OVNIs : les “lumières de Phoenix”

 

Fife-Symington-III

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce dossier regroupe trois textes qui avaient été mis en ligne, sur mon précédent site, sous la forme de trois articles.

 

I. Les lumières de Phoenix selon Leslie Kean :

Le 13 mars 1997, des OVNIs en forme de triangle et de V ont été aperçus en Arizona. A partir de 20 heures, des résidents virent des appareils énormes, étrangement silencieux, planant au-dessus d’eux. Un objet se déplaça du nord vers le sud-est en traversant l’Etat, voyageant sur environ trois cents kilomètres de Paulden à Tucson et passant au-dessus de Phoenix et des communes voisines. Il fut visible de 20 heures 15 à 21 heures 30, et des centaines de personnes, voire des milliers, purent le voir. Les lignes téléphoniques du département de police furent saturées, et Luke Air Force Base, la base aérienne locale, a été débordée par les appels. Des rapports d’observation, en provenance de tout l’Etat, ont inondé les lignes du National UFO Reporting Center (NUFORC) basé à Seatle (Etat de Washington). En dépit de tout cela, il semble que les contrôleurs aériens n’ont pas enregistré ces objets sur le radar.

L’appareil était énorme et semblait être souvent très bas dans le ciel, cachant les étoiles au-dessus de lui. Un jeune témoin a dit qu’il avait pu voir clairement le dessous de l’appareil et qu’il aurait pu l’atteindre s’il lui avait lancé une pierre. Le NUFORC a reçu le premier rapport à 18 heures 55 depuis Henderson au Nevada. Un groupe de trois témoins a dit que l’objet occupait la majeure partie du ciel. Une famille de cinq personnes circulant en voiture a observé un énorme appareil passer au-dessus du véhicule. Selon de nombreux témoins, l’appareil avait la taille de plusieurs terrains de football et mesurait plus d’un kilomètre et demi de long. Un match local fut interrompu alors que l’objet massif passait au-dessus des parents, enfants et entraîneurs qui, incrédules, regardaient.

Certains témoins ont décrit la couleur comme le gris sombre d’un canon de fusil et beaucoup de personnes furent stupéfaites par le silence de l’objet, compte tenu de sa taille, d’autant plus qu’elles l’ont vu partir « en un clin d’oeil ».

Il était difficile de déterminer le nombre d’objets présents, et la vitesse était variable, depuis l’immobilité jusqu’à l’éloignement à toute vitesse et en un instant.

Il a fallu plusieurs mois aux enquêteurs civils qui se sont attelés au cas pour compiler tous les rapports, établir la carte des trajectoires et déterminer que plusieurs objets avaient en effet été observés.

Une fois de plus, comme pour la vallée de l’Hudson, aucun officiel gouvernemental n’a été dépêché pour enquêter ou répondre aux questions de citoyens stupéfaits et alarmés.

Frances Emma Barwood, conseillère municipale de la ville de Phoenix, pressée de questions par les journalistes et les administrés, a été la seule officielle élue à lancer une recherche publique, mais elle n’a pas reçu la moindre information de quelque niveau gouvernemental que ce soit. Elle a parlé avec plus de sept cents témoins, ceux-ci ayant appelé son bureau, et, parmi ceux-ci, il y avait des officiers de police, des pilotes et d’anciens personnels militaires, tous ayant fourni des descriptions très semblables des objets perçus. Pourtant, les officiels gouvernementaux ne semblaient pas intéressés, puisque Frances Emma Barwood a précisé à Leslie Kean que ceux-ci n’ont jamais interrogé ne serait-ce qu’un seul témoin.

« Comment pouvaient-ils ne pas être au courant de ces énormes appareils volant à basse altitude au-dessus d’importants centres de population ? C’est inconcevable, mais c’est aussi effrayant. » (F. E. Barwood)

Du fait qu’elle était disposée à répondre aux inquiétudes du public, elle a été ridiculisée par une grande partie des médias de Phoenix, notamment par un dessinateur humoristique bien connu du principal journal d’Arizona, et elle a aussi dû subir les commentaires désobligeants de certains hommes politiques.

Une couverture minimale a été faite par quelques journaux et radios locales, mais ils n’ont pas donné suite. Trois mois plus tard, le 18 juin, un article en première page a été publié dans « USA Today », et l’affaire a été propulsée dans les journaux télévisés du soir sur les grandes chaînes ABC et NBC, bien que de façon limitée. Elle est devenue connue avec l’appellation de : « les lumières de Phoenix ». Des citoyens ayant exigé des réponses, le gouverneur républicain Fife Symington a annoncé à la télévision, le matin du 19 juin, qu’il ordonnait une enquête complète et ferait « toutes les investigations nécessaires ». Dans l’après-midi, il convoqua une conférence de presse en disant qu’il allait révéler la source derrière les lumières de Phoenix. Son chef d’état-major Jay Heiler est apparu menotté et affublé d’une tenue d’extraterrestre comprenant un masque de caoutchouc avec de grands yeux noirs lui couvrant entièrement la tête, et il fut escorté sur le podium par des officiers de sécurité. Le gouverneur a présenté le personnage comme « le coupable », et, pendant que les rires fusaient dans la salle, il a plaisanté sur le thème : « Ceci est pour vous montrer que, vous autres, êtes beaucoup trop sérieux », puis le masque fut ôté devant les caméras. Fife Symington a aussi annoncé qu’il avait questionné le commandant de Luke Air Force Base, le général en charge de la Garde Nationale et le chef du Département de la Sécurité publique, mais qu’il n’avait, à ce stade, rien appris. Leslie Kean note que cette importante déclaration fut occultée par les réactions à ce que l’on appelle aujourd’hui la « parodie », par le gouverneur, de la conférence de presse. Le bureau de la conseillère Frances Emma Barwood a été l’objet d’appels de gens furieux, et le gouverneur a aussi reçu sa part de plaintes. La conseillère a contacté John Mc Cain, sénateur de l’Arizona, et lui a demandé de conduire une investigation. Celui-ci a demandé au Département de l’Air Force d’enquêter, et, comme il l’a expliqué à un administré dans une lettre datée d’octobre 1997, il a précisé que l’Air Force avait informé son bureau, en juillet, que le Département ne conduisait plus d’investigations sur les OVNIs. John McCain a aussi précisé que les installations militaires locales ont fait un effort pour résoudre le cas et qu’il avait été informé que la Garde Nationale avait lâché, au sud-ouest de Phoenix, entre 21 heures 30 et 22 heures, des fusées éclairantes au magnésium de haute intensité, ces fusées pouvant être vues jusqu’à 250 kilomètres. Une vidéo prise vers 22 heures par un photographe amateur montre ce que deux professionnels qualifiés ont identifié à des fusées éclairantes. Il s’agit de lumières brillantes alignées au-dessus de la montagne et disparaissant une à une. Cette vidéo a été prise au moment même où la Garde Nationale avait lâché des fusées LUU2 dans le cadre d’un exercice d’entraînement appelé « Opération Snow-bird ». Or, les observations les plus nombreuses d’objets non identifiés à travers l’Arizona avaient commencé à environ 20 heures 15, bien que certains objets eussent été vus plus tôt, à la lumière du jour. Il est clair, note Leslie Kean, que les survols d’OVNIs étaient un événement séparé, indépendant des fusées tirées ensuite. Dans sa lettre, le sénateur McCain, un vieil ami du gouverneur Symington, avait informé son administré qui l’interrogeait qu’il explorait encore d’autres explications possibles. Dans une conférence de presse en 2000, John McCain a reconnu qu’un incident avait bien eu lieu au cours duquel des lumières mystérieuses avaient été vues au-dessus de l’Arizona, et il avait ajouté que cela n’avait jamais été complètement expliqué, tout en précisant qu’il n’avait aucune preuve qu’il s’agisse d’Aliens ou d’OVNIs.

En 2000, une plainte collective fut déposée auprès de la Cour fédérale de Phoenix par des témoins demandant des explications au gouvernement fédéral, et en réponse à une requête ordonnée par la Cour pour rechercher cette information, le Département de la Défense a maintenu qu’il ne pouvait trouver aucune information sur les objets triangulaires. Il a donné des détails de sa procédure de recherche au juge fédéral Stephen M. McNamee, lequel a conclu, le 30 mars 2000, qu’une « recherche raisonnable avait été conduite » mais qu’aucune information n’avait été obtenue, le juge ayant ensuite refermé le dossier.

Fife Symington, diplômé de Harvard et un vétéran décoré de l’Air Force au Vietnam, est le petit-fils d’Henry Clay Frick, le magnat du charbon et de l’acier, et un cousin de Stuart Symington, sénateur démocrate du Missouri. Il a servi comme gouverneur républicain de l’Arizona à partir de 1991 et a été réélu en 1994. Etant lui-même pilote, il vole souvent sur son bimoteur Beechcraft Baron entre ses deux maisons de Phoenix et Santa Barbara (Californie). En 2007, lors du dixième anniversaire des Lumières de Phoenix, Fife Symington a déclaré avoir vu lui-même, en même temps que d’autres habitants, ce qu’il a appelé « un appareil d’origine inconnue », mais qu’il avait décidé de ne pas rendre cela public. Il a ajouté que le cas demeurait non résolu, qu’il devrait faire l’objet d’une investigation officielle et que les incidents OVNIs en général devaient être pris au sérieux par le gouvernement américain. Lors de la soirée d’observation de mars 1997, Fife Symington, qui regardait les informations, a reçu quelques appels à propos de l’observation. Il est parti en voiture et s’est rendu dans un parc public situé près de Squaw Peak, hors de Phoenix. A sa grande surprise, il a vu quelque chose de hautement insolite, qui, au-dessus de lui, était brillamment éclairé. Il a déclaré à Leslie Kean que c’était spectaculaire et que cela ne pouvait pas être des fusées éclairantes car c’était trop symétrique. Cela avait des contours géométriques et une forme constante.

A la fin de 2006, le réalisateur de documentaires James Fox avait envoyé à Fife Symington une copie de son documentaire sur les OVNIs : « Out of the Blue », qui incluait une partie sur les Lumières de Phoenix. James Fox était en train d’ajouter de nouveaux éléments pour une seconde version de son film qui avait eu beaucoup de succès et il avait décidé de contacter l’ancien gouverneur pour essayer de comprendre pourquoi Fife Symington avait fait sa conférence de presse parodique. James Fox avait interrogé de nombreux témoins qui ne trouvaient pas drôle le canular du gouverneur et étaient assez choqués par ce qui était à leurs yeux de la moquerie et du mépris de la part de Fife Symington. Supposant que le gouverneur ne prenait pas les OVNIs au sérieux, James Fox ne s’attendait pas à ce qu’il acceptât une interview. Fife Symington a trouvé semble-t-il le documentaire fascinant, mais il a d’abord hésité à répondre, puis il a changé d’avis. Il a décidé de raconter toute l’histoire au cinéaste car il était assez dégoûté de voir les gens ridiculisés pour avoir rapporté des observations légitimes.

A un moment donné de l’interview filmée, James Fox a sorti son magnétophone et a fait écouter à Fife Symington un message personnel, qu’il avait enregistré, de Stacey Roads, une administrée de l’ancien gouverneur. Stacey Roads et sa fille (adolescente) avaient été témoins de l’OVNI de l’Arizona. La mère commença par décrire l’endroit où elles se trouvaient lorsqu’elle et sa fille avaient vu l’appareil. Stacey Roads a dit qu’un triangle massif est arrivé au-dessus de l’autoroute et est passé au-dessus de la voiture. Il était si grand, a-t-elle dit, que si elle avait ouvert un journal et l’avait étendu au-dessus de sa tête, elle n’aurait pas pu cacher entièrement l’objet. Ce dernier se déplaçait très lentement et sans aucun bruit. James Fox ayant demandé à Stacey Roads si elle avait une question qu’elle aimerait poser au gouverneur, elle a répondu en demandant si c’était encore pour lui une histoire ridicule, « depuis qu’il est passé à la télévision avec son alien, nous faisant tous passer pour des idiots ». Elle ajouta : « Nous ne sommes pas revenus sur nos descriptions et beaucoup se sont rajoutées depuis. Pense-t-il toujours que c’est une affaire ridicule ou a-t-il une nouvelle position ? » Fife Symington a alors dit qu’il n’avait jamais pensé que cette affaire était une histoire ridicule. C’était un appareil d’origine inconnue, venant d’on ne sait où, inexplicable, et probablement l’une des observations majeures, étant donné que tant de gens ont vu l’engin dans le comté de Maricopa et qu’il l’a aussi vu.

Au début de 2007, James Fox a appelé Leslie Kean pour parler du témoignage de Fife Symington. Elle a été présentée par téléphone à ce dernier et elle a fait une longue interview au cours de laquelle elle est revenue en détail sur ce qu’il avait dit à James Fox. Le 18 mars 2007, Leslie Kean a publié l’article avec l’interview de Fife Symington en première page d’un journal relativement petit en Arizona, « The Daily Courier », avec pour titre : « Symington confirme qu’il avait vu l’ovni il y a dix ans ». Elle avait choisi le « Courier » car il avait équitablement couvert l’affaire des Lumières de Phoenix. Comme prévu, l’article a eu un impact spectaculaire et Fife Symington, très demandé, est apparu sur CNN et Fox News, en déclinant cependant toutes les autres demandes.

Pour expliquer la parodie de conférence de presse qu’il avait faite, Fife Symington a mis en avant le fait que l’Etat d’Arizona était « au bord de l’hystérie » à propos de ce survol d’OVNI. Il voulait faire rire et calmer les gens, et c’est pourquoi il a monté cette petite plaisanterie. Mais il n’a jamais pensé que toute cette histoire était ridicule. Dix ans après, alors qu’il était libéré de toute contrainte politique, il a voulu clarifier les choses et présenter ses excuses aux administrés tels que Stacey Roads. Il a précisé que quand on est gouverneur on doit être extrêmement prudent dans ses déclarations publiques et dans son comportement, un personnage public étant une bonne cible à attaquer. Tout est repris par les médias et par l’opposition politique, et on essaie d’éviter d’être tourné en ridicule car on a une sérieuse responsabilité dans son rôle, sa propre image publique étant directement liée à sa capacité à diriger les choses. Si tout d’un coup on fait figure de bouffon ou de cinglé, on n’est plus efficace. Fife Symington a dû faire un choix, sa première priorité ayant été d’assurer les responsabilités pour lesquelles il avait été élu comme gouverneur. Dans les mois qui avaient suivi l’événement, Fife Symington avait vu comment la presse s’était moquée de son amie Frances Barwood pour avoir simplement pris au sérieux les observations en réponse à la pression publique – et elle n’était même pas témoin elle-même. Il avait aussi « ses propres batailles politiques à mener dans le monde vicieux de la politique en Arizona ».

Avant son observation, Fife Symington avait entretenu longtemps une relation amicale avec Barry Goldwater, élu cinq fois sénateur de l’Arizona et candidat républicain à l’élection présidentielle en 1964. Barry Goldwater a servi comme directeur des deux campagnes électorales victorieuses de Fife Symington au poste de gouverneur. Ce dernier se souvient qu’en plusieurs occasions, alors qu’il volait en compagnie de Barry Goldwater pour des événements de campagne, l’ancien sénateur lui avait parlé de ses efforts pour obtenir de l’information secrète sur les OVNIs à la base de Wright-Patterson, comme il l’a écrit dans ses lettres. Fife Symington n’ayant pas su que Barry Goldwater (décédé en 1998) avait écrit quoi que ce soit sur ses tentatives, Leslie Kean lui a fait parvenir, à sa grande surprise et son grand plaisir, des copies de ces lettres. Fife Symington a dit que Barry Goldwater était convaincu que les OVNIs existaient et qu’il soupçonnait au plus haut point que le gouvernement gardait, pour des raisons technologiques, du matériel top-secret. Aujourd’hui, Fife Symington tend à être d’accord avec Barry Goldwater sur le fait que le gouvernement américain retient des informations secrètes sur les OVNIs.

Leslie Kean note que jamais auparavant un officiel de la stature de Fyfe Symington, deux fois élu, n’avait non seulement reconnu avoir observé un OVNI sans aucune méprise possible, mais s’était aussi prononcé publiquement pour un changement de politique, en Amérique, sur la question des OVNIs. Dans le livre de Leslie Kean, Fife Symington a fait le récit de son observation :

C’est durant son second mandat de gouverneur de l’Arizona que, le soir du 13 mars 1997, entre 20 heures et 20 heures 30, il a été témoin de quelque chose qui a remis en question sa perception de la réalité : un vaisseau massif, en forme de delta, se déplaçant silencieusement au-dessus de Squaw Peak, dans le parc montagneux proche de Phoenix. C’était une structure solide qui avait des « dimensions spectaculaires » et dont on distinguait bien les bords avec des lumières encastrées, et qui traversait le ciel de l’Arizona. En tant que pilote et ancien officier de l’Air Force, Fife Symington peut dire avec certitude que cet appareil ne ressemblait à aucun objet de fabrication humaine qu’il ait jamais vu. Dès qu’il est rentré chez lui, il a parlé à son épouse de ce qu’il avait vu, et ils ont tous deux réfléchi longuement pour décider s’il devait annoncer publiquement ce qu’il avait vu. Ils ont finalement conclu qu’au moins pour le moment il ne devait rien dire, car autrement cela aurait presque certainement provoqué, dans la presse, le ridicule, ce qui l’aurait détourné, ainsi que toute son administration, du travail qu’il devait accomplir en tant qu’élu.

Le même incident fut observé, en Arizona, par des centaines ou des milliers de personnes, et le bureau du gouverneur a été assiégé d’appels téléphoniques de citoyens inquiets. Le gouverneur s’est arrangé pour « garder un profil bas », jusqu’à la publication, deux mois plus tard, d’un article dans « USA Today » à propos des observations. L’hystérie s’est alors intensifiée au point que le gouverneur a décidé « de détendre l’atmosphère et d’ajouter une note légère » en organisant une conférence de presse au cours de laquelle son chef de cabinet a fait une apparition, costumé en Alien. C’était au départ l’idée du gouverneur, mais l’équipe de ce dernier y avait « aussitôt adhéré avec enthousiasme ». Avec cette initiative, il a été possible de calmer l’anxiété croissante du public, et, bien que quelques administrés aient été choqués, le gouverneur a pensé que cette démarche avait finalement fait du bien. Comme il l’a assuré à James Fox lors de l’interview pour le film documentaire « Out of the Blue », il n’a jamais eu l’intention de ridiculiser qui que ce soit. Son bureau a vraiment fait des demandes d’information, auprès du Département of Public Safety, de l’Air National Guard et des officiers dirigeant la Luke Air Force Base, sur l’origine de cet appareil, mais les questions sont restées sans réponse. Finalement, la Garde Nationale a évoqué un lâcher de fusées éclairantes, mais Fife Symington n’a jamais été satisfait par cette explication ridicule car, bien que selon l’analyse d’une vidéo (notamment par le docteur Bruce Maccabee), il est en effet possible qu’il y ait eu des fusées éclairantes militaires dans le ciel plus tard ce soir-là (vers 22 heures), ce que Fife Symington et tant d’autres ont observé entre 20 heures et 20 heures 30 était, après évaluation, quelque chose de complètement différent : un appareil énorme et mystérieux. (1)

Alain Moreau

 

Référence :

1. Leslie Kean, « OVNIs : des généraux, des pilotes et des officiels parlent », éditions Dervy, 2014, p. 334-339, 342-348, 352-356.

 

II. A propos des lumières de Phoenix :

En 2010, les articles commémoratifs se sont multipliés dans la presse américaine à propos de l’observation, datée de 1997, des “Lumières de Phoenix”. L’un d’eux est signé de Grant Lawrence pour “AlterNet”, avec des passages empruntés à un article de Bill Knell, daté de décembre 2009 :

« C’était énorme, inexplicable. Qui peut dire d’où cela provenait ? Beaucoup de gens ont vu ces lumières. Et je fais partie de ceux-là. » (Fife Symington, ancien Gouverneur de l’Arizona).

« Depuis l’incident du 13 mars 1997, d’autres lueurs étranges ont été rapportées au-dessus de Phoenix. Mais rien qu’on puisse comparer aux formations qui ont occupé le ciel d’Arizona pendant des heures il y a 13 ans.

Parmi les milliers de témoins, certains ont pensé qu’ils allaient assister à une invasion, à un débarquement ‘alien’.

Après l’incident, Fife Symington avait cru bon de plaisanter, lors d’une conférence de presse, en faisant apparaître à côté de lui un employé de la ville portant un masque d’alien. Il fallut attendre 2007 pour qu’il s’exprime de nouveau sur le sujet et reconnaisse qu’il ‘avait craint des réactions de panique dans la population’.

Sa tournure de phrase était même éloquente à plus d’un titre : A l’époque, j’étais un homme politique, je devais surveiller mes propos. Aujourd’hui, je suis redevenu un citoyen, je dois être honnête envers le public.’

Pour Fife Symington, l’objet était ‘un vaisseau d’origine inconnue’Ce fut une soirée épique. Cela ne pouvait pas être des fusées éclairantes [lancées par des avions de l’armée], parce que la forme était symétrique.’

Mais Symington est bien le seul homme politique d’Arizona qui se soit aventuré à commenter les Lumières de Phoenix, en affirmant qu’il ne s’agissait pas de fusées éclairantes. Pressé de donner son avis sur la question, en 2000, le Sénateur John McCain s’était contenté de répondre : Personne n’a jamais fourni d’explication convaincante à ce sujet.’ Il avait aussitôt ajouté : ‘Mais je dois vous dire que je n’ai aucune sorte de preuve qu’il s’agisse d’aliens ou d’Ovnis…’

Fife Symington s’est donc excusé d’avoir plaisanté au sujet de cet incident, parce qu’il avait pensé nécessaire à l’époque de faire quelque chose pour calmer l’hystérie qu’il voyait s’installer. Mais, pour moi, Symington n’a pas complètement expliqué pourquoi il s’était comporté de cette manière. » (G. Lawrence)

Frances Emma Barwood était Conseillère municipale de Phoenix en 1997. Elle avait multiplié les démarches pour obtenir qu’une enquête soit lancée, et elle a raconté que diverses agences gouvernementales avaient essayé de la déstabiliser.

Bill Knell a fait cette remarque :

« Barwood a encore rappelé récemment qu’elle n’était jamais parvenue à convaincre les autorités fédérales d’interroger ne serait-ce qu’un seul des 700 témoins avec lesquels elle avait communiqué. Etonnant ! Il ne suffit pas d’être un représentant élu du peuple quand il s’agit d’obtenir des réponses des militaires au sujet des Ovnis. » (“Ovnis – Quand l’armée enquête”Canal+).

Grant Lawrence fait le commentaire suivant :

« Il est bien possible que Symington n’avait pas décidé seul de ridiculiser l’incident, mais que de hauts responsables lui aient suggéré d’employer les bonnes vieilles méthodes de propagande qui ont fait leurs preuves depuis des décennies. Je pense qu’il lui avait été conseillé de plaisanter ce jour-là, parce que le ridicule a toujours montré son efficacité pour empêcher qu’une enquête sérieuse soit conduite.

Peu importe combien de responsables gouvernementaux, d’astronautes, de pilotes, d’officiers de police et autres témoins crédibles sont venus témoigner de leurs observations d’Ovnis, peu importe la quantité de documents sur le phénomène qui se trouve entre les mains des autorités, il y aura toujours des gens pour nier que nos espaces aériens sont parcourus par des engins volants qui échappent à notre contrôle.

Le gouvernement américain peut continuer de mentir à propos de Roswell, des Lumières de Phoenix’, des évènements de Stephenville, et de l’énorme quantité des observations rapportées chaque année par le public.

Les entités ‘aliènes’ n’en ont probablement rien à faire. De toutes manières, les ETs continueront d’évoluer sous nos yeux. » (G. Lawrence) (1)

En 2008, un astrophysicien avait annoncé qu’il allait révéler l’origine des lumières de Phoenix, observées le 13 mars 1997 par des centaines de personnes. C’est un article de Chris Kline pour ABC15 qui a révélé cela.

Le docteur James R. Bartzen a déclaré qu’il possédait la preuve indiscutable que les “lumières de Phoenix” avaient une cause humaine et qu’il s’agissait d’une technologie secrète. Le fondateur de l’Institut Russo-Américain des Sciences Spatiales aurait consacré 35 ans à l’étude des OVNIs et de leur impact sur la population mondiale. James Bartzen a fait cette déclaration au reporter de la chaîne ABC15 :

« Il ne s’agit plus d’exposer des théories, nous allons fournir des preuves. Le gouvernement souhaite que les gens croient aux visiteurs aliens, ce qui leur évite de révéler qu’ils maîtrisent, tout comme les Russes, des technologies avancées. »

James Bartzen affirme qu’il a travaillé pour les agences de l’espace américaine et russe pendant des décennies. Il aurait par exemple conçu le dispositif qui sera utilisé pour poser l’habitacle de la prochaine Mission Martienne habitée. Il est persuadé que les « OVNIs » sont des vaisseaux terrestres. Cependant, il pensait que les faits allaient être bientôt révélés parce que les agences spatiales du monde entier se sont mises à collaborer.

L’astrophysicien devait fournir tous les détails et les preuves nécessaires le 19 juillet 2008, lors d’une conférence avec projection organisée à Sedona, en Arizona, à trente dollars l’entrée. L’annonce de sa soirée/conférence à Sedona n’avait généré que 4.200 visites sur son site Web. Lancée par la chaîne ABC15, la nouvelle avait pourtant été répercutée sur de nombreux « blogs » et forums anglo-américains. On sait qu’il a fait projeter un documentaire vidéo de vingt minutes.

James Bartzen avait déclaré qu’il possédait la preuve indiscutable que les lumières de Phoenix avaient une cause humaine et qu’il s’agissait d’une technologie secrète. On a finalement appris que sa soirée/conférence à Sedona, en Arizona, le 19 juillet 2008, a attiré une quinzaine de personnes. Un correspondant du “Daily Grail” a publié ce récit consternant :

« Une bière à la main, il a commencé par porter un toast à la russe, puis il a inscrit une interminable équation sur un tableau, se terminant par le mot ‘Pet’.

Monté sur un podium drapé d’un drapeau russe, il a prétendu que l’incident de Roswell en 1947 était dû à un véhicule russe doté d’une fusée RD-100, entrée en collision avec un Boeing 707. Or, les 707 datent en fait de 1954. Le RD-100 est une copie du V2 allemand, et les Russes ne l’ont testé qu’à partie de 1948.

Il a affirmé que les ‘Lumières de Phoenix’ en 1997 étaient dues à six modules télécommandés lancés par une fusée russe Cyclone, qui avaient servi à évaluer l’ionosphère au-dessus de l’Utah pendant une période d’incendies.

Selon lui, les scientifiques ont démontré mathématiquement que la vie ne pouvait exister hors de la Terre. Il n’avait aucun document à l’appui de ses histoires, pas même une nomenclature de ses propres travaux.

Les habitants de Sedona considèrent depuis longtemps toute la famille comme une bande de cinglés. Sa mère, qui assurait la billetterie, aurait eu des choses plus intéressantes à raconter. » (2)

Faut-il s’étonner des inepties de ce curieux “astrophysicien” ? En France, nous avons notamment, après Jean Heidmann (décédé en 2000), l’astrophysicien André Brahic. “Les OVNIs n’existent pas”, a-t-il pontifié dans une émission télévisée. Quant à ses quelques pages écrites sur le sujet, dans deux de ses livres, quelle démonstration d’ignorance, d’incompétence et d’intolérance… (Voyez, dans la même rubrique, mon texte : « Astronautes et OVNIs, André Brahic et les OVNIs ».)

Alain Moreau

 

Références :

1. www.ovnis-usa.com

2. www.ovnis-usa.com

 

III. Un texte de Gildas Bourdais :

Le texte suivant, dont l’auteur est Gildas Bourdais, est extrait du blog de ce dernier :

“Le blog Ufologique de Gildas Bourdais (http://bourdais.blogspot.com)”

 

Un événement majeur : Les « lumières de Phoenix », 13 mars 1997.

Gildas Bourdais, juin 2012

 

Résumé de l’histoire :

L’affaire des « lumières de Phoenix » est l’une des plus célèbres en ufologie, mais elle reste controversée et, à vrai dire, mal connue. Elle comprend en fait deux événements distincts qui se sont produits, dans la soirée du 13 mars 1997, au-dessus de la ville de Phoenix – une grande ville de près d’un million et demi d’habitants – et dans ses environs, en Arizona. Le premier vers 20 h à 20 h 30, et le second vers 22 h à 22 h 30. Résumons-les.

Premier « acte », vers 20 h à 20 h 30. De nombreux témoins ont vu passer un groupe de lumières assemblées en forme de « V » ou de boomerang, de chevron ou de triangle, qui semblait être de grandes dimensions. Cette formation, que beaucoup de témoins – mais pas tous – ont décrite comme un objet solide, semble avoir survolé lentement toute la ville, à faible altitude, du nord au sud. Elle est d’abord apparue dans la région de Prescott et de Dewey, deux petites villes à environ cent km au nord, puis, après avoir survolé la ville de Phoenix, s’est dirigée vers la ville de Tucson, au sud de l’Etat. Il y a eu très peu de documents photo ou vidéos sur cette première observation qui était totalement inattendue.

Le second acte se déroule vers 22 h à 22 h 30. Deux heures plus tard, de nombreux témoins ont vu apparaître une série de lumières au-dessus de la chaîne des Monts Estrella, vers le sud-ouest de Phoenix. Ces lumières, bien plus intenses que les précédentes, alignées et stationnaires, visibles pendant plusieurs minutes, ont cette fois été filmées, et ce sont ces vidéos qui ont été largement diffusées, créant une confusion entre les deux séries d’observations. Certains étaient justement en train d’observer le ciel, à la nuit tombée, pour voir passer la comète Hale-Bopp. Or, il s’agissait peut-être d’un « exercice » de lâcher de fusées éclairantes (des flares) par des avions militaires, encore que certains ne soient pas totalement convaincus, on va le voir, par cette explication. Mais laissons de côté cet épisode pour le moment, et intéressons-nous d’abord aux premières observations, celles d’un grand « ovni » mystérieux, vers 20 h – 20 h 30.

 

1. Témoignages sur le grand ovni en forme de « V » ou de « triangle », vers 20 h à 20 h 30, vu dans le ciel de Phoenix et dans la région :

Beaucoup d’habitants de Phoenix et des environs ont été fortement impressionnés en voyant ce qu’ils ont presque tous décrit comme un vaste triangle ou un boomerang, avec de nombreux points lumineux, qui avait survolé la ville à basse altitude, lentement et silencieusement. Certains l’ont vu passer à si basse altitude qu’ils n’en voyaient plus qu’une partie (…).

Parmi les témoins retrouvés et interviewés dans la grande émission de la chaîne ABC diffusée en 2005, figurent notamment le shérif adjoint Thomas Chavez et l’agent de sécurité Bob Nelson, qui affirment avoir vu passer cet énorme ovni.

Frances Emma Barwood, membre du conseil municipal et adjointe au maire de Phoenix, a révélé plus tard que la mairie avait reçu des appels de plus de 700 témoins, incluant des policiers, des pilotes, d’anciens militaires. Elle avait essayé de déclencher une enquête officielle, mais sans succès. Le gouvernement n’a jamais interviewé aucun de ces témoins, dit-elle. Bien au contraire, elle avait alors été tournée en ridicule dans la presse, au point qu’elle a décidé de se retirer de la vie publique.

Le gouverneur de l’Arizona, Fife Symington, résidant de Phoenix, avait tourné en ridicule le grand « ovni » lors d’une conférence de presse où il avait obligé un assistant à se déguiser en « alien ».

Mais Symington a fini par révéler dix ans plus tard qu’il l’avait vu lui aussi. D’abord au journaliste James Fox en mars 2007, puis lors d’une grande conférence de presse sur les ovnis, qu’il a d’ailleurs présidée, à Washington le 12 novembre 2007. Il avait fait cela, a-t-il expliqué, pour calmer la population qui, inquiète, avait inondé les services de la ville d’appels téléphoniques pour savoir ce qui s’était passé. « Calmez-vous, bonnes gens, ce n’était rien ! ». On peut visionner sur Internet plusieurs entretiens avec Symington, où il dit avoir vu passer autour de 20 h 15 un objet volant de très grande taille, en forme de delta, lentement au-dessus de la ville. Par exemple sur la chaîne CNN en mars 2007 : http://www.youtube.com/watch?v=r01RXiIZZzY

La journaliste Leslie Kean, organisatrice de cette conférence avec James Fox, a relaté tout cela dans son livre : “UFOs. Generals, Pilots, and Government Officials Go on the Record”, publié avec succès en 2010. Symington, lui-même ancien pilote militaire, a souligné qu’il n’avait jamais rien vu de semblable, et il pense que c’était sans doute un engin d’origine extraterrestre. Il a précisé qu’il avait essayé de se renseigner auprès des autorités militaires. Il avait appelé le commandant de Luke Air Force Base, proche de Phoenix, le général responsable de la National Guard, et le chef du Département de la Sécurité publique, mais ils étaient tous perplexes et n’avaient aucune explication. En 2000, le Ministère de la Défense a encore dit qu’il n’avait aucune information sur un tel engin volant, en réponse à une requête légale du tribunal (US District court) de Phoenix.

Après cette soirée mémorable du 13 mars, beaucoup de critiques sceptiques ont fusé contre l’hypothèse d’un ovni, et un certain nombre d’explications ont été proposées, qui seront citées plus loin. Cependant, dans le monde de l’ufologie, beaucoup ont soutenu l’hypothèse d’un ovni, dont presque tous les enquêteurs sur le terrain, mais la controverse n’est pas encore close aujourd’hui, en 2012. Citons tout de suite une critique récente, celle de Thomas « Eddie » Bullard, auteur connu et respecté dans le domaine des enlèvements, qui croit plutôt à une confusion avec une escadrille d’avions militaires à haute altitude, dans un article de la revue “International UFO Reporter” de mars 2012. Signalons que c’était le dernier numéro de cette revue qui a cessé de paraître pour cause de nombre de lecteurs insuffisants, sans doute à cause de la concurrence d’Internet. On peut regretter que la longue carrière de cette remarquable revue, lancée en 1976 par le CUFOs (Center for UFO Studies), le groupe créé par Allen Hynek, se termine ainsi sur une opinion que l’on peut juger mal inspirée, comme vont le montrer, je crois, les quelques témoignages qui suivent.

Alors, ovni ou pas ovni ? Quelle que soit la nature véritable du phénomène vu vers 20 h/20 h 30, qui reste très étrange, avouons-le, il y a en tout cas un faisceau de témoignages crédibles qui se sont renforcés au fil des enquêtes. Les témoignages sont dans l’ensemble très concordants et décrivent le passage d’un très grand « ovni » à basse altitude, lentement et silencieusement, du nord au sud de la ville en une demi-heure environ. Ils sont corroborés par de nombreuses sources – articles et reportages vidéo – qui sont citées à la fin de l’article. Ce sont notamment le “Mufon UFO Journal” de mai et juillet 1997 et le “UFO Magazine” américain de mars et juin 2000, mais aussi de grandes chaînes de télévision qui ont également enquêté, comme ABC avec une émission présentée en 2005 (« Seeing is Believing ») par un journaliste très connu, Peter Jennings, et aussi des chaînes câblées réputées pour leur « sérieux », comme National Geographic, également en 2005, et History Channel, sans oublier CNN en 2007. Citons quelques témoins typiques de cette première observation.

 

* Vers 20 h : près de Prescott et Dewey, au nord de Phoenix :

A partir de 20 h, Peter Davenport, du “UFO Reporting Center” à Seattle, commence à recevoir des appels signalant une formation de lumières, vues vers 20 h près de Prescott et Dewey, deux localités à environ 100 km au nord de Phoenix, et se dirigeant vers Phoenix. Dans la vallée de Prescott, John Kaiser, sa femme et ses enfants voient apparaître un groupe de lumières qui forment une sorte de triangle, avec six à sept lumières de chaque côté et deux lumières rouges à l’arrière. Leur observation a duré deux à trois minutes, et ils les ont vues faire un virage vers la droite (Wikipedia : Phoenix lights).

Davenport note que, lors d’appels suivants, les descriptions changent un peu sur le nombre de lumières. Certains n’en ont pas vu du tout, mais ont vu en revanche « une masse sombre qui cache les étoiles » en passant au-dessus d’eux. Ils décrivent en général un V, mais aussi une « une couronne avec des lumières qui forment un triangle pointé vers l’avant ». Ces lumières sont faibles, ressemblant plus à des étoiles qu’à des phares d’avion. Les descriptions changent encore alors que les lumières s’approchent de Phoenix. Deux points communs cependant : pas de son et mouvement lent.

Les heures précises d’observations, quand elles sont connues, sont très proches. Une question se pose alors : comment un objet lent a-t-il pu parcourir cette distance de plus de 100 km en aussi peu de temps ? Dans le “Mufon UFO Journal” de juillet 1997, Richard Motzer se demande s’il n’y avait pas plusieurs triangles : peut-être trois ou plus ? Quoi qu’il en soit, il a enregistré plus de 70 témoins, dont plus de 50 crédibles selon lui, notamment lors d’une émission radio (KTAR) avec Bill Strauss.

L’un des témoins importants est Ann Baker, au sud de Prescott, interviewée notamment pour la chaîne National Geographic. Elle dit avoir vu le triangle changer de forme. Les cinq lumières blanches sont devenues rouges. Elles ont formé un cercle et sont parties à toute vitesse vers le sud, en direction de Phoenix ! Or, un autre témoin près de Phoenix a vu, lui, arriver des lumières rouges à très grande vitesse. D’après les heures précises et la distance entre les deux témoins, si c’était le même « objet », il se serait déplacé à la vitesse de Mach 3 !

 

* Peu après 20 h – Banlieue nord de Phoenix :

Tim Ley et sa famille sont parmi les témoins les plus crédibles, par la qualité de leurs observations (nombreuses sources, notamment National Geographic, Hamilton, “Mufon UFO Journal” de mai 1997, et “USA Today” du 18 juin).

Tim Ley, ancien ingénieur à IBM, sa femme Bobbi et leurs enfants Hal et Damien, habitent dans une vallée au nord de Phoenix (Sunny Slope et Hatcher Pass), ouverte vers l’ouest. Ils sont d’accord sur la même description. Peu après 20 h, ils voient arriver du nord-ouest une série de cinq lumières disposées en arc ou en « Omega grec ». La formation s’approche et a maintenant l’allure d’un A. La formation semble rigide, faisant partie d’une même structure, énorme. Elle passe directement au-dessus d’eux à faible altitude, en ne faisant aucun bruit, et elle cache les étoiles (mais selon d’autres témoins, l’objet semblait transparent !). Les lumières, en passant au-dessus des témoins, sont très brillantes mais pas éblouissantes. Leur observation dure longuement, de 12 à 15 minutes. Ils voient l’ovni s’éloigner en passant juste entre les pentes de la Hatcher Pass qui s’ouvre vers la plaine de Phoenix.

Tim Ley en a créé une image sur ordinateur. Et c’est elle qui va être reproduite largement dans la presse, d’abord par “USA Today” le 18 juin 1997, qui va populariser l’ « ovni » de Phoenix.

 

* Vers 20 h 15, Cave Creek, Phoenix-nord :

Terry Proctor (“UFO Magazine”, mars 2000) enregistre sur vidéo, vers la même heure, une formation en V avec des lumières de couleur ambre. C’est la seule vidéo que l’on connaisse sur l’événement de 20 h à 20 h 30, et elle est de mauvaise qualité.

Selon un autre témoin du même lieu, Terry Mansfield, ancien de l’Armée de l’Air, vers 20 h 13 (“UFO Hunters”), quand l’ovni est passé au-dessus de lui, il ne pouvait plus voir les étoiles. Le dessous de l’ovni semblait « iridescent », avec des « ondulations fluides ».

 

* Vers 20 h 15, près de Glendale, banlieue nord-ouest de Phoenix :

(Hamilton, “Mufon UFO Journal” de mai 1997, “UFO Magazine” de mars 2000, “UFO Hunters”).

Vers 20 h 15, Kelly et sa femme observent pendant plusieurs minutes, vers le nord, une formation de sept lumières blanches en V. Une lumière à l’avant et trois de chaque côté. Tous deux, anciens de l’Air Force, notent qu’il n’y a pas de feux de position, aucun bruit de moteur. L’objet se déplace lentement à la vitesse d’un dirigeable (blimp), et ils estiment son altitude entre 2 000 et 5 000 pieds (700 à 1 600 m). A un moment, la troisième lumière à l’arrière-droit quitte la formation et se déplace brièvement vers la lumière située à l’avant. Ils en concluent que ce n’est pas un objet unique. Puis la formation tourne vers l’est en montant et disparaît dans la couverture nuageuse.

 

* Vers 20 h/20 h 30, près de Camel Back Mountain (Phoenix-est) :

Sue Watson et sa famille, notamment son fils Eric (ABC, History Channel), étaient dans leur jardin lorsqu’ils ont vu arriver lentement un grand engin en forme de boomerang, avec cinq lumières à l’avant, pendant cinq à six minutes. Il s’est même arrêté, puis est reparti soudain à grande vitesse.

A Scottsdale (banlieue est), Ozma Linderman et son ami décrivent un objet « grand comme trois Boeing 747 ». Ils voient le triangle changer de forme : les lumières forment alors un cercle et partent vers le haut à très grande vitesse.

 

* A Phoenix même (42 ème rue et Ray Road, au sud de la ville), vers 20 h 35 :

(Hamilton, “Mufon UFO Journal”, mai 97). Un résident de Phoenix voit le triangle passer au-dessus de lui. Les lumières semblent bouger un peu les unes par rapport aux autres et deviennent de moins en moins visibles lorsqu’il passe au-dessus de lui.

 

* Au sud de Phoenix, vers 20 h 30 :

Un témoin important : Mike Forston, près de Chandler Blvd, à environ 12 km au sud de l’aéroport de Sky Harbor (ABC, National Geographic, “Mufon UFO Journal”. Son témoignage personnel est sur le site de Frank Warren : theufochronicles.com).

Mike Forston voit d’abord trois lumières brillantes et croit qu’un avion va s’écraser. Mais il voit alors, avec sa femme, s’approcher, venant du nord, « une structure unique qui avait l’allure d’un énorme boomerang ». À un moment, il voit un Boeing 737, en approche d’atterrissage à Sky Harbor, passer au-dessus de lui. Etant donné l’altitude d’approche des avions, l’objet devait être à moins de 1 200 pieds (400 m) ! Forston a parlé ensuite avec des pilotes et opérateurs, de la tour de contrôle de Sky Harbor et de Luke AFB (à l’ouest de Phoenix), qui n’ont rien détecté. Lorsque l’objet est passé tout près de sa maison, à moins d’un demi mile, il ne pouvait voir que son « aile gauche » ! Forston se souvient d’avoir dit à sa femme : « Ce salopard a au moins un mile de long ! » Sa vitesse était d’environ 30 à 40 mph (45 à 60 km/h). Il n’y avait aucun moteur visible et aucun bruit. Encore plus étrange, lorsque cet énorme objet est passé sous la lumière de la Lune, il a semblé devenir transparent (« this black chevron shaped object became translucent in bright light ! »). Leur observation a duré un peu moins de deux minutes.

 

* Le seul témoin qui a identifié des avions :

Mitch Stanley (Wikipedia), jeune astronome amateur, muni d’un télescope Dobsonien (grandissement de 43), a cru voir passer une escadrille d’avions en formation, à haute altitude. Mais il n’y a eu aucun vol d’avions en formation au-dessus de Phoenix à ce moment-là.

 

* Près de la ville de Tucson, vers 20 h 45 (Hamilton, mai 97) :

On a relevé des témoignages jusqu’à la ville de Tucson au sud de l’Etat, puis l’ovni semble avoir disparu. De nouveau, un grand triangle avec des lumières. Un témoin voit une des lumières à l’avant se détacher puis reprendre sa position.

 

* Quelques « explications » sceptiques :

Un certain nombre d’explications ont été avancées pour la formation en « V » vue par de nombreux témoins autour de 20 h. Selon Richard Motzer, dans son article du “Mufon UFO Journal”, la base aérienne de Luke en a proposé pas moins de quatre, dont l’une avouait tout de même leur perplexité :

1. C’était un vol des Blue Angels, venant de la base de Nellis au Nevada.

2. C’était un escadron d’avions A-10 en vol d’entraînement de nuit, revenant à Tucson.

3. Ce n’étaient pas des avions à nous ! (None of ours !).

4. C’était un avion privé avec un pilote adroit, volant entre des couloirs aériens à accès restreint, tirant derrière lui une ligne avec des lumières, longue d’un mile (Ah, j’aime bien celle-là !, plaisante Motzer).

De son côté, la chaîne ABC a interviewé James McGaha, ancien pilote de l’Air Force. C’est un sceptique bien connu aux Etats-Unis, régulièrement invité sur les plateaux de télévision. Pour lui, c’est simple : il s’agissait de cinq avions en formation qui ont survolé la ville à haute altitude ! C’est à peu près, on l’a vu, l’explication retenue par Eddie Bullard dans le dernier numéro de la revue IUR. Or, à écouter seulement quelques témoins, on voit bien, pourtant, à quel point cette explication est insuffisante : vol à basse altitude, sans bruit, durée totale des observations de l’ordre de trois quarts d’heure, etc. Quatre scientifiques, interviewés par National Geographic, ont avoué leur perplexité.

Il est temps de passer maintenant au second volet des observations pour lesquelles ont tient une explication plausible, semble-t-il. Mais en est-on si sûr ? Tout le monde n’en est pas convaincu.

 

2. Témoignages sur les lumières vues au-dessus des Estrella Montains, au sud-ouest, vers 22 h – 22 h 30 :

De très nombreux témoins ont vu apparaître une série de lumières vers 22 h, au-dessus des Estrella Mountains, au sud-ouest de la ville (témoins dans tous les journaux et médias). Elles sont apparues les unes après les autres, bien alignées et régulièrement espacées. Puis elles sont descendues lentement et ont disparu au bout de quelques minutes.

Mike Krzyston a réalisé, depuis sa maison au nord de la ville, la vidéo la plus souvent reproduite dans les médias (CNN, ABC, National Geographic, etc.).

D’autres vidéos ont donné les mêmes images, notamment de Terry Proctor (le seul qui a filmé les deux événements) ; Tom King ; Lynn Kitei (à l’époque pseudo de « Dr X », et assez connue comme auteure du livre : “The Phoenix Lights”). Ces images ont été si souvent reproduites dans les médias que cela a provoqué une certaine confusion par rapport au premier événement, qui était très différent on l’a vu, mais dont on a malheureusement très peu de photos ou vidéos.

La description du phénomène par de nombreux témoins donne à penser qu’il s’agissait de fusées éclairantes (flares) lancées lors d’un exercice militaire. Citons par exemple une famille à l’ouest de Phoenix qui a observé des hélicoptères et avions en même temps que les lumières. Celles-ci étaient toujours au même endroit mais se déplaçaient lentement, latéralement, comme l’auraient fait des fusées éclairantes, semble-t-il. Un témoin a filmé les deux types de lumières, mais sur la vidéo des lumières en V, celles-ci étaient peu visibles, contrairement aux lumières de 10 h du soir, bien vues et filmées par de nombreux témoins. Les vidéos des lumières au-dessus des monts Estrella montrent un nombre variable de lumières. Certains témoins avaient vu de telles lumières depuis des mois.

Ces fusées se voient jusqu’à une cinquantaine de miles et descendent lentement avec un parachute. Elles sont de couleur ambre, dégagent un peu de fumée (observée par des témoins à l’aéroport de Sky Harbor au sud de la ville). Le physicien Bruce Maccabee, très respecté dans l’ufologie américaine, est venu rencontrer des témoins sur place, s’est concentré sur ces observations, et il a pu établir qu’elles convergeaient au-dessus des monts Estrella. Ainsi, on a une explication plausible de cette seconde vague d’observations, semble-t-il, et c’est l’opinion de Bruce Maccabee.

Cette explication des fusées éclairantes est cependant contestée par certains. Il y a déjà une incertitude sur le lieu exact où se serait déroulé l’exercice. La Garde Nationale (Air National Guard) a révélé qu’elle avait bien fait un exercice de lâcher de fusées-cibles (target flares) un peu avant 22 h au-dessus de la Gila Bend Gunnery Range, qui s’étend le long de la rivière Gila, à l’est de la montagne, c’est-à-dire du côté de la ville. Le lieutenant-colonel Ed Jones, pilote de la Garde Nationale du Maryland, a dit qu’il avait participé à cet exercice. Mais l’Armée de l’Air a parlé d’un exercice sur la Barry Goldwater Range qui se trouve à l’ouest de la montagne, près de la base aérienne de Luke. Où est la vérité ? Les enregistrements vidéo ne permettent pas de trancher. Sur certains, les lumières semblent être devant la montagne, mais sur un autre, elles disparaissent derrière la crête, ce qui correspond au site de l’Armée de l’Air. On peut se demander s’il n’y pas des gens qui racontent des histoires…

D’autre part, il y a des témoignages qui ne collent pas très bien. Des témoins se trouvant près de la zone d’exercice supposée n’ont pas entendu les avions, lesquels auraient dû être assez bruyants s’il s’agissait, comme on le suppose, d’avions d’assaut A-10 à réaction, très puissants. Et l’aéroport de Phoenix ne les aurait pas repérés sur radar – pas plus que l’ovni de 20 h d’ailleurs. C’est ce que dit un contrôleur aérien de l’aéroport.

 

* Aéroport de Phoenix (Sky Harbor International Airport), au sud de la ville (National Geographic) :

Michael Pearson, contrôleur aérien à l’aéroport Sky Harbor de Phoenix, affirme avoir vu des lumières qu’il n’a pu identifier. Elles n’étaient pas visibles sur les écrans radar, et il pense qu’elles n’étaient pas des fusées éclairantes.

L’expert en analyse photographique Jim Dilettoso, bien connu des ufologues, met en doute lui aussi l’explication des fusées. Il a comparé ces lumières avec des lumières connues. Selon lui, leur analyse spectroscopique montre une lumière très pure, contrairement à des lumières ordinaires (avions, lampadaires).

Cela dit, remarquons que, s’il s’agissait bien de fusées militaires, cet exercice tombait bien pour semer la confusion sur les lumières de Phoenix, et c’est ce qui n’a pas manqué de se produire. Peut-on conclure sur le second épisode ? Une incertitude subsiste, semble-t-il, sur la nature de ces lumières de 22 h. Cela amène à envisager, peut-être, des explications plus complexes, et plus étranges encore, pour cette soirée mémorable du 13 mars 1997. Se pourrait-il, par exemple, que des « aliens », connaissant nos allées et venues beaucoup mieux que nous le croyons, aient fait exprès de mettre en scène leur « monstration » aérienne, d’ailleurs très étrange et sophistiquée, deux heures avant cet exercice militaire, pour laisser la porte ouverte au doute ? Ou qu’ils se soient « amusés » à mettre en scène, après leur ovni géant, un faux lâcher de flares ? En ufologie, l’expérience nous a montré depuis longtemps qu’il faut s’attendre à tout ! Cela dit, l’événement de Phoenix s’inscrit très bien dans une longue histoire d’observations de grands triangles et boomerangs, qu’il convient de rappeler en quelques mots pour finir.

 

3. Dans le monde entier, depuis longtemps, le phénomène des grands ovnis en forme de triangles ou boomerangs :

Un cas célèbre est apparu dès 1951, surnommé les « lumières de Lubbock ». Une formation en boomerang avec de nombreuses lumières, semblable à celle de Phoenix, avait traversé le ciel de la petite ville de Lubbock en Arizona. Elle avait été prise en photo le 31 août 1951, et ce n’était pas la seule observation dans la région. Personne n’a pu l’expliquer, et la photo a figuré en couverture du livre du capitaine Edward Ruppelt, “The Report on Unidentified Flying Objects”, paru en 1956. (Voir l’article de Jean Sider sur ce cas « historique » dans LDLN N° 353.)

Dans les années 80 : La vague de la vallée de l’Hudson, dans l’Etat de New York, a été très importante, mais est passée largement sous silence dans la grande presse. Par contre, elle a été bien enquêtée par Philip Imbrogno et Bob Pratt qui ont été soutenus par l’astronome Allen Hynek, peu de temps avant sa mort. Ils ont recensé plus de 5 000 témoignages, de 1982 à 1986. Leur livre : “Night Siege” (1987) est maintenant traduit en français sous le titre : “OVNIS sur l’Hudson River” (Editions Trajectoire, 2011). Ce qui frappe notamment dans les nombreux témoignages cités, c’est leur similarité avec ceux de Phoenix : passage d’un très grand ovni à faible altitude, à la nuit tombée, sombre mais avec des lumières autour et en dessous, silencieux ou avec un faible bourdonnement. Les sceptiques ont proposé des explications telles que des canulars avec de petits avions ou des ULM, mais leur ridicule éclate lorsqu’on lit les témoignages. (Note d’Alain Moreau : On trouve, dans l’article original de Gildas Bourdais, un dessin fait à partir de plusieurs témoignages dans la soirée du 26 février 1983, près de Kent et de Lake Carmel, dans l’Etat de New-York.)

Dans les années 90, il suffit de rappeler la vague des triangles en Belgique, de 1989 à 1991, suivie de celle de Grande-Bretagne en 1992-1993, et sans oublier, bien sûr, la soirée mémorable du 5 novembre 1990, à travers tout le territoire français, que ne suffisait pas à expliquer la rentrée atmosphérique d’un étage de fusée soviétique. Et, cerise sur le gâteau pour terminer, rappelons encore l’observation de lumières inexpliquées pendant trois heures au-dessus de Montréal, deux jours plus tard, le 7 novembre 1990 ! Peu de temps après, les rapports des gendarmes et des policiers, qui comptaient parmi eux des témoins directs, furent confisqués par deux agents du NORAD… Par contre, la vague belge a bien été confirmée par les militaires, en particulier par le général de Brouwer. Mais, on l’a vu, cela n’a pas suffi pour abattre l’épais mur de Jéricho du secret. Et puis, sait-on jamais, peut-être vaut-il mieux ne pas être trop pressé ?

 

* Sources utilisées :

– Un premier article de William (Bill) Hamilton dans le “Mufon UFO Journal” de mai 1997. Hamilton a été l’un des premiers ufologues à enquêter sur place et à rencontrer des témoins.

– Un article de Richard Motzer, enquêteur du MUFON (Mutual UFO Network) en Arizona, dans le “Mufon UFO Journal” de juillet 1997. Enquête approuvée par Thomas Taylor, directeur du MUFON pour l’Arizona. Signalons que Motzer critique l’article de Hamilton, auquel il reproche d’avoir mélangé les deux épisodes, mais leurs articles se recoupent bien sur plusieurs témoignages.

– Deux nouveaux articles de Bill Hamilton dans le “UFO Magazine” américain de mars et juin 2000.

– Site web « The UFO Chronicles » de Frank Warren ; site web du Dr Bruce Maccabee ; site web Wikipedia « Phoenix lights » ; Messages sur la liste UFO Updates.

– Dans les grands médias :

Emission de Peter Jennings sur la Chaîne ABC (“Seing is Believing”) en 2005, avec interview d’une série de témoins. Diffusée en France en 2009 sous le titre : “Rencontre avec un ovni”, sur Planète No Limit. Documentaire sur Canal Plus : “Ovnis. Quand l’armée enquête”, 2009. Documentaire de James Fox : “I saw what I saw”. Livre de Leslie Kean, avec le témoignage de Fife Symington : “UFOs. Generals, Pilots and Government Officials Go on the Record” (2010).

– Conférence de presse de James Fox et Leslie Kean à Washington le 12 novembre 2007. Reportages sur les chaînes CNN, National Geographic, History Channel

Gildas Bourdais

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