La psychométrie selon Jean-Pierre Girard

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En psychologie, la psychométrie, science « de la mesure de l’esprit », est utilisée en psychotechnique et elle a été, à l’origine, développée pour la mesure des performances intellectuelles (âges mentaux ou quotient intellectuel, quotients de développement dans la petite enfance, etc.) ou pour l’analyse des composantes de la personnalité (affectivité, émotions, relations avec les autres, etc.).

En parapsychologie, par contre, la psychométrie désigne la connaissance extrasensorielle par l’intermédiaire d’un objet tenu par le sensitif. Elle a été également désignée par les expressions « métagnomie tactile » (René Sudre), « psychopathotactie » (Raymond Réant), « vibroturgie » (Ordre rosicrucien AMORC)…

Le sujet Psi Jean-Pierre Girard, par ailleurs bien connu pour ses aptitudes à la psyckokinèse, a aussi pratiqué la psychométrie. Le présent texte est consacré à son approche du sujet.

Appliqué à la « recherche psychique », le terme de psychométrie a été créé, au dix-neuvième siècle, par l’Américain Joseph Rhodes Buchanan. (Dans le texte de J.-P. Girard, la date donnée est 1949, mais c’est une erreur.) Rudolf Tischner (l’auteur de : « Introduction à la parapsychologie », chez Payot) a évoqué la psychométrie, laquelle permet à un sujet sensitif de percevoir des informations concernant le propriétaire d’un objet tenu dans la main, ou les personnes ayant eu un contact avec ledit objet.

Au dix-neuvième siècle, le professeur Buchanan avait évoqué la « mémoire des objets », ces derniers se comportant, écrivait-il, comme de véritables « enregistreurs » d’événements dont ils ont été les témoins. Il ajouta qu’un caillou pris dans les rues de Jérusalem est une bibliothèque contenant toute l’histoire de la nation juive.

« La psychométrie va consister pour le sujet Psi à retracer l’historique complet ou partiel, passé ou présent (exceptionnellement futur), d’un individu, à l’aide d’objets familiers lui ayant appartenu. Plus ces objets ont un contenu ‘affectif’ riche, plus ils se révèleront utiles au sensitif. Ce qui explique que l’on va lui confier des objets ‘intimes’ : alliance, montre, photographies (récentes de préférence), lettres manuscrites (originaux), vêtements, pièces d’archéologie, etc. On l’aura compris, un des facteurs essentiels à une bonne psychométrie est le choix de supports – le ou les objets – ayant une implication psychoaffective marquée de la part de la personne bénéficiaire du travail sensible du médium. » (J.-P. Girard)

La psychométrie offre des possibilités d’utilisation pratiques et variées pour résoudre des situations problématiques, là où les moyens conventionnels ont échoué.

Une application connue de la psychométrie est la recherche de personnes disparues. Parmi les autres applications possibles, on peut citer la découverte de gisements de minerais et de nappes phréatiques.

Il y a aussi le renseignement militaire. On connaît à cet égard les expériences dites de « vision à distance » réalisées aux Etats-Unis, à l’aide de cartes, de photos satellites, etc.

 

1. Une psychométrie pour l’épouse du Président du Mexique :

Du 19 au 22 novembre 1977, Jean-Pierre Girard s’est rendu à Mexico City pour les besoins d’un congrès international de parapsychologie. Il avait été invité (celle-ci, je le précise, avait aussi « reçu » auparavant Uri Geller) par l’épouse du Président du Mexique, Carmen Romano de Lopez Portillo. Le 21 au soir, il se rendit au « petit » Palais présidentiel qui jouxtait le grand Palais du Président.

A un moment donné, la Présidente orienta la conversation sur la voyance, la télépathie et la psychométrie.

« Je lui demande si elle a un petit objet ancien, donc très ‘chargé’, qu’elle glissera à mon insu dans une boîte ou une enveloppe. Elle quitte la pièce accompagnée d’Andrija Puharich et revient quelques minutes plus tard avec un petit coffret de bois, fermé par une serrure en cuivre. Je me mets à l’ouvrage, sans grande conviction car, je l’ai déjà dit, ces expériences me motivent moins que la P. K. Ce raisonnement pourtant ‘négatif’ ne m’empêche pas d’avoir une première projection mentale :

‘Je vois comme une grosse pièce de monnaie, pas tout à fait ronde, de couleur noire et mate. J’ai du mal à percevoir la gravure qui est estompée… Cette pièce, ou ce médaillon, est très ancienne, mais je ne peux donner avec précision sa date d’origine que je situe avant la conquête espagnole, disons vers 1400, 1450 de notre ère.’

Je tente alors une psychométrie, qui ne sera sans doute pas très probante, n’ayant pu ni voir, ni toucher l’objet. Je suis bien en résonance avec l’objet : une image-pensée se projette…

‘Oui… C’est cela… je vois des costumes bariolés, de nombreuses personnes… C’est une fête, un carnaval… C’est ça, je ne vois que des masques. Je structure une autre image maintenant… Je vois quelques attelages de chevaux traînant des marchandises. Ils sont arrêtés… ils sortent des pièces. Oui… ils repartent… C’est curieux, ils n’ont pas déchargé leurs gros ballots… Je… Non… Je ne perçois plus rien.’

Mme la Présidente ouvre le petit coffret :

‘Vous êtes bien modeste, M. Girard, cet objet est bien de couleur noire et mate et, vous pouvez le constater, ce médaillon, de forme presque circulaire, ressemble à une pièce de monnaie ancienne. Il est daté de la fin du XVe siècle par les spécialistes… aux alentours de 1480… Votre vision de carnaval est juste puisque l’origine de cet objet est le village de Tlayacapan, à une soixantaine de kilomètres d’ici, dans le Morelos, célèbre pour ses carnavals du mardi gras… L’autre vision, sur laquelle dans l’immédiat je ne fais aucun rapprochement, est également très pertinente… Car historiquement, il a existé dans le passé un octroi, avant l’arrivée des Espagnols, et une taxe était perçue pour toutes les marchandises destinées à Mexico. Félicitations, ce que vous venez de faire est, on ne peut plus, démonstratif.’

Madame la Présidente, qui s’est départie de sa verve du début, se tourne vers moi d’un air grave teinté d’inquiétude :

M. Girard, je ne voudrais pas abuser de votre disponibilité et de vos capacités si merveilleuses, mais j’aimerais vous demander une dernière chose : les élections présidentielles auront bientôt lieu, pensez-vous que mon mari sera réélu s’il se présente ?’

– Madame la Présidente, je vous remercie de ces compliments auxquels je suis très sensible. Votre dernière requête nécessite que vous puissiez me confier, quelques minutes, un objet très personnel de M. le Président. Je vous demande également de garder présents à l’esprit mes commentaires de tout à l’heure.

Mme Portillo quitte la pièce et revient avec un objet qu’elle pose sur la table basse, à côté de l’échiquier. C’est une superbe et très ancienne montre à gousset. Je la prends en main droite et ferme les yeux. J’ai quelques perceptions fugaces que je ne juge pas utile de révéler car elles sont bien éloignées de la question posée… et risqueraient de poser problème dans les relations de couple ! Enfin, je peux recentrer ma psychométrie sur l’environnement politique du Président, tout en pensant que j’ai été fou d’accepter ce genre de tentative précognitive. Mais je peux difficilement reculer désormais. A chaque fois, je me jure de ne plus jamais accepter de jouer les pronostiqueurs politiques, boursiers ou autres… et malgré tout j’accepte (presque) toujours ! Challenge, plaisir de rendre service ? Sans doute les deux à la fois.

Ma projection-pensée se précise : je vois beaucoup de monde… une foule en liesse… une grande fête. Zut, je m’éloigne de ma réponse politique. L’imagerie mentale ‘festoyante’ continue à s’imposer ! Soudain, en un éclair, je vois des affiches. Je ne peux lire qu’une partie de celles-ci : le mot Madrid qui est écrit en caractères nettement plus grands. Mais que diable vient faire l’Espagne et sa capitale dans toute cette fête ? J’ai deux autres projections tout aussi rapides et ne peux, là encore, que lire Madrid et F.R.I. ou P.R.I. Puis plus rien ! Je ne sais comment traduire ce peu d’éléments à la Présidente.

‘Mme la Présidente, peut-être est-ce dû à l’heure maintenant tardive et à la fatigue, mais j’ai bien peu de choses à vous dire. Je me demande même si mes perceptions ont un rapport avec la politique. Jugez plutôt : j’ai vu une fête populaire et des affiches avec le nom de la capitale espagnole Madrid, et parfois F.R.I. ou P.R.I.’

– Ce doit être P.R.I. : ce sont les initiales du parti majoritaire Partido Revolucionario Institucional. Quant au nom de Madrid, il y a, au sein de ce parti, M. Miguel de la Madrid Hurtado, appelé couramment de la Madrid. Eh bien, M. Girard, nous verrons, en 1982, si votre vision se révèle exacte.’

Cette expérience personnelle que j’ai tenu à relater nous montre la prudence que nous devons avoir lorsque nous nous hasardons à interpréter nos perceptions. Nous devons nous efforcer de retransmettre immédiatement – sans état d’âme – ce que nous avons perçu, aussi surprenant que cela puisse être parfois. » (J.-P. Girard)

Miguel de la Madrid Hurtado, du parti PRI, a été élu avec 71,63% des voix et a pris ses fonctions le 1er décembre 1982.

 

2. Autres psychométries :

Parmi les autres expériences de psychométrie réalisées par Jean-Pierre Girard, il y a :

* La localisation, à partir d’une photo satellite de qualité médiocre, de la base d’essais nucléaires souterrains soviétiques, près du fleuve Irtych à proximité de Semipalatinsk (Kazakhstan).

* La participation – à l’aide d’une photo Polaroïd et d’un pull-over – au dénouement heureux de l’enlèvement, le 23 janvier 1978, du Baron Edouard Jean Empain.

* La localisation de la jeune Isabelle F. dans une grotte du Périgord, où les ravisseurs en fuite l’avaient laissée, entravée, et dans un tel état de dénutrition et de maltraitance qu’à quelques heures près on l’aurait retrouvée morte.

 

3. Psychométrie et communication avec l’Au-delà :

La psychométrie pourrait être utilisée pour tenter le « contact » avec la conscience de personnes décédées.

« En effet, il n’est pas illogique de considérer que si l’on dispose d’éléments organiques du disparu (cheveux, phanères) ou éventuellement de photos Polaroïd, nous ayons un corrélat de particules (principe de non-séparabilité) informationnelles susceptibles d’entrer en résonance avec l’esprit du défunt (champ de cohérence quantique non-local, R. Penrose). » (J.-P. Girard)

La genèse du « décryptage » par un médium du contenu informationnel d’un objet ne viole pas, note Jean-Pierre Girard, ce que révèle la physique des quanta.

 

4. Raymond Réant :

Jean-Pierre Girard rappelle les extraordinaires facultés psychométriques du médium Raymond Réant (disparu en 1997), ce dernier ayant été étudié par les professeurs François Saison (de l’Université d’Orsay) et Zbigniew Wolkowski (de l’Université Paris V).

« Raymond Réant confiait qu’il se ‘dédoublait’ pour se projeter en quelque sorte au cœur de la matière. Il a pu ainsi décrire le contenu de tubes à essais en matière plastique insérés dans des tubes métalliques cachetés à la cire. Ensuite, et ceci est encore plus surprenant, il a donné la nature des éléments qui étaient occultés à sa vision ‘normale’ et leur structure atomique ! Le protocole établi par les expérimentateurs ne permettait pas d’interactions télépathiques entre les observateurs et le médium. » (J.-P. Girard)

Une photo montre une expérience de psychométrie de Raymond Réant, en présence du professeur Saison et de Jean-Pierre Girard. Raymond Réant décrit la nature et la « mémoire » d’un objet inséré dans un tube scellé opaque, cet objet étant un pot à fard égyptien daté du Pharaon Séti 1er de la XIXe dynastie (-1312 à -1298 avant J.-C.).

 

5. La psychométrie pour tous ?

Selon Jean-Pierre Girard, l’aptitude à la psychométrie est à la portée de tous avec un minimum de formation.

* Il est d’abord nécessaire, pour cela, d’avoir la conviction de réussir dans ce type d’expérience.

* A la volonté de réussir, on substituera le désir.

* Comme pour la télépathie et la clairvoyance, l’état de conscience facilitateur est un état de profonde détente (qui ne s’obtient en temps « normal » que lors de la phase du sommeil paradoxal ou dans des états méditatifs profonds), cet état se traduisant, sur l’EEG, par des bouffées d’ondes lentes (dites alpha).

* Toute contrariété inhibe la perception. L’état de conscience devra être tel que l’on sera dans un EMC (état modifié de conscience) permettant la mise en disposition psychique uniquement centrée sur le but de la psychométrie que l’on se prépare à effectuer.

* Il faut faire le vide dans son esprit et entrer « en contact » avec l’objet. On peut y apposer les mains. Certains expérimentateurs préfèrent le mettre au niveau du front ou du plexus solaire.

* Il faut bien choisir l’objet sur lequel on va « travailler ». Jean-Pierre Girard conseille d’utiliser, quand cela est possible, un support photographique à développement instantané, car l’information (mémoire) résiduelle laissée sur les éléments chimiques des photos à développement instantané « est moins atténuée par les diverses manipulations et les traitements du laboratoire ».

* L’utilisation d’un élément organique type phanère (cheveux, ongles) est idéale car on dispose alors d’une partie intime de la biologie (caryotype/ADN) de la personne « ciblée ». Les particules élémentaires, composantes ultimes des cellules, « communiquent », quelle que soit la distance, avec les autres particules « sœurs » ou « filles ».

* Les vêtements choisis seront, si possible, pris dans le bac à linge. L’épiderme laisse des éléments organiques, sans oublier la desquamation due au renouvellement des cellules épithéliales sur le linge.

* Peuvent être utilisés une bague, une montre, des bijoux, une montre à bracelet en cuir étant préférable à un bracelet métallique.

* On ne doit focaliser son action que sur un point et s’y tenir : recherche, état de santé, action d’aide à distance. La dispersion obère toujours la réussite de la psychométrie ou l’atténue beaucoup.

Il se peut qu’à première vue les informations obtenues semblent n’avoir que peu ou pas de rapport avec la réalité, mais il faut se garder d’un jugement trop hâtif car il n’est pas rare que des renseignements considérés d’emblée comme erronés se révèlent finalement conformes à la réalité.

« Et puis surtout, méfions-nous d’une interprétation trop consciente ou trop ‘logique’ de nos perceptions psychométriques. Efforçons-nous de garder intacte notre perception initiale, que nous communiquerons le plus rapidement possible aux intéressés. » (J.-P. Girard) (1)

Alain Moreau

 

Référence :

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