Le mythe des soucoupes volantes nazies

 Un “Haunebu” (une prétendue soucoupe volante nazie !)

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La thèse des “soucoupes volantes nazies” est un sujet qui revient périodiquement dans diverses revues “sensationnalistes” et sur de nombreux sites Internet. En 2014, la revue “Mondes étranges” a ainsi consacré un article à ces “soucoupes” alléguées (l’auteur suggérant la réalité de celles-ci)… Ce sujet a aussi été traité dans une émission d’“Alien Theory”… (Voyez mon texte à propos d’“Alien Theory”.) N’oublions pas, non plus, le prétendu code Adamski selon Peter Knight, l’auteur de nombreux articles publiés dans la revue “Top secret”, ainsi que de livres concernant ce sujet. Je n’ai jamais cru aux SV nazies, le texte suivant, en deux parties, allant dans le sens de mes convictions à ce sujet. Ce texte est divisé en deux parties : j’évoque d’abord la critique pertinente de l’ufologue Patrick Gross (critique qui se trouvait sur son site), puis l’analyse de l’auteur qui s’exprimait sous le pseudonyme de “Karma One” (Alain Gossens).

En 2016 est paru un livre (publié en langue française aux éditions Ariane, avec une postface inédite) de Michael Salla, un livre dans lequel une large place est faite aux prétendues soucoupes volantes nazies (celles de la Société du Vril et celles de la SS nazie). Si les révélations ahurissantes contenues dans ce livre sont vraies, alors je me suis trompé dans ma conviction de l’inexistence des SV nazies. Mais avant de faire mon “mea culpa” à ce sujet, j’attendrai la prétendue “Divulgation complète” annoncée dans ce livre, en espérant que celle-ci se fasse avant que je ne parte vers “un monde meilleur”… A noter d’ailleurs que j’ai rédigé, sur le présent site (voir aussi le chapitre 2 du tome 1 de “Civilisations extraterrestres”), un texte intitulé : “Pourquoi la Divulgation n’aura pas lieu”… En attendant, voici les contributions de Patrick Gross et d’Alain Gossens :    

 

I. La critique de Patrick Gross :

Dans un texte de son site Web (ufologie.net), intitulé « le énième retour des soucoupes volantes nazies », l’ufologue Patrick Gross a noté que cela fait cinquante ans que cette théorie ressurgit régulièrement, « chaque fois réfutée, chaque fois remise sur le tapis comme si de rien n’était ».

Il stigmatise une falsification de l’histoire de l’aéronautique, des erreurs dans le domaine de l’aéronautique, des interprétations fausses de documents, des mensonges éhontés. Il s’agit là d’une analyse que je partage tout à fait. Je ne suis cependant pas d’accord avec ses allégations relatives au caractère mystificateur de la totalité des allégations du « contacté » américain George Adamski (décédé en 1965).

Je m’inspire largement, ci-dessous, de l’argumentation de Patrick Gross à propos des inepties des défenseurs des « soucoupes nazies ». Notons tout d’abord que si ces dernières avaient réellement existé, nul doute que nous serions, maintenant, en plein Troisième Reich !

Patrick Gross prend pour cible un article de Jean-Pierre Troadec paru dans le numéro 24 de la revue « Top secret ». (1) On lit, en page de couverture du numéro 24 de « Top secret » :

“Les OVNIS du IIIe Reich – L’arme secrète des nazis est-elle à l’origine du phénomène OVNI?”

On nous parle d’OVNIs nazis et de « plans secrets du troisième Reich ».

L’article est censé “faire la lumière” sur des projets secrets allemands, le résultat de ces projets secrets ayant “pu constituer” les OVNIs vus à l’aube des années 1950.

« L’article affirme en introduction que malgré ce qui a été écrit sur cette période tragique de l’Histoire, un aspect méconnu de la guerre n’aurait quasiment jamais été présenté au public, celui que les nazis auraient construit des armes secrètes volantes.

C’est en réalité entièrement faux, car il existe pléthore de documentaires et livres de très grande qualité sur les avions allemands de la deuxième guerre mondiale, et plus particulièrement sur les engins volants les plus avancés, du Me 262 aux V1 et V2, en passant par le Bachem Natter et les ailes volantes en bois des frères Horten, et il existe de l’autre côté pléthore de pseudo documentaires vidéo et DVD, livres et articles insensés sur les soucoupes volantes nazies (…). Quand l’auteur assure qu’il y a là quelque chose de ‘méconnu’, il se trompe, les thèses sur les soucoupes volantes nazies, tout comme leur réfutation, abondent. Le manque de succès tout relatif de ces thèses n’est pas dû à une absence d’information ou à une ignorance du public, mais à la méfiance entièrement justifiée du public quant à la valeur de ces thèses. » (P. Gross)

 

1. Les ailes delta :

« Il est alors affirmé que ces engins secrets seraient soit de forme circulaire, soit en forme d’aile delta’, ce qui est encore entièrement faux. Par exemple, il est parfaitement vrai que l’ingénieur Alexander Martin Lippisch (1894-1976) avait étudié l’aile delta, mais rien d’autre n’a été construit par les nazis en matière d’aile delta. Seul un planeur en bois a été construit par Lippisch, qui voulait évaluer par de brefs vol planés si l’aile delta est envisageable. » (P. Gross)

Le DM-1, d’Alexander Martin Lippisch, était un planeur en bois, sans moteur. L’objectif de la construction de ce planeur était de vérifier si un avion à delta était stable. Il ne s’agit nullement d’une “soucoupe volante nazie”. La tentative d’Alexander Martin Lippisch de faire un avion à aile delta n’a pas du tout été soutenue par les nazis, la guerre l’ayant empêché de continuer dans cette voie.

Ce sont les Américains et les Français qui vont poursuivre le concept d’aile Delta, les Français tardivement avec les fameux Mirage III et IV de Dassault

« Comme Lippisch n’avait pas pu continuer le développement du concept d’aile delta sous le régime nazi, il a été ravi de pouvoir le faire aux Etats-Unis à la NACA, l’ancêtre de la NASA. Les alliés l’ont envoyé avec sa maquette à Langley aux laboratoires de la NACA. Convair avait de son côté fait des essais d’ailes delta avec leur prototype P-92, et avec l’aide de Lippisch le travail sur le P-92 a été poursuivi et a abouti au premier prototype d’avion à aile purement en delta, le Convair XF-92A (…), dont le premier vol a eu lieu en 1949. Le XF-92 est actuellement exposé à l’US Air Force Museum à Wright-Patterson.

Le XF-92A ayant permis de constater que l’aile delta était suffisamment stable et présentait certaines qualités utilisables, Convair a ensuite développé les avions de chasse à réaction F-102 puis F-106 utilisant cette aile delta.

Les essais pour le F-102 (…) ont débuté en 1953, et ce fut l’occasion de la découverte de la fameuse ‘loi des aires’, solution d’un problème aérodynamique qui gênait le vol supersonique. Le F-102, premier avion à réaction productif à aile delta, a été amélioré. Il lui succédera le F-106. Les deux modèles seront effectivement utilisés par l’US Air Force. Contrairement à ce que raconte Jean-Pierre Troadec, les nazis n’ont fait voler aucun avion à aile delta. » (P. Gross)

 

2. De véritables « soucoupes » ?

Jean-Pierre Troadec écrit que les Allemands “auraient” construit de “véritables soucoupes volantes à décollage vertical”, les “Vril” et “Haunebu”, prétendant que ces projets ont été “ignorés du grand public”.

En réalité, cela fait plus de cinquante ans qu’une littérature totalement douteuse inonde le grand public sur ce sujet, et c’est dans cette littérature abondante et nullement cachée que l’auteur a puisé la matière de son article.

Jean-Pierre Troadec prétend que “tout le monde” aurait “ignoré” la question des prototypes nazis. Or, ainsi que le note Patrick Gross, il existe une bibliographie importante (qu’il donne à la fin de son texte) sur ce sujet. Celle-ci prouve que ce dernier n’a absolument pas été ignoré, mais qu’il a au contraire été examiné à la loupe depuis cinquante ans, le mythe des “soucoupes volantes” nazies ayant été réfuté « en de très nombreuses occasions par les chercheurs sérieux qui ont réellement étudié la question de très près ».

« L’affirmation suivante est également fausse. L’auteur prétend que ‘les ufologues’ rejetteraient l’existence des soucoupes volantes nazies comme étant une opération de désinformation visant à écarter l’hypothèse extraterrestre’. C’est faux, seuls quelques marginaux sont allés dans cette direction. En réalité, la plupart des ufologues rejettent les soucoupes volantes nazies pour une toute autre raison : elles n’ont tout simplement jamais existé. » (P. Gross)

« En somme, si vous pensez que les soucoupes volantes nazies n’ont jamais existé, vous êtes dans l’erreur, vous êtes aveugle et intransigeant. Cette mauvaise rhétorique est un signe qui ne trompe pas les gens sérieux. Ce n’est pas en accusant les ufologues d’être ‘aveugles et intransigeants’ que l’auteur arrivera à convaincre qu’elles ‘auraient’ existé, c’est en apportant la preuve, ou au moins quelques éléments de vraisemblance. Nous verrons qu’il n’y en a cependant aucun dans l’article. »

Si Jean-Pierre Troadec défend la pertinence de la question, Patrick Gross note que ce n’est pas vraiment le problème.

« Par exemple, dans cette critique, je ne prétends nullement qu’il est illégitime de se poser la question d’une origine nazie des OVNIS, je montre seulement que cette question a déjà été abordée il y a longtemps, que les réponses négatives abondent depuis longtemps, tandis que les éléments prétendus probants ou au moins intrigants ont été réfutés depuis longtemps. » (P. Gross)

Jean-Pierre Troadec « rappelle » que les observations d’engins volants non identifiés ont commencé dès 1947. En réalité, note Patrick Gross, ces observations existaient déjà durant la deuxième guerre mondiale, avec les “foo fighters” ou “the Light”, ou “the thing”, « sans parler de toutes les affaires qui, quoi qu’elles puissent être, ne peuvent pas avoir le moindre rapport avec des soucoupes volantes nazies puisqu’elle datent de bien avant le régime nazi ».

 

3. George Adamski comme prétendu témoin de l’existence des “soucoupes nazies” :

Jean-Pierre Troadec affirme que les témoignages de 1947 parlent de “soucoupes volantes” dont les occupants sont grands et blonds, certains étant censés parler avec un fort accent allemand.

« En réalité, il n’en est rien. Il y a bien entendu quelques histoires tardives inventées par des farfelus longtemps après les années quarante et racontant de telles choses, mais de cas sérieux, point, et l’auteur n’en indique aucun, ce qui évite que le lecteur ne vérifie ce qu’il en est et s’aperçoive que ce ne sont là que des historiettes de journaux et des histoires de ‘contactés’ depuis longtemps réfutées, et aucunement des observations d’OVNIS fiables et enquêtées. » (P. Gross)

En réalité, ajoute Patrick Gross, « les racontars de prétendus “contactés” » ne sont pratiquement jamais des histoires de “géants blonds à l’accent allemand”, mais des histoires de Martiens, Vénusiens ou autres prétendus extraterrestres d’apparence quasi humaine, « ce qui est une absurdité patente ».

C’est ici qu’il y a une divergence importante entre Patrick Gross et moi. Si, effectivement, les histoires de « géants blonds à l’accent allemand » sont fausses, les allégations de certains contactés relatives à des Martiens, des Vénusiens ou autres extraterrestres d’apparence quasi humaine, ne constituent pas, globalement, « une absurdité patente », comme je le signale un peu plus loin.

Patrick Gross note que les rencontres rapprochées du troisième type avec observation d’occupants d’OVNIs montrent, dans une écrasante majorité des cas, des occupants d’OVNIs qui ne sont pas des humains, encore moins des “géants blonds à l’accent allemand”, sans compter que les Allemands ne sont évidemment pas tous, loin de là, des “géants blonds.” Ceci est vrai, mais cela n’empêche pas que divers témoins, et des contactés crédibles (comme Pierre Monnet, etc.), ont bien vu des êtres d’apparence humaine. Ce n’est donc pas sur la prétendue rareté des « extraterrestres humains » qu’il convient d’insister pour réfuter la thèse erronée des adeptes des « soucoupes volantes nazies ».

« Mais l’auteur semble croire réellement ce qu’Adamski a raconté. (Il y a un encart sur ce thème en bas de page, qui est peut-être un commentaire de l’éditeur : il est dit que les photos d’Adamski sont probablement des faux’, puis qu’elles sont tout de même à considérer au motif que il y a quelque chose de totalement germanique dans l’ergonomie [sic] de cet engin.’)

L’auteur raconte que la célèbre aventure de George Adamski contient des éléments nous rapprochant de l’Allemagne vaincue’.

En guise d’élément, l’auteur indique tout d’abord qu’un moulage en plâtre d’une trace de pas, fait par Adamski en guise de preuve de sa rencontre avec un Vénusien, montre qu’il y avait deux croix gammées sur les semelles du prétendu Vénusien. En réalité, ces moulages en plâtre ont été faits par son ami George Williamson le jour même de la rencontre, car on avait pensé à emmener du plâtre, vous pensez bien. » (P. Gross)

Un dessin a été fait par la suite pour illustrer « ces prétendus moulages en plâtre ». Sur ce dessin, il n’y a pas deux mais un svastika, « de dessin tibétain et non nazi ». L’ufologue belge Franck Boitte a noté qu’avant « de voyager avec les extraterrestres pour voir les forêts de la face cachée de la Lune » (P. Gross), George Adamski était un féru du bouddhisme tibétain dont le svastika était un symbole bien avant qu’Adolf Hitler ne le découvrît. Il n’y a rien de bien étrange, écrit Patrick Gross, à ce que « le charlatan utilise ce symbole ». (Voir l’article de Franck Boitte dans : “Eclaircissements possibles sur la signification des symboles figurant sur les moules de Desert Center, 20 novembre 1952”, dans « Lumières dans la Nuit », n° 287-288, mai/juin 1988, p. 13-19.)

« Dans les années de la prohibition de l’alcool aux USA, Adamski avait en effet fondé un minuscule culte qui servait de paravent à son trafic d’alcool, l’Ordre Royal du Tibet, se faisant passer pour professeur et inventant des voyages au Tibet qu’il n’a jamais effectués. » (P. Gross)

L’autre élément censé rapprocher les Vénusiens de George Adamski et les nazis serait une photographie de prétendue “soucoupe volante” prise par George Adamski, cette photo étant censée montrer, sur la « soucoupe », une croix gammée. Or, cette photo n’existe pas.

En outre, Madeleine Rodeffer a présenté comme étant authentique un faux film de « soucoupe volante » tourné par Lonzo Dove, avec, dit-on, une croix gammée sur la « soucoupe ». Sur ce film truqué, on ne voit en fait, précise Patrick Gross, aucune croix gammée.

Il y a aussi un dessin particulier dont l’origine, selon George Adamski, serait la suivante :

George Adamski a raconté qu’à sa première rencontre les Vénusiens lui avaient emprunté la plaque photographique qu’il avait prise de leur vaisseau. Il a dit que, lors d’une rencontre ultérieure, il avait demandé aux Vénusiens s’ils voulaient bien la lui rendre. Ceux-ci la lui auraient alors lancée depuis la fenêtre de leur « soucoupe ». Mais au lieu de la photo, les Vénusiens lui ont en fait lancé un dessin que George Adamski a appelé “la photo substituée”.

« Comme Jean-Pierre Troadec en a juste entendu parler et a mal compris, et n’a pris aucun soin de creuser cette histoire, il raconte alors que ce dessin est une photographie de soucoupe nazie avec croix gammée… » (P. Gross)

Patrick Gross note aussi qu’« un certain Pierre Gilder, qui se disait médium, a même trouvé moyen de plagier ce dessin en en faisant une mauvaise copie dont il prétendait que c’était “l’écriture des Atlantes” »…

Jean-Pierre Troadec n’est pas le premier à prétendre qu’il y a une similitude “probante” entre la « soucoupe » de George Adamski et des pseudo plans de “soucoupes nazies”. La réalité est différente. En effet, c’est après que George Adamski ait montré ses photos (que Patrick Gross affirme être fausses) de “soucoupes volantes” vénusiennes que les promoteurs néo-nazis des thèses de “soucoupes volantes” nazies ont dessiné de faux “plans” de “soucoupes volantes” nazies, dont certains sont à l’image des photos de George Adamski !

Une photo de « soucoupe » prise par George Adamski est en réalité, affirme Patrick Gross, un dessus de lampe en porcelaine (*) décoré de balles de ping-pong.

« Bien que tous les ufologues sérieux sachent ce qu’il en est, Jean-Pierre Troadec fait tout simplement comme si la photographie était vraiment celle d’une soucoupe volante. » (P. Gross)

George Adamski avait prévu, selon Patrick Gross, que l’on pourrait étudier ses photos de près, et il avait dans son livre décrit la « soucoupe » en tenant compte du fait qu’il avait photographié un objet en porcelaine :

« C’était un petit engin merveilleux, ressemblant davantage à une lourde cloche de verre qu’à une soucoupe volante. Cependant, je ne pouvais pas voir au travers… » (G. Adamski)

Sur une autre photo, on voit le pseudo “professeur” Adamski qui pose devant une peinture représentant le Vénusien qu’il disait avoir rencontré. Patrick Gross fait ce commentaire pertinent :

« Loin de ressembler à quelque SS géant blond nazi, il est décrit par Adamski comme d’une beauté presque féminine, il a les cheveux longs, une tenue fort peu martiale, et l’idéologie qu’Adamski prétend racontée par le Vénusien n’a strictement rien de nazi. »

La “soucoupe” que l’on voit dans le film de Madeleine Rodeffer est, note Patrick Gross, « un faux grossier ».

“Après que les fausses photographies de soucoupes par Adamski aient été diffusées, d’autres menteurs ont réalisé de fausses photographies en s’inspirant de la forme de celle d’Adamski pour leur donner de la crédibilité.” (P. Gross)

Une photo montre ainsi “le fameux faux” réalisé par le jeune britannique Stephen Darbyshire.

“Au lieu de comprendre que les faux inspirent les faux, Jean-Pierre Troadec fait comme si toutes ces photographies se ‘prouvaient’ les unes les autres.” (P. Gross)

Sur la couverture d’un livre (1959) d’Howard Menger, un autre « prétendu “contacté” » (inspiré par George Adamski), la forme de la “soucoupe”, écrit Patrick Gross, est strictement la même que celle « du dessus de lampe » de George Adamski.

« Menger épousera la Vénusienne blonde, qui n’avait rien d’un nazi et aucun accent allemand. » (P. Gross)

Howard Menger a également pris, selon Patrick Gross, de fausses photographies de sa “soucoupe”, la forme de celle-ci étant strictement la même que celle « de l’abat-jour d’Adamski ».

Une illustration montre un faux plan de “soucoupe volante” nazie Haunebu, apparu des décennies après les « fausses photographies » mentionnées ci-dessus. La silhouette rappelle « bien entendu » celle des « fausses photographies » prises par George Adamski, avec des inexactitudes toutefois, et celle d’autres fausses photographies et d’autres faux dessins, « mais au lieu de comprendre que cela n’a rien de probant, Jean-Pierre Troadec fait comme si cela établissait un lien entre les OVNIS et les prétendues soucoupes volantes nazies. » (P. Gross)

Dans le texte de Patrick Gross sur son site, un dessin montre la « soucoupe volante » que le gourou Raël dit avoir vue. (Page 44 de son livre : “Le livre qui dit la vérité”.)

« Encore la soucoupe d’Adamski… une preuve des soucoupes nazies ? » (P. Gross)

On voit aussi le symbole que Claude Vorilhon, alias Raël, dit qu’il était “gravé sur l’appareil et sur la combinaison” de l’extraterrestre qu’il prétend avoir rencontré. (Page 123 de son livre : “Le livre qui dit la vérité”.)

J’ajoute personnellement que l’on voit l’escroquerie de Raël (lequel s’est donc inspiré du récit de George Adamski) dans le fait suivant :

La philosophie des Vénusiens de George Adamski, qui est de type spiritualiste, n’a strictement rien à voir avec la conception athée (négation de l’existence de Dieu et de l’âme) des prétendus extraterrestres rencontrés par Claude Vorilhon, la seule immortalité envisagée par ces prétendus extraterrestres étant censée être rendue possible par le procédé du clonage.

Voici ce qu’écrit Patrick Gross à propos de George Adamski :

« On pourrait imaginer qu’à un certain moment l’auteur précise ce que tous les ufologues sérieux savent et disent, en France depuis 1954 avec Aimé Michel, à savoir que le fameux Adamski n’était qu’un menteur, qu’il n’y a jamais rien eu de vrai dans ses dires et dans ses photographies, mais non : l’auteur omet toutes les informations qui le prouvent, laisse le lecteur penser le contraire et passe tout de suite à autre chose. Est-ce ce qu’il entendait par ‘perspective historique’ et ‘dépasser les controverses’ ? »

Je ne suis pas d’accord avec ce dernier commentaire. J’ai moi-même rédigé un texte sur George Adamski et un autre sur Howard Menger. Ces textes ne se trouvent pas sur ce site car ils sont destinés à être publiés dans un ouvrage. Il s’avère que le cas de George Adamski – et d’autres cas de « contactés » comme celui d’Howard Menger – est plus complexe que ce qu’insinue Patrick Gross et ceux (ufologues ou pas) qui pensent comme lui. Les photos sont fausses en partie ou en totalité (mais pas nécessairement en totalité, contrairement à ce que prétend Patrick Gross), mais certains éléments, que je ne peux pas développer ici, montrent que les récits de George Adamski (et d’Howard Menger) ne sont pas tous sortis de son imagination. Il est vrai, par contre, que George Adamski a usurpé le titre de « professeur » et que ses allégations de voyage au Tibet sont douteuses. (L’ésotériste Benjamin Creme a cependant « confirmé » ce voyage.) Quant à l’accusation selon laquelle la création de l’Ordre Royal du Tibet a servi de paravent à des activités illicites liées à l’alcool, je ne peux pas me prononcer là-dessus. Disons seulement que cette accusation est pour le moins surprenante, et que j’aimerais en connaître l’origine, les tenants et les aboutissants !

Pour comprendre réellement les cas de « contactés » comme George Adamski et Howard Menger, il faut pouvoir assimiler les notions de « niveaux fréquentiels » et de « translation dimensionnelle », ce que peu d’ufologues, et surtout pas Patrick Gross (qui, en plus, ne croit pas aux « Esprits » !), sont capables de faire. Leur rejet de certaines sources « ésotériques » et spiritualistes, leur incapacité à reconnaître la double origine extraterrestre des OVNIs, physique et « multidimensionnelle » (sans parler de l’Agartha), sont à l’origine de leurs conclusions erronées sur certains dossiers OVNIs, dont celui, bien sûr, des « contactés ».

Cette ignorance et ce rejet les poussent, soit à nier l’intégralité des récits des « contactés », soit à élaborer des thèses fantaisistes, comme celle des « soucoupes volantes nazies » ou celle (autre thèse farfelue défendue par Pierre Oul’Chen dans un autre numéro de « Top Secret ») de la manipulation de George Adamski par des services secrets américains. (Thèse que je critique dans mon texte sur le cas George Adamski.)

 

4. Le V-7 :

« J.-P. Troadec écrit que dans les milieux ufologiques français on a commencé à parler du V-7 dès 1956.

Il s’agit, écrit-il, du journaliste et ufologue Charles Garreau. L’auteur nous assure le plus sérieusement du monde que bien que Charles Garreau ne cita pas ses sources directes’, ce serait des informations ‘recoupées’ puisqu’il a connu Charles Garreau et a apprécié son professionnalisme. » (P. Gross)

Charles Garreau racontait bien en 1956 que les nazis ont fait voler pour la première fois leur “soucoupe volante” V-7 le 17 mai 1944. Voici ce qu’il écrivait à propos de cet engin :

« Equipé de douze turboréacteurs BMW 028, munis de compresseurs autonomes à six étages, il développerait 5500 chevaux (5400 CV en vol) et 2600 kg de pression additionnelle (2900 kg en vol). La propulsion s’effectuerait par douze turbines à l’intérieur d’un anneau métallique tournant autour de la masse centrale. Ni flammes, ni fumées ne seraient visibles, les gaz de combustion étant récupérés par un système spécial mis au point en 1938 par un ingénieur britannique. »

Patrick Gross précise que le seul problème, ici, est que Charles Garreau ne fait que rapporter ce qu’il a lu « dans des magazines sensationnalistes allemands qui bombardaient leurs lecteurs de pseudo “soucoupes nazies” tout au long des années 50 ».

« Jean-Pierre Troadec ne comprend pas le contexte de 1956. Dans ces premières années de l’ufologie française, beaucoup d’ufologues étaient très réticents à l’idées de visites extraterrestres, idée constamment moquée comme censément ‘irrationnelle’ sans qu’aucune démonstration de ‘l’irrationnel’ de cette notion n’ait jamais été apportée d’ailleurs.

Aussi, quand ce pauvre Charles Garreau a lu dans des magazines allemands ces histoires de merveilles aéronautiques nazies, il s’est jeté dessus comme on se jetait alors sur le moindre ‘espoir’ d’explication prétendument ‘rationnelle’ des soucoupes, donc par une origine humaine. Les petits hommes verts, ‘on sait bien’ que c’est irrationnel, tandis que les hommes vert-de-gris… » (P. Gross)

Jean Pierre Troadec assure que les Russes auraient récupéré les plans du V-7 et réussi à en construire.

« C’est naturellement totalement inventé. Les Russes ont bien récupéré quelques plans, comme nous le verrons au moment utile, mais strictement aucun plan d’un ‘V-7’ qui n’a jamais existé autrement que comme canular de magazines.

Car en ce qui concerne le V-7, une seule chose ressort clairement : il n’y a rien, pas une seule preuve, pas une seule évidence, ni plans, ni photos autres que des photos montage et peintures réalistes, aucune source sérieuse ni témoignage acceptable ne viennent appuyer l’idée de l’existence d’une ‘soucoupe volante V-7.’ » (P. Gross)

Voyons d’où exactement sort le mythe V-7 et les autres mythes de “soucoupes nazies”, en suivant Jean-Pierre Troadec dans son “lâcher de noms”.

 

5. Le “docteur Miethe” :

Jean-Pierre Troadec parle de l’époque où Miethe est contacté par les Etats-Unis pour venir y travailler. Miethe aurait indiqué que les Russes se sont emparés des plans du V-7 et qu’ils le fabriqueraient.

« En réalité, c’est un certain Julius Andreas Epp qui a raconté des histoires de V-7. Il assure que pendant la guerre il s’occupait du transport de torpilles pour les sous-marins, mais qu’un jour on lui a fait transporter une ‘arme de vengeance’ désignée V-7.

Quant au ‘docteur Miethe’, il n’a probablement tout simplement jamais existé. La première mention de ‘Miethe’ date de 1954, par un auteur anonyme européen d’un livret sur les soucoupes nazies. Il a raconté que le créateur du V-7, le Dr Heinrich Richard Miethe, était au Canada pour y reconstruire sa soucoupe chez Avro. Le fait qu’Avro travaillait sur une soucoupe ‘Avrocar’ était connu par les journaux dès 1953. C’est ensuite Robert Lusar qui reproduit les racontars de l’auteur anonyme, puis Robert Jungk dans son livre Brighter Than a Thousand Suns’ en 1956, et ainsi de suite, le personnage inventé changeant même de prénom au cours des versions. » (P. Gross)

 

6. Avrocar :

Jean-Pierre Troadec évoque la tentative canadienne Avrocar et son échec, « mais loin d’en tirer la conclusion évidente de ce que cet échec signifie », à savoir qu’en 1961 « la soucoupe volante humaine ne vole toujours pas », il affirme sans autre forme de procès que cet échec aurait été voulu “à destination du grand public”, pour un motif laissé à l’imagination du lecteur, « trois points de suspension étant probablement censés nous faire imaginer que cet échec est une preuve de succès ».

 

7. Un document secret russe :

Jean-Pierre Troadec évoque un “document secret russe déclassifié en 2005”, dont il dit qu’il montre une photographie d’une “soucoupe volante” russe expérimentale “construite durant la guerre froide”. Il assure que ceci “apporte du crédit aux déclarations de Miethe !”.

« En réalité, il y a maintenant une véritable industrie du faux ‘document secret’ russe vendu aux enchères, car les réalisateurs de documentaires et auteurs sensationnalistes de ‘l’Ouest’ raffolent de ce genre de ‘documents authentiques’. » (P. Gross)

 

8. Déclarations sur déclarations :

Des noms sont cités comme étant des Allemands ayant participé, pendant la guerre, à des projets de “soucoupes volantes” nazies. Or, leurs déclarations ne sont ni détaillées ni référencées, et « l’auteur joue finement sur l’ignorance du lecteur en affirmant que les déclarations n’ont pas été prouvées, mais que la fausseté de ces déclarations n’aurait pas été prouvée non plus ».

« C’est formidable : je viens de comprendre que ma grand-mère était une espionne vénusienne… En effet, personne n’a jamais prouvé le contraire. » (P. Gross)

 

9. Giuseppe Belluzzo :

« Ce que Jean-Pierre Troadec oublie de raconter est que tout avait publiquement commencé avec Giuseppe Belluzzo (1876-1952), un ancien technicien dans le domaine des turbines à vapeur pour les locomotives, qui s’est lancé dans la politique comme membre du parti fasciste, et ancien ministre du gouvernement fasciste italien de 1925 à 1928. C’est lui qui a été le premier à évoquer publiquement un lien entre les nazis et les soucoupes volantes, en mars 1950. Il y avait alors eu de nombreux rapports d’observations de soucoupes volantes dans la presse italienne, et ce Belluzzo apparaît simplement brièvement comme déclarant que ces soucoupes volantes ont d’abord été le résultat d’études aéronautiques en Italie en 1942, puis l’objet d’études par les nazis, mais que c’est seulement en 1950 qu’elles purent enfin voler, qu’elles sont l’explication des observations de soucoupes volantes en 1950 en Europe ; et il ajouta qu’elles n’ont personne à bord et qu’elles sont radiocommandées depuis le sol. L’histoire, entièrement dépourvue de preuves ou de témoignages, est alors reprise dans d’autres journaux, Corriere della Sera, La Nazione, la Gazzetta del Popolo, le Corriere d’Informazione, les 29 et 30 mars 1950, parfois accompagnée d’un démenti du Général Ranza des Forces Aériennes Italiennes. » (P. Gross)

Certains auteurs tardifs écrivent Giuseppe Bellonzo au lieu de Giuseppe Belluzzo !

 

10. Rudolf Schriever :

« Quelques jours après les premières affirmations de Belluzzo parues dans la presse, un Allemand du nom de Rudolph Schriever a raconté dans un article du magazine Der Spiegel du 30 mars 1950, intitulé Sie Fliegen Aber Doch (mais pourtant elles volent), qu’il avait dessiné des plans de soucoupes volantes nazies à partir de 1942, qui n’avaient jamais été construites, et que ces plans étaient peut-être tombés dans les mains des Russes ou des Américains. Il est le premier à publier un dessin, il n’y a absolument rien de sérieux pour l’accompagner, ni informations techniques ni documentation, et l’engin représenté est relativement fantasmatique (…).

Ce dessin du Spiegel a ensuite été republié à l’infini comme ‘plan authentique’. » (P. Gross)

Un dessin montre la version originale du “Spiegel” de 1950.

« Si vous regardez attentivement le dessin, vous constatez que la propulsion se fait par la rotation d’un large rotor à pales. En somme, c’est là une sorte d’hélicoptère. Si vous regardez à gauche sous le rotor, vous verrez une petite turbine attachée à une des pales. Le principe de cet engin, réellement dessiné par Rudolph Schriever, était celui d’un hélicoptère dont le rotor était mis en mouvement par des turbines accrochées sur les pales.

Pour les sceptiques, cela pourrait paraître une idée stupide et irréalisable.

Mais, en réalité, cette idée n’a rien de stupide ou d’irréalisable, au contraire elle a été réalisée. Plus étonnant encore, elle a été réalisée par… les Français !

Voici la ‘soucoupe volante nazie’ française réalisée à partir de l’idée de Rudolf Schriever :

Cet engin est le Djinn, alias SO 1221 construit en France par Sud-Ouest Aviation, future SNIAS, à partir de 1953, un hélicoptère utilitaire ultraléger.

Le Djinn a été le premier hélicoptère fonctionnel utilisant les gaz et air d’éjection comprimés par une turbine à gaz et envoyés à l’intérieur des deux pales du rotor pour en être expulsés aux extrémités afin de mettre le rotor en rotation. Ce concept évitait un rotor de queue, remplacé par une sortie de gaz, dégivrait tout seul le rotor, utilisait les restes des gaz éjectés vers l’arrière pour la propulsion. Le système avait d’abord été testé sur les prototypes SO 1120 Ariel II (1948) et III (1951), mais c’est sur le Djinn qu’il sera effectivement utilisé, basé sur un turbopropulseur Turbomeca Palouste IV. Le système était fort maniable mais peu rapide, ne dépassant pas les 130 km/h.

Mais est-ce une soucoupe volante ? Que nenni ! » (P. Gross)

 

11. Les documents secrets de « Photovni » :

Jean-Pierre Troadec assure qu’il a trouvé sur le site Internet « Photovni » des documents précédemment secrets et “publiés récemment” par ce site, dont il dit qu’ils attestent que les Allemands ont “travaillé sur les disques volants”.

« Cette fois, il n’y a plus de prudent conditionnel, c’est ‘attesté par des documents’, c’est prétendument factuel, les Allemands ont construit des soucoupes volantes pendant la 2e guerre mondiale. Toutefois, après les présentations de ces documents secrets, l’auteur introduit l’idée que cela n’atteste de la réalité des soucoupes volantes nazies que si ces pièces sont vraies.’ » (P. Gross)

Voici ce qu’il en est des documents cités :

 

1. La lettre de H. A. Ahuis du 7 août 1947:

Jean-Pierre Troadec signale qu’Ahuis écrit à l’ambassade des USA en Allemagne et “soulève la question des disques volants”, qu’il s’est “penché sur le sujet” et a “réalisé diverses expérimentations depuis 1936”, et voudrait “poursuivre ses recherches” aux Etats-Unis.

« De fait, un certain Heinz-Adalbert Ahuis, en Allemagne, qui a écrit à l’ambassade US le 16 juillet 1947, raconte qu’il a lu les journaux au sujet de la récupération d’un disque volant à Roswell (l’incident avait été mentionné dans presque tous les journaux du monde), et qu’il ne croit pas que c’était un ballon comme l’a dit le général Ramey. Il explique que depuis 1936 on construisait des maquettes d’avions planeurs en bois de toutes sortes de formes pour tester des idées en aérodynamique, et qu’il aimerait bien venir aux Etats-Unis pour continuer à tester ses maquettes.

Le problème, contrairement à ce que Troadec pense, n’est pas du tout que ce document serait peut-être faux. Il est ‘vrai’. Le problème est qu’il n’y a là dedans rien du tout qui justifierait les prétendues soucoupes nazies. » (P.Gross)

 

2. George Klein, le document de la CIA de 1953 :

Jean-Pierre Troadec indique qu’un document de la CIA de 1953 concerne un Allemand qui prétend que les Russes ont les plans d’une “soucoupe volante” nazie, ainsi que la “soucoupe volante” elle-même. L’auteur cite des extraits de ce document et indique qu’il montre une photo de Georg Klein dans “Welt am Sontag” d’avril 1953.

L’auteur affirme que ce document met en lumière que les nazis avaient “mis en service”, fin 1944, trois “prototypes” de “soucoupes volantes”, dont une de 42 mètres de diamètre.

« Est-ce que ceci atteste que les Allemands ont ‘travaillé sur les disques volants’ ? Est-ce que cela atteste ce que l’auteur prétend ? Nullement. Voici ce qu’il en est en réalité :

Cette autre source citée par Jean-Pierre Troadec n’est rien de plus que l’un des nombreux personnages qui ont voulu se rendre intéressants en expliquant les soucoupes volantes comme engins allemands de la deuxième guerre mondiale.

C’est un journal sud-africain qui raconte que selon un journal allemand qui n’est pas nommé, le ‘fameux ingénieur’ George Klein a vu décoller la soucoupe nazie en 1945. Les mêmes salades qu’en 1950 sont simplement reprises par ce journal, et reprises encore sans relâche par les magazines sensationnalistes allemands dans les années suivantes. » (P. Gross)

Un exemple de magazine sensationnaliste allemand est constitué par le « ZB Illustrierte » de décembre 1952. On lisait : “Das gab’s”, soit : “ça a existé”, des histoires de “soucoupes volantes” nazies y étant racontées :

« Là encore, le problème, contrairement à ce que suggère l’auteur, n’est pas du tout que ce document serait peut-être faux. Il est ‘vrai’. Il y en a même au moins deux qui mentionnent ce George Klein. Le problème est que cela n’atteste rien du tout quant à des prétendues soucoupes nazies. » (P. Gross)

 

3. Le rapport du FBI du 8 juin 1947 :

Selon Jean-Pierre Troadec, un rapport du FBI du 8 juin 1947 concerne un ancien de la “Luftwaffe” engagé sur le front russe, qui a photographié une « soucoupe volante » en novembre 1944.

Le gars de la “Luftwaffe”, selon l’auteur, a ensuite “expérimenté un projet secret en Forêt Noire” qui consistait à photographier les essais en vol d’une « soucoupe volante » allemande à plusieurs réacteurs.

« Jean-Pierre Troadec n’en est plus à une erreur près : en réalité, ce mémo du FBI n’est pas de 1947, mais de 1967 !

Est-ce que ceci atteste que les Allemands ont ‘travaillé sur les disques volants’ ? Nullement.

Comme pour les deux précédents, le problème, contrairement à ce que suggère l’auteur, n’est pas du tout que ce document serait peut-être faux. Il est ‘vrai’. Mais il est juste l’un parmi des centaines de tels mémos notés par le FBI au sujet de gens racontant des histoires… » (P. Gross)

 

4. Le rapport secret du Lieutenant Colonel Harry H. Perry du 16 décembre 1947 :

« Là encore, l’auteur se moque du monde. Ce rapport concerne les frères Horten et ne contient absolument rien qui accrédite la thèse des soucoupes nazies.

Comme pour les deux précédents, le problème, contrairement à ce que suggère l’auteur, n’est pas du tout que ce document serait peut-être faux. Il est ‘vrai’.

Comme les ailes volantes Horten ne sont pas du tout des disques volants, mais des ailes volantes, l’auteur, au lieu de reconnaître que ceci n’a rien à voir avec de prétendues soucoupes volantes nazies, parle de faits contradictoires’ et de ‘plusieurs éléments à la fois convergents et divergents’. Tout ceci est pourtant fort simple : les frères Horten construisaient bien des ailes volantes, c’est un fait connu, rien de secret, mais cela n’a rien à voir avec de prétendues soucoupes volantes nazies. Ces ailes volantes n’ont jamais expliqué UN SEUL témoignage d’objet volant non identifié, ni pendant ni après la guerre, car les ailes volantes des frères Horten qui ont été utilisées l’étaient uniquement pour quelques compétitions de vol à voile d’avant guerre, et, des deux exemplaires équipés de turbines, un seul a fait quelques vols d’essais avant un accident fatal, vol d’essai qui n’a généré AUCUN rapport d’observation d’OVNI.

Les restes de ces deux engins sont visibles dans les musées. Ni les Américains, ni les Russes, n’ont jamais poursuivi leur développement parce que les Russes développaient leurs avions qui n’avaient aucunement la forme de soucoupe ou d’aile volante, et que les Américains développaient les ailes volantes Northrop qui n’avaient rien à envier aux planeurs en bois des frères Horten, fussent-ils équipés de turbines pour deux prototypes.

Croire que les ailes volantes des frères Horten expliquent le moindre rapport d’observation d’OVNI, ce n’est pas ‘faire la lumière’, c’est au contraire méconnaître totalement que la lumière est faite depuis longtemps sur ce sujet et la remplacer par l’obscurantisme le plus navrant. » (P. Gross)

 

– Ce qu’il y a vraiment dans les documents secrets :

« Des dizaines de milliers de pages de documents confidentiels ou secrets de l’Armée de l’Air, de l’Armée de Terre US, du FBI, de la CIA, ont été déclassifiés. On y constate que les militaires américains ont enquêté en 1949 sur les frères Horten, parce que, tout comme le commun des mortels, ils préféraient se demander si les soucoupes volantes de 1947 ne seraient pas quelque engin soviétique d’inspiration allemande, plutôt que des visiteurs extraterrestres, idée tout à fait présente mais peu honorable, réservée aux bandes dessinées de science-fiction. Les conclusions ont été claires : les réalisations des frères Horten n’avaient eu aucune importance, et tout ce qu’ils avaient réalisé étaient des planeurs en forme d’aile volante généralement en bois, tissu et tubes d’acier, avec comme meilleur résultat les deux prototypes équipés de turbines dont les Américains avaient saisi les restes. Beaucoup de ces documents sont disponibles sur www.blackvault.com ou sur les sites de la CIA à www.cia.gov, de la NSA à www.nsa.gov, et d’autres agences américaines.

On trouve également, dans ces archives, qu’une foule d’escrocs et de fantaisistes contactaient dès 1947 les agences militaires et gouvernementales américaines pour leur raconter toutes sortes de théories sur les fameuses soucoupes volantes dont on parlait tant alors.

Dans un document, un enquêteur explique qu’il est bien gêné de devoir faire un rapport sur des choses folles qu’on lui a raconté, mais qu’il y croit quand même. Deux gaillards qui se prétendent médiums lui ont en effet servi des histoires sur les soucoupes volantes, vues partout dans le monde, qui seraient construites par les nazis, et qui continueraient en 1947 à voler dans les cieux, Hitler lui-même étant bien vivant, etc. Il faut savoir qu’après la fin de la guerre les agences américaines comme le FBI étaient littéralement inondées de ce genre de choses, avec des centaines de gens racontant qu’ils ont reconnu Hitler dans la rue, et ainsi de suite. Les malheureux agents du FBI devaient enquêter sur ces racontars qui n’avaient naturellement jamais aucune base sérieuse. Mais de temps en temps, les gens racontaient ce genre de choses aux journalistes, et c’est ce qui constituera la base du mythe de la survivance du régime nazi et de leurs disques volants comme explication des soucoupes volantes… » (P. Gross)

 

12. Les “armes secrètes officielles” des nazis :

Jean-Pierre Troadec évoque les fusées V1 et V2, et quelques projets qui sont restés sans succès. On connaît naturellement le succès des V1 et V2 en tant que réalisations techniques remarquables, on connaît la suite de l’histoire aboutissant aux missions Apollo et aux missiles balistiques intercontinentaux américains et russes.

« Tout ceci n’a évidemment rien à voir avec des soucoupes volantes, il s’agit cette fois bel et bien d’histoire, d’histoire vraie, par opposition à la mythologie sur les soucoupes volantes nazies comme explication des observations d’OVNIS. » (P. Gross)

 

13. La « soucoupe volante » de BMW :

Jean-Pierre Troadec prétend que Lippisch et Schauberger “dominent l’ensemble de ces prototypes”, ayant évoqué des projets de roquettes et missiles.

« Mais ces deux ingénieurs n’ont rien dominé du tout de cela.

Lippisch, nous l’avons vu, n’avait rien d’un farfelu, mais il n’a rien à voir non plus avec les soucoupes volantes. Il a été le premier à se demander si une aile triangulaire, ‘delta’, avait des qualités intéressantes, et il s’est avéré après la guerre que la réponse était positive. » (P. Gross)

 

Schauberger :

« L’auteur prétend que Schauberger aurait commencé en 1922 à développer une soucoupe volante parfaite telle qu’on l’imagine’, fonctionnant sur la répulsion électromagnétique’ et aboutissant en 1944′. Juste après avoir indiqué cet ‘aboutissement’, il indique que ces travaux sont restés au stade expérimental’, sans préciser ce qu’il entend par stade expérimental.

En réalité, Viktor Schauberger (1885-1958) était un technicien un peu lunatique qui ne construisait aucune soucoupe volante mais s’était spécialisé dans les turbines à eau, lesquelles n’étaient aucunement des moyens de propulsion de soucoupes volantes, mais par exemple des turbines pour les centrales hydroélectriques ou d’arrosage de gazon. Sa participation technique à l’aéronautique militaire allemande s’est limitée à travailler aux systèmes de refroidissement à eau des moteurs d’avions chez Messerschmitt. Loin de se réjouir de travailler pour le régime nazi, il a été repéré par la Gestapo comme opposant au nazisme et s’est retrouvé au camp de concentration de Matthausen avant la guerre, n’en sortant que pour travailler chez Messerschmitt. Il est devenu maintenant le sujet de fantasmes, prétendument inventeur d’une soucoupe volante magnétique dite la Répulsine’, certains sites Internet allant jusqu’à montrer une de ses turbines à eau comme étant une soucoupe volante ! » (P. Gross)

« Quand à BMW, cette firme fabriquait des moteurs et non des avions, et encore moins des soucoupes volantes.

Jean-Pierre Troadec affirme alors qu’il y a bien eu une vraie soucoupe volante nazie dont il a retrouvé ‘la trace’.

Il affirme que la soucoupe volante nazie a été construite par BMW et était nommée Flügelrad I V-1, qu’elle était en aluminium peint en gris’, que les premiers essais ont eu lieu sur l’aérodrome de Prag-Kbely entre août et septembre 1944, que c’était un disque surmonté d’une coupole abritant le poste de pilotage.

Il affirme que le ‘système de propulsion’ était en dessous du disque de 6 mètres de diamètre et qu’il y avait un train d’atterrissage de quatre roues sous l’engin pesant trois tonnes.

Il écrit que lors des essais, le rotor a commencé à tourner et l’appareil s’est élevé à un mètre de haut’, qu’il a volé sur une distance de 300 mètres avant de faire un atterrissage forcé, que bien que le vol fut peu concluant’ il s’agit bien d’une soucoupe volante attestée construite par les nazis’.

En guise d’attestation, ou de ‘trace’, il indique le livre de Friedrich Georg, Hitler’s Miracle Weapon, qui n’en déplaise aux contradicteurs’ ne serait pas un ouvrage ‘soucoupiste’. Quant à la preuve de l’existence de cette soucoupe, ce serait : un schéma en couleur illustre d’ailleurs le texte’.

On se demande vraiment en quoi un ouvrage serait ‘vrai’ au motif qu’il ne serait pas ‘soucoupiste’…

En réalité, ce livre en deux volumes, 2003-2005, n’affirme absolument pas qu’il y ait eu des soucoupes volantes allemandes, et traite essentiellement des efforts allemands pour réaliser la bombe atomique, leurs avions à réactions, les V1, V2, et également d’autres fusées et projets d’armes réalisés ou non. Une rumeur et un schéma en couleurs, ce n’est pas une soucoupe volante !

Troadec assure alors qu’il y a eu une deuxième version de la soucoupe BMW, peinte en jaune’, biplace et de 8 mètres, qui aurait été essayée à l’aérodrome de Neubiberg à l’automne 1944. Il évoque des problèmes de stabilité’ qui sont toujours une gêne à un vol durable’.

Le récit de Troadec est un plagiat pur et simple d’un article de Wikipedia à :

… This machine was painted yellow and performed its first flight tests in late autumn 1944 at the Neubiberg Aerodrome near BMW‘s Munich facility. Severe stability problems plagued the machine and the rudder proved useless. Not to be deterred, BMW built another prototype designated BMW Flugelrad II V-1 in 1945 which kept the same body but discarded the failed rudder. …

Wikipedia, dite ‘encyclopédie libre’, est une sorte de fourre-tout organisé ou n’importe qui peut créer ou modifier n’importe quel article à sa guise. Les fabulateurs adorent cela, parce que cela donne un semblant de crédibilité à leurs histoires aux yeux des lecteurs qui n’ont pas encore réalisé qu’ils pourraient eux-mêmes publier là n’importe quel article sur n’importe quoi, et qui ne remarquent pas la mention ‘Categories : Wikipedia articles needing factual verification’.

Le festival continue avec l’affirmation qu’il y a encore eu quatre autres versions, le Flügelrad II V-1 de 13 mètres, le II V-2 et le II V-3, puis un modèle III de 24 mètres de diamètre.

Il assure que les versions V-2 et V-3 semblent avoir été plus stables en l’air’.

Il affirme qu’il existe une photo montrant le II V-2 en vol’, puis que l’on ‘trouve seulement des représentations artistiques en provenance de l’actuelle république tchèque’.

Il n’y a rien de vrai dans tout cela, simplement copie de livres et sites Internet fantaisistes.

Quant à la photo montrant le II V-2 en vol’, il existe en réalité des centaines de fausses photos de soucoupes nazies en vol. Les faux sont d’ailleurs très faciles à faire puisqu’il existe pléthore de modèles réduits en plastique de ces soucoupes, à monter et à peindre… » (P. Gross)

 

14. Vril et Haunebu :

Jean-Pierre Troadec indique que le livre (daté de 1995) : “Les sociétés secrètes et leurs pouvoirs au 20e siècle”, de Jan Van Helsing, aurait “à nouveau fait l’effet d’une bombe dans le milieu ufologique”.

« Ceci au motif que ‘l’ouvrage publie des plans’ de prototypes’ de soucoupes volantes Haunebu I expérimentés en 1939′, Haunebu II qui aurait été construit en 1940′, Haunebu III, Vril, etc.

Le désopilant est atteint avec Andromeda-Gerät, prétendu par l’auteur avoir été un avion gros porteur de forme cylindrique sans ailes de près de 150 mètres de long’. L’auteur précise : il n’exista sans doute jamais sous cette forme là’, mais on en trouve des clichés authentiques’ !

Sans y réfléchir à deux fois, il attribue des engins aux SS, au motif que leur sigle apparaît sur les plans et ‘une série de clichés montrant ces engins en vol’.

Les clichés présentés comprennent un Vril en vol’ et unHaunebu II en test’.

Alors qu’on pourrait s’attendre à ce qu’une personne sensée reconnaisse que les dizaines de pseudo photos tardives de ce genre sont essentiellement truquées et ne prouvent strictement rien, l’auteur réussit à écrire cette grande bêtise, véritable perle de non-sens et d’irrationalité :

Il y a trop de documents différents pour penser que tous sont faux.

Sans commentaire !

Il reproduit, sans en donner l’origine, les pseudo plans qu’avait publié le raciste révisionniste Van Helsing dans son Livre Jaune N° 5, et termine en se demandant s’il s’agit d’une vaste opération de désinformation’.

Plusieurs paragraphes suivent alors sur le thème d’une prétendue difficulté à distinguer le vrai du faux. La logique déficiente abonde ici. Les soucoupes nazies devraient être vraies, puisque les ailes volantes Horten ont existé, croit-il. Les photos tardives, qui proviennent en réalité de magazines néo-nazis, doivent être vraies aussi, au motif qu’il faut admettre que dès les années 50 certains témoins de l’époque disaient avoir photographié ces appareils’. » (P. Gross)

 

15. Festival de tromperies :

« Jean-Pierre Troadec se lance ensuite dans des descriptions fantaisistes d’engins nazis inventés ou réels, mais sans aucun rapport avec les soucoupes volantes. Ce qui est amusant est que tout ceci vient directement d’un site Internet français délirant qui a regroupé exactement ces appareils sur une page que Jean-Pierre Troadec reproduit pratiquement en y introduisant encore plus d’erreurs, page qui elle-même est un plagiat traduit en français du site Internet payant naziufo.com. » (P. Gross)

 

1. Focke Wulfe Vtol :

« L’auteur prétend que le Focke Wulfe Vtol de 1939 serait le dernier prototype de forme discoïdale’. Mais il a simplement été inspiré par un dessin actuel d’un tel engin, qui n’a jamais existé même à l’état de projet, et n’est justement pas le ‘dernier’ Focke Wulfe à décollage vertical (Vtol). A noter qu’aucun avion militaire allemand, fut-il un prototype, n’a jamais été peint en jaune.

Ce ‘Vtol’ que Troadec croit réel est en fait une pure invention tardive d’un Espagnol, Justo Miranda, reprise dans un magazine allemand, et son existence est seulement celle d’un modèle réduit en plastique à monter et à peindre, que vous pourrez acquérir ici : www.geocities.com/unicraftmodels/germ/fockevtol/fockevtol.htm

En réalité, il y a bien eu un projet d’engin à décollage vertical chez Focke Wulfe, le Triebflügel, imaginé par Heinz von Halem, mais en fin 1944 et non pas en 1939. Il n’avait absolument pas une forme discoïdale.

Le Triebflügel devait être un chasseur à décollage vertical de type tail-sitter’ avec une grande hélice ou rotor à trois pales à un tiers de la longueur du fuselage à partir du nez. Sa rotation devait être assurée par trois statoréacteurs ou ‘ramjet’ montés à l’extrémité de chaque pâle, assistés par trois fusées ‘walter’ pour le décollage. Le projet n’a existé que sur le papier, l’un parmi des centaines d’autres. » (P. Gross)

 

2. Horten IX “et la série Gotha” :

« L’auteur prétend que ‘le Horten IX et la série Gotha en 1945′ seraient des avions à aile delta.

Cela n’est pas vrai. Les Horten étaient des ailes volantes, aucune n’avait la forme delta. La série Gotha n’a jamais existé, simplement, les frères Horten n’avaient pas d’usine pour construire des avions, et il était entendu que si leur Horten à turbine devait s’avérer satisfaisant, ce serait le constructeur Gotha qui en assurerait la construction. Mais cela n’a pas été le cas. » (P. Gross)

Jean-Pierre Troadec prétend que le Gotha aurait connu pas moins de quatre modèles P 60 A, P 60 B, P 60 C, P 60 D“.

« C’est une pure invention. L’auteur a trouvé ces inepties sur un site Internet sensationnaliste qui va jusqu’à inventer la série Gotha de l’architecte designer Doenitz, alors que Doenitz était un amiral de la Kriegsmarine qui avait représenté l’Allemagne après la mort d’Hitler dans les derniers jours de la guerre. J’ai interrogé Jean-Pierre Troadec à ce sujet entre autres, et il n’a pas répondu. » (P. Gross)

 

3. Sack AS-6, prétendue “parfaite soucoupe volante” :

« C’est ensuite le Sack AS-6 qui est prétendu être une parfaite soucoupe volante’, ce qui est absolument ridicule.

Le Sack AS-6 provient du premier concours de modèles réduits motorisés par moteur à combustion organisé en juin 1939 à Leipzig-Mockau. Arthur Sack, un original dont le rêve était un avion à aile ronde, y a montré son modèle réduit AS-1, qui a mal fonctionné, devant être lancé à la main et se comportant très mal en vol. Malgré cela, Ernst Udet, qui était Ministre de l’Air à ce moment, aurait encouragé Sack à poursuivre dans cette voie. Il a donc construit quatre autres modèles réduits, et finalement le Sack AS-6. » (P. Gross)

 

4. Focke Wulfe Ta 183 :

Suit encore le “Focke Wulfe Ta 183”, “petit avion court à réaction” qui est prétendu être “un des projets d’avion non conventionnels les plus avancés”, engin dont ‘‘on trouve des plans’’ aujourd’hui, ressortis d’études telles que “Secret Messerschmitt Projects”.

« Mais le Focke Wulfe 183, par Hans Multhopp et Kurt Tank, n’avait rien de plus révolutionnaire que le Messerschmitt 262 et surtout absolument rien d’une soucoupe.

Les Allemands n’ont pu en construire aucun avant la fin de la guerre. Alors que son concepteur Kurt Tank filait en Argentine à l’invitation du dictateur Peron, où il a amélioré le Ta 183 et en a fait le I. Ae 33 Pulqui II des forces aériennes argentines, les Russes ont récupéré les plans allemands, et le 2 juillet 1947 leur constructeur MiG faisait voler un premier prototype utilisant un turbopropulseur Rolls-Royce ‘Nene’ britannique, plutôt que le peu fiable réacteur que les Allemands avaient prévu. Les Russes ont constaté que le concept allemand demandait beaucoup d’amélioration pour voler de manière satisfaisante, et ils ont alors développé un nouvel avion d’un dessin plus efficace et qui sera un grand succès lors de la guerre de Corée : le MiG 15. » (P. Gross)

Une photo montre une petite maquette en bois allemande du Ta183 pour les essais en soufflerie. Patrick Gross pose la question : « Quel rapport avec de prétendues soucoupes volantes nazies ? »

« Le Ta183 n’a jamais été construit par les Allemands. L’I.Ae 33 Pulqui II construit par Kurt Tank en Argentine après la guerre est l’héritier direct du Ta183. » (P. Gross)

La ligne du MiG 15 Soviétique « corrige tous les défauts aérodynamiques du Ta183 ». (P. Gross)

 

5. Paperclip :

« L’auteur donne ensuite une version très personnelle de l’opération Paperclip. Au lieu de simplement expliquer qu’il s’agissait pour les Américains de récupérer les meilleurs chercheurs allemands, que c’est ainsi que des gens du calibre de Verner von Braun devinrent des éléments essentiels des programmes de fusées à venir, aboutissant aux programmes Apollo et à la visite de la Lune par l’Homme, il s’égare dans des affirmations révisionnistes insensées sur l’aéronautique. » (P. Gross)

Ainsi, il prétend que “dès 1945” les Américains fabriquaient “cet engin militaire, le Chance Vought Skimmer, une aile volante classique”, et trouve que “ce modèle ressemble étrangement au Sack AS-6 des Allemands”, et que donc “l’opération Paperclip a joué son effet”.

Mais en réalité, note Patrick Gross, ce que Jean-Pierre Troadec appelle le “Chance Vought Skimmer” n’est absolument pas une aile volante, mais un avion en forme de disque.

« Jean Pierre Troadec mélange ici encore tout, confondant aile delta et aile volante par là, aile volante et disque par ici. » (P. Gross)

Cet avion, ajoute Patrick Gross, ne date absolument pas de “dès 1945”, mais a été conçu par Charles Zimmerman bien avant la guerre, au début des années 1930, Charles Zimmerman remportant la compétition de 1933 du “National Advisory Committee for Aeronautics” (NACA) pour son concept d’avion en forme de disque, qui ne doit absolument rien aux nazis.

« Le plus amusant est que Charles Zimmerman, qui se retournerait dans sa tombe s’il pouvait entendre que Jean-Pierre Troadec prétend que son concept était une idée des nazis, était également le conseiller technique auprès du Chef de la Branche des Analyses de l’ATIC, dont Edward Ruppelt du Project Bluebook disait : Je n’ai jamais pu me rendre compte de sa position au sujet des OVNIS, mais je pense qu’il y croyait un peu. Plusieurs fois où j’ai essayé de placer une explication d’un OVNI comme étant un ballon ou autre objet connu, il discutait comme un fou contre cela. Souvent, il était venu en courant dans mon bureau pour me montrer ‘un tout nouveau rapport, vraiment brûlant’.’

Le Charles Zimmerman qui a construit le prototype unique du Vought V-162 connu sous le nom de Zimmer Skimmer ou Flapjack, ou flying pancake, ou encore flying saucer, un avion dont le contour des ailes était en forme de disque qui a été souvent incorrectement proposé comme ‘explication’ pour les OVNIS, était en réalité tout à fait intéressé par les OVNIS et de toute évidence convaincu de leur existence et de leur nature non banale. » (P. Gross)

Le seul prototype ayant volé, le V-173, n’a jamais quitté sa base de l’usine de Stratford, où il a fait son premier vol en novembre 1942, sauf pour un meeting aérien où il a été montré au public au terrain municipal de Bridgeport, suscitant d’ailleurs un rapport de « soucoupe volante » qui a été tout de suite résolu, et une photographie “test” de « soucoupe volante ».

« L’engin, connu du public depuis qu’il avait fait la couverture du Mechanics Illustrated de mai 1947, n’a plus volé après la fin juillet 1947. Son successeur militaire prévu, le XF5U-1, a été construit à deux exemplaires, dont un en bois pour les essais en soufflerie, et l’autre n’a jamais volé. » (P. Gross)

 

6. Horten et Northrop :

« Le summum de l’ignorance en matière d’aviation est atteint quand l’auteur prétend que les ailes volantes Northrop sont inspirées des ailes delta Horten‘.

En réalité, Jack Northrop concevait depuis bien longtemps des ailes volantes, et quand, après la guerre, l’un des frères Horten l’a approché pour venir travailler chez lui, il n’a pas du tout été impressionné et cela ne s’est pas fait. Prétendre que Jack Northrop a conçu ses engins à l’aide des Allemands, voilà encore un propos vraiment scandaleux ! » (P. Gross)

 

7. Le projet Silverbug :

« Il prétend ensuite que le projet Silverbug consiste en des plans de soucoupes volantes que l’armée américaine a testées dans les années 50′ et qu’officiellement ce projet n’existait pas vraiment’. Il prétend qu’un document déclassifié de 30 pages indique encore que les travaux ébauchés dans ce mémo seraient basés sur des travaux expérimentaux des nazis !’.

Ceci est encore entièrement faux. Non seulement le projet a été connu et discuté dans les journaux quelques mois après avoir commencé, au Canada et non aux Etats-Unis, mais encore l’engin n’a jamais volé, n’aurait pas pu voler, et ne doit toujours rien à une quelconque magie aéronautique allemande. » (P. Gross)

 

– CONCLUSION :

Parlant des rares ufologues défendant l’existence des « soucoupes volantes nazies », Patrick Gross fait notamment ce commentaire :

« Mais ils sont tout de même responsables de ce qu’ils racontent. Ils évoquent une ‘objectivité’, voire parlent de ‘vérité’, de ‘recherche’, et ainsi de suite. Quand ils racontent n’importe quoi (…), quand ils font comme si les racontars d’Adamski étaient vrais, comme si des ingénieurs aéronautiques tels que Charles Zimmerman ou Jack Northrop devaient leurs réalisations aux nazis, ils ne font pas de ‘recherche’ mais propagent des âneries, des mensonges, des inventions. Ils ne se rendent pas compte qu’ils font, en toute sincérité probablement, le jeu de personnages dangereux, qui disent ouvertement profiter de l’intérêt et de la fascination pour le mythe des soucoupes nazies pour vendre livres et cassettes vidéos qui enrichissent des auteurs qui, eux, sont réellement des sympathisants du nazisme, gagnent de l’argent pour leur ’cause’ avec ces livres, et disent ouvertement profiter de cette fascination pour glisser toutes sortes de propos révisionnistes plus graves encore que les mensonges et inventions concernant l’aéronautique.

Les auteurs qui participent à cela sont responsables. Au lieu d’écrire n’importe quoi, ils devraient faire les recherches tout à fait faciles, qui ne demandent guère de temps, guère d’argent, et apprendre les rudiments de l’histoire de l’aviation et des techniques aéronautiques. Ils devraient reprendre leur ufologie à zéro et considérer vraiment ce que sont les rapports d’observations d’OVNI. Ils découvriraient alors que les histoires de soucoupes nazies ne sont que mensonges et qu’aucun rapport d’observation d’OVNI n’a jamais eu comme explication une ‘soucoupe nazie’. Ils devraient réaliser qu’il y a autre chose à faire en ufologie que de gaver des lecteurs souvent jeunes et au sens critique non encore formé avec des histoires fantastiques qu’ils aiment à entendre, ils devraient réaliser qu’ils font par simple bêtise et ignorance le jeu de gens fort peu recommandables. » (P. Gross)

Je suis tout à fait d’accord avec ce commentaire de Patrick Gross, avec un petit bémol quand même : je soutiens que les récits de George Adamski – récits n’ayant strictement aucun rapport avec des « soucoupes volantes » nazies, contrairement à ce que s’imaginent quelques imbéciles – ne relèvent pas tous du charlatanisme…

Dans la conclusion de son article, Jean-Pierre Troadec écrit que les « soucoupes volantes » nazies ne sont “en aucun cas une fantasmagorie pure comme on l’a trop souvent dit”. Patrick Gross rectifie :

« Et bien si, les soucoupes volantes nazies sont une fantasmagorie pure, on ne le dira jamais assez. Ma critique montre comment des auteurs ignorants de l’histoire réelle de l’aviation et totalement crédules se laissent constamment berner par des histoires fausses trouvées à moindre effort sur l’Internet et par des petits dessins et fausses images provenant de la propagande néo-nazi, pour présenter des séries de mensonges et bêtises déjà maintes fois réfutées mais représentées encore et encore sans aucun complexe, en jouant du terrorisme intellectuel et en dissimulant toutes les informations pourtant bien disponibles qui montrent pourquoi les soucoupes nazies sont une fantasmagorie.

La désinformation, c’est eux. »

Notons, enfin, la pertinence des propos suivants (qui expliquent fort bien l’origine des inepties sur les « soucoupes volantes » nazies) :

« Avant 1947 et le début de la controverse sur les rapports d’observation de soucoupes volantes, il n’y avait pas eu une seule histoire de soucoupe volante nazie. Ceci parce que toutes ces histoires de soucoupes volantes nazies étaient concoctées par des gens qui ne croyaient pas aux ‘Martiens’ et voulaient obtenir de l’attention avec une théorie ‘plus sérieuse’, celle selon laquelle ce sont des hommes qui construisent les soucoupes volantes. Mais des hommes d’où ? Les Soviétiques, bien sûr, mais les Soviétiques étaient supposés êtres incapables de construire quoi que ce soit que les Américains ne sauraient pas construire. Alors l’idée était naturellement qu’ils s’étaient emparés de plans allemands. Qui faisait la promotion de telles idées ? Pardi, des Italiens et des Allemands nostalgiques de la grandeur fasciste et nazie ! » (P. Gross)

 

– BIBLIOGRAPHIE :

A la fin de son texte, Patrick Gross donne une bibliographie (avec la critique correspondante) de sources prétendant que les « soucoupes volantes » nazies existent :

 

« Giuseppe Belluzzo (1876-1952) est un ancien technicien dans le domaine des turbines et ancien ministre du gouvernement fasciste italien de 1925 à 1928, et il est le premier à évoquer un lien entre les nazis et les soucoupes volantes, en mars 1950. Il y avait alors eu de nombreux rapports d’observations dans la presse italienne, et ce Belluzzo apparaît simplement brièvement comme déclarant que ces soucoupes volantes ont été étudiées d’abord en Italie en 1942, puis par les nazis, mais que c’est seulement en 1950 qu’elles peuvent voler, qu’elles sont l’explication des observations de soucoupes volantes en 1950 en Europe, qu’elles sont téléguidées depuis le sol. L’histoire, entièrement dépourvue de preuves ou de témoignages, est alors reprise dans d’autres journaux, Corriere della Sera, La Nazione, la Gazzetta del Popolo, le Corriere d’Informazione les 29 et 30 mars 1950, accompagné d’un démenti du Général Ranza des Forces Aériennes Italiennes.

Quelques jours après les premières affirmations de Belluzzo parues dans la presse, un Allemand du nom de Rudolph Schriever a raconté dans un article du magazine Der Spiegel du 30 mars 1950, qu’il avait dessiné des plans de soucoupes volantes nazies à partir de 1942, et que ces plans devaient être tombés dans les mains des Russes ou des Américains. Il est le premier à publier un dessin, il n’y a absolument rien de sérieux pour l’accompagner, ni informations techniques ni documentation.

Allen Harbinson se contente initialement de rebondir sur l’histoire de Belluzzo quelques jours après, en assurant que les soucoupes nazies étaient ‘prêtes’ au début de 1944 mais que l’avance des alliés a fait annuler les tests et détruire les prototypes. Mais d’autres par la suite citeront ses propos et les modifieront complètement pour raconter que selon Harbinson, les soucoupes nazies on volé, elles sont supersoniques, et ainsi de suite.

Harbinson écrit ensuite des nouvelles de science-fiction inspirées de tout ceci. Sa série Project Saucer raconte des histoires de Vril et Haunebu, que l’on retrouvera par la suite comme ‘factuelles’ chez d’autres auteurs. » (P. Gross)

 

“German secret weapons or work war II”, par le “Major Lusar”, raconte les histoires parues dans les journaux en 1950 en les mélangeant et en les tenant pour factuelles. Il n’y a en réalité que deux pages sur les « soucoupes volantes » dans son livre, racontant ceci:

« Les soucoupes volantes ont tourbillonné autour du monde depuis 1947, apparaissant soudainement ici et là, filant ici et là à des vitesses sans précédent avec des flammes encerclant le bord du disque de la soucoupe. Elles ont été détectées par radar, poursuivies par des avions de chasse, mais personne n’a jusqu’ici réussi à établir l’existence d’une telle ‘soucoupe volante’ ni n’est parvenu à en capturer ou en abattre une. Le public, même les experts, est perplexe devant ce mystère apparent ou ce miracle technique. Mais lentement la vérité apparaît que déjà pendant la guerre les chercheurs et les scientifiques allemands avaient fait les premiers pas en direction de ces ‘soucoupes volantes’. Ils ont construit et ont testé de tels objets quasi miraculeux. Les experts et les collaborateurs dans ces travaux confirment que le premier projet, appelé ‘les disques volants’, a été entrepris en 1941. Les concepts pour ces ‘disques volants’ ont été élaborés par les experts allemands Schriever, Habermohl et Miethe, et l’italien Bellonzo [sic]. Habermohl et Schriever ont choisi un anneau de large surface qui tournait autour d’un habitacle fixe et en forme de coupole. L’anneau se composait d’ailes-disques [sic] réglables qui pouvaient être mises dans la position appropriée pour le décollage ou le vol horizontal respectivement. Miethe a développé un disque plat d’un diamètre de 42 mètres dans lequel des réacteurs réglables étaient insérés. Schriever et Habermohl, qui ont travaillé à Prague, ont décollé avec le premier ‘disque volant’ le 14 février 1945. Dans un délai de trois minutes, ils se sont élevés à une altitude de 12.400 mètres et ont atteint une vitesse de 2.000 km/h en vol horizontal (!). Il était prévu finalement d’atteindre des vitesses de 4.000 km/h. »

« Des essais et des recherches préliminaires intensives étaient nécessaires avant que la construction ne puisse commencer. En raison de la grande vitesse et des contraintes dues à la chaleur extraordinaire, des matériaux spéciaux résistant à la chaleur ont dû être trouvés. Le développement, qui a coûté des millions, était presque fini à la fin de la guerre. Les maquettes [ou modèles] existants ont alors été détruites, mais l’usine de BreslauMiethe travaillait est tombée dans les mains des Russes qui ont emporté tout le matériel et les experts en Sibérie, où le travail sur ces ‘soucoupes volantes’ a continué avec succès. »

« Schriever s’est échappé de Prague à temps ; Habermohl, cependant, est probablement en Union Soviétique, car rien n’est connu de son destin. L’ancien concepteur Miethe est aux Etats-Unis et, pour ce que l’on en sait, il construit des ‘soucoupes volantes’ pour les Etats-Unis et le Canada chez A. V. Roe [Avro]. Il y a des années, l’Armée de l’Air des Etats-Unis a reçu des ordres de ne pas tirer sur les ‘soucoupes volantes’. C’est une indication de l’existence des ‘soucoupes volantes’ américaines qui ne doivent pas être mises en danger. Les formes volantes observées jusqu’ici sont dites avoir des diamètres de 16, 42, 45 et 75 m respectivement et atteindre des vitesses de jusqu’à 7.000 km/h (?). En 1952, des ‘soucoupes volantes’ ont été installées avec certitude au-dessus de la Corée et les rapports de la presse ont indiqué qu’elles ont été vues également pendant les manoeuvres de l’OTAN en Alsace en automne 1954. On ne peut plus douter que les ‘soucoupes volantes’ existent. Mais le fait que leur existence est encore niée, en particulier en Amérique, parce que les développements des Etats-Unis n’ont pas progressé assez bien pour atteindre ceux de l’Union Soviétique, donne matière à réflexion. Il semble également y avoir de l’hésitation à reconnaître que ces nouvelles ‘soucoupes volantes’ sont de loin supérieures aux avions conventionnels – y compris les machines modernes à turboréacteur qu’elles surpassent en performance, en capacité de transport et en maniabilité, et les rend de ce fait désuètes. »

 

Eduard Ludwig, nazi réfugié au Chili, écrit en 1950 un article titré : “Le mystère des disques volants”, qu’il aurait voulu faire publier par un magazine, « mais qui n’est pas sorti puisque farfelu ».

« Ludwig y racontait qu’il travaillait chez Junkers pendant la guerre et qu’il y avait un projet d’une aile d’une seule pièce’ avec un dessus rotatif’ capable de décollage vertical à haute vitesse. Les essais auraient causé de nombreux blessés, et cela s’est terminé ainsi. Il conclut en disant que les soucoupes volantes sont soit cet engin mené à terme par les Russes ou les Américains, soit purement imaginaires. » (P. Gross)

 

– Il y a aussi le faux film de Mikel Conrad : un trucage montrant une prétendue « soucoupe » nazie au décollage, ce faux ayant été réalisé en 1954.

 

– Evoquons “Le matin des magiciens” (1960), de Louis Pauwels et Jacques Bergier. Les auteurs évoquent une science secrète des nazis, avec des mystérieuses forces antigravitationnelles générées par des “vases” contenant du mercure, des connections tibétaines, la société Thulé, la puissance magique du “Vril”, etc.

« Le livre a été un véritable phénomène sociologique en France en créant une vogue pour le mystérieux et l’étrange : mondes perdus, faits insolites, histoire parallèle, occultisme… Peu de soucoupes volantes car Bergier ‘n’y croyait pas’. » (P. Gross)

 

Van Helsing, dont le nom est inspiré de celui d’un personnage de “Dracula” et dont le vrai nom est Jan Udo Holey, « défend la thèse des soucoupes nazies au travers de son pamphlet raciste, le “Livre jaune n° 5”, qui propage des accusations antisémites, reprenant le honteux “protocole des sages de Sion” ».

C’est lui qui a fabriqué les “plans” de soucoupes “Haunebu” « reproduits en illustration de l’article de Jean-Pierre Troadec dans “Top Secret” ».

Le livre a été condamné en Suisse et en Allemagne pour infraction aux lois contre le racisme. (Jugement de la commission helvétique contre le racisme, du 22 janvier 1998.)

« Selon Van Helsing, le Haunebu 3 vole à 40.000 km/h, avec huit semaines d’autonomie, en transportant 32 personnes, et effectue des voyages interplanétaires. Il raconte que les nazis ont obtenu la technologie des soucoupes volantes d’extraterrestres venus d’Aldébaran. Van Helsing divise l’humanité en surhommes, les nazis, et en ‘sous-hommes’, les autres, et de la même manière raconte que sur Aldébaran il y a une race d’êtres supérieurs et une race d’être inférieurs qui sont leurs esclaves, etc. » (P. Gross)

 

“Man-made UFOs, 50 years of suppression” (1971), un livre de Renato Vesco et David Childress :

Dans ce livre, des “classiques” de l’ufologie, comme les survols d’OVNIs de Washington en 1952, ou les lumières de Lubbock, Texas, en 1951, sont attribués à des “soucoupes nazies”, sans apporter le moindre élément sensé.

« Ces auteurs racontent des sornettes sur les soucoupes nazies et les mêmes faux ‘plans’ fabriqués par Van Helsing et montrés par Jean-Pierre Troadec.

Les supporters des soucoupes volantes nazies font de Renato Vesco un de leurs champions, mais là encore tout est mensonge. Bien qu’il soit né en 1924, il a prétendument travaillé à des projets secrets pour les nazis pendant la deuxième guerre mondiale et prétendument été un ‘senior’ de l’Association Italienne d’Aéronautique depuis 1943, voire le chef des services techniques des forces aériennes italiennes, âgé donc de 15 à 19 ans ! En réalité, il était bien un jeune ingénieur aéronautique, mais il n’a jamais travaillé sur quoi que ce soit d’une soucoupe volante nazie, et ne l’a jamais prétendu. Il s’est intéressé aux soucoupes volantes après l’observation d’Arnold, mais il ne croyait pas que les soucoupes sont extraterrestres, ce qu’il a écrit dans quelques articles dans les années 1950. Il a rédigé un livre en 1956 qui a été publié en 1968. Tandis qu’il est présenté comme supporter des soucoupes nazies, il avait écrit que les histoires de Schriever sont des inventions et que le Vril et Haunebu n’ont jamais existé. Tout ce qu’il a écrit à ce moment est que les foo fighters devaient être des armes allemandes et que les soucoupes volantes étaient l’Avrocar. Son premier livre est en fait une inclusion de son texte initial de 1956 dans un livre de David Childress. Dans son second livre, Vesco prétend que les Britanniques se sont posés sur la Lune en 1951 et sur Mars en 1954 en utilisant la technologie secrète des nazis ! (Les fans de soucoupes nazies taisent cela parce qu’ils ne veulent pas que vous découvriez que celui qu’ils font passer pour un ‘expert de l’aviation’ n’était qu’un lunatique de plus.)

Bien entendu, il n’y a pas la moindre évidence pour défendre tout ce folklore, dans aucun de ses livres. » (P. Gross)

 

– Le cas d’Henry Durrant :

« Henry Durrant, journaliste français écrivant sous ce pseudonyme, auteur de plusieurs livres sur les OVNIS, raconte une histoire de ‘projet Blue Book’ nazi, le Sonderbüro 13. Quand, plus tard, l’ufologue Thierry Pindivic l’interroge à ce sujet et lui demande ses sources, Durrant avoue avoir inventé toute l’histoire dans le but de ‘tester la crédulité’ de ses lecteurs. En 2004, un ufologue français connu raconte encore dans ses conférences cette histoire de Sonderbüro 13. Cette faribole semble vaguement laisser des traces dans le rapport Cometa qui évoque vaguement une commission créée à Berlin’ par les nazis pour étudier les foo fighters. » (P. Gross)

 

“Close encounters of the kugelblitz kind” (1993), un livre de Vladimir Terziski :

Vladimir Terziski prétendait être le président de l’“American Academy of Dissident Sciences”. Il se parait de titres scientifiques. C’est, écrit Patrick Gross, un autre auteur fantasque qui brode des histoires entièrement nouvelles sur les histoires de soucoupes nazies en précisant que ce sont les extraterrestres “reptiliens” qui ont donné aux nazis les secrets de l’antigravitation en 1929, etc.

« C’est lui qui invente le soi-disant ‘avion sans ailes Andromeda’ dont parle Jean-Pierre Troadec, mais il s’agit dans son livre non pas d’un avion sans ailes inventé par les nazis, mais d’une véritable station spatiale construite par les usines Zeppelin avec l’aide des extraterrestres. Terziski raconte que les Allemands ont exploré la Lune en 1942 et y ont construit des bases, voyageant en soucoupes volantes Miethe, Schriever, Vril, Haunebu, qui atteignent chez lui les 10 étages de haut. Selon Terziski, les nazis ont atteint Mars en mai 1945, un ‘fait’ que Jean-Pierre Troadec ignore ou ne mentionne pas. » (P. Gross)

“The Secrets of the 3rd Reich” est un pseudo documentaire vidéo de Vladimir Terziski, qui défend la thèse des « soucoupes » nazies et qui est cité comme “preuve” par d’autres auteurs, comme David Icke et Jan van Helsing.

 

“The black sun” (1997), un livre de Peter Moon, Sky Books :

« Mélange fantaisiste autour du prétendu projet Montauk, des soucoupes nazies et de la ‘magie noire tibétaine’ mise à toutes les sauces. Un livre entier d’inventions et de logique fallacieuse. » (P. Gross)

 

“The hunt for the Zero Point” (2003), un livre de Nick Cook :

« A partir de ‘confidences’ de quelques personnages racontant de pures inventions, et de la littérature mensongère sur ce thème, Cook, reporter du magazine Jane’s Defence Weekly, prétend que les nazis ont trouvé une méthode de propulsion par annulation de la gravitation en utilisant l’énergie quantique du vide, qu’ils ont construit des soucoupes volantes, utilisé la MHD, etc., mais que cela ne suffit pas à expliquer tous les rapports d’OVNIS. Comme Cook n’a pas un embryon de preuve ou de piste sérieuse pour justifier ces fantaisies, il veut nous y faire croire en racontant que les preuves manquent parce qu’elles ont été détruites et que les gens au courant ont été assassinés. » (P. Gross)

 

“Le plus grand secret”, Tome 1, un livre de David Icke, 2001 :

« David Icke, auteur de best-sellers, mélange absolument tout ce qu’il peut mélanger, de la mort de la princesse Diana aux histoires de multinationales, il raconte que la Reine d’Angleterre est une extraterrestre ‘lézardienne’ et bien entendu que les nazis ont fait voler des soucoupes volantes. » (P. Gross)

 

“Liquid conspiracy”, un livre de George Piccard, 1999 :

Cet auteur recopie les histoires de « soucoupes » nazies et les fausses photographies.

« Là encore, tout y passe, l’assassinat de JFK, Marilyn Monroe, les petits gris, le mind control, Roswell, les reptiliens, Piccard vous assure que tout est lié. » (P. Gross)

 

“Dossier Omega”, “Nazi file”, par “Branton” :

« Branton, soi-disant enlevé par les extraterrestres, prétend à longueur d’articles sur l’Internet que les déportés du camp de concentration de Buchenwald ont été obligés de construire des soucoupes volantes nazies, puis envoyés dans l’Antarctique pour y construire des bases secrètes nazies, car naturellement la Terre est creuse et des trous aux pôles permettent de se cacher dedans. » (P. Gross)

J’ajoute personnellement que diverses sources, qui n’ont rien de « nazies » (voyez par exemple les livres : « Telos »), affirment que la Terre est effectivement « creuse ». Cette thèse a malheureusement été récupérée par certains individus mélangeant de grosses inepties (comme celles de Branton) à des faits réels.

 

“Hitler’s flying saucers – A guide to german flying discs of the Second World War” :

Il s’agit d’un livre et d’une vidéo qui reproduisent le mythe des « soucoupes » nazies et assurent que les OVNIS sont ces “soucoupes”.

 

“Les secrets des OVNIS du 3eme Reich”, vidéo de James Hurtak, Royal Atlantis-Film GmbH :

HurtakJames Hurtak affirme qu’il est un “consultant en technologie avancée”. Il se prétend “proche de la CIA” et il affirme avoir vu des documents secrets de la CIA. Il raconte que les Egyptiens de l’antiquité étaient en contact avec les extraterrestres, tout comme les nazis, que les « foo fighters » sont des « soucoupes volantes » nazies interplanétaires…

Commentaire personnel : James Hurtak est un « canal » ayant rédigé, dans les années 1970, « Les clés d’Enoch ». Malheureusement, on voit ici qu’il a aussi déliré, avec notamment ses “foo fighters” nazis.

 

“Flugzeugprofile”, un magazine, #23, montre des plans de “prototypes BMW” et Messerschmitt.

Interrogé sur la provenance de ces documents, le magazine dit qu’ils viennent d’Espagne et qu’ils ont été fournis par un certain Miranda et un certain Mercado, sans autre précision. Les plans montrés sont “le Flugelrad 1V1” et l’avion “AS-6V1”, lesquels « n’ont rien de la soucoupe volante et ne sont que des avions ordinaires à aile circulaire du type Cesna 01 Bird Dog ». La revue montre également des photos de “foo fighters” en prétendant que ce sont des engins construits par Zeppelin et Messerschmitt.

 

“The Zundeliste”, d’Ernst Zündel :

« Zündel est un révisionniste qui nie l’Holocauste et a écrit plusieurs livres racontant que les nazis ont fait voler des soucoupes volantes, comme UFO : Nazi Secret Weapons, The CIA-KGB UFO Cover-up‘. Sur son site Internet, il avait annoncé une ‘expédition’ pour dénicher les ‘bases secrètes’ nazies en Antarctique, en exigeant de chaque personne qui souhaiterait participer à l’expédition le versement de 10.000 $. Il écrit que les OVNIS sont nazis, que la Terre est creuse, et que les ufologues sont des charlatans qui racontent des histoires de petits hommes verts’. » (P. Gross)

Bien sûr, contrairement aux fadaises d’Ernst Zündel, les OVNIs n’ont évidemment rien à voir avec les nazis, et les ufologues défendant l’origine extraterrestre de ces OVNIs ne sont aucunement des charlatans. Quant à la référence à la « Terre creuse », nous avons ici un autre exemple d’individu « déjanté » qui mêle une thèse défendue par certains « ésotéristes » à des élucubrations de révisionniste.

 

Jean-Claude Monnet :

Cet illuminé français s’est déclaré héritier d’Adolf Hitler et a assuré que les nazis ont construit la « soucoupe volante “Vril” ». Il s’est qualifié de “commandant des forces spatiales extraterrestres” et il a monté plusieurs partis néo-nazis : le “parti Viking de France”, “U-Xul Club”, “Club des surhommes”. Il avait prédit l’apocalypse pour 1999… (Jean Vernette, « Dictionnaire des groupes religieux aujourd’hui », p. 252.)

 

Joscelyn Goodwin :

L’universitaire Joscelyn Goodwin raconte, dans “Arktos” (1996), des histoires de « soucoupes volantes » nazies, de bases secrètes nazies en Antarctique et de déplacement des pôles. Bien que cet auteur n’y voie pas autre chose que des mythes, le matériel qu’il indique est cité par les gens qui font la promotion des « soucoupes volantes » nazies.

 

Tim Mathews :

Celui-ci raconte à longueur d’articles que les OVNIs ne sont pas extraterrestres mais sont des engins secrets des nazis et des Américains.

« Comme il n’a aucune preuve, se contentant de répéter l’histoire de Schriever, il recourt comme le fait Jean-Pierre Troadec à la mauvaise rhétorique classique que ceux qui ne sont pas d’accord avec lui le seraient seulement par horreur du nazisme. » (P. Gross)

 

“Das geheimnis der deutschen flugscheiben” (2002), livre de Klaus-Peter Rothkugel :

Cet auteur raconte stupidement que les OVNIs sont des « soucoupes » nazies et que les gouvernements font de la désinformation pour le cacher en affirmant que les OVNIs sont extraterrestres. (Depuis quand les gouvernements affirment-ils que les OVNIs sont extraterrestres ? On attend cela depuis longtemps !)

 

– Un curieux « ufologue » :

« En 2003, l’ufologue [X] raconte les mêmes balivernes que Jean-Pierre Troadec, avec une conclusion qui vaut son pesant de croix gammées : Toutes les légendes ont un fond de vérité. Celle du V-7 ne fait pas exception. Nous tenons à réitérer que ceci n’est qu’une hypothèse de travail à laquelle chacun doit réfléchir sans parti pris.’ Il raconte que c’est une soucoupe nazie qui s’est écrasée à Roswell et que l’avion espion Aurora pourrait être une autre machine issue des technologies germano non-humaines’. Il fustige les debunkers de tout ordre’ qui relèguent dans les tiroirs’ les soucoupes nazies, et annonce que ces ‘debunkers’ n’auront ‘que leurs yeux pour pleurer le jour où ce cher oncle Sam viendra envahir l’Europe précédé d’engins volants qui n’auront à leurs yeux jamais existé’. Pour lui, le nazisme c’est le gouvernement néonazi de G. W. Bush, issu d’une maffia [sic] internationale qui a fomenté la 1ere et la 2eme guerres mondiales en fabriquant de toutes pièces [sic] le nazisme’. En 2007, ce même ufologue exige, sous peine de me faire un procès, que je retire son propos au motif que : Le texte que vous donnez en référence n’est plus sur Internet depuis au moins deux ans.’ » (P. Gross)

 

“naziufo.com”, site Internet par Maurizio Verga :

Ce site collectionne les fausses photographies de « soucoupes » nazies et des coupures de presse.

« Le site est parfois présenté en ‘référence’ par les promoteurs des soucoupes nazies comme celui d’un expert en aviation qui aurait des ‘preuves’ dans la partie payante de son site. En réalité, ce n’est pas vrai. Maurizio Verga soutient que les soucoupes nazies ne sont qu’un mythe. » (P. Gross)

Autre précision de Patrick Gross :

« Sur l’Internet, il suffit d’utiliser Google et de taper par exemple le mot-clé Haunebu pour se rendre compte qu’il y a près de 65.000 résultats, ce qui montre l’inanité de l’affirmation de Jean-Pierre Troadec selon lequel la thèse des soucoupes nazies est ‘ignorée’. ‘L’encyclopédie libre’ Wikipedia présente par exemple ces histoires, bien qu’avec quelques ‘précautions’, à en.wikipedia.org/wiki/Haunebu » (2)

 

II. L’analyse de “Karma One” :

Sur le site www.karmapolis.be, « Karma One » (un pseudonyme) a consacré un dossier sur ce mythe des « soucoupes volantes nazies ». Voici un compte rendu de son approche, avec mes commentaires.

Pour lui, et là je ne suis pas d’accord (voir la première partie consacrée à la critique de Patrick Gross), il est ardu de départager les deux camps : celui des sceptiques et celui des croyants « car l’un et l’autre n’amènent aucune preuve matérielle incontestable permettant d’emporter une fois pour toute le morceau ». L’analyse faite par Patrick Gross montre au contraire que les assertions des « croyants » constituent un mélange de fumisterie et de faux documents.

Il y a sur le Web, note l’auteur, une pléthore de sites et d’informations sur le sujet, ceux-ci étant presque tous du même tonneau, « à savoir une approche ‘‘conspirationniste’’ du problème dans le registre ‘‘fantastique’’, et sans références précises, sans grand recul ni discernement ».

« Ce qui est étrange, c’est que la majorité des personnes ‘croyantes’ qui ont écrit sur le sujet ont toutes adopté un même canevas, se copiant et se créditant les unes les autres à propos d’une même présentation de l’affaire que l’on sait pourtant être douteuse. Douteuse parce que les témoignages des très rares protagonistes de cette époque sont quasi inexistants ou d’origine très contestée. Des propos et des histoires sur le mode du ‘c’est à prendre ou à laisser’, des anecdotes qui nous contraignent soit à un acte de foi aveugle, soit à un rejet prudent, cynique et parfois tout aussi aveugle. Tous le savent, et pourtant ces auteurs continuent à présenter certains faits tout à fait invérifiables comme étant d’incontournables vérités historiques (l’existence des Vrils, des Haunebu, les vols d’essai de certains prototypes et leur performance supposée, la biographie de certains des inventeurs nazis, les bases nazies en Antarctique etc.). » (Karma One)

Peter Moon, alias Vince Barbarik de la bande du “Montauk Project”, est décrié, critiqué, l’honnêteté et la véracité de ses enquêtes ayant été mises en doute à de nombreuses reprises. Il est l’auteur d’un livre : « The black Sun » (éditions Sky Books), lequel traite du nazisme sur un mode ésotérique et occulte, mais aussi des relations des idéologues du troisième Reich avec une secte tibétaine, des sociétés secrètes, avec en toile de fond l’usage de technologies exotiques, notamment les “soucoupes volantes”. Il a accordé un entretien téléphonique à Karma One.

Du côté des sceptiques, le chercheur hollandais Théo Paijmans, auteur d’une enquête sur le sujet (surtout sur l’affaire Vril), n’a pas répondu à la demande d’interview de Karma One.

Nick Cook est un consultant très apprécié en aérospatiale et en aéronautique pour le « Jane’s Defence Weekly ». Karma One avait mis Nick Cook au courant de ses intentions de l’interviewer à propos des « OVNIs nazis », du conspirationnisme version « lunatic fringe » incarné par des gens comme Icke, van Helsing, Branton, etc., et du fait qu’une frange très particulière d’extrême droite (spécialisée en littérature révisionniste du genre Ernst Zündel) se délecte du sujet. Nick Cook n’a pas voulu donner suite à ce projet d’interview, disant qu’il s’est expliqué très longuement, dans son livre, « à propos des affirmations folles émanant des gens » mentionnés par Karma One. Nick Cook est l’auteur du livre : « The hunt for Zero Point ».

Pour les gens du « Fortean Magazine », « un groupe de recherche assez pointu et incisif en paranormal que l’on trouve sur le Web », l’affaire des OVNIs construits par les nazis n’est qu’une fraude grossière. Un chercheur du « Fortean » a repris les propos proférés par Ernst Zündel. Ce dernier, qui a rédigé quantité de textes sur les prétendus « disques » nazis, possède son propre site Internet (« The Zundelsite ») et son organisation (« Samisdat Antarctik Expedition »). Il aurait déclaré, à la radio et dans ses publications, qu’il a découvert, grâce au sujet des « soucoupes nazies », « un outil médiatique extrêmement puissant » lui ayant permis d’apparaître à de multiples reprises dans des shows télé et radio afin d’exposer à de larges audiences d’autres sujets plus “politiquement incorrects”, comme le “révisionnisme historique”…. L’argent qu’il a récolté grâce aux livres sur les OVNIs, il l’a réinvesti dans la publication d’opuscules sur ce qu’il a appelé “le mensonge d’Auschwitz“. Il a évoqué le petit livre du docteur Austin App sur la prétendue “escroquerie des 6 millions de morts”, ainsi que le livre écrit par Richard Harwood posant la question : ‘‘6 millions de juifs sont-ils vraiment morts ?’’. Si ces propos ont été vraiment proférés par Ernst Zündel, cela nous en apprend beaucoup sur les intentions du personnage : la construction d’un mythe ufologique servant à financer la propagation d’un autre mythe, le tout ressortissant d’une « vicieuse campagne révisionniste bien épaisse et haineuse ». Et comme dit l’auteur de l’article du « Fortean », “les fictions de Zündel à propos des Ovnis nazis ont pu financer la distribution du matériel révisionniste à travers le monde de façon tout à fait substantielle”.

Karma One émet des réserves sur certaines autres affirmations du chercheur du « Fortean ». Selon ce dernier, le Général Hans Kammler n’a jamais eu aucun rapport avec la construction de “soucoupes volantes” et de recherches sur l’antigravitation. L’argument selon lequel ces recherches et ces projets d’armes nazies auraient été repérés par les historiens s’ils avaient existé, semble à Karma One « un peu court ». Il s’agit, selon Karma One, d’une « sorte d’appel à un bon sens, à une logique qui ne mène pas bien loin ». Et il ajoute qu’on pourrait dire la même chose « de la critique acerbe que le Fortean fait du travail de Nick Cook, ce journaliste anglais, consultant pour le très respectable Jane’s Defence Weekly, qui a consacré un livre sur l’antigravité et les recherches des nazis en la matière ». La critique semble à Karma One « également brutale et peu argumentée ». Même s’il concède que Nick Cook ait pu se faire “balader” par l’un ou l’autre témoin aux intentions plus ou moins troubles, et qu’il a peut-être « un peu trop facilement accordé du crédit aux propos du fils de Victor Schauberger » ou au chercheur polonais Igor Witkowski.

 

1. Ernst Zündel :

Sous le nom de Christoph Friedrich, cet Allemand (né en 1939) établi au Canada (vers l’âge de 19 ans) a écrit nombre d’articles, de livres (“Ufos nazi secret weapon ?”, “The CIA-KGB cover-up”, “The antarctica theory”, “The last battalion”), « et a surtout réussi à mettre sur pied une véritable PME sur les OVNIS nazis ».

C’est lui qui, par le biais de son “organisation” Samisdat, a voulu récolter deux millions de dollars « pour financer une illusoire expédition en Antarctique », dans le but de prouver la théorie de la Terre creuse et de rechercher « des bases de soucoupes volantes nazies ». Chaque participant, chaque chercheur voulant « véritablement se vouer à l’ufologie », était tenu de verser à l’organisation un minimum de dix mille dollars pour participer ou posséder des parts dans l’expédition !

Karma One note qu’il « était piquant de constater qu’au terme de la newsletter qui conviait les membres et amateurs du site de l’organisation à mettre la main au porte-monnaie, une menace de se faire tout bonnement virer du cercle des intimes y était clairement inscrite si l’on ne faisait pas chauffer sa carte de crédit » :

« Tous ceux qui ne répondraient pas à cette lettre ou qui n’achèteraient aucun livre et objet ‘Samisdat’ seront éliminés de notre mailing list. Nous sommes désolés qu’une telle politique soit nécessaire, mais il le faut si nous voulons demeurer une organisation active, dynamique et de premier plan dans ce domaine de recherches ‘multi-facettes’… Les exclus ne connaîtront donc pas la vérité et ce que nous découvrirons au cours de notre future expédition… ».

Et Ernst Zündel, alias Friedrich, de conclure qu’il conservait « toute sa sincère gratitude aux seuls supporters de Samisdat qui ont su montrer de la loyauté, de la fidélité et de la diligence… ».

« On croit rêver avec cette ‘fidélité au chef’. Mais il faut croire qu’il n’y a que les grosses ficelles ‘marketing’ teintées d’un brin de menace qui portent ses fruits. On le comprendra, Zündel défend la thèse que la plupart des Ovnis, si pas la totalité, sont d’origine humaine, très vraisemblablement construits ou inspirés par le génie des nazis. Pour lui, les charlatans des soucoupes volantes ont tenté pendant plus de 30 années de dissimuler la vérité derrière des fantasmes et des contes de fée à propos de petits hommes verts’. » (Karma One)

Ernst Zündel a ainsi parlé de « conspiration ufologique ». Je précise, bien sûr, que les vrais charlatans sont les promoteurs, comme lui, des « soucoupes nazies », celles-ci constituant des fantasmes de révisionnistes et des contes pour néo-nazis.

« Et outre, son intérêt marqué pour le révisionnisme historique, il diffuse et inspire sans doute le plus de textes ces dernières années sur les bases nazies en Antarctique et sur la théorie de la Terre creuse. Il se présente enfin comme ayant été le seul prisonnier d’opinion au Canada’, puisqu’il a connu certains démêlés judiciaires avec les autorités canadiennes pour infraction aux lois relatives à l’émigration, mais aussi et surtout pour avoir publié et distribué de la littérature révisionniste comme le fameux Did Six Million Really Die ?… » (Karma One)

Il fut condamné, au début des années 1980, à une peine de 15 mois de prison en première instance, avant d’obtenir, dans le cadre d’un autre procès en 1993 devant la Cour Suprême du Canada (l’équivalent belge ou français de la Cour de Cassation), la reconnaissance d’une violation de sa liberté d’expression. Diverses organisations anti-racistes canadiennes ont poursuivi Ernst Zündel afin qu’il ait à répondre de ses actes par rapport aux lois réprimant l’incitation à la haine raciale, et afin qu’il arrête de publier du matériel révisionniste. Ce « judéophobe » convaincu estime bien entendu que les ennuis qu’il a connus et qu’il connaît ces derniers temps (pour infraction à l’émigration) proviennent du fait que les gouvernements et autres lobbies veulent le faire taire car il veut révéler ce qu’il dit être “la vérité sur les Ovnis”. Cette « explication » relève, bien sûr, de l’absurdité la plus totale.

 

2. Jean-Claude Monet :

Jean-Claude Monet, alias Karl Thor, s’est présenté lui-même comme l’héritier d’Adolf Hitler !

« A partir de 1961, l’intéressé va fonder toute une série d’associations hétéroclites, sortes de groupements hybrides ‘politico-ésotériques’ : le parti national-socialiste ouvrier français (mouvement néo-nazi), l’organisation des Vikings de France, le Parti prolétarien national socialiste, et enfin l’U Xul Klub, qui se présente comme une émanation de la Golden Dawn. Monet affirme être commandant des Forces spatiales extraterrestres’ et se confère le titre de grand pacificateur du monde. » (Karma One)

Selon Renaud Marhic (de la revue « Phenomena »), son groupe l’U-Xul Klub comptait, à la fin des années 1990, une cinquantaine de membres, ce groupe s’apparentant plus aux activités d’une secte que d’un parti ou d’une milice nationale-socialiste, même si, dans ce cas de figure, « les différences entre les deux formes d’organisation sont peu signifiantes et opérantes ».

Repérés par la commission parlementaire anti-sectes française, les adeptes de Jean-Claude Monet se sont regroupés sous l’appellation du club des “surhommes”. Ils vénèrent la mythologie des OVNIs nazis et considèrent les vaisseaux Vrils comme “l’arme absolue”.

« Certes, ce phénomène est marginal, mais il dénote sans ambiguïté l’idéologie qui environne bien souvent le thème des Ovnis nazis et la façon dont l’affaire est récupérée. Monet avait prédit l’apocalypse pour juillet 1999. » (Karma One)

En voilà encore un (Jean-Claude Monet) qui a mal interprété un certain, et fameux, quatrain de Nostradamus ! (« L’an mil neuf cent nonante neuf sept mois… »)

 

3. Peter Moon :

Peter Moon, qui fait partie de la frange des « croyants » en l’existence de disques volants type Vril ou Haunebu, a fait la déclaration suivante à Karma One :

« A mon sens, tout cela (le fait que l’on parle de plus en plus des soucoupes nazies) ne relève pas du hasard, c’est une chose volontaire, préméditée par des gens qui manipulent tout cela… Il y a de toute évidence une connexion, ce que les gens ont une étrange tendance à ignorer ou à nier. Mais connexion, il y a. J’ai écrit là-dessus de nombreuses fois. »

Peter Moon croit donc en une sorte de conspiration nazie, à un plan d’ensemble qui a démarré, en ce qui concerne les Etats-Unis, avec l’opération “Paperclip”, par l’infiltration et la main mise d’anciens de la SS, de la Gestapo et du SD (renseignement de la SS) sur la CIA et les diverses agences de renseignements dans leur lutte contre le communisme.

Il évoque un groupe de gens « farouchement antisémites, une sorte de société secrète », qu’il a appelée « Bön » (à l’origine les « Bön » sont une secte religieuse tibétaine) dans son livre « The black Sun ». Ces gens sont censés avoir « entretenu un rapport certain, par exemple, avec l’islamisme radical et le 11 septembre ».

Il ajoute :

« J’ai rencontré deux personnes qui ont participé à une réunion des Bön à New York. A la suite de cette réunion, ils savaient que quelque chose de grave allait se passer à New York, et ils ont quitté la ville et le pays avant le 11 septembre, un mois avant je crois. Ils ont prédit ce qui allait arriver. Ils font partie donc d’un groupe composé de vrais antisémites qui dispose de connexions industrielles avec des technologies secrètes… Le dénominateur commun entre la CIA et les arabes, ce sont les nazis… Une sorte de 5ème colonne d’individus affiliés aux nazis. Mais c’est une autre histoire, nous sortons du sujet. »

S’agissant du contacté américain George Adamski, Peter Moon prétend que les gens qui ont soutenu George Adamski étaient en relation avec des nazis ou étaient des néonazis.

« Avec en toile de fond cette idée que les extraterrestres étaient des individus de grande taille, blonds avec des yeux bleus, s’exprimant avec un accent allemand. »

On retrouve ici l’ineptie (voyez la Partie I consacrée à la critique de Patrick Gross) relative aux pilotes d’OVNIs parlant l’allemand, un « descriptif » qui n’est étayé, en fait, par aucun témoignage circonstancié et sérieux.

Pour Peter Moon, les nazis représentent ou soutiennent tout ce qui entoure cette technologie OVNI, et il conclut que « si c’était une vaste blague, une manipulation, il n’y aurait pas eu tant de livres et d’articles parfois rédigés par des gens faisant partie du ‘‘mainstream journalism’’, reconnaissant que les nazis avaient mis au point avec un certain succès des programmes de recherche en la matière et qu’ils se sont tous recyclés dans l’industrie et les technologies de pointe ». Cependant, reconnaître la possibilité que les nazis aient fait des recherches sur l’antigravité n’autorise pas à conclure qu’ils aient construit des « soucoupes volantes » (ou que des « aliens » les leur aient fournies). Voici, à ce propos, ce qu’a précisé l’ésotériste Benjamin Creme (qui évoque par ailleurs l’origine extraterrestre – vénusienne notamment – des contacts de George Adamski), celui-ci déclarant détenir ses informations (par un procédé de communication télépathique) d’un Maître de la Hiérarchie planétaire : les Allemands, mais ils n’étaient pas les seuls, étaient en train de développer une technologie antigravitationnelle visant à créer un véhicule aérien qui permettrait de gagner la guerre des airs au-dessus de l’Allemagne, et ils ont réussi « dans une certaine mesure ». (« Partage international », n° 224, avril 2007, p. 27.) C’est une façon de parler, car il faut quand même rappeler qu’ils ont perdu la guerrre aérienne (car la technologie concernée n’était tout simplement “pas au point”…)

 

4. Jan van Helsing :

Des gens comme Ernst Zündel, Jean-Claude Monet, le pseudo docteur Frank Stranges (auteur d’un livre sur les “Ovnis et Bases Secrètes” publié en 1982), Jan van Helsing, David Icke, etc., ont popularisé l’idée absurde selon laquelle les nazis étaient les premiers à avoir réussi à faire voler des « soucoupes ». Certains d’entre eux ont un lien avéré avec l’extrême droite, alors que d’autres se signalent notamment par leur manque de sources. Ils n’ont pas soumis à une critique historique les quelques documents (surtout iconographiques) dont ils se servent pour accréditer leur thèse.

« Exemple : le livre de Jan van Helsing sur Les sociétés secrètes et leur pouvoir au 20ème siècle, réimprimé toujours par les éditions Felix sous le titre du Livre Jaune n° 5, collectif d’auteurs. Van Helsing, de son vrai nom Jan Udo Holey, mystérieux personnage que l’on dit tantôt être de nationalité autrichienne, tantôt suisse, hollandaise, tantôt allemande, publiait donc en 1997, dans cet ouvrage qui a fait beaucoup de barouf, des photos en noir et blanc de vaisseaux Vril et Haunebu, des noms des prototypes de ces prétendues soucoupes volantes nazies, et reproduisait des sortes de fac-similé de plans de coupe généraux desdits engins en forme de disques, plans affublés du sceau Geheim-top secret de la SS. Pas un mot sur l’origine de ces documents bizarres et qui se révèlent en fin de compte les seuls indices matériels indiquant que ces recherches nazies ont bel et bien eu lieu et ont débouché sur quelque chose de concret, à savoir la construction de modèles opérationnels qui pouvaient évoluer à des vitesses de plusieurs milliers de kilomètres par heure (comme la série des Vrils, dont le Vril 1 de 11 m de diamètre qui aurait fait son premier vol en 1942). On était en droit de se demander où van Helsing avait dégotté ces plans, schémas et documents photos. Dans les archives secrètes de l’armée allemande et capturées par les alliés (USA, France, UK ou URRS), dans d’autres fonds d’archives privés de groupes industriels qui auraient participé à ces recherches comme BMW, Skoda, Krupp, Porsche ou Messerschmitt, ou encore grâce à un informateur anonyme ? Van Helsing ne dit pas un mot sur ses sources, il évoque non dans son propre livre, mais incidemment dans un autre livre, celui de Peter Moon The Black Sun (Sky Books), en français Le Soleil Noir -, de mystérieux contacts avec les membres de sociétés secrètes allemandes affiliées aux nazis, et omet de dire que Renato Vesco et David Hatcher Childress publiaient par exemple, sur le sujet, en 1994, un ouvrage assez épais (ouvrage qui est une suite d’un autre livre de Vesco bien plus ancien : Intercept but…) et enrichi par plusieurs rééditions (dont la dernière daterait de 1997), livre intitulé Man Made Ufos, 50 years of supression (Adventures Unlimited Press Publishers), Des Ovnis construits par la main de l’Homme, 50 ans de suppression…, une brique de près de 400 pages lourdement fournies en iconographies et reprenant certaines de ces mêmes photos, et les mêmes plans des Vrils, Haunebu et autres ‘Schriever-Miethe Diskus‘, que ceux que l’on trouvait dans Les sociétés secrètes au 20ème siècle. (Remarque : curieusement, ces clichés ont presque complètement disparu dans le Livre Jaune n° 5, qui n’est qu’une réédition des ‘sociétés secrètes…’, mais amputée du nom de l’auteur.) » (Karma One)

Dans le livre de Peter Moon qui reprend aussi certaines de ces illustrations, Jan van Helsing affirme avoir préparé à la publication un second ouvrage entièrement consacré aux “soucoupes volantes Vril“, comportant “des centaines de photographies de Vril“, mais qu’il en fut dissuadé par le gouvernement allemand qui avait fait interdire son premier ouvrage, “Les sociétés secrètes et leur pouvoir au 20ème siècle”. Selon Jan van Helsing, “le gouvernement allemand considérait que le livre constituait un trouble à l’ordre public”.

« Ce que van Helsing ne dit pas, c’est qu’il avait inclus dans la première édition des ‘sociétés secrètes’ des extraits du très contesté Protocole des Sages de Sion, un texte qui a servi de texte fondateur et de ‘document’ à charge pour tous les mouvements antisémites d’avant-guerre et largement repris aujourd’hui par l’extrême droite et les milices nationalistes nord-américaines. Le mystérieux ‘Allemand’ disait à Moon (qui affirme qu’il est Allemand) que jamais son livre sur les Vrils ne verrait le jour’. A la fin des années 90, lorsque la première édition française de l’ouvrage fut distribuée dans les librairies ésotériques, je me souviens que l’on disait qu’il fallait se dépêcher d’acheter un exemplaire car le livre avait été interdit à l’étranger. Un argument marketing imparable. Et il y eut de fait interdiction de diffusion en Allemagne et en Suisse (en 1998, selon un rapport du 1er trimestre de la Commission fédérale helvétique contre le racisme) où le livre fut retiré de la vente à la suite de procès entamés pour infraction à la loi contre le racisme’ (réf: WoZ 22/01/1998; Bund 22/01/98), antisémitisme et incitation à la haine raciale, justement à cause de l’insertion d’extraits des protocoles des Sages de Sion. Pour la petite et la grande histoire (nous sortons du sujet Ovnis), sachez qu’au cours de ces dernières années la polémique a refait surface autour de l’authenticité présumée de ces fameux protocoles qui attesteraient de l’existence d’un infâme complot ‘mondial’ orchestré par une bande de rabbins exaltés et psychopathes. Une très bonne enquête réalisée par un historien russe a permis d’identifier l’auteur réel des protocoles qui serait le fils d’un aristocrate russe, avocat radié du barreau – Mathieu Golovinski -, qui serait le faussaire qui a forgé de toute pièce ce brûlot au début du 20ème siècle à Paris. Mais il s’agit d’une autre histoire. » (Karma One)

Karma One précise qu’il s’est avéré difficile d’obtenir des informations fiables et crédibles en français ou en anglais sur ce Jan van Helsing.

Peter Moon l’a rencontré et a conclu des liens d’éditions avec lui. Il l’apprécie tout en déplorant « certains excès » du personnage.

« Tout d’abord, dans son livre The Black Sun, Moon décrit van Helsing comme un jeune type, un ancien agité de la scène Punk Rock allemande qui a abandonné l’alcool, la drogue et le Rock suite à une sorte de brutale épiphanie, une révélation sur ses capacités médiumniques grâce à un skinhead rencontré par hasard. Van Helsing se serait étonné de voir qu’un skinhead était capable de faire preuve de sensibilité. Moon poursuit le récit en affirmant que le jeune ex punk tombe alors dans un coma d’une semaine et demie, au cours duquel il subit des sorties astrales, des décorporations qui lui révèlent ses talents de médium, des visions diverses du genre ‘pyramides’, divinités diverses, et l’aperçu d’un certain avenir. C’est alors que l’intéressé aurait décidé d’entreprendre des études sur l’ésotérisme, l’occultisme et les sociétés secrètes. Voilà pour la ‘légende’. » (Karma One)

Peter Moon affirme en outre avoir rencontré Jan van Helsing en 1994 en escale à Newark, alors que l’Allemand se rendait à Hawaï. Jan van Helsing voulut profiter de son arrêt sur le continent nord-américain pour y rencontrer Bill Cooper (« Behold a pale horse ») et Brad Steiger… Il s’amouracha de la secrétaire de Bill Cooper. Il alla, avec notamment Peter Moon et Al Bielek (l’associé et ami de Peter Moon), à une conférence ufologique en Arizona. Cette rencontre a débouché sur la traduction et la publication en langue allemande du livre de Peter Moon sur le projet Montauk.

Lors de la conversation téléphonique que Karma One a eue avec Peter Moon, ce dernier déclara que Jan van Helsing est vraiment un type honnête. Peter Moon précisa que Jan van Helsing avait décidé de s’appeler ainsi à cause d’un personnage de littérature (un chasseur de vampires), car il se considère comme un chasseur de vampires : il veut chasser les vampires d’Allemagne, vampires qu’il estime être les juifs. Il veut en fait chasser les vampires du monde entier !

« Ce type est OK, mais il a un sérieux problème avec ça. » (Moon)

Peter Moon poursuivit :

« Vous connaissez l’une des raisons de son voyage à New York quand il est venu nous voir ?… Il nous a dit qu’il ne savait pas vraiment à quoi ressemblaient les juifs, qu’il n’y en avait plus en Allemagne et qu’il voulait se rendre compte sur place. Il nous disait qu’il n’avait en fait jamais vu de juifs, et on a bien essayé de lui montrer que c’étaient des gens comme tout le monde, vivant leur quotidien, mais bon, il restait dans son monde… ».

 

5. OVNIs nazis sur le Web :

La plupart de ces soi-disant chercheurs, qui font connaître leur théorie sur le Web, navigueraient en fait dans une sorte d’autarcie intellectuelle, de représentation illusoire du monde, selon le Français Joseph Altairac, lequel a consacré une longue étude au sujet des « Vrils » : « Un mythe technologique : la légende du V 7 » (« Scientifictions », numéro 1, volume 2, Encrage, 1997).

Dans un échange de courriel avec Karma One, il a fait ce commentaire :

« Le Net est un formidable outil d’investigation mais aussi un piège sournois. Il y a désormais des malheureux qui mènent leur recherche en consultant seulement le Net, ce qui fait qu’ils vivent dans une sorte d’univers parallèle dans lequel les théories les plus délirantes donnent l’impression d’avoir une certaine valeur sous prétexte qu’elles apparaissent sur l’écran de leur ordinateur ! ».

C’est sans doute par ce processus, note Karma One, « que tout un corpus de pseudo faits historiques se colporte de site en site, se croisant, se référençant les uns et les autres, et donnant donc l’impression que chaque information sur les Ovnis nazis » est référencée. Mais ce n’est qu’une impression.

Maurizio Verga est un ufologue italien qui s’est penché, pendant plus de vingt ans, sur l’affaire des « OVNIs nazis » et des « armes miracles » allemandes. Il a constitué l’une des plus importantes collections de clichés sur la question des « OVNIs nazis », sur son site (à caractère lucratif) : naziufos.com. Il a précisé à Karma One qu’il n’a jamais découvert une seule photo d’« OVNIs nazis » vraiment convaincante. Certaines photos ne sont que « d’évidentes maquettes aux contours un peu flous d’Ovnis posés à terre à côté d’un camion et de mannequins », alors que d’autres « sont totalement ridicules, spécialement celle équipée en dessous par une tourelle de char Tigre (sur laquelle on a collé bizarrement des canons très minces) »… En fait, ajoute-t-il, la plupart des photos d’« OVNIs nazis » sont « d’origine hautement douteuse », et une bonne partie est falsifiée.

« Elles ont commencé à apparaître dans les années 80 avec la publication d’articles excessifs et d’affirmations provenant d’auteurs allemands ou autrichiens. Je suppose que les photos étaient alors des sortes de preuves visuelles destinées à corroborer leurs affirmations et à les rendre crédibles. Van Helsing et les autres ont alors utilisé ces photos pour leurs propres livres et pour autant que je le sache, ces photos ne viennent pas d’eux directement. » (M. Verga)

Maurizio Verga considère que ces photos, et les propos qui les illustrent, n’ont aucun rapport avec la « première vague » d’histoires sur les « OVNIs allemands », vague datant des années 1950. A cette époque, il n’y avait qu’un seul film (en 1952) qui montrait des photos n’ayant rien à voir avec les autres photos mentionnées plus tard.

Il conclut que le flou entourant l’origine de ces clichés est total, en quelque sorte volontaire. Il n’y a, dit-il, « aucune source spécifique qui soutienne l’origine de ces photos et l’ensemble de ces clichés ». Aucune source directe n’est créditée, et il est donc impossible de savoir d’où ces photos viennent.

« De tels clichés ont l’étrange manie de surgir du néant…. Quant à un document filmé, le seul film que j’ai vu est un documentaire italien de 30 minutes (incluant des interviews de Serrano et d’autres) où l’on voyait une soucoupe allemande arborant un emblème, une croix germanique, qui semblait décoller d’une base souterraine à toute allure et très soudainement. La première fois que j’ai vu le film, je fus très impressionné, mais plus tard je découvris que cette même scène était extraite d’un autre film datant de 1950 de Mikel Conrad sur les soucoupes volantes. Pas mal hein ? ». (M. Verga)

Selon Maurizio Verga, les nazis ont cependant développé, sur plans, des idées et des projets très en avance sur leur époque. La plupart des développements dans l’arsenal militaire (et pas uniquement dans ce secteur), ainsi que la stratégie après la deuxième guerre mondiale, sont des conséquences directes de leur travail, « même si celui-ci s’avérait bien souvent chaotique et bien trop riche en solutions exotiques, peu pratiques et désespérées ».

On notera que les schémas représentant certaines prétendues « soucoupes volantes nazies » sont directement inspirés des récits de George Adamski. Ceci suffit à démontrer l’arnaque, les Vénusiens rencontrés par le contacté, ainsi que la philosophie de ceux-ci, n’ayant strictement rien à voir (rappelons que l’accent allemand allégué est un mythe, d’autant que les communications étaient de type télépathique !) avec des Allemands et avec l’idéologie nazie.

Selon Renato Vesco et David Childress (les auteurs de : « Man Made Ufos »), et Peter Moon, ces illustrations seraient issues d’un ouvrage en allemand : « Die Dunkle Seite Des Mondes – the Dark Side of the Moon », publié en 1996 par les éditions Pandora Books. Il s’agit, écrit Karma One, « d’un ouvrage étrange, bizarroïde, qui s’avère assez rare », sur lequel il n’a pas réussi à mettre la main. Les origines de ces photos et de ces plans restent donc mystérieuses, comme les plans des prototypes qu’il a découverts dans une revue allemande : “Profile’’.

Karma One note que David Icke (“Le plus grand secret”, tome 1, éditions Louise Courteau) et Jan van Helsing ont tous deux parlé des ‘‘OVNIs nazis’’, « toujours de la même manière, en faisant état des mêmes histoires, d’une chronologie semblable, mais sans présenter de façon “sourcée” des preuves matérielles, ni où ils avaient trouvé leurs infos ». On peut dire la même chose du livre de George Piccard, “Liquid Conspiracy” (Adventure Unlimited Press). Il s’agit là d’ouvrages « conspirationnistes » qui ont utilisé la même manière de présenter les prétendus disques nazis et les mêmes photos. Les auteurs se copient les uns les autres, sans originalité.

« Même chose pour le document vidéo de Vladimir Terziski : The Secrets of the Third Reich (évoqué par van Helsing dans le Livre Jaune n° 5, mais aussi par Icke, et édité par l’European Archive UFO, PO Box 129, 8600 Sneeks, Netherlands), vidéo qui regroupe des photos, séquences, plans et informations aux origines mystérieuses et imprécises. » (Karma One)

Sur le Web, les documents de Jan van Helsing ou plutôt de Brad Harris, ainsi qu’une autre série de photos en couleurs, sont présentés comme des évidences historiques, ce que l’on retrouve sur certains sites en langue allemande au contenu idéologiquement très marqué à droite.

 

6. Des sociétés secrètes :

Jan van Helsing justifie le brutal “saut créatif” de la science nazie dans les années 1930, et par conséquent les progrès immenses de la nation allemande en matière d’armement, par l’existence de sociétés secrètes et ésotériques : la société Vril, celle de Thulé, et celle des « Chevaliers noirs » (descendant des Templiers).

« Thulé s’avérait être le pendant matériel et politique des nazis et occultistes allemands, tandis que Vril s’occupait surtout ‘de l’au delà’ et des affaires occultes ou ésotériques, souligne van Helsing. Derrière Vril (anciennement la Loge Lumineuse ou Frères de la Lumière) créée en 1919, on retrouve la figure bien connue de Karl Haushoffer qui en serait le fondateur, affilié également à la fameuse Golden Dawn (L’aube dorée). Et autour de Haushoffer évolueront des gens comme le chef du gouvernement de Dantzig, un certain Rauschning, ami d’Adolph Hitler, Rudolph Hess (qui fut le dauphin du Fürher, le plus mystique dans le cercle des proches d’Hitler), et bien entendu Hans Horbiger. C’est dans ces cercles qu’auraient été édifiés les piliers ‘mystico-racistes’ du nazisme qui ont inspiré l’idéologie et le mode de fonctionnement de la Waffen SS. Mais pour van Helsing, la société Vril aurait servi à d’autres choses : elle aurait permis à des médiums de rentrer en contact avec des entités extraterrestres d’Aldébaran (subdivisées en deux groupes : les maîtres qui sont des ‘hommes-dieux’ aryens, et d’autre part différentes races ‘humaines’ inférieures extraterrestres). Ce seraient ces ‘hommes-dieux’ qui auraient inspiré aux nazis et aux membres du Vril l’idée la plus fantastique jamais conçue par l’Homme : la construction de la machine vers l’au-delà’. Il n’aurait alors fallu que trois ans, selon van Helsing, pour que le premier projet soit mis en place et que le Dr W.O. Schumann, membre des sociétés Thulé et Vril, expose à Munich devant la Faculté des Sciences les premiers principes de la propulsion par implosion (par opposition au moteur à explosion, considéré comme satanique).

Selon la légende (une histoire par conséquent totalement fabriquée selon les sceptiques), en juin 1934 le premier Ovni nazi aurait vu le jour, un avion circulaire expérimental, le RFZ1 de la fabrique d’avions Arado, doté d’abord d’une hélice, puis d’une turbine et aussi d’un réacteur. Les autres modèles, du RFZ2 au RFZ7, se succéderont jusqu’à la fin de la guerre. L’un des engins les plus au point était le Haunebu 2, opérationnel à la fin 1942 et d’un diamètre, suivant le modèle, allant de 26 m à 32 m (de 9 à 11 m de hauteur), pouvant se propulser à plus de 9000 km/h. (A titre de comparaison, le record de vitesse en vol de l’avion américain SR71, datant de 1976, est de 3.529 km/h, et celui du F44 Phantom est de 2585 km/h.) Le nec plus ultra de l’affaire aurait été le Haunebu III de 71 m de diamètre, qui pouvait transporter, paraît-il, 32 personnes à une vitesse d’au moins 7000 Km/h avec une autonomie de vol de 8 semaines. Le premier Mothership en quelque sorte, construit pour des vols spatiaux interplanétaires (et dont la vitesse maxi répertoriée dans les archives de la SS serait de 40.000 km/h, nous précise van Helsing). L’engin en vol aurait été filmé du côté de la frontière tchèque. » (Karma One)

 

7. James Hurtak :

A l’instar de Peter Moon, Jan van Helsing cite James Hurtak, lequel aurait compulsé des documents de la CIA sur les « armes miracles » allemandes.

« Hurtak déclare donc avoir eu entre les mains des documents relatifs à l’existence des célèbres Foo Fighters, qui seraient en fait les Feuerballs, Kugelblitz et autres ‘tortues volantes’, des sortes de drones qui se manifestaient sous la forme de boules de lumière très intense à proximité des bombardiers alliés afin de mettre à mal leur système électrique et de guidage (mais aussi à proximité des formations allemandes que ces engins escortaient). Hurtak parle aussi des plans détaillés pour la construction d’un projet de cité de l’espace près de Peenemünde. Il souligne enfin que l’aspect le plus important du troisième Reich est qu’ils ont en fait ouvert la porte vers d’autres mondes’, des commentaires que notre bizarre philosophe et linguiste américain aurait tenu dans le documentaire vidéo : Les Secrets des Ovnis du 3ème Reich (MGA/Austria/Royal Atlantis-Film GMBH). Hurtak va plus loin car, selon lui, dans cette affaire, l’armée américaine aurait créé de toutes pièces l’affaire de l’extraterrestre de Roswell pour servir d’écran de fumée et donc pour masquer l’existence de soucoupes volantes nazies ayant échappé au contrôle des alliés, ou encore des prototypes nazis capturés par l’Air Force auprès des Allemands à la fin de la seconde guerre mondiale : Une menace des extraterrestres pouvait servir d’écran de fumée pour le ministère de la Défense afin de justifier certains essais, mais aussi pour dissimuler au grand public la menace que pouvaient constituer des soucoupes volantes nazies de l’après-guerre’. Voilà une position très proche de celle empruntée par Zündel. » (Karma One)

La question qui vient à l’esprit, évidemment, est : pourquoi les nazis n’ont-ils pas utilisé ces fameuses « armes miracles », ces « OVNIs » ? L’explication, évidemment, c’est que tout cela c’est du « pipeau ».

James Hurtak, proche de la CIA, est le fondateur de l’“Academy for Futur Sciences” (une organisation qui, entre autres choses, développe une nouvelle égyptologie), et il est titulaire de diplômes en études orientales, en histoire, en sciences sociales, en linguistique, en patristique (étude des doctrines des Pères de l’église). Ce polyglotte passe également pour un « consultant en technologies avancées basé dans la Silicon Valley ».

Il a publié une étude recommandant, pour l’archéologie, “l’utilisation des radars aéroportés, des satellites aéroportés et des satellites radars”. Dès les années 1970, il se consacre à l’égyptologie, la civilisation des Pharaons ayant été, selon lui, en relation avec des civilisations extraterrestres, notamment d’Orion. James Hurtak était en excellents termes avec le SRI (le Stanford Research Institute), lequel effectua des recherches sur le plateau de Gizeh, sur les variations du champ magnétique autour du Sphinx et de la Grande Pyramide. Les principaux bailleurs de fonds du SRI sont le Pentagone (75 % des recettes du SRI en 1993 par exemple) ou la NASA. Le SRI a travaillé sur des projets comme le “Remote Viewing” (la vision à distance), pour le Pentagone et la CIA, dans le cadre des projets “Grill Flame”, “Star Gate” ou “Sun Streak”. Précisons que ces projets ne constituaient pas, comme certains l’ont imaginé, des opérations de désinformation. (Voyez, à ce sujet, mes textes sur l’espionnage extrasensoriel, rubrique « Parapsychologie ».) Le journaliste Alex Constantine y a vu la trace de l’opération MK Ultra, l’objectif de la vision à distance n’étant pas, selon lui, « tant de recueillir des informations sur des lieux éloignés que d’agir directement sur notre mental ». Pour lui, “ces prétendues recherches ne sont que de la désinformation… car le Pentagone cherche en réalité à mettre au point des techniques de manipulation mentale”, l’espionnage parapsychique n’étant qu’un prétexte. Les services secrets auraient essayé de mettre au point des techniques permettant d’influencer un individu se trouvant physiquement hors d’atteinte. (Alex Constantine, “Virtual government”, éditions Feral House, et “Illicit mind control experimentation”, Internet Ligthouse Report.) Mais cette tentative de mise au point de techniques de manipulation mentale n’invalide pas pour autant les recherches effectuées sur la vision à distance. (Voyez, à ce sujet, le livre de Jim Schnabel : « Espions Psi », éditions du Rocher, 2005.)

Karma One note que Picknett et Prince (« La porte des étoiles », éditions du Rocher) ont dénoncé James Hurtak comme « faisant partie d’une conspiration très sophistiquée visant à mettre sur pied une nouvelle religion mondiale, une sorte de syncrétisme reprenant des idées de l’Egypte ancienne, du bouddhisme (surtout le bouddhisme tibétain, avec lequel les nazis ont entretenu un lien singulier) et du christianisme »

Karma One a présenté à un proche qui travaille pour un service de renseignement militaire « le profil du personnage, son passé, sa formation présumée et ses déclarations ». Pour ce “spécialiste”, « Hurtak représente un agent désinformant typique à destination du grand public ».

« Si l’on examine de plus près les conséquences des propos de Hurtak, ceux-ci discréditent totalement l’accident de Roswell ‘version extraterrestres’ et ‘version Blue Book’ (le fameux ballon sonde par exemple), et accréditent la thèse selon laquelle les nazis possèdent des soucoupes volantes opérationnelles, sont en Antarctique et sont donc en relation avec une science supérieure, héritage d’une civilisation ancienne également supérieure et intraterrestre. La résurrection d’une sorte de mythe de l’Atlantide en quelque sorte qui va conforter le propre système de croyance de Hurtak (sur lequel Peter Moon greffe le sien, voir The Black Sun), dans lequel des extraterrestres, des divinités diverses, l’Egypte et la planète Mars jouent des rôles déterminants. » (Karma One)

En fait, je considère que les thèses et informations de James Hurtak constituent un mélange d’éléments corrects et d’éléments (comme les « soucoupes volantes nazies » et sa version absurde du crash de Roswell) relevant de la désinformation. Je ne pense pas qu’il s’agit là, contrairement à ce qu’ont théorisé Picknett et Prince, « des ferments d’une nouvelle religion »

Si Jan van Helsing et Peter Moon se réfèrent à James Hurtak, c’est parce qu’ils trouvent dans son oeuvre certaines conceptions allant dans le sens de leurs croyances.

« Dans le système de Moon, les nazis se sont en quelque sorte imposés comme des vecteurs de force incontournables car ils auraient compris les enjeux véritables des pouvoirs qui se manifestent dans notre univers, des pouvoirs qui passent par le Tibet, la religion des Bon et le Kalachakra, l’importance du symbole des pyramides que l’on retrouverait aussi bien dans l’Egypte ancienne qu’en Amérique du sud ou en Asie (pyramide de Shensi en Chine par exemple), le rôle fondamental joué par l’Arche de l’Alliance. Bref, Moon établit à son tour un syncrétisme religieux qui ne peut que ravir Hurtak et qui inclut les nazis. (Moon montre sa fascination mais ne les approuve pas, tandis que van Helsing ne se démarque pas vraiment.) Van Helsing, malgré sa notoriété, affirme être en danger parce qu’il en sait trop et, surtout, parce qu’il se serait exprimé en révélant au grand jour des vérités gênantes qui lui vaudraient l’inimitié des gouvernements et des grands de ce monde. L’homme entretient donc le mystère, ce qui a un effet marketing évident sur son image de marque. Mais, par contre, il ne s’exprime jamais sur le fait que ses ouvrages ont été condamnés dans certains pays à cause de l’emploi qu’il a fait des ‘Protococles‘, en considérant de facto qu’il s’agissait de pièces authentiques. Tout comme pour David Icke, le plus gênant n’est pas tellement que les thèses de van Helsing soient reprises par des groupements d’extrême droite, après tout il n’en peut rien, mais plutôt qu’il soit soupçonné très sérieusement d’avoir entretenu des relations avec des groupements autrichiens de l’ultra droite. Et qu’il n’ait rien fait pour mettre un terme à ces allégations. Voilà qui donne un autre parfum aux informations qu’il a divulguées sur les soucoupes volantes dans son livre. » (Karma One)

 

8. Illustrations plus récentes :

Périodiquement, depuis le milieu des années 1990, de nouvelles illustrations (les toutes dernières sont en couleur) surgissent, sur Internet, sur les sites spécialisés dans le domaine des ‘‘soucoupes volantes nazies’’ « sans que jamais une réponse pertinente ne soit apportée au mystère de leur origine ».

« Karmapolis a mis la main sur une série d’esquisses, de représentations graphiques censées être des copies de documents ayant un jour existé dans les cartons des équipes de recherche à propos de projets d’armes miracles allemandes, sans que nous ayons pu déterminer s’il s’agissait de projets menés par des cellules de recherches de la SS ou de Luftwaffe. Ces esquisses ont été publiées récemment dans un périodique allemand très spécialisé dans l’aviation militaire allemande de la seconde guerre mondiale, le magazine Flugzeug Profile, n° 23, édité par Flugzeug Publikations Gmbh. Cette maison d’édition, qui s’adresse à des fanatiques de l’aviation de la dernière guerre, à des spécialistes ou à des historiens militaires, consacre chaque numéro de sa revue à un modèle d’avion particulier et ses versions successives qui y sont examinées sous tous les angles, comme par exemple le Messerschmitt BF 109 ou le 202 (le premier chasseur à réaction opérationnel), le Heinkel He219 ou Junker Ju87A. Cet éditeur consacra donc un numéro assez étonnant aux prototypes de soucoupes volantes développés surtout par BMW et dans une moindre mesure par Messerschmitt. Ce numéro est d’autant plus surprenant que, traditionnellement, on évoque d’autres firmes comme étant les constructeurs de prototypes de soucoupes volantes : des auteurs comme Childress, Vesco ou même van Helsing, mentionnent à peine ces firmes et ces modèles, parlant plutôt de la participation de Skoda ou d’un consortium appelé Mittel-Werke, un constructeur qui aurait été créé par la SS et le général Hans Kammler. Manfred H. Franzke, notre correspondant de la revue en question avec lequel nous sommes rentrés en contact, nous a précisé que ces documents iconographiques provenaient d’Espagne, d’une revue spécialisée aujourd’hui défunte, mais aussi d’un couple (Miranda/Mercado, très critiqués par les sceptiques) vivant à Madrid, et d’un autre tiers qu’il n’est plus jamais parvenu à contacter. Notre correspondant est donc incapable de nous fournir les coordonnées du propriétaire de ces illustrations car il aurait disparu dans la nature. » (Karma One)

Selon le correspondant de la revue « Profile », à l’époque de la parution du dossier sur ces « soucoupes allemandes », le magazine avait reçu assez de garanties sur la crédibilité desdites illustrations.

« Il est vrai que les prototypes qui y sont présentés sont moins ‘révolutionnaires’ que les Haunebu et autres Vrils quant à leur moyen de propulsion. Il s’agit en fait de la déclinaison d’une même idée développée par la firme BMW dont le premier modèle, le Flugelrad 1V1, modèle biplace, est propulsé par une tuyère, une sorte de moteur à réaction sur lequel on a collé une aile en forme de disque. Avant cela, il y avait un prototype encore plus ‘primitif’, le AS6.V1 (AS pour Arthur Sack, nom de l’ingénieur créateur), un aéronef propulsé par un moteur 8 cylindres de Messerschmitt BF109 ou de Junker 66. C’est une sorte d’avion monomoteur (dont il existe plusieurs photos de plus ou moins bonne qualité) qui ressemble de profil à l’ancêtre de ces petits avions d’observation (genre Cesna 01 Byrd Dog), mais dont l’aile est en forme de disque. Entre 1939 et 1944, BMW aurait donc développé, au moins sur le papier, le Flugelrad 1V1 et le 1V2, le Flugelrad 2V1 et 2V2 (3 ou 4 places, biréacteurs), et la série 3V, modèles assez impressionnants pouvant accueillir 6 ou 7 passagers (2 à l’avant, 4 à l’arrière) sur deux niveaux. Pour donner une idée de la masse de ces engins, le 1V2 – l’un des plus petits – pèserait 10 tonnes et pourrait théoriquement se propulser à 800 km/h à une altitude de 17.000 mètres. Ces engins ont-ils vraiment volé ? ‘Non, pas un seul’, nous affirme Manfred Franzke, un fait qui a été confirmé d’une autre manière par Nick Cook. ‘Seuls les modèles Arthur Sacks AS6 ont réussi à faire un très court saut de puce au cours de leur décollage…’, nous précise Franzke. Mais les modèles les plus sophistiqués n’étaient que des projections théoriques des futurs projets. Pour les sceptiques, cette autre vague de prototypes de BMW ou de Messerschmitt n’ont jamais été développés, construits, et donc n’ont pas pu décoller. Bref, il s’agirait d’une autre forme de mystification, la preuve étant que la firme BMW n’a jamais reconnu avoir développé ce genre de machines. » (Karma One)

Tim Mathews, un chercheur spécialisé en « OVNIs nazis » et « armes miracles » allemandes, croit en la réalité de certains de ces prototypes. L’intéressé précise que le AS6, par exemple, et les recherches sur les ailes circulaires, avaient pour but de créer des appareils à décollage très court – l’idéal pour un porte-avions -, « mais également de profiter des vertus de furtivité et donc de discrétion de ce genre de voilures par rapport aux radars ». Aucun rapport donc, ajoute Karma One, avec de « fumeuses propriétés de sustentation, d’aérodynamisme, d’antigravitation et autres magies du Vril ».

 

9. Les « Foo Figthers » et le mythe Uranus :

Dans cette même revue allemande – « Flugzeug Profile », n° 23 -, on trouve aussi les représentations des mystérieux ‘‘Foo Fighters’’, « ces drones sans pilotes, ces fameuses boules de feu qui effrayaient tant les pilotes de bombardiers alliés et dont le rôle était, selon les ‘‘croyants’’, de brouiller les radars, voire de griller les installations électriques des avions ennemis ».

Messerschmitt et Zeppelin seraient deux des maîtres d’œuvre de ces projets, comme le “Flakmine Kugelblitz” (« mine volante boule de tempête »), le “Zeppelin Werke V7 Feuerball”, ou encore le “Kreisflugel J 1254”.

Voici leur description selon David Childress et Renato Vesco (« Man made UFOs ») :

« Ces machines totalement originales étaient circulaires, blindées, et ressemblaient plus ou moins à la carapace d’une tortue pour certains modèles. Elles étaient équipées d’un moteur turbo jet spécial également plat et circulaire, avec des tubes klystron et un additif chimique pour ioniser l’atmosphère dans les environs des avions, et qui généraient un grand halo de flammes brillantes. De ce fait, on les a appelées ‘boules de feu’. Elles étaient sans armes et sans pilotes, et étaient ‘radio-contrôlées’ au moment du décollage. Ensuite, elles suivaient automatiquement les appareils ennemis, attirées par l’échappement, les flammes et la chaleur, pour s’approcher suffisamment sans toutefois entrer en collision, de façon à ne pas détruire leur propre dispositif de manœuvre par radar. Elles étaient quasi indétectables par les radars américains les plus puissants de cette époque… ».

David Childress et Renato Vesco parlent surtout de l’implication d’un établissement aéronautique, le F. F. O (Flugfunk Forschungsanstalt oh Oberpfaffenhoffen), en ce qui concerne le dispositif de radioguidage.

« La construction en elle-même aurait été prise en charge par la firme Zeppelin Werke (ce qui est concordant avec les informations de la revue Profile) qui s’était installée pour l’occasion en Autriche dans des installations souterraines sises dans le Schwarzwald. Ces Foo Fighters seraient avant tout des projets dépendant de la sphère d’influence de Hermann Goering, le patron de la Luftwaffe, mais aussi d’un immense empire industriel qui se trouvait être en compétition avec un autre empire, celui de Heinrich Himmler, le Reichfürher SS, grand concurrent qui aurait lui aussi joué un rôle moteur dans ces armes miracles. Tels sont du moins les hypothèses des croyants. Et à côté des sceptiques, pour compliquer l’affaire, il y a ceux qui croient que ces Foo Fighters ont existé mais qu’ils n’étaient ni allemands, ni américains, mais d’origine inconnue. Des gens parfois très sérieux ont même évoqué l’existence d’une commission d’enquête – le Sonderburo 13./projet Uranus – instituée par Goering pour enquêter sur l’origine de ces Foo Fighers. Un projet Blue Book avant la lettre ? Rien n’est moins sûr.

Ainsi, l’ufologue français Bernard Bidault, sans doute crédule et égaré comme je le fus jusqu’à il y a peu, évoquait, à l’occasion d’une conférence qu’il donna à Bruxelles en avril 2004 à l’hôtel Atlas, l’existence de cette commission Uranus, soit disant mise en place dès 1942 par Hermann Goering. Des films et des photos de qualité en quantité incroyable auraient été pris puis conservés et estampillés ‘Top Secret’ à la fin de la guerre par les alliés qui avaient mis la main sur les archives allemandes pour les faire disparaître dans les limbes. Entre autres spécialistes que nous avons contacté sur le sujet et qui a eu la gentillesse de nous répondre, Jean-Luc Rivera de la gazette fortéenne me signala le fait qu’il s’agissait d’un mensonge et que Tim Mc Lure s’était penché sur la question avec précision, mettant alors en évidence le fait que cette commission allemande était un canular, une blague de mauvais aloi. Mc Lure rapporte lui-même les découvertes d’un de ses collègues, Andy Roberts, qui s’est entretenu avec l’auteur de cette fausse rumeur qu’était devenue à la longue le projet Uranus : il s’agit en fait de l’ufologue français Henry Durrant qui, dans son ouvrage Le livre noir des soucoupes volantes, invente l’existence de cette commission Uranus menée par le Sonderburo 13, chargé d’enquêter sur l’existence des Foo Fighters, les Allemands croyant qu’il s’agissait d’une arme secrète des alliés. Et Durrant d’avouer qu’il s’agit de sa part d’une œuvre complète de son imagination, d’un canular qu’il avait inventé et inséré dans son livre précisément pour voir ‘qui allait rapporter cette histoire sans la vérifier’. Cette fausse information a très bien fonctionné, comme on le voit, puisqu’on en parle abondamment sur le Web, puisque le très célèbre ufologue britannique Timothy Good se serait laissé prendre à l’affaire en répercutant l’existence d’Uranus dans un de ses livres, nous affirme encore Mc Lure. Et l’on en trouverait même une trace dans le rapport français Cometa, ce qui semble exact puisque le rapport stipule à propos de Foo Fighters : ‘Ces observations ont causé beaucoup de soucis aux autorités alliées qui ont pensé au départ à un procédé secret allemand. Il est apparu clairement à la fin de la guerre qu’il n’en était rien. Il semble que de leur côté les pilotes allemands aient été persuadés qu’il s’agissait d’une arme secrète américaine. Une commission d’enquête aurait même été créée à Berlin pour l’étudier… Les archives relatives aux Foo Fighters semblent avoir été soumises au secret militaire au moins jusqu’en 1949. De nombreuses observations sur des objets beaucoup plus gros en forme de cigares, de disques ou de sphères, ont été consignées dans les deux camps.’ Voilà donc, en quelques lignes, l’opinion des experts de Cometa qui semblent s’être fait également berner par Durrant, à moins qu’ils évoquent l’existence d’une autre commission et d’une autre source. De toute évidence, pour Cometa, Ovnis et Foo Fighters ne sont pas d’origine allemande. » (Karma One)

 

10. Nazisme et ésotérisme :

En matière d’armement, les recherches allemandes étaient en avance sur leur époque. De plus, les scientifiques nazis semblent avoir exploré d’autres pistes que celles de la science plus conventionnelle, « appliquant ainsi d’autres solutions que celles empruntées par leurs collègues américains, anglais, russes ou français, un peu comme si, dès le départ, les scientifiques allemands avaient décidé de vivre en autarcie, dans un autre monde, rejetant d’un geste méprisant les solutions apportées par “les scientifiques décadents du monde judéo-chrétien” (propos tenus par Hitler et rapportés par Albert Speer) ».

« C’est ainsi que la SS, la Luftwaffe, et dans une moindre mesure la Wermacht, ont mis sur pied des structures très compartimentées, très richement dotées et ayant quasi tous les pouvoirs afin de poursuivre de nombreux programmes de recherches en matière d’armements. De l’artillerie lourde aux blindés (comme les monstres que furent les Tigres et le Panthère), des premiers chasseurs jets aux premiers missiles filoguidés, des mortiers légers aux mitrailleuses légères, l’Allemagne nazie, dès le milieu des années 30, apportait des solutions originales et parfois très sophistiquées, jetant sur les champs de bataille des armes totalement innovantes dont des copies figurent encore aujourd’hui dans nos arsenaux. Le pourquoi de cette avance demeure un mystère qui a laissé la place à de nombreuses spéculations dont se sont délectées les groupements d’extrême droite. Le rejet irrationnel et haineux de la science et de la relativité einsteinienne, par les nazis, les auraient peut-être poussés à un bond créatif obligatoire à très court terme, un sursaut nécessaire et indispensable à la survie de leur modèle de société. Pour pas mal de ‘conspirationnistes’, emboîtant le pas aux contestés essayistes français Louis Pauwels et Jacques Bergier, ce serait plutôt la magie, le lien ésotérique du nazisme et d‘Hitler avec des ‘Supérieurs Inconnus’, avec des sortes d’entités extraterrestres, qui auraient permis à la société militariste allemande cet inexplicable bond en avant. » (Karma One)

Dans “Le matin des magiciens”, Louis Pauwels et Jacques Bergier mettent en évidence le fait que les nazis étaient persuadés qu’il existait “une science secrète, une magie à la base de toutes les sciences”.

Il ressort des propos de Jacques Bergier et de Louis Pauwels que l’avance technologique et scientifique allemande ne peut s’expliquer que par un niveau ésotérique, quasi « magique », ou à tout le moins incompréhensible à nos critères d’analyse habituelle du monde, et intraduisible en termes conventionnels.

 

11. Le SS Kammler :

« La récupération de ces thèmes par l’extrême droite ne doit pas nous empêcher d’examiner ces hypothèses selon lesquelles la SS avait un programme très avancé en matière d’armes exotiques, non conventionnelles, et en matière de disques volants. Car une des principales conséquences des recherches nazies serait que les Américains (ainsi que les Soviétiques) auraient pu bénéficier par le biais de l’opération Paperclip du fruit de ces recherches. Et, toujours selon certains enquêteurs comme Nick Cook, la majorité des Skunk Projects, des projets secrets de l’Air Force par exemple en matière de furtivité, de propulsion MHD ou d’antigravitation (si ceux-ci existent), seraient les ‘descendants’ des premiers projets allemands. » (Karma One)

Nick Cook, consultant du “Jane’s Defence Weekly”, a été informé, par un archiviste de l’Imperial War Museum de Londres, de l’existence d’un ouvrage et de son auteur : Tom Agoston, un spécialiste interprète de photographies aériennes auprès de l’armée anglaise pendant la guerre, diplômé de Cambridge, qui avait rédigé sa version restée assez confidentielle de l’histoire des armes secrètes nazies dans “Blunder, How the US Gave Away Nazi Supersecrets to Russia”.

« Agoston affirme avoir rencontré les derniers témoins des activités ultrasecrètes de Kammler. Pour Agoston, la mission de Kammler était cruciale puisqu’il était en fait à la tête d’un centre de recherche top secret dans lequel on construisait des armes secrètes de seconde génération au développement déjà bien avancé’, ce que l’on appellerait aujourd’hui dans le jargon militaire américain un SS research Think-Tank’ pour des special projects’. Exactement le genre d’endroit ‘où l’on s’attendrait à trouver de la technologie sur l’anti-gravité’, note encore Nick Cook avec une quasi délectation. » (Karma One)

Karma One apporte d’autres précisions :

« La documentation et le témoignage d’Agoston permettent à Cook de constater que l’équipe spéciale constituée par Kammler pour ses travaux visionnaires était en fait une section bien compartimentée travaillant dans les usines Skoda en Tchécoslovaquie, totalement indépendante du groupe Skoda et de n’importe quelle autre autorité, et qui a sans doute démarré ses activités très spéciales dès juin 1942. Agoston précise aussi que le département R&D (recherche et développement) du Kammlerstab (l’équipe de Kammler) était surveillé par un triple cordon de sécurité composé par des spécialistes SS du contre espionnage spécialement formé pour cette tâche. C’est dire si l’enjeu des travaux de cette équipe était capital et ultra secret. Agoston a rencontré et a assisté à l’interrogatoire d’un témoin et acteur capital de l’équipe Kammler, un certain Colonel Wilhelm Voss, directeur général de Skoda, et comme c’est souvent le cas pour les hauts cadres : colonel honoraire dans la SS. En tombant sous l’autorité directe de Kammler, cette branche ‘recherche et développement’ de Skoda devenait totalement indépendante de la bureaucratie et pouvait conserver un secret total autour de ses activités grâce à ce fameux triple cordon de sécurité. Cook découvre alors que le peu de données, voire l’absence totale de données matérielles et historiques sur ces recherches, est dû aux strictes mesures de sécurité imposées par Kammler, mais aussi à cause de son attitude criminelle qui a consisté en l’élimination systématique de tous les participants à ses projets (des prisonniers, en passant par le ‘petit personnel’ ouvrier civil, jusqu’aux ingénieurs), dans le cadre d’une opération préméditée et rondement menée juste avant l’arrivée des Russes. Au cours de cette opération type ‘terre brûlée’, Kammler aurait reçu d’Hitler et de Bormann une autorité totale, supérieure à Himmler lui-même. C’est dans le cadre de cette opération que les technologies les plus sensibles, celles relatives sans doute à l’antigravité, auraient été évacuées, selon un chercheur polonais, Igor Witkowski (nous verrons cela dans quelques instants), d’abord par camions, ensuite par avions et sous-marins jusqu’en Espagne, puis en Amérique du Sud. C’est de là que serait sans doute né le mythe de l’évacuation des secrets et de la puissance allemande dans des bases en Antarctique. Tout simplement parce que des U Boat chargés de technologies sensibles devaient faire escale dans le continent de glace avant d’arriver en Amérique du Sud. Tous ces éléments factuels proviendraient du contenu d’un interrogatoire mené par les alliés, à savoir le US CIC (Counter Intelligence Corps) sur Voss, un Voss qui se serait ainsi confié à Agoston. L’affaire serait d’autant plus sensible que Voss aurait demandé spécifiquement à Agoston de ne jamais divulguer dans des publications ces éléments relatifs à l’équipe Kammler, secret qui sera respecté par Agoston jusqu’au décès du colonel honoraire en 1974. Le même Agoston aurait par la suite tenté d’obtenir une copie des PV d’interrogatoires menés par le US CIC sous le couvert du ‘Freedom for Information Act’, mais sans succès, les autorités allant jusqu’à dire que ces interrogatoires n’avaient jamais existé. Il faut donc croire Agoston sur parole, et c’est bien ce qui pose problème aux sceptiques et aux détracteurs de Nick Cook. Pourtant, selon Cook, il subsisterait dans les archives américaines des indices accréditant l’existence de recherches nazies sur des technologies exotiques, comme par exemple les documents Lusty évoquant des recherches sur ‘des armes à énergie, des lasers et des armes anti-aériennes à rayon’. Ces recherches auraient été conduites à Vienne dans un centre secret situé 87 Weimarestr. Cook décrit par le détail toutes les tractations de Kammler avec ses supérieurs hiérarchiques ainsi qu’avec ses concurrents comme von Braun ou Speer, pour constituer son équipe de recherche, et nous fournit bien trop de détails pour que cela soit le fruit d’une pure mystification. » (Karma One)

 

12. Igor Witkowski :

Ce Polonais est un autre témoin et chercheur critiqué par les sceptiques. On le dit animé par des mobiles douteux et il aurait tout simplement mené Nick Cook en bateau.

« Possible, mais les sceptiques ne m’en ont pas apporté une preuve palpable et convaincante. Witkowski se serait donc longuement documenté sur le Kammlerstab et sur Wilhelm Voss pour découvrir qu’une bonne partie des équipes de Kammler planchait sur le nucléaire. Il y aurait eu à la fin de la guerre des négociations top secrètes entre Kammler et les services de renseignements américains pour revendre des technologies très précieuses. Witkowski explique à Cook que Kammler avait mis au point une opération d’évacuation, ‘Special Evacuation Kommando’, au cours de laquelle les SS auraient réussi à évacuer en pièces détachées par camions, par avions spéciaux (des Ju290 et 390) et par U Boat, les éléments technologiques relatifs à la recherche en matière d’antigravitation, une installation que Cook nommera dans son ouvrage sous l’appellation ‘The Bell’, ‘la cloche’ (des recherches baptisées par les noms de code Chronos et ‘Laternentrager’), et dont il a visité les supposées ruines près de Nordhausen. Pour cette opération d’évacuation, Kammler aurait bénéficié de toute autorité grâce à Martin Bormann, l’éminence grise d’Hitler, passant ainsi au-dessus de l’autorité du chef de la SS, Himmler. Quant à la plupart des ingénieurs et des scientifiques, ils auraient tout simplement été abattus entre le 28 avril et le 4 mai 1945 par les SS, précise Witkowski à Cook, ce qui explique la quasi impossibilité de découvrir des témoins sur les véritables buts des recherches de l’équipe Kammler, des recherches d’une portée telle que cela aurait justifié un si grand nombre d’assassinats. Ces assassinats auraient été perpétrés par des membres des Sonderkommando, les bataillons mobiles de tueries qui s’étaient fait une spécialité de ces meurtres collectifs qui ne devaient pas laisser de traces. Deux SS par victime, deux équipes, 31 balles par équipe et des déportés pour creuser les fosses… les détails donnés par le consultant du Jane’s sont très nombreux. Cook décrit alors de façon très convaincante le type de recherche menée, dans ‘the Bell’, dans le cadre de l’opération Chronos, des recherches ayant pour but de générer des vortex et de l’antigravité. Ces recherches ont-elles été couronnées de succès ? Cook l’ignore et ne peut que faire des suppositions. Il retrace alors toutes les recherches menées en matière d’antigravitation par les alliés dans les remous de l’opération Paperclip. Et il ne peut s’empêcher de penser aux successeurs supposés de ces équipes de recherche allemandes, les ‘black budget’ et autres ‘skunk project’ américains dont certains membres, au milieu des années 50, ‘furent contraints au silence par de ténébreuses équipes d’agences de renseignement, afin de garder secrète la vérité sur les véritables percées technologiques allemandes après la seconde guerre mondiale’. Bref, pour Nick Cook, il semble acquis que les Américains ont réellement mis la main sur quelque chose après la défaite des nazis, et la technologie furtive des ailes volantes du genre B2 et F117 ne serait que la suite et les répercussions des premières recherches exotiques allemandes. Comme nous l’avons déjà mentionné, le travail de Cook a été critiqué par les sceptiques, comme par exemple les gens du Fortean Magazine, parce que l’intéressé, sans doute de bonne volonté, aurait été manipulé par des inconnus aux intentions peu louables dont le but était ‘de rendre au régime nazi des dehors plus favorables, et ce par le biais de manipulations et de mensonges’. On parle même ‘d’individus agissant pour le compte d’un groupe qui suit un plan spécifique’, à savoir un travail de relations publiques pour le compte de l’idéologie nazie. Et de s’étonner que Cook n’ait pas été mis en garde contre les activités de ces agents manipulateurs, ou qu’il n’ait lui-même pas su faire preuve de plus de discernement. » (Karma One)

 

13. Victor Schauberger :

« Les reproches à l’adresse de Cook se focaliseront surtout sur le chapitre relatif à Victor Schauberger, cet autodidacte autrichien, passionné par les forces de la nature, qui aurait mis au point un générateur d’énergie qui copiait les forces dégagées par les vortex et les tourbillons générés par l’eau. Certains auteurs affirment que Schauberger aurait mis au point une soucoupe volante pour les SS puis pour les Américains, et l’illustration représentant son générateur (le Repulsine), ou plutôt sa ‘turbine à eau’ dont l’apparence évoque une soucoupe volante, a bien souvent été ‘maquillée’ en Ovni nazi en l’ornant d’une croix germanique. Le Cook Report, ce document qui critique le livre de Cook, estime que tout ce qui a été rapporté au consultant anglais à propos de Schauberger relève de la plus haute fantaisie… mais sans nous dire exactement pourquoi. Tout comme on ne nous explique pas clairement pourquoi Witkwoski est un personnage peu crédible. Ni qui serait ce mystérieux groupe pro nazi obéissant à ‘un plan spécifique’, et qui exactement aurait manipulé Cook en lui envoyant des informateurs chargés de lui raconter des mensonges. L’auteur du rapport Cook et du rapport sur les Ovnis nazis conclut : ‘Je ne vois aucune raison qui me permet de croire que Victor Schauberger ait été capable de faire tout cela…, ou qu’il a construit un disque volant…’. Et pour ma part, je ne vois pas de raisons de croire aveuglément les conclusions de l’auteur du Fortean Magazine. » (Karma One)

 

14. Les conclusions de Karma One :

Karma One confesse que tout au long de son enquête son opinion a changé « de manière quasi diamétrale ».

Au départ, il croyait qu’il y avait un fondement plus que concret à ce dossier des « OVNIs nazis » et à l’existence des vaisseaux Vrils et Haunebu.

« Aujourd’hui, je suis beaucoup moins affirmatif et mille fois plus méfiant. »

Pour lui, cependant, il est très difficile de se forger une opinion circonstanciée « car les arguments des sceptiques ne répondent pas à toutes les questions loin de là ».

L’un d’entre eux, Kevin Mc Lure, « auteur d’un article assez sobre et bien équilibré sur le mythe des soucoupes nazies », a listé sur le Web une longue liste de questions à laquelle il n’avait toujours pas de réponses.

« J’ai bien tenté de confronter les recherches, et donc théories, de deux passionnés de l’affaire, Kevin Mc Lure d’une part, endossant la défense du camp des sceptiques, et Tim Matthews (Flying Saucers, Secret History) d’autre part, qui persiste dans l’idée que les soucoupes nazies ont vraiment existé, du moins dans une certaine mesure. Et je suis aujourd’hui incapable de les départager, car je ne possède pas les moyens matériels (références bibliographiques, testimoniales, etc.) pour donner complètement raison à l’un ou à l’autre.

Examinons par exemple de façon très brève la vision du dossier de Kevin Mc Lure. Celui-ci estime qu’avant 1950 il n’y avait aucune publication, aucun article de quelque ordre que ce soit sur des soucoupes nazies et autres aéronefs exotiques. La première fois que l’on en parle c’est en 1950 dans une dépêche d’agence publiée par le magazine allemand Der Spiegel qui relate les propos d’un soit disant Capitaine Rudolph Schriever, qui évoque l’existence d’un projet théorique de disque volant, le fameux disque Schriever-Habermohl-Miethe et Belonzo. En 1957, un certain Major Lusar, dans l’ouvrage German Secret Weapons of the Second World War, colporte la même histoire, mais affirme que le disque était opérationnel et lui confère des données et des performances qui semblent fantaisistes. Mc Lure estime que l’existence même de Schriever n’est pas confirmée (il était trop jeune au moment de la guerre) et ajoute que les données les plus fantaisistes et les plus imprécises circulent sur les autres participants au projet (Habermohl et consort), voire qu’ils n’ont jamais existé (aucune trace dans aucune archive historique ou militaire d’aucune sorte).

En résumé, on peut dire que les premières publications sur le sujet, datant des années 60, de Schriever, Lusar, puis Vesco (Intercept But Don’t Shoot), sont toujours sujettes à caution. Mc Lure – il n’est pas le seul, loin de là – affirme donc ne pas avoir trouvé d’indices probants démontrant que les faits ‘fondateurs’ des Ovnis nazis sont palpables, incontournables et vérifiables. Quant à l’origine du corpus de croyances sur les Vrils et Haunebu, Mc Lure souligne par exemple le rôle très important joué par les écrits d’Allen Harbinson, avec sa série de nouvelles Projekt Saucer, qui ne sont que des œuvres de fiction paraît-il très bien construites. De la même manière, Mc Lure passera à la moulinette une grande partie des autres affirmations proférées par Childress, Cook et quantité d’autres chercheurs de type ‘croyant’. Il s’intéresse tout particulièrement à Branton et ses Omega Files, un mystérieux protagoniste du Web, extrêmement prolixe sur le ‘conspirationnisme’ en général et sur les ‘Short Greys’, que certains sceptiques décrivent comme un agent désinformant de la CIA. Mc Lure le place au même niveau que Terziski de par l’imagination fertile, et se pose lui aussi des questions sur les mobiles qui animent ‘ce personnage impliqué dans des affaires d’abductions depuis sa prime enfance…, programmé avec une personnalité double ou comme agent dormant pour la CIA. Et de souligner que le dossier Omega de Branton appelé Nazi Files est un autre exemple ‘de présentation de choses incroyables sous forme de faits’, parlant à son sujet de ‘désert moral et intellectuel’. Car Mc Lure s’emporte contre Branton, principalement parce que celui-ci utilise des éléments de l’Holocauste (par exemple le soit disant envoi de déportés de Buchenwald en Antarctique pour construire une base secrète pour Ovnis) qu’il déforme pour donner corps à ses fantasmes, et se demande quel genre de pulsion peut bien pousser Branton à de telles constructions de l’imaginaire opérées sur le dos des déportés. Mc Lure a raison, il y a quelque chose de détestable dans cette réécriture de l’Histoire, quelque chose d’autant plus désagréable que cela introduit des notes d’invraisemblance dans le dossier de la déportation. Mais malgré tout, en dépit de ces invraisemblances, si Branton était quand même de bonne foi ? Car Mc Lure ne nous apporte aucune preuve que l’intéressé raconte totalement des inepties, si ce n’est le fait que ces faits n’ont jamais été rapportés d’une quelconque façon dans la littérature concentrationnaire. Enfin, Mc Lure reconnaît qu’il y a encore pas mal de choses à éclaircir dans cette affaire, notamment suite à la publication récente d’un livre sur le 3ème Reich en Antarctique et en Amérique du Sud, Arktos, rédigé par une certaine Jocelyne Goodwin. » (Karma One)

Avec Kevin Mc Lure, le mythe se dégonfle brique après brique, souvent de façon convaincante, parfois avec des raccourcis qui ne satisfont pas Karma One. Il serait fastidieux, ajoute ce dernier, « de se pencher sur tous les éléments qu’il énumère pour écorner l’affaire de l’Amiral Byrd, les bases en Antarctique, les Vrils, Haunebus, Foo Fighters »

Tim Matthews se fait par contre l’avocat de ceux qui croient en l’existence d’une partie du mythe des OVNIs nazis ou à tout le moins d’une origine humaine aux OVNIs. Il déclare, de façon tout à fait erronée, que « les soucoupes volantes se sont développées jusqu’à un certain degré en parallèle de chaque côté de l’Atlantique au cours de la seconde guerre mondiale ». Ceci est erroné car on dispose de récits antérieurs à cette période. Pour Tim Matthews, il faut voir derrière les OVNIs l’œuvre du monde du renseignement (de « l’Intelligence ») plutôt que l’œuvre d’une intelligence extraterrestre, ce qui est totalement absurde. Il revient sur les recherches effectuées par le professeur Heinrich Focke (constructeur des célèbres “Focke Wulf”), lequel s’est intéressé très tôt au décollage vertical et aux technologies relatives au rotor et aux hélicoptères. Il passe en revue les travaux des frères Horten dont les ailes volantes ont été popularisées tant au cinéma (‘‘Les aventuriers de l’Arche Perdue’’) qu’en BD (voir l’aile volante façon Horten dans ‘‘Le secret de l’espadon’’ de Jacobs), « et dont on peut être certain que la firme Northrop Grumman s’est inspirée avec le fameux bombardier B 2 ».

Tim Matthews s’attarde plus longuement sur le AS6 (V1) mis en évidence dans la revue ‘‘Flugzeug Profile’’, grâce à un article rédigé par Hans Herbert et Hans Meier dans la revue ‘‘Luftfahrt International’’ datant de 1980. On y met en évidence les propriétés de furtivité des ailes circulaires.

Tim Matthews insiste sur le fait que les recherches sur les ailes circulaires “n’avaient aucun rapport avec des connections ésotériques et autres connaissances occultes” relatives à l’énergie Vril ‘‘et autres non sens’’. Ceci s’explique seulement par le fait que ce genre de design possèderait en fait des propriétés furtives, les ailes circulaires étant « plus robustes et plus faciles à construire ».

Toujours selon Tim Mathews, le premier appareil à aile circulaire et à propulsion par jet a été imaginé, et sinon construit, autour de 1943. Il cite, comme source, le témoignage de Rudolph Schriever. En 1950, ce dernier aurait affirmé avoir travaillé dans les environs de Prague sur un véhicule de type « soucoupe volante ». Il cite également le fameux article de ‘‘Der Spiegel’’ tant contesté par Mc Lure. Tim Mathews passe aussi en revue toutes les armes exotiques sur lesquelles les Allemands se sont penchés : ailes volantes, missiles filoguidés, armes à particules, eau lourde etc.

Quant à la raison pour laquelle les recherches dans ces domaines n’ont pas abouti, « il met en avant l’attitude très rétrograde d’Hitler lui-même à l’égard de ce que l’on pourrait appeler les nouvelles technologies », à savoir ‘‘l’indifférence d’Hitler et de son immédiate hiérarchie pour la recherche dans les sciences nouvelles’’, attitude qui pouvait aller ‘‘jusqu’à une positive hostilité’’.

« Nous voici donc très loin de l’image d’Epinal d’un Hitler passionné par les sciences ‘underground’, les solutions radicalement novatrices, féru d’occultisme et investi totalement par les pseudo recherches dans les énergies ésotériques, les Vril et autres engins inspirés par des guides extraterrestres de type aryen. C’est sans doute la raison pour laquelle les fameuses armes miracles qui devaient sauver le cours de la guerre, la fusée A 4 ou l’avion à réaction par exemple, sont arrivées si tardivement sur le terrain des opérations : Hitler n’y croyait tout simplement pas. Nous sommes à des années-lumière de cette autre représentation d’un Reich magique, d’une Waffen SS ultra puissante, toute dévouée aux décisions innovantes d’un chef visionnaire guidé par des puissances magiques. Le fossé entre ces deux représentations est tel qu’il ne laisse pratiquement aucune place à un moyen terme, à un réel où une partie du mythe des Ovnis nazis aurait sa place et aurait donc existé. Le scepticisme me semble pour l’instant être l’attitude la plus confortable et la plus fondée, puisque l’avocat même des croyants avance certains arguments imparables qui dégonflent le mythe. » (Karma One)

En outre, les éléments matériels historiques que l’on peut ‘‘tracer’’ « sont d’une maigreur impressionnante ».

« Il reste les nombreuses questions sans réponses que les sceptiques n’abordent pas de façon convaincante, des questions relevées par l’un de leurs meilleurs avocats, Tim Mc Lure. Il reste certaines affirmations énigmatiques de gens comme le Colonel Corso, ex-Colonel au département ‘technologies étrangères’ du Pentagone, qui affirme que l’armée US a bel et bien récupéré une soucoupe extraterrestre à Roswell et possèderait des modèles opérationnels. Dans son livre, il évoque l’étrange phrase de son supérieur hiérarchique, le Général Trudeau, qui lui demandait d’inventorier les recherches technologiques que les Allemands avaient faites pendant la seconde guerre mondiale, de récupérer ce matériel et ‘de l’incorporer dans les recherches en cours’. Mais Trudeau fait soudainement allusion à d’autres technologies que celles plus classiques de l’avion à réaction, du canon Grosse Bertha ou des nouveaux Panzers : ‘Le matériel dans cette armoire est légèrement différent de celui qui nous passe entre les mains. Je ne sais pas ce que vous avez eu l’occasion d’apprendre sur cela quand vous étiez à la Maison Blanche, mais avant d’écrire un quelconque rapport vous devriez faire une petite recherche sur le dossier Roswell.’ Voilà une très étrange phrase, une très bizarre suggestion de relier Roswell aux recherches des nazis. Mais bon, pour les sceptiques, Corso est sans doute du même tonneau, un mystificateur, un agent désinformant payé par on ne sait quelle officine de renseignement de l’armée pour des raisons que l’on ne comprend pas très bien. C’est possible. Mais une fois de plus, il ne suffit pas de dire que Corso raconte des bobards parce qu’il nous fait part de choses invraisemblables (comme les voyages interplanétaires, les bases sur Mars et sur la Lune). Et puis, il y a les constatations de gens comme Jean-Pierre Petit ou même Nick Cook qui laissent transparaître le fait que la version officielle sur les progrès opérés en matière d’antigravitation ou de propulsion MHD par l’Air Force et les autres officines de recherche et développement n’a pas grand rapport avec ce qui se passe réellement sur le terrain. Il est curieux de constater qu’officiellement on est quasiment nulle part en matière d’antigravitation. A titre d’exemple, les recherches menées par la Nasa ou par British Aerospace ont à peine été capables d’isoler un effet antigravitationnel, et les chercheurs sont aptes par exemple, par le biais de certains appareils, à supprimer à peine de 1 à 2 % du poids d’un objet lorsqu’il est soumis à ladite technologie antigravitationnelle, le but étant de découvrir le point zéro, l’annulation totale de la gravité. Curieux paradoxe donc que ces recherches qui coûtent des dizaines de millions de dollars pour arriver à des effets peu concluants, face à d’autres chercheurs, non officiels ceux-là, qui, œuvrant dans leur garage de banlieue, seraient arrivés à faire décoller tel ou tel objet, à produire des quantités d’énergie absolument incroyables. Des gens que l’on doit alors croire sur parole et dont on peut facilement se procurer les coordonnées dans des magazines comme Nexus ou dans des livres sur l’énergie libre (celui de Jeane Manning aux éditions Louise Courteau par exemple), autre pomme de discorde entre physiciens ‘sérieux’ et autres Pr. Tournesol ‘Underground’. » (Karma One)

Nick Cook ne peut s’empêcher de penser que l’on a pu faire silence sur les véritables percées scientifiques des nazis en matière d’antigravitation car ‘‘ces révélations auraient provoqué la mort prématurée de la toute jeune science aérospatiale’’… Cela aurait sonné le glas ‘‘des missiles balistiques, des avions à réaction, des armes guidées, des avions transatlantiques’’ et de la conquête spatiale telle que nous l’avons connue. Karma One, qui parle à ce propos d’hypothèse ‘‘très séduisante’’, ajoute que l’existence des OVNIs nazis n’est pas validée parce que cette hypothèse de Cook « est justement logique ! ».

Karma One s’interroge sur l’origine de certaines histoires et de certains clichés, « même si l’hypothèse d’une motivation idéologique à la construction de ces récits » lui semble très naturelle, « tentante et partiellement satisfaisante ».

« D’une part, comme nous l’avons vu, le mythe des Ovnis nazis sert le camp de l’extrême droite en accordant au régime hitlérien une aura de mystère, de magie et d’universalisme (via l’influence présumée d’une civilisation extraterrestre). D’autre part, d’autres intervenants plus proche du milieu New Age, et pas nécessairement nazi au premier abord, s’en servent pour la constitution d’une nouvelle religion, sorte de syncrétisme alliant bouddhisme et égyptologie, créant avec les nazis et leurs Ovnis l’image d’un ennemi tout puissant, de type luciférien, qui a détourné des forces bienfaitrices pour leur propre compte. Une telle puissance incarnée par un tel ennemi qui a profondément marqué l’Histoire ne peut alors que légitimer toutes les digressions et constructions ésotériques, idéologiques ou religieuses qui en découleraient. Mais je demeure ouvert à l’idée que cette affaire d’Ovni nazis n’est pas sortie de nulle part uniquement pour satisfaire les besoins justificateurs de certains groupements. Je ne peux m’empêcher de ressasser encore et toujours cette petite phrase : ‘Et s’il y avait malgré tout un fond de vérité là dedans.’ » (Karma One)

 

15. Ma conclusion :

On peut raisonnablement soutenir que le seul fond de vérité qu’il y a dans cette affaire, c’est ceci : les nazis ont sûrement effectué des recherches « avancées » sur l’antigravitation – voyez à ce sujet l’information donnée plus haut par Benjamin Creme -, mais ces recherches en sont restées au stade théorique ou à un stade expérimental non abouti (ou très peu abouti). Ils n’ont donc pas pu construire réellement des « Haunebu » et des « Vrils ». Et surtout, bien sûr, les OVNIs n’ont strictement rien à voir avec les nazis. Parmi les nombreux éléments qui attestent de ce fait, il y a celui-ci : les multiples descriptions que nous avons des occupants d’OVNIs, grâce aux récits de RR3 et RR4, n’ont strictement rien à voir avec des représentations d’Allemands ! Reste bien sûr la thèse selon laquelle certaines soucoupes volantes étaient d’origine allemande, une affirmation que l’on trouve dans le livre de Michael Salla : “Programmes spatiaux secrets et Alliances extraterrestres” (éditions Ariane, 2016).  Se profile cependant cette question évidente : si les nazis ont possédé de pareils engins (avec l’aide d’une espèce « alien »), comment se fait-il qu’ils ne les aient pas utilisés pour “l’effort de guerre”  et que nous ne soyons pas en plein “troisième Reich” ? Les tenants de la thèse SV nazies soutiennent qu’ils ont été “pris par le temps” et qu’ils ont évacué le matériel de leur technologie avancée dans des bases en Antarctique et en Amérique du Sud…

Alain Moreau

 

Références :

1. Jean-Pierre Troadec, « Top secret », n° 24, avril/mai 2006, p. 26-33.

2. http://ufologie.net

 


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