Les OVNIs aux Etats-Unis

 51CXnSxK3LL._SX318_BO1,204,203,200_En 1947, le général de corps aérien Nathan Twining, commandant l’Air Force Material Command, une Direction majeure de l’Armée de l’Air, a envoyé un mémo secret, relatif aux « disques volants », au général commandant les forces de l’Armée de l’Air au Pentagone. On y lisait que l’opinion étayée sur la base des données fournies par de nombreuses branches de l’Air Force était que le phénomène rapporté avait quelque chose de réel et de non fictif, diverses caractéristiques opérationnelles rapportées portant à croire la possibilité que certains de ces objets sont contrôlés, « soit manuellement, soit automatiquement ou à distance ».

Nathan Twining décrivait les objets volants comme métalliques ou réfléchissant la lumière, circulaires ou elliptiques, avec un fond plat et un dôme au sommet, et normalement silencieux, une formation de trois à neuf objets ayant parfois été observée. Il proposa que les forces aériennes lancent une étude sur les OVNIs… Un tel projet vit le jour au sein de l’Air Material Command, le nom de code ayant été « Project Sign » (Projet Signe). C’est au début de 1948 que la nouvelle agence entra en service à Wright Field (aujourd’hui la base aérienne de Wright-Patterson), avec pour objectif de recueillir et d’évaluer l’information, et d’établir si le phénomène constituait une menace pour la sécurité nationale. Il y eut une dissension parmi les membres de la commission, entre ceux qui pensaient que les objets volants étaient d’origine interplanétaire et ceux qui étaient déterminés à trouver une explication plus conventionnelle. Durant l’année 1948, une partie de l’équipe du Projet Signe écrivit un rapport classé top secret, une « Estimation de la situation », un rapport dans lequel on concluait, sur la base de cas convaincants, que les engins observés étaient très probablement extraterrestres. Mais le général Hoyt Vandenberg, chef d’état-major de l’Air Force, a qualifié ce document d’inacceptable en l’absence de preuves définitives.

Plus tard, le Projet Signe devint le Projet Rancoeur (Grudge), et ce dernier devint, en 1951, le Projet Livre Bleu (Project Blue Book), lequel dura dix-neuf ans. En juillet 1952, le FBI a été briefé par le bureau du général de division aérienne John Samford, directeur du renseignement de l’Air Force, et informé qu’il « n’était pas entièrement impossible que ces objets observés puissent être des vaisseaux venus d’une autre planète telle que Mars ». Le mémo du FBI rapportait que les services de renseignement aérien étaient « assez sûrs » qu’il ne s’agissait pas de « vaisseaux ou de missiles d’une autre nation de ce monde », et quelques mois plus tard on lisait, dans un autre mémo du FBI, que « quelques officiels militaires envisagent sérieusement la possibilité de vaisseaux interplanétaires ».

En juillet 1952, il y eut une série d’observations au-dessus du Capitole, des avions de l’Air Force ayant été envoyés pour intercepter des objets brillants repérés sur radar au sol. Au cours d’une conférence de presse, le général Samford, responsable du renseignement, a déclaré que, depuis 1947, entre 1000 et 2000 rapports ont été reçus et analysés, et que ces rapports avaient pu, pour la plupart, être expliqués de façon satisfaisante, mais qu’il existait un pourcentage résiduel de rapports, faits par des observateurs crédibles, « concernant des choses relativement incroyables », le phénomène concerné ne présentant pas une quelconque menace pour les Etats-Unis. Puis il a expliqué aux journalistes présents que les événements de Washington D. C. étaient probablement des aberrations causées par des inversions de température : des couches de l’atmosphère dans lesquelles des températures en hausse affectent les performances des radars. Cette interprétation a été contestée par les pilotes et les opérateurs de radars concernés.

A la fin de 1952, H. Marshall Chadwell, directeur adjoint du renseignement scientifique à la CIA, a envoyé un mémo au directeur de la CIA, mémo dans lequel il affirmait que les observations d’objets inexpliqués à haute altitude et se déplaçant à grande vitesse à proximité d’installations importantes pour la Défense américaine, sont d’une nature telle que les objets aperçus ne peuvent s’expliquer par des phénomènes naturels ou un type connu de véhicules aériens. Dans un autre mémo de 1952, intitulé « Soucoupes Volantes », Marshall Chadwell précisait que le directeur de la CIA devait être « autorisé » à initier la recherche nécessaire pour résoudre le problème des objets volants non identifiés. La CIA reconnut le besoin d’une « politique nationale » sur « ce qu’il conviendrait de dire au public au sujet du phénomène afin de minimiser le risque de panique », et il fut décidé que le directeur « devrait recourir au service de scientifiques sélectionnés pour passer en revue et évaluer les éléments de preuve disponibles ». La CIA organisa alors une réunion en réunissant, en janvier 1953, un panel de scientifiques triés sur le volet, ce panel ayant été présidé par H. P. Robertson, un spécialiste de physique et des systèmes d’armement du California Institute of Technology, pour une session de quatre jours. La commission Robertson recommanda aux agences nationales de sécurité de prendre des mesures immédiates pour dépouiller les objets volants non identifiés de l’aura de mystère qu’ils avaient « malheureusement acquise » (sic). Le « programme éducatif » avait deux objectifs principaux : la formation (pour que le public puisse être capable d’identifier les objets connus dans le ciel, afin qu’ils ne soient pas pris à tort pour des OVNIs) et le « discrédit » (le debunking), celui-ci devant être appliqué en premier lieu par les médias, l’objectif étant de parvenir à réduire l’intérêt du public pour les « soucoupes volantes ». En plus des médias, le panel recommandait de faire appel à des psychologues, des astronomes amateurs, etc. On lisait que l’utilisation de « vrais cas » montrant d’abord le « mystère », puis « l’explication », aurait beaucoup de poids. Quant aux groupes civils étudiant les OVNIs, ils devraient être « surveillés », étant donné leur « grande influence sur l’opinion de masse au cas où se produiraient de nombreuses observations ». En résumé, note Leslie Kean, un groupe de scientifiques sélectionnés par la CIA a conseillé au gouvernement américain d’encourager toutes les agences au sein de la communauté du renseignement à influencer les médias de masse et infiltrer les groupes de recherche civils dans le but de discréditer le sujet des OVNIs. Ce n’est qu’en 1975 que le rapport de la commission Roberston fut publié dans sa totalité.

Lorsqu’en 1953 la CIA a convoqué son groupe de scientifiques sélectionnés, l’astronome Allen Hynek travaillait déjà depuis plusieurs années en tant que consultant pour le Projet Livre Bleu de l’Air Force. Il avait été embauché en 1948. Il avait été l’ancien directeur de l’observatoire McMillan de l’Université de l’Etat d’Ohio, puis le président du département d’astronomie et le directeur du centre de recherche astronomique Lindheimer à l’Université Northwestern. Il siégea dans la plupart des réunions du panel Robertson et il révéla plus tard que l’information implicite du Rapport du panel était que les OVNIs étaient un non-sens, une question non-scientifique qu’il fallait discréditer à tout prix. Dans son livre paru en 1972 (et en France en 1974 sous le titre : « Les OVNIs : Mythe ou réalité ? ») : « The UFO Experience. A Scientific Inquiry », il a reconnu que le discrédit était ce que l’Air Force avait attendu de lui. Il a ainsi écrit que l’opération Livre Bleu toute entière « a été une tromperie fondée sur la prémisse que les choses incroyables qui étaient rapportées ne pouvaient reposer sur aucun fait solide ».

Les archives du Livre Bleu contiennent des cas solides auxquels ont été donnés des explications ridicules, l’explication d’Allen Hynek la plus célèbre étant celle, faite en 1966, des « gaz des marais ». Pendant deux jours, plus de cent témoins à Dexter et Hillsdale (Michigan) avaient vu des objets lumineux non identifiés à des altitudes assez faibles, proches pour beaucoup d’entre eux de zones marécageuses. Une forte pression ayant été exercée sur l’Air Force pour résoudre le cas, Allen Hynek a été appelé à une conférence de presse au cours de laquelle il a laissé entendre que ces lumières pourraient être des lueurs dues à des « gaz de marais », un phénomène rare produit par l’embrasement spontané d’une végétation pourrissante. Avec cette explication, Allen Hynek a dû faire face à l’hostilité générale de la presse et du public.

Le commandant Donald Keyhoe – qui appartenait au NICAP (National Investigation Committee on Aerial Phenomena) – et le docteur James E. McDonald (un physicien de l’atmosphère de l’Université de l’Arizona) ont mis en cause l’approche du Projet Livre Bleu. En 1966, un membre du Panel Robertson, l’astrophysicien Thornton Page (de l’Université John Hopkins), a écrit à Frederick Durant (chef du département aéronautique du Musée national de l’Air et de l’Espace), un autre membre du Panel Robertson, qu’il avait aidé à organiser l’émission télévisée (animée par Walter Cronkite) de CBS autour des conclusions du Panel Robertson. Cette émission avait démoli le sujet OVNIs avec de fausses affirmations, comme celle voulant qu’il n’existait aucun élément radar ou photographique en faveur de l’existence physique des OVNIs. Dans cette émission, Thornton Page défendit l’objectivité de l’évaluation du Panel Robertson. Walter Cronkite a expliqué que le Panel de la CIA n’avait trouvé aucune preuve de l’existence des OVNIs et il a conclu le programme en encourageant les téléspectateurs à se rappeler que « si l’imagination nourrit la science-fiction, la science est mieux servie par les faits ».

Le député Gerald Ford, alors leader de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, réclama au Congrès des auditions sur le sujet des OVNIs. Juste avant l’émission de Walter Cronkite, le 5 avril 1966, le Comité des services armés de la Chambre des représentants avait auditionné, sur le problème OVNIs, des membres de l’Air Force ainsi que le consultant Allen Hynek, et il avait pris en considération leur recommandation en faveur d’une enquête scientifique indépendante (en dehors du Projet Livre Bleu). A la fin de 1966, un programme d’étude des OVNIs fut accepté à l’Université du Colorado, cette étude, financée par le gouvernement, devant être dirigée par le physicien Edward U. Condon (ancien responsable du National Bureau of Standards). Mais il est vite apparu qu’Edward Condon a exprimé des positions personnelles très négatives sur le sujet et qu’il n’avait jamais eu l’intention de procéder de manière impartiale et objective. Deux membres du projet ont révélé un mémo compromettant du 9 août 1966, émanant de Robert Low, le coordinateur du projet, et qui était destiné à deux doyens de l’Université. Robert Low y discutait le pour et le contre sur l’intérêt d’entreprendre le projet de recherche sur les OVNIs. Il écrivait qu’il n’est pas respectable de considérer sérieusement la possibilité de l’existence des OVNIs, qu’il est inimaginable de considérer la possibilité que les « soucoupes » se comportent selon des lois physiques inconnues. Et « nous perdrions plus de prestige dans la communauté scientifique que nous ne pourrions en gagner en entreprenant cette enquête ». Puis vient ce passage :

Furieux que ce mémo eusse été rendu public, Edward Condon renvoya dès le lendemain les deux membres de l’équipe responsables de la fuite. Dans une conférence de janvier 1967, il recommanda au gouvernement de se retirer de ce dossier, ce dernier n’ayant, d’après lui, aucun intérêt. Il ajouta qu’il n’était pas censé parvenir à une conclusion avant un an.

En juillet 1968, une seconde session d’auditions fut organisée par le Comité Science et Astronautique de la Chambre des Représentants. Des scientifiques extérieurs à l’Air Force ont émis des réserves sur la validité de l’étude Condon et ont appelé à la poursuite de la recherche sur les OVNIs. Le docteur James McDonald a étudié, pendant deux ans, des dossiers auparavant classifiés et des enregistrements radars d’OVNIs, et il a interviewé plusieurs centaines de témoins. Il a précisé qu’il penchait en faveur de l’hypothèse extraterrestre.

Le rapport du Comité Condon, d’environ mille pages, a été publié en 1968. On y lisait qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre l’étude scientifique des OVNIs, la fermeture du projet Livre Bleu y étant recommandée. Les témoignages d’OVNIs soumis au gouvernement fédéral devaient désormais être déclarés sans suite. On lisait aussi qu’aucun OVNI n’avait posé de problème de sécurité nationale ou de défense et qu’il n’existait aucun secret officiel sur les rapports d’OVNIs. Mais le résumé de deux pages du Rapport Condon, diffusé à la presse et au public, contredisait en réalité les éléments donnés dans l’ouvrage. En fait, Edward Condon n’avait pas lui-même participé à l’analyse des cas évoqués dans le rapport et il n’a même pas lu le document final. Les cas intéressants étaient noyés au milieu de cas d’intérêt marginal, certains cas importants n’ayant par ailleurs pas été évoqués. Pourtant, quelques rapports confirmaient la réalité du phénomène OVNI. Ainsi, William K. Hartman, astronome à l’Université de l’Arizona, a étudié deux photos prises à McMinville (Oregon) et expliqué qu’il s’agissait, dans ce cas, de l’un des quelques rapports d’OVNIs dans lesquels tous les facteurs considérés « semblent consistants avec l’affirmation selon laquelle un objet volant extraordinaire, argenté, métallique, en forme de disque, de plusieurs dizaines de mètres de diamètre, et à l’évidence artificiel, a volé à la vue de deux témoins ». (Note d’Alain Moreau : Selon une analyse effectuée, des décennies après, par François Louange, l’objet photographié est en fait une maquette.) En dépit de cela, on lisait, dans le résumé d’Edward Condon, qu’au cours des vingt années précédentes rien n’était apparu dans l’étude des OVNIs qui eusse contribué à la connaissance scientifique. Puis l’Académie Nationale des Sciences a approuvé les recommandations d’Edward Condon en disant qu’une étude globale des OVNIs ne constituait pas « une voie prometteuse pour accroître notre compréhension scientifique des phénomènes ». Quant à Edward Condon, il a fini par déclarer, au « New York Times », que ce type d’investigation était « un tissu d’absurdités complètes » et qu’il regrettait de s’être « engagé dans une telle folie ». Quant à l’Institut Américain d’Aéronautique et d’Astronautique (AIAA), il a déclaré que le résumé d’Edward Condon ne reflétait pas les conclusions du rapport, mais révélait largement les conclusions personnelles d’Edward Condon. Les scientifiques de l’AIAA n’ont trouvé dans le rapport aucune justification à la déclaration d’Edward Condon concernant le manque d’intérêt scientifique d’autres études, mais ils ont noté au contraire qu’un phénomène avec un taux aussi élevé (environ 30% dans le rapport) de cas inexpliqués « devrait éveiller suffisamment de curiosité scientifique pour poursuivre son étude ».

Leslie Kean note, à juste titre, que derrière le mépris et l’esprit fermé de gens comme Edward Condon et Robert Low se trouvait une fois de plus le problème de la confrontation avec l’hypothèse extraterrestre. Néanmoins, contrairement à ce qu’elle écrit et à ce qu’Allen Hynek disait à l’époque, Edward Condon et ses soutiens ne faisaient pas l’erreur de relier la notion d’OVNI à quelque chose d’extraterrestre, pensant que si les OVNIs étaient reconnus comme un phénomène authentique, une acceptation implicite de l’hypothèse extraterrestre en découlerait. Une fois que l’on a éliminé les phénomènes naturels et la technologie terrestre (avions, etc.), il ne reste plus grand-chose que l’hypothèse extraterrestre ! (Note d’Alain Moreau : Laissons tomber les fadaises à propos de Gaïa et des entités fluidiques trompeuses, ainsi que les délires démoniaques des fondamentalistes religieux. Quant aux « voyageurs temporels terrestres », s’il y en a, ils ne sont sûrement pas nombreux, et en tout cas ils ne ressemblent pas, par exemple, à des « petits Gris » ou à des « Reptiliens », car, dans le cas contraire, nos lointains descendants auraient de « drôles de tronches »… Certes, il reste la « Terre creuse », et il est vrai que, d’après certaines sources, certains OVNIs – mais seulement certains, dois-je insister – viennent du monde souterrain de l’Agartha, ou, comme dirait Anton Parks, de « l’Abzu » de notre planète.) Quoi qu’il en soit, il est vrai, comme le précise Leslie Kean, que l’hypothèse extraterrestre était clairement inacceptable pour des individus comme Edward Condon et Robert Low, tout professionnel admettant une telle possibilité risquant de perdre son prestige « au sein d’une communauté scientifique qui n’était pas ouverte à un concept aussi radical ».

En décembre 1969, l’Air Force annonça la fin du Projet Livre Bleu, la seule enquête officielle, sur les OVNIs, du gouvernement américain. Dès lors, les scientifiques pouvaient justifier leur rejet des OVNIs en citant les conclusions du Rapport Condon et le gouvernement pouvait se référer à la décision de l’Air Force de clore son investigation pour justifier son désintérêt à l’égard des cas d’OVNIs. Et les médias pouvaient profiter du mouvement tout en se moquant du sujet OVNIs…

Leslie Kean note que depuis quarante ans rien n’a changé en Amérique. L’Air Force continue a envoyer essentiellement la même lettre standard qu’elle avait commencé à utiliser après la fin du Livre Bleu. Ce document présente les mêmes trois points que ceux avancés dans le communiqué de presse de 1969 annonçant la fermeture du Livre Bleu. Il disait alors, comme aujourd’hui, que le gouvernement américain n’enquête plus sur les OVNIs pour les raisons suivantes :

Aucun OVNI n’a fourni aucune indication de menace pour la sécurité nationale.

Aucun élément de preuve n’établit que les observations considérées comme « non identifiées » représentent des développements technologiques ou des principes au-delà de nos connaissances scientifiques actuelles.

Aucun élément de preuve n’indique que les observations considérées comme « non identifiées » sont des véhicules extraterrestres.

Quant à l’origine extraterrestre, cela reste une hypothèse non prouvée, mais, ajoute Leslie Kean, il y avait à l’époque assez d’éléments « pour continuer à considérer cette hypothèse et certainement aucune justification pour l’écarter complètement ».

Le vice-amiral Roscoe Hillenkoetter, qui fut le premier président de la CIA (jusqu’en 1950), était en désaccord avec la position de la CIA en 1953, et, en 1960, il fit une déclaration rapportée par le « New York Times », disant qu’en coulisse des officiers de l’Air Force de haut rang étaient sérieusement préoccupés par les OVNIs, l’Air Force ayant imposé le silence à son personnel. Dans cet article, on lisait que l’Air Force avait envoyé à ses commandements un avertissement pour traiter les OVNIs comme une « question sérieuse » directement liée à la défense de la nation… Plus tard la même année, le député Leonard G. Wolf a inscrit dans le Journal du Congrès une « alerte urgente » du vice-amiral Hillenkoetter stipulant que « certains dangers sont liés aux objets volants non identifiés », notamment dans la mesure où les OVNIs pourraient causer une guerre accidentelle s’ils étaient pris par erreur pour des armes soviétiques. Il soulignait que le général L. M. Chassin, coordinateur des Forces aériennes alliées de l’OTAN, avait déclaré que si on persiste à refuser de reconnaître l’existence des OVNIs, on arrivera un jour à les prendre pour des missiles guidés ennemis et le pire arrivera.

Le matin du 24 mars 1967, deux ans avant que l’Air Force eusse dit au public que les OVNIs ne constituaient pas une menace pour la sécurité nationale, l’officier de lancement de missiles Robert Salas reçut un appel d’un garde de sécurité effrayé signalant qu’un objet rouge lumineux, de forme ovale, survolait directement le centre de contrôle de lancement Oscar sur la base de l’Air Force de Malmstrom dans le Montana. Robert Salas, qui était membre d’une équipe chargée des sites de missiles et responsable, en cas de guerre, du déploiement des missiles à tête nucléaire, a réveillé le commandant de l’équipe, le premier lieutenant Fred Meiwald. Moins d’une minute après l’appel, les missiles ont commencé à être désactivés l’un après l’autre. Dix missiles se trouvaient à Oscar Flight, distants de huit à seize kilomètres du centre de contrôle au-dessus duquel se trouvait l’OVNI en sol stationnaire. Ils étaient séparés entre eux d’environ 1,6 kilomètre, avec des sources indépendantes de secours électrique. Une semaine auparavant, le matin du 16 mars 1967, à environ cinquante-six kilomètres d’Oscar Flight, des OVNIs avaient aussi visité le site d’Echo Flight, et, là aussi, tous les missiles étaient tombés en panne. Au total, vingt missiles ont ainsi été, en une semaine, mis hors service. Un télex de l’Air Force, alors classé secret-défense, disait que les dix missiles d’Echo Flight avaient perdu, en moins de dix secondes, leur statut « en alerte stratégique ». Des années plus tard, Robert Salas a appris, de la part d’ingénieurs de Boeing, que les techniciens avaient vérifié toutes les causes possibles aux pannes des missiles, sans pour autant trouver d’explication définitive à ce qui s’était passé. A l’époque, il fut suggéré que la cause la plus probable était une sorte d’impulsion électromagnétique envoyée directement dans l’équipement. Pour produire cet effet, la force impliquée a dû pénétrer vingt mètres dans le sol. En 1995, quand le lieutenant Salas tenta d’accéder à des dossiers gouvernementaux sur cet incident, l’Air Force lui renvoya une réimpression de sa déclaration publique de 1969, selon laquelle aucun OVNI n’avait jamais donné l’indication d’être une menace pour la sécurité nationale, avec une lettre affirmant que c’était toujours le cas. Etant donné son expérience, Robert Salas est en désaccord avec cette affirmation quant à la sécurité nationale, précisant qu’elle est « tout simplement incorrecte ».

Un document gouvernemental classé secret-défense a été divulgué en application de la Loi sur la liberté d’information. Ce document avait été diffusé deux mois avant l’annonce par l’Air Force, en 1969, de la fin des enquêtes sur les OVNIs. Il s’agit du « mémo Bolender » daté d’octobre 1969. L’objet de ce mémo envoyé par le général de brigade aérienne Carroll H. Bolender, un ancien pilote de chasse de nuit pendant la Seconde Guerre mondiale qui devint plus tard chef de mission Apollo à la NASA, était de mettre officiellement fin au Projet Livre Bleu. A cette occasion, Carroll Bolender soulignait que les régulations étaient déjà en vigueur pour que les observations d’OVNIs pouvant affecter la sécurité nationale soient rapportées, ces régulations ne faisant pas partie « du système Livre Bleu ». Leslie Kean observe à ce propos que cela suggère qu’avant même la fermeture de Livre Bleu, les rapports les plus sensibles étaient déjà transmis ailleurs par d’autres canaux. Carroll Bolender ajoutait que « les fonctions de défense pouvaient être accomplies dans le cadre établi pour les opérations de renseignement et de surveillance, sans besoin de maintenir une unité spéciale telle que le projet Livre Bleu ».

Dans les cas iranien (Parviz Jafari) et péruvien (Oscar Santa Maria Huertas), des officiels du gouvernement américain ont rédigé des rapports classifiés, ces rapports montrant qu’ils ont pris ces cas au sérieux tout en gardant secret leur intérêt.

Dans le Montana, l’U. S. Air Force a fait décoller des chasseurs pour poursuivre des objets « inconnus », ainsi que l’a rapporté le journal officiel du directeur régional du vingt-quatrième secteur du NORAD (North American Air Defense Command). Le 8 novembre 1975, ce journal a signalé l’arrivée de deux à sept OVNIs, l’un décrit comme un « objet rouge virant à l’orange et au jaune », avec de petites lumières. Un objet fut décrit avec des lumières blanches et rouges. Deux F-16 ont tenté de s’approcher, mais les lumières de l’objet se sont éteintes, et elles ne se sont rallumées que lorsque les chasseurs sont repartis. L’objet, qui a accéléré à une très grande vitesse, est parti en altitude jusqu’à ce qu’il ne fusse plus possible de le distinguer des étoiles. Le jour suivant, on évoquait, dans le journal, l’observation d’un objet en forme de disque orange et blanc, cette observation ayant donné lieu à un ordre d’envoi d’une « équipe mobile de sécurité ». Deux autres objets ont été observés le 12 novembre, l’un ayant semblé envoyer vers le sol un faisceau de lumière intermittent, avant de disparaître.

Selon le « Washington Post », des rapports du département de la Défense ont mentionné que des OVNIs avaient été poursuivis par des chasseurs de l’Air Force après que les objets eussent survolé, en 1975, trois sites super-sensibles de lancement de missiles nucléaires. Ces observations ont été confirmées par radar au-dessus d’installations dans le Montana, le Michigan et le Maine. Les objets s’étaient placés en vol stationnaire, parfois à trois mètres au-dessus du sol. Dans plusieurs cas, une fois la sécurité de la base franchie, l’Air Force a envoyé des chasseurs et même des troupes aéroportées pour effectuer des poursuites, sans succès. Les rapports n’indiquaient pas si les chasseurs avaient fait feu sur les intrus. (1)

 

1. ONU, NASA, FAA et secret d’Etat :

En 1978, Sir Eric M. Gairy, alors premier ministre de la Grenade, a proposé à l’Assemblée générale des Nations Unies que l’ONU établisse une agence ou un département des Nations Unies « pour entreprendre, coordonner et disséminer les résultats de la recherche sur les objets volants non identifiés et phénomènes apparentés ». Avec ses associés, Jacques Vallée et le lieutenant-colonel Larry Coyne (un pilote de l’armée américaine dont l’hélicoptère était presque entré en collision avec un OVNI en 1973), Allen Hynek a demandé, lors d’une audition à l’ONU, que les Nations Unies fournissent un cadre dans lequel les spécialistes travaillant sur le phénomène OVNI pourraient partager leurs études. Il souligna que les OVNIs avaient été signalés dans 133 pays membres de l’ONU et qu’il y avait plus de mille cas dans lesquels étaient mentionnées des traces physiques… Mais la délégation des Etats-Unis à l’ONU a rejeté l’initiative d’Eric Gairy, parlant d’un « argumentaire de vente à l’emporte-pièce » et tentant même d’empêcher la simple proposition de cette résolution. En dépit des efforts américains pour bloquer le vote, l’Assemblée Générale a finalement adopté un projet de résolution soumis par la Grenade, mais tout s’est arrêté en 1979 quand Eric Gairy a été délogé par une prise de pouvoir communiste interne. Allen Hynek avait informé le comité de l’ONU de l’étude française (le GEPAN) ouverte par le CNES. A la même époque, des efforts avaient été entrepris en Amérique pour mettre en place, au sein de la NASA, une nouvelle investigation sur les OVNIs. Cette requête avait été faite par le Président américain Jimmy Carter, mais même ce dernier n’a pu obtenir de cette agence spatiale d’évaluer les éléments de preuve concernant les OVNIs et de voir si, éventuellement, un organisme d’investigation serait justifié au sein de la NASA.

Jimmy Carter avait lui-même observé un OVNI en 1969, avant de devenir gouverneur de la Géorgie, et, en 1973, alors qu’il était gouverneur, il avait rempli un formulaire d’enquête de deux pages en réponse à la requête d’un groupe civil de recherche. Selon ce rapport, alors qu’il s’apprêtait à faire un discours lors d’un meeting à Leary (Géorgie), lui et dix membres du Lion’s Club de Leary ont vu un objet brillant et lumineux, à certains moments aussi grand que la Lune. Pendant plus de dix minutes, cet objet a changé de couleurs, « s’est approché et éloigné à plusieurs reprises », et à d’autres moments est resté immobile. Puis l’objet a disparu.

En 1977, un an et demi après l’élection de Jimmy Carter en tant que Président, le conseiller scientifique Frank Press a écrit à Robert Frosch, administrateur de la NASA, pour lui recommander la mise en place, par la NASA, d’un « petit groupe d’enquête » pour voir s’il y avait de « nouvelles découvertes significatives » depuis le rapport Condon. Frank Press écrivait que le point focal de la question OVNI devrait être à la NASA. Dans sa réponse initiale, Robert Frosch déclara qu’un groupe d’enquête comme celui qui était suggéré « pourrait peut-être découvrir des choses intéressantes », et il a suggéré que la NASA devienne « chargée de projet » pour passer en revue les rapports OVNIs des dix dernières années et faire une recommandation. La Maison Blanche approuva. Mais l’Armée de l’Air américaine, qui avait publiquement déclaré que les OVNIs ne valaient pas la peine d’être enquêtés, n’était pas favorable à la requête de l’administration Carter voulant que la NASA initie une nouvelle enquête. Ainsi, le colonel Charles E. Senn, chef de la Division des Relations publiques de l’Air Force, a écrit, dans une lettre adressée au général Duward L. Crow, de la NASA, qu’il espérait sincèrement qu’il allait réussir à empêcher la réouverture des investigations OVNI. Après un échange de lettres, de mémos et de demandes faites à divers niveaux hiérarchiques de la bureaucratie de la NASA, l’agence a rejeté, en décembre 1977, la demande du Président des Etats-Unis. Robert Frosch a dit que la NASA avait besoin de preuves physiques venant de sources crédibles, disponibles pour analyses en laboratoire. Au vu de l’absence de telles preuves, a-t-il ajouté, « nous n’avons pas été capables de concevoir une procédure scientifique sérieuse pour enquêter sur ces phénomènes ». C’est pourquoi il a proposé que rien ne soit fait en vue « d’établir une activité de recherche dans ce domaine ou de réunir un symposium sur ce sujet ».

Richard C. Henry, professeur d’astrophysique à l’Université John Hopkins, était alors directeur adjoint de la Division d’astronautique de la NASA et impliqué dans le processus de décision. Dans un texte publié en 1988, il avait exprimé son désaccord avec l’affirmation de Robert Frosch relative à l’absence de preuves tangibles ou physiques, car, écrivait-il, il existait à l’époque une abondance d’éléments de preuves significatifs, une situation dont il était parfaitement conscient en tant que responsable de la Division d’astrophysique. Richard Henry ajouta que la déclaration de Robert Frosch niant l’existence d’un protocole scientifique solide était tout simplement fausse. Dans un mémo adressé à Noel Hinners, administrateur des sciences spatiales de la NASA, il a écrit que l’Académie nationale des sciences a soutenu l’étude Condon sur les OVNIs et en particulier son protocole, ajoutant que cela ne tenait guère de dire qu’aucun protocole solide n’était possible. Il précisa que le protocole devait inclure la possibilité que le phénomène OVNI fusse dû en partie à des intelligences bien plus avancées que nous. Ironiquement, note Leslie Kean, c’était le rapport Condon qui avait installé la tonalité négative au sein de la science établie et « influencé sans nul doute le rejet inconséquent de la requête, scientifiquement fondée, de Carter ».

La FAA (Federal Aviation Administration) semble être, note Leslie Kean, un candidat encore moins plausible que la NASA pour s’occuper des OVNIs. Ainsi, en 2006, la FAA a informé les pilotes et autres témoins professionnels de l’aviation que le disque ayant survolé l’aéroport d’O’Hare était en réalité un phénomène météo, alors que la météo était tout à fait normale, et elle avait attribué la vision à un nuage perforé, un phénomène météorologique très rare qui requiert une température inférieure à zéro degré, alors que la température au-dessus d’O’Hare était bien au-dessus de zéro…

Par contre, au Royaume-Uni, la CAA (Autorité de l’Aviation Civile) n’a pas essayé d’étouffer l’histoire (qui a été traitée par la BBC) du capitaine Ray Bowyer et de ses passagers qui, en 2007, avaient observé une paire d’objets brillants au-dessus de la Manche, de nombreux dossiers de la CAA sur des cas non résolus ayant été en outre publiés. Ainsi, en 1999, un reportage de la BBC annonçait qu’un OVNI avait évité de justesse la collision avec un avion commercial transportant des passagers depuis l’aéroport d’Heathrow à Londres, cet objet ayant intrigué les experts de l’aviation. Un objet métallique était passé à moins de dix mètres de l’avion, mais il n’avait pas été repéré par radar. La BBC a rapporté que le pilote avait fait un rapport de quasi-collision et que l’Autorité de l’Aviation Civile n’avait trouvé aucune explication à l’incident, celui-ci ayant aussi confondu les experts militaires et la police locale.

Aux Etats-Unis, la FAA a informé ses employés qu’elle ne voulait avoir rien à faire avec des témoignages d’OVNIs ou de quelque anomalie que ce soit, et le manuel 2010 d’information aéronautique de la FAA précise, dans sa section 6, que les personnes voulant faire un rapport sur un OVNI /phénomène inexpliqué doivent contacter un centre de collecte tel que Bigelow Aerospace Advanced Space Studies, une organisation de recherche sur des technologies spatiales émergentes, ou le National UFO Reporting Center (NUFORC), un groupe civil disposant d’une ligne d’appel sur les OVNIs et des formulaires de témoignages. Deux témoins de l’incident d’O’Hare ont appelé séparément le NUFORC, sans savoir que le manuel de la FAA préconisait exactement ce qu’ils avaient fait. Ce sont leurs rapports qui ont été transmis au « Chicago Tribune », ce qui a incité le reporter Jon Hilkevitch à enquêter et à publier cette histoire en première page.

Leslie Kean note que nous n’avons pas la moindre certitude sur l’existence ou l’inexistence d’un organisme secret de recherche sur les OVNIs. Néanmoins, elle précise que nombre de sources fiables lui ont parlé de conversations avec des contacts militaires de haut niveau qui leur ont dit être conscients de l’existence d’un programme de recherche sur les OVNIs profondément caché, tellement protégé « que même des gens aux plus hauts niveaux militaires s’en voient refuser l’accès ». Quelques-uns de ces récits indépendants incluent des noms et des détails spécifiques. Quelques-unes des sources anonymes auxquelles Leslie Kean fait référence incluent des scientifiques établis, tous titulaires d’un doctorat et d’un long C.V., certains ayant travaillé pour la CIA ou d’autres agences de renseignement. Il y avait notamment un astrophysicien, un physicien, un astronome et un ingénieur aérospatial de la NASA.

A la fin de 2009, le commandant Will Miller, retraité de l’U. S. Navy, a accepté de répondre à des questions que Leslie Kean lui a soumises au sujet du secret gouvernemental. En 1994, celui-ci a reçu la médaille du Mérite de la Défense. Officier de Marine et ancien combattant décoré au Vietnam, il est ensuite devenu officier senior au centre de commandement des opérations du Ministère de la Défense, analyste senior du renseignement, directeur de programmes pour des opérations futures du DoD (Department of Defense : Ministère de la Defense), tels que le planning pour la Troisième Guerre mondiale (WWIII), des systèmes d’armes non létales et des systèmes spatiaux futurs. Il a été conseiller pour l’U. S. Space Command, l’U. S. Southern Command et la Joint Interagency Task Force East. En tant qu’expert en opérations spéciales de contrôle des risques, Will Miller avait une habilitation au niveau Top Secret avec accès aux informations sensibles et compartimentées (SCI, Sensitive Compartmented Information), et il avait donc accès à des informations sensibles à un niveau supérieur à la classification Top Secret, incluant ce qui est lié à des sujets et programmes non reconnus publiquement. Dans les années 1980, alors qu’il était officier en service actif, il ne cachait pas son intérêt pour les OVNIs. En 1989, il était devenu très conscient de ce que des officiers militaires de haut rang n’étaient pas correctement informés sur le phénomène OVNI. Si la totalité des données était examinée, a-t-il dit, la conclusion évidente serait que les OVNIs ne sont pas hostiles, et c’est précisément ce que les autorités militaires ont déclaré : les OVNIs ne représentent pas de menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis.

Après avoir pris sa retraite de l’U. S. Navy, Will Miller a organisé des réunions d’information qui ont abouti, en 1997, à des rencontres avec le vice-amiral Thomas R. Wilson, directeur adjoint du Renseignement pour la réunion des chefs d’état-major, et, en 1998, avec Patrick M. Hughes, général de corps aérien et directeur de la Defense Intelligence Agency (DIA). Thomas Wilson devint plus tard directeur de la DIA et Patrick Hughes devint vice-président pour le renseignement et le contre-terrorisme à la Direction de la Sécurité Intérieure. Will Miller a fourni à Leslie Kean un compte rendu détaillé et confidentiel de ces réunions, incluant les participants, les briefings préparatoires, les sujets discutés et les réactions des participants. A ses briefings, il avait soulevé deux questions de sécurité nationale : le risque d’agression humaine non informée contre les OVNIs, pouvant conduire à un désastre, et le manque d’attention du gouvernement pour l’intérêt public concernant les OVNIs (et son refus de fournir des réponses honnêtes à des questions légitimes).

Leslie Kean, qui a contacté la première fois Will Miller en 1999, avait envoyé à celui-ci une copie confidentielle de la traduction du rapport français COMETA, alors qu’elle écrivait, pour le « Boston Globe », son premier article sur les OVNIs. Elle a eu avec lui des entretiens téléphoniques, puis ils se sont rencontrés. Les officiers militaires avec qui Will Miller a parlé d’OVNIs étaient très intéressés à obtenir des informations factuelles à leur propos, car, même au niveau d’officiers généraux, ils ne pouvaient pas obtenir cette information par les circuits normaux du renseignement militaire. Au fil des ans, il est devenu de plus en plus convaincu de l’existence d’un programme OVNI bien caché, limité au « besoin de savoir », et ce, sur la base de déclarations effectuées par des personnels militaires ayant assisté à ses briefings au Pentagone et ailleurs.

A la fin de 2009, Leslie Kean a demandé à Will Miller quelle était son évaluation globale. Il a répondu, dans un e-mail, par les points suivants :

1. C’est un fait que des gens haut placés dans le gouvernement s’intéressent au sujet OVNIs. C’est, dans bien des cas, parce qu’eux-mêmes ou des membres de leur famille proche ont fait une observation ou ont eu une expérience personnelle du phénomène.

2. Lorsqu’on dit que le gouvernement est au cœur d’une dissimulation massive, le plus souvent ce n’est pas le cas, car les personnes qui occupent des postes au sein desquels nous dirions qu’ils « doivent savoir », ne savent rien du tout.

3. Il est convaincu que beaucoup de personnels civils et militaires aux plus hauts niveaux de diverses agences, de départements et organisations, sont sciemment laissés dans l’ignorance, de sorte que ces dirigeants peuvent nier, de manière honnête et plausible, toute connaissance du sujet.

Il note que le « groupe de contrôle » ne peut permettre qu’une information sur sa recherche OVNI bien gardée soit accessible à quiconque, en dehors de ceux qui sont spécialement autorisés pour ce « Programme à Accès Spécial Non Reconnu » (USAP : Unacknowledged Special Access Program). Ni les responsables du Renseignement pour la réunion des Chefs d’état-major (Joint Chiefs of Staff Intelligence), ni le directeur de la DIA, n’ont pu obtenir une information sur le sujet. Or, Will Miller dit savoir que des sources au sein d’organisations multiples conservent une telle information. Les dirigeants restent « protégés » d’un tel savoir. Pour autant qu’il sache, les membres de la réunion des Chefs d’état-major en général ne sont au courant des OVNIs et des questions de secret qui s’y rattachent que par ce qu’ils lisent et voient à la télévision. Il n’y a pas de questions de secret liées aux OVNIs puisque le consensus est qu’on n’a pas prouvé qu’ils existent et que, dès lors, ils n’ont pas de place sur la liste des questions secrètes dont les membres du Joint Staff n’ont pas le droit de parler. Will Miller tient pour établi qu’il existe de telles informations dans plusieurs « agences à trois lettres ». Cela n’est pas une surprise, ajoute-t-il, étant donné que des agences ont par le passé suivi à la trace ces objets, reçu des rapports à leur sujet, et établi des rapports sur des rencontres militaires et/ou civiles avec ces objets et/ou leurs effets.

Le commandant Miller a fait référence à la possibilité d’un programme à accès spécial non reconnu (USAP) comme le lieu possible d’un groupe contrôlant l’accès à l’information OVNI. Un USAP est, au sein du Ministère de la Défense, un mécanisme permettant de contrôler de l’information sensible sans que le public en connaisse l’existence. Dans un rapport d’enquête de Bill Sweetman, publié dans la « Jane’s International Defense Review », on apprend que les Programmes à accès spécial (SAPS : Special Access Programs) sont structurés de telle manière que les gens qui sont impliqués dans l’une de ses composantes ne savent pas ce qui se passe dans une autre, ce qui les empêche d’avoir une vue d’ensemble. L’USAP évoqué par Will Miller est un « programme noir » si sensible que les participants sont requis de nier son existence s’ils sont interrogés à ce propos, car même un « sans commentaire » est considéré comme une confirmation. La protection de tels projets s’appuie sur la désinformation, la dissémination de données plausibles mais fausses. De fausses informations se mêlent ainsi souvent à une chose vraie, de sorte que les deux types d’infos ne peuvent être distingués et que la vérité est discréditée.

En 2008, Leslie Kean a fait l’acquisition d’un document venant du Royaume-Uni, communiqué à un chercheur sur demande FOIA. Il a été écrit en 1993, alors que Nick Pope occupait le « bureau OVNIs » au Ministère de la Défense. Ce document d’une page, intitulé « Unidentified Aerial Phenomena Study », est une proposition d’étude (qui fut approuvée et devint le Project Condign). Initié par le Département du Renseignement de la Défense (DIS), il requérait l’approbation du Département de Nick Pope et il a été adressé au supérieur hiérarchique de ce dernier, le directeur adjoint de l’Air Staff. Dans ce document classifié « Secret UK Eyes A », le passage intéressant se trouve dans le paragraphe 2 où on lit (avec deux morceaux supprimés et remplacés par une série de X) :

« I am aware, from intelligence sources, that XXXXX believes that such phenomena exist and has a small team studying them. I am also aware that an informal group exists in the XXXXXXXXXXX community and it is possible that this reflects a more formal organisation. »

Il est donc fait ici référence à une petite équipe étudiant le phénomène OVNI, à un groupe informel… En tenant compte de l’espace effacé, Leslie Kean suggère que les mots manquants sont : « Russie » et « US Intelligence », ce qui donnerait ceci :

« J’ai conscience, d’après des sources du renseignement, que la Russie croit que de tels phénomènes existent et a une petite équipe pour les étudier. Je suis également conscient de ce qu’un groupe informel existe au sein de la communauté du Renseignement US et il est possible que cela soit le reflet d’une organisation plus formelle. »

Leslie Kean note que le programme opérerait non seulement dans le dos du public et des médias, mais aussi du Congrès, du Sénat et du Président. Elle a demandé à Nick Pope, lequel a reconnu qu’il avait aidé le collègue du DIS à rédiger ce projet de proposition d’étude OVNI et qu’il pouvait se rappeler quels étaient les deux pays effacés du document. Leslie Kean lui ayant demandé de réagir à son interprétation des deux mots manquants et lui ayant demandé s’il pouvait y répondre de quelque façon, la réponse de Nick Pope fut : « Sans commentaire ».

Des gens, qui n’ont pas de relations avec des sources crédibles comme celles citées plus haut, affirment avoir une connaissance directe de certains aspects d’une sinistre manipulation gouvernementale, et, écrit Leslie Kean, des groupes ufologiques sans discernement en ont fait des héros, eux ou leurs porte-parole, et les ont mis en avant dans des conférences de presse, les ridiculisant. Des activistes lancent, ajoute-t-elle, des accusations sans fondement, reposant plus sur des rumeurs que sur sur des faits établis.

En 1999, le groupe français COMETA a fustigé les Etats-Unis pour ce qu’il a appelé un « arsenal répressif impressionnant » de tactiques protégeant l’information sur les OVNIs, incluant une politique de désinformation et des règles militaires prohibant la révélation publique des observations. Ainsi, la réglementation 200-2 de l’Air Force, « Témoignages sur les Objets Volants Non identifiés », interdit la divulgation au public et aux médias de toute donnée sur « ces objets qui ne sont pas explicables ». Dans la Joint Army Navy Air Force Publication 146 (JANAP 146), on menace de poursuites toute personne sous sa juridiction (pilotes, agences civiles, capitaines de la marine marchande, et même certains bateaux de pêche) si elle divulgue un rapport d’observation relevant de la sécurité américaine.

En 1997, des dossiers OVNIs de la NSA (National Security Agency) ont été divulgués, suite à une action en justice lancée des années auparavant, mais ils étaient si lourdement censurés (les suppressions étant liées à la protection de sources et de méthodes sensibles) qu’ils étaient pratiquement inutilisables.

Le sénateur Barry Goldwater, pilote et général de division de la Réserve de l’Air Force, avait étudié des rapports de pilotes et s’intéressait depuis longtemps aux OVNIs, et il était convaincu qu’un programme OVNI secret existait vraiment. Dans une lettre datée de 1975, il a écrit qu’environ dix ou douze ans auparavant, il avait essayé de découvrir ce qu’il y avait dans le bâtiment de la base de Wright-Patterson où était stockée l’information collectée par l’Air Force, et, bien sûr, on lui en a refusé l’accès. Il précisa : « Cela reste classifié au-delà du Top Secret. » Dans une lettre de 1981 à un enquêteur, Barry Goldwater a écrit qu’il avait subi, de la part d’un chef après l’autre, une longue série de refus. Et en 1983, il a précisé qu’il n’avait aucune idée de qui contrôlait le flux du « besoin de savoir » et qu’on lui a dit, de « manière solennelle », que cela ne le regardait pas. Questionné en 1994 lors d’une interview à la radio, le sénateur Goldwater déclara qu’il croyait que le gouvernement savait vraiment et qu’il pensait que si on pouvait accéder à certains lieux de la base de Wright-Patterson, on découvrirait ce que l’Air Force et le gouvernement savent sur les OVNIs. Le sénateur Goldwater avait appelé Curtis LeMay, général commandant le Strategic Air command, pour lui dire qu’il savait qu’il y avait un local à Wright-Patterson contenant le matériel secret et pour demander s’il pouvait y aller. Le général s’est mis en colère, a poussé des jurons et a dit à Barry Goldwater : « Ne me posez plus jamais cette question ! »

En 1995, Steven Schiff, député du Nouveau-Mexique, a annoncé les résultats d’une enquête du General Accounting Office (aujourd’hui le General Accountability Office) – ou GAO -, celui-ci étant un service d’enquêtes du Congrès américain, analogue à la Cour des Comptes. Il avait initié cette enquête à la demande de ses administrés afin d’essayer de retrouver des archives relatives au crash de Roswell en 1947. Dans son communiqué de presse, Steven Schiff a expliqué que le rapport du GAO dit que les messages émis, dans cette période, par le Roswell Army Air Field (RAAF), ont été détruits sans avoir les autorisations appropriées.

« A mon avis, ces messages sortants étaient des archives permanentes qui n’auraient jamais dû être détruites. Le GAO n’a pu identifier qui avait détruit ces messages, ni pourquoi. » (S. Schiff)

Pendant presque un demi-siècle, l’Air Force avait soutenu que l’objet écrasé avait été un ballon météo. En 1994, alors que Steven Schiff attendait les résultats du GAO, elle a annoncé que les débris du crash provenaient en fait d’un dispositif, à l’époque classifié, destiné à détecter des preuves de possibles essais nucléaires soviétiques. Mais de nombreux témoignages contredisent cette version.

Leslie Kean note qu’il n’y a eu aucune confession ou aucun document testamentaire d’aucun scientifique gouvernemental, et aucune épouse n’a révélé la vérité sur un Special Access Program concernant les OVNIs. Et nous n’avons pas vu les résultats d’aucune technologie militaire d’« ingénierie noire » vraiment fantastique qui aurait pu résulter d’OVNIs capturés, en dépit des rumeurs disant le contraire. Leslie Kean note aussi que des directives disant aux personnels militaires et gouvernementaux de ne pas parler d’affaires sensibles sont des procédures standard pour nombre de sujets et d’objectifs, et l’apparition soudaine d’un objet inconnu provoquant un affolement chez des pilotes de l’Air Force sur des bases aériennes sensibles, ne serait pas quelque chose que les autorités militaires souhaiteraient rendre public, en particulier pendant la Guerre froide. Si les militaires sont incapables d’identifier cette chose, il semble encore plus logique que l’événement reste caché. Cela ne signifie pas qu’il y a une dissimulation spécifique aux OVNIs, nombre de préoccupations de sécurité nationale pouvant imposer le secret gouvernemental. Les militaires préfèrent toujours pencher du côté d’un secret excessif plutôt que le contraire. Peut-être que les projets de recherche sensibles cachés au sein du gouvernement américain évitent de s’occuper des OVNIs. Peut-être que même les officiels les plus spécialisés dans le renseignement ne savent pas grand-chose sur eux et se disent que, de toute façon, il n’y a rien à faire. Cette non-reconnaissance, note Leslie Kean, a sa propre logique, car on peut comprendre que les autorités n’aient aucune motivation à annoncer publiquement qu’il existe des machines inconnues, apparemment toutes puissantes, volant sans restriction dans nos cieux et hors de notre contrôle. Leslie Kean pose cette question : le gouvernement américain voudrait-il reconnaître sa propre impuissance face à quelque chose qui est non identifié et pourtant bien documenté ? Certaines autorités peuvent s’inquiéter du risque de panique publique. Elle ajoute que même si le gouvernement américain admettait la présence d’un phénomène inexpliqué, « l’hypothèse extraterrestre ferait partie du débat, et si l’on en venait à penser que ces objets sont probablement des véhicules ou des drones venus d’ailleurs, il apparaîtrait qu’ils ont un pouvoir total sur nous ». Et quel corps officiel « voudrait lancer une telle bombe sur un monde déjà instable ? ». (2)

 

2. La Coalition pour la Liberté de l’Information :

En 2002, Leslie Kean a « co-fondé » la Coalition pour la Liberté de l’Information, une alliance indépendante et un groupe de pression dont la mission est d’établir la crédibilité dans les milieux scientifique, parlementaire et médiatique, du dossier OVNIs. Une bonne partie de ce travail a consisté en un effort pour obtenir des informations au moyen de la Loi sur la Liberté de l’Information (FOIA), et ce travail a rapidement obtenu le soutien de John Podesta, ancien chef de l’état-major de campagne pour Bill Clinton. En 2008, John Podesta a dirigé l’équipe de transition du Président Obama. L’initiative FOIA a abouti au règlement d’une plainte fédérale contre la NASA, obligeant l’agence à rendre publiques des centaines de pages jusque-là non divulguées.

La coalition réclame une action responsable de la part du gouvernement des Etats-Unis concernant les OVNIs, cette demande étant faite comme une invitation à se joindre à un mouvement de coopération internationale désormais engagé. En pétitionnant pour un tel changement, on cherche à créer une petite agence gouvernementale pour enquêter sur les incidents OVNIs et jouer le rôle de point focal de la recherche dans le monde.

« En légitimant le sujet, une telle agence pourrait stimuler l’intérêt scientifique et aider à l’allocation de crédits du gouvernement ou de fondations à des scientifiques intéressés au sein de la communauté universitaire, des instituts de recherche et des milieux aéronautiques. » (L. Kean)

Leslie Kean, qui parle de projet de recherche global « qui pourrait finalement résoudre le mystère des ovnis », donne comme première étape – pour aborder un membre du Congrès ou de l’administration Obama, et en vue de faciliter l’entreprise – de poser clairement que l’OVNI est par définition quelque chose de simplement non identifié, la position agnostique étant, pour Leslie Kean et ses collègues, « scientifiquement saine ». Cette position, si elle consiste à reconnaître l’existence d’une sorte de phénomène extraordinaire, consiste aussi à dire que « nous ne savons pas encore ce que c’est ». Là encore, cependant, nous retombons sur ce que j’ai déjà précisé : une fois éliminés les phénomènes naturels et la technologie humaine, il ne reste pas grand-chose d’autre que « l’hypothèse extraterrestre »… Si, à l’aune de la masse des données disponibles, je ne partage pas du tout la « position agnostique », il est vrai qu’une telle attitude est, dans le cadre de l’objectif de la démarche suivie, adaptée au résultat espéré : « arrêter l’équivalence automatique entre ovni et engin extraterrestre » (sic), car la « compréhension correcte » (sic) de l’acronyme « OVNI » doit, écrit Leslie Kean, pour avoir une chance de succès, « se situer au cœur de toute approche vers le gouvernement américain ». Une telle attitude d’esprit serait ainsi le fondement permettant aux politiciens d’envisager publiquement de faire avancer la question. Leslie Kean critique certains activistes qui, bien que travaillant au « changement », ne font pas « cette importante distinction », lançant parfois, écrit-elle, « des affirmations extravagantes et sans consistance à propos des ovnis et de conspirations gouvernementales qui y seraient associées », et espérant tout de même être pris au sérieux. Ceux qui occupent des positions importantes, les seuls capables d’effectuer un vrai changement, « ne vont manifestement pas accepter n’importe quelle explication avant qu’une nouvelle investigation scientifique, légitime, ne se prononce définitivement ».

Le besoin d’une « nouvelle façon de penser sur les ovnis » a été « douloureusement illustré », écrit Leslie Kean, lorsque Tim Russert, journaliste de la NBC, a posé une question surprise à Denis Kucinich, député de l’Ohio, au cours d’un débat télévisé pendant la campagne présidentielle en 2007. Tim Russert a demandé à Denis Kucinich s’il avait vraiment vu un OVNI, comme l’avait raconté Shirley McLaine dans un livre. Leslie Kean écrit que des gloussements se sont fait entendre dans le studio dès que le « gros mot » a été prononcé.

« Le pauvre homme a répondu précisément que, oui, il avait simplement vu quelque chose de non identifié, réitérant que c’était un objet volant non identifié. Malgré sa réponse honnête, claire et sans détours, Kucinich n’a pas pu échapper aux rires qui avaient déjà éclaté avant même qu’il ait commencé à répondre. Il a complété son commentaire avec une plaisanterie de son cru, afin de sauver la face. » (L. Kean)

En novembre 2007, vingt-deux personnes, dont six généraux en retraite, venant de onze pays, ont signé une demande formelle pour la création d’une agence consacrée à l’étude des OVNIs. La « Déclaration internationale au Gouvernement des Etats-Unis », dont Leslie Kean a écrit une première version avec les membres de son groupe (la Coalition pour la Liberté de l’Information ou CFI), inclut la plupart des contributeurs de son livre plus cinq autres personnes, et elle est en ligne sur le site Internet du CFI. Le document est signé par des responsables officiels et militaires, ainsi que par des pilotes en activité ou retraités, dont chacun, lorsqu’il était en service actif, « soit a été témoin d’un incident impliquant un objet volant non identifié, soit a conduit une enquête officielle dans des cas d’ovnis relevant de la sécurité aéronautique, de la sécurité nationale, ou pour le bénéfice de la science ». La déclaration stipule que l’actuel désengagement du gouvernement américain vis-à-vis d’observations d’OVNIs importantes, telles que les Lumières de Phoenix et l’observation de O’Hare, « représentent à la fois une opportunité manquée et un risque potentiel ».

L’appel à l’action demande au gouvernement américain de « se joindre à une coopération avec ceux des gouvernements qui, reconnaissant la réalité des objets volants non identifiés et les préoccupations qui en découlent pour la sécurité aérienne, ont déjà mis en place leurs propres agences d’investigation ».

La déclaration suggère que l’U. S. Air Force et la NASA servent d’implantation pour accueillir un tel effort de recherche, la demande finale étant ainsi exprimée :

« Nous appelons les Etats-Unis d’Amérique à s’engager avec nous et avec des officiels en activité autour du monde pour traiter ce problème dans le cadre d’un dialogue continu. »

 

3. A propos des observations de la vallée de l’Hudson :

Cette vague d’observations, qui a duré quelques années, a débuté, en décembre 1982, au nord de l’Etat de New York et dans une partie du Connecticut. Sa ressemblance avec la vague belge a été remarquable. Elle a impliqué des visites répétées de grands objets silencieux, parfois plus d’un à la fois, volant lentement à basse altitude, avec des lumières très brillantes. Des gens les ont observés, souvent à faible distance ou directement en dessous, et certains ont dit avoir vu, derrière ces lumières, une structure sombre, solide.

« Beaucoup d’entre eux, alors qu’ils conduisaient sur la Taconic Parkway ou se promenaient dans les méandres de petites routes, se sont arrêtés pour avoir une meilleure vue des ovnis, cependant que d’autres ont vu les objets en promenant leurs chiens ou en faisant du jogging le long des lacs et des réservoirs. Des témoins ont rapporté que ces structures semblaient aussi vastes que des terrains de football et étaient capables de s’éloigner à une vitesse incroyable à partir d’une position stationnaire. Comme c’est fréquemment le cas pour les ovnis, ils étaient silencieux ou émettaient seulement un faible bourdonnement. » (L. Kean)

Comme ceux de Belgique, les OVNIs de la vallée de l’Hudson n’ont manifesté aucune agressivité, aucun comportement hostile. Et de façon similaire, certains témoins ont fait des appels de phares en direction des objets et ont reçu des flashs en retour. Il y a eu des observations simultanées par des officiers de police.

Les résidents de la vallée de l’Hudson ont surtout signalé des objets en forme de delta ou de V.

En juillet 1984, David Athens, chef des pompiers de New Fairfield dans le Connecticut, parlait dehors avec un officier de police lorsque tous deux ont vu une rangée de lumières disposées en cercle. Deux lumières se sont détachées du groupe, vers le bas, et sont parties dans une autre direction derrière les montagnes. L’une est revenue et l’autre pas.

Tard un soir d’octobre 1983, l’ingénieur biomédical Jim Cooke observa, alors qu’il rentrait chez lui en voiture, un engin triangulaire en vol stationnaire, guère plus de cinq mètres au-dessus de l’eau du réservoir de Croton Falls. Jim Cooke est sorti de la voiture et a observé l’engin depuis le bord de l’eau. Quelque chose est sorti du dessous de l’objet, un faisceau de lumière rouge ou quelque chose de solide qui rougeoyait et qui semblait tester l’eau. L’objet s’est lentement déplacé au-dessus du réservoir et, à chaque arrêt, la « sonde rouge » a interagi avec l’eau puis s’est rétractée.

A l’opposé de ce qui allait se passer quelques années après en Belgique, la vague d’OVNIs américaine n’a fait l’objet d’aucune enquête officielle. Il n’y eut aucune mobilisation nationale, ni au niveau d’un Etat, aucun F-16 de l’Air Force n’a, à la connaissance du public, décollé, aucune tentative n’a été faite pour capter au radar les objets, etc. Seuls les médias locaux ont assuré une large couverture sur les lieux. Pressée par des appels de personnes inquiètes, la FAA a dit aux témoins qu’ils avaient vu autre chose que ce qu’ils avaient vu, des choses reconnaissables qui font beaucoup de bruit : avions en formation ou hélicoptères, alors que de nombreux éléments rendaient ces explications intenables, les plus évidents étant que les engins étaient parfois en vol stationnaire ou se déplaçaient plus lentement que ne pourrait le faire un avion, qu’ils étaient souvent à très basse altitude et qu’ils étaient habituellement silencieux. En plusieurs occasions, un OVNI a été observé alors qu’aucun avion ou ballon ne s’était trouvé en l’air, comme cela fut confirmé par l’aéroport le plus proche. En outre, les témoins ont parfois distingué une structure massive et solide autour des lumières, occultant le ciel derrière elle et se distinguant facilement d’un avion conventionnel. En 1984, par exemple, six gardes de sécurité de la centrale nucléaire d’Indian Point ont vu un OVNI survoler le réacteur à environ cent mètres d’altitude, dans un espace aérien réservé. Deux gardes ont dit aux enquêteurs qu’il s’agissait d’un objet solide plus grand qu’un terrain de football.

Leslie Kean pose la question : comment un évènement aussi monumental que les observations de la vallée de l’Hudson, répétées plusieurs années, a-t-il pu être ignoré par le gouvernement américain ?

En 1984, le docteur J. Allen Hynek (décédé en 1986) a commencé à enquêter sur les observations d’OVNIs de la vallée de l’Hudson. Dans un essai de 1985, il a décrit « des centaines d’habitants de zones suburbaines, actifs professionnellement et aisés », dont lui et d’autres enquêteurs ont enregistré les déclarations au magnétophone, qui étaient « stupéfaits, saisis d’effroi et souvent effrayés » par ces observations bizarres. (4)

 

4. La bataille de Los Angeles et les observations sur le Capitole :

 

a) La bataille de Los Angeles :

C. Scott Littleton avait 9 ans en 1942, il vivait à Los Angeles et se souvient parfaitement de la nuit du 25 février. C’est à la suite d’un travail de recherche fait avec l’ufologue Frank Warren et l’enquêteur Bruce Maccabee qu’il a fait part au public, près de 60 ans après, de ses souvenirs. En effet, ils ont déterminé la trajectoire de l’OVNI avant qu’il apparaisse dans le ciel au-dessus de Hermosa Beach.

Professeur Emérite d’Anthropologie à Los Angeles, Scott Littleton n’est pas ufologue. Il a fait part de son intérêt pour la mythologie :

« Je suis très intéressé par le thème universel de ‘la guerre des dieux’ qui pourrait représenter les ‘dommages collatéraux’ causés par une guerre coloniale entre deux civilisations aliènes high-tech pour l’hégémonie de notre planète il y a 8 ou 9000 ans. »

« Moins de 3 mois après Pearl Harbour, la menace d’invasion se faisait sentir, beaucoup, y compris les militaires, s’attendaient à être bombardés prochainement. Par conséquent, la région californienne était un des terrains d’exercices de la défense anti-aérienne. Chaque soir, les militaires tiraient sur des cibles envoyées dans les airs au-dessus de l’océan par des avions spécialement conçus à cet effet. Les cibles étaient éclairées par des projecteurs qui illuminaient les éclats d’obus. Du grand spectacle qui durait une demi-heure, se terminant avant 22 heures.

Au début, nous, les gosses, regardions tout ça totalement fascinés, mais après quelques veillées début janvier, le bruit des tirs et des explosions devint routinier, aussi prévisible que le bruissement des vagues pendant l’hiver. Cela nous donnait une certaine sécurité, nos braves militaires de la défense aérienne nous sauveraient rapidement d’une attaque des mauvais Japonais si l’idée leur venait de pénétrer notre espace aérien.

La soirée du 24 février fut ordinaire, quelques exercices suivis de silence avant 22 heures. Je suis allé me coucher et j’ai lu un peu à la lumière de la lampe électrique que je cachais sous mon oreiller, puis je me suis endormi.

Vers 3 h 15, je m’éveillai au bruit de ce que je crus être un orage distant, puis je pensais qu’un exercice avait repris malgré l’heure tardive, mais il y avait quelque chose dans la vitesse et l’intensité du bombardement qui ne collait pas avec ce que nous entendions tous les soirs. Ma chambre faisait face au sud, si bien que je voyais l’océan de biais, cependant le coin de ciel que je pouvais voir était empli de lumières aveuglantes de projecteurs ainsi que d’éclairs lumineux d’explosions.

Grâce à tous les exercices sur des cibles dont j’avais été témoin, j’étais tout à fait à l’aise pour reconnaître quelque chose de différent. Les faisceaux des projecteurs et les explosions avaient toujours eu lieu assez loin au-dessus de l’océan, et pour la plupart invisibles depuis ma fenêtre quand j’étais dans mon lit. Cette fois-ci, tout semblait beaucoup plus proche. J’entendis mes parents parler dans le couloir et je sortis.

Mon père avait l’air inquiet et disait que ça n’avait aucun sens. Il était gardien de surveillance de raids aériens et avait essayé de joindre le quartier général de la défense civile, mais il n’obtenait pas de réponse. (Nous avons appris plus tard que l’alerte avait été donnée à 2 h 25, mais personne n’avait pensé à prévenir les gardiens locaux.) Alors il a mis son attirail et est sorti voir ce qui se passait.

Il est vite revenu, plus inquiet que jamais, et a dit à ma mère de m’emmener, ainsi que mes trois grands-parents qui vivaient avec nous, en bas dans l’abri qu’il avait commencé à construire l’après-midi du 7 décembre. Aussi vite que possible. Habituellement, mon grand-père maternel était plus lent que le retour du Christ pour tout ce qui était de ses habitudes personnelles, c’est-à-dire s’habiller, se raser, etc.

Mais, lorsque mon père a dit : Mr. Hotchkiss, je crois que là c’est pas un coup pour rien’, il était à la cave en moins d’une minute. J’étais aussi excité que j’avais peur et je voulais désespérément savoir de quoi il retournait. Mon père était ressorti et nous entendîmes enfin la sirène de l’alerte par dessus les bruits d’un feu continu. Ma mère accompagna ses beaux parents et son père dans l’abri qui consistait en deux petites pièces protégées par des caisses de sable rangées de chaque coté de la cave.

Je les suivis et ce n’était pas de gaîté de coeur, je voulais sortir et voir toute l’action. Ma mère aussi, comme elle le dit plus tard, après 10 minutes à l’étroit (nous étions assis sur les bancs qui contenaient des kits de première urgence, des bouteilles d’eau, de la nourriture en boite). Entourée de la génération des anciens et de l’haleine exhalée, elle était prête à confronter une bombe japonaise !

Notre première idée était que nous avions un escadron ennemi au-dessus de la tête car nous entendions le vrombissement des moteurs d’avions. Nous apprendrons plus tard que c’était notre propre chasse aérienne. Quand ma mère sortit de l’abri par la porte qui menait vers la plage, je la suivis.

Nous nous tenions côte à côte devant la maison, nous serrant l’un contre l’autre dans la nuit fraîche, levant les yeux vers le ciel. Les avions entendus n’étaient pas visibles, mais ce qui attira notre attention était ‘une bestiole argentée’ en forme de losange, comme ma mère l’a décrite plus tard, clairement visible dans la lumière des projecteurs qui la localisaient. C’était une nuit très claire, cependant on ne pouvait distinguer aucun autre détail, à part que l’objet se tenait sans bouger presque au-dessus de nos têtes. Son altitude est difficile à estimer, surtout après tant d’années, mais je dirais entre 1200 et 2400 mètres.

Ça pourrait expliquer pourquoi nous n’avons pas vu la phosphorescence orange rapportée par plusieurs témoins à Santa Monica et à Culver City, où l’objet était beaucoup plus bas (un témoin a suggéré que cette lueur pouvait être la réflexion d’éclats d’obus contre le corps argenté de l’objet).

De toutes façons, des obus anti-aériens explosaient tout autour du vaisseau mystérieux. Le bruit était assourdissant. A chaque fois qu’un nouvel éclair rouge survenait, l’odeur âcre de la cordite était plus prononcée.

Des éclats d’obus tombaient sur la plage et nous devions reculer jusqu’à la maison pour les éviter (le lendemain, nous les gosses avons tout ramassé sur le sable pour les échanger pour quelques pièces). Malgré les tirs, le vaisseau n’émit aucun son et n’agit pas de façon agressive.

Alors que nous regardions l’objet, la bouche grande ouverte, celui-ci, pas le moins du monde dérangé par la pléthore de tirs dirigés contre lui, commença à se déplacer lentement vers le sud-est, descendant vers Redundo Beach où il disparut.

Soit nos tireurs n’étaient pas doués malgré tout l’entraînement de ces dernières semaines, soit il était invulnérable. Des années plus tard, j’ai lu qu’il y avait eu plus de 1400 tirs ce soir-là. Le rapport de l’armée en cite 1430, mais c’est certainement beaucoup plus.

L’objet réapparut au-dessus de San Pedro et de Long Beach avant de disparaître finalement au-dessus de l’océan, quelque part entre les comtés d’Orange et de San Diego.

Peu de temps après l’avoir perdu de vue, nous entendions de nouveau des moteurs d’avions, le bombardement avait presque cessé, et plusieurs chasseurs de l’armée de l’air, des P-38 probablement basés à Mines Field (l’aéroport de Los Angeles aujourd’hui), venaient du nord-est, apparemment à sa poursuite.

Il était 4 heures du matin, tout cet épisode avait duré une demi-heure. Les tirs avaient cessé, mais personne n’alla se coucher. L’édition du ‘Los Angeles Examiner’, que je possède toujours quelque part, sortit avec son titre accrocheur ‘Air Battle Rages Over Los Angeles’. »

« Plusieurs ufologues considèrent que c’est l’une des plus grandes observations de l’histoire de l’ufologie, avec plus d’un million d’observateurs. Seule la vague de Mexico dans les années 90 obtint plus de témoins.

Frank Warren, Bruce Maccabee et moi-même, avons déterminé la trajectoire exacte de l’objet avant son apparition dans le ciel de Hermosa Beach. Il a été vu, par plusieurs résidents de Pacific Palisades, qui s’élevait au-dessus des montagnes de Santa Monica vers 2 h 45 du matin. De là, il s’est dirigé en direction du sud-est au-dessus de Santa Monica et West Los Angeles, vers Baldwin Hills.

La photo, parue dans le ‘Times’ du 26 février, est la seule que nous ayons du vaisseau. Il est entouré des faisceaux lumineux des projecteurs de l’armée, les nombreux points blancs représentant les éclats d’obus lors des explosions.

Plusieurs habitants situés au nord des collines l’ont vu distinctement. D’après leurs rapports, le vaisseau était circulaire avec une bosse sur le dessus. Un témoin qui l’a observé de sa fenêtre se souvient qu’il était énorme, de forme elliptique, émettant une lueur orange.

Je pense que ma mère et moi, l’ayant vu du dessous, avons aperçu son ventre qui, à cette altitude, était blanc argenté. De toutes façons, la photographie montre clairement que le barrage anti-aérien avait débuté et que les projecteurs le suivaient sans interruption.

A partir de la largeur des rayons de lumière à l’endroit où ceux-ci atteignent l’objet, information ajoutée à celle qu’au moins l’un de ces rayons venait d’un projecteur de Manhattan Beach 15 kms plus loin, Frank Warren déduit que l’objet devait être très grand, environ 250 mètres de long. Celui-ci a survolé les sites d’aviation de la région : Douglas, North Américan et Lockeed, ce qui nous incite à plus de questionnements.

Récemment, il a été suggéré que le vaisseau s’est écrasé dans l’océan au large de San Diego et qu’il fut récupéré par les plongeurs de la Navy. Toutefois, les preuves sont minces. Cependant, cela expliquerait sa descente apparente au-dessus de Redundo Beach. Peut-être l’objet a t-il été touché par la salve de tirs nourris qu’il reçut et qu’il a perdu le contrôle avant de s’enfoncer dans la mer.

Une autre théorie laisse croire qu’il aurait atterri sur l’île de San Clemente, une aire d’essais de la Navy. Il aurait été réquisitionné corps et biens, en admettant que les occupants survécurent. Là, également, les preuves sont minces. S’il existe un brin de validité pour ces théories, les militaires avaient alors entre les mains un bon nombre de preuves lorsque le crash de Roswell se produisit en 1947, en plus de ce qu’ils pourraient avoir obtenu avant 1942.

La théorie extraterrestre me semble plausible à cause du fait que l’objet fut capable de résister à l’impact de plus de 1.400 tirs d’obus antiaériens. Aucun avion moderne, et encore moins ceux de la seconde guerre mondiale, n’est capable d’une telle résistance. Je pense que l’objet était entouré d’un champ électromagnétique qui déviait les obus et les faisaient s’exploser sans le moindre danger pour lui-même.

Peut-être dans l’après guerre, après que nous ayons obtenu des scientifiques allemands la technologie pour concevoir des missiles air-air, mais c’est une autre histoire. A partir de là, il semblerait que nous avions la possibilité d’abattre des ovnis, au moins de temps en temps, ce qui explique en partie la vague de crash d’ovnis, dont ceux de Roswell et d’Aztec à la fin des années 40 et au début des années 50. Mais pas en 1942.

Un jour, peut-être, la vérité se fera sur la ‘Bataille de Los Angeles’, avec la vérité sur toutes les observations qui sont faites dans le monde entier avant et après 1942.

Pour résumer, au vu des preuves nous pouvons dire de l’objet qu’il démontrait :

* Un vol dirigé et contrôlé intelligemment.

* Invulnérabilité à un intense barrage anti-aérien.

* Sa taille (environ 250 m de diamètre).

* Sa lueur argentée (parfois orange) visible au sein des lumières intenses des projecteurs.

* Sa configuration (ovale, protubérance sur le dos).

* Son impact EMF probable sur nos avions de chasse trop proches.

* Et l’absence de rapport d’avion japonais au-dessus de Los Angeles cette nuit là.

Je suis convaincu d’avoir été le témoin, avec 2.500 autres personnes sur la plage de Hermosa Beach, d’une observation d’ovni parmi les plus importantes, ne serait-ce que parce qu’elle fut observée par plus d’un million de Californiens qui espéraient tous que ce ne soit pas une attaque japonaise. »

Voici une interview de Scott Littleton (expert sur la légende du Roi Arthur, professeur émérite d’anthropologie à l’Occidental College de Los Angeles) :

“Vous avez grandi à Hermosa Beach et vous aviez huit ans’’ (l’âge de 9 ans est mentionné en début de texte) ‘‘lorsque dans les premières heures du 25 février 1942, vous avez été témoin de l’incident nommé plus tard ‘The Battle of Los Angeles’. Qu’est-il arrivé ?’’

« Tout d’abord, souvenez-vous, c’était peu de temps après Pearl Harbor et deux jours après que les installations Elwood Oil au large de Santa Barbara aient été pilonnées par un sous-marin japonais qui avait fait surface.

Quoi qu’il en soit, je dormais quand, tout à coup, j’ai entendu les canons anti-aériens se déchaîner. Il était environ trois heures et quart. J’ai remarqué que le ciel était très clair, alors j’ai regardé par la fenêtre et j’ai vu les faisceaux des projecteurs et les obus exploser dans le ciel. Quelque chose de fou était en train de se passer.

Mon père m’a dit : ‘Je ferais mieux d’aller voir ce qu’il se passe, cela pourrait être une véritable alerte.’ Alors, il enfila sa tenue de surveillant aérien et sortit. Il est rentré aussitôt pour nous dire : ‘Tout le monde se rend dans l’abri anti-aérien.’ Donc, nous sommes tous allés au sous-sol, dans ces vieilles pièces exiguës.

Ma mère était là depuis près de 30 secondes lorsqu’elle poussa la petite porte, je me suis faufilé derrière elle et nous avons vu, pratiquement au-dessus de nous, et je jure depuis ce jour qu’il était bien en vol stationnaire, cet objet en forme de losange comme un insecte d’argent, directement au-dessus de nous. Et il était illuminé par sept ou huit faisceaux de projecteurs. Ils l’avaient localisé avec précision.

Mais il émettait une lumière plus forte encore que celles des projecteurs. Et il était entouré d’explosions d’obus, ceux-ci retombaient sur la plage. »

– Combien de temps vous et votre mère avez-vous observé cette chose ?

« Nous sommes restés à l’extérieur une dizaine de minutes. Il était en vol stationnaire juste au-dessus de nous. Puis il a commencé à perdre de l’altitude et a viré vers l’intérieur en direction de Rodando Beach, et nous l’avons perdu de vue.

Si, comme certains l’ont suggéré, cela avait été un des ballons du barrage qui aurait dérivé, les obus antiaériens l’auraient mis en pièces. Je pense qu’il devait être entouré d’un champ de force ou quelque chose qui le protégeait, comme dans ‘Star Wars’. »

– Combien de temps avez-vous mis pour commencer à penser qu’il s’agissait d’un Ovni et non pas seulement d’un phénomène inexpliqué ?

« Des dizaines d’années. Pas avant la fin des années 70.

Plus tard, Frank Knox, le secrétaire de la Navy, a tenu une conférence de presse et déclaré qu’il s’agissait d’une ‘fausse alerte’ en raison de ‘la guerre des nerfs’. Encore aujourd’hui, il s’agit de l’interprétation officielle. »

(Note de l’éditeur : Un éditorial du “Long Beach Independent” en parle ainsi : “Il y a une mystérieuse réticence à propos de toute cette affaire et il apparaît qu’une certaine forme de censure tente de mettre un terme à toute discussion sur cette affaire”.)

Mais cette observation dramatique n’est pas la seule, il y a eu des dizaines et des dizaines d’observations semblables. Les gens voient des choses qui volent dans l’atmosphère. Et vous supposez que cela puisse être des objets venant d’ailleurs. En tant qu’anthropologue, quelle est votre explication à cela ?

« Je regrette de ne pas avoir d’explications. Le phénomène Ovni existe depuis au moins 10.000 ans. Un cas nous montre que, peut-être, nos premiers ancêtres les dessinaient déjà sur les parois des grottes à la fin du Paléolithique Supérieur.

Certaines personnes sont convaincues que les créatures qui volent dans ces choses sont responsables de la bio-ingénierie de la race humaine. C’est ridicule. Vous n’avez pas besoin de prendre en compte les aliens dans l’évolution de l’homo sapiens. »

(Note d’Alain Moreau : Sur ce point je ne suis pas d’accord. Lisez notamment « Adam Genisis », d’Anton Parks, éditions Nouvelle Terre, 2007.)

« Je pense que ce sont des enquêteurs. Au début de l’ère glaciaire, ils ont découvert des créatures qui étaient intelligentes, mais beaucoup plus primitives qu’eux-mêmes. Et, ici, j’essaye d’imaginer ce qu’ils pensaient, ils étaient curieux et voulaient voir ce qui arriverait à ces créatures. »

– D’après ce que nous savons, ces créatures et leurs vaisseaux sont l’équivalent d’un appât au bout d’un hameçon. Nous ignorons ce que nous sommes censés voir.

« Je vois, mais je pense que vous devez tenir compte de l’énorme quantité de preuves empiriques.

A ma connaissance, personne n’a de véritables photos d’un alien. Néanmoins, il semble y avoir plusieurs espèces.

Et mon intuition est – sur la base du principe de parcimonie, à savoir le rasoir d’Occam – qu’il est préférable de supposer qu’ils sont originaires de cet univers et de cette galaxie, voire de cet endroit de la galaxie.

Cela représente déjà plusieurs centaines d’année-lumière. »

– S’ils utilisent un type de technologie leur permettant de voyager à la vitesse de la lumière, nous devons penser qu’à un moment donné dans la formation de l’univers une race a développé cette technologie et l’a propagée. Si bien qu’une civilisation intergalactique n’aurait pas quelques milliers d’années d’avance sur nous mais plutôt un million d’années.

« Je comprends cette hypothèse. Mais s’ils sont si largement supérieurs à nous, pourquoi ont-ils eu autant d’accidents vers la fin des années 40 et au début des années 50 ? Pour quelqu’un qui vient d’aussi loin, vous ne vous attendrez pas à avoir autant de pannes de fonctionnement. C’est ce qui m’intrigue. »

– En tant qu’ancien fonctionnaire, je dirai que comme dans toute bureaucratie vous arrivez toujours à trouver quelque chose qui ne fonctionnera pas comme cela était prévu.

« Eh bien oui, la technologie n’est pas infaillible. »

– Donc, vous avez quelqu’un qui pilote et qui ne sait pas comment résoudre un problème quand quelque chose tourne mal. Il pourrait y avoir beaucoup d’explications différentes.

« Sous l’emprise de quelque chose ? »

– Ouais. (Rires)

« Je leur donnerais quelques milliers d’années d’avance sur nous, plutôt que des millions. »

– Vous avez émis l’hypothèse qu’il existerait une sorte de directive comme dans ”Star Trek’’ où une civilisation intergalactique ne doit pas communiquer avec un monde primitif, et il y aurait quelques races “aliènes” qui enfreignent ces règles.

« Je suis sceptique par rapport à ceux qui pensent qu’ils ont construit les Pyramides ou Stonehenge. Sur un coup de tête, quelqu’un pourrait avoir violé les règles et donné un coup de pouce pour mettre en place certaines pierres, probablement rappelé à l’ordre pour cela. Mais nous avons quelques pistes mythologiques intéressantes pour penser ainsi. L’une d’entre elles implique la ‘divinité rebelle’.

Prométhée en est l’archétype, le Dieu qui est le porte-drapeau de la culture puis s’en va. En fait, Montezuma pensait que Cortez représentait le retour de cette divinité. Il a découvert plus tard qu’il s’était trompé. Et Lucifer, l’ange rebelle qui descend sur Terre et donne la sagesse aux êtres humains. Il fait la même chose que Prométhée, à la seule différence que, dans la tradition hellénique, Prométhée est un héros, alors que dans la tradition biblique Lucifer est un méchant. »

– Vous avez eu une carrière d’enseignant longue et brillante. À quel moment avez-vous commencé à parler publiquement des Ovnis ?

« A partir du moment où je ne pouvais plus être congédié. Un certain nombre d’universitaires de renom impliqués dans ce sujet ont subi des représailles.

Il y eut une tentative avortée de démettre John Mack de ses fonctions alors qu’il était psychiatre en fin de mandat à l’université médicale de Harvard. Il était lauréat du prix Pulitzer (pour ‘A Prince of Our Disorder : The Life of T. E. Lawrence’, paru en 1977).

D’autres n’ont pas eu cette chance. Alors je n’ai commencé à sortir les Ovnis de leur placard qu’à la fin de ma carrière d’enseignant. Mais je l’avoue : j’étais malgré tout réticent à le faire. »

– J’ai interviewé Edgar Mitchell, le sixième homme à avoir marché sur la Lune. Il croit aux Ovnis. Il est de Roswell (Nouveau-Mexique, le site d’un prétendu crash d’Ovni en juin ou juillet 1947). Le saviez-vous ?

« Oui, en effet, je le savais. » (5)

 

* Le film “The battle of Los Angeles’’ :

Fin juillet ou début août 2010, Sony a annoncé la sortie, en 2011, d’un film intitulé : « The battle of Los Angeles ».

C’est l’histoire d’une attaque de Los Angeles par des « aliens », un escadron devant se battre afin de sauver la ville. Selon les producteurs, ce film est basé sur les véritables évènements qui eurent lieu lors de la « bataille de Los Angeles » en 1942.

Bien sûr, dans ce film, ce sont de méchants “aliens” qui sont mis en scène, comme dans la plupart des films hollywoodiens sur ce thème !

 

b) Observations sur le Capitole :

Le survol du Capitole, à Washington, est interdit, mais Wilbur Allen a affirmé y voir régulièrement des OVNIs.

Souvent, à la tombée de la nuit, Wilbur Allen s’asseyait tranquillement aux abords du plan d’eau, face au Capitole, son appareil photo pointé vers le dôme du bâtiment, attendant quelque chose, quoi que ce soit, qui traverserait l’un des cieux les plus hautement sécurisés du monde.

“Quand la nuit tombe ici, il peut se passer des choses bizarres”, a-t-il dit en scrutant par l’objectif de son appareil photo.

Wilbur Allen fait partie d’un petit groupe persévérant d’activistes investis dans “l’exopolitique”, l’étude des implications sociopolitiques d’un contact entre l’humanité et des extraterrestres.

Comme beaucoup d’exopolitiques, Wilbur Allen pense que le Congrès devrait révéler au public américain que le gouvernement est conscient de l’existence d’autres formes de vie et qu’il a certainement élaboré une stratégie dans le cas où le contact réel s’établirait.

Wilbur Allen, titulaire d’une maîtrise de l’Université d’Howard et employé en tant qu’ingénieur pour un média local, a pratiquement fait partie du paysage du Capitole, et ses photos, prises sur une période de plusieurs années, semblent montrer des lumières variées, des spots et objets volants qui planent autour de son dôme.

Les photos de Wilbur Allen n’ont jamais reçu d’explication solide, mais elles l’ont tant perturbé qu’il a régulièrement fait parvenir ses clichés les plus récents à la Police du Capitole. Il n’a pas obtenu beaucoup de réaction.

Techniquement, l’espace aérien du Capitole n’est pas sous la juridiction de la police.

« La police du Capitole fait un super travail mais n’est pas préparée pour traiter avec des formes de vie extraterrestre », dit Wilbur Allen, « et la plupart des membres du Congrès n’y croient pas ».

« Ils ne veulent pas croire que quelque chose d’hors normes pourrait arriver. »

Une porte-parole de la police du Capitole a refusé de commenter.

Bien qu’Internet foisonne de récits à propos des observations d’OVNIs à Washington en 1952, l’historien du Sénat Donald Ritchie a déclaré qu’il n’existe aucun rapport sur cet épisode. « Le seul Ovni que j’ai vu au Capitole était dans le film ‘Mars Attacks’ », a ajouté Donald Ritchie. (6)

Alain Moreau

 

Références :

1. Leslie Kean, « OVNIs : des généraux, des pilotes et des officiels parlent », éditions Dervy, 2014, p. 138-153, 198-208.

2. Ibid., p. 288-295, 313, 315-332.

3. Ibid., p. 357-361.

4. Ibid., p. 214-221.

5. www.ovnis-usa.com

6. www.ovnis-usa.com

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