jordan Pena, mais certaines zones d’ombre subsistaient néanmoins.

En 2010, j’avais mis, sur la précédente version de mon site, le texte de critique de Gildas Bourdais sur l’affaire Ummo, cette analyse m’ayant conforté dans mon impression que ce dossier était plutôt « louche », et ce, en dépit des convictions assurées de gens comme Jean-Pierre Petit et son ami Christel Seval, ardents défenseurs de l’origine extraterrestre du dossier.

Avec les nouveaux aveux de José Luis Jordan Pena, lequel donne des précisions (dont le nom de certains de ses « collaborateurs » dans la confection du canular), le dossier est pour moi clos. Cela ne me chagrine pas, d’abord, comme je viens de l’écrire, parce que je n’ai jamais été convaincu de l’origine extraterrestre du dossier Ummo, et d’autre part parce que j’avais trouvé, dans cette littérature « ummite », des éléments, sur le sujet de la survie de l’âme, qui ne cadraient pas avec mes convictions : les prétendus Ummites disaient que la réincarnation n’existe pas, alors que je suis un fervent réincarnationniste (on comprend pourquoi la réincarnation n’est pas reconnue dans la prose de José Luis Jordan Pena : celui-ci est un fervent catholique !), et l’âme était ramenée à quelques vulgaires « atomes de krypton », en lieu et place du corps subtil ou spirituel bien connu de la littérature « survivaliste » terrienne… D’ailleurs, quand j’ai lu cette référence aux atomes de krypton, je n’avais pas manqué de penser à la kryptonite de Superman. Je vois que je ne suis pas le seul à l’avoir fait, puisque Jean Bastide, dans son article du numéro 20 de « Science et inexpliqué », a aussi fait le rapprochement.

Quant à Denis Roger Denocla, il a vendu des tee-shirts, des slips, etc., avec des sigles ummites dessus ! Voici quelques réflexions critiques de Jean-Pierre Petit à propos de deux défenseurs de l’origine extraterrestre des documents associés au dossier ummite, Jean Pollion (un pseudonyme) et Denis Roger Denocla, Jean-Pierre Petit croyant cependant lui-même à cette origine extraterrestre :

 

1. Jean Pollion :

denocla« Nous avons réussi à faire supprimer du programme de Strasbourg une conférence du sieur Denocla, pilier de cette pantalonnade, cette quasi-secte qu’est

Un membre d’UFO-science, Xavier Lafont, finalise actuellement un site ummofiles, qui sera ouvert sans doute cet été, et présentera ces textes (sans copyrights ni tatouages imbéciles : ADUMMO, c’est à dire : association de défense d’Ummo, en fait une mainmise en bonne et due forme) assortis de commentaires cette fois authentiquement scientifiques. Car, du fait de gens qui ont réalisé il y a dix ans une véritable OPA sur ce dossier, et au premier chef l’ancien militaire André Jacques Holbecq, celui-ci est devenu la propriété des marchands du temple, le champ clos de toutes les vulgarités intellectuelles, de tous les mercantilismes imbéciles et vulgaires.

Holbecq, après avoir récupéré le contenu du site initialement créé par le webmaster Nicolas Lecot, créé un forum, objet de méga-octets de palabres inconsistantes, conçu dans le but de localiser les scientifiques qui, au plan international, se seraient intéressés à ce dossier, constatant au bout de plusieurs années l’échec de sa tentative, infiltre aujourd’hui les milieux altermondialistes, en publiant des ouvrages d’économie d’un gauchisme échevelé.

Jean-PollionPollion, qui après s’être fait, à défaut d’un nom, un pseudonyme (évoquant Champollion, le célèbre décrypteur des hiéroglyphes de l’Egypte antique) dont il n’ose pas se départir, de peur de retourner vers son anonymat, s’est fait le chantre d’une culture ummologique, qu’il étalait avec complaisance et satisfaction au colloque d’ufologie de Châlons-en-Champagne, en 2005 :

Le groupe Ummo-science avait à l’époque sécrété un groupe d’experts chargés de noter des courriers apocryphes qui n’avaient pas tardé d’arriver. Ce groupe, patatras, sombra finalement dans le ridicule le plus complet. Pollion, sentencieusement, avait authentifié l’une des missives en décodant l’une des phrases qui l’émaillait, à l’aide de sa maîtrise de la langue ummite. Las, l’auteur de l’envoi, dans un courrier suivant, avoua que tout ceci n’était qu’une farce, destinée à évaluer la crédibilité du groupe, et que ce mot désignait en fait le produit destiné à dégripper la chaîne de sa bicyclette… » (J.-P. Petit)

 

2. Denis Roger Denocla :

denocla« Mais le clou, le ruban bleu est détenu sans conteste par ce Denis Roger Denocla, pilier du site, qui trimballe sa boutique de dîner ufologique en dîner ufologique. Composez son nom sur Google. Vous atterrirez vite sur son site où il propose 117 articles proposés à la vente, y compris maintenant un album composé en… langue ummite, et chanté par lui ! » (Voir : http://www.denocla.com/)

“Sidérant de vulgarité !

Nous avons réussi à faire virer de justesse ce clown du programme de ce colloque de Strasbourg, où Padrines l’avait d’emblée accueilli.

Des T-shirts, des sacs et même des caleçons sur lesquels il a fait imprimer par sérigraphie des extraits des illustrations trouvées dans les textes Ummo ! Et c’est ce genre d’articles qu’il aurait proposé dans un des stands que le colloque de Strasbourg se propose de mettre à disposition d’intervenants.

Pourquoi n’aurais-je pas pris le pseudonyme d’Albert Stein, pendant qu’on y est ? Pourquoi pas des porte-clés “UFO-science”, mis en vente dans un stand ?

Lors du colloque de Châlons-en-Champagne, le chaland pouvait acheter des poupées gonflables évoquant des extraterrestres…

Arriverons-nous à sortir ce dossier ovni de ces clowneries lamentables, éventuellement institutionnalisées ? Il faut nettoyer en grand ces écuries d’Augias.

petit-j.pierrePar Sirius, et il y a du pain sur la planche !” (J.-P. Petit)

Jean-Pierre Petit évoque « l’inénarrable Denis Roger Denocla, “ufologue” et représentant en sous-vêtements ufologiques ».

« Revenons à Denis Roger Denocla, boutiquier de l’ovni. Avec lui, les choses ont atteint des sommets que nous n’aurions jamais imaginé possibles. Voyez donc : il propose à la vente 172 articles. Composez ce lien :

http://www.denocla.com/

Vous entendrez la chanson qu’il a composée en langage ummite.

Vous pourrez aussi trouver à la vente des T-shirts, des sacs, des tasses et même des… caleçons.

Le point de départ de tels délires est le site Internet sur lequel vous atterrirez immanquablement si vous composez Ummo sur Google. On y trouve un lien qui pointe vers les études scientifiques que ce personnage opportuniste est même allé déposer, en y apposant son copyright, en écrivant sur son site avis aux plagiaires !.

A UFO-Science, nous avons créé un nouveau site, consacré à ce fantastique dossier, en l’axant sur les applications authentiquement scientifiques qu’il a engendré. Cela sera autre chose que les kilos de blabla offerts par ceux qui gèrent le site-vedette lié à ce dossier.

Nous mettrons ce site en ligne le lendemain du colloque. Sur Internet, les choses vont très vite. Les documents, les internautes les trouveront également sur notre site, exempts de copyrights et autres sottises, vis-à-vis de textes qui n’appartiennent à personne, étant donné que nul n’en connaît les auteurs. Ces textes seront accompagnés de commentaires qui seront d’une autre tenue que les conneries que d’autres brodent depuis dix ans. Alors, ça sera comme secouer les pommes pourries d’un arbre. Le petit commerce de Denocla va en prendre un coup. Le site vedette dégringolera vite du haut de la pile. Celui qui l’a créé, faisant main basse sur ces textes et les affublant d’un ridicule copyright (et les originaux d’un tatouage ADUMMO, ou association de défense de Ummo), comprenant qu’il avait raté son coup, a quitté le navire depuis des années et infiltre aujourd’hui le milieu des altermondialistes. » (J.-P. Petit)

Source : www.j-p.petit.org

Le colloque de Strasbourg, évoqué par Jean-Pierre Petit, est celui qui a eu lieu dans cette ville les 16 et 17 octobre 2010. Son intitulé : Colloque International Astronomie – Espace – OVNIs. (Voyez le texte qui lui est consacré, même rubrique : “OVNIs : Le colloque de Strasbourg, octobre 2010”.)

Alain Moreau

alain_moreau

Références :

1. « Science et inexpliqué », n° 15, mai/juin 2010, p. 36-42.

2. « Science et inexpliqué », n° 20, mars/avril 2011, p. 12-15.

3. « Science et inexpliqué », n° 21, mai/juin 2011, p. 22.

4. « Science et inexpliqué », n° 20, mars/avril 2011, p. 16-17.

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