La prophétie de Jean de Jérusalem

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Sur plusieurs sites Web, dont celui de Jean-Pierre Petit : www.jp-petit.org, on trouve la mention d’une prétendue prophétie datée du onzième siècle.

Ce document aurait été retrouvé par le professeur Galvieski dans les archives du monastère de Zargorsk en Russie, au monastère de la Sainte Trinité Saint Serge – près de Moscou. Dans son introduction, ce manuscrit indiquait qu’après la conquête par les Turcs de Constantinople en 1453, des réfugiés étaient arrivés, avec leurs écrits, sur l’île de Zagorsk. Parmi ces derniers, il y aurait eu le « Protocole Secret ». Celui-ci enseignait le destin de l’humanité depuis l’an 2000 (« l’An Mille qui vient après l’An Mille »).

Ce « Protocole Secret » dont parle le manuscrit de Zagorsk serait l’œuvre de Jean de Vézelay, dit Jean de Mareuil ou Jean de Jérusalem. Ce « Protocole » aurait été recueilli par des religieux sur la route de Compostelle. Jean de Jérusalem aurait été un moine chrétien, un chevalier Croisé, l’un des fondateurs de l’Ordre du Temple et l’un des premiers Templiers. Il aurait participé à la libération de Jérusalem en 1099, conquise vingt ans plus tôt par les Turcs. C’est au cours de son séjour dans la Ville Sainte qu’il aurait rédigé son recueil prophétique.

La première partie de la prophétie est une sombre prédiction pour la période de l’an 2000, « l’An Mille qui vient après l’An Mille ». A l’inverse, la deuxième partie de la prophétie annonce une ère nouvelle et pleine d’espoir.

Cette prophétie a été présentée dans un ouvrage publié par les éditions Jacques Grancher : « Les prophéties de Jean de Jérusalem » (1998).

 

I. Le texte proprement dit (adaptation du texte tel qu’il a été mis en ligne sur le site de J.-P. Petit) :

« Je vois et je sais.

Mes yeux découvrent dans le Ciel ce qui sera et je franchis le temps d’un seul pas.

Une main me guide vers ce que vous ne voyez ni ne savez.

Mille ans auront passé et Jérusalem ne sera plus la ville des Croisés du Christ.

Le sable aura enfoui sous ses grains les murailles de nos châteaux, nos armures et nos os.

Il aura étouffé nos voix et nos prières.

Les Chrétiens venus de loin en pèlerins là où étaient leur Droit et leur Foi, n’oseront s’approcher du Tombeau et des Reliques qu’escortés par des Chevaliers Juifs qui auront ici leur Royaume et leur Temple.

Les Infidèles seront une foule innombrable qui se répandra partout et leur foi résonnera comme le tambour d’un bout à l’autre de la Terre.

Je vois la Terre immense.

Des continents qu’Hérodote ne nommait que dans ses rêves se seront ajoutés au-delà des grandes forêts dont parle Tacite, et loin au bout de mers illimitées qui commencent après les Colonnes d’Hercule.

Mille ans auront passé depuis le temps que nous vivons et les fiefs se seront partout rassemblés en de grands royaumes et de vastes empires.

Des guerres aussi nombreuses que les mailles de la cotte que portent les Chevaliers de l’Ordre se seront entrecroisées, défaisant les royaumes et les empires, en tissant d’autres.

Et les serfs, les manants, les pauvres sans feu se seront mille fois révoltés, brûlant les récoltes, les châteaux et les villes, jusqu’à ce qu’on les écorche vifs et qu’on force les survivants à rentrer dans leurs tanières.

Ils se seront crus Rois.

Mille ans auront passé et l’Homme aura gagné le fond des mers et des cieux, et il sera comme une étoile au firmament.

Il aura acquis la puissance du Soleil et il se sera pris pour Dieu, bâtissant sur l’immense Terre mille tours de Babel.

Il aura construit des murs sur les ruines de ceux qu’avaient élevés les Empereurs de Rome, et ils sépareront une nouvelle fois des Légions et des Tribus Barbares.

Au-delà des grandes forêts sera un Empire.

Quand les murs s’effondreront, l’Empire ne sera plus qu’une eau boueuse.

Les peuples seront une nouvelle fois mêlés.

Alors commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille.

Je vois et je sais ce qu’il sera.

Je suis le scribe.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme sera devant la bouche d’ombre d’un labyrinthe obscur.

Et je vois au fond de cette nuit dans laquelle il va s’enfoncer les yeux rouges du Minotaure.

Prends garde à sa fureur cruelle, toi qui vivras l’An Mille qui vient après l’An Mille.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après L’An Mille…

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Or sera dans le Sang.

Qui regardera les étoiles y comptera des deniers.

Qui entrera dans le Temple y rencontrera les marchands.

Les Souverains seront changeurs et usuriers.

Le Glaive défendra le Serpent.

Mais le feu couvera.

Chaque ville sera Sodome et Gomorrhe.

Et les enfants des enfants deviendront la nuée ardente.

Ils lèveront les vieux étendards.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme aura peuplé les Cieux et la Terre, et les Mers, de ses Créatures.

Il ordonnera.

Il voudra les pouvoirs de Dieu.

Il ne connaîtra aucune limite.

Mais chaque chose se retournera.

Il titubera comme un roi ivre.

Il galopera comme un chevalier aveugle.

Et à coup d’éperon, il poussera sa monture dans la forêt.

Au bout du chemin sera l’abîme.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, se dresseront en tous points de la Terre des Tours de Babel.

Ce sera Rome et ce sera Byzance.

Les champs se videront.

Il n’y aura de loi que de soi et de sa bande.

Mais les Barbares seront dans la ville.

Il n’y aura plus de pain pour tous.

Et les jeux ne suffiront plus.

Alors les gens sans avenir allumeront les grands incendies.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, la faim serrera le ventre de tant d’hommes, et le froid bleuira tant de mains que ceux-là voudront voir un autre monde.

Et des marchands d’illusions viendront qui proposeront le poison.

Mais il détruira les corps et pourrira les âmes.

Et ceux-là qui auront mêlé le poison à leur sang seront comme bête sauvage prise au piège et tueront et violeront, et rançonneront, et voleront.

Et la vie deviendra une apocalypse de chaque jour.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, chacun cherchera à jouir tout ce qu’il peut.

L’homme répudiera son épouse autant de fois qu’il se mariera, et la femme ira par les chemins perdus (creux), prenant celui qui lui plaira, enfantant sans donner le nom du père.

Mais aucun Maître ne guidera l’Enfant, et chacun parmi les autres sera seul.

La tradition sera perdue.

La loi sera oubliée, comme si l’Annonce n’avait pas été faite, et l’Homme redeviendra sauvage.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, le père prendra son plaisir avec sa fille, l’homme avec l’homme, la femme avec la femme, le vieux avec l’enfant impubère, et cela sera aux yeux de tous.

Mais le sang deviendra impur.

Le mal se répandra de lit en lit, le corps accueillera toutes les putréfactions de la terre, les visages seront rongés, les membres décharnés.

L’amour sera haute menace pour ceux qui ne se connaissent que par la chair.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, celui qui parlera de Serment et de Loi ne sera pas entendu.

Celui qui prêchera la Foi du Christ perdra sa voix dans le désert.

Mais partout se répandront les eaux puissantes des religions infidèles.

De faux messies rassembleront les hommes aveuglés, et l’infidèle armé sera comme jamais il ne fut.

Il parlera de justice et de droit, et sa foi sera brûlante et tranchante.

Il se vengera de la Croisade.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, le bruit de la mort donnée roulera comme l’orage sur la terre.

Les barbares seront mêlés aux soldats des dernières légions.

Les Infidèles vivront dans le cœur des Villes Saintes.

Chacun sera tour à tour barbare, infidèle et sauvage.

Il n’y aura plus d’ordre ni de règle.

La haine se répandra comme la flamme dans la forêt sèche.

Les barbares massacreront les soldats.

Les infidèles égorgeront les croyants.

La sauvagerie sera de chacun et de tous, et les villes périront.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, les hommes se jugeront entre eux selon leur sang et leur foi.

Nul n’écoutera le cœur souffrant des enfants.

On les dénichera comme des oisillons.

Et personne ne saura les protéger de la main raidie par le gantelet.

La haine inondera les terres qui se croyaient pacifiées, et nul ne sera épargné, ni les vieux ni les blessés.

Les maisons seront détruites ou volées.

Les uns prendront la place des autres.

Chacun fermera les yeux pour ne pas voir les femmes violées.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, chacun saura ce qui est en tous les lieux de la Terre.

On verra l’enfant dont les os percent la peau et celui dont les yeux sont couverts de mouches, et celui qu’on pourchasse comme un rat.

Mais l’Homme qui verra détournera la tête car il ne se souciera que de lui.

Celui-là donnera une poignée de grains comme aumône, alors qu’il dort sur des sacs pleins.

Et ce qu’il donnera d’une main, il le reprendra de l’autre.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme fera marchandise de tout.

Chaque chose aura son prix.

L’arbre, l’eau et l’animal, plus rien ne sera vraiment donné et tout sera vendu.

Mais l’Homme alors ne sera plus que poids de chair.

On troquera son corps comme un quartier de viande.

On prendra son œil et son cœur.

Rien ne sera sacré, ni sa vie ni son âme.

On se disputera sa dépouille et son sang comme une charogne à dépecer.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme aura changé le visage de la Terre.

Il se voudra le Maître et le Souverain des forêts et des troupeaux.

Il aura creusé le sol et le ciel, et tracé son sillon dans les fleuves et les mers, mais la Terre sera nue et stérile.

L’Air deviendra brûlant et l’eau sera fétide.

La vie se fanera car l’Homme épuisera la richesse du monde.

Et l’Homme sera seul comme un loup, dans la haine de lui.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’enfant sera lui aussi vendu.

Certains se serviront de lui comme d’une quintaine (*), pour jouir de sa neuve peau.

D’autres le traiteront comme un animal servile.

On oubliera la faiblesse sacrée de l’enfant et son mystère.

Il sera comme un poulain qu’on dresse, comme un agneau qu’on saigne, qu’on abat.

Et l’Homme ne sera plus rien que barbarie.

(*) Note de Jean-Pierre Petit : « La quintaine était cette sorte de mannequin bourré de son dont les chevaliers se servaient pour s’entraîner à l’épée ou à la lance (Larousse). »

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, le regard et l’esprit des hommes seront prisonniers.

Ils seront ivres et l’ignoreront.

Ils prendront les images et les reflets pour la vérité du monde.

On fera d’eux ce que l’on fait d’un mouton.

Alors les carnassiers viendront.

Les rapaces les mettront en troupeau pour mieux les guider vers l’abîme et les dresser les uns contre les autres.

On les écorchera pour prendre leur laine et leur peau.

Et l’Homme, s’il survit, sera dépouillé de son âme.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, régneront des Souverains sans croyance.

Ils ordonneront aux foules humaines innocentes et passives.

Ils cacheront leurs visages et garderont leurs noms secrets, et leurs châteaux forts seront perdus dans les forêts.

Mais ils décideront du sort de tout et de tous.

Personne ne participera aux assemblées de leur ordre.

Chacun sera vrai serf et se croira homme libre et chevalier.

Seuls se dresseront ceux des villes sauvages et des fois hérétiques.

Mais ils seront d’abord vaincus et brûlés vifs.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, les hommes seront si nombreux sur les terres qu’ils ressembleront à une fourmilière dans laquelle on enfonce le bâton.

Ils grouilleront et la mort les écrasera du talon, comme des insectes affolés.

De grands mouvements les pousseront d’une contrée à l’autre.

Les peaux brunes se mêleront aux peaux blanches, la Foi du Christ à celle de l’Infidèle.

Certains prêcheront la paix jurée, mais partout ce sera la guerre des tribus ennemies.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, les hommes voudront franchir toutes les enceintes.

La mère aura les cheveux gris d’une vieille.

Le chemin de la nature sera abandonné et les familles seront comme des grains séparés que rien ne peut unir.

Ce sera donc un autre monde.

Chacun errera sans lien comme un cheval emballé allant en tout sens sans guide.

Malheur au chevalier qui chevauchera cette monture.

Il sera sans étrier et chutera dans le fossé.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, les hommes ne s’en remettront plus à la loi de Dieu mais voudront guider leur vie comme une monture.

Ils voudront choisir leurs enfants dans le ventre de leurs femmes et tueront ceux qu’ils n’aimeront pas.

Mais que sera l’Homme qui se prendra ainsi pour Dieu ?

Les Puissants se saisiront des meilleures terres et des plus belles femmes, les pauvres et les faibles seront du bétail, chaque masure deviendra donjon, la peur sera en chaque cœur comme un poison.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, un ordre noir et secret aura surgi, sa loi sera de haine et son arme le poison.

Il voudra toujours plus d’or et étendra son règne sur toute la Terre.

Et ses servants seront liés entre eux par un baiser de sang.

Les hommes justes et les faibles subiront sa règle.

Les Puissants se mettront à son service.

La seule loi sera celle qu’il dictera dans l’ombre.

Il vendra le poison jusque dans les églises, et le monde marchera avec ce scorpion sous son talon.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, bien des hommes resteront assis les bras croisés, ou bien iront sans savoir où, les yeux vides, car ils n’auront plus de forge où battre le métal et plus de champ à cultiver.

Ils seront comme une graine qui ne peut prendre racine, errants et démunis, humiliés et désespérés.

Les plus jeunes et les plus vieux souvent sans lieux.

Ils n’auront que la guerre pour salut et ils se combattront d’abord eux-mêmes, et ils haïront leur vie.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, les maladies de l’eau, du ciel et de la terre frapperont l’Homme et le menaceront.

Il voudra faire renaître ce qu’il a détruit et protéger ce qui demeure.

Il aura peur des jours qui viennent, mais il sera bien tard.

Le désert rongera la terre et l’eau sera de plus en plus profonde.

Elle ruissellera certains jours en emportant tout comme un déluge, et elle manquera le lendemain à la terre.

Et l’air rongera le corps des plus faibles.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, la terre tremblera en plusieurs lieux et les villes s’effondreront.

Tout ce que l’on aura construit sans écouter les sages sera menacé et détruit, la boue submergera les villages et le sol s’ouvrira sous les Palais.

L’Homme s’obstinera car l’orgueil est sa folie.

Il n’entendra pas l’avertissement répété de la Terre.

Mais l’incendie détruira les nouvelles Rome et, dans les décombres accumulées, les pauvres et les barbares pilleront, malgré les Légions, les richesses abandonnées.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, le soleil brûlera la terre, l’Air ne sera plus le voile qui protège du feu, il ne sera qu’un rideau troué.

Et la lumière brûlante rongera les peaux et les yeux.

La mer s’élèvera comme une eau qui bout, les villes et les rivages seront ensevelis, et des continents entiers disparaîtront.

Les hommes se réfugieront sur les hauteurs et ils reconstruiront, oubliant déjà ce qui est survenu.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, les hommes sauront faire vivre des mirages.

Les sens seront trompés et ils croiront toucher ce qui n’est pas.

Ils suivront des chemins que seuls les yeux verront, et le rêve pourra ainsi devenir vivant.

Mais l’Homme ne saura plus séparer ce qui est de ce qui n’est pas.

Il se perdra dans de faux labyrinthes.

Ceux qui sauront faire naître des mirages se joueront de l’Homme naïf en le trompant.

Et beaucoup d’hommes deviendront des chiens rampants.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, les animaux que Noé avait embarqués sur son Arche ne seront plus entre les mains de l’Homme.

Que bêtes transformées selon sa volonté.

Et qui se souciera de leur souffrance vivante ?

L’Homme aura fait de chaque espèce ce qu’il aura voulu et il en aura détruit d’innombrables.

Que sera devenu l’Homme qui aura changé les lois de la vie ?

Qui aura fait de l’animal vivant une motte de glaise ?

Sera-t-il l’égal de Dieu ou l’enfant du Diable ?

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, il faudra avoir peur pour l’enfant de l’Homme.

Le poison et le désespoir le guetteront.

On ne l’aura désiré que pour soi et non pour lui ou pour le monde.

Il sera traqué pour le plaisir et parfois on vendra son corps.

Mais même celui qui sera protégé par les siens sera menacé d’avoir l’esprit mort.

Il vivra dans le jeu, et le mirage qui le guidera puisqu’il n’y aura plus maître.

Personne ne lui aura enseigné à espérer et à agir.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme se croira Dieu alors qu’il ne sera rien de plus qu’à sa naissance.

Il frappera toujours vaincu par la colère et la jalousie, mais son bras sera armé de la puissance dont il se sera emparé.

Et, Prométhée aveuglé, il pourra tout détruire autour de lui.

Il restera un nain de l’âme et il aura la force d’un géant.

Il avancera d’un pas immense, mais il ignorera quel chemin prendre.

Sa tête sera lourde de savoir, mais il ne saura pas pourquoi il vit et il meurt.

Il sera comme toujours le fou qui gesticule ou l’enfant qui geint.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, des contrées entières seront la proie de la guerre.

Au-delà du limès (*) romain et même sur l’ancien territoire de l’Empire, les hommes des mêmes cités s’égorgeront.

Ici sera la guerre entre tribus et là entre croyants.

Les Juifs et les enfants d’Allah n’en finiront pas de s’opposer, et la terre du Christ sera leur champ de bataille.

Mais les infidèles voudront partout défendre la pureté de leur foi, et il n’y aura en face d’eux que doute et puissance.

Alors la mort s’avancera partout comme l’étendard des temps nouveaux.

(*) Note de Jean-Pierre Petit : « Le limès est un ensemble de fortifications plus ou moins continu, qui marquait jadis les limites de l’empire romain (Larousse). »

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, des hommes en multitude seront exclus de la vie humaine.

Ils n’auront ni droits, ni toit, ni pain.

Ils seront nus et n’auront que leurs corps à vendre.

On les rejettera loin des tours de Babel de l’opulence.

Ils grouilleront comme un remords et une menace.

Ils occuperont des contrées entières et prolifèreront.

Ils écouteront les prédications de la vengeance et ils se lanceront à l’assaut des tours orgueilleuses.

Le temps sera revenu des invasions barbares.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme sera entré dans le labyrinthe obscur.

Il aura peur et il fermera les yeux car il ne saura plus voir.

Il se défiera de tout et il craindra à chaque pas.

Mais il sera poussé en avant car aucune halte ne sera permise.

La voix de Cassandre sera pourtant haute et forte.

Il ne l’entendra pas.

Car il voudra toujours plus posséder et sa tête sera perdue dans les mirages.

Ceux qui seront ses Maîtres le tromperont, et il n’y aura que des mauvais bergers.

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille, les hommes auront enfin ouvert les yeux.

Ils ne seront plus enfermés dans leurs têtes et dans leurs cités.

Ils se verront et s’entendront d’un point à l’autre de la Terre.

Ils sauront que ce qui frappe l’un blesse l’autre.

Les hommes formeront comme un grand corps unique dont chacun d’eux sera une part infime.

Et ils constitueront ensemble le cœur.

Et il y aura enfin une langue qui sera parlée par tous.

Et il naîtra ainsi enfin le grand humain.

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme aura conquis le ciel, il créera des étoiles dans la grande mer bleu sombre et il naviguera sur cette nef brillante, nouvel Ulysse compagnon du Soleil pour l’Odyssée Céleste.

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille, les hommes pourront s’enfoncer sous les eaux, leur corps sera nouveau et ils seront poissons, et certains voleront haut, plus haut que les oiseaux, comme si la pierre ne tombait pas.

Ils communiqueront entre eux car leur esprit sera si grand ouvert qu’il recueillera tous les messages.

Et les rêves seront partagés.

Et ils vivront aussi longtemps que le plus vieux des hommes, celui dont parle les Livres Saints.

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme saura quel est l’esprit de toute chose, la pierre ou l’eau, le corps de l’animal ou le regard de l’autre.

Il aura percé les secrets que les Dieux anciens possédaient, et il poussera porte après porte dans le labyrinthe de la vie nouvelle.

Il créera avec la puissance et le jaillissement d’une source, il enseignera le savoir à la multitude des hommes, et les enfants connaîtront la Terre et le Ciel plus qu’aucun avant eux.

Et le corps de l’Homme sera agrandi et habile.

Et son esprit aura enveloppé toutes choses et les aura possédées.

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’homme ne sera plus le seul souverain car la femme viendra saisir le sceptre.

Elle sera la grande maîtresse des temps futurs, et ce qu’elle pensera elle l’imposera aux hommes.

Elle sera la mère de cet An Mille qui vient après l’An Mille, elle répandra la douceur tiède de la mère après les jours du Diable.

Elle sera la beauté après la laideur des temps barbares.

L’An Mille qui vient après l’An Mille se changera en temps léger.

On aimera et on partagera, on rêvera et on enfantera les rêves.

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme connaîtra une seconde naissance.

L’Esprit saisira la foule des hommes qui communieront dans la fraternité.

Alors s’annoncera la fin des temps barbares.

Ce sera le temps d’une nouvelle vigueur de la Foi.

Après les jours noirs du commencement de l’An Mille qui vient après l’An Mille, s’ouvriront des jours heureux.

L’Homme retrouvera le chemin des hommes et la Terre sera ordonnée.

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille, des voies iront d’un bout à l’autre de la Terre et du Ciel à l’autre bout.

Les forêts seront à nouveau denses et les déserts auront été irrigués.

Les eaux seront redevenues pures.

La Terre sera comme un jardin.

L’Homme veillera sur tout ce qui vit, il purifiera ce qu’il a souillé, il sentira toute la Terre comme sa demeure, et il sera sage, pensant aux lendemains.

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille, chacun sera comme un pas réglé.

On saura tout du monde et de son corps, on soignera la maladie avant qu’elle n’apparaisse, chacun sera guérisseur de soi et des autres.

On aura compris qu’il faut aider pour maintenir, et l’Homme après des temps de fermeture et d’avarice ouvrira son cœur et sa bourse aux plus démunis.

Il se sentira chevalier de l’ordre humain, et ainsi ce sera un temps nouveau qui commencera.

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme aura appris à donner et à partager.

Les jours amers de solitude seront enfouis, il croira à nouveau à l’esprit, et les barbares auront acquis droit de cité.

Mais cela viendra après les guerres et les incendies.

Cela surgira des décombres noircies des tours de Babel.

Et il aura fallu la poigne ferrée pour que s’ordonne le désordre et que l’Homme retrouve le bon chemin.

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille, l’Homme saura que tous les vivants sont porteurs de lumière et qu’ils sont créatures à respecter.

Il aura construit les nouvelles cités.

Dans le ciel, sur la terre et sur la mer, il aura la mémoire de ce qui fut et il saura lire ce qui sera.

Il n’aura plus peur de sa propre mort car il aura dans sa vie vécu plusieurs vies.

Et la Lumière, il le saura, ne sera jamais éteinte. »

 

II. Commentaires de lecteurs du site Web de Jean-Pierre Petit :

Un nommé « Farouk » écrit que le manuscrit original a été découvert par hasard en 1942 lorsque des nazis mirent à sac une synagogue de Varsovie (?). Puis le manuscrit disparut de nouveau, avant de réapparaître dans les archives du KGB ! Ce document aurait été retrouvé par le professeur Galvieski dans les archives du monastère de Zagorsk (Russie). En lisant ce texte, on ne peut que voir les tristes réalités de notre époque : guerre, pédophilie, sida, chômage, islamisme, vente d’organes… Jean de Jérusalem aurait vécu de 1042 à 1119.

Que penser de cette prophétie ? Est-elle authentique ou s’agit-il d’un faux ? Certaines personnes qui ont répercuté cette prophétie sur le Web l’ont fait sans esprit critique, acceptant d’emblée, de façon naïve et crédule, l’authenticité de celle-ci. Ce fut le cas, notamment, d’Olivier de Rouvroy, le responsable du site : www.erenouvelle.com

Voici quelques commentaires critiques trouvés sur le site de Jean-Pierre Petit :

Richard Touitou a passé en revue tous les ouvrages de sa bibliothèque traitant du Temple, des Francs-Maçons, des Rose-Croix, ainsi que des prophéties et des histoires secrètes. Il n’y a rien concernant le manuscrit de Jean de Jérusalem. Les hermétistes, ésotéristes et autres historiens spécialisés n’auraient pas manqué de s’y intéresser si la chose était avérée. Il penche (avec raison, dirai-je) pour un faux.

Un autre lecteur suppose par contre que le document aurait pu avoir été caché puis redécouvert. Cette période obscure pourrait expliquer que toutes les références citées ignorent les prophéties de Jean de Jérusalem. (Richard Touitou répond que nous avons conservé dans nos musées et bibliothèques un fonds très important de documents d’époque. Nous savons pratiquement tout sur les Templiers, depuis la formation de l’Ordre, la création des commanderies, les règles qui régissaient l’Ordre, jusqu’au procès et son instruction. C’est étonnant, écrit-il, qu’un document d’une importance telle que ces fameuses prophéties soit passé inaperçu.)

Ce deuxième lecteur observe que le texte présenté est en français moderne, à peine teinté de tournures moyenâgeuses… Il note que sur un site anglais est signalé, « semble-t-il, l’existence d’une copie au Vatican ». () La traduction (faite par le lecteur) donne ceci :

« Parmi les fondateurs de l’Ordre du Temple, se trouve le pieux moine bénédictin Jean de Jérusalem qui possédait le don de prophétiser (1 Cor 14:1), comme cela peut être prouvé en lisant leLivre des prophéties’ dont l’un des sept exemplaires originaux écrits à la main fut trouvé et récemment ouvert dans les archives de la sinistre prison du KGB à Lubjanka par le professeur Gavielevwi. Cet exemplaire, l’un des sept, aurait été confisqué par les communistes dans le cloître de la Trinité, situé à Zagorsk, situé en dehors de Moscou, à l’époque où les communistes fermaient les églises en Russie. On prétend que cet ouvrage, connu d’un très petit nombre de personnes (une des copies confisquées, qui était la propriété de l’Ordre des Templiers, serait détenue par le Vatican), entraîna la dissolution de l’Ordre des Chevaliers du Temple, comme Jean de Jérusalem, avant Nostradamus, l’annonce de manière prophétique dans le passage consacré au centre du monde, en disant que cette opinion est contraire à celle de l’Eglise de son temps. »

Comme le note ce lecteur : voilà le KGB et le Vatican qui rappliquent !

Jean-François Lescure, un autre lecteur, observe que si Jean de Jérusalem a écrit cela en 1099, il ne pouvait pas être Templier au même moment, car la création de l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon remonte à 1118. Il a pensé aussi qu’il pouvait s’agir d’une erreur et que l’auteur pouvait ne pas s’appeler Jean de Jérusalem, mais être Chevalier de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem. Vérification faite, la création de cet Ordre date de 1113.

1099 est l’année de la prise de Jérusalem par les Croisés, « un peu tôt à mon goût pour se faire appeler Jean de Jérusalem ».

Les noms des premiers Templiers connus, d’après les documents de ce lecteur, sont :

Hugues de Payns, Geoffroy Bisol, Payen de Montdidier, André de Montbard, Geoffroy de St Omer, Rosal, Archambaud de St Amand, Godemar, et Geoffroy

« Pas de Jean quelque chose… Je pense à 70% qu’il s’agit d’un canular. »

« Il y a encore un truc qui me chagrine. Dans le verset 34, il est dit : Il (l’Homme) aura percé les secrets que les Dieux anciens possédaient.’ Cela me parait anormal. En effet, c’est reconnaître implicitement que les Dieux anciens existaient et possédaient des secrets… C’est une pensée très ‘hérétique’ pour un chrétien de 1099. Par ailleurs, la photographie supposée du document ne me semble pas compatible non plus avec un manuscrit de l’époque. »

Les textes manuscrits anciens qu’il a pu voir n’étaient sur deux colonnes par page que quand c’étaient des copies réalisées par des moines copistes dont c’était la spécialité. Ici, en plus, il y a une enluminure sur la page droite.

« Je ne crois pas qu’un chevalier puisse réaliser cela à Jérusalem en 1099. »

Le nom du document : « Le Protocole Secret », cela lui fait penser, à juste titre, au fameux « Protocole des Sages de Sion », faux document médiéval fabriqué à la fin du dix-neuvième siècle par un Russe ! C’est en quelque sorte, ajouterai-je, la signature de l’escroquerie !

Un autre lecteur, Xavier Xhardé, a lui aussi mené une recherche rapide. Il écrit qu’en ce qui concerne la réalité de ce Jean de Jérusalem, ses conclusions sont les mêmes que celles de Jean-François Lescure : aucun des neuf fondateurs de l’Ordre du Temple ne s’appelle Jean.

« J’ai également pensé à une confusion avec un autre Ordre qui existait à la même époque, ‘Les Hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem’. Bien que cet Ordre n’ait été reconnu par le Pape Pascal II qu’en 1113, les Hospitaliers existaient dès 1077 et l’Ordre lui-même fut créé par Gérard Tenque juste après la conquête de Jérusalem par les Croisés en 1099. Il est donc possible que ce Jean de Jérusalem soit en fait un Hospitalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et qu’il y a eu mélange des deux Ordres. »

En ce qui concerne la prophétie elle-même, ce lecteur a noté deux anomalies (il y en a peut-être d’autres) qui lui font pencher pour un faux, bien qu’il ne soit pas, ajoute-t-il, linguiste. On lit dans cette « prophétie » la phrase suivante :

« … Et la vie deviendra une apocalypse de chaque jour… »

Or, à l’origine, « apocalypse » signifie « révélation ».

« L’Apocalypse, c’estla révélation de Dieu, le retour duFils de l’Homme’, la fin d’une ère de ténèbres et l’instauration du Royaume de Dieu sur Terre’. Quelque chose de positif donc, qui avait pour but de soutenir le moral de chrétiens persécutés. En ce sens, ce texte est lui-même une sorte d’Apocalypse. Ce n’est que plus tard (XXe siècle ?) que le mot apocalypse a pris la signification de catastrophe, désastre. Il me semble donc douteux qu’un Templier du XIIe siècle utilise ce mot dans ce sens. »

Autre formulation (déjà signalée par Jean-François Lescure) dans le texte de Jean de Jérusalem : « … Il aura percé les secrets que les Dieux anciens possédaient… »

« Hein ? Les secrets des Dieux Anciens ?? Ce gars est censé être un Croisé et un Templier. Pour rappel, un Templier était un Chevalier qui abandonnait tous ses biens et qui faisait voeu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance pour se consacrer entièrement au service de Dieu et protéger les pèlerins chrétiens des Infidèles. Les dieux anciens étaient (et sont toujours d’ailleurs) une hérésie pour l’Eglise et étaient diabolisés. Il me semble impensable qu’un Templier, parti faire la Guerre Sainte aux Infidèles et qui vient de libérer le tombeau du Christ, dise que les hommes acquerront la sagesse grâce aux secrets des anciens dieux païens. Il aurait plutôt ‘truffé’ sa prophétie d’allusions à Dieu et au Christ. Cette phrase dénote selon moi une influence New Age’. »

Sur la base de ces quelques éléments, ce lecteur pense (et je suis d’accord avec lui) qu’il s’agit d’un canular écrit dans la seconde moitié du vingtième siècle.

Un autre lecteur, qui se présente comme étant « Vincent l’Hermite », écrit que ce texte français pourrait très bien être la traduction française d’un texte anglais ayant vulgarisé du vieux français, ou bien la recopie exacte d’un livre dont l’auteur aurait pu lui-même faire une version moderne.

Un autre lecteur, Gérard Joly, écrit que ce texte lui paraît « être à peu près à coup sûr un faux »… Le texte est « en contradiction à peu près totale avec la vision du monde qui était universelle au Moyen Age, celle d’une fin des temps très proche, sinon imminente », et il « ne comprend pas non plus de références aux textes tels que Daniel ou l’Apocalypse, omniprésents chez tous les prophètes médiévaux comme Joachim de Flore, Hildegarde de Bingen, etc. ».

En outre, ce lecteur est sûr que les anachronismes que ce texte comporte sauteraient aux yeux de n’importe quel médiéviste. Il doute très fortement qu’un auteur de l’époque ait pu citer le nom d’Hérodote. Cela seul « devrait suffire à pouvoir démontrer qu’il s’agit d’un faux ». Les sources géographiques étaient alors tout autres : Orose, Solin, Macrobe, Isidore de Séville, etc. Il n’a trouvé aucune mention d’Hérodote dans aucun texte géographique médiéval. Hérodote n’est probablement devenu accessible, ajoute ce lecteur, qu’à la Renaissance, et ce, par les travaux des humanistes comme Alde Manuce ou Henri Estienne.

« Autre exemple, Allah était un nom inconnu au Moyen-Âge. Le Trésor de la Langue française’ ne connaît pas d’emploi antérieur à 1704, dans le dictionnaire de Trévoux. »

Mahomet (« Mahom », qui apparaît en français dans la chanson de Roland) et Ismaël étaient au onzième siècle, pense ce lecteur, « les seuls noms pouvant désigner l’islam pour la chrétienté ».

De plus, les textes médiévaux ont un « ton » bien particulier, « dû à des habitudes culturelles fortement ancrées (surtout pour un moine), fondées notamment sur la rhétorique et la topique (l’emploi des lieux dits aujourd’hui communs) ». Ce texte n’a pas la couleur d’un texte médiéval.

La référence à l’an mille « est en soi suspecte, car elle est à peu près inexistante à l’époque ».

« Le mythe des terreurs de l’an mil a été inventé par les historiens romantiques comme Michelet, et Georges Duby l’a démontré il y a déjà pas mal de temps. »

D’un point de vue plus technique, « il y a des règles en codicologie ».

« Lorsqu’on découvre un manuscrit, on en publie le texte ou on en rend compte dans une revue sérieuse, on précise les données matérielles (à commencer par sa localisation actuelle !), etc. Ce texte paraît inconnu, sinon des amateurs d’ésotérisme. Or, si la découverte d’un manuscrit et d’un texte ancien inconnu n’est pas forcément rare (y compris dans les recoins de grandes bibliothèques), elle donne d’autant plus matière à publication dans une revue savante que ce texte est original, surprenant, etc., et qu’il date d’un millénaire. Inutile de dire que le ‘professeur Galvieski’ n’apparaît pas dans les sites des organes de recherches, des bibliographies et des revues spécialisées que j’ai pu rapidement consulter. Et il en est de même pour l’auteur supposé. » (G. Joly)

Pour ce qui est de la langue, « ce ne pourrait être que le latin, seule langue de transmission de l’époque ».

« Les textes en ‘français’ de l’époque se comptent pratiquement avec les doigts, et là, la découverte d’un manuscrit français aussi ancien, et de cette nature, aurait forcément fait encore plus de bruit si elle était sérieuse. » (G. Joly)

La lecture d’un manuscrit du onzième siècle, qu’il soit en latin médiéval ou en français, « n’est pas vraiment aisée, sauf pour un paléographe, du fait du recours par les copistes à des graphies et à des abréviations souvent propres à chaque ‘scriptorium’, sinon à chaque copiste ».

« Un tel texte est illisible directement. Là encore, un texte pareil, même découvert par un inconnu, aurait logiquement dû passer par le monde savant. Et la paléographie, discipline aride, technique et sans débouchés, n’est pas un hobby très courant. » (G. Joly)

Bref, Gérard Joly ne voit pas bien comment prendre cette histoire au sérieux. Ce texte est fait pour les gogos… Gérard Joly ne voudrait même pas parler de ça aux médiévistes qu’il connaît, car il est certain qu’ils lui riraient au nez !

Jean-François Lescure, évoquant la connaissance au onzième siècle d’Hérodote, note qu’en la basilique de Vézelay, terminée en 1140, on trouve des représentations très fantaisistes des différents peuples du monde (géants, pygmées, ‘‘panotii’’, Ethiopiens…), mais bien conformes à celles que donnait Hérodote. Cette conformité est d’ailleurs signalée par certains guides. Jean-François Lescure pense donc que les textes d’Hérodote étaient probablement connus dès cette époque, en tout cas à Vézelay.

En ce qui me concerne, et à la faveur des divers éléments ci-dessus, ma conclusion est la suivante : cette prophétie est une simple arnaque, ou, si l’on préfère, un faux document.

Ce texte « bidon » a encore été évoqué dans un livre paru en 2009… Incompétence et crédulité !

Alain Moreau

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