L’ectoplasmie

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Le phénomène de l’ectoplasmie est, après la lévitation du corps humain, le phénomène paranormal le plus rare actuellement. C’est aussi, a priori, le plus invraisemblable du point de vue de la « rationalité ». On pourrait même dire qu’il est – pour employer une expression devenue célèbre – « abracadabrantesque ». Avec l’ectoplasmie, dans sa forme la plus achevée, c’est presque « Charmed » ! Nous verrons cependant, en fin de texte, comment il est possible d’en rendre compte (une fois reconnue, bien sûr, la possibilité de ce type de manifestation).

 

I. Définition et caractéristiques :

C’est surtout durant la seconde moitié du dix-neuvième siècle et la première moitié du vingtième siècle que certains médiums à effets physiques produisirent des phénomènes d’ectoplasmie, cette dernière pouvant être définie comme l’extériorisation d’une substance du corps du médium, cette substance s’organisant en représentations diverses : mains, visages, corps entier, voire formes animales.

geley1-2Le docteur Gustave Geley (1865-1924) a donné la description suivante du phénomène :

« Du corps du médium s’extériorise une substance d’abord amorphe ou polymorphe. Cette substance se constitue en représentations diverses qui sont généralement des représentations d’organes plus ou moins complexes.

Nous pouvons donc considérer successivement :

1° La substance, substratum des matérialisations.

2° Ses représentations organisées.

La substance s’extériorise soit sous la forme gazeuse ou vaporeuse, soit sous la forme liquide ou solide.

La forme vaporeuse est la plus fréquente ou la plus connue.

Auprès du médium se dessine ou s’agglomère une sorte de vapeur visible, de brouillard, souvent reliée à son organisme par un lien ténu de la même substance. Enfin, il se produit comme une condensation en divers points de ce brouillard parfois vaguement phosphorescent. Ces points de condensation prennent enfin l’apparence d’organes dont le développement s’achève très rapidement.

Sous la forme liquide ou solide, la substance productrice des matérialisations est plus accessible à l’examen. Son organisation est parfois plus lente. Elle reste relativement longtemps à l’état amorphe et permet de se faire une idée précise de la genèse même du phénomène. »

Que la substance soit gazeuse, liquide ou solide, elle donne lieu à des représentations diverses : mains, visages, êtres complets humains ou humanoïdes, animaux. Ces matérialisations sont, parfois, totalement ou partiellement lumineuses par elles-mêmes.(1)

Michel Granger évoque les diverses phases du processus :

Au premier stade, la substance ectoplasmique se présente comme un gaz, une exhalaison s’échappant du médium.

Le deuxième stade est dit « vaporeux » :

1. Un témoignage, à propos du médium britannique Eglinton (fin du dix-neuvième siècle), fait état de la sortie, de la poitrine de celui-ci, d’une vapeur blanchâtre qui palpitait comme si elle était vivante. Cette vapeur se condensa en une substance blanche semblable à un voile de mousseline.

2. C’est d’une telle pièce de mousseline animée, condensée sur le parquet, qu’Elisabeth d’Espérance (décédée en 1919) fit naître Yolande, une jeune Orientale de 15 à 16 ans, brune et élancée.

3. Pour la Polonaise Stanislawa Popielska, l’aspect était « cotonneux, d’apparence végétale ».

La substance, qui prend de la consistance, devient « visqueuse ». Cette « pâte » sort des divers orifices naturels des médiums (bouche, nez, oreilles, yeux, mamelons). Voici ce qu’écrit à ce sujet Michel Granger :

« Les analyses faites à partir des rares prélèvements effectués n’ont pas permis de déterminer la provenance exacte de cette ‘exsudation’ épaisse qui, sortie d’un peu partout, d’abord inerte, s’anime, serpente sur le corps du médium ou sur le sol (Eva C.) et provoque parfois la lévitation ou le déplacement d’objets hors de portée du médium, qui est attaché à son siège pour la circonstance. Les photos montrent la substance sur la tête, les épaules ou la poitrine du médium. Elle apparaît parfois à plus d’un mètre, visible et suspendue en l’air. Cette masse, tout d’abord indifférenciée et assez peu ragoûtante, commence à se structurer en représentations plates, sans relief, comme chez Eva C. et ses fameuses productions semblables à des images de papier observées par Schrenck-Notzing et le Dr Geley dans les années 1910-1920. Un cas identique méconnu concerne les ‘téléplasmes’, membres plats sortis à l’horizontale de la bouche de médiums canadiens, ou incrustations de visages miniatures déposées sur la paroi du cabinet, étudiés à Winnipeg par le Dr G. Hamilton entre 1921 et 1935. »

Le stade suivant, la structuration ectoplasmique, « consiste en l’apparition de mains grossières (Margery) ou complètement formées et voltigeantes, responsables d’attouchements ou autres actions à distance ». Ce sont elles qui laissèrent des traces dans la farine ou dans la glaise, à l’origine des fameux moulages de Franek Kluski (voir plus loin).

1. Les mains matérialisées de Daniel Dunglas Home (vers 1860) étaient clairement visibles jusqu’au-dessus du poignet, « où elles se perdaient dans un nuage de matière grisâtre ». Elles se livraient, note Michel Granger, « à diverses espiègleries : agiter une sonnette, se saisir d’une fleur à la boutonnière du médium ou d’un assistant ».

2. Eusapia Palladino était célèbre pour ses « mains fluidiques surnuméraires » (les siennes étant solidement maintenues).

On parle d’un « troisième pied » à propos du médium américain Slade étudié par Zöllner en 1877.

Des visages sont aussi apparus :

Jean Guzik faisait voir aux assistants la formation de visages masculins et féminins « en les éclairant de lueurs comparées à des vers luisants »:

« Certains étaient incomplets, brumeux, voire « visqueux », selon la sensation d’un témoin qui en redoutait le baiser ! »

A Varsovie, en 1921, Gustave Geley vit « une colonne vaguement lumineuse à la hauteur d’un homme debout », le sommet ayant la forme d’une boule de la dimension d’une tête humaine.

En 1924, le professeur américain F. W. Pawloski vit, au cours de séances avec Franek Kluski, des bras et des jambes lumineux flotter librement autour du médium :

« Des yeux lumineux le fixaient et se développaient en têtes humaines souriantes. De nombreux visages de grosseur naturelle, lumineux par eux-mêmes, semblant être ceux d’êtres humains debout, au corps invisible, furent aperçus derrière le médium ou à ses côtés, avec leregard vif, la physionomie grave, une dignité sévère’. »

Des photos du groupe spirite niçois « Fiat Lux » (opérationnel jusqu’en 1942) montrent « un buste ectoplasmique dans une attitude hiératique qui évoque une statue ».

Maurice Barbanell (qui fut le fondateur de la revue spirite « Psychic News ») put assister à une matérialisation avec la médium Helen Duncan : un ectoplasme sorti des narines, de la bouche et des oreilles, qui se souleva en grandes vagues de lumière pour se solidifier peu à peu en une forme humaine de 1 mètre 80.

Les formes humaines complètes ont été associées à des médiums comme Monck (étudié vers 1875 par Sir Alfred Russel Wallace, précurseur de Darwin) et Madame d’Espérance. Un Amérindien (avec des muscles pectoraux très développés) aurait été matérialisé par A. Harris. (2)

Parmi les médiums à ectoplasmes souvent cités, il y a Eusapia Palladino* (1854-1918), Franek Kluski (1874-1944) et Jean Guzik (1876-1928), ceux-ci ayant produit, dans de bonnes conditions de contrôle, certains phénomènes authentiques. (* Parfois orthographiée « Paladino ».) Parmi les autres médiums, citons :

Medium-Eva-Carriere-1912 Marthe Béraud (alias Eva C.).

Kathleen_Goligher_mediumKathleen Goligher (étudiée pendant six ans par le docteur W.-J. Crawford, professeur de mécanique à l’Institut Technique de Belfast).

psychi2– L’Anglaise Stella C. (née en 1900, étudiée par Harry Price au cours de treize séances effectuées de mars à octobre 1923).

Medium_Mina_Crandon« Margery » Crandon.

Harrisson.

Jean Skinner.

Les cas de Marthe Béraud (et ses « matérialisations » à Alger) et Florence Cook ont été particulièrement contestés. Michel Granger écrit que Charles Richet a fait réagir le gaz carbonique exhalé par une forme ectoplasmique, à Alger en 1897. Mais ce cas est généralement considéré comme ayant été frauduleux : Richet aurait été trompé par la médium.

Depuis quelques décennies, ce type de médiums a presque disparu. (Je donnerai, néanmoins, quelques noms plus « récents ».) Nous essaierons de voir pourquoi un peu plus loin…

Comme tous les phénomènes paranormaux, l’ectoplasmie a été l’objet de trucages (utilisation de mousseline, etc.) réalisés, selon les cas, par de faux médiums ou par des médiums authentiques ayant occasionnellement fraudé. Je ne m’attarderai cependant pas sur cet aspect, contrairement aux détracteurs qui mettent l’accent sur les fraudes avérées afin de jeter le discrédit sur l’ensemble du phénomène (tout en prétendant, ce qui est faux, qu’aucun médium n’a réalisé ce type de production ectoplasmique dans de bonnes conditions de contrôle).

 

II. Médiums à matérialisation :

Parmi les médiums à matérialisation présumés du passé, on peut citer :

Jack Webber, Cecil Husk, Eglington, Ethel Post, Laura Pruden, Nellie Currey, Madame Holmes, Ch. Williams, Arthur Coleman, Georges Valiantine, Helen Duncan, les Eddy, Frederick Mitchell, Bertie Lillie Candler, etc.

Un nommé Cahill, de Los Angeles, prétendit avoir vu six mille « Esprits » matérialisés, chez quarante-trois médiums d’Angleterre, d’Ecosse, de Californie, de Floride, d’Indiana ! Il dit aussi avoir parlé à chacun d’eux…

Jean-Philippe Crouzet (1965, 1971) a publié trois photos prises dans un cercle spirite brésilien, le cercle Franklin : on y voit un prétendu « Esprit » matérialisé, celui d’une jeune femme habillée d’une robe blanche. Tout le problème est de savoir si ces photos représentent un « Esprit » – auquel cas elles présenteraient un caractère exceptionnel – ou si c’est une jeune femme en chair et en os qui joue le rôle de l’« Esprit »… (3)

Notons que les médiums à matérialisation produisent toute une gamme de phénomènes, lesquels ne sont pas confinés à la matérialisation d’entités. Donnons, à titre d’exemple, le cas d’Ofelia Corrales, cité par Fernand Gouron :

En présence de celle-ci, de nombreux phénomènes allégués se produisirent : lévitation, déplacements d’objets, apports de livres, de meubles et de fleurs se matérialisant, disparition et réapparition du corps d’Ofelia dans une pièce aux portes et fenêtres scellées, extériorisation du « double » d’Ofelia, phénomènes phoniques, sonores et musicaux, chants d’entités. On assista à la matérialisation d’une entité musicienne, laquelle serra la main aux assistants ! D’autres entités se matérialisèrent avant de se dissoudre. Lors d’une matérialisation, on remarqua près du plafond comme une lumière blanche, diffuse, vaporeuse, qui se condensa petit à petit pour finalement donner naissance à la silhouette d’une jeune fille habillée de blanc, couronnée de fleurs d’oranger. Cette entité, « Mary Brown », dit bonjour, s’approcha, se fit connaître, félicita les assistants pour la réussite de sa matérialisation, donna un baiser à Ofelia et disparut… (4)

sujet47_kateAMentionnons brièvement le cas d’Estelle Livermore, auquel Pasquale Garofano a consacré une monographie de la revue italienne « Luce e Ombra ». Il y eut 388 séances du 15 avril 1861 au 2 avril 1866, au cours desquelles Estelle Livermore, épouse défunte du banquier Charles Livermore de New York, se matérialisa avec le concours de Mademoiselle Kate Fox… Certains messages avaient annoncé des évènements militaires (c’était en pleine guerre de Sécession) dont la nouvelle n’était parvenue que le lendemain. (5)

 

– Exemple de matérialisation d’une entité :

Elizabeth_d'EspéranceVoici un exemple de matérialisation intégrale d’une entité, la médium ayant été Elisabeth d’Espérance. Des entités s’étaient matérialisées en présence de celle-ci : Yolande, Leila, Anna, Nepenthès. Il s’agissait de formations ectoplasmiques aussi réelles que des êtres vivants.

Nepenthès se montrait à la lumière en même temps que la médium qui était assise, avec les autres personnes, en dehors du cabinet. Elle se dématérialisait au milieu du cercle :

« Elle était enveloppée de la tête aux pieds d’une substance d’un blanc grisâtre, légère comme une toile d’araignée, qui masquait ses formes, sauf la main qui tenait celle du médium et les yeux qui supportaient avec peine l’éclat de la lumière… Elle paraissait aussi matérielle que le médium placé près d’elle, mais, lors de sa première apparition, et à notre grande surprise, elle devint tellement transparente que MM. H. et B. et moi-même, nous pûmes voir la lumière des lampes à travers son corps. Je pensai d’abord que j’étais victime d’une illusion, mais mes deux plus proches voisins, dont j’attirai l’attention par un signe, confirmèrent mon observation qui se prolongea pendant plusieurs secondes. » (M. de Bergen)

Robert Tocquet (décédé en 1993) a précisé qu’à une autre séance Nepenthès écrivit quelques mots. On constata qu’il s’agissait d’anciens caractères grecs que les assistants ne purent traduire. Le lendemain, la phrase fut traduite du grec ancien en grec moderne, puis en norvégien :

« Je suis Nepenthès, votre amie. Lorsque le chagrin ou les préoccupations vous accableront, appelez-moi Nepenthès, et je viendrai à votre aide. »

A la cinquième séance, la médium prit place au milieu du cercle composé de hauts fonctionnaires norvégiens, de directeurs de journaux, de médecins et de littérateurs. On vit sortir Nepenthès du cabinet, « aussi belle et gracieuse que la première fois » :

« Elle portait sur la tête un brillant diadème qui relevait encore son extraordinaire beauté. Même aujourd’hui, au moment où j’écris, lorsque plusieurs années ont pu refroidir l’enthousiasme que Nepenthès nous inspirait, l’étonnante beauté de cette forme lumineuse avec son brillant diadème se présente encore à ma pensée comme une éblouissante création d’un conte de fées.

Après nous avoir salués, elle glissa lentement devant notre cercle, pour s’arrêter en face de M. E… Celui-ci se leva, porta ses mains en avant et, faisant un pas, s’introduisit au milieu de l’atmosphère lumineuse qui rayonnait des vêtements de l’apparition. On pouvait les observer nettement tous les deux… M. E. nota que la lumière semblait sortir du corps de l’apparition et assura qu’au moment où il se penchait vers elle, il fut ébloui par le rayonnement émané de sa poitrine. Il lui était impossible de comparer cette lumière à aucune autre ; elle rappelait, selon lui, une lumière électrique atténuée ou, plutôt encore, peut-être, l’éclat de la lune sous la neige, mais avec plus d’intensité. »

Lors de la dernière séance, Nepenthès, après avoir été photographiée plusieurs fois, se dématérialisa au milieu des assistants :

« C’était bien le même personnage, mais plein de vie, de jeunesse et d’une beauté surhumaine, que nous avions devant nous. La peau était d’une riche teinte foncée ; les yeux grands et bruns étaient intelligents et animés. La taille était haute, dégagée, bien droite, et les plis de la draperie qui la couvrait brillaient d’un éclat semblable à un beau clair de lune. L’abondante chevelure noire supportant son brillant diadème complétait un portrait qu’aucun de nous, docteurs, philosophes ou hommes de loi renommés, ne pourra jamais oublier.

Le médium, se retournant sur sa chaise, regarda l’apparition aussi attentivement que nous et s’écria avec une émotion que nous partagions tous : Quelle incomparable beauté !’ Tant que la lumière fut intense, Nepenthès se tint près du médium ; l’éclairage ayant été diminué, elle vint vers nous, marcha ou plutôt flotta çà et là, nous permettant de prendre sa main, inclinant sa tête majestueuse. Elle se tint ainsi au milieu de nous, nous saluant légèrement de sa tête sur laquelle brillait le diadème. Au bout de quelques minutes, cette Nepenthès surhumaine, vivante, intelligente et mobile, fut, peu à peu, sans aucun bruit, transformée en un petit nuage vaporeux, brillant, ayant à peine le volume d’une tête humaine, mais au milieu duquel on distinguait encore l’éclat du diadème ; puis cet éclat s’effaça, s’évanouit et tout disparut. Sans les preuves matérielles qu’elle nous avait laissées, Nepenthès aurait pu passer pour une créature de rêve. »

Madame d’Espérance a occasionnellement fraudé (comme la plupart des médiums), et à deux reprises on a pu s’assurer que le prétendu « fantôme » n’était autre que la médium elle-même. Elle a évoqué ces incidents dans son livre : « Au pays de l’Ombre ». (6) Néanmoins, contrairement à ce qu’a dit Yves Lignon dans une émission de radio (Sud Radio) il y a quelques années, celle-ci n’était pas une fraudeuse « intégrale ». Voici ce qu’a d’ailleurs écrit Robert Tocquet (qui constitue pourtant l’une des « références » d’Yves Lignon en matière de métapsychique) :

« Au reste, des phénomènes réellement paranormaux se sont vraisemblablement produits par l’effet de sa médiumnité. Il est, par exemple, difficile d’expliquer par la fraude la matérialisation et la dématérialisation de Nepenthès car la description du phénomène a été rapportée d’une manière identique par différents observateurs qui semblent qualifiés. En outre, il convient de remarquer que Mme d’Espérance résolut, après quelques années de pratique médiumnique, de ne plus entrer dans le cabinet à matérialisations, mais de rester au milieu des assistants qui purent ainsi se convaincre que ce n’était pas elle, déguisée, qui jouait le rôle de fantôme. » (7)

 

III. Etudes de médiums à ectoplasmes :

 

A. Quelques médiums célèbres :

Certains médiums à ectoplasmes furent étudiés dans un contexte de recherche scientifique (à l’Institut Métapsychique International de Paris, par exemple). Et d’autres cas (Post-Parrish, etc.) méritent d’être signalés. Le baron allemand von Schrenck-Notzing (1862-1929), Charles Richet (1850-1935), et bien d’autres expérimentateurs, ont longuement étudié le phénomène. Voici quelques informations extraites du livre de Robert Tocquet déjà référencé :

220px-Daniel_Dunglas_HomeDaniel-Dunglas Home (1833-1886) produisait surtout des mains qui caressaient ou qui déplaçaient des objets. Expérimentant avec ce médium, le physicien William Crookes en a vu se former en pleine lumière.

eusapiaEusapia Paladino (1854-1918) opérait généralement dans l’obscurité. Robert Tocquet note qu’elle produisait presque toujours « des formes humaines incomplètes, des mains à contours indécis, des têtes rarement visibles, mais dont on sentait la forme à travers un rideau, des formations indéfinissables, sortes de caricatures d’êtres vivants, qui gesticulaient d’une façon bizarre, et, enfin, mais exceptionnellement, des êtres entiers ayant l’apparence humaine ».

Jean Guzik (1876-1928) produisait « des formes humaines dont on voyait surtout le visage lumineux par lui-même ». Ces visages « étaient vivants, et, de la bouche, sortait une voix rauque, indéfinissable ».

René Sudre vit, au cours d’une séance avec Jean Guzik, des lumières couplées voltiger à une certaine hauteur puis s’arrêter en face de lui et devenir deux yeux. Autour de ces yeux s’esquissèrent les traits lumineux d’un visage. La tête fut ensuite parfaitement visible, et René Sudre entendit une voix rauque dire en allemand (par trois fois) : « Guten Morgen ! ». Lors de la même séance, il vit une petite lumière se poser sur un piano fermé à clef. A sa demande, trois ou quatre notes furent frappées. A plusieurs reprises, lors de séances à Paris, René Sudre fut embrassé par des lèvres lumineuses plutôt froides.

Jean GuzikJean Guzik matérialisa aussi des formes animales : « un chien qui mordait et léchait, une espèce de petit écureuil, que le docteur Osty sentit naître au flanc même du médium et qui se promena sur l’épaule de certains assistants, et une bête volumineuse, sorte d’ours ou de pithécanthrope, dont on sentait le pelage velu et le corps massif et résistant ».

Jean Guzik fit des séances de démonstration à l’Institut Métapsychique International de Paris (IMI), de novembre 1922 à mai 1923. Sous la direction du docteur Gustave Geley, il donna environ quatre-vingts séances auxquelles participèrent de nombreuses personnes du monde littéraire et scientifique. Cela donna lieu à la publication du Manifeste des Trente-Quatre, lequel conclut à la réalité des phénomènes observés…

Franek_Kluski_mediumFranek Kluski (1874-1944) fut étudié à l’IMI en 1920-1921. Les principaux phénomènes observés furent des matérialisations humaines et animales, des productions lumineuses et des télékinésies. Franek_Kluski_seance

Des moules ectoplasmiques furent obtenus à cette occasion : sept de mains et un de pied, ainsi qu’un moule de bas de visage :

On plaça au voisinage du médium un baquet rempli d’eau très chaude, sur laquelle surnageait une couche de paraffine fondue. Les formations ectoplasmiques plongeaient dans le bain « et l’on entendait leur barbotement, puis elles déposaient sur les genoux des assistants de minces gants de paraffine ». Il ne restait plus qu’à couler du plâtre dans les moules pour obtenir des moulages. Parmi les faits attestant l’authenticité paranormale de ces moulages, il y a celui-ci : les tentatives, par des experts mouleurs, pour produire artificiellement des gants de paraffine analogues, ont échoué. La position des doigts, dans certains moules, eût rendu à peu près impossible le retrait d’une main vivante… Du cholestérol, substance incolore, fut secrètement ajouté à la paraffine bleutée ; on retrouva le cholestérol dans les moules, ce qui apporta la preuve que les moules avaient bien été produits au cours des séances et non apportés, d’où leur origine paranormale. (8) Franek_Kluski_mold

Florence_CookLe cas de Florence Cook, censée matérialiser « Katie King », a été étudié, au dix-neuvième siècle, par le physicien William Crookes. Ce cas a été fort controversé. Robert Tocquet a qualifié cette médium de « cynique et habile farceuse ». Yves Lignon est du même avis que Robert Tocquet. D’autres auteurs ont cependant mis en avant certains arguments laissant supposer que certaines manifestations de Florence Cook étaient authentiques. Détailler la polémique me prendrait trop de place… (9)

Un cas intéressant est celui de la médium Ethel Post-Parrish. Des photos furent prises en lumière infrarouge par Edwards, en Pennsylvanie, la médium étant en transe. La séance a duré environ trente minutes. Sur les photos, on voit une assistante qui tient ouvert le rideau du cabinet où la médium est assise, afin que celle-ci soit visible en même temps que la matérialisation. Sur la série de sept photos, on voit la formation progressive de l’entité « Silver Belle ». Sur la septième photo, on voit que l’entité commence à se dématérialiser à partir des pieds. Silver Belle se présente avec les bras levés et bénissant les participants. (10)

The_medium_Jack_WebberLe médium Jack Webber (1907-1940) était un ami du célèbre guérisseur Harry Edwards. Ce dernier a publié de nombreuses photos de Jack Webber, hors d’un cabinet, avec des émissions bien apparentes d’ectoplasme autour de lui. (11)

 

 

 

 

 

 

 

B. Autres cas :

Les médiums à ectoplasmie ont presque disparu durant la seconde moitié du vingtième siècle. On a cependant signalé quelques cas. Outre celui de Louis Martinez (dont je parle dans le texte : « Le groupe spirite Cuarto de Luz »), mentionnons ceux-ci :

Francisco Peixoto Lins (Peixotinho)Francisco Lins Peixoto, connu sous le nom de Peixotinho, est décédé en juin 1966. Le docteur Rafael A. Ranieri (devenu en 1973 commissaire de police principal de Sao Paulo) consacra un ouvrage à ce médium, intitulé « Matérialisations lumineuses ».

Parmi les entités matérialisées, il y avait « Sheila », laquelle aurait été une infirmière allemande morte à Berlin vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Son arrivée fut précédée d’éclairs de couleur. Le corps lumineux de Sheila tenait entre ses mains quelque chose ressemblant à une pierre verte pâle, « dont elle se servit pour soigner une dame de l’assistance, pour des troubles hépatiques ». La pierre était censée être un transmetteur de radioactivité encore inconnu sur Terre.

Rafael Ranieri a donné dans son livre cinq photos d’« Esprits » censés s’être matérialisés.

Parmi les manifestations attribuées aux « Esprits matérialisés », il y a :

* Le pliage de deux disques.

* Le corps du médium entièrement lumineux (alors que Peixotinho était en transe).

* L’apparition, dans l’air ambiant, de lettres lumineuses.

* La projection d’une luminosité verte pâle sur des bonbons (avec explosion de lumière verte dans la bouche).

* Un globe de lumière rouge (de la taille d’une orange).

* L’empreinte de mains et de pieds dans de la paraffine.

En une occasion, alors que le médium était Amaury Santos, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) se serait manifesté et aurait précisé à Rafael Ranieri qu’ils s’étaient liés d’amitié en Grèce, à Rome, en Inde et à Babylone !

Un professeur de linguistique, Rubens Romanelli, a assisté à une séance avec Peixotinho, en 1948. Il assista à la condensation d’un nuage qui prit la forme d’un être humain. Au bout d’une dizaine de minutes, les assistants se trouvèrent en présence d’une très belle femme dont les nattes descendaient sur le buste, blonde aux yeux bleus, avec un fort accent germanique… Rubens Romanelli sentit la consistance d’une main de chair, la chaleur d’une main humaine. Les yeux manquaient d’éclat, et on notait une tache sombre entre le bras droit et la poitrine… José Grosso, un autre « Esprit » attaché au groupe Peixotinho, se manifesta aussi…

Newton Boechat assista en 1957, à Rio de Janeiro, à l’apparition du docteur Bezerra de Menezes (décédé en 1900). Celui-ci, dont le corps entier irradiait, toucha quelques malades d’un bâton qu’il tenait à la main et à l’extrémité duquel il y avait une lumière bleue. L’apparition du docteur Bezerra de Menezes avait été précédée d’une petite lumière de la taille d’une orange, qui avait zigzagué à travers la pièce avant de disparaître. Une fois, Newton Boechat vit des éclairs avant l’apparition de « Sheila »… Lors d’une séance, Sheila le soigna pour des maux de gorge. Seul le buste de celle-ci était matérialisé. Il ressentit un froid intense après l’introduction, par celle-ci, d’une substance dans la gorge, les cavités des amygdales ayant été auparavant bourrées de coton… Newton Boechat décrivit quelques appareillages médicaux de Sheila : un appareil portatif à rayons X (qui avait la forme d’une feuille d’igname), un instrument ressemblant à un tube de rouge à lèvres.

Une fois, Newton Boechat observa une main matérialisée écrivant sur une feuille de papier, sous l’éclairage d’une boule lumineuse de quinze à vingt centimètres de diamètre. Lorsque le médium se mit à tousser, « la main se projeta dans la cuisine, comme si un élastique l’y avait attirée ».

Très souvent, la pièce était imprégnée d’un parfum entêtant, alors que la température chutait brusquement.

Un autre médium, Fabio Machado, aurait été partiellement dématérialisé (en dessous de la ceinture). Son corps aurait retrouvé son intégrité au bout de cinquante à soixante minutes. (12)

– En 1958, Keith Rhinehart (décédé en 1999) fut filmé et photographié lors d’une démonstration d’ectoplasmie au Japon. L’ectoplasme sortit de ses orifices naturels – nez, oreille, bouche – en une telle abondance qu’il en fut presque recouvert de la tête aux pieds.(13)

Maurice BarbanellDans les années 1970, Maurice Barbanell fut témoin des matérialisations de Gordon Higginson (décédé en 1993) : 4525478772_102x146

« Nous avons vu nettement l’ectoplasme sortir de ses narines et se dérouler lentement jusqu’à tomber sur le tapis. Nous avons demandé à le toucher : il était mou et moelleux, sec et chaud. » (14)

Fulvio-Rendhell– Lors d’une séance en 1974 avec Fulvio Rendhell, une chaise du cercle des participants ayant été laissée vide, une matérialisation s’y installa sous la forme d’une « fille en blanc », laquelle permit à tout le monde, dont deux médecins, de s’assurer de sa consistance physique. Le docteur F. Moretti déclara avoir clairement vu, sous la robe, « ses caractéristiques délicates et vibrantes » (sic). (15)

Michael Roll dit avoir assisté, en 1981, à des séances de matérialisation produites par la médium britannique Rita Goold. Au cours de ces séances, il a assisté à la matérialisation d’entités. Lors de la première réunion, il vit 7 entités matérialisées, et lors d’une autre réunion il dit avoir embrassé son père décédé en 1967… L’une des personnes matérialisées était un jeune garçon de 9 ans, décédé d’un cancer vingt-et-un ans plus tôt. Lors de sa première apparition, en 1981, il donna le nom, l’adresse et le numéro de téléphone de ses parents… (16) Le numéro 36, d’octobre 2001, du bulletin « Le messager » (de l’association « Infinitude »), apporte quelques précisions à propos de ce cas relativement « récent » de médium à ectoplasme :

Michael Roll précise qu’il avait fait parvenir un rapport au professeur Archie Roy, du département d’astrophysique de l’Université de Glasgow. Ce dernier prépara du matériel, en prévision d’une séance, dont une caméra de prise de vue infrarouge. Selon Michael Roll, la médium fut menacée par certaines instances « officielles » afin « qu’elle se tienne en dehors du projet scientifique » d’Archie Roy. Intimidée, celle-ci stoppa alors son travail. La seconde séance eut lieu le 9 avril 1983. Les acteurs du « monde physique » étaient Rita Goold, Pat et Barry Jeffreys (parents de Michael, décédé à l’âge de 16 ans), Michael Roll. Les entités qui, d’après Michael Roll, se sont matérialisées lors de la séance, furent :

Russell Vernon Bryn (décédé à l’âge de 9 ans et demi, suite à un cancer).

– La médium à effets physiques Helen Duncan. Elle fut martyrisée et emprisonnée en 1944 sous l’accusation de sorcellerie. (!) Et elle fut assassinée en 1956.

Raymond Lodge, le fils du scientifique Sir Oliver Lodge. Il fut tué lors de la première guerre mondiale.

Boyrie, le père de Rita Goold. Il n’a pas parlé.

Laura Lorraine, la grand-mère de Rita Goold, apparue comme une jeune femme avec « une belle voix d’opéra ».

James Arthur Findlay, philosophe et historien décédé dans les années 1960.

Michael Jeffreys, fils de Barry et Pat, décédé dans un accident de motocyclette à l’âge de 16 ans.

Lors de la première séance, on entendit des coups sur la table, laquelle fut déplacée à travers la pièce. Helen Duncan fut la première à se manifester. Puis ce fut le tour de « Laura », laquelle se mit à chanter et prit la main de Michael Roll. Ce dernier remarqua que la main de la jeune fille donnait exactement la même sensation qu’une main physique. Après Boyrie, c’est Raymond Lodge qui se manifesta et s’assit sur une chaise en osier… La visite des entités a ainsi duré de 20 heures 45 à minuit passé. Michael Roll dit s’être entretenu pendant environ trente minutes avec Raymond Lodge sur des sujets divers (les « soucoupes volantes », le « sport » dans l’Au-delà…). Raymond Lodge a notamment passé une baguette au travers de la table (ce qui impliquerait un changement de structure atomique), et il passa lui-même au travers de cette table. Il passa également la baguette de tambour dans son corps, à hauteur du cœur.

Lors de la seconde séance, Laura s’assit sur le canapé. Helen matérialisa des objets en provenance du « monde éthérique ». Lors de cette séance, le père (décédé en 1967) et la mère décédés de Michael Roll se manifestèrent. Divers sujets furent abordés avec les entités (les animaux familiers après leur mort, le cancer, l’acupuncture…). A propos de la réincarnation, les « Esprits » interrogés répondirent qu’ils n’en « savaient pas plus que nous à ce sujet », Raymond Lodge ajoutant : « Si une telle chose existe, elle doit venir d’une haute autorité. » Ce type de réponse est typique des messages reçus dans le cadre de beaucoup de cercles spirites anglo-saxons (qui n’incluent pas la réincarnation dans leur enseignement), le niveau de connaissance des entités contactées étant par ailleurs limité…

Helen Duncan précisa que, sur Terre, toutes ses séances de médiumnité avaient eu lieu dans le noir.

« Elle dit aussi que cette nouvelle méthode avait été nettement améliorée car ils n’avaient plus besoin de l’ectoplasme à présent, et qu’ils travaillaient dur pour essayer constamment d’améliorer les méthodes de communication. »

On fera ici le parallèle avec les résultats obtenus par le groupe de Scole, également en Angleterre. (Voyez mon texte à la même rubrique : « Médiumnité physique. Le groupe de Scole ».) A propos de la « nourriture » dans l’Au-delà, Raymond Lodge précisa qu’il n’y avait aucun besoin de boire ni de manger, « mais que c’était possible pour celui qui le voulait ». (17)

– En 1981, Tony Ortzen décrivit, dans l’hebdomadaire britannique « Psychic News », une séance ayant eu lieu en septembre 1981, au cours de laquelle le médium britannique Paul Mac Elhoney produisit des « apports » :

1) Une statuette de bronze et de cuivre, de près de douze centimètres de haut et pesant environ un kilo.

2) Une coupe ornementée en cuivre massif de seize centimètres de haut, pesant presque quatre kilos.

Le médium produisit aussi un ectoplasme. A cette occasion, « Céros », le guide spirituel parlant par la bouche du médium, demanda à un assistant, Don Hatch, de placer ses mains dans la région du plexus solaire du médium. Don Hatch perçut alors une sorte de gonflement dans l’estomac du médium. Puis une masse ectoplasmique se déversa sur la tête et les épaules de Don Hatch. Cela ressemblait à une douce étoffe, la substance ne paraissant ni humide ni chaude. Une photo montra une coulée de matière blanche et brillante.

Notons, cependant, que Paul Mac Elhoney a fraudé. Un article de « Psychic News » (9 avril 1983) signale qu’on a découvert dans le magnétophone des œillets qui y étaient dissimulés. (18)

– Dans l’un de ses livres, Yves Lignon mentionne le nom du médium Julio Ribeiro, qui aurait produit régulièrement des ectoplasmes entre 1985 et 1989. En outre, précise-t-il, il existe dans le Norfolk un cercle spirite qui prétend observer régulièrement des ectoplasmes. (19) Ce cercle correspond manifestement au groupe de Scole. Voyez, à ce sujet, mon texte : « Médiumnité physique. Le groupe de Scole ». Mais il ne s’agit pas d’ectoplasmes, même s’il y a bien matérialisation d’entités !

Montague Keen a rédigé, le 11 novembre 2003, un rapport sur une séance de matérialisation qui a eu lieu le 25 octobre 2003 dans la maison de Denzil Fairbairn à Chalgrove, Oxfordshire (Angleterre). Le médium était David Thompson. On trouve le compte-rendu de cette séance dans les numéros 46 (avril 2004), 47 (juillet 2004) et 48 (octobre 2004) de la revue « Le messager » publiée par l’association « Infinitude ». Voici les éléments principaux de ce cas :

Montague Keen (décédé en 2004) a été membre du Conseil de la Society for Psychical Research, en Angleterre, pendant 55 ans. Lors de la séance qui nous intéresse, il a fouillé David Thompson et a constaté qu’il n’avait rien dans les poches, ni dans le gilet. Ses chaussures étaient « normales ».

Dans la pièce où a eu lieu la séance, il y avait seulement une porte et pas de fenêtre. Deux sièges bloquaient la porte de l’entrée (afin de s’assurer que la porte ne puisse être ouverte).

La chaise du médium a été examinée, rien d’anormal n’ayant été constaté. Cette chaise a été placée à l’intérieur d’une armoire ouverte, le médium ayant été attaché dessus au moyen de liens en plastique. Un bâillon noir fut attaché autour de la tête du médium et au travers de sa bouche ouverte, afin d’éviter qu’il ne puisse parler.

Divers objets furent placés sur une planche recouverte de noir, disposée à terre à un peu plus d’un mètre devant le médium : une trompette en carton avec une extrémité enduite de peinture phosphorescente, un harmonica, un hochet, deux baguettes de tambour (le tout devant être utilisé pendant une partie de la séance). Il y avait aussi une paire de pinces (afin de délivrer le médium après la séance) et deux anneaux en bois. Un magnétophone était chargé de diffuser de la musique…

Avant la séance, quand les participants se sont assis sur les chaises situées contre les trois murs, il a été demandé à tout le monde de rester tranquille et de ne rien saisir en l’absence d’autorisation.

Les lumières furent éteintes. La séance a commencé avec une courte prière et avec de la musique (le canon de Pachelbel, la danse des courtisans de Roméo et Juliette de Prokofiev, puis une musique plus populaire).

A la fin de la séance, on ralluma la lumière et on vit David Thompson toujours attaché à sa chaise, mais dans le milieu de la pièce, à quelque deux mètres de sa place initiale à l’intérieur de l’armoire, déplacé par-dessus la planche sur laquelle étaient les instruments. Les liens furent coupés…

Les événements physiques éprouvés par les personnes présentes sont les suivants :

* Le déplacement, dans la pièce, du médium attaché à sa chaise.

* Le retournement du cardigan du médium, avec les liens en plastique non cassés.

* L’apparition d’une coupure sur le côté inférieur de la base du pouce de Montague Keen.

* Des mouvements aériens, à grande vitesse, de l’extrémité phosphorescente de la trompette. Cette dernière a été assez durement appuyée, à un moment de la séance, contre la poitrine de Montague Keen.

* La tête de Montague Keen a été tapotée plusieurs fois, apparemment par l’extrémité phosphorescente de la trompette.

* Montague Keen a été vigoureusement frappé sur les deux genoux, à la présentation de la première entité supposée matérialisée.

* La cravate de Montague Keen fut dénouée, retirée et placée dans l’espace étroit entre sa chaise et celle de son épouse. A la fin de la séance, la cravate a été retrouvée sur la moquette sous les chaises.

* Les deux anneaux de bois ont été retrouvés sur le bras gauche d’un assistant (Alan).

* Montague Keen et son épouse ont été touchés « par une chaude, douce et apparemment main humaine », pendant environ quinze secondes.

* Il y eut des bruits de danse, « faits apparemment par un expert en claquettes, ainsi que des battements de tambour situés au plafond pendant une musique rapide de gigue irlandaise ».

* Une épingle de cravate en argent, surmontée par un chat, fut apportée en cadeau à Bianca (l’épouse du médium), expulsée « à travers l’ectoplasme sortant de la bouche du médium ».

* L’audition de quatre voix bruyantes et claires ayant répondu intelligemment aux questions posées.

Les deux communicateurs principaux se sont présentés comme étant :

William Charles Cadwell (décédé en 1897).

William Crookes.

Les deux autres intervenants auraient été :

– Un jeune londonien nommé Timothée Booth.

Louis Armstrong.

Commentaires de William Charles Cadwell :

« Bien, je peux maintenant vous dire que je suis matérialisé en partie. Un ectoplasme est exsudé du corps du médium par plusieurs orifices et est moulé autour de sa cavité buccale pour créer un effet de larynx. Bien sûr, je vous parle avec ma propre voix car je me place dans l’ectoplasme sortant du corps du médium, ce qui signifie que je m’enduis le corps éthérique avec l’ectoplasme. (…) »

« Et je suis ainsi capable de parler. Pendant la séance, il y a des moments où la matérialisation de la forme n’a pas lieu, et c’est là simplement où il y a des voix directes indépendantes. (…) »

« (…) Le cabinet est utilisé pour nous permettre de garder l’énergie près du médium, mais aussi pour que l’ectoplasme puisse être manipulé beaucoup plus facilement afin que la matérialisation ait lieu. »

« (…) Les matériels électriques de toute sorte qui sont utilisés pour les images photographiques infrarouges génèrent un type de rayonnement – je crois que c’est le bon terme, sans savoir de quelle nature il est – et ce rayonnement provoque une sensation brûlante sur l’ectoplasme. C’est un petit peu comme si vous mettiez votre main dans de l’acide sulfurique. Mais comme la médiumnité progresse dans le temps, il n’y aura plus aucun besoin de photographie infrarouge parce que tout sera observé dans la lumière provoquée par l’esprit. (…) »

William Charles Cadwell rappelle qu’il n’y a pas, après la mort, de « sommeil éternel », et il précise qu’il croit à la réincarnation. Après la mort, nous gardons notre personnalité. Mais au fur et à mesure de la transition à travers les sphères d’existence dans le monde de l’esprit, dit-il, « nous perdons l’identité de l’environnement du monde et la conscience que nous avions, mais cela ne peut pas être totalement extirpé, et quand le moment de la réincarnation arrive il reste toujours une essence de ce que nous étions ».

Timothée Booth, chargé de gérer l’ectoplasme du médium, précisa que la musique et les chants étaient nécessaires pour produire de l’énergie, et qu’il en faut beaucoup pour une démonstration de ce type. Il expliqua que l’ectoplasme a été dématérialisé car il y a danger lorsque l’ectoplasme est hors du médium. Timothée Booth en avait seulement gardé un peu pour pouvoir parler. C’était la première fois que les entités présentes avaient produit un « apport » à travers l’ectoplasme, visible avec la lumière rouge, ce qui « était risqué ». Montague Keen n’a pas vu « l’apport«  (une broche pour Bianca, l’épouse du médium) lorsqu’il s’est produit. Il était par terre, près de Bianca, quand la séance s’est terminée.

William Crookes a dit qu’à aucun moment, lors des expériences qu’il avait faites avec Florence Cook, le doute n’a effleuré son esprit quant à une fraude quelconque de celle-ci. Denzil Fairbairn mentionne l’existence de photos montrant, sur les mêmes clichés, Florence Cook et Katie King. William Crookes dit avoir vu l’ectoplasme sortant du corps du médium par la bouche et le plexus solaire, jusqu’au sol, pour ensuite donner naissance à une matérialisation complète devant ses yeux, le processus ayant duré environ cinq minutes.

Un autre médium est mentionné dans le texte : Stewart Alexander. Denzil Fairbairn avait assisté, environ trois ans auparavant, à l’émission d’un ectoplasme au cours d’une séance avec ce médium. Depuis lors, il y avait eu environ trois cents personnes qui avaient assisté à ces séances. (20)

 

Conclusion :

Michel Granger signale que l’ectoplasmie n’est pas révolue. Une dizaine de médiums britanniques, écrit-il, déclarent être aptes à la « matérialisation ». Et la « Noah’s Ark Society », une association spirite du Derbyshire, a relancé la médiumnité physique en 1990 « et obtenu des résultats dignes de la belle époque de l’ectoplasmie« . (21)

 

IV. La raréfaction du phénomène :

Comment expliquer la grande raréfaction des médiums à ectoplasmes ? Je ne pense pas qu’il faille invoquer – comme le faisait, à titre d’hypothèse, Robert Tocquet – une sorte de rythme expliquant l’apparition des grands médiums à effets physiques, lui-même probablement suscité par des cycles terrestres ou cosmiques. A moins, écrivait-il, « que les combinaisons chromosomiques ou certaines mutations produisant le type ‘médiums à effets physiques’ soient d’une telle rareté qu’il faille attendre une centaine d’années pour qu’elles se réalisent ». (22) L’explication se trouve ailleurs.

61yjaUeDZ9L._SX322_BO1,204,203,200_A propos de la rareté des médiums produisant des phénomènes comme les matérialisations de guides, les guides Orin et Da-Ben ont précisé aux channels Sanaya Roman et Duane Packer que « ces manifestations furent nécessaires dans le passé pour éveiller l’humanité à ses capacités de connecter les autres plans de réalité et pour l’aider à établir sa croyance dans l’existence des guides et de la vie après la mort » :

« Ces phénomènes très frappants, scientifiquement vérifiés, objets de documents photographiques, répondaient à un besoin de l’humanité pour lui permettre de franchir une étape et progresser vers le niveau suivant de développement dans ce domaine. Suffisamment de gens, à présent, croient au channeling, pour que de tels évènements saisissants ne soient plus aussi nécessaires qu’auparavant. Certains channels célèbres d’aujourd’hui, qui présentent leur guide sous un jour sensationnel, ont choisi délibérément d’agir ainsi pour aider les gens à croire à la réalité des guides. Cela requiert une énergie considérable de la part des guides pour produire ces phénomènes, et aujourd’hui cette même énergie est utilisée pour atteindre de plus en plus de gens. Orin et Da-Ben nous disent que la transmission consciente est la prochaine étape dans le développement des capacités humaines à devenir un channel ». (23)

Алиса_Анна_БейлиVoici également ce que le Maître D. K. a précisé à sa channel Alice Bailey (décédée en 1949) :

« A mesure que le temps passe, et avant la clôture du prochain siècle*, la mort au sens où elle est actuellement comprise sera définitivement regardée comme inexistante. La continuité de conscience sera si répandue, et tant d’hommes du type le plus évolué fonctionneront simultanément dans les deux mondes**, que l’ancienne peur disparaîtra. Les rapports entre le plan astral et le plan physique seront si fermement établis et si scientifiquement contrôlés que le travail des médiums en transe prendra fin, ce qui sera une vraie bénédiction. Les séances ordinaires de médiumnité par transe et les matérialisations sous le contrôle de guides indiens sont des perversions de rapports entre les deux plans, au même titre que les perversions sexuelles sont une déformation de la vraie relation et des rapports entre sexes. Je ne parle pas ici du travail des clairvoyants, même de basse qualité, ni de la prise de possession d’un corps physique par des entités de haut grade. Je parle des phénomènes déplaisants des séances de matérialisation, de l’ectoplasmie, et du travail aveugle et inintelligent effectué par les anciens dégénérés Atlantes et par les âmes orientées vers la Terre, comme le sont en moyenne celles des chefs et guides indiens. Il n’y a rien à gagner dans leur enseignement, mais beaucoup à éviter. » (24)

(* : « le prochain siècle » : le vingt-et-unième siècle ; ** : « les deux mondes » : les Plans physique et « astral ».) 31lRuhyrlEL._SX308_BO1,204,203,200_

A propos des « guides indiens », signalons que Papus (1865-1916) écrivait déjà que le continent de l’Atlantide était celui sur lequel se développa la « Race rouge »… (25)

L’ésotériste Benjamin Creme précise par ailleurs que le spiritisme était la « religion de l’ancienne Atlantide »… (26) Il signale aussi que l’Amérique du Nord et du Sud est ce qui reste de l’Atlantide. (27)

21Q86PYSJHL._AA160_Voici enfin une citation d’un ouvrage du channel américain Frank Alper :

« N’y a-t-il pas des tribus indiennes qui descendent aussi directement des Atlantes ?

Les Sioux et les Mohicans appartiennent à cette catégorie. » (28)

 

 

V. L’explication de l’ectoplasmie :

 

a) La « substance primordiale » de Gustave Geley :

Le docteur Gustave Geley (décédé en 1924) expliquait les matérialisations ectoplasmiques en relation avec la notion de substance primordiale. En 1926, le métapsychiste René Sudre se référait à une « idée directrice » évidente dans ces matérialisations, cette substance primordiale donnant naissance à une variété infinie de formes.

René Sudre était un parapsychologue rejetant toute notion d’Au-delà dans la production des phénomènes paranormaux. Il parla ainsi d’« illusion » à propos du « corps astral », et qualifia de « fantaisie incompatible avec sa dignité physiologique de moule et conservateur du corps » le fait qu’il puisse prendre des apparences diverses (vêtements, rajeunissement corporel, etc.). (29) En réalité, le rôle de « moule et conservateur du corps » est dévolu au corps éthérique ou vital (véhicule du « prâna », du « chi » ou du « ki ») et non au corps astral. Il est connu par contre que la « substance astrale » peut prendre des apparences diverses, celle-ci étant présentée comme remarquablement plastique et influençable par la pensée. Il apparaît cependant que le corps éthérique est partiellement impliqué dans l’ectoplasmie. Le corps éthérique ne peut cependant pas être entièrement expulsé du corps sans provoquer la mort. C’est la retraite partielle de ce « double » qui plonge le corps physique dans un état léthargique et suspend presque les fonctions vitales. (30)

J’ai déjà signalé les moulages ectoplasmiques : lors de séances effectuées avec Franek Kluski à l’Institut Métapsychique International, Gustave Geley (1865-1924) obtint des moules de membres matérialisés (sept de mains et un de pied, ainsi qu’un moule de bas de visage). Il utilisa pour cela un baquet rempli d’eau très chaude sur laquelle surnageait une couche de paraffine fondue, des formations ectoplasmiques plongeant dans le bassin et déposant de minces gants de paraffine. Du plâtre était alors coulé dans les moules afin d’obtenir des moulages. Dans ces conditions, on a obtenu le moulage d’une main grâce à la médiumnité de Franek Kluski, moulage dont les dimensions correspondent à la main d’un enfant de 10 à 12 ans, mais dont les détails anatomiques sont ceux d’une main d’adulte. On notera que la position du pouce en crochet eût rendu impossible tout retrait d’une main normale du gant de paraffine. (31)

Notons au passage que la « substance primordiale » à laquelle se référait Gustave Geley pour expliquer l’ectoplasmie correspond à :

* L’énergie « éthérique » des occultistes.

* La « quintessence » des alchimistes.

Voici la définition que Jean-Louis Bernard a donnée de la « quintessence » :

« La matière comporterait quatre éléments = quatre ordres fondamentaux de vibrations, vivifiant terre, air, eau et feu. Mais ceux-ci dériveraient d’un cinquième élément, leur origine et, en même temps, leur fin (après désintégration ou résorption de la matière). D’où ‘Quinte essence’ : quinte = cinquième ; essence = origine, esprit, arcane (…). »  (32)

 

b) Le corps astral et le corps éthérique :

Les occultistes, ésotéristes, « décorporés », etc., savent que l’être humain n’est pas uniquement constitué d’un corps physique, mais qu’il possède aussi un corps subtil (ou corps spirituel) ou une série de corps subtils hiérarchisés qui interpénètrent (car de fréquence vibratoire plus élevée que la matière physique/dense) le corps mortel : corps éthérique, corps astral, corps mental

Un indice important de l’implication du « corps astral » dans l’ectoplasmie est cette observation de Gustave Geley :

« Auprès du médium se dessine ou s’agglomère une sorte de vapeur visible, de brouillard, souvent reliée à son organisme par un lien ténu de la même substance. » (33)

Ce lien ténu relié au corps physique évoque irrésistiblement la « corde d’argent » qui relie le corps astral au corps physique !

Il convient de noter que Wilfried Chettéoui a publié des photographies exceptionnelles prises au chevet d’une mourante, où l’on peut voir la corde d’argent. (34)

Le moulage mentionné plus haut (dimension de la main d’un enfant de 10 à 12 ans avec des caractéristiques anatomiques de la main d’un adulte) pourrait peut-être s’expliquer de la sorte :

Si vous consultez le livre d’Anne Givaudan et de Daniel Meurois : « Les robes de lumière », ainsi que celui d’Anne Givaudan : « Lectures d’auras et soins esséniens », vous vous apercevrez que les corps subtils (corps astral, corps mental, corps causal…) sont « emboîtés » dans le corps physique : le corps astral apparaît ainsi plus petit que le corps physique ! (35) Voilà qui pourrait expliquer que l’on ait obtenu un moulage de main d’enfant avec des caractéristiques de main d’adulte…

Qu’en est-il de la fantasmagorie des formes constatées lors des manifestations de type ectoplasmique ? Dans une émission de radio, Nicolas Maillard a défini l’ectoplasme comme une sorte de synthèse matérialisée des fantasmes du médium, de ceux de l’expérimentateur, de ceux de toutes les personnes présentes à ce moment-là. Pour lui, cela n’a vraisemblablement rien à voir avec les « Esprits ». On peut y réfléchir rationnellement dans tous les sens, disait-il, « on ne pourra pas prouver l’existence de la survie parce que tout simplement c’est improuvable ». On peut cependant faire un parallèle entre la notion de « synthèse matérialisée de fantasmes » et celle d’« imagination astrale » (pour employer une expression de l’ésotériste britannique Benjamin Creme), la pensée ayant une action créatrice sur la « substance éthérique et astrale » à l’origine des matérialisations ectoplasmiques. (Ce qui n’exclut pas l’intervention de l’Invisible, contrairement à ce que pensait Nicolas Maillard par exemple.)

Lors de la même émission (36), un psychiatre fit référence à un « effet de foule » propice à la suggestibilité et à la « contagion mentale » ou « hystérie collective » (comme dans le cas des « possédés » de Loudun). Les halos colorés, les odeurs, etc., perçus lors de séances (comme ce fut le cas à l’IMI en 1922-1923), entreraient dans la catégorie des hallucinations psychosensorielles. Tout ceci est absurde car les phénomènes lumineux, l’odeur d’ozone, etc., qui ont été perçus, n’étaient pas de nature subjective. Et les moulages obtenus, eux, étaient bien de nature matérielle…

Il faut donc ici préciser que l’ectoplasmie ne peut s’expliquer qu’en faisant référence à la notion de matérialisation (avec diminution de la fréquence vibratoire) de l’ensemble corps éthérique/astral, le tout avec l’assistance de l’Invisible (guides spirituels…). Il s’avère que la « substance astrale » est très malléable et qu’elle peut donner naissance à toutes sortes de formes… On fera le parallèle avec les témoignages de nombreux décorporés (personnes qui sont sorties de leur corps), lesquels ont pu constater qu’il leur était aisé, dans cet état, de créer par la pensée (ce qui, pour employer une terminologie moderne, a pour effet de donner naissance à des scènes de réalité virtuelle, de nature holographique).

11XFKVTR9QL._BO1,204,203,200_Voici l’explication que donnait, de l’ectoplasmie, le théosophe Arthur E. Powell (1925) :

« Un médium est une personne anormalement organisée dont les corps éthérique et dense peuvent se séparer aisément. Le double éthérique expulsé fournit en grande partie aux ‘matérialisations’ leur base physique.

Les formes ainsi matérialisées ne s’éloignent guère, en général, du médium, car leur matière constitutive est soumise à une attraction qui ne cesse de les ramener au corps dont elles procèdent ; si bien que la figure, si elle reste trop longtemps éloignée du médium, s’effondre, et la matière dont elle est faite retourne instantanément à sa source.

Les formes de ce genre ne peuvent subsister que quelques instants parmi les vibrations intenses d’une vive lumière.

L’état de médium est en somme dangereux et par bonheur relativement rare : il détermine beaucoup de tension et de troubles dans le système nerveux. Quand le double éthérique est expulsé, le double lui-même est déchiré en deux ; il ne pourrait être entièrement séparé du corps dense sans que la mort en résultât, car la force vitale ou prâna ne peut circuler sans la présence de matière éthérique. Cette retraite partielle du double suffit pour plonger le corps dense dans un état léthargique et suspend presque les fonctions vitales ; à cet état dangereux succède habituellement un épuisement extrême.

L’effrayante déperdition de vitalité due à la suppression des moyens qui permettent au prâna de circuler, explique l’affaissement des médiums après une séance, et aussi pourquoi tant de médiums finissent par tomber dans l’ivrognerie ; ils demandent aux stimulants de satisfaire l’impérieux besoin d’énergie éveillé par leur affaiblissement soudain. »

Arthur E. Powell a cité Sir Wiliam Crookes qui avait mentionné le pénible état de prostration nerveuse et corporelle constaté lors de certaines expériences faites, au dix-neuvième siècle, avec le médium Daniel Dunglas Home. Le physicien, qui avait vu ce dernier couché sur le parquet, « presque évanoui, pâle et muet », se demandait :

« … comment douter que l’évolution de la force psychique soit accompagnée d’une déperdition correspondante de force vitale ? ».

Arthur E. Powell a ajouté ce commentaire :

« Dans une séance spirite, un clairvoyant voit le double éthérique s’échappant en général du côté gauche du médium, mais parfois aussi de toute la surface du corps, et c’est ce double qui souvent constitue ‘l’esprit matérialisé’, que modèlent facilement et de façons diverses les pensées des assistants, sa force et sa vitalité augmentant lorsque le médium est plongé dans une transe profonde. »

Une certaine quantité de matière éthérique peut être soustraite aux corps des assistants, « d’où la fatigue souvent éprouvée par les habitués de ces séances ».

« Un choc ou trouble subi, toute tentative de saisir la ‘forme-esprit’, sont extrêmement dangereux et peuvent même amener la mort. »

On a pu constater, chez le médium, une perte de poids.

* « Pour une entité astrale qui veut se ‘manifester’ ou produire un phénomène quelconque sur le plan physique, un médium sert à fournir la matière éthérique indispensable ; celle-ci agit comme intermédiaire pour amener les forces astrales dans la matière physique. »

* « Quelquefois, la matière prise au médium suffit exactement pour former une main éthérique ou même seulement des doigts pour tenir un crayon et écrire, ou pour permettre des ‘coups frappés’, le renversement ou le déplacement d’objets, et ainsi de suite. En général, c’est à la fois de la matière éthérique et de la matière dense physique dérobées au médium qui servent à recouvrir une forme astrale, juste assez pour rendre celle-ci visible aux assistants ; la forme vue n’est donc pas solide mais simplement une mince pellicule. »

* « La plupart des guides-esprits’ savent très bien les dangers courus par leurs médiums et, pour protéger ceux-ci, prennent toutes les précautions possibles. Les ‘esprits’ eux-mêmes ont parfois à souffrir quand, par exemple, une forme matérialisée est frappée ou blessée, à cause de l’association étroite qui s’établit entre la matière éthérique de la forme matérialisée et la matière astrale appartenant au corps de ‘l’esprit’.

Il est vrai naturellement que nulle arme physique ne peut affecter un corps astral, mais une lésion de la forme matérialisée peut être transmise au corps astral par le phénomène appelérépercussion’. » (37)

L’occultiste Stanislas de Guaïta (1861-1897) expliquait les apparitions d’entités par une « intersection accidentelle des plans physique et astral« , par des « simulacres ». Ces « simulacres » peuvent être assimilés aux « coques astrales » des théosophes. (38)

J’ai évoqué, plus haut, le cas de la matérialisation présumée de « Katie King » par la médium Florence Cook. Selon Florence Cook, « Katie King » aurait vécu au temps de la reine Catherine, épouse de Charles II d’Angleterre, et elle se serait alors appelée Annie Morgan. L’ésotériste Michel Coquet s’inspire notamment de l’enseignement théosophique, et plus particulièrement de celui du Maître D. K. et d’Alice Bailey. Voici l’explication qu’il donne du cas Katie King :

« Après sa transition, l’entité demeura sur le plan astral, puis laissa là son corps astral pour entrer en dévachan, la dernière sphère de conscience où vont tous les défunts avant leur retour sur Terre. D’elle il ne restait donc qu’un vestige, une coque astrale, une image sans vie et sans conscience, une dépouille en période de désintégration. Le médium en état de transe animait cette image de sa propre vitalité, et à partir de son propre corps astral reproduisait fidèlement l’image de la coque. L’âme de Katie sur son propre plan était très probablement complètement inconsciente de tous ces phénomènes liés à son image. » (39)

Que le cas de Katie King ait été ou non authentique, peu importe. L’explication pourrait être appliquée à d’autres cas d’ectoplasmie.

Une chose est sûre : les théoriciens (hostiles à des concepts « occultistes » ou « ésotériques ») qui veulent rendre compte du phénomène d’ectoplasmie en faisant l’économie de toute référence aux concepts de « corps éthérique » et « corps astral », sont dans l’erreur. Et en en écrivant ceci, je pense tout particulièrement aux « métapsychistes » et autres parapsychologues.

Alain Moreau

 

Références :

1. Robert Tocquet, « Les mystères du paranormal », éditions Psi International, 1978, p. 11-12.

2. Michel Granger, « Hors-Série Paranormal »-VSD, août 2004, p. 18-21.

3. Jean-Philippe Crouzet, « Les merveilles du spiritisme », Nouvelles Editions Debresse, 1965 ; édition 1971, p. 383, 399-412, 417, 440-441.

4. Fernand Gouron, « La revue de l’Au-delà », n° 25, mai 1999, p. 18-19.

5. « Renaître 2000 », n° 37, mars-avril 1984, p. 94-95.

6. Robert Tocquet, op. cit., p. 252-254.

7. Ibid., p. 254.

8. Ibid., p. 12-46, 262-263.

9. Ibid., p. 77-78, 242-246 ; Yves Lignon, « Quand la science rencontre l’étrange », éditions Belfond, 1994, p. 121-135 ; « Le messager », n° 35, juillet 2001, p. 16-17.

10. « Le messager », n° 35, op. cit., p. 18.

11. « Le messager », n° 47, juillet 2004, p. 25.

12. Guy Playfair, « Le pouvoir de l’Invisible », éditions J’ai Lu, 1977, p. 61-90.

13. Michel Granger, op. cit., p. 21.

14. Ibid., p. 21.

15. Ibid., p. 21.

16. Monique Simonet, « Réalité de l’Au-delà et transcommunication », éditions du Rocher, 1994, p. 77.

17. « Le messager », n° 36, octobre 2001, p. 18-24.

18. « Renaître 2000 », n° 36, janvier-février 1984, p. 33-34 ; n° 37, mars-avril 1984, p. 89.

19. Yves Lignon, op. cit., p. 82.

20. « Le messager », n° 46, avril 2004, p. 22-25 ; n° 47, juillet 2004, p. 20-25 ; n° 48, octobre 2004, p. 20-24.

21. Michel Granger, op. cit., p. 21.

22. Robert Tocquet, op. cit., p. 56.

23. Sanaya Roman et Duane Packer, « Manuel de communication spirituelle », éditions Soleil, 1989, p. 273.

24. Alice Bailey, « Guérison ésotérique », éditions Lucis Trust, p. 347-348 de l’édition de 1987 (Dervy-Livres).

25. Papus, « Traité méthodique de magie pratique », éditions Dangles, p. 96.

26. Benjamin Creme, « La mission de Maitreya », tome 2, Association Partage, 1995, p. 616-617.

27. Benjamin Creme, « Partage international », n° 113-114, janvier-février 1998, p. 49.

28. Frank Alper, « Mémoires de l’Atlantide », éditions Recto-Verseau, 1996, p. 61.

29. René Sudre, « Traité de parapsychologie » (1956), éditions Payot, édition de 1978, p. 364.

30. Arthur E. Powell, « Le double éthérique » (1925), éditions Adyar, p. 102 de la quatrième édition française de 1989.

31. Robert Tocquet, op. cit., p. 42.

32. Jean-Louis Bernard, « Dictionnaire de l’insolite et du fantastique », éditions du Dauphin, 1971, p. 267-268.

33. Robert Tocquet, op. cit., p. 11.

34. Wilfried Chettéoui, « La nouvelle parapsychologie », éditions Sorlot-Lanore, 1983, hors-texte (entre les pages 96 et 97).

35. Anne et Daniel Meurois-Givaudan, « Les robes de lumière », éditions Arista, 1987, p. 23 ; Anne Givaudan, « Lecture d’auras et soins esséniens », éditions Amrita, 1997. (Disponible aux éditions S. O. I. S.)

36. Emission « Sur les voies du paranormal », « Europe 1 », 9 janvier 2000.

37. Arthur E. Powell, op. cit., p. 102-106.

38. Jean Sider, « Ovnis : Le secret des aliens », éditions Ramuel, 1998, p. 164-165, 168.

39. Michel Coquet, « Pouvoirs psychiques et Réalisation spirituelle », éditions L’Or du Temps, 1989, p. 194-195.

 

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