L’étude des OVNIs en France

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Depuis 2004, les gouvernements de divers pays (Brésil, Chili, Mexique, Uruguay, Pérou, France, Russie, Royaume-Uni, Irlande, Australie, Canada) ont divulgué des dossiers qui avaient été classés « secrets ». En 2009, le Danemark et la Suède ont rejoint cette tendance en diffusant chacun plus de 15000 dossiers. Mais aucun document décisif souhaité depuis longtemps n’a fait surface. La divulgation de vastes archives en France en 2007 et au Royaume-Uni en 2008, 2009 et 2010, a généré une frénésie de couverture médiatique internationale. En France, le site du GEIPAN s’est trouvé bloqué dès le premier jour de son ouverture, à cause du grand nombre de personnes qui étaient allées consulter son contenu.

Un article paru en 2008 dans le « New York Times » par un correspondant en poste au Royaume-Uni s’est concentré sur quelques nouveaux documents « parmi les plus ridicules » (des lettres écrites à l’agence par « des farfelus ordinaires ») qu’avait divulgués le MoD. Mais le « New York Times » a aussi publié la réponse de Nick Pope (ancien responsable au ministère de la Défense britannique) au précédent article. En France, il y a le GEIPAN (antérieurement : GEPAN et SEPRA)…

 

sillardAncien Directeur général du Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), Yves Sillard a, en 1977, alors qu’il était à la tête du CNES, fondé le GEPAN, le premier comité scientifique français chargé d’enquêter sur les rapports d’OVNIs. En 2007, l’ouvrage « Phénomènes aérospatiaux non identifiés : un défi à la science » a été écrit sous sa direction, en collaboration avec d’autres chercheurs. En 2008, Leslie Kean a rencontré Yves Sillard pour la première fois au siège du CNES à Paris, et ils se sont revu en 2011. Dans un commentaire livré à Leslie Kean pour le livre de celle-ci, Yves Sillard a déclaré que la réalité objective des phénomènes aériens non identifiés ne fait plus de doute. Il précise que ce qui semble être des obstacles insurmontables pour des civilisations plus avancées voyageant depuis des exoplanètes vers la Terre apparaîtra sans doute, suite au développement de la science dans les prochaines décennies, sous un jour très différent, et de nouvelles hypothèses, liées à des théories cosmologiques encore à naître, auront sans doute complètement changé la vision du monde physique et de l’univers qui nous entoure. A propos de certains phénomènes aériens non identifiés, Yves Sillard espère que des individus sans préjugés considèreront l’hypothèse extraterrestre avec le sérieux et la rigueur qu’elle mérite, « aussi longtemps qu’aucune autre interprétation crédible n’aura été formulée ».

 

2. Le COMETA :

Denis Letty, président du groupe COMETA, est un ancien pilote de chasse qui fut à la tête de la Défense aérienne française, zone sud-est, et de la mission militaire française auprès des Forces aériennes alliées en Europe centrale. Il a aussi servi comme commandant de base aérienne à Strasbourg. En 2008, Leslie Kean l’a rencontré à son domicile près de Paris, en compagnie du cinéaste James Fox.

C’est en 1965 que Denis Letty a été confronté pour la première fois aux OVNIs, alors qu’il était capitaine au sein du troisième bureau de l’état-major de la Force Aérienne Tactique (FATAC), à Metz. Il voyait régulièrement passer des rapports de gendarmerie sur le sujet, et des pilotes qu’il connaissait lui ont peu à peu avoué avoir été confrontés au phénomène. L’un de ces pilotes était le commandant Hervé Giraud (devenu depuis colonel). Alors qu’il volait en 1977 sur un Mirage IV, avec son navigateur, à environ 9700 mètres d’altitude et à la nuit tombée, tous deux virent une lumière extrêmement brillante qui s’approchait sur une trajectoire de collision, droit devant eux. Hervé Giraud a appelé le contrôle aérien militaire, ce dernier n’ayant pas de trace radar. Le pilote a dû, pour éviter l’objet, s’incliner vers la droite, et il a essayé de garder cet objet en contact visuel. Après s’être éloigné, l’objet est revenu – à moins qu’il ne s’agissait de quelque chose d’identique. Hervé Giraud eut alors l’impression d’être observé, et le pilote a dû effectuer un autre virage serré. Puis l’avion est revenu à la base de Luxeuil. Le commandant Giraud a décrit l’objet comme étant solide et très grand, et rayonnant en continu d’une brillante lumière blanche. Aucun trafic n’avait été repéré par les contrôleurs aériens dans la région où opérait le Mirage IV. Quant à la vitesse de l’objet, elle était si élevée au moment d’un virage serré qu’elle aurait été supersonique. S’il avait été un avion de combat, il aurait produit un fort bang sonique qui aurait été entendu au sol et dans la région voisine, mais aucun son n’a été entendu.

En 1979, Denis Letty a appris que Jean-Pierre Fartek, alors pilote de Mirage III, avait vu un OVNI. L’observation de Jean-Pierre Fartek n’eut pas lieu lors d’un vol, mais chez lui, dans un village près de Dijon, et en plein jour. L’objet aperçu était alors très proche du sol et à faible distance. Denis Letty organisa trois mois plus tard une rencontre avec le témoin, sur la base de Strasbourg. En une autre occasion, Denis Letty lui a rendu visite à son domicile et a rencontré également l’épouse du témoin, laquelle avait vu aussi l’OVNI. Le 9 décembre 1979 vers 9 heures 15, l’épouse de Jean-Pierre Fartek a vu par la fenêtre un objet en forme de disque et a appelé son mari pour le voir. L’objet était en vol stationnaire près du sol, devant une rangée de pommiers, ce qui a permis au capitaine d’estimer la distance à environ 250 mètres de la maison. L’objet mesurait environ vingt mètres de diamètre et sept mètres d’épaisseur. Le temps était clair, avec une bonne visibilité. Cet objet ressemblait à deux soucoupes renversées pressées l’une contre l’autre, avec un contour précis, une couleur gris métallique sur le dessus et bleu foncé au-dessous, sans lumières ni ouvertures. Il se trouvait à environ trois mètres au-dessus du sol, non stabilisé, puis il s’éleva, en oscillant, au niveau des arbres. Il est un peu redescendu et s’est immobilisé. Il a ensuite encore remonté un peu, toujours en oscillant, il s’est incliné et a rapidement accéléré pour atteindre une vitesse bien supérieure à celle d’un Mirage III, puis il a disparu. Il y avait, entre le haut et le bas de l’appareil, une délimitation bien visible, la différence de couleurs ne pouvant être due à des effets de lumière du Soleil. La forme claire et précise de l’objet indiquait qu’il s’agissait de quelque chose de solide et de physique. Le disque semblait tourner symétriquement autour d’un axe, les oscillations étant lentes (comme si l’objet recherchait son équilibre). Il se déplaçait sans aucun son. Le capitaine Fartek n’a pas vu, sous l’objet, de turbulences, aucune trace au sol n’ayant par ailleurs été visible. Le capitaine Fartek a rapporté l’incident au poste de garde de sa base et il a dit que d’autres personnes (comme ses voisins et leurs enfants) avaient vu le phénomène mais n’avaient pas osé le signaler. Le commandant de la base a donné l’instruction au capitaine Fartek de ne pas en parler car il craignait le ridicule. Avant son observation, le témoin n’avait jamais cru aux « soucoupes volantes ».

C’est en 1996 que la décision a été prise de créer le COMETA, un comité d’études des OVNIs, composé de douze membres, au sein de l’association des anciens auditeurs de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), une agence de planification stratégique financée par l’Etat. Denys Letty a initié l’étude privée et il est devenu président du groupe. Ils ont été aidés par le général Norlain, ancien commandant de la Force aérienne tactique française et conseiller du premier Ministre, et André Lebeau, ancien directeur du CNES. L’étude du groupe a duré de 1996 à 1999 : interviews de personnes ayant observé en France des OVNIs et recensement des meilleurs cas dans le monde à partir de sources officielles (autorités gouvernementales, pilotes et forces aériennes de France et d’autres pays). Les témoignages recueillis dans le cadre du COMETA sont fondés sur des éléments de preuves tangibles : échos radar, traces au sol, photos, phénomènes électromagnétiques, modifications de processus de photosynthèse dans des plantes. De nombreux récits fournis par des témoins totalement indépendants se recoupaient entre eux. Au moins 5% des observations bien documentées ne pouvaient s’expliquer par des fabrications humaines ou des sources naturelles. Denis Letty a ainsi découvert que des objets silencieux et complètement inconnus pénètrent parfois l’espace aérien terrestre avec des capacités de vol impossibles à reproduire sur Terre, ces objets semblant contrôlés par une forme d’intelligence. Le rapport COMETA montre que l’hypothèse extraterrestre est l’explication la plus rationnelle, bien qu’elle n’ait pas été prouvée.

cometavsdLe Rapport a été envoyé au premier Ministre et au cabinet militaire du Président. Le groupe COMETA a appelé à une forte coopération internationale en matière d’enquête sur les OVNIs, en particulier avec les Etats-Unis.

En 2002, le général Thouverez, commandant des forces aériennes françaises, a reconnu que des objets inconnus pouvaient être vus quelquefois dans le ciel de France et qu’il était nécessaire de les étudier sérieusement.

 

 

 

 

 

3. La contribution de Jean-Jacques Velasco :

velascoJean-Jacques Velasco était un ingénieur travaillant sur le développement des satellites français au CNES quand il fut intégré, en 1977, au service d’étude des OVNIs, au CNES, l’année de sa création par Yves Sillard. Six ans après, il fut nommé responsable de ce service. De 1983 à 2004, il a été ainsi responsable du programme français d’investigation et d’analyse des phénomènes aérospatiaux non identifiés.

Comme c’était son devoir, il s’est imposé une grande réserve dans l’expression de ses interprétations ou conclusions sur la question. Plusieurs décennies après, il a pu exprimer, n’étant plus restreint, ses conclusions personnelles. Il a conclu que les OVNIs, en tant qu’objets matériels, existent et se distinguent de phénomènes ordinaires. Ils semblent être des objets artificiels et contrôlés, et ils peuvent être détectés par les radars. Leurs performances dépassent largement les meilleures capacités aéronautiques et spatiales : vol stationnaire et silencieux, accélérations et vitesses défiant les lois de l’inertie, effets sur les systèmes électroniques de navigation et de transmission, et capacité apparente de provoquer des pannes électriques complètes. Lors de la rencontre d’avions militaires, ces objets semblent capables d’anticiper et de neutraliser les manœuvres défensives des pilotes, comme dans le cas du général Parviz Jafari au-dessus de Téhéran et dans celui des incidents à la base de l’Air Force de Malmstrom, le phénomène OVNI semblant, lors de telles rencontres, se comporter comme s’il était sous quelque forme de contrôle intelligent.

En France, l’étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés a commencé en 1951 à l’occasion de l’observation, par trois pilotes de l’Armée de l’Air volant sur des chasseurs Vampire F-5B, d’un objet rond, brillant et argenté, deux d’entre eux ayant essayé, sans succès, de se rapprocher de lui. Puis il y eut la vague d’OVNIs de 1954, au cours de laquelle les gendarmes ont récolté plus de cent rapports officiels sur les « soucoupes volantes », certains cas concernant des « rencontres rapprochées ». Il y eut le cas de Tananarive (aujourd’hui : Antananarivo), la capitale de l’île de Madagascar, où plusieurs milliers de personnes ont décrit une sorte de boule verte de la taille d’un avion, suivie par un objet métallique ayant la forme d’un ballon de rugby. Les chiens ont couru et aboyé, et des bœufs ont paniqué et détruit les palissades de leurs enclos, le phénomène vu se produisant au-dessus de la capitale. Le système public d’électricité est tombé en panne et n’est revenu en fonction que quelques minutes plus tard, après le départ de la grande boule verte et de son compagnon apparent.

En 1974, Robert Galley, alors ministre de la Défense, a déclaré sur une radio nationale qu’il existait un phénomène inexpliqué qu’il fallait étudier. Puis ce fut, en 1977, la création du GEPAN.

La première tâche, au sein du GEPAN, a été l’établissement d’un réseau de responsables officiels issus de la gendarmerie et de la police, de l’Armée de l’Air, de la Marine, de la météorologie et de l’aviation, ainsi que l’établissement d’une méthodologie pour rapporter et centraliser les données d’observations. Un conseil scientifique (composé d’astronomes, de physiciens, etc.) se réunissait annuellement pour évaluer et diriger ces études. La première phase d’étude, de 1977 à 1983, est parvenue à ces trois conclusions de base : la grande majorité des rapports peut être expliquée, quelques phénomènes ne peuvent l’être, et il semble hautement probable que ce petit pourcentage de phénomènes aérospatiaux non identifiés ait une base physique.

C’est en 1983 que Jean-Jacques Velasco a été nommé a la tête du GEPAN. Une classification des phénomènes fut adoptée :

* Le type A concernait tout phénomène clairement identifié.

* Le type B regroupait les phénomènes probablement identifiés, mais pour lesquels subsistait cependant un doute.

* Le type C incluait les phénomènes ne pouvant être identifiés ou classés, en l’absence de données suffisantes.

* Le type D regroupait les cas inexpliqués. Une sous-catégorie incluait les cas avec « rencontre rapprochée ». Ces PAN non expliqués ne correspondent à aucun phénomène connu, naturel ou artificiel.

En 1988, le GEPAN est devenu le SEPRA, ce dernier ayant inclus l’étude de tous les phénomènes de rentrées atmosphériques (débris de satellites, lanceurs, etc.). Parmi les cas de traces physiques au sol, trois n’ont pu être catégorisés comme impliquant des objets connus :

En novembre 1979, une femme a appelé les gendarmes pour dire qu’une « soucoupe volante » venait d’atterrir devant sa maison. Un autre témoin a livré un récit à propos d’un objet qui s’allumait. Sur les lieux, il y avait une zone herbeuse aplatie dans une direction uniforme. Une analyse des plantes ayant été réalisée dans une université, aucun résultat significatif ne fut obtenu.

Le 8 janvier 1981, vers 17 heures, à Trans-en-Provence, l’électricien Renato Nicolaï entendit, alors qu’il construisait dans son jardin un abri pour une pompe à eau, un léger sifflement venant d’en haut. S’étant retourné, il vit dans le ciel un objet ovoïde qui s’approcha de la terrasse au fond du jardin, avant de s’y poser. Le témoin s’est avancé avec précaution, mais presque aussitôt l’objet s’est élevé et est reparti dans la direction d’où il était arrivé, tout en émettant un faible sifflement. Le témoin a vu, sous l’engin, deux protubérances rondes qui ressemblaient, selon lui, à un train d’atterrissage. Sur le lieu de l’apparent atterrissage, il a remarqué, sur le sol, des dépressions circulaires séparées par une couronne. Le lendemain, l’épouse a appelé la gendarmerie, et cette dernière a trouvé sur le sol deux cercles concentriques, l’un de 2 mètres 2 de diamètre et l’autre de 2 mètres 4 de diamètre, avec une partie surélevée entre eux de dix centimètres de large. Il a été procédé à un prélèvement d’échantillons de sol au niveau des traces et d’échantillons de contrôle en dehors de la zone. Un mois après, les enquêteurs du GEPAN sont venus sur le site et ont prélevé des échantillons supplémentaires du sol compacté et des plantes proches, ainsi que des échantillons de contrôle, et ils ont de nouveau interviewé le témoin.

Les analyses biochimiques menées sur les luzernes sauvages ont révélé une altération profonde de la végétation, apparemment provoquée par de puissants champs électromagnétiques. bouniasLe professeur Michel Bounias, du laboratoire d’analyse biochimique de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique), a montré que les végétaux à proximité avaient probablement subi une dégradation par des micro-ondes pulsées, et, l’année suivante, de nouvelles mesures faites sur cette luzerne ont indiqué un retour à une activité biologique normale. L’enquête du GEPAN, qui s’est poursuivie pendant deux ans, a permis de constater qu’il y avait sur le sol des indices de forte pression mécanique, probablement due à un poids élevé, le sol ayant été chauffé entre 300 et 600°. A proximité immédiate de ces traces au sol, la chlorophylle contenue dans les feuilles des luzernes sauvages était réduite de 30 à 50%, de façon inversement proportionnelle à leur distance du site. Les plus jeunes feuilles étaient celles à avoir subi la plus grande perte de chlorophylle et montraient le plus de « signes de sénescence prématurée », l’analyse biochimique ayant en outre montré de nombreuses différences entre les échantillons de végétation prélevés près du site et ceux plus distants. Le rapport a conclu qu’un événement important avait produit des déformations du terrain par une masse, des effets mécaniques, un effet de chauffage, « et peut-être certaines transformations et dépôts de traces de minéraux ». Si une irradiation nucléaire ne semble pas rendre compte des effets observés, certains types d’énergies de champs électriques pourraient rendre compte des réductions de chlorophylle.

En 1982, il y eut le cas dit de « l’Amarante ». Le témoin, un biologiste cellulaire, vit le jour, dans son jardin, un petit objet d’environ un mètre de diamètre en vol stationnaire. Le témoin a d’abord vu cet objet brillant devant sa maison, à 12 heures 35, lequel commençait à descendre lentement. L’appareil semblant venir vers lui, le témoin recula. L’objet s’arrêta à environ un mètre au-dessus du sol, restant immobile, selon l’estimation du témoin, pendant environ vingt minutes. Le témoin ne fut pas effrayé par l’objet qu’il décrivit comme un objet ovale ressemblant à deux soucoupes métalliques assemblées l’une sur l’autre, la partie supérieure étant un dôme bleu-vert. Puis l’objet a bondi verticalement et l’herbe du dessous s’est momentanément dressée, aucune trace visible n’ayant cependant été laissée au sol. La gendarmerie, qui a pris des notes moins de cinq heures après, a transmis un rapport au GEPAN qui, quarante-huit heures après, a envoyé une équipe. Il subsistait des traces visibles sur la végétation proche, en particulier un buisson d’amarantes dont les feuilles étaient desséchées et déshydratées après l’événement, les fruits d’autres plantes alentour semblant avoir été cuits. Des analyses biochimiques ont montré que ces effets n’ont pu être causés que par une forte vague de chaleur, probablement due à des champs électromagnétiques puissants ayant causé une déshydratation. Ce champ électrique aurait dû dépasser 200 kV/m au niveau des plantes, ce qui pouvait aussi avoir redressé les brins d’herbe. Une étude ultérieure a montré que ce phénomène pouvait être reproduit en laboratoire en utilisant des champs électriques très intenses. Un psychologue chargé d’analyser le témoignage et le profil psychologique du témoin a conclu dans son rapport que le témoin n’était pas un mythomane.

Les observations, en France, par des pilotes civils et militaires, de phénomènes aériens non identifiés, ont conduit à la création d’une base de données de 150 cas, à partir de 1951, de PAN aéronautiques, plus de 10% des PAN aéronautiques appartenant à la catégorie D, ceux qui ne peuvent être expliqués. Dans environ la moitié de ces cas, les pilotes ont rapporté des effets environnementaux tels que des interférences électromagnétiques avec les instruments de bord et/ou des perturbations de liaisons radio avec les contrôleurs aériens.

205568_1016800457561_6223_nLe 28 janvier 1994, le commandant Jean-Charles Duboc et sa copilote Valérie Chauffour pilotaient le vol Air France 3532, effectuant la liaison de Nice à Londres. La visibilité était excellente lorsqu’un membre de l’équipage a signalé la présence, à la gauche de l’avion, d’un objet sombre qu’il pensait être un ballon météo. Il était 13 heures 14 GMT. Jean-Charles Duboc a pensé d’abord qu’il s’agissait d’un avion s’inclinant à un angle de 45 degrés, mais les personnes à bord ont vite compris qu’il ne s’agissait pas d’un objet familier. La distance de l’objet a été estimée à environ cinquante kilomètres, à une altitude de dix kilomètres. Il a semblé que l’objet avait la forme d’une cloche, puis d’une lentille ou d’un disque, de couleur marron et de grande taille, les témoins ayant été frappés par ses changements de forme. Après environ une minute, l’objet a disparu presque instantanément, sans aucune trajectoire de dégagement. La durée de l’observation fut d’environ une minute. Le commandant Duboc a rendu compte de l’incident aux autorités du centre de contrôle de navigation de Reims, lequel n’avait aucune information sur un avion dans ce secteur. Un rapport a été envoyé au SEPRA, qui l’a classé comme type C, ce qui signifiait qu’il n’était pas assez documenté pour que l’objet pusse être identifié. Cependant, le centre de contrôle aérien de Reims a contacté le Centre d’opérations de la défense aérienne de Taverny (CODA). Le CODA ayant enregistré une trace radar dans son centre de contrôle de Cinq-Mars-la-Pile, qui correspondait en lieu et en heure à l’observation de l’équipage du vol Air France 3532, l’événement fut reclassé en catégorie D. C’est au même instant que l’objet avait disparu de l’écran radar et de la vue de l’équipage. Le CODA a écarté l’hypothèse d’un ballon météo et les experts ont estimé que le PAN avait environ 250 mètres de long.

L’enquêteur indépendant Dominique Weinstein a catalogué 1305 cas d’observation de PAN par des pilotes, collectés à partir de sources officielles. Il y a 606 cas (36,7%) d’observations par des pilotes et équipages militaires, 444 cas (26,9%) d’observations par des pilotes civils, 197 cas (11,8%) d’observations par des pilotes privés. Dans 200 cas (12,1%), l’observation visuelle a été confirmée par radar au sol ou embarqué, et, dans 57 cas (3,45%), les pilotes ont noté des effets électromagnétiques et des perturbations sur un ou plusieurs des systèmes de transmission de l’avion. L’analyse de certaines caractéristiques et manœuvres de ces objets montre que ceux-ci ne correspondent pas à des phénomènes naturels ni à des engins spatiaux ou aéronautiques. Si la neutralité semble être la règle générale avec les avions commerciaux ou privés, une interaction active se produit souvent entre les OVNIs et les avions militaires. Vingt-deux cas militaires du catalogue Weinstein impliquent des quasi-collisions et six incluent des « combats rapprochés » ou manœuvres de combat entre l’OVNI et l’avion militaire. Certains OVNIs manifestent donc un contrôle intelligent lorsqu’ils interagissent avec un avion militaire.

troubles_dans_le_cielJean-Jacques Velasco considère qu’il existe une relation entre la force nucléaire stratégique, la bombe atomique, et la présence dans le ciel d’objets artificiels non identifiés. Pendant la Guerre froide, le Renseignement de l’Air Force avait noté que beaucoup d’observations se produisaient près d’« installations sensibles ». Une réunion s’était ainsi tenue le 16 février 1949 à Los Alamos (Nouveau-Mexique), à laquelle avait assisté Edward Teller, le « père de la bombe H ». Dans le compte rendu de cette réunion, le commandant Richard Mendelkorn, de la Marine américaine, a écrit qu’il y avait des raisons de s’inquiéter « sur la persistance de phénomènes inexpliqués de cette nature à proximité d’installations sensibles ». Le 28 avril 1949, le docteur Joseph Kaplan, membre du Conseil scientifique de l’Air Force, a recommandé une étude scientifique sur les phénomènes aériens non identifiés que l’on observait, ces incidents concernant la Défense nationale des Etats-Unis. Dans un rapport soumis en 1949 au Project Sign, George E. Valley, physicien au MIT, expert en radiations et membre du Conseil scientifique de l’Air Force, a mis en avant l’hypothèse d’objets extraterrestres, précisant que nous devrions nous attendre à des visites provenant de l’extérieur de notre planète, compte tenu de l’usage, à notre époque, de bombes atomiques et de fusées. Il écrivait que nous devrions nous attendre à trouver « certaines relations entre les explosions de bombes atomiques, le moment où ces vaisseaux spatiaux sont observés, et le temps nécessaire à ces vaisseaux pour aller et venir depuis leur base ». Nous connaissons le nombre d’explosions atomiques ayant eu lieu dans le monde, à l’air libre jusqu’en 1963 et sous terre de 1958 à 1998, depuis la première explosion en 1945 dans le désert du Nouveau-Mexique, jusqu’à la plus récente en Inde en 1998 : un peu plus de 2400 explosions (543 essais atmosphériques et 1876 explosions souterraines). En comparant ces essais nucléaires aux quelque 150 cas d’OVNIs visuels/radar collectés depuis 1947, on note que les courbes sont pratiquement superposées dans le temps et qu’elles coïncident, avec seulement quelques mois s’écoulant entre les explosions et les observations d’OVNIs. Il y a eu de nombreux cas d’OVNIs volant au-dessus ou près de bases du Strategic Air Command et d’autres bases militaires aux Etats-Unis, notamment pendant les années 1960. Les vols de « boules de feu vertes » et de « disques volants » ont eu lieu au-dessus de bases américaines sensibles comme à Los Alamos, Albuquerque, Kirtland AFB, Alamogordo et Holloman AFB. Les périmètres de Oak Ridge, Hanford et Knoxville, où étaient produits les matériaux pour les bombes nucléaires, ont aussi été survolés, d’autres cas documentés concernant Great Falls et Malmstrom AFB (Montana), Fairchild (Washington), Kincheloe, Wurtsmith et Sawyer AFB (Michigan), Plattsburg (New York), Loring AFB (Maine), Pease AFB (New Hampshire).

Le 24 octobre 1966, à la base de l’Air Force de Minot dans le Dakota du Nord, le système de missiles Minuteman a été perturbé, l’après-midi, alors que des OVNIs étaient observés depuis le sol par de nombreux témoins, sur trois sites différents et pendant plus de trois heures, deux objets ayant été suivis sur radar. Les communications radio ont été perturbées entre les diverses installations qui ont piloté les événements lorsque les OVNIs se sont approchés du site. A 16 heures 49, les alarmes de sécurité intérieures et extérieures du silo de missile Oscar 7 s’étant déclenchées au bureau de contrôle situé à seize kilomètres de là, une équipe de sécurité a été dépêchée et a découvert que la clôture était ouverte et que la porte horizontale fermant le silo du missile l’était aussi, cette porte en béton armé pesant près de vingt tonnes. Il n’y avait pas de traces de pneus ni aucune marque d’une visite qui auraient pu rendre compte de cela.

Le 16 mars 1967, à la base de l’Air Force de Malmstrom dans le Montana, près de vingt missiles nucléaires ont été soudainement mis hors service alors que des OVNIs se trouvaient à proximité immédiate.

Jean-Jacques Velasco note que les OVNIs nous « surveillent » peut-être, cette surveillance ayant pu se renforcer dans les périodes d’activité nucléaire dangereuse sur la planète.

Jean-Jacques Velasco note que les OVNIs semblent être des objets artificiels et contrôlés dont les caractéristiques peuvent être mesurées notamment par les radars. Ils témoignent d’une physique et d’une technologie plus avancées que sur Terre : vols stationnaires et silencieux, accélérations et vitesses défiant les lois de l’inertie, effets sur les systèmes de navigation ou de transmission électronique des avions, pannes électriques. Lorsque des avions militaires sont impliqués, ces objets peuvent anticiper et neutraliser les manoeuvres des pilotes en mission de défense et de sécurité, quelques cas montrant la capacité de ces engins « à comprendre, semble-t-il, une situation particulière, ou à anticiper les intentions de fuite ou une neutralisation militaire ». Le phénomène OVNI est, conclut Jean-Jacques Velasco, incontestablement lié à quelque chose de contrôlé et d’intelligent. La seule spéculation qu’il s’autorise à faire sur les OVNIs est que, s’ils sont des sondes artificielles, ils ne peuvent être d’origine terrestre et doivent donc venir d’ailleurs.

 

4. Xavier Passot :

201501071077-fullL’ingénieur informaticien Xavier Passot, travaillant au CNES depuis 1983, est devenu directeur du GEIPAN en 2011. Leslie Kean l’a rencontré en juin 2013 aux Etats-Unis.

Depuis 2010, afin de distinguer les cas D (voir plus haut pour la classification en quatre catégories dites A, B, C et D) – c’est-à-dire les phénomènes non identifiés – plus ou moins consistants, le GEIPAN a scindé cette catégorie en deux : D1 pour les phénomènes d’étrangeté et de consistance moyennes (exemple : un seul témoin et pas de photo) et D2 pour les phénomènes d’étrangeté et de consistance fortes (exemples : plusieurs témoins indépendants, traces ou photos).

Dans sa contribution au livre de Leslie Kean, Xavier Passot cite trois cas D1 :

Le 20 juillet 2009 vers midi, à Givet (08), une personne occupée à jardiner constata soudain la présence d’un objet brillant oblong, en forme de cigare. Cet objet, silencieux, restait stationnaire au-dessus des maisons du quartier. L’observation dura une dizaine de minutes, après quoi, le témoin, effrayé, rentra chez lui.

Le 27 novembre 2011 à 18 heures 50, à Saint-Gatien-des-Bois (Calvados, région Basse-Normandie), une automobiliste et ses enfants virent un phénomène lumineux stationnaire composé de plusieurs lumières disposées en arc-de-cercle au-dessus de l’église du village. Les témoignages des quatre témoins de la même famille concordaient, un cinquième témoin, un jeune garçon âgé de dix ans, ayant ultérieurement apporté son témoignage.

Le 29 mai 2013 à 23 heures 45, un automobiliste observa à plusieurs dizaines de mètres du sol un objet noir en forme de galet, avec deux lumières rouges à l’avant et à l’arrière. L’objet disparut derrière une haie. Pendant l’observation d’une minute, le témoin entendit un bruit de bourdonnement aigu.

Xavier Passot écrit qu’il faut avoir « la prudence de ne pas privilégier d’hypothèse », la plus grande déception, ajoute-t-il, étant de ne pas avoir encore trouvé de cas classé D2, « c’est-à-dire un cas vraiment étrange et très consistant », avec plusieurs témoins indépendants et une bonne photo ou vidéo. C’est, dit Xavier Passot, le constat déjà fait par les scientifiques réunis en 1997 autour de P. Sturrock à la conférence de Pocantico. (1)

La position, « molle », de Xavier Passot, comme celle d’ailleurs de ses deux prédécesseurs (Jacques Patenet portraitet Yves Blanc, ceux-ci ayant succédé à Jean-Jacques Velasco) à la tête du GEIPAN, diffère de celle de Jean-Jacques Velasco. Il est vrai que ce dernier ne s’est pas seulement appuyé, pour étayer sa position vis-à-vis des OVNIs, sur les quelques cas inexpliqués répertoriés par le GEPAN/SEPRA, mais qu’il s’est positionné par rapport au dossier OVNIs sur le plan mondial, avec notamment les observations de pilotes. A ce titre, il convient de préciser que si la position de Xavier Passot est certes valable par rapport aux dossiers du GEIPAN, elle devient obsolète lorsqu’on ne se limite pas aux quelques dossiers inexpliqués de l’organisme français…

 

Photo : Jacques Patenet

 

Alain Moreau

 

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