Roswell (4) Quelques polémiques

Tête d'alien selon Eli Benjamin c80
Dessin d’une créature de Roswell selon un témoin.

 

I. Le dossier de « Science et inexpliqué » :

On trouve, dans le numéro 20 de « Science et inexpliqué », daté de mars/avril 2011, un dossier sur le cas de Roswell, rédigé par Nicolas Montigiani.

C’est le 8 juillet 1947 que le quotidien « Roswell Daily Record » titra : « L’armée a capturé une soucoupe volante dans un ranch de la région de Roswell. »

Le communiqué de presse à l’origine de la nouvelle a été dicté par le commandant de la base en personne, le colonel William Blanchard. Le journal apportait cette précision :

« Une fois examiné par le bureau de renseignement, l’appareil a été expédié par avion à des instances supérieures. »

A 17 heures 30, une nouvelle dépêche tomba pour annoncer que la soucoupe était en réalité un ballon sonde.

 

– La chronologie des faits :

Le 4 juillet 1947, le fermier William « Mac » Brazel découvrit, près du ranch dont il avait la charge, un vaste champ de débris. Accompagné du fils de ses voisins, il en ramassa quelques-uns puis les montra à ses voisins. Au début du week-end, de nombreuses personnes avaient pu les voir et les manipuler. Ces témoins étaient unanimes pour dire que ces débris possédaient des particularités « étranges » : ils étaient incassables, ne brûlaient pas et, lorsqu’on les pliait, ils reprenaient instantanément leur forme.

Le 6 juillet, William Brazel se trouvait à Roswell (à plus de 150 kilomètres du ranch) pour montrer sa petite cargaison au shérif George Wilcox. Il s’entretint brièvement, au téléphone, avec le journaliste Franck Joyce. Il lança : « Ils ne sont pas humains ! » Le rancher aurait même ajouté : « Ils ne sont pas verts. » (Référence à la mythologie des « petits hommes verts ».) Selon son fils, Bill Brazel, l’homme fut ensuite séquestré trois jours à la base de Roswell pour y être interrogé.

La base militaire de Roswell était la seule à posséder l’arme atomique, le 509ème groupe de bombardement étant la seule unité à être dotée de bombardiers B-29 équipés de cette arme atomique. Deux officiers, le major Jesse Marcel et le capitaine Sheridan Cavitt, accompagnèrent le rancher sur les lieux du « crash ». Des débris étaient visibles à perte de vue. Selon Thibaut Canuti, les officiers notèrent les traces d’une dépression dans le sol, d’environ 3 mètres de large et visible sur 150 mètres. Ils chargèrent ce qu’ils purent dans leur véhicule et retournèrent à la base. Etonné par les propriétés des matériaux transportés, Jesse Marcel s’arrêta chez lui pour montrer, à son épouse et à son fils, « les vestiges d’une soucoupe volante ».

William Brazel se rendit à Roswell où il accorda dans la soirée une longue interview (qui ne fut jamais diffusée, sur l’ordre de l’armée) au directeur de la radio KGFL, Walt Whitmore. Puis ce fut le black-out, jusqu’au communiqué de presse du 8 juillet (et son démenti dans les heures suivantes).

Les débris, qui ont été minutieusement « nettoyés » du site, furent convoyés vers la base de Fort Worth pour identification (ainsi que, selon certains enquêteurs, au Pentagone). La presse put se rendre compte qu’il ne s’agissait que de vulgaires restes d’un ballon muni de son réflecteur radar. Jesse Marcel fut photographié, pour l’occasion, avec « sa » découverte.

 

– Des témoins :

Quatre mois après l’événement, le colonel William Blanchard avoua à Arthur McQuiddy, le rédacteur en chef du « Roswell Morning Dispatch », que ce qu’il a vu, il ne l’a jamais vu ailleurs de toute sa vie.

C’est en 1978 que Leonard Stringfield localisa Jesse Marcel et communiqua avec lui au téléphone. Il apprit qu’on avait vu, sur les lieux du « crash », de nombreux fragments métalliques et une matière ressemblant à du « parchemin », le tout étant dispersé sur une surface de 2,5 kilomètres carrés. Les fragments en métal, de formes variables, avaient une longueur allant jusqu’à 15 centimètres, et ils avaient l’épaisseur du papier d’aluminium. Ces morceaux, très résistants, ne pouvaient être ni pliés, ni cassés (quelle que soit la pression exercée avec les mains).

Depuis lors, de nombreux témoins (directs ou indirects) ont été retrouvés, ce qui a permis de corroborer les dires de Jesse Marcel. Parmi ces témoins, il y a l’ancien officier Walter Haut, ce dernier ayant été, en juillet 1947, chargé des relations publiques de la base de Roswell, et c’est lui qui avait livré le premier communiqué à la presse. En 2002, il rédigea un affidavit (déclaration sous serment), à n’ouvrir qu’après sa mort, dans lequel il a fait cette déclaration :

« Avant de quitter la base, le colonel Blanchard m’a emmené personnellement au bâtiment 84, un hangar pour les B-29 situé du côté est du tarmac (…). Une fois à l’intérieur, j’ai été autorisé, à une distance de sécurité, à observer pour la première fois les objets récupérés juste au nord de la ville. Cela faisait environ 3,5 m à 4,5 m de longueur, pas autant en largeur, environ 1,8 m de haut, et plutôt en forme d’oeuf (…). Toujours à distance, j’ai pu voir deux corps sous une bâche en toile. Seules les têtes dépassaient de la bâche et je ne pouvais rien voir du reste du corps. Les têtes m’ont semblé plus grandes que la normale, et la disposition de la bâche suggérait qu’ils avaient la taille d’un enfant de 10 ans. »

Peu de temps avant sa mort, le pilote Oliver Henderson avoua, à son épouse, qu’il avait convoyé une partie des débris et quatre « petits corps ». Il y a aussi les témoignages du major Edwin Easley, du sergent-chef Lewis Rickett, du lieutenant-colonel Mario Magruder, du sergent Frederick Benthal (qui photographia les corps), des soldats Ed Sain, Francis Cassidy, Elias Benjamin et Roland Menagh, du caporal Raymond Van Why, du sergent Homer Rowlette, du capitaine Meyers Whanee, etc.

 

– L’enquête du GAO et le Roswell Report :

Début 1994, Steven Schiff, le sénateur du Nouveau-Mexique, alerta le General Accounting Office (GAO) – l’équivalent américain de notre Cour des comptes – afin d’enquêter sur l’affaire de Roswell. L’US Air Force produisit alors un rapport de 800 pages (« The Roswell Report ») qui conclut que ce qui s’est écrasé en 1947 était un ballon faisant partie du projet baptisé Mogul, lequel avait pour mission de détecter les futures explosions nucléaires russes. Les débris retrouvés provenaient d’un dispositif issu de ce programme. Mais des officiers d’élite auraient-ils pu se méprendre à ce point, les ballons Mogul étant constitués de matériaux très ordinaires (ainsi que le note Gildas Bourdais) ?

Le rapport du GAO a été remis au sénateur Schiff en juillet 1995. Il mentionne la disparition non motivée de documents relatifs à la base de Roswell, entre mars 1945 et décembre 1949.

 

– Autopsie et mannequins :

Parallèlement à l’enquête du GAO, il y eut l’affaire (évoquée notamment dans VSD et dans une émission de Jacques Pradel sur TF1) de « l’autopsie d’un extraterrestre », qui eut à l’époque un grand retentissement négatif. Une manipulation savamment orchestrée ?

En 1997, l’US Air Force publia un nouveau rapport dans lequel elle explique que les « extraterrestres » observés dans le désert du Nouveau-Mexique étaient en fait des mannequins anthropomorphiques de test qui étaient transportés, pour des recherches scientifiques, par des ballons en haute altitude. Problème : ces expériences ont en réalité eu lieu en 1953 !

 

– Gilles Fernandez et Alain Delmon :

Dans « Roswell : Rencontres du premier mythe », le psychologue Gilles Fernandez reprend à son compte la thèse absurde des ballons Mogul, en invoquant des contaminations socio-psychologiques, des falsifications rétrospectives et des impostures, le tout ayant servi, selon cet individu, à enjoliver et magnifier un simple fait divers. Sa conclusion simpliste est la suivante :

« Lorsque l’on applique la méthodologie des sciences humaines, toute l’affaire s’explique sans difficulté par la chute d’un train expérimental de ballons Mogul. La mention par différents témoins d’un ruban scotch à symboles, utilisé sur les cibles-radar équipant ce type de ballons, ne laisse notamment aucun doute à ce sujet. »

Mais l’ingénieur Alain Delmon relève une foule de « petits détails qui ne collent pas » avec cette thèse, la thèse officielle reposant quasi-entièrement sur la mémoire de Charles B. Moore. Alain Delmon s’interroge sur la raison pour laquelle « des témoignages crédibles et tangibles (affidavits, vidéos) sont minimisés, voire ignorés par la thèse officielle ».

« Le vol (Mogul) n° 4 censé avoir provoqué les débris à l’origine de l’affaire : quand a-t-il été lancé, de quoi était-il composé exactement, quel était son but ? Là encore, en creusant un peu, tout n’est pas clair, loin de là. » (A. Delmon)

 

– Une thèse absurde :

Pour Guy Malone, l’engin et les corps récupérés proviendraient d’une expérience militaire dont l’issue s’est révélée catastrophique, sa thèse ayant été reprise par l’ufologue britannique Nick Redfern, qui aurait bénéficié d’informations provenant d’ « informateurs confidentiels ».

« En mai 1947, des essais en vol d’un avion expérimental, issu des recherches révolutionnaires des frères Horten en Allemagne, eurent lieu à White Sands, Nouveau-Mexique. A bord de ce véhicule se trouvaient des personnes physiquement handicapées qui avaient été trouvées dans les restes des laboratoires de l’Unité militaire japonaise 731 (…), et qui furent utilisées dans cette expérience sombre et troublante – dont l’objectif était d’essayer de mieux comprendre les effets d’un vol à propulsion nucléaire sur un équipage (…). Deux mois plus tard, au début de juillet 1947, un second et semblable véhicule fut de nouveau essayé en vol à White Sands. Cette fois, l’avion était accroché à une grande grappe de ballons issue de concepts de ballons Fugo développés par les forces japonaises durant les dernières années de la seconde guerre mondiale. L’avion était piloté par un équipage japonais qui avait été spécialement entraîné pour cette tâche, et qui s’était écrasé près du ranch Foster après avoir été frappé par un coup de foudre catastrophique. » (N. Redfern)

Commentaire de Nicolas Montigiani :

« Une atroce ‘vérité’ qui resterait encore inavouable aujourd’hui (les expériences pratiquées sur des individus appartenant à l’espèce humaine sont très mal perçues par l’opinion publique…). L’attitude irrationnelle de l’armée, le convoyage – sous bonne escorte – des débris, ainsi que l’intimidation (parfois physique) des témoins des années après l’événement, sont autant d’actions qui prendraient alors tout leur sens. Cette hypothèse, pour séduisante qu’elle soit, est-elle la bonne ? Pas certain. »

(1)

Notons d’abord que l’attitude irrationnelle de l’armée, l’intimidation des témoins, etc., sont des actions qui prennent aussi tout leur sens dans la perspective de la dissimulation d’une origine extraterrestre du « crash ». Quant à la thèse rapportée, sans critique, par Nicolas Montigiani, elle ne relève en fait que du domaine des fadaises. Dans un article, Gildas Bourdais a montré ce qu’il fallait penser de cette thèse. Cette citation est extraite d’un texte daté du 25 décembre 2010 et mis sur le blog de Gildas Bourdais (http://bourdais.blogspot.com) :

« Nick Redfern est un auteur britannique qui s’était fait une bonne réputation, il y a une dizaine d’années, avec plusieurs livres de qualité sur les ovnis. Puis, émigré aux Etats-Unis, il a ‘‘évolué’’. Rappelons seulement son livre de 2005, ‘‘Body Snatchers in the Desert’’, qui racontait les révélations d’une série d’agents secrets sur le crash de Roswell. Oubliez la soucoupe, avait-il expliqué : mes sources m’ont expliqué qu’il s’agissait en réalité d’une méprise des aviateurs de Roswell qui avaient découvert, non pas un ovni écrasé, mais un engin bizarre, dérivé des ailes volantes allemandes et des ballons Fugo japonais, à bord duquel des chercheurs américains avaient fait de sombres expériences, très secrètes évidemment, d’irradiation en vol de prisonniers récupérés à la fin de la guerre au camp japonais de Harbin en Mandchourie ! Or, ce pays ayant été ‘‘libéré’’ par les Soviétiques en dix jours avec 5 000 chars, les Américains n’y avaient pas mis les pieds, et toute l’histoire était absurde de A à Z. J’ai été l’un de ceux qui l’ont démolie, sur Internet, au cours de l’été, et j’ai même fait un article à la demande du ‘‘Mufon UFO Journal’’, paru en novembre 2005, dont on peut lire la version française sur mon blog :

http://bourdais.blogspot.com/2008/03/roswell-et-un-livre-de-nick-redfern.html

Ce magazine, connu en ufologie, a publié en mars 2006 la réplique, furieuse, de Redfern. Incidemment, c’est le même mois qu’a commencé une campagne violente contre moi sur Internet, anonyme, mais dont l’auteur a été vite identifié : un journaliste français émigré, lui aussi, aux Etats-Unis… Curieux ‘‘hasard’’. En juillet 2007, Nick Redfern présentait encore son histoire à dormir debout au festival de Roswell, auquel j’étais également invité comme conférencier. Lors du débat final, questionné par un spectateur, il avait avoué du bout des lèvres que personne ne le soutenait. Mais voilà, dans un nouveau livre, paru en 2010, Redfern révèle à présent qu’il était déjà sur une nouvelle piste : celle des ovnis diaboliques, soutenue notamment par l’organisateur de cette conférence, un certain Guy Malone, aux allures de MIB avec ses lunettes noires. Malone et Redfern étaient visiblement en bons termes à Roswell, et Malone m’avait d’ailleurs mal reçu lors du cocktail offert aux auteurs. Il y avait déjà, en 2007 à Roswell, d’autres partisans de cette école des ovnis diaboliques, tels que Joe Jordan, qui s’est penché particulièrement sur les enlèvements – diaboliques, évidemment – (ne pas raconter cela à un enlevé, s.v.p.), et le bibliste Michael Heiser, que j’ai rencontré aussi à Roswell. Il était vain d’essayer de discuter avec cet homme plein de certitudes. »

Voilà donc, au passage, pour le « sérieux » de Guy Malone. Ce que ne précise donc pas Nicolas Montigiani, dans son article, c’est que cet individu est un chrétien fondamentaliste partisan de l’origine démoniaque des OVNIs. Voyez à ce propos mon texte (même rubrique) : « Le mythe des OVNIs sataniques ». On lit ainsi, sur le site www.ovnis-usa.com, que Guy Malone, qui a choisi d’habiter Roswell, se présente comme un missionnaire chrétien venu contrer la doctrine prédominante dans le domaine ufologique « afin que tous puissent comprendre dans quelle perspective se situe la Bible ». Il a participé à Roswell, en 2009, à un « symposium chrétien » sur les « abductions aliènes ». Celui-ci était composé de fanatiques « chrétiens » voyant des démons dans les manifestations ufologiques. Les « anges déchus » auxquels ils se réfèrent n’ont pourtant rien à voir, contrairement à ce qu’ils insinuent, avec les actuels « aliens »….

Les témoins ayant décrit l’appareil de Roswell comme étant une sorte de navette de forme triangulaire, Nicolas Montigiani pose la question :

« Est-ce un hasard si certains projets bien terrestres (…) lui ressemblent ? Et si ce qui s’est écrasé à Roswell relevait d’une technologie humaine ? » (2)

Ma réponse : non, ce qui s’est écrasé à Roswell ne relève pas d’une technologie terrestre, ne serait-ce d’ailleurs que parce que le descriptif des êtres évoqués par certains témoins n’a rien de terrestre ! (Pour la même raison, on écartera aussi l’hypothèse, également émise, d’essais de sondes martiennes…) Par contre, il serait peut-être légitime de se demander si la technologie récupérée à Roswell (notamment) n’aurait pas pu « inspirer » la conception de certains futurs avions…

 

– L’imposture des ballons Mogul :

Gildas Bourdais récapitule ici les principaux arguments conduisant à écarter de façon définitive l’hypothèse des ballons :

« Les débris du ‘crash’ : une méprise avec les restes d’un ballon météorologique et sa cible radar ? C’est la version officielle qui tombe le soir du 8 juillet 1947. Au milieu des années 1990, tandis que les témoignages qui la contredisent se font plus nombreux, l’armée de l’Air explique qu’elle a en fait protégé le secret d’un ‘train de ballons’ expérimental top secret baptisé Mogul (détection des futures explosions nucléaires soviétiques). Une explication plus crédible que la première ? Résolument non ».

 

“Les principaux arguments qui militent contre Mogul :

Ces trains de ballons, lancés depuis la base de White Sands, étaient composés d’éléments très ordinaires, nullement capables d’impressionner les officiers d’élite en charge de bombardiers atomiques. Le train n° 4, le seul censé pouvoir expliquer – selon les militaires – certains débris ‘bizarres’, n’avait en réalité jamais décollé (annulation à cause du temps couvert). Autre remarque de bon sens : vingt ou même trente ballons ne restent toujours que… des ballons ! En fait, les données techniques officielles indiquent qu’un train complet, avec instruments, ne pesait pas plus de 25 kg. La vraie question est celle-ci : à partir de quel nombre de ballons accrochés à une ligne peut-on envisager une méprise avec une soucoupe volante ? Le train Mogul n° 2, lancé en Pennsylvanie, servait de modèle pour les lancers prévus à White Sands début juin 1947. Il était constitué de 25 petits ballons et de cibles radars. Pour essayer de maintenir une altitude constante, les ingénieurs avaient eu l’idée d’accrocher un réservoir de ballast en plastique rempli de sable ou de kérosène destiné à s’écouler lentement (…). On a fait grand cas d’une autre pièce, la ‘bouée acoustique’ (sonobuoy), destinée à détecter les explosions à distance (…). Elle aurait pu, dit-on, intriguer les militaires de Roswell… Mais la photographie de l’appareil montre clairement un vulgaire tube métallique, long d’environ un mètre avec au sommet une petite sangle et une boucle. Pas la moindre science-fiction là-dedans… Il ne faut surtout pas perdre de vue que des témoins militaires et civils qui ont eu l’occasion de voir les vrais débris de près – voire de les manipuler – ont décrit de façon concordante des pièces étranges, très différentes de celles qui composent les ballons et les cibles radar. Les deux officiers envoyés sur le terrain pour inspecter le site étaient parfaitement capables d’identifier les restes d’un ballon météorologique. Le commandant Jesse Marcel était le responsable de la sécurité de la base de Roswell, et le capitaine Sheridan Cavitt était responsable du contre-espionnage. L’année précédente, Marcel avait été félicité par toute sa hiérarchie pour son excellent travail comme responsable de la sécurité des expérimentations atomiques à Bikini. Détail qui a son importance : dans l’ouvrage The Roswell Legacy, publié en 2007, son fils, le docteur Jesse Marcel Jr., reproduit son diplôme de ‘radar intellignece officer’ obtenu en 1945. Marcel n’ignorait donc rien des cibles radar !

Lorsque les vrais débris ne ressemblent à rien de connu… :

Le train de ballons Mogul n° 2 était équipé de trois cibles radar, du modèle ML-307B, très légères et fragiles, d’un poids de 100 grammes seulement, ressemblant à des cerfs volants en forme de tétraèdre, avec des feuilles d’aluminium collées sur papier et montées sur des baguettes de balsa de 8 mm (5/16 de pouce) de section. Des aviateurs chevronnés pouvaient-ils prendre ces fragiles ‘cerfs-volants’ pour des débris d’une soucoupe volante extraterrestre ? Pour répondre à cette question, il ne vous en coûtera qu’un euro, le prix d’une baguette de balsa de 8 mm de section achetée dans n’importe quel magasin de bricolage. Faites l’expérience et constatez combien il est aisé de casser une baguette si fragile. De même, amusez-vous à coller une feuille d’aluminium sur une feuille de papier et voyez comme c’est facile à déchirer ! Je le répète encore : aucun témoin n’a décrit les débris d’un train de ballons Mogul avec ses équipements. Ni le fermier, ni sa fille Bessie, et encore moins Marcel ou son collègue. Pas de radiosonde, de bouée acoustique, de batterie ou de réservoirs de ballast… Pas même la longue cordelette en nylon à laquelle étaient accrochés les ballons, cibles radar et instruments ! Les vrais débris étaient constitués d’un grand nombre de petites pièces métalliques légères, très solides et découpées irrégulièrement (ce qui suggère une violente explosion). Il y avait également beaucoup de morceaux de feuilles métalliques pareilles à de l’aluminium, mais que l’on ne pouvait ni couper ni déchirer, et qui possédaient une ‘mémoire de forme’ (on pouvait les froisser mais elles reprenaient ensuite leur forme plate, sans garder aucun pli). D’autres pièces étaient poreuses – et ne pouvaient en aucun cas provenir d’une enveloppe de ballon. Certains débris ressemblaient à des baguettes de balsa, mais on ne pouvait ni les casser ni les brûler, d’autres à des fibres optiques. Selon le docteur Jesse Marcel (le fils du commandant Marcel), qui a vu les débris, une baguette comportait de curieuses instructions similaires à des ‘hiéroglyphes’. Charles Moore, ingénieur d’étude du programme Mogul à l’université de New York, a rencontré le fils du Major Marcel et tenté de le convaincre, en lui montrant une cible radar, que c’était cela qu’il avait vu. ‘Non, ce n’est pas cela’, répondit Marcel. ‘Si, c’est cela que vous avez vu !’, rétorqua Moore. Marcel lui dit que non’ une dernière fois, poliment, et rentra chez lui, dans le Montana… (G. Bourdais) (3)

Voyez le texte intégral de Gildas Bourdais dans la même rubrique : « Roswell. (1) Retour sur l’imposture des ballons Mogul ».

 

– Kevin Randle :

Kevin Randle est titulaire d’un diplôme supérieur ès arts militaires de l’Université militaire de Charles Town (Virginie Occidentale), d’une maîtrise en sciences de la psychologie et d’un doctorat en psychologie obtenu à l’Université de la Côte californienne. Il a servi dans l’US Air Force et dans la Garde nationale (retraité en 2009 avec le grade de lieutenant-colonel). Il est l’auteur de plus de 22 livres et de dizaines d’articles sur les OVNIs.

En 1988, il a été invité par le Centre Allen Hynek pour participer à l’enquête sur le cas de Roswell. Il a rencontré de nombreux témoins parmi lesquels ont figuré des membres du personnel du colonel Blanchard. Il pense que l’hypothèse d’un vaisseau extraterrestre est celle qui concorde le plus avec les faits.

« Les explications alternatives ont toutes une faille et, malheureusement, ne ‘collent’ pas… » (K. Randle)

Les indicateurs qui l’ont conduit à cette conclusion sont les dépositions des témoins et la réaction totalement irrationnelle de l’armée dans les jours ayant suivi l’événement.

Pour Kevin Randle, le meilleur témoignage est celui du major Edwin Easley :

« En tant que prévôt de la base de Roswell, il était responsable de la sécurité du site du crash. Lorsque je lui ai évoqué l’hypothèse extraterrestre, il m’a dit que j’étais sur le bon chemin. C’est un solide témoin et un homme d’honneur qui a été au centre de l’événement ».

A propos de l’hypothèse du ballon top secret Mogul, Kevin Randle dit qu’elle ne fonctionne pas :

« L’hypothèse Mogul repose sur l’idée que les officiers de la base de Roswell étaient dans l’incapacité de reconnaître des ballons météorologiques lorsqu’ils en voyaient et qu’ils ignoraient ce programme. Moore m’a confié qu’il s’était rendu avec deux de ses collègues pour leur expliquer leur démarche… ».

La conviction de Kevin Randle est faite :

« Un vaisseau ‘étranger’, vraisemblablement extraterrestre, s’est bien écrasé et l’armée américaine l’a récupéré. C’est ce qui explique l’attitude hostile des organismes gouvernementaux face au phénomène ovni et la campagne de dénigrement systématique. Ils ont la réponse, connaissent la nature de ces objets depuis 1947 mais ne veulent pas le révéler. »

A la question : Toute la vérité sera-t-elle faite un jour ?, Kevin Randle répond :

« Un jour, certainement… Mais j’ignore quel sera l’élément déclencheur. » (4)

 

– Jean-Jacques Velasco :

Jean-Jacques Velasco a été, pendant plus de vingt ans, le responsable (au sein du CNES) du Service d’expertise des phénomènes rares aérospatiaux (SEPRA).

Il a toujours été intéressé, depuis 1978, par le dossier Roswell. Il note que près de 400 témoins directs ou indirects ont été retrouvés et interrogés. Il s’est rendu à Roswell à l’occasion de plusieurs voyages professionnels ou privés, et il a rencontré de nombreux acteurs de l’événement encore en vie, en particulier l’ancien porte-parole du 509ème groupe de bombardement, le capitaine Walter Haut.

Jean-Jacques Velasco a, en 2000, coécrit, avec le réalisateur Vincent Gielly, le film documentaire « Le secret américain ». Il s’est rendu dans le hangar où furent entreposés les fameux débris avant leur transfert ailleurs.

S’agissant de Roswell, il opte en faveur de l’hypothèse extraterrestre.

« Nous en saurions un peu plus si les documents et archives de la base de Roswell qui concernent la période qui nous intéresse n’avaient pas été… détruits ! Heureusement que les principaux témoins, principalement des officiers et des haut gradés de l’armée américaine, se sont exprimés soit tardivement, soit sur leur lit de mort. Pendant des semaines, les autorités militaires ont ‘nettoyé’ un très vaste périmètre de désert pour retrouver le moindre petit débris. Des témoins ont été menacés s’ils ne restituaient pas ceux qu’ils avaient récupéré par hasard… Un tel déploiement de force aurait-il eu raison d’être s’il ne s’était agi que d’un ‘simple’ ballon météorologique, si secret soit-il ? » (J.-J. Velasco)

Le 8 juillet 1947, quelques jours après l’incident de Roswell, un paragraphe, paru dans le “Roswell Daily Record”, annonça la récupération, par l’armée, d’un disque volant, et mentionna qu’« il ne s’agit pas d’expérimentation », cette formulation étant du général Nathan Twining, chef du matériel de l’Air.

« Des mesures adéquates ont été prises afin que l’information ne se répande pas dans le monde entier. Stratégie employée : minimiser l’incident, puis faire passer le ‘crash’ pour une simple confusion avec un ballon météorologique. Seconde étape : récupérer en grand secret tous les éléments matériels et placer un ‘cordon sanitaire’ autour du lieu. » (J.-J. Velasco)

Quelles conséquences aurait eu cet événement s’il n’avait pas été soigneusement dissimulé au public ? A cette question, Jean-Jacques Velasco apporte la réponse suivante :

« Rien de moins qu’un bouleversement total d’ordre politique, militaire, scientifique, philosophique et religieux, qui aurait eu une portée universelle ! Les militaires américains ont décidé d’exploiter pour leur compte cette formidable mine de technologie qui, pensaient-ils, leur assurerait une avance considérable et définitive sur le reste du monde. D’où leur extrême discrétion et l’organisation mise en place pour examiner les débris de l’engin et… ses occupants ! »

L’ingénieur aéronautique Alfred Loedding, cité par Jean-Jacques Velasco dans « Troubles dans le ciel », a étudié et modélisé, dans les plus grandes souffleries de l’époque, des structures en forme de soucoupes.

« Y a-t-il eu un transfert de technologie ? La question reste posée. On peut penser que non, surtout du côté de la propulsion et de l’énergie utilisées. Si ce problème avait été résolu, les Etats-Unis auraient bénéficié en premier lieu de vaisseaux spatiaux capables de se rendre aux confins de l’espace… Ce qui ne semble pas être le cas. » (J.-J. Velasco)

A propos de l’affaire de « l’autopsie de l’extraterrestre » (1995), Jean-Jacques Velasco fait le commentaire suivant :

« En juin 1995, à ma grande surprise, le CNES a reçu une invitation de l’ufologue Philip Mantell pour assister à la projection d’un film censé montrer l’autopsie de l’une de ces créatures. Je me suis donc rendu à Sheffield, en Angleterre. Le climat frisait la paranoïa ! Fouille avant de pénétrer dans la salle avec interdiction de filmer ou photographier l’écran. J’ai pu à cette occasion rencontrer beaucoup de gens et en particulier les journalistes Nicolas Maillard et Jacques Pradel qui ont ensuite mené l’enquête et mis en évidence la provenance douteuse du document. Ils ont également découvert qu’un curieux intermédiaire, Volker Spielberg, était en relation plus ou moins directe avec… les services secrets ! Que reste-t-il aujourd’hui de ce film, si ce n’est un immense scandale qui a totalement discrédité l’affaire de Roswell aux yeux d’une grande majorité du public ? »

Il ajoute cette précision :

« En regardant avec attention ce film à plusieurs reprises, en écoutant ce qu’avaient à en dire des experts de nombreuses disciplines, j’ai compris qu’il faisait partie d’une manipulation destinée à masquer le rapport final de la commission d’enquête du GAO qui accusait l’US Air Force de perte ou destruction de documents historiques… »

Il s’agissait donc d’une opération de désinformation amplifiante « servant à prêcher le faux pour dissimuler le vrai ! ».

Jean-Jacques Velasco s’est posé la question : et si, en réalité, ce film était authentique mais n’avait rien à voir avec Roswell ? Il rappelle que personne n’a réussi à démontrer que c’était un canular. Des détails indiquent, ajoute-t-il, « qu’il s’agit d’une créature biologiquement différente de nous – il ne peut s’agir d’un homo sapiens – mais pourtant assez proche au plan morphologique ». Il en déduit que certaines caractéristiques anatomiques sont bizarres et ne peuvent avoir été inventées par un « bricoleur de cadavre ».

« Aucun sphincter apparent, pas de nombril ni de sexe… Le cerveau ne présente aucune circonvolution, comme celui d’un humain, alors que sa base comporte des sortes de ‘filaments’. Autre détail troublant : la présence, dans la poitrine, d’une étrange structure volumineuse et parallélépipédique. » (J.-J. Velasco)

Les doigts sont, aux mains et aux pieds, au nombre de 6, tandis que les témoins crédibles n’en dénombrent que 4 pour les créatures de Roswell.

« C’est ce qui me fait dire que ce film est – peut-être – authentique, mais qu’il ne correspond pas aux cadavres prétendument retrouvés sur les lieux du crash. Cela m’inspire l’hypothèse d’un corps hybride, mi-biologique mi-artificiel, visuellement proche de notre espèce mais qui s’en éloigne par ses caractéristiques anatomiques. Une sorte de cyborg, en somme… » (J.-J. Velasco)

Il y a plus d’un demi-siècle, le mathématicien et physicien John Von Neumann avait déjà pensé à ce genre de créature. Il a participé au Projet Manhattan et il a contribué au développement du premier ordinateur (l’Eniac).

« Von Neumann a développé sa théorie des cyborgs, des créatures androïdes capables de s’auto-reproduire. Etrange coïncidence de la part d’un scientifique aussi sérieux que de ‘s’amuser’ à concevoir des robots ! Une coïncidence qui n’en est peut-être pas une si l’on accepte l’idée qu’il aurait pu participer à l’examen de l’objet tombé à Roswell et… de ses occupants ! Cette notion de cyborg est conforme à la notion de voyage dans l’espace pour pouvoir résister à l’inertie due aux fortes accélérations et à la vitesse. » (J.-J. Velasco)

Il ne pense pas (comme moi-même) que les autorités américaines révèleront un jour quoi que ce soit :

« Ce serait avouer l’inavouable et la crédibilité de la première puissance mondiale en serait gravement affectée. Il en résulterait une complète déstabilisation des institutions, de la science, de la religion. L’humanité serait bouleversée… Je comprends les raisons de ce silence – même si je n’approuve pas les méthodes ! Mon opinion est celle d’un citoyen qui essaie de comprendre… » (J.-J. Velasco) (5)

 

II. Les « sceptiques » attaquent !

C’est le 28 février 2011 (le premier jour de la disponibilité de la revue en librairie, je pense) que je me suis procuré le numéro 20 de « Science et inexpliqué ». Le soir même (la nuit, plutôt), j’ai eu l’idée d’aller faire un tour sur le site psiland.org (consacré essentiellement à la parapsychologie), et je suis allé voir les liens concernant les nouveaux articles référencés (car il y avait assez longtemps que je n’étais pas allé sur ce site). J’ai cliqué sur un article concernant un livre (en anglais) et je suis « tombé » sur le site rationaliste « antiparanormal » tenu par Jean-Louis Abrassart, un type qui a écrit un livre de 104 pages coûtant 40 euros 53 (ou 94), livre publié par des éditions universitaires. Ce site recense de nombreux sites rationalistes et athées, et j’ai choisi de cliquer sur le site sceptic-ovni.forumactif.com. J’ai eu alors la surprise d’« atterrir » sur le site du psychologue Gilles Fernandez, l’auteur d’un ouvrage (mentionné dans deux numéros de « Science et inexpliqué », dont le numéro 20) dans lequel il prétend démontrer que l’OVNI de Roswell n’avait rien d’extraterrestre.

sceptic-ovni.forumactif.com est un site consacré à la prétendue étude rationnelle des OVNIs. Il s’agit en fait d’un site/forum où s’expriment des spécialistes du dénigrement systématique du phénomène OVNIs, leur approche privilégiant le réductionnisme tous azimuts, le tout sous couvert d’une prétendue approche scientifique et rationnelle. Bref, ce sont des « zététitiens » qui font partie de ce qui est appelé « le mouvement sceptique contemporain ». (Certains ayant demandé s’il ne fallait pas inclure une approche zététique de la politique, des adeptes du mouvement zététique ont écrit en gros : non, il faut se cantonner aux « parasciences » !)

Voici ce que Nicolas Montigiani (le rédacteur en chef de « Science et inexpliqué ») a écrit sur le forum à la suite de la parution du numéro 19 de « Science et inexpliqué » :

« … avec, je le rappelle, un grand dossier sur l’ovni de Socorro et l’intervention de David Rossoni et Gilles Fernandez. (La phrase de fin est de Dominique Caudron.)

Science et Inexpliqué : la SEULE revue sur l’étrange, l’insolite et le paranormal qui ouvre (largement) ses colonnes aux sceptiques. »

Voici en quels termes Gilles Fernandez – lequel est, je le précise, docteur en psychologie cognitive – s’adresse à Nicolas Montigiani, le responsable de « Science et inexpliqué » :

« Du journalisme neutre et bienveillant ! A d’autres…»

« Quant à moi, et ton numéro 20, heu… Je coupe le maigre cordon que nous avions. Ceci n’engage que moi. Et non pas ‘Sceptic ovni’, forum qui me demande 49,99 euros par mois… Ze dois tout reverser à un compte (c’est un Duc !) en Suisse, Moua…

Je comprends que tu cherches à faire vivre une revue ‘sensationnaliste’ en cherchant des intervenants ‘diplômés’ ou ‘sceptiques’. Et les utiliser en une ou deux lignes.

Ton dossier sur Roswell, je crois qu’il est difficile de faire moins bien… Rarement lu un truc tant en retard sur ce qui existe depuis 4/5 ans…

J’avais lu Vélasco avant, et sa superposition en courbe de cas radar/visuel à celle des essais nucléaires souterrains ou atmosphériques ! Un cas d’école ! C’est de l’ufologie ces graphiques sérieux et stats ! Un article s’impose sur Vélasco et les stats ! Oups, déjà fait ici :

http://perso.numericable.fr/wolf424/univers.ovni/lectures/livres_ufo/ovnis_evidence.html

Quant à plus encore sur le sérieux de ton zami, je renvoie à http://book-e-book.com/livres/43-les-ovni-du-cnes-30-ans-d-etudes-officielles-1977-2007-9782915312102.html?controller=404

Bha, bon, ben, tu donnes plein de lignes à ton zami Velasco sur Roswell (un zexpert de l’affaire ! – sur les entrées atmo, il merde un peu aussi, hein… Oups, tu vas nous faire un article là-dessus, sur ses merdages en tout genre ? Non ?). Soit !

Kevin Randle (suis ok, après tout). Et le copié-collé des Randle, Schmitt & Carey in french s’il vous plait (Bourdais, Sa Majesté couronné(e?) du Lys) !

Les titres de ton dernier numéro sont grave racoleur…

Quant à ta mission Apollo 16 et les fameuses photos publiées dans ta revue, cela fait belle lurette qu’elles ont été expliquées…

Tu trompes encore tes lecteurs, Ô journaliste, neutre et bienveillant… (sic).

En tout cas, tu m’as trompé sur ce numéro, et à demander ma participation à cet article sur Roswell et sans cesse la réduire… tu m’y prendras plus.

Je pense répondre à ton article rapidement & gratuitement, sur le dossier Roswell, non pas en les 2 ou 3 phrases que tu m’as imposées, mais en un peu plus long…

Au total, je trouve ton article sur Roswell complètement en deçà du dossier et de ce qu’il est ‘en 2011’. Complètement orienté et ne laissant pas droit de cité à nombre de contre-tons, francophones ou anglophones qui ont bossé le sujet, pourtant, eux. Renvoyer à Randle et Bourdais était déjà dépassé et pas très neuf, ni très juste. (Mais !) Donner l’avis de Velasco sur Roswell est-il un gage de (faux) sérieux ou bien de (vraie) connivence ? Perso, heu… J’ai une vague (1947) idée… »

Voilà pour la prose du docteur en psychologie cognitive.

Un membre du forum, maxbill :

« C’est lamentable, c’est honteux, c’est scandaleux. J’ai vu un aperçu de la couverture du N°20, c’est un véritable crachoir, ce truc : ‘Roswell, et si c’était vrai ?’, comment prendre les gens (comme moi) pour des idiots à ce point ?

Ce n’est même pas drôle : il y a en gros les mots ‘science’ et ‘inexpliqué’ en générique ! Cela me met en boule.

Nicolas M. se trompe gravement et trompe ses lecteurs potentiels. Pourvu que ce soit un flop. »

Réponse de Nicolas Montigiani :

« Dites : allez vous faire voir chez Top Secret ou Science Extrême (Oooops, ça n’existe plus). Mieux : créez votre revue, on verra le temps qu’elle tient… Salutations. »

Gilles Fernandez :

« Je ne vois pas le rapport avec ce que je te reproche… Tout le monde sait ici qu’une revue ou un ouvrage ‘sceptique’ ne se vend pas ou ne se vendrait pas ! Ce n’est pas sexy ! Ni racoleur ! »

Tu me contactes pour avoir un ‘avis sceptique’ sur Roswell et me proposes une interview. Fort ‘honoré’, j’accepte car il est rare qu’on entende les opinions sceptiques sur cette affaire sensationnaliste et encore moins dans ce type de revue.

Puis, tu m’indiques des contraintes éditoriales et me demandes 2 ou 3 phrases (!!) qui seraient une sorte de mot de la fin du dossier.

Hier, je découvre l’article où ma courte intervention est ‘noyée’ au milieu des nombreuses lignes de Randle et Bourdais, mais encore de Vélasco (vient faire quoi sur Roswell ?), et mise en opposition aux critiques d’Alain Delmon sur lesquelles on a discuté en privé et sur lesquelles j’ai pris la peine de répondre dès septembre 2010 ! Hop, cela passe à l’as.

Bref, j’estime que tu m’as roulé dans la farine. Je t’ai demandé des explications en mail privé : tu me vires de tes contacts…

Que j’aille me faire voir ailleurs ? Si cela t’amuse ! On se croirait vraiment à la maternelle…

Bonne continuation pour ta revue sensationnaliste et sexy. Top Secret a été créé en 2002, si je ne m’abuse. Tu as donc de longs mois devant toi.

Et comme tu le vois : tu critiques toi-même Top Secret, qui a une longévité supérieure à celle de ta revue… pourtant longévité, à te suivre, serait gage et synonyme de qualité ! Bref, ton intervention suit une logique formelle assez étrange et je m’y perds…

Bye, je stoppe cet échange inutile et stérile pour ma part. »

Retour de maxbill :

« Je précise aussi que mon coup de gueule n’engage que moi. Je pense que Nicolas M. se trompe gravement, il va faire fuir tous les sceptiques à ce train là. »

Gilles Fernandez :

« En effet, ‘Retour sur l’imposture des ballons Mogul’ est en fait la reprise d’un ‘vieux’ billet écrit par Bourdais sur son blog à l’été 2009 lorsque celui-ci a eu vent qu’un livre sceptique en français sur l’affaire était en cours d’écriture, en vue de rapporter ce qu’il ne rapporte pas, voire occulte, ainsi que des développements plus récents ou nouveaux, une contextualisation de la vague de 1947, une approche sociopsychologique des témoignages, etc.

Billet lui-même alimenté de ses ouvrages, articles ou billets précédents. Quel fracas… Que des arguments anciens, rien de “nouveau”.

http://bourdais.blogspot.com/2009/08/retour-sur-limposture-des-ballons-mogul.html

D’où, entre autres, mon ‘agacement’ à constater que cette ‘semi-conclusion’ (comme le dossier) ne prend pas assez, sinon du tout en compte les développements récents sceptiques sur l’affaire (Tim Printy, CDA, Lance Moody, modestement moi-même et d’autres encore plus récemment) : il s’agit là, somme toute, de la vieille partition de Gildas Bourdais répétée encore et toujours depuis des années. »

Commentaire :

Faisant référence au dossier de « Science et inexpliqué » sur Roswell (dont j’ai donné le contenu plus haut), Gilles Fernandez écrit donc qu’il a rarement lu « un truc tant en retard sur ce qui existe depuis 4/5 ans » (sic), et qu’il est difficile « de faire moins bien ». Bien sûr, je ne partage pas ce sentiment, car je considère que la plupart des éléments abordés sont pertinents. Et contrairement à ce qu’écrit maxbill, le membre du forum, ce dossier ne mérite pas les qualificatifs de lamentable, de honteux, de scandaleux. La couverture n’est pas un « crachoir » (sic), les gens ne sont pas pris pour des idiots (notons tout au plus que la soucoupe de la page de couverture n’est pas conforme à l’apparence de l’engin de Roswell), et on ne peut pas dire qu’avec ce dossier Nicolas Montigiani s’est gravement trompé et trompe les lecteurs.

Faut-il s’étonner que le rationaliste sectaire Gilles Fernandez accuse Jean-Jacques Velasco de ne pas faire du travail sérieux ? Il accuse le dossier de Nicolas Montigiani d’être « complètement orienté » car il ne donne pas la parole à d’autres points de vue. C’est une accusation que l’on peut faire, à l’inverse, par rapport à d’autres dossiers : dans certains articles de la revue, en effet, la prééminence est donnée au point de vue sceptique. Il accuse aussi Gildas Bourdais de ne pas rapporter ou d’occulter des développements nouveaux ou récents. (Laissons de côté la « contextualisation de la vague de 1947 » et l’approche sociopsychologique des témoignages, cette approche réductionniste étant abusivement employée par les négateurs de l’origine extraterrestre du phénomène…) Mais contrairement à ce qu’il écrit, on ne peut pas dire que l’article de la revue soit « complètement en deçà » (sic) de ce que le dossier est aujourd’hui.

Gilles Fernandez prétend que renvoyer à Kevin Randle et à Gildas Bourdais est dépassé, « pas très neuf, ni très juste » (sic), ce qui n’est évidemment pas vrai. Qui sont ces individus cités par Gilles Fernandez et qui ont apporté des développements récents, sceptiques bien sûr : Tim Printy, CDA, Lance Moody, etc. ? Ils ne sont pas cités, certes, par Gildas Bourdais, mais je ne pense pas que cela ait une grande importance, l’important résidant, en réalité, dans les témoignages de l’époque dont les récits ont été recueillis par des enquêteurs comme Kevin Randle, Donald Schmitt et Anthony Bragalia

III. A propos du livre de Gilles Fernandez :

Je consacre, sur ce site, plusieurs pages au crash de Roswell, et j’y défends, comme Gildas Bourdais, l’origine extraterrestre de celui-ci.

Dans le numéro 15, mai/juin 2010 (p. 51), de « Science et inexpliqué », une publicité est faite pour le livre de Gilles Fernandez : « Roswell : Rencontre du premier mythe » (www.bod.fr)

Gilles Fernandez est docteur en psychologie cognitive, mention psychologie différentielle. Il a enseigné cette discipline de 1994 à 2006, à l’Université René Descartes (Paris V), au LIMSI-CNRS, plus précisément les domaines des représentations mentales, de la psychométrie de la personnalité, des aptitudes cognitives, du « surdon » chez l’enfant, ou encore en statistiques.

Voici le texte de présentation du livre :

« L’affaire Roswell est sans doute le cas d’OVNI qui est le plus connu du public, même pour ceux qui ne sont pas vraiment immergés ou intéressés par le sujet. En juillet 1947, l’armée des États-Unis aurait récupéré les restes d’un vaisseau extraterrestre avec ses occupants et rapidement couvert et étouffé l’affaire (un cover-up en américain), et continuerait de le cacher dans l’extrême secret encore aujourd’hui. Étouffement paradoxalement plutôt raté, puisqu’un courant extrêmement fécond, apparu tardivement à partir de la fin des années soixante-dix, va tout révéler.

Outre-Atlantique, le ‘mystère’ Roswell a été traité par de nombreux enquêteurs, certains défendant une explication extraterrestre, d’autres proposant une approche prosaïque. Il existe en effet des dizaines de livres sur le sujet, des heures de reportages, des centaines d’articles, des affrontements virulents entre ceux qui défendent la thèse de l’engin extraterrestre et ceux qui sont plus dubitatifs.

L’ouvrage examine d’abord certains aspects de la version extraordinaire de l’affaire, puis ceux de la version ordinaire, et montre que choisir une explication plutôt qu’une autre relève du déni. L’auteur présente certains aspects occultés et apporte de nouveaux éléments dans cette contre-enquête. »

Notons que cette présentation laisserait supposer que l’auteur ne se prononce pas vraiment sur la nature du « crash », puisque, si l’on en croit le texte, privilégier l’explication extraterrestre ou l’explication humaine relèverait, dans les deux cas, du « déni » (sic). Eh bien pas du tout, puisque l’auteur rejette ouvertement l’explication extraterrestre. Donc, la présentation est trompeuse (afin d’inciter à l’achat du livre les lecteurs potentiels ?)…

Ayant précisé que j’étais convaincu de l’origine extraterrestre du crash de Roswell et que j’étais d’accord avec l’analyse du cas faite par Gildas Bourdais, l’ufologue Didier Gomez, rédacteur en chef de la revue « UFOmania », m’a répondu ceci, dans un mail daté du 10 septembre 2010 :

« Je suis moi-même désormais convaincu du contraire ! Sans Stanton Friedman qui a fait ressurgir cette ‘affaire’ en 1978 pour promouvoir ses livres et ses thèses en faveur de l’HET, Roswell ne serait jamais sorti du tiroir où les témoignages étaient restés depuis 1947. Je vous conseille la lecture du livre de Gilles Fernandez, Roswell : Rencontre du premier mythe, qui décortique tout de fond en comble avec des arguments certes vérifiables, alors que Gildas n’a fait que répercuter en France l’écho des partisans pro-extraterrestres US dont les affirmations se contredisent au fil du temps. Pour moi, Roswell c’est comme l’affaire Ummo ou les crop circles, c’est du vent, et cela n’a rien à voir avec le problème qui nous occupe. »

Dans le numéro de septembre 2010 d’« UFOmania », Didier Gomez a consacré une note de lecture au livre de Gilles Fernandez.

J’avais l’intention de demander (par email) à Gildas Bourdais ce qu’il pensait du livre de Gilles Fernandez, en espérant qu’il en fasse la critique. Finalement, je n’ai pas eu à le faire car j’ai découvert un commentaire à ce sujet sur son blog. Voici donc, à propos du livre de Gilles Fernandez, le commentaire, daté du 25 décembre 2010, de Gildas Bourdais, ce commentaire ayant été mis en ligne sur le blog de l’auteur (http://bourdais.blogspot.com) :

« Beaucoup d’ufologues convaincus de la réalité des ovnis – quelle que soit leur nature – restent sceptiques sur la possibilité d’un événement aussi étrange, incongru, qu’un accident d’ovni. Ils pourraient donc être séduits par le livre de Gilles Fernandez : Roswell : Rencontres du premier mythe, totalement sceptique sur le crash de Roswell. Sa diffusion risque d’être assez faible, cependant, car on ne peut se le procurer que sur Internet. Je connais un peu les arguments de cet universitaire car il m’a critiqué l’année dernière, avec virulence, sur mon blog, au point que j’ai dû finalement refuser ses messages. Messages anonymes, d’ailleurs, qu’il signait seulement de ses initiales.

Gilles Fernandez soutient, après bien d’autres, l’explication militaire d’un train de ballons Mogul. Je dois admettre qu’il a creusé la question, mais pas assez ! J’ai essayé de lui montrer qu’il faisait des erreurs, mais cela n’a fait qu’augmenter sa colère. Il se trouve que je connais bien la discussion sur Mogul, à laquelle j’ai participé avec les spécialistes américains, comme Kevin Randle, David Rudiak et Brad Sparks. Pour moi, le débat était clos depuis 2005 environ. Je l’avais exposé dans mon livre de 2004, mais je l’avais fortement réduit dans l’édition de 2009. J’ai donc refait un exposé détaillé, que l’on peut lire sur mon blog, sous le titre L’imposture des ballons Mogul :

On peut faire plus court, en achetant une baguette de balsa, de 8 mm de section comme celles sur lesquelles étaient montées les fragiles cibles radar censées avoir été trouvées par le commandant Marcel et le capitaine Cavitt, et la casser avec la plus grande facilité entre ses doigts. On saisit immédiatement le ridicule de l’explication Mogul !

Depuis que le livre de Fernandez est paru, quelques critiques élogieuses ont été publiées, notamment dans la revue Ufomania, avec un article de Didier Gomez intitulé Roswell démystifié. Je suppose que le livre de Fernandez y est bien résumé sur deux pages, et, s’ajoutant au débat sur Mogul, cela m’en dit assez sur ce livre et m’en épargne la lecture. Si j’en crois l’article, tout y est déformé, caricaturé ou simplement erroné.

Donnons juste un exemple : Fernandez, cité par Gomez, dit que Stanton Friedman, lorsqu’il rencontre Jesse Marcel en 1978, pense ‘qu’il a enfin trouvé le témoin idéal d’un crash extraterrestre qui pourrait rouvrir un débat’. La vérité, racontée en 1992 par Friedman dans son livre Crash at Corona, est tout autre. Il était de passage en Louisiane pour y faire une conférence, et c’est presque par hasard qu’un ami de Marcel le lui a signalé. Quand il l’avait appelé au téléphone, il était tombé des nues car il ne savait rien sur Roswell, et, en fait, il n’a vraiment commencé à enquêter que six mois plus tard, grâce à son ami Bill Moore qui avait retrouvé des articles de journaux de l’époque.

Et voici l’interprétation de Gilles Fernandez : ‘Dans la communauté ufologique pro-extraterrestre, une énorme fanfare débute’ ! En réalité, c’est seulement à la fin des années 80 que les enquêtes ont pris de l’ampleur, avec notamment Kevin Randle et Donald Schmitt. Ceux-ci étaient assez sceptiques au départ, car le premier livre sur Roswell, publié trop vite par Moore et Berlitz en 1980, ne les avait pas convaincus. Ils étaient allés à Roswell pour le compte du CUFOS, pensant déblayer l’affaire en deux ou trois semaines, mais ils furent très surpris de retrouver rapidement des témoins importants, comme le fils du fermier Brazel et les voisins, qui racontèrent tous la même chose. Voilà pour la ‘fanfare’ médiatique.

Pour dire les choses franchement, j’en ai plus qu’assez de ce genre de massacre ufologique. Je fais remarquer que ce Gilles Fernandez est en fait complètement sceptique sur les ovnis. »

 

IV. Le faux témoin Frank Kaufmann :

Frank Kaufmann prétendait avoir participé à la récupération des corps et de l’épave du vaisseau crashé à Roswell. Il fut notamment cité dans le livre du colonel Corso : The day after Roswell.

C’est en avril 1994 que Donald Schmitt et Kevin Randle publièrent le témoignage de Frank Kaufmann, ce dernier ayant prétendu avoir été envoyé à Roswell début juillet 1947 pour participer à l’opération de récupération de l’OVNI et de ses occupants. Ce témoignage fut contesté par quelques chercheurs, dont Stanton Friedman, mais il fut néanmoins largement repris dans les livres et les documentaires sur l’incident de Roswell.

Frank Kaufmann décéda en février 2001. On découvrit alors, dans les archives ouvertes par sa veuve, qu’il avait falsifié des documents militaires pour accréditer son récit. (6)

 

V. Un faux débris de Roswell :

Voici un texte de Gildas Bourdais, qu’il a mis en ligne sur son site (http://bourdais.blogspot.com) le 30 décembre 2010 :

“Roswell. Le faux débris de 1996 : Gildas Bourdais, décembre 2010

 

Juillet 2010 : Denis Denocla mesure la radioactivité d’un débris au musée de Roswell :

Le 20 octobre 2010, Denis Roger Denocla publiait, sur la grande liste nord-américaine UFO Updates, un message dans lequel il annonçait avoir mesuré la radioactivité d’un débris de l’ovni qui s’était écrasé près de la ville en 1947, débris qui était selon lui exposé au musée. Je le cite, traduit en français : ‘En juillet 2010, j’ai été invité par Julie Shuster, la directrice du Musée et Centre de recherche sur les ovnis de Roswell. J’y ai fait un exposé sur mes études actuelles. J’ai vu que le Musée de Roswell a un débris de la machine qui s’était écrasée dans le désert près de Roswell en 1947. En vérifiant les analyses qui avaient été faites sur ce débris (…), j’ai remarqué que, apparemment, il n’y avait pas eu d’analyse de radioactivité de faite sur lui. J’avais mon compteur Geiger avec moi, et j’ai décidé de faire une mesure.’ Denis Denocla observe une légère différence de radioactivité par rapport au milieu ambiant – 18,05 particules /minute, à 10 cm du débris, contre 16,66 au milieu du musée – et demande si quelqu’un pourrait faire une autre mesure. Il annonce également ces résultats sur son site Internet :

http://www.denocla.com/?p=1828&lang=en-us

Il y dit la même chose, notamment que le ‘‘musée Roswell détient un débris d’un engin qui s’est crashé dans le désert aux alentours de Roswell en 1947.’’

Sur la liste UFO Updates, à laquelle participent des spécialistes reconnus de Roswell, tels que Kevin Randle, Stanton Friedman et David Rudiak, un participant à la liste a fait simplement remarquer qu’un faible écart de ce genre est banal. Deux autres participants – dont moi – se sont étonnés : se pouvait-il qu’un vrai débris de l’ovni, ‘quête du Graal’ de tous les enquêteurs depuis trente ans, soit ainsi exposé au musée ? Une telle nouvelle serait une bombe, et pas seulement dans le petit monde de l’ufologie ! Denis Denocla ne nous a pas répondu.

J’étais intrigué, et j’ai posé la question de la radioactivité au Dr Jesse Marcel Jr, que je connais depuis 1997. Il m’a répondu aussitôt que son père, le commandant Marcel, avait bien fait des relevés de radioactivité lorsqu’il avait inspecté le fameux champ de débris du ranch Foster, et qu’il n’y avait rien d’anormal. Cela est précisé, d’ailleurs, dans plusieurs livres, notamment UFO Crash at Roswell, le premier livre de Kevin Randle et Donald Schmitt, publié en 1991 (p. 49 de l’édition de poche). Les officiers chargés des bombardiers atomiques savaient mesurer la radioactivité. Marcel, notamment, qui avait dirigé la sécurité des essais atomiques de Bikini l’année précédente, avec les félicitations de toute la hiérarchie ! (Voir mon livre ‘Le crash de Roswell’.) Ainsi, cette ‘révélation’ de Denis Denocla sur la radioactivité d’un débris de Roswell était déjà, pour le moins, très surprenante.

Qu’était donc ce débris ? David Rudiak m’a suggéré une explication, en privé : c’était peut-être le canular d’un curieux débris apporté au musée en mars 1996, qui avait fait du bruit à l’époque mais avait été vite identifié comme un simple déchet d’un atelier de joaillerie, puis qui était resté exposé dans un coin du musée. Je me suis alors souvenu que je l’avais vu, effectivement, dans une vitrine, en juillet 2007. (…)

J’ai rapidement signalé cette piste à Denis Denocla, en lui donnant des références de livres et articles qui ont rapporté cette petite histoire : Beyond Roswell, de Michael Hesemann et Philip Mantle (1997, pages 249 à 251), The Roswell Encyclopedia de Kevin Randle (2000, pages 153 à 155), et mes deux derniers livres sur Roswell (2004, pages 433 et 435, 2009, pages 353 et 354). Je lui ai demandé si le fragment montré sur cette photo, d’un aspect très particulier, était bien celui qu’il avait vu au musée, mais il a esquivé ma question à plusieurs reprises. Il a dit avoir ‘vérifié les analyses qui en avaient été faites’, mais la vraie nature du débris semble lui avoir échappé.

J’ai alors pris contact avec la directrice du musée de Roswell, Julie Shuster (qui a pris la succession de son père Walter Haut, décédé), pour avoir son opinion. Dans un message qu’elle m’a adressé le 23 novembre, elle m’a confirmé qu’il s’agissait d’un débris de joaillerie, mais elle a ajouté qu’il y aurait d’autres tests à faire : ‘Quant au test du fragment de joaillerie, je dois clarifier qu’il y a eu seulement un test d’effectué. J’ai appris récemment que 2 ou 3 tests sont nécessaires pour en être certain. Les tests additionnels n’ont pas été faits.’ (‘As for the actual testing of the jewelry, I need to clarify that there was only one test done on it. I have recently learned that 2-3 tests are needed to be certain. The additional tests have not been done.’)

Or, je l’ai vérifié peu après, des tests complémentaires ont bien été faits, et le canular a été complètement démasqué, dès septembre 1996, par le directeur des recherches du musée, Miller Johnson, qui a raconté l’histoire dans un article du Mufon UFO Journal (c’est la revue mensuelle du Mufon Mutual UFO Network -, le plus important groupe ufologique américain).

 

– L’enquête de Miller Johnson, directeur des recherches du Musée de Roswell :

J’ai retrouvé cet article, de plus de quatre pages, paru dans le Mufon UFO Journal de novembre 1996 (dont j’ai la collection complète depuis fin 1990), intitulé Le débris de Roswell, un déchet de joaillier (Roswell débris jeweler’s cast-off). Miller Johnson y raconte comment des études, faites à la demande du musée dans deux laboratoires réputés, ont révélé que ce matériau n’avait rien d’extraterrestre. Il a été confirmé d’autre part, de plusieurs sources, que c’était un simple débris provenant d’un atelier de joaillerie.

Citons le premier paragraphe de l’article :

‘Comme le savent sans nul doute la plupart des lecteurs, un fragment métallique, censé avoir été récupéré sur le site des débris du crash de Roswell, a attiré l’attention du monde entier en mars dernier. Une analyse pour déterminer les éléments qui le composent a été organisée au Bureau des Mines et Ressources Minérales du Nouveau-Mexique (à Socorro), par Max Littell, du Musée International et Centre de Recherche. L’analyse par fluorescence aux rayons X (‘X ray fluorescence analysis’) a déterminé que le fragment de 1,616 grammes était une combinaison de Cu (cuivre) et de Ag (argent), avec des traces de sodium, d’aluminium, de silicium, de fer, de chrome, de soufre et de chlore. Le Musée ovni de Roswell a alors reçu un second fragment, fourni par la même source.’

Après discussion avec l’auteur du test, Chris McKee, et avec le professeur C. B. Moore (alors en retraite à Socorro) qui y avait assisté, Johnson a recommandé à la direction du Musée une analyse isotopique.

Je saisis ici l’occasion pour corriger une critique injuste de ma part dans mon livre concernant le professeur Charles Moore. J’ai écrit qu’il avait cru identifier une partie d’un train de ballons Mogul, dont il était l’un des partisans, avec son livre à paraître l’année suivante. Or, selon Antonio Huneeus, dans Fate Magazine de juillet 1996, Moore avait dit clairement que ce fragment était ‘sans rapport avec les cibles radar ni aucun autre équipement utilisé par le NYU Group (l’équipe de la New York University, dont il faisait partie, chargée de lancer les trains de ballons en 1947 à White Sands). Moore avait seulement indiqué que ce fragment aurait peut-être pu être un composant d’un microphone de bouée acoustique (l’un des instruments de Mogul), mais il ne voyait pas comment un soldat aurait pu le récupérer. L’article de Huneuus, New Metallic Artifact, a été repris dans le livre The Best of Roswell (Galde Press, 2007, pages 142 et 143). Mais voyons le point important, décisif même, de cette histoire, l’étude des ratios isotopiques.

Lorsque les ratios isotopiques d’un élément sont calculés, on peut les comparer aux ratios courants sur Terre. S’ils s’en écartent de plus de 0,5 à 1 %, on peut les considérer comme une indication positive de possible origine extraterrestre. Celle-ci nécessitait un équipement sophistiqué appelé ‘spectromètre de masse par ionisation thermique’ (‘Thermal Ionization Mass Spectrometer’, ou TIMS). Miller Johnson a repéré un tel équipement au Laboratoire National de Los Alamos (LANL), au nord du Nouveau-Mexique, et a obtenu qu’une telle analyse y soit réalisée. Faut-il le rappeler, le laboratoire de Los Alamos est l’un des hauts lieux de la recherche scientifique, notamment militaire, aux Etats-Unis. C’est là que fut conçue la première bombe atomique.

Après accord signé le 14 juin, l’étude a été réalisée par Larry Callis, chef de l’équipe de spectrométrie de masse, le 1er et le 2 août 1996, avec l’aide de son équipe, sur deux fragments, en présence de Miller Johnson.

Miller Johnson a reçu les résultats par Fax le 15 août. Celui-ci soulignait que les tests avaient été réalisés avec un appareil (Modèle VG-354, fabriqué par FisonsVg en Grande-Bretagne) utilisé normalement pour des analyses de haute précision de matériaux nucléaires. Citons tout de suite la conclusion de l’étude :

‘Ainsi, il apparaît que les ratios isotopiques mesurés sur les deux fragments ne sont pas inhabituels – c’est-à-dire qu’ils sont typiques de valeurs terrestres.’

Résumons les résultats, détaillés par Miller Johnson dans son article. Dans du cuivre ordinaire, on trouve environ 70 % de l’isotope 63 et 30 % d’isotope 65. Plus précisément, le rapport des deux est le ‘ratio isotopique’, 63Cu/65Cu, dont la ‘valeur acceptée’ est de 2,244.

De même, pour l’argent, qui combine normalement les deux isotopes 107 et 109, la valeur acceptée du ratio isotopique 107Ag/109Ag est de 1,0764.

Les valeurs trouvées pour les fragments étaient :

Pour le cuivre : 2,2391 + ou – 0,0022 à 0,0024

Pour l’argent (un seul fragment a pu être étudié par manque de temps) : 1,0764 +ou – 0,0010

La valeur trouvée pour l’argent était parfaitement normale, mais il y avait pour le cuivre une petite variation, par rapport à la valeur acceptée, de 0,2 %.

L’étude de Los Alamos commentait ainsi ces résultats :

‘Les valeurs publiées indiquent qu’un écart de quelques dixièmes de pour cent sont possibles. Ainsi, pour que les fragments puissent être décrits comme inhabituels, les ratios isotopiques mesurés devraient être bien en dehors des valeurs terrestres possibles, soit différents d’au moins 0,5 à 1 %. Ce n’est certainement pas le cas du cuivre et de l’argent contenus dans ces fragments.’

 

– Le fragment identifié comme un débris de joaillerie :

Ainsi, résume Miller Johnson dans son article, l’analyse isotopique a fourni des valeurs ‘typiques de valeurs terrestres’. Cependant, il restait un aspect curieux à examiner. Des microphotographies optiques réalisées également à Los Alamos avaient fait apparaître que ces fragments comportaient huit couches très fines, alternées, de cuivre et d’argent, ce qui était inhabituel. Mais cette question a été elle aussi résolue.

Le 5 septembre 1996, Miller Johnson a eu plusieurs entretiens téléphoniques avec le journaliste John Fleck, de l’Albuquerque Journal, au sujet de ce mystérieux fragment. Fleck lui a dit qu’il était sur une piste, qui a été révélée dès le lendemain en première page du journal. Voici exactement ce qu’en dit Johnson dans son article du Mufon UFO Journal :

Fleck avait interviewé par téléphone un certain Randy Fullbright, joaillier à Saint George, dans l’Utah. Fullbright lui avait dit que le fragment original était un déchet (‘‘a piece of scrap’’) provenant de son studio. Le 7 septembre, j’ai visité la bijouterie James Kallas à Santa Fé pour y photographier des échantillons de bijoux de Fullbright qui y étaient exposés. Pour moi, le mystère des fragments était maintenant résolu à 99%.’

Johnson raconte qu’il a eu trois longues conversations téléphoniques avec M. Fullbright, qui lui a décrit les caractéristiques du débris. Il s’agit d’une ancienne technique japonaise appelé Mokun Gane, et Fullbright lui a posté des échantillons de déchets pour comparaison. Johnson avait maintenant la preuve convaincante, résolvant le puzzle du fragment. Et il écrit : ‘Le 19 septembre, une réunion matinale avec les officiels du musée a refermé le dossier (‘closed the case’). Il a été constaté que le fragment numéro 2 du musée et l’échantillon fourni par le studio de Fullbright coïncidaient (‘‘positive match’’).’

Miller Johnson conclut ainsi son article : ‘L’enquête scientifique employée dans cette affaire très commentée, nationalement et internationalement, a renforcé la crédibilité du Musée International et Centre de Recherche sur les ovnis de Roswell.’

Ce qu’il ne dit pas, c’est que, au cours des mois précédents, le musée avait fait une exploitation commerciale pour le moins imprudente de ce débris, notamment à l’occasion du festival annuel du mois de juillet, qui commençait à prendre de l’ampleur cette année-là, sous l’impulsion de l’avocat Max Littel, administrateur du musée. Ainsi, l’enquête de Johnson venait à point nommé pour redresser la situation… Les livres déjà cités plus haut, et d’autres sources, ont livré quelques détails qui méritent d’être rappelés.

 

– Quelques détails sur le déroulement de l’affaire :

Le visiteur du musée qui avait apporté le premier fragment au musée de Roswell, le 24 mars 1996, avait demandé à garder l’anonymat. Il avait raconté à Max Littel que l’objet avait été trouvé par l’un des soldats chargés de nettoyer le site du crash en juillet 1947. Comme le fragment était petit, il avait pu le cacher dans sa poche sans se faire remarquer. Trois jours plus tard, le Roswell Daily Record racontait l’événement en première page, et Littel passait à la télévision à Albuquerque.

Le fragment fut acheminé dans les plus brefs délais pour analyse au laboratoire du Bureau des Mines, à Socorro, par Max Littel et le chef de la police de Roswell, Ray Mounts. Incidemment, ceci indique l’intérêt de la ville pour ce débris, qui était peut-être une précieuse découverte. De leur côté, les spécialistes de Roswell tels que Stanton Friedman et Kevin Randle déploraient l’anonymat du témoin, interdisant tout recoupement. Au cours des mois suivants, le musée se livra à une certaine exploitation commerciale du fragment, notamment au festival de juillet, faisant payer les visiteurs pour voir le fragment et vendant des photos de celui-ci ! Selon Littel lui-même, le musée avait encaissé plus de 1 500 Dollars avec la vente des photos (Beyond Roswell, p. 251).

Cette situation n’a pas duré très longtemps. L’article de l’Albuquerque Journal du 6 septembre, déjà cité, révélait non seulement la piste du joaillier Randy Fullbright, mais donnait aussi le nom de la personne qui avait fourni le débris au musée, Blake Larsen, qui avait emporté le débris juste avant d’aller habiter à Roswell. Toujours selon cet article, Fullbright avait averti le musée de l’origine de la pièce métallique lorsqu’il avait vu sa photo dans les journaux, mais on ne l’avait pas écouté !

Une question vient évidement à l’esprit, celle du rôle joué par ce Blake Larsen. Etait-il un mauvais plaisant agissant seul, ou était-il en service commandé ? On ne le sait pas, semble-t-il, encore aujourd’hui.

On peut quand même remarquer que cette petite provocation s’intégrait assez bien dans le débat sur Roswell qui a fait couler beaucoup d’encre à l’époque. En particulier en 1995, avec le trop fameux film de l’autopsie et le gros rapport de mille pages du Pentagone sur les ballons Mogul (The Roswell Report) ; deux ans plus tard avec un nouveau rapport du Pentagone, The Roswell Report. Case Closed, qui a voulu expliquer les témoignages sur les cadavres comme des confusions avec des mannequins en bois pour essais de parachutes. Comme je le raconte en détail dans mon livre sur Roswell, le premier rapport avait été bien accepté dans la presse, mais le second avait plutôt suscité le doute et la perplexité. Cependant, le film de l’autopsie avait fait tellement de ravages en 1995 que le dossier de Roswell a bel et bien été enterré pendant quelques années, malgré les enquêtes déjà approfondies des années précédentes. Ce n’est qu’en 2007 que celles-ci ont été vraiment relancées avec le livre Witness to Roswell, de Tom Carey et Donald Schmitt, qui a révélé des témoignages nouveaux et importants.

Malheureusement, il faut se méfier de certains témoignages douteux, tel celui de ce soldat, apparu récemment, qui dit avoir vu en 1950 un survivant de Roswell, détenu dans un camp militaire en Virginie, dans une petite casemate (cité notamment dans la revue Nexus). Une histoire très suspecte, pour le moins, qui sent fortement la désinformation ‘amplifiante’, selon le principe : lancer une histoire à première vue excitante, mais qui ne va pas faire long feu ! »

 

VI. Roswell et crop circle :

Voici une information curieuse qui permettrait de faire le lien entre Roswell et un “crop circle”, la source étant : www.ovnis-usa.com

Un caillou de cinq centimètres de large, pesant environ 40 grammes, a été découvert par Robert Ridge, un homme d’affaires habitant Roswell, en septembre 2004, alors qu’il chassait le cerf à Cedar Hill, à 27 kilomètres à vol d’oiseau du site du crash de 1947 entre Corona et Roswell.

Frank Levine publie son récit sur le site “Roswell-record” :

« Les symboles qui sont profondément gravés montrent les phases lunaires, une éclipse solaire et la représentation d’une supernova… »

Le plus évident est cependant la forme d’un Yin Yang.

Robert Ridge l’avait gardé pendant trois ans dans un coffre, jusqu’à la fin 2007 :

« En juillet 2007, je l’ai montré à deux ufologues, Chuck Zukowski et Debbie Ziegelmeyer, qui ont semblé très impressionnés et l’ont présenté à des anthropologues réputés au Nouveau-Mexique. Selon eux, la taille des symboles n’a pu être réalisée qu’en utilisant des outils sophistiqués. »

La date coïncide avec la publication d’une promesse de récompense (pour une preuve du “crash” extraterrestre) par les enquêteurs Donald Schmidt et Ken Carey.

L’auteur de l’article apporte ces précisions :

« Cet étrange caillou possède des propriétés magnétiques inhabituelles. Il conserve sa polarité magnétique en faisant tourner l’aiguille d’une boussole, et son champ magnétique peut être mesuré. Le caillou ovale peut aussi se mettre à tourner, selon la façon de positionner un aimant au-dessus de son image en relief. Des archéologues ont souhaité poursuivre des analyses en laboratoire, ce qui devrait être la phase suivante des recherches de Zukowski et Ziegelmeyer. »

Le maire de Roswell, Sam D. LaGrone, a livré ses impressions au sujet de l’objet :

« C’est un caillou étrange… Je l’ai touché, je l’ai ressenti, et je m’interroge sur son origine. »

Les enquêteurs ont fait le rapprochement avec les motifs d’un « cercle de culture » de 40 mètres de diamètre, signalé en Angleterre huit ans plus tôt, le 2 août 1996, à Liddleton, près de Swindon, dans l’Oxfordshire. Il n’en fallait pas davantage pour que certains commencent à envisager la possibilité que le caillou porte un message de l’espace.

En dépit des commentaires sceptiques qui ont rapidement conclu que cet objet devait être un moulage en résine, incorporant un morceau de métal, Linda Moulton Howe n’a pas lâché l’affaire. Elle a rendu visite à James Constantopoulos, Ph.D., titulaire de la Chaire de géologie du Département des Sciences Physiques de Université de la région Est du Nouveau-Mexique, à Portales, où il enseigne depuis près de vingt ans. Le 15 juillet 2008, il a examiné de nouveau ce mystérieux caillou gravé.

Le professeur James Constantopoulos avait déjà conduit une étude en février 2005 pour Robert Ridge. Mais ces analyses avaient été perdues suite à l’écrasement d’un disque dur d’ordinateur. Outre les examens au microscope, il a étudié la fluorescence de rayons x avec un spectromètre à dispersion d’énergie. Il a ensuite conduit des tests avec une pointe aimantée : placée au-dessus du dessin, à l’endroit de son épaisseur maximale, elle fait tourner le caillou dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Lorsque l’aimant est au-dessus de la partie la plus mince, il repart en sens inverse.

Pour James Constantopoulos, le dessin sur ce caillou est remarquable :

« Il a fallu naturellement beaucoup de talent et de précision pour réaliser cette gravure, parce que c’est une roche très dure et riche en fer, difficile à travailler. Il ne semble pas qu’on ait utilisé un laser. Mais le dessin est trop parfait pour avoir été réalisé à la main. Il est cependant possible que l’auteur ait utilisé une machine professionnelle. »

L’analyse spectrométrique a permis de caractériser la composition du caillou. Le corps de l’objet et la partie en relief ne présentent pas de différences.

« J’aimerais pousser plus loin pour déterminer tous les constituants de ce caillou, mais ces tests supposent de découper une petite tranche à l’arrière de l’objet, et il n’est pas certain que Robert Ridge accepte. »

Linda Moulton Howe conclut de la sorte :

« Le pliage des épis avec un changement de directions est une caractéristique fondamentale des cercles dans les cultures. Le dessin gravé sur ce caillou évoque assez précisément la formation du 2 août 1996, à Liddington Castle, en Angleterre. »

Les résultats détaillés de l’analyse spectrométrique sont publiés sur le site Web de “EarthFiles”.

Comme je le signale au début du texte, ces informations sont extraites du site : www.ovnis-usa.com (On y trouve une vidéo montrant les propriétés “magnétiques” du caillou.)

J’ai évoqué ce potentiel lien entre Roswell et le crop circle concerné dans le numéro de février/mars 2009 de “Le monde de l’inconnu”. On notera que la rédaction n’a même pas daigné mettre mon nom. (C’est d’ailleurs le dernier texte que j’ai envoyé à cette revue.) Comme je le signale aussi dans “Roswell. (3)”, voici ce que Gildas Bourdais (http://bourdais.blogspot.com) écrit dans un texte titré “A-t-on étudié des débris de Roswell à l’Institut Battelle ?” :

« Mentionnons au passage une autre ‘découverte’ qui a fait long feu, celle d’une mystérieuse pierre gravée censée avoir été trouvée dans la région de Roswell et annoncée abusivement comme un ‘événement majeur’ en 2009. »

Il donne, en fin de texte, la référence de mon article (sans me citer car mon nom n’a pas été donné par la rédaction !). J’attire l’attention sur le fait que je ne suis pas responsable de la présentation “sensationnaliste” que la rédaction a faite du petit texte que j’ai envoyé, la pierre et le “crop circle” étant largement évoqués sur la page de couverture. Je n’ai fait, pour ma part, que relayer l’information trouvée sur le site www.ovnis-usa.com

Selon Gildas Bourdais, la découverte a “fait long feu”. Malheureusement, il ne donne aucune source permettant de justifier cela. La pierre, cependant, existe, elle a été photographiée et analysée. Que celle-ci soit en relation avec l’affaire Roswell, ce n’est, évidemment, pas du tout avéré. J’ai néanmoins vu, dans la nuit du 24 au 25 mai 2016, une intéressante émission (une rediffusion) sur RMC Découverte, au cours de laquelle on a vu Giorgio Tsoukalos (l’un des principaux intervenants d’« Alien Theory » dont une émission venait d’être rediffusée avant ce documentaire) en train d’enquêter sur « la pierre de Roswell ». Il y avait Robert Ridge, le découvreur et propriétaire de la pierre (découverte en 2004 à 17 kilomètres du site du crash de Roswell). On a vu les propriétés magnétiques de cette pierre (elle tourne avec un aimant), ainsi que le témoignage de Linda Moulton Howe (à Albuquerque) qui a mis en évidence la ressemblance du motif de la pierre avec celui d’un crop circle daté de 1996. La pierre a été examinée par plusieurs spécialistes :

En conclusion, la pierre pourrait être un objet très ancien et peut-être d’origine extraterrestre.

 

VII. Les dossiers anglais :

Le 3 mars 2011, une nouvelle série de dossiers concernant les OVNIs a été rendue publique par le ministère de la Défense britannique.

“Parmi ces documents, se trouve un rapport (18 novembre 1952) de l’opération Majestic 12 préparé pour le président des Etats-Unis Dwight D. Eisenhower, dont une partie concerne le crash de Roswell du 4 juillet 1947.

On y apprend que, dès le 7 juillet, une opération secrète a été diligentée sur le lieu du crash. Un objet très accidenté a été récupéré, ainsi que quatre corps d’‘êtres petits, d’apparence humaine’, vraisemblablement éjectés de leur engin avant qu’il ne s’écrase. Aussitôt, il a été décidé de déclarer aux témoins et aux journalistes qu’il ne s’agissait que d’un ballon-sonde, de manière à garder le secret sur la réalité de l’événement. Dans les semaines qui ont suivi, une étude complète des débris de l’engin et de ses habitants a été menée : par sa taille modeste, l’ovni ne semblait être qu’un vaisseau de reconnaissance, et l’on découvrit dans les débris ce qui paraissait être une forme d’écriture. D’apparence métallique, brillant comme l’aluminium, fait d’un matériau inconnu faisant penser au plastique, l’engin était extrêmement léger et résistant autant à la chaleur qu’aux pressions. Rien sur Terre n’approchait ses qualités physiques. Les êtres, bien que d’apparence humaine, semblaient avoir suivi une évolution physiologique différente de l’Homme. Ecriture, typologie physique, mode de propulsion de l’ovni… tout est resté mystérieux et opaque aux chercheurs. L’affaire est rapidement montée dans la hiérarchie du secret de deux échelons au-dessus du top secret, au point que rares étaient ceux qui en avaient connaissance, y compris dans les services de renseignement.

En décembre 1950, un autre engin s’est écrasé dans la région d’El Indio-Guerrero, à la frontière entre Texas et Mexique. Malheureusement, il n’en subsistait que des restes calcinés qui furent toutefois récupérés en vue d’analyses. On comprend à la lecture du rapport que ce second engin était apparemment du même type que celui de Roswell.

Les annexes de ce dossier, elles aussi rendues publiques, donnent un descriptif succinct de l’ovni de Roswell et un descriptif des ‘entités biologiques extraterrestres’. Surtout, on y lit l’ignorance des chercheurs : rien de ce qu’ils connaissaient ne leur a permis de comprendre ce à quoi ils avaient affaire. Une annexe est aussi consacrée aux techniques d’intoxication de l’information pour préserver le secret le plus absolu sur ce genre d’événement. A noter : le FBI a fait savoir que les dossiers relatifs à l’opération Majestic 12 étaient un canular. Normal…” (7)

 

VIII. Des “fakes” ?

1. Lu sur www.sois.fr :

Le témoignage récent d’un ancien soldat américain lève un coin du voile sur la légendaire affaire “Roswell”. Se sachant mourant, Paul Epley (80 ans) a décidé de libérer sa conscience en racontant à plusieurs journalistes ce dont il avait été le témoin 60 ans plus tôt.

« Durant l’été 1950, alors qu’il se trouvait sur la base militaire de camp Perry en Virginie, il avait insisté pour connaître le contenu d’un Bunker gardé par un de ses amis. Celui-ci avait finalement accepté de lui laisser jeter un coup d’œil à l’intérieur. Paul avait alors pu voir clairement, à 5 ou 6 mètres de lui, un être hors du commun enfermé dans une cage minuscule. Cet être de +/- 1,30 m avait une couleur de peau orangé-grisâtre qui évoquait celle d’un cadavre. Hormis sa couleur et ses doigts très effilés, il était très semblable aux humains. Son ami lui avait expliqué que c’était le ‘5e de Roswell’.

Il comprit alors qu’il devait garder le secret le plus absolu sur ce qu’il venait de voir et choisit de garder le silence jusqu’à la veille de son décès en août dernier. »

Source : « Agenda Plus », n° 224 – Février 2011. Traduction de allnewsweb.com/page1199999414.php

A noter que Gildas Bourdais n’accorde pas un grand crédit à ce témoignage.

 

2. Un rescapé du crash filmé ?

Voici ce qu’on peut lire dans le numéro 55, juin-juillet 2011, de « Top secret » (page 5) :

Une vidéo, apparue le 2 mai 2011 sur le site australien Allnewsweb, est censée présenter un survivant du crash de Roswell.

« Authentique ou non, nous l’avons trouvée extrêmement troublante de par la qualité de son animation. Les mouvements de tête du ‘gris’ sont très fluides et le clignement des paupières d’un réalisme surprenant dans le court extrait publié par Allnewsweb. » (R. Saüquere)

L’être possède de grands doigts disproportionnés.

Ces images, en noir et blanc, sont très courtes, et l’on aimerait voir la totalité des sept enregistrements effectués entre 1947 et 1969, gardés secrets en raison de leur contenu, selon les sources anonymes citées par le site Web.

“On pourrait cependant découvrir très prochainement sur ce site d’autres images issues de cette série et montrant des ”expérimentations” sur des extraterrestres.

Affaire à suivre, donc, car cet E.T. que le site annonce venir de Zeta Reticuli est une curiosité impressionnante, même si à l’heure où nous écrivons ces lignes, la vidéo n’a pas encore été authentifiée. L’hypothèse d’un canular n’est donc pas à exclure non plus…” (R. Saüquere)

Source :

Dans le numéro de juillet-août 2011 de « Nexus », on trouve, sous le titre : « Roswell. Un ”faux” très réussi », la mise au point suivante :

« Alors que des informations sérieuses concernant le crash de Roswell sortent régulièrement (…), le Net a été secoué par une nouvelle extraordinaire : des êtres ayant échappé à l’accident auraient pu être interrogés et filmés, (…). Quelques minutes d’un long film ont été postées par divers sites d’ufologie ; on y voit un être avec une très grosse boîte crânienne, de grands yeux sombres, le menton et la bouche très petits, apparemment pas d’oreilles… De l’avis de nombreux spécialistes, dont l’Anglais Nick Pope, il s’agit d’un canular très bien fait. »

Nick Pope a fait ce commentaire :

« Les gens ont diverses motivations pour faire ce genre de canular.(…) Certains veulent prouver leur habileté en matière d’images de synthèse (…), d’autres le font juste pour le plaisir du canular… »

Ces images ont toutes les caractéristiques des « vieux films » : noir et blanc, flou, rayures, tremblotement…

« Mais on a du mal à croire que les agents des services de renseignements étasuniens aient fait appel à des techniciens si peu doués pour filmer un être aussi exceptionnel. » (8)

 

IX. Deux autres crashs de « soucoupes » :

Des documents du FBI relatifs aux OVNIs ont été rendus publics grâce à l’application de la loi sur la liberté d’accès à l’information (Freedom of Information Act).

« Le 4 avril 1949, dans une note envoyée à Edgar Hoover, le directeur du FBI, le bureau du FBI de l’Utah rapportait le témoignage de trois personnes jugées dignes de foi – un membre de la police routière de Mantua, un garde du dépôt militaire de la petite ville d’Ogden et un policier de Logan. Malgré la distance les séparant (entre 30 et 60 kilomètres environ), les témoins ont déclaré avoir vu un même objet ‘argenté, s’approchant en altitude des montagnes de Sardine Canyon’. Cet objet parut exploser en vol. Au même moment, à une trentaine de kilomètres au nord, des habitants de la ville de Trenton voyaient ‘deux explosions dans le ciel suivies de chutes d’objets. »

Le second document, daté du 22 mars 1950, est aussi une note destinée à la direction du FBI.

« L’agent Guy Hotel rapporte qu’un enquêteur de l’US Air Force a déclaré que trois ‘prétendues soucoupes volantes’ ont été découvertes au Nouveau-Mexique. Circulaires, bombées en leur centre, faisant approximativement 15 mètres de diamètre, elles renfermaient chacune les corps de trois êtres d’apparence humaine, d’environ 1 mètre de haut, ‘vêtus d’habits métalliques ayant une texture très fine’. Ces engins s’étaient écrasés au sol, vraisemblablement – c’est le sentiment de l’informateur de l’agent de l’US Air Force – à cause de la puissance des radars utilisés dans la base de Roswell toute proche. Le radioguidage des engins aurait été perturbé au point de causer leur chute.

La suite ! serait-on tenté de dire… Que sont devenus les engins ou leurs décombres, que sont devenus les corps ? Quel usage a-t-on fait de ces découvertes ? Bref, des documents qui confirment bien les visites d’ovnis, mais qui posent de nombreuses questions. » (9)

Alain Moreau

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Références :

1. « Science et inexpliqué », n° 20, mars/avril 2011, p. 20-27,31, 35.

2. Ibid., p. 31.

3. Ibid., p. 28-29.

4. Ibid., p. 30.

5. Ibid., p. 32-35.

6. « Nexus », n° 74, mai-juin 2011, p. 79-80.

7. Ibid., p. 100.

8. « Nexus », n° 75, juillet-août 2011, p. 90.

9. « Nexus », n° 74, mai-juin 2011, p. 9.

 

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