Roswell (2) Le crash de Roswell confirmé par de nouveaux témoins. Un texte de Gildas Bourdais

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 Voici un autre texte fondamental sur le dossier de Roswell, texte que l’on trouve, avec des photos et illustrations, sur le “blog” de Gildas Bourdais : http://bourdais.blogspot.com

La diffusion de ce texte est autorisée (sous réserve, évidemment, de donner l’adresse ci-dessus).

Voici le texte de Gildas Bourdais (http://bourdais.blogspot.com) :

 

Depuis la parution en 2004 de mon livre ‘‘Roswell. Enquêtes, secret et désinformation’’, le dossier s’est enrichi de nouveaux témoignages qui permettent de cerner de plus près le déroulement de l’événement au cours des premiers jours de juillet 1947. Une étape importante dans cette voie a été le livre de Tom Carey et Donald Schmitt, ‘‘Witness to Roswell’’, paru en juin 2007, auquel s’ajoutent d’autres sources, notamment les livres de Kevin Randle et du Dr Marcel Jr. Carey et Schmitt ont proposé dans leur livre un nouveau film des événements (« time line ») qui représente un gros progrès par rapport aux ouvrages précédents, mais qui comporte encore, à mon avis, quelques difficultés. J’en ai discuté avec les auteurs et je leur ai suggéré de légères modifications tenant mieux compte des témoignages. Donald Schmitt a fini par me dire, en septembre 2008, son accord sur mes suggestions. C’est ce scénario remanié que j’ai retenu dans la nouvelle édition de mon livre publié en février 2009 sous le titre ‘‘Le crash de Roswell. Enquête inédite’’ (JMG, Le Temps Présent).

Ce scénario est développé principalement dans le chapitre VI : « Nouveaux témoins et scénario révisé ». Il intègre de nombreux témoignages, anciens et nouveaux, comme les pièces d’un puzzle dont l’image générale apparaît de mieux en mieux. Je pense qu’il va surprendre plus d’un lecteur, tellement il a gagné en précision. En voici un bref résumé. Aussi étonnant que cela puisse paraître, depuis la parution de mon livre en février 2009, quelques nouveaux témoins ont été encore dévoilés, notamment dans une nouvelle édition du livre de Carey et Schmitt parue en juin, dont j’ai tenu compte dans ce scénario.

 

Mercredi 2, ou Jeudi 3 juillet 1947, au soir :

Orage violent dans la soirée du mercredi 2 ou du jeudi 3 juillet (le débat reste ouvert sur la date exacte). Le fermier William « Mack » Brazel, éleveur de moutons au ranch Foster (situé à environ 100 km au nord-ouest de la ville de Roswell, à vol d’oiseau), entend une forte explosion, différente du tonnerre.

 

Jeudi 3 ou Vendredi 4 juillet :

Dee Proctor et des camarades retournent sur les deux sites du ranch Foster, à l’insu de Brazel, et y ramassent des débris. Ce sont Sydney « Jack » Wright, deux fils du rancher Thomas Edington, et l’une des filles du rancher Truman Pierce. Il semble qu’il y ait eu d’autres visiteurs, dès le vendredi (ou le jeudi ?), car des débris auraient même circulé au rodéo du vendredi 4 juillet (jour de fête nationale), à Capitan, bourgade située à une heure de route au sud-ouest du ranch Foster. Pour cette raison, il paraît plausible que le crash ait eu lieu dès le mercredi soir 2 juillet.

Brazel rend visite à ses voisins les plus proches, Floyd et Loretta Proctor, dont le ranch est à environ 16 km (10 miles) du sien, et leur montre des débris. Brazel, habituellement calme et réservé, est très excité par sa découverte. Il leur propose d’aller voir le site. Sur le moment, les Proctor ne veulent pas se déplacer, mais Floyd ira plus tard voir le terrain et y ramassera des débris qui seront ensuite récupérés par l’armée. D’autres voisins viennent voir le champ de débris : Budd Eppers, Truman Pierce, Glaze Sacra. Les parents de Danny Boswell, qui ont un ranch à 40 km (25 miles) à l’est, viennent voir aussi. Tous ramassent des débris qui seront ensuite récupérés, sans ménagement, par l’armée.

Brazel se demande comment nettoyer le champ de débris, que les moutons refusent de traverser. Le samedi 5 juillet, il va à la petite ville de Corona, située à 50 km (32 miles) à l’ouest du ranch. Il y montre des débris à son oncle Hollis Wilson, aux patrons du “Wades’s Bar”, et à l’épicerie, la “General Store”. Voulant résoudre son problème, il montre également des débris à son ami policier Robert Scroggins, qui lui conseille d’aller voir les militaires à Roswell. Un nouvel élément intéressant est apparu récemment, dans la seconde édition du livre de Carey et Schmitt. A Corona, Brazel avait téléphoné aux propriétaires du ranch, les frères H. et J. B. Foster, vivant au Texas, pour leur apprendre son extraordinaire découverte. Deux témoins le confirment : l’ancienne épicière de Corona, Geraldine Perkins, qui avait à l’époque l’unique ligne téléphonique, et une fille de J. B. Foster, Jo Ann Purdie. Celle-ci a précisé que son père n’en avait jamais parlé publiquement car il avait été menacé lui aussi, comme Brazel, par les militaires.

Un point à souligner, important pour comprendre le déroulement de cette histoire, est que, dès le début du week-end, pas mal de gens des environs sont déjà au courant des débris étranges et en ont ramassé. De plus, personne n’a identifié des ballons météo, ni des cibles radar montées sur des baguettes de balsa, matériels banals qu’ils connaissaient bien, mais qui constituent encore aujourd’hui l’explication de l’armée de l’Air américaine.

 

Dimanche 6 juillet :

Auparavant, Wilcox a passé Brazel, au téléphone, au jeune journaliste Frank Joyce, de la radio locale KGFL, qui se trouve venir aux nouvelles à ce moment-là. Premier entretien de Brazel avec Joyce, à qui il révèle avec émotion avoir découvert des corps étranges : « Ils ne sont pas humains ! » (« They are not human ! »). Joyce finira par révéler cet entretien en mai 1998.

Dès le dimanche soir, Brazel repart au ranch Foster avec le commandant (Major) Jesse Marcel, responsable de la sécurité de la base, et le capitaine Sheridan Cavitt, responsable du contre-espionnage, sur ordre du colonel William Blanchard. Celui-ci informe aussitôt de la découverte sa hiérarchie, sur la base de Carswell, près de Fort Worth au Texas, laquelle informe à son tour le Pentagone à Washington. C’est à Fort Worth que se trouve le quartier général de la 8ème Armée aérienne, dirigée par le général Roger Ramey, et son adjoint, le colonel Thomas DuBose.

A Fort Worth, le colonel DuBose reçoit l’ordre du général de division aérienne (Major General) Clements McMullen, commandant adjoint du Strategic Air Command, d’envoyer immédiatement à Washington des débris dans un sac scellé. C’est le premier vol Roswell – Fort Worth, avec le lot de débris apportés par Brazel, dès le dimanche soir. Le colonel DuBose supervise à Fort Worth le transfert sous sac scellé pour livraison d’urgence à Washington, confié au colonel Al Clark, commandant de la base de Carswell. Un premier lot de débris est donc examiné au Pentagone dès le matin du lundi 7, ce qui va provoquer une série de réactions en haut lieu.

 

Lundi 7 juillet :

Marcel est resté plus longtemps sur le site et passe chez lui très tard en revenant. Il montre des débris à sa femme Viaud et à son fils, Jesse Marcel Jr., alors âgé de onze ans et demi. Celui-ci va devenir, quarante ans plus tard, un témoin direct important sur les débris. En août 2007, la chaîne ‘‘SciFi’’ a révélé un nouveau témoin sur cet épisode : l’ancien lieutenant Jack Trowbridge, qui était membre du service de sécurité de Marcel. Il raconte qu’il jouait au bridge avec des collègues quand Marcel est revenu du ranch Foster et leur a montré des débris. Remarquons que ce nouveau témoignage n’est pas tout à fait cohérent avec ceux des Marcel, père et fils. Le Major Marcel a dit, et son fils l’a confirmé, qu’il avait réveillé sa femme et son fils à une ou deux heures du matin pour leur montrer des débris étalés dans la cuisine. Mais il ne leur a peut-être pas dit qu’il était passé d’abord les montrer à ses collègues et amis.

Pendant ce temps, dans la journée du lundi, Walt Whitmore Sr, patron de la radio “KGFL” à Roswell, alerté par son journaliste Frank Joyce, envoie quelqu’un chercher Brazel sur son ranch, le reçoit chez lui et enregistre son témoignage avec l’intention de le diffuser le lendemain. Il l’héberge pour la nuit, selon le témoignage du propre fils de Whitmore.

 

Pour sa part, Marcel a fait comprendre plusieurs fois aux enquêteurs qu’il n’avait pas tout dit (interview de Linda Corley en 1982 ; interview à la radio “KOAT” en 1985, un an avant sa mort). Ce qu’il a toujours dit, en revanche, c’est que le capitaine Sheridan Cavitt était retourné avant lui à la base, alors qu’il était resté plus tard pour continuer à étudier le champ de débris. Ainsi, il semble évident que Cavitt a alerté le colonel Blanchard dès son retour le lundi soir, sur leur double découverte extraordinaire, du champ de débris et des cadavres non loin de là.

Il semble plausible, en tenant compte, on va le voir, d’autres témoignages sur la base, qu’il ait été décidé d’aller chercher ces cadavres au plus vite et de les rapporter à la base le soir même, malgré le risque sanitaire que cela impliquait. Le premier souci était déjà à ce moment-là, sans doute, d’imposer le secret sur cette extraordinaire découverte. Il était trop tard, ce lundi soir, pour prendre le contrôle du vaste champ de débris, mais il était possible de retourner sur le terrain avec une petite équipe, guidée par Cavitt, pour récupérer d’urgence les cadavres. Plusieurs témoignages semblent le confirmer, notamment celui-ci, recueilli par Carey et Schmitt : le sergent LeRoy Wallace, de la police militaire, est appelé un soir pour aller à un site de crash aux environs de Corona, « pour aider à charger des corps ». Selon sa veuve, lorsqu’il est revenu le lendemain matin, ses vêtements étaient imprégnés d’une odeur épouvantable, et elle les a brûlés. C’est aussi suggéré indirectement par le nouveau témoignage d’Eli Benjamin, que nous allons voir plus loin.

Selon ce scénario, les deux ou trois cadavres du troisième site, très abîmés, sont transportés à la base, dans des sacs hermétiques et dans un véhicule frigorifique. Ils sont déposés à l’hôpital et ils font l’objet d’un premier examen le soir même. En effet, selon la veuve d’un chirurgien de l’hôpital, qui vivait sur la base, le colonel Blanchard avait appelé son mari pour une affaire urgente, vers 23 h 30. Il s’était absenté pendant une heure et demie et ne lui en avait jamais rien dit ensuite. Il est plausible qu’un premier examen ait été fait ce soir-là, mais c’est le lendemain matin, mardi 8 juillet, qu’aurait eu lieu une première autopsie à l’hôpital de la base.

 

L’équipe d’archéologues découvre un petit engin de forme ovoïde, trois cadavres et sans doute un survivant ! L’un d’eux signale leur découverte par téléphone, au shérif de Roswell, en allant au hameau de Mesa sur la route 285 (soit une marche de huit à dix km pour y arriver). Les militaires arrivent dans l’après-midi sur les lieux, avec des pompiers. On a cru longtemps que c’étaient des pompiers de la ville de Roswell, mais, selon un nouveau témoignage recueilli par Anthony Bragalia et Kevin Randle, c’étaient en fait des pompiers militaires de la base de Roswell. Selon ce nouveau témoin, lui-même ancien pompier de la ville, ceux-ci s’étaient vus interdire d’y aller par les militaires. Cependant, l’un d’eux, Dan Dwyer, y était allé quand même, avec sa voiture personnelle, en prenant sans doute de vitesse les militaires. Ceci explique le témoignage de sa fille Frankie Rowe, à qui il avait raconté ce qu’il avait vu : engin, cadavres, et un survivant. Cet épisode est en fait l’un des premiers à avoir été révélé, de toute l’histoire de Roswell, mais on croyait à l’époque que le site était dans la plaine de San Agustin, à l’ouest de la vallée du Rio Grande ! Les principaux témoins (voir au chapitre V de mon livre ‘‘Le crash de Roswell’’) sont le Dr Bertrand Schultz, le Dr Curry Holden, qui dirigeait l’équipe archéologique, Mary Ann Gardner, et Frankie Rowe, fille du pompier Dan Dwyer.

Selon de nouveaux témoignages, retrouvés notamment par Carey et Schmitt, les archéologues n’ont peut-être pas été les seuls civils ayant découvert l’ovni et les cadavres. Ce serait le cas du père de Sue Farnsworth qui, selon elle, aurait été ensuite menacé. De même, selon George Cisneros, plusieurs voisins l’avaient vu et furent aussi menacés. Un autre témoignage civil, très intéressant, est celui d’un ingénieur de Boeing, Richard Loveridge, enquêteur sur les accidents d’avions. Il avait révélé à son fils, à la fin de sa vie, qu’il avait été sur le site et qu’il avait « tout vu » : l’ovni, les cadavres et le survivant !

 

Nouveaux témoins militaires, sur le deuxième site, avec l’ovni :

Le sergent Homer Rowlette faisait partie du 603ème escadron d’Ingénierie de l’Air (Air Engineering Squadron). Son fils Larry et sa fille Carlene Green (vidéos sur le site ‘‘SciFi’’) ont dit ce qu’il leur avait révélé sur son lit de mort en mars 1988. Il avait fait partie de l’équipe de nettoyage déployée sur le site au nord de Roswell. Il avait eu en main l’une de ces feuilles controversées « à mémoire de forme » décrites par beaucoup. Plus important encore, il avait vu l’appareil qu’il a décrit comme étant de forme « à peu près circulaire », et a dit qu’il avait vu « trois petits êtres » avec de larges têtes. Au moins l’un d’eux était vivant.

Le soldat de 1ère classe (PFC) Roland Menagh était un autre MP (police militaire) sur le site, selon ses fils Michael et Roland Jr. Il leur a décrit un appareil en forme d’œuf et sans traces de soudure. Michael se souvient qu’il avait aussi décrit trois cadavres. Son père leur a dit qu’ils avaient chargé l’appareil sur un camion à 18 roues et recouvert d’une bâche (le lendemain mardi, épisode que nous allons voir plus loin). Il l’avait escorté avec une jeep, à travers la ville et jusqu’à la base, où l’épave avait été déposée dans un hangar.

 

Lundi soir, et nuit du lundi 7 au mardi 8 juillet :

Deux témoignages au moins indiquent cela, de soldats qui ont été chargés de garder cette tente. Selon des membres de leurs familles, le soldat Ed Sain et le caporal Raymond Van Why furent emmenés sur le site dans une ambulance, le soir du 7 juillet, pour garder une tente où se trouvaient les cadavres, et reçurent l’ordre de tirer sur toute personne qui essaierait d’entrer. Par contre, s’il y avait bien un survivant sur le deuxième site, ils ne le virent pas. Il semble très probable qu’il fut ramené le jour même à la base, sans doute à l’hôpital. Deux témoins indépendants l’auraient même vu entrer, en marchant, à l’hôpital.

Il faut dire ici que Tom Carey et Donald Schmitt ont supposé que cet épisode de la tente avait eu lieu, non pas sur le deuxième site proche de Roswell, mais sur le troisième site, au ranch Foster. Or, cette option est contredite par le fait que ces deux soldats, chargés de garder la tente, ont dit qu’ils avaient vu l’ovni, qui était sur le deuxième site, plus proche de Roswell. De plus, ils ont dit que le trajet n’avait guère duré plus d’une demi-heure sur la route, avant de s’enfoncer dans la « cambrousse » (« into the boondocks »). Cette durée du trajet correspond bien à l’emplacement du deuxième site. Dans un message qu’il m’a adressé en septembre 2008, Donald Schmitt m’a dit son accord à ce sujet, mais ils n’ont pas modifié ce scénario dans leur nouvelle édition de 2009.

Donnons quelques précisions sur ces deux témoins importants. Selon Carey et Schmitt, en 1947, le soldat Ed Sain faisait partie du 390eme Air Service Squadron (ASS), lui-même rattaché au 509eme Groupe de bombardement, l’unique groupe de bombardiers atomiques de l’époque, basé à Roswell. Cet « escadron », dirigé par le Major Richard Darden, était chargé spécialement de garder les bombardiers B-29 du 509eme groupe. C’était une mission de confiance, et les soldats de l’ASS avaient une habilitation au niveau « top secret », plus élevée que celle de la police militaire, la 1395eme compagnie, dirigée par le Major Edwin Easley. C’est à celle-ci qu’appartenait l’autre témoin, le caporal Raymond Van Why. Selon Ed Sain, interviewé par Carey et Schmitt, les deux commandants Darden et Easley étaient déjà sur ce deuxième site de la plus haute importance lorsqu’ils sont arrivés. Les deux soldats reçurent des provisions pour garder la tente la nuit, avec ordre de tirer sur toute personne essayant d’y entrer… Heureusement, personne ne se montra. Ils furent relevés avant même la fin de la nuit et ramenés à la base. Carey et Schmitt ont pu aussi s’entretenir avec le fils de Sain, Steven, qui lui a précisé que son père avait mis trente ans pour se décider à en parler, à lui et à son frère :

‘‘Il leur dit qu’il avait prêté serment de secret et qu’il craignait pour sa vie s’il disait quoi que ce soit… Il ne voulait regarder aucune émission, ni lire aucun livre sur Roswell. Ce n’est que récemment qu’il a commencé à en parler.’’

Il a aussi évoqué l’appareil qui était « la chose la plus étrange qu’il avait vue de sa vie ». Raymond van Why est décédé en 2001 à l’âge de 76 ans. Selon sa veuve Leola, il était très peu bavard sur les neuf années et demie qu’il avait passées dans l’armée. Il avait notamment gardé le B-29 Enola Gay (le bombardier d’Hiroshima). Lorsqu’il a quitté l’armée, il a jeté tous ses papiers militaires. Selon elle, il a parlé pour la première fois en 1954 en lisant un article de magazine sur un crash supposé d’ovni. « J’ai vu cela ! », s’est-il écrié. Il lui a raconté qu’il avait dû garder un site dans le désert, à Roswell, là où un engin spatial s’était écrasé.

‘‘Mon mari m’a dit que c’était bien un ovni qui s’était écrasé, que c’était un disque rond.’’

‘‘Comment le sais-tu ?’’, lui avait-elle demandé.

‘‘Parce que j’étais là et que je l’ai vu !’’

 

Mardi 8 juillet :

Le commandant Marcel et le capitaine Cavitt informent le colonel Blanchard, dès 6 h du matin, de ce qu’ils ont trouvé sur le ranch Foster (et sans doute dès la veille au soir pour Cavitt). Blanchard convoque son briefing hebdomadaire plus tôt que d’habitude, à 7 h 30. Il y fait le point de la situation sur les différents sites, avec plusieurs responsables de la base. Des débris rapportés par Marcel et Cavitt, qui participent eux aussi à la réunion, sont examinés. Le lieutenant Walter Haut y assiste aussi en tant que responsable de la communication.

Dès la publication de l’affidavit de Walter Haut, dans le livre de Carey et Schmitt, un point a été débattu : la présence du général Ramey et du colonel DuBose à ce briefing. Sont-ils venus dès la veille au soir de Fort Worth (situé à 600 km, à une heure et demie de vol) ? C’est plausible étant donné que toute la hiérarchie était déjà en alerte. Rappelons les signes d’agitation dans les hautes sphères militaires et politiques à Washington (évoqués au premier chapitre de mon livre ‘‘Le Crash de Roswell’’). Si c’est bien le cas, Ramey et DuBose ont dû repartir dans la matinée de mardi pour Fort Worth, où ils ont « joué » la mise en scène au ballon météo pour la presse en fin d’après-midi.

 

Le commandant Edwin Easley, chef de la police militaire, et le commandant Richard Darden, commandant adjoint de la base et chef de l’unité d’élite pour la garde des bombardiers atomiques, dirigent les opérations sur les trois sites. Des MP de la 1395eme compagnie (dirigée par Easley) sont postés le long de la route 285 (au nord de Roswell) jusqu’au hameau de Ramon. Plusieurs témoins indépendants les ont remarqués, notamment William Woody et son père.

Des témoins civils ont observé de loin le bouclage du champ de débris. Trinidad « Trini » Chavez, fils d’un employé du ranch Richards (au sud du ranch Foster), a observé le travail des soldats sur le champ de débris, avec des camarades, à distance depuis une colline. Il était trop tard pour s’approcher et ramasser des débris, mais il a appris ensuite que son père en avait déjà ramassé. Le jeune Charlie Schmid, qui habitait au nord de la ville, a eu vent de l’événement. Il a enfourché sa moto et a réussi à s’approcher du champ des débris. Il a eu juste le temps de regarder quelques pièces métalliques avec des inscriptions étranges. Mais, en entendant des véhicules militaires arriver, il a préféré s’éclipser, comprenant qu’il était tombé sur une affaire très secrète.

 

Dès le mardi midi, l’armée a complètement bouclé les trois sites et pense contrôler enfin la situation. Elle peut alors commencer à faire marche arrière par rapport au communiqué de presse du matin. Sur le bouclage du site des débris, rappelons l’un des plus anciens témoins retrouvés par les enquêteurs. Budd Payne, éleveur des environs, avait voulu pénétrer sur le ranch de Brazel, à la recherche d’une bête égarée, mais il avait été arrêté par un garde armé. Il arrivait par l’ouest, ce qui veut dire que le ranch était déjà bouclé dans sa totalité. Que de précautions pour quelques kilos de ballons météo ! En début d’après-midi, quelques tentatives sont faites par les militaires de Roswell pour arrêter la diffusion du communiqué de presse. On va encore récupérer des copies le 9 juillet, à Roswell, Albuquerque et Santa Fé. Cependant, dès le mardi matin, la rumeur de la découverte s’est déjà répandue à Roswell. Le communiqué de midi est publié par le ‘‘Roswell Daily Record’’ dans l’après-midi, ainsi que d’autres journaux du Centre et de l’Ouest des Etats-Unis (par exemple le ‘‘San Francisco Chronicle’’). Les journaux de la côte Est publieront directement le démenti du soir, le lendemain 9 juillet. Rappelons également ici cette mise en scène à Fort Worth, avant de présenter les nouveaux témoignages, très importants, sur la récupération de l’ovni et des cadavres du deuxième site.

 

Le mardi en fin de matinée a lieu un vol de B-29 (‘‘Dave’s Dream’’) à Fort Worth, avec à son bord le Major Marcel et d’autres officiers. Marcel a pour mission d’apporter personnellement au général Ramey un nouveau lot de débris ramassés sur le ranch Foster. Equipage très galonné, selon le sergent-chef (Ms Sgt) Robert Porter qui était à bord comme mécanicien de vol. A sa tête, le lieutenant-colonel Payne Jennings, adjoint du colonel Blanchard (selon l’affidavit de Porter). Porter a eu en main des paquets de vrais débris, d’une surprenante légèreté. A Roswell, le lieutenant Robert Shirkey a assisté à leur départ.

Arrivé à Fort Worth, le commandant Marcel montre quelques débris au général Ramey, dans son bureau. Celui-ci l’emmène dans la salle des cartes pour qu’il lui montre le lieu précis du crash. Au retour dans son bureau, les débris ne sont plus là. Pendant ce temps, le colonel DuBose, adjoint de Ramey, réceptionne des débris de ballon météo et de cible radar très abîmés, livrés sans doute par un autre avion car il n’a pas vu Marcel, et va les étaler lui-même dans le bureau de Ramey. Pour lui, ce ne sont que des débris bons à jeter, selon ses entretiens avec des enquêteurs. Avant même l’arrivée des vrais et faux débris, le général Ramey, répondant à des journalistes, commence déjà à dire, en début d’après-midi, que c’est une confusion avec un ballon. Il annonce aux journalistes que le vol prévu vers la base de Wright Field (Ohio), pour examen des débris, est annulé. Mais un télex du FBI, à 16 h 17 CST (qui sera rendu public sur demande FOIA), indique que non.

La célèbre conférence de presse au ballon météo a lieu vers 16 h 30 (CST). Le reporter photographe John Bond Johnson prend en photo Ramey et DuBose devant les débris étalés, photos qui seront publiées le lendemain. D’autres photos sont prises de Marcel, également devant des débris de ballon. L’adjudant Irving Newton, responsable météo convoqué au bureau de Ramey, identifie immédiatement ballon et cible radar, et est congédié. Sur ordre de Ramey, Marcel a assisté à la séance sans rien dire, contrairement à ce que racontera plus tard Newton, devenu un important témoin soutenant la thèse militaire des ballons (important car ils sont peu nombreux !). Le lendemain, le démenti de Fort Worth est publié en première page dans tous les journaux, et l’incident est clos pour trente ans. Mais à Roswell, et ailleurs, les opérations continuent.

 

Le démenti à Roswell :

A Roswell, en début d’après-midi, de nombreux appels continuent à arriver de partout, mais le colonel Blanchard est injoignable. On dit qu’il est parti en congé ! En fait, il est allé visiter les sites, selon le lieutenant-colonel Joe Briley. Les jours suivants, Blanchard se serait fait installer un bureau provisoire, à l’écart sur la base.

Le mardi après-midi, arrivée à Roswell des journalistes Robin Adair et Jason Kellahin, de l’‘‘Associated Press’’. Témoignages contradictoires : Adair, venant d’El Paso par avion sur ordre urgent de l’AP à Washington, survole deux sites par avion. Des militaires en armes leur font signe de s’écarter. On montre à Kellahin, venu en voiture d’Albuquerque, des débris de ballons près de la route 285. C’est manifestement une petite mise en scène arrangée spécialement pour lui. Nouvel entretien de Brazel le soir, aux deux journaux et aux deux radios, cette fois sous escorte militaire (témoignage de Paul McEvoy, éditeur du ‘‘Record’’). Maintenant, Brazel dit qu’il a trouvé des débris de ballon le 14 juin, au lieu de début juillet. Sa femme Margaret, sa fille Bessie et son fils Vernon étaient avec lui. Brazel raconte maintenant qu’il avait trouvé en fait 5 livres de ballons. Mais alors pourquoi s’est-il donné la peine de faire le voyage à Roswell ? Photo de Brazel par Adair, publiée le lendemain avec son témoignage modifié et le démenti de Fort Worth (article « Harassed rancher »…). Un nouvel épisode de probable manipulation des journalistes a été révélé en 2009 : un jeune photographe de ‘‘Life Magazine’’, Alan Grant, a été embarqué à Albuquerque sur un petit avion par un Major Charles Philips qui l’a baladé dans un coin désertique où ils n’ont rien trouvé : vous voyez, il n’y a rien ! De fait, ‘‘Life’’, suivi par beaucoup d’autres magazines, ne va rien publier sur l’incident.

Plusieurs témoins voient Brazel déambuler dans les rues de Roswell sous escorte militaire : Floyd Proctor, Lyman Strickland, Leonard « Pete » Porter, Bill Jenkins et L. D. Sparks. Brazel, qui les connaît bien, baisse la tête et semble ne pas les voir. Second entretien de Brazel avec le journaliste Frank Joyce. Joyce lui fait remarquer qu’il a changé son histoire. Commentaire final de Brazel, très mal à l’aise, au moment de partir : « ils ne sont pas verts ! ». Brazel est ensuite gardé près d’une semaine à la base, dans la maison d’hôtes (témoignages de sa famille et de ses voisins).

Cependant, des vols spéciaux, non programmés, commencent à arriver à Roswell : de Washington DC, de White Sands (Alamogordo AFB), de Fort Bliss (près d’El Paso) et de Kirtland AFB. On fait venir des équipes de nettoyage en renfort, depuis Fort Bliss et Alamogordo. Revenons maintenant au film des événements sur les sites et sur l’acheminement des débris, de l’ovni et des cadavres à Roswell, précisé par de nouveaux témoins.

 

Le mardi 8, matin, séance photo sur le deuxième site :

Décollage de Washington vers 10 h, vol en B-25, arrivée à Roswell le lundi soir vers 17 h (MT). Au petit matin, Benthal et Kirkpatrick sont conduits sur le deuxième site. Ils doivent revêtir des tenues de protection. Ils voient des tentes, gardées par des hommes en armes, ainsi qu’un camion frigorifique. Kirkpatrick est envoyé sur un autre site : sans doute, le champ de débris que l’on est en train de boucler. Benthal voit s’affairer un certain nombre de soldats et d’officiers, dont deux commandants dont il ne connaît pas les noms : sans doute les Majors Darden et Easley. Il doit faire des photos des cadavres, au flash sous la tente, où sont alignés des petits corps sur une toile en caoutchouc. Il remarque une odeur de désinfectant (formaldéhyde). Les deux photographes sont ramenés le jour même à la base de Roswell. Caméras et films confisqués. Retour le lendemain matin à Washington, ‘‘debriefing’’ par le lieutenant-colonel Bibbey, et interdiction de parler. Peu de temps après, Benthal va être envoyé en mission en Antarctique !

 

Voici un nouveau témoignage important, celui du soldat Elias « Eli » Benjamin qui, selon Tom Carey et Donald Schmitt, s’est décidé à parler en 2005. Jusque là il n’osait pas, de peur de perdre sa pension de retraite militaire. Finalement, il a parlé publiquement pour la première fois, à l’âge de quatre-vingts ans, lors d’une émission de la chaîne câblée ‘‘SciFi’’, qui a été diffusée en novembre 2006 aux Etats-Unis (en 2008 en France).

Un matin de juillet, Eli Benjamin vient de terminer une garde de nuit quand il reçoit l’ordre de rester en alerte pour une mission spéciale. Il remarque une activité importante et inhabituelle autour du quartier général de la base : c’est sans doute la fameuse réunion du mardi matin. Dans l’après-midi, il reçoit l’ordre d’aller au hangar P-3. Lorsqu’il arrive au hangar, il découvre que l’officier qui lui avait dit de prendre ce poste est en proie à une grande agitation et est contraint au silence par des MP : il a craqué en voyant les cadavres dans le hangar ! Ceux-ci sont disposés sur des lits à roulettes (‘‘gurneys’’), trois ou quatre, croit-il se rappeler, et recouverts de draps. Benjamin est alors chargé, par un autre officier arrivé sur les lieux, d’escorter le transport de ces corps à l’hôpital de la base, dans une ambulance. Selon Benjamin, l’un d’eux semble se mouvoir. Le drap a glissé et il a aperçu un visage grisâtre, une large tête sans cheveux qui n’était pas humaine. Devant la caméra de ‘‘SciFi Channel’’, Benjamin imite le mouvement de sa tête se penchant sur le côté, comme s’il était mourant.

Lorsque Benjamin arrive à l’hôpital, plusieurs médecins et des officiers sont là, attendant les corps. Ils enlèvent les draps, ce qui permet à Benjamin de les apercevoir furtivement. Il remarque que les médecins sont comme fascinés, immobiles, autour des cadavres. De mémoire, Benjamin fait la description d’un petit corps avec une grosse tête en forme d’œuf, des yeux allongés, une bouche mince comme une fente, et deux trous à la place du nez.

Benjamin remarque aussi une très forte odeur de cadavres décomposés. Or, cette odeur ne provient pas des corps qu’il vient d’acheminer. Ce détail suggère que les cadavres très abîmés du troisième site étaient déjà là, et semble confirmer le récit qu’une infirmière aurait fait à Glenn Dennis d’une tentative d’autopsie à laquelle elle aurait dû participer.

 

A l’hôpital, Miriam « Andrea » Bush, âgée de vingt-sept ans, était la secrétaire de l’administrateur de l’hôpital, le lieutenant-colonel Harold Warne. Selon son frère George et sa sœur Jean, elle est revenue un soir en état de choc. Elle a fini par dire qu’il y avait à l’hôpital du personnel médical qu’elle ne connaissait pas. Warne l’avait emmenée dans une pièce d’examen où elle avait vu plusieurs corps, petits comme des enfants. L’un d’eux était vivant. Leur peau était grisâtre ou tirant vers le brun, et ils avaient une grande tête et de grands yeux. Le lendemain, elle a déclaré que personne ne devait plus rien dire sur cette histoire. La famille a eu l’impression qu’elle avait été sévèrement menacée. Selon eux, l’événement l’avait tellement perturbée qu’il a gâché sa vie. Elle est morte en 1989 dans des circonstances suspectes, avec des traces de coups sur les bras, mais il a été conclu au suicide en s’étouffant avec un sac en plastique noué autour de sa tête… Sa belle-sœur Pat Bush a témoigné publiquement (la vidéo a été publiée sur le site ‘‘SciFi’’). Elle ne croit pas du tout au suicide et est convaincue que Miriam avait été menacée.

Rappelons le témoignage de l’ancien employé de pompes funèbres Glenn Dennis. Il a raconté qu’il avait été appelé par la base pour savoir s’ils disposaient de petits cercueils, hermétiques, et comment faire pour embaumer des corps. Il aurait ensuite rencontré une infirmière à l’hôpital qui lui dit avoir participé à une séance d’autopsie interrompue à cause de l’odeur insupportable des cadavres. Son témoignage a été mis en doute car il avait caché le nom de l’infirmière en donnant de faux noms. Or, une série de nouveaux témoignages ont permis de retrouver très probablement la véritable infirmière, Mary Crowley Lowe, qui habitait encore à Roswell en 2009 ! Wendy Connors, enquêtrice réputée, lui a rendu visite à la demande de Carey et Schmitt. Elle n’a pas avoué vraiment, mais l’entretien la désignait assez clairement.

Les corps sont ensuite amenés dans une chambre froide située à mi-chemin entre le hangar et l’hôpital. (Ceci a été confirmé récemment à Carey et Schmitt par une personne qui y a travaillé dans les années 90 et a entendu parler de l’événement de 1947.) Puis ils sont ramenés dans le hangar P3 pour la nuit, où l’on a préparé un local à cet effet, et où l’on a fabriqué des caisses spéciales en bois pour leur transport le lendemain. Il s’agit là des corps du deuxième site, ramenés à Roswell en début d’après-midi. Les corps très abîmés du troisième site sont traités à part, comme on va le voir plus loin.

 

Il y a aussi le soldat Francis Cassidy qui a dit à sa femme, Sarah Mounce, qu’il avait vu les corps à l’intérieur. Autre témoin : selon sa veuve Wanda Lida, le caporal Robert J. Lida lui a dit qu’il avait gardé le hangar et observé à l’intérieur l’épave et de petits corps que l’on préparait pour être expédiés. Ce sont encore le sergent Robert Smith et d’autres membres de la First Air Transport Unit (1st ATU) qui ont participé aux préparatifs.

Le lendemain, probablement, a eu lieu le chargement et le transport de ces corps, directement vers la base de Wright Field, à bord d’un quadrimoteur C-54 (Douglas DC-4 en version civile). Cet avion a été piloté par le capitaine Olivier « Pappy » Henderson (selon les témoignages de sa veuve Sapho Henderson et de sa fille Mary Kathryn Groode).

 

Le compte-rendu le plus intéressant, peut-être, sur le chargement du B-29, est celui du capitaine Meyers Wahnee, selon sa fille Blanche Wahnee. Son père avait révélé à sa famille que l’incident de Roswell était véridique, dans la dernière année de sa vie. Officier de sécurité de haut niveau, il était venu à Roswell par avion de Fort Simmons, au Colorado, pour superviser le transport d’un « élément top secret », de Roswell à Fort Worth par un vol spécial de B-29. L’élément était une unique grande caisse en bois, que Wahnee devait accompagner comme garde de sécurité dans le puits de chargement. Il dit qu’il contenait les corps d’aliens trouvés près de Roswell. Comme plusieurs autres témoins dans le livre, il a précisé qu’il y avait trois sites de crash.

Nous allons voir comment toute une série de témoins, dont certains sont nouveaux, ont décrit ce transport des corps par B-29 le lendemain mercredi, vers le quartier général de Fort Worth, au Texas. Mais, pour respecter la chronologie, plaçons d’abord ici l’épisode du transport de l’ovni à la base, le mardi après-midi, pour lequel il y a aussi de nouveaux témoins.

 

Le soldat Rolland Menagh a participé au chargement de l’ovni sur un camion remorque à 18 roues, recouvert d’une bâche. Il a escorté en Jeep le retour du convoi à Roswell, où l’engin a été déposé dans un hangar. Des témoins, en ville, voient passer le camion 18 roues, bâché, sous escorte armée. Ces divers témoignages indiquent bien que l’appareil a été rapatrié au hangar P-3 en fin d’après-midi.

C’est sans doute le lendemain mercredi que le capitaine Sheridan Cavitt est allé visiter le deuxième site, accompagné de son assistant, le sergent-chef Lewis Rickett. Celui-ci a raconté la visite, à trois quarts d’heure de route au nord de Roswell. Il n’a pas vu l’ovni, mais il y avait encore quelques débris au sol. Il en a ramassé un qui était légèrement incurvé et très léger, mais impossible à plier.

 

De nouveaux témoignages sur ces opérations ont encore été recueillis par l’équipe Carey-Schmitt, et cités dans leur seconde édition de 2009. James Strom, selon son beau-frère John Tilley, a escorté le convoi à travers Roswell en fin d’après-midi. Bill Blair a confirmé l’entreposage au hangar P 3. De nouveaux témoins confirment les rumeurs qui circulaient à la base sur le crash : les sergents Harvie Davis et Leonard Hardy, les soldats John Bunch et Eugene Helnes.

D’autres témoins militaires, directs ou indirects, ont encore été retrouvés : selon sa femme Mary, le soldat Frank Martinez a conduit des camions vers le ranch Foster pendant deux jours d’affilée. En juillet 2008, l’ancien sergent William Ennis, ami d’Earl Fulford (un témoin important de la première édition, décédé le 3 août 2008), qui était ingénieur de vol sur B-29, a fini pas avouer qu’il avait vu l’ovni et il a fait ce commentaire : « Il n’y avait pas de moteur ! Avant de m’en aller je voudrais bien savoir. » Les témoins sont maintenant si nombreux, sur toutes ces opérations, que l’on renonce à les compter !

 

Selon Ruben Anaya, le gouverneur adjoint Montoya était allé au hangar P-3 pour serrer la main à de jeunes soutiens politiques (les « montoyistas »). Il se trouve qu’il est entré dans le hangar juste après que des véhicules militaires y avaient apporté les cadavres et un premier chargement de débris, que des techniciens et des médecins commençaient juste à examiner. Il pouvait difficilement tomber plus mal et il fut littéralement saisi de panique. C’est alors qu’il a appelé Ruben Anaya pour venir d’urgence le sortir de là en voiture. Anaya était bien connu à la base et a pu y entrer sans difficulté puis en ressortir avec Montoya, celui-ci en état de choc. Après avoir absorbé des remontants chez les deux frères Anaya, il a pu leur raconter ce qu’il avait vu : des corps allongés sur des tables, « qui n’étaient pas humains ! ». L’un d’eux était encore vivant car il l’a entendu gémir. Incidemment, il y a une scène analogue, fameuse, dans le film ‘‘Roswell’’ (avec l’acteur Martin Sheen), dont le directeur exécutif Paul Davids connaît très bien les enquêtes sur Roswell et a préfacé le livre de Carey et Schmitt.

Selon Montoya, les « petits hommes » furent embarqués vers l’hôpital juste avant qu’il quitte le hangar. C’est compatible avec le témoignage d’Eli Benjamin qui avait dû opérer ce transfert, sans doute dans l’après-midi. D’autre part, Montoya n’avait pas vu l’appareil dans le hangar, seulement des débris. C’est compatible également avec les témoignages, déjà cités, selon lesquels l’appareil aurait été acheminé à la base en fin d’après-midi. Incidemment, c’est alors que le colonel Blanchard, revenu à la base après sa visite du terrain, aurait fait une visite au hangar, flanqué de son fidèle lieutenant Haut, lequel a eu ainsi l’occasion de voir, brièvement, l’engin et des cadavres. On voit que les divers témoignages s’enchaînent et s’emboîtent, tels les morceaux d’un puzzle compliqué, de manière plausible.

 

Mercredi 9 et jours suivants :

Les récits des deux autres témoins de ce vol, le sergent Arthur Osepchook et le soldat Lloyd Thompson, corroborent bien celui de Robert Slusher, avec quelques détails révélateurs sur la nature exceptionnelle de ce transport de haute sécurité. Le sergent Osepchook était certain, comme les autres hommes, qu’il y avait quelque chose de très important dans cette caisse. Un aspect intéressant de son témoignage est qu’ils furent « débriefés » à leur retour à Roswell. On leur dit qu’il n’existait pas de « soucoupes volantes » et qu’il n’y avait pas eu de crash de l’une d’elles. Encore une fois, que de précautions pour une grappe de ballons ! Autre détail : Lloyd Thompson se souvient qu’avait participé au vol un médecin de la base, qu’il a reconnu car il l’avait soigné la semaine précédente. Bizarre, aussi, ce médecin embarqué pour un simple aller et retour à Fort Worth…

A l’arrivée à Fort Worth, un groupe de gens attendait l’avion sur le tarmac. L’équipage a entendu dans l’‘‘intercom’’ le lieutenant Felix Martucci dire qu’il reconnaissait parmi eux un ancien camarade d’école devenu entrepreneur de pompes funèbres (‘‘mortician’’), mais le capitaine Ewing lui a ordonné aussitôt de se taire ! Au retour à Roswell, le même Martucci a sans doute gaffé une seconde fois en s’exclamant : ‘‘Les gars, nous venons de faire l’histoire !’’ (‘‘Boys, we just made history !’’). Incidemment, Tom Carey et Donald Schmitt racontent qu’ils ont réussi à joindre Martucci au téléphone mais que, dès qu’ils ont abordé ce vol « historique », il a répliqué immédiatement qu’il ne savait rien et leur a raccroché au nez. Ils ont bien essayé de le rappeler un peu plus tard, mais il avait changé de numéro. Il n’est pas inconcevable qu’il ait écopé d’un sérieux avertissement à l’époque.

 

Transports de débris par plusieurs avions C-54, les jours suivants :

Il y a eu d’autres chargements et d’autres vols : selon Robert Smith (affidavit), il y a eu trois ou quatre vols de quadrimoteurs C-54. Il confirme un vol vers la base de Wright par le capitaine Henderson (il a vu son équipage), déjà évoqué plus haut. Selon ses proches, celui-ci avait transporté des corps, probablement ceux du deuxième site. Ces transports ont eu, selon les témoins, plusieurs destinations : White Sands et Kirtland, puis Los Alamos par la route. Cette destination de Los Alamos a été révélée par un cousin de Robert Smith, membre des services secrets, Raymond de Vinney. L’envoi de débris pour étude à White Sands et à Los Alamos est logique. Ce sont des centres de recherche avancée de l’époque, pour les fusées et les bombes atomiques. Selon certains, des personnalités éminentes, comme Robert Oppenheimer pour le nucléaire, Von Braun pour l’espace, auraient été consultées. On a parlé aussi d’un transport à Washington : selon les témoignages du lieutenant-colonel Joe Briley et du sergent Lewis Rickett, un avion venu de Washington le mardi 8, avec à son bord du personnel du contre-espionnage (CIC, Counterintelligence Corps), était reparti le jour même avec un chargement de débris.

 

Rappelons ici l’inspection, en septembre, de la région de Roswell par le professeur Lincoln LaPaz, assisté de Lewis Rickett. (Voir le chapitre 2 du livre.) LaPaz découvre une zone de terrain vitrifiée à 5 miles au nord-ouest du champ de débris. Il confirmera plus tard à Rickett son opinion qu’il y a eu chute d’un engin extraterrestre. Il y aurait eu ainsi quatre sites plus ou moins alignés, du nord-ouest au sud-est : la zone vitrifiée (premier impact au sol ?) ; le champ de débris 5 miles plus loin (explosion d’une coque externe ?) ; le site des cadavres à 2 miles et demi du champ (une capsule de sauvetage ?) ; le site d’impact avec ovni et autres cadavres, à environ 20 miles plus loin.

Que s’est-il vraiment passé à Roswell ? Risquons ici un commentaire prudent sur toute l’affaire : nous sommes confrontés, manifestement, à une histoire complexe. En dépit de tous les témoignages accumulés, on voit qu’il y a encore des zones d’ombre et des inconnues. Mais ce n’est pas une raison pour tout mettre en doute. Beaucoup de pièces du puzzle sont déjà bien assemblées.

 

Témoins menacés, habitants surveillés :

Les habitants de la région ont continué à être surveillés et à être visités pendant des années. De fait, quelques-uns avaient gardé des débris. Bill Brazel va raconter, à Corona en 1949, qu’il a récolté quelques débris. Peu après, il a la visite d’un certain capitaine Armstrong, accompagné de trois soldats, qui demande et obtient les débris. Ils fouillent la maison et la mettent sans dessus dessous. Selon un rancher de la région, L. D. Sparks, juste quelques années après l’incident, un voisin de Brazel, Dan Richards, lui avait montré un morceau de feuille métallique. Il l’avait jeté en l’air et ils avaient tiré dessus, mais sans arriver à l’endommager. On pouvait la replier mais elle reprenait ensuite sa forme originale : encore un témoin des feuilles infroissables, à mémoire de forme ! On verra, au chapitre 2 du ‘‘Crash de Roswell’’, comment Brazel lui-même avait fait un jour cet exercice avec des amis chasseurs.

Malgré cet effort considérable des militaires pour récupérer tous les débris qui avaient pu être ramassés sur le ranch Foster et aux alentours (certains débris, les plus légers, avaient sans doute été dispersés à la ronde par le vent), il n’est pas impossible que des habitants aient réussi à en conserver quelques-uns. Tom Carey a dit à l’émission de CNN”, ‘‘Larry King Live’’ du 4 juillet 2008, qu’il avait peut-être une piste pour en retrouver un !

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