OVNIS et paranormal

 Un livre de Philip Imbrogno

Ultraterrestrial-ContactAfin de rendre compte de l’origine du phénomène OVNI, divers ufologues se sont éloignés de l’hypothèse extraterrestre pour privilégier diverses théories alternatives qui, selon eux, sont plus à même de rendre compte de la nature réelle du phénomène. Plutôt que de mettre en avant l’hypothèse extraterrestre, qu’ils appellent ironiquement l’HET « tôles et boulons », ils invoquent des entités « fluidiques », « énergétiques » ou « éthériques », des entités manipulatrices, un prétendu « système de contrôle », la conscience de Gaïa, etc. Pour ces gens-là, les OVNIs ne peuvent être dissociés du monde du paranormal en général. Ils font des rapprochements avec d’autres manifestations relevant de « l’extraordinaire », les OVNIs n’étant, selon certains de ces spéculateurs, qu’un aspect particulier de diverses manifestations qui seraient dues à une catégorie unique d’entités qui tromperaient les sociétés humaines…

Bien sûr, je ne suis pas du tout d’accord avec ces âneries. Certains rapprochements effectués entre manifestations diverses ne sont certes pas dépourvus de validité, mais ils sont interprétés de façon erronée, ce qui a abouti à des considérations théoriques dépourvues, elles, de la moindre validité. Sur le présent site, je consacre un long texte de critique à la théorie de Jean Sider, l’un des théoriciens les plus connus dans ce domaine, avec ses entités fluidiques trompeuses qui se comportent, dans leurs agissements et leurs motivations, comme de véritables démons. Notons, au passage, qu’un autre livre de Jean Sider est paru en 2009 : « OVNIs et paranormal » (éditions Le Temps Présent), et j’emprunte donc ce titre pour en faire le titre du présent texte. Ce livre de Jean Sider est en fait, autant que je puisse en juger, la compilation d’articles publiés par cet auteur dans la revue « Parasciences », laquelle est éditée par le même éditeur que celui qui publie, depuis 2002, les livres de Jean Sider.

Ce texte présente les théories analogues d’autres ufologues rejetant l’origine extraterrestre « classique » : John Keel, Jacques Vallée, Philip Imbrogno, etc.

 

1. John Keel :

John Alva Keel est décédé (à 79 ans) le 3 juillet 2009. Son ami Loren Coleman lui a consacré un long article. Le 6 juillet 2009, Jacques Vallée a adressé à Loren Coleman quelques lignes pour lui dire notamment ceci :

« Comme vous le savez, ses écrits et les miens ont suivi un cours parallèle (j’aurais aimé avoir écrit ‘JADOO’, un livre merveilleux !), et nous faisions partie du petit groupe des ‘hérétiques’ qui n’ont cessé de mettre en doute la théorie extraterrestre de ‘premier niveau’. Il avait compris très tôt qu’on ne pouvait comprendre les Ovnis isolément d’autres phénomènes paranormaux terrestres. C’est ce qui le situait à des décennies d’avance sur la plupart des chercheurs. Il était l’un des penseurs indépendants parmi les plus créatifs dans ce domaine. »

Extrait de l’hommage publié par Loren Coleman :

« C’est avec son second livre ‘UFOs : Operation Trojan Horse’ (1970), que Keel a fait passer dans le public l’idée selon laquelle de nombreux aspects des témoignages contemporains sur les Ovnis, y compris de rencontres avec des humanoïdes, pouvaient être rapprochés de récits déjà présents dans divers folklores et comptes rendus d’expériences mystiques.

Keel avait aussi souligné qu’il existe une relation étroite entre les Ovnis et les phénomènes liés au monde des ‘élémentaux’.

Il m’avait souvent déclaré qu’il ne se considérait pas comme un ‘ufologue’, mais un ‘démonologue.’ »

Selon l’alchimiste américain Nicholas Collette, les « élémentaux », capables de se manifester dans le monde visible, ont « leurs attaches dans l’ultraviolet, au-delà de notre sphère de perception », leur existence se situant sur une fréquence vibratoire plus élevée que la matière qui constitue notre monde matériel.

John Keel a dit à Loren Coleman que l’ufologie est simplement un autre nom pour l’étude des démons, une affirmation totalement absurde.

« J’ai laissé tomber l’hypothèse extraterrestre en 1967 lorsque mes propres enquêtes ont montré un chevauchement étonnant entre les phénomènes psy et les ovnis… Les objets et les apparitions n’ont pas forcément leur origine sur une autre planète et n’existent peut-être même pas en tant que constructions tôle et boulons permanentes. Il est plus probable que nous voyons ce que nous voulons voir, et nous interprétons ces visions selon nos croyances personnelles. » (John Keel)

Dans son livre : « UFOs : Operation Trojan Horse », John Keel a soutenu qu’une intelligence spirituelle ou ‘‘non-humaine’’ a mis en scène des évènements entiers depuis bien longtemps afin de propager et de renforcer certains systèmes de croyance erronés.

John Keel pensait qu’éventuellement toutes les anomalies telles que les fées, les OVNIs mystérieux de 1897, les “avions fantômes” des années 1930, les “hélicoptères mystérieux”, les “créatures”, les « poltergeists », les orbes et les OVNIs, sont une couverture du véritable phénomène.

Dans « Our Haunted Planet » (1971), John Keel a inventé le terme “ultraterrestres” pour décrire les occupants des OVNIs. Il y a parle de la possibilité que les « visiteurs » appartiennent à une civilisation terrienne avancée qui peut ne pas être humaine. Il ne prenait pas position sur le but final du phénomène, en dehors du fait que les intelligences des OVNIs semblent manifester un intérêt de longue date pour interagir avec la race humaine.

L’historien spécialisé en ufologie Jerome Clark écrit que John Keel était « un théoricien radical qui croyait que les ovnis sont ultraterrestres et non extraterrestres ». John Keel pensait qu’il existe des phénomènes qui changent d’apparence et qui viennent d’un autre plan d’existence. Il voyait ces « ultraterrestres » comme fondamentalement hostiles aux êtres humains, ou tout du moins méprisants, les humains étant manipulés de diverses façons, notamment par l’organisation de « miracles ». John Keel considérait ces derniers comme des sources non fondées de croyances religieuses. Les « ultraterrestres » peuvent apparaître « comme des monstres, des gens venus de l’espace, des fantômes, et d’autres entités paranormales ». (« The UFO Encyclopedia », Volume 1 : « UFOs in the 1980s », page 148, NY: Apogee, 1990.)

Un membre du forum www.ovnis-usa.com a fait le commentaire suivant :

« Pour moi, la théorie de J. Keel résume au mot près mes propres conclusions après plus de 30 ans d’étude et de réflexion sur le phénomène OVNI. Il y a dans ses recherches une lucidité et une perspicacité admirables, et je suis entièrement d’accord avec Vallée quand il écrit que la ligne qui est la sienne a des décennies d’avance sur ceux qui campent sur l’hypothèse extraterrestre ‘classique’.

Le problème est que cette option de recherche nous entraîne vers un terrain qui nous éloigne encore plus des scientifiques, déjà peu enclins à considérer sérieusement l’HET classique. Cette ligne nous fait accéder à des spéculations proprement incroyables sur la véritable nature du phénomène, tout en ouvrant les perspectives ‘grand champ’, laissant apercevoir ses multiples facettes et sa logique manipulatrice. » (1)

 

2. Jacques Vallée :

Jacques Vallée (qui a inspiré le personnage principal de « Rencontres du Troisième Type », le célèbre film de Steven Spielberg sorti en 1978) est un ufologue de longue date. (Il est astronome et informaticien de formation.) Il est l’auteur de divers livres sur les OVNIs, dont : « Messengers of deception », « Autres Dimensions », « Confrontations » et « Révélations », les trois derniers ayant été publiés en France aux éditions Robert Laffont. (La traduction française du premier a été publiée aux éditions du Rocher.)

Le site Web BinnalOfAmerica a présente une interview, réalisée le 1er juillet 2009, de Jacques Vallée :

« Nous comprenons mieux sa phrase célèbre : ‘Je suis certain que les Ovnis sont une réalité, mais je serais déçu s’il devait s’avérer qu’il s’agisse seulement de vaisseaux venus de l’espace.’ » (2)

Jean-Pierre Petit a rappelé sur son site Web que, dans une émission de Michel Polac (émission « Droit de Réponse »), Jacques Vallée avait dit d’entrée de jeu :

Eh bien moi, je serais très déçu si le phénomène ovni ne correspondait qu’à des visites d’extraterrestres… (3)

Gildas Bourdais a fait un compte rendu d’une interview de Jacques Vallée par Marie-Thérèse de Brosses. Il rappelle que c’est dans « Passport to Magonia » (1969) que Jacques Vallée a commencé à mettre en doute l’« hypothèse extraterrestre » (ou HET). Gildas Bourdais note que dans « Messengers of deception » (1979) – traduit aux éditions du Rocher en 1983 sous le titre « La grande manipulation »Jacques Vallée a commencé à développer « un autre thème qui lui est cher, celui de la manipulation par des agents de désinformation ». Pour Jacques Vallée, « il ne s’agit pas de cacher les ovnis, mais plutôt le contraire : y faire croire, par d’habiles rumeurs et mises en scène, dans le but de cacher des secrets obscurs qui sont sans doute des connaissances et des technologies très secrètes ! ». C’est un thème qu’il a repris dans pratiquement tous ses livres, et sur lequel il s’est étendu longuement dans l’interview faite par Marie-Thérèse de Brosses.

       Jacques Vallée

Vallee« Il y a selon lui un phénomène de crédulité extraordinaire, un ‘besoin de croire aux extraterrestres’ : c’est un phénomène de croyance… Or, il faut élargir l’‘hypothèse extraterrestre’, c’est beaucoup plus complexe… M.-T. de Brosses renchérit sur le fossé qui s’est creusé entre les partisans du ‘tôle et boulonesque’ et les autres. Vallée souligne que son livre ‘Passport to Magonia’ avait été très mal accueilli aux Etats-Unis. M.-T. de Brosses et lui évoquent le cas de David Jacobs qui était au début un bon historien de l’ufologie mais qui est ensuite ‘tombé dans la marmite aux abductions, à la suite de Budd Hopkins. Vallée explique qu’il ne peut pas se permettre d’être aussi naïf, compte tenu notamment de son activité professionnelle. M.-T. de Brosses lui demande ensuite de revenir sur sa grande théorie de la manipulation de l’humanité par une ‘force de contrôle’. Vallée explique de nouveau qu’il y a ‘une interaction profonde avec la conscience humaine’ et que c’est un phénomène qui existe depuis très longtemps. Il y a cependant des aspects physiques incontestables, et tout cela remet en question nos idées en physique fondamentale. » (G. Bourdais) (4)

  

3. Philip Imbrogno :

Philip Imbrogno étudie le phénomène OVNI et le paranormal depuis trente ans. Il était l’invité de George Knapp sur Coast-to-Coast/AM le 25 janvier 2009.

« Diplômé d’astronomie de l’Université du Texas, et titulaire d’une maîtrise en Sciences de la Terre obtenue à Boston, il s’est également qualifié pour une Maîtrise en chimie au M. I. T.

Il a passé une vingtaine d’années à enseigner les sciences et a signé de nombreux articles de magazines sur la science et le paranormal. Il a également conduit et présenté des recherches sur divers réseaux de télévision à propos des Ovnis, de l’astronomie et du paranormal. »

(Note : Philip Imbrogno a en fait « exagéré » ses diplômes… Ainsi, d’après une enquête de Lance Moody, il n’est pas du tout diplômé du M.I.T.)

Philip Imbrogno en est venu à considérer que le phénomène OVNI tient sa source dans des « réalités parallèles ». Il explique comment ses études l’ont amené à envisager que tous les incidents constatés sont bien autre chose que des manifestations purement physiques :

« Je pensais que l’hypothèse extraterrestre suffisait à expliquer toutes ces observations, mais j’ai fini par réaliser que le phénomène Ovni est plutôt du domaine du paranormal. » (P. Imbrogno)

Philip Imbrogno pense que les OVNIs et autres types d’activités paranormales pourraient se produire au carrefour de plusieurs « dimensions alternatives ».

Philip Imbrogno est, entre autres, un bon connaisseur de la vague d’OVNIs qui s’était produite dans les années 1980 dans la vallée de l’Hudson (Etat de New York). Des milliers de témoins ont pu observer, le 24 mars 1983, une manifestation en forme de boomerang, et ont réussi à prendre des photos et des vidéos. L’un des engins, ou une formation de plusieurs objets inconnus, s’était déplacé silencieusement au-dessus des Etats de New York et du Connecticut. Un total de 7.200 rapports a été enregistré sur une période de sept années. Philip Imbrogno avait été parmi les premiers à venir collecter les témoignages. Un objet similaire avait été filmé à Brewster, Etat de New York, le 24 juillet 1984.

« Il a consacré plusieurs ouvrages à développer la plus fantastique des théories : il pense que d’anciens explorateurs européens avaient construit les dolmens qu’on trouve dans la région de Putnam pour marquer l’emplacement de quelques anomalies dans le champ magnétique terrestre, lesquelles pourraient ouvrir des fenêtres vers la quatrième dimension. Ainsi, une sorte de portail existerait à cet endroit, permettant de communiquer avec un autre univers. Depuis, la Vallée d’Hudson est devenue le troisième vortex Ovni parmi les plus populaires au monde, avec Stonehenge en Angleterre et Sedona en Arizona. »

Philip Imbrogno établit un pont entre la science avancée et les cultures ancestrales. Il s’est par exemple intéressé aux légendes arabes des Djinns, « une race d’êtres qui existent dans un monde très proche et interagissent de temps en temps avec le nôtre ». Il a réalisé que des entités semblables existent dans toutes les traditions, à l’égal des “Tricksters” des Indiens d’Amérique. Il aimerait que nous évitions de classer ces récits au rayon du folklore, et il ajoute :

« Nous les avons nommés de bien des façons à travers l’Histoire, et il se peut bien qu’ils soient très réels, qu’ils existent juste à côté de nous. »

Considérant que le monde du paranormal est fait d’interconnexions, Philip Imbrogno souhaite encourager une meilleure coopération entre les différents domaines de recherches. Il imagine qu’un groupe de chercheurs à plein temps, financièrement autonomes, qui étudieraient les diverses disciplines, « pourrait résoudre cette énigme à 100% ». Cependant, il craint que la nature éparse de telles études risque de ne pas permettre d’aboutir. Philip Imbrogno lance un appel à tous ceux qui travaillent sur ces questions :

« Il faut qu’on en finisse. Nous essayons tous de résoudre ce problème. Nous avons toutes les pièces du puzzle. Puissions-nous travailler ensemble et nous concerter ! »

Un membre du forum www.ovnis-usa.com a fait ce commentaire :

« C’est plus ou moins ce que finissent par dire tous les ufologues qui se sont intéressés pendant longtemps au phénomène, comme Jean Sider par exemple. Il faut se pencher par exemple sur son étude des noms que les ‘aliens’ se donnent dans les RR3, des noms qui sont issus de la mythologie et de la démonologie.

Il existe une autre théorie, peut-être moins sulfureuse, qui est celle d’un phénomène local que nous n’avons pas encore découvert… une espèce d’inconscient végétal ou ‘insectoïde’, ou même minéral, qui se manifesterait en agissant sur nos sens et parfois sur la matière, et qui reproduirait des images issues de nos visions de nos réalisations techniques pour tenter de communiquer. Très SF comme vision, mais qui sait… ? » (5)

 

4. Joël Mesnard :

Joël MesnardAprès de nombreuses années comme rédacteur en chef de « Lumières dans la Nuit » et enquêteur sur le terrain, Joël Mesnard remet en cause l’hypothèse extraterrestre. A l’occasion d’une interview à propos de l’anniversaire de la vague de 1954, il a fait cette déclaration :

« La réalité est qu’on ne comprend rien à tout ça. A l’époque, ça suggérait énormément des véhicules intersidéraux et c’est l’explication qui paraissait la plus évidente. Je crois qu’on n’en est plus tout à fait là maintenant.

Quand on étudie le phénomène ovni à fond, on peut en arriver à la conclusion, du moins est-ce mon avis, que nous avons affaire, non pas à des extraterrestres, mais à quelque chose d’autre qui en prend l’apparence. Quelque chose dont l’origine reste inconnue, aux apparitions multiformes, insaisissables, furtives.

Le phénomène ovni ne se manifeste au cas par cas que devant un très petit nombre de témoins, souvent un seul. C’était vrai en 1954, ça l’est encore aujourd’hui, sauf qu’il se montre beaucoup moins, ne se pose plus que très rarement au sol et n’a plus cet aspect ‘cosmonaute’ très présent en 1954. » (J. Mesnard)

« Pour ce qui est du phénomène lui-même, je crois que nous avons affaire à une réalité subtile, voilée et paradoxale, dont la nature est extrêmement difficile (peut-être impossible) à saisir. Les rencontres rapprochées comportent toujours au moins un élément absurde, complètement invraisemblable, impensable. Cela ne signifie pas que les témoins soient des illuminés ou des affabulateurs ! Cela signifie simplement que nous sommes confrontés à une réalité d’un genre particulier, insaisissable, difficile à mettre en évidence, et qui dépasse largement nos facultés de compréhension. La comparaison est archi-banale, bien sûr, mais il me semble que face à ces choses-là nous sommes dans une situation comparable à celle d’un chien qui regarde un poste de télé, ou qui regarde son maître téléphoner ou prendre des photos… Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait rien à faire. Nous pouvons au moins essayer de rétablir certaines vérités : faire savoir que les témoins sont généralement des gens normaux, qu’ils ne sont pas fous, qu’ils ne sont ni des plaisantins, ni des allumés, et qu’il y a bel et bien… quelque chose qui nous reste incompréhensible. » (J. Mesnard)

 

alain_moreau5. Mon commentaire :

Les partisans d’une origine « exotique » des OVNIs peuvent se diviser en deux grandes catégories :

• Ceux qui évoquent l’incursion, dans notre environnement planétaire, de vaisseaux ou de sondes « pilotés » par des êtres en provenance de planètes extérieures à notre système solaire. A cette catégorie appartiennent les membres du mouvement « exopolitique » (dont un congrès a eu lieu en juillet 2009 à Barcelone) et des ufologues comme, en France, Gildas Bourdais et Christel Seval.

• Ceux qui considèrent que les OVNIs font partie intégrante du « paranormal » en général, l’intelligence à l’origine de ces multiples manifestations venant d’une « autre dimension », d’un « système de contrôle », d’une « intelligence planétaire » (Gaïa), d’entités « énergétiques » trompant les témoins et adaptant leurs contacts à leurs « cibles » (les « extraterrestres », les « fées », les « esprits », etc., étant censés être des « leurres » émanant de ces entités manipulatrices). C’est à ce type d’ufologues (Jean Sider, etc.) et à leurs thèses qu’est consacrée le présent texte.

Il existe en fait une troisième possibilité, celle qui postule que les OVNIs ont plusieurs origines, et non une seule origine. Le modèle théorique que je défends implique la référence à trois origines des OVNIs :

– L’origine extraterrestre telle que définie dans la première catégorie ci-dessus.

– L’origine extraterrestre « multidimensionnelle » ou « éthérique ».

– L’origine « intraterrestre ». (Référence au monde souterrain de l’Agartha.)

Pour des explications sur l’origine extraterrestre « éthérique », veuillez vous référer à mon texte consacré à la critique de la théorie de Jean Sider.

Les défenseurs de l’origine extraterrestre « classique » exclusive ignorent la seconde origine extraterrestre « éthérique » et ne tiennent davantage pas compte des spéculations des défenseurs du rapprochement entre diverses manifestations qualifiées de « paranormales ». Si les défenseurs de l’hypothèse extraterrestre « classique » tiennent effectivement une partie de la vérité, les défenseurs des entités « dimensionnelles » ou « fluidiques », et trompeuses, sont caractérisés par ces deux éléments :

• Ils ont le tort de rejeter l’HET « classique », un rejet qu’ils justifient par des arguments fallacieux.

• Les rapprochements, parfois pertinents, qu’ils font, sont explicités dans une perspective théorique erronée, le tort fondamental des spéculateurs étant d’ignorer ou de rejeter les sources médiumniques et ésotériques qui leur permettraient de comprendre la véritable signification des rapprochements évoqués.

Mon modèle théorique inclut notamment, en effet, la référence à des entités « énergétiques », celles-ci étant en fait de deux types :

– Celles provenant de niveaux dimensionnels planétaires distincts du niveau physique des planètes correspondantes. Il s’agit ici des entités extraterrestres (comme les Vénusiens), de type « éthérique » ou « multidimensionnel », résidant sur des niveaux dimensionnels intermédiaires entre le niveau physique/dense des planètes et les mondes spirituels à proprement parler (ces derniers correspondant à ce que l’on appelle traditionnellement « l’Au-delà » ou « le Ciel » – au sens religieux du terme).

– Celles de nature « angélique » (ou « dévique »), y compris les « esprits de la Nature » (ou « élémentaux »), ces entités résidant au niveau des mondes spirituels (au même titre que les désincarnés ou « morts »). Ces entités ne sont aucunement impliquées dans le phénomène OVNI, au contraire des entités extraterrestres « éthériques » et des êtres de nature physique en provenance d’autres systèmes stellaires.

N’étant pas de nature physique/dense, ces deux types d’entités (entités extraterrestres « éthériques » et entités « spirituelles ») ne sont donc pas impliqués dans des agissements tels que les « abductions » (ou enlèvements à bord d’OVNIs). Néanmoins, certains « enlèvements » peuvent s’expliquer par des sorties hors du corps provoquées, par certains êtres de l’espace (genre « petits Gris »), sur leurs « victimes », ce qui a fait croire à certains spéculateurs que les « abductions » étaient toutes subjectives ou virtuelles, les êtres à l’origine de ces pratiques pouvant aussi projeter dans la conscience des témoins des scènes de « réalité virtuelle » afin, par exemple, de tester les réactions émotionnelles des personnes concernées ou d’exercer une emprise sur elles…

Mon modèle théorique, qui s’inspire des données de la littérature médiumnique et ésotérique contemporaine, explicite la nature réelle des entités impliquées dans telle ou telle manifestation. Ainsi, les vrais « élémentaux », qui sont de nature immatérielle pour nous, ne peuvent en aucun cas être impliqués dans des procédures d’enlèvement ou procéder à des mutilations de bovins. Ces derniers agissements ne peuvent être que le fait d’entités physiques, en l’occurrence une ou plusieurs ethnies extraterrestres ayant des visées personnelles sur notre planète. Les cas anciens de prétendues « fées » à l’origine d’enlèvements, dans le folklore, ne peuvent être dès lors compris que comme d’anciens cas « d’abduction » interprétés dans le cadre du système culturel de référence (« démons », etc.) de l’époque où ces événements eurent lieu. Ceci n’exclut pas que les entités responsables de ces agissements, passés et présents, puissent être passés dans l’art de manipuler leurs victimes par le biais de « leurres », et ce, à des fins spécifiques. En outre, certains cas de prétendus récits de « sabbats » peuvent aisément s’expliquer par l’immersion de la conscience de « sorcières » (qui n’ont pas besoin, en l’occurrence, de « balai » pour voler dans le ciel !) au niveau du « bas astral », à la faveur de sorties hors du corps, d’où certains récits de type « démoniaque »…

Il faut avoir à l’esprit ces diverses possibilités pour démêler l’écheveau complexe des récits, anciens et actuels, d’« enlèvements » par exemple. Hélas, les tenants du rapprochement entre les OVNIs et diverses manifestations paranormales ne sont pas aptes à démêler cet écheveau, car ils s’obstinent à ne pas vouloir prendre en considération les données extraites de la littérature ésotérique et médiumnique, soit par simple ignorance, soit par mépris stupide.

Reprenons, une à une, les déclarations de ceux qui ont la prétention d’enterrer l’origine extraterrestre des manifestations d’OVNIs :

Jacques Vallée à propos de John Keel :

« Il avait compris très tôt qu’on ne pouvait comprendre les Ovnis isolément d’autres phénomènes paranormaux terrestres. C’est ce qui le situait à des décennies d’avance sur la plupart des chercheurs. »

Nous trouvons ici la mention de l’avance de plusieurs décennies, ce qui est totalement erroné s’agissant des spéculations d’auteurs comme John Keel et Jacques Vallée, les rapprochements effectués n’étant pas correctement réalisés. Voyez, à ce propos, mon long texte de critique de la pensée de Jean Sider, les thèses de John Keel et de Jacques Vallée ayant de nombreux points communs avec celle de Jean Sider.

Faisant référence à la pensée de John Keel, Loren Coleman écrit que « des témoignages contemporains sur les Ovnis, y compris de rencontres avec des humanoïdes, pouvaient être rapprochés de récits déjà présents dans divers folklores et comptes rendus d’expériences mystiques ». Je viens de dire ce qu’il fallait penser de ces rapprochements avec le folklore, John Keel ayant souligné qu’il existe une relation étroite entre les OVNIs et les phénomènes liés au monde des « élémentaux ». En réalité, il n’y a aucune relation entre le phénomène OVNI et les vrais « élémentaux », nos ancêtres ayant confondu des êtres de nature extraterrestre, voire souterraine (voyez mon texte de critique de la théorie de Jean Sider), avec des « esprits de la nature » (des êtres de petite taille – « petits Gris » ou autres – ayant pu être confondus avec les « gnomes » faisant partie des « élémentaux »)… Et John Keel, qui disait se considérer, non pas comme un “ufologue”, mais comme un “démonologue”, faisait ainsi une grave erreur, l’ufologie n’étant évidemment pas, contrairement à ce qu’il pensait, un autre nom pour l’étude des démons. On voit ici que la pensée de John Keel était la même que celle de Jean Sider, et qu’elle s’appuie sur les mêmes interprétations erronées faites à partir de rapprochements entre manifestations disparates. Il a eut tort de laisser tomber l’hypothèse extraterrestre en se fondant sur le « chevauchement étonnant entre les phénomènes psy et les ovnis », certains « ufonautes » pouvant par ailleurs manifester des capacités psi…
John Keel disait qu’il « est plus probable que nous voyons ce que nous voulons voir, et nous interprétons ces visions selon nos croyances personnelles ». Cela est certes vrai en ce qui concerne certaines manifestations qui se sont produites dans les siècles passés (à propos des « démons » et des « sabbats », des « fées », etc.), mais avec le développement des connaissances il est possible à notre époque de démêler beaucoup plus facilement ce qui relève de telle ou telle réalité en distinguant les divers types d’entités à l’œuvre, ou de reconnaître le type de phénomène vécu ou perçu.

Dans son livre : « UFOs : Operation Trojan Horse », John Keel a soutenu qu’une intelligence spirituelle ou « non-humaine » a mis en scène des évènements entiers depuis bien longtemps afin de propager et de renforcer certains systèmes de croyance erronés. Si je me réfère à mon modèle théorique, la seule chose vraie, dans cette déclaration, c’est celle-ci : outre une ingérence de certaines intelligences extraterrestres dans les affaires humaines (voyez certains récits bibliques, les récits sumériens, etc.), il y a eu l’implication d’une intelligence spirituelle dans certaines manifestations afin de diffuser un enseignement adapté à une période donnée et à un peuple donné (ce qui a donné naissance aux grandes religions), les systèmes de croyance erronés (qui ne sont pas ceux auxquels pensait John Keel) étant le fait des hommes mais pas de l’intelligence à l’origine des manifestations concernées. (Voyez ce que je dis, dans mon texte à propos de la critique de la théorie de Jean Sider, en ce qui concerne la distinction entre deux catégories d’êtres de l’espace : « tridimensionnels » et « multidimensionnels », certains étant impliqués dans la mise en place de certaines religions.)

John Keel pensait qu’éventuellement toutes les anomalies telles que les fées, les OVNIs mystérieux de 1897, les “avions fantômes” des années 1930, les “hélicoptères mystérieux”, les “créatures”, les « poltergeists », les orbes et les OVNIs, sont une couverture du véritable phénomène. Ceci n’est pas vrai. Les « poltergeists », les orbes et les fées n’ont strictement rien à voir avec les OVNIs. Quant aux « OVNIs mystérieux » de 1897, aux « avions fantômes », aux « hélicoptères mystérieux », il peut s’agir de camouflages émanant de l’éventuelle intelligence extraterrestre à l’origine de ce type de manifestations.

Dans « Our Haunted Planet » (1971), John Keel a inventé le terme “ultraterrestres” pour décrire les occupants des OVNIs. Il y a parlé de la possibilité que les « visiteurs » appartiennent à une civilisation terrienne avancée qui peut ne pas être humaine. John Keel était « un théoricien radical qui croyait que les ovnis sont ultraterrestres et non extraterrestres ». John Keel pensait qu’il existe des phénomènes qui changent d’apparence et qui viennent d’un autre plan d’existence. Il voyait ces « ultraterrestres » comme fondamentalement hostiles aux êtres humains, ou tout du moins méprisants, les humains étant manipulés de diverses façons, notamment par l’organisation de « miracles ». John Keel considérait ceux-ci comme des sources non fondées de croyances religieuses. Les « ultraterrestres » peuvent apparaître « comme des monstres, des gens venus de l’espace, des fantômes, et d’autres entités paranormales ». Il y a, là encore, beaucoup de confusion dans l’esprit de cet auteur. Déjà, l’idée d’une civilisation terrienne avancée qui peut ne pas être humaine, ce n’est pas clair. (La seule « once » de vérité là-dedans serait en relation avec l’une des trois sources des OVNIs : l’origine « intraterrestre », mais les « intraterrestres » sont néanmoins des humains !) En outre, en matière d’OVNIs, seuls les extraterrestres de type « multidimensionnel » ou « éthérique » viennent d’un « autre plan d’existence » (étant distinct du plan physique dense). Et seuls sont « hostiles », de notre point de vue, certains êtres de l’espace, ceux qui sont notamment à l’origine des « abductions ». La « manipulation », qui concerne seulement ces derniers, ne peut en aucun cas s’appliquer à l’ensemble des entités des OVNIs et à l’ensemble des manifestations « paranormales ». Les « miracles », quant à eux, sont là pour entretenir la foi des gens qui sont sensibles à ceux-ci, et leur but n’est donc pas d’entretenir de fausses croyances religieuses. Enfin, il faut dénoncer cette assertion fantaisiste tendant à assimiler les « monstres », les « gens venus de l’espace », les « fantômes » et autres « entités paranormales », car il n’existe pas d’entités d’un seul type qui prendrait, en fonction des témoins et des époques, des identités différentes fallacieuses.

Les inepties de John Keel (et de Jacques Vallée, etc.) ont bien sûr fait des victimes manquant de discernement, comme ce membre du forum www.ovnis-usa.com qui, comme je l’ai déjà signalé, écrit que pour lui « la théorie de J. Keel résume au mot près » ses propres conclusions « après plus de 30 ans d’étude et de réflexion sur le phénomène OVNI ». Voilà encore quelqu’un qui, durant cette longue période, n’a pas lu les bons livres car, contrairement à ce qu’il écrit, il n’y a pas dans les recherches de John Keel « une lucidité et une perspicacité admirables ». Et il a tort d’être « entièrement d’accord avec Vallée quand il écrit que la ligne qui est la sienne a des décennies d’avance sur ceux qui campent sur l’hypothèse extraterrestre “classique”. » J’ai déjà précisé que cette prétendue avance est un leurre. Ceci dit, s’il est vrai, comme le déclare cet internaute, que la conception à laquelle il adhère (celle de John Keel, Jacques Vallée…) « nous entraîne vers un terrain qui nous éloigne encore plus des scientifiques, déjà peu enclins à considérer sérieusement l’HET classique », cette ligne nous faisant « accéder à des spéculations proprement incroyables sur la véritable nature du phénomène, tout en ouvrant les perspectives “grand champ” » et nous laissant apercevoir ses multiples facettes, il en va de même de mon modèle théorique qui intègre aussi des réalités non intégrables actuellement dans la conception scientifique de la vie et de l’Univers. Par contre, là où je ne suis pas d’accord c’est lorsque cet internaute parle de « logique manipulatrice ». Cette dernière ne concerne que les agissements d’une catégorie particulière d’êtres de l’espace (sans oublier les usurpations d’identités dans le cadre de certaines communications de type médiumnique, lesquelles n’ont d’ailleurs rien à voir avec le phénomène OVNI, contrairement à ce que s’imaginent les paranoïaques voyant des leurres et des manipulations à tous les niveaux).

Jacques Vallée a dit qu’il serait déçu s’il devait s’avérer que les OVNIs étaient « seulement des vaisseaux venus de l’espace », une formulation consécutive, évidemment, à sa mauvaise analyse du phénomène OVNI qui lui a fait commettre (comme John Keel, Jean Sider, etc.) de grosses erreurs dans les enseignements à tirer du rapprochement entre manifestations apparemment disparates. Jacques Vallée donne aussi dans la paranoïa avec son accusation de « manipulation par des agents de désinformation », une prétendue manipulation visant à faire croire aux OVNIs « par d’habiles rumeurs et mises en scène, dans le but de cacher des secrets obscurs qui sont sans doute des connaissances et des technologies très secrètes ! » N’y a-t-il pas là une contradiction entre sa thèse de la manipulation de l’humanité par une « force de contrôle » et cette origine humaine alléguée des OVNIs ? Que de confusions dans tout cela…

De plus, Jacques Vallée parle de « besoin de croire aux extraterrestres », de « phénomène de crédulité extraordinaire », de « phénomène de croyance », et il ajoute qu’il faut élargir l’hypothèse extraterrestre car c’est « beaucoup plus complexe »… Il est vrai que c’est plus complexe, mais pas comme Jacques Vallée le comprend. Il y a en réalité plusieurs origines aux OVNIs (origines évoquées plus haut), l’origine extraterrestre « classique » (êtres physiques en provenance d’autres systèmes solaires) étant l’une d’elles. Cette dernière n’est pas seulement un « phénomène de croyance », mais elle est étayée par de nombreux éléments convergents. Ce que n’ont pas compris ceux qui soutiennent (Jean-Pierre Petit, etc.) cette origine, c’est que le phénomène est effectivement plus compliqué, car il faut tenir compte notamment de l’origine extraterrestre « éthérique », origine que les supporters de la seule (et unique) hypothèse extraterrestre « classique » ne peuvent pas concevoir (car elle se situe en dehors des concepts scientifiques actuels).

Lors de son interview de Jacques Vallée, Marie-Thérèse de Brosses a renchéri « sur le fossé qui s’est creusé » entre les partisans du « tôles et boulons » et les autres. Je précise que ce fossé est en fait la conséquence de deux choses :

– d’une part : l’incapacité à prendre en considération la pluralité des origines des OVNIs ;

– d’autre part : des erreurs commises par les théoriciens de la manipulation (paranoïaque) tous azimuts, ces erreurs étant à rechercher dans leur mauvaise analyse des rapprochements effectués entre des manifestations diverses, nombre de ces dernières (contacts spirites, etc.) n’ayant en outre rien à voir avec le phénomène OVNI.

Marie-Thérèse de Brosses et Jacques Vallée ont évoqué le cas de David Jacobs « qui était au début un bon historien de l’ufologie mais qui est ensuite ‘tombé dans la marmite aux abductions, à la suite de Budd Hopkins’ ». Jacques Vallée dit qu’il ne peut pas se permettre « d’être aussi naïf, compte tenu notamment de son activité professionnelle ». Mais qui est réellement « naïf », ou, si l’on préfère, qui a la meilleure analyse du phénomène des « abductions » ? Ce dernier, plutôt complexe, comporte néanmoins une composante extraterrestre, ainsi que je le développe dans ma critique de la théorie de Jean Sider.

Même son de cloche chez Philip Imbrogno, lequel a fini par réaliser, dit-il, que « le phénomène Ovni est plutôt du domaine du paranormal », une conclusion erronée partagée notamment par Jean Sider. Je rappelle ici que le qualificatif « paranormal » doit être réservé aux phénomènes relevant de la recherche en parapsychologie : télépathie, clairvoyance, psychokinèse, etc. Et c’est de façon abusive et injustifiée que cet adjectif est appliqué aux manifestations d’OVNIs. Philip Imbrogno pense que les OVNIs et autres types d’activités paranormales pourraient se produire au carrefour de plusieurs « dimensions alternatives ». En réalité, seules les manifestations extraterrestres « éthériques » et les phénomènes imputables à des entités spirituelles se situent dans cette catégorie.

Philip Imbrogno a consacré plusieurs ouvrages à développer la théorie selon laquelle d’anciens explorateurs européens ont construit les dolmens qu’on trouve dans la région de Putnam, « pour marquer l’emplacement de quelques anomalies dans le champ magnétique terrestre, lesquelles pourraient ouvrir des fenêtres vers la quatrième dimension ». Ainsi, une sorte de portail existerait à cet endroit, permettant de communiquer avec un autre univers. Depuis, la Vallée d’Hudson est devenue le troisième vortex Ovni parmi les plus populaires au monde, avec Stonehenge en Angleterre et Sedona en Arizona. Je fais remarquer que cette idée (qui est celle des « portes des étoiles ») est applicable à l’origine extraterrestre « multidimensionnelle » de certains OVNIs…

Philip Imbrogno, qui établit un pont entre la science et les cultures ancestrales, s’est par exemple intéressé aux légendes arabes des Djinns, « une race d’êtres qui existent dans un monde très proche et interagissent de temps en temps avec le nôtre ». Il a réalisé que des entités semblables existent dans toutes les traditions, à l’égal des « Tricksters » des Indiens d’Amérique. Cependant, des entités comme les Djinns sont aisément identifiables à des « élémentaux » et n’ont donc pas de rapport avec les OVNIs.

Philip Imbrogno lance un appel à tous ceux qui travaillent sur ces questions :

« Il faut qu’on en finisse. Nous essayons tous de résoudre ce problème. Nous avons toutes les pièces du puzzle. Puissions-nous travailler ensemble et nous concerter ! »

Et oui, nous avons en fait toutes les pièces du puzzle, et elles se trouvent notamment dans le présent texte et dans celui consacré à la critique de la théorie de Jean Sider !

J’ai écrit plus haut qu’un membre du forum www.ovnis-usa.com entérinait à tort la théorie de John Keel. Un autre membre de ce même forum commet la même erreur en écrivant, à propos de Philip Imbrogno, que sa théorie correspond à « plus ou moins ce que finissent par dire tous les ufologues qui se sont intéressés pendant longtemps au phénomène, comme Jean Sider par exemple ». Pourtant, moi-même, qui me suis intéressé depuis plusieurs décennies au sujet, je ne suis pas tombé dans les inepties « sideriennes » (« keeliennes », et j’en passe). En fait, le tort de tous ces auteurs est, je le rappelle, d’ignorer ou de rejeter a priori les données de la littérature ésotérique et médiumnique contemporaine, la seule à pouvoir donner une juste vue d’ensemble des diverses manifestations « extraordinaires », celles qui sont « paranormales » et celles qui relèvent réellement de l’ufologie.

Faisant référence à Jean Sider, le membre de ce forum écrit qu’il faut « se pencher par exemple sur son étude des noms que les ‘aliens’ se donnent dans les RR3, des noms qui sont issus de la mythologie et de la démonologie ». Or, je critique, dans mon long texte consacré à la critique de la théorie de Jean Sider (ainsi que dans mon texte paru en 2005 dans LDLN), cette étude de Jean Sider, et je montre que cette prétendue connexion « démonologique » ne repose sur rien de sérieux.

Selon ce même membre du forum, il existe « une autre théorie, peut-être moins sulfureuse, qui est celle d’un phénomène local que nous n’avons pas encore découvert… une espèce d’inconscient végétal ou ‘insectoïde’, ou même minéral, qui se manifesterait en agissant sur nos sens et parfois sur la matière, et qui reproduirait des images issues de nos visions de nos réalisations techniques pour tenter de communiquer ». Il ajoute : « Très SF comme vision, mais qui sait… ? » Ce n’est pas seulement « très SF », c’est surtout stupide.

Il reste à évoquer Joël Mesnard. Je remets ici son texte :

« La réalité est qu’on ne comprend rien à tout ça. A l’époque, ça suggérait énormément des véhicules intersidéraux et c’est l’explication qui paraissait la plus évidente. Je crois qu’on n’en est plus tout à fait là maintenant.

Quand on étudie le phénomène ovni à fond, on peut en arriver à la conclusion, du moins est-ce mon avis, que nous avons affaire, non pas à des extraterrestres, mais à quelque chose d’autre qui en prend l’apparence. Quelque chose dont l’origine reste inconnue, aux apparitions multiformes, insaisissables, furtives. »

« Pour ce qui est du phénomène lui-même, je crois que nous avons affaire à une réalité subtile, voilée et paradoxale, dont la nature est extrêmement difficile (peut-être impossible) à saisir. Les rencontres rapprochées comportent toujours au moins un élément absurde, complètement invraisemblable, impensable. Cela ne signifie pas que les témoins soient des illuminés ou des affabulateurs ! Cela signifie simplement que nous sommes confrontés à une réalité d’un genre particulier, insaisissable, difficile à mettre en évidence, et qui dépasse largement nos facultés de compréhension. La comparaison est archi-banale, bien sûr, mais il me semble que face à ces choses-là nous sommes dans une situation comparable à celle d’un chien qui regarde un poste de télé, ou qui regarde son maître téléphoner ou prendre des photos… »

(A noter que Joël Mesnard a publié, en 2005, ma critique – résumée – de la théorie de Jean Sider. Cette publication l’aurait mis alors, si j’ai bien compris au téléphone en 2005 ou 2006, en mauvais termes avec cet auteur qui publie beaucoup dans sa revue. Il y a, il est vrai, des « chasses gardées ».)

Rectifions sa pensée. D’abord, il est faux de dire qu’on ne comprend rien « à tout cela ». Si vous lisez mes textes, vous comprendrez au contraire beaucoup de choses.

Il croit qu’on n’en est plus tout à fait à évoquer des véhicules intersidéraux. Et pourtant, ces derniers existent bien, la réalité étant simplement un peu plus complexe (compte tenu des trois origines que j’évoque). C’est cette plus grande complexité qui donne à Joël Mesnard (qui n’a pas pris la mesure de l’intérêt de mon texte) la fausse impression que l’on n’a pas affaire à des extraterrestres, mais « à quelque chose d’autre qui en prend l’apparence », dont « l’origine reste inconnue ». Les « apparitions multiformes, insaisissables, furtives », sont notamment imputables à l’origine « éthérique » de certaines manifestations d’OVNIs.

Lorsqu’on prend en considération l’origine extraterrestre « multidimensionnelle » de certains OVNIs, on ne peut pas dire que ce qui peut être qualifié de « réalité subtile, voilée et paradoxale » relève de quelque chose dont la nature est extrêmement difficile ou impossible à saisir. (Cette origine « éthérique » est en effet évoquée et explicitée dans notamment de très nombreuses sources « canalisées ».) Le prétendu élément « absurde, complètement invraisemblable, impensable », des rencontres rapprochées, ne concerne pas tous les récits de RR3 (“rencontres rapprochées du troisième type”). Cette prétendue absurdité, surtout subjective, concerne en fait le comportement d’êtres qui ont un « fonctionnement mental » qui ne correspond pas au nôtre (lorsqu’il ne s’agit pas parfois, comme dans de nombreux cas d’« abduction », du résultat d’une forme de « manipulation » des témoins : projection de scènes de « réalité virtuelle », etc.). Et il ne s’agit pas, contrairement à ce que pense Joël Mesnard, d’une réalité insaisissable qui dépasserait largement nos facultés de compréhension. Je ne crois pas que nous sommes dans une situation comparable à celle d’un chien qui regarde un poste de télé ou qui regarde son maître téléphoner ou prendre des photos. La distinction, notamment, des deux origines extraterrestres définies dans mon modèle théorique, permet une compréhension générale des diverses manifestations observées.

Faisant référence à la bibliographie de langue française établie par Claude Maugé pour le coffret contenant la collection du « Bulletin du GEPA » et de la revue « Phénomènes spatiaux » (parus dans les années 1960 – 1970), Joël Mesnard écrit qu’il y a là « à peu près tout ce qui se rapporte de près, de loin, ou surtout d’extrêmement loin, à l’étude du phénomène ovni ». Cela va « en effet de Barthel et Brucker à Rabolu, et de Raël à Lagrange, en passant par Gauch-Keller, Pinvidic et Meurois-Givaudan ! ».

« L’image de l’ufologie risque, c’est évident, de pâtir un tantinet de la présence inattendue, dans ce catalogue, de certains auteurs (disons Raël, mais il n’est pas le seul !). Ce catalogue titanesque, œuvre d’un érudit, n’en est pas moins une excellente chose puisqu’il montre qu’avec 1000 livres parlant vaguement de ‘soucoupes volantes’, on ne risque pas de comprendre quoi que ce soit à la question, alors que c’est si facile avec dix ou quinze ouvrages bien choisis. A conseiller sans réserves à tous ceux qui veulent éviter de se noyer dans l’embrouillamini des données objectives. » (J. Mesnard) (6)

Si je mentionne ces propos de Joël Mesnard, c’est à cause de la mention de Meurois-Givaudan. Ainsi que je l’ai constaté lors d’une communication téléphonique il y a quelques années, Joël Mesnard, qui n’apprécie pas la médiumnité en général, a des préjugés à l’encontre des sources médiumniques (et il n’est pas le seul « ufologue » a avoir cette attitude), et son commentaire négatif vis-à-vis de Meurois-Givaudan n’a donc rien de surprenant. C’est un tort, cependant, car la vérité sur les OVNIs n’est pas seulement à rechercher dans l’étude des cas d’observations. Afin d’avoir une large vue d’ensemble du sujet, il convient de prendre en considération un ensemble de sources plus étendu et ne pas rejeter a priori l’idée que certaines personnes, disposant d’une capacité particulière, puissent apporter une contribution novatrice à la compréhension du phénomène OVNI et de la présence extraterrestre en général. On trouve d’ailleurs, dans le deuxième livre de la longue série d’ouvrages d’Anne Givaudan et de Daniel Meurois, la mention de l’existence de deux types d’êtres de l’espace (de type physique et de type « éthérique »). Si les ufologues étaient capables de prendre en considération cette double origine extraterrestre, ils comprendraient beaucoup de choses aux phénomènes auxquels ils s’intéressent…

On notera que certains ufologues n’hésitent pas à évoquer les « révélations » faites par divers « témoins privilégiés », lesquelles sont pourtant aussi extraordinaires et invérifiables que celles des sources réputées « paranormales ». Il y a, par exemple, l’affaire Serpo (douze militaires américains seraient allés, en 1965-1978, sur une planète extérieure à notre système solaire !), les contacts de Charles Hall avec « les Grands Blancs », les « révélations » de Robert Dean, du sergent Clifford Stone, d’Henry Deacon, de Dan Burish, etc., sans oublier « le briefing de Reagan », les réunions présumées aux Nations Unies en février 2008, etc. Le site de Didier de Plaige (www.ovnis-usa.com) est une mine d’informations sur certaines de ces affaires « extraordinaires ». Or, ces affaires se terminent toujours en « queue de poisson » : à la fin, on ne sait jamais si elles sont vraies, si elles sont fausses, ou si elles comprennent des éléments vrais et faux (selon les cas). Dès lors, qu’est-ce qui, d’un côté, permettrait de prendre en considération l’éventuelle authenticité de ces affaires, et de l’autre côté de rejeter a priori la non moins éventuelle authenticité des informations reçues par voie « paranormale » ? N’y a-t-il pas là « deux poids deux mesures » (un état d’esprit qui ne fait que refléter les préjugés de ceux qui s’adonnent à ce type de discrimination) ?

 

6. Des animaux du ciel ?

trevor-james-constableAuteur du livre « They live in the sky » (1959), Trevor James Constable était un partisan de la théorie fantaisiste selon laquelle les OVNIs ne sont pas du tout des engins extraterrestres, mais des animaux comparables à des amibes géantes qui « sont constituées de matière d’une dimension de l’Ether », « plasmatiques », vivant dans les cieux de la planète.

Ceci fut envisagé d’abord, à titre d’hypothèse, par Charles Fort, mais Trevor James Constable est allé plus loin en affirmant qu’il avait photographié ces « animaux du ciel », volant parmi les soucoupes « ordinaires », en employant un film, sensible à l’infrarouge, exposé entre l’aube et le lever du Soleil dans des « lieux secs », dans lesquels « il est fréquemment possible d’objectiver des invisibles de diverses sortes vivant dans, et passant par l’atmosphère ». (Patrick Gross).

Curieusement, Trevor James Constable avait affirmé que c’était une intelligence extraterrestre qui l’avait contacté pour l’informer de la « technique secrète » – c’est-à-dire la photo en infrarouge – qu’il a utilisée pour ses photographies de prétendus « animaux du ciel » ! En réalité, prétend l’ufologue Patrick Gross sur son site Web, ce qu’il capturait, outre quelques défauts de pellicule, c’étaient des traces de passages d’insectes et oiseaux, que l’on connaît de nos jours sous l’appellation de « Rods ».

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7. GAÏA et les OVNIs :

Fabrice Bonvin (7) note que l’étude des folklores, et en particulier de la tradition celte, indique qu’une intelligence se livre aux enlèvements d’humains depuis plusieurs siècles, « en poursuivant des objectifs apparemment similaires, au moyen de modus operandi semblables tout en produisant des effets comparables à ceux des enlèvements modernes » (ceux attribués à des extraterrestres). L’approche historique de ces manifestations, écrit-il, montre que le « petit peuple » ou les « djinns » musulmans d’autrefois constituaient des manifestations inspirées du Zeitgeist de l’époque, vecteurs interactifs avec le genre humain. Le « petit peuple » est une émanation de la grande famille des « élémentaires », les esprits de la nature.

Si, dans les temps anciens, l’intelligence « supraterrestre » ne se présentait pas sous forme d’extraterrestres débarquant de soucoupes en « tôles et boulons » (sic), ce n’est pas parce qu’elle s’adaptait au « Zeitgeist » (esprit du temps : climat social, religieux, culturel et politique de l’époque), mais parce que les gens de l’époque ne pouvaient pas concevoir l’origine extraterrestre de certaines manifestations, les êtres particuliers (extraterrestres et/ou souterrains) à l’origine des enlèvements pouvant cependant jouer sur le système de croyances des individus afin de mieux masquer leur véritable nature.

Le rapprochement entre enlèvements anciens (attribués à des « fées » ou « elfes ») et modernes (attribués à des extraterrestres) n’est certes pas erroné, car ces invariants existent bien. L’erreur de théoriciens comme Jean Sider et Fabrice Bonvin consiste cependant à attribuer à une unique catégorie d’entités (qui existerait dans notre environnement planétaire) l’ensemble des manifestations « paranormales », alors que nous avons affaire, en fait, dans les enlèvements, à une catégorie particulière d’entités agissant dans le cadre de quelques manifestations spécifiques : nous avons ici affaire à certains êtres d’origine extraterrestre et/ou souterraine, nos ancêtres ayant accolé l’étiquette « esprits de la nature » (« fées ») à des êtres dont ils ignoraient la nature exacte. Les vrais « esprits de la nature » (car ils existent) n’ont strictement rien à voir avec les enlèvements perpétrés, au fil des siècles, par les êtres qui sont à l’origine de ces « abductions ». Les êtres à l’origine des enlèvements (que ces derniers soient considérés comme physiques ou « virtuels ») sont certes spécialistes en « manipulations » et autres « leurres », mais ils ne constituent eux-mêmes qu’une partie des visiteurs de l’espace, et ne peuvent pas davantage concerner l’ensemble des entités (« défunts », etc.). Quant aux vrais « esprits de la nature », ils sont de nature « énergétique » ou « éthérique » (et ils ne peuvent pas, évidemment, procéder à des enlèvements). Ces « esprits de la nature » résident au même niveau vibratoire (le “Plan astral”) que les désincarnés, et certains d’entre eux peuvent être à l’origine de certains phénomènes physiques ou spirites. Ces sujets sont développés dans mon texte consacré à la critique de la théorie de Jean Sider.

En matière d’OVNIs, Fabrice Bonvin s’en prend, comme Jean Sider, à l’hypothèse extraterrestre et parle à ce sujet d’« obsession de la tôle ondulée » (sic !). Son argumentation contre l’origine extraterrestre des OVNIs est fallacieuse. L’auteur ne mesure d’ailleurs pas le caractère absurde d’une argumentation qui reconnaît, d’un côté, la composante physique des manifestations OVNIs (« men in black », mutilations animales, enlèvements, « crop circles »), et qui, d’autre part, nie l’origine extraterrestre de celles-ci au profit d’une vague « intelligence supraterrestre » dont la localisation, dans notre environnement planétaire, pose problème. En outre, comment, à propos de mutilations, d’enlèvements et de MIBs, peut-on se permettre d’évoquer une « élévation de la conscience humaine » et un « développement de la sensibilité écologique » ? A ce titre, on peut dire que sa théorie n’est absolument pas particulièrement bien étayée. Fabrice Bonvin en appelle à Gaïa ! Mais contrairement à ce qu’il écrit, la théorie de l’origine « gaïenne » des OVNIs ne repose absolument pas sur un faisceau d’indices extrêmement solides, le « discours écologique » de certaines entités responsables des « abductions » étant par ailleurs tout à fait compatible avec l’origine extraterrestre (et non « supraterrestre ») de ces entités.

Il est connu, dans le petit milieu de l’ufologie, que le phénomène OVNI fait parfois preuve de « mimétisme » : les OVNIs prennent une forme qui est en accord avec la technologie terrestre du moment ou qui dépasse de peu celle-ci. Nous avons ainsi les « dirigeables fantômes » de 1896-1897 (Etats-Unis), les « aéroplanes fantômes » en 1934 (Scandinavie), les « fusées fantômes » de 1946 (Scandinavie), les « triangles volants » des années 1980… Selon Fabrice Bonvin, la composante mimétique du phénomène OVNI est incompatible avec l’hypothèse extraterrestre. Je ne pense pas qu’il en soit ainsi. L’explication de ce mimétisme se trouve, selon moi, dans ce que suggère à ce sujet Bruce Cornet, lui-même cité par Fabrice Bonvin : éviter la détection, se fondre dans l’environnement (camouflage), ou peut-être éviter la panique dans la population (trop effrayée par l’idée de visiteurs venus de l’espace). Il y a aussi les curieux « hélicoptères noirs silencieux » qui témoignent d’une volonté de dissimulation, celle-ci étant également mise en évidence par le « parasitage », d’authentiques manifestations d’OVNIs s’étant produites en même temps que la rentrée atmosphérique des débris d’un étage de fusée (5 novembre 1990)…

couv-site-fab-titreFabrice Bonvin évoque le « Mundus Imaginalis » décrit par Henri Corbin. Or, ce « royaume autonome peuplé d’entités indépendantes » n’est pas différent du Plan astral des ésotéristes et occultistes, auquel il s’identifie. C’est à ce Monde ou Plan de conscience qu’ont accès les chamans par le biais des états de conscience associés à l’utilisation de certaines plantes ou de champignons hallucinogènes. C’est ce que montrent les recherches d’auteurs, cités par Fabrice Bonvin, comme l’ethnologue Michael Harner et l’ethnobotaniste Terence McKenna. monstersLes entités « rencontrées » par Michael Harner, grâce à l’« ayahuasca », sont typiques de ce que l’on peut percevoir dans le bas astral : « monstres à tête de crocodile », « démons »… Le psychiatre Rick Strassman, qui a étudié les effets du DMT (un neurotransmetteur) sur la conscience, penche aussi pour l’existence autonome des « entités » perçues.

 

Les entités extraterrestres de type « multidimensionnel » (ou « éthérique ») peuvent aussi être contactées sur d’autres niveaux de réalité que le plan physique, ce qui explique le témoignage (cité par Fabrice Bonvin) du chaman péruvien Pablo César Amaringo qui, au cours de ses voyages extatiques consécutifs à la prise d’ayahuasca, a vu des vaisseaux spatiaux qui peuvent prendre diverses formes et se déplacer aussi bien dans l’eau que sous terre.

L’ufologue Didier Gomez adhère à la même thèse que celle de Fabrice Bonvin. Pour lui, aussi, la thèse extraterrestre est « de moins en moins crédible », ce qui est tout à fait faux. Il s’agirait, pour lui, de « manifestations d’une entité globale, sorte de conscience universelle interférant avec nous, dans le but de passer un message pour prévenir des dangers que font encourir les hommes à la planète ». Ce faisant, il ne fait qu’adhérer à la thèse de Fabrice Bonvin, laquelle, à vrai dire, est erronée, comme je viens de le montrer, sans pouvoir développer ici le sujet. Contrairement à ce qu’écrit Fabrice Bonvin, le « petit peuple » des traditions celtiques, les « kamis » des Japonais ou les « ninnimbes » des Amérindiens, ne sont absolument pas les « extraterrestres » contemporains. Il n’y a point de « Zeitgeist », à ce sujet, les « esprits de la nature » et les « extraterrestres » étant deux catégories tout à fait distinctes d’entités. Il y a quelques siècles, nos ancêtres ont pris, dans certains cas, des êtres de nature extraterrestre ou souterraine pour des « elfes ». Les analogies entre les manifestations anciennes et actuelles s’expliquent fort bien, n’en déplaise à Fabrice Bonvin (et d’autres), dans le cadre de l’hypothèse extraterrestre classique.

L’adaptation des manifestations au Zeitgeist étant une illusion, celle-ci ne peut être considérée comme une illustration convaincante de l’origine « gaïenne » de l’intelligence supraterrestre, nombre des manifestations alléguées (« men in black », etc.), de nature physique, étant tout à fait incompatibles avec cette conception absurde. Il est ridicule de prétendre que la politique de désinformation américaine encourage la croyance à l’HET (c’est plutôt le contraire !) « en même temps qu’elle nie la réalité du phénomène » (!), et il est donc absurde de conclure que cette politique de désinformation renforce la validité de la théorie de l’intelligence supraterrestre fonctionnant « comme le bras armé de Gaïa » (!). Contrairement à ce qu’affirme Fabrice Bonvin, cette théorie « gaïenne » n’est pas la meilleure disponible, et elle ne dépasse pas toutes celles qui l’ont précédée.

Que l’intelligence planétaire existe, cela est reconnu par certaines sources ésotériques – on se référera, notamment, au “Logos Planétaire” évoqué dans l’enseignement “canalisé” par Alice Bailey -, mais celle-ci n’a évidemment strictement rien à voir avec les diverses manifestations du phénomène OVNI. Fabrice Bonvin évoque le « Global Consciousness Project » (mené par le docteur Nelson de l’université de Princeton) pour étayer l’existence de cette « intelligence », mais ce projet n’a aucune incidence sur l’absence de rapport entre OVNIs et Gaïa, le « système nerveux gaïen » (sic) n’étant absolument pas le fief des manifestations d’OVNIs. Les tentatives d’explication des modes de propulsion des OVNIs, aux « noms barbares » (sic), ne sont pas des « théories pseudo-scientifiques », mais la théorie de Fabrice Bonvin constitue par contre un parfait exemple de cette absence de « scientificité ». Contrairement à ce qu’affirme Fabrice Bonvin, un demi-siècle de « recherches » relatives aux modes de déplacement des OVNIs, et à l’établissement de typologies d’« ufonautes » et d’engins, n’a pas montré qu’il s’agissait d’une vaine approche. Quant aux individus d’apparence humaine de la vague de 1896-97, aux « Martiens » de la vague de 1954 et aux « Gris » actuels, il ne s’agit là que de diverses espaces stellaires. On notera d’ailleurs que ces divers types d’« ufonautes » coexistent à notre époque.

Il y a, chez les ufologues défendant l’explication par l’« intelligence supraterrestre », une méconnaissance, ou une non prise en considération, de mon modèle théorique faisant état de la pluralité d’origines des OVNIs, dont certains sont bien matériels (et donc en provenance d’autre systèmes solaires, mais aussi du monde souterrain de l’Agartha), alors que d’autres sont de nature « multidimensionnelle », ces derniers provenant de dimensions planétaires interpénétrant le niveau physique/dense de leurs planètes d’origine (Mars, Vénus, etc.). Les origines alléguées relatives à Mars ou Vénus, dans les années 1950, ne sont donc pas nécessairement des tromperies (adaptées au « Zeitgeist » de l’époque) de l’intelligence contactée, contrairement à ce que pense, notamment, Fabrice Bonvin. Du reste, cet auteur note que les OVNIs (mais ce n’est pas le cas de tous) ont la capacité de passer d’un état de la matière à un autre. D’un état physique, écrit-il, un OVNI pourrait prendre un état « fluidique », semblable à ce que les Anciens appelaient l’éther. C’est exactement ce que je dis moi-même, à propos de certains OVNIs, ceux de type « multidimensionnel » ou « éthérique » ! En fait, le tort d’auteurs comme Fabrice Bonvin et Jean Sider est d’ignorer, volontairement ou non, certaines sources (qui seraient qualifiées d’« ésotériques ») servant de fil conducteur à une bonne compréhension des diverses réalités « paranormales », les OVNIs eux-mêmes ne faisant pas partie intégrante du paranormal, contrairement à ce que certains, dont Jean Sider, prétendent. Le qualificatif « paranormal » doit en effet être réservé à l’étude des manifestations relevant du champ de la parapsychologie. Quant aux « ufonautes », il ne leur est pas interdit de posséder des capacités psi (télépathie, etc.), mais l’analogie s’arrête là !

 

8. Ovnis et conscience :

ovnis-et-consciencef-2En 2015 est paru, aux éditions Le Temps Présent, un livre intitulé : « OVNIs et Conscience ». Il s’agit d’une œuvre collective rassemblant notamment les contributions de plusieurs intellectuels censés être les chantres de la « nouvelle ufologie ».

On lit, sur Amazon, des commentaires de lecteurs du livre. L’un d’eux (Jérôme Cabassus) écrit que « c’est du très lourd, du très très lourd », que ce livre est « incontournable », et que pour lui « c’est tout simplement le livre le plus important de toute l’histoire de l’ufologie écrit à ce jour ». Rien que ça…

Un autre lecteur, Peter El Baze, écrit un long texte dans lequel il déclare notamment que ce livre est absolument fondamental et qu’il « y aura l’ufologie avant et après ce livre »… Rien que ça (encore), ce livre étant censé être (une idée que je ne partage absolument pas) celui qui, de très loin, « apporte le plus dans la compréhension du phénomène ».

« Encore une fois, après Aimé Michel et Jacques Vallée, ce sont encore des Français qui sont à la pointe de l’ufologie mondiale ! Cocorico ! »

Mais Jacques Vallée na pas été (et n’est pas) celui qui a été à la pointe de l’ufologie mondiale, pas plus d’ailleurs que certains contributeurs au livre « Ovnis et Conscience »

« Je suis un scientifique rationnel, et passionné d’ufologie depuis 1968 (47 ans déjà !), et malheureusement les grands livres dans ce domaine se font rares, à part celui de Leslie Kean, mais qui est destiné plutôt aux débutants, aux sceptiques et politiques, car il aborde le phénomène OVNI d’une manière très (trop ?) conventionnelle : ‘OVNIs : Des généraux, des pilotes et des officiels parlent’.

Ce livre ‘OVNI et CONSCIENCE’ va bien au-delà de l’ufologie, c’est une nouvelle conception de la réalité qu’il fait découvrir, une nouvelle façon de considérer le phénomène OVNI qui n’a plus grand chose à voir avec l’hypothèse naïve ‘Tôles et boulons’ des Aliens du cinéma et des médias.

Le sous-titre ‘L’inexpliqué au coeur du nouveau paradigme de la physique’ est parfaitement justifié.

Ce livre est destiné à des lecteurs avertis, ayant une culture ufologique et scientifique, et surtout une grande ouverture d’esprit. Il devrait même intéresser les passionnés de physique théorique qui ne connaissent rien du phénomène OVNI !

Il va rebuter certains ‘ufologues’ dogmatiques, qui le trouveront ‘choquant’ car il remet en cause leurs certitudes. » (P. El Baze)

Personnellement, je ne trouve pas le livre choquant parce que le phénomène y est abordé sous un autre angle que le fameux « tôles et boulons » (sic). Je constate simplement qu’il ne donne pas – et ceci est aussi valable pour les livres qui ne défendent que l’origine extraterrestre « classique » – une vision correcte de l’ensemble du phénomène. Les principaux auteurs confondent en effet certains ordres de réalité, l’origine extraterrestre « classique », tout en étant, aussi, valable, n’étant que l’une des deux explications principales des « vrais OVNIs » (ceux qui excluent les méprises, etc.).

Après avoir écrit que Fabrice Bonvin a eu « l’idée géniale » (sic) de faire ce livre, le lecteur évoque la contribution de l’ufologue Daniel Robin (“Le facteur exogène”), à laquelle il adhère, tout en émettant une réserve sur les travaux de Persinger (page 97).

Eric Zurcher (“La composante psychique”) insistant, dans sa contribution, sur la composante psychologique du phénomène, le lecteur apporte son commentaire :

« Le phénomène agit directement sur la conscience des témoins et lui donne un spectacle à voir. Il s’adapte à la psychologie du témoin. Il s’agit d’hallucinations OBJECTIVES provoquées de manière intentionnelle. Mais dans quelle intention ? Aider l’humanité à évoluer ? Faire une psychothérapie de masse pour sauver la race humaine de l’auto-destruction et permettre enfin dans quelques milliers d’années un contact bénéfique aux deux races ? Ou bien sommes-nous seulement des rats de laboratoire qui tentent de comprendre les motivations des expériences des chercheurs ? »

Je n’adhère pas du tout à la formulation « hallucinations objectives » et à l’idée d’adaptation à la psychologie du témoin, mais passons…

« Ce qui nous sépare le plus de cette intelligence, ce n’est certainement pas la technologie. A partir d’un certain stade d’évolution d’une race, la technologie devient très secondaire, voire inutile par le développement et la maitrise des capacités Psy que les humains ont déjà à un niveau très embryonnaire. »

Cette formulation est correcte, mais cela n’exclut pas pour autant l’existence de vaisseaux de l’espace utilisés, pour leurs explorations, par des visiteurs d’autres mondes.

(Eric Zurcher est l’auteur d’un livre paru en 1979 : « Apparitions d’humanoïdes ».)

Le lecteur parle ensuite de la contribution du physicien Philippe Guillemant (qui est également notamment l’auteur d’un livre paru en juin 2015 aux éditions Guy Trédaniel sous le titre « La physique de la conscience », en collaboration avec Jocelin Morisson.). Puis c’est le tour de Romuald Leterrier (“L’expérience de l’ayahuasca”), lequel montre les relations entre les visions des chamanes sous l’ayahuasca et certaines observations d’OVNI. Il est un fait que certaines drogues favorisent l’accès à une autre réalité. Evidemment, « l’auteur ne préconise pas de le faire ».

Jean-Jacques Jaillat : “L’acmé de l’irrésolution conflictuelle provoque une disruption archétypale génératrice de matérialisation”. Pas clair, en effet.

« Cependant, au delà de la forme, ce chapitre pose des questions très intéressantes sur le fond : serions-nous, humains, depuis des millénaires, en symbiose avec d’autres intelligences ? »

La contribution de Philippe Solal (“Une nouvelle vision de la réalité”), professeur agrégé de philosophie et passionné d’épistémologie, est qualifiée de « magnifique d’intelligence » ! « Une synthèse magistrale du phénomène OVNI qui va bien au-delà des OVNI ! » Il est censé terminer le livre « en beauté ».

« Il est extrêmement probable que ces intelligences qui nous visitent ont une énorme différence d’évolution avec la nôtre, ce qui interdit un contact complet (actuellement) et que cette/ces civilisations maîtrisent les phénomènes psy qui sont liés à tous les êtres vivants évolués. L’évolution de nos mentalités, de nos paradigmes, va prendre des centaines, voire des milliers d’années, avant que le contact soit possible. »

Ce lecteur ajoute ce commentaire :

« En conclusion, un petit extrait d’un article : ‘Hypothèse 3 : Les OVNIs sont des objets matériels créés inconsciemment par les témoins grâce à la fonction PSI. Les OVNIs seraient des hallucinations OBJECTIVES de même que les ectoplasmes du début de ce siècle et certaines apparitions religieuses, l’apparence de ces phénomènes PSI variant en fonction du contexte social de l’époque’. Article que j’ai écris et publié dans le numéro 4 de la revue ‘Univers Parallèles’ en … 1970 ! Ensuite, j’ai ajouté une Hypothèse 4 identique, mais l’origine du phénomène étant des intelligences NON humaines, ce qui est de loin le plus probable actuellement. Il y a 45 ans, avec mes amis Rémy Chauvin, François Favre, Yves Lignon, etc., nous pensions comme dans ce livre, mais en plus simple (simpliste ?) ; je suis donc heureux que ces idées soient reprises ici d’une manière absolument brillante et beaucoup plus aboutie. »

La thèse des « hallucinations objectives » n’a rien de brillant. Heureusement que les intelligences non humaines ont été ajoutées…

Le lecteur ajoute que certains chapitres du livre ne sont pas faciles et qu’on peut ne pas être d’accord avec certains points de vue. En effet… Mais, conclut-il, « on ne peut pas prétendre s’intéresser à l’ufologie si on n’a pas lu ce livre de référence ». Pour ma part, je ne considère pas ce livre comme une référence, dans la mesure où il ne donne pas une présentation correcte de l’ensemble de la problématique OVNI. S’il est à lire, c’est seulement pour prendre connaissance des cogitations de certains « ufolo-intellos », sans pour autant adhérer à toutes leurs conceptions.

« ATTENTION ! Lorsque l’on remet en question, comme dans ce livre, notre conception de la réalité, cela entraine pour certains lecteurs des réactions de défense très agressives, bêtes et méchantes. Paradoxalement, ce ne sont pas les matérialistes qui seront les plus violents, mais les illuminés pseudo-ufologues, qui prétendent détenir LA vérité. D’ailleurs, cela a déjà commencé. »

Qu’entend-il par « illuminés pseudo-ufologues » ? On veut des noms ! Je pense pour ma part que certaines « thèses » de ce livre font justement partie de cogitations totalement non fondées. Et le fait que certains aient des titres universitaires (dans d’autres domaines que l’ufologie, of course) n’y change rien.

Un autre lecteur dit avoir adoré ce livre et avoir été fasciné par lui. Il le conseille à tous les passionnés d’ufologie, et surtout à André Brahic (l’astrophysicien bien connu, adversaire de la réalité des OVNIs ; voir mon article à ce propos). Hélas, cet individu écrit dans la foulée qu’il est persuadé « que les vrais ovnis ne sont pas extraterrestres », qu’ils « proviennent de notre inconscient » et que « ce sont des projections mentales de l’humanité ». « C’est fascinant, à bientôt », conclut-il. Ce qui est réellement fascinant, c’est la connerie de tels propos empreints de bêtise et d’ignorance. Surtout qu’André Brahic ne pourrait être que ravi d’une telle thèse faisant intervenir l’inconscient de l’humanité… (Notons tout de même que les auteurs du livre reconnaissent l’existence des OVNIs, ce qui montre que ce lecteur n’a pas très bien compris.)

Un lecteur parle d’« explication très convaincante des OVNIS » (ce à quoi je n’adhère certes pas), pendant qu’un autre (ou le même, je ne sais plus) écrit que c’est « LE livre à lire si vous vous intéressez sérieusement à la question des ovnis en 2015 ! », le livre étant présenté comme étant « tout simplement passionnant ».

Un lecteur répondant au pseudo « babaorhum » évoque un ouvrage « d’une très grande qualité » et ajoute qu’il ne pouvait en être autrement avec « des auteurs comme Guillemant, Solal, Zurcher, notamment ». Il ajoute ce commentaire :

« Il risque de surprendre ceux qui en sont restés à une approche classique ‘tôle et boulons’ comme on dit, mais il répondra à bon nombre de leurs questions… Quant aux autres lecteurs, ceux qui sont déjà bien informés de ces approches qui viennent modifier la notion de conscience (…), ils s’appuieront sur un ouvrage dont les arguments sont de poids. »

Les réponses apportées ne sont en fait que partielles, la distinction entre les deux catégories d’entités extraterrestres, développées dans mon modèle théorique, étant totalement absente du livre, ce qui diminue beaucoup, bien sûr, la pertinence des arguments développés.

Après ces commentaires plus ou moins dithyrambiques à propos du livre, et auxquels, on l’aura compris, je n’adhère pas, viennent les commentaires plus critiques. Le premier de ces commentateurs négatifs (au sens de « critique négative ») est Anthony Martin :

« Dès les premières lignes la charge de la preuve est inversée et on affirme sans la moindre preuve que le phénomène ovni serait une réalité incontestable.

Stéphane Allix affirme sans aucune contradiction possible que des dizaines de milliers de témoins observent des ovnis. Où sont les preuves de ces dizaines de milliers d’observations ? »

C’est le commentaire basique du négateur des OVNIs émanant d’un individu hostile au sujet et qui ne semble même pas avoir lu un livre « basique » comme celui de Leslie Kean… Dans son long texte, il déclare que l’étude sur les drogues (provoquant les mêmes visions) n’a fait l’objet d’aucune publication scientifique, il critique l’utilisation du mot « expérienceur » :

« (…) Les auteurs manipulent ainsi ouvertement les témoins en les confortant dans un rôle ‘d’experienceurs’ qui n’est peut-être que le fruit de leur imagination, de leur manipulation ou de leurs maladies mentales. »

« Dès le début du livre on nous demande donc de croire que toute personne qui prétend avoir rencontré des extraterrestres a vraiment rencontré des extraterrestres ! »

Cette formulation est inappropriée puisque les auteurs du livre ne parlent pas vraiment d’extraterrestres…

« Tous les auteurs nous disent qu’on ne peut pas définir la conscience, pourtant ils justifient systématiquement leurs croyances par le fait que telle ou telle chose serait le produit de la conscience ! Si la conscience est indéfinissable, que signifie la démarche qui consiste à justifier ses raisonnements en les justifiant par la conscience ? Comment peut-on justifier une chose par une autre qu’on ne prétend pas pouvoir définir ? Alors ils pratiquent systématiquement le sophisme.

C’est éminemment une démarche religieuse et non rationaliste ou scientifique. »

« L’auteur nous dit qu’il retient pour vraie l’hypothèse d’un apprentissage pour l’espèce humaine, en ce qui concerne la phénoménologie ovni. Cette phénoménologie serait bienveillante malgré les crimes qu’elle semble induire et elle aurait pour but d’enseigner l’Homme pour qu’il grandisse dans son évolution.

Voilà la nouvelle religion, alors que rien ne permet pourtant de prouver qu’une telle hypothèse serait vraie. »

« Si ces phénomènes étaient vrais (ce qui est loin d’être prouvé), alors il y aurait encore bien d’autres hypothèses pour les expliquer, y compris l’hypothèse de la simple manipulation des Terriens par cette phénoménologie sans autre but.

Les auteurs considèrent donc pour vraie l’hypothèse qu’ils croient la plus vraie et sans la moindre preuve, tout comme les Papous en Papouasie croyaient que les premiers explorateurs occidentaux étaient des fantômes… »

« Avec une certitude déconcertante, l’auteur nous explique que les chamanes se connectent à d’autres plans de réalité par les drogues !

Où sont les preuves de ce qui n’est ici qu’une croyance ou une incitation à la consommation de drogues ? »

Là, il faut préciser que l’auteur concerné n’incite évidemment pas à consommer de la drogue…

« L’auteur nous annonce un ‘nouveau paradigme qui dit le primat de la pensée sur la matière’.

Voilà la nouvelle religion, l’obscurantisme triomphant des sciences interprétées par la croyance ou ces nouvelles religions pseudo-scientifiques. »

« Page 37 et page 45, on nous présente pour vrais et sur deux chapitres les témoignages complets de deux soeurs, qui prétendent avoir été les victimes de contacts phénoménologiques avec des entités extraterrestres fantomatiques au cours de leur enfance à l’age de 5 ans.

Nous nous attendions à trouver dans cet ouvrage une compilation de centaines de témoignages obtenus sans hypnose, avec un recoupement systématique de toutes les informations.

Seule une telle démarche serait susceptible de produire d’éventuelles informations exploitables sur l’éventuelle réalité d’un phénomène de rencontres avec des extraterrestres fantomatiques, mais le témoignage isolé de deux soeurs est pratiquement sans valeur dans le cadre d’une démarche scientifique.

Ces deux témoignages sont donc globalement inconvenants, d’autant plus qu’ils sont très douteux pour de multiples raisons :

– Les prétendus témoins avaient l’age de 5 ans pendant les faits (un age auquel on croit encore au père Noel) !

– Les prétendus témoins sont anonymes et les auteurs du livre pourraient avoir tout inventé.

– Les prétendus témoins relatent des symptômes qui ont toutes les caractéristiques de simples paralysies du sommeil.

– Les prétendus témoins n’apportent aucune preuve matérielle pour étayer leurs dires.

– Les prétendus témoins ne témoignent qu’aujourd’hui et sous anonymat alors qu’ils ont maintenant plus de 30 ans, ce qui augmente la possibilité de souvenirs reconstitués.

– Les témoins ont été sollicités (manipulés ?) par Stéphane Allix pour témoigner (ce qu’il avoue lui-même dans le livre), sans quoi les témoins n’auraient pas souhaité témoigner. Ils sont donc sous influence !

– Les témoignages ont été obtenus sous hypnose en profond état modifié de conscience, sans aucune preuve que cette méthode n’a pas induit la création du témoignage lui-même et sans aucune preuve de la capacité de l’hypnose pour faire ressortir de vrais témoignages !

Non seulement ce livre conforte donc ces personnes dans leur mensonge potentiel, ce que tout psychiatre refuserait de faire avec ses patients, mais en plus on exige la crédulité des lecteurs face à des témoignages qui présentent toutes les caractéristiques de désordres mentaux, d’une trop grande imagination ou d’une manipulation.

Mais par dessus toutes autres choses, ce qui est le plus stupéfiant, c’est que page 57 du livre on nous montre un dialogue pendant lequel un hypnotiseur a sciemment manipulé le témoin !

Cet hypnotiseur est anonyme dans ce livre, on le nomme par le lettre ‘P’ et on prétend qu’elle est ‘psychologue’.

On nous présente donc dans le livre un dialogue à peine croyable entre la dénommée Véronique qui, placée sous hypnose prétend relater ses contacts avec des extraterrestres, et cette ‘psychologue’ qui vous le verrez dans ce dialogue, tente d’utiliser cette Véronique contre son gré, comme une interface de communication avec des esprits :

Page 57 :

‘Véronique : …’

‘Psychologue : comment se présente cet être ?’

‘Véronique : …’

‘Psychologue : que vous disent-ils sur le sens de la vie ?’

‘Véronique : …’

‘Psychologue : que souhaitent-ils vous dire encore ? Vers où allons-nous ?’

‘Véronique : j’ai très mal à la tête, pouvons-nous arrêter ?’

‘Psychologue : demandez-lui vers où nous allons ?’

‘Véronique : s’il vous plait Madame, j’ai vraiment mal à la tête.’

Dans cet extrait, nous voyons que la ‘psychologue’ manipule sa patiente qui pourtant exprime une douleur physique et une désapprobation, alors qu’elle est sous hypnose !

Nous constatons que cette ‘psychologue’ influence le témoignage de sa patiente pour utiliser sa patiente comme un canal de dialogue avec des esprits !

Il est donc très possible que le témoignage de ‘Véronique’, qui prétend avoir vu des extraterrestres, ne soit que le résultat de la manipulation de cet hypnotiseur.

C’est à peine croyable, mais cet extrait démontre non seulement un potentiel exercice illégal de la médecine (dans le livre la soit-disant psychologue est d’ailleurs anonyme, ce qui est bien pratique !), mais, surtout, cela démontre l’absence totale de rigueur, d’objectivité et de rationalisme de la part des auteurs de ce livre. »

Dans cette longue citation, je relève qu’il est absurde de prétendre que les auteurs du livre auraient pu inventer ces récits parce que les personnes concernées sont restées anonymes. Beaucoup de personnes ayant vécu ou relatant ces « expériences » restent volontairement anonymes afin de ne pas passer, dans leur milieu, pour des illuminés ou des malades mentaux, et il existe un très grand nombre de témoignages de ce type émanant souvent de personnes anonymes, mais aussi de gens ayant décliné leur identité. Supposer que les auteurs auraient pu inventer ces récits est une ânerie…

Ce critique accuse Philippe Guillemant de faire croire « à un public qui ne maitrise pas la physique quantique, que celle-ci serait la preuve de l’existence de Dieu, de l’esprit, de l’âme, de l’au-delà, du moi, du soi, des plans astraux, des extraterrestres vénusiens, des vibrations, des magnétiseurs ou même des ovnis, etc., ce qu’il sous-entend dans ce livre et ce qu’il affirme ouvertement dans ses conférences ». Voilà, de la part du critique, une bien curieuse liste hétéroclite…

« Contrairement à ce qu’affirme Philippe Guillemant, l’indéterminisme relatif aux expériences de la physique quantique, l’intrication quantique des particules, l’éventuelle réalité des phénomènes ovni ou des contacts avec des extraterrestres, etc., rien de tout cela ne permet de démontrer la véracité des croyances précédemment évoquées.

Contrairement à ce qui est affirmé, l’univers dans lequel d’éventuels ovnis voyageraient ne serait pas l’au-delà, quand bien même dans un tel univers la pensée sans autre lien technologique servirait à mouvoir ces ovnis.

Contrairement à ce qui est affirmé, l’éventuelle réduction des états quantiques que nous pourrions observer entre les synapses et les neurones dans le cerveau humain, ne serait par la preuve de l’existence de l’âme, ni même d’une production d’informations extérieures (possibilité d’une génération spontanée entre autres hypothèses).

Philippe Guillemant sort largement du respect dû à la liberté de conscience individuelle, lorsqu’il nous fait croire que toutes ses croyances seraient démontrées comme étant vraies par les expériences scientifiques qu’il relate, ce qui n’est absolument pas le cas, puisque ces expériences ne font que relater des paradoxes. Un paradoxe n’est pas la preuve de l’existence de l’âme, de Dieu, des extraterrestres, des ovnis ou de la conscience, contrairement à ce qu’affirme la religion qu’est la ‘physique de conscience’ promue par Philippe Guillemant ! »

Les autres auteurs du livre sont, écrit le critique, « relativement insignifiants » (ils apprécieront !) comparativement à l’intervention de Philippe Guillemant « qui est la seule valeur ajoutée de l’ouvrage, malgré les réserves précédemment exposées ». Bref, selon ce type, il n’y a qu’un physicien reconnu par ses pairs qui peut prétendre à une certaine respectabilité…

« Globalement, cet ouvrage, bien qu’il cherche à évoquer des hypothèses novatrices, entreprend ouvertement de manipuler le lecteur au service de croyances religieuses dont on prétend qu’elles seraient accréditées par les sciences, ce qui est factuellement faux. »

Le critique croit « que tout ceci suffit à démontrer le manque de rigueur et la crédulité ou la foi des auteurs, malgré le fait que cet ouvrage tente d’aborder des hypothèses novatrices, avec une véritable contribution scientifique offerte par Philippe Guillemant ».

« L’éventuelle réalité du phénomène ovni, ainsi que l’éventuelle origine extraterrestre d’une partie de ce phénomène et les éventuelles interactions de ce phénomène avec la conscience humaine, nécessitent, pour être appréhendés, une rigueur ainsi qu’un objectivisme que les auteurs ne pratiquent pas dans cet ouvrage. »

Ce qui m’a « sidéré », dans le commentaire de ce critique, c’est ce passage :

« Page 64 au cours d’un chapitre qui engage tous les auteurs du livre, le narrateur nous dit même qu’il appartient au mouvement Rose-Croix et il promeut cette organisation.

Selon L’UNADFI et selon toutes les associations de lutte contre les dérives sectaires, le mouvement Rose-Croix est précisément une secte.

Personnellement je ne connais pas le mouvement Rose-Croix, mais quel intérêt toutes ces associations auraient-elles à mentir ?

Lorsque nous constatons le discours des auteurs de ce livre, force est de constater par leur crédulité, leur foi ou leurs amalgames entre science et croyances, que s’ils ne sont pas eux-mêmes les leaders de sectes, ils sont à minima les outils de ces dernières. »

Voilà un commentaire stupide. D’abord, la Rose-Croix n’est pas une secte (terme employé à tort et à travers par trop d’individus manipulés par la rhétorique anti-sectes), mais une école spirituelle (pour le Lectorium Rosicrucianum) ou une organisation initiatique et traditionnelle (pour l’Ordre Rosicrucien AMORC). Autant dire que la Franc-maçonnerie, par exemple, est une secte. Dans la liste noire créée en 1996, qui visait à répertorier les prétendues sectes, on trouvait la Rose-Croix d’Or (ou Lectorium Rosicrucianum), cette qualification étant dans ce cas abusive, d’ailleurs, comme pour d’autres groupuscules cités dans cette liste infamante. Les caractéristiques d’une vraie « secte » (pression sur les membres, etc.) sont absentes de ces groupes dits rosicruciens, ce qui a d’ailleurs été reconnu, pour l’AMORC, par Janine Tavernier qui avait été présidente de l’UNADFI… Si, sous le mandat de celle-ci, l’AMORC a été épinglé comme secte par l’UNADFI, Janine Tavernier a ensuite pris ses distances par rapport à cela, comme le rappelle la page Wikipédia concernant cette dernière :

« (…) Elle démissionne en 2001, reprochant à l’association d’être sortie de son rôle d’aide aux victimes des sectes pour s’engager dans une véritable ‘chasse aux sorcières’. Il lui a été personnellement reproché d’avoir scolarisé ses petits-enfants dans une école Steiner.

En 2006, dans la préface d’un livre de Serge Toussaint, grand maître de l’AMORC (Ancien et mystique ordre des Rose-Croix), intitulé ‘Secte sur ordonnance : Les Rose-Croix témoignent’, Janine Tavernier dénonce ‘ce flou, cette imprécision, [qui] font qu’aujourd’hui on est plongé dans la confusion la plus totale. Les choses étant ce qu’elles sont, certains voient des sectes partout. […] J’ai toujours été sensible aux risques de dérapage que les ADFI elles-mêmes auraient pu commettre. […] J’ai été choquée un jour lorsque j’ai entendu une personne très impliquée dans la lutte contre les sectes dire avec beaucoup de conviction : ‘Il faut éradiquer l’idée de Dieu’. »

En outre, prétendre que les membres d’un mouvement (par ailleurs non sectaire) « sont à minima les outils » de sectes, c’est discriminatoire et injurieux. Si cet individu ne connaît pas le « mouvement Rose-Croix », moi je le connais car j’ai été membre, pendant 22 ans, de 1976 à 1998, de l’une des associations se réclamant de ce courant de pensée : l’AMORC. Les associations anti-sectes mélangent allégrement des groupes présentant de réelles caractéristiques de type sectaire avec d’autres dans lesquels ces caractéristiques sont absentes, et, à ce titre, on pourrait dire qu’elles « mentent » et, en tout cas, qu’elles trompent beaucoup de personnes, dont l’individu à l’origine de la critique ci-dessus. On note cette même crétinerie chez un autre lecteur qui se fait appeler « Jean le petit » (un « disciple » de Jean-Pierre Petit ?) et qui a manifestement lu le commentaire du critique précédent :

« Malheureusement, la démarche de ces auteurs est une démarche ouvertement religieuse et d’endoctrinement. On y promeut nommément la secte ‘Rose-Croix’ (p.64), le scepticisme est ouvertement condamné, on exige du lecteur de croire que 100% des témoignages relatent de vraies informations, on nous présente comme vrai le témoignage de deux femmes qui pourtant furent ouvertement manipulées par un hypnotiseur fanatique, et enfin on y affirme ouvertement que les drogues sont une technologie pour communiquer avec les extraterrestres !

Cet ouvrage est choquant et il est troublant de constater que certaines phrases très spécifiques ou certaines croyances très spécifiques (comme le fait que l’Homme descendrait du chimpanzé par exemple) sont communes aux discours de certaines sectes, telles que la scientologie, le new-age, ‘le grand changement’ ou ‘la presse galactique’. »

On a, là aussi, un ensemble d’inepties. Outre le fait que ce critique a copié sur son devancier en écriture, répétant les mêmes contre-vérités (« secte Rose-Croix », l’hypnotiseur devenu, pour le coup, « fanatique », les drogues permettant de communiquer avec les ETs – alors que les auteurs se démarquent de la thèse extraterrestre), on a droit à la critique de la formulation relative au fait que l’Homme descendrait du chimpanzé. Erreur, dit-on, l’Homme et le chimpanzé étant seulement censés avoir un ancêtre commun. Je ne saisis pas vraiment la nuance, la thèse constamment matraquée dans les médias et les manuels scolaires étant que l’Homme dérive du règne animal. Or, le singe, et donc le chimpanzé, est le plus proche dans ladite évolution des espèces. En outre, l’expression « l’Homme descend du Singe » est couramment utilisée. J’en veux pour preuve que je l’ai moi-même entendue dire par une mère disant à sa petite fille, dans un cabinet de consultation en ophtalmologie, que l’Homme descend du Singe… Il est peu probable que cette femme appartienne à une « secte » car il n’est pas nécessaire, pour « sortir » cela, d’être membre d’une ténébreuse « secte », les membres de certaines « sectes » ayant plutôt tendance à rejeter cette thèse pour le Créationnisme… Quant à qualifier le « new age » de secte, voilà encore une grosse ineptie. Le new Age regroupe un ensemble de courants de pensée, c’est un network de courants de pensée et en aucun cas une « secte ». Et la « presse galactique », probable allusion à un site Web de même nom, n’est pas davantage une secte, cette expression regroupant simplement des contributeurs à un site Web.

Le critique, qui écrit que de nombreuses erreurs sont commises, donne comme exemple le fait qu’Eric Zurcher affirme que l’Homme descend des chimpanzés, « ce qui est ‘factuellement’ faux, puisque Darwin nous expliquait déjà que l’Homme ne descend pas des singes, mais qu’il semble avoir un ancêtre commun avec les singes ».

« Le but de l’auteur est ainsi de démontrer que l’Homme serait biologiquement violent, car les chimpanzés sont les singes les plus violents, ce qui justifierait que les Hommes soient éduqués ou gouvernés par des extraterrestres, ce qui est aussi la thèse des sectes précédemment évoquées. »

Cette dernière formulation est complètement stupide pour deux raisons : outre le fait que les groupes cités ne sont absolument pas des sectes – le thème des extraterrestres n’est d’ailleurs pas présent dans l’enseignement rosicrucien -, les « extraterrestes » (compris dans leur définition classique) ne sont pas mis à contribution dans la thèse de l’ouvrage. Et le but de l’auteur n’est pas de démontrer ce que le critique écrit, Eric Zurcher ayant simplement ignoré (comme cela a été le cas pour moi et pour beaucoup d’autres) la « subtile différence » entre « l’Homme descend du Singe » et « l’Homme est issu du règne animal ». Mais à vrai dire, je ne vois vraiment pas où se trouve réellement la différence…

Anthony Martin, le premier « critique négatif », écrit que le chapitre de Romuald Leterrier « a même pour but de prétendre sans la moindre preuve que l’Ayahuasca (une drogue d’Amazonie) est une technologie pour entrer en contact avec le facteur exogène, autrement dit avec des extraterrestres ! », et il ajoute que de telles conclusions « ne sont pas seulement criminelles, surtout en l’absence de preuves, mais elles constituent de surcroit ouvertement une incitation à la consommation de drogues ». Il faut préciser que l’auteur concerné ne qualifie pas d’extraterrestres les consciences exogènes associées et que, d’autre part, on ne trouve pas dans le texte d’incitation à consommer de la drogue… En outre, c’est un fait, d’après l’étude concernée, que diverses personnes sous ayahuasca ont rapporté avoir eu des perceptions relatives à des contacts exogènes, ce qui, à défaut de preuves, est intéressant dans la mesure où il y a un recoupement de certains témoignages.

Cet ouvrage, dit notamment le critique, « ne constitue pas une preuve de la réalité du phénomène ovni, des rencontres avec des extraterrestres, ni même une preuve de l’existence de la conscience ou de son interaction avec des extraterrestres ou des entités pandimensionnelles ». Outre le fait qu’on n’a jamais prouvé quoi que ce soit en alignant des mots dans un livre, il faut prendre ce livre pour ce qu’il est : le résultat des cogitations de certains « ufolos-intellos » à propos de la problématique OVNI.

« Cet ouvrage présente des hypothèses intéressantes et nous devons envisager qu’elles pourraient être vraies, malheureusement cet ouvrage ne cherche pas à produire des preuves, ni même à s’inscrire dans une démarche objectiviste et scientifique, mais il cherche simplement à imposer pour vraie la simple croyance des auteurs.

Cet ouvrage est à lire comme la bible, on suspecte que certains éléments pourraient être historiquement vrais dans ce livre, mais il faut avoir conscience que c’est avant tout un livre religieux.

‘Ovnis et conscience’ est comme la bible, un ouvrage éminemment religieux, bien que les hypothèses proposées ne soient peut-être pas toutes fausses. »

Pourquoi est-il absurde de reprocher à des personnes d’écrire un livre qui ne cherche pas « à produire des preuves » ? Tout simplement parce que le sujet d’étude lui-même ne se prête pas à l’établissement de ce genre de preuve, le matériel utilisé étant seulement constitué de témoignages. Il s’agit seulement d’un édifice théorique (auquel je n’adhère pas, ainsi que je l’explicite plus haut).

Quant à « Jean le petit », il fait ce commentaire :

« Cet ouvrage nous propose l’hypothèse d’une interaction entre la conscience et la matière pour expliquer toute la phénoménologie OVNI dans le monde (observations atmosphériques, enlèvements, télépathie etc.). Cette hypothèse est intéressante et étant moi-même témoin ou victime de ce type de phénoménologies, je ne peux pas exclure cette hypothèse. »

Selon « Jean le petit », « l’ouvrage expose de bonnes idées, de véritables questions et des hypothèses totalement neuves pour tenter d’expliquer une phénoménologie ovnienne que nous ne comprenons pas, s’il s’avérait que cette phénoménologie était vraiment réelle, ce que rien dans cet ouvrage ne démontre, alors que les auteurs croient que quelques témoignages sont une preuve suffisante pour avaliser la réalité de ces phénomènes ! ».

Philippe Guillemant est, écrit « Jean le petit », « le seul auteur de ce livre qui maitrise la logique cartésienne, mais sa théorie de ‘rétro-causalité’ est indémontrable » et elle relève bien plus de la philosophie ou de la croyance que de la science. La “rétro-causalité” n’explique rien, ne démontre rien « et ne peut pas être mise en équations mathématiques ! ».

« Des théories de sur-pondérations aléatoires de certains facteurs semblent donc plus pertinentes que la ‘rétro-causalité’ pour expliquer les coïncidences, car au contraire de cette hypothèse philosophique ou croyance, les sur-pondérations aléatoires peuvent être mises en équations mathématiques, elles peuvent expliquer les coïncidences et surtout elles correspondent à l’observation, ce qui n’est pas le cas de la ‘rétro-causalité’ qui par définition est non observable puisque la ‘rétro-causalité’ n’est précisément pas une causalité inverse, mais la conjecture d’un facteur d’intervention exogène à la causalité simple ! On ne peut pas délier la ‘rétro-causalité’ comme on peut délier la causalité ! On peut dire qu’en jetant un vase à terre il se brise, mais en ‘rétro-causalité’ on ne peut précisément pas dire que parce que le vase est brisé alors je l’ai jeté, puisque précisément il n’y a pas comme pour la causalité de linéarité percevable du mouvement de ‘rétro-causalité’ !

Il est donc difficile d’accepter qu’une croyance ou une philosophie puisse ainsi être présentée comme émanant des sciences théoriques, alors que Philippe Guillemant ne doit pas son titre de physicien à la ‘rétro-causalité’, mais à d’autres travaux, notamment sur les boules de billard. La ‘rétro-causalité’ ne fait d’ailleurs l’objet d’aucune publication scientifique, pour la raison même que la ‘rétro-causalité’ n’est pas une théorie conventionnelle, mais une hypothèse philosophique, pas nécessairement fausse, mais possiblement à jamais indémontrable ! »

O. K. pour la « rétro-causalité », mais je ne vois pas de toute façon quel est le rapport de celle-ci avec l’ufologie et les visites extraterrestres.

Les auteurs proposent ainsi de multiples sophismes, écrit le critique, et manifestent « une dévotion réelle pour ces extraterrestres qui selon eux viennent apporter à l’Homme des apprentissages ». Ici, la formulation est incorrecte, puisque les auteurs ne privilégient pas l’idée d’extraterrestres venant à bord de vaisseaux de l’espace. La « dévotion » (sic) des auteurs pour eux est donc inexistante…

On a ensuite encore droit à la diatribe contre Romuald Leterrier, son chapitre étant présenté comme consistant « à affirmer sans la moindre preuve que certaines drogues sont une technologie de communication avec les extraterrestres ! ».

« C’est à peine croyable, mais c’est bien la thèse qui nous est proposée sans la moindre preuve !

On nous expose au cours de ce chapitre les récits sans intérêt obtenus sous l’emprise de ces drogues, (…).

Ce chapitre constitue ouvertement une incitation à la consommation de drogues. »

On fera remarquer que présenter les résultats d’une étude avec des drogues n’implique pas pour autant une incitation à consommer celles-ci. En outre, encore une fois, il est fait état, dans le livre, de consciences exogènes et non d’extraterrestres au sens classique du terme. Mais le critique tient absolument à l’utilisation du terme « extraterrestres » :

« Il est évident que si des extraterrestres existent vraiment, nous devons envisager que les auteurs de ce livre puissent s’inscrire consciemment ou à leur insu dans la construction d’une nouvelle religion sciento-spiritualiste dont le new-age n’était que le prémisse, au service des intérêts de ces mêmes extraterrestres.

Cette nouvelle religion serait appuyée par de potentielles technologies de télépathie très subtiles à un niveau potentiellement subconscient qui donneraient l’illusion d’une communication avec les anges et des technologies ou des capacités quanto-spirituelles qui seraient peut-être déjà déployées.

Le sophisme d’une interaction entre la conscience et la matière, véritable épicycle de Ptolémée du 21ème siècle, aurait quant à lui pour but, par la physique quantique, d’accorder une justification pseudo-scientifique à cette nouvelle religion.

Les buts d’une telle manoeuvre pour d’éventuels extraterrestres pourraient être multiples. Ils pourraient simplement chercher à développer par cette nouvelle religion un contrôle social et unitaire de l’espèce humaine sur Terre, dans le but de se prémunir contre la menace que nous pourrions représenter pour eux sur leurs planètes, alors que nous sommes potentiellement sur le point de pouvoir développer le voyage interstellaire ! »

Si je laisse volontiers ce genre de formulation à son auteur, la citation suivante montre par contre que ce critique « apprécie » l’oeuvre de Jean-Pierre Petit :

« Les publications scientifiques relatives à l’univers bi-métrique permettent aujourd’hui d’envisager le développement d’une technologie de voyage interstellaire (publications de Jean-Pierre Petit notamment), et ces hypothèses s’accordent avec l’observation, puisque mieux que la matière noire qui n’est elle-même qu’une croyance pourtant relayée dans cet ouvrage, l’univers bi-métrique permet de modéliser la formation des galaxies ! »

Terminons par cette dernière formulation :

« (…) Si des extraterrestres cherchaient à développer une nouvelle religion sciento-spiritualiste sur Terre, ce n’est pas parce qu’ils seraient méchants, mais parce que le darwinisme est ainsi.

Voilà au moins une hypothèse que les auteurs de ce livre devraient considérer avant d’annoncer que l’Homme est dieu par le pouvoir de la conscience et que la matière ne serait que sa création illusoire, à moins que ces auteurs ne soient pleinement conscients de la dérive sectaire qu’ils constituent et qu’ils induisent. »

La dérive sectaire évoquée relève de l’imagination du critique et n’a bien sûr aucun fondement réel. Et là encore, le terme « extraterrestres » n’est pas approprié dans le contexte de ce livre. Quant à l’objectif supposé, ce n’est bien sûr qu’une spéculation.

Créé en mars 2015, le site “OVNI et Conscience” est le prolongement virtuel de l’ouvrage collectif du même nom. Il regroupe les auteurs suivants : Fabrice Bonvin (psychologue et essayiste), Philippe Guillemant (physicien et ingénieur Centrale Paris, chercheur au CNRS), Jean-Jacques Jaillat (philosophe et psychologue), Romuald Leterrier (ethnobotaniste), Daniel Robin (ufologue), Philippe Solal (philosophe des sciences et professeur agrégé de philosophie à l’INSA), Eric Zurcher (essayiste).

La plateforme “OVNI et Conscience” réunit des spécialistes venant de diverses disciplines (psychologie et psychiatrie, sociologie et philosophie, physique et astronomie…), pourvu qu’ils abordent les problématiques du lien entre les OVNIs et la Conscience en s’appropriant les objectifs suivants :

« 1. Investir le phénomène OVNI à partir des nouveaux cadres théoriques offerts par la physique de l’information.

2. Produire des réflexions et des analyses sur le rôle de la conscience et des états modifiés de conscience dans le contexte du phénomène OVNI.

3. Aller au-delà du concept ‘d’extraterrestre’ pour adopter celui de ‘facteur exogène’, autorisant une conception plus large du phénomène et l’affranchissement de toute école de pensée. »

Les contributeurs de ce site ont la volonté de recourir aux théories les plus novatrices de la science de la conscience et de la physique pour progresser dans l’étude du phénomène OVNI… « Ovnis et Conscience » ambitionne notamment l’organisation de conférences et de colloques, ainsi que la mise à disposition d’espaces d’échanges et de débats. (Source : www.ovnisconscience.com)

Faisant allusion au contenu du livre « Ovnis et Conscience », Fabrice Bonvin fait (sur son site) le commentaire suivant :

« Dans sa préface, Stéphane Allix parle d’‘idées inspirées et fulgurantes’. Je crois que nous pouvons parler d’une véritable révolution, de l’adoption d’un nouveau paradigme, qui va bien au-delà de l’ufologie. Souvenez-vous de Jacques Vallée, très proche des idées défendues par Philippe Guillemant, qui affirmait que ‘le phénomène OVNI semble indiquer que nos idées sur le temps et l’espace sont fausses’. C’est à ce genre de conclusions que nous amène le livre. Il nous invite, entre autres, à s’approprier les idées suivantes : l’information est l’essence intime de la réalité, la matière dérive de la conscience. Notre univers observable (matériel) cache une réalité plus fondamentale faite de structures d’informations dont l’essence intime est constituée de vide et de plein, d’être et de néant, de 0 et de 1. Par exemple, la non-localité (propriété essentielle en physique quantique) permet de comprendre que les OVNIS se connectent à nous de manière non-locale, sans passer par les voies de l’espace et du temps. C’est ce qui fait dire à Jacques Vallée que si l’on considère le monde d’un point de vue informationnel et que l’on imagine toutes les manières possibles de structurer le temps et l’espace, la vieille idée de voyage spatial à bord de vaisseaux interplanétaires apparaît comme franchement ringarde. La physique moderne l’a déjà dépassée en offrant une interprétation radicalement différente de la notion d’’extraterrestre’. En cela, c’est une révolution. »

Ainsi, « information » et « conscience » seraient les maîtres-mots de la « nouvelle ufologie »… Voilà qui est très réducteur, comme est réductrice l’affirmation injustifiée de Jacques Vallée selon lequel les vaisseaux interplanétaires relèvent de la « ringardise ». Je ne vois aucune « révolution » là-dedans, même s’il est vrai que certaines consciences extraterrestres peuvent « voyager » à travers l’espace et le temps sans utiliser de vaisseaux. (Sur Terre, c’est déjà envisageable grâce à la projection de conscience ou « voyage astral ».)

Autre commentaire de Fabrice Bonvin :

« Toutefois, je crois pouvoir dire qu’on est tous d’accord pour dire que le phénomène est extrêmement complexe à appréhender et ne se limite pas à quelques explications simplistes. Une chose est certaine : la conscience y joue un rôle important. Elle se profile comme la ou l’une des voies royales à la résolution du mystère. Dans tous les cas, la physique d’avant-garde, comme celle conceptualisée par Philippe Guillemant, offre un cadre permettant une meilleure compréhension des manifestations du phénomène OVNI. Nous devons désormais persévérer sur cette voie, j’ai l’intuition que c’est la bonne. »

Le phénomène est complexe et ne se limite pas « à quelques explications simplistes », surtout si ces explications relèvent uniquement d’une utilisation vague et abusive de concepts mal assimilés tels que « conscience » et « information ». Et la complexité existe, certes, dans la mesure où les consciences exogènes ont essentiellement une double origine… extraterrestre, à la fois physique et multidimensionnelle (ou « éthérique »). La conscience joue un rôle important en ufologie ? A partir du moment où nous avons essentiellement affaire à des consciences extraterrestres, oui effectivement ! Le reste, c’est du baratin d’« ufolo-intello » (et une affaire de mauvaise intuition)…

Dans la citation suivante, Fabrice Bonvin évoque encore le rôle de la conscience (que j’explicite évidemment différemment) et mentionne les chamans :

« On le sait, le phénomène OVNI interfère sur la conscience humaine de diverses manières : épisode de missing time, développement de capacités psi, adoption de nouvelles valeurs et visions du monde, transfert direct d’information du phénomène vers le témoin, etc. Ces constats ne sont pas anodins, ils constituent une constante du phénomène. Cela fait dire à un chercheur comme Jacques Vallée que ‘ce phénomène a une interaction profonde avec la conscience humaine’. Je suis donc parvenu à la conclusion qu’étudier le phénomène OVNI sans prendre en compte le rôle de la conscience humaine dans ses manifestations, c’est comme vouloir comprendre le fonctionnement d’un transistor en négligeant l’existence des ondes. Ma compréhension du rôle capital que joue la conscience dans les diverses modalités d’expression du phénomène OVNI a été renforcée par l’étude des pratiques chamaniques. Les chamanes sont dépositaires d’un véritable savoir-faire en termes de modification des états de conscience. Ils sont des techniciens de la conscience. Ils savent comment naviguer au sein d’autres réalités, comment se mettre en contact avec d’autres intelligences que l’on peut qualifier d’’exogènes’. Eux-mêmes se disent en contact avec des formes d’intelligence évoluées que certains assimileraient à des entités ‘extraterrestres’ et/ou issues d’autres dimensions. Je reste persuadé que l’ufologie gagnerait énormément à s’approcher du chamanisme. Certains chercheurs l’ont déjà compris, j’en veux pour preuve Graham Hancock ou encore notre contributeur Romuald Leterrier. »

Si cette prétendue « nouvelle ufologie » est fort appréciée notamment par le responsable du site www.ovnis-direct.com (il apprécie aussi beaucoup Jacques Vallée), elle me laisse, pour ma part, pour le moins dubitatif. Je n’ai rien contre le fait que ces « ufolo-intellos » se démarquent de la thèse extraterrestre « au premier degré » (ce que certains désignent par l’expression quelque peu ironique de « tôles et boulons ») pour privilégier les notions de « facteur exogène » et de « consciences exogènes », dans la mesure où il y a une part de vérité dans cette prise de position. Ce qu’ils ne comprennent cependant pas, c’est que même si ces « consciences exogènes » ne se limitent pas (car les êtres physiques existent aussi) à des êtres extérieurs à notre système solaire, l’autre part du phénomène OVNIs est également due à des intelligences extraterrestres, mais de type « multidimensionnel ». Dans les deux cas, on se trouve de toute façon en présence d’êtres et d’entités extraterrestres, certaines entités pouvant effectivement être perçues à la faveur d’états modifiés de conscience (sorties hors du corps, channeling), ainsi que par certains chamanes, que ces derniers utilisent ou non l’ayahuasca. Voyez mon texte qui explicite cela : « La molécule de l’esprit, l’ayahuasca et les états modifiés de conscience ». Ce texte inclut aussi une partie intitulée : « Graham Hancock et les thérianthropes ». Ces entités, non perceptibles aux organes sensoriels, sont originaires d’autres planètes de notre système solaire et d’autres système solaires. Leur lieu d’origine est un niveau dimensionnel ou fréquentiel qui interpénètre le niveau physique de leurs planètes respectives (Vénus, etc.). C’est cela que les chantres de la « nouvelle ufologie » n’arrivent pas à comprendre. C’est ce genre de méconnaissance qui est par exemple à l’origine du commentaire négatif de Fabrice Bonvin, dans une interview pour « Nexus » de mars-avril 2015, à propos des contactés des années 1950… Par contre, ces théoriciens « ufologues » parlent abondement d’« information », notamment, et utilisent des concepts qui, à vrai dire, n’ont pas grand-chose à voir avec la vraie nature du phénomène.

Autre citation de Fabrice Bonvin :

DSCF3422C« Aussi, j’ai réalisé que la littérature ufologique ne faisait qu’effleurer la question de la relation entre les OVNIs et la Conscience, qu’il y avait là une lacune à combler. Mon premier ouvrage ‘OVNIs : les Agents du Changement’ traitait, à bien des égards, de cette relation mais de manière superficielle. Je restais sur ma fin. De plus, mon deuxième ouvrage ‘OVNIs : le Secret des Secrets’ se terminait sur une idée audacieuse, celle qui affirmait que nous pourrions vivre dans une ‘réalité simulée’ issue d’une ‘réalité mère’. J’évoquais également la théorie quantique de l’information, avec le pressentiment que cette discipline puisse être à même de nous aider à percer le mystère des OVNIs. Or, ces deux sujets, l’hypothèse de la matrice et la théorie quantique de l’information, sont en tout point reliés à la thématique de la conscience. Mon intérêt à examiner plus en détail ces relations n’en fut que décuplé. »

Pour ma part, j’identifie la « réalité simulée » (la matrice) à la réalité tridimensionnelle, laquelle ne constitue qu’une partie du Réel, la « réalité mère » étant identifiable à la réalité multidimensionnelle, c’est-à-dire, en définitive, au royaume spirituel (avec ses différents Plans de conscience). Deux formes de conscience extraterrestre (physique et éthérique) font partie intégrante du phénomène OVNI, ces consciences se déplaçant, selon les cas, à la faveur de vaisseaux de l’espace (qui n’ont rien de « ringards »), et, pour les consciences universelles les plus évoluées, à la faveur d’une projection de conscience. Ce n’est qu’à ce dernier niveau que peut éventuellement intervenir, dans une certaine mesure, « la théorie quantique de l’information ».

Lors d’une interview datée de 2006, Fabrice Bonvin disait que l’origine du phénomène OVNI n’est pas nécessairement extraterrestre « mais correspond davantage à une forme de conscience présente sur Terre depuis des temps immémoriaux, qui opère depuis un ‘plan’ ou une ‘dimension’ correspondant aux concepts de ‘Noosphère’ de Teilhard de Chardin, de ‘cerveau global gaïen’ de Peter Russel ou de ‘Mundus Imaginalis’ de Henri Corbin. » Nous trouvons là, dans cette formulation, la confusion typique de ce genre de théoricien qui confond allègrement divers ordres de réalité : la réalité extraterrestre et la réalité spirituelle. (Chez Jean Sider, par contre, c’est la confusion avec l’irréalité démoniaque, avec ses entités fluidiques trompeuses.) Le descriptif des êtres lors des rencontres rapprochées, dans les récits de contactés et lors des « abductions » n’a strictement rien à voir avec une forme de conscience présente sur Terre qui opèrerait depuis un plan ou une dimension affublés des termes « cerveau global gaïen », « Mundus Imaginalis » ou « Noosphère ». Comme je l’ai précisé plus haut, le « Mundus Imaginalis » (qui n’a rien à voir avec le « cerveau global gaïen » ou la « Noosphère ») correspond simplement au Plan astral, et ce n’est pas ce dernier (qui correspond au monde des désincarnés ou « mort ») qui est à l’origine du phénomène OVNI. Le manque de culture ésotérique de ces auteurs leur fait commettre de grosses erreurs interprétatives. Deux formes de conscience extraterrestre interviennent dans le phénomène OVNI : des consciences – ou êtres – physiques (beaucoup d’entre elles utilisant, pour leurs déplacements, des vaisseaux) et des consciences éthériques (localisées à un niveau fréquentiel ou dimensionnel différent du Plan astral) vivant sur un niveau fréquentiel de leurs planètes d’origine, niveau distinct du niveau physique dense de ces dernières.

 

9. Jean Goupil et le « Brouillard-Outil » :

Selon l’interprétation de Jean Goupil – décédé en 2014 – et de Didier Leroux (8), les extraterrestres sont partout (sous forme d’« Intelligence Artificielle ») : ils seraient à l’origine de tous les phénomènes paranormaux (télépathie, clairvoyance et précognition, poltergeists, télékinésie, moulages ectoplasmiques, etc.) et mystiques, y compris des souvenirs de réincarnation et des expériences au seuil de la mort (NDE), des « dialogues avec les morts » (y compris la transcommunication instrumentale) et des fantômes, etc. !! Comme pour la thèse de Jean Sider, on nage ici en plein délire, tant il est bien connu que les phénomènes paranormaux (ceux qui ressortissent de la parapsychologie et qui n’incluent donc pas les OVNIs) sont dus à des facultés naturelles humaines (mais actuellement non expliquées), certains phénomènes (décorporations et NDE, souvenirs de réincarnation, etc.) impliquant cependant la survie de la conscience après la mort. Quant aux extraterrestres, ils sont évidemment totalement absents de ces manifestations… De plus, pour Jean Goupil et Didier Leroux, il y a très peu de chances de voir des extraterrestres « en chair et en os » débarquer de leurs OVNIs, leur thèse étant que les voyages interstellaires ne peuvent être confiés qu’à des « machines », des robots intelligents ou des intelligences artificielles. Cette assertion est formellement démentie par la multiplicité des témoignages faisant état de rencontres avec des êtres physiques, qu’il s’agisse de « rencontres du troisième type », d’« abductions » ou de récits de contactés… Bien sûr, Jean Goupil et Didier Leroux ont contourné ce type d’argument en imaginant que la vision d’êtres est imputable à des « leurres » et à une « induction d’images »…. Il s’agit donc du même type d’« argument » que celui utilisé par des auteurs comme Jean Sider, à cette différence près, cependant, que ce dernier, qui nie l’implication d’extraterrestres dans les manifestations ufologiques, attribue ces leurres à des « entités fluidiques trompeuses », alors que Jean Goupil et Didier Leroux, qui ont vu, par contre, des extraterrestres (« artificiels »!) « partout » (Jean Sider ne les voyant nulle part !), attribuent ces prétendus leurres à une intelligence extraterrestre artificielle (avec l’utilisation d’un prétendu « Brouillard-Outil ») !! On voit là, avec ces deux extrêmes, à quelles impasses peuvent mener, dans la recherche de la vérité, les thèses défendues par ceux qui n’accordent aucun crédit à un certain type de sources et ne voient que leurres et manipulations dans tout ce qui ne cadre pas avec leurs présupposés théoriques. WKennedy-HBSi la source pléiadienne canalisée par Wendy Kennedy évoque un « collectif d’Intelligence artificielle » (voyez le livre : “Le grand potentiel humain”, éditions Ariane, 2013), il s’avère cependant que ce collectif ne constitue qu’une partie des intelligences contrôlant des vaisseaux extraterrestres, beaucoup de ces vaisseaux étant réellement « pilotés » par des visiteurs de l’espace. Et les contactés qui ont dit ou disent avoir été en contact physique avec des êtres de l’espace n’ont évidemment pas été victimes d’un prétendu « Brouillard-Outil »… Contrairement à ce que le sous-titre du second livre de Jean Goupil et Didier Leroux déclare, on ne peut en aucun cas parler, avec leur « thèse », de « révélation », et on ne peut pas davantage évoquer une « explication cohérente »… Il est absurde de prétendre que la comparaison des témoignages relatifs aux OVNIs et aux phénomènes paranormaux permet de constater que les mêmes outils sont à l’oeuvre et qu’il en est de même pour les « miracles » (apparitions, lévitations, bilocation, etc.). Les extraterrestres, sous forme d’intelligence artificielle ou non, n’ont strictement rien à voir avec les phénomènes paranormaux ou « miraculeux », ces derniers étant bien sûr imputables à des facultés inexpliquées de l’esprit humain et à des interventions du monde spirituel…

Difficile de dire qui mérite l’« Ufo Award » de la thèse la plus stupide relative à l’origine et à la nature des manifestations des OVNIs : Jean Sider (pour qui les extraterrestres ne sont nulle part) ou Jean Goupil et Didier Leroux (pour qui les extraterrestres sont dans toutes les manifestations « paranormales ») ? (Etant donné que Fabrice Bonvin et les « ufolo-intellos » échappent de justesse à cette nomination.) Gildas Bourdais a écrit une petite préface au premier livre de Jean Goupil et Didier Leroux, tout en précisant qu’il est réservé sur certains aspects, car il pense, à juste titre, que nous avons de « vrais » visiteurs extraterrestres… Il n’y pas que sur l’aspect de l’exclusive intelligence artificielle qu’il faut être « réservé », il faut aussi dénoncer l’absurdité de l’attribution des phénomènes paranormaux à des extraterrestres !

 

10. Pierre Viéroudy, le psi et les OVNIs :

Nous venons de voir brièvement cette thèse stupide : les extraterrestres sont à l’origine de tous les phénomènes paranormaux. Il existe l’inverse, dont la formulation est bien plus ancienne puisqu’elle remonte aux années 1970 : c’est le psi qui produit les OVNIs ! (Pour la critique de la thèse de Jean Sider, veuillez consulter mon long texte : « OVNIs. Critique de la théorie de Jean Sider » – même rubrique).

Dans le numéro de l’été 2010 de la revue « Parasciences », on trouve un ancien texte de Pierre Viéroudy publié en 1978 dans la « Revue de parapsychologie ». Il faisait partie de ces auteurs prétendant établir un lien entre les sujets psi et les contacts « extra-humains ».

Pierre Viéroudy, décédé en 2001, avait publié aux éditions Tchou, en 1977, un livre intitulé : « Ces OVNI qui annoncent le surhomme ». Je connaissais cet auteur et son livre, et je lisais à l’époque la « Revue de parapsychologie », donc pour moi ce n’est pas une nouveauté.

« Selon lui, si l’on réunit plusieurs données : temporelles, géographiques, météorologiques et psychologiques, et que l’on rassemble des expérimentateurs motivés, on parvient à faire se manifester des Ovnis !

Le psi (à savoir les facultés paranormales que nous possédons tous de manière latente et qui sont plus développées chez certains individus) devient l’outil incontournable pour aider le phénomène à se manifester.

C’est la thèse que nous soutenons dans cette revue depuis maintenant bien longtemps.

Les expériences menées par l’association ‘coldevence.com’ entrent pleinement dans ce cadre, (…).

Dans les faits, il apparaît possible d’interagir avec le ‘phénomène’ auquel nous sommes liés par un fil aussi ténu qu’indissociable.

Il y a urgence à reprendre les idées de Viéroudy et à les développer ! » (J.-M. Grandsire)

Ce commentaire nécessite lui-même un développement et je vais m’y atteler dans le présent texte, mais présentons d’abord la thèse de Pierre Viéroudy, celui-ci ayant rencontré de nombreuses personnes qui lui ont parlé de leurs observations.

« Mme P. a fait trois observations : un disque jaune se déplaçant à grande vitesse, un objet ovale orangé immobile, et un curieux objet mimétique gris, proche, en plein jour. Elle possède une faculté de précognition développée confirmée par tous les membres de sa famille à qui elle ‘fait peur’. Aucune montre ne fonctionne à son poignet, ce qui la conduit à porter une montre en sautoir ; elle affirme avoir un jour dévié par sa présence une boussole sensible.

Mme Y. et ses trois enfants ont fait une dizaine d’observations de boules lumineuses ; l’un des enfants a observé une sorte de ‘wagon lumineux’ immobilisé plusieurs minutes devant sa fenêtre en s’éclairant par portions. Tous les membres de cette famille assez éprouvée sont très croyants et sensibles. Ils voient souvent leurs prières se réaliser de manière précise ; ils ont des précognitions et des transmissions de pensées.

Mme P. a fait deux observations d’ovni de jour : une ‘fusée silencieuse’, et un curieux ‘ballon’ noir tombé au sol et disparu sans laisser de trace dans un pré, provoquant l’affolement des chevaux qui s’y trouvaient. Elle paraît d’une grande sensibilité et possède une faculté télépathique très développée avec son frère auquel elle est très attachée.

Mme St M. a observé deux boules lumineuses. Elle ne peut garder de montre bracelet en fonctionnement normal plus de quelques jours. Mme A. a observé par deux fois un objet lumineux jaune circulaire avec traînée. Elle a été mêlée à plusieurs cas de hantise et de poltergeist après la mort de son mari, celui-ci semblant revenir hanter la maison.

Les jeunes C. on fait trois observations de boules lumineuses ; l’un d’eux a souvent des précognitions confirmées par sa famille. Leur père s’intéresse à l’occultisme et au spiritisme, et fait tourner les tables.

M. P. a fait deux observations : une boule multicolore se livrant à des évolutions compliquées, et une boule verte comportant plusieurs faisceaux rouges mobiles. Il est nerveux, sensible et fait de la musique de manière innée ; il aurait été inexplicablement guéri à l’âge de 12 ans par une prière donnée à lire par une vieille paysanne, alors qu’il était condamné par son médecin. Son grand-père possédait le don de sourcier.

Mme L. a fait trois observations de boules orangées, ainsi que d’un disque rouge avec des clignotants, la survolant à basse altitude. Ses bracelets-montres n’ont jamais fonctionné normalement, prenant inexplicablement de l’avance ou du retard. Son père possède le don de sourcier, et sa grand-mère une faculté de prémonition marquée, connue de toute la famille.

M. T. a fait deux observations : un objet lumineux en plein jour, et une boule lumineuse, avec des clignotants, qui précédait sa voiture. Il est très doué pour la peinture et la musique, et affirme posséder des facultés paranormales sur lesquelles il ne veut pas s’étendre par crainte du ridicule.

M. et Mme C. ont fait quatorze observations de boules orangées, sur une période de deux mois, ainsi que celle de l’atterrissage d’un engin avec hublots éclairés. Ils ont également observé un curieux ‘animal fantôme’ lumineux, et une flamme se déplaçant au sol. Mme C. s’intéresse au spiritisme et a assisté à des séances médiumniques. Elle dispose d’une faculté télépathique avec sa mère et son mari, ainsi que d’un curieux don pour retrouver les objets perdus. Elle est très croyante et croit aussi à la réincarnation. Son mari, peu porté sur ce genre de phénomènes, confirme ces curieuses facultés.

M. K. a fait cinq observations d’objets lumineux éloignés et celle d’une soucoupe dédoublée, proche, en plein jour ; il a en deux occasions observé des fantômes, un ‘moine’ dans un monastère, une silhouette lumineuse sautillante au bord d’une route. Il a vécu pendant la dernière guerre une curieuse aventure au cours de laquelle une pièce mécanique défectueuse se serait miraculeusement transformée pendant la nuit à la suite d’une forte prière. M. K. est très croyant.

M. B. a observé par trois fois des boules lumineuses au-dessus de lui, ainsi qu’un cigare gris immobile au-dessus du sol, un après-midi. Des phénomènes de hantise ont eu lieu dans son entourage. Il a été élevé dans le Berry par sa grand-mère dans les vieilles croyances et pratiques magiques de cette région ; il a une profonde croyance religieuse et dispose de facultés paranormales développées, confirmées par plusieurs personnes. Il fait souvent des rêves prémonitoires, prédit l’avenir en tirant les cartes, possède le don de sourcier. Il dispose d’un don de guérison confirmé par plusieurs personnes très impressionnées. Il affirme avoir la possibilité d’influencer certains événements par la pensée et est très doué pour la peinture. M. Q., chauffeur de camion, a observé un cigare rouge avec des faisceaux lumineux, près du sol à une centaine de mètres. Son employeur m’a affirmé que malgré son manque de mémoire il dispose d’une sorte de ‘don d’orientation’ lui permettant de trouver à coup sûr son lieu de destination, là où des chauffeurs expérimentés ont de grosses difficultés.

M. M. a observé un météore erratique et photographié un engin avec clignotants qui le survolait. Il est très croyant et fait des rêves prémonitoires ; il lui arrive de prier fortement pour une chose et de voir cette chose se réaliser quasi miraculeusement dans les jours suivants.

Mme B. a fait deux observations : une ‘ampoule électrique’ proche, rouge feu, comportant des flammes multicolores à la partie supérieure et un anneau bleu avec une lumière centrale. Elle est très nerveuse et fait des rêves prémonitoires ; elle dispose depuis son jeune âge d’une faculté de précognition développée, confirmée par sa famille.

Mlle T. a fait deux observations : l’une de deux boules lumineuses, l’autre de deux engins proches immobiles avec plusieurs gros feux ; elle affirme ne pouvoir conserver de montre en état de marche, celle-ci avançant ou retardant inexplicablement.

Mme P. a fait quatre observations d’objets sombres avec clignotants, se déplaçant silencieusement ; elle est très croyante et affirme disposer d’une faculté type ‘Geller’ de remise en marche de montres. Elle affirme que les pendules de son domicile avancent ou retardent inexplicablement suivant ses occupations.

Mme V. a fait cinq observations, dont un objet au sol avec humanoïde ; elle est très nerveuse et a participé avec succès dans sa jeunesse à des séances de spiritisme.

Mme G. a fait trois observations : deux ‘yeux’ brillants proches, avec un faisceau lumineux au sol, un objet ovale orangé immobile, et une soucoupe couleur de feu immobile. Elle vit dans une situation conflictuelle familiale profonde. Des phénomènes de hantise, de poltergeist et de PK spontanée, ont fréquemment lieu autour d’elle. Son fils a également observé indépendamment un objet rouge orange qui a changé de forme.

Mme V. a fait cinq observations parmi lesquelles un soleil avec des rayons, un cigare horizontal nimbé de lumière, et de curieux nuages solides de jour. Elle fait des rêves prémonitoires annonçant des morts prochaines. Elle a plusieurs fois observé des apparitions lumineuses chez elle et perçu des bruits inexplicables. » (P. Viéroudy)

60% des témoins de l’échantillonnage personnel de Pierre Viéroudy ont présenté des facultés psi reconnues par un tiers. Presque tous ces témoins ont fait plusieurs observations, le record semblant être détenu par M. B. de Florange, qui a fait plus de quinze observations inexplicables, dont plusieurs proches, en compagnie d’autres personnes et en des lieux différents.

Il existe aussi des familles de témoins où deux ou trois générations ont fait des observations d’OVNIs en des lieux et à des époques différents. Pierre Viéroudy connaissait personnellement cinq de ces familles qui faisaient régulièrement des observations. Un exemple est fourni par le cas de Rabastens où toute une famille était impliquée : le grand-père (vétéran de la guerre 14-18), son épouse, son fils, sa fille, et son petit-fils, qui avaient observé le phénomène indépendamment au cours de cette série de manifestations.

Sur 50 % des observations citées ci-dessus, le témoin était seul, dans 30 % il était accompagné d’une ou deux personnes de même descendance (parents, grands-parents, enfants, petits-enfants, frère, sœur), et dans les 20 % restant il était accompagné d’une personne étrangère ou de descendance différente (conjoint). Dans ce dernier groupe de cas, un seul des deux témoins était sujet psi.

Pierre Viéroudy a noté que dans plusieurs cas où une autre personne se trouvait à proximité, le témoin n’a inexplicablement « pas pensé » à l’appeler, ou celle-ci n’a pas pu ou n’a pas voulu se déranger, ou bien le phénomène avait disparu à son arrivée.

Pierre Viéroudy n’avait qu’un cas où le phénomène (une boule orangée) a été vu par deux témoins indépendants, ces deux témoins étant des sujets psi (ils travaillaient ensemble) qui avaient auparavant fait chacun plusieurs observations.

 

* Des témoins-types d’OVNIs ?

Ces constatations ont amené Pierre Viéroudy à se demander s’il n’existait pas des témoins OVNI types. La faculté de témoin OVNI latent pourrait être héréditaire.

« Le témoin type a souvent eu une enfance difficile et vit dans une situation conflictuelle. Son adaptation sociale est mauvaise et son activité davantage influencée par le sentiment que par la réflexion. Il est d’un caractère affable et gentil, qui lui concilie son entourage et lui vaut l’estime générale. Il ne refuse jamais un service et même est souvent disposé à la prodigalité. Sa volonté est faiblement développée. Il est très influençable et sensible, parfois d’humeur capricieuse, nerveux, instable dans ses relations affectives. Le témoin type est un croyant, pas forcément dans une religion précise, parfois dans certains domaines de l’occultisme et de l’ésotérisme (réincarnation, spiritisme, templiers). Il est artiste, aime peindre ou jouer de la musique, qu’il connaît souvent de manière innée. Il aime la nature et les animaux. Le témoin type a souvent, en plus des observations ovni, été mêlé à d’autres phénomènes paranormaux tels que hantises, poltergeists, fantômes, magie.

Enfin, il possède des facultés paranormales : télépathie, précognition, dons de sourcier ou de guérison, faculté PK type Geller.

En termes de psychanalyse, le témoin type présente une faible individuation.

Ce portrait type n’a qu’une valeur indicative, il n’a pas, est-il besoin de le souligner, de valeur statistique au sens mathématique du terme. Il n’en reste pas moins que ces constations semblent suffisamment probantes pour justifier une recherche plus approfondie. Cet aspect a d’ailleurs été soupçonné par d’autres chercheurs qui se sont demandés si les sujets PSI ont une plus grande probabilité d’observation du phénomène ovni. » (P. Viéroudy)

Le témoin-type se retrouve chez le témoin d’une série de douze observations, série rapportée sous le titre : « phénomène lumineux aérien ». Ce témoin était décorateur et artiste peintre. Ses toiles avaient une facture tourmentée, avec des couleurs violentes, et sous des dehors très doux sa nature était certainement celle d’un angoissé… Dans sa jeunesse il est passé par une crise de mysticisme religieux, et il a fait part aux enquêteurs d’un certain don de perception paranormale (prémonition, télépathie) qu’il a constaté dans sa vie courante et professionnelle. Il a assisté à des séances de spiritisme, mais sa présence bloquait l’expérience en cours.

Lors d’une réunion d’ufologues, une dame ayant été témoin d’un atterrissage d’OVNI avoua devant l’assistance qu’elle était exactement le témoin type qui venait d’être décrit.

 

* Les hypothèses :

Pourquoi les témoins d’OVNIs seraient-ils des sujets psi ? Pierre Viéroudy liste quatre hypothèses :

• Les « extraterrestres » s’intéresseraient aux individus doués de facultés psi. Pour Pierre Viéroudy cette explication « est un peu surannée », mais elle « ne peut encore être totalement exclue ».

• Les sujets psi seraient plus sensibles au phénomène et réagiraient à sa proximité. Pour Pierre Viéroudy cela pourrait expliquer, chez un même témoin, un nombre anormalement élevé d’observations, « mais non les observations proches au sol où le phénomène ne peut pas passer inaperçu ».

• Selon la troisième hypothèse, proposée à Pierre Viéroudy par Aimé Michel, les sujets psi souvent mal insérés dans la société parleraient plus facilement de leurs observations que les témoins mieux socialisés. Cette proposition ne rendrait pas compte, selon Pierre Viéroudy, de l’accumulation d’observations chez un même témoin.

• Selon la quatrième hypothèse, celle qui avait la faveur de Pierre Viéroudy, le phénomène OVNI serait induit par les facultés psi latentes du groupe humain.

« Le témoin ne serait pas le spectateur fortuit d’un phénomène indépendant, mais un ‘percipient’ prenant une part active inconsciente à la matérialisation du phénomène. Il est intéressant de constater que le portrait du témoin-type esquissé plus haut correspond trait pour trait à celui du médium tel que le décrivaient les métapsychistes du début du siècle.

On ne s’étonnera pas de ma préférence marquée pour cette dernière hypothèse qui gagne peu à peu la faveur des chercheurs de la seconde génération. » (P. Viéroudy) (9)

 

* Mon commentaire :

Bien sûr, je ne suis absolument pas d’accord avec l’hypothèse qui a été privilégiée par Pierre Viéroudy.

Il y a urgence, écrit (voir plus haut) Jean-Michel Grandsire, « à reprendre les idées de Viéroudy et à les développer ». J’écrirais plutôt, en ce qui me concerne, qu’il y a urgence à intégrer la connexion « sujets PSI/OVNIs » dans un modèle explicatif différent de celui de Pierre Viéroudy.

La question qui se pose pour moi est : comment intégrer dans le cadre du modèle H. S. P. que je défends (voir mon long texte de critique de la théorie de Jean Sider), cette récurrence du profil « sujet psi » dans beaucoup de témoignages de type OVNI ? Comment est-il possible d’interagir avec le phénomène OVNI, auquel nous sommes censés être liés, selon Jean-Michel Grandsire, « par un fil aussi ténu qu’indissociable » ?

Jean-Michel Grandsire écrit que le psi devient l’outil incontournable pour aider le phénomène OVNI à se manifester, une thèse, ajoute-t-il, « que nous soutenons dans cette revue depuis maintenant bien longtemps ». Je ne sais pas ce que recouvre ce « nous », mais je ne fais pas partie de ces auteurs, un certain nombre de mes articles ayant été publiés dans « Parasciences ». Oui, bien sûr, l’auteur principal dont la thèse s’apparente, en partie, à celle de Pierre Viéroudy, c’est Jean Sider, lequel s’exprime abondamment dans « Parasciences ». Mais cet auteur ne fait heureusement pas l’unanimité (comme en témoignent d’ailleurs certains courriers reçus). Et les lecteurs de ce site savent combien je suis en désaccord avec la thèse « siderienne », ainsi qu’avec celles soutenues par tous ceux qui confondent OVNIs et paranormal dans le cadre d’une théorie prétendument unificatrice des diverses manifestations paranormales et ufologiques.

Dans le cadre de mon modèle théorique, on ne peut pas dire que le psi « devient l’outil incontournable pour aider le phénomène à se manifester », et ce pour les raisons suivantes :

* D’abord, l’existence d’un lien « PSI/OVNIs » ne peut pas être mis en évidence en rapport avec toutes les manifestations de type OVNIs :

Ce n’est pas le psi d’individus qui explique la présence d’engins au-dessus de centrales nucléaires, l’observation d’OVNIs par des pilotes, le repérage d’OVNIs par des radars, les photos et films d’OVNIs (dont certains montrent clairement des engins métalliques), les récits circonstanciés de certains « contactés »…

* Ensuite, le lien « PSI/OVNIs », lorsqu’il existe, ne s’explique pas par la création du phénomène OVNI par des sujets psi. Il est ridicule de présumer, comme l’a fait Pierre Viéroudy et d’autres spéculateurs, que les témoins « matérialisent » dans leur environnement les divers phénomènes de type OVNI. Les phénomènes (boules lumineuses, etc.) sont extérieurs aux témoins et sont générés par les intelligences qui en sont à l’origine. Par contre, l’intelligence à l’origine de certaines manifestations ufologiques interagit manifestement avec des sujets dotés d’une ou plusieurs capacités psi. Pourquoi en est-il ainsi ? L’accumulation d’observations chez un même témoin au profil « psi » peut suggérer l’existence d’un lien particulier de l’intelligence qui se manifeste avec la personne « cible », la nature de ce lien ne pouvant que relever de la simple spéculation, comme celle faisant intervenir une possible relation avec cette intelligence, planifiée dans le « contrat de vie » de la « personne/cible ». Le tort des ufologues, en général, c’est d’ignorer les implications spirituelles possibles entre certains phénomènes ufologiques et la vie d’individus particuliers, ce qui les amène à privilégier des interprétations dépourvues de tout fondement réel.

Le « fil aussi ténu qu’indissociable » que l’on peut noter entre témoins et phénomène OVNI n’existe donc pas pour l’ensemble du phénomène OVNI, mais pour certaines manifestations particulières de celui-ci. C’est le cas, notamment, des manifestations du Col de Vence. Comme exemple de l’existence du lien « PSI/OVNIs », Jean-Michel Grandsire cite les phénomènes observés et photographiés au Col de Vence. On ne peut pas vraiment dire, dans les manifestations du Col de Vence, que le psi est un outil incontournable pour aider le phénomène à se manifester. Dans ce cas (comme dans les autres !) les manifestations (« photos-surprises », phénomènes lumineux et physiques) sont générées par l’intelligence à l’origine de celles-ci, cette intelligence ne s’appuyant pas nécessairement sur des sujets psi.

Selon Pierre Viéroudy, la réunion de plusieurs données et le rassemblement d’expérimentateurs motivés permettraient la manifestation d’OVNIs. Comment pourrait-on rendre compte de cela dans le cadre du modèle H. S. P. (donc sans faire intervenir des « sujets psi » à l’origine des manifestations) ? Pour moi, évidemment, ces résultats ne peuvent pas être imputés à la création, par les personnes présentes, de phénomènes de type OVNI. D’éventuels résultats positifs ne peuvent s’expliquer que par le contact avec une intelligence extraterrestre ayant répondu au « désir » des participants. Des individus voulant « créer » des manifestations de type OVNI peuvent créer des conditions propices au contact réel, à leur insu, avec une intelligence extérieure, les manifestations de celle-ci étant ensuite faussement attribuées au « psychisme collectif » (ou aux « dons psi ») des participants du groupe.

 

1. Un OVNI répondant à la pensée :

La possibilité d’interagir avec une intelligence extraterrestre, par un processus mental de communication, est illustrée par un témoignage, extrait de la revue “Partage international”, à propos de l’« étoile », cette dernière étant identifiée par le Maître de Benjamin Creme à un vaisseau de l’espace :

« Il existe en fait quatre ‘objets lumineux ressemblant à une étoile’ couvrant le monde. Il s’agit de gigantesques vaisseaux spatiaux (chacun d’entre eux ayant environ la taille de cinq terrains de football réunis). Ils viennent tous de planètes de notre système solaire. Ils sont un signe, ils annoncent la première apparition publique, sur une chaîne de télévision américaine, de Maitreya, l’Instructeur mondial. » (B. Creme)

Parmi les photos de l’« étoile » publiées dans les numéros de mars et avril 2009 de la revue “Partage international”, il y a notamment deux des trois photos prises au coucher du Soleil par une femme : Michiyo Shibata (Inuyama-shi, Gifu, Japon), ces photos ayant été prises à quelques minutes d’intervalle. Sur une photo, l’« étoile » est sous le Soleil, et sur l’autre photo elle est à gauche du Soleil.

« Le 15 février 2009, j’étais en train de penser à cette fameuse étoile, et intuitivement je dirigeai mon téléphone portable vers le Soleil et pris plusieurs photos à une minute d’intervalle. Plus tard, en regardant les photos, je vis un objet rond près du Soleil – à droite, à gauche et au-dessus du Soleil. Comment a-t-il pu se déplacer si rapidement ?

J’ai également pris une photo du Soleil alors que je me trouvais devant le Boston Museum à Nagoya. Je voyais sur l’écran de mon appareil un point minuscule, près de la fenêtre d’un immeuble, à quelques mètres. Je dis mentalement : ‘Si vous êtes un ovni, vous montrerez-vous de manière plus nette ?’ Sur les photos suivantes, on voit l’objet de manière plus nette, dans une position différente à chaque prise de vue. (Il m’a été confirmé que cet objet était un ovni, mais pas l’Etoile.) » (Michiyo Shibata)

Elle décida ensuite de prendre une photo du coucher du Soleil sur la rivière Kiso à Gifu, pensant que l’« étoile » apparaîtrait certainement près d’un beau coucher de Soleil.

« Je dirigeai mon téléphone portable dans la direction du Soleil. Sur l’écran, je voyais un objet minuscule se déplacer. Je fis mentalement différentes requêtes : ‘Vous êtes trop petits pour que l’on puisse vous voir. Voudriez-vous vous rendre plus visibles ? S’il vous plaît, rapprochez-vous de moi. Rapprochez-vous du château d’Inuyama’, etc. A chaque fois, l’objet répondait à ma pensée. Je ne le voyais pas à l’œil nu, mais sur l’écran de mon appareil. Je suis convaincue que l’Etoile existe et que nos pensées se matérialisent réellement. » (Michiyo Shibata)

Elle a raconté cette histoire à Miyako Hirai. Elle aussi a parlé à l’objet en prenant une photo du Soleil, lui disant : ‘S’il vous plaît, devenez plus gros.’ L’objet est devenu beaucoup plus gros.

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé qu’il s’agissait de l’« étoile » et qu’elle répondait aux requêtes formulées par la pensée.

« C’est la chose spécifique en ce qui concerne ‘l’étoile’ – elle se déplace dans tous les sens. Quelquefois, elle se déplace sur demande : lorsque vous en voyez une, vous pouvez lui demander de se déplacer ; on a constaté qu’elles répondaient à la pensée humaine. Nous avons publié dans ‘Partage international’ la lettre d’une lectrice qui a vu l’étoile et lui a dit : ‘Si vous êtes ‘l’étoile’, puis-je en voir une autre ?’, et presque aussitôt une autre étoile est apparue à côté de la première, puis une autre et la quatrième. Elles s’alignèrent les unes à côté des autres. » (B. Creme) (10)

 

2. Réponse à l’appel intérieur :

Voici un autre exemple attestant cette possibilité de contact mental avec un OVNI, celui de James Gilliland :

Une équipe du show TV “Hannity’s America”, sur Fox News, qui a consacré une séquence aux OVNIs, a envoyé une équipe sur le ranch du contacté James Gilliland, à Trout Lake dans l’Etat de Washington.

« La plupart des observations ont une explication naturelle, mais cet homme, qui anime un centre de retraite spirituelle (le Sanctuaire), prétend que depuis 13 ans des vaisseaux aliens circulent chaque nuit au-dessus de son ranch. »

En fait, James Gilliland est connu à travers tous les Etats-Unis. De très nombreux chercheurs ont déjà séjourné chez lui. Parmi eux, des Commandants de bases de l’Air Force. Il a créé Eceti.org (pour “Enlightened Contact With ExtraTerrestrial Intelligence”) et anime une émission de radio hebdomadaire.

« Il se passe des choses sur ce domaine. Comme des rêves qui s’accomplissent. On y voit des sphères lumineuses, des êtres qui se matérialisent, des sortes d’orbes, et des engins dans le ciel. »

Une expérience de mort imminente à l’age de 26 ans a servi de déclencheur pour la transformation et les contacts ultérieurs de James Gilliland. Il explique par ailleurs que n’importe qui peut, « à la demande », photographier ou filmer des manifestations :

« Si vous avez une aspiration élevée et êtes dans des circonstances favorables, ils vous localiseront et répondront à votre appel. Les observations peuvent se situer sur plusieurs plans : nous avons assisté à des passages d’objets matériels, mais aussi à ceux de plasmas et de vaisseaux de lumière. » (11)

 

3. Les « canaux » :

S’il y a un aspect où le lien « PSI/OVNIs » est mis en évidence, et ceci entre dans le cadre de ce que j’ai mentionné plus haut à propos de l’implication spirituelle possible de certaines intelligences extraterrestres avec des témoins, c’est celui des nombreuses « canalisations » pendant lesquelles des sources extraterrestres (généralement de type « éthérique » ou « multidimensionnel ») s’expriment au travers de canaux humains. Nous en avons de nombreux exemples : Barbara Marciniak, Régine Fauze, Patricia Cori, Ramathis-Mam, Nathalie Chintanavitch, Jelaila Starr, Sheldan Nidle, etc. On peut ajouter certains récits de rencontres lors de sorties hors du corps, comme c’est le cas pour Anne Givaudan, elle-même une « walk-in » originaire de Vénus. (« Walk-in », éditions SOIS, 2001 ; « Sacrée planète », numéro 42, octobre/novembre 2010, p. 48.) On notera aussi que selon Benjamin Creme, l’âme du contacté américain George Adamski – lequel a fait état de contacts avec des Vénusiens notamment – est originaire de Vénus. (12) (Rappelons que, sur leur planète d’origine, les Vénusiens n’ont pas de corps physique, mais un corps éthérique.)

Alain Moreau

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– Lectures complémentaires :

* ‘OVNIS. Critique de la théorie de Jean Sider.

* ‘La molécule de l’esprit, l’ayahuasca et les états modifiés de conscience’. 

* “Effet Geller, TCI et OVNIs”.

 

Références :

1. www.ovnis-usa.com

2. www.ovnis-usa.com

3. www.jp-petit.org

4. http:bourdais.blogspot.com

5. www.ovnis-usa.com

6. « Lumières dans la nuit », n° 393, daté de mars 2009, p. 44.

7. Fabrice Bonvin, « OVNIS : les agents du changement », JMG éditions, 2005.

8. Jean Goupil et Didier Leroux, « Les Ovnis, une intelligence artificielle ! » éditions Le Temps Présent, 2010 ; « OVNIS et intelligence extraterrestre. La révélation », éditions Le Temps Présent, 2014.

9. Pierre Viéroudy, « Les témoins d’ovnis sont-ils des sujets psi ? », « Parasciences », n° 78, été 2010, p. 40-44.

10. « Partage international », n° 249, mai 2009, p. 16 ; n° 248, avril 2009, p. 15 ; n° 253, septembre 2009, p. 26.

11. www.ovnis-usa.com

12. « Partage international », n° 242, octobre 2008, p. 9.

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