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Sectes et nouveaux mouvements spirituels.

Il convient de dire quelques mots sur un thème très médiatisé, celui des « sectes ».

Certains mouvements (O.T.S., etc.) ont malheureusement contribué à discréditer certains thèmes relevant de l’ésotérisme. La question qui se pose est : à partir de quels critères peut-on considérer qu’un mouvement comporte de réelles caractéristiques sectaires, et comment distinguer les groupes valables de ceux qui ne le sont pas ?

Sur le site www.iands-france.org, le médecin Jean-Pierre Jourdan donne la liste (bien connue) des associations luttant contre les dérives sectaires.

Curieusement, il met en tête de liste une association rationaliste et scientiste  - l’AFIS, qui publie « Science et Pseudo-Sciences » -, dont l'objectif est, entre autres, de lutter contre les "parasciences" considérées comme de fausses sciences. C'est curieux car Jean-Pierre Jourdan, qui s'intéresse aux NDE, ne défend pas les interprétations réductionnistes et matérialistes de celles-ci.

 

Pour être objectif et avoir une approche à la fois différente et complémentaire, il faut prendre connaissance du contenu du site suivant :

www.cicns.net

Sur un tel sujet, il convient de savoir discerner les groupes présentant de réelles dérives sectaires de ceux qui n'en comportent pas, et donc de ne pas mettre tout et n'importe quoi dans "le même sac". C'est ce manque de discernement que l'on doit reprocher aux groupes "anti-sectes".  

Alain Moreau

 

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Voici quelques contributions extraites du site du CICNS :

 

1. Changement de Président de la République, changement de politique antisectes ?

Par le CICNS (mai 2012) :

"François Hollande, nouveau Président de la République, s'est fait le chantre du "changement" pendant sa campagne, mais un domaine où l'on peut douter que se produise un changement positif significatif est la politique "antisectes".

Historiquement, c'est la gauche, et notamment le PS, qui a instauré en France la phobie des sectes dans les années 1980 (voir notre historique de la lutte antisectes ), c'est-à-dire la mise au ban d'une population significative déclarée dangereuse voire victime en raison de ses choix de vie alternatifs. Qu'à cela ne tienne, la droite, avec Georges Fenech à la tête de la MIVILUDES sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a démontré qu'il fallait compter avec elle dans l'outrance.

Que la lutte antisectes menée par la MILS, puis par la MIVILUDES à partir de 2002, soit, dans le fond et la forme, l'antithèse des valeurs laïques et du respect des libertés fondamentales, n'émeut guère le personnel politique de gauche comme de droite, car le bénéfice de cet ostracisme à l'encontre de ces citoyens est inestimable. La référence aux sectes, "ennemi public" créé patiemment de toute pièce pendant trente ans, permet de fixer, par opposition, une idéologie normative dans le domaine spirituel, éducatif et thérapeutique. Trois domaines sacrés de ce qui est devenu la "religion républicaine".

Nous avons interpellé tous les candidats à l'élection présidentielle 2012 , les invitant à reconsidérer la politique antisectes courante et proposant notamment le remplacement de la MIVILUDES par un Observatoire indépendant et compétent . Aucun des candidats ne nous a répondu. Apparemment, le CCMM a également questionné les candidats et a reçu une réponse de Jean-Luc Mélenchon pour le Front de gauche, soutien de François Hollande au deuxième tour des élections : "Je vous remercie de votre courrier. Vous m'interpellez en tant que candidat du Front de Gauche sur notre position sur les manipulations mentales, notamment dans le cadre des sectes. Je tiens tout d'abord à vous dire mon entier soutien dans votre action salutaire de lutte contre ce fléau. Les associations comme la vôtre, qui mènent de tels combats, doivent être reconnues d'utilité publique et bénéficier de subventions leur permettant de remplir leur fonction. De même, la MIVILUDES doit également pouvoir mener son action dans de bonnes conditions. Elle pourra compter sur mon entier soutien et aura les moyens nécessaires à son activité." C'est probablement ce que le Front de gauche appelle "L'humain d'abord".

Mais tout reste possible. Il reviendra à François Hollande et à son Premier Ministre de démontrer leur volonté de sortir d'une position antisectes primaire, celle de la gauche jusqu'à aujourd'hui, et d'associer à la réflexion urgente sur un changement de société les initiatives des minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques. La fin de l'ostracisme les accablant serait déjà un pas."

 

2. Le mot "sectes", un terme outrageant :

L'usage du mot « secte » reconnu injurieux et outrageant par le Tribunal de grande instance de Paris

Montpezat de Quercy - 18/04/2012 (CICNS)

Source : Légalis


"Le Tribunal de grande instance de Paris, 17ème chambre, dans un jugement du 15 février 2012 (Kriss Laure / Larry P., Google Inc.), a pris une décision qui ouvre la possibilité d’une jurisprudence importante sur l’usage du mot secte et son caractère injurieux en France :

La saisie sur le moteur de recherche Google du nom de l’entreprise faisait apparaître le mot « secte » aux second et troisième rangs des résultats. Le tribunal a jugé que « le terme de “secte”, s’il désignait à l’origine une communauté spirituelle, religieuse ou philosophique, est aujourd’hui empreint d’une connotation péjorative qui désigne sous ce vocable celles qui, parmi ces communautés, se livrent à des pratiques moralement ou pénalement condamnables ; que faute de toute précision complémentaire et n’étant pas autrement circonstancié, le qualificatif “secte” constitue une invective et caractérise, en tout état de cause, un propos outrageant » avec « une signification qui est, en l’occurrence, incontestable et injurieuse », et que la responsabilité de Google devait « donc être retenue » et le condamne donc en conséquence à supprimer le mot « secte » des recherches rattachées à cette entreprise et à diverses amendes.

Ce jugement est une référence importante pour toutes les personnes et organisations stigmatisées par l’usage courant et sans fondement de ce terme dans notre pays. Le CICNS compte le rappeler à toute occasion similaire à l’avenir."

Contact : Service Presse du CICNS - Denis Mathieu - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

 

3. L'Ordre des Médecins et la MIVILUDES :

L'Ordre des médecins affiche son partenariat avec la MIVILUDES pour une campagne de lutte contre « l'emprise » des promoteurs de traitements non conventionnels

Par le CICNS (avril 2012)

"Pierre Bourdieu disait : « L'obscurantisme est revenu, mais, cette fois, nous avons affaire à des gens qui se recommandent de la raison. Face à cela, on ne peut pas se taire. »

Nous le rejoignons, et, malgré le nombre grandissant de publications antisectes, parfois dans des médias majeurs, dont l’assurance, l’inculture et le mépris de tout contradictoire pourraient inciter à baisser les bras, à ne plus tenter de faire contrepoids, nous nous exprimons sur une publication particulière et particulièrement significative : le dossier « Face aux dérives sectaires, l’union fait la force », du bulletin du mois de janvier 2012 de l’Ordre national des médecins.

Sur la couverture, l’image de quatre personnes en méditation, dans une posture classique de yoga. Leur disposition et la couleur des vêtements laissent penser que l’un est enseignant et les trois autres ses élèves. Les visages respirent la sérénité. Le dossier commence sur le ton de la mobilisation générale : « Les mouvements sectaires étendent leur emprise sur le domaine de la santé. Face à des organisations puissantes et procédurières, des actions partenariales s’imposent ».

Puis vient aussitôt l’évocation de l’Ordre du Temple Solaire et des « 74 personnes tombées sous l’emprise de ce mouvement ». Quel rapport avec le domaine de la santé ?

Le problème est que nous trouvons normal aujourd’hui d’associer aux pires intentions et actes criminels, de manière entièrement gratuite (non argumentée, puisque le dossier n’évoque même pas le yoga ou la méditation), la pratique pacifique (jusqu’à preuve du contraire) et légale de millions de personnes de par le monde. Ce dossier caricatural, édité à 258 000 exemplaires pour un lectorat « scientifique », n’a apparemment déclenché aucune protestation ni aucun commentaire public. Le seul indice connu du CICNS d’une insoumission à l’ « Ordre » est l’exemplaire de ce bulletin que nous avons reçu par la poste de la part d’un médecin, avec la suggestion de le commenter publiquement.

Bonnet d’âne mérité à la rédactrice du dossier qui écrit par deux fois : Mission Interministérielle de lutte et de Vigilance contre les Sectes (au lieu de dérives sectaires), enfonçant le clou dans un paragraphe historique où elle écrit qu’en 1995 il s’agissait d’une lutte anti-sectaire devenue ensuite lutte contre les sectes, alors que c’est l’inverse. Il semble que la nuance lui échappe totalement, ainsi que la différence entre une lutte discriminatoire et une lutte contre des dérives avérées, qui produiraient immanquablement des jurisprudences, des jugements probants sur les plans qualitatif et quantitatif, et en l’absence avérée desquelles un scientifique digne de ce nom devrait s’abstenir de toute conclusion quant à l’existence réelle d’un fléau social.

Jean Baubérot, lors de son intervention au colloque « Sectes : fléau social ou bouc émissaire ? » en 2007, a dressé un bref historique de ce qu’il nomme « la sacralisation du médecin » en France, qui serait le fruit, dés 1803, d’un besoin politique d’impulser de nouvelles croyances contrôlées par l’État, bien plus que d’un plébiscite des patients, à une époque antérieure au véritable décollage des techniques scientifiques où le médecin était encore proche des caricatures de Molière. Cette sacralisation peut expliquer en partie l’attitude de l’Ordre des médecins français qui s’affranchit en l’occurrence de toute démarche scientifique par son « étroite collaboration avec la MIVILUDES » et son partenariat affiché dans ce bulletin avec l’UNADFI, deux organes militants et partisans couverts par l’État, aux antipodes d’une démarche de connaissance et qui se font le vecteur d’une opinion toute subjective au service d’une volonté répressive et hégémonique. Attitude qui rejoint la synthèse réalisée par Wikipedia de la définition que les philosophes des Lumières donnaient des « méthodes obscurantistes » :

- L'alliance avec le pouvoir, ce qui permet la censure, la violence.

- Le discrédit de l'intelligence, de l'étude et de l'érudition, non par la critique rationnelle mais par la critique essentialiste.

- L'argument d'autorité élaboré par ses clercs organiques, selon un savoir canonique.

On relèvera également dans le dossier le constat d’une difficulté à obtenir des condamnations,  voire, le plus souvent, une quelconque réaction de l’appareil judiciaire quand une « dérive sectaire » est dénoncée. Constat assorti de regrets et non d’une remise en question, et d’un appel à la prudence dans les attaques menées, non par souci de préserver d’éventuels innocents mais par crainte de voir des décisions invalidées par le tribunal administratif.

L’argument fallacieux, repris par le bulletin de l’Ordre des médecins, consistant à dire que l’on tient, dans le grand nombre de signalements, la preuve de l’existence d’un danger, mérite d’être mis en lumière. Depuis une trentaine d’années, les antisectes crient « au loup ! », relayés par la plupart des médias et l’État lui-même. Le fait qu’aujourd’hui, la population croit voir le loup à tous les coins de rue, alors que bien peu de « loups » ont été piégés par les très nombreux chasseurs en activité, n’est que la preuve de la redoutable efficacité de la rumeur.

Enfin, qualifier le même phénomène de « myriade de groupuscules »  et  d’« organisations puissantes et procédurières » est pour le moins paradoxal. La deuxième appellation est à rapprocher du pouvoir véritable de l’Ordre des médecins et de l’interview du secrétaire général de la MIVILUDES, M. Machi, qui se vante d’intervenir au sein de l’appareil judiciaire pour « accélérer des dossiers » et apporter du « poids » à des signalements auprès de l’ARS. (1)

Notre critique n’élude en aucune façon la possibilité de dérives au sein des thérapies non conventionnelles, comme il peut s’en produire dans toute activité humaine, et n’induit aucun jugement de valeur quant aux pratiques conventionnelles. Toutefois, si nous évoquons la « paille » (dérives existant, mais pas à l’échelle d’un problème de société, jusqu'à preuve du contraire), nous ne pouvions pas ne pas citer la « poutre » des 150 000 hospitalisations annuelles liées à des accidents médicamenteux et des 13 à 18 000 morts provoquées par des médicaments, en majorité prescrits par des médecins conventionnés, chiffres indiqués dans le rapport déposé par la Commission des affaires sociales de l´Assemblée en conclusion des travaux de la mission sur le Mediator et la pharmacovigilance. (2)

Les « partenariats » de la MIVILUDES se multiplient, des ministères à l’association des Maires de France, de la chaine LCPAN au Conseil national de l’Ordre des médecins, en passant par l’Université Paris-V René Descartes et l’Ecole des officiers de la gendarmerie nationale, autour d’une idée simpliste et manichéenne, essentiellement génératrice de peur, dont le message distillé par la couverture du bulletin de l’Ordre pourrait bien être une synthèse : « Harmonie, paix, spiritualité = danger - Citoyens mobilisez-vous ! ».

Les libertés fondamentales sont en fait les véritables victimes de cette situation aberrante." 

[1] Agence Régionale de Santé
[2] http://www.ouvertures.net/portail/l_id.asp?doc_id=562

 

4. L'immunité de la MIVILUDES :

Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

Immunité de la MIVILUDES : disposition contestable selon les sénateurs

Montpezat de Quercy - 31/12/2011 (CICNS)

"En octobre 2011, le CICNS découvrait l’existence d’un amendement dissimulé au milieu d’une loi dite « de simplification du droit et pour l’allègement des démarches administratives » (n° 33, 2011-2012), dont un article veut donner une immunité aux membres de la MIVILUDES (autrement dit, la possibilité de dire n’importe quoi, comme c’est déjà le cas la plupart du temps, sans pouvoir être condamnés pour cela).

Le projet de loi ayant été voté à l’Assemblée Nationale, il a été soumis en première lecture à la Commission des lois du Sénat qui a rendu son rapport le mercredi 21 décembre 2011. Le constat des sénateurs est intéressant : Il est relevé « des dispositions souvent contestables » comme « le recul proposé en matière de responsabilité sociale et environnementale des entreprises » (ce qui est le cas pour l’article 94a - le dernier, en bout de texte - concernant la MIVILUDES, puisqu’il est question de lui retirer toute responsabilité).

La Commission des lois a donc décidé de « déposer une motion tendant à opposer la question préalable au texte transmis par l’Assemblée nationale », ce qui signifie qu’il n’y a pas lieu de délibérer sur un texte aussi mauvais et quasi illégal pour certaines parties.

Les commentaires de certains sénateurs s'interrogent sur la « régularité juridique » de l’immunité demandée pour les acteurs de la MIVILUDES, alors que « l’existence de la mission ne relève pas aujourd’hui de la loi », qu’ « une telle immunité n’existe à ce jour que pour deux autorités administratives indépendantes (…), alors que cette mission interministérielle n’est pas une autorité indépendante », et relèvent qu’une « réflexion plus large (…) sur le rôle et les conditions de l’activité de la MIVILUDES » serait souhaitable. Le CICNS relève pour sa part le commentaire ahurissant de M. Anziani, favorable à cet article, qui trouve que les plaintes de personnes diffamées par la MIVILUDES créent des « pressions désagréables » qui font « perdre du temps (à la MIVILUDES) ».

Nous espérons que la sagesse des sénateurs permettra d'éviter que ces dérives, de plus en plus nombreuses dans le cadre d'une lutte officielle contre les minorités de conviction, ne se transforment en lois."

 

5. 2012 et la MIVILUDES :

2012, année où il sera probablement dit n'importe quoi sur les « sectes », à moins que... ?

Éric Bouzou (janvier 2012) :

"Si une analyse objective était menée sur les intentions initiales, la méthodologie employée, les moyens alloués, les résultats obtenus de la lutte antisectes française, le château de carte s’écroulerait instantanément. Pourquoi est-il encore debout ? Parce que le mauvais génie de cette lutte a consisté à placer le discours sur le plan des affects et notamment celui de la peur, permettant de se débarrasser d’un coup du bon sens et de la réalité factuelle.

Il est probable que l’année 2012, si lourdement chargée en prédictions et surtout en commentaires médiatisés à outrance sur ces prédictions, sera un « bon cru » pour la stigmatisation des minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques (i.e. les « sectes » en France).

Elles sont un défouloir autorisé et encouragé pour une société française agonisante, cherchant à dénoncer dans certaines minorités ce qu’elle n’ose véritablement constater dans sa majorité. Cette prise de conscience de l’état de la société à l’échelon individuel et notre propre prise de responsabilité individuelle dans les affaires du monde, si elles avaient lieu, se répercuteraient sur le collectif. A défaut, chacun crée ses ennemis ou récupère ceux qui lui conviennent. Les « sectes » sont idéales dans le registre de l’ennemi public.

Ainsi donc, notre société meurt du cancer de la finance spéculative, de ce racket mondial institutionnalisé mettant la planète à genoux, mais la réaction est immédiate contre les « groupes sectaires » accusés de spolier leurs adhérents. Ainsi donc, la dérive des pulsions, notamment sexuelles, s’affiche dans tous les milieux : médiatique, économique et politique, mais ce sont ces odieux gourous tous décrits comme des violeurs potentiels de jeunes adeptes dont il convient de se débarrasser en priorité. Ainsi donc, les oligarques de tout poil cherchent à imposer désormais sans vergogne leur vision d’un monde mercantile et inhumain, mais ce sont les visions considérées comme totalisantes de certaines « sectes » qu’il faudrait d’urgence écarter. Ainsi donc, c’est dans la cellule familiale, dans l’entreprise et certaines corporations (éducation, police) ou groupes d’individus (jeunes) que se constatent les violences physiques, psychologiques, suicides les plus fréquents et les plus dramatiques, mais c’est dans les mouvements dits « sectaires » que les quelques cas rencontrés déclenchent immédiatement l’hallali. Ainsi donc, la « science » du marketing cherche à déclencher en nous l’acte d’achat de façon inconsciente et une consommation compulsive, mais c’est contre les « sectes » qu’il convient de prendre des mesures énergiques pour les empêcher de vendre leurs prestations. Ainsi donc, la « foi » républicaine parvient à convaincre des jeunes de vingt ans d’aller tuer et se faire tuer en Afghanistan pour sauver le « monde démocratique », mais ce sont dans les « sectes » que l’on pratiquerait la « manipulation mentale ». Ainsi donc, c’est dans l’école Républicaine que l’on constate un malaise croissant chez une proportion importante des jeunes, mais ce sont surtout les expériences alternatives éducatives qu’il faut désigner comme sectaires. Ainsi donc, une vision de la santé scientiste et d'assistanat finit par repousser de plus en plus les patients de cette médecine conventionnelle technicisée à outrance, déshumanisée, déresponsabilisante et au coût élevé pour l'individu et la collectivité, mais il reste pourtant impératif de mettre à l’index les thérapies alternatives apportant des solutions dignes d’études.

Les hommes au pouvoir savent l’intérêt d’un ennemi consensuel leur permettant d’assoir leur propre idéologie. En France, comme l’a montré l’ethnologue Maurice Duval, les « sectes » sont devenues un « axe du mal ». Il ne faut donc pas trop compter sur l’Etat et le Parlement pour abandonner de leur plein gré un si bon filon. La pensée unique antisectes est bien établie avec le soutien appuyé des médias (à de rares exceptions près).

Que faut-il pour vider une pensée unique de sa substance ? Une prise de conscience collective : une ressource qui n’a pas de coût, pas de pic, qui rassemble et qui grandit. Tout est donc possible en 2012, même une remise à plat complète de la lutte antisectes française."

 

6.Courrier du CICNS aux candidats à l'élection présidentielle de 2012 :

Objet : Courrier et questionnaire pour l'élaboration d'une déclaration d'engagement envers les minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques françaises.

"Monsieur ....,

Vous êtes officiellement candidat à la présidence de la République Française. Vous avez donc engagé une réflexion sur les problèmes de la société française, ainsi que sur les solutions que vous pensez pouvoir leur apporter.

Le CICNS est une association indépendante dont l'objet est d'équilibrer le débat sur la question des minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques. Vous êtes invité à consulter notre site pour de plus amples informations : www.cicns.net .

Dans l'éventualité de votre élection, notre association, ainsi que les dizaines de milliers de personnes qu'elle représente, souhaitent connaître ce que vous envisagez pour ces minorités persécutées par amalgame depuis 30 ans au travers d'une lutte contre les « sectes », rebaptisée hypocritement « lutte contre les dérives sectaires » pour en atténuer artificiellement les débordements.

Nous vous serions donc reconnaissants d'apporter vos propres réponses au questionnaire ci-joint ; elles constitueront votre « déclaration d'engagement » auprès de tous les électeurs engagés dans une démarche alternative spirituelle, éducative ou thérapeutique. Vous avez conscience que vos réponses (ou non réponses), bien qu'absentes des programmes politiques, sont essentielles pour bon nombre de Français à qui nous les transmettrons.

Nous vous remercions pour l'attention que vous voudrez bien porter à ce courrier et vous prions d'agréer, Monsieur ...., l'expression de notre considération distinguée."

La Porte-parole du CICNS

 

- Introduction au questionnaire pour l'élaboration d'une déclaration d'engagement envers les minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques françaises :

La politique antisectes française est une anomalie [1]. Elle est à juste titre incomprise par nos voisins européens (à l'exception possible de la Belgique) et il serait indécent d'imaginer que les Etats correspondants porteraient moins d'attention qu'en France à la sécurité de leurs ressortissants s'ils couraient un réel danger.

Après huit années d'exercice, la MIVILUDES , en charge de la politique antisectes française, n'a pu présenter aucune méthodologie crédible si ce n'est un usage sans retenue de la peur, du soupçon et du discrédit à l'encontre de plus de 500 000 citoyens (selon les chiffres de la mission) présentés avec beaucoup de mépris comme des « victimes ». L'infantilisation par l'administration de ces citoyens s'accompagne de propos irresponsables, dont le président actuel de la MIVILUDES n'est pas avare, par exemple sur le nombre d'enfants prétendument en danger (entre 50 000 et 80 000 selon les époques et l'humeur du moment). Le référentiel des 600 à 900 mouvements ou pratiques sectaires de la mission, véritable liste de « sectes » qui ne dit pas son nom, ne fait l'objet d'aucun contrôle, ne respecte pas le contradictoire, s'oppose à la circulaire Raffarin de 2005 et reste inaccessible aux mouvements concernés. Ces méthodes de travail détestables et non démocratiques rendent d'autant plus inacceptable le projet de loi actuel visant à conférer l'immunité aux membres de la MIVILUDES .

Le parlement est, quant à lui, piloté sur ce sujet par une poignée de députés virulents dont l'un a été condamné pour diffamation à plusieurs reprises. Ces députés ne font aucun mystère de leur lutte contre les « sectes ». Une lutte contre les « dérives sectaires » n'aurait d'ailleurs aucune justification supplémentaire, puisque les critères correspondants sont applicables à n'importe quel groupe humain tout en réservant leur utilisation à ceux qualifiés arbitrairement de « sectaires ». Ils sont donc un outil idéal de discrimination.

Aucune étude sérieuse n'a été fournie pour démontrer que la délinquance (à travers des décisions de justice, seul critère acceptable d'évaluation du trouble à l'ordre public) ou les conditions de vie au sein des groupes désignés comme « sectes » seraient pour la première plus importante et pour les secondes plus problématiques que dans le reste de la société. Après trente années de lutte acharnée et médiatisée, il est incompréhensible que de tels éléments factuels, s'ils avaient une quelconque réalité, ne soient pas mis à disposition du public. C'est le triste avantage de l'utilisation d'une psychose artificielle : la peur ne conduit pas à une attitude de questionnement rationnel ; et le matraquage d'un risque sectaire, avec la complaisance des médias, permet aujourd'hui à la MIVILUDES de mettre en avant un sondage où les sondés expriment, faut-il s'en étonner, leur peur des « sectes ». C'est une manipulation grossière perpétuée, car la politique victimaire est aujourd'hui payante.

La question des « sectes » est donc devenue un véritable élément de pensée unique, soutenue par une propagande d'Etat dont tout contradictoire est écarté (la meilleure illustration en étant l'éviction des chercheurs en science des religions de toute réflexion au niveau des pouvoirs publics) [2]. Si l'on excepte la contribution plus nuancée du Bureau des Cultes au sein du Ministère de l'Intérieur (jusqu'à aujourd'hui tout du moins), la politique menée en France aboutit à retourner la population française contre une partie d'elle-même avec comme censeur principal la MIVILUDES .

Le « consensus » à travers tout l'échiquier politique souvent mis en avant pour se gargariser des lois liberticides votées contre les minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques, devrait au contraire être un signal d'alerte. Une société consensuelle sur la discrimination d'une de ses parties constituantes est en danger. Elle subit alors ce que certains sociologues appellent le « monstre doux » pour désigner une lente dérive totalitaire.

Le rapport numéraire pourrait cependant rapidement changer. Notre société en crise profonde est à la recherche de solutions et celles-ci ne seront pas toutes issues des idées dominantes. Des citoyens de plus en plus nombreux souhaitent expérimenter de nouveaux choix de vie et leur poids électoral pèsera tôt ou tard dans la balance. C'est un signe d'intelligence que de l'anticiper.

L'action légitime de l'État en termes de prévention, de mise en application du droit pour faire respecter l'ordre public, ne peut en aucune manière justifier les campagnes de dénigrement dont les minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques sont l'objet.

 

- Questionnaire :

1. Reconnaissez-vous que l'appréhension par les pouvoirs publics des questions relatives aux minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques, est partielle et partiale et qu'en conséquence la politique de lutte contre les dérives sectaires menée ne respecte ni notre Constitution, ni la loi de 1905 ?

Dans l'éventualité de votre élection :


2. Vous engagez-vous à restaurer un contexte sain pour comprendre le phénomène d'émergence de minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques, avec :


a. La réhabilitation des recherches universitaires et la prise en compte de leurs résultats dans l'action publique ?


b. La reconnaissance d'un paysage spirituel, éducatif et thérapeutique multiforme et non limité à quelques dogmes ou pratiques (fussent-elles scientifiques) reconnus ?


c. L'instauration d'une éthique verbale respectueuse à destination des minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques, évitant les termes péjoratifs comme « secte », « gourou », etc. ?


d. La mise à l'écart de concepts pseudo-scientifiques comme la « manipulation mentale », l'« emprise mentale » et leurs dérivés : « perte de libre arbitre », « vice du consentement », appliqués à l'endroit desdites « sectes » (ces concepts devant être au mieux confinés aux instituts de recherche le cas échéant) ?


e. La suppression du diplôme universitaire de troisième cycle sur « l'emprise sectaire et processus de vulnérabilité », proposé à l'université Paris-Descartes et coordonné par la MIVILUDES ?


3. Vous engagez-vous à mettre en place une structure adéquate d'observation des minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques, en :


a. Finançant la création d'un observatoire indépendant et officiel des nouvelles pratiques spirituelles, éducatives et thérapeutiques, qui serait un organe consultatif équilibré auprès des pouvoirs publics et des citoyens (il va de soi que nous ne considérons pas le « Groupe d'appui technique sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique » du Ministère de la santé mis en place à l'instigation de la MIVILUDES , comme un organe d'observation neutre et objectif) ?


b. Prononçant la dissolution de la MIVILUDES et des structures s'inspirant de la politique de la MIVILUDES au Ministère de l'Intérieur comme la CAIMADES ?


4. Vous engagez-vous à rééquilibrer l'action des associations antisectes, en :


a. Cessant le financement d'associations antisectes qui constituent la seule source d'information des pouvoirs publics, ou à fournir le même financement à des associations qui apportent un autre point de vue, comme le CICNS ?


b. Mettant en œuvre une étude complète de la pratique de l' « exit counseling » (exfiltration d'un membre d'un groupe dit sectaire) pour en déterminer la licéité ?


5. Vous engagez-vous à replacer les minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques, dans le cadre du droit commun, en :


a. Abrogeant la loi dite About-Picard, qui punit l'abus de faiblesse par « sujétion psychologique » (un synonyme de « manipulation mentale ») et cible les « sectes » (voir le titre de la loi) et est donc non conforme au droit commun, cette loi ayant été sévèrement évaluée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme ?


b. En abrogeant la loi n° 2008-1187 du 14 novembre 2008 relative au statut des témoins devant les commissions d'enquête parlementaires (sur les sectes, puisque c'est pour ce contexte que la loi a été écrite), empêchant toute poursuite de propos diffamatoires lors de séances publiques ?


c. En abrogeant, si elle est votée, la loi donnant l'immunité aux membres de la MIVILUDES ?


d. En engageant une réflexion dépassionnée sur la loi de 1905 pour mettre en accord son application et son esprit, et étudier les aménagements qui permettront aux minorités spirituelles, éducatives et thérapeutiques, d'y trouver leur place ?

[1] Voir notre contribution à l'OSCE en 2009 : http://www.osce.org/fr/odihr/39124


[2] Voir notre contribution à l'OSCE en 2011: http://www.osce.org/fr/odihr/82975


[3] Sur l'immunité de la MIVILUDES :


http://www.cicns.net/communiques_presse_199_MIVILUDES_amendement_loi_impunite.htm

 

 

Textes collectés par Alain Moreau

 

 
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