La fausse Atlantide de Jacobovici et Cameron

 

 

 

 

 

 

 

James Cameron est un réalisateur et producteur américain bien connu, à l’origine notamment du film Avatar (et de ses suites à partir de fin 2021). Malheureusement, il n’est pas très doué pour résoudre des énigmes historiques. Il était déjà connu pour avoir identifié en 2007, avec son collègue « chercheur » Simcha Jacobovici, une chambre mortuaire découverte à Talpiot-Est, un quartier de Jérusalem, comme étant celle de Jésus de Nazareth et de sa famille. (J’en ai parlé dans mon premier livre paru en 2007 : Communications interdimensionnelles, JMG éditions.) C’est une thèse peu vraisemblable qui a été critiquée par les archéologues (et qui ne correspond pas, je l’ajoute, à ce que disent diverses sources « extraordinaires » à propos de la vie de Jésus).

Ne voilà-t-il pas que tous deux ont « remis ça » puisqu’ils ont maintenant la prétention d’identifier l’Atlantide à Tartessos ! Voilà donc une énième fausse Atlantide à laquelle Nicolas Montigiani a consacré un petit article complaisant dans le numéro 4 (novembre-décembre 2020) de sa revue Inexpliqué.

Pour le « couple » Cameron/Jacobovici, il y a environ 5000 ans, une culture unifiée par des symboles, des dessins, des scripts, des temples, etc., s’est répandue de Malte à la Sardaigne et bien au-delà, l’épicentre s’étant trouvé dans le sud de l’Espagne, juste à l’ouest du détroit de Gibraltar (les fameuses « Colonnes d’Hercule » évoquées par Platon). Des territoires attribués aux Minoens, aux Phéniciens et à d’autres peuplades appartenaient, selon l’archéologue Richard Freund (de l’université de Christopher Newport, Virginie), à une seule et même culture, celle des Atlantes. Selon Cameron/Jacobovici, la capitale est restée dans les mémoires sous le nom de Tartessos.

« D’après l’archéologue, historien et philosophe allemand Adolf Schulten, cette ville ‘’fantôme’’ s’élevait dans une sorte d’île qu’enfermaient les deux bras du fleuve espagnol Guadalquivir, dont l’un a aujourd’hui disparu, avant de se jeter dans l’Atlantique. » (N. Montigiani)

Simcha Jacobovici est, dit-il, « pratiquement certain » que ce que Platon décrivait comme la capitale de l’empire Atlante se trouve « sous les vasières de Donana, dans le sud de l’Espagne », une région où prospérait jadis une « immense ville, maintenant engloutie, appelée Tartessos – Tharsis dans l’Ancien Testament ». (1)

Cette localisation erronée – Tartessos – de l’Atlantide, par Cameron/Jacobovici, n’a en fait rien de nouveau. J’ai consacré, sur ce site, plusieurs articles aux fausses Atlantides (Santorin, Socotra, etc.) et je renvoie donc à ceux-ci (même rubrique : Continents disparus). Voici un extrait de l’un de ces articles (que j’espère pouvoir faire publier dans un futur livre, avec diverses descriptions de l’Atlantide selon diverses sources « extraordinaires ») rédigés il y a de nombreuses années :  

Quant aux localisations en Méditerranée et sous la mer Caspienne, elles font partie des nombreuses localisations fantaisistes (le qualificatif étant ici bien mérité) défendues par une kyrielle d’auteurs/spéculateurs qui se contredisent et qui sont convaincus d’avoir trouvé « la » solution : la civilisation minoenne et l’éruption du volcan Santorin, l’île Socotra (selon Jacques Hébert), l’île du cap Spartel (selon Jacques Collina-Girard), la ville de Tartessos à l’embouchure du Guadalquivir en Espagne (selon Schulten), entre l’Inde et la corne de l’Afrique (Atlantide primitive) et entre la Lybie et l’Italie (Atlantide « postcataclysmique » et occidentale) selon l’Allemand Joseph Karst, le Lac Poopô en Bolivie (selon le colonel britannique John Blashford-Snell, 1997). Selon l’universitaire russe Viatcheslav Koudriavtsev (1997), « la capitale du royaume d’Atlas » se trouve sur le site de Little Sole Bank, au large des côtes de la Cornouaille anglaise, par 49 mètres de profondeur… Parmi les autres localisations fantaisistes de l’Atlantide, il y a celle située du côté de l’Indonésie. (Voir : Robert Schoch, Les constructeurs des pyramides, éditions du Rocher, 2004.) L’Italien Flavio Barbiero (1974), l’Espagnol Javier Sierra (2000), le couple Flem-Ath et l’Américain Graham Hancock ont localisé cette civilisation « atlante »… dans l’Antarctique ! 

Dans le cas Cameron/Jacobovici, on nous parle d’une civilisation remontant seulement à environ 5000 ans, ce qui disqualifie déjà totalement, pour des gens comme moi, les prétentions des deux « chercheurs », sachant que toutes les sources « extraordinaires » consultées (du 19ème siècle à nos jours) situent la disparition finale de l’Atlantide vers 10.000 avant J.-C. En outre, ce « qu’oublient » de préciser Jacobovici et Cameron, c’est que Platon situait la fin de l’Atlantide à… 9000 ans avant son époque ! Donc, pas vraiment il y a seulement 5000 ans. Et bien sûr, elle se situait au milieu de l’océan Atlantique (les Canaries, les Açores, mais aussi du côté des Bermudes, étant de vrais vestiges atlantes),  mais elle ne se trouvait absolument pas au sud de l’Espagne.

Quelle est la raison de la kyrielle de localisations fantaisistes de l’Atlantide défendues par moult spéculateurs qui se contredisent gravement, dont celle de Jacobovici/Cameron ne constitue que le dernier avatar médiatique ? La réponse est fort simple. J’extrais d’un de mes textes la citation suivante de Pierre Carnac :  

« Il y a deux aspects du récit qui donnent au problème de l’Atlantide de Platon un caractère d’improbabilité fantastique : la situation dans l’océan Atlantique, où depuis longtemps devait exister un océan et non une terre ; l’existence sur cette terre d’un clan civilisé des Atlantes, alors que le reste de l’humanité se trouvait encore au stade néolithique.

Cela explique que beaucoup d’atlantologues, ne pouvant pas dépasser ces obstacles sus-indiqués, refusent la base même de la légende, la date de la disparition de l’Atlantide et sa situation dans l’océan Atlantique. C’est pour cette raison qu’ils situent leur pseudo-Atlantide dans différents endroits du globe terrestre. » (P. Carnac) (2)

Comme je l’ai écrit, toutes les sources « extraordinaires » (depuis H. P. Blavatsky au 19ème siècle) situent l’Atlantide dans l’océan Atlantique (et pas seulement au sud de l’Espagne !), sa disparition finale remontant à environ 12.000 ans. Je donne, dans ma série Civilisations extraterrestres, quelques informations à ce propos. (Exemples : le récit du contact extraterrestre de Jean de Raigualgue, dans le tome 3 : Contacts avec des visiteurs de l’espace, JMG éditions, 2018 ; les informations des Maîtres ascensionnés Arten et Pursah rencontrés par Gary Renard, dans le tome 4 : Rencontres extraterrestres et êtres hautement évolués, JMG éditions, 2018)

Alain Moreau

 

Références :

1. Inexpliqué, n° 4, novembre-décembre 2020, p. 28-31.

2. Pierre Carnac, L’Atlantide. Autopsie d’un mythe, éditions du Rocher, 2001, p. 67.

 

 

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