Les médiums à effets physiques et la télékinésie

Sorrat-TableSelfLevit03Une lévitation lors d’une séance de la SORRAT

 

 

 

 

 

 

 

 

On distingue, en parapsychologie, deux types de médiums : les sujets psi à effets psychiques (télépathie, clairvoyance, etc.) et les sujets psi à effets physiques. Ce sont ces derniers qui nous intéressent ici.

 

I. Les divers cas de médiumnité physique :

Voici une liste des différentes manifestations de médiumnité à effets physiques :

– La télékinésie (ou déplacement d’objets sans contact), y compris le phénomène dit des « tables tournantes ». (Voyez dans la même rubrique : « Quelques médiums russes à effets physiques », « Les tables tournantes ».)

– Les sujets (enfants ou adultes) produisant des actions psychokinétiques sur des objets généralement métalliques (Uri Geller, Jean-Pierre Girard, Masuaki Kiyota, etc.)… Voyez mes textes (même rubrique) : « L’effet Geller », « Psychokinèse. Le cas Jean-Pierre Girard », « Le cas Jean-Marie Le Gall».

– Des individus (comme Amyr Amiden) dans l’entourage desquels se produisent spontanément des phénomènes surprenants (apparition ou disparition d’objets, etc.). (Pour Amyr Amiden, consultez mon texte : « Quelques médiums brésiliens à effets physiques« , même rubrique.)

– Le cas de certains médiums brésiliens comme Mauricio Panisset et Tomaz Green Morton… (Voyez mon texte : « Quelques médiums brésiliens à effets physiques », même rubrique.)

– Les phénomènes se produisant dans le cadre d’un groupe de recherche (comme la SORRAT). Ce sujet est traité dans le présent texte.

– Des swamis indiens produisant des phénomènes surprenants tels que la matérialisation d’objets (Sathya Saï Baba, Swami Premananda, Sri Ganapathi Satchidananda Swamiji). Voyez mes textes – rubrique « Spiritualité du troisième millénaire » : « Sathya Sai Baba (1926-2011) », « Swami Premananda (1951-2011) ».

– Les phénomènes d’ectoplasmie et de matérialisation d’entités (auxquels je consacre plusieurs textes dans la même rubrique : « L’ectoplasmie », « ‘Le Cuarto de Luz’. Un cas de matérialisation d’entités ? », « Médiumnité physique. Le groupe de Scole », « De nouveaux médiums à ectoplasme ».)

– Les phénomènes physiques se produisant lors de séances de « matérialisation » (ectoplasmique) : lumières, « voix directes », etc.

La guérison spirite.

Voyez aussi mes deux textes (même rubrique) : « Les phénomènes de hantise », « Les phénomènes de poltergeist ».

Je donne, ici, des éléments d’information relatifs aux phénomènes qui ne sont pas abordés dans d’autres textes.

 

A) Séances de médiumnité physique :

J’aborde, dans la même rubrique, le phénomène de l’ectoplasmie et de la matérialisation d’entités. Voyez, à ce sujet, mes textes évoqués ci-dessus : « L’ectoplasmie », etc. Lors de ce type de séances, cependant, il se produit aussi diverses manifestations physiques paranormales, parmi lesquelles on peut citer :

Les lumières (ou phénomènes lumineux) et bruits « spirites ».

Les « voix directes ».

Les télékinésies.

Les « apports » et transferts de matière.

Le transport psychique d’êtres humains.

La lévitation.

Je donne ci-après quelques exemples de ce type de manifestations alléguées.

 

1. Les phénomènes lumineux :

On a observé des « lueurs pareilles à des lucioles bleuâtres » (avec Eusapia Palladino), de « petites lueurs phosphorescentes » (avec Daniel Dunglas Home), « un nuage lumineux », etc. Le pasteur Nielsson, Perriman, etc., déclarèrent avoir constaté des phénomènes lumineux…

 

2. Les bruits de natures diverses :

On a recensé des grattements, des craquements, des détonations, etc. Les plus faibles « raps » (ou « bruits paranormaux ») consistent en crépitations. Certains de ces « raps » répondent aux questions posées…

 

3. Les « voix directes » :

Dans certaines séances spirites, des entités matérialisent, semble-t-il, une sorte de larynx et de poitrine, dans le but de s’exprimer directement avec les assistants. Outre le cas de Leslie Flint, il y a notamment celui de Sloane (étudié par Arthur Findlay). Notons que « Whitey » était le guide indien de Sloane… Lors des expériences américaines du docteur Gerloff, le médium avait ses lèvres scellées par du tissu adhésif, ce qui n’empêcha pas le phénomène des voix directes de se produire. Parmi les autres médiums présumés à voix directes, citons Jack Webber, Valiantine, Madame Wriedt, Madame Brittain, Cartheuser (étudié par Nandor Fodor).

Des visiteurs ont reconnu des parents ou des amis à l’audition des voix. Des voix directes en diverses langues ont été obtenues, par exemple, avec Madame Wriedt et Madame Brittain… (1)

 

4. Les « apports » :

On observe fréquemment, dans les séances de médiumnité physique, des apparitions et disparitions d’objets. Il s’agit d’une matérialisation qui est seulement apparente, car, souvent, le phénomène relève en fait de la téléportation, les objets étant transférés d’un endroit à un autre.

Des fleurs ont été ainsi fréquemment « apportées », ainsi que des fruits. Papus reçut des fleurs, Charles Leadbeater reçut des fleurs et des fruits tropicaux sauvages.

Parmi les médiums spécialisés dans la production présumée d’« apports », on cite Madame Thayer, Mademoiselle Nichols, Jack Webber, Madame Marshall, Charles Bailey, Kathleen Barkel (étudiée par George Barbanell), Stella Maggs, Keith Rhinehart.

Thomas Stanford, le frère du fondateur de la Stanford University, enferma Charles Bailey dans une cage de bois épais, le médium ayant été fouillé et examiné, et la porte de la cage ayant été fermée à clef et scellée. Les « apports » arrivaient dans la cage. Il y aurait ainsi eu des oiseaux, des poissons, des graines, des fleurs, des bracelets zoulous, des oignons, des arbustes, etc. !

– Notons une indication intéressante relative aux « apports » obtenus par George Barbanell en expérimentant avec Kathleen Barkel, des apports s’étant formés dans les mains de celui-ci. Il les sentit grossir, d’abord mous, et se solidifier lentement. Le guide de la médium, « White Hawk », qui se matérialisa, déclara qu’il utilisait des « élémentaux«  pour le transport des « apports » (les objets apportés aux visiteurs étant des bijoux perdus, enterrés ou engloutis sous l’eau depuis des années et même depuis des siècles). George Barbanell assista, à la lumière du jour, à l’apparition de pierres précieuses, dont un saphir enchatonné dans un anneau d’argent, une boucle d’oreille de jade dans une monture d’or. Un jour, George Barbanell vit, dit-il, 62 « apports » : saphirs, émeraudes, rubis, améthystes, turquoises, onyx, topazes et opales. Ces « apports » arrivaient par l’intermédiaire d’une trompette, laquelle aurait flotté dans l’air pour venir devant chaque visiteur, le tout à la lumière du jour. Un assistant, qui demanda un scarabée, reçut un scarabée encerclé d’or.

– Dans divers cas, des « apports » furent obtenus sur demande (un perroquet – Shaw Desmond -, etc.). (2)

– La médium anglaise Stella Maggs aurait matérialisé notamment un grand châle indien, une petite boîte incrustée, un vase, un poignard chinois, une statuette, un chapelet de perles d’Italie, une grosse ammonite, un collier avec une croix d’argent, un porte-monnaie en argent de Melbourne, etc. Elle faisait aussi apparaître des œufs frais… Une fois, un sofa fut trouvé chargé de jouets de toutes sortes dont il était difficile, rapporte Michel Granger, de déceler l’origine. (3)

– Signalons le cas d’une médium de Naples qui a « incorporé » un alchimiste du dix-septième siècle, le prince Raimundo de Sangro de Sansevero. Elle régurgita du sang. Voilà un curieux « apport » (4)

– Dès 1820, un médecin français, le docteur Billot, avait observé des « apports » de fleurs en présence d’une jeune aveugle aux talents paranormaux spectaculaires.

mmed-esperanceDans les années 1880, une médium anglaise au pseudonyme francophone, Elisabeth d’Espérance, se rendit célèbre par ses matérialisations florales. C’est une entité du nom de Yolande, une jeune Arabe décédée, qui était censée se manifester à travers elle.

« Au cours d’une séance, elle demanda que l’on place loin d’elle, au centre de la pièce, un vase rempli de sable et d’eau. Le récipient fut couvert d’un tissu. Madame d’Espérance entra en transe et, en l’espace de quelques minutes, les spectateurs virent avec surprise le tissu se soulever progressivement sans que personne soit intervenu. On l’ôta du vase. Une plante avait poussé !

Le médium fit à nouveau recouvrir le récipient et demanda aux assistants de se mettre doucement à chanter. Lorsqu’on enleva à nouveau le tissu, le végétal s’était développé et avait produit une magnifique fleur. On l’identifia comme un Ixora crocata’, plante presque inconnue en Angleterre à cette époque. Un jardinier en prit soin pendant plusieurs mois. »

Le 28 juin 1890, elle fit pousser de manière identique un lis de deux mètres de haut. Cinq des onze fleurs qu’il portait étaient épanouies. On prit des photographies et on cueillit deux fleurs. Puis Yolande se manifesta, disant qu’il fallait dématérialiser, pour une raison inconnue, cet « apport ». Madame d’Espérance ne put faire disparaître la plante. Elle réussit le transfert lors de la séance suivante, le 5 juillet.

Agnès Nichols fut l’une des médiums à matérialisation les plus douées des années 1860-1870. Un ami lui demanda une fleur de tournesol (dont ce n’était pas la saison). Elle matérialisa immédiatement la fleur, avec la plante mesurant près d’1 mètre 60 et ayant encore une motte de terre autour des racines. Elle « apportait » aussi, à la demande, toutes sortes de fruits.

Ernesto Bozzano - Original– Le métapsychiste italien Ernesto Bozzano a évoqué un cas qui s’est produit en mars 1904, au cours d’une séance qui se tenait dans la demeure de Cavaliere Peretti, avec un sujet spécialement doué qui pouvait effectuer des « apports » sur demande. Ernesto Bozzano demanda au « guide » qui inspirait le médium de lui apporter un petit bloc de pyrite se trouvant sur sa table de travail, à près de deux kilomètres de là. Par l’intermédiaire du médium en transe, l’entité lui fit savoir qu’elle était très fatiguée mais qu’elle allait quand même essayer de faire le maximum. Peu après, on entendit « les crispations spasmodiques du médium qui indiquaient l’arrivée d’un apport », mais on n’entendit pas le bruit caractéristique d’un objet tombant sur la table. L’entité déclara qu’elle avait partiellement réussi son but, mais que, étant trop épuisée, elle n’avait pu « rematérialiser » l’objet. Elle demanda d’ouvrir la lumière. Les personnes présentes purent alors voir une fine poussière brillante de pyrite qui recouvrait la table, les vêtements et la chevelure des assistants. Quand Ernesto Bozzano revint chez lui, il découvrit qu’il manquait un gros fragment du bloc de minéral qui se trouvait sur le bureau et dont il avait sollicité l’« apport«  sur les lieux de la séance.

 

jacktableJack Webber, un mineur et médium d’origine galloise, fit beaucoup parler de lui dans les années 1930. Il fut étudié de près par Harry Edwards (auteur de : « La médiumnité de Jack Webber »).

« La lumière rouge, une veilleuse, était allumée, de sorte que l’on pouvait distinctement voir le médium qui avait été attaché à sa chaise, mesure prise pour faciliter le contrôle de l’authenticité de l’expérience. Les cornets acoustiques qu’il utilisait pour produire des voix de l’au-delà se mirent à léviter. L’un d’eux se dirigea vers lui, présentant de lui-même sa plus vaste embouchure au niveau du plexus solaire de Webber. On entendit clairement un objet tomber à l’intérieur. Le cornet se dirigea ensuite vers moi, et l’esprit me demanda d’extraire l’objet en question. Il s’agissait d’un ornement d’origine égyptienne. Une minute ou deux plus tard, l’instrument revint vers le plexus solaire du médium dans des conditions identiques, et l’on entendit un nouvel objet qui tombait à son tour dans l’embouchure… » (Harry Edwardsharry2

 

 

 

 

 

 

 

– Dans les années 1960, Keith Rhinehart, un médium américain, fit courir les foules à New York. Il matérialisait par la bouche tous les objets possibles et imaginables. Un jour, il fit même apparaître un hippocampe vivant. Mais Keith Rhinehart connaissait la régurgitation de music-hall et il fut parfois pris sur le fait. Ses talents de prestidigitateur surpassaient de beaucoup ceux du médium. (5)

– Le médium anglais Paul Mac Elhoney a réussi à faire apparaître des fleurs. Il a dit être guidé par une entité répondant au nom de Céros. Voici ce qu’a écrit Michael Cleary, dans la revue « Psychic News », à propos d’une séance :

« Quand cela se produisit, que Céros ‘apporta’ les premières fleurs, toutes les lumières de la salle étaient allumées. J’avais examiné de près la bouche et la gorge de Paul. Il ne s’y trouvait rien. Or, quelques secondes plus tard, une fleur commença à en surgir. Il s’ensuivit plusieurs autres. C’étaient des œillets qui ont pour moi une importance toute particulière. En effet, j’avais mentalement demandé à ma mère défunte de m’en faire parvenir depuis l’autre monde. Paul ne pouvait rien savoir de ma supplique, et il aurait tout aussi bien pu matérialiser autre chose. Mais quand Céros me fit parvenir des œillets, il me dit que c’était un cadeau pour moi d’une femme qui se trouvait dans l’au-delà… »

Le même médium a matérialisé des fleurs pour l’écrivain Guy Lyon Playfair. Ce dernier a vérifié qu’il ne pouvait s’agir du tour de music-hall dit de « régurgitation » que connaissent de nombreux illusionnistes. Il a acquis la certitude que Paul Mac Elhoney ne truquait pas. (6)

Une séance eut lieu en septembre 1981. Les participants étaient : Terri Julians (la fiancée du médium), Don et Jean Hatch (des spirites expérimentés), le chercheur Patrick Webb et Tony Ortzen (rédacteur en chef de « Psychic News », le grand hebdomadaire spirite anglais). Ce dernier a fouillé la pièce, ainsi que la salle de bains voisine.

Céros, le guide spirituel qui parlait par la bouche du médium, déclara qu’il allait apporter quelque chose de lourd. Les mains du médium étaient tenues par Tony Ortzen. On entendit le médium faire des efforts pour vomir. Quelque chose heurta le sol. Lorsque la lumière rouge fut allumée, les assistants découvrirent une statuette de bronze et de cuivre ressemblant à une déesse de l’Inde, ayant presque douze centimètres de haut et pesant environ un kilo. Puis Céros matérialisa une coupe ornementée, en cuivre massif, de seize centimètres de haut, son plus grand diamètre atteignant vingt-deux centimètres. Elle pesait presque quatre kilos. Trois dauphins agrémentaient le pied de la coupe.

Il y eut ensuite la formation d’un ectoplasme, une sorte de gonflement dans l’estomac du médium ayant d’abord été perçue par Don Hatch. Une masse ectoplasmique se déversa sur la tête et les épaules de ce dernier. Elle ressemblait à une douce étoffe. C’était une substance qui ne paraissait ni humide ni chaude. Une photo montre une coulée de matière blanche et brillante.

Tony Ortzen a fait porter les deux objets au British Museum par sa secrétaire. La statuette est d’inspiration hindoue ou bouddhiste, mais de facture moderne. Elle provient certainement de la vallée de Katmandou (Népal). Constituée de cuivre et de bronze, elle a été coulée grossièrement puis rectifiée hâtivement à la lime. La femme représentée est assise sur un lotus et tient un oiseau. Quant à la coupe ornementée, elle peut avoir une origine indienne, mais c’est une réalisation contemporaine.

Paul Mac Elhoney a cependant fraudé. Dans le numéro du 9 avril 1983 de « Psychic News », on apprend qu’on a découvert, lors d’une séance, des œillets dissimulés dans le magnétophone. (7)

Nous sommes loin, actuellement, de pouvoir produire, avec des moyens technologiques, la téléportation d’objets (et encore moins de personnes). Notons cependant qu’un chercheur australien a réussi à téléporter un photon, un autre chercheur ayant réussi à téléporter un rayon de lumière. Cependant, si des chercheurs (Anton Zeilinger, en décembre 1997, et Jeff Kimble) ont réussi à téléporter des particules, on s’empresse cependant de préciser que la téléportation de type « Star Trek » n’est pas envisageable. Compte tenu du nombre considérable d’atomes constituant l’être humain, les meilleures fibres optiques au monde mettraient plusieurs centaines de millions de siècles pour tout transmettre ! S’il fallait stocker cette colossale somme d’informations sur CD-Rom, celles-ci occuperaient un cube de presque mille kilomètres de côté ! (8) Néanmoins, l’existence des phénomènes d’« apport », en phénoménologie spirite, atteste la possibilité théorique de la téléportation.

 

Parmi les autres types de phénomènes allégués, on cite notamment :

Des cas de passage de la matière à travers la matière (alliance sortie d’une jarre de verre au bouchon scellé – phénomène constaté par le docteur Gerloff).

Des cas présumés de téléportation du corps humain.

Des vies sauvées par des interventions de « l’Invisible ».

La lévitation du corps humain. Eusapia Palladino flotta à 1 mètre 70 du sol et Stainton Moses à 2 mètres du sol. 

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ddh-300x227Daniel Dunglas Home sortit, dit-on, par une fenêtre et flotta à 20 mètres du sol ! Parmi les autres sujets qui auraient expérimenté la lévitation, citons Colin Evans, Madame Perriman, Shaw Desmond, Willy Schneider, Maria Volhardt… P_Maria_Vollhardt (Bien sûr, de faux médiums ont simulé le phénomène, comme ce fut le cas pour Karl Weber.)

La lévitation d’objets a aussi été signalée. Avec Eusapia Palladino, on constata de fréquentes lévitations de tables, lesquelles furent examinées par d’Arsonval, Curie, Langevin et l’illusionniste Thurston. Jack Webber a lévité une lourde table ronde. Le médium avait les pieds et poignets liés par des cordes au fauteuil dans lequel il était assis. Raoul Montandon évoqua, quant à lui, la lévitation d’un lourd piano… (9)

– Des « images sur soie » ont été obtenues au cours de l’été 1979 en Pennsylvanie, dans le cadre d’un groupe médiumnique… (10)

 

– Le cas Katie X :

2967496Le cas de Madame Katie X, étudié par le docteur Berthold Eric Schwarz (un psychiatre américain, 1924-2010), a été évoqué dans un article de Jean Sider.

Parmi les phénomènes générés par cette médium (du New Jersey), il y a ceux-ci :

L’apparition (à sa demande) de dessins de fort belle facture, sur de la vaisselle ou des objets de décoration.

La matérialisation (« apports ») de petits objets.

La torsion de pièces métalliques très robustes.

L’apparition d’eau dans des récipients en verre pourtant hermétiquement fermés.

La réception, en écriture automatique, de quatrains attribués à Nostradamus.

L’apparition, sur son corps, de stigmates.

La perception d’« effets électriques ».

De mars 1986 à février 1993, Katie a extériorisé sur diverses parties de son corps, notamment sur son visage, des « pétales dorés » qui, après analyse, se sont avérés être des languettes de cuivre. Des personnes de son entourage (dont sa fille et une amie intime) ont aussi produit ce phénomène, à un degré moindre.

9772758Le 19 novembre 1988, une accumulation de « pétales dorés » s’est produite sur le corps de Katie, ceux-ci étant plus nombreux dans la région abdominale, sous la chevelure, derrière l’oreille gauche, au-dessus de l’œil droit et sur la joue droite. A un moment donné, deux « pétales » sont tombés de sa joue sur la paume de sa main gauche. Katie a alors eu l’idée de « faire » un papillon. Elle a joint les deux paumes de ses mains au-dessus des deux languettes métalliques. A la demande de Katie, son amie Loïs a mis ses mains autour de celles de Katie, laquelle a précisé qu’il fallait se concentrer sur la forme de l’un des dessins de la robe de Loïs, et qu’il fallait fixer les mains du regard tout en émettant le souhait de voir la forme du dessin se produire réellement.

« Les deux femmes pensaient qu’il était possible de reproduire un fac-similé plat d’un dessin de papillon en braquant leurs yeux sur leurs mains placées ‘en cocon’ et leur esprit sur une reproduction de papillon de la robe de Loïs.

Après dix secondes d’attente, les deux femmes ont commencé à sentir des spasmes gagner leurs bras et à voir que les articulations de leurs doigts étaient soumises à d’étranges agitations. Katie, qui avait fermé les yeux afin de mieux se concentrer, les a rouverts brusquement très grand en déclarant : ‘Le papillon se forme !’ Environ sept minutes plus tard, elle s’est écriée : ‘Il est vivant ! Il bouge ! Je perçois les battements de son cœur !’. A ce moment-là, les paumes de Loïs étaient devenues moites, et celles de Katie développaient une chaleur inhabituelle. Puis Katie a affirmé percevoir nettement les battements de deux cœurs ! »

C’est en présence du docteur Schwarz que les deux femmes ont désuni leurs mains. Lorsque celles de Katie s’ouvrirent, on vit un papillon vivant et un « pétale doré » attaché à celui-ci !

Le docteur Schwarz a commencé à filmer la scène.

Chose tout à fait surprenante, note Jean Sider, les pattes du papillon étaient prises dans l’épaisseur de la peau de la main de Katie ! Avec beaucoup de délicatesse, Katie a dégagé le papillon. Il s’agissait d’un papillon de nuit au corps phosphorescent visible dans l’obscurité. Un spécialiste a précisé qu’il s’agissait d’un insecte de la famille des pyrales, un lépidoptère dont le nom scientifique est : Anania haemorrhoïdalis.

Des analyses en laboratoire ont établi que les « pétales dorés » étaient composés de 85,13% de cuivre et de 14, 87% de zinc. (11) 13220946_10206558472574209_4405508142202892226_n

 

 

 

 

 

 

 

Dans un livre paru aux Etats-Unis en 2007, le parapsychologue Stephen E. Braude a consacré le premier chapitre au cas de Katie. Titre de ce livre édité par University Chicago Press : « The Gold Leaf Lady and Other Parapsychological Investigations ».

 9780226071527

 

 

 

 

 

 

 

 

II. Psychokinèse dans un « minilab» :

1. John G. Neihardt et William Cox :

Sorrat-Neihard-DrumLa SORRAT (Society for Research on Rapport and Telekinesis), de Rolla (Missouri), a été fondée en 1961 par John G. Neihardt (1881-1973), professeur de littérature anglaise à l’Université de Columbia. John Neihardt avait pour ami un chaman de la tribu des Sioux Oglalas, « Original noir », qui initia l’universitaire à des états de conscience particuliers… Pendant de nombreuses années, un groupe de personnes s’est réuni tous les vendredis soir, au domicile du professeur, à Skyrim Farm (Missouri), le but recherché étant la production de phénomènes de psychokinèse. Sorrat-ManginiVertLevitLe médium Joseph Mangini entrait en transe profonde, possédé, disait-il, par l’« Esprit » d’« Original noir », le chaman. Il produisait alors divers effets PK : déplacement d’objets, coups frappés…

Sorrat-ManginiTranceDès 1965, les membres de la SORRAT contrôlaient suffisamment les énergies PK émises pour soulever des tables, déplacer divers bibelots, etc.

Il y eut une scission entre les membres de la SORRAT : les uns, des spirites convaincus, faisaient référence à des âmes errantes ou à des « Esprits » chamaniques, les autres, comme William Cox (à la fois parapsychologue et illusionniste amateur), parlaient d’énergies inconnues catalysées par certains états de conscience médiumniques.

William Cox mit au point, en collaboration avec le docteur John T. Richards, le premier « minilab PK », un aquarium scellé. Les « minilabs » ainsi réalisés sont constitués de parois de verre maintenues par des cornières spécialement conçues afin que personne ne puisse avoir accès à l’intérieur de l’aquarium où doivent se produire les effets PK. Le fond du « minilab » est scellé, et des senseurs spéciaux sont disposés à l’intérieur de manière à mettre en route la caméra au moindre mouvement des « objets-témoins ».

En 1977, le siège du SORRAT fut transféré dans une vieille ferme, dans une autre ville du Missouri.

Sorrat-BookLevitDivers phénomènes furent filmés. Un film, par exemple, montre les mouvements de deux cercles de cuir dans le laboratoire scellé. Des cuillères furent brisées par le milieu…

Entre 1979 et 1981, caméras, films et timing furent améliorés afin de témoigner dans les meilleures conditions techniques possibles. William Cox et John Richards sélectionnèrent une douzaine de films. Sous l’œil de la caméra, les cuillères se tordent et s’entremêlent, les anneaux de cuir se rejoignent ou se séparent, le stylo se met à écrire…

William Cox et John Richards ont aussi réussi à filmer des téléportations. Devant la caméra disparaissent des cure-pipes, des boîtes d’allumettes, des liasses de papier, des bijoux… D’autres objets apparurent : un porte-clefs, un jouet d’enfant, quelques feuilles d’arbre…

Sorrat-GroupLevit01Les documents filmés ont été examinés par des techniciens de la pellicule, des illusionnistes et un physicien, le professeur Phillips. Ils sont formels : les films de la SORRAT ne comportent pas de trucages. (12) Cela n’a évidemment pas empêché les rationalistes cyniques de prétendre le contraire. Ainsi, par exemple, deux comparses de l’illusionniste James Randi (qui furent impliqués dans le tristement célèbre « Projet Alpha ») eurent du mal, rapporte Henri Broch, « à ne pas s’écrouler de rire » quand ils virent John T. Richards produire les phénomènes par « des moyens simples qu’ils connaissaient bien ». (13) Richard Wiseman déclare qu’à son avis « les prétendues preuves de PK sont inventées de toutes pièces ». Un test de perception extrasensorielle réalisé par ce dernier avec la SORRAT s’est révélé un échec. (14) Mais il n’y a pas que les « rationalistes » qui ont critiqué les expériences de la SORRAT. Erik Pigani note ainsi que « peu de parapsychologues sérieux créditent ou même évoquent » les travaux de la SORRAT, lesquels sont « très controversés »… (15) McClenon a remarqué que si les membres du groupe sont convaincus de l’authenticité des phénomènes, il n’en est pas de même de la communauté parapsychologique. Sorrat-GroupLevit02

 

 

 

 

 

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« T. Cornell a visité la Sorrat en 1984 et conclu à des fraudes ou, au mieux, à des résultats non concluants, les conditions n’étant pas assez fiables. Il a lui-même réalisé un film truqué du même genre, en filmant image par image, pour montrer qu’il était facile d’obtenir ces effets. Ce groupe semble être constitué surtout de ‘croyants’ et non d’expérimentateurs rigoureux. (Cornell, 2002) » (Pascale Catala) (16)

Ces commentaires négatifs se heurtent cependant à cette réalité : les travaux de la SORRAT ont été reproduits en Angleterre par Julian Isaacs.

En 1982, John Thomas Richards a publié son livre intitulé : « SORRAT : A History of the Neihardt Psychokinesis Experiments, 1961-1981 ». Quant à William Edward Cox, il est l’auteur de : « Psi Physics ». Sorrat-Cox

 

 

 

 

 

 

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2. Julian Isaacs :

isaacsLes travaux de la SORRAT ont été reproduits par le parapsychologue anglais Julian Isaacs et son équipe de l’Aston University de Birmingham. Julian Isaacs recruta des sujets dans les milieux spirites, des « médiums spontanés » s’étant joints à eux à la suite d’une série de conférences de l’instigateur du programme « minilab » britannique en mai 1980. Il s’agissait principalement de jeunes gens ayant constaté autour d’eux des phénomènes de téléportation d’objets divers, de « raps », etc.

Julian Isaacs projeta à ses sujets, à doses répétées, les films de la SORRAT, chaque groupe étant entraîné selon sa conception de la psychokinèse (spirite ou non). Le matériel utilisé ne différait guère de celui de William Cox et John Richards à Rolla : un aquarium fait de plaques de verre solidement jointes les unes aux autres par des arêtes métalliques, tout un système de sécurité utilisant fermetures scellées et serrures incrochetables, etc. Julian Isaacs mit au point un appareillage pour mesurer la vitesse des mouvements psychocinétiques des objets se déplaçant à l’intérieur du « minilab »…

Mentionnons par exemple le cas de « Peter », spécialisé dans la torsion de cuillères et la téléportation. Il produisit de nombreux phénomènes dans le « minilab » de Julian Isaacs. Il joua à plusieurs reprises avec sa faculté PK en demandant à un héros de bandes dessinées imaginaire (« Quazer ») d’écrire un message dans l’aquarium hermétiquement clos avec un crayon spécial qui déclencha, comme prévu, la caméra destinée à filmer le phénomène. (17) Evidemment, ce type de facétie semble exclure toute intervention de l’Au-delà dans la production des phénomènes (comme dans le cas de « Philip », le fantôme créé de toutes pièces par un groupe d’expérimentateurs au Canada dans les années 1970). On ne peut pas exclure, cependant, l’éventuelle intervention d’un « Esprit » facétieux (du type « élémental ») « jouant » avec l’esprit du sujet PK

 

III. La télékinésie :

Intéressons-nous au déplacement, sans contact, de petits objets. C’est la définition même de la télékinésie (à laquelle on peut ajouter le phénomène dit des « tables tournantes »), celle-ci incluant parfois la lévitation d’objets. Dans mon texte : « Quelques médiums russes à effets physiques » (même rubrique), je détaille le cas de la Russe Nina Kulagina et je mentionne également quelques autres sujets russes ayant produit des effets de télékinésie. J’évoque, ci-dessous, trois autres cas :

– Celui de la Polonaise Stanislawa Tomczyk, les expériences réalisées avec celle-ci datant du début du vingtième siècle.

– Celui de l’Américaine Felicia Parise.

– Celui du Français Jean-Pierre Girard.

 

1. Stanislawa Tomczyk :

220px-Stanislawa-Tomczyk-levitating-scissors-1909Au début du vingtième siècle, la médium à effets physiques polonaise Stanislawa Tomczyk a participé à des expériences contrôlées par le docteur Ochorowicz (de 1909 à 1914) et le docteur de Schrenck-Notzing (en 1913-1914). baron1Ci-contre : le docteur de Schrenck-Notzing (1862-1929) avec Charles Richet (décédé en 1935). 

Lors des expériences réalisées avec le docteur Ochorowicz, de petits objets, comme une balle ou une sonnette, furent « lévités ». En 1909, à Varsovie, une commission, composée notamment de physiologistes et d’ingénieurs, examina Stanislawa Tomczyk au laboratoire de physique du Musée de l’Industrie et de l’Agriculture. Cette commission conclut à la réalité des phénomènes. Lors de la séance du 21 novembre 1909, par exemple, on assista notamment au déplacement d’une balle en celluloïd de six centimètres de diamètre et au soulèvement d’une petite bouteille en verre de onze centimètres de haut, remplie partiellement d’eau de Cologne, le flacon ayant lévité à une hauteur de trente à quarante centimètres au-dessus de la table. Ce flacon resta un moment immobile avant de retomber sur la table. Les conditions de contrôle étaient strictes : avant chaque essai, les mains de la médium étaient vérifiées, etc. 

 Voici le compte rendu de ces expériences :

 

– Le déplacement de balles en celluloïd :

« 1° En présence de tous les assistants, le médium retroussa ses manches au-dessus des coudes, lava ses mains avec du savon et les essuya à l’aide d’une serviette préparée à cet effet. – 2° Sous la pleine lumière d’une lampe à pétrole, après avoir bandé les yeux du médium, on examina soigneusement ses mains et ses doigts, l’un après l’autre, et on passa un canif entre ses ongles et la chair. – 3° M. Kalinowski, directeur du laboratoire du Musée, et M. Sosnowski, assistant de physiologie à l’Université de Varsovie, tinrent le médium par les mains et le conduisirent jusqu’à la table préalablement visitée et nettoyée. A partir de ce moment, celui-ci ne retira plus ses mains de la table, ne toucha plus ni lui-même, ni une autre personne, ni aucun des objets destinés pour l’expérimentation. – 4° Pour éclairer la salle, on se servit d’une lampe à pétrole posée à une distance de 2 m derrière le médium et un peu de côté. Les conditions d’éclairage étaient excellentes car le corps du médium ne projetait pas son ombre sur la table.

Première expérience. – Pour faciliter l’observation et le contrôle, le Dr Ochorowicz proposa d’exiger du médium la provocation d’un mouvement horizontal dans la direction d’une de ses mains à l’autre, et pendant que ces dernières, posées des deux côtés de l’objet, resteraient autant que possible immobiles.

On se servit comme objet d’une balle en celluloïd de 6 cm de diamètre. Pour éviter l’influence du tremblement de la table et pour limiter les mouvements de la balle, on la plaça sur le dynamomètre à main de Basset, ayant la forme de la lettre O allongée et dont l’aiguille marquait une petite saillie au milieu de l’appareil. Les mains du médium furent tenues au-dessus de la table à une hauteur de 2 à 3 cm et à une distance de 2 à 3 cm des bouts du dynamomètre.

Après une courte attente, on remarqua quelques mouvements insignifiants de la balle qui, ensuite, roula jusqu’à la moitié du dynamomètre. Ce déplacement se répéta encore deux fois, sans cependant que la balle eût pu vaincre le petit obstacle du milieu formé par l’aiguille. Pendant ces mouvements, le médium souleva à plusieurs reprises ses mains au-dessus de la table jusqu’à une hauteur de 8 à 10 cm. A sa prière, le Dr Ochorowicz appliqua ses mains derrière la tête du médium, après quoi la balle roula de nouveau jusqu’au centre du dynamomètre, mais, au lieu de continuer son chemin, elle sauta sur la table en se dirigeant vers le médium. Celui-ci approcha alors ses mains de la balle sans la toucher et lui ordonna de remonter sur le dynamomètre, ce qui arriva à la suite de quelques gestes ascendants exécutés par les mains du médium et dont l’amplitude était de 15 cm environ. Pendant l’exécution de ces gestes, la balle resta immobile et ne se déplaça qu’après leur cessation. Quelques minutes après, et dans des conditions analogues, la balle, qui se trouvait alors à l’angle droit du dynamomètre, roula sur toute la longueur de l’appareil jusqu’à son bout gauche et retomba sur la table.

Après la fin de cette expérience, on remarqua un phénomène curieux : l’échauffement de la balle à la température du corps, ou même – suivant l’opinion de quelques-uns des assistants – à une température un peu supérieure. Mais comme ce phénomène fut inattendu et que, par conséquent, la température de la balle ne pouvait pas être prise initialement, la Commission ne considéra pas ce fait comme suffisamment établi. A un nouvel examen des mains du médium, exécuté immédiatement après la fin de cette expérience, on remarqua que ses mains, chaudes auparavant, étaient alors froides et humides.

Deuxième expérience. – Elle consista en un essai de l’action médiumnique à travers un écran transparent. On se servit dans ce but d’un entonnoir en celluloïd dont le tube fut coupé. Le trou qui en résulta fut obturé à l’aide d’un bouchon de liège. Comme objet à déplacer, on prit une petite balle, également en celluloïd, de 4 cm de diamètre. Cette balle, après avoir été examinée par les assistants, fut placée sur la table par M. Leski, directeur du Musée de l’Industrie, et recouverte de l’entonnoir retourné, c’est-à-dire avec sa pointe en haut.

Les mains du médium, après une nouvelle visite, furent placées à plat sur la table, des deux côtés de l’entonnoir. Elles restèrent d’abord quelques minutes immobiles ; puis le médium les souleva à une hauteur de 1 à 2 cm. Quelques dizaines de secondes après, ce fut l’entonnoir lui-même qui remua, mais, ensuite, sur la demande des assistants, il resta immobile, tandis que la balle, placée en son intérieur, roula dans la direction du corps du médium et un peu à gauche, et retourna ensuite à sa place primitive au milieu de l’entonnoir.

Sur une demande réitérée des expérimentateurs, la balle exécuta encore une fois son roulement et buta contre la paroi de l’entonnoir du côté du médium.

Pendant les deux premiers déplacements de la balle, les mains du médium se trouvaient à une distance de 1 à 2 cm des parois de l’entonnoir ; avant le troisième, le médium demanda s’il pouvait appuyer ses doigts contre l’entonnoir, ce à quoi l’on consentit, jugeant que, dans ces conditions, l’expérience serait encore plus démonstrative.

Cette expérience terminée, on visita de nouveau les mains du médium. Elles ne présentaient rien de particulier. » (Robert Tocquet)

 

– La lévitation, à trente ou quarante centimètres de haut, d’une petite bouteille en verre de onze centimètres de hauteur (remplie en partie d’eau de Cologne). Voici le compte rendu, par Robert Tocquet, de cette dernière expérience :

« Après l’examen de la bouteille par les expérimentateurs, le médium joignit ses mains et les plaça ensuite des deux côtés de la bouteille posée sur la table par M. Janikowski, secrétaire du Musée de l’Industrie. Puis il exécuta quelques mouvements, invitant le flacon à se soulever. Celui-ci remua à plusieurs reprises, mais sans se soulever complètement. Alors le médium demanda la permission de ‘magnétiser la bouteille’, ce qui lui fut accordé, à condition de ne pas la toucher ni faire des mouvements autour du goulot. Conformément à cette exigence, le médium exécuta quelques passes horizontales et verticales d’un seul côté de la bouteille, pendant lesquelles ses mains se trouvaient à des distances inégales de l’objet. Pendant l’une de ces passes, à la suite d’un glissement de son coude, le médium toucha le bouchon de la bouteille, ce qui occasionna de sa part la demande d’une nouvelle visite de ses mains et du flacon. Quand cet examen fut accompli et le flacon posé de nouveau sur la table, le médium tint ses mains des deux côtés du flacon, à une distance de 6 à 8 cm. Après une courte attente, lorsque le médium commença à soulever ses mains, le flacon se souleva lui aussi, lentement, d’abord de quelques centimètres seulement, et, ensuite, à une hauteur de 30 à 40 cm au-dessus de la table, resta un moment immobile puis retomba sur la table. »

Les précisions suivantes sont à apporter à propos des expériences avec Stanislawa Tomczyk :

1° Avant chaque essai, les mains de la médium étaient soigneusement « visitées ». Et il en fut de même pour tous les objets ayant servi aux expériences. Ces objets furent toujours mis en place par l’un des assistants, et la médium, une fois « visitée », ne touchait plus ni aux objets, ni à son propre corps, ni à d’autres objets ou à des personnes.

2° Les phénomènes observés étaient toujours annoncés et attendus.

3° Ni pendant les expériences, ni au cours de l’examen des mains de la médium, on ne découvrit aucun corps étranger, un fil par exemple, pouvant transmettre le mouvement des mains du sujet aux objets déplacés.

4° Les objets restaient souvent immobiles, alors que les mains de la médium exécutaient de vifs mouvements. Ils se déplaçaient, au contraire, lorsque les mains se trouvaient dans une immobilité absolue ou relative.

5° Lorsque le mouvement de l’objet s’effectuait synchroniquement avec le déplacement des mains de la médium, l’espace parcouru par l’objet était presque toujours plus grand que l’espace parcouru par les mains.

6° Avant les expériences, les mains de la médium étaient le plus souvent chaudes, et, immédiatement après chaque expérience, elles étaient froides et humides.

7° Les rythmes cardiaque et respiratoire du sujet s’accéléraient pendant les phénomènes.

En 1913 et 1914, Stanislawa fut étudiée par un scientifique allemand, le docteur de Schrenck-Notzing, lequel réalisa notamment l’expérience dite « des boules de celluloïd », cette expérience ayant été contrôlée par un physicien, ainsi que par le professeur von Keller, le professeur Specht, le docteur Aub (spécialiste des maladies nerveuses), le docteur von Gebsattel, le psychologue Mittenzwey, M. von Kaiser. Cinq boules de celluloïd furent placées sous une cloche de verre plate, après avoir été soigneusement examinées par plusieurs expérimentateurs.

« Stanislawa approche les mains à droite et à gauche de la cloche, et deux des boules enfermées se mettent en mouvement, tandis que les trois autres restent immobiles. A volonté, Stanislawa fait rouler une boule spécialement désignée par le professeur G. Puis deux boules placées du côté opposé au médium s’agitent de nouveau.

Une boule rouge et quatre boules blanches sont déposées sous la cloche. La main de Stanislawa s’approchant de la cloche, la boule rouge effectue des mouvements très nets et se met à rouler, tandis que les quatre boules blanches demeurent immobiles. L’expérience est répétée plusieurs fois.

Sur la demande des assistants, les boules blanches entrent également en mouvement, et, finalement, à plusieurs reprises, des boules, désignées à l’avance par les expérimentateurs, se mettent à rouler isolément tandis que les autres ne bougent pas, ce qui exclut l’hypothèse d’un mouvement dû à une légère inclinaison frauduleuse de la table. Au surplus, au cours de l’expérience, Stanislawa ne touche pas une fois à la cloche et la table reste absolument immobile.

Avant l’expérience, la surface des bras, des mains et des doigts du médium, a été examinée à la loupe ; la lame d’une paire de ciseaux a été passée sous les ongles ; la table a été soigneusement essuyée. Pendant l’expérience, les manches du médium ont été relevées jusqu’au coude. » (R. Tocquet) (18)

 

2. Felicia Parise :

En 1971, Montague Ullman a organisé, au « Maimonides », une projection privée d’un film sur Nina Kulagina. Parmi les personnes présentes, se trouvait l’illusionniste Milbourne Christopher, lequel déclara (évidemment !) que la prestidigitation lui permettait de reproduire les mêmes effets. Felicia Parise, une laborantine du « Maimonides », était aussi présente. A l’issue de la projection, elle fut convaincue qu’elle parviendrait à produire de semblables effets.

Felicia Parise avait été le sujet d’expériences ESP (perception extrasensorielle) sur les rêves au « Maimonides ». Au cours d’une séance, elle avait rêvé qu’elle voyait sa grand-mère assise sur le sol dans une mare de sang. En rentrant chez elle le lendemain matin, elle apprit que sa grand-mère était tombée durant la nuit et qu’elle s’était ouvert le crâne. La semaine qui suivit la projection du film sur Nina Kulagina, Felicia Parise tenta de déplacer de petits objets. Elle essaya d’abord d’y parvenir avec un état de conscience méditatif et détendu, sans succès. Puis elle induisit un état agité et projeta son anxiété sur « l’objet-cible », également sans succès. Lors de ses premières tentatives de télékinésie, la grand-mère se trouvait à nouveau dans un état critique.

« Elle regagna son domicile après lui avoir rendu visite à l’hôpital. Elle s’apprêtait à concentrer son attention sur un petit flacon en plastique quand le téléphone sonna ; l’état de sa grand-mère avait empiré, et Parise fut rappelée à l’hôpital. Elle tendit la main vers le flacon pour le ranger : il s’éloigna d’elle. »

Durant les mois qui suivirent, Felicia Parise renouvela à plusieurs reprises cet effet. Un jour, elle dit à un étudiant (un assistant du laboratoire des rêves) de regarder le flacon. Celui-ci se déplaça immédiatement de cinq centimètres.

Plus tard, en 1971, Charles Honorton fut témoin de semblables mouvements avec le même flacon. Muni d’un niveau, il se rendit à l’appartement de Felicia Parise et constata que la surface sur laquelle le flacon s’était mu n’était pas plane. L’objet s’était légèrement déplacé vers le haut !

Felicia Parise réussit ensuite à faire dévier l’aiguille d’une petite boussole :

« Honorton prit l’habitude de lui saisir les mains à l’improviste et de les promener directement au-dessus de la boussole afin de s’assurer qu’elle n’y dissimulait pas des fragments métalliques. En une occasion, l’aiguille de la boussole dévia de 90° après que Parise eut prononcé en riant le mot ‘abracadabra’. »

Felicia Parise décrivit le processus comme une concentration de son attention sur « l’objet-cible » jusqu’à ce qu’« il devienne la seule chose présente ».

« Elle choisissait une partie de l’objet et se concentrait sur celle-ci jusqu’à ce que toute autre chose disparaisse. Elle était contrainte de développer une excitation émotionnelle pour que son désir de faire bouger l’objet supplante ses pensées. Elle relata combien elle transpirait durant une telle séance, comment ses yeux pleuraient et comment son nez tremblait. Elle éprouvait souvent des difficultés à parler pendant quelques instants à la suite d’une démonstration réussie. »

Pour ses tentatives de déplacement d’objet, elle s’est contentée au début d’utiliser surtout du plastique, mais aussi des feuilles d’aluminium, des boules de coton, des bouchons, etc. Pour une raison quelconque, dit-elle, le bois ne lui réussissait pas. On la filma. Pendant un ou deux ans, elle continua à faire de la psychokinèse.

Felicia Parise fit des démonstrations devant des parapsychologues comme J. G. Pratt, Graham et Anita Watkins. Graham et Anita Watkins (1974) observèrent un intéressant « effet prolongé » :

« Environ cinq minutes après le premier indice de mouvement de l’aiguille de la boussole, Parise… se dirigea ver un coin éloigné de la pièce. L’aiguille demeura cependant à 15° nord, et nous découvrîmes qu’elle ne réagissait ni à la lame d’un couteau ni à l’aimant. Nous pensâmes que l’aiguille était bloquée. Afin de vérifier cette hypothèse, la boussole fut déplacée d’environ un mètre du point de concentration, et au cours du mouvement l’aiguille retourna progressivement au nord. Dans cette position, elle était facilement affectée par la lame du couteau. La boussole fut ensuite remise à sa place initiale et à nouveau l’aiguille indiqua 15° nord. Il fut impossible de l’influencer à l’aide de la lame de métal. Nous renouvelâmes ce test plusieurs fois et les résultats furent toujours identiques. L’aiguille retournait graduellement au nord sur une période d’environ vingt-cinq minutes, redevenant de plus en plus sensible à l’influence du couteau. »

Graham et Anita Watkins rapportèrent aussi ce qui se produisit quand une boussole fut placée sur un film noir et blanc non exposé, d’autres films semblables étant disposés à diverses distances de la boussole. L’aiguille ne dévia que de 15° environ. On découvrit que le film placé sous la boussole était presque totalement exposé, les autres films l’étant partiellement. L’exposition diminuait avec la distance.

Felicia Parise fut filmée alors qu’elle déplaçait des bouchons et des feuilles d’aluminium disposés dans un grand pot. Le caméraman, un prestidigitateur amateur, ne releva aucun indice de supercherie. Plus tard, Stanley Krippner la vit faire dévier l’aiguille d’une boussole de 5 °.

La dernière séance observée de Felicia Parise date de 1972, lorsque Charles Honorton vit Felicia Parise déplacer un flacon sur plus de quinze centimètres. Peu après, elle décida d’abandonner et déclara :

« Je n’ai plus de temps libre. La PK est quelque chose que vous devez pratiquer tous les jours. Il ne suffit pas de l’inclure dans votre emploi du temps. »

Elle reconnut par ailleurs qu’elle n’était pas le type de personne à supporter des critiques constantes. Elle n’ignorait pas, note Stanley Krippner, que si elle se taillait une réputation en ce domaine, elle ferait l’objet des mêmes dénigrements que Nina Kulagina. Elle commenta :

« Je ne me réjouis ni d’avoir à me justifier ni de voir mon intégrité entamée… J’ai essayé de maintenir un style de vie normal tout en pratiquant la PK, et je sais aujourd’hui que c’est impossible… J’aimerais à présent me consacrer à autre chose. » (19)

Richard S. Broughton a aussi évoqué le cas de l’hématologiste Felicia Parise. Il note qu’elle parvint à faire tourner l’aiguille d’une boussole et à déplacer de petits fragments de papier d’aluminium. Charles Honorton fut le premier à étudier son don pour la PK.

« Lors de sa première visite chez Parise, Honorton la vit placer le flacon sur son comptoir de cuisine, à une trentaine de centimètres du bord. Elle posa les mains au bord du comptoir et fixa son regard sur le flacon. Honorton l’observa attentivement pendant plusieurs minutes. A un moment, Parise dit que le flacon avait bougé, mais Honorton n’avait rien remarqué. Soudain, le flacon se déplaça de cinq centimètres sur la droite. Honorton s’en saisit et le vérifia attentivement pour voir si quelque chose y était attaché ou si quelque trace d’humidité à la base aurait pu permettre le glissement. Le flacon était impeccable. Honorton le reposa sur le comptoir et Parise le fixa à nouveau. Après quelques instants, il décrivit une sorte de trajectoire d’une bonne dizaine de centimètres en s’arrêtant à plusieurs reprises. Puis il repartit dans l’autre sens et se rapprocha de Honorton.

Lors de cette visite et des quelques autres qui suivirent, Honorton et ses collègues cherchèrent les trucages éventuels. Un jour, Honorton demanda à un cameraman, qui était également magicien, de filmer Parise. Elle déplaça le flacon, l’aiguille d’une boussole et du papier d’aluminium. Ces deux derniers objets étaient recouverts d’une cloche. »

C’est en 1973 que Felicia Parise vint au laboratoire de Durham pour une expérience conçue par Graham et Anita Watkins. La cible était une boussole placée à l’intérieur de la bobine d’un détecteur de métaux, des pellicules photographiques scellées ayant été déposées sous le détecteur et autour de celui-ci, à intervalles réguliers, jusqu’à une distance de trois mètres.

« Assise devant l’appareillage, Parise – après un effort certain – réussit à déplacer l’aiguille de 15 degrés. Le son émis par le détecteur changea de tonalité. Selon les chercheurs, il aurait fallu déposer un kilo de brasure au centre de la bobine pour obtenir une telle sonorité. Parise se rendit dans le coin le plus éloigné de la pièce, mais l’aiguille conserva son inflexion de 15 degrés. Plus étrangement encore, l’aiguille ne réagit pas quand on en approcha un aimant. Elle ne reprit sa position normale qu’au bout de vingt-cinq minutes. Quand les pellicules scellées furent développées, les bobines proches de la cible se révélèrent très exposées, et l’exposition décroissait au fur et à mesure qu’on s’éloignait de la cible. Cet effet sur une pellicule scellée est semblable, mais pas identique, à celui observé par les Russes qui travaillèrent avec Kulagina. Tout comme son homologue soviétique, Parise dépensait une quantité énorme d’énergie physique au cours de ces démonstrations (ainsi que pendant les séances d’entraînement qui lui étaient nécessaires). Après les études menées par l’Institut de parapsychologie, Parise mit un terme à ses activités qui lui prenaient trop de temps et exigeaient d’elle trop d’efforts. » (20)

 

3. Jean-Pierre Girard :

TF3-A003

TF3-A003

En France, on connaît le cas de Jean-Pierre Girard, ce dernier étant connu pour ses aptitudes à la psychokinèse et notamment pour son action PK sur des structures métalliques. A plusieurs reprises, il a également pu produire un phénomène de déplacement ou de lévitation d’un petit objet.

Une émission télévisée, en 1981, a montré une expérience de déplacement d’objet effectuée par Jean-Pierre Girard. L’expérience s’est déroulée au printemps 1981, Jean-Pierre Girard ayant été filmé par le journaliste Roger Pic, en présence du statisticien et parapsychologue Yves Lignon.

Une lévitation d’objet a été obtenue le 13 août 1997 à l’Université d’Utrecht (Pays-Bas). Il s’agissait d’un boîtier plastique d’une pellicule du photographe du « Hemmets Journal ».

Durant ce type d’expérience, on a soumis à Jean-Pierre Girard une table de verre et des objets non magnétiques (plastique, bois, verre) apportés par les observateurs. On a contrôlé l’absence de fils dits « invisibles » en passant régulièrement la main entre le sujet PK et les objets.

 

IV. Le phénomène D/R et autres effets PK :

Dans l’entourage de divers sujets PK, on a noté des phénomènes d’apparition/disparition d’objets (phénomène d/r).

Wilfried Chettéoui a évoqué un Congrès de la Société de Recherches Psychiques de Londres, qui a eu lieu en 1982 à Cambridge. Le professeur Hasted, alors directeur du département de physique du « Birbeck College » de Londres, avait fait part de ses recherches sur la torsion psychique des métaux réalisée avec des enfants, certains ayant obtenu des téléportations d’objets familiers.

« Il y a des phénomènes de D/R, c’est-à-dire de disparition/réapparition de petits objets ; des bibelots, des statues, des crayons, traversaient les murs ou disparaissaient de la pièce où ils étaient pour réapparaître dans la pièce voisine. Ces téléportations et apports sans la moindre impulsion, sans la moindre résistance, peuvent se justifier en physique quantique. Alors que les objets de notre monde visible situés à l’échelle macroscopique n’auraient pas ces possibilités. Toutefois, dans le cas des phénomènes disparition/réapparition, il semblerait que certains objets macroscopiques se comporteraient comme les particules élémentaires à l’échelle quantique. Ils pourraient relever d’un processus que les physiciens connaissent sous le nom d’effet tunnel ; cela suppose évidemment que les lois de la physique quantique se vérifient parfois dans des systèmes macroscopiques à grande échelle. Le Docteur Karlis Osis, du laboratoire de parapsychologie de l’université Duke, a pu le constater auprès du thaumaturge Bhagavan Sri Sathya Sai Baba qui est considéré aux Indes comme l’Avatar de notre âge, (…). » (W. Chettéoui) (21)

Le chercheur américain Russell Targ avait montré, à des confrères, des bandes vidéo où l’on voit notamment, en présence d’Uri Geller, l’« apport » d’une montre.

 

– Zhang Bao-sheng :

N’oublions pas le Chinois Zhang Bao-sheng, dont la spécialité est de déplacer et faire sortir, de récipients fermés, de petits objets et même des insectes vivants.

Richard Broughton a précisé que ce sujet PK chinois a été surnommé « l’Uri Geller chinois ».

« Né à Bengxi, dans la province côtière du Liaoning, Zhang a commencé en 1976 à manifester des dons apparemment paranormaux. Un groupe de chercheurs locaux fit connaître Zhang à des scientifiques de Beijing en 1982, à une époque où la parapsychologie chinoise, baptisée recherche sur les ‘Fonctions exceptionnelles du corps humain (FECH)’, était sévèrement critiquée de toutes parts.

Vers la fin des années 70, la Chine avait connu un extraordinaire regain d’intérêt des scientifiques pour la recherche FECH, qui avait été tout naturellement suivi d’attaques violentes de la part des scientifiques conservateurs, mais aussi des idéologues du Parti, pour qui cette recherche était contraire à la doctrine marxiste. La controverse connut son terme quand le Comité scientifique national du Parti fit en sorte que partisans et critiques mènent des expériences communes auprès d’un certain nombre de médiums. C’était en avril 1982. Les résultats de la plupart des psychiques furent loin d’être satisfaisants. La seule exception fut Z, qui se montra très impressionnant sans que l’on puisse déceler la moindre imposture.

Peu de temps après, Zhang coopéra avec les chercheurs de divers laboratoires de la capitale. Dès 1984, il n’apporta plus son concours aux scientifiques qui n’étaient pas attachés à l’IIMS, placé sous le contrôle de l’armée et également appelé Institut 507 du vol spatial. La majeure partie de ce que nous savons de Zhang provient de documents publiés avant 1984, principalement par le professeur Lin Shu-huang du département de physique de l’Ecole normale de Beijing. Lin participa aux expériences d’avril 1982, mais il dirigea surtout une équipe de dix-neuf chercheurs qui travaillèrent avec Zhang de décembre 1982 à mai 1983.

Les chercheurs PK chinois dédaignent volontairement les équipements sophistiqués parce qu’ils pensent qu’il est difficile de déterminer à quel endroit d’un système complexe intervient l’effet PK. Ils préfèrent des cibles simples répondant à trois conditions spécifiques : a) les cibles doivent être uniques ou tout au moins quasi impossibles à dupliquer ; b) les cibles doivent être ‘irréversiblement scellées’ dans un récipient, quel qu’il soit (toute tentative d’ouverture briserait le sceau ou témoignerait de la tentative d’effraction) ; c) il doit y avoir une observation continue, sous des angles multiples, de la part des expérimentateurs ou des caméras vidéo. » (Richard Broughton)

Les expériences de Lin tournaient autour de la ‘‘spécialité’’ de Zhang, qui est, ainsi que je l’ai précisé plus haut, de déplacer et de faire sortir, de récipients fermés, de petits objets et même des insectes vivants.

« Lors d’une expérience, des morceaux de papier spécialement marqués furent imprégnés d’une substance chimique et placés dans une éprouvette. Celle-ci fut chauffée pour se resserrer à mi-hauteur. Dans la partie supérieure furent déposés des cotons traités avec un produit chimique qui réagirait s’il était mis en présence de la substance papier. L’ouverture du tube fut ensuite irréversiblement scellée avec un papier spécial. Quatre expérimentateurs observèrent la scène sous des angles différents. Le tube fut présenté à Zhang. Cinq minutes plus tard, les papiers cibles reposaient à l’extérieur de l’éprouvette. Le sceau était intact, mais un examen ultérieur révéla des traces de réaction chimique sur les cotons, laissant ainsi entendre que les morceaux de papier étaient passés au travers des cotons.

Dans le cadre d’une autre expérience, un insecte vivant fut marqué et placé dans un tube. Celui-ci fut scellé de sorte que toute tentative d’effraction briserait un fin cheveu collé à l’intérieur. Sous le regard de deux expérimentateurs, le tube fut posé sur une table devant Zhang. Quelques minutes plus tard, l’insecte, toujours vivant, se trouvait hors du tube. » (Richard Broughton)

En 1987, le Département du Vol Spatial décerna son prix de la recherche scientifique (deuxième classe) à l’équipe de l’IIMS (Institut d’ingénierie médico-spatiale de Beijing) pour un film montrant les expériences effectuées avec Zhang. Les chercheurs de l’IIMS ont filmé le déplacement d’une pilule hors d’un flacon de verre scellé. Trois images de ce film montrent parfaitement le mouvement de la pilule pénétrant la paroi de verre, au milieu de celle-ci, puis en sortant. La pilule met environ 1/130ème de seconde pour sortir du flacon, ce qui explique pourquoi les observateurs n’ont jamais pu assister à la sortie des objets. Pour eux, l’objet se trouve à l’intérieur et, l’instant suivant, à l’extérieur.

Le numéro de juillet 1991 du « Chinese Journal of Somatic Science » contient un article traitant des nouvelles expériences entreprises par Zhang et l’équipe de l’IIMS. Il y a des photos (extraites d’un film pris avec une caméra tournant à la vitesse de 400 images par seconde) où l’on voit une pilule sortant d’un flacon tenu par Zhang. Les signataires de l’article sont Song Kongzhi, Lan Rongliang, Li Xianggao et Zhou Liangzhong. (22)

 

Edouard Naumov avait envoyé un rapport pour le Congrès de Bratislava (1983). Il ressortait d’une étude qu’Edouard Naumov entreprit dès 1967 sur la nature physique de la télékinésie de Nina Kulagina, que les mains de celle-ci généraient « des pulsions acoustiques et des ondes électromagnétiques du diapason optique »… Wilfried Chettéoui a précisé en outre que l’on avait découvert un sujet PK ayant obtenu à distance des signaux identiques aux émissions acoustiques que produisent certaines dislocations de structures atomiques. (23)

 

– La « photographie psychique » :

Coll23_11-1_0929Quelques rares sujets psi ont été capables d’imprimer des images, par concentration mentale, sur une pellicule photographique, les plus connus ayant été, ces dernières décennies, l’Américain Ted Serios (étudié par Jule Eisenbud) et le Japonais Masuaki Kiyota.

Ci-contre : une photographie « psychique » de Ted Serios (1918-2006).

 

 

 

Masuaki Kiyota a été filmé pour une émission de Bernard Martino (1990), où il a réalisé ce type d’expérience (ainsi que la torsion d’un objet métallique). Christine Hardy a détaillé l’étude entreprise sur ce sujet PK par deux chercheurs japonais : Ogawa et Sasaki. L’expérience consistait à mesurer l’effet du « nen-field » (champ de pensée) produit, par le sujet psi, sur la photodiode placée dans une boîte noire ne laissant pénétrer aucune lumière. Quatre tests eurent lieu entre mars 1978 et janvier 1979, au Département d’Engineering Mécanique de l’Université de Tokyo. Pour les deux chercheurs, ces tests indiquent que le « champ de pensée » paraît avoir les (ou certaines) propriétés de la lumière, le sujet psi ayant pu avoir une action sur la photodiode. (24)

Alain Moreau

 

Références :

1. Jean-Philippe Crouzet, « Les merveilles du spiritisme », Nouvelles Editions Debresse, 1965 et 1971, p. 326-347, 361-376.

2. Ibid., p. 447-454.

3. Michel Granger, « Extraterrestres en exil », éditions Albin Michel, 1975, p. 194-196.

4. « Facteur X », n° 54, 1999, p. 1504.

5. « Inexpliqué », n° 117, juin 1983, éditions Atlas, p. 2326-2329.

6. Ibid., p. 2326-2327

7. « Renaître 2000 », n° 36, janvier/février 1984, p. 33-34 ; n° 37, mars/avril 1984, p. 89.

8. « Sciences et avenir », février 1999, p. 58-66.

9. Jean-Philippe Crouzet, op. cit., p. 376-378, 455-456, 459-461, 356-361. Michel Granger, op. cit., p. 199-200.

10. « Info Monde TCI », n° 3, avril 2000, p. 24.

11. Jean Sider, « Parasciences », n° 39, février 2000, p. 25-27.

12. « Inexpliqué », n° 111, éditions Atlas, mai 1983, p. 2210-2213 ; n° 113, mai 1983, p. 2250-2253.

13. Henri Broch, « Le paranormal », éditions Le Seuil, 1985, p. 155-156.

14. « Facteur X », n° 30, 1998, p. 829-830.

15. Erik Pigani, « Psi. Enquête sur les phénomènes paranormaux », éditions Presses du Châtelet, 1999, p. 456.

16. Pascale Catala, « Apparitions et maisons hantées », éditions Presses du Châtelet, 2004, p. 198-199.

17. « Inexpliqué », n° 114, juin 1983, éditions Atlas, p. 2274-2277.

18. Robert Tocquet, « Les pouvoirs mystérieux de l’Homme », éditions Psi International, 1978, p. 234-239.

19. Stanley Krippner, « Les pouvoirs psychiques de l’Homme », éditions du Rocher, 1985, p. 60-64.

20. Richard S. Broughton, « Parapsychologie. Une science controversée », éditions du Rocher, 1996, p. 198-201.

21. Wilfried Chettéoui, « Renaître 2000 », n° 40, novembre-décembre 1984, p. 242.

22. Richard S. Broughton, op. cit., p. 219-223.

23. Wilfried Chettéoui, op. cit., p. 241-242.

24. Christine Hardy, « L’Après-vie à l’épreuve de la science », éditions du Rocher, 1986, p. 245-248.

 

Lectures complémentaires (les 6 premières sont disponibles à la date de fin avril 2016, les 4 autres sont à venir) :

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