La vague d’OVNIs sur la Belgique

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I. Le dossier de « Science et inexpliqué » :

Entre 1989 et 1991, plus de 1300 observations d’un OVNI ont été collectées. Elles concernent une énorme structure volante triangulaire dotée de quatre phares puissants. Généralement lent et silencieux, cet objet volant était aussi capable d’accélérations « fantastiques » ou de disparaître instantanément.

Le général Wilfried de Brouwer, à l’époque chef d’état-major adjoint de la Force aérienne belge, a reconnu que les militaires en charge de la défense du territoire n’ont pas été capables d’« identifier ni la nature ni l’origine ou les intentions du phénomène ». Cela n’a pas empêché des rationalistes de chercher à tout prix une explication « conventionnelle ».

Pour évoquer les membres de la SOBEPS, le sceptique Marc Hallet mentionne, sur son site Internet, les « principaux responsables d’un groupuscule d’enthousiastes » qui, arrivés sur le terrain, se sont répandus « en commentaires enfiévrés aussitôt répercutés par une presse alors en manque d’informations importantes ». Il s’agit là d’une présentation tendancieuse. La vague d’observations a débuté, le soir du 29 novembre 1989, par le témoignage de gendarmes, et plus de 150 observations se sont enchaînées en seulement quelques heures. La presse n’y est donc pour rien. Quant à la SOBEPS, on ne peut pas la qualifier de « groupuscule d’enthousiastes ». Voici en effet ce qu’a écrit le général Wilfried de Brouwer en 1991, dans sa préface à l’ouvrage « Vague d’Ovnis sur la Belgique » :

« Comme les experts de la Force aérienne ne pouvaient pas se concentrer complètement sur une analyse profonde des données, vu leurs autres activités professionnelles, toutes les informations ont été remises à la Sobeps. Cette décision s’appuyait sur la preuve qu’avait apportée cette organisation d’être capable d’une approche objective et scientifique. »

Le 22 janvier 1990, cinq responsables de la SOBEPS furent invités par la Force aérienne à visiter les installations de la base radar de Glons (province de Liège). Quelques jours après, le ministre de la Défense Guy Coëme reconnut officiellement le groupement comme partenaire de recherche. Michel Bougard (directeur de la SOBEPS) précise que la même nuit que les gendarmes de Wavre, un habitant de Bruxelles put filmer le passage à basse altitude du fameux « triangle ». Le 4 avril, un groupe interministériel accepta la proposition du colonel de Brouwer d’aider matériellement la SOBEPS à organiser un nouveau week-end de « chasse scientifique à l’ovni ». Pendant quatre nuits, deux avions militaires (Hawker-Siddeley et Icelander) furent ainsi mis à disposition du prétendu « groupuscule d’enthousiastes ».

 

– L’observation du 29 novembre 1989 :

Ce jour-là, à 17 heures 20, les gendarmes Heinrich Nicoll et Hubert von Montigny, alors en patrouille dans les environs de la ville d’Eupen (région wallonne), observèrent soudain, juste au-dessus d’un champ proche, un objet triangulaire dont la taille fut évaluée à environ 30 mètres. Il était immobile et totalement silencieux. Ses feux, qui projetaient une intense lumière, illuminaient la campagne environnante.

« Après quelques minutes, l’objet se met en mouvement parallèlement à la route, pointe en avant. Il se dirige vers Eynatten, mais on n’entend toujours pas de bruit. Un peu plus loin, l’engin s’arrête, tourne sur place de 180° et se meut ensuite le long de la route d’Eupen (…). Sa progression à très basse altitude, lente et silencieuse, est observée aussi par sept autres témoins indépendants. » (Auguste Meessen)

Les gendarmes pensèrent d’abord à un prototype militaire, mais cette hypothèse fut par la suite infirmée.

 

* Les hypothèses :

 

– L’ULM :

Jacques Bonabot, l’ancien militaire et fondateur du GESAG (groupement d ‘étude des sciences d’avant-garde), avança l’hypothèse d’un ULM (aéronef ultraléger motorisé), et ceci au mépris absolu du témoignage, jugeant derechef l’observation du 29 novembre « trop belle pour être vraie »…

Voici ce qu’a écrit, dans son livre « Retour sur l’anomalie belge », le sociologue Bertrand Méheust :

« Lors de la reconstitution du cas d’Eupen par l’équipe d’Unsolved Mysteries, les techniciens américains utilisèrent quatre énormes projecteurs totalisant la puissance de 140 000 W, qu’ils accrochèrent au sommet d’une grue de 45 m de haut. Il s’agissait d’illuminer la prairie comme le fit l’objet observé par les gendarmes. Or, ces derniers remarquèrent aussitôt que la surface éclairée par l’ovni était considérablement plus vaste et que sa lumière était éblouissante… »

Il ne pouvait donc pas s’agir de l’éclairage d’un frêle ULM flanqué d’un moteur de tondeuse ultra bruyant !

 

– Les hélicoptères :

Renaud Leclet (décédé en décembre 2004) a évoqué une hypothèse prétendant rendre compte des cas réputés sérieux, ceux-ci étant censés s’expliquer par des méprises avec les feux de position d’hélicoptères militaires de diverses nationalités. Pour expliquer le cas survenu le 11 décembre 1989 près d’Ernage (province de Namur), il a suggéré qu’une présence de « voiles de brouillard » a pu exagérer, voire déformer, la perception des témoins. Ce critique a fait le commentaire suivant à propos des gendarmes Nicoll et von Montigny :

« Les deux gendarmes appelèrent la caserne d’Eupen pour demander s’il n’y avait pas des manoeuvres ‘avec des engins spéciaux’ dans le champ d’Elsenborn qui se trouve au sud d’Eupen. On leur répondit qu’aucune manoeuvre n’avait lieu avec des ‘engins spéciaux’. L’hélicoptère n’est donc pas exclu puisqu’il peut être considéré comme un engin non pas ‘spécial’, mais parfaitement conventionnel, et ce même s’il avait été d’un type rarement employé en Belgique. » (R. Leclet)

Ou comment jouer sur les mots !, note Nicolas Montigiani. Dans un document disponible sur Internet (cobeps.org/pdf/ernage_rapport.pdf), le général Wilfried de Brouwer, le lieutenant-colonel André Amond et des collaborateurs de la SOBEPS démontent ces conjectures. Après avoir rappelé qu’ils ont bien examiné l’hypothèse des hélicoptères (avant de la rejeter), les auteurs rappellent que ces aéronefs ne volent pas dans l’obscurité avec un cockpit et un espace cargo illuminés, car cela aveuglerait les pilotes et conduirait aussi à des réflexions dans leur pare-brise, fort dangereuses à basse altitude. Ils précisent qu’« au moyen d’un amalgame d’histoires secondaires et parfois inexactes, donc de simples rumeurs, Renaud Leclet et ses collaborateurs associent la plupart de ces observations à des hélicoptères de différents types, sans interviewer les témoins ou prendre en considération tous les aspects de leur témoignage ». Wilfried de Brouwer et al. détaillent les extraordinaires propriétés mécaniques et aérodynamiques des plates-formes volantes :

« Elles pouvaient rester stationnaires en position très fortement inclinée ou même en position verticale, avec une rotation simultanée autour d’un axe vertical. Ces observations impliquent que le le système de propulsion de ces objets leur permet de produire une force qui peut être orientée dans n’importe quelle direction… »

Le texte de Renaud Leclet vise à donner l’impression que la Belgique a été le théâtre d’un ballet d’hélicoptères non identifiés pendant plus de trois ans, cela sans que les autorités compétentes n’en sachent rien, ce qui est résolument impossible. Voici ce que les experts ajoutent :

« La plus grande partie du rapport de Renaud Leclet est pure fantaisie (…). Est-ce l’intention délibérée des sceptiques de tromper les gens ou est-ce par innocence ? Selon notre point de vue, c’est une combinaison des deux ! Les sceptiques cherchent désespérément des explications de phénomènes aériens bizarres et classiquement inexplicables. Pour essayer de prouver leur théorie qu’il doit bien s’agir de technologies conventionnelles, ils injectent des informations non vérifiées et même carrément fausses. »

 

– Aéronefs de forme triangulaire :

Parallèlement au recueil des témoignages, l’enquête s’orienta vers divers aéronefs (expérimentaux ou pas) de forme triangulaire : F-117 Nighthawk, A-12 Avenger, LoFLYTE, Tr-3 Black Manta, etc. Rien ne correspondait.

Dans le numéro de juin 1990 de « Science et Vie » (c’est moi qui précise le nom de la revue mentionnée par Nicolas Montigiani), l’auteur d’un article sur la vague belge affirmait avoir découvert le responsable de celle-ci : le bombardier furtif F-117 ! Nous savons aujourd’hui que ce n’était pas du tout le cas…

 

– Un zeppelin ?

Le 24 octobre 2007, une émission diffusée sur la télévision belge francophone mit en avant l’explication des observations par un zeppelin téléguidé et silencieux ! Le reportage montra les évolutions de l’Hyperblimp, un dirigeable télécommandé inventé par l’Américain Daniel Geery.

« A la demande de l’enquêteur, Daniel Geery dispose sur son Hyperblimp trois petites lumières en formation triangulaire (et une rouge au centre) et fait voler le dirigeable. On invite ensuite l’ex-gendarme Dieter Plummans, un important témoin des ovnis de la vague belge, à raconter son observation de l’époque. Puis on lui montre – sans l’avertir au préalable – l’Hyperblimp déguisé en ‘ovni triangulaire’. M. Plummans éclate de rire et explique que ça ne correspond pas du tout à ce qu’il a vu ; son ovni était beaucoup plus gros et les phares infiniment plus lumineux. »

 

– Des engins d’origine inconnue :

Les explications réductrices (celles qui font intervenir des engins terrestres conventionnels) étant écartées, il ne reste que cette conclusion de Michel Bougard :

« Sur le plan des faits, il m’apparaît maintenant acquis que la Belgique a été survolée (…) par un ou plusieurs engins capables de performances difficilement compatibles avec les technologies terrestres connues. J’entends par là que les ovnis signalés depuis trois ans sont bien des structures matérielles artificielles, résultant d’une technologie non encore identifiée. D’autre part, le comportement de ces objets semble obéir à un projet intelligent tout aussi inconnu. »

 

– Le témoignage du commandant Yves Meelbergs :

Après avoir étudié à l’Ecole royale militaire (Bruxelles), établissement d’enseignement universitaire chargé de la formation de base académique, militaire et physique des futurs officiers, Yves Meelbergs est devenu pilote de chasse sur F-16 Fighting Falcon (350 Squadron), puis instructeur à l’Operational Conversion Unit de Beauchevain (F-16 et Marchetti SF 260). Fin mars 1990, il a participé avec un coéquipier à une tentative d’interception d’un OVNI détecté par des stations radar de la Force aérienne belge.

Dans quelles conditions s’est déroulée cette intervention ?

« Scramble de nuit, c’est-à-dire décollage immédiat de deux avions de chasse dans un temps inférieur à dix minutes, pour interception et, si possible, identification d’un objet volant non identifié observé par des témoins au sol, détecté par plusieurs stations de contrôle aérien et les radars de nos F-16. » (Y. Meelbergs)

Quelle était, selon lui, la nature de cet OVNI ?

« Nous n’avons toujours pas, à l’heure actuelle, de réponse claire et satisfaisante. Mais il est toutefois possible de dire ce qu’il n’était pas : une inversion de température et un avion furtif américain. Au vu de la multitude des témoignages issus de sources différentes, le seul fait objectif est qu’il y avait bien un objet dans le ciel ce soir-là ! » (Y. Meelbergs)

Répondant à l’allusion faite, par certains sceptiques, à une inversion de température, Yves Meelbergs a fait ce commentaire :

« Il y aura toujours des sceptiques ! Mais d’après les spécialistes, l’inversion est à exclure. Et puis il suffit de s’adresser aux nombreux témoins visuels pour comprendre que le phénomène n’était pas à caractère météorologique ni une simple vue de l’esprit… La taille de cet objet était réellement impressionnante. »

Plus de vingt ans après les faits, quel regard porte-t-il sur cette vague d’OVNIs ?

« Je reste ouvert aux témoignages et je rencontre encore des personnes qui tentent de trouver une explication rationnelle ! Disons que le sujet est un peu tabou pour certains… Mais je sais que la plupart des témoins sont des personnes fiables dont le récit est assez concordant, un fait assez rare dans ce genre d’observations. »

 

– L’enquêteur Thierry Wathelet :

Thierry Wathelet a été, pendant un an (1994-1995), enquêteur pour la SOBEPS. Il a ensuite créé l’UFOCOM, une association francophone d’étude du phénomène OVNIs composée de scientifiques, de spécialistes divers et de « personnes de bonne volonté » afin de recueillir et traiter des témoignages de première catégorie (militaires, policiers, etc.). En 1999, il confia le groupement à la scientifique Simone Brunie. De retour en 2003, il « démissionna » en octobre de la même année. Depuis 2004, il n’est plus directement impliqué dans la sphère ufologique. Dans l’interview accordée à « Science et inexpliqué », il apporte les éclaircissements suivants à propos de la vague belge :

Il a interviewé le commandant Meelbergs, l’un des pilotes de F-16 partis « chasser l’OVNI » lors de la nuit du 30 au 31 mars 1990. Cette interview a eu lieu lors d’une émission spéciale sur une radio locale belge. Il y avait aussi le général Mandel, conseiller militaire du ministre de la Défense de l’époque, Guy Coëme. Pour Meelbergs, il ne fait pas de doute que le phénomène était matériel.

« Au cours de la nuit, il y a eu corrélation entre trois postes radar différents, l’aéroport civil de Zaventem, le CRC de Glons et les F-16, et des témoins au sol. Des vidéos ont été enregistrées par plusieurs personnes puis transmises à l’armée. L’une d’elles montre les avions du commandant Meelbergs et son ailier qui passent au travers d’une forme triangulaire. Au travers ! Le général Mandel m’a déclaré qu’il n’y avait eu aucune demande de survol par des avions de quelque nationalité que ce soit. Pour lui, l’hypothèse d’un viol de l’espace aérien par une nation étrangère était hautement improbable. Il a conclu en insistant sur l’utilité de l’étude de ces phénomènes et s’est déclaré ouvert à toutes les hypothèses. » (T. Wathelet)

Il semble que l’intérêt des Américains sur ce qui s’est passé en Belgique ait été assez fort. Thierry Wathelet, qui a rédigé un article à ce sujet, note que le voyage de Richard D’Amato, conseiller du sénateur Robert Byrd, est, à ce propos, assez éloquent.

« D’Amato, qui a rencontré des responsables de la SOBEPS, aurait demandé les enregistrements radar au général Wilfried de Brouwer… Lorsque l’on sait qui est D’Amato et que le phénomène l’intéresse à un tel point qu’il invite le fils du major Marcel, témoin clé de l’affaire Roswell, dans son bureau de Washington, on peut évidemment tirer certaines conclusions. (…) » (T. Wathelet)

S’agissant de la nature des objets observés, Thierry Wathelet note qu’on peut dire ce que ce n’était pas : un avion, un ballon, une rentrée atmosphérique, un plasmoïde météo, un drone américain comme le LoFLYTE, un laser au sol type « dancing », une hallucination collective, etc.

La SOBEPS a archivé des milliers de témoignages. A propos de la position sceptique qui explique toutes les observations par de simples méprises avec des aéronefs conventionnels ou des phénomènes naturels mal interprétés, Thierry Wathelet fait ce commentaire :

« Cette position est intellectuellement intenable. Les détracteurs systématiques sont aussi pitoyables que ceux qui attribuent le moindre mouvement céleste à des manifestations paranormales ! Pourquoi l’être humain a-t-il autant de mal à dire ‘je ne sais pas’ ? (…) »

Voici ce que dit Thierry Wathelet à propos de l’hypothèse socio-psychologique :

« Nous n’en sommes plus là ! Cette hypothèse ne peut en aucun cas expliquer l’ensemble du dossier… Il y a bien trop d’éléments matériels, bien trop de témoignages de personnes sereines et parfois accréditées. Lorsque vous soumettez cette hypothèse à un pilote qui a fait une observation, il rigole doucement ! (…) »

Deux lettres sont reproduites dans le dossier de « Science et inexpliqué » :

La première concerne un document officiel, daté du 16 juin 1995, reçu par Thierry Wathelet suite à une demande de l’éventuelle implication de l’OTAN dans les observations de la vague belge :

« Votre lettre du 17 mai 1995 a retenu mon attention. Les phénomènes dont vous parlez sont créateurs d’émotion dans le public, ils ne peuvent donc ni ne doivent laisser indifférentes les autorités responsables.

Pour ce qui concerne l’Alliance Atlantique, son organisation est structurée de manière à défendre les pays membres contre les menaces jugées collectivement prioritaires. Par leur définition même, les objets volants non identifiés ne figurent pas dans la catégorie des menaces dont la matérialité est avérée. Il n’y a donc pas de consensus parmi les alliés pour entreprendre une action collective dans ce sens et, en conséquence, aucune structure de l’OTAN n’est en charge de ces phénomènes.

Pour autant que je sache, cela n’implique pas que les Etats membres de l’Alliance s’en désintéressent, mais il leur appartient d’y affecter des moyens nationaux et d’échanger des informations avec les alliés sur des bases bilatérales. » (Alexis Brouhns)

Le second document concerne la réponse de l’entreprise Accurate Automation Corporation qui développe, conjointement avec la NASA et l’US Air Force, le LoFLYTE (Low Observable Flight Test Experiment), un appareil de forme triangulaire capable d’atteindre la vitesse de 5000 kilomètres/heure. On sait aujourd’hui avec certitude que mise à part une maquette, aucun LoFLYTE n’a jamais volé en dehors des Etats-Unis. Traduction de la lettre, datée du 25 octobre 1996, adressée à Thierry Wathelet :

« Merci pour l’intérêt que vous portez à notre programme LoFLYTE.

Comme vous le savez, le ‘Sunday Times’ (Londres) a mentionné qu’‘un prototype de cet aéronef, dévoilé la semaine dernière, avait conduit les observateurs à spéculer sur l’existence d’une version secrète grandeur nature qui serait responsable de nombreuses observations d’ovnis’. Depuis, j’ai appris par votre biais et d’autres sources sur Internet que cette histoire, diffusée sur la télévision belge, a été considérée comme une explication aux différentes observations d’ovnis faites au-dessus de la Belgique depuis 1990.

LoFLYTE n’est jamais sorti des Etats-Unis. » (Topher Kersting, responsable du marketing) (1)

 

– La photo de Petit-Rechain est truquée :

Voici ce qu’on lisait en juillet 2011 sur le site www.maxisciences.com :

« Un Belge a avoué que la photographie d’OVNI qu’il avait prise, il y a plus de 20 ans à Petit-Rechain, et qui était depuis devenue célèbre, avait été réalisée à l’aide d’une maquette en polystyrène. La vérité est enfin révélée près de 20 ans après. Mardi, l’auteur de la photographie de l’OVNI prise à Petit-Rechain en Belgique en 1989 a avoué qu’il s’agissait en réalité d’un canular. A l’époque, ce cliché avait suscité un très grand intérêt de la part de scientifiques, ‘y compris de la Nasa’. Il avait alors fait le tour du monde, faisant autant d’adeptes que de sceptiques. Mais aujourd’hui plus de doute possible, l’OVNI était en vérité un montage réalisé à l’aide d’une maquette en polystyrène munie de quatre spots.

Patrick a confié sur la chaîne belge RTL-TVI l’avoir confectionnée à l’âge de 18 ans ‘pour s’amuser’ avec des collègues. Loin de la théorie du complot et même d’un scénario d’X-Files, Patrick a ajouté : ‘On l’a fabriquée, on l’a peinte, on l’a suspendue dans le vide et on a pris la photo en soirée.’ Une révélation qui peut en décevoir plus d’un. En effet, cette photo est la plus précise réalisée durant les deux années pendant lesquelles les observations d’OVNI ont été rapportées par plusieurs milliers de témoins aux quatre coins de la Belgique. Une ‘chasse à l’OVNI’ avait alors même été organisée depuis l’aéroport de Liège, quelques jours après la diffusion de la photo de Patrick en avril, rapporte l’AFP.

Si cette anecdote en fera sourire beaucoup, il ne faut pas oublier que des milliers de personnes disent avoir observé des OVNI. Mais il est vrai aussi que de tels canulars contribuent à alimenter le mystère. ‘Mon sentiment, c’est qu’il est facile de tromper beaucoup de monde avec une bête maquette’, a conclu l’auteur de la photo qui a expliqué qu’il était temps de mettre fin à la supercherie. »

 

II. La contribution de Leslie Kean :

Durant la vague belge d’observations ayant débuté fin 1989, de nombreux témoins ont fait état d’objets silencieux, planant ou en vol stationnaire, le plus souvent triangulaires. Le colonel De Brouwer fut chargé de traiter ces observations par le ministre de la Défense Guy Coëme. Leslie Kean a rencontré la première fois le général De Brouwer (promu en 1991 général de division aérienne) lorsqu’elle a organisé le voyage de celui-ci à Washington, en novembre 2007, pour parler à la conférence de presse internationale qu’elle avait organisée avec le cinéaste James Fox. Elle eut l’opportunité de converser avec le colonel André Amond, ingénieur civil à la retraite qui a qualifié de sorte de « véhicule aérien inconnu » l’objet volant qu’il avait vu avec son épouse, celui-ci ayant précisé dans un e-mail envoyé à Leslie Kean, deux décennies plus tard, qu’il n’y avait toujours pas, à ce jour, d’explication.

Les explications banales ont été écartées une à une. A propos de l’hypothèse de chasseurs furtifs F-117A ou autres avions secrets militaires américains, envoyés pour quelque exercice expérimental et clandestin, le général De Brouwer pensait qu’il était extrêmement improbable que des avions secrets aient été envoyés de manière répétée pour voler au-dessus de la Belgique sans aucune notification officielle, en violation des règles aériennes, aucune demande de survol n’ayant été reçue de la part de l’U. S. Air Force. En outre, les capacités technologiques démontrées par les objets aperçus étaient au-delà des possibilités d’appareils expérimentaux. Il a enquêté auprès de l’ambassade des Etats-Unis à Bruxelles et auprès d’autres partenaires de l’OTAN. Dans un document gouvernemental américain dé-classifié, un mémo daté de mars 1990, il est noté que De Brouwer avait demandé si les objets étaient des avions militaires américains B-2 ou F-117, tout en précisant qu’il faisait cette demande en sachant que les observations alléguées ne correspondaient pas aux caractéristiques observables de ces deux appareils américains. Le document indique que l’USAF a confirmé à l’Armée de l’Air belge et au Ministère de la Défense belge qu’aucun avion furtif américain n’avait opéré, pendant les périodes concernées, dans la région des Ardennes. De Brouwer a en outre précisé à Leslie Kean qu’il fut assuré en privé par un officiel américain que les Etats-Unis n’avaient pas de « programme noir » (« black program ») qui aurait pu être à l’origine de ces multiples observations. En 1992, Léo Delcroix, alors ministre belge de la Défense, a confirmé cela en répondant à la lettre d’un chercheur français. On lui précisa que la nature et l’origine du phénomène demeuraient inconnues.

Lorsqu’une photo a été prise, elle n’a pas toujours été bonne. Un producteur de cinéma belge et deux de ses collègues ont photographié un objet qui passait au-dessus d’eux, l’altitude de ce dernier ayant été estimée, par le photographe, à environ trois cents mètres, avec un diamètre équivalent à environ six fois la pleine Lune. A titre de contrôle, il a aussi photographié, quelques minutes après, un avion ordinaire, au même endroit, avec les mêmes réglages de l’appareil.

« Sur les photos, cependant, les lumières brillantes visibles sur l’ovni que les yeux des observateurs avaient perçues comme beaucoup plus brillantes que celles de l’avion ensuite, étaient à peine visibles. La forme triangulaire de l’ovni, clairement visible à l’oeil nu, était complètement perdue sur le film. En outre, les lumières de l’avion apparurent plus brillantes que celles de l’ovni, exactement comme elles avaient été vues depuis le sol, alors même que l’ovni était bien plus près des observateurs que l’avion. Les analyses de laboratoire montrent que ceci était probablement dû aux effets d’une lumière infrarouge qui entourait l’ovni, ce qui peut rendre un tel objet quasiment invisible sur une photographie. » (L. Kean)

Par contre, la célèbre photographie de Petit-Rechain, qui a été le symbole pendant plus de vingt ans de la vague belge de 1989-1990, s’est avérée n’être qu’une arnaque réalisée par un nommé Patrick Maréchal, lequel a révélé sa supercherie en juillet 2011. Il avait utilisé un simple morceau de polystyrène expansé peint de couleur foncée, découpé selon la forme voulue et comprenant quatre ouvertures dans lesquelles se trouvaient des ampoules suspendues au bout de minces ficelles… (Je signale qu’on trouve une interview de l’individu dans un numéro de « Science et inexpliqué ».)

« Cette situation malheureuse a été l’occasion pour les sceptiques de prêcher leur théorie selon laquelle toute la vague belge était une farce. De fait, quelques-uns avaient prétendu dés le départ que la photographie était un canular sans même l’avoir analysée. Ils se fondaient sur leur supposition habituelle voulant que si quelque chose ne peut être expliqué, tel qu’un large objet en vol stationnaire silencieux, cela doit être un faux. Ils étaient cette fois dans le vrai, mais pas pour la bonne raison.

La plupart des gens ont tendance à croire les sceptiques bornés qui tentent de dénigrer toute observation ne semblant pas relever d’une technologie existante. Ceci est une réaction logique de la part de personnes qui ont des difficultés avec l’hypothèse que nous pourrions être visités par une autre civilisation plus avancée. » (W. De Brouwer)

Le général Wilfried De Brouwer a rencontré de nombreux témoins de la vague belge et il est inconcevable, précise-t-il, qu’ils aient tous inventé des histoires. La plupart de ceux qu’il a rencontrés sont des individus hautement crédibles, mentalement stables. Il précise que l’histoire du canular de Petit-Rechain alimente les arguments des sceptiques qui confirment qu’ils avaient raison de prétendre que la photo était un canular, mais que, d’un autre côté, cela ne leur donne aucun crédit supplémentaire pour affirmer que toutes leurs autres critiques sont exactes.

« La photographie de Petit-Rechain a été publiée bien après que la plupart des observations d’ovnis aient été réalisées pendant la vague belge, et il est donc clair que des centaines de témoins n’ont pas été affectés par ce canular. Au contraire, le canular était basé sur les témoignages déjà enregistrés et non l’inverse. Ces centaines d’observations restent aussi consistantes qu’auparavant. L’incident de Petit-Rechain n’est qu’une péripétie et il n’affecte en rien les observations authentiques faites pendant la vague belge. » (W. De Brouwer)

 

1. Les principales observations :

Le 29 novembre 1989, 143 observations de PAN furent signalées dans une zone limitée autour d’Eupen (Belgique), à onze kilomètres à l’ouest de la frontière allemande, certaines observations ayant été faites par plusieurs personnes. Wilfried De Brouwer ajoute qu’environ 250 personnes ont ainsi décrit une activité extraordinaire de PAN, le plus souvent après le coucher du Soleil, le temps étant clair, avec le ciel dégagé et une bonne visibilité.

Ce jour-là, à 17 heures 15, la nuit étant tombée, deux gendarmes, Heinrich Nicoll et Hubert von Montigny, qui patrouillaient sur la route entre Eupen et la frontière allemande, ont vu un champ proche éclairé avec une telle intensité qu’il leur aurait été possible de lire un journal dans la voiture. Un appareil triangulaire était en vol stationnaire au-dessus du terrain, avec trois lumières projetant un faisceau au sol, et, au centre, une lumière rouge clignotante. Sans émettre aucun son, il s’est lentement déplacé vers la frontière allemande pendant environ deux minutes, puis il a fait demi-tour vers la ville d’Eupen. Les gendarmes l’ont suivi, d’autres témoins ayant signalé avoir vu l’objet le long de la même route. Il est resté au-dessus de la ville d’Eupen pendant à peu près trente minutes, et de nombreux autres témoins l’ont observé. L’objet s’est ensuite dirigé vers le Lac Gileppe où il est resté en vol stationnaire pendant environ une heure. Assis dans leur voiture et depuis une colline proche, les deux gendarmes purent voir l’appareil émettre à plusieurs reprises deux faisceaux horizontaux de lumière rouge, avec une boule rouge à la pointe de chaque faisceau. Puis les faisceaux disparurent et les boules rouges rejoignirent l’engin. Un autre cycle débuta quelques minutes après, chaque cycle durant plusieurs minutes. Puis, à 18 heures 45, les gendarmes virent un second appareil qui apparut derrière les bois et qui bascula vers l’avant tout en exposant la partie supérieure de son fuselage. Les deux hommes décrivirent un dôme sur la structure supérieure avec des fenêtres rectangulaires éclairées à l’intérieur. Puis l’objet est parti vers le nord. Environ quarante minutes après, à 19 heures 23, le premier appareil a cessé d’émettre les boules de lumière rouge et est parti vers le sud-ouest. Les deux gendarmes apprirent, grâce à la liaison radio avec le poste de contrôle, qu’un autre PAN avait été signalé au nord d’Eupen. S’étant déplacés jusqu’à un point d’observation, au sud de la route E 40, ils ont vu l’engin évoluer vers le village d’Henri-Chapelle, où deux collègues, Dieter Plummans et Peter Nicoll, ont vu l’appareil venant d’Eupen. Ces derniers, qui avaient garé leur voiture près d’un monastère, virent l’appareil avec trois faisceaux de lumière très puissants et, au centre, une lumière rouge clignotante, à une distance de cent mètres et à une altitude d’environ quatre-vingts mètres. L’appareil, qui était immobile et silencieux, a soudain émis un sifflement et a réduit l’intensité de ses lumières. Simultanément, ajoute Wilfried De Brouwer, une boule de lumière rouge est sortie du centre et s’est dirigée vers le bas, non loin de la position des deux observateurs, lesquels étaient terrifiés. Soudain, la boule lumineuse est passée d’un trajet vertical à un trajet horizontal et a disparu derrière le bâtiment. Puis l’appareil est passé juste au-dessus du véhicule des gendarmes et s’est dirigé vers le nord-est. Ils le suivirent pendant environ huit kilomètres avant de le perdre de vue. Les deux collègues qui, quelques heures plus tôt, avaient vu les objets, ont pu suivre ses mouvements depuis leur position au sud de l’autoroute.

Au total, il y a eu treize gendarmes qui ont signalé l’appareil en huit lieux différents à proximité d’Eupen, beaucoup de civils ayant aussi aperçu les appareils. Ainsi, quatre membres d’une même famille roulant à l’ouest de Liège ont vu une plateforme rectangulaire au-dessus d’eux, cette plate-forme étant passée lentement au-dessus des témoins à basse altitude, avec une lumière à chaque angle.

Soixante-dix observations rapportées le 29 novembre 1989 ont fait l’objet d’enquêtes poussées, aucune d’entre elles n’ayant pu être expliquée par une technologie conventionnelle. L’équipe d’enquêteurs et Wilfried De Brouwer ont estimé qu’environ 1500 personnes ont dû voir le phénomène au cours de l’après-midi et de la soirée, en plus de soixante-dix endroits différents et sous des angles différents.

Quatre observations ont eu lieu le premier décembre, d’autres cas s’étant produits le 11 décembre. Vingt-et-un témoins ont rapporté de semblables descriptions d’un appareil triangulaire. Le premier décembre, le prévisionniste météo Francesco Valenzano et sa fille se rendaient à Ans près de Liège lorsqu’ils virent un grand appareil qui approchait lentement à basse altitude. Cet appareil fit silencieusement le tour du square et passa au-dessus des deux témoins. Le père remarqua une forme en delta avec trois lumières en disposition triangulaire, ainsi qu’une lampe rouge tournant au milieu et qui était située plus bas que le ventre de l’appareil.

Le 11 décembre, un garçon de douze ans, ses parents, ses grands-parents et sa sœur ont vu, pendant environ quinze minutes, un appareil semblable à proximité de leur domicile. D’abord immobile, il a commencé à se déplacer vers leur maison avant de passer à la verticale au-dessus d’eux. Le dessin du garçon montre une vue frontale, une vue lorsque l’objet était presque au-dessus et une vue alors que ce dernier était tout-à-fait au-dessus, les formes différentes dessinées pouvant expliquer pourquoi certains témoins ont signalé un appareil non-triangulaire. La perception de la forme peut varier selon l’angle d’observation et l’altitude.

Environ quinze minutes après, un appareil similaire a été vu à environ 97 kilomètres plus à l’ouest. Ainsi, à 18 heures 45, le colonel André Amond (un ingénieur civil de l’Armée belge) et son épouse virent sur leur droite, en circulant en voiture, trois grands panneaux lumineux et une lampe rouge clignotante. La voiture roulait plus vite que l’appareil, mais lorsqu’elle s’est arrêtée et que les occupants sont sortis du véhicule pour observer le phénomène, les panneaux lumineux sont revenus à leur hauteur et ont pivoté vers eux. Les témoins ont alors vu un énorme projecteur (d’une taille d’environ deux fois celle de la pleine lune) qui s’est approché à environ cent mètres d’eux. L’épouse du colonel, effrayée, a demandé à partir. Alors que le mari ouvrait la portière, l’appareil a effectué à gauche un virage très serré, et trois autres lumières sont apparues sur le dessous de l’engin, formant un triangle, avec une lumière pulsante au centre de celui-ci. On n’entendait aucun son. Après son virage, l’engin a accéléré très rapidement pour disparaître dans la nuit. Le colonel Amond a envoyé un rapport au ministre de la Défense belge en assurant que l’appareil n’était pas un hologramme, un hélicoptère, un avion militaire, un ballon, un ULM, ou tout autre véhicule aérien connu. Ultérieurement, on apprit qu’un autre témoin avait vu, environ cinq minutes avant le couple, l’objet avec trois lumières brillantes et une lumière rouge pulsante.

Le 22 avril 1990, on a répertorié six observations de triangles, ainsi que le témoignage de deux ouvriers de Basècles, au sud-ouest de Bruxelles. Alors que ces derniers se trouvaient, peu avant minuit, dans la cour de leur usine, deux énormes projecteurs brillants illuminèrent cette cour, et une énorme plateforme trapézoïdale se déplaça très lentement et sans bruit au-dessus de la cheminée. L’objet, grisâtre, avait six lumières, des structures se trouvant sous la plateforme (évoquant, pour les témoins, un « porte-avions retourné à l’envers »).

Le 26 juillet 1990, à 22 heures 35, un couple en voiture traversait Grâce-Hollogne et roulait vers Seraing quand, en regardant dehors, les deux témoins ont vu un objet immobile dans le ciel, cet objet ayant la forme d’un triangle équilatéral dont la taille a été estimée à environ douze mètres de côté. Il était sombre, mais, le long de deux bords, il y avait une ceinture de lumière blanche (comme un grand tube au néon). Trois projecteurs dirigeaient un faisceau vers le sol, ceux-ci semblant détachés de l’objet mais reliés entre eux par une sorte de support. On voyait aussi, en-dessous de l’appareil, deux lampes clignotantes (une rouge et une verte). Le mari ayant eu l’idée de faire des appels de phares, les deux lampes blanches à la base du triangle ont tourné et se sont orientées vers les passagers en contrebas avant de s’allumer et de s’éteindre trois fois, l’illumination étant brillante sans être aveuglante. Tout en gardant ses lumières pointées vers la voiture en déplacement, l’engin s’approcha de la voiture, s’avança avec la base vers l’avant, se positionna sur la droite du véhicule à environ cent mètres de distance et à soixante à cent mètres de haut, puis il effectua une rotation. Continuant à se déplacer avec sa base en avant, il a volé dans la même direction que la voiture et l’a suivie. L’engin maintenait une hauteur constante au-dessus du sol, tout en volant à la même vitesse (60-70 km/h) que la voiture. En approchant du pont de Seraing, le couple commença à être effrayé car l’objet continuait à le suivre. L’objet a traversé la Meuse sans faire de bruit, puis il a commencé à monter avant de partir rapidement vers Grâce-Hollogne.

Le 12 mars 1991, vingt-sept observations ont été répertoriées dans une petite zone au sud-ouest de Liège. En deux occasions, un appareil a été vu au-dessus de la centrale nucléaire de Thiange.

« Un témoin a rapporté que l’appareil se trouvait directement à la verticale des lumières rouges situées au sommet de l’une des énormes cheminées. Il y est resté pendant environ une minute, projetant l’une de ses lumières à l’extérieur de la structure, cependant qu’une autre lumière pointait directement à l’intérieur de l’une des cheminées. » (W. De Brouwer)

Après avoir terminé son « inspection », l’engin s’est lentement déplacé et a traversé l’énorme panache blanc de la cheminée avant de disparaître.

Le 15 mars 1991, à Auderghem (près de Bruxelles), un ingénieur électronique s’est réveillé au cours de la nuit et a entendu un bruit à peine audible, comme un sifflement à haute fréquence. Il a pu voir, par la fenêtre, un grand appareil rectangulaire à très basse altitude, avec, dessous, des structures irrégulières. Après être monté sur une terrasse, il a vu l’appareil gris foncé et sans lumières se déplacer très lentement au-dessus de lui. Le sifflement s’était arrêté, l’engin étant maintenant silencieux.

 

2. Les points essentiels :

Wilfried De Brouwer a conclu que les observations de ladite « vague belge » ne s’expliquaient pas par une hystérie de masse et que les témoins interrogés – qui ne se connaissaient pas auparavant les uns les autres – étaient sincères et honnêtes. Ceux qui se sont trouvés près d’un appareil ont été effrayés ou terrifiés, l’un d’eux étant tombé de vélo et s’étant trouvé en état de choc.

* Sur les quelque 2000 cas enregistrés, 650 ont été enquêtés et plus de 500 restent inexpliqués. Dans plus de 300 cas, les témoins ont vu un appareil à moins de 300 mètres, et plus de 200 observations ont dépassé les cinq minutes. Et les témoins se sont parfois trouvés juste en-dessous de l’appareil. Wilfried De Brouwer note que les points suivants sont établis :

* Si la plupart des témoins ont rapporté avoir observé un engin de forme triangulaire, il existe aussi des rapports faisant état d’autres formes : diamant, cigare ou œuf, « porte-avion tourné à l’envers ».

* Les activités aériennes rapportées étaient non-autorisées et ont pourtant été observées par de multiples témoins, tout en n’étant pas enregistrées par les radars de surveillance.

* Le 29 novembre et le 11 décembre, au moins deux appareils étaient actifs au même moment. Le 29 novembre, deux policiers en ont signalé deux au même moment, en des lieux différents, et, le 11 décembre, des témoins ont signalé la présence d’un engin, au même moment, en différents lieux.

* A plusieurs reprises, l’engin a basculé, ce qui a permis aux témoins de voir le dessus et de constater la présence, au sommet, d’un dôme. Certains témoins ont perçu des fenêtres ou des lumières sur les côtés de l’engin, alors que d’autres observateurs ont vu des fenêtres éclairées sur le dôme.

* On n’a constaté aucun effet électromagnétique (interférences radio, etc.).

* On n’a signalé aucun acte agressif ou hostile.

* Les engins observés, qui n’ont pas essayé de se cacher, se sont à plusieurs reprises rapprochés des observateurs au sol. Quelques témoins ont signalé que les appareils avaient répondu à leurs signaux, tels qu’allumer et éteindre l’une de leurs lumières lorsque ces témoins faisaient un appel de phares.

* Les engins ont fait preuve de performances hors de portée de la technologie terrestre connue. Ils étaient capables de rester en sol stationnaire, y compris de manière verticale et/ou inclinée à 45° ou plus. Ils pouvaient voler à des vitesses très lentes et accélérer très rapidement, plus vite que n’importe quel appareil connu. Ils étaient silencieux ou émettaient un bruit très léger, aussi bien en étant immobiles qu’en accélérant. Ces engins possédaient des phares puissants, d’un diamètre de plus d’un mètre, lesquels pouvaient illuminer de manière intense le sol depuis une hauteur de cent mètres ou plus, l’intensité de ces lumières étant variable. Dans certains cas, les témoins ont signalé que les lumières n’illuminaient pas le sol et n’étaient pas aveuglantes. Des experts ont conclu que les projecteurs sont d’une nature très spéciale, leur taille et leur intensité n’ayant jamais été observées auparavant sur aucun avion. Ces engins avaient au-dessous une lumière rouge, à la base de leur partie inférieure et apparemment sans attache avec la structure, cette lumière semblant pulser plutôt que tourner. En trois occasions, des boules de lumière rouge ont quitté la structure et, à deux reprises, elles ont été vues retournant à l’appareil.

Si certaines de ces performances et capacités peuvent être expliquées isolément, elles sont, mises ensemble, « hautement inhabituelles et même énigmatiques », la technologie de ces engins n’étant pas accessible même aujourd’hui, « vingt ans plus tard ».

La conclusion la plus importante, écrit Wilfried De Brouwer, est qu’il a dû y avoir des activités aériennes d’origine inconnue dans l’espace aérien de la Belgique.

L’Armée de l’Air belge a essayé d’identifier l’intrus ou les intrus supposés. Le 29 novembre 1989, il n’y a eu aucun enregistrement radar, les autorités de l’aviation civile ayant confirmé par ailleurs qu’aucun plan de vol n’avait été déposé et qu’aucune activité spéciale n’avait été enregistrée sur les radars civils. Wilfried De Brouwer a pu déterminer que les objets vus le 29 novembre 1989 ne pouvaient pas être des hélicoptères, des ballons, ni aucun type d’avion à ailes fixes. Il est aussi convaincu, du fait des performances décrites qui ne correspondaient à aucune capacité technologique connue, qu’il ne pouvait pas s’agir de vols d’espionnage par des avions furtifs F-117 ou autres du même genre. Il ne pouvait pas croire qu’une autre nation utiliserait, au-dessus d’une région à population dense et sans aucune autorisation formelle, des appareils utilisant une technologie inconnue. Il a cependant posé la question à l’ambassade des Etats-Unis, laquelle a confirmé qu’aucun avion furtif ni aucun appareil expérimental n’avait volé au-dessus de la Belgique.

 

3. F-16 et radar :

Les observations se poursuivant, le système de défense nationale a été autorisé à faire décoller, en cas de signalement d’activités anormales, des chasseurs à réaction F-16, et les deux premiers F-16 ont été envoyés, le 8 décembre 1989, à la suite du signalement de lumières étranges, rien « de définitif » n’ayant cependant été déterminé. En coopérant avec l’aviation civile et la gendarmerie, l’Armée de l’Air a établi une procédure par laquelle les F-16 pourraient identifier ces phénomènes, une autorisation de lancer les avions selon la procédure d’Alerte en Réaction Rapide ne devant être donnée que s’il y avait la confirmation, par la police, de l’observation d’un appareil, et que si l’objet était détecté par radar. Wilfried De Brouwer précise que bien que le ministre de la Défense ait insisté pour une approche transparente, afin de montrer qu’il n’y avait pas de politique de dissimulation, l’Armée de l’Air n’a pas été autorisée à constituer une équipe chargée de mener ses propres enquêtes. Par contre, l’Armée de l’Air a soutenu la SOBEPS (qui enquêtait sur les cas) en l’informant des activités aériennes enregistrées dans les zones d’observation et en répondant aux demandes de données radar, ce qui permit à la SOBEPS de faire des enquêtes objectives.

Le soir du 30-31 mars 1990, un décollage de F-16 fut décidé suite à l’observation, par plusieurs policiers, de lumières étranges, et après qu’un objet volant supposé eusse été confirmé par deux stations de radar militaires. Une fois en vol, les pilotes ont enregistré les cibles sur leurs radars, ces cibles parcourant de grandes distances en quelques secondes et accélérant au-delà des capacités technologiques humaines. Ils ne purent cependant pas établir de contact visuel. Le 11 juillet 1990, une conférence de presse a été organisée, au cours de laquelle Wilfried De Brouwer a présenté un « verrouillage radar » particulier qui montrait des accélérations extraordinaires, bien au-delà des possibilités de n’importe quel avion connu. Il avait ajouté qu’il était nécessaire que des experts poursuivent l’analyse car des retours radar de ce genre auraient pu être provoqués par des interférence électromagnétiques. Une seule caméra de F-16 avait fait des enregistrements radar satisfaisants et il ne put donc y avoir de comparaison entre les enregistrements des avions, et, en l’absence de celle-ci, on n’a pas pu exclure une éventuelle interférence électromagnétique (ce type d’interférence n’étant jamais le même sur deux radars différents). La conclusion de l’Armée de l’Air fut que les indices n’étaient pas suffisants pour prouver qu’il y avait eu, à cette occasion, de véritables appareils dans le ciel. Néanmoins, en 1990, l’Armée de l’Air a affirmé en plusieurs occasions qu’elle n’avait pas d’explication aux nombreuses observations rapportées, ce qui n’a pas empêché certains sceptiques inébranlables d’évoquer de simples hélicoptères. (2)

 

4. L’explication « sociopsychologique » :

Dans le numéro 309, daté de juillet 2014, de « Science… et pseudo-sciences » (pages 60-63), on lit un petit article expliquant la « vague belge » par la psychosociologie, une marotte explicative classique des spécialistes du dénigrement systématique en matière d’OVNIs. Les auteurs de ce texte sont Jean-Michel Abrassart et Nicolas Gauvrit, bien connus en matière de réductionnisme pseudo-scientifique. On lit ainsi, en page de couverture, ce titre incorrect : « OVNI : la vague belge expliquée ». Dans l’article, les auteurs « expliquent » la « vague » par… une panique engendrée par les médias, les témoignages étant ainsi expliqués « par des processus psychologiques et sociologiques dans lesquels les médias jouent un rôle important de catalyseur ». Les deux auteurs du petit texte, mais aussi d’autres individus comme Marc Hallet, Pierre Magain et Marc Remy, s’imaginent ainsi que la vague belge cadre parfaitement avec le « modèle sociopsychologique » et résulte plutôt d’un engouement alimenté par les médias ! Comme il sied chez les spécialistes du dénigrement systématique, Abrassart et Gauvrit citent un prédécesseur bien connu en matière de réductionnisme : Philip J. Klass, qui, trois ans avant le début de la vague belge, avait fait ce commentaire :

« Lorsque la couverture médiatique conduit le public à croire qu’il y a des ovnis dans les environs, il y a de nombreux objets (naturels ou artificiels) qui, particulièrement lorsqu’ils sont vus la nuit, peuvent prendre des caractéristiques inhabituelles dans l’esprit d’un observateur attentif. Leurs observations d’ovnis s’ajoutent en retour à l’excitation de masse, ce qui encourage encore plus de témoins à chercher à voir des ovnis. Cette situation se nourrit d’elle-même jusqu’à ce que les médias perdent leur intérêt pour le sujet, et alors le phénomène retombe. »

Les défenseurs du modèle sociopsychologique ont ainsi la prétention d’expliquer les témoignages d’OVNIs par des processus psychologiques et sociologiques. On nous dit ainsi que notre estimation des vitesses et des distances n’est pas fiable, que, dans l’obscurité, « nous avons l’impression que des points lumineux immobiles se déplacent » (l’effet autocinétique), et que « nous sommes influencés par les croyances de nos pairs et par les médias : si beaucoup de personnes nous ont rapporté avoir vu des ovnis, cela augmente la probabilité que nous pensions en voir également ». Bref, l’argument classique consiste à invoquer le peu de fiabilité des témoignages, les limites de la perception humaine et les influences sociales…

Les deux « sociopsychologues » évoquent la SOBEPS (Société Belge d’Etudes des Phénomènes Spatiaux), un groupe amateur d’enquêtes sur le phénomène OVNI qui avait publié un ouvrage en deux tomes sur la vague belge et qui a, depuis, disparu, non sans avoir cédé la place à la COBEPS. La SOBEPS a mis en avant des éléments qui réfutent cette interprétation sociopsychologique, mais ces arguments sont bien sûr censés être, selon les deux « sociopsychologues », « plus que minces » (sic). Ces derniers citent le physicien Auguste Meessen qui avait rejeté le modèle « sociopsychologique » sur la base du nombre important de témoignages dans le monde :

« Il existe en effet, à l’échelle mondiale, des dizaines de milliers d’observations d’OVNI, attestées par des témoins indépendants et dignes de foi. Soutenir qu’ils ont tous été victimes d’erreurs de perception ou ont fabulé n’est pas réaliste. » (A. Meessen)

Commentant cette citation, les deux « sociopsychologues » déclarent : « Si nous prenions cet argument pour argent comptant, il nous forcerait à accepter l’existence des fantômes, du Yéti et autres animaux fabuleux. » Les auteurs formulent cette objection de pacotille en sous-entendant, en quelque sorte, l’idée que les fantômes et le Yeti n’ont pas droit à l’existence et qu’envisager cette dernière serait un non-sens. Or, il existe, justement sur la base de témoignages étayés et de photos, des éléments qui cadrent tout-à-fait avec l’existence de ces entités censées ne pas exister… En outre, si le témoignage n’a aucune valeur, alors il est nécessaire d’interdire d’urgence l’enseignement de l’Histoire et d’évacuer par exemple tout témoignage dans le cadre d’une enquête criminelle. Il faut nier l’existence des événements historiques car on « sait », grâce aux « sociopsychologues », que le témoignage ne vaut rien, ce qui revient, par exemple, à nier l’existence passée de l’Holocauste. Et, dans ce cas, on peut supposer aussi que les photos et les films disponibles sont le fait de figurants ayant voulu – encore une histoire de « complot », mais du côté, cette fois-ci, des « sceptiques » – faire croire à cette tragédie. Et, si le témoignage humain « n’est pas suffisamment fiable » et est donc systématiquement mis en doute, comme le répètent avec satiété ces « sociopsychologues », alors il faut, entre autres choses, envisager la possibilité que l’Holocauste, par exemple, est une pure invention. Ceux-ci déclarent que pour véritablement réfuter le « modèle sociopsychologique », selon lequel la vague belge aurait été la conséquence d’une panique engendrée par les médias, il faudrait présenter « des preuves tangibles d’une autre théorie contradictoire, une réfutation formelle de la théorie sociopsychologique, ou encore une explication aussi bonne mais encore plus simple du phénomène ». On ne voit pas en quoi la théorie sociopsychologique est « bonne » car elle se limite seulement à déclarer que les témoignages ne sont pas fiables, que les témoins font des erreurs de perception et que les médias font croire aux témoins qu’ils voient des OVNIs ! Quant à l’explication « encore plus simple », je me demande ce que cela pourrait être…

Jean-Michel Abrassart et Nicolas Gauvrit évoquent ce que les ufologues n’ont pas comme preuves, prétendant que l’absence « d’éléments que l’on devrait avoir si une hypothèse était vraie va à l’encontre de cette hypothèse lorsqu’on évalue sa pertinence ». Leur « argument » est que si la description de la vague belge était correcte : de nombreux engins triangulaires volant lentement « au-dessus des villes belges », et cela de manière régulière pendant des mois, on devrait avoir aussi de nombreuses photos et vidéos, détections radar ou traces physiques d’atterrissages, ce qui n’est pas le cas.

Laissons de côté les « traces physiques d’atterrissages » car les engins perçus n’ont manifestement pas voulu atterrir mais seulement survoler les lieux, ce que l’on ne saurait leur reprocher. En ce qui concerne les détections radar, il s’avère que si parfois un OVNI est détecté, ce n’est pas toujours le cas, ce qui, loin de signifier qu’il n’y a pas eu d’OVNI, peut être l’indice de l’utilisation d’une technologie de « furtivité »…

Quant à l’absence de photos et vidéos, voici le commentaire que Leslie Kean a fait :

« Les lecteurs pourraient raisonnablement se demander pourquoi il n’y a pas plus d’images et de vidéos non équivoques des objets belges, étant donné qu’il y a eu tant d’observations. Ceci est dû en partie aux règles strictes posées par les autorités pour accepter des photographies ; leurs méthodes de contrôle ont éliminé toutes les images incertaines et invérifiables. De plus, il est facile d’oublier que, vingt ans en arrière, les téléphones portables et caméras vidéo légères pour grand public, à bon marché, n’étaient pas encore répandus. Le plus souvent, les témoins n’avaient pas d’appareil photo chargé à portée de main, au moment imprévisible où un ovni passait au-dessus d’eux, par exemple en conduisant la nuit. Au cours de mes entretiens avec de nombreux témoins d’ovnis au fil des années, j’ai appris que lorsqu’ils observent quelque chose d’aussi impressionnant, et parfois effrayant, qu’un ovni gigantesque volant à basse altitude, les témoins sont comme pétrifiés. Ils voient quelque chose qui n’est pas censé exister, quelque chose de menaçant, d’énorme et de silencieux, qui était jusque-là inimaginable. La plupart ne quittent pas des yeux cette chose d’un autre monde, sauf peut-être pour appeler rapidement des membres de leur famille ou amis à portée de voix. Ils continuent à regarder et l’idée de prendre des photos ne leur vient pas à l’esprit. Souvent, l’observation s’éloigne et est vite perdue de vue. Ils ne veulent pas se précipiter dans leur maison pour chercher un appareil photo, ou bien ouvrir un bagage dans le coffre de leur voiture et se demander s’il est chargé. Le moment est trop insolite, trop impressionnant. »

Elle précise aussi (voyez plus haut) que même lorsqu’une photo est prise, elle n’est pas toujours bonne. Si les lumières sont à quelque distance et que le temps d’exposition est trop court, rien n’apparaît sur l’image, certaines caractéristiques de l’OVNI pouvant aussi inhiber l’enregistrement, sur le film, de ses lumières brillantes. (3)

Bien sûr, les réductionnistes « sociopsychologiques » comme Jean-Michel Abrassart et Nicolas Gauvrit ont accueilli, avec la satisfaction que l’on devine, l’annonce du canular de la photo du Petit-Rechain. (Voir plus haut.) Dans un article daté de 1993, Pierre Magain et Marc Remy avaient écrit qu’il était aisé de produire par trucage cette photo, tout en évoquant « les invraisemblances » (lesquelles ?) dans les témoignages et « les contradictions entre ceux-ci et la photographie elle-même ». Auguste Meesen avait, quant à lui, développé, à partir de la photo, un modèle de propulsion des OVNIs. (In « Inforespace », 2000.) Jusqu’à ce jour du 26 juillet 2011, date à laquelle Patrick Maréchal a révélé qu’il s’agissait d’un faux réalisé avec du polystyrène expansé et des spots lumineux, un quotidien belge ayant titré le lendemain en couverture : « Canular intersidéral ».

Nous avons vu, plus haut, que le général Wilfried De Brouwer a précisé que l’histoire du canular de Petit-Rechain alimente les arguments des sceptiques qui confirment qu’ils avaient raison de prétendre que la photo était un canular, mais que, d’un autre côté, cela ne leur donne aucun crédit supplémentaire pour affirmer que toutes leurs autres critiques sont exactes.

« La photographie de Petit-Rechain a été publiée bien après que la plupart des observations d’ovnis aient été réalisées pendant la vague belge, et il est donc clair que des centaines de témoins n’ont pas été affectés par ce canular. Au contraire, le canular était basé sur les témoignages déjà enregistrés et non l’inverse. Ces centaines d’observations restent aussi consistantes qu’auparavant. L’incident de Petit-Rechain n’est qu’une péripétie et il n’affecte en rien les observations authentiques faites pendant la vague belge. » (W. De Brouwer)

Les deux « sociopsychologues » font aussi référence à l’enregistrement d’une mystérieuse signature sur le radar de l’un des deux F-16 lancés à la chasse aux OVNIs dans la nuit du 30 au 31 mars 1990. A propos de l’observation au sol qui a été à l’origine du lancement des F-16, ils écrivent que cette observation par un gendarme d’une boule lumineuse dans le ciel peut s’expliquer par des turbulences atmosphériques, ce phénomène créant « l’illusion que la lumière des étoiles bouge » ! Cette « lumineuse » interprétation, formulée par Pierre Magain et Marc Remy (1993), ne relève en fait que de la supposition ou de l’interprétation « gratuite », et elle n’est étayée sur rien de valable. La signature radar n’avait pas été confirmée par le radar de l’autre F-16, ni par un radar au sol, ni visuellement confirmée par les pilotes ou un témoin au sol. S’agissait-il d’un mauvais fonctionnement, ainsi que le pensèrent Magain et Remy ? Dans le tome 2 de « Vague d’OVNI sur la Belgique », Auguste Meessen, qui avait au début défendu la réalité de la signature radar, revint sur sa position en écrivant que la détection n’avait pas été prouvée.

Mais peut-on dire, comme l’insinuent les deux « sociopsychologues », que les pièces majeures du dossier de la SOBEPS en faveur de l’inexplicabilité de la vague belge « se comptaient auparavant sur les doigts d’une main », principalement la photo de Petit-Rechain et la détection radar ? Peut-on se permettre d’écrire, comme ils le font, qu’en l’absence de ces deux éléments, nous avons désormais un « dossier vide » et qu’il ne reste « vraiment plus grand-chose » ? C’est faux, comme il est faux de prétendre que, contrairement « à ce que certains ufologues avancent à l’heure actuelle, le fait que la photo de Petit-Rechain soit une contrefaçon jette un doute légitime sur l’ensemble de la vague, puisqu’il s’agissait de la dernière pièce majeure ». Comme l’a observé (voir ci-dessus) le général De Brouwer, l’incident de Petit-Rechain n’est qu’une péripétie qui n’affecte en rien les observations, la photo ayant été publiée bien après la plupart de celles-ci, ce qui montre que les témoins n’ont pas été influencés par ce canular.

Les deux « sociopsychologues » écrivent qu’on pourrait leur rétorquer qu’ils n’ont pas prouvé l’hypothèse « sociopsychologique », ce qui, ajoutent-ils, « serait bien entendu prendre le problème complètement à l’envers ». Pour justifier cette déclaration, ils se réfèrent à l’existence de paniques engendrées par les médias, donnant comme exemple, en référence, un écrit de Bartholomew et Radford (2011) sur l’histoire des paniques et mystifications relatives aux « Martiens qui ont atterri » (probablement l’émission de radio d’Orson Welles à la fin des années 1930). Cette comparaison entre la panique engendrée par ce genre d’émission radiodiffusée et la vague belge est absurde. Dans le cas des observations belges, les objets se sont montrés de façon inopinée aux témoins, y compris des gendarmes, et dès le premier jour de nombreuses observations avaient été rapportées : le 29 novembre 1989, 143 observations de PAN furent signalées dans une zone limitée autour d’Eupen…

La précision de nombreux témoignages (voyez plus haut le descriptif de certains cas), comme ceux des gendarmes Heinrich Nicoll, Hubert von Montigny, Dieter Plummans et Peter Nicoll, rend ridicule la thèse de l’influence « sociopsychologique » subie par des gens via les médias, et ce d’autant plus que les caractéristiques des objets (vol silencieux, forme triangulaire, etc.) se rencontrent ailleurs dans le monde (vallée de l’Hudson dans les années 1980, « lumières de Phoenix » en 1997, etc.). L’hypothèse « explicative par défaut » (sic) invoquée par Abrassart et Gauvrit, présentée par ces individus comme étant « la plus simple », est en fait la plus ridicule lorsqu’on la confronte au contenu d’un grand nombre de témoignages recueillis. Contrairement à ce qu’ils insinuent, cette interprétation « fondée sur des phénomènes connus » (sic) n’est pas cohérente « avec ce que nous savons des comportements humains » (sic) car elle ne cadre pas du tout avec le contenu informationnel et le recoupement des témoignages. En conséquence, ce n’est pas aux défenseurs du caractère inexpliqué de la vague belge de prouver qu’il y a réellement quelque chose « dans cette histoire » (sic) qui ne s’explique pas par des faits ordinaires, l’Armée de l’Air ayant elle-même déclaré qu’elle n’avait pas d’explication aux nombreuses observations rapportées. Cette dernière déclaration montre, contrairement à ce qu’insinuent les deux « sociopsychologues » spécialistes du dénigrement systématique, que les défenseurs du caractère inexpliqué de nombreuses observations n’ont pas « jusqu’à présent échoué » (sic) à montrer cela.

Alain Moreau

 

Références :

1. « Science et inexpliqué », n° 21, mai/juin 2011, p. 16-23.

2. Leslie Kean, « OVNIs : des généraux, des pilotes et des officiels parlent », éditions Dervy, 2014, p. 23-28, 30-31, 54-55, 33-48.

3. Ibid., p. 30-31.

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