L’effet Geller

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Ce texte est consacré à l’effet Geller, une modalité de la psychokinèse qui a fait une apparition médiatique « fracassante » et polémique au début des années 1970 : il s’agit, bien sûr, de la torsion d’objets métalliques par psychokinèse. C’est l’Israélien Uri Geller, célèbre pour ses multiples prestations télévisées et radiodiffusées à travers le monde, qui a « popularisé » cette variante des effets PK (ou action de l’« esprit » sur la matière). Celui-ci, en effet, s’est internationalement fait connaître, dans les années 1970, par ses capacités de télépathie et de torsion d’objets métalliques. Il a réalisé ses démonstrations dans de nombreux pays (y compris la France), et il a été au centre d’une vaste polémique opposant ses détracteurs à ses partisans. urgeller-187x300

Je traite dans ce texte les deux aspects suivants :

 

 

 

 

 

I. Des illusionnistes « démystificateurs » :

Parmi les détracteurs (les plus bruyants et les plus vindicatifs malheureusement), se trouvaient (et se trouvent toujours) des illusionnistes qui ont accusé Uri Geller de faire passer des tours d’illusionniste pour des pouvoirs psi. Bref, pour eux, Uri Geller n’est qu’un simple charlatan. Ces mêmes illusionnistes (dont James Randi aux Etats-Unis et Gérard Majax en France) n’ont pas arrêté, au fil des années (et des décennies !) de procéder, à la télévision (et ailleurs), à des démonstrations de torsion d’objets métalliques (et de déplacements d’objets) et à des numéros de « télépathie » en utilisant, selon l’expression consacrée, des « trucs ». En outre, des scientifiques opposés au paranormal les ont imités, comme par exemple Henri Broch dans une émission de Sylvain Augier en mai 2000.

Les « pro-Geller », eux, ont été beaucoup moins visibles dans les grands médias. Les rationalistes (illusionnistes ou pas) ont, sur ce sujet comme sur d’autres, totalement confisqué le débat à leur profit, leur credo asséné ayant été repris par des journalistes incompétents, comme celui qui s’indignait, dans les colonnes d’un VSD (n° 1371, décembre 2003), d’avoir vu dans une émission de M6 (22 novembre 2003) consacrée aux accusations portées contre Michael Jackson, la défense de ce dernier par un « people » (sic), Uri Geller en personne ! Le journaliste en a profité pour « rappeler » que lors d’une célèbre émission de Michel Polac (1987) – c’est moi qui apporte la précision -, Gérard Majax avait, en présence d’Uri Geller, tordu un club de golf (réitérant ainsi la prestation du « psychic » dans une émission de la télévision japonaise dans les années 1980) et avait ainsi prouvé l’arnaque. En fait, comme nous allons le voir plus loin, Gérard Majax avait reçu des confidences d’une secrétaire qui ne croyait pas aux « pouvoirs » d’Uri Geller, et il s’était procuré un club de golf truqué par l’intermédiaire du président de l’« Académie de Magie » ! Plus de dix ans après, il a refait sa « démonstration » dans une émission de « C’est Mon Choix », sur France 3. En outre, on lit très régulièrement, dans la presse rationaliste, l’affirmation suivante : « James Randi a démasqué le ‘tordeur de cuillères’ Uri Geller ». On trouve par exemple ce type de déclaration dans le numéro 3 de « Science extrême » (janvier/février 2004), la revue éphémère (il n’y eut que trois numéros) des zététiciens français. Et dans le « Science et vie junior » de juillet 2004 (hors série numéro 57), on lit ces affirmations :

– Les « magiciens » qui ont « observé de près » Geller, « comme l’Américain James Randi, l’ont démasqué comme simplement l’un des leurs ».

Geller est un spécialiste de la torsion de cuillère, par « des trucs d’illusionniste, d’après les magiciens qui l’ont observé ».

Il est vrai que James Randi s’est particulièrement acharné sur le cas Uri Geller (livres, tournée de « démonstrations », apparitions télévisées). Des procès en ont résulté. Et Gérard Majax a affirmé, à diverses reprises – afin de justifier sa hargne anti-Geller ? -, que l’Israélien se faisait monnayer en prétendant guérir le cancer, ce qui est inexact. Uri Geller avait tout au plus déclaré, dans une émission (sur Antenne 2) avec Jacques Pradel et Yves Lignon, quelques jours après la fameuse émission (sur TF1) de Michel Polac de mars 1987, qu’il avait été sollicité pour expérimenter sur des cellules cancéreuses…

En outre, la formulation de « Science et vie junior » est incorrecte. Car si divers illusionnistes se sont acharnés contre Uri Geller en le présentant comme un charlatan, il est tout aussi vrai que quelques autres illusionnistes ont favorablement témoigné à son égard, ainsi que nous allons le voir plus loin.

Un autre détracteur qui produit de faux effets psi (pour dénigrer les vrais, dirai-je) – en reproduisant par exemple, par trucage, la torsion d’objets métalliques -, est un illusionniste et mentaliste brésilien nommé Khronnus (un pseudo, bien sûr). Cet individu dit qu’après avoir vu Uri Geller, il a développé ses propres « techniques ». Ce mentaliste « singe » les effets psi en réalisant de faux numéros de télépathie et de PK avec bien sûr pour prétention de « démontrer » qu’il n’y a là que des arnaques. Il a ainsi rédigé une brochure sur le pliage de métaux et la matérialisation, une autre sur la PK et le déplacement d’objets, et une troisième sur les « chefs-d’oeuvre psychiques » (« Psychic Masterpieces »). C’est surtout son entreprise de prétendue « démystification » (comme pour James Randi) qui est une arnaque. (Interview sur le www.magicbunny.co.uk)

Un quatrième détracteur est l’un des deux complices du « projet Alpha » (au début des années 1980), deux « disciples » de James Randi. On a vu cet individu, qui se fait appeler « Banacek » – il s’agit de Steven Shaw -, dans l’une des deux émissions intitulées « La science de l’étrange » diffusées en mars 2015 sur RMC Découverte. Il y a été évoqué après la séquence consacrée à Uri Geller. Pour l’implication de cet individu dans « le projet Alpha », voyez mon texte (dans la même rubrique « Parapsychologie ») : « Paranormal et illusionnisme ».

 

1. Le sociologue Gérald Bronner :

Dans son livre « Coïncidences » (éditions Vuibert, 2007), le sociologue Gérald Bronner a, parmi bien d’autres sujets, évoqué le cas Uri Geller. Le 16 février 2008, il a été interviewé dans une émission de « Les aventuriers de l’étrange », sur Sud Radio. Il a présenté Uri Geller comme étant un prestidigitateur, « un farceur pratiquant le mentalisme » (et connaissant donc le fonctionnement de l’esprit). Afin d’aborder le cas Uri Geller en relation avec le sujet (les coïncidences) traité dans son livre, il a fait référence au numéro classique de l’Israélien, celui consistant à faire témoigner les téléspectateurs à propos de la remise en marche de vieilles montres (Gérald Bronner y ayant ajouté l’explosion de lampes). Il a « ressorti » à ce propos l’argument classique des rationalistes pour dénier tout caractère paranormal à ce type de manifestations : compte tenu du nombre de téléspectateurs (ou auditeurs), il est normal qu’il se produise de telles choses chez certaines personnes. Il y a ici, dit Gérald Bronner, négligence de la taille de l’échantillon, car lorsque l’échantillon de personnes est grand, grande est aussi la probabilité pour que chez certains téléspectateurs une ampoule claque, par exemple, au moment de l’émission. Le raisonnement n’est pas faux, bien sûr, et ce ne sont pas les remises en marche de montre ou l’éclatement d’ampoules chez les téléspectateurs ou les auditeurs qui constituent l’élément le plus sérieux du dossier Geller. Ce que semble ignorer Gérald Bronner, c’est que le dossier Geller ne se réduit pas à cet exercice de « promotion » qu’Uri Geller effectuait (et continuait d’ailleurs d’effectuer à l’époque de la déclaration du sociologue, comme on l’a vu par exemple début 2008 dans une émission de la télévision néerlandaise, ce que Gérald Bronner semblait tout à fait ignorer, ce sociologue ayant seulement évoqué les années 1970/80). J’évoque plus loin des aspects plus probants du cas Geller. (Voir : « Uri Geller : un ‘psychic’ et non un illusionniste ».)

A une question de l’animateur, Gérald Bronner a répondu qu’à sa connaissance la psychokinèse n’a pas été démontrée. Et il en veut pour preuve le défi (« zététicien », le mot n’a pas été prononcé) d’Henri Broch, aucun individu n’ayant démontré cette capacité dans le cadre de ce défi. Bref, nous avons ici l’argumentaire basique primaire du rationaliste pourfendeur de « paranormal », qui choisit ses références en fonction de ses convictions, tout en ignorant (volontairement ou non) ce qui ne cadre pas avec ce type de conclusion. L’animateur (qui connaît pourtant le sujet !) n’a même pas réagi à ces propos. Il a tout de même mentionné le cas Girard, que Gérald Bronner ne connaissait pas (ce qui témoigne, chez cet universitaire que l’on voit parfois à la télévision, d’une connaissance extrêmement superficielle du sujet). Ainsi, l’incompétence de Gérald Bronner en matière de psychokinèse est illustrée par deux aspects : sa connaissance partielle et partiale du dossier Geller, et le fait qu’il ne connaissait même pas le cas Jean-Pierre Girard (évoqué brièvement par l’animateur de l’émission). Cette connaissance partielle et partiale est hélas le propre de tous les adversaires d’Uri Geller.

Je propose, ci-après, de prendre d’abord connaissance du « dossier à charge » contre Uri Geller. Je vais le faire en donnant « la parole » à l’un de ses adversaires les plus connus : Gérard Majax. Après quoi, je développerai les éléments qui permettent de soutenir la réalité de certains effets psi produits par Uri Geller.

 

2. Uri Geller vu par Gérard Majax :

Gérard Majax a consacré, dans son livre « Les faiseurs de miracles » (1992), un chapitre à Uri Geller, ce dernier étant évidemment qualifié, par lui, d’escroc.

Il commence par évoquer sa première rencontre avec celui qu’il appelle, par dérision, « le maître de la télékinésie ». Parmi un amas de cuillères, de fourchettes, de couteaux et de clés, il avait repéré, sur la table, une petite cuillère présentant une boursouflure anormale dans la partie la plus fine de son manche. C’est, écrit Gérard Majax, « le genre de déformation que l’on obtient après avoir tordu un objet métallique plusieurs fois de suite jusqu’à la limite de la cassure ».

Uri Geller demanda à Gérard Majax de choisir une petite cuillère. Celui-ci en saisit une en argent massif, cette cuillère étant intacte. Uri Geller demanda à Gérard Majax (dont il ignorait la qualité d’illusionniste) de tenir la partie creuse de la cuillère, Uri Geller prenant l’autre bout entre ses doigts. Tout en frottant légèrement le métal, il raconta qu’un de ses amis astronautes (il s’agit d’Edgar Mitchell) a oublié une caméra sur la Lune et qu’il se proposait de la faire revenir sur Terre grâce à son pouvoir ! (C’est, en tout cas, ce que Gérard Majax a prétendu.)

La petite cuillère n’ayant montré aucune modification de structure, Uri Geller en prit une autre, laquelle s’avéra être celle repérée par Gérard Majax ! Ils tinrent cette cuillère comme la précédente, le « mage » (sic) abaissant doucement le bout tenu par sa main droite tout en passant délicatement sa main gauche sur le centre de la petite cuillère. Cette dernière se brisa en deux. Gérard Majax a alors dit à Uri Geller que c’était normal pour une cuillère déjà pliée. Si la main gauche l’a à peine effleurée, elle ne servait en fait à rien car il n’y avait là qu’un simple détournement d’attention. Puis Gérard Majax posa sa main droite sur les deux morceaux de cuillère restés sur la table et annonça que lui aussi avait le pouvoir de désintégrer le métal, mais qu’il était plus fort qu’Uri Geller. Il déclara à ce dernier qu’il lui avait fallu quinze minutes pour briser cette cuillère déjà préparée, alors que trois secondes allaient suffire pour la faire disparaître. Les deux morceaux avaient en effet disparu. Uri Geller s’exclama alors que son « partenaire » était un illusionniste et qu’il ne voulait pas de lui là ! Le reportage ne fut pas diffusé. Selon Gérard Majax, ce petit scandale retarda d’un an « l’exploitation en France du ‘phénomène Geller’ », le temps, prétend l’illusionniste, « de mieux présenter l’image du maître et de s’assurer de la personnalité des participants aux séances afin de ne plus avoir à craindre la présence d’un spécialiste »

L’année suivante, Uri Geller participa à une émission télévisée en France. Gérard Majax prétend que cela restera sans doute « la soirée qui aura fait dire et écrire le plus de bêtises dans toute l’histoire de l’audiovisuel hexagonal » : les clés de voiture se tordent sans qu’on y touche, une montre complètement détraquée se remet à fonctionner, des dizaines de milliers de téléspectateurs obtiennent le même résultat à distance… (1) Et Gérard Majax d’expliquer la facilité avec laquelle on peut donner l’illusion de la torsion d’un objet métallique :

« La technique de torsion d’une clé ne demande pas une grande habileté : il suffit de détourner le regard des spectateurs pour le porter vers un geste tout à fait anodin. Si l’on vous donne plusieurs trousseaux de clés, vous faites semblant d’hésiter et repérez une clé comportant un trou assez large pour permettre d’y introduire l’extrémité d’une autre clé et d’agir comme un levier. Vous prenez la clé d’un autre trousseau et la glissez dans ce trou tout en regardant ostensiblement un troisième trousseau tenu dans la main gauche. La main droite se place le long du corps et la clé est tordue pendant que vous montrez une clé parfaitement intacte avec la main gauche. Ces différents mouvements ne demandent que quelques secondes. Vous gardez en main droite le trousseau comportant la clé maintenant tordue, mais vous montrez au public l’autre clé bien rectiligne. Vous revenez ensuite à la clé de la main gauche. Pendant ce temps, la main droite prend la clé tordue et la montre aux spectateurs. Un doigt de la main gauche vient se placer devant la partie tordue tout en la frottant. Vous tournez peu à peu la clé. En apparaissant de côté, elle semble se tordre. Vous la posez sur la table ou dans la main d’un spectateur en annonçant :

– Regardez, elle continue à se tordre…

Les spectateurs essaient de mieux fixer leur regard sur la clé. En accommodant leur vision, ils croient distinguer une torsion, et cette illusion optique facilite l’autosuggestion…

Si l’on est insensible au conditionnement psychologique et encore plus au rythme de la démonstration parce que l’on se sert soi-même de ces procédés, on voit les choses comme elles sont. Il s’agit d’une petite manipulation accompagnée d’un grand bluff. Tout cela devrait rester dans le domaine de l’humour et du spectacle. » (2)

Lors de diverses prestations télévisées, Gérard Majax a réalisé ce type d’effets censés reproduire et expliquer les performances d’Uri Geller. Il l’a fait aussi, notamment, en présence de lecteurs de la revue « Science et vie ».

Evoquant une émission de la télévision française, Gérard Majax précise que dès son entrée dans le studio de télévision, Uri Geller a demandé qu’on installe, face à lui, un récepteur témoin, « ce qui lui permet de vérifier les gros plans gênants et les moments propices à une manipulation ».

« Il profite de la mise en place du poste de contrôle pour examiner les objets qu’on lui a préparés sur la table. Ceci lui donne le temps de tordre subrepticement une clé de voiture et une patère de métal qu’il dissimule sous un amas d’objets divers. Il ne lui reste plus ensuite qu’à les choisir au bon moment. Le ‘revisionnage’ de cette émission permet de repérer ces manipulations.

Ce soir-là, Uri Geller ne se contente pas de tordre les clés. Il saisit l’une des montres qu’on lui a présentées, une montre ancienne qui s’est arrêtée depuis longtemps. Il la tient entre ses mains et, miracle, elle se remet en marche ! Les téléspectateurs ignorent évidemment que cette montre n’est pas complètement hors d’usage et peut fonctionner à nouveau pendant deux ou trois minutes si l’on réchauffe la graisse de ses rouages au simple contact de la main. Hélas, la montre s’arrête bien vite, comme celles des téléspectateurs ayant téléphoné à la régie pour annoncer que Geller était parvenu, à travers le petit écran, à remettre leur montre en état ! Les horlogers experts sont catégoriques : nombre de montres anciennes peuvent repartir pour un temps très court si on réchauffe leur graisse en les manipulant.

De surcroît, par le jeu de la loi des grands nombres, il est démontré depuis longtemps que parmi les douze ou quinze millions de téléspectateurs présents devant leur poste, deux cents personnes peuvent aisément être surprises par ce phénomène de ‘remise en marche’ ou par la torsion d’un objet métallique personnel qui en fait n’a simplement pas été remarqué auparavant. Maintenant, si l’avalanche d’appels se fait plus importante encore, c’est une autre histoire… Cela a trait à l’isolement psychologique de tant de gens et à un désir parfois impérieux de faire parler de soi.

En ce qui concerne les montres, Uri Geller se sert d’une astuce supplémentaire. En écoutant le mouvement d’une montre ancienne, il vérifie d’abord qu’elle peut se remettre en marche quelques minutes. Si le résultat est positif, il plaque cette montre contre une bague truquée munie d’un chaton aimanté qui bloque le mouvement. Il fait alors constater que la montre ne marche pas et retire ensuite l’aimant en changeant la position de ses doigts. Il exécute alors quelques passes ‘magnétiques’ et donne la montre à un spectateur. Le tour est joué, la montre s’est remise en marche ! Cette présentation est particulièrement spectaculaire. » (G. Majax) (3)

Retenons donc l’argumentation de Gérard Majax à propos de la remise en marche des montres et des témoignages des téléspectateurs. Ces deux points vont être critiqués plus loin.

Pendant sa période de promotion en France, en 1974, Uri Geller a multiplié ses démonstrations. Présenté à un journaliste ou à une personnalité du show-biz, il lui demandait ses clés de voiture ou d’appartement, et il réalisait, prétend Gérard Majax, « une torsion par la méthode expliquée plus haut ».

« Si le malheureux n’a pas de double, s’il ne peut plus faire démarrer sa voiture ou rentrer chez lui, Geller est satisfait : l’embarras de sa ‘victime’ sera sa meilleure publicité. Le lendemain, tout Paris sera au courant ! Avec un sens aigu de l’improvisation et un aplomb remarquable, Uri Geller sait exploiter toutes les situations. » (G. Majax)

Gérard Majax évoque un « tour » d’Uri Geller réalisé dans l’appartement d’un ami de l’illusionniste :

« Pendant que les invités prennent l’apéritif, le mage remarque une lampe éteinte, il croit que personne ne fait attention à lui et appuie sur le bouton. La lampe s’allume, il l’éteint aussitôt. Monsieur Beaumont le suit discrètement du regard et pense à ce moment-là qu’il s’agit d’un simple jeu, mais il va bien vite découvrir l’astuce diabolique de son hôte. Une demi-heure plus tard, trinquant avec l’ensemble des convives, Uri Geller s’exclame soudain :

– Tiens ! Cette lampe est cassée, vous permettez ?

Il fait semblant de vouloir l’allumer en abaissant le bouton plusieurs fois… En fait, il le laisse à chaque fois à mi-course.

– Je ne pense pas que ce soit l’ampoule, déclare Geller, c’est plutôt un fil. Il doit être abîmé à l’intérieur du mur.

Disant cela, il plaque ses deux mains contre la cloison :

– C’est là !

Et il fait claquer sa main droite sur le mur pendant que son coude gauche abaisse secrètement le bouton. La lampe s’allume. Exclamations d’admiration ! Personne n’a remarqué la position du coude et tous ont raconté le lendemain avoir assisté à une démonstration extraordinaire des pouvoirs de Geller. » (G. Majax)

Un jour, invité à Europe n° 1 , Uri Geller est contrôlé par le célèbre chroniqueur scientifique Albert Ducrocq. Uri Geller réalise, selon Gérard Majax, « quelques effets de torsion en détournant l’observation de son auditoire par des déplacements incessants qu’il justifie par des besoins d’équilibre de masses métalliques, de recherche de zones à effets magnétiques, etc. ».

« Au cours de l’un de ses tests, plusieurs journalistes le découvrent en train de tordre une cuillère dans l’encoignure d’une fenêtre. Se voyant démasqué, Geller leur avoue qu’il triche uniquement parce que, ce jour-là, son ‘pouvoir’ l’a abandonné. Deux de ces journalistes ne croient pas un mot de cette fable et le disent publiquement.

Une autre fois, un journaliste de ‘Télé 7 Jours’ assiste à une magnifique présentation : Uri Geller, tenant en main une petite cuillère, est mis au défi par plusieurs personnes de la tordre. Il est trop entouré pour pouvoir tricher et déclare soudain :

– Il fait trop chaud, il faut la refroidir. Où y a-t-il un robinet ?

Il file vers les toilettes, suivi de toute la troupe. Il se tourne légèrement vers la gauche et ne remarque pas le journaliste qui s‘y trouve car il surveille toujours le groupe situé à sa droite. Il tord alors violemment la petite cuillère de ses deux mains et, arrivé aux toilettes, la place directement sous le jet du robinet. Ainsi, sous l’eau, la torsion n’apparaît pas. Tout en accomplissant quelques passes magnétiques il fait émerger doucement la petite cuillère… Les spectateurs n’ayant pas vu la tricherie assurent, là encore, que Geller n’a touché à rien et qu’ils ont vu la cuillère se tordre sous leurs yeux. Mais à la grande déception des amateurs de surnaturel, celui qui a suivi le manège dévoile tout. » (G. Majax) (4)

Divers journalistes se sont mis à « démystifier » Uri Geller. A Europe n° 1, Pierre Bellemare réalisa une émission durant laquelle un prétendu médium faisait éclater à distance des lampes électriques. Il y eut de nombreux appels téléphoniques de personnes qui témoignèrent de la réalité de l’expérience. Il ne s’agissait évidemment pas d’un vrai médium, cette expérience visant à « prouver » qu’en annonçant n’importe quoi avec n’importe qui on obtient toujours un certain pourcentage de réussites, les raisons de ce phénomène étant censées être nombreuses et intéresser les psychologues et les psychiatres. Compte tenu du nombre d’auditeurs, on peut s’attendre à ce que, statistiquement, des lampes électriques ne fonctionnent plus au domicile de certains d’entre eux. Il s’agissait évidemment, avec cette pseudo expérience, de démolir la valeur probante des nombreux témoignages de personnes ayant déclaré qu’il s’était produit, chez elles, des effets identiques (remise en marche de montres, torsion d’objets métalliques) à ceux réalisés par Uri Geller. Néanmoins, la démonstration est ici trompeuse. Si elle est valable pour la plupart des témoignages de remise en marche des montres, les témoignages relatifs aux ustensiles métalliques sont beaucoup moins aisés à démolir de la sorte, comme nous le verrons plus loin, notamment avec une étude qui fut réalisée, dans les années 1970, en Afrique du Sud.

Philippe Bouvard a invité Uri Geller à son émission quotidienne sur RTL. Il a fait venir Gérard Majax avec un autre illusionniste.

« Quand j’arrive au studio, je découvre mon collègue fort affairé à délayer de la lessive dans une bassine. Persuadé qu’Uri Geller utilise un produit chimique spécial, il croit pouvoir le paralyser en l’obligeant à se laver les mains dans cette mixture. Les collaborateurs de Bouvard se souviennent encore du mal que j’eus à le convaincre que la technique utilisée par le prétendu mage était bien différente et beaucoup plus simple.

Pourtant, au cours de l’émission, Geller ne parvient pas à tordre l’un des objets métalliques présentés. Philippe Bouvard me demande si je suis capable de réaliser moi-même une torsion de ce genre. Raymond Devos, l’un des invités-vedettes du jour, choisit une petite clé de voiture et me la remet. Je fais quelques gestes au-dessus avec la main droite et fais apparaître la clé entièrement tordue… ma main gauche reste fermée. Uri Geller tombe dans le piège et me demande d’ouvrir cette main. Elle est vide ! En fait, ce mouvement constitue un extraordinaire détournement d’attention dans le but de me débarrasser avec l’autre main de l’accessoire secret dont nous nous servons en prestidigitation pour obtenir ce genre de torsion. Uri Geller enrage, Philippe Bouvard jubile.

Geller change alors de domaine et propose de réaliser quelques expériences de télépathie avec des dessins simples. Philippe Bouvard a fait venir un huissier. (…)

L’huissier convoqué ce jour-là fait donc un dessin sur un bloc qu’il tient en main de manière à ce que Geller ne puisse absolument rien voir. Celui-ci parvient tout de même à reproduire le dessin. Tout le monde est ébahi. Personne, évidemment, ne s’est méfié de ce qui se passait derrière l’huissier. Dans la régie des techniciens, séparée de nous par une baie vitrée, se trouve un individu en veste de cuir, étranger à l’équipe de R.T.L., venu avec Uri Geller. De son repaire, il aperçoit facilement le dessin tracé par l’huissier et transmet l’information à son complice suivant un code de gestes convenu. Je le signale aux assistants de l’émission et ce monsieur est sommé de sortir.

Philippe Bouvard demande alors à tenter l’expérience lui-même et, sur mes conseils, réalise son dessin sous la table. Uri Geller, cette fois, se trompe entièrement et refuse brutalement de poursuivre, estimant que notre méfiance est inadmissible. » (G. Majax) (5)

Uri Geller poursuivit ses démonstrations publiques, « avec un succès mitigé, d’ailleurs ». Les producteurs du « mage » (sic), dont le siège social était alors à Genève, organisèrent des conférences/démonstrations sur des grandes scènes comme la patinoire de Genève. Le résultat des expériences est médiocre « et ne fait que conforter les contestataires »… A Paris, Uri Geller se produisit deux fois de suite au théâtre de l’Européen (place Clichy).

« Mais ce n’est pas un triomphe, il s’en faut. Chaque fois la salle est à moitié vide. On attend les torsions de métal, mais elles ne sont pas au programme. La séance débute par la projection d’un film vantant les mérites du maître. Il effectue ensuite quelques démonstrations de pseudo télépathie avec les dessins, à l’aide d’un comparse assis dans les premiers rangs qui lui transmet la forme de ces dessins par la position des mains. Je m’avance de côté et repère très facilement ce comparse…

Geller présente une autre expérience : il se bande les yeux et demande à une dame de monter sur la scène. Il se propose – sans retirer son bandeau – d’annoncer la couleur des vêtements de la spectatrice placée derrière lui, dans le fond de la scène. Mais il échoue. Il fait une tentative avec une seconde personne, c’est toujours l’échec. Il hésite à continuer et, finalement, proclame qu’il va tenter pour la dernière fois cette vision ‘extra-rétinienne’. Malgré toute sa concentration, il ne voit rien. Je me dis qu’après tout ce ‘baratin’, il devrait maintenant réussir, mais je me demande comment il va s’y prendre car il ne peut pas communiquer avec son complice. C’est alors qu’il enlève brusquement son bandeau :

– Non, ce n’est pas la peine, je n’y arriverai pas ! Ou alors…

Il replace son bandeau, feint un ultime effort et annonce la couleur exacte. La salle est enthousiaste.

Pour ma part, je suis assez admiratif devant cette façon de retirer le bandeau quelques secondes pour repérer les gestes de son compère tout en donnant l’impression à la salle qu’il vient de bénéficier de la grâce d’une brutale vision. Autour de moi, la plupart des spectateurs affirment même qu’il n’a jamais retiré son bandeau. Quel merveilleux public ! » (G. Majax)

Le public israélien, continue Gérard Majax, « n’aura pas cette naïveté, et le seul pays où Geller ne remontera certainement jamais sur scène, c’est bien Israël ». (Je précise pour ma part qu’Uri Geller a fait, fin 2006/début 2007, un show télévisé à la télévision israélienne, « The Successor », lequel a remporté beaucoup de succès.)

« Sa dernière représentation dans un théâtre s’est soldée par un départ massif des spectateurs durant la séance. Un procès lui a même été intenté pour escroquerie, il l’a perdu, a dû rembourser le prix des billets et verser une somme symbolique. Il faut dire que les Israéliens savent à qui ils ont affaire puisque Geller a appris la plupart de ses tours en fréquentant assidûment le cercle de prestidigitation de Tel-Aviv ! Son président, Eytan Ayallon, a envoyé à la plupart des grands journaux du monde une longue lettre dans laquelle il expliquait combien il était choqué par l’utilisation malhonnête des tours qu’il avait mis tant d’années à apprendre à son élève. Cette information s’est ajoutée aux autres scandales de ce génie du bluff parapsychologique. » (G. Majax)

Dans un « manifeste » publié le 22 novembre 1974 dans France-Soir, Philippe Bouvard a égrené les griefs faits à l’encontre d’Uri Geller, dont ceux-ci :

Il a « montré une grande irritation chaque fois qu’on prétendait le faire contrôler par un huissier ou un savant ». Il va d’un pays à l’autre « en racontant que dans le pays précédent il a eu un énorme succès ». (En Angleterre, « il aurait parlé d’une démonstration faite à la Sorbonne ! ».) Lors de torsions réussies sous les yeux d’un journaliste, « il a employé un procédé de diversion bien connu des illusionnistes professionnels et qui consiste à demander un second objet tandis que l’on manipule le premier ». Il a « tous les tics, toutes les agilités manuelles et aussi toutes les appréhensions des manipulateurs professionnels ». Les phénomènes annoncés « se produisent très rarement et jamais de façon aussi complète et probante que prévu ».

« Le préambule fait par Uri Geller pour avertir qu’il n’est pas toujours en état de grâce et que le scepticisme ambiant diminue son pouvoir montre bien la fragilité de la démonstration. C’est d’ailleurs un cercle vicieux : on n’a pas le droit de douter. Si on doute, le don disparaît. Si le don disparaît, on ne voit rien. Et si on ne voit rien, on doute… » (P. Bouvard)

Philippe Bouvard évoqua aussi la commercialisation poussée du phénomène, ainsi qu’une peur panique de la contradiction (surtout de celle apportée par les illusionnistes professionnels). Pourquoi, en outre, le pouvoir d’Uri Geller se limite-t-il toujours aux mêmes objets ?

« Pourquoi veut-il passer pour un médium, alors qu’il est déjà un extraordinaire magicien ? Pourquoi ne lui explique-t-on pas que la confiance et la naïveté ont, comme la science, leurs limites ? » (P. Bouvard)

Après tant de « démystifications », Uri Geller abandonna la France.

« Son disque déjà fabriqué n’est pas même commercialisé. Il y récitait des paroles bibliques sur fond de chorale. En l’écoutant attentivement, les malades étaient censés retrouver la santé… » (G. Majax)

Uri Geller poursuivit ses spectacles à travers le monde. Dans plusieurs pays, « il est confondu par d’honnêtes illusionnistes » (sic). (6)

A la fin de son chapitre anti-Geller, Gérard Majax évoque l’émission (« Droit de Réponse ») de Michel Polac en mars 1987. L’annonce de cette émission avait « abasourdi » Gérard Majax car ce dernier croyait qu’Uri Geller avait été définitivement discrédité en France. L’illusionniste pensait en effet que « l’esbroufe » (sic) d’Uri Geller était « un phénomène lointain » qui ne pouvait plus « nous atteindre ». Une secrétaire de Michel Polac, qui ne croyait pas aux « pouvoirs » d’Uri Geller, informa Gérard Majax d’un reportage tourné au Japon dans lequel l’Israélien tordait un club de golf, et elle lui précisa qu’il y aurait, parmi les invités, le journaliste Ladislas de Hoyos, un joueur de golf passionné qui devait apporter ses clubs. Gérard Majax joignit alors Georges Proust, le président de l’académie de magie, lequel réalisa pour lui un club de golf qui se tordait lentement, sans trucage apparent. Il suffisait d’appuyer sur un bouton secret pour voir la tige centrale se déformer lentement jusqu’à former un angle de 30 degrés. A la fin de l’émission, on vit ainsi l’illusionniste surgir, tel un diable sortant de sa boîte, et faire son « numéro » avec le club de golf truqué. Juste avant l’émission, la secrétaire incrédule avait accepté d’aller placer le club truqué parmi ceux de Ladislas de Hoyos, et Gérard Majax avait demandé à un spectateur d’emprunter un club de golf à Ladislas de Hoyos et de le lui apporter. Bien sûr, Gérard Majax avait indiqué à ce spectateur celui qu’il voulait, pour le moment où il en réclamerait un « au hasard ». Gérard Majax se positionna ensuite devant la table où se trouvait une boussole, et l’aiguille de celle-ci se mit aussitôt à dévier (grâce à l’utilisation d’un aimant sur les genoux). Gérard Majax venait ainsi de reproduire ce que venait de faire Uri Geller. Ce que ne précise cependant pas Gérard Majax, dans son compte rendu, c’est ceci : Uri Geller avait dû s’y reprendre à plusieurs reprises avant d’arriver enfin (avec l’aide d’enfants autour de lui) à provoquer un léger déplacement de l’aiguille de la boussole, alors que Gérard Majax a, dès qu’il s’est installé, immédiatement provoqué un déplacement important de la même aiguille.

Ses « trucs », prétend Gérard Majax, n’ont pas changé. Il ressort « tranquillement ses vieilles sornettes ».

Notons qu’Uri Geller était parvenu a capter le contenu télépathique d’un dessin transmis par un rationaliste qui ne trouva pas cela concluant, l’accusant d’avoir « lu » ce dessin grâce aux mouvements du crayon (ou du stylo). Uri Geller ne voulut pas recommencer la tentative. Il tordit aussi légèrement une cuillère en se plaçant au milieu d’un groupe d’enfants. Cette torsion n’était pas, il est vrai, démonstrative. Je me rappelle néanmoins avoir vu, à la fin de l’émission, un enfant qui tenait dans les mains une cuillère (ou une fourchette) tordue, mais il n’y eut pas de commentaire à ce propos…

Voici la version de Gérard Majax des propos d’Uri Geller à la suite de la torsion du club de golf :

« Je réalise la torsion. Là, Uri Geller apprécie en connaisseur. Tandis que Polac commente la controverse, Geller s’approche de moi et me murmure en anglais :

– Formidable, ce club de golf ! Qui vous l’a fabriqué ?

Je lui réponds, ironique :

Vous voudriez bien le savoir, cela pourrait vous servir…

Geller fait semblant de ne pas entendre et ajoute :

– Vous savez la différence entre vous et moi ?

Comme je hausse les épaules, il précise :

– Cinquante millions de dollars !

Je rétorque :

– Oui, mais nous n’avons pas les mêmes amis. Comment osez-vous faire croire que vous pouvez agir à distance sur les cellules cancéreuses et accepter l’argent que l’on vous donne dans ce but ?

En effet, l’un des chapitres de son nouveau livre traite de ce prétendu pouvoir. Geller se contente de sourire et ne dit rien.

L’émission terminée, Michel Polac garde la nostalgie de la cuillère tordue naguère devant lui. Le rêve de la télékinésie paraît encore animer ce cerveau rationaliste. C’est sans doute son côté poète… » (7)

J’ai le livre d’Uri Geller dont parle Gérard Majax : « L’effet Geller » (éditions Pygamlion, 1987). Or, il s’avère qu’il n’y a pas de chapitre relatif à l’action à distance sur les cellules cancéreuses, ce que peut vérifier toute personne possédant cet ouvrage. Notons, au passage, que j’ai entendu à la télévision, à deux reprises, Gérard Majax déclarer qu’Uri Geller se faisait payer pour guérir le cancer : dans une émission de Jean-Pierre Foucault (dans les années 1980) et dans une émission de « C’est mon Choix » (avec Evelyne Thomas), sur France 3 en 2000. (Dans cette dernière émission, Gérard Majax a refait son numéro avec le club de golf truqué.) La réalité est différente : lors de l’émission avec Jacques Pradel, en 1987, Uri Geller avait simplement déclaré qu’il avait été contacté par des scientifiques pour tester sa faculté sur des cellules cancéreuses…

C’est à la suite de l’émission de Michel Polac que Gérard Majax et Henri Broch ont créé le défi minitel offrant un million de francs (proposé par Jacques Théodor, chercheur à l’Université de Bruxelles) à toute personne capable de prouver le « moindre pouvoir paranormal ». Si Uri Geller veut relever le défi, « il est le bienvenu ».

« Mais peut-être n’a-t-il cure de cette fortune ? Il continue d’abuser les gogos du monde entier. Il gagne tant d’argent qu’il se permet même de faire de coûteux procès aux contradicteurs qui prétendent lui barrer la route. C’est le cas, aux Etats-Unis, avec James Randi, un illusionniste qui a eu le courage d’écrire la vérité sur Uri Geller. Le système judiciaire américain permet à un plaignant fortuné de mener la vie dure à la partie adverse moins riche, même si celle-ci a raison. En France, nous l’attendons de pied ferme : notre juridiction l’obligerait à prouver l’authenticité de ses pouvoirs. » (G. Majax) (8)

On me permettra de douter que James Randi a écrit (ainsi que Gérard Majax) la vérité sur Uri Geller. Quant au courage, je pense qu’il en faut beaucoup plus à Uri Geller pour affirmer et soutenir la réalité de ses talents, qu’à James Randi pour affirmer le contraire. Le rôle de « debunker » est en effet aisé, car la vision du monde de ceux qui entreprennent ce travail de sape est en phase avec le rationalisme et le scientisme de notre société « moderne ». Et ceci est vrai, bien sûr, pour bien des domaines ressortissant du paranormal, pour les OVNIs, comme pour les « parasciences » en général.

Gérard Majax termine son chapitre sur Uri Geller en évoquant le cas d’une danoise (Elsa Lorrein, de Copenhague) qui s’était plainte que son stérilet de métal s’était déformé pendant une émission télévisée d’Uri Geller… Quelques semaines après cet incident, son médecin lui confirma qu’elle était enceinte. Elle a porté plainte contre Uri Geller, mais le tribunal l’a déboutée, estimant que la preuve de cause à effet n’avait pas pu être fournie.

Voilà donc le dossier à charge contre Uri Geller. En France, bien sûr, car il y a l’équivalent notamment aux Etats-Unis (avec la campagne de « démystification » de l’illusionniste James Randi). On voit ainsi sur YouTube diverses vidéos de l’illusionniste américain imitant les « numéros » d’Uri Geller.

Vu la façon dont Uri Geller a été traité en France, on ne sera pas étonné de sa réaction lorsque les responsables de la première émission de « Normal, Paranormal ? » (M6), en 2001, lui ont proposé de venir en France sur le plateau de télé. Ayant appris qu’il y aurait des « contradicteurs », il a refusé de venir ! En lieu et place, l’illusionniste de service, Sylvain Mirouf, a réalisé un numéro de torsion d’ustensile métallique et un numéro de « télépathie » à la façon d’Uri Geller.

Compte tenu de tout cela, on ne s’étonnera pas de la réaction de Daniel Maurer qui écrit, dans « Les expériences de mort imminente » (éditions du Rocher, 2005), qu’Uri Geller et Jean-Pierre Girard, spécialistes de la torsion psychokinétique de métaux, ont été « démasqués » et sont retombés « dans l’anonymat », « malgré les tentatives de réhabilitation auxquelles s’emploie le dernier carré de leurs adeptes » (sic). Leurs « spectacles » (torsion de métaux, etc.) ont, écrit-il, « fortement contribué à discréditer la parapsychologie » et ont été « vivement critiqués tant par les scientifiques que par les illusionnistes professionnels », ces derniers ayant, ajoute-t-il, refusé « que l’on berne le public en concédant le sceau de la réalité à des tours de passe-passe dont ils connaissaient parfaitement les ficelles (substitution d’objets, métaux à mémoire de forme) ». La légitimité de la parapsychologie a souffert, prétend Daniel Maurer, de ces « duperies »… Mais Daniel Maurer n’a, en réalité, qu’une connaissance partielle et partiale du dossier sur l’effet Geller, ainsi que nous allons le voir dans ce texte. Signalons, au passage, que l’anonymat dont parle Daniel Maurer est tout à fait relatif, puisqu’Uri Geller a fait, depuis fin 2006, une série de shows télévisés dans de nombreux pays (d’abord Israël, puis les Etats-Unis, l’Allemagne, etc.), et que Jean-Pierre Girard est l’auteur de plusieurs livres parus depuis 2005 (la même année que la parution du livre de Daniel Maurer !), sans oublier la parution en 2008 d’un DVD sur ses expériences, ainsi que son site Web (www.girard.fr), ses stages de développement de capacités psi et sa présence dans une émission documentaire multi-rediffusée en 2015-2016 sur la chaine Numéro 23. Je signale aussi, au passage, que le responsable de l’édition aux éditions du Rocher, en 2005, du livre de Daniel Maurer, est le même que celui qui a publié aux éditions Alphée, en 2009, un livre de Jean-Pierre Girard : « Manuel de parapsychologie appliquée » !

ugmagormys-225x300En ce qui concerne Uri Geller, il faut reconnaître que les exemples de fraudes apparentes, donnés par Gérard Majax, sont graves pour la crédibilité du personnage, si toutefois ces fraudes sont réelles. Néanmoins, on sait, quand on s’intéresse à l’histoire de la parapsychologie, que de nombreux sujets psi ou médiums, par ailleurs authentiques, ont occasionnellement fraudé. La raison est fort simple : ces capacités étant difficilement maîtrisables et ne pouvant généralement pas être manifestées à la commande, ces personnes, qui ne sont pas, comme la plupart des gens, d’une moralité à toute épreuve, peuvent avoir tendance à pallier leurs « insuffisances » passagères par de grossiers trucages. Ce qui ne peut que réjouir les adversaires du paranormal, trop contents de constater ces fraudes qu’ils ont dès lors beau jeu de généraliser à l’ensemble des manifestations revendiquées par les sujets concernés. A cet égard, on peut dire que la fraude occasionnelle du sujet psi ou du médium est l’équivalent du dopage chez certains sportifs professionnels. Mais il s’agit là d’un constat qui échappe bien sûr aux représentants de la « rationalité », qu’ils soient illusionnistes ou non. Il est donc possible qu’Uri Geller ait eu recours, lors de ses « démonstrations », à des trucages occasionnels afin d’assurer ses spectacles. Ceci est d’ailleurs conforté par le cas Girard : dans les années 1970, ce dernier a réalisé des psychocinèses dans un cadre expérimental rigoureusement contrôlé (effets sur la matière constatés par des métallurgistes de Péchiney), ce qui ne l’a pas empêché de truquer grossièrement une expérience de télékinésie lors de l’émission de Michel Polac, en mars 1987, consacrée à Uri Geller… (Voir plus loin.)

tgp-200x300La question qu’il convient de se poser, en fait, est celle-ci : Uri Geller a-t-il produit des effets psi dont la nature et les conditions de contrôle permettent de dire qu’il n’y a pas eu, dans ces cas-là, de trucages ? Je donne plus loin des éléments qui permettent de répondre positivement à cette question. En outre, il ne faut pas oublier qu’il existe plusieurs aspects, que je développe plus loin, attestant de la réalité de l’effet Geller (indépendamment des fraudes éventuelles du « tordeur de cuillères », essentiellement pour les « besoins » de sa « promotion ») : les nombreuses personnes chez qui des torsions d’objets métalliques se sont produites (et qui toutes ne s’expliquent pas par les « explications » de Gérard Majax), les témoignages de quelques illusionnistes ayant cautionné l’effet Geller, les « soirées PK », ainsi que les études faites sur d’autres sujets (enfants ou adultes) produisant des effets similaires.

Je précise qu’Uri Geller a été invité, quelques jours après l’émission de Michel Polac de 1987, par Jacques Pradel. C’était sur Antenne 2 (un après-midi). A cette occasion, était présent le statisticien et parapsychologue toulousain Yves Lignon. Ce dernier a réalisé avec Uri Geller une expérience de télépathie, le but étant de « capter » un nombre auquel Yves Lignon pensait. Précisons que le nombre n’avait pas été écrit en présence d’Uri Geller. Ce dernier ne pouvait donc pas utiliser les trucs classiques employés, en pareille circonstance, par les illusionnistes : présence, sur le plateau, d’un compère transmettant l’information, nombre deviné grâce aux mouvements du stylo sur le papier. Uri Geller a donné le bon numéro : 45. Il a aussi « plié » un objet métallique, la séquence correspondante n’ayant cependant pas été diffusée. Jacques Pradel a seulement montré l’objet concerné au début de l’émission suivante.

En outre, pour montrer également que Gérard Majax n’est pas non plus exempt de « reproches », je fais ici état de l’anecdote suivante personnelle :

Lors d’une émission de France-Inter, en juillet 1986* – « Oreillettes et ventricules » -, animée par Sylvain Augier, un auditeur avait téléphoné pour dire qu’il avait vu une séquence où l’on voyait l’illusionniste Ranky contrôler Jean-Pierre Girard lors d’une psychocinèse. (* Je me rappelle que c’était lors de la demi-finale de Wimbledon opposant Henri Leconte à – me semble-t-il – Boris Becker, et c’était, je pense, le 4 juillet.) L’auditeur ayant demandé à Gérard Majax s’il connaissait Ranky, l’illusionniste répondit : « Non, mais maintenant je connais. » Atterré par ce qui n’était qu’un gros mensonge, je me suis fait un plaisir d’envoyer à l’animateur les photocopies d’un texte, extrait d’un numéro de la revue « Psi réalités » (1978), attestant que Gérard Majax connaissait bien Ranky. a13ce22b87616c5b4b0dc3a5e72938a9Dans ce texte, les illusionnistes Ranky et Sanlaville répondaient aux accusations d’incompétence portées par Gérard Majax, dans l’ouvrage de ce dernier paru en 1978, à l’encontre de ses deux confrères ! Sylvain Augier m’avait envoyé un courrier pour me dire qu’il tenait compte de cela… (J’avais aussi informé Ranky, par courrier, de la déclaration de Gérard Majax.) Quatorze ans après, en mai 2000, il y eut, sur France 3, une émission de Sylvain Augier consacrée au paranormal, une émission truquée, c’est le cas de le dire, où n’étaient présents, sur le plateau, que des négateurs du paranormal, avec, en tête, le « zététicien » Henri Broch de l’Université de Nice. Ce dernier fit un numéro de torsion d’objet métallique. Il en fut de même de Gérard Majax, mais hors plateau de télévision. Par contre, il y avait, sur ce même plateau… Ranky, qui a présenté un numéro de « chirurgie à mains nues » mais à qui on a « oublié » de demander ce qu’il pensait de la psychokinèse ! Par contre, Sylvain Augier a montré à l’écran le livre de Ranky : « Vérité et illusions de la parapsychologie » (Dervy, 1996), tout en le recommandant. Or, dans ce livre, l’illusionniste reconnaît la réalité des effets PK qu’il a pu observer avec Jean-Pierre Girard ! Ceci est un exemple, parmi bien d’autres, de manipulation de l’information au niveau de certains grands médias.

Autre exemple, cette fois-ci à propos de l’émission (sur TF1) de mars 1987, déjà évoquée ci-dessus. Voici ce qu’on apprend dans un livre de l’illusionniste Ranky : « Encyclopédie du mystère » (éditions Trajectoire, 2012) :

519QlF1tfYL._SX332_BO1,204,203,200_« Le 14 mars 1987, Uri Geller est invité à l’émission de Michel Polac, ‘Droit de réponse’. Gérard Majax assiste depuis les coulisses à l’émission puis se présente sur le plateau où il fait trois démonstrations dont le but est de démystifier les pouvoirs de Geller.

Majax conclut, sur ses propres démonstrations, qu’Uri Geller est un tricheur et un charlatan.

Voici ‘l’autopsie’ de ces trois tours de Majax et ma conclusion :

1) Je ne trahis en aucun cas la déontologie du métier en dévoilant le subterfuge employé pour tordre le club de golf, car il ne s’agit pas d’une expérience appartenant à la communauté illusionniste, mais d’un ‘tour’ fabriqué spécialement pour imiter un effet ‘Geller‘. J’en parle d’autant plus facilement que j’ai eu en main cet appareil lors d’une de mes visites à l’Académie de magie Georges-Proust à Paris.

La partie centrale du club a été supprimée et remplacée par un tube contenant un liquide hydraulique. Un petit bouton ignoré du public libère ce liquide et permet au club de se plier visiblement. Je ne peux que féliciter son créateur pour son esprit inventif.

Mais cet effet mécanique, aussi spectaculaire soit-il, n’est que l’imitation d’un phénomène dit psi et ne prouve pas que Uri Geller triche.

2) Pour dévier l’aiguille de la boussole, Majax emploie un aimant. Je rappelle qu’il est d’une facilité sans pareille de découvrir un aimant caché sur une personne. Si on ne réussit pas à trouver sur Uri Geller l’objet du délit, c’est qu’il n’en possède pas sur lui. Alors, comment fait-il ?

3) Les cuillères, fourchettes et clefs de voiture sont entrées dans les possibilités ordinaires d’être tordues par les magiciens. C’est même à Uri Geller que l’on doit cette idée de ‘manip’ !

Alors, de qui se moque-t-on ? Il ne suffit pas à un magicien de déplacer ou de tordre par trucage un objet pour dénoncer un sujet dit psi. On demande à ce magicien de reproduire le même effet dans les mêmes conditions.

C’est aller un peu vite en besogne que d’agir comme Criss Angel, par exemple, qui, lors de l’émission TV ‘Phenomènes’, déclare que ‘Geller ne possède aucune capacité’ par le simple fait que celui-ci n’a pas réussi à deviner le contenu d’une enveloppe.

Quant à Gérard Majax, force est de constater qu’il ne s’enccombre guère de bons sentiments vis-à-vis de ses collègues, témoin cet interview de Patrick Froment publié dans le magazine réservé aux mentalistes, ‘Mindon Mania’ (Spécial membres 1997). » (Ranky)

Ranky donne ensuite des extraits de cet interview. Patrick Froment ayant évoqué le nom de Ranky, Gérard Majax a fait cette déclaration :

« Lors d’une émission de Michel Polac consacrée à la voyance, Jean-Pierre Girard présentait une expérience avec des dés à jouer. Il avait exigé que le ‘contrôleur’ de l’expérience soit Ranky.

A un moment donné de l’expérience, Michel Polac demande à voir les dés. Ranky s’en empare et fait un mouvement de change grossier, Michel Polac le remarque et le signale devant les caméras.

Ranky a été pris, en direct, en flagrant délit de fraude alors qu’il était censé être le contrôleur de l’expérience…

Quelqu’un qui fait ça perd, à mon avis, toute crédibilité. »

Ranky envoyé à la revue un droit de réponse daté de juin 1997 :

« Dans une récente interview accordée à ‘Mindo Mania’, G. Majax me met en cause en affirmant, je cite : ‘Dans une émission de Michel Polac consacrée à la voyance, J.-P. Girard présentait une expérience avec des dés à jouer. Il avait exigé que le contrôleur de l’expérience soit Ranky. Or, à un moment donné de l’expérience, Ranky s’empare des dés et fait un change grossier. Michel Polac le remarque et le signale aux caméras, prenant Ranky en flagrant délit de tricherie.’

L’émission à laquelle fait allusion G. Majax était en fait une émission consacrée à l’effet GellerJean-Pierre Girard y présentait une expérience avec des cubes en bois et non des dés à jouer.

Je n’ai été en aucune façon le contrôleur de cette expérience comme l’affirme Gérard Majax. Le contrôleur était un hypnotiseur connu sous le nom de Dany Dan. Je précise, en outre, que je n’ai jamais participé à aucune émission de Michel Polac.

Gérard Majax était, par contre, présent lors de l’émission précitée, je m’étonne donc d’autant plus qu’il ait pu tenir de tels propos que j’estime diffamatoires et portant atteinte à mon intégrité d’artiste. Je ne peux que constater que l’hostilité de Gérard Majax à mon égard tourne à l’hystérie et je me réserve le droit de saisir la justice devant de tels procédés déloyaux.

Par ailleurs, je tiens la K7 de l’émission précitée à la disposition de tous les lecteurs de ‘Mindon Mania’. »

Dan son livre, Ranky ajoute ce commentaire :

« Ainsi que le lecteur peut le constater, Gérard Majax, à moins qu’il ait des problèmes de mémoire, ne recule devant aucune bassesse pour tenter de détruire les collègues qui le gênent. Il n’est pas question ici d’entretenir la polémique. J’aurais déjà pu le faire lors de la sortie de son livre ‘Le Grand Bluff’ où transparaît dans ses lignes une haine féroce et semble-t-il viscérale à mon égard. Cependant, puisque la ‘star’ aime les défis, je lui propose celui de trouver en ma personne une seule malversation, un seul calcul, ce qui est loin d’être son cas. »

Ranky évoque ensuite un article de Nicolas Maillard (dans un numéro de mai 1994 de « Mystère ») dans lequel ce dernier mentionne notamment la création, par Gérard Majax – après celle d’un « prix Défi » -, d’une association intitulée « S.O.S. Paranormal ». A cet effet, l’illusionniste avait embauché une secrétaire. Or, il ne s’était manifestement pas aperçu « qu’une affiche vantait les mérites du thème astral sur la vitrine de sa propre association », le « magicien » ne se doutant même pas que la secrétaire de « S.O. S. Paranormal » donnait des consultations de tarologie. (La photo de l’affiche se trouve dans le livre de Ranky.) Quand on le lui signala, il fut étonné…

« Alors, en l’espace d’une nuit (comme par magie ?), le 7 avril dernier, il changea d’adresse pour sauver l’image qu’il avait tant défendue. Une bonne âme le recueillit au musée de la Magie, dans la rue Saint-Paul, à Paris. ‘Mais au fait, puisque cette secrétaire prétendait posséder un don, pourquoi ne pas la tester ?’, lui suggéra-t-on. ‘Non, bien sûr que non’, répondit-il. ‘Nous ne travaillons que sur des choses qui se vérifient en laboratoire.’ Et si elle était véritablement voyante, Majax n’en aurait donc jamais rien su ! ‘Oui, mais alors là, il faudrait le vérifier sur six mois ou un an’, avoua-t-il. » (N. Maillard)

Puis le « magicien » déclara : « Personnellement, je n’y crois pas un instant, et si c’était vrai, les voyants devraient jouer au tiercé ou au loto… » La moindre des choses, nota Nicolas Maillard, aurait été de proposer à la secrétaire (dans le cadre du « prix Défi ») un chèque d’un million de francs en échange d’une vraie voyance, plutôt que de lui conseiller le loto… (9) Laissons tomber cette anecdote quelque peu cocasse et récapitulons l’essentiel de ce qui a été développé plus haut :

On est en droit de se demander qui est vraiment le charlatan !

Dans son « Encyclopédie du mystère », Ranky évoque plusieurs façons de simuler un effet de psychokinèse : arrêt et remise en marche d’une montre à quartz ou mécanique, la fourchette « qui se tord toute seule » – en utilisant un fil de nylon – et la cuillère « qui se casse toute seule » (en utilisant une demi-cuillère en plus d’une cuillère entière). (10) Néanmoins, Ranky reconnaît aussi, à la suite de ses observations concernant le sujet PK Jean-Pierre Girard, que la psychokinèse existe. S’agissant d’Uri Geller, Ranky fait ce commentaire :

« Mais si Uri Geller plie des cuillères et des fourchettes par la ‘force de la pensée’, il refuse de se plier aux contrôles scientifiques et illusionnistes. Malgré nos invitations cordiales et répétées, nous ne parviendrons jamais à le faire venir dans les locaux de notre comité ni à le tester dans un endroit de son choix. C’est la raison pour laquelle nous ne portons aucun jugement définitif sur ses éventuelles capacités, ce qui nous interdit en même temps de le condamner sans l’avoir pris en flagrant délit de fraude, même si ses refus de coopération ne plaident pas en faveur des capacités psi qu’il prétend posséder. » (11)

Une objection est pourtant incontournable : suggérer qu’Uri Geller, qui est à l’origine du phénomène de torsion d’objets métalliques par effet PK, puisse être considéré comme étant un charlatan alors que des effets analogues sur la matière ont été constatés par Ranky lui-même avec Jean-Pierre Girard, c’est comme si on disait que l’ampoule électrique existe, mais que Thomas Edison, son inventeur, était un escroc… C’est un raisonnement qui ne tient pas une nanoseconde.

 

II. Uri Geller : un « psychic » et non un illusionniste

uri-203x300En France, c’est dans l’émission « Italiques » (en 1973 ou 1974) qu’Uri Geller a pour la première fois tordu une ciullère et remis en marche des montres de téléspectateurs. Outre ses multiples prestations dans divers pays, émissions de radio et de télévision, Uri Geller s’est prêté, dans les années 1970, à quelques expérimentations de type scientifique. Il a néanmoins vite compris que parcourir les laboratoires ne servait pas à grand-chose, et il s’est concentré sur l’exploitation financière de ses « dons ». Voici d’ailleurs ce que précise son émule français Jean-Pierre Girard (dans un livre paru en 1996) :

« En fait, Uri, que j’ai rencontré il y a quelque temps dans sa superbe demeure victorienne située à une trentaine de kilomètres de Londres, me confiait que ses quelques expériences de laboratoire n’avaient comme but, pour lui, que celui de conforter ses prestations médiatiques. Il faut noter qu’il ne pratiquait pas gracieusement ses expériences en laboratoire et son choix, que je respecte, a été de ‘rentabiliser’ au maximum ses facultés psi, ce qu’il a apparemment parfaitement réussi à faire. Je me souviens de cette remarque qu’il me fit : Jean-Pierre, vous allez vous user à vouloir convaincre par votre disponibilité à expérimenter dans les laboratoires ; mais tous ceux dans lesquels vous n’aurez jamais mis les pieds ne croiront jamais à la réalité de ce que vous avez fait ailleurs que chez eux, et vous devrez tout recommencer à zéro à chaque fois. Moi je n’expérimente plus, je fais du business avec le psi comme d’autres avec leur musique ou leur peinture, faites comme moi ! Ceux qui vous critiquent maintenant continueront à le faire quoi que vous fassiez, ils ne vous pardonneront jamais d’avoir osé vouloir démontrer vos pouvoirs.’

Reconnaissons que ses propos n’étaient pas dénués de bon sens. Ma démarche a toujours été très différente, mais il m’est facile de reconnaître volontiers que la sienne a permis, par son aspect ‘star system’, de faire bouger les choses, sans doute beaucoup plus rapidement, mais peut-être plus superficiellement… » (12)

11750697_839202866176703_7667750475599700876_nVoici, très brièvement, la liste des expérimentations d’Uri Geller :

Stanford Research Institute (Californie), 1973, expériences de télépathie avec Harold Puthoff et Russel Targ, deux physiciens spécialistes du laser. Un article fut publié dans « Nature » (18 octobre 1974).

Centre Naval des Armes de Surface, Silver Spring (Maryland). Expérience avec le physicien Eldon Byrd : déformation d’un alliage métallique, le nitinol.

– Laboratoire de physique de la Kent State University, avec le docteur Wilbur Franklin (physicien) : Uri Geller brisa quatre objets métalliques (deux cuillères et une aiguille en acier inoxydable, un anneau de platine). L’une des cuillères, qui devait servir de contrôle, se tordit spontanément, sans avoir été touchée. Une analyse des surfaces brisées fut faite au microscope électronique à balayage.

– A l’UCLA (l’Université de Californie de Los Angeles), le docteur Thelma Moss (psychologue) a pris certaines photographies Kirlian exceptionnelles, lesquelles montrent, selon elle, qu’une influence paranormale émane des doigts d’Uri Geller.

Laboratoire Lawrence Livermore, avec Ronald Hawke : modification des images magnétiques de deux cartes magnétiques d’ordinateur.

Les capacités psi d’Uri Geller furent aussi étudiées par le docteur Thomas P. Coohill (biophysicien à la Western Kentucky University) : reproduction télépathique de dessins, déviation de l’aiguille d’une boussole, influence sur un magnétomètre (arrêt de son fonctionnement). Thomas Coohill saisit une cuillère qui était tombée sur le plancher et, à sa grande surprise, elle commença à se tordre dans sa main comme si elle fondait. Uri Geller demanda à Madame Coohill de tenir la cuillère entre ses mains, puis il serra les mains de Madame Coohill avec ses propres mains, et soudain les personnes présentes entendirent un « pop ». La cuillère se brisa en deux morceaux. A aucun moment, dit Thomas Coohill, Uri Geller n’a touché la cuillère.

Uri Geller a été examiné par des scientifiques non seulement aux Etats-Unis, mais encore en Allemagne, au Japon, en Suisse, etc. Au Canada, l’observation scientifique d’Uri Geller fut conduite par le docteur A. R. G. Owen, directeur exécutif du « New Horizons Research Foundation » de Toronto et ancien directeur du Département de Génétique à l’Université de Cambridge. Le docteur Owen plaça trois objets lui appartenant parmi ceux choisis dans le public. Uri Geller choisit trois objets sur le plateau : deux clés reliées par un fil et une fourchette.

« Il frotta la fourchette et la fit tordre de 40 degrés ; il toucha simplement le fil reliant les clés (sans jamais toucher celles-ci) et une des clés commença aussitôt à se déformer devant la caméra. » (Charles Panati)

Les trois objets choisis par Uri Geller correspondaient aux trois objets apportés par le docteur Owen.

En de rares occasions, Uri Geller a réussi à impressionner, par la pensée, une pellicule photographique, bien que l’objectif fût recouvert d’un cache. Lawrence Fried (ex-président de l’American Society of Photographers in Communications) réalisa une expérience de ce type. Lorsque le film fut développé, toutes les photos étaient noires, sauf la dixième, laquelle présentait une image brouillée mais identifiable d’Uri Geller. Dans son rapport, Lawrence Fried décrit les précautions prises pour empêcher un éventuel trucage, et il pense que la dixième photo a été produite par des moyens paranormaux.

En avril 1975, Uri Geller fut invité, en France, à l’Institut National des Hautes Etudes et de la Recherche Médicale de l’hôpital Foch (l’INSERM), à Suresnes. Sous la direction d’Albert Ducrocq et en présence de cinq autres scientifiques, sept expériences furent réalisées. Certaines réussirent, d’autres non. Sans toucher une boussole, Uri Geller réussit à dévier son aiguille, « légèrement » et « à grand-peine ». Ayant demandé aux scientifiques et techniciens présents de former un cercle étroit autour de lui, le mouvement de l’aiguille s’amplifia. A l’hôpital Foch, Uri Geller ne put tordre une clé que faiblement jusqu’à ce que celle-ci soit placée sur une plaque de métal. Ensuite, déclara Albert Ducrocq, la clé s’est tordue sans qu’Uri Geller ne la touche.

Durant les trois visites d’Uri Geller au Birkbeck College de l’Université de Londres, le physicien John B. Hasted, le physicien David Bohm, le docteur Edward Bastin et Brendan O’Regan observèrent certains phénomènes exceptionnels. Dans une expérience, on utilisa deux disques de cristal (d’environ 2 millimètres de diamètre et 0,4 millimètre d’épaisseur), chaque cristal ayant été placé dans une capsule pharmaceutique en plastique d’environ 1 centimètre de long. Uri Geller devait tenter d’influencer la structure atomique du cristal sans toucher la capsule.

« Hasted plaça ses mains au-dessus de la capsule et Geller posa ses propres mains sur celles d’Hasted. Brusquement, Hasted éprouva une sensation de chaleur et, quelques secondes plus tard, l’une des capsules bougea ‘comme un haricot sauteur’. La capsule fut ouverte dans un autre laboratoire ; la moitié du cristal manquait. » (Charles Panati)

small_tmbi.jpg-189x300John B. Hasted fut convaincu qu’une partie du cristal s’était décomposée au niveau atomique. Le jour suivant, la moitié restante fut examinée au microscope électronique. Cet examen confirma qu’aucune substitution n’avait été effectuée.

Le docteur John G. Taylor, mathématicien au King’s College de l’Université de Londres, travailla avec Uri Geller et des enfants (âgés de moins de 16 ans) capables de déformer le métal, ces enfants ayant révélé leurs capacités après avoir vu Uri Geller à la télévision britannique. (13)

 

 

 

 

Uri Geller au SRI :

Dans son livre sur les « espions Psi », Jim Schnabel évoque l’implication de l’Israélien Uri Geller dans les recherches du SRI (Stanford Research Institute). Uri Geller est venu au SRI pour la première fois à l’automne 1972. Hal Puthoff et Russell Targ avaient voulu le tester. La première visite fut organisée par l’intermédiaire du neurologue Andrija Puharich.

Uri Geller prétendait que ses pouvoirs venaient d’un énorme ordinateur en forme de soucoupe volante, « Spectra », qui se trouvait quelque part dans le champ de gravitation de la Terre, « Spectra » étant à son tour contrôlé par une entité nommée « Hoova ». Uri Geller désavoua ces croyances quelques années plus tard et les condamna au cours de séances de régression par l’hypnose sous la direction d’Andrija Puharich.

Il était arrivé au SRI, avec Hal Puthoff et l’astronaute Edgar Mitchell, en conduisant une voiture avec un bandeau sur les yeux, un vieux truc d’illusionniste.

« Il pliait ou brisait des cuillères, des anneaux et différents objets de métal. Il semblait pouvoir, à distance, réduire le poids d’un objet d’un gramme sur une balance électronique. Il décrivait des dessins simples enfermés dans des mallettes. Apparemment, il brouillait le fonctionnement électronique du traceur graphique d’un magnétomètre du SRI et, d’une manière ou d’une autre, depuis une distance de plusieurs mètres, il faisait bouger l’image sur un écran vidéo.

Que des prouesses époustouflantes, aurait-on pu dire, mais le style de Geller était tellement haché, chaotique, comme s’il voulait détourner l’œil, que Puthoff et Targ soupçonnaient généralement un tour de passe-passe. » (Jim Schnabel)

Né fin 1946 à Tel-Aviv, de parents émigrés hongrois, c’est à l’âge de 4 ans qu’Uri Geller aurait été visité par une étrange apparition lumineuse, alors qu’il jouait dans le jardin de ses parents. Quand Uri Geller eut 10 ans, ses parents se séparèrent. Il alla vivre avec sa mère sur l’île de Chypre pour revenir en Israël à 17 ans et accomplir son service militaire dans les troupes parachutistes. Il fut blessé, en 1967, lors de la guerre des Six Jours. Il apparut comme modèle dans des publicités pour la crème à raser et d’autres produits de consommation. Encouragé par un ami du nom de Shipi Strang, il fit sa première représentation publique de lecture télépathique et de pliage de métal dans la salle d’une école de Tel-Aviv en 1969. Grâce aux relations d’une amie qui travaillait dans la publicité, il se produisit dans des soirées privées dans tout Israël. Un jour, il fit son show en présence du Premier ministre, Madame Golda Meir.

Au milieu de 1970, les sceptiques l’attaquaient déjà haut et fort, certains reproduisant apparemment ses prouesses grâce à de simples tours de prestidigitation.

« D’après ses propres dires, un soir, Geller fut invité à dîner dans un gril près de Tel-Aviv par le général Moshe Dayan, le héros de la guerre des Six Jours. Dayan voulait savoir s’il était un vrai médium. Geller s’exécuta. Il plia une clé et réalisa avec succès quelques démonstrations de perceptions extrasensorielles. Il transmit même à Dayan des informations par télépathie. Plus tard, le général invita Geller chez lui et il lui demanda de trouver une photo qu’il avait cachée dans son bureau. Le jeune homme finit par désigner un livre sur une étagère et déclara que la photographie montrait le drapeau d’Israël. Dayan éclata de rire et attrapa l’ouvrage. En l’ouvrant à la page 201, il montra la cible à Geller : la photo de la principale tour de l’aéroport de Tel-Aviv, à Lod, au sommet de laquelle flottait la bannière israélienne.

Tu as fait la preuve de tes talents, Uri. Je ne veux pas en voir davantage. Tu n’as pas besoin de plier quoi que ce soit. Mais maintenant que peux-tu faire pour Israël ?

Geller, raconte-t-on, aurait alors rencontré le chef du renseignement militaire, Aharon Yariv, ainsi que des officiels du Mossad (en gros, la CIA israélienne) et du Shin Beth (le FBI israélien). Il fut testé par ces agences et commença à travailler pour elles. » (Jim Schnabel)

Dans une interview avec l’écrivain scientifique John Wilhelm, au milieu des années 1970, Aharon Yariv nia avoir jamais rencontré ou consulté Uri Geller. Mais, note Jim Schnabel, l’aurait-il avoué ?

Parmi les tâches qui auraient été confiées à Uri Geller, on trouvait par exemple des tentatives de visualisation clairvoyante de cibles en Syrie et dans d’autres pays du Moyen-Orient, la prédiction de déploiement de troupes hostiles et même l’influence télépathique de différentes sommités arabes.

« Mais au grand regret du gouvernement israélien (il devait plus tard le dire), Geller décida de poursuivre une carrière publique d’homme de spectacle plutôt qu’une carrière dans l’ombre de ‘guerrier psychique’. » (Jim Schnabel)

En 1972, Uri Geller fut attiré en Amérique par Andrija Puharich, lequel finança la visite avec une subvention de l’Institut de Science Noétique, ce dernier étant dirigé par l’astronaute Edgar Mitchell.

Une rumeur prétendit que les Soviétiques s’intéressaient à Uri Geller, et des membres de la CIA dirent à Hal Puthoff qu’ils voulaient savoir si l’Israélien était un vrai médium et, s’il l’était, dans quelle mesure il pourrait être un atout pour les personnes susceptibles de l’employer. Et s’il n’était pas un vrai médium, l’Agence voulait savoir comment il parvenait à le faire croire. Les folles conjectures allèrent bon train : était-il une sorte d’homme bionique avec des implants magnétiques qui lui permettaient d’arrêter les montres, de brouiller les écrans de télévision et les aiguilles des boussoles, de faire frémir le magnétomètre, etc. ? Peut-être avait-il des récepteurs radio pour communiquer avec des complices secrets, implantés à l’intérieur de l’oreille ou dans les dents. Ou peut-être faisait-il partie d’une entreprise de désinformation du Mossad destinée à faire croire aux Arabes qu’Israël possédait un surhomme paranormal. Peut-être aussi que l’espionnage israélien voulait l’utiliser pour infiltrer le SRI et espionner la recherche parapsychique la plus sensible en Amérique.

« Geller dit qu’il rencontra secrètement, dans des chambres d’hôtel aux Etats-Unis, un groupe d’agents israéliens pour les informer en détail des expériences du SRI. D’après Geller, ces mêmes officiels le prévinrent ‘de ne pas faire certaines choses’ au SRI, choses que Geller ne spécifiera pas. Puthoff affirme qu’il ne fut jamais informé de ces contacts par le médium israélien, mais, se rappelle Geller, le physicien du SRI veilla à ce qu’il ne s’approche pas trop des expériences avec Swann et Price. » (Jim Schnabel)

mystoryurigeller-195x300Durant l’été 1973, plusieurs officiels israéliens vinrent au SRI. Ils expliquèrent, en termes délibérément vagues, qu’Uri Geller avait accompli pour eux du bon travail contre des cibles militaires moyen-orientales. Ils voulaient savoir si c’était un incroyable coup de chance ou si Uri Geller avait réellement des talents psychiques pouvant être vérifiés par une expérimentation scientifique. Hal Puthoff pouvait peut-être les aider à déterminer cela.

Uri Geller rendit plusieurs visites au SRI, certaines officielles, d’autres non. Dans certains tests, l’authenticité de ses pouvoirs psi ne semblait pas laisser place au moindre doute, mais dans d’autres il ne paraissait pas faire davantage qu’un prestidigitateur.

Son séjour d’août 1973 fut typique. Uri Geller fut installé dans une pièce protégée contre toute fuite électromagnétique, avec un stylo et une feuille blanche. Il lui fut demandé de reproduire des dessins d’objets choisis par Hal Puthoff. Ce dernier parcourait les pages d’un dictionnaire et prenait le premier mot qu’il trouvait pouvant faire l’objet d’un dessin.

« Au cours du premier test, Puthoff choisit le mot ‘mèche’. Puis il demanda à un artiste du SRI de dessiner une mèche et un pétard. Puthoff plaça le croquis contre le mur extérieur de la pièce hermétique. Par interphone, Geller fut invité à se concentrer. Quelques secondes plus tard, il dit : ‘Je vois un cylindre avec du bruit qui en sort.’ Mais finalement aucun des dessins qu’il réalisa ensuite – dont une girafe, une caisse claire et un humain à long cou avec une sorte de corde sortant d’une de ses oreilles – n’approchait franchement de la cible. Cependant, son essai suivant n’aurait pas pu être plus précis. L’artiste du SRI dessina une grappe de raisin – vingt-quatre grains pour être exact. A l’intérieur de la pièce protégée, Geller commença par parler de ‘gouttes d’eau sortant de l’image’ et de ‘cercles violets’, avant de dessiner précisément une grappe de vingt-quatre grains de raisin, à la même échelle que sur le croquis de l’artiste. » (Jim Schnabel)

Parfois, c’était la clairvoyance d’Uri Geller qui était testée, le dessin cible étant alors laissé sur un écran d’ordinateur imprévu, sur un disque informatique ou enfermé dans une pièce hermétique. Parfois, l’expérience avait pour but d’évaluer les fonctions télépathiques d’Uri Geller. Dans ce cas, la cible était regardée par quelqu’un (comme Hal Puthoff ou Bart Cox, son chef de division au SRI).

« Geller ne décrivait pas toujours les cibles parfaitement, mais il le fit suffisamment souvent pour que Puthoff et ses collègues du SRI pensent qu’il avait de véritables pouvoirs. ‘Il était formidable, pas seulement correct’, devait plus tard avouer Ingo Swann dans une rare concession à l’un de ses grands rivaux. » (J. Schnabel)

Il semble qu’Hal Puthoff et Russell Targ aient pu reproduire la plupart des torsions de métal du médium ou ses perturbations de machine grâce à des tours de prestidigitation classique. Et les talents psychokinétiques d’Uri Geller ne se produisirent jamais sous contrôle scientifique.

« Il pouvait s’asseoir des heures dans une pièce, surveillé sous tous les angles par des caméras vidéo. Mais apparemment les cuillères, les barres et les anneaux n’acceptaient de se tordre que lorsqu’il les manipulait pendant de longues périodes ou quand les caméras n’avaient momentanément plus de bandes. Et quand il n’était surveillé que par des humains, sans autre aide technique, il semblait être sans arrêt en mouvement, trottinant sans cesse et utilisant sa voix et les animations de son corps – pensait son public – pour détourner l’attention tandis que ses yeux guettaient patiemment le moment opportun pour exécuter son tour de passe-passe. Hors du laboratoire, dans la cafétéria du SRI par exemple, il suffisait que l’on détourne un instant son attention pour qu’il se mette à tordre des fourchettes qui venaient d’être déposées près de l’assiette de quelqu’un.

Une histoire se répandit ensuite : Geller aurait été enregistré sur vidéo en train d’exécuter un tour de prestidigitation alors qu’il tentait de tordre du métal. Swann prétendit même qu’il avait encouragé l’examen de la bande qui avait révélé la supercherie. Puthoff et Targ nièrent l’existence d’une telle preuve, mais il était clair qu’ils guettaient les trucs de magiciens. Une ou deux fois, ils firent venir le magicien expérimenté Milbourne Christopher dans le laboratoire pendant les expérimentations, déguisé en caméraman. En quelques autres occasions, une fois Geller reparti en fin de journée, Puthoff et Targ ratissaient tout le laboratoire, y compris les parois et les carreaux acoustiques, en quête de caméras ou de micros cachés.

Ils ne trouvèrent jamais rien. » (Jim Schnabel)

S’agissait-il d’un mélange de dons authentiques et de trucages (ce que l’on observe, par exemple, chez les chamanes) ?

« Qu’il fût un ‘trickster’ chamanique ou pas, Geller resta certainement une énigme pour certains, même si la plupart décidèrent que ses pouvoirs étaient véritables ou qu’il était simplement un artiste très habile. Puthoff et Targ demeuraient ouverts, mais malgré cela ils finirent par ne plus rien attendre de lui. Geller déclenchait trop de passion de la part des sceptiques hors et dans le sein même de l’institut de recherches. Et il ne semblait pas avoir suffisamment d’importance pour que l’on ait envie de supporter tous ces problèmes.

L’Agence des programmes de recherche avancée (ARPA, Advanced Research Project Agency) du Pentagone, qui envoya une équipe de trois hommes observer Geller au SRI au début de 1973, aboutit à la même conclusion (bien qu’un membre de l’équipe de l’ARPA, le psychologue Robert Van de Castle, de l’université de Virginie, eût semblé assez impressionné et désireux de poursuivre l’étude du jeune Israélien).

Il en alla de même à la CIA. Officiellement, l’Agence n’avait apparemment pas d’opinion. Le SRI ne reçut jamais spécifiquement d’argent pour étudier Geller. Mais certaines personnes de la CIA furent très impressionnées par lui et elles resteront longtemps intriguées par celui-ci. » (Jim Schnabel)

Au cours d’une visite d’Uri Geller au SRI, Hal Puthoff téléphona à Richard Kennett à son bureau au quartier général de la CIA. Ils exécutèrent une petite expérience informelle au cours de laquelle Richard Kennett choisissait une cible pendant qu’Uri Geller essayait de la décrire, ce dernier étant à côté d’Hal Puthoff au SRI. Richard Kennett prit l’ouvrage « Gray’s Anatomy » et s’arrêta sur une page en papier glacé représentant l’architecture du cerveau humain. Uri Geller se concentra et dit qu’il avait un problème avec cette cible. C’est, dit-il, « comme une masse d’œufs brouillés… ou comme un cerveau… ou quelque chose qui a à voir avec l’architecture ». A la fin de l’été 1973, Richard Kennett, travaillant de chez lui dans sa banlieue virginienne, choisit plusieurs nombres qu’il enferma dans une enveloppe. Il plaça celle-ci dans son bureau puis s’assit près du téléphone pour se concentrer sur les nombres. Uri Geller se trouvait à l’autre bout de la ligne à côté d’Hal Puthoff. Richard Kennett avait à peine commencé de se concentrer quand Uri Geller s’exclama :

Oh, mon Dieu. Quelque chose vient de se produire ! Rick, sortez et allez voir ce qui s’est passé !

Uri Geller expliqua à Richard Kennett que quelque chose de dramatique venait de se produire dans sa maison. Il avait une terrible impression d’éclats de verre et d’échardes s’immisçant dans tout son corps, voyait une image de mer verte, et, au milieu du vert, un chien étrange avec une gueule carrée, tout blanc, mais avec du sang sur le cou et sur le dos. Richard Kennett retourna dans son bureau et constata que son bulldog blanc, « qui portait un collier en macramé de couleur rouge sang avec un petit gland », était entré dans la pièce et avait renversé une grande lampe ayant à son sommet un globe de verre, lequel s’était fracassé avec des morceaux de verre partout sur le tapis vert.

Quelques années après son départ du SRI, Uri Geller vécut un moment au Mexique.

« Apparemment, des membres de la station de la CIA de Mexico l’auraient alors utilisé ; en échange, ils auraient facilité ses obtentions de visas pour se rendre aux Etats-Unis. D’après Geller, il dut essayer d’espionner psychiquement les chefs du renseignement soviétiques locaux, leurs agents et les ‘boîtes aux lettres’ qu’ils utilisaient. Grâce à ses contacts mondains, il essaya aussi de convaincre des responsables mexicains de premier plan pour réduire la présence importante du KGB dans l’ambassade soviétique de Mexico.

Finalement, Geller quitta le Mexique précipitamment après qu’un tabloïd britannique eut dévoilé sa romance (ils n’étaient qu’amis, protesta Geller) avec la femme du président mexicain José Lopez-Portillo. Ensuite, prétendit Geller, le FBI lui demanda de faire quelques opérations de détective psychique à New York. Il continua aussi ses spectacles et des compagnies pétrolières et minières l’employèrent comme chercheur psi en Amérique du Sud et dans le Pacifique occidental. Dans les années 1980, il s’installa en Angleterre dans une immense maison sur les rives de la Tamise. Quand les gens lui demandaient : ‘Si vous êtes un vrai médium, pourquoi n’êtes-vous pas riche ?’, il éclatait de rire et répondait : ‘Mais je suis riche.’ » (Jim Schnabel)

Le laboratoire de Livermore s’intéressa à Uri Geller. Comme ce dernier était un personnage controversé, on ne le fit pas venir sur le complexe de Livermore lui-même mais dans un laboratoire emprunté appartenant à un site voisin moins sensible qui avait été séparé du campus de Livermore, quelques années plus tôt, au profit de l’Université de Californie à Davis, le laboratoire se trouvant dans un vieux baraquement en bois datant de la Seconde Guerre mondiale. Les chercheurs de Livermore y amenaient là Uri Geller le soir et le week-end quand il n’y avait personne aux alentours. Ces chercheurs comprenaient Ron Robertson (un officier de sécurité), le physicien Peter Cran et environ une demi-douzaine d’autres scientifiques et ingénieurs. Ils réalisèrent une série d’expériences avec Uri Geller fin 1974 et début 1975, certaines informelles, d’autres strictement contrôlées… (14) Je développe ce point dans le texte : « Effet Geller, TCI et OVNIs » (rubrique « Enigmes »).

 

III. Réalité de l’effet Geller ou effet G :

1397139_523477781082548_1393941060_oQuels sont les éléments qui attestent la réalité de l’effet Geller (ou effet G comme l’a appelé J.-P. Girard) ? Ce sont :

1. Le grand nombre de personnes (des milliers) qui ont témoigné avoir constaté des phénomènes similaires au moment des prestations (télévisées, radio, etc.) d’Uri Geller.

2. Les témoignages positifs de certains illusionnistes.

3. Les « soirées PK ».

4. Les études réalisées sur d’autres sujets capables de produire le même type de phénomènes.

Evoquons ces aspects.

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1. Les témoignages :

Si on laisse de côté les nombreux cas de remise en marche de montres (qui, selon certains critiques, pourraient s’expliquer par des causes normales), il reste de nombreux cas où des ustensiles métalliques ont été courbés, cassés.

gelley-paper-202x300En Afrique du Sud, le docteur Alan Price (de l’Institut Sud-africain de Parapsychologie) réalisa une étude visant à recueillir et analyser les diverses expériences rapportées par des gens ayant assisté aux démonstrations d’Uri Geller lors des conférences de ce dernier en juin/août 1974 (Johannesburg, Pretoria, Durban, Cape Town et Port Elizabeth). Alan Price put obtenir « 137 cas sérieux ». Sa conclusion fut celle-ci :

« Cette enquête n’est pas présentée comme la preuve finale de l’existence de l’Effet Geller. Néanmoins, le nombre de preuves réunies semble suffisant pour suggérer que l’Effet Geller existe et qu’il est authentique. » (Charles Panati)

Les détails se trouvent dans le livre de Charles Panati. (15) Il existe bien d’autres cas, dont les témoignages ont été recueillis dans différents pays, attestant cette réalité. Contentons-nous de donner ici le témoignage d’un médecin dentiste suisse, le docteur André Egger. Cela se passa le 21 janvier 1974 dans l’appartement d’un ami, Hans-Peter Studer, lors de la diffusion d’une émission consacrée à Uri Geller par la télévision suisse allemande.

Il y eut une expérience de télépathie confirmée par dessin, puis Uri Geller « désigna dans un ensemble de boîtes d’aluminium hermétiquement fermées celle qui contenait une clé Yale collée au scotch à l’intérieur ».

« Uri Geller se proposait de faire marcher de vieilles montres ou breloques ne marchant pas depuis longtemps. A cette occasion, on fit appel à un expert horloger de Bienne qui expliqua devant l’auditoire qu’il avait ouvert chacune des montres présentées, disposées sur une table, et qu’il leur avait soustrait respectivement deux pièces maîtresses indispensables au fonctionnement. (…) Au grand étonnement des personnes présentes au studio, la plupart des montres exposées se mirent en marche. » (A. Egger)

Le présentateur demanda aux téléspectateurs de réunir certains objets métalliques. André Egger et son ami choisirent trois cuillères à dessert en acier inox, posées sur la petite table qui séparait les deux amis. Ils prirent chacun dans leurs mains une cuillère à soupe du même métal. Uri Geller tenait une louche à longue tige qui se plia lentement et finit par se casser. Mais les cuillères tenues dans les mains des deux amis ne se plièrent pas. A un moment donné, Uri Geller déclara que, parfois, ce n’était pas l’objet en main qui pliait, mais que celui qui se trouvait à côté pouvait plus tard se courber.

« Notre regard se porta subitement sur les trois petites cuillères déposées sur la petite table qui nous séparait. Nous poussâmes tous les deux une exclamation d’étonnement. La cuillère du centre s’était soulevée sur ses extrémités opposées et était pliée presque à angle droit. » (A. Egger)

A noter que l’émission était en différé, l’enregistrement ayant eu lieu la veille, le 20 janvier 1974.

« D’ailleurs, l’Institut universitaire de physique de Zurich avait mis à profit ce jour d’intervalle pour effectuer des coupes microscopiques des objets pliés par Geller et présentés aux téléspectateurs. Lors de la retransmission en différé, des photos comparatives avec d’autres objets pliés de façon ordinaire nous furent montrées ; il était aisé de remarquer une différence dans l’agencement du réseau cristallin du métal. Je garde cette cuillère pliée comme document. La courbe semble modelée en cire sans tension, ni déchirure. » (A. Egger)

Après l’émission retransmise, les dix standards téléphoniques mis à la disposition des téléspectateurs étaient surchargés. (16)

Il ne s’agit là que d’un exemple parmi la multitude de cas répertoriés dans différents pays. Si ce type de prestation télévisée se reproduisait de nos jours, nous aurions autant de témoignages relatant des phénomènes de cette nature. Il n’est pas douteux qu’il existe toujours autant de personnes possédant, à l’état potentiel et à des degrés variés, le même type de capacité psi qu’Uri Geller.

 

2. Les témoignages positifs de certains illusionnistes :

De nombreux téléspectateurs ont été habitués à voir certains illusionnistes « démystifier » la « torsion des cuillères » (et la télépathie) en reproduisant les performances d’Uri Geller (et autres sujets PK). Tout cela semble parfaitement convaincant, et les gens sont convaincus qu’il n’y a là que des fadaises. Ce que tous ces gens ignorent, c’est que certains illusionnistes ont cautionné l’effet Geller (ou l’effet G). Dans les années 1970, André Sanlaville, organisateur du Festival Mondial de la Magie, a adressé à ses confrères illusionnistes la lettre ouverte suivante :

« Après avoir acquis une célébrité mondiale en un temps relativement court, Uri Geller provoque maintenant les réactions les plus vives chez les illusionnistes et il ne se passe plus de mois sans que le ‘Linking Ring’ ou d’autres journaux corporatifs nationaux ne s’en fassent l’écho. Ces réactions posent le problème de l’attitude qui doit être adoptée par les illusionnistes, non seulement à l’égard de Geller, mais aussi à l’égard des scientifiques qui font des recherches en parapsychologie. Je crois que cela nécessite réflexion de la part des associations nationales dont le but essentiel jusqu’à présent était la promotion de la magie simulée.

Certains illusionnistes se sont mis en avant en se posant comme adversaires de Geller et ils ont profité de cette opposition pour gagner une importante publicité grâce à leurs interventions publiques. Aux Etats-Unis, le magicien James Randi a participé à des émissions télévisées et à des interviews de presse dont une pour le magazine scientifique ‘Psychology’ (en français, ‘Psychologie’). Il a également publié un livre et n’a jamais autant travaillé que depuis. D’autres magiciens ont préparé des conférences démonstratives ou lancé des défis à Geller en les assortissant de sommes d’argent importantes. Je peux citer Geissler-Werry pour l’Allemagne, David Berglas et Ali Bongo pour l’Angleterre, Rolph Mayr pour la Suisse, Mystag et Majax pour la France. Le magicien américain Ray Hyman vient de déclarer que les sociétés magiques devaient censurer Geller et combattre son influence. D’autres illusionnistes craignent qu’une campagne publique de démystification ne vienne nuire au pouvoir attractif de l’illusionnisme en supprimant le mystère qui en constitue le principal attrait. Enfin, depuis quelques mois, on trouve des magiciens de plus en plus nombreux qui affirment l’authenticité des expériences de Geller après y avoir eux-mêmes participé.

A l’occasion du cas Geller, c’est donc tout le problème des droits et des devoirs des magiciens qui est à l’ordre du jour. En effet, s’ils estiment devoir prendre position pour la défense de certains principes, il faut dire lesquels et définir un code déontologique. Il faut que ce code spécifie que c’est dans l’unique but de divertir le public qu’il est permis de le tromper. Mais si l’illusionniste a désormais un devoir de vérité, il faut préciser à l’égard de qui. Ce ne peut être que pour protéger les chercheurs scientifiques, dont les parapsychologues, contre les charlatans en les mettant à l’abri des mystifications.

Les chercheurs en parapsychologie sont prêts à accueillir favorablement une telle collaboration car ils se plaignent d’avoir dû démasquer seuls des illusionnistes qui prétendaient posséder des pouvoirs paranormaux. Ils citent Slade (inventeur des ardoises spirites), les Frères Davenport (cabine spirite) ou Talazac (inventeur des enveloppes du même nom) qui vendait, paraît-il, des talismans. Ils prétendent enfin que d’autres illusionnistes exploitent la crédulité du public en dehors du cadre de spectacles et s’étonnent que leurs confrères n’en aient témoigné aucune indignation. Ils souhaitent donc que des magiciens qualifiés contrôlent les phénomènes apparemment paranormaux pour leur dire s’ils sont explicables, ou non, à la lumière de leurs connaissances particulières.

Il est bien évident que pour qu’un tel témoignage soit satisfaisant, il ne doit pas émaner de gens qui se disent magiciens par leur seule capacité à présenter quelques expériences. Cette responsabilité doit incomber à de véritables ‘magicologues’, c’est-à-dire aux experts qui connaissent les divers principes techniques et psychologiques de l’illusionnisme et qui se tiennent au courant des dernières nouveautés dans le domaine particulier du ‘mentalisme’. Il serait souhaitable que ces contrôleurs ne soient pas des professionnels ayant surtout intérêt à paraître triompher d’un adversaire pour en tirer gloire et profit et qu’ils soient, au contraire, capables d’impartialité et de fair-play. Tout manquement aux règles de la courtoisie ne peut servir qu’à se faire récuser et à éviter en fait une rencontre ou à la rendre inefficace quant à la manifestation de la vérité. Il est certainement plus sage que l’observateur laisse ignorer qu’il s’attend à telle ou telle fraude de la part du sujet qu’il contrôle. Tout au plus peut-il faire observer que la façon dont l’expérience a été conduite offre des points faibles et donne lieu au soupçon de l’utilisation de tel ou tel procédé d’illusionnisme. Ce n’est que par une expérimentation répétée, en modifiant les conditions, que l’on peut supprimer ces soupçons pour arriver à une conviction. Si un sujet paranormal est sincère, il faut bien penser qu’il ignore les possibilités de l’illusionnisme et qu’il ne pensera pas de lui-même à éliminer les points faibles.

Enfin, le contrôle doit être conduit de telle façon qu’il n’empêche pas l’expérience. Il ne faut pas oublier que l’on expérimente avec des êtres vivants connus pour être particulièrement sensibles, voire même perméables télépathiquement aux pensées et sentiments de ceux qui les entourent. Aussi, l’attitude agressive d’un observateur peut fort bien avoir une influence inhibitrice. La parapsychologie enseigne que les éventuelles facultés paranormales ne dépendent pas de la volonté consciente, mais de mécanismes subconscients qui nécessitent un état de relaxation. On sait fort bien que lorsqu’on veut réussir quelque chose en état de tension nerveuse, on échoue. C’est le cas des insomniaques lorsqu’ils cherchent à s’endormir et ce peut être aussi une cause d’impuissance sexuelle. Si on a souvent dit que ‘le succès amène le succès’, c’est parce qu’il favorise l’état de confiance et supprime l’inhibition. Admettons que l’on veuille tester en laboratoire les réactions physiologiques d’un sujet provoquées par le stimulus sexuel de la vue d’une femme nue. Il est certain qu’il ne se produira rien si les observateurs ne font pas oublier leur présence et ils influenceront même le sujet négativement s’ils interviennent pour douter de ses capacités et de sa réussite. Il en est de même avec les facultés paranormales.

Je crois que toute personne, même douée de facultés paranormales, est amenée à suppléer à ces facultés par la fraude si elle est tenue de réussir pour satisfaire un public qui attend d’elle quelque chose de spectaculaire. Uri Geller a reconnu dans son livre qu’il avait triché sur scène pour une expérience de télépathie sur le conseil de son manager qui lui avait dit que ce serait plus spectaculaire. J’ai eu moi-même dans mes spectacles des hypnotiseurs qui n’utilisaient pas de compères et qui se sont résolus à en prendre pour être assurés d’une réussite minimale.

Si nombre d’illusionnistes en veulent à Geller, c’est parce qu’il n’admet pas être un magicien comme eux et qu’ils croient qu’il veut les snober et jouer le superman. Je comprends qu’il est désagréable de voir qu’un nouveau venu acquiert d’une façon foudroyante plus de célébrité en tordant des petites cuillers que des hommes qui ont passé des années à s’entraîner à des manipulations difficiles et à inventer parfois des effets beaucoup plus spectaculaires. Mais leur opposition ne peut paraître motivée par une quelconque jalousie à l’égard d’un confrère plus favorisé.

Je vais maintenant aborder le fond du problème qui concerne l’authenticité ou non de l’effet Geller. Tant que Geller n’a pas ‘été pris la main dans le sac’, il ne peut qu’être présumé coupable de fraude mais non en être accusé. Le raisonnement des négateurs de l’effet Geller n’est pas logique car il part d’une proposition a priori, celle de l’impossibilité de cet effet d’une façon naturelle. Ils en induisent, premièrement, qu’il y a un truc, deuxièmement que Geller est un truqueur.

Affirmer que les scientifiques ont été trompés par Geller est une présomption gratuite si elle ne s’accompagne pas d’une démonstration. Il faudrait connaître les conditions dans lesquelles les expériences ont été faites en laboratoire et démontrer qu’en ces mêmes conditions on est capable de produire soi-même les mêmes effets. Or, cette démonstration n’a pas été faite jusqu’à présent. Des illusionnistes ont montré qu’ils pouvaient présenter des effets similaires seulement lorsqu’ils étaient les maîtres de l’expérimentation. L’illusionniste qui tord sa cuiller sous un globe de verre, posé sur un socle fourni par lui, ne peut prétendre avoir tordu une cuiller sous un globe de verre, ce qui sous-entendrait que ces objets sont quelconques et ordinaires. Les conditions de laboratoire sont censées éliminer les possibilités de truquage dont l’échange d’objets caractéristiques montrés plats contre des objets déjà tordus à l’avance. Il faut que la torsion soit produite à un instant quelconque par l’opérateur ou un compère. En tout cas, aucune imitation ne viendra jamais prouver que l’original n’existe pas.

S’il est logique de présumer que Geller est un habile illusionniste et que l’effet provient de sa dextérité ou d’un truquage, cela ne l’est plus lorsque le même effet peut être produit par quantité d’autres personnes dont des enfants. Or, il se trouve maintenant des gens qui tordent des objets ou les font mouvoir sans contact, aussi bien en Russie qu’en Angleterre, en Suisse, au Japon ou en France. A moins de présumer aussi qu’ils sont tous des illusionnistes qui se sont donné le mot pour pratiquer ce nouveau truc, il faudra bien admettre que l’effet est authentique. Depuis plusieurs décennies, les savants russes expérimentent en laboratoire avec Nina Kulagina qui a le même pouvoir. L’effet n’est donc pas nouveau et il faut savoir que, voici plus d’un siècle, une jeune paysanne de quatorze ans, nommée Angélique Cottin, défraya la chronique en produisant des phénomènes similaires, ce qui lui valut le surnom de ‘la femme électrique’.

N’est-il pas aussi curieux de constater que TOUS les illusionnistes qui ont eu l’occasion de participer personnellement à une expérience soit avec Geller, soit avec un de ses émules, sont maintenant persuadés de l’authenticité de l’effet ? Ce que j’entends par ‘participer’ c’est apporter soi-même un objet métallique, ne pas le quitter des yeux ou ne pas le lâcher des doigts tandis qu’il se tord par simple effleurement ou même sans contact. Or il faut que l’on sache que cette expérience a été vécue par des illusionnistes qui peuvent même être qualifiés de ‘magicologues’. Rudolph Mayr, le spécialiste des pseudo effets paranormaux, un des premiers à s’être opposé à Geller en reproduisant ses démonstrations à la télévision suisse, est devenu le plus ardent défenseur de l’authenticité de ce genre de phénomènes. Il a pu contrôler successivement et en des occasions répétées un écolier de onze ans et un dessinateur industriel de trente-quatre ans qui tordaient ou faisaient bouger des objets sans contact. Il a invité l’ensemble des magiciens du cercle de Berne, dont Monsieur Albert Wetzel qui en a témoigné, à contrôler les expériences. Le Professeur Bender de Friburg-en-Brisgau s’est déplacé pour filmer les phénomènes. Le magicien anglais Clifford Davis, spécialiste du mentalisme, a contrôlé de son côté les expériences de divers adolescents ‘tordeurs de métaux’ qui ont donné lieu à des observations répétées en laboratoire sous la direction du professeur John Taylor, physicien de Londres (voir le livre ‘Superminds’). Mais Geller lui-même a pu être contrôlé par divers magiciens. Le Docteur Brum-Antonieli, président du cercle magique de Zürich, a reçu Geller dans sa pharmacie et ce dernier a pu tordre une de ses clefs alors qu’il ne la lâchait pas des doigts. Un membre éminent de la Society of American Magicians, William E. Cox, est allé trouver Geller à son propre domicile en apportant avec lui des objets métalliques et une montre dont il avait bloqué le mécanisme, et en se gardant bien de dire qu’il était magicien. Geller réussit ses exploits habituels ainsi que des expériences de télépathie. Deux autres magiciens américains, Abb Dicksonn et Arthur Zorka, proclament aussi que les performances de Geller ne sont pas des supercheries depuis que celui-ci a fait exploser une fourchette dans les mains de l’un d’eux.

Convaincus qu’il ne s’agissait pas d’illusionnisme, les magiciens se sont alors tournés vers les chimistes pour savoir si un produit ne permettait pas cet effet. Il leur a été répondu que s’il en existait un qui puisse agir sur le métal, il ne pourrait en tout cas pas être manipulé.

Ceux qui ne connaissent rien à l’illusionnisme et qui pensent que les magiciens peuvent produire n’importe quoi ont la solution de facilité de tout attribuer à la magie simulée. Ils risquent de perdre cette quiétude si les illusionnistes eux-mêmes peuvent se convaincre personnellement de l’authenticité d’un phénomène inexpliqué. Or, les illusionnistes français vont avoir l’occasion de s’en convaincre depuis que Jean-Pierre Girard, l’émule français de Geller, a offert de les faire participer à ses expériences.

Je propose à mes confrères de profiter de l’occasion du prochain congrès qui aura lieu du 11 au 13 novembre 1976, ce qui n’empêche pas d’arranger d’autres rencontres préliminaires. Je compte inviter les autres ‘anti-Geller’ étrangers et j’espère qu’aucun ne se comportera comme les détracteurs de Galilée qui se refusaient obstinément à regarder dans son télescope de peur d’avoir à perdre la face en reconnaissant l’erreur de leurs opinions préconçues. J’estime que désormais nul illusionniste n’a plus le droit de nier quelque chose qu’il n’a pu contrôler personnellement et que seule doit compter la manifestation de la Vérité. » (17)

Le contenu de cet excellent texte d’André Sanlaville correspond tout à fait à ma façon d’appréhender le sujet. Ce texte date des années 1970, mais les arguments donnés sont tout aussi valables en ce début de vingt-et-unième siècle. Les scientifiques et les illusionnistes en général, ainsi que les médias, n’en ont évidemment pas tenu compte. Pendant les décennies écoulées, ce sont les illusionnistes contestataires qui ont « squatté » les médias avec, notamment, de pseudo démystifications télévisées. Par exemple, la presse rationaliste (du style « Science et vie », sans oublier les publications « zététiciennes ») présente régulièrement l’illusionniste américain James Randi comme étant celui qui a démasqué Uri Geller, ce qui relève, en fait, de la désinformation et de la manipulation de l’opinion publique. Certes, James Randi a été un adversaire acharné d’Uri Geller, mais il n’a nullement démontré que ce dernier est un simple charlatan, contrairement à ce qu’a insinué la presse rationaliste sectaire (genre « Science et Vie », par exemple)… Comme je l’ai signalé plus haut, on sait qu’Uri Geller demandait aux téléspectateurs ou auditeurs de tenter eux-mêmes de réaliser les effets qu’il produisait sur la matière. Des milliers de témoignages ont ainsi été recueillis dans de nombreux pays, les témoignages les plus fiables concernant bien entendu l’action sur des ustensiles métalliques (car nombre d’actions sur les montres peuvent s’expliquer banalement).

Voici, outre André Sanlaville, les témoignages « positifs », à propos d’Uri Geller, de quelques autres illusionnistes :

On trouve, dans le livre référencé de Charles Panati, les attestations des illusionnistes William Cox, Leo Leslie, Artur Zorka et Abb Dickson.

William Cox avait apporté quelques clés, un miroir, et une montre dont le balancier avait été bloqué. L’une des clés était en acier épais et William Cox avait déterminé qu’une pression de vingt kilos était nécessaire pour la tordre.

« Il la plaça sur une table de verre dans le living-room de Geller et la tint avec un de ses doigts ; avec l’autre main, il tenait un miroir au-dessous de la table. Cette disposition lui permettait de surveiller l’objet sous tous les angles. Geller commença à frotter doucement le milieu de la clé. Une minute plus tard, la clé était courbée vers le haut et formait un angle d’environ douze degrés. (…) Cox rapporte qu’il tenait continuellement son doigt sur la clé et qu’à aucun moment il n’a senti la moindre pression exercée par Geller. » (C. Panati)

L’objet métallique a ainsi semblé défier de façon inexplicable la gravité en se tordant vers le haut.

Dans une autre expérience avec William Cox, Uri Geller s’est montré capable de faire fonctionner la montre dont William Cox avait entravé le balancier. Conclusion de William Cox à propos d’Uri Geller :

« S’il ne possède pas véritablement d’extraordinaires facultés psi, alors il est certainement plus doué que tout illusionniste professionnel deux fois plus âgé que lui – si mon expérience d’une quarantaine d’années dans les domaines de l’illusionnisme et de la parapsychologie constitue un critère suffisant. »

En juin 1975, deux illusionnistes professionnels, membres de la Société des Illusionnistes Américains, Artur Zorka et Abb Dickson, observèrent Uri Geller. En leur présence, ce dernier obtint les effets suivants :

1. L’éclatement en plusieurs fragments du manche de nylon d’une fourchette d’acier forgé (appartenant à Artur Zorka).

2. La reproduction précise de dessins adressés télépathiquement. Abb Dickson dessina des figures simples tout en surveillant le bruit du crayon sur le papier et le mouvement de son bras (bien qu’Uri Geller fût retourné). Après deux ou trois essais ratés, Uri Geller reproduisit les dessins.

Au début des expériences, Uri Geller ne savait pas qu’Artur Zorka et Abb Dickson étaient des illusionnistes (pas plus qu’il ne le savait pour William Cox).

« S’il l’avait su, il se serait peut-être révélé incapable de réussir la moindre expérience, comme cela a souvent été le cas. Geller affirme, en effet, qu’il doit avoir la confiance des personnes qui l’observent pour réussir. Selon lui, l’attitude des illusionnistes à son égard est négative. »

Artur Zorka et Abb Dickson conclurent leur rapport officiel à la Société des Illusionnistes Américains en défendant Uri Geller :

« Bien que nous puissions, en tant qu’illusionnistes, arriver à des résultats semblables par des moyens connus de nous seuls, nous devons affirmer, en nous fondant sur nos connaissances actuelles, qu’aucun trucage n’a pu être utilisé dans les conditions auxquelles Geller était soumis. »

En janvier 1974, Uri Geller se rendit à Copenhague et participa à une émission de télévision locale. Le producteur de l’émission fit appel à un illusionniste connu, Léo Leslie, « qui instruisit les membres de l’émission des éventuels tours de prestidigitation que Geller pourrait utiliser ». Léo Leslie croyait qu’Uri Geller utilisait des sels mercuriques pour amollir les objets métalliques avant de les tordre. Après l’émission, Léo Leslie se rendit avec Uri Geller dans une loge pour le tester. Uri Geller réussit à reproduire télépathiquement un dessin tracé par l’illusionniste. Léo Leslie avait donné une clé nickelée à Uri Geller, mais après l’avoir frottée plusieurs fois, alors qu’un journaliste danois la tenait par une extrémité, il déclara qu’il n’arriverait sans doute pas à la tordre. Léo Leslie prit la clé pour l’examiner.

« L’émail commença soudain à craquer et, une seconde plus tard, quelques fragments de nickel se détachèrent comme des épluchures de bananes jusqu’à ce que la clé finisse par se tordre dans ma main. »

Léo Leslie, qui a écrit un livre sur Uri Geller – livre infiniment moins connu, hélas, que ceux de James Randi et Gérard Majax -, considère qu’Uri Geller n’a utilisé aucune forme de prestidigitation :

« Geller n’a pu employer aucun trucage lors des expériences réalisées à Copenhague. En conséquence, je me fonde sur mon expérience d’illusionniste pour affirmer que Geller est un sujet psi authentique. » (18)

Vous pouvez trouver, sur le site Web d’Uri Geller, des déclarations d’illusionnistes dont certains ont reconnu la réalité de ses aptitudes psi :

www.urigeller.com

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3. Les soirées PK :

Le chercheur américain Dean Radin a écrit que l’on « ne s’est pas encore scientifiquement prononcé sur la réalité des torsions de métal et des déplacements de petits objets ». (19) Il n’en demeure pas moins que quelques expérimentateurs ont obtenu, en ces domaines, des résultats positifs… La citation de Dean Radin est extraite d’un livre publié en 1997 aux Etats-Unis. Or, le parapsychologue américain a ultérieurement assisté, en 2000, à une « soirée PK » au cours de laquelle il a lui-même tordu, par effet PK, un ustensile métallique ! J’avais découvert cette anecdote sur le site d’Uri Geller : www.uri-geller.com 51Jf8W7QjoL._SX320_BO1,204,203,200_Dans un autre livre : « Super pouvoirs. Science et yoga » (InterEditions, 2014), Dean Radin évoque le sujet en ces termes :

« Tordre mentalement des couverts ou des barres d’aluminium, c’est même devenu l’objet de tests informels lors des ‘fêtes de la PK(PK parties), des moments où on s’amuse à jouer à la PK. Concues par l’ingénieur en aéronautique Jack Houck, ces fêtes furent lancées à l’origine en réaction aux performances médiatiques de l’Israélien Uri Geller qui parcourait les plateaux télé dans les années 1970 pour ‘tordre des cuillères’ devant les caméras en affirmant que c’était de la psychokinèse. Ce phénomène a été étudié à quelques reprises dans des circonstances permettant un minimum de contrôle et, à mon avis, il semble qu’il y ait eu des résultats intéressants. Toutefois, puisqu’il existe tellement de façons subtiles de tordre des cuillères lorsqu’on pratique la prestidigitation, les preuves sont insuffisantes dans une perspective scientifique et le jury s’est donc prononcé contre.

Cela dit, si nous étions forcés de décider s’il était possible ou non de tordre du métal sans utiliser la force mécanique ou des méthodes de magicien, alors je dirais que oui, c’est possible. Je l’ai vu faire de près tant par des magiciens qui truquaient le phénomène que par des gens ordinaires qui ne trichaient pas. Et encore, si je devais décider en me basant seulement sur ces deux catégories d’observations, je serais encore dubitatif. Mais j’y suis également parvenu moi-même et je sais que ce que j’ai fait ne reposait pas sur un truc artificiel.

Voici ce qui s’est passé : je participais à l’une de ces fêtes de la PK avec la ferme intention de surveiller une femme qui affirmait avoir déjà plié l’arrondi d’une cuillère à soupe. Pour jouer le jeu, je tenais également dans ma main une grande et pesante cuillère à soupe, imitant les mouvements qu’elle faisait avec sa main afin de mieux ressentir ce qu’elle était en train de faire.

Alors que je la surveillais intensément, j’ai entendu quelqu’un crier : ‘Regarde ce que tu as fait !’ Je levai les yeux pour voir où ça se passait et quelqu’un me ft comprendre que c’était de moi qu’il s’agissait, de ce que j’avais fait. Je ne sais comment, mais l’arrondi de la cuillère que je tenais était plié à 90 degrés. J’ai immédiatement vérifié mes doigts pour voir si je n’avais pas inconsciemment utilisé ma force, car il aurait fallu un effort énorme pour créer cette pliure et que cet effort aurait laissé des marques claires sur mes doigts. Mais il n’y avait aucun signe d’une telle action.

Alors quelqu’un s’enthousiasma : Plie-là complètement !’

A ma grande surprise, l’arrondi de la cuillère était mou, comme du mastic. Je l’ai donc pincé entre mon pouce et mon index pour le plier manuellement. Après quoi, il se mit à se raidir et, en quelques secondes, il devint aussi dur comme l’acier. La cuillère était froide au toucher, la portion pliée était lisse et brillante, et il n’y avait aucun signe de fatigue du métal. J’ai toujours cette cuillère posée sur mon étagère ; elle se rit de moi à chaque fois que je lui jette un regard dubitatif, et me rappelle quelle étrange expérience j’ai eu la chance de faire et d’accepter quand tant d’autres l’auraient écartée.

Plus tard, j’ai fait un contre-test en essayant de plier manuellement le même modèle de cuillère sans endommager mes doigts ou mes mains. Je ne suis pas parvenu à la faire bouger malgré toute la force que j’y ai mise. Je suppose qu’il est possible que le métal se comporte étrangement dans certaines conditions qui pourraient être catalysées par leur maniement, mais je n’avais jamais vu un couvert agir de la sorte dans un usage aussi ordinaire, sans passer du froid glacial à une chaleur brûlante, ou d’une pression superficielle à une forte pression. Et je n’ai jamais été capable de répéter ce phénomène. Je ne peux donc pas expliquer comment cela s’est produit et je ne considère pas non plus qu’il s’agisse d’une preuve de macro-PK. Mais c’est arrivé. » (20)

On aura noté l’ambiguïté du raisonnement de Dean Radin : il a constaté, à la suite d’une expérience personnelle, que l’effet Geller était possible, mais il ajoute que la preuve n’existe pas d’un point de vue scientifique… Des chercheurs (Charles Crussard et Jean Bouvaist – à propos de Jean-Pierre Girard, l’émule français d’Uri Geller -, John Hasted – et ses travaux sur des enfants PK -,etc.) ont pourtant bien mis en évidence l’existence de ce type de macro-PK

Dean Radin a évoqué ci-dessus une « soirée PK » à laquelle il a participé. Le pionnier des « soirées PK » est l’ingénieur spatial Jack Houck, de la MacDonnell Douglas Astronautics Co. Avec l’aide de Severin Dahlen, métallurgiste professionnel, il a présenté de manière distrayante des expériences par ailleurs tout à fait sérieuses, ainsi que le note Guy Playfair. Il s’agit, lors de réunions, de pratiquer la psychokinèse, et plus précisément la torsion d’objets métalliques. La première du genre eut lieu le 19 janvier 1981 dans la maison californienne de Jack Houck, où ce dernier avait réuni vingt amis. Les invités s’assirent en cercle, pendant que Severin Dahlen lisait sa série d’instructions :

1. Concentrez-vous sur un point de votre esprit.

2. Intensifiez au maximum votre concentration.

3. Emparez-vous de ce point et faites-le descendre le long de votre cou, de votre épaule, de votre bras, à travers vos doigts, et faites-le pénétrer dans le métal à l’endroit où vous voulez que la cuillère se torde.

4. Ordonnez-lui de se tordre.

5. Relâchez-vous et laissez la cuillère se tordre.

On demanda aux apprentis PK de chercher à sentir les signes montrant que leur cuillère s’échauffait ou devenait molle. Quand ils apparaissaient, « il suffisait d’une petite quantité de force physique pour tordre le métal ».

A un moment donné, la fourchette que tenait un enfant de 14 ans s’est mise à se tordre toute seule.

« L’incident produisit chez les autres participants un ‘changement instantané de système de croyances’ : aussitôt qu’ils eurent acquis la certitude qu’on pouvait tordre le métal de cette manière, ils découvrirent que leurs cuillers et fourchettes s’amollissaient, parfois pendant une vingtaine de secondes, et qu’ils pouvaient les tordre aussi facilement que s’il s’agissait de pâte à modeler.

A la fin de la soirée, tout le monde était parvenu à tordre quelque chose, à deux exceptions près : une dame qui avait auparavant déclaré qu’elle ne voyait pas l’intérêt de la chose, et Houck lui-même, trop occupé à observer les autres pour pouvoir faire comme eux. » (G. Playfair)

Quatre ans après, Jack Houck avait dirigé 128 soirées PK, auxquelles plus de 5000 personnes avaient participé. Au milieu des années 1980, il y avait au moins 35 personnes dans le monde qui dirigeaient des soirées PK. Parmi celles-ci, il y avait Diana Gazes, de la télévision new-yorkaise. Le taux de succès à la première tentative de psychokinèse au cours de ses soirées avoisinait les 80 %. C’est Eldon Byrd qui lui a montré comment procéder après l’avoir lui-même appris d’Uri Geller. Dennis Stillings, dont la revue « Archaeus » a publié plusieurs articles techniques d’Eldon Byrd, Jack Houck et Severin Dahlen, découvrit aussi « que tordre le métal est chose aisée une fois que l’on maîtrise la préparation psychologique nécessaire ».

En 1983, une étudiante de l’Université John F. Kennedy d’Orinda (Californie) envoya des questionnaires à 800 personnes ayant participé à une soirée PK organisée par Jack Houck et Severin Dahlen. Elle reçut 311 réponses. Les trois quarts des personnes dirent avoir ressenti ce que Jack Houck appelait l’« effet d’échauffement ».

Au cours de ses soirées, Jack Houck utilisa aussi des graines qu’il s’agissait de faire germer. L’idée lui en avait été donnée par Eldon Byrd qui avait assisté à la démonstration d’Uri Geller à la télévision japonaise. Les « disciples » de Jack Houck réussirent à faire germer des graines de soja, et ce, en utilisant une méthode similaire à celle permettant de tordre le métal. Il est ainsi possible d’accélérer, par le psi, la germination de graines… (21)

Richard Broughton a évoqué, dans un livre publié en français aux éditions du Rocher, une soirée PK à Washington. (22)

Evoquons le témoignage de Jean Dierkens, professeur émérite des Universités de Mons et Bruxelles. Celui-ci a expérimenté, dans les années 1970, avec le sujet PK Jean-Pierre Girard. Dans un entretien avec le spirite Jacques Peccatte (responsable de la revue « Le Journal Spirite »), Jean Dierkens a apporté les précisions suivantes :

« L’année passée, nous sommes allés à un congrès de scientifiques en Californie où il y avait un groupe sur la psychokinèse, et le présentateur disait que nous sommes tous capables d’en faire autant. Les personnes présentes ont été invitées à en faire autant avec des objets métalliques par le moyen d’un ‘cri’, et pendant une seconde tous les objets devenaient mous. Ma femme et moi l’avons fait. Cela durait une fraction de seconde. Je me disais : cela a marché, et ensuite cela redevenait dur. Une dame pouvait même plier de grosses barres. Elle est allée en Italie, elle nous a écrit qu’au restaurant ou chez elle spontanément les fourchettes se courbaient. »

Jean Dierkens alla chercher un sachet contenant un ensemble de cuillères et de fourchettes tordues et torsadées, résultant de toutes les expériences qu’il a faites avec son épouse. (Il y a, dans la revue, plusieurs photos d’objets métalliques pliés.) Il précise que tout le monde a su faire cela :

« Pas nécessairement la première fois. Cela devenait tout mou pendant une fraction de seconde, et, quand on relâchait notre concentration, c’était fini. » (23)

Jean Dierkens a aussi évoqué ces expériences lors de son interview par Jean-Michel Grandsire :

« En ce qui concerne la torsion des métaux, j’avais laissé cela de côté après les expériences que j’avais faites avec Girard. Et puis un jour, alors que ma femme et moi assistions aux Etats-Unis à un congrès consacré aux états modifiés de conscience, nous avons rencontré quelqu’un qui expliquait que tout un chacun est capable de le faire. Christine et moi avons donc tenté l’expérience. C’est comme cela que nous avons tordu une dizaine de fourchettes en moins de trois-quarts d’heure. Nous pratiquions une technique de concentration orientale. Nous tenions la fourchette à la main, et puis, au bout d’un moment, nous sentions que l’énergie passait. Celui qui nous avait enseigné la méthode nous avait appris qu’à ce moment-là il fallait crier ‘Bengch’. Je ne sais si ce cri a une importance, ce qui est sûr c’est qu’il y avait une sorte de décharge d’énergie. Pendant une fraction de seconde, parfois une ou deux, le métal devient tout mou, nous pouvons en faire ce que nous voulons, et puis le métal reprend très vite sa solidité. Cela ne peut pas être un truc, ça se fait juste devant le pouce et ça ne dure que le temps très bref de la concentration. La première fois, sous l’effet de la surprise, nous avions stoppé le phénomène quasi instantanément… »

A la question : « Vous avez continué ces expériences ? », Jean Dierkens a donné cette réponse :

« Non, parce que je n’aime pas cela. Une Américaine, présente lors de ces expériences, et qui s’occupait de schizophrènes dans des ateliers de création artistique, faisait des choses incroyables, comme de tordre le creux d’une cuillère, ce qui est très difficile à faire… Elle était bouleversée par ses résultats, et puis elle est partie en voyage en Italie, et des phénomènes angoissants se sont déroulés autour d’elle. Elle voulait coudre et son aiguille se courbait. A table, alors qu’elle ne tentait aucune expérience, ses cuillères et fourchettes se pliaient. Elle ne désirait pas cela, les phénomènes se produisaient en dehors de sa volonté. Qu’arriverait-il, me demandait-elle, si je me trouvais en présence de personnes ayant un pacemaker ou une broche métallique ?

Cela m’a vivement interpellé et je suis arrivé à la conclusion qu’il fallait rester prudent. Je sais que le phénomène existe et je m’en tiens là. » (24)

Dans son livre sur les « espions Psi », Jim Schnabel évoque aussi les « séances PK ». Il évoque d’abord le sergent Leonard « Lyn » Buchanan, lequel se trouvait sur une base de l’INSCOM à Augsbourg, en Allemagne de l’Ouest. Un jour de début 1984, on demanda à Leonard « Lyn » Buchanan de faire une démonstration de logiciel, lequel devait aider à coordonner les ordinateurs des services de renseignement de l’armée dans tout son secteur de l’OTAN. Mais le programme « planta ». Il demanda à son collègue Stan Snyder si c’était lui qui avait tripoté son programme (ce qu’il faisait souvent). « Juste une petite modif », admit Stan Snyder. Au même moment, alors que la colère de Leonard « Lyn » Buchanan montait, le grand écran sur le mur devint blanc. Leonard « Lyn » Buchanan l’ignorait à cet instant – il le découvrit après -, mais des centaines d’autres ordinateurs sur le réseau plantèrent aussi. Ils n’auraient pas dû être affectés par le problème du logiciel de Leonard « Lyn » Buchanan, mais c’est pourtant ce qui se produisit. Cela prit des heures pour rallumer les ordinateurs.

« Buchanan avait sa propre théorie pour expliquer la faille de tout le système. Il pensait que des choses semblables lui étaient arrivées dans son enfance. Par exemple, un jour, il avait fait tomber un garçon de son vélo, une petite brute du voisinage, rien qu’en le regardant et en souhaitant que cela arrive. Il pensait que tout cela avait été extirpé de lui, des années auparavant au Texas, par les prêcheurs fondamentalistes de sa jeunesse qui ne voulaient rien avoir à faire avec ces démonstrations démoniaques. Mais pour quelque raison, pensait Buchanan, son étrange aptitude était revenue, ici à Augsbourg, dans un moment de colère. » (Jim Schnabel)

Un mois environ plus tard, un nouveau commandant fut installé sur la base d’Augsbourg. Ce général à deux étoiles était le major général Albert N. Stubblebine III. Leonard « Lyn » Buchanan fut convoqué dans le bureau du général. L’un des assistants d’Albert Stubblebine, qui se trouvait à Augsbourg lors de l’incident du réseau informatique, avait entendu certains officiers en parler et il s’était demandé, comme Leonard « Lyn » Buchanan, si la cause du phénomène n’était pas paranormale. Cet assistant savait que son patron cherchait des soldats manifestant des aptitudes psi, surtout psychokinétiques. Le général demanda à Leonard « Lyn » Buchanan si cela l’intéresserait de participer à un projet spécial qui lui permettrait d’exprimer ses dons, ce à quoi Leonard « Lyn » Buchanan répondit par l’affirmative. Un mois après, le commandant de l’unité de RV (vision à distance) de Fort Meade, qui était alors le lieutenant-colonel Brian Busby, arriva de Washington avec Joe McMoneagle. Quelques mois après, Lyn Buchanan rejoignit le programme de RV.

Le général Stubblebine parlait souvent des torsions de cuillères.

« Uri Geller avait popularisé l’idée de tordre des cuillères avec ses représentations du début des années 1970. Mais une décennie plus tard, la manifestation réelle du phénomène s’était elle-même répandue. Un consultant en matière de Défense de la côte Ouest, Jack Houck, organisait des ‘soirées de torsions de cuillères’. Au cours de celles-ci, des invités prenaient des cuillères – en fait, n’importe quel couvert faisait l’affaire – et se concentraient dessus en attendant qu’une torsion psychokinésique commence. Certains essayaient de brûler les étapes en pliant manuellement leurs cuillères. Dans tous les cas, les couverts se retrouvaient tordus et l’histoire se répandait. Rapidement, Stubblebine, Houck, John Alexander et d’autres furent à l’initiative de ‘soirées de torsions de cuillères’ dans toute la région de Washington.

Occasionnellement, des célébrités du monde du renseignement assistaient à ces petites réunions. Stubblebine, Alexander et une médium de leur connaissance en organisèrent notamment une vers 1983. John McMahon, devenu le directeur adjoint de la CIA, se trouvait là, en compagnie du général Thompson, désormais chef d’un directoire de la DIA. Quand le moment clé fut venu, quelqu’un fit une petite intervention pour expliquer comment provoquer les torsions de cuillères psychokinésiques. Puis les participants se rassemblèrent et se concentrèrent sur leurs cuillères et leurs fourchettes. Ils se concentrèrent et se concentrèrent, et se concentrèrent encore. Soudain, le petit garçon de l’une des personnes présentes – qui devait avoir environ douze ans – se mit à crier que sa cuillère se pliait. Brusquement, beaucoup d’autres couverts commencèrent à en faire autant. Le général Thompson vit sa propre cuillère se mettre à se tordre à l’endroit où il la tenait. Les deux extrémités pliaient vers le bas comme si l’objet fondait dans sa main. Celle de John McMahon suivait le même chemin. Quand la psychokinésie s’arrêta, la cuillère du directeur adjoint ressemblait vaguement à un tire-bouchon. En arrivant le lendemain au quartier général de la CIA, il parla de cette expérience à ses amis et assistants. Il leur montra même la cuillère et laissa Norm Everheart la ramener chez lui – où elle se trouve encore aujourd’hui. » (Jim Schnabel)

Pour Albert Stubblebine, la torsion de cuillères avait un rôle important à jouer dans l’organisation du renseignement militaire.

« Un week-end, des officiers supérieurs de l’état-major de l’INSCOM participèrent à une ‘retraite’ dans un centre de réunions de Xerox, près de Leesburg, en Virginie. Au programme de la retraite, il y avait notamment une démonstration de torsions de couverts. Quelqu’un tendit aux participants des cuillères et des fourchettes, et Stubblebine fit une courte allocution pour expliquer ce qu’il fallait faire. Puis vingt-cinq colonels et généraux sur les trente présents prirent des couverts et les fixèrent en attendant que quelque chose survienne.

A un moment, un colonel quelque peu sceptique se tourna vers un de ses collègues pour lui dire quelque chose. Au même instant, sa fourchette se mit brutalement à former un angle de quatre-vingt-dix degrés. Tout le monde le regarda. Sa fourchette revint à sa position initiale, puis se replia vers le bas, pour finalement se stabiliser selon un angle d’environ quarante-cinq degrés. Le colonel qui tenait la fourchette posa vivement l’objet en secouant la tête. Il était ostensiblement troublé. Chrétien, il devait plus tard dénoncer toute l’opération comme un tour du diable. Alexander conserva la fourchette. » (Jim Schnabel) (25)

 

4. Autres sujets PK :

Bien d’autres personnes ont montré leur capacité à générer des phénomènes comparables à ceux réalisés par Uri Geller. Beaucoup de ces sujets étaient des enfants. Voici par exemple le témoignage de la psychanalyste belge Christine Dierkens dans le numéro 97, daté de juin 2015, de « Parasciences » :

« J’ai connu et suivi un jeune garçon de 9 ans, très impatient et colérique, pour lequel sa mère emportait toujours une poignée de couverts ordinaires et bon marché, qu’elle lui passait lorsque, dans une situation sociale, elle voyait monter l’irritation et la tension chez l’enfant. Celui-ci prenait alors les couverts un par un, se concentrait, et on voyait ainsi se tordre cuillères et fourchettes. Au bout d’un certain temps de ce ‘jeu’ (!), l’enfant paraissait détendu et capable de supporter la prolongation de la situation. » (26)

Certains enfants PK ont été observés dans un contexte expérimental. Les rationalistes aiment citer quelques cas où des enfants se sont mis à tordre manuellement des objets alors qu’ils ne se croyaient pas observés. Se limiter à cela, cependant, c’est faire injure à la qualité de certains travaux réalisés par plusieurs chercheurs dont le Britannique John Barrett Hasted (1921-2002), alors professeur de physique expérimentale au Birbeck College de Londres. Dans son livre (non traduit en français) paru en 1981, « The Metal-Benders », il donne la liste suivante de ceux que les Italiens avaient appelé les « Gellerini » :

Italie : Paride Giatti (étudié par le physicien Bersani), Orlando Bragante (étudié par le docteur Aldo Martelli), Lucia Allegretti, Sandro Gasperini, Giovanni d’Emilio.

Israel : Ori Seboria (étudié par le docteur H. C. Berendt). Lorsque celui-ci visita l’Australie, des scientifiques du Caulfield Institute of Technology de Victoria s’intéressèrent au sujet et des enfants PK australiens furent découverts.

Danemark : Lisa.

Belgique : Bernard.

Suisse : Edith Aufdermauer.

Japon : Masuaki Kiyota, Hiroto Yamashita, Yasushi Murasawa, Makoto Hirota, Toro Osaki, Jun Sekiguchi, Seiyuri Tanaka, Satoshi, Masao et Koji.

Angleterre :

John Taylor avait répertorié au moins 38 sujets.

John B. Hasted a travaillé avec Nicholas Williams, Andrew G., Stephen North, Julie Knowles, Willie G., Mark Henry. John Hasted mentionne aussi ceux qui ont participé, avec succès, à au moins une expérience : Belinda H., Graham P., Richard B., David et Steven Nemeth, Susan Clarke, Clifford White, Alison Lloyd, Neil Howarth, Gill Costin, Kim Griffiths, Ian L. Il y a aussi ceux avec qui John Hasted n’a pas pu travailler : David Jefferies, Douglas Smith, Russell Jennings, Stephen Coates, Mark Shelley, Janet H., V. S. et Heidi Wilton.

Toujours en Angleterre, il y eut le cas de Matthew Manning qui, lorsqu’il était jeune (il est maintenant guérisseur), avait aussi la capacité de tordre le métal. Lors de sa visite au Canada, plusieurs chercheurs de la New Horizons Research Foundation de Toronto ont observé son action sur des objets métalliques.

John B. Hasted cite quelques adultes : Jean-Pierre Girard, Silvio Mayer, Christine Wilde, James Blevens (Wisconsin), Mrs T. W. (Detroit), docteur Rob Basto. (27)

John B. Hasted a pu obtenir, avec certains enfants, de véritables sculptures psychokinétiques, et ses globes transparents (avec une seule petite ouverture) sont bien connus. A l’intérieur, des spécimens métalliques (y compris des barres) étaient tordus et ne pouvaient plus être retirés. En sa qualité de physicien, John B. Hasted a procédé à des analyses détaillées que je ne peux pas développer ici.

En France, Yvonne Duplessis et Jean-Paul Bailly ont travaillé avec des jeunes, dont Frédéric (16 ans en 1976), qui ont pu produire des effets de psychocinèse sur éprouvettes métalliques. (28)

Jean-Paul Bailly a été présent le 28 mai 2016 à une Journée d’étude PK à l’Institut Métapsychique International, comme en témoigne le programme de cette journée détaillé dans une newsletter (reçue en mai 2016) de l’IMI :

Journée d’étude PK : « de l’observation à l’objectivation »,

Samedi 28 mai 2016

Avec Jean-Paul Bailly, Peter Bancel, Eric Dullin, Renaud Evrard et David Jamet

« L’Association des Amis de l’IMI vous propose une journée spécialement consacrée à la psychokinèse (PK). Plusieurs intervenants vont vous accompagner dans une découverte théorique, pratique et surtout ludique, d’une faculté latente loin d’être réservée à quelques-uns.

Probablement plus difficile à accepter que les perceptions extra-sensorielles, la possibilité que l’esprit imprime sa marque à la matière, inversant l’ordre établi par des siècles de matérialisme, continue à fasciner. Mais au-delà de cette potentialité fascinante, qu’avons-nous appris des personnes qui pensent faire l’expérience de la PK et des recherches qui tentent de la provoquer dans un cadre contrôlé ?

Durant cette journée d’étude, après un historique de l’étude du phénomène, l’accent sera mis sur l’expérience de la psychokinèse avec des tests pratiques accessibles aux participants sur différents processus impliquant la micro-PK (dispositifs employant des générateurs de nombre aléatoire). La macro-PK, visible à l’oeil nu lors de déformations de métaux, de mouvements d’objet ou d’impressions photographiques, ou la TK (télékinésie), ne seront pas laissées de côté, avec un retour sur les remarquables résultats obtenus durant les années 1980 à l’IMI.

Plusieurs moments seront consacrés à la discussion ouverte, permettant à chacun de partager son vécu et ses opinions.

Programme indicatif :

9 h 45 Introduction

10 h L’action transitive de l’esprit : histoire savante d’une capacité légendaire, par Renaud EVRARD

10 h 45 Macro-psychokinèse : expériences avec des adolescents (avec présentation d’objets déformés et de psycho photographies obtenus par PK), par Jean-Paul BAILLY

11 h 15 PAUSE

11 h 30 Exercices pratiques

12 h 15 Présentation du LAPDC (Laboratoire d’Anomalies Psychophysiques et Dissonances Cognitives) : De l’intégration de la question scientifique dans les pratiques communes de la télékinésie, par David JAMET

13 h PAUSE DEJEUNER (repas libre)

14 h 30 Micro-psychokinèse : des premiers jours au Global Consciousness Project, par Peter BANCEL

15 h 15 Exercices pratiques

16 h PAUSE

16 h 15 Mise en évidence scientifique d’effets macro TK semi-reproductibles et évaluation des énergies et forces TK en présence sur différents types d’objets en rotation, par Eric DULLIN

17 h De l’étude des croyances et de la cognition sur les effets télékinétiques, par David JAMET

17 h 30 Exercices pratiques

18 h Conclusion »

Deux sujets PK français ont fait parler d’eux : Jean-Pierre Girard et Jean-Marie Le Gall. Donnons quelques informations sur ces deux derniers cas :

 

a) Jean-Pierre Girard :

dedicaces Paris deb 2016Celui-ci a été le sujet de nombreuses expériences scientifiques. Il est l’auteur des ouvrages suivants : « L’effet G » (éditions Robert Laffont, 1981), « Methode d’auto-induction Psi » (éditions Alphecca LTD, 1996), « Psychic, ou le pouvoir de l’esprit sur la matière » (Filipacchi, 1996), « Encyclopédie du paranormal » (éditions Trajectoire, 2005), « Agir sur la matière » (Presses du Châtelet, 2005), « Encyclopédie de l’Au-delà » (2006), « Manuel de parapsychologie appliquée » (éditions Alphée, 2009)… Il a collaboré, par ses articles, à plusieurs revues : « Le monde de l’inconnu », « La revue de l’Au-delà », « Parasciences et transcommunication » (devenue « Parasciences »)… Dans les années 2000, j’ai été, à plusieurs reprises, en contact téléphonique avec l’auteur. La première fois, Jean-Pierre Girard m’avait contacté pour me remercier d’avoir parlé de lui dans un article de : « Le Journal Spirite ». C’est grâce à lui que j’ai eu, fin 2000, mon premier dossier dans la revue « Le monde de l’inconnu ».

Une Pk pour la formeJean-Pierre Girard a été, comme Uri Geller, très critiqué par les tenants de la « rationalité ». L’illusionniste Gérard Majax avait publié, dans son premier livre de prétendue démystification (« Le grand bluff », 1978), une photo de Jean-Pierre Girard extraite de l’« Annuaire des magiciens ». Cette photo fut reprise dans un article de « Science et vie », ainsi que dans le premier livre d’Henri Broch sur le paranormal. C’est un fait que Jean-Pierre Girard s’est intéressé, en amateur, à certaines pratiques de l’illusionnisme, mais cette particularité n’avait pas été cachée par celui-ci aux chercheurs ayant travaillé avec lui, ainsi qu’en témoigne l’article paru dans les « Mémoires scientifiques » de la « Revue de métallurgie » (février 1978, juste avant la parution du livre de Gérard Majax), article rédigé par Charles Crussard (de Péchiney-Ugine-Kuhlmann, Paris) et Jean Bouvaist (du Centre de Recherches Aluminium Péchiney, Voreppe). Les précautions nécessaires ont été prises pour éviter toute tentative de recours au trucage. On notera que l’article de Charles Crussard et Jean Bouvaist a été également publié, notamment, dans le premier livre de Jean-Pierre Girard. (29)

071tubewolkowskiParmi les autres expérimentateurs ayant travaillé avec Jean-Pierre Girard, il y a William Wolkowski, Jean Dierkens, Robert Tocquet (qui était aussi un prestidigitateur amateur) et Yvonne Duplessis, John B. Hasted, Yves Lignon (avec son « dé électronique »), les physiciens Scott Hill et Richard Dick Mattuck, etc.

Comme la plupart des sujets psi, Jean-Pierre Girard a occasionnellement fraudé. (On se rappelle de l’émission de Michel Polac en 1987.) Il s’est expliqué, à ce sujet, notamment dans son livre « Psychic ». (30) Ceci n’enlève rien au caractère démonstratif des nombreuses expériences réalisées, elles, en respectant un protocole expérimental, et ce d’autant plus que divers effets ont pu être mis en évidence au niveau de la structure des échantillons métalliques utilisés. Parmi les phénomènes produits, on peut citer (sans entrer, ici, dans les détails) :

La flexion d’éprouvettes métalliques.

Des changements de structure interne d’un alliage (augmentation ou amollissement de la dureté), les barres étant mises dans des tubes de verre scellés. (Amollissement de métal, équivalent à + 650 ° C, en tube de verre scellé…)

L’allongement (1,1 millimètre) d’une barre métallique. La reproduction mécanique de cet effet exigerait, par des moyens « normaux », une force supérieure à vingt tonnes. Il faudrait une température de + 900° C pour le reproduire thermiquement, la reproduction acoustique nécessitant un volumineux générateur à ultrasons… (31)

La modification, de façon permanente, de la mémoire de forme initiale d’un ressort en « Memometal ».

069JPGlevitLa lévitation d’un cylindre plastique.

Ajoutons que les illusionnistes André Sanlaville et Ranky ont témoigné favorablement en faveur de Jean-Pierre Girard (torsion de barres métalliques, etc.). (32) Consultez, à ce sujet, les livres de Ranky : « Le paranormal, de mes yeux vu » (éditions Trajectoire, 2006), « Encyclopédie du mystère » (éditions Trajectoire, 2012).

Jean Dierkens a constaté qu’il y avait un EEG typique chez Jean-Pierre Girard lors des psychocinèses. (33) Henri Broch déclare qu’une dissociation entre les activités du système nerveux central et des paramètres neurovégétatifs peut avoir lieu sans intervention « paranormale », ce qui a pu être constaté chez des parachutistes en chute libre (rythme alpha, accélération des pulsations cardiaques). Précisons cependant que Jean-Pierre Girard ne sautait pas dans le vide mais qu’il était tranquillement assis en train d’essayer de produire une psychocinèse, les modifications de l’activité électrique cérébrale et de l’activité cardiaque étant associées à l’effet PK produit.

On peut voir des séquences vidéo issues de la production « Reader’s Digest » vidéo TV pour NBC TV USA. Le protocole expérimental a été mis en œuvre, par la production, sous la directive d’experts illusionnistes, dont l’un a contrôlé le déroulement du tournage. Les barres, en fibres de carbone, ne pouvaient être tordues par la force humaine. L’argument du barreau « prétordu » et présenté sous des angles différents (présenté sur le Net comme LA solution de la PK) ne tient pas une seconde. NBC avait des caméras sur trois angles différents. Toute « prétorsion » aurait été immédiatement décelée. Par ailleurs, l’illusionniste que les Américains ont choisi en qualité d’expert est le président du CIEEPP (site : http://paranormal.blogspirit.com).

« Prosieben TV », grande chaîne satellite européenne (Allemagne, Autriche et Suisse), a réalisé un document (février 2008) sur des expériences de PK menées en France et à Berlin avec Jean-Pierre Girard :

Un laboratoire de physique des solides a évalué la force nécessaire pour plier un barreau (25 N.m Cm2 !) plié par effet PK. On voit aussi notamment, sur ce document, l’action PK sur un générateur aléatoire émetteur d’ondes acoustiques. L’illusionniste expert commis par la production s’est avéré incapable de donner une explication « magique » à l’effet produit, et il n’a pu reproduire lui-même, dans les mêmes conditions, une pseudo PK. La barre utilisée était constituée d’un matériau unique comportant une marque afin d’éviter toute substitution, avec quatre caméras numériques qui filmaient en permanence sous tous les angles… Une analyse complète du barreau a été faite par un laboratoire de métallurgie indépendant. La presse hydraulique a déterminé la force nécessaire pour effectuer le même pliage que Jean-Pierre Girard (qui n’a fait qu’effleurer la barre) : 25 Nm Cm2 ! (Référence : www.girard.fr)

J P GirardIl convient d’ajouter que lors des stages de développement de capacités psi réalisés par Jean-Pierre Girard, divers stagiaires ont produit des phénomènes de télékinésie et de pliage sur des barres de duralumin. Voici ce qu’on lit sur le site www.girard.fr :

« Ma récompense ? Lorsque des stagiaires produisent des psychokinèses significatives, voire spectaculaires : stage de décembre 2012 à Cogolin : Marie-Rose et Quentin ont produit des courbures sur barres en duralumin particulièrement résistantes. Les pliages obtenus équivalent à … plus de 30 daN à l’endroit de la courbure. Depuis que j’organise des stages, c’est le seul où le pourcentage de PK est aussi élevé : + de 80 % !!! »

Quelques exemples parmi d’autres :

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TF3-A003

« Sont-ils vraiment responsables à 100% de ces superbes démonstrations ? Dans un souci d’objectivité, l’on se doit de constater que lesdits stagiaires ne produisent des effets PK aussi significatifs qu’en ma présence et/ou dans le contexte des stages…. Quelle est la part qui revient à chacun ?

Des expériences en cours menées avec des sujets, hors ma présence, de télékinésies sous bocal de verre, ont été filmées dans le cadre d’expériences suivies par des observateurs scientifiques de diverses disciplines sous la férule d’un médiateur. Il s’agit d’un programme de recherche sur la psychokinèse, le L.A.P.D.C (Laboratoire des Anomalies Psychophysiques et Dissonances Cognitives). »

Ce dernier est un laboratoire transdisciplinaire spécialisé dans l’étude de la phénoménologie relative à la télékinésie. Il est constitué paritairement de scientifiques et de pratiquants bénévoles de la télékinésie. Le LAPDC développe une approche globale et concrète de la psychokinèse au travers d’expériences scientifiques encadrées par des chercheurs de haut niveau et des télékinésistes expérimentés.

« Si vous aussi, vous souhaitez contribuer à ce programme de recherche, par vos dons ou vos compétences, n’hésitez pas à vous faire connaître et contactez-nous par mail : david.jamet.lapdc@gmail.com »

 

b) Jean-Marie Le Gall :

ob_b7fbe7_contacts-avec-l-au-delaJean-Marie Le Gall (que j’ai eu au téléphone à deux reprises début 2016) est l’auteur de « Contacts avec l’Au-delà. Un médium témoigne » (éditions Lanore, 2006), dont une édition revue et augmentée doit paraître en 2016. Il relate dans ce livre les phénomènes paranormaux qui ont jalonné sa vie : manifestations de clairvoyance et de clairaudience, contacts avec l’Au-delà (écriture automatique avec messages, etc.)… Il s’est engagé dans la voie thérapeutique en tant que magnétiseur-naturopathe et consulte aussi en tant que médium. Ce qui nous intéresse ici, cependant, c’est son aptitude à la psychokinèse :

En 1974, Jean-Marie Le Gall vit une émission dans laquelle Uri Geller avait demandé aux téléspectateurs à essayer de faire comme lui. Bien que n’ayant obtenu aucun résultat, un peu plus tard, alors qu’il venait d’éteindre la lumière pour s ‘endormir, il entendit distinctement une voix lui dire : « Toi aussi, tu feras ce qu’il fait, et, en son temps, tu le rencontreras. »

Ayant revu une émission télévisée consacrée à Uri Geller, Jean-Marie Le Gall s’évertua, dans les jours qui suivirent, à concentrer son esprit sur des montres et des cuillères.

« A la fin d’un repas, la conversation tourna autour d’Uri Geller. Pour m’amuser, je pris une cuillère à soupe et la caressai doucement du bout des doigts. Je fus subitement pris de frissons et mon cœur s’accéléra : sous mes yeux, la cuillère devint semblable à de la guimauve et se tordit lentement, à la stupéfaction générale, car l’ustensile était en argent massif, donc très robuste. Je recommençais avec une petite cuillère, et le même phénomène se reproduisit, en même temps qu’un grand craquement se fit entendre dans le vaisselier. En ouvrant les tiroirs, nous constatâmes que de nombreux couverts s’éteint tordus, à distance. Cette fois-ci, je fus enthousiasmé par ce qui venait d’arriver (…). » (J.-M. Le Gall)

Devant ses cousins, il tordit plusieurs cuillères et fourchettes, mais le résultat n’était ni constant, ni régulier.

« Une fourchette, notamment, se montra particulièrement rétive. De dépit, je l’abandonnai sur la table et lorsqu’une ou deux heures plus tard je revins dans la pièce, je la retrouvai pliée à angle droit !

Lorsque Claude voulut la redresser, il remarqua qu’elle s’était aussi allongée. »

Le phénomène d’étirement du métal fut constaté en 1977 par deux physiciens (sur une barre d’aluminium), des effets analogues ayant été constatés en 1978 par deux scientifique sfrançais (Charles Crussard et Jean Bouvaist) en étudiant les effets produits par Jean-Pierre Girard.

La cousine de Jean-Marie Le Gall plaça ses mains au-dessus d’une cuillère posée sur la table, et Jean-Marie appliqua les siennes sur le bras de sa cousine. Au bout de quelques minutes, la cuillère se tordit. Un peu plus tard, Jean-Marie Le Gall réitéra la même expérience avec Paulette Viennot (une amie de son oncle décédé) : il appliqua ses mains sur la tête de celle-ci, alors que cette dernière tenait une fourchette. Paulette Viennot ressentit des picotements jusqu’au bout des doigts et l’ustensile commença à se tordre.

En janvier 1980, Jean-Marie Le Gall participa à l’émission « Mi fugue, mi-raison », co-animée par Alain Bougrain-Dubourg et Patrice Laffont. Ce jour-là, le thème de l’émission était la parapsychologie. Jean-Marie Le Gall devait tenter une expérience de psychokinèse. Alain Bougrain-Dubourg, qui avait lu le livre de Jean-Paul Bourre et avait été intéressé par l’histoire de Jean-Marie. Le tournage eut lieu à l’abbaye de Mortemer (Eure). Patrice Laffont signala que son torticolis avait disparu. (Quelque temps auparavant, Jean-Marie Le Gall, qui a aussi des capacités en magnétisme, lui avait appliqué les mains sur les vertèbres cervicales…)

Jean-Marie Le Gall retroussa ses manches jusqu’aux coudes. Deux fourchettes identiques, dont l’une servait de témoin, étaient disposées sur la table, celles-ci ayant été choisies au hasard et au dernier moment.

« Je commençai à caresser l’une d’entre elles du bout des doigts. Le phénomène tardait à se manifester, puis subitement je sentis une vive accélération de mon rythme cardiaque. La fourchette se tordit alors. L’un des cameramen effectua un zoom et l’expérience réussie fut commentée par les journalistes. » (J.-M. Le Gall)

C’est à la suite de cette expérience télévisée que Jean-Marie Le Gall put prendre des contacts avec Yves Lignon et Jean Dierkens pour de futures expériences.

Une amitié avait lié Jean-Marie Le Gall à un professeur qui avait travaillé au lycée où le premier occupait, dans la banlieue parisienne, un poste d’agent de laboratoire. Lors d’un dîner chez ce professeur, à Rambouillet, Jean-Marie s’est livré à quelques expériences. C’est en 1978 que le professeur de physique a connu Jean-Marie Le Gall. Lors de la soirée du dîner chez le professeur, fin 1982, c’est une fois le repas terminé que Jean-Marie Le Gall plaça ses mains à une dizaine de centimètres au-dessus d’une cuillère à dessert posée sur la table. Le professeur fit le constat suivant :

« Nous notâmes chez Jean-Marie les symptômes d’un grand effort physique : transpiration, accélération des pulsations cardiaques au-delà de 100/minute, et nous vîmes la cuillère se tordre. L’expérience se déroula en plusieurs temps car il éprouva le besoin de se ménager des moments de répit. Lorsqu’il décida d’arrêter, le manche faisait un angle d’environ trente degrés avec sa position initiale. »

Une petite table basse fut ensuite installée dans la pièce pour une séance de spiritisme. Un véritable dialogue put s’instaurer avec l’esprit allégué, mais les messages furent démentis par les faits. Ainsi, la table déclara que le fils, alors âgé de deux ans, allait devenir un danseur professionnel et ferait carrière au Covent Garden de Londres. Or, le fils, qui n’a jamais manifesté le moindre intérêt pour la danse, est devenu un étudiant en mathématiques… S’agissait-il d’un esprit facétieux ou d’une manifestation du subconscient ?

Puis la table se mit à frapper des coups correspondant aux lettres CUIL, ce qui correspondait à CUILLERE. Le mot prononcé, la table donna un coup très fort. On vit alors la cuillère qui continuait à se tordre toute seule. Cette fois, la déviation du manche avec la position initiale était de quarante degrés.

Fin 1982, Jean-Marie Le Gall a été invité au laboratoire du professeur Jean Dierkens, à Mons (Belgique). Au programme : expériences de psychokinèse, de magnétisation de l’eau, de psychométrie.

On remit à Jean-Marie une enveloppe cachetée contenant un objet. La description du contenu de l’enveloppe correspondit, à peu de choses près, à la photo qui y était contenue.

Le lendemain, des électrodes furent mises sur la tête de Jean-Marie. On présenta à ce dernier une barre qui avait été déjà tordue par le sujet PK Jean-Pierre Girard :

« Je tenais l’objet uniquement de la main gauche, ma main droite étant sur ma poitrine. Je sentis mon pouls et ma respiration s’accélérer très rapidement, signe qu’il allait se produire quelque chose. En effet, la barre devint molle et se plia toute seule, sous l’effet de la pesanteur. Cela dura dix à vingt secondes, au bout desquelles je sentis que j’allais m’évanouir. Mlle DIERKENS me plaça alors quelques aiguilles d’acupuncture et me donna de la nourriture sucrée accompagnée d’un stimulant, l’expérience m’ayant vraiment beaucoup secoué. » (J.-M. Le Gall)

Jean Dierkens prit des photos.

Une fois remis de sa fatigue, Jean-Marie Le Gall tenta de magnétiser de l’eau en bouteille. On arrosa des plantes avec celle-ci. Ces plantes se trouvèrent inhibées dans leur développement.

220728_11a92fe565f84b94a92b5b72af2364afLes expériences en laboratoire se poursuivirent à Toulouse avec le statisticien Yves Lignon. A cette occasion, Jean-Marie Le Gall parvint à influencer un générateur (le « dé électronique » inventé par l’ingénieur Mabillau). Cette action s’est aussi exercée sur un détecteur de secousses telluriques :

« Je m’installai devant l’appareil et passai les mains sur l’éprouvette en verre (je n’avais donc aucun contact avec le filament métallique). Je sentis mon rythme cardiaque s’accélérer et je prévins mon entourage que quelque chose allait se passer. En effet, l’aiguille du vumètre se déplaça brusquement, par saccades, vibra. Je relâchai un peu ma tension physique et l’aiguille revint à son point de départ. Puis je réitérai deux fois mon ‘exploit’. » (J.-M. Le Gall)

Cette expérience sur le détecteur a été relatée dans le livre de Jacques Perzelin : « Branché psy », et dans un article de « France Soir » du 8 avril 1986. Dans « France Soir », on lit ainsi, à propos de Jean-Marie Le Gall, que ce dernier avait la particularité « de faire réagir très fortement un détecteur de secousses telluriques en posant la main dessus, alors qu’un violent coup de poing ne fait pas osciller son aiguille ».

En novembre 1986, Jérôme Bony, alors animateur de l’émission « C’est la vie » (Antenne 2), prit contact avec Jean-Marie Le Gall. L’animateur, qui avait entendu parler de ce dernier par Yves Lignon, faisait alors un reportage sur le thème de la parapsychologie. Lors de l’émission, Jean-Marie Le Gall tenta à nouveau de faire osciller l’aiguille du vumètre du détecteur de séisme, mais ses premiers essais furent infructueux. Puis Jean-Marie saisit une cuillère qui se tordit en quelques secondes.

« Le cameraman, pris de cours, n’eut pas le temps d’enclencher le moteur. Il fallut recommencer. L’impulsion était donnée, j’avais confiance. Je pris une seconde cuillère. Je sentis soudain mon rythme respiratoire s’accélérer et l’on put voir l’ustensile se ramollir nettement. Jérôme BONY constata par lui-même la différence entre les cuillères. Je sentis alors que j’étais ‘à point’ pour renouveler mon action sur le détecteur. Je me concentrai et, sous les yeux de l’assistance, l’aiguille oscilla très nettement. J’étais épuisé par l’effort, mais heureux. » (J.-M. Le Gall)

Quelque temps après, Jean-Marie Le Gall reçut une invitation pour participer à l’émission de Michel Polac consacrée à Uri Geller. (Voyez plus haut à propos de cette émission de mars 1987 sur TF1.) Juste avant l’émission, il retrouva le professeur Dierkens et il fit aussi la connaissance, notamment, de Jean-Pierre Girard et de l’ingénieur en métallurgie Charles Crussard. A la fin de l’émission, il eut juste le temps de remettre à Uri Geller le dossier de ses expériences. Dans les jours qui suivirent, l’attaché de presse de ce dernier téléphona à Jean-Marie Le Gall car Uri Geller désirait le rencontrer.

« L’entretien eut lieu à la Foire aux livres qui se tenait à côté du Grand Palais. Nous pûmes échanger quelques mots grâce à un interprète. Uri GELLER était sympathique, avenant, simple, et ne cherchait pas à imposer son point de vue. Il m’encouragea à poursuivre mes recherches. Nous nous quittâmes sur une franche poignée de mains, en espérant que nos destins se croiseraient à nouveau… » (J.-M. Le Gall)

En juin 1995, Jean-Marie Le Gall fut présent sur le plateau de l’émission de Jacques Pradel : « L’odyssée de l’étrange ». Il y fit connaissance de l’illusionniste Ranky :

« En me rendant sur le plateau, je rencontrai l’illusionniste RANKY, qui devait lui aussi participer à l’émission en se livrant à une psychokinèse par de la prestidigitation. Cela m’effraya car j’avais peur d’être amalgamé, au vu de la présence de l’illusionniste, à un truqueur habile en mal de sensations. Et on risquait aussi de semer le doute dans l’esprit des téléspectateurs.

Jacques PRADEL comprit mes réticences et m’assura qu’il ne m’avait pas invité pour me ‘coincer’, mais tout au contraire pour exposer mes expériences en laboratoire. Et RANKY, loin d’être hostile à la parapsychologie comme certains de ses confrères, m’affirma que s’il était capable de réaliser une psychokinèse par trucage, il était prêt également à reconnaître la validité d’expériences de psychokinèse sans trucages. Cela me rassura. » (J.-M. Le Gall)

Avant l’enregistrement de l’émission, Jean-Marie Le Gall revit Yves Lignon et son collaborateur Richard Danier. Yves Lignon l’invita à réaliser une psychokinèse sous contrôle scanner, puisque le statisticien disposait alors du matériel nécessaire, mais Jean-Marie déclina l’offre car jouer les « cobayes » ne l’intéressait plus, préférant s’orienter vers la spiritualité et la guérison d’autrui grâce à ses dons. A la fin de l’émission, Jacques Pradel invita Ranky à se prêter à une manipulation d’illusionniste pour tordre une barre de métal. Ranky précisa qu’il avait déjà assisté à des expériences de torsion de métaux sans trucages.

« C’est alors que l’animateur se tourna vers moi, évoquant notre rencontre en 1978, à l’époque d’expériences de cuillères tordues… dont il avait conservé quelques trophées. Je citai mes travaux avec le Pr. DIERKENS et Yves LIGNON, et je soulignai que j’avais cessé définitivement ce genre de démonstration. Je voulais, dorénavant, utiliser mes capacités médiumniques à des fins plus positives et constructives.

L’émission prit fin et Jacques PRADEL me remercia d’être venu témoigner en public sur cette période de ma vie. Mon temps de parole avait été très court, mais j’avais pu dire l’essentiel. » (J.-M. Le Gall)

En 2005, Jean-Marie Le Gall alla s’installer dans le Sud-Ouest en tant que naturopathe-magnétiseur-médium. Lors d’une journée sur l’environnement et le développement durable, il fit une conférence sur le thème de la naturopathie. Après avoir tenu un stand, ils passèrent à table. Alors qu’il tenait une fourchette dans les mains, ses amis lui demndèrent s’il voulait bien tenter une torsion de fourchette devant eux.

« Après un moment d’hésitation, tout en les avertissant que je ne garatissais aucun résultat, je commençais l’expérience, la considérant comme un amusement. Tout en tenant la fourchette par un bout, je la caressai, à un endroit précis, dans un premier temps entre deux doigts, puis sur le dessus uniquement.

Au bout de quelques minutes, sous les regards étonnés, la fourchette commença à plier. Plus la fourchette pliait, plus ce phénomène insolite occasionnait des rires chez mes amis. La serveuse qui amena le café vit la fourchette tordue sur la table devant moi et demanda qui s’amusait à tordre les fourchettes ainsi.

Après son départ, je repris l’expérience. François, un de mes amis, s’arma de son caméscope pour filmer la suite de l’expérience : je caressai le dessus de la fourchette, l’effet PK reprit, la torsion s’accentua une nouvelle fois, jusqu’à former un angle de 90°. » (J.-M. Le Gall)

La photo de la fourchette pliée se trouve page 92 de l’édition de 2006 du livre de Jean-Marie Le Gall. On trouve aussi le compte-rendu (daté du 6 septembre 2005) de Marie-Christine, l’amie (que l’on voit page 94 avec la fourchette) qui a conservé cette fourchette en inox. Cela s’est passé le 21 mai 2005 à Plaisance-du-Gers.

« Mon mari, très costaud des mains, essaya, le soir même, de redresser la fourchette pour la ramener à sa forme initiale. Il me dit ensuite qu’il aurait pu la redresser, mais en forçant vraiment très fort. Or, nous n’avons jamais constaté que notre ami avait forcé sur cette fourchette au cours de son expérience, bien au contraire : à peine plus qu’un effleurement ! » (Marie-Christine)

En 1976, à la suite du décès de son oncle, Jean-Marie Le Gall a bénéficié d’une communication spirituelle par le procédé de la « table tournante » et celui de l’écriture automatique. Il y eut, en sa présence, des déplacements d’objets, la torsion – involontaire ou volontaire – de métaux (fourchettes, cuillères, couteaux), des phénomènes de « poltergeist » (coups frappés dans les murs de l’habitation, sans présence visible décelable). Il fit des expériences sur le générateur électronique aléatoire créé par l’ingénieur Pierre Janin.

C’est en 1978 qu’est paru le premier article sur Jean-Marie Le Gall, dans la revue « L’Autre Monde », avec un dossier sur les enfants psi, cet article ayant été rédigé par Jean-Paul Bourre. Jean-Marie Le Gall a fait à cette occasion une expérience PK dans les locaux de la revue.

La première émission télévisée de Jean-Marie Le Gall remonte à 1980, sur Antenne 2, dans le cadre de l’émission « Mi-fugue mi-raison » animée par Alain Bougrain-Dubourg et Patrice Laffont. Lors de cette émission, on procéda à une expérience de PK sur une fourchette sous le contrôle de Jacques Rubinstein et de Brigitte Simonetta (collaboratrice d’Alain Bougrain-Dubourg), laquelle a conservé la fourchette. (34)

Dans le numéro 70, de l’été 2008, de la revue « Parasciences », Jean Riotte a relaté ce qu’il a vécu lors de sa rencontre, le 19 février 2006, avec Jean-Marie Le Gall, à la suite d’une journée de congrès à Quimper. Diverses personnes se sont ainsi retrouvées pour dîner dans une brasserie traditionnelle sur la rive de l’Odet.

« Les conversations s’animent et, très vite, alors que l’une des intervenantes de l’après-midi, installée en face de Jean-Marie, lui fait une remarque gentiment ironique, j’invite celui-ci à se venger en tordant sa fourchette par effet ‘psi’. C’était évidemment une boutade car je ne croyais pas du tout à la possibilité d’un tel pouvoir de sa part, dans les conditions d’impréparation psychologique et de décontraction complète de ce début de soirée. » (J. Riotte)

Les couverts, faits d’un alliage argenté et de marque « Degrenne », étaient robustes, leur tige n’étant pas de nature à être déformée aisément, « même par une puissante torsion ». Réagissant à la proposition de Jean Riotte, Jean-Marie Le Gall a répondu qu’il avait déjà fait cela dans des circonstances imprévues et qu’il pouvait donc tenter l’expérience.

« Et, se saisissant aussitôt de ma fourchette à sa droite, qu’il me prie de tenir horizontalement au-dessus de la table par la base du manche, il commence à passer son index droit au-dessus de celle-ci. Les mouvements de va-et-vient de son doigt au-dessus de ce couvert et sur la longueur de celui-ci, sont lents et réguliers. (…)

Moins d’une minute plus tard, je vois clairement ma fourchette entamer légèrement mais distinctement, en son centre (…), un affaissement incontestable : la ‘fourche’ proprement dite commence à basculer vers le bas. » (J. Riotte)

La fourchette a continué de se courber de plus en plus vers l’avant, alors que Jean-Marie Le Gall ne l’a même pas touchée un instant. Comme la main de Jean Riotte bougeait un peu, Jean-Marie Le Gall conseilla à celui-ci de poser la fourchette sur la nappe, en la replaçant à gauche de son assiette. La fourchette, « posée ‘ventre en l’air’, à plat sur la table, accuse en son tiers central un bombement du ‘torse’ improbable », les deux zones opposées de la courbure étant presque à angle droit.

« Jean-Marie retire alors sa main et, à la stupéfaction accrue de l’assistance, la fourchette continue doucement de se tordre un peu plus encore, seule sur la table ! Elle arrête enfin son mouvement de torsion quelques dizaines de secondes plus tard. » (J. Riotte)

Jean Riotte proposa de donner la fourchette au président de l’association invitante à ce congrès. Puis il invita discrètement Jean-Marie Le Gall, qui accepta, à faire une nouvelle tentative PK sur une autre fourchette qui lui serait dédiée. Le résultat fut aussi impressionnant qu’auparavant.

Une autre participante ayant sollicité une psychokinèse, Jean-Marie Le Gall s’est saisi d’une troisième fourchette. Après un début de torsion rapide, la bénéficiaire et sa voisine de table dirent se sentir mal à l’aise et oppressées. Leur visage était pâle, le bras de l’une d’elles étant ankylosé. Jean-Marie Le Gall stoppa aussitôt son expérience et alla aux lavabos « pour arrêter l’énergie fautive par une bonne irrigation d’eau froide ».

Jean Riotte s’aperçut que sa montre n’affichait que 19 h 10, soit seulement quelques minutes après le début du dîner. Sa montre fixée au poignet de sa main gauche, celle qui a tenu successivement les fourchettes durant les 45 minutes écoulées, s’était donc bloquée dès le début des expériences ! (35)

En 2008, Jean-Marie Le Gall a participé à une émission télévisée sur Direct8. Voyez son site : www.jeanmarielegall.com

JM Le Gall ET Nathalie stage Biarritz 2014 

 

 

 

 

 

 

 

 

IV. « The Successor », « Phenomenon », etc. :

Après avoir fait parler de lui, en 2006, pour ses tentatives d’acquisition d’une maison d’Elvis Prestley, Uri Geller a, fin 2006/début 2007, été à l’origine d’une nouvelle polémique, celle-ci étant consécutive à un show de la télévision israélienne dont il était la vedette : « The Successor ». Le principe de cette émission était, en quelque sorte, de lui trouver un « successeur ».

Le 20 janvier 2007, Ron Bousso a rédigé un article (http://fr.news.yahoo.com) intitulé : « Les magiciens israéliens se déchirent sur le cas Uri Geller ». On y lit que le programme télévisé lancé par Uri Geller a battu des records d’audience (plus d’un million de personnes, ce qui représente 40% de parts de marché). L’auteur du texte se demande si Uri Geller est doté de « pouvoirs surnaturels » (sic) ou s’il n’est qu’un charlatan avide de gloire. « Je ne suis pas un magicien et je ne l’ai jamais été », a insisté l’Israélien à l’occasion d’un entretien accordé à l’AFP dans un hôtel de Tel-Aviv.

« Célèbre depuis les années 1970, l’animateur de télévision ne se contente pas de tordre les petites cuillères sans les toucher. Il prétend avoir bloqué les aiguilles de Big Ben à Londres et localisé des gisements d’or ou de pétrole.

Ses activités ont toujours suscité des polémiques et, en 1973, des tests médicaux ont même été menés sur lui sans donner de résultats satisfaisants.

Cet homme richissime, qui vit aujourd’hui près de Londres, préfère garder ‘le mystère’ sur ses ‘pouvoirs’. ‘Quand j’étais jeune, je disais que j’avais des pouvoirs surnaturels, aujourd’hui je préfère laisser les gens se faire leur propre idée’, dit-il. » (Ron Bousso)

Les illusionnistes israéliens opposés à Uri Geller n’ont pas tardé à réagir. Dandi Asraf a ainsi déclaré que le programme télévisé est divertissant mais qu’il ne s’agit évidemment que de tours et d’astuces. Un autre « magicien », Eliron Toby, trouve « triste qu’un tel homme ait pu duper tant de gens pendant tant d’années », et selon lui l’émission pourrait « faire du mal aux gens qui veulent croire que Geller peut les aider ou les soigner ». Face à ce risque, lit-on, la Société israélienne des magiciens a décidé de se réunir « la semaine prochaine » pour décider des mesures à prendre. La présidente Dalia Peled a été vivement prise à parti par James Randi qui lui a écrit que si elle croit qu’Uri Geller a des pouvoirs magiques (sic), elle devrait consulter des livres de magie pour enfants. Mais si elle comprend « qu’il s’agit de tours », James Randi trouve que son comportement n’est pas éthique et qu’il nuit à la profession. Celle-ci a répondu à James Randi que la Société des magiciens « croit et espère que le public a compris qu’il s’agissait d’un programme de divertissement et que les actions réalisées dans l’émission n’étaient pas le résultat de pouvoirs surnaturels ».

Ron Bousso écrit que la controverse aurait plutôt tendance à satisfaire Uri Geller. Ce dernier a dit que « quelqu’un qui peut susciter la polémique est génial »

« Les cyniques et les magiciens qui ont pris position contre moi ont fait un travail qui vaut des millions. Uri Geller est encore plus mystérieux. »

Il est vrai que l’émission d’Uri Geller (avec ses suites dans divers pays) ne constituait qu’un divertissement, la plupart des prestations des candidats ayant davantage relevé du « mentalisme » que du « paranormal ». Les détracteurs du dossier Geller méconnaissent cependant l’historique de l’effet Geller et sous-estiment le caractère probant des divers éléments développés plus haut : les témoignages de personnes ayant constaté, dans leur entourage, des torsions d’objets métalliques à la suite d’émissions télévisées ou radiodiffusées, les témoignages positifs de certains illusionnistes, les « séances PK », l’étude de sujets présentant les mêmes capacités qu’Uri Geller.

Après « The Successor », Uri Geller a « expatrié » son « show » aux Etats-Unis (sur la chaîne NBC), le titre étant cette fois-ci : « Phenomenon ». L’émission a débuté le 24 octobre 2007 et s’est achevée en novembre 2007. Disons tout de suite que les candidats n’avaient aucune faculté psychique, leurs prestations ressortissant du domaine du mentalisme et de l’illusionnisme. Un seul candidat, Jim Callahan, qualifié de « paranormalist », disait pouvoir entrer en contact avec des « morts ». Il y a eu une altercation entre Jim Callahan et Criss Angel. Ce dernier, qui jugeait les candidats avec Uri Geller, est un illusionniste, bien connu outre-Atlantique, qui a mis au défi Jim Callahan en lui disant de lire le document qu’il tenait entre les mains. Il partait du principe que si Jim Callahan pouvait communiquer avec l’Au-delà, il pouvait aussi lire le contenu de ce document. Il s’agit en fait d’un argument fallacieux car un « canal » n’est pas nécessairement capable de clairvoyance ou de télépathie. Ce qui ne veut pas dire, non plus, que la prestation de Jim Callahan était authentique ! Je suis allé faire un tour sur le forum de l’émission. Il y avait bien sûr beaucoup d’intervenants aux propos inintéressants. Des individus ont notamment ressorti l’échec, dans les années 1970, d’Uri Geller au « Tonight Show ». Le « psychic » a aussi été traité de « liar » (ainsi que, notamment, la médium américaine Sylvia Browne). Les membres de ce forum ne faisaient, à vrai dire, que refléter l’ignorance et l’incompétence de la grande majorité des gens en matière de « recherche psychique ». On aura par ailleurs compris le pourquoi de la présence de l’illusionniste Criss Angel (par ailleurs hostile au paranormal) dans la version américaine de l’émission d’Uri Geller : il fallait assurer à celle-ci une audience suffisante, l’illusionniste Criss Angel ayant beaucoup de « fans énamourés »…

Dans une émission, un candidat a tordu une cuillère et un panneau de signalisation (sur le plateau)… Il s’agit de Guy Bavli, devenu ensuite célèbre. Dans la version hollandaise de l’émission, on a vu un « dîner paranormal » comprenant la torsion de couverts métalliques.

La version allemande du « show » d’Uri Geller (en anglais : « The Next Uri Geller« ) a débuté le 8 janvier 2008, cette version ayant été suivie par la version néerlandaise (en anglais : « The New Uri Geller« ). La version hollandaise s’étant achevée en mars 2008, elle a été immédiatement suivie de la version hongroise, puis, en avril 2008, de la version turque. La version russe a commencé le 22 août 2008. Si les prestations des candidats n’avaient pour la plupart aucun rapport avec le vrai « paranormal », on a notamment pu voir les interventions suivantes d’Uri Geller :

Dans l’émission allemande du 15 janvier 2008, Uri Geller a proposé une tentative de « table tournante ». Sur le plateau, trois groupes de quatre personnes avaient, chacun, les mains placées sur une petite table… Dans l’émission allemande du 22 janvier 2008, tout le monde avait, dans le public, un ustensile métallique (fourchette ou cuillère) – il s’agissait, évidemment, d’essayer de produire, avec celui-ci, un effet PK -, et Uri Geller a lui-même brisé un ustensile métallique après avoir « caressé » celui-ci dans sa partie la plus étroite. Dans une émission de la version néerlandaise, il a proposé aux téléspectateurs de remettre en marche une montre qui ne fonctionnait plus. Il a lui-même remis en marche plusieurs montres, et des téléspectateurs ont téléphoné au standard pour évoquer les effets « psi » constatés chez eux.

Début 2009, il y a eu une deuxième saison du « show » en Hollande et en Allemagne. Une version grecque a débuté le 24 octobre 2009.

On notera que la chaîne française « TF1 » a diffusé le 10 novembre 2007 une émission intitulée « Qui sera le prochain… spécial paranormal ». Il n’y avait pas une once de « paranormal » dans ce programme, lequel a fait concourir des apprentis illusionnistes. Le sous-titre est donc totalement inadéquat. Le principe était cependant le même que celui de l’émission d’Uri Geller. Dans le cas de la version française (présentée par Christophe Dechavanne), des candidats exhibaient leur talent d’illusionniste et étaient notés (et éliminés jusqu’au gagnant) par un jury composé de six individus (trois professionnels et trois qui n’étaient pas des professionnels). L’impression d’un plagiat de l’émission d’Uri Geller est renforcée par le fait qu’un « candidat » (qui par ailleurs est passé « à la trappe », c’est-à-dire qu’il a été éliminé) a tordu deux fourchettes. Avant ce numéro de parodie de l’effet Geller, l’animateur, Christophe Dechavanne, a déclaré que cela rappellera quelqu’un nommé Uri Geller. Et après la prestation du candidat, l’un des membres du jury, la comédienne Victoria Abril, a mentionné Uri Geller et a ajouté bêtement : « Cela me rappelle un mauvais souvenir. » (!) Signalons, au passage, qu’un petit reportage sur les illusionnistes actuels s’est achevé par une référence à Criss Angel. Tout cela est lamentable. Notons cependant que Christophe Dechavanne s’est « rattrapé » le 13 juin 2009 en invitant ce jour-là Uri Geller lui-même dans « La Soirée de l’Etrange »… (Voyez plus loin.)

Le 20 août 2015, Uri Geller a annoncé de nouveaux shows télévisés. Mais il n’y en a eu qu’un (en Hollande), lequel n’a manifestement pas eu le succès escompté car Uri Geller n’en a plus ensuite parlé sur son site Web et sa page Facebook. Dans cette émission, « MindMasters Live », Uri Geller et Walter Rolfo devaient chacun avoir une équipe de huit mentalistes sélectionnés par eux, chacun des deux ignorant qui se trouvait dans l’autre équipe.

 

V. Autres activités d’Uri Geller :

On trouve, sur le site d’Uri Geller, un dessin illustrant la « rencontre rapprochée du troisième type » qu’Uri Geller dit avoir vécue, en Israël, lorsqu’il était âgé d’environ quatre ans. C’est peut-être cette rencontre particulière qui est à l’origine de ses « dons »…

Uri Geller s’intéresse aux cristaux, et on le voit par exemple, sur une photo, en train de tenir dans ses mains un crâne de cristal.

Le 15 novembre 2008, il a participé à un programme de la chaîne télévisée « Prosieben TV » (diffusée en Allemagne, Autriche et Suisse). Le thème en était le contact avec des « aliens » (extraterrestres). Il a rencontré à cette occasion l’auteur allemand bien connu Erich von Däniken (qu’Uri Geller avait rencontré la première fois en 1973 en Californie), et on voit, sur le site www.uri-geller.com, une photo montrant ensemble Uri Geller et Erich von Däniken. Il y avait notamment, dans cette émission, une séquence sur Roswell… Des messages ont été envoyés, grâce à un radiotélescope, dans l’espace. (Sur le même modèle de ce qui avait été fait auparavant en France avec la collaboration du CNES et de la chaîne « Arte »…)

Si son « show » n’a pas été diffusé en France, Uri Geller s’est rendu néanmoins à Cannes. En 2008, il était ainsi présent à Cannes pour la tentative, par David Merlini, de record du monde de survie sous l’eau sans respirer.

A la trente-septième « Convention Magique Internationale » qui a eu lieu en 2008, l’illusionniste David Berglas a remis un trophée à son ami Uri Geller pour « services rendus à la Magie » grâce à sa série de shows (évoqués plus haut). Le bénéficiaire écrit sur son site Web qu’avant le succès mondial de son show il ne se serait jamais vu accepter un tel trophée. Il ne s’est jamais qualifié lui-même de « magicien », sa célébrité étant associée à la controverse opposant les scientifiques dont les tests de laboratoire ont montré l’authenticité de ses « pouvoirs », aux sceptiques qui refusent d’accepter ce que leurs yeux ont vu. Il n’y a pas de doute cependant, ajoute-t-il, que sa série de shows a provoqué un énorme attrait pour la magie, le mystère, l’illusion et le pouvoir de l’esprit humain. Il y eut des questions posées par l’assistance (dont Ali Bongo, président du « Magic Circle »), et il en étonna certains, écrit-il, par son refus d’être étiqueté « psychic » ou « illusionniste ». (Ali Bongo est décédé peu après.)

Si Uri Geller est connu pour la télépathie et l’action PK sur des ustensiles métalliques, il est aussi capable de faire germer des graines. Au cours de l’émission allemande « Na Sowas », le 10 janvier 1987, il a fait germer une graine dans sa main. En janvier 2009, il a fait cette démonstration lors de la première émission de la deuxième saison hollandaise de son « show ». On trouve, sur son site Web, une séquence filmée montrant cette possibilité d’action de la PK sur du vivant.

En 2014, en Angleterre, Uri Geller a plié… un iPhone ! En 2015, il a vendu sa demeure de la banlieue londonienne et est retourné vivre en Israël (Old Jaffa, Tel Aviv), son pays d’origine. Il continue bien sûr à alimenter sa page Facebook… Voici deux photos prises en Israël en 2016 et extraites de sa page Facebook (à noter qu’en décembre 2016, il a fêté ses 70 ans) :

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Avec le Premier Ministre grec Alexis Tsipras, en décembre 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La page de couverture du journal britannique « The Daily Telegraph », édition du 11 mars 2017 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VI. A propos d’un « démystificateur et sceptique professionnel » :

On trouve, dans « Et l’Univers disparaîtra » (éditions Ariane, 2006), un commentaire à propos d’un « magicien » dont le nom n’est pas donné, commentaire fait par l’un des deux « maîtres ascensionnés » rencontrés par Gary Renard. Ce dernier évoqua le « magicien » (qui, selon moi, est James Randi) en ces termes :

« Il y a un type qui était magicien et qui se fait maintenant appeler démystificateur et sceptique professionnel. Les gens comme lui font toujours remarquer que les thèmes spirituels ne sont pas scientifiques ; ils semblent penser que l’on devrait toujours se fier à ses sens et à l’expérience. »

Arten répondit que ces gens ne se rendent même pas compte qu’ils sont des dinosaures. Ils prétendent respecter les scientifiques, mais Einstein n’en était-il pas un ? Celui-ci a dit que l’expérience humaine est une illusion d’optique de la conscience.

« Les gens comme ton copain démystificateur devraient être un peu plus humbles et un peu moins arrogants quant à leurs suppositions. Cet ex-magicien est en réalité un homme très intelligent, et pourtant il n’utilise pas son intelligence d’une manière constructive. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de lui. Son tour viendra de prendre conscience de la vérité au moment opportun. » (36)

 

VII. Psychocinèse et trucages :

Des illusionnsites comme Gérard Majax et James Randi ont largement contribué, à tort, au discrédit de gens comme Uri Geller. Cela s’est fait par des démonstrations n’ayant d’ailleurs aucune valeur démonstrative (sauf pour les innombrables incompétents en la matière). Il est aisé, pour un illusionniste, de simuler un phénomène « paranormal », à condition cependant qu’il puisse travailler avec son matériel et/ou dans des conditions d’absence de contrôle expérimental (et donc dans les conditions imposées par l’illusionniste). D’un autre côté, on a vu plus haut que quelques illusionnistes ont reconnu la réalité de l’effet G, comme cela a été le cas de François Ranky avec le sujet PK français Jean-Pierre Girard. (La séquence de 1977 diffusée sur France 3 reste à cet égard mémorable.) Si Ranky a reconnu l’authenticité de certains effets PK, il peut aussi, bien sûr, simuler le phénomène grâce à son art. Il a précisé qu’il a été l’un des premiers illusionnistes à introduire dans les numéros de music-hall les « trucages de la parapsychologie » (sic). Des collègues américains, et quelques Français dont Jo Patrick (dont un numéro est constitué, lit-on, d’« effets psychocinétiques très élaborés »), avaient aussi entrevu les possibilités de cette nouvelle « magie ».

« Les arguments avancés par les adversaires de la parapsychologie sont tous du même type. Pour eux, les phénomènes paranormaux n’existent pas. Ce ne sont que des trucages effectués par des illusionnistes qui, bien présentés, donnent parfaitement l’impression d’assister à des phénomènes surnaturels. D’une efficacité prodigieuse dans le contexte d’un spectacle, ils deviennent autrement difficiles à accomplir dans un laboratoire scientifique. Peu de subterfuges d’illusionniste résisteraient à une investigation un peu poussée. En effet, l’illusionniste doit se trouver sur sa scène avec son propre matériel, sinon il n’y aura pas de miracle.

Prenons en exemple la fourchette qui se tord toute seule, numéro que j’ai présenté de nombreuses fois à des journalistes ou lors de programmes télévisés à l’étranger. L’effet obtenu est incroyable. La fourchette dont les dents sont pointées en l’air se plie sous les yeux des témoins sans qu’il soit possible de détecter le moindre trucage, même à cinquante centimètres. Simplement tenue dans la main gauche par le bout du manche, elle peut être examinée avant comme après l’expérience. J’utilise un fil de nylon pour la pêche au brochet. Ce fil passe dans les manches de ma veste et derrière les épaules. A chaque bout sortant des manches, je réalise une boucle dans laquelle j’enfile le majeur de chaque main.

C’est là qu’intervient alors le ‘métier’ puisque le truc consiste à passer les deux dents médianes de la fourchette dans la boucle que l’on a ôtée de la main gauche, au moment où l’attention des spectateurs a été détournée. Lorsque les deux dents sont enfilées dans la boucle, la fourchette est prête à subir la torsion. Il suffit d’avancer l’autre main, celle qui tient la deuxième extrémité du fil nylon, et d’exercer une pression assez forte pour qu’à l’autre extrémité la fourchette commence à se tordre lentement. Lorsque la main droite censée ‘magnétiser’ le métal s’est déplacée suffisamment, la fourchette est tellement tordue qu’elle ne retient plus le fil de nylon. Celui-ci rentre complètement dans la manche et vous pouvez alors laisser tomber la fourchette sur la table. Les journalistes de la revue ‘Psi Réalités’ ont qualifié ce tour d’‘impressionnant’, mais il suffit en fait d’une petite vérification avant l’opération pour démasquer le subterfuge. Est-il possible que des scientifiques en laboratoire s’y soient laissés prendre ?

Pour obtenir l’effet de la cuiller qui se casse toute seule, il faut une cuiller entière dont la moitié est dissimulée sous trois doigts, et une demi cuillère que l’on pose sur le manche de l’autre en dissimulant la jonction par le pouce. Le public a l’impression de voir une cuillère entière qui se tord lentement, se plie, puis se casse en deux morceaux. L’inconvénient de ce tour est qu’il ne peut se faire que face aux spectateurs. Vu de derrière, le subterfuge est apparent. Avec un peu d’entraînement, ces deux trucages sont assez faciles à exécuter mais ils ne peuvent en général pas passer inaperçus auprès de chercheurs en laboratoire.

Une autre expérience intéressante consiste à tenir entre le pouce et l’index de chaque main une résistance électrique. Après quelques secondes, celle-ci se met à chauffer en prenant une teinte rosée, puis rougit de plus en plus jusqu’à devenir rouge blanc. Un spectateur peut alors venir allumer sa cigarette sur les spires de la résistance qui se met bientôt à refroidir, en reprenant peu à peu sa couleur initiale noirâtre. L’explication est simple. Les spires de la résistance sont peintes, en dégradé sur leur demi circonférence, de couleurs imitant les divers états de chauffe du métal. Chaque extrémité de la résistance est en forme de fil de fer, ce qui permet de la faire lentement et imperceptiblement pivoter entre les pouces et les index, donnant ainsi l’illusion parfaite qu’elle chauffe de plus en plus. Afin de persuader le public que cette résistance fonctionne bien par la puissance de facultés Psi, un compère viendra allumer sa cigarette sur les spires ‘brûlantes’. Rien de plus simple s’il a pris la précaution de placer au bout de la cigarette une petite quantité de potassium qu’il mettra en contact avec un glaçon caché à l’intérieur de la résistance : tout le monde sait bien que le potassium s’enflamme au contact de l’eau.

L’effet parapsychologique qui épata le monde entier fut la barre de fer qui se tord toute seule. Certains sujets Psi réussirent cette performance sans que l’on ait pu fournir le moindre indice de trucage. Comme toutes les expériences Psi, celle-ci peut également être imitée. Ainsi on présente sept ou huit barreaux métalliques, barreaux testés par le public comme parfaitement rectilignes et non flexibles manuellement. La difficulté réside pour l’illusionniste à substituer un de ces barreaux contre un autre ‘prétordu’ mais qui, présenté par sa partie bombée vers les spectateurs, apparaîtra rigoureusement droit. Il suffira alors au manipulateur de laisser pivoter la barre de fer par son propre poids, ce qui donnera l’illusion que le métal se plie comme de la pâte de guimauve alors qu’en réalité elle tourne. Les spectateurs assisteront ainsi à l’un des plus significatifs effets de psychocinèse… truqué. » (Ranky) (37)

 

VIII. Christine Wilde :

Durant les années 1970, John B. Hasted (décédé en 2002), alors Directeur du Département de physique de l’Université de Londres, a testé des enfants capables de plier du métal par un effet de psychokinèse. Il est l’auteur d’un livre (que j’ai) sur le sujet : « The Metal-Benders » (éditions Routledge and Kegan Paul, 1981).

Les noms de quelques adultes ayant produit des effets PK y sont mentionnés. Parmi ces personnes, il y a le nom de Christine Wilde (alors jeune adulte). Il s’avère qu’en 2009, Uri Geller a reçu la visite de cette dernière, laquelle était accompagnée de son mari. Elle déclara à Uri Geller que le métal se pliait encore autour d’elle. Il suggéra au couple d’aller dans un de ses restaurants préférés sur les rives de la Tamise et dit à Christine de plier mentalement les couverts.

Robert, le mari de Christine, envoya un email à Uri Geller pour dire qu’ils avaient expérimenté deux phénomènes extraordinaires après avoir quitté la demeure de leur hôte. Ils se dirigeaient vers le restaurant, Christine tenant la cuillère pliée qu’Uri Geller lui avait donnée, ainsi qu’une autre cuillère (qui n’était pas pliée) qu’il lui avait suggéré d’utiliser pour s’exercer. Tout à coup, cette dernière se tordit dans sa main, vers le bas, précisa Robert, la courbure correspondant précisément au même angle que celui de la cuillère pliée par Uri Geller.

« Les deux cuillères étaient véritablement symétriques… Etonnant ! »

Et comme si cela ne suffisait pas, une clé se trouvant dans le trousseau de clés de Robert se plia durant le déjeuner.

Uri Geller en conclut que Christine Wilde doit avoir un don remarquable. (38)

 

IX. « Parasciences » et « La soirée de l’étrange » :

J’ai rédigé, pour la revue « Parasciences », un article consacré à Uri Geller, cet article ayant été publié sur trois numéros. (La dernière partie a été considérablement raccourcie par l’éditeur.) Il s’agit des numéros 71 (automne 2008, p. 44-50), 72 (hiver 2008/2009, p. 56-61) et 73 (printemps 2009, p. 58-63). (Je précise que certains sous-titres et certains commentaires associés à des photos ne sont pas de moi. En outre, certaines photos ont été ajoutées par l’éditeur.)

Le 13 juin 2009, Uri Geller est apparu sur TF1 dans l’émission de Christophe Dechavanne et Patrice Carmouze : « La soirée de l’étrange ». C’était la première fois, depuis 22 ans, qu’il venait en France pour une émission télévisée, ses deux dernières prestations télévisées en France étant « Droit de réponse » (l’émission de Michel Polac sur TF1) en mars 1987, et, quelques jours après, dans une émission (sur Antenne 2) de Jacques Pradel (l’après-midi). (On l’avait aussi vu en 2001 dans la première émission de « Normal, paranormal ? », sur M6, mais il s’agissait d’un reportage effectué chez lui. Une séquence analogue avait été diffusée à la fin des années 1990 dans une émission consacrée, sur TF1, aux « célébrités ».) On a aussi vu Uri Geller dans une émission de RMC Découverte, « La science de l’étrange », en mars 2015 (émission rediffusée durant l’été 2015). On le voit aussi brièvement – il s’agit d’une séquence remontant aux années 1970 – dans l’émission des « Dossiers surnaturels » intitulée : « Ils ont des pouvoirs extraordinaires », cette émission ayant été diffusée à de nombreuses reprises en 2015 et 2016 sur la chaîne Numéro 23. La première partie de l’émission est consacrée à Jean-Pierre Girard et à un jeune télékinésiste prénommé Ludovic.

Lors de sa prestation du 13 juin 2009, sur TF1, Uri Geller a proposé aux téléspectateurs de « capter » mentalement le symbole qu’il allait s’efforcer de transmettre télépathiquement. Comme il l’avait fait lors de certaines de ses émissions diffusées dans d’autres pays, il a utilisé les symboles des célèbres cartes de Zener, lesquelles ont servi à des études quantitatives (requérant l’utilisation de l’outil statistique) dans le cadre d’études sur la télépathie et la clairvoyance. Les cinq symboles sont : un cercle, une étoile, des vagues, un triangle, une croix. Après avoir choisi le symbole et l’avoir dessiné sur un morceau de papier (qui fut ensuite placé en sécurité en haut de la salle), il se concentra sur le dessin qu’il avait choisi, invitant les téléspectateurs à en deviner la nature. Les résultats montrèrent que 46% des téléspectateurs s’étant prêtés au jeu avaient choisi l’étoile. Lorsqu’on fit redescendre le paquet contenant le symbole choisi par Uri Geller, on s’aperçut que le symbole dessiné était… l’étoile. Uri Geller déclara que le résultat positif était plus élevé que lors de ses tentatives faites dans les pays anglo-saxons. Une anecdote personnelle : m’étant moi-même prêté à l’expérience, j’ai cherché à téléphoner au standard, sans y parvenir, pour dire que je « voyais » que c’était… l’étoile. En outre, un ami, qui a vu l’émission, m’a dit au téléphone (il vit en Charente-Maritime) qu’il avait aussi pensé que c’était l’étoile… Uri Geller avait aussi dit aux téléspectateurs de mettre une cuillère sur l’appareil de télévision et de témoigner dans l’éventualité d’un déplacement de celle-ci. Une téléspectatrice a dit avoir vu une cuillère « sauter », sans qu’on puisse savoir, bien sûr, si c’est vrai ou non…

On trouve, sur le site www.uri-geller.com, une photo montrant Uri Geller et Christophe Dechavanne, ce dernier tenant dans sa main une fourchette pliée par le premier. (39) Cette séquence n’a pas été montrée à la télévision. (On trouve aussi la photo dans le livre de Ranky : « Encyclopédie du mystère », éditions Trajectoire, 2012. D’ailleurs, si mes souvenirs sont exacts, c’est moi-même qui avait envoyé à l’auteur, par mail, cette photo extraite du site d’Uri Geller.)

 

X. John Lennon et les « Aliens » :

CUD_EhVj_400x400Uri Geller était un ami de Michael Jackson (décédé en juin 2009).

Le 9 août 2009, on a vu, au Journal télévisé de France 2 à 20 heures, une séquence consacrée à Michael Jackson, et plus précisément à la revendication de la paternité, par un homme, de l’une des enfants (Paris) du roi de la Pop. Dans ce reportage, j’ai eu la surprise de voir Uri Geller (dont le nom n’a pas été mentionné) dire qu’il savait que cette enfant n’était pas de Michael Jackson.

Le 10 août 2009, une émission de « Un jour, un destin » (France 2) était consacrée à John Lennon. Alors que c’était la fin de l’émission, je suis allé faire un petit tour sur le site d’Uri Geller, et là : surprise !, je trouve un nouveau texte titré :

« John Lennon told me he’d met UfO Aliens«  (« John Lennon m’a dit qu’il a rencontré des Aliens »)

Dans les années 1970, Uri Geller avait rencontré John Lennon à New York. Le chanteur (qui a été assassiné en décembre 1980) n’avait pas dit à Uri Geller de garder secrète l’histoire suivante, mais ce n’est que beaucoup plus tard que ce dernier a décidé d’en parler.

Cela s’est passé à Manhattan au milieu des années 1970. Alors que John Lennon et Uri Geller étaient assis à une table, le chanteur s’est mis à parler des OVNIs. Uri Geller lui a alors dit qu’il ne croyait pas seulement aux OVNIs, mais qu’il en avait vu et photographié. John Lennon l’amena dans un endroit plus calme pour lui raconter l’histoire suivante :

Alors qu’une nuit il était étendu dans son lit (dans l’immeuble Dakota – « the Dakota building » – où il vivait à New York), il remarqua soudain une lumière extrêmement brillante qui émanait des côtés de la porte de la chambre. Il se leva, se dirigea vers la porte et ouvrit brusquement celle-ci. La seule chose qu’il put ensuite se rappeler c’est la vision de quatre personnages à l’apparence mince (« four thin-looking figures »). Ces personnages vinrent vers lui. Deux d’entre eux tinrent ses mains et les deux autres poussèrent doucement ses jambes. Il fut gentiment guidé à travers le tunnel de lumière. On lui montra toute sa vie, comme s’il regardait un film. Il a dit à ce propos à Uri Geller qu’il s’agissait là de la chose la plus belle qu’il ait jamais vue.

John Lennon se rappela qu’on lui avait donné quelque chose. C’est tout ce dont il se souvenait. Mais lorsqu’il ouvrit sa main, il vit une « balle de métal » paraissant bizarre, qui n’avait pas tout à fait la forme d’un œuf et qui était très lisse et très lourde. Sa taille : un pouce ou environ un pouce. (Un pouce = 2,54 centimètres.)

Uri Geller, qui était étonné, dit à John Lennon que cela ressemblait à une rencontre extraterrestre, une déclaration avec laquelle le chanteur sembla d’accord, tout en précisant qu’il ne pouvait pas trouver d’autre explication. Il était très sérieux par rapport à cet incident, mais trouvait aussi cela drôle.

John Lennon mit sa main dans sa poche et en retira l’objet « alien » pour le donner à Uri Geller. Ce dernier donne l’impression qu’il a ressentie en touchant cet objet :

« Quand je l’ai touché, j’ai senti une profonde tristesse – je ne sais pas pourquoi -, c’était comme une impression de solitude. »

Il écrit que c’était peut-être une impression prémonitoire en rapport avec le meurtre de John Lennon. De toute façon, ajoute-t-il, la rencontre « alien » et le meurtre se sont produits au milieu de New York.

Uri Geller ne voulait pas prendre l’objet : « Ceci est précieux pour vous, et je pense que vous devriez le garder. » Il l’a quand même gardé depuis.* (40)


* A propos de John Lennon, je signale l’ouvrage publié aux éditions Vivez Soleil en 1991 : « L’Après-vie de John Lennon » (l’auteur étant Jason Leen). Dans ce livre, que je me suis procuré à l’époque, le médium Jason Leen relate les contacts et les messages qu’il dit avoir eus avec le célèbre Beatles, peu après la fin tragique de celui-ci.

 

Conclusion :

L’effet Geller est une réalité, n’en déplaise aux nombreux détracteurs (illusionnistes ou pas) qui prétendent le contraire (comme Henri Broch, qui, répondant à une question – qui n’aurait pas dû être posée -, a encore qualifié Uri Geller de charlatan dans le numéro 5, de septembre/octobre 2008, de « Science et inexpliqué »). Comme on l’a vu, Uri Geller est loin d’être le seul à avoir ce type de capacité.

On peut regretter qu’Uri Geller ait choisi le « star system » plutôt que de contribuer à la recherche psi. D’autant plus que, de nos jours, les grands médiums à effets physiques pourraient être étudiés avec les moyens dont dispose la science moderne : scanners, etc. Cela permettrait sûrement de mettre en évidence les zones cervicales associées, en partie, à la production des phénomènes psi de grande envergure.

Guy BavliUn autre sujet PK d’origine israélienne est Guy Bavli (qui vit aux Etats-Unis). Il a participé à une émission d’Uri Geller et il a été surtout rendu célèbre par sa participation à un épisode de la série documentaire de Stan Lee : « Les Super Humains », dont la version française a été diffusée sur RMC Découverte. Le lien de la séquence correspondante est disponible (en version anglaise originale) sur le site et la page Facebook de Guy Bavli. Bavli 2Ce dernier gagne sa vie en faisant des shows de mentalisme, d’hypnose, etc., auxquels il ajoute des numéros de psychokinèse (sur des ustensiles métalliques). Il produit avec aisance des effets de psychokinèse et de télékinésie (déplacement d’objets). 10154918_1135627053160808_4985031548150741273_nNous aurions là le sujet idéal pour faire avancer la reconnaissance de la réalité de la psychokinèse s’il voulait bien se lancer dans cette voie. Hélas ! Uri Geller et Guy BavliComme Uri Geller l’a fait, il fait de ses capacités « son gagne-pain » et ne veut manifestement pas se lancer dans des polémiques sur la réalité de ses aptitudes… Quelqu’un lui ayant écrit (en espagnol), sur sa page Facebook, qu’il pourrait « fermer la gueule » (sic) à James Randi, il a répondu quelque chose sur le registre du « peace and love », que Randi était son « ami » (façon de parler, certes). Bon, moi, j’aurais été plutôt sur le registre du « warrior »… J’ai signalé à Guy Bavli le Windbridge Institute, qui fait des études de qualité sur les phénomènes psi et la médiumnité, sans réponse de sa part, bien qu’il m’ait par ailleurs « liké »… guy

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Dans l’ultime émission de « Les Aventuriers de l’Etrange », sur Sud Radio, le 29 mars 2008, René Peoc’h (docteur en médecine), bien connu pour ses intéressants travaux sur la psychokinèse chez les poussins (avec un générateur d’événements aléatoires), a mentionné un sujet PK français très performant dont il a observé (et filmé certaines d’entre elles), durant les années 2000, les extraordinaires manifestations « paranormales ». Ce sujet PK, qui ne voulait pas être médiatisé, était capable de « tordre » des objets métalliques, de léviter des objets, etc. Il était aussi doué pour la télépathie et la voyance. Malheureusement, étudier, dans un contexte scientifique suivi, ces phénomènes, nécessite des moyens financiers (rémunération du sujet sur un an, etc.) qui ne sont pas à la portée des quelques chercheurs français en parapsychologie. René Peoc’h souhaitait néanmoins pouvoir trouver les fonds nécessaires. (Depuis, bien sûr, silence radio, pas de nouvelles.) Les institutions scientifiques « officielles » (CNRS, etc.) sont trop « frileuses » pour accepter d’investir dans ce type de recherche. Ce qu’il faudrait, c’est un mécène qui accepterait de financer ces travaux…

Reste le problème de l’explication de l’effet Geller. Comment une cuillère ou un barreau métallique, par exemple, peut se plier sans une force mécanique adéquate et sans trucage ? Je pense qu’un « ésotériste » dirait que ce genre de phénomène a priori impossible implique, pour sa réalisation, « l’éveil » d’un ou plusieurs « centres psychiques » (« chakras ») particuliers localisés au niveau du « corps subtil », les chakras étant eux-mêmes en relation avec certaines glandes endocrines… Une fois dit cela, on n’a pas dit grand-chose car il manque évidemment les détails ! Et comme je ne postule pas pour le prix Nobel de physique… « paranormale », je m’arrêterai là. Je ne chercherai pas non plus à invoquer la physique quantique (cette discipline ne relevant pas, il faut le reconnaître, de ma compétence). Je ne fais que constater une chose : l’effet Geller est (comme la télékinésie) une réalité, n’en déplaise à tous ceux qui prétendent le contraire. Pour avoir l’explication, il faudra sûrement attendre encore (dans le meilleur des cas) quelques décennies. Le « paranormal » sera alors devenu « normal ».

Alain Moreau

 

Références :

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