OVNIs : A propos de l’approche agnostique de Leslie Kean

 

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Leslie Kean est une journaliste d’investigation indépendante qui a écrit des articles et animé des émissions de radio en freelance. Elle a notamment écrit des articles dans des dizaines de publications aux Etats-Unis et à l’étranger.

51CXnSxK3LL._SX318_BO1,204,203,200_En 2010, elle a publié aux Etats-Unis un livre intitulé en français (aux éditions Dervy en 2014) : « OVNIs : des généraux, des pilotes et des officiels parlent ». Il est préfacé par Jean-François Clervoy, spationaute de l’Agence spatiale européenne, l’avant-propos étant de John Podesta (ancien Chef de cabinet du Président Bill Clinton, conseiller du Président Barack Obama). En 2008, elle a interviewé chez lui le général de division aérienne français Denis Letty (à la retraite), lequel avait lancé une étude privée, terminée en 1999, du phénomène OVNI. En 2011, Leslie Kean a collaboré, pour History Channel, à la réalisation du documentaire basé sur son livre : « Secret Access : UFOs on the Record ». En 2011 également, elle a rencontré Yves Sillard, pour la seconde fois, au siège du CNES à Paris. Ancien directeur général du CNES, celui-ci avait fondé, en 1977, le GEPAN (devenu plus tard le SEPRA, puis le GEIPAN). En 2012, elle a été invitée à s’exprimer devant un groupe de généraux en activité, de représentants étrangers et de scientifiques, à Santiago au Chili, au sujet de la nécessaire création d’un organisme américain officiel d’étude des PAN (Phénomènes aérospatiaux non-identifiés).

Dans l’introduction à son livre, Leslie Kean raconte qu’elle a commencé à s’intéresser aux OVNIs en prenant connaissance du Rapport COMETA, une étude réalisée par d’anciens officiers français de haut rang qui mettait en évidence l’existence d’objets physiques présents dans le ciel et inexpliqués à ce jour, un phénomène réel qui requérait une attention au niveau international. Dans les cas présentés, les explications conventionnelles (phénomène naturel ou objet de fabrication humaine) avaient été éliminées, les objets concernés ayant été observés de près par des pilotes, suivis au radar et photographiés. Ces objets atteignaient des vitesses et des accélérations élevées, d’autres caractéristiques de leur comportement cinématique incluant des virages à angle droit et des arrêts subits. Environ 5% des observations ne pouvaient être attribuées facilement à des sources terrestres (exercices militaires secrets, phénomènes naturels), ce pourcentage semblant correspondre à des machines volantes inconnues guidées par une intelligence. Dans leur conclusion, les signataires du document précisèrent que les nombreuses manifestations observées par des témoins crédibles pourraient être le fait d’engins d’origine extraterrestre, l’explication la plus logique à ces observations étant « l’hypothèse extraterrestre ». Parmi les auteurs, il y a un général quatre étoiles, un amiral trois étoiles et un général de division aérienne… Ce rapport a changé le cours de la carrière de Leslie Kean, le sujet des OVNIs étant devenu le point central de la vie professionnelle de la journaliste après la publication, dans le « Boston Globe », de son premier article sur ce sujet.

 

1. OVNIs et approche agnostique :

Leslie Kean observe qu’un authentique OVNI n’est pas quelque chose de fabrication humaine, un phénomène naturel ou un canular caractérisé, des exemples de phénomènes souvent pris pour des OVNIs (mais qui n’en sont pas) comprenant des ballons météo, des fusées éclairantes, des lanternes volantes, des avions volant en formation, des appareils militaires secrets, des oiseaux et des avions réfléchissant le soleil, des hélicoptères, les planètes Vénus et Mars, des météores ou météorites, des débris spatiaux, des satellites, des halos lumineux, de la foudre en boule, des cristaux de glace, des lumières se réfléchissant sur des nuages, des lumières au sol ou se réfléchissant sur la verrière d’un cockpit, des inversions de température, des nuages perforés… Leslie Kean fait une distinction entre « objets volants non identifiés » (lesquels existent) et « vaisseaux spatiaux extraterrestres » (qui relèvent, pour elle et bien d’autres individus, de la simple hypothèse). Pour elle, en effet, l’étude rationnelle des OVNIs passe par une « position agnostique » quant à leur nature et leur origine, « tout simplement parce que nous n’avons pas encore les réponses », écrit-elle. Elle écrit que l’hypothèse selon laquelle les OVNIs sont d’origine extraterrestre ou inter-dimensionnelle est rationnelle et doit être prise en compte, au vu des données disponibles, mais elle ajoute que « la véritable nature et l’origine des ovnis n’ont pu encore être déterminées et restent inconnues ». C’est une position et une conclusion que je ne partage pas, pour deux raisons : d’abord parce que, une fois éliminées, pour les 5 à 10% de cas inexpliqués (les vrais OVNIs), les nombreuses explications « rationnelles » listées ci-dessus, il ne reste plus grand-chose comme explication que celle de l’existence d’engins « exotiques » (étrangers à notre espèce) évoluant dans notre environnement terrestre ! (Passons sur les thèses absurdes faisant intervenir Gaïa ou des entités fluidiques trompeuses, etc., thèses soutenues par certains ufologues et dont Leslie Kean ne parle d’ailleurs pas.) L’autre raison pour laquelle je ne suis pas d’accord avec la position « agnostique » ou « rationnelle » de Leslie Kean, c’est l’existence de la multiplicité de cas, dont elle ne parle pas dans son livre (elle en reste aux cas « basiques » qui font sérieux, stratégie de communication oblige), relatifs aux rencontres rapprochées des troisième et quatrième types, avec observation d’« ufonautes », sans oublier les très nombreuses « abductions », et sans oublier non plus les récits de contactés (impliquant des rencontres physiques avec des êtres extérieurs à notre planète, récits auxquels j’ai consacré deux dossiers dans le numéro hors-série numéro 4 et le numéro 19 de la revue « Aliens »). Dans ces récits multiples, la composante extraterrestre (et multidimensionnelle) est bien évidente, au-delà de ce que Leslie Kean appelle « l’approche scientifique-agnostique ». Et en l’absence de preuve formelle en la matière, le recoupement de multiples sources convergentes est largement suffisant pour étayer une conviction personnelle quant à l’origine extraterrestre de nombreux OVNIs et de leurs occupants.

Leslie Kean écrit qu’il existe dans nos cieux, à travers le monde, un phénomène physique consistant qui semble être sous contrôle intelligent et est capable de vitesses, de manœuvres et de luminosité « allant au-delà de la technologie actuellement connue ». (1) Je note pour ma part que cette constatation est parfaitement cohérente avec une origine extraterrestre !

Faisant référence à ce qui n’est pour elle qu’une hypothèse ou une théorie, non un fait, Leslie Kean écrit que le « caractère déconcertant de l’hypothèse extraterrestre » explique sans doute pourquoi de nombreux gouvernements préfèrent se tenir à une distance prudente de ce sujet. Elle écrit que nous ne savons toujours pas ce que sont vraiment ces « objets » et pose la question : serons-nous un jour capables de découvrir ce que sont les OVNIs et d’où ils viennent ? Et dans son introduction, elle écrit (page 8) que les sources « les plus crédibles » ont clairement admis et souvent répété « que nous ne savons pas encore ce que sont ces objets – contrairement à l’idée répandue voulant que les ovnis soient, par définition, des véhicules spatiaux extraterrestres ». Je ne partage pas ces déclarations, car, encore une fois, lorsque les phénomènes naturels et la technologie terrestre ont été éliminés en tant qu’explication de nombreux cas, il ne reste pas grand-chose d’autre, pour rendre compte de ceux-ci, que l’origine extraterrestre.

 

En août 2008, Leslie Kean a reçu un e-mail du docteur Alexander Wendt, professeur de Sciences politiques à l’Université d’Etat de l’Ohio. Il avait joint son article de vingt-six pages – « La souveraineté et les ovnis » qui venait d’être publié dans le journal réputé « Political Theory », le coauteur de l’article étant Raymond Duvall. Il s’agit d’une analyse visant à expliquer pourquoi les gouvernements ignorent systématiquement le phénomène OVNIs en dépit des preuves écrasantes de son existence. Pourquoi la prohibition d’une prise au sérieux des OVNIs est-elle si puissante et pourquoi se poursuit-elle ? J. Allen Hynek, l’ancien conseiller scientifique de l’U. S. Air Force, s’était interrogé en 1985 sur les raisons de ce tabou, sans pouvoir apporter de réponse. Il avait parlé d’une étrange « maladie »…

Alexander Wendt est l’auteur de « Social Theory of International Politics » (1999) et Raymond Duvall est professeur titulaire au département de sciences politiques de l’Université du Minnesota. A partir de 1999, Alexander Wendt a passé cinq ans à réfléchir au problème OVNIs.

Dans leur contribution au livre de Leslie Kean, Alexander Wendt et Raymond Duvall évoquent le tabou OVNI que l’on constate dans la culture des élites, « la structure des convictions faisant autorité et la pratique qui détermine ce qu’est officiellement la ‘réalité’ ». Concernant le phénomène OVNIs, cette structure est dominée globalement par trois groupes : les gouvernements, la communauté scientifique et les médias grand public. En public, ces groupes partagent le point de vue officiel selon lequel les OVNIs ne sont pas « réels » et ne devraient pas être pris au sérieux, ou au moins pas plus sérieusement que toute autre « croyance culturelle curieuse ».

Depuis 1947, date du début de l’ère moderne des OVNIs, ni la communauté scientifique, ni les gouvernements, n’ont fait d’efforts sérieux pour déterminer leur nature. Ce qui donne aux OVNIs un statut spécial est davantage le fait qu’ils sont considérés comme étant en dehors des limites de la science rationnelle. L’élite culturelle ignore les « croyants » aux OVNIs, ou même les condamne comme irrationnels, voire dangereux, les autorités prétendant « savoir » que les OVNIs ne sont que le produit de l’imagination. Mais l’existence des OVNIs est corroborée par des milliers de témoignages fiables, certains émanant de pilotes commerciaux et militaires, de contrôleurs aériens, etc. Certains de ces témoignages comprennent aussi des éléments physiques (photos et vidéos, effets sur des plantes et le sol, sur les avions, traces radar). La question qui pose problème est en fait celle-ci : ces objets pourraient-ils être d’origine extraterrestre ?

Aucun argument en faveur de l’opinion selon laquelle les OVNIs ne peuvent pas être d’origine extraterrestre ne justifie le rejet de l’hypothèse extraterrestre. Le rejet de cette hypothèse repose sur la conviction a priori qu’une visite extraterrestre est impossible, les sceptiques avançant à ce propos quatre arguments principaux :

Selon le premier « argument », nous serions seuls dans l’Univers. Pour les auteurs de l’article, « nous ne savons pas encore ». (Je précise pour ma part que cette ignorance est le fait de ceux – scientifiques ou pas – qui ne sont pas ouverts à d’autres sources que celles relatives à la recherche astronomique.)

Le deuxième « argument » consiste à prétendre que des extraterrestres ne peuvent se déplacer jusqu’à la Terre à cause des distances astronomiques qui rendraient impossible le voyage interstellaire, car, nous enseigne la physique contemporaine, il est impossible de dépasser la vitesse de la lumière. Mais des théories ont été avancées pour contourner ce prétendu obstacle infranchissable, comme la thèse des « trous de ver », ces derniers étant des tunnels à travers l’espace-temps qui raccourciraient considérablement les distances entre les étoiles. Il y a aussi le « warp drive », ou création d’un vide autour du vaisseau qui lui permettrait de bondir dans l’espace sans dilatation du temps.

(Note personnelle : Gageons par ailleurs que des êtres ayant des milliers ou des millions d’années d’avance technologique sur nous ont trouvé un ou plusieurs moyens pour contourner ce prétendu obstacle, qu’il s’agisse de « trous de ver » ou d’autre chose… Il y a aussi une chose que les gens ignorent, c’est que selon de nombreuses sources « psychiques » convergentes et selon certains contactés, la vie existe, à un autre niveau dimensionnel ou fréquentiel, sur les autres planètes de notre système solaire, certains de ces êtres « éthériques » possédant des « véhicules » qui peuvent se densifier temporairement dans notre atmosphère. Il va de soi que ce second type de visiteurs, qui est à l’origine d’une partie – et non de la totalité, comme le prétend faussement l’ésotériste britannique Benjamin Creme et sa source alléguée – du phénomène OVNI, n’a pas de grandes distances à parcourir…)

Troisième « argument » : « Ils se poseraient sur la pelouse de la Maison-Blanche ». En gros, c’est le problème bien connu du « paradoxe de Fermi » : s’« ils » étaient là, on les verrait (« ils » auraient procédé à un contact officiel). Alexander Wendt et Raymond Duvall font à ce sujet le pertinent commentaire suivant :

« Il n’est pas du tout clair que des voyageurs de l’espace humains se poseraient vraiment sur l’équivalent alien de la pelouse de la Maison Blanche s’ils arrivaient sur une lointaine planète. Peut-être que des explorateurs avancés respecteraient une politique de non-interférence avec des formes de vie moins évoluées. En laissant de côté ce que des humains pourraient faire, cependant, sur quelle base scientifique pouvons-nous connaître les intentions d’êtres alien dont la nature et les objectifs pourraient être totalement inimaginables pour nous ? Il n’y en a aucune, et de ce fait on ne peut écarter la possibilité que des extraterrestres puissent avoir des raisons d’éviter le contact. »

Quatrième « argument » : « Nous le saurions s’ils étaient là. » Cet argument, qui fait appel à l’autorité humaine, veut que, du fait de la vaste surveillance du ciel avec des radars et des télescopes sophistiqués, le monde saurait certainement, à ce jour, si des extraterrestres étaient là, car nos experts les auraient découverts. (Note personnelle : ce type d’argument a été employé dans une émission d’« E = M6 » de septembre 2012 !) Voici le commentaire des auteurs de l’article :

« Cette position, également, n’est en aucune manière décisive. Tout d’abord, elle suppose une capacité à observer et à reconnaître les ovnis qui n’est peut-être pas garantie ; si certains sont des véhicules capables de visiter la Terre, alors, leurs occupants auraient facilement la technologie pour limiter la connaissance de leur présence. En second lieu, les autorités n’ont pas vraiment recherché les ovnis, et ce qui n’est pas recherché ou attendu n’est souvent pas vu. »

Ainsi, les « arguments » avancés par les sceptiques reposent sur des suppositions non prouvées plutôt que sur des données scientifiques établies. Pour les auteurs, bien sûr, « l’application correcte de la science demande que nous soyons actuellement agnostiques sur la question de savoir si les ovnis ont, ou non, une origine extraterrestre, sans croire ni rejeter cela ». C’est une position, je le répète, que je ne partage pas, car, encore une fois, une fois rejetés, pour de nombreux cas, les phénomènes naturels et la technologie terrestre, il ne reste pas grand-chose d’autre que « l’hypothèse extraterrestre »…

La thèse des auteurs est que les origines du tabou OVNI sont de nature politique. L’OVNI crée « une insécurité profonde et inconsciente », le tabou OVNI étant analogue au déni en psychanalyse, et il « n’y a dès lors rien d’autre à faire, pour le pouvoir, que de détourner son regard – ignorer, et donc être ignorant des OVNIs – et ne prendre aucune décision ». Quatre représentations courantes d’autorité sont à noter : les OVNIs sont connus par la science comme ayant des explications conventionnelles ; ils ne sont pas un problème de sécurité nationale (ce qui permet aux Etats d’évacuer le problème) ; l’étude des OVNIs relève de la pseudo-science, étant donné qu’ils n’existent pas ; les OVNIs relèvent de la science-fiction. Ces représentations (et d’autres sans nul doute) ont pour effet de renforcer le consensus autorisé que les OVNIs ne devraient pas être pris au sérieux.

En 1968, le but du rapport Condon était de donner l’apparence d’une évaluation objective et scientifique tout en réaffirmant l’opinion dominante qu’il n’y a rien d’intéressant dans ces phénomènes. Ce biais idéologique a conduit à un résumé officiel qui a complètement rejeté l’hypothèse extraterrestre, alors même que des explications conventionnelles n’avaient pu être trouvées dans environ 30% des cas étudiés. On peut parler, à propos du rapport Condon, de « procès pour l’exemple » de l’hypothèse extraterrestre.

« Quoi qu’il en soit, la conclusion du rapport que les ovnis ne sont définitivement pas extraterrestres fut acceptée immédiatement par la communauté scientifique au sens large, et permit à l’U. S. Force de se désengager publiquement du problème ovni, ce qu’elle voulait faire depuis un certain temps. »

Alexander Wendt et Raymond Duvall notent que l’adoption immédiate d’un rapport aussi faussé montre combien « la volonté de ne pas croire » est profondément installée.

Un troisième facteur entretenant le tabou est la ligne officielle du secret, pesant sur le personnel militaire, sur les rapports d’OVNIs, ce qui prive des connaissances qui pourraient aller dans le sens d’une prise en compte sérieuse des OVNIs et permet, du même coup, de renforcer (au moins implicitement) le point de vue sceptique.

Le dernier mécanisme est la « discipline », en relation avec la pression sociale et le pouvoir. Dans le contexte des OVNIs, il s’agit d’écarter socialement les gens qui expriment publiquement une « croyance » dans les OVNIs, à travers le ridicule, le commérage, le rejet, la condamnation publique et/ou le dénigrement personnel, « de sorte que ce n’est pas seulement l’idée d’ovni qui est rejetée, mais la personne soutenant l’idée, dont la crédibilité est mise en question ». Etant donné « le désir des individus d’être approuvés, d’avoir une bonne réputation, d’obtenir de la promotion professionnelle, la perspective d’une sanction de ce genre conduit à l’autocensure », alimentant la « spirale de silence » sur les OVNIs, « ce qui rend si difficile de seulement en parler ». Mais en dépit d’efforts pour nier leur réalité, les OVNIs continuent à se montrer.

Alexander Wendt et Raymond Duvall mettent en avant « l’agnosticisme militant » : on ne devrait pas prendre position sur la question de savoir si les OVNIs sont extraterrestres, jusqu’à ce qu’il aient été étudiés systématiquement. Pour ces auteurs, la « résistance » doit être agnostique, car, « compte tenu de notre niveau actuel de connaissance, ni le déni ni la croyance dans l’hypothèse extraterrestre ne sont justifiés ; nous ne savons tout simplement pas ». Je ne suis pas du tout d’accord avec cette formulation car il est faux de dire que la « croyance dans l’hypothèse extraterrestre » n’est pas actuellement justifiée et de dire que l’on ne sait tout simplement pas de quoi il s’agit. Le contenu (observation d’engins triangulaires de grande envergure, etc.) de nombreuses observations justifie parfaitement le caractère privilégié de « l’hypothèse extraterrestre ». En outre, il convient aussi d’ajouter les récits d’observations d’êtres à l’intérieur ou à l’extérieur d’engins (rencontres rapprochées du troisième type), ainsi que les récits d’« abductions » et de « contactés », tous ces cas étant systématiquement passés sous silence dans le livre de Leslie Kean (mais aussi dans d’autres ouvrages du même genre), et bien sûr dans le chapitre des deux auteurs évoqués ici. En 1969, alors que je n’étais âgé que de 14 ans, j’avais pris connaissance du livret de James McDonald sur les OVNIs, publié par le GEPA – à ne pas confondre avec le GEPAN. Dans son étude, l’auteur ne mentionnait pas du tout les récits d’observation d’êtres… Donc, le « tri sélectif » – pour cause de recherche de crédibilité – ne date pas d’aujourd’hui ! Or, pour rendre compte d’un phénomène, il faut tenir compte de la totalité des éléments du dossier et pas seulement de quelques-uns « triés sur le volet » pour « assurer » la crédibilité du dossier. Pour ma part, il y a bien longtemps – depuis 1969, date de la lecture du livret de James McDonald – que je suis certain de l’origine extraterrestre de nombreux OVNIs, et je n’ai pas attendu, pour cela, la découverte, en 1995, des premières exoplanètes (étant convaincu, très jeune, de la multiplicité des mondes habités)…

Pour Alexander Wendt et Raymond Duvall, l’OVNI est un objet réel et vraiment non identifié, « défini largement pour inclure un éventuel phénomène naturel ». Or, un véritable OVNI est, par définition, non identifiable à un phénomène naturel. Les pilotes d’avions qui ont été confrontés à un OVNI, comme Parviz Jafari et Oscar Santa Maria Sanchez, n’ont pas couru après un « phénomène naturel », mais après un objet manifestement contrôlé par une intelligence…

Alexander Wendt et Raymond Duvall souhaitent une « résistance militante », c’est-à-dire publique et stratégique. Ils considèrent que les gouvernements ne cachent pas la vérité sur les OVNIs, mais qu’ils cachent seulement leur ignorance sur ceux-ci. Selon ces auteurs, nous ne serions pas plus près de savoir ce que les OVNIs sont si tous les dossiers gouvernementaux étaient divulgués. (Disons plutôt que ceux qui se disent « agnostiques » n’en sauraient pas plus !) Il faut avant tout, écrivent-ils, « une science systématique des ovnis » pour avoir des jugements informés sur eux et ne pas répéter un dogme dans un sens ou dans l’autre. Mais je considère que le « jugement informé » en faveur de « l’hypothèse extraterrestre » est déjà suffisamment étayé, si l’on prend en considération les multiples éléments dont nous disposons déjà (y compris les dossiers non traités par ces auteurs : RR3 et « abductions » par exemple). Les auteurs préconisent de se concentrer sur des « schémas agrégés » (sic) plutôt que sur des cas individuels. Ils reconnaissent que des analyses officielles de cas sélectionnés ont pu écarter des explications conventionnelles, mais, ajoutent-ils, « cela ne nous dit pas ce que sont les ovnis ». Mais, là encore, j’ajoute : une fois éliminés les phénomènes naturels et la technologie terrestre disponible, il ne reste pas grand-chose d’autre que « l’hypothèse extraterrestre »…

Selon les auteurs, une science des OVNIs devra se concentrer sur la recherche de cas nouveaux plutôt que d’analyser des cas anciens. Et elle devra aussi se concentrer sur la collecte d’éléments de preuve physiques. Ils déclarent que le problème de l’ignorance sur les OVNIs est fondamentalement politique avant d’être scientifique, « et à ce titre, un authentique agnosticisme militant sera nécessaire pour le surmonter », mais que, même dans ce cas, « il n’y a aucune garantie qu’une étude systématique mettrait vraiment fin à l’ignorance humaine sur les ovnis » et qu’il faudra, pour cela, attendre la science. Là aussi, je ne partage pas cette conclusion car, à vrai dire, ce n’est pas « la science » qui répondra à la prétendue énigme des OVNIs, mais… le contact officiel d’une ethnie extraterrestre avec notre humanité, sachant par ailleurs que « l’ignorance humaine sur les ovnis » ne concerne que ceux qui adoptent la position dite « agnostique » (et négative)…

 

3. Ne sait-on vraiment pas ce que sont les OVNIs ?

Leslie Kean, qui partage les vues d’Alexander Wendt et Raymond Duvall, évoque un puissant besoin politique : maintenir l’impératif d’éviter d’avoir à faire face à la possibilité que le moindre OVNI puisse être extraterrestre. Car dans le cas contraire, cela signifierait que ces engins ont été conçus par quelqu’un de plus puissant et venu d’ailleurs.

« Un tel concept est tout simplement inacceptable et peut provoquer une terreur primordiale chez les êtres humains. Nous gérons cela par la politique de déni total de l’existence des ovnis, une posture qui nous évite, mais seulement temporairement, d’avoir à affronter cette menace impensable pour la stabilité fondamentale de notre société.

Les scientifiques ont leurs propres raisons d’avoir peur. Les ovnis démontrent des caractéristiques qui semblent contredire les lois fondamentales sur lesquelles reposent notre compréhension de l’univers (…). » (L. Kean)

Elle se demande si nous pourrions ne jamais être capables d’apprendre ce que sont les OVNIs. Mais nous savons déjà que les vrais OVNIs ne sont ni des phénomènes naturels, ni de la technologie terrestre, donc l’origine extraterrestre s’impose d’elle-même, surtout si l’on se réfère à certains éléments du dossier, y compris ceux (témoignages d’ « ufonautes », etc.) non évoqués dans le livre de Leslie Kean. Peut-être, écrit-elle, « que le phénomène se révélera soudainement à nous avant que nous ne sachions grand-chose sur lui, et nous serons incapables de réagir ». En effet, il arrivera un jour où nos cieux laisseront voir des vaisseaux en provenance d’une ethnie extraterrestre, et les individus qui n’auront pas su grand-chose sur les OVNIs ne seront pas préparés à ce genre de rencontre ! Néanmoins, comme le note Leslie Kean, des sondages montrent que la majorité du public américain reconnaît la réalité des OVNIs, et cela ne semble pas traumatiser ce public. En outre, pour moi, il n’y a pas d’énigme OVNI susceptible d’être éventuellement résolue, le contenu de nombreux témoignages étant suffisamment explicite quant à l’origine extraterrestre de nombreux OVNIs.

Peter A. Sturrock a été professeur émérite de physique appliquée à l’Université de Stanford et directeur émérite du Centre de Stanford pour les sciences spatiales et l’astrophysique. Il a reçu des récompenses de l’American Astronomical Society, de l’American Institute for Aeronautics and Astronautics, de l’Université de Cambridge, de la Gravity Foundation et de la National Academy of Sciences. Il a dirigé cinq ouvrages collectifs, publié trois monographies, trois cents articles et rapports et, en 2009, un mémoire. En 1975, il a réalisé une enquête pour la Société américaine d’astronomie et il a trouvé que 75% des répondants souhaitaient que davantage d’informations soient publiées sur les OVNIs dans des revues scientifiques. Comme ces journaux rejetaient les articles sur les OVNIs et autres anomalies, il a fondé la Society for Scientific Exploration et son « Journal of Scientific Exploration » (qui a commencé à paraître en 1987).

En 1997, Peter Sturrock a initié et dirigé la première grande enquête scientifique, depuis le rapport Condon, sur les OVNIs. Une conférence de quatre jours a été organisée dans le nord de l’Etat de New York, sept enquêteurs (dont Jean-Jacques Velasco et Richard Haines) ayant à cette occasion présenté certains cas avec des preuves photographiques, des traces au sol et des dommages causés à la végétation, des analyses de débris provenant d’OVNIs, des indices radar, des interférences avec le fonctionnement d’automobiles et d’équipements d’avions, des effets apparents de gravitation et d’inertie, et des effets physiologiques sur des témoins. Le panel d’évaluation de neuf scientifiques de diverses disciplines (la plupart étant des « sceptiques agnostiques résolus » qui ne s’étaient pas intéressés aux OVNIs avant cela) a passé en revue les présentations et a fourni un résumé. Ils n’ont pu arriver à une conclusion spécifique en si peu de temps, mais ils ont recommandé de poursuivre une évaluation prudente des rapports d’OVNIs. Le panel a reconnu que l’étude Condon était dépassée et que chaque fois qu’il y aurait des phénomènes inexpliqués, ceux-ci devraient bien sûr faire l’objet d’une enquête. Mais cette étude n’a rien changé. Peter Sturrock note que les scientifiques continuent à rencontrer des obstacles, tels que : manque de fonds pour la recherche, supposition fausse qu’il n’y a pas de données ou d’éléments de preuve, perception que le sujet « n’est pas respectable », et rejet a priori, par les journaux scientifiques, des articles de recherche.

« L’un des freins est qu’au lieu de chercher des données et de prendre des mesures pour les acquérir, beaucoup de scientifiques ont eu tendance à interpréter la question en termes théoriques et donc à avancer une raison théorique pour l’écarter. Par exemple, l’astronome Frank Drake a dit en 1998 que, si les témoignages d’ovnis étaient réels, ils devraient être dus à des engins extraterrestres. Cependant, le voyage interstellaire est impossible et dès lors les témoignages doivent être écartés. Cet argument nous ramène à l’assertion sceptique familière selon laquelle, si ça ne peut pas arriver, alors ce n’est pas arrivé. » (L. Kean)

Peter Sturrock souligne que dans le cadre d’une recherche scientifique normale, une preuve observationnelle prend le pas sur la théorie. « Si cela arrive, c’est que cela peut arriver. »

En janvier 2010, la prestigieuse Royal Society de Londres a organisé une conférence de deux jours sur « la détection de la vie extraterrestre et les conséquences pour la science et la société ». Il y avait là des physiciens, des chimistes, des biologistes, des astronomes, des anthropologues et des théologiens, avec des représentants de la NASA, de l’Agence européenne de l’Espace et du Bureau de l’ONU pour les Affaires de l’Espace. Mais, bien sûr, le phénomène OVNI n’était pas abordé.

Leslie Kean écrit que du fait de la possibilité extraterrestre, il existe un « risque de très grande révolution scientifique », et que si l’on « détermine que l’ovni est une création technologique secrète de l’humanité ou quelque chose de plus complexe telle qu’une manifestation naturelle provenant peut-être d’une autre dimension », ce serait une découverte « potentiellement transformatrice ». Une création technologique secrète de l’humanité ? Ce n’est pas possible. D’abord, si de tels engins étaient une « œuvre terrestre cachée », pourquoi la NASA continuerait-elle d’utiliser des « pétroleuses » ou des « pétaudières » (utilisant la combustion chimique) pour déplacer des engins spatiaux dans l’espace ? Ensuite, les faciès de certains de nos visiteurs (« petits Gris », « Reptiliens », etc.) ne cadrent pas du tout avec l’idée qu’il s’agirait de technocrates cachotiers qui utiliseraient, en catimini, des technologies révolutionnaires… (Sans oublier certains récits de « contactés », etc.). Il est vrai que, dans la contribution de Leslie Kean, les innombrables récits faisant état de rencontres avec des êtres d’autres planètes sont passés sous silence ! (Et pourtant, ils font partie du vaste dossier de ce qu’il est convenu d’appeler, n’en déplaise à beaucoup d’individus, la présence extraterrestre.) Quant à l’éventuelle « autre dimension », en quoi serait-elle « naturelle » ? Il faudrait d’abord définir ce qu’est « une autre dimension ». Bien que ne me référant pas à la théorie dite des « supercordes » (une spéculation de physicien théoricien), je constate pour ma part que le concept « d’autres Dimensions » est bien connu dans la littérature ésotérique et médiumnique à laquelle je me réfère. Ces « autres Dimensions » correspondent tout simplement aux divers Plans de conscience constituant (sur des niveaux fréquentiels distincts) les diverses strates du Monde spirituel ou de « l’Au-delà » (c’est-à-dire, en fait ce qui est au-delà de nos facultés sensorielles et de nos actuels moyens de mesure et de détection). Il est vrai par contre que de nombreuses sources canalisées font état de l’existence de formes de vie extraterrestre sur des niveaux fréquentiels ou dimensionnels distincts du niveau physique de leurs planètes, ainsi que je le signale dans divers articles de la revue « Aliens » et dans divers textes du présent site. A la lumière de ces sources, il n’est donc pas faux de dire que certains OVNIs proviennent « d’autres Dimensions », les OVNIs ayant deux origines principales, toutes deux étant de type extraterrestre : des êtres biologiques comme nous provenant d’exoplanètes, et des êtres « éthériques » provenant notamment de planètes de notre système solaire, les êtres concernés résidant sur un niveau dimensionnel distinct du niveau physique de leur planète d’origine et pouvant temporairement se densifier, via des « véhicules de matière/énergie », dans notre environnement terrestre. Mais contrairement à ce que prétend Benjamin Creme, tous les OVNIs ne proviennent pas de notre système solaire et donc ne sont pas tous de nature « éthérique ». Il m’apparaît évident, par exemple, que les engins de la vallée de l’Hudson, de la « vague belge » et des « lumières de Phoenix » appartiennent à la catégorie 1 (vaisseaux en provenance d’exoplanètes). Donc, contrairement au groupe auquel appartient Leslie Kean, je ne suis pas un « agnostique militant » (celui qui dit ne pas savoir ce que les OVNIs sont) qui se contente de reconnaître la réalité d’un phénomène physique.

« Le malentendu de base sous-jacent à la phrase accrocheuse des sceptiques – ‘des affirmations extraordinaires réclament des preuves extraordinaires’ – est, encore une fois, de poser par définition l’égalité entre ovnis et véhicules extraterrestres. Quand les négateurs se rallient derrière ce cri de guerre et écartent toute preuve d’un revers de main, c’est bien cela qu’ils ont en tête ; sinon, ils n’auraient pas de raison d’être aussi aveuglément défensifs, voire hostiles. » (L. Kean)

Pour Leslie Kean, les deux extrêmes ou « vraies revendications extraordinaires » sont : ou bien nous savons déjà ce que sont les OVNIs (des véhicules extraterrestres), ou bien ils ne peuvent pas exister du tout et donc n’existent pas. Mais si la seconde « revendication extraordinaire » est parfaitement fausse, la première est, dirai-je, parfaitement vraie, avec toutefois cette nuance : certains considèrent, sur la base des données disponibles, que la première est vraie… Leslie Kean qualifie de « combat dépassé » celui qui oppose les croyants et les incroyants inébranlables, leur demandant de réaliser l’« erreur » de leurs positions « et d’accepter la logique, la nécessité et le réalisme de la position agnostique ». Eh bien non, il n’y a point d’erreur dans la revendication de l’origine extraterrestre de nombreux OVNIs, et il n’y a, sauf pour certains, aucune logique, aucune nécessité et aucun réalisme dans la position agnostique, dans la mesure où, encore une fois, une fois éliminés les phénomènes naturels et la technologie terrestre, il ne reste plus grand-chose que ladite « hypothèse extraterrestre »…

Il est, écrit Leslie Kean, dans notre nature la plus profonde et dans notre meilleur intérêt « de vouloir simplement découvrir ce qu’il en est ». Cette « découverte » sera peut-être, ajoute-t-elle, « un tournant dans notre Histoire », ou peut-être pas. Certes, la découverte, pour ceux qui ne le savent pas ou le croient pas, de l’origine extraterrestre de nombreux OVNIs, sera bien « un tournant dans notre Histoire » !

L’auteure pose la question : étant donné la connaissance que nous avons de la manifestation physique de quelque chose d’origine inconnue, « n’est-il pas temps d’acquérir les éléments supplémentaires dont nous avons besoin pour découvrir ce que c’est ? ». Dans son esprit, bien sûr, l’acquisition de ces éléments supplémentaires passe par la création d’une agence américaine et par la collaboration avec les agences d’autres nations, les scientifiques du monde entier étant, écrit-elle, parfaitement capables de concevoir des méthodologies et de fabriquer la technologie nécessaire « pour résoudre ce mystère extraordinaire ». Outre le fait que, pour moi, il n’est pas nécessaire de découvrir « ce que c’est » dans la mesure où ce « mystère extraordinaire » est pour moi résolu, celui-ci étant de nature extraterrestre, comment des « scientifiques du monde entier » pourraient étudier un phénomène aussi fugace se promenant dans nos cieux et fabriquer la technologie nécessaire pour investiguer celui-ci ? La seule réelle « preuve scientifique » possible serait en fait une manifestation ostensible de vaisseaux extraterrestres dans nos cieux, en vue d’un contact officiel avec l’humanité terrestre.

Leslie Kean conclut en disant que le plus probable « est qu’il se trouve quelque chose de suprêmement important enfermé dans le phénomène ovni, qui pourrait nous transformer tous », et qu’il est temps « de découvrir ce que cela pourrait être ». (2) Ce qui est « suprêmement important », c’est tout simplement que notre planète est visitée depuis l’aube de l’humanité, ce qui ne peut évidemment que « transformer » la vision du monde et de l’univers de tous ceux qui ne sont pas ouverts à cette idée. Et il n’est pas nécessaire de « découvrir ce que cela pourrait être », les données disponibles permettant déjà de savoir de quoi il retourne.

 

4. L’interview de Leslie Kean pour « Nexus » et l’« incurable sceptique » anglais :

Leslie Kean a été invitée à Paris pour une conférence organisée par l’INREES, en présence notamment du spationaute Jean-François Clervoy et du général belge Wilfried de Brouwer.

Interviewée dans « Nexus » de mai-juin 2014, elle réitère son credo, avec lequel je ne suis pas d’accord, selon lequel nous ne savons pas, pour l’instant, si le phénomène est extraterrestre. Et c’est là que je répète : une fois qu’on a éliminé les phénomènes naturels et la technologie terrestre, il ne reste pas grand-chose d’autre que ladite « hypothèse extraterrestre ». Et les multiples cas de RR3 et « abductions », y compris les récits de certains « contactés » (dont elle ne parle pas dans ses interventions) ? Cela ne compte pas dans l’évaluation du dossier ?

Dans le numéro 18 de la revue « Aliens » et dans un texte du présent site (même rubrique), j’évoque la réunion organisée à Washington en 2013 : « Citizen Hearing on Disclosure » (audition citoyenne sur la divulgation), cette réunion ayant été précédemment évoquée dans le numéro 87 de « Nexus ». A la question qui lui a été posée à propos de cette réunion et du panel choisi, Leslie Kean a ainsi répondu :

« Tous étaient des retraités. Je ne les connaissais pas. Ils étaient intéressés, mais on leur a présenté des informations qui mélangeaient crop circles, mutilations de bétail, races E.T., etc. Ce n’est pas la bonne façon d’apporter de l’information au public et aux médias. Il faut présenter seulement de l’information de haut niveau, factuelle et bien documentée, et alors on peut discuter sans être ridiculisé.

J’ai appris en travaillant avec la coalition dans les années 2000 auprès de John Podesta. Des personnes aguerries aux relations publiques à Washington m’ont appris à exprimer les choses, à cerner ce qui est acceptable, à adopter le bon vocabulaire, etc. J’ai appris tout cela au sein même des structures de Washington, car je voulais être efficace. On ne peut pas arriver et parler d’aliens, d’extraterrestres, de dissimulation…, et il n’est pas stratégiquement opportun d’accuser quelqu’un si vous souhaitez sa coopération. C’est de la simple logique. Si vous accusez le gouvernement d’être responsable de choses qui se sont produites dans les années 90, 40, 50 ou 60…, ils s’en fichent. L’approche à adopter est de leur demander leur aide. Dire que nous avons ce problème avec les ovnis, que d’autres gouvernement prennent au sérieux, que nous avons besoin de ton aide, Amérique, que c’est un problème scientifique : voudriez-vous vous joindre aux autres pays, étudier la question et voir si cela vaut le coup ? Si vous procédez ainsi, il y a des réponses. »

Mais, ajoute-t-elle, ils penseraient simplement que vous êtes cinglés si vous arrivez en hurlant : « Vous avez récupéré des soucoupes et des corps d’aliens depuis les années 40 et vous nous cachez la vérité, vous êtes des minables ! Nous savons que les E.T sont là, qu’ils ont communiqué avec Eisenhower et communiquent avec tous ces gens depuis des décennies… ».

Pour Leslie Kean, ce que nous devons faire dans l’immédiat « est d’essayer de comprendre ce qu’est ce phénomène ». Il est certes normal que des personnes qui n’ont pas compris (ce qui n’est pas mon cas) ce qu’est « ce phénomène » cherchent à comprendre ce qu’il est, et on comprend tout à fait la prudence de certaines personnes engagées dans une tentative de prise en considération sérieuse, par les autorités, du « phénomène » en question, cette approche prudente nécessitant de ne pas évoquer, auprès d’elles, certains thèmes qui ne peuvent être mentionnés ou débattus que dans un « milieu averti » et spécialisé.

A propos des déclarations de l’ancien astronaute Edgar Mitchell (qui a marché sur la Lune), Leslie Kean note que celui-ci n’a jamais apporté le moindre élément pour étayer ses propos, et qu’en tant que journaliste, « on ne peut rien en faire ». Quant à l’ancien Ministre de la Défense canadien Paul Hellyer, qui a parlé publiquement de l’existence de plusieurs races extraterrestres, Leslie Kean dit que c’est « sans intérêt » car il ne peut rien prouver.

« Si à quelqu’un qui ne connaît pas le sujet ou à un scientifique on parle de plusieurs races d’aliens qui nous visitent, que croyez-vous qu’ils vont dire ? C’est beaucoup trop gros ! Cela peut venir par la suite, mais il faut d’abord prouver qu’il y a un phénomène physique. Les gens ne sont même pas au courant des données de base qui existent sur ces phénomènes. » (L. Kean)

C’est là que l’on mesure l’abîme (en années-lumière) qui existe entre ceux qui connaissent depuis des décennies les divers aspects du sujet et le « niveau » de la masse (y compris les scientifiques) qui en ignore toutes les facettes, et notamment, bien sûr, les données de base dont parle Leslie Kean… On comprend que les membres de la Coalition veuillent « amadouer » la foule récalcitrante en essayant de lui présenter « les données de base » (observations de pilotes, etc.). Question de stratégie et de communication…

A propos de Jacques Vallée, Leslie Kean dit qu’il est « intéressant car il adopte une perspective beaucoup plus large » et qu’il n’est pas « bloqué sur l’hypothèse extraterrestre comme la seule explication ».

« Les physiciens parlent de dimensions supplémentaires. Le phénomène pourrait bien être interdimensionnel en effet. Michio Kaku ou Jacques Vallée l’ont proposé. » (L. Kean)

J’ai moi-même divers ouvrages (les derniers en ma possession datant du début des années 1990) de Jacques Vallée. S’il est effectivement un pionner en matière d’ufologie (sans oublier qu’il a servi d’inspiration pour le film « Rencontres du troisième type »), je n’adhère pas du tout à certains développements de sa pensée sur le sujet. Parler par exemple d’« autres Dimensions », c’est bien, mais encore faut-il en avoir une idée claire, d’autant que l’origine interdimensionnelle de certains OVNIs est quand même, en fait, de nature extraterrestre (les entités correspondantes venant en effet de strates dimensionnelles ou fréquentielles différentes du niveau physique de leurs planètes d’origine – comme Vénus par exemple). De plus, des auteurs comme Jacques Vallée (et d’autres comme Jean Sider qui ont ensuite développé – et exagéré ! – ces théories) mélangent toute une kyrielle de manifestations disparates faisant en fait intervenir diverses catégories d’entités n’ayant pas, n’en déplaise à ces théoriciens, de rapport entre elles… (Je critique ces thèses « alternatives » dans la même rubrique « Présence extraterrestre ». Voyez : « Critique de la théorie de Jean Sider », « OVNIs et paranormal »…) Une autre thèse totalement absurde est celle de Jean Goupil et de Didier Leroux : non seulement ceux-ci n’ont fait intervenir, dans le phénomène OVNIs, qu’une intelligence extraterrestre artificielle (ce qui est formellement démenti par le grand nombre de témoignages faisant état d’« ufonautes », lesquels ne sont évidemment pas des « leurres »), mais ils ont aussi attribué à cette intelligence extraterrestre tous les phénomènes paranormaux et « psychiques » : hantises et poltergeist, lévitation, télékinésie, transcommunication instrumentale, fantômes, etc., y compris les expériences au seuil de la mort et les souvenirs de réincarnation !! (Ce n’est pas une « révélation » – sous-titre de leur second ouvrage -, mais une aberration !) On est ici en plein délire…

L’expression utilisée par Leslie Kean, relative à la levée du « blocage » sur l’hypothèse extraterrestre (connotée uniquement de la version en 3 D « tôles et boulons »), suite à la prise en considération d’une éventuelle origine « interdimensionnelle » (4 D et plus), n’a pas lieu d’être, l’origine interdimensionnelle de certains OVNIs étant également, en réalité, une origine extraterrestre, même si nous avons affaire, dans ce cas, à des êtres « éthériques » qui se densifient (avec leurs vaisseaux de « matière/énergie ») provisoirement dans notre environnement terrestre. C’est ce que n’ont pas compris les spéculateurs (plus ou moins « glorifiés », ou cités en référence, par de nombreux ufologues) des thèses « alternatives »… D’où d’ailleurs ma formulation récurrente : une fois éliminés les phénomènes naturels et la technologie terrestre, il ne reste pas grand-chose d’autre que « l’hypothèse extraterrestre », celle-ci existant cependant en deux versions (qui toutes deux existent réellement), celle en « 3 D » (en provenance de notre univers matériel visible) et celle « en 4 D et plus » (niveaux éthériques de la matière, mais au niveau de planètes extérieures à la Terre). Le tort fondamental de tous les théoriciens des thèses « alternatives » (visant à exclure l’origine extraterrestre) est d’ignorer ou de ne pas prendre au sérieux les sources de type « ésotérique » (canalisées, etc.) qui explicitent tout cela. Dès lors, ils se « plantent gravement » !

Leslie Kean note qu’il n’y a pas de lien entre l’astrobiologie (les astrobiologistes travaillent sur des formes de vie bactérienne) et l’ufologie, les astrobiologistes ne prenant pas l’ufologie au sérieux. Pour eux, il n’y a pas de preuves, seulement des anecdotes. (3) Cette position des astrobiologistes montre bien le caractère obtus et fermé de beaucoup de scientifiques, cet état d’esprit ne faisant en définitive que refléter celui de la plupart des gens à propos de ce sujet comme sur d’autres.

 

* Leslie Kean vue par David Clarke :

Dans un petit encadré du numéro de « Nexus » évoqué ci-dessus, le journaliste britannique David Clarke, qualifié d’« incurable sceptique » (il est ainsi décrit dans le paragraphe de présentation), critique en ces termes la position de Leslie Kean :

« Elle se décrit comme une journaliste d’investigation. Tout son travail ne vise pourtant qu’à esquiver toute forme de scepticisme ou de critique envers les ovnis. Un journaliste d’investigation ne peut pas faire cela : vous ne pouvez pas vous contacter de dire qu’il y a quelque chose, sans parvenir à l’expliquer, en vous contentant de citer des gens qui défendent ce point de vue… tout en ignorant toute personne affirmant le contraire ! Si vous écrivez un article sur le changement climatique, en n’interrogeant que des gens qui ne croient pas au changement climatique, sans parler au moindre scientifique, c’est de la polémique, pas de l’enquête. »

Cette présentation du travail de Leslie Kean est complètement farfelue. Notons d’abord qu’il n’y a de polémique qu’à partir du moment où deux individus ayant des positions opposées sur un sujet s’affrontent (par l’écrit ou le verbe). On ne peut donc pas parler de polémique dans le cadre du contenu du livre de la journaliste, puisque celle-ci fait intervenir dans son livre des témoins (qui sont tout de même la « matière première » du dossier) ; et, si elle donne la parole à des contributeurs allant dans le sens de ce qu’elle défend, cela ne relève pas de la polémique, mais simplement de la défense d’une thèse. David Clarke reproche à Leslie Kean d’esquiver toute forme de scepticisme en ne donnant la parole qu’à des gens qui pensent comme elle, lui déniant ainsi sa qualité de journaliste d’investigation. Néanmoins, Leslie Kean est quelqu’un d’engagé qui est parvenu à une conclusion personnelle et qui fait état, sur la base de dossiers étayés et de contributeurs de qualité, de sa position sur le sujet. Elle n’ignore pas « toute personne affirmant le contraire », elle est parfaitement consciente de l’existence de ces gens-là (elle s’y réfère souvent), mais la question qui se pose est-celle-ci : le plus compétent en la matière, est-ce le pilote (par exemple) qui a pourchassé un OVNI et qui a vu celui-ci, ou le « non croyant » (scientifique ou pas) qui n’a rien vu mais qui déclare qu’il ne croit pas aux OVNIs ?

« Si je reprends son argumentaire, il s’agit de dire qu’il y a un phénomène inexpliqué et que le gouvernement devrait investir des fonds pour soutenir une investigation dans ce domaine. Pour moi, c’est tout simplement absurde. Durant combien de temps les Américains ont-ils déjà creusé la question ? De nombreux cas ont été largement approfondis, sans le moindre résultat. Combien d’argent faut-il investir, en période d’austérité, pour creuser quelque chose sans la moindre évidence ? Il y a de nombreux sujets qu’on ne comprend pas, sans pour autant y investir massivement. » (D. Clarke)

C’est à se demander si cet individu – que l’on voit souvent dans des documentaires télévisés consacrés aux OVNIs – a réellement lu le livre de Leslie Kean. Ainsi que cette dernière le rappelle dans son livre, les Américains, en l’occurrence l’Air Force, ont arrêté leur étude des OVNIs en 1969, avec le rapport Condon et le désengagement de l’Air Force. Depuis, ils n’ont rien « foutu » (officiellement, of course)… Donc, chez eux, le temps s’est arrêté en 1969, et cela fait longtemps. (Je parle de commission gouvernementale ou militaire, mais pas des enquêtes menées par des groupements civils comme le MUFON.) Pour ce qui est des conclusions du rapport Condon (ce dernier ayant servi de prétexte à l’arrêt des activités « ufologiques » des Américains), Leslie Kean a bien montré, après d’autres, combien ce rapport est « pernicieux » : un petit résumé (répercuté dans les médias) du physicien Condon – lequel était connu pour ses préjugés négatifs au sujet des OVNIs -, cachant la forêt des cas non expliqués évoqués dans le gros rapport de quelque mille pages. Si David Clarke évoque la conclusion du rapport Condon lorsqu’il dit que de nombreux cas « ont été largement approfondis, sans le moindre résultat », il fait donc fausse route. Si, par contre, il mentionne quelques cas ultérieurs bien connus, comme l’observation à l’aéroport O’Hare, avec l’explication bidon suggérée, là aussi, cela n’a rien de pertinent. (Quant à « l’austérité » – « la crise », je suppose – , elle a bon dos, sachant par ailleurs que les gouvernements trouvent toujours l’argent pour les causes qu’ils promeuvent, y compris d’ailleurs les armements à outrance.)

« Vous pouvez trouver plein de gens avec des qualifications et un parcours solides : voici un astronaute, un scientifique, qui croient qu’il y a quelque chose. Mais vous pouvez aussi trouver un autre astronaute, un autre scientifique, qui n’y croient pas. Encore une fois, en se contentant de récolter les avis de ceux qui y croient, vous n’avez pas une preuve. Vous pouvez trouver des scientifiques qui croient aux extraterrestres et des scientifiques qui continuent d’affirmer que non, le réchauffement climatique n’existe pas… sans parler de ceux qui vous disent que nous ne sommes jamais allés sur la Lune. Et alors ? !

Qu’un document militaire soulève la question ne veut pas dire qu’il y a une réalité derrière. Le baron Hugh Dowding, qui était commandant de la Royal Air Force lors de la bataille de Bretagne, pendant la Seconde Guerre mondiale, croyait aux fées et aux anges. Faut-il envisager d’y croire parce qu’il était haut responsable dans l’armée ? » (D. Clarke) (4)

Ici, David Clarke nage dans le domaine des comparaisons inappropriées. Le livre de Leslie Kean n’avait pas à être un listing des astronautes et scientifiques qui ne croient pas « qu’il y a quelque chose » (sic) en matière d’observations d’OVNIs. On sait d’ailleurs que le nombre de ceux-ci est bien plus élevé que celui des quelques « croyants ». Mais il est tout de même intéressant de donner la parole aux « perles rares » (dans ce milieu) des « croyants », justement parce qu’elles sont rares (et d’autant plus précieuses). De plus, le livre de Leslie Kean ne se situe pas dans le domaine de la simple croyance. Ce n’est pas l’incroyance des astronautes et scientifiques qui compte, d’autant plus que celle-ci n’est, à vrai dire, fondée que sur des préjugés et sur une méconnaissance du dossier, non sur des faits. La position des « croyants » en un phénomène inexpliqué, évoquée dans le livre, est par contre étayée sur des témoins directs du phénomène observé et sur l’étude de cas faite par divers organismes chargés d’investiguer ces cas.

Il y a aussi une différence fondamentale entre les « allumés » qui s’imaginent que les astronautes ne sont pas allés sur la Lune et ceux qui « croient » aux OVNIs. Mettre au même niveau, comme le fait David Clarke, les uns et les autres, c’est une absurdité. Dans le premier cas, celui de la négation des atterrissages lunaires, des réponses raisonnables ont été apportées aux « arguments » avancés par les négateurs. En outre, il est bien sûr totalement ridicule d’imaginer que la NASA puisse être à l’origine d’un canular aussi monstrueux : faire croire (au risque de se discréditer pour l’éternité !) à des milliards d’individus que des hommes sont allés sur la Lune alors que cela n’aurait pas été le cas. Prétendre que les astronautes n’ont pas « aluni », c’est aussi absurde que de prétendre que l’Holocauste n’a pas eu lieu… Par contraste, la réalité d’engins inconnus (et, ajouterai-je pour ma part, extraterrestres) dans nos cieux est largement étayée par de multiples observations et témoignages fiables, dont beaucoup se recoupent, ceux-ci étant parfois assortis d’éléments matériels (échos radar, traces au sol, effets sur les témoins, certaines photos et vidéos…). Par ailleurs, quand les « sceptiques » (souvent des rationalistes sectaires, qu’ils soient « zététiciens » ou pas) s’expriment, ils ne racontent la plupart du temps que des âneries. Voyez à ce propos les délires « sociopsychologiques » de Jean-Michel Abrassart et Nicolas Gauvrit à propos de la « vague belge », tels qu’ils sont « argumentés » dans un petit article du numéro de juillet 2014 de la revue « Science et pseudo-sciences ». (Voyez à ce propos, dans la même rubrique – « Présence extraterrestre » – du présent site, mon texte : « La vague d’OVNIs sur la Belgique ».)

(Quant au baron Hugh Dowding, il n’avait pas tort de croire aux anges et aux fées – celles-ci, les vraies, faisant partie des « esprits de la nature » -, mais c’est un autre sujet…)

 

Conclusion :

S’agissant de sensibiliser les « autorités », la stratégie adéquate consiste certes à avancer « à pas mesurés » et à « dose homéopathique » (d’où les « précautions langagières » de Leslie Kean et d’autres), mais cela n’est pas mon problème. D’ailleurs, cette agence américaine tant souhaitée par les auteurs du livre se fait toujours attendre (cela fait longtemps, depuis le désengagement de l’U. S. Air Force en 1969). Donc, même en avançant « à petits pas », ce n’est pas « gagné »… C’est comme l’attente messianique, par certains ufologues, de la « Divulgation » de la présence extraterrestre, tant espérée par certains et systématiquement démentie dans le temps… Le jour où cela avancera réellement, à « pas de géant », c’est lorsqu’au moins une ethnie extraterrestre décidera enfin de mettre un terme à notre « quarantaine » (par rapport aux autres sociétés galactiques) en se montrant ostensiblement dans nos cieux (pour un contact officiel avec l’humanité terrestre). Pas avant. (Voyez, pour les divers scénarios du futur contact extraterrestre officiel, qui doit avoir lieu dans le courant de ce siècle, mon livre : « Prophéties pour les temps nouveaux », éditions Le Temps Présent, paru en janvier 2014.)

Alain Moreau

 

Références :

1. Leslie Kean, « OVNIs : des généraux, des pilotes et des officiels parlent », éditions Dervy, 2014, p. 16-18.

2. Ibid., p. 363-382, 385-389, 391, 394-396.

3. « Nexus », n° 92, mai-juin 2014, p. 12-19.

4. Ibid., p. 20-21.

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