Les crop circles (7) La critique de Patrick Gross. 4ème partie

snow-circle9Voici la quatrième et dernière partie consacrée à la critique, par Patrick Gross, de l’origine « exotique » des crop circles, celui-ci considérant que tous les agroglyphes sont d’origine humaine. Ces éléments d’information sont extraits de son site : , un site que l’auteur, étonnamment, avait fait disparaître, début 2011, du Web.

 

 

 

I. Retour sur le cas de Robbert van den Broeke :

Et bien, l’histoire n’est pas finie, puisqu’on veut maintenant nous faire croire à des “snow circles”, des “crop circles dans la neige”, toujours à Hoeven, prétendument “inexplicables”, infaisables par des gens, “snow circles” dont le “témoin”, le “découvreur”, est, encore une fois, comme par hasard, Robert van den Broeke.

L’histoire commence comme d’habitude avec le BLT, sous la forme d’un article de Nancy Talbot. Le BLT parle de “travaux scientifiques”, mais il n’en est évidemment rien… (P. Gross)

Patrick Gross rappelle que Nancy Talbot n’a aucun titre scientifique. Elle n’a pas du tout une approche scientifique et elle cache, depuis le début, les fraudes de son “témoin favori” Robbert van den Broeke.

William Levengood s’était attribué un doctorat scientifique à une époque, mais il a été découvert qu’il ne l’avait pas du tout, et ses travaux, sous forme de “rapports” publiés par le BLT et non dans de véritables publications scientifiques, sont constitués essentiellement d’erreurs d’interprétation… (P. Gross)

William Levengood prétend démontrer que les crop circles, à part ceux faits par les hommes, ne sont ni extraterrestres, ni « parapsychologiques » (comme le pense Nancy Talbot), mais qu’ils s’expliquent par des boules de plasma ionisé résultant de la chute de météores !

Dans la nuit du 17 décembre 2009, Nancy Talbot a appelé son ami Robert van den Broeke. Ils ont parlé de “choses variées” pendant environ une demi-heure, et finalement Robbert van den Broeke a dit qu’il “sentait” que des crop circles pourraient “apparaître”. Nancy Talbot a alors eu “le sentiment” que cela pouvait arriver avant Noël.

snow-crop1Talbot dit que le lendemain soir, vers minuit, van den Broeke “a eu un fort sentiment”, “une angoisse ou une nervosité”, que des crop circles pourraient apparaître dans un champ tout près de chez lui, où il prétend depuis des années que des “choses étranges” se passent. Van den Broeke appelle une amie pour qu’elle le conduise dans ce champ (qui est pourtant tout près de chez lui), pour voir s’il y est apparu un crop circle.

Ils y arrivent le lendemain à une heure du matin par – 10° C, alors qu’il y a “6 pouces” de neige sur le sol, et van den Broeke “sent immédiatement” une “ambiance” très calme, paisible, “sainte” (“holy”), et entend, dit-on, un “choeur d’anges qui chantent” (…).

Talbot dit avoir demandé à l’amie de Robbert si elle aussi a entendu ces anges chantants, mais, devinez, elle n’a rien entendu. (On nous dira que c’est la preuve que Van den Broeke a des “pouvoirs parapsychologiques”, que n’a pas n’importe qui, n’est-ce pas ?)

Lui et son amie “descendent” vers le champ et voient de “multiples anneaux creusés dans le champ enneigé”. (P. Gross)

Comme il fait sombre, Robbert van den Broeke revient dans la journée avec un ami photographe.

Le 22 décembre 2009, Robbert van den Broeke rappelle Nancy Talbot et l’informe qu’une autre “formation” a été découverte dans le même champ.

Je connais Robbert depuis plus de 10 ans maintenant, et je ne l’ai jamais vu se tromper au sujet de ses ‘‘intuitions’’ concernant de nouveaux cercles apparaissant dans son secteur. Son expérience de ces ‘‘énergies’’ qui apportent, et accompagnent ensuite, l’apparition de nouveaux cercles, est très intense, comme n’importe qui le connaissant bien peut le certifier. (N. Talbot)

Commentaire de Patrick Gross :

N’importe qui de bon sens comprendrait qu’une personne qui “annonce” à l’avance des crop circles dans son secteur, pourrait bien, plutôt que d’être dotée d’intuitions “parapsychologiques”, être tout simplement la personne qui fait ces crop circles… Et ainsi, ces “intuitions” prétendument surnaturelles ou “médiumniques” seraient évidemment… infaillibles !

Quand cette personne a été prise, notamment, à fabriquer des fraudes photographiques de prétendus extraterrestres, croire encore à de prétendus “pouvoirs de prédiction de crop circles dans son secteur” relève de la foi du charbonnier !

Mais pour Nancy Talbot, il n’y a aucun doute, ces “snow circles” ne peuvent pas avoir été faits par des gens comme vous et moi, ils sont faits par des “énergies” non spécifiées…  (P. Gross)

Quelles sont donc les “preuves scientifiques” qui lui permettent de l’affirmer ?

snow2009-10-smNancy Talbot croit que puisqu’il n’y a pas de traces de pas, personne n’est entré dans le champ pour faire ces tracés. Et oui, après plus de 10 ans à réfléchir aux crop circles, Nancy Talbot n’arrive même pas à comprendre qu’il n’y a pas besoin de faire des traces de pas, que c’est la formation elle-même qui a été tracée là où le plaisantin est passé, en masquant ses traces ! (P. Gross)

Patrick Gross note qu’il suffit de regarder le schéma des deux formations publié par Nancy Talbot sur le site du BLT, pour voir que la formation commence au bord d’un chemin, « point d’entrée du plaisantin dans le champ ! ».

Et bien entendu, tous ces soi-disant “cercles” et “ellipses” sont contigus. Un pas de côté, et hop, vous entamez le tracé du cercle suivant…

Et eut-il fallu faire croire à l’absence de traces de pas, qu’il eut suffi de recouvrir ces traces d’un peu de neige derrière soi, évidemment ! (P. Gross)

Nancy Talbot croit que puisqu’il n’y a pas de traces de pas dans les tracés eux-mêmes, c’est qu’ils n’ont pas été faits par des pieds, donc pas par un plaisantin !

snow2009-05Elle signale qu’il n’y a pas de traces de pas dans les tracés. Or, des stries dans le sens du tracé sont visibles, ainsi que sur les autres photos rapprochées.

Combien de fois faudra-t-il expliquer qu’il y a pléthore de moyens pour aplatir, soit des plantes, soit de la neige ? En l’occurrence, en regardant bien les tracés, on peut constater qu’ils sont généralement de même largeur, relativement bien plats, et montrent des sortes de sillons tels que peuvent en créer le dos ondulé de certaines pelles à neige ou certains rouleaux de jardinier, ou un tapis-brosse à l’envers et alourdi… (P. Gross)

Nancy Talbot croit que puisqu’il n’y a pas de neige évacuée sur les bords de tracés, ce doit être une “énergie” qui les a faits !

N’importe qui ayant joué dans la neige sait que la neige n’est pas un solide compact et que l’on peut l’enfoncer par divers moyens. Il n’y a alors pas de “neige éjectée” sur les bords…

Et la « perfection géométrique », alors ? Combien de fois peut-on lire que les ‘‘crop circles géométriquement parfaits’’ ne sont pas fait par des hommes ? En réalité, les crop circles sont rarement “géométriquement parfaits”. Au contraire, ils montrent des erreurs quasiment inévitables puisqu’il s’agit d’oeuvres humaines, aucune technologie extraterrestre ou autre, affirme Patrick Gross, n’étant utilisée.

crop-circle-abeilleAinsi, le “meilleur crop circle” de Stonehenge en 1996 trahit sa réalisation humaine par, entre autre, les positionnements bâclés des cercles extérieurs à la ligne principale en spirale ; le “meilleur crop circle” dit de l’abeille, en 2004, montre que les axes latéraux ne sont pas parallèles ; et ainsi de suite.

Mais pourquoi ces “snow circles” de Hoeven ne sont-ils pas bien ronds ? Le plus facile à tracer en matière de ‘‘crop circle’’, c’est bien le cercle ! Les “extraterrestres faiseurs de crop circles” perdraient-ils leur talent céréalier lorsqu’ils oeuvrent dans la neige ? Les “pouvoirs parapsychologiques”, les “énergies” mystérieuses, seraient-ils efficaces dans les céréales, mais pris d’ivresse lorsqu’il s’agit de neige ? (P. Gross)

Robbert van den Broeke ne fait pas de “beaux” crop circles.

Si les campagnes anglaises se couvrent de figures magnifiques, soignées, de plus en plus élaborées au fil des années, si dans quelques autres pays on tente vaillamment d’imiter l’art céréalier des Anglais bien entraînés, Robbert van den Broeke est, lui, doué d’un sens du pressentiment qui lui fait seulement “découvrir” des figures tout à fait minables (…). (P. Gross)

Mais après tout, ajoute Patrick Gross, « pourquoi se donner de la peine puisque son amie, l’experte du BLT, se satisfait de telles figures ? ».

Sur son site, Patrick Gross a montré le premier « snow circle découvert », par Robbert van den Broeke, en décembre 2009.

Noter le tracé infantile des soi-disant “cercles”. Noter qu’il y a tout de même, logiquement, une faible portion de neige amoncelée sur les bords du tracé, et qu’un petit ensemble de cercles concentriques a probablement été fait aux pieds. Et noter qu’aucune photo du BLT ne montre le point d’entrée dans le champ, ni pour l’une ni pour l’autre des formations. (P. Gross)

Le fait est que l’on parle depuis des années de “snow circles” ou “ice circles”. Et, là-dessous, se cachent bien des choses différentes, “récupérées” comme “faisant partie” du soi-disant “mystère des crop circles”, comme les “lignes de Nazca”, ou des cercles de pierres, des ronds dans le sable, et que sais-je encore.

Un des phénomènes parfaitement naturels est celui de la glace fondue ou gelée dans les cours d’eau, des “ice circles” survenant bien naturellement : aux coudes d’une rivière ou d’un fleuve, il peut se produire un courant tourbillonnant dans l’eau, qui gèle de l’eau ou fond, use la glace par en dessous, créant éventuellement une découpe souvent parfaitement ronde et évidemment sans aucune “trace de pas” ni aucun “signe” de création humaine. Des tourbillons peuvent également créer des accumulations circulaires de glace ou “tailler” des disques de glaces flottantes.

Il existe également des affaires de traces dans la neige ou la glace qui sont, cette fois, plus ou moins en rapport avec des observations d’OVNIS sur les lieux. Pourquoi en serait-il autrement ? De telles traces, circulaires ou non, sont observées, discutées, en d’autres saisons que l’hiver, et il n’y a aucune raison à ce qu’il n’y ait qu’en été des OVNIS laissant des traces, il me semble. Mais, quoi qu’il en soit de ces traces, il est absurde de “récupérer” de telles affaires pour en faire des crop circles, lesquels n’ont aucun rapport réel avec la question des observations d’OVNIS. (P. Gross)

crophoeven1996Mais ce n’est pas en 2009 que ces “snow circles” à Hoeven ont commencé, c’est en 1996.

Cette année-là, le jeune Robbert van den Broeke “découvre” par “intuition” un cercle dans un champ, comme d’habitude près de chez lui, à Hoeven, Hollande, le 30 ou 31 décembre. Il le photographie. (P. Gross)

Cette photographie, qu’il communique évidemment à des « experts en crop circles », on la trouve dans le livre « Les cercles dans les blés et leurs mystères » (p. 18), du physicien hollandais Eltjo Haselhoff. Ce dernier écrit en légende de la photo :

« On n’a observé aucune empreinte de pas allant à, ou sortant de, la formation. »

Et pourtant, commente Patrick Gross, « un enfant pourrait comprendre que l’entrée et la sortie de la formation sont visibles, gros comme la figure, sur la formation » :

Il a suffi d’avancer depuis le bord du champ, astucieusement non montré sur la photo, en raclant le sommet du sillon de terre de manière à ce que des traces de pas n’apparaissent pas en tant que telles, plutôt qu’en marchant normalement, pour faire croire à un physicien qu’il n’y a “aucune empreinte de pas” et lui faire présenter la chose comme un “authentique” phénomène mystérieux ! (P. Gross)

Simplement un peu de neige piétinée, dispersée, dans les sillons d’un champ… Une tromperie enfantine, sauf pour les “experts en crop circles”… (P. Gross)

Si le sol est bien gelé, on peut aussi progresser sans laisser aucune trace de pas et tracer le cercle en utilisant de la neige de dessalement. On fera alors l’économie de devoir masquer des traces de pas menant au cercle.

 

II. Les “Cubes 3D” d’Avebury, 28 juillet 1999 :

cropavebury1999-sitecube3D2Ce crop circle a été fait par les célèbres “CircleMakers”, à l’origine appelés “Team Satan”, une équipe d’artistes graphistes venant essentiellement de la région de Londres. Il a été commandité par le journal ‘‘Daily Mail’’ qui a organisé cette démonstration pour montrer encore une fois comment des “experts” en crop circles peuvent être dupés. Le journal a obtenu la permission du fermier, Mr. Farthing, qui a reçu de l’argent en compensation.

cube3DLe champ était à un endroit populaire et habituel pour la réalisation de crop circles, à moins de 70 mètres du cercle de mégalithes d’Avebury, Wiltshire, R-U., du côté de la colline de Waden, un endroit où la formation serait facilement remarquée, au jour suivant, depuis les villages et le site touristique d’Avebury. Naturellement, des crop circles avaient été faits là depuis plus d’une décennie chaque année, et il y en a eu les années suivantes.

Les trois ‘‘CircleMakers’’ Rod Dickinson, John Lundberg, Will Russell, avec quatre amis, ont fait le crop circle pendant la nuit, sous une pleine lune, en moins de 6 heures. Ils ont commencé à 23 : 00 et ont été accompagnés d’une journaliste du ‘‘Daily Mail’’ dénommée “Samantha Taylor” et d’un photographe du journal dénommé “Nick Holt”. Ils ont quitté les lieux à 04 : 30 à l’aube. Le diamètre de la formation était de 100 mètres. (P. Gross)

L’équipe a dormi à l’hôtel du « White Horse », près de Cherhill, et est retournée au champ à midi pour voir si leur crop circle avait été remarqué. On l’a apparemment remarqué à 5 heures 30 du matin. Avant midi, il était envahi par les touristes, une équipe de télévision et des chercheurs de crop circles. Le fermier avait été d’accord pour laisser les gens entrer dans le champ contre de petits pourboires.

Le « Daily Mail » a interviewé les gens du coin et les curieux, leur demandant qui, selon eux, aurait pu faire le crop circle. Beaucoup de gens ont assuré qu’aucun être d’humain ne pourrait l’avoir fait, et que, si des humains avaient essayé de le faire, ils auraient été vus.

Deux semaines plus tard, pendant l’émission sensationnaliste d’Art Bell aux USA, le 15 août 1999, « l’expert » en crop circles Chad Deetken a affirmé à Linda Moulton-Howe que lui et son épouse avaient été à “300 mètres tout au plus” de l’endroit, au moins de 00 : 30 heure à 01 : 30 heure du matin, et qu’ils n’ont vu aucun crop circle, ni rien de suspect. D’autres affirmations selon lesquelles “les gens n’ont rien vu” ont été faites. Linda Moulton-Howe et Whitley Strieber ont alors nié que le crop circle avait été fait par les « CircleMakers ».

Cependant, dans un article ultérieur sur le Web, Chad Deetken a indiqué que tout le monde, excepté lui et son épouse, était parti à 23 heures, et qu’ils ont marché dans « l’avenue d’Avebury » et « médité », partant à « 12 heures 30 du matin ».

Chad Deetken n’a pas compris que de tels emplacements sont simplement populaires pour y fabriquer des crop circles, juste en raison des croyances paranormales absurdes attachées aux anciens sites, et il croit plutôt qu’il y a des “énergies de la terre” à de tels emplacements antiques et que les crop circles sont “connectés” à de soi-disant “énergies de la terre” qu’il prétend détecter avec une baguette de sourcier. (P. Gross)

Chad Deekten a ensuite affirmé que lorsqu’il a visité le cercle, il a immédiatement pensé que c’était “en désordre”, signe selon lui qu’il a été fait par des gens. Il a assuré que son avis négatif a été confirmé quand le « Daily Mail » a indiqué qu’il a été fait par les « circlemakers ». Quelques paragraphes plus loin, il avait encore changé d’avis !

Lucy Pringle a estimé que le crop circle n’avait pas été fait par des hommes, au motif que les lieux ne sont jamais déserts, des visiteurs et des gens du coin déambulant parmi les pierres toute la nuit. Hélas, cette affirmation contredit celle de Chad Deetken qui dit que, sur place, les lieux étaient déserts.

Aucune enquête digne de ce nom n’a été menée, les “experts” se contentant de ce qui ressemble à des “ouïe-dires” et à des spéculations générales sur les crop circles ; aucun plan des lieux, aucune situation précise des personnes disant avoir été là, et aucun de ces fameux “prélèvements” et “recherches” sur des anomalies de plantes, ou de soi-disant “radioactivité” ou “OVNIS vus”. Personne n’a rien dit de la moindre recherche de traces de fabrication humaine, aucune recherche de présence ou absence de sentiers cachés par exemple. (P. Gross)

Dans son livre « Anatomie of a Deception », Fred Silva a dit que le crop circle était d’origine humaine parce que « la géométrie était défectueuse », que c’était un « travail de qualité inférieure » et « sans signification ». Cependant, un autre « expert en crop circles », Michael Glickman, a cru le contraire, arguant du fait que la conception de la formation était si complexe qu’elle ne pouvait pas être une œuvre humaine. Dans le « Sussex Circular », un bulletin sur les crop circles, il a en effet écrit :

« Si n’importe qui m’avait demandé, après dix ans d’études, quel était le crop circle le plus intelligent en termes de nombre et de géométrie, j’aurais mis Avebury dans les dix meilleurs. »

Les auteurs allemands de livres sur les crop circles, Werner Anderhüb et Hans Peter Roth, citent au contraire la formation comme étant un canular réalisé par la « Team Satan » et commissionné par le « Daily Mail ». Ils arguent également que la réalisation est « bâclée ».

Notes:

[1] Ce n’était pas la première fois que le ‘‘Daily Mail’’ avait piégé des “experts” en crop circles, en commanditant un crop circle. Leurs journalistes ont été habituellement assaillis par les appels téléphoniques et les visites à domicile de farfelus et “experts” en crop circles essayant de leur faire admettre leurs théories paranormales sur les crop circles. C’est pourquoi les journalistes ont ensuite utilisé des pseudonymes. Quelques “experts”, qui ont été incapables de comprendre que les journalistes étaient fatigués d’être ainsi traqués, ont argué du fait que puisque ces journalistes, comme “Sam Taylor”, n’existent pas, le journal a tout inventé, et que le crop circle est donc “authentique”.

[2] “L’experte” en crop circles Lucy Pringle a indiqué que c’était “Gwen Chad et son mari Chad ” ; mais c’était Gwen Deetken et son mari Chad Deetken.

[3] On dit qu’un certain Clive Gale serait également passé “par Avebury” cette nuit et n’aurait remarqué personne en train de faire un crop circle ; cependant, les “experts” donnent seulement “dans les premières heures de cette nuit”, comme heure, tandis que la fabrication du cercle a commencé bien après “les premières heures” de la nuit. (P. Gross)

 

III. Le Rapport de laboratoire n° 3 du BLT :

L’article qui suit est de Paul Fuller, dans son magazine « The Crop Watcher », n° 23, automne 1994.

En juillet 1994, une polémique encore plus grande a éclaté avec la publication de ce qui a été appelé le rapport H-Glaze. L’auteur, John A. Burke, commence par affirmer que lui et Levengood ont fait “une découverte extraordinaire” après leur analyse de craies lisses brunes rougeâtres trouvées par Peter Sorensen dans deux formations qui se trouvent près de l’agroglyphe de 1993 à Cherhill.

Sorensen aurait préféré examiner ces cercles immédiatement, mais – malheureusement – Busty Taylor a dû, cette soirée, rentrer chez lui, à cause d’un rendez-vous. Sorensen est revenu à l’emplacement deux jours plus tard, accompagné d’un voisin. Selon un aimable fermier, les cercles étaient arrivés une semaine plus tôt, ou à peu près, et originellement certaines parties de ces cercles avaient été couvertes par “une poudre grise foncée” qui avait été en grande partie lavée par la lourde pluie. Quand Sorensen est arrivé, les deux formations avaient été moissonnées. La première formation était en forme de larme (en fait comme un “Nautile”) et montrait des aplatissements multiples et des effets de recouvrements complexes. Sorensen a remarqué que la poussière était concentrée à l’intérieur des recouvrements et ressemblait à de la suie. Pendant qu’il prenait la formation en vidéo, Sorensen a en grande partie écarté la possibilité d’une farce parce que la poussière a semblé “presque accidentelle”. Cependant, quand il a regardé de plus près, Sorensen a découvert “un lustre brun rougeâtre et mat” sur des morceaux de craie et des cailloux. Une plus petite concentration de poussière et de craie enduite a été découverte dans la deuxième formation, un cercle avec un arc, qui se trouve très près.

L’analyse de Levengood :

William-LevengoodSelon le rapport H-Glaze, Levengood a soumis ce lustre à une analyse spectroscopique. Il a découvert que les particules se composaient de fer et d’oxygène. Selon le raisonnement de Levengood, ceci n’avait aucun sens, parce que, si cela venait du sol, il devrait y avoir eu des traces de calcium et de silicium également, mais étrangement il n’y en avait aucune. L’étude microscopique a indiqué que le lustre se composait de “milliers de sphères minuscules partiellement fondues” qui contenaient à la fois de la magnétite (Fe+2 Fe2+3 O4) et de l’hématite (Fe2 O3). Comme les particules étaient magnétisées, le “lustre” a acquis un “H” – le symbole chimique pour le magnétisme. Ne trouvant aucune évidence “d’un système terrestre” qui pourrait expliquer de telles particules peu ordinaires, Levengood et Burke ont entamé une recherche “approfondie” de la littérature pour découvrir si un tel matériel avait déjà été découvert. Étonnamment, ils ont conclu que la seule manière possible pour que des particules contenant du fer et de l’oxygène puissent être apparues dans un crop circle, était qu’elles fussent déposées pendant une pluie de météores ! Dans leur rapport préliminaire, Levengood et Burke entrent dans de grandes considérations au sujet de la façon dont la surface d’une météorite fondrait tandis qu’elle pénétrerait l’atmosphère de la Terre. Pendant ce stade, la surface externe de la météorite serait arrachée et se solidifierait en sphères minuscules qui s’oxyderaient (la rouille) et tomberaient à terre. De façon quelque peu arrangeante, ce processus est dit prendre des jours ou même des semaines.

Levengood et Burke présument que cette poussière a été libérée pendant une pluie exceptionnellement intense de météores des Perséïdes, qui ont apparemment eu un pic presque deux semaines plus tôt. Au cours de leur examen au microscope des particules, ils ont noté des patterns de “craquelures” et des bulles là où les gouttelettes météoritiques fondues avaient partiellement refondu. Essayant d’expliquer pourquoi les gouttelettes fondues n’ont pas brûlé les blés, Levengood et Burke proposent que l’humidité à l’intérieur des tiges s’était évaporée et avait produit des gouttelettes d’eau sur les tiges, les isolant de ce fait de l’effet de la chaleur.

Cet “effet de Leidenfrost” a isolé les tiges de la brûlure. Levengood et Burke ont été tellement excités par leur découverte qu’ils ont rapidement fait circuler le rapport H-Glaze à de nombreuses sources, incitant des céréalogistes “à faire des aimants une partie standard de leur équipement de terrain” pour localiser encore de la poussière météorique. En outre, les auteurs affirment que “cet incident fournit une preuve rare et directe pour un modèle théorique de formation des crop circles – des tourbillons de plasma, qui précédemment étaient seulement indiqués d’une manière indirecte”. Ils confirment leurs résultats en déclarant que le blé affecté montre “des différences extraordinaires” avec des échantillons témoins en termes de test d’alpha et de taux de croissance mesurés. Dans leurs conclusions, Levengood et Burke prétendent avec assurance représenter “la communauté scientifique mondiale” et ils défient les farceurs d’expliquer comment ils ont “empli l’atmosphère de poussière météorique, l’ont réchauffée et l’ont faite tomber sans la moindre contamination”. Ils font la prédiction que les crop circles apparaîtront plus fréquemment lors de pluies de météores suivantes qu’à n’importe quel autre moment.

Voici ce que Robert Irving a écrit à John Burke le 25 juillet 1994 :

Ce n’est pas notre intérêt principal que de contredire vos résultats… au lieu de cela, notre intention est d’utiliser votre rapport en tant que matériel de source textuel pour une exposition prochaine qui se tiendra au nom de la galerie Agence, à Londres. L’exposition en question (intitulée ‘‘Fe3’’) comportera un coffret en verre modèle de musée, avec un texte montré sur le verre. A l’intérieur du coffret, au-delà du texte, il y aura une bouteille standard de laboratoire de chimie de l’université d’Oxford, contenant des particules de fer de catégorie fine. Cette bouteille a été à l’origine adressée, marquée, et timbrée pour correspondre au crop circle qui constitue le sujet de votre rapport… et sera montrée dans son état original. Des échantillons restants de la ‘‘poussière grise’’ seront également montrés. Tout le texte vous sera entièrement crédité, citant les tests et les conclusions du Dr W. C. Levengood. (…) 

Robert Irving a envoyé des échantillons du lot original de la poudre de fer à Montague Keen et les a offerts à Levengood et Burke, qui jusqu’ici n’ont pas accepté cette offre. L’intention d‘Irving est de permettre à chacun des trois de comparer ces échantillons au lustre découvert dans les formations de Cherhill. Keen a très raisonnablement suggéré que ces échantillons, et ceux trouvés dans les formations de Cherhill, soient soumis à un test indépendant par un laboratoire honorablement connu pour établir s’ils sont une même chose.

Eloquemment, à l’heure où j’écris, Burke et Levengood ont encore à répondre à cette offre. En outre, Burke et Levengood ont failli à fournir des réponses complètes à une série de questions de statistiques détaillées que je leur avais envoyées fin septembre (lettres disponibles comme d’habitude).

Il n’est peut-être pas étonnant que ces chercheurs aient refusé d’être impliqués plus avant dans cette affaire, vu leur promotion des “différences extraordinaires” entre les graines enduites de fer d’Irving et les graines de contrôle. S’ils devaient le faire, et si les affirmations d’Irving sont vraies, alors le caractère fallacieux des tests alpha serait exposé à la vue de tous.

Conclusions :

Le rapport H-Glaze est encore une autre histoire amusante dans le long canular des crop circles, une autre démonstration de la faillite des chercheurs à atteindre une véritable objectivité dans leur travail, et une autre leçon impressionnante de la puissance du mythe de l’anomalie. Personne ne peut douter de la sincérité de Levengood et Burke, et leur attachement à leur travail mérite l’éloge. Mais ce travail est fatalement défectueux pour deux raisons principales – le désir désespéré de trouver une explication anormale de la part de Levengood et Burke, et leur naïveté visible quand il s’agit de comprendre l’ampleur véritable des preuves de canular et de la dissimulation massive de ces preuves par le groupe des croyants ces dernières années. Et voilà, ainsi va le monde !

Dans un article titré « Commentaire sur ‘‘H-glaze expliqué’’ », posté sur www.xstreamscience.org, en mai 2005, William C. Levengood et John Burke ont ajouté « une autre notion très idiote » à leur « H-glaze » ou « plasma météorique créant des crop circles » :

« D’autres incidents semblables : Notre papier cite une découverte qui est de façon saisissante semblable, à Trans-en-Provence en France, en 1981. Là, une boule de lumière incandescente a laissé un résidu sur la terre remarquablement semblable à celui du H-glaze. »

Commentaire de Patrick Gross :

Burke et Levengood sont tellement ignorants de la littérature ufologique qu’ils sont parvenus à croire, ou ont essayé de faire croire, que le très célèbre rapport d’observation d’OVNI de 1981 à Trans-en-Provence était un rapport d’une “boule de lumière incandescente”, alors qu’en réalité ce n’est pas vrai du tout : l’OVNI rapporté, s’il n’était pas simplement une pure invention du témoin, n’était ni une lumière, ni incandescent, ni une boule, mais un objet solide, ‘‘non-lumineux’’, ‘‘non-incandescent’’, métallique, avec une structure nettement décrite, un objet totalement “tôle-et-boulons” !

Simplement parce qu’ils croient que les météores créent des “tourbillons de plasma” qui seraient lumineux et aplatiraient des céréales pour créer des crop circles, Levengood et Burke parviennent à déformer n’importe quoi à l’appui de cette théorie insensée.

Et naturellement, il est tout à fait désopilant que ces ufologues qui prétendent que des crop circles sont créés par des extraterrestres ou OVNIS, citent Levengood et Burke comme “experts en crop circles” comme s’ils soutenaient une explication des crop circles par des extraterrestres ou des OVNIS, quand en réalité ils croient avoir démontré que ces crop circles sont créés par un phénomène totalement naturel de plasma météorique !

Notes :

Paul Fuller (Royaume-Uni), alors ufologue du BUFORA, avait longtemps trouvé plausible la théorie de Terence Meaden qui attribuait les crop circles à des ‘‘vents tourbillonnants’’, « puis il s’est rendu compte que la bonne explication était celle de la réalisation humaine ». Il s’est efforcé de dénoncer les manigances de beaucoup « d’experts en crop circles ».

Peter Sorensen (USA) filme et photographies des crop circles professionnellement, principalement en Angleterre, depuis 1992. Il avait d’abord pensé que des entités angéliques faisaient les crop circles, pensant avoir vu des boules de lumière et eu des expériences étranges qu’il pense liées aux crop circles. Son opinion a graduellement changé quand il a réalisé que les hommes peuvent faire les crop circles. Il a par la suite essayé d’en réaliser, et il est devenu un faiseur de crop circles professionnel (payant aux fermiers leur récolte aplatie), créant plusieurs formations pour des documentaires de TV et des publicités, tout en pensant toujours que quelque « muse ésotérique » (dixit Patrick Gross) inspire des fabricants de cercles de récolte.

“Busty” Taylor (Royaume-Uni) dit que, jeune garçon, il a été témoin, par temps clair, de centaines de sphères brillantes lumineuses volant en ligne et manoeuvrant (c’était en Angleterre vers la fin des années 1940), et, depuis lors, de bien d’autres OVNIS. En tant que photographe amateur, il a photographié plus de 2000 crop circles depuis 1985, et ses images ont été utilisées dans le premier livre de Colin Andrews sur les crop circles. Il est pilote de petits avions privés et un guide bien connu pour les groupes d’excursion qui veulent visiter des sites sacrés antiques et des crop circles en Angleterre.

Montague Keen (USA) se présentait comme chercheur en parapsychologie et journaliste. Il y a maintenant une Foundation Montague Keen qui s’occupe de « découvertes en médecine alternative, recherche dans des pratiques agricoles ‘‘écoligues’’ et innovatrices, recherche sur la vie après la mort, exploration des sources énergétiques alternatives », etc. Il est même affirmé que Montague Keen s’est “matérialisé” après sa mort.

 

IV. Des crop circles en Inde ?

Fin septembre 2009, plusieurs « blogs » et forums “sensationnalistes” (sic) ont signalé des crop circles en Inde. On nous annonçait que ces crop circles avaient été faits par un OVNI et que le témoin était un Ministre indien.

Nous avons un personnage public, un ministre d’un Etat de l’Inde, âgé de 67 ans, qui assure avoir photographié un OVNI et dit rendre la photo disponible lorsqu’il sera de retour chez lui.

Il aurait vu et photographié cet OVNI avant le 3 septembre 2009, date de parution de l’article sur le site web de l’‘‘Hindustan Times’’, mais au 29 septembre 2009 les fameuses photographies ne semblent avoir été publiée nulle part depuis lors.

Que dit-il de cet OVNI ? Trois fois rien, ce qui fait rien, puisque la seule information est qu’il était circulaire et “faisait de vives étincelles”.

Pas de date. Pas d’heure. Pas de description ni de l’OVNI, ni de sa trajectoire. Pas de direction, pas de durée, pas de couleur, rien. Loin, proche ? Lent, rapide ? Lumineux ou non ? Silencieux ou bruyant ? Il est presque impossible de moins décrire son observation !

Aurait-il vu simplement un brave météore ? Gageons que nous ne le saurons jamais.

Ah, mais voilà, presque un mois plus tard, parce qu’un ‘‘blogger’’ sensationnaliste a trouvé l’article du site de l’‘‘Hindustan Times’’, on répète à travers des dizaines d’autres ‘‘blogs’’ et sites sensationnalistes que les OVNIS font des crop circles en Inde.

Peut-on voir ce ou ces crop circles ? Que nenni !

En fait de crop circles, tout ce que nous avons est que notre témoin avait assuré avoir vu des papayes tomber lorsque passait l’OVNI ! Et on veut vous faire croire que des papayes tombées à terre, c’est un crop circle !

Nous avons là en fait rien de plus qu’un bel exemple des innombrables stupidités dites à propos d’OVNIS faiseurs de crop circles.

L’article initial sur le site web de l’‘‘Hindustan Times’’, publié le 3 septembre 2009, source primaire et unique de toute l’affaire :

www.hindustantimes.com/News/bhopal/MP-minister-says-UFO-damaged-crop/Article1 449712.aspx

Noter la date de parution, le 3 septembre 2009, presque un mois avant la vague des clameurs : “Un OVNI fait des crop circles en Inde”.

Noter qu’il n’est absolument pas question de crop circles mais de “damaged crop”, c’est-à-dire non pas de crop circles mais de dégâts dans des “récoltes” (“crop”), en substance des papayes qui seraient tombées au sol !

On peut également rire de la citation en fin d’article de “l’explication” du professeur de science à la retraite : “Souvent, il y a des illusions d’optique ou des tourbillons gravitationnels dans lesquels les vents solaires sont capturés, qui donnent l’impression d’un OVNI.”

L’article de “UFO Blogger”, souvent cité comme étant la “source”, puisqu’il ne donne pas de référence à l’article de l’‘‘Hindustan Times’’ :

www.ufo-blogger.com/2009/09/indian-madhya-pradesh-state-agriculture.html

Noter comment les sottises sur les “vents solaires pris dans des tourbillons gravitationnels” sont omises ; il s’agit de ne pas laisser voir au lecteur le niveau lamentable de l’article original.

La version de l’écrivain “abducté” Whitley Strieber sur son site le 29 septembre 2009 :

 

On note comment Strieber tente de donner du poids à ces “crop circles aussi en Inde”, en prétendant que des “reporters scientifiques sérieux comme Linda Moulton Howe” ont été témoins de “petites orbes créant des crop circles”. (…) Il préfère en profiter pour faire son merchandising en vous vantant le nouveau “calendrier crop circles” et vous placer un bon de réduction de 25$ pour une conférence en Californie ! (P. Gross)

Patrick Gross évoque un texte (qualifié de « délire sensationnaliste ») mis le 29 septembre 2009 sur le site www.ovnis-usa.com :

Noter la tromperie : il n’est réellement question que de papayes qui tombent, mais sur ce site cela est altéré pour devenir un OVNI “en train d’endommager les cultures et faisant tomber les papayes”, comme s’il y avait là deux constatations différentes. Mensonge ! Les “dommages aux cultures” sont dues aux papayes tombées, rien de plus, rien d’autre, mais il s’agit bien d’arranger les choses pour faire croire au lecteur qu’il y a là des crop circles faits par des OVNIS en Inde !

Mais “OVNI-USA” ne s’arrête pas là, reprenant les saintes paroles de Whitley Strieber, histoire de donner un parfum de “secret” et de “conspiration” à la chose, comme s’il y avait eu le moindre “secret” ou “gouvernement dissimulateur” dans ce qui n’est en fait qu’un article de journal pas du tout secret !

Bien entendu, les choses doivent être arrangées, il n’y a donc plus de calendrier crop circles à vendre, et Linda Moulton Howe n’est plus qu’une journaliste réputée, non plus une journaliste scientifique réputée.

Patrick Gross ayant évoqué, le 29 septembre 2009, cette histoire de « crop circles faits par un OVNI en Inde », celle-ci ayant été notamment répétée sur le site “OVNI-USA”, un membre de ce forum a signalé la critique de Patrick Gross. “Herveboy” a exposé ses arguments afin de montrer que Patrick Gross avait tort et qu’un OVNI avait bien fait des crop circles en Inde.

 Ah, la puissance de l’argumentation !

Les choux gras pour mon site ? Les “crop circles en Inde” n’avaient-ils pas d’abord “fait les choux gras” (?) du site de Didier de Plaige, et d’autres, sans que notre “Herveboy” ne songe à s’en offusquer ? (…)

Je nierais un crop circle s’il s’y en produisait un dans mon jardin ? Que nenni monsieur le malpoli ! Insondables balivernes… Affirmations ignorantes… Et d’une, il y a déjà eu des crop circles dans mon jardin (de 27 ares), je les ai très bien vu se produire, les ayant produits moi-même, histoire de vérifier certaines prétendues anomalies des plantes ! Et de deux, je n’ai jamais nié l’existence de crop circles. Ils existent. J’en ai visité. Je demande seulement à voir des preuves qui tiennent debout de ce qu’il en existerait qui ont été faits par des extraterrestres ou des fées ou des lutins ‘‘ultradimensionnels’’, ou je ne sais quoi encore qui ne serait pas simplement des gens. Et de trois, le dessin évoqué ne représente pas le Dr. Menzel, mais le Dr. Condon. Tactique habituelle des “Herveboys” de ce monde, faire passer ses contradicteurs pour de “vils debunkers”…

Les arguments d'”Herveboy” ? 100% sornettes et insultes à l’intelligence. (…) (P. Gross)

Patrick Gross accuse Didier de Plaige de lui faire un procès d’intention et de procéder à des attaques personnelles…

Il y a des tas de gens avec qui je n’ai aucune envie de dialoguer. Je n’ai aucune envie de dialoguer avec des personnes comme “Herveboy” et Didier de Plaige, pratiquant l’attaque personnelle faute du moindre argument. Je n’ai aucune envie de dialoguer avec des gens dépourvus d’esprit critique, re-publiant sans état d’âme toute sornette ufologique du Web. Je dialogue par contre, sans aucun problème et sans compter mon temps, avec bien des gens.

Si Dider de Plaige et “Herveboy” veulent dialoguer avec moi, qu’ils le fassent, mon adresse email est ufologie@inbox.com. S’ils sont capables de laisser tomber les propos agressifs et de s’en tenir à une conversation polie dépourvue d’attaques personnelles et de procès d’intention, alors je veux bien leur répondre. Et on le voit, je n’ai pas laissé sans réponse les propos tenus sur son forum.

Ces “crop circles en Inde”, ce ne sont que sornettes montées en épingle, avec des ajouts délirants, il n’y a là au mieux que des papayes tombées de leurs arbres au passage de quelque chose, et non pas “un OVNI qui fait des crop circles en Inde”, et je suis bien content de m’en être rendu compte et d’en avoir fait part à mes lecteurs. Si Didier de Plaige ne veut pas corriger l’erreur grave de son article que je signalais plus haut, s’il veut continuer à faire croire à ses lecteurs qu’un OVNI a fait des crop circles en Inde, tant pis pour lui. (P. Gross)

Même s’il y a effectivement eu un manque d’esprit critique et d’objectivité sur ce cas indien, Patrick Gross me paraît cependant beaucoup plus agressif, sur le thème des crop circles en général, que la personne visée ne l’est sur son propre site/forum, et ce, même s’il faut reconnaître que beaucoup des arguments employés par Patrick Gross sont pertinents.

 

V. Des crop circles avant les années 1970 ?

1. Y a-t-il eu un crop circle à Assen (Hollande), en 1590 ?

Colin Andrews et Stephen J. Spignesi disent que le premier événement enregistré ayant plusieurs caractéristiques communes avec la formation de crop circles date du 8 août 1590, ce cas ayant été décrit dans un livre de Robert Plot publié en 1686 : « The Natural History of Stafford-Shire ».

Colin Andrews et Stephen Spignesi indiquent qu’un dénommé Nicolae Lang-Bernhard (“Lang-Bernhand” dans la version anglaise) rentrait chez lui vers midi quand il a remarqué une activité dans un champ près de la route. Il s’est approché et a vu un groupe de personnes dansant en cercle dans le champ. Il s’est approché davantage, assez près pour voir leurs jambes et pieds, et a vu que certains d’entre eux avaient des pieds fourchus. Tandis qu’il les observait, tous les danseurs ont volé vers le haut dans le ciel et ont disparu.

crop1678Dans le champ où ils avaient dansé, il y avait une “indentation” circulaire qui est restée jusqu’à ce que le fermier propriétaire du champ l’ait moissonnée à la moisson suivante. Plusieurs personnes de la région voisine l’ont visitée quand elle était encore visible. Plot dit également qu’il y avait là des tornades puissantes pendant l’événement, et l’une avait été assez puissante pour soulever le paysan et l’emporter dans un champ à une certaine distance.

Les auteurs commentent qu’il est compréhensible qu’un certain scepticisme demeure parce que l’événement a été écrit 100 ans après s’être censément produit, mais que si l’on retire de l’histoire ses éléments les plus fantastiques, tels que les pieds fourchus et la disparition, l’histoire est en essence celle de l’apparition d’un crop circle dans un champ, et un événement qui a eu “plusieurs témoins”. (P. Gross)

Patrick Gross donne les sources suivantes qui mentionnent ce cas du seizième siècle :

« Crop circles : Signs of Contact », Colin Andrews et Stephen J. Spignesi, éditions Career Press (Royaume-Uni), 2003, page 18 ; traduction française : « Crop circles – Signes et contacts – nouvelles révélations », éditions Exclusif, 2007, page 40.

– Sur le site Web francophone www.portaildesenergies.fr, on lit : « Le premier cercle connu semble être apparu à Assen, en Hollande, en 1590. »

– Sur le site Web « Touraine Insolite », par “Mykerinos”, on peut lire ce commentaire :

Une des premières sources documentaires sur le phénomène des agroglyphes est un rapport de 1590 (Wilson, 1998). Il est question de la découverte, le 18 août de la même année, d’un cercle aplati dans un champ de céréales, près de “Assenuncuria”, sans doute l’actuel Assen, dans la région de Drente aux Pays-Bas. Des danseurs nocturnes en auraient été les auteurs, l’intérieur du cercle semblant avoir été piétiné par des “pieds à sabots” (Plot, 1686). Ce rapport est inclus dans un ouvrage intitulé “A Natural History of Stafford-Shire”, et est publié à l’université d’Oxford par Robert Plot, professeur de chimie. Dans son livre, Plot décrit encore d’autres motifs étranges en forme de cercles ou d’anneaux, qui avaient été trouvés, à l’époque, dans les comtés environnants.

(« Les premiers agroglyphes – Historique des crop circles », par “Mykerinos”, site Web Touraine Insolite, 1er août 2010, à touraine-insolite.xooit.com/t391-Les-premiers-Agroglyphes.htm)

Beaucoup de gens pensent que les cercles de cultures représentent un phénomène relativement récent, un produit du 20ème siècle. En fait, comme pour les ovnis à partir de 1947, les crop circles ont une “ère moderne” qui commence au début des années 1980, mais semblent également avoir été décrits bien auparavant.

Un exemple est titré : « Cercle d’empreintes au sol, en Alsace, en 1590 ». Il est précisé : “Et non Assen (Hollande)”. Un lien renvoie vers une autre page Web qui est une sorte de chronologie d’événements ufologiques ou « fortéens » pour l’année 1590. On y lit que le 25 juillet à midi, entre Guermingen et Assenoncour (Alsace), Nicolette Lang-Bernhard vit un groupe d’hommes et de femmes – supposés être des sorcier(e)s – qui dansaient. Le lieu de cette danse fut retrouvé, et on y trouva un anneau (comme on en trouve dans un cirque lorsque des chevaux courent autour en un cercle)…

« Si tout le monde connaît aujourd’hui les crop circles, peu de gens savent que leurs histoires remontent dans certain cas très loin. En 1590, à Assen en Hollande, est apparu ce que l’on peut penser être le premier cercle de céréale. »

Selon Marina Missier, si beaucoup de gens pensent que les crop circles sont « un phénomène relativement récent (ces 40 dernières années) », ces formations céréalières semblent avoir néanmoins été décrites bien avant. On « trouve des figures similaires » avant les années 1960, jusqu’au seizième siècle « où un incident a été consigné en Hollande à Assen, en 1590 ». (hekat.free.fr/pages/81.html)

Sur le site Web francophone maison-hantee.com, Erick Fearson (qui se présente comme chasseur de fantômes) a fait ce commentaire :

Doug-Bower4« Les crop circles (cercles de culture) ne sont, selon lui, que des dessins tracés par d’habiles plaisantins dans les champs de céréales. Voici, encore une fois, une affirmation à l’emporte-pièce. Il est vrai que deux retraités, Doug Bower et Dave Chorley, ont affirmé, en septembre 1991, être les auteurs du phénomène de ces cercles étranges, dans le milieu des années 70. Il n’en fallait pas plus pour que les sceptiques se gaussent, se satisfassent de cette explication et classent l’affaire sans suite. C’est bien vite oublier que l’on a recensé des crop circles dans plus de 40 pays dans le monde. Ajoutons que les premières traces de ce phénomène remontent à plus de 400 ans et, plus précisément, à 1590, à Assen, en Hollande. » (www.maison-hantee.com/files/noirez/article_encyclo_erick.htm)

Un fichier PDF, à l’auteur non clairement indiqué, avec la mention “Source : Le Dauphiné Libéré, disponible sur un site sur le “paranormal”, apporte cette précision :

« Le premier cercle connu semble être apparu à Assen, en Hollande, en 1590. »

Theo-Paijmans-Peter-HoekeEn 2003, l’ufologue Theo Paijmans a publié le résultat de son enquête sur ce présumé « crop circle d’avant Doug et Dave ». Il a noté que Terry Wilson avait mentionné cette histoire dans son livre « Secret History of Crop Circles », le crop circle ayant été prétendument trouvé en 1590 près de la ville d’Assen aux Pays-Bas. Theo Paijmans pense que l’info peut provenir de Jenny Randles et de Peter Hough, dans leur « Encyclopedia of the Unexplained ». Cette info a ensuite été retrouvée un peu partout sur Internet.

C’est Terry Wilson qui cite apparemment comme source un article indéterminé qui proviendrait du ‘‘Journal of Meteorology’’, en 1696. Mais Theo Paijmans a découvert que le récit d’origine date d’un siècle plus tôt, apparaissant dans “Daemonolatreia” de Nicolas Remy, en 1595, réimprimé comme “Demonolatry”, chez Rodker, 1930, réimprimé par Frederick Muller, 1970, pages 50-51, où l’auteur donne le lieu comme étant situé entre les villes de Guermingen et Assenoncour, donc en France, et non pas la ville de Assen, en Drenthe, en Hollande. (…)

Il existe bien un naturaliste anglais, le Dr. Robert Plot, qui a été le premier professeur de chimie à l’Université d’Oxford. Dans “The Natural History of Staffordshire”, en 1686, réimprimé en 1973, ce Dr. Robert Plot défendait la théorie que les “ronds de sorcières” [qui ne sont PAS des crop circles] sont formés par la retombée de foudre en boule.

Theo Paijmans a également découvert – il donne les références de ses sources – que l’année de la prétendue source de Terry Wilson, 1696, Robert Plot est en fait décédé.

Selon Remy, dit Paijmans, le témoin, Nicolette Lang-Bernhard, aurait vu le 25 juillet 1590, à midi, un groupe d’hommes et de femmes qui dansaient – interprétés comme étant des sorciers et sorcières. (P. Gross)

Theo Paijmans remarque qu’une histoire de marques circulaires faites par des animaux, et attribuées à des sorciers et sorcières, a été transformée, plus de 400 ans après, en « plus ancien rapport de crop circle ». (“Research crop circle Assen 1590”, par Theo Paijmans, à www.dcca.nl/art/plott-uk.htm)

Comme lui, je conclus :

dougcrop9100Il n’y a jamais eu de crop circle “à Assen en 1590”, ni de “phénomène crop circles” avant que Doug Bower et Dave Chorley ne se mettent à faire des ronds dans les champs en 1978 pour faire croire que des soucoupes volantes s’étaient posées. Et j’ajoute, pas de crop circle évidemment, non plus, “en Alsace entre Guermingen and Assenoncour en 1590”.

On se rappellera :

“Beaucoup de gens pensent que les cercles de cultures représentent un phénomène relativement récent, un produit du 20ème siècle. En fait, comme pour les ovnis à partir de 1947, les crop circles ont une “ère moderne” qui commence au début des années 1980, mais ils semblent également avoir été décrits bien auparavant.”

Je ne peux que rectifier :

Il y a des gens qui affirment que les crop circles existaient avant que Doug et Dave ne les inventent en 1978, mais, jusqu’à preuve du contraire, c’est totalement faux. Aucun réel crop circle n’a été décrit auparavant, ce n’est qu’une tromperie de plus par les ‘‘experts en crop circles’’, tromperie trop souvent crue. Le ‘‘crop circle de 1590 à Assen’’ n’est pas un crop circle, mais un bon exemple de cette tromperie. (P. Gross)

Pour ma part, je note que l’affirmation péremptoire de Patrick Gross selon laquelle aucun crop circle n’a été décrit avant la période Bower/Chorley n’est pas exacte si l’on se réfère au témoignage, daté de 1946, que je relate en fin de texte.


Alsace ?

« Le fait est qu’Assenoncour, maintenant Assenoncourt, ne se trouve actuellement pas en Alsace, mais – comme son nom francophone le suggère – en Moselle. Germinguen n’est probablement pas une ville, et probablement pas un village, mais probablement un hameau ou lieu dit, un moulin dit la source originale. Mais Assenoncour est proche du Bas-Rhin, département alsacien, et il se peut donc que le lieu des prétendus événements se trouve, ou se trouvait alors, en Alsace.

L’Alsace en tant qu’entité géopolitique n’existait pas à cette époque. La région où l’histoire est située était en fait divisée dans plusieurs zones politiques, des comtés, possédés par l’un ou l’autre seigneur, lesquels se revendaient des territoires de temps à autre. D’une certaine manière, il est curieux que quelqu’un ait dit que ceci se soit produit en Alsace, au lieu de donner le nom du comté par exemple. C’est naturellement une histoire vague, et il n’y a pas beaucoup d’espoir de retrouver l’emplacement maintenant.

Tels étaient mes commentaires sur ce point lorsque je publiais mon article pour la première fois le 17 avril 2010. » (P. Gross)

Un lecteur du site de Patrick Gross a apporté ces précisions :

Une remarque mineure quant à votre article sur “le premier crop circle”.

Disposant d’une résidence secondaire à Assenoncourt qui, je vous le confirme, se situe bien en Moselle, Lorraine, et non pas en Alsace, j’ai été troublé par le nom de “Guermingen”. En effet, un petit village situé à une poignée de kilomètres au nord d’Assenoncourt s’appelle “Guermange”. La consonance est frappante, et il se pourrait donc bien qu’il s’agisse du même village, d’autant plus qu’il jouxte presque Assenoncourt. En regardant sur une carte Cassini, j’ai pu vérifier qu’à l’époque il existait bien un bois entre les deux villages, ce qui est cohérent avec le récit. Dans tous les cas, la proximité des deux villages ne peut nous emmener jusqu’en Alsace… (et quand bien même il ne s’agirait pas de Guermingen, on voit mal une fermière seule faire 50 km a pied pour aller au moulin).


Robert Plot :

Il se trouve que les références à Robert Plot (1640-1696) et à son livre, lesquels existent bien, donnent bien l’orthographe Plot et non Plott.

Alors pourquoi Theo Paijman a-t-il noté que le nom correct serait Plott ? Tout ce que je sais est que quelqu’un a dit qu’il y avait cette faute d’impression sur la page titre de la première édition de son livre. Son livre, “The Natural History of Stafford-Shire”, a été initialement publié par l’universisté d’Oxford (“Printed at the Theater, Oxford, 1686”). Il y a eu une réédition à Manchester par E. J. Morten en 1973. L’édition initiale est un livre rare, qui se vend bien au-dessus des 500 Euros. Le livre est toujours sous copyright.

Voir par exemple :

 

ou : http://www.oum.ox.ac.uk/learning/htmls/plot.htm

Mais Robert Plot a-t-il vraiment raconté dans un livre consacré au Staffordshire, Angleterre, cette prétendue histoire de crop circles, “hollandaise”, ou plutôt “alsacienne” ? Ma foi, je n’en n’ai aucune confirmation sous la main pour le moment, et je subodore qu’il y a là une possible confusion des sources de deux affaires distinctes… (P. Gross)


– Le “compte-rendu d’observation” :

Il a été bel et bien arrangé pour en faire disparaître ce qui rebuterait les gens trop raisonnables. Voici ce que dit la partie concernant “l’observation” alléguée dans le livre de Remy :

‘‘Alors que Nicolette Lang-Bernhard revenait du vieux moulin de Germinguen pour aller vers Assenoncour le 25 juillet 1590, et qu’elle suivait un sentier de forêt à midi pile, elle a vu dans un champ, non loin, une bande d’hommes et de femmes qui dansaient dans un cercle. Mais parce qu’ils faisaient cela d’une façon contraire à la pratique courante, tournant le dos les uns aux autres, elle a mieux regardé et a vu qu’il y avait aussi, parmi ceux qui dansaient, certains dont les pieds étaient déformés et semblables à ceux des chèvres ou des boeufs. Presque morte de peur, elle s’est mise (comme nous le faisons quand quelque sinistre désastre nous menace) à invoquer le Nom salvateur de Jésus, et à le supplier qu’il lui permette au moins de rentrer chez elle saine et sauve. Sur quoi, tous les danseurs ont semblé s’évanouir d’un coup, sauf l’un d’eux, nommé Petter Gross-Petter, qui s’est rapidement élevé dans les airs, et a été vu ensuite laissant tomber un torchon comme ceux que les boulangers utilisent pour nettoyer les fours avant d’y mettre la pâte.’’

J’espère que l’on comprendra que le simple fait que la prétendue Nicolette Lang-Bernhard connaisse le nom de celui qui ne “disparaît” pas d’un coup, Petter Gross-Petter, permettra à chacun qui n’est pas victime d’un désir forcené de croire tout ce qui se raconte, de comprendre que cette histoire, sans rapport réel avec les crop circles, n’est de toute façon très certainement qu’une sornette !

Il suffit de lire la suite pour saisir qu’il n’y a là nul crop circle, mais une histoire des plus douteuse, une histoire de sorcellerie, avec aveux arrachés par la torture, passage des accusés devant le juge. “Plusieurs témoins”, prétend Colin Andrews. Quelle farce, les noms des gens cités sont des noms de gens accusés d’avoir été les danseurs… Un crop circle ? En réalité, un rond comme fait par des traces de pieds d’animaux…

Enfin, je note que l’histoire de Remy est aussi reprise dans le livre “The Witchcraft Sourcebook” par Brian P. Levack, Routledge éditeur, USA, 2004, en page 84, et que l’enquête de Theo Paijmans a ensuite été résumée dans le livre sur les crop circles “In Graancirkelkringen : een Etnologisch Onderzoek naar Verhalen uit de Grenswetenschap”, par T. Meder, Amsterdam University Press éditeur, Pays-Bas, 2006. (P. Gross)

 

2. Y a-t-il eu un crop circle dans le Hartfordshire en 1678 ?

Vers la fin de 1989, l’ufologue britannique Jenny Randles a reçu un courrier de Betty Puttick, une historienne locale qui venait de lire son livre coécrit avec Paul Fuller, “The Controversy of the Circles”. Betty Puttick l’informait qu’il existait une illustration par gravure sur bois, accompagnée d’un texte, qui pourrait l’intéresser.

Jenny Randles a décidé de vérifier si le document était authentique et a contacté des folkloristes, qui le lui ont confirmé.

Paul Fuller en avait parlé à Terence Meaden, et ce dernier voulait le publier dans son ‘‘J. Met’’, son journal de météorologie. Fuller et Randles lui ont demandé d’attendre au moins un mois, et dans l’intervalle Jenny Randles l’a fait publier dans un journal d’une société d’étude du folklore.

Au début d’octobre, Bob Skinner, correspondant du ‘‘Fortean Times’’ et fan de crop circles, examinait des livres anciens à un marché au puces dans le Surrey, et tombait sur un ouvrage intitulé ‘‘Bygone Hertfordhslire’’, “le passé du Herdfordshire”, qui reproduisait l’illustration et l’introduction du texte. Skinner a acheté le livre et a tout de suite envoyé des photocopies de l’illustration et de l’article à Jenny Randles, mais aussi aux “experts” en crop circles Colin Andrews, Pat Delgado, Ralph Noyes, et bien évidemment à Bob Rickard, un rédacteur du ‘‘Fortean Times’’.

La réaction initiale de Colin Andrews a été le contraire de sa manière de réagir habituelle. Il n’avait jamais eu la moindre réticence à publier des anecdotes non vérifiées, des rumeurs, des histoires douteuses de toutes sortes sur les crop circles, mais, cette fois, il a au contraire déclaré que les plantes dans ce cas sont clairement décrites comme ayant été coupées, et non pas aplaties comme dans les crop circles, et que cette histoire pourrait donc ne pas avoir de réel rapport avec la question des crop circles. Il n’a pas manqué cependant de faire un commentaire ad hoc pour “sauver” l’affaire, expliquant que puisqu’il est convaincu que “le phénomène des crop circles évolue”, c’en était peut-être tout de même un, d’une sorte plus ancienne.

Son collègue Pat Delgado, lui, n’a pas fait la moindre difficulté. Il s’agissait pour lui bel et bien d’un crop circle, commentant simplement que si l’on attribue les crop circles du temps présent à quelques “moyens technologiques”, il n’y a pas à s’étonner qu’avant l’ère technologique on ait pu les attribuer au diable. Et d’ailleurs, notait-il, encore de nos jours, certains continuent à penser que c’est le diable, ou des “forces sataniques”, qui créent les crop circles. Delgado a donc “étudié” ce qu’il tenait pour un crop circle du passé. Il l’a étudié au moyen de ce qu’il appelait “a regressive historical information recovery”, une “récupération régressive d’informations historiques”. Expression bien alambiquée pour ce dont il s’agissait réellement : tenir un pendule au-dessus de la gravure, poser des questions mentalement, et, si le pendule se met à tourner dans un sens inverse, cela signifie “Oui”, s’il continue à tourner dans le même sens c’est un “Non” ! Par le biais de son pendule, la gravure l’a alors “informé” du “lieu exact” où ce crop circle serait “apparu”, et aussi informé qu’il y en aurait eu d’autres par là pendant l’été 1678, y compris “un quintuplet de taille respectable”. (P. Gross)

Faisant référence à Bob Rickard, l’un des éditeurs du « Fortean Times », Patrick Gross écrit qu’il semble « qu’il ait compris que le “mystère des crop circles” n’est qu’un gigantesque canular ».


* Le « Diable Faucheur » :

Ralph Noyes avait publié dans ‘‘Country Life’’ un article sur le “mystère des crop circles” et avait reçu des courriers de lecteurs assurant se souvenir de crop circles dans le Hampshire, dans les 40 dernières années. Il ne s’agissait évidemment pas de crop circles faits par des hommes pour faire croire à des atterrissages de soucoupes volantes, ni de land art, mais plutôt de vagues ronds causés par le vent – la fameuse “verse des blés” -, ou des animaux ou jeunes gens se roulant dans l’herbe, et ainsi de suite. Mais le petit monde des experts en crop circles était si désireux de croire que “le phénomène des crop circles” remontait bien loin dans le passé, que n’importe quoi faisait leur affaire. Aussi, quand Noyes a reçu sa photocopie de l’histoire du “Diable Faucheur”, cela l’a bien intéressé. Prudent, il a commencé par rechercher un exemplaire authentique complet d’époque de ce document, et l’a bien trouvé à la British Library, alors au British Museum de Londres. Au moins, il avait trouvé le moyen pour n’importe qui de constater sans trop de recherches que le document était authentique.

Comme Andrews, Noyes pensait que “le phénomène des crop circles évoluait”, lui aussi pensait que les crop circles devaient exister dans le passé, mais il est resté prudent, notant que l’histoire du “Diable faucheur” était du genre de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme, et qu’il convenait de la traiter avec la prudence qui convient en de tels cas.

Noyes n’avait apparemment pas été le seul à trouver confirmation de l’existence du document à la British Library. Il semble que Bob Rickard du “Fortean Times” ait déclaré à “l’expert en crop circles” Andy Thomas l’avoir découvert lui-même à la British Library, “à peu près” au moment où Jenny Randles en avait reçu copie. Mieux encore, son coéditeur au “Fortean Times”, Paul Seiveking, a assuré à Andy Thomas que c’est lui qui a découvert le document, toujours à la British Library, alors qu’il travaillait au service des enregistrements en 1990.

Le météorologiste Terence Meaden avait naturellement décidé avec quelques réserves d’usage que le crop circle du “Diable Faucheur” était d’origine météorologique. Il ne s’est pas du tout soucié de ce que le récit parlait d’un champ fauché et/ou brûlé, et non pas ravagé par du vent. Comme Jenny Randles ne l’avait pas autorisé à publier le récit de suite, il a profité de ce que quelqu’un d’autre l’ait trouvé de son côté pour obtenir l’autorisation de le produire dans son ‘‘J. Met’’, puis dans son livre, en suggérant que c’était un crop circle ancien créé par une mini tornade. Terence Meaden écrivait que la découverte du récit venait d’un correspondant de Jenny Randles, et, indépendamment, d’un certain “R. Skinner” (en fait, Bob Skinner, alias Robert M. Skinner), suite à quoi il y aurait eu encore deux autres découvreurs indépendants (…). (P. Gross)

L’authenticité de l’existence de la brochure ne fait plus aucun doute.

Ce que Betty Puttick a envoyé à l’ufologue Jenny Randles n’est pas un document falsifié, il a été effectivement publié longtemps avant que “le phénomène des crop circles” soit réellement apparu.

L’original est intitulée “Le Diable Fauchant “, sur 8 feuilles pliées constituant 5 pages de contenu, une brochure de format “quarto”, anonyme, censément imprimée dans le Hertfordshire, Angleterre, en 1678. Plusieurs chercheurs ont constaté qu’une copie existe réellement, dont une disponible au lecteur à la British Library à Londres. (P. Gross)

Patrick Gross a trouvé d’autres éditions, plus tardives, dont celle se trouvant dans un livre intitulé “Strange news out of Hartfordshire and Kent : an account of a mowing-devil’’

Andy Thomas, un “expert” en crop circles, a trouvé une autre copie, intitulée “Bygone Hertfordshire”, écrite par le Révérend William Andrews et publiée en 1898. En 2005, il a dit qu’il a obtenu une copie de ce livre d’un libraire vendant des livres anciens sur l’Internet, le livre contenant une reproduction du texte intégral du “Diable Faucheur”, ainsi que l’illustration montrant le diable avec un petit oeil.

En fait, les réimpressions de l’histoire originale ne manquent pas, parmi lesquelles :

“The bibliographer’s manual of english literature, Volume 3”, de William Thomas Lowndes et Genry George Bohn. (Genry : Henry ?)

– Une édition en 1815 à l’Universté d’Oxford, une autre édition de “J. Barker” en 1820, un fac-similé en 1860 par “J. H. Fennell”.

– Une citation de l’introduction de “Handbook to the popular, poetical and dramatic literature of Great Britain”, de William Carew Hazlitt (en 1867).

– Dans “Bibliotheca Diabolica” de Welford et Armstrong (en 1874), dans le “Old Hertfordshire calendar”, de Doris Jones-Baker (en 1974), et dans “The folklore of Hertfordshire, Volume 1977, Partie 2”, de Doris Jones-Baker (en 1977).


– Le problème des « dessins différents » :

C’est Andy Thomas qui a découvert que, dans les diverses publications et livres sur les crop circles, le dessin n’est pas toujours le même. D’autres “experts en crop circles” ne s’en étaient pas rendu compte.

Comme Andy Thomas l’a montré, il y a, avant l’ère du “phénomène crop circles“, deux dessins différents : l’original dans la brochure de 1678, et un dessin refait dans la réédition réalisée par le Révérend William Andrews. Andy Thomas a suggéré que le dessin a certainement dû être refait par le Révérend. (Il n’y avait, à l’époque, aucun scanner et aucune photocopieuse.)

D’autres versions dans les livres sur les crop circles sont plus douteuses… Dans son article de 2005, Andy Thomas note qu’il y a eu quatre versions différentes. La différence dans les deux versions du champ d’avoine et les deux versions du diable est clairement visible, ainsi que dans la version récente “hybride”. Cependant, comme aucune de ces versions tardives ou manipulées ne montre de différences significatives pouvant favoriser l’une ou l’autre opinion sur l’histoire, Patrick Gross ne pense pas qu’une fraude intentionnelle ait été commise.


– Le « Diable Faucheur » dans la littérature crop circles :

Michael Hesemann affirme que des textes anciens et des “assertions de vieux fermiers” montrent qu’il y a eu “un certain nombre” de crop circles avant “l’époque actuelle”, mais en ce qui concerne le Diable Faucheur il est très réservé : il est possible, écrit-il, qu’un récit datant de 1678 évoquant une oeuvre du diable, de forme circulaire, s’y rapporte, “mais ce n’est pas sûr”. De profession de foi chrétienne, il considère que les crop circles sont un “message” qui nous invite à nous rapprocher “de notre Créateur”. (P. Gross)

John Michell et Bob Rickard ont publié le dessin et un bref résumé de l’histoire. Ils ont écrit qu’on a voulu voir là un ancien crop circle, tout en précisant que l’avoine avait été fauchée et non aplatie.

Colin Andrews et Stephen J. Spignesi donnent une version résumée de l’histoire enrichie de leur pure invention de ce que “la population locale parlait d’un démon flamboyant qui sortait du ciel”. (…) Ils parlent d’un “événement que beaucoup d’entre nous pourraient décrire comme étant un récit de la formation d’un crop circle”, admettent que des différences existent concernant certains détails de ce cas, mais ne précisent pas ces différences, et décident qu’on ne peut pas le rejeter “totalement” parce qu’il y a trop de similarités avec “un témoignage classique”. (P. Gross)

Le scientifique hollandais Eltjo Haselhoff assure que la “croyance générale” que les crop circles sont un phénomène récent est fausse, et que “nous disposons du célèbre témoignage du 22 août 1678 qui décrit sans doute un agroglyphe dans un champ d’avoine du Hertfordshire en Angleterre”.

Werner Anderhub et Hans Peter Roth donnent un bref résumé de l’affaire, avec la bonne illustration.

Il s’agit naturellement de défendre l’idée que les crop circles datent de plusieurs siècles. Les crop circles sont pour eux des “signes” d’un “changement d’époque” – ce qui s’accorde plutôt mal avec l’idée qu’ils existeraient depuis des siècles…  (P. Gross)

Umberto Molinaro parle du “tract de 1678 intitulé le Diable Tondeur”, reproduit la petite portion du dessin comportant le diable, y voit un extraterrestre, et déclare que le document indique que les crop circles existent depuis plusieurs siècles.

Les crop circles sont pour lui des “messages” par des “Etres de Lumière” qui voudraient “nous aider à comprendre qui nous sommes vraiment”. (P. Gross)

Lucy Pringle donne une version brève bien arrangée de l’histoire, ajoutant qu’il y avait eu des “visions” et des “sons étranges” dans la nuit de la création de ce crop circle, ne mentionnant ni le feu, ni le moindre fauchage, et décrivant un crop circle comme étant de l'”avoine couché en cercles”. Son opinion sur les crop circles est du pur “New Age” avec fortes consonances déistes. (P. Gross)


– Le « Diable Faucheur » en ufologie :

mowingdevil1crop1678Patrick Gross écrit que « certains rares ufologues n’ont pas compris que le soi-disant “phénomène des crop circles” n’est qu’un gigantesque canular ». Bien sûr, je suis pour ma part beaucoup plus nuancé : voyez mon texte sur les hypothèses explicatives.

Le « Diable Faucheur » est mentionné dans des livres ufologiques : « Confirmation » (1998), de Whitley Strieber, « Sightings » (1996), de Susan Michaels, « Alien agenda », de Jim Marrs, etc. On le trouve également dans des articles de magazines ufologiques et des publications grand public sur les OVNIS (comme le “UFO – The Continuing Enigma”, du “Reader’s Digest”, en 1991). Et on le retrouve sur le Web, évidemment sur des sites consacrés aux crop circles, mais aussi sur des sites ufologiques.

Le cas est évoqué dans VSD hors série N° 5 sur le paranormal (octobre 2002), et on le retrouve dans le tabloïd sensationnaliste « Weekly World News » daté du 29 juillet 2003…

Jérôme Beau, auteur du site ufologique RR0, écrit que les crop circles ont une « ère moderne » qui commence au début des années 1980, mais qu’ils semblent également avoir été décrits bien auparavant.


– Comment ce prétendu crop circle a-t-il été fait ?

Ce que le pamphlet dit est qu’on a observé que le champ a été en feu pendant la nuit et que, le matin suivant, le champ était “totalement dévoré par ces flammes qui avaient été observées tellement longtemps présentes sur son acre et demi de terre”.

Et sur la gravure on voit clairement des flammes à l’intérieur du champ – non pas un OVNI ou des boules de lumière, mais bien des flammes dans les plantes.

En somme, le champ a été détruit par le feu durant la nuit et a été entièrement brûlé le lendemain, une cause qui peut difficilement passer pour celle des crop circles !

Seulement, ce n’est pas assez. Il se trouve que le texte montre également le diable clairement en train de faucher l’avoine. Il tient la faux à la main, est penché en avant, fait le geste, et l’on voit devant lui de l’avoine debout, restant à faucher, tandis que l’avoine derrière lui l’est déjà. Si l’on retient cette interprétation-là plutôt que celle du feu, il n’y a toutefois pas plus de sens à prétendre que c’est un crop circle, puisque personne ne prétend appeler crop circle un champ fauché, fusse par le diable en personne !

Si l’on se réfère au texte, des informations bien différentes s’ajoutent à ce qui se voit sur le dessin : le fermier a trouvé que la récolte avait été fauchée et prête à être ramassée ! Serait-ce une technique de fabrication de crop circle, que de faucher les céréales pour être prêtes à être ramassées ? Je ne pense pas !

Un crop circle, vraiment ? Qu’avons-nous là en réalité ? Et bien, non seulement rien de tout cela ne ressemble de près ou de loin à une fabrication de crop circle, mais, encore, c’est là une histoire invraisemblable car contradictoire : le champ est ravagé par les flammes, mais en même temps fauché comme pour une récolte tout à fait normale. C’est là rien moins un signe que cette histoire n’est que pure invention, une fable, une parabole, et non pas une donnée scientifique pouvant servir à l’affirmation de l’existence de crop circles anciens.

diable-faucheurLa brochure du Diable Fauchant était évidemment un conte religieux et moral, une parabole, un des innombrables contes distribués aux masses très croyantes au 17ème siècle. Le folkloriste William Gerish l’a publié en 1913 explicitement en tant qu’exemple des histoires de “punitions de l’impiété et des grossièretés”. Il n’y a absolument aucun sens à choisir celui-ci en particulier parmi les autres, et aucun sens du tout à croire qu’il s’agit d’un récit de vrais événements. Il y a en effet des milliers de telles histoires, fantastiques, absurdes, surnaturelles, dans le folklore et la religion, et c’est une erreur de corréler l’histoire du diable fauchant avec les crop circles :

Une fille timide va danser, elle a pour une fois mis une belle robe, tous les hommes veulent danser avec elle, finalement un homme de noir vêtu plus mignon que les autres l’invite, elle accepte, l’homme la fait danser de plus en plus vite, et tous deux disparaissent dans un tourbillon infernal. Cet homme était le diable en personne.

Deux hommes se disputent, puis se battent. L’un d’eux meurt en laissant tomber son couteau ensanglanté dans l’eau. Depuis, le couteau reste dans l’eau, parce que chaque fois que quelqu’un tente de l’en sortir, il lui glisse des mains et retombe dans l’eau.

En Ecosse vivent des “Chiens de la Terre”. Ce sont des chiens qui vivent sous terre et se nourrissent des cadavres dans les cimetières.

Trois frères rencontrent des phoques sur un rivage. Les phoques se lèvent et perdent leur peau, sous laquelle se révèlent trois filles nues qui se mettent à danser sur la plage. Les frères les épousent.

Une grosse pierre d’une tonne est près d’une église. C’est le diable qui l’a lancée pour détruire l’église, mais il a mal visé. Depuis, les villageois retournent la pierre une fois par an.

Une sorcière a été enterrée pour la troisième fois, cette fois sous un énorme rocher. C’est parce qu’elle avait déjà quitté sa tombe deux fois.

Un fermier ivre rencontre un chasseur et lui demande de lui laisser un de ses sacs de gibier. Le chasseur rit, lui lance un sac, et quand le fermier l’ouvre, il y découvre le corps de son enfant mort.

Un fermier entend une histoire d’un diable dans les collines. Rentrant chez lui, il doit passer par ces collines, et le diable l’enlève. Depuis, il court dans les collines, poursuivi par le diable.

Si l’histoire du Diable Fauchage du folklore ancien est prétendue être une certaine sorte de preuve, alors, sur quels critères rejetteriez-vous ces autres histoires, ou comment les expliqueriez-vous ? (P. Gross)

 

3. Y a-t-il eu un crop circle dans le Surrey en 1880 ?

Le matériel original, concernant le prétendu crop circle de 1880 de John Rand Capron, est relatif à un courrier de lecteur publié le 29 juillet 1880 dans le journal scientifique « Nature ».

J. Rand Capron, scientifique amateur, avait donné l’explication : il s’agissait de cercles faits par des tourbillons.

crop-circle-colonne-airEn 1982, un membre de TORRO a envoyé à Meaden un rapport au sujet du nid de soucoupe de 1966 à Tully, et Meaden a immédiatement cru qu’il avait été créé par un tourbillon, et, comme c’était un rapport de 1966, il était maintenant rassuré : les tourbillons avaient créé des crop circles dans le passé aussi ! Naturellement, le nid de Tully incluait un OVNI dans son récit. Mais il y avait une faute d’impression dans le rapport qu’il a lu, l’heure de l’observation de l’OVNI était changée : de 9 heures du matin à 9 heures dans la nuit, et Meaden a décidé que l’OVNI était donc de l’air ionisé lumineux dans la nuit, ionisé par le tourbillon. (C’était faux, le fermier ayant bien décrit un engin métallique, de jour, et non lumineux.). Par ailleurs, le secrétaire du Ministère de l’Air de l’Australie a écrit en 1966 que le “nid de soucoupe” de Tully était “probablement” le résultat d’un tourbillon, et que l’OVNI vu par le fermier n’avait “aucune explication” mais pourrait avoir été “associé au tourbillon” ou à un “jaillissement d’eau”.

Meaden et les gens de TORRO étaient naturellement très intéressés par les crop circles créés par des vents, que l’on pourrait trouver dans toutes sortes d’archives, et c’est ainsi que le rapport de J. Rand Capron a été trouvé par Peter Van Doorn, un membre de TORRO qui recherchait des récits de foudre en boule dans les publications anciennes. Il l’a passé à Meaden qui l’a publié dans son “J-Met”.

Meaden a commenté que le crop circle de J. Rand Capron n’était pas artificiel, qu’il s’est produit naturellement, qu’il était le résultat de tourbillons de vent. (P. Gross)

Les théoriciens des crop circles météorologiques, maintenant connus sous le nom de “Meadenites”, étaient engagés dans d’âpres polémiques avec un autre clan, celui des “Delgadoniens”, appelé ainsi parce que leur chef de file avait été Pat Delgado, un Anglais excentrique et charmant qui avait été parmi les premiers à étudier le “mystère des crop circles”. Les Delgadoniens riaient de la théorie des tourbillons de vent et assuraient, eux, que les crop circles sont en fait créés par des engins extraterrestres, ou – alors que la forme de crop circles cessait d’être juste des ronds – que les crop circles sont des “messages” des extraterrestres. Leur chef de file était Colin Andrews, un ufologue ayant écrit dans la ‘‘Flying Saucer Review’’.

Naturellement, les Delgadoniens ont été également enchantés par le rapport de J. Rand Capron. Pas comme évidence que les tourbillons de vent peuvent créer des ronds dans les récoltes, mais en tant que “preuve” que les crop circles ne seraient pas un phénomène “nouveau”. Ceci aurait pu rester un point mineur : pourquoi les extraterrestres auraient-ils dû être parmi nous dans le passé ? Il n’y en avait aucune nécessité. (P. Gross)

Les prétendus crop circles de J. Rand Capron (qui n’ont pas été faits par des extraterrestres) ont été produits par des tourbillons, ce que J. Rand Capron avait compris à l’époque. Faisant référence aux « Delgadoniens », Patrick Gross note ceci :

Quand ils lisent que cela a été publié dans le modeste bulletin ‘‘The Journal of Meteorology’’ de Meaden, ne sachant pas à quel point il s’agissait d’un modeste bulletin qui publiait la plupart du temps des anecdotes, des études non scientifiques, ils s’imaginaient que le crop circle de 1880 était quelque chose dont l’origine extraterrestre ou paranormale était avérée par quelque preuve scientifique ou étude validée par les pairs. Quand ils lisent que le rapport original était dans ‘‘Nature’’, ils pensent la même chose, ne sachant pas que c’était seulement un courrier de lecteur émanant d’un scientifique amateur. (P. Gross)

Le récit de J. Rand Capron est présenté sur un site français de crop circles, mais en omettant le fait que Rand Capron a écrit que les orages avaient été violents, et en omettant le dernier paragraphe dans lequel Rand Capron a écrit :

« Pour moi, ils suggéraient l’action de quelque vent cyclonique. »


– Quelques épis restés droits au centre, comme preuve… de quoi ?

Dans certains crop circles faits par les hommes, comme farces ou comme forme d’art ou de compétition, il se produit parfois qu’un groupe de tiges – ou quelques tiges, ou juste une tige unique – reste dressé au centre des cercles.

Naturellement, pour les Meadenites, c’est une indication qu’un tourbillon a fait le cercle. Chacun a entendu parler de “l’oeil de l’ouragan”, le centre d’un ouragan où la vitesse du vent est nulle ; exactement la même chose se produirait avec un tourbillon beaucoup plus petit. D’ailleurs, au centre, l’air monterait vers le haut autour du centre, soulevant de ce fait les tiges. C’est du bon sens !

Naturellement, pour les Delgadoniens, tout et n’importe quoi était preuve que les crop circles ne sont pas tous des canulars. Quand un “expert” en crop circles voyait des tiges restées droites au centre, il assurait que c’était une “évidence” que le crop circle n’était pas fait par des hommes. C’était juste affirmé, sans la moindre raison permettant de rejeter que c’était tout à fait la sorte de chose que l’on pouvait prévoir dans un crop circle créé par des tourbillons, et sans donner la moindre raison que ce soit “extraterrestre” plutôt qu’humain. Ceci n’avait aucun sens.

Oublions un instant ces crop circles qui ne sont pas des crop circles mais le résultat du vent, et concentrons-nous sur les crop circles faits par des gens, ces crop circles faits pour faire croire que des soucoupes se sont posées, et ceux fait pour l’art.

Pour faire un cercle, initialement Doug et Dave se mettaient à genoux et poussaient une lourde barre de métal autour d’un point central.

CircleMakers2Par la suite, on employait le plus souvent une corde et un piquet pour tracer le contour du cercle. Un faiseur de crop circles solitaire utiliserait un piquet planté dans le sol à l’endroit qui deviendrait le centre du cercle à faire, il attacherait une extrémité de la corde au piquet, tendrait la corde et aplatirait la récolte en marchant autour du piquet avec la corde tendue.

tige-aplatie-crop-circleLes équipes de faiseurs de crop circles n’utilisent pas nécessairement un piquet, parce qu’un des équipiers peut tenir une extrémité de la corde et rester immobile, tandis qu’un autre aplatirait le contour du cercle. Dans certains cas, le cercle était ensuite “rempli” en aplatissant la récolte à l’intérieur du contour, le piquet était retiré et son trou était rempli de terre à la main. Mais parfois, à l’endroit où avait été le piquet, bien souvent quelques tiges restaient simplement debout. Puisque les “experts” avaient raconté que cela était une “anomalie”, ou une certaine sorte de preuve de leur théorie favorite, certains fabricants de crop circles ont alors volontairement laissé des tiges dressées au centre de leurs formations !

Je suppose que n’importe quelle personne douée de bon sens peut comprendre que des tiges dressées au centre d’un crop circle ne sont certainement pas du tout une preuve que des extraterrestres ou des OVNIS, ou des anges, ou des forces psychiques ou surnaturelles, ont fait le crop circle. Mais ce n’est pas non plus forcément une preuve de l’action d’un tourbillon de vent, puisque les fabricants bien humains de crop circles aussi laissent parfois des tiges dressées au centre des cercles, et puisqu’ils le font parfois exprès, depuis que ceci a été appelé “évidence” de fabrication ‘‘non-humaine’’ !

J’ai réellement vu une vidéo de fabrication de crop circle pour laquelle les artistes ont pris le soin de soulever vers le haut quelques tiges au centre de leur conception, expliquant que les “experts” croient que ceci prouve “l’authenticité” de crop circles extraterrestres ou paranormaux !

Naturellement, en 1880, il n’y avait aucun Doug et Dave pour faire des farces à base de soucoupes volantes, ni des artistes de crop circles laissant exprès des tiges dressées parce qu’ils savent que cela fait le bonheur des marchands de mystères. Ceci signifie que les “quelques tiges dressées au centre” que J. Rand Capron avait remarquées étaient effectivement et logiquement plus une évidence de l’action de tourbillons de vent qu’une évidence de quoi que ce soit d’autre. Sur ce point, le Dr. Meaden avait raison. (P. Gross)

 

4. Y a-t-il eu des crop circles en Angleterre durant la Seconde Guerre mondiale ?

On évoque, sur Internet, l’existence de crop circles en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale, des crop circles qui, dit-on, ont été étudiés officiellement par le gouvernement britannique !

Voici ce qu’on lit sur un site :

Des crop circles étudiés par le gouvernement britannique – Il y a plus d’une décennie, une réunion secrète pour discuter de la signification des crop circles a été tenue par le gouvernement britannique, selon l’investigateur de crop circles George Wingfield. Dans le ‘‘Wall Street Journal’’ du 28 août 1989, on a déclaré que “les officiels britanniques de l’agriculture et de la défense veulent en savoir plus au sujet des mystérieux crop circles qui sont apparus à travers la campagne… De même, on dit que la reine Elizabeth a récemment interrogé vivement le premier ministre Margaret Thatcher au sujet des crop circles.”

Nick Redfern, écrivant dans le magazine ‘‘Phenomena’’, indique que ce n’est pas la première fois que le gouvernement britannique a étudié des crop circles. Selon un dossier déclassifié récemment, ”les premiers jours de 1940 et de 1941 ont produit une avalanche de rapports au sujet des méthodes employées pour communiquer (…)”.

Selon des rapports de Pologne, de Hollande, de France et de Belgique, on a employé « des marques au sol pour guider des bombardiers et des parachutistes, et de telles inscriptions au sol pourraient avoir été découpées dans des champs de céréales en marque de guidage pour les avions. »

« Nick Redfern signale que, pendant la deuxième guerre mondiale, des espions britanniques ont été envoyés dans les champs pour examiner des crop circles et pour décider s’ils étaient des signaux d’avion de Nazis.

Donc, il semble que les crop circles ne sont pas aussi nouveaux que nous l’avions pensé, ils ont apparemment été étudiés par des services gouvernementaux de niveau élevé il y a plus de 60 ans, et nous n’avons toujours pas la réponse quant à qui les fait et à ce que leurs dessins nous disent. » (Source : )

En effet, voici ce que Nick Redfern a dit lors d’une interview :

Pratiquement tous ceux qui lisent ‘‘UFO Magazine’’, j’en suis sûr, ont entendu parler des crop circles et ont vu des photographies des diverses formations – ou des pictogrammes qui apparaissent dans toute l’Angleterre et le monde entier tous les ans. Mais ce qui est moins bien connu est ce qui a été appris sur le sujet à un niveau officiel. Pendant plus d’une décennie, des rumeurs ont circulé disant que le gouvernement britannique a entrepris des enquêtes secrètes sur les crop circles. Jusqu’à un certain point en tout cas, c’est vrai. Au bureau des archives publiques à Kew, il existe un dossier intrigant rédigé à l’apogée de la deuxième guerre mondiale par rien de moins que le MI5 et qui a été déclassifié en 2001. Le dossier traite de la façon dont le MI5 a suspecté que des sympathisants de Nazis et des agents de la cinquième colonne au R-U ont envoyé des messages – et communiqué avec – à l’ennemi. De façon intéressante, le MI5 a appris qu’en Pologne, Hollande, France et Belgique, ceci comprenait ‘‘le découpage des champs de céréales en marques de guidage pour les avions’’. Pour illustrer à quel point ceci est à mettre en parallèle avec les crop circles d’aujourd’hui, le dossier officiel se rapporte à des sympathisants ennemis ‘‘créant des signes de vingt mètres de diamètre creusés dans les champs, ou fauchant de tels signes sur des prés ou des champs de céréales’’. Des crop circles, en d’autres termes ! Ce qui est intéressant, c’est que le MI5 a étudié un certain nombre de telles formations qui sont apparues dans divers champs britanniques de 1940 à 1943, pour déterminer si l’une quelconque de ces mêmes formations était une certaine forme de message codé destiné aux pilotes allemands volant au-dessus d’elles. (Source: )

Patrick Gross précise qu’un ufologue britannique connu a réagi en privé à ce sujet :

Ce qu’il a dit était qu’en effet, au début de la deuxième guerre mondiale, des marques mystérieuses dans les champs de céréales cultivés ont été portées à la connaissance du service de sécurité, le MI5.

Des rumeurs s’étaient répandues, affirmant que des espions allemands et des agents de la cinquième colonne étaient au travail dans la campagne pour préparer une invasion et utilisaient des marques dans les cultures comme messages codés qui pouvaient seulement être vus de l’air pour aider les pilotes allemands à voler au-dessus de l’Angleterre.

Il a dit qu’en mai 1941 une “marque peu commune” de 30 mètres de long en forme de lettre “G” a été repérée par la RAF dans un champ de céréales au Pays de Galles du sud, et il y a eu une enquête du MI5. Les enquêteurs ont découvert que c’était le fermier lui-même qui avait créé le signe avec de l’orge en surplus qu’il avait semée transversalement à travers un champ de blés croissant en avril, afin de pouvoir rendre une machine agricole à son propriétaire. Il y a eu un rapport écrit par le MI5, qui se terminait par : “Il a été d’accord pour passer la charrue sur la présente partie du champ, [et] puisqu’une solution satisfaisante avait été trouvée, l’incident a été considéré clôt.”

Il a dit qu’en dépit des centaines de rapports décrivant des lumières clignotantes et les inscriptions mystérieuses dans les champs et sur les poteaux télégraphiques entre 1940 et 1941, les enquêteurs du MI5 n’ont pas trouvé un seul exemple d’oeuvre d’espions allemands.

Alors… des crop circles en Angleterre durant la deuxième guerre mondiale ?

Ignorons que les enquêteurs du MI5 n’ont pas identifié un seul exemple de réalisation d’espions allemands. Après tout, je ne puis pas prouver cela, je ne puis pas révéler ma source ou donner un document.

Mais…

Les “experts” en crop circles et leurs fans prétendent qu’il y a un vrai mystère des crop circles parce que des crop circles ne sont pas faits par des hommes avec les outils ordinaires. Ils disent que des crop circles sont faits par des extraterrestres, des anges, des OVNIS, des boules de lumière, des entités démoniaques, des forces psychiques, Dieu, des rayons laser, l’Esprit de la Terre, et autres choses de ce genre. Mais pas tous par des hommes ordinaires avec des outils ordinaires.

Et bien, je le demande : comment des crop circles faits par des espions allemands comme messages ou repères pour leurs pilotes seraient-ils des preuves de telles théories ? Où est l’évidence que ces prétendus crop circles, si même ils avaient existé, sont extraterrestres ou paranormaux, ou quoi que ce soit de ce genre ?

Et si des espions allemands avaient réellement créé de telles marques, ne seraient-elles pas plutôt encore une évidence que des crop circles sont faits par les hommes, dans ce cas-ci les espions allemands ? Qu’est ce qu’il y a d’extraterrestre ou de paranormal là-dedans ?

Ce que nous avons ici, encore une fois, est une affirmation “d’évidences” de mystérieux crop circles dans le passé qui n’a ni la réalité ni la portée qu’on veut lui donner. (P. Gross)

 

5. N’y a-t-il donc eu aucun crop circle avant la période Bower/Chorley ?

Pour Patrick Gross, « les premiers crop circles ont été faits à genoux en poussant une lourde barre de métal, puis la planche à cordelette a été inventée, permettant un travail debout plus rapide et moins fatiguant ». Par ailleurs, d’autres outils sont parfois utilisés, tels que des rouleaux de jardinier.

DougBower5Pour Patrick Gross, les crop circles ont été inventés en 1978 par Doug Bower et Dave Chorley, et le « phénomène » a donc vraiment commencé avec ces deux individus, lesquels voulaient faire croire à des atterrissages de soucoupes en 1978. C’est ensuite devenu, ajoute-t-il, un art paysager plus ou moins clandestin. Il affirme qu’il n’y a rien, avant cette période, qui puisse réfuter cela.

DougBowerBower avait vécu en Australie et avait entendu parler des affaires de “nids de soucoupes” qui avaient eu lieu là-bas, des cas dans lesquels un OVNI allégué a été vu. Et, ensuite, un cercle, vite appelé “nid de soucoupe”, a été trouvé. Le premier de ces cas, en 1966, était le célèbre “nid de soucoupe de Tully”, près d’une localité appelée Horseshoe Lagoon. Un fermier y avait vu un OVNI partir dans le ciel, et en dessous de l’emplacement où l’objet avait été repéré en train de planer, il a trouvé qu’il y avait un secteur rond dégagé dans la végétation du marais. L’eau dans ce secteur circulaire tournait lentement et semblait être complètement débarrassée de ses roseaux. Le fermier était passé au même endroit environ trois heures plus tôt, à 4 mètres, et ce rond n’était pas là. Plus tard ce jour, le fermier est revenu le long de la voie et s’est arrêté pour une autre inspection. Il a découvert que le secteur dégagé de la surface de la lagune n’était plus visible. Au lieu de cela, il y avait une masse flottante des roseaux, d’approximativement 30 pieds de diamètre, qui était apparemment venue sur la surface de la lagune pendant le temps où il avait été absent. La masse flottante de roseaux et d’herbes était distribuée en un arrangement à peu près radial, dans le sens des aiguilles d’une montre. Le fermier a noté que les roseaux étaient tout à fait verts dans cette masse, comme l’étaient tous les roseaux environnants dans la lagune. Le périmètre externe de la masse flottante était poussé vers le bas nettement, comme s’il avait été dentelé par une forme inversée massive de soucoupe, avec un centre circulaire d’environ 6 à 8 pieds de diamètre. nid-soucoupeLe fermier a raconté son histoire, a montré ce rond à d’autres, des photographies ont été prises, l’Armée de l’Air Royale Australienne a mené une enquête, plus de détails ont été découverts sur place : à environ 6 pieds au nord du “nid”, une parcelle rectangulaire d’herbes de marais couchées, d’approximativement 5 par 6 pieds, avait été coupée au niveau de l’eau et complètement arrachée. Des contrôles sous l’eau ont révélé trois grands trous dans le fond boueux de la lagune sous le rond, suggestifs, pour certains, d’un OVNI ayant eu un train d’atterrissage à trois pieds, et d’autres “nids de soucoupe” ont été trouvés dans la lagune. Ainsi, ces nids de soucoupe ont reçu de la publicité dans la presse, et n’importe quel cercle indépendant, dans les champs ou n’importe où, trouvé plus tard, est devenu associé aux OVNIS (comme étant des traces de l’atterrissage de soucoupes).

DougBower2Quand Doug Bower s’est de nouveau installé en Angleterre et a rencontré Dave Chorley, ils sont vite devenus bons amis, et en 1978 ils ont décidé de faire des ronds dans les champs pour faire croire aux gens que des soucoupes avaient débarqué. Ils ont fait cela, d’abord en vain puisque peu de gens les ont vus, mais par la suite ils en ont créé un qui était facilement visible depuis la route voisine, et la folie des crop circles a commencé. Ils avaient fait de simples ronds au commencement, parce que les soucoupes étaient censément rondes. Cela n’a pas eu beaucoup de succès dans le monde de l’ufologie au départ. Tandis que les médias titraient sur des atterrissages de soucoupe et de petits hommes verts, les premiers ufologues qui ont étudié les crop circles, comme Ian Mrzyglod et son groupe Probe, n’ont trouvé aucune évidence que les ronds auraient été causés par des soucoupes volantes. Mrzyglod s’est demandé s’ils pourraient être provoqués par le vent et il est entré en contact avec un météorologiste à ce sujet. Il s’agissait du Dr. Terence Meaden, un météorologiste vivant à Trowbridge, qui avait ‘‘débunké’’ par le passé un rapport d’OVNI qui était en fait juste un phénomène de parhélie. Meaden avait étudié la physique, il a eu son doctorat, mais il avait développé un intérêt pour la météorologie, et particulièrement les tornades et les tourbillons. Après l’édition d’un livre sur ce sujet, plein d’anecdotes au sujet des vaches soulevées de terre par des tornades et ainsi de suite, il avait créé un petit groupe composé de météorologues professionnels et amateurs qui étaient également fascinés par les tornades : la ‘‘Tornado and Storm Research Organization’’ (ou TORRO). Meaden en publiait le journal, ‘‘The Journal of Meteorology’’, ou “J-Met”. En dépit du nom imposant, ce n’était pas du tout un grand journal scientifique professionnel de la météorologie, mais plutôt un bulletin d’amateur publiant la plupart du temps des rapports de tornades, des anecdotes sur les tornades, des singularités météorologiques, et occasionnellement un article scientifique.

Après avoir lu le rapport de Mrzyglod, il est allé sur place, en automne, quand les cercles étaient encore à peine visibles, car le champ avait été moissonné. Il a répondu à Mrzyglod que cela pourrait effectivement avoir été créé par des tourbillons, et il a publié dans son ‘‘J-Met’’ un article intitulé la “Spirale mystérieuse dans un champ de céréales du WILTSHIRE”.

Doug-Bower-newsBower et Chorley ne savaient alors rien de tout ceci. Ils n’ont pas lu le journal qui avait rapporté leurs trois premiers crop circles, et leur farce n’ayant obtenu aucune attention, ils étaient prêts à abandonner. Mais ils ont fait un dernier essai en 1981 avec trois cercles à un endroit appelé le “Devil’s Punchbowl” à Cheesefoot Head, un endroit fortement visible (…). Les fermiers ont soupçonné que cela était causé par des hélicoptères, mais Meaden a cru que ces cercles étaient provoqués par des vents tourbillonnaires. Bower et Chorley en ont entendu parler et ont décidé de se payer la tête du scientifique. Ils ont créé des ronds multiples, géométriquement et symétriquement placés, des “triplets”, des “quadruplets” et des “quintuplets” (…). Mais Meaden a prétendu que sa théorie expliquait aussi cela, il a assuré que les tourbillons de vents peuvent créer de tels arrangements symétriques. Ce petit jeu a continué, Bower et Chorley créant un “crop triangle”, puis ajoutant des lignes à leurs ronds, créant des ronds au sommet des collines après que Meaden eusse déclaré que la théorie du vent était prouvée par le fait que les crop circles étaient toujours dans les creux de terrain, créant des crop circles dans le sens contraire des aiguilles d’une montre après que Meaden eusse déclaré que sa théorie était prouvée par le fait que les crop circles sont toujours dans le sens des aiguilles d’une montre. Quand des gens ont dit avoir vu des ‘‘lumières’’ ou des ‘‘OVNIs’’ dans les crop circles, Meaden a indiqué que les vortex de vent peuvent créer des plasma lumineux. Etc.

En attendant, des visiteurs de crop circles, des curieux, des chercheurs et enquêteurs, se sont mis à se demander s’ils pourraient créer eux-mêmes de tels crop circles. Certains ont pensé que cela devait être impossible, mais tous ont découvert que c’était tout à fait faisable. L’étape suivante a été de faire de plus en plus de figures “complexes”, parce que certains “experts en crop circles” arguaient que les cercles simples peuvent être des canulars, mais pas les plus complexes. Et, logiquement, c’est devenu un art. D’un canular d’atterrissage de soucoupe, c’est devenu un art utilisant les champs comme toile à peindre. Avec une concurrence entre les fabricants de crop circles, les équipes de fabricants de crop circles. Qui ferait le prochain crop circle dont on parlerait, le plus grand, le plus “impossible à faire” ?

Maintenant, les experts en matière de crop circles affirmaient qu’il y a des crop circles partout dans le monde. Ils ont dit cela parce que Bower et Chorley venaient de révéler qu’ils ont inventé les crop circles. Les “experts” ont menti, prétendant que Bower et Chorley auraient dit avoir fait tous les crop circles en Angleterre et dans le monde entier. Ils n’ont jamais dit cela, ils ont en réalité dit qu’ils ont été les premiers à en faire en Angleterre en 1978 et que d’autres gens s’y sont mis ensuite : quand ils étaient dans leurs propres crop circles, ils rencontraient souvent des “experts” et des touristes d’autres pays qui s’émerveillaient des crop circles et se demandaient s’ils pourraient essayer d’en faire dans leurs propres pays, et c’est pourquoi quelques crop circles sont par la suite “apparus” dans d’autres pays aussi. (P. Gross)

« Mais, en 1990, une bombe avait éclaté sur les fans de crop circles. Bower et Chorley avaient révélé qu’ils sont à l’origine de la folie des crop circles. Ils ont montré qu’un cercle qu’ils ont créé a été appelé “non fait par les hommes” par “l’expert” Pat Delgado. Le mystère était résolu ! Aucun tourbillon, aucun OVNI, aucun extraterrestre, juste deux farceurs !

Beaucoup des “experts en crop circles” ont alors honnêtement laissé tomber l’affaire, mais ceux qui assuraient leurs revenus grâce à eux, vendant des livres, des conférences, des CD Roms, n’étaient pas prêts à abandonner. Ils ont dû contre-attaquer. (P. Gross)

Appelant Doug Bower et Dave Chorley des “menteurs” ou des “alcooliques”, ces « experts » prétendaient qu’ils étaient des complices d’une opération de désinformation de la CIA. S’il y avait eu des crop circles avant que les deux farceurs se mettent à en faire, disaient-ils, cela “prouverait” que tous les crop circles ne sont pas des farces, cela “prouverait” que certains d’entre eux sont vraiment faits par des extraterrestres.

nid-soucoupeEt cela a très bien fonctionné. Puisque leurs admirateurs, leurs lecteurs, ne savaient pas grand chose sur le sujet, parce qu’ils ont cru à leurs mensonges au sujet de Bower et Chorley, parce qu’ils ne savaient rien au sujet du vent et de toute autre explication des prétendus crop circles anciens qui ne méritaient même pas d’être appelés ainsi, ils ne se sont pas rendu compte que le nid de soucoupes de 1966 à Tully pourrait bien avoir été créé par des extraterrestres, mais qu’il n’avait aucune ressemblance avec les crop circles ! Les nids de soucoupe à Tully ont été peut-être faits par des extraterrestres, mais les crop circles qui ont commencé à “apparaître” en Angleterre en 1978 ne l’étaient pas, ils ont été réellement créés par “Doug et Dave”, comme farce… inspirée justement par les nids de soucoupes de Tully ! (P. Gross)

J’ai déjà rapporté, dans un autre texte, cette argumentation de Patrick Gross, mais il faut relire, pour la nuancer ou la contrecarrer, divers passages de mes textes sur les crop circles, et notamment celui sur les hypothèses explicatives.

Bien sûr, pour ceux qui, comme Patrick Gross, clament que les crop circles sont « nés » avec les retraités Doug Bower et David Chorley, il ne peut pas y avoir d’agroglyphes antérieurs aux années 1970 :

Doug Bower et Dave Chorley avaient montré devant les caméras comment faire un crop circle, piégeant “l’expert” Pat Delgado qui l’avait déclaré “authentique”. Bower et Chorley avaient expliqué qu’ils avaient commencé à faire ces cercles en 1978 comme un canular amusant : ils voulaient faire croire que des soucoupes volantes s’étaient posées. Ils avaient expliqué que d’autres s’y étaient mis, que les simples ronds censés être des céréales aplaties par la masse de soucoupes volantes étaient devenus une forme d’art. Les “experts” avaient évidemment d’abord été totalement désarçonnés, certains ont laissé tomber l’affaire, mais la plupart de ceux dont le “mystère des crop circles” constituait une source de revenus n’allaient pas baisser les bras. C’est donc avec ravissement qu’ils mettaient en avant l’histoire du “Diable Faucheur” : puisque ce crop circle remonte à des siècles, les crop circles ne sont pas tous faits par “Doug et Dave”, il y a eu et il reste des ”crop circles authentiques”… (P. Gross)

Des “experts” en crop circles ont dupé des fans de crop circles, des ufologues et des “New Ageux”, dans leur besoin désespéré de prouver que les crop circles ont existé avant que Doug Bower et Dave Chorley ne les aient réellement inventés, parce qu’ils veulent arguer du fait que les deux hommes ne pourraient pas les avoir inventés s’il existaient depuis des siècles. Ainsi, ils s’accrochent à n’importe quel récit ancien quand bien même il n’y est pas vraiment question de crop circle. Ils sont seulement parvenus à trouver des fables qu’aucune personne sensée ne pourrait prendre pour des rapports authentiques de ‘‘crop circles authentiques”, et ces “anciens” crop circles ont seulement une ressemblance superficielle à ceux que Doug Bower et Dave Chorley, suivis d’une génération de farceurs et d’artistes, ont créé. (P. Gross)


– Au fait, qu’est-ce qu’un crop circle ?

Des difficultés surgissent au cours de la discussion sur les crop circles parce qu’il n’y a aucune définition claire et consensuelle de ce qui est ou n’est pas un crop circle.

Un grand nombre de traces sur le sol sont appelées crop circles. Par exemple, si quelqu’un trouvait des traces d’un cercle dans le sable sur une plage sans traces de pas qui y entrent ou sortent, certains “experts” en crop circles l’incluraient aisément dans leur “base de données des crop circles”. Mais est-ce qu’un crop circle n’est pas censé être dans les champs de céréales cultivés ? Devons-nous accepter que toute chose étrange au sol soit un crop circle ? Et ces ‘‘snow circles’’ ? Au moins ne sont-ils pas appelés crop circles, mais ‘‘snow circles’’, mais pour moi les mêmes causes sont au travail là : un canular ! Alors, les cercles de neige devraient-ils être appelés crop circles ? Qui définit tout ceci, comment est-ce que quiconque pourrait forcer tout le monde à adopter une même définition ?

L’état des choses est réellement complètement confus. Et je ne suis évidemment pas du tout dans la position de forcer n’importe qui à adopter n’importe quelle définition.

Que diriez-vous des nids de soucoupes de Tully ? Ils avaient été appelés “nids de soucoupes”, et les nids de soucoupes étaient, pour tout le monde, des traces alléguées provoquées en une certaine végétation par des soucoupes atterries. C’était tout à fait clair. Juste parce qu’un nouveau “phénomène” de crop circles est apparu des décennies plus tard, doit-on maintenant appeler les nids de soucoupes de Tully des crop circles ? C’est bien ce que les “experts” en crop circles voudraient. Puisque ce qui a initialement été appelé les crop circles a été totalement ‘‘debunké’’, ils sont dans la position désespérée de devoir rebaptiser crop circles des choses qui n’avaient jamais été des crop circles. Ils fouillent dans la littérature ufologique, cherchant des cas de traces d’OVNIS ou de traces alléguées d’OVNIs, et les appellent crop circles. Ils trouvent quelque vieille histoire de sorcières dansant en rond dans un champ et l’appellent crop circle, même si le crop circle (allégué) est en réalité un cercle de traces de pas. Le récit du “Diable Faucheur” raconte que le diable a mis le feu à un champ et a fauché la récolte. Est-ce un crop circle ? Est-ce que des crop circles ne sont pas censés être des céréales aplaties, et pas un champ en feu et une récolte fauchée ? Des “Ronds de sorcières” sont provoqués par la croissance souterraine ou à l’air libre de champignons, est-ce ce que ce sont aussi des crop circles ?

Ne laissez pas les “experts” vous jeter dans la confusion avec tout ceci, ne les laissez pas vous duper ! (P. Gross)


– Un crop circle avant les années 1970 ?

Ainsi que l’a montré plus haut Patrick Gross, les cas allégués de crop circles précédant les années 1970 (ceux de 1590, de 1678 et de 1880) n’entrent pas réellement dans la catégorie des agroglyphes. On ne peut donc pas sérieusement se fonder sur ces cas pour soutenir l’existence de crop circles avant les années 1970, sauf peut-être en ce qui concerne les formations alléguées de la Seconde Guerre mondiale, lesquelles n’ont qu’une origine purement humaine. Néanmoins, voici un témoignage remontant à 1946. Je reproduis ici mon texte qui se trouve dans « Les crop circles. (10) Les hypothèses explicatives » :

Il existe quelques cas d’observation visuelle de la formation de crop circles. Voici un exemple particulièrement intéressant, d’autant plus qu’il remonte à… 1946, bien avant l’époque des « papys farceurs » ! Ce cas est relaté par Andreas Müller.

Cela s’est donc passé durant l’été 1946, à Welspang, dans le Schleswig-Holstein. Le temps était « agréablement chaud », avec un ciel sans nuage et pas le moindre souffle de vent. Le témoin, H. Lagies (qui vivait au Canada au moment de la parution du livre d’Andreas Müller), marchait sur un chemin de terre qui le conduisait vers une petite hauteur d’où il pouvait bien voir le champ à côté de lui. Soudain, il entendit « un sifflement doux mais clair, accompagné d’une légère brise qui agitait les haies en bordure du champ ».

crop-circle-colonne-airble-courbe-champs-crop-circle« Puis je remarquai, à environ 25 mètres sur ma gauche, dans le champ, une colonne d’air, haute d’abord d’environ 3 mètres, qui s’agrandit jusqu’à peu près 18 mètres et à l’intérieur de laquelle les plantes étaient aplaties contre le sol dans un mouvement tourbillonnaire s’effectuant dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. L’instant d’après, apparurent successivement quatre autres colonnes d’air disposées à 90° les unes des autres autour du tourbillon central, et à une même distance d’à peu près 2 mètres de celui-ci. Chacune était d’un diamètre d’environ 1,50 mètre. » (H. Lagies)

L’une des colonnes disparut peu de temps après, tandis que les autres grandirent en hauteur et rejoignirent la colonne centrale à dix-huit mètres de haut.

« Lorsque leurs sommets se touchèrent, l’ensemble se mit à tourner et à tourbillonner avec force pour disparaître vers le haut dans un seul tourbillon s’évasant vers le bas. Après une ascension d’environ 80 mètres, le tourbillon disparut à ma vue. Il ne resta qu’une légère brise venue de différentes directions et l’empreinte claire de trois cercles satellites, ainsi que d’un quatrième, plus pâle, autour d’un gros cercle central. » (H. Lagies)

(Andreas Müller, « Crop circles », éditions Véga, 2003, p. 63-64.)

Et ce cas-là n’est pas le fait « d’espions allemands » (voir plus haut), par exemple !

Ceci dit, on peut faire l’observation suivante :

Il n’est pas nécessaire de s’appuyer sur des cas « anciens » pour défendre l’existence d’un authentique « phénomène de base », d’origine « exotique », dans les formations céréalières, ce phénomène étant évidemment parasité par de nombreux « faiseurs de cercles » humains. On peut penser, en effet, que le phénomène réel date seulement de notre époque (après les années 1960), ce qui n’exclut pas l’éventuelle existence de quelques rares cas plus anciens, comme semble le suggérer le témoignage, daté de 1946, que je viens de relater. Voici, à ce propos, l’information reçue par Anne Givaudan :

Anne-Givaudan-crop-circle“Ces superbes dessins géométriques apparaissent plus régulièrement depuis plusieurs années, dans les champs de blé notamment, d’où leur nom. Certains d’entre les hommes pensent à un canular monté par quelques-uns, d’autres pensent à des messages extraterrestres. Alors, vois-tu, il y a ces deux possibilités, et je sais que cela t’étonne car tu connais nos facilités à créer de tels dessins et tu ne mets pas en doute l’origine de ces cercles. Ecoute bien ! Certains parmi les habitants des planètes de l’alliance, ou planètes confédérées, ont décidé de proposer aux êtres de la Terre une marque tangible sur laquelle ils puissent œuvrer. Après de longues réunions et de nombreuses concertations, il fut décidé que des marques seraient laissées visibles aux yeux de tous et difficiles à recréer artificiellement. Ces dessins devaient, en outre, avoir des particularités exceptionnelles, dont la création d’ondes de forme sur des kilomètres à la ronde, et ils devaient contenir des données accessibles aux plus grands scientifiques de votre époque. Ces données, une fois découvertes, permettraient de concevoir une existence hors de la Terre avec beaucoup plus de facilité. Elles touchent notamment le domaine de la physique nucléaire et concernent l’espace-temps et la composition subtile du corps humain. Ces découvertes vont révolutionner bien de vos schémas médicaux et aussi les données de votre physique actuelle. Les crop circles ont donc ainsi fait leur apparition. Mais les forces de séparation veillaient, et à l’aide des plus doués de leurs inventeurs elles purent reproduire des images analogues qui créent une confusion plus grande encore parmi les supporters et les détracteurs de ces figures géométriques. Il manque cependant aux dessins fabriqués par ces forces contraires des éléments qu’elles ne peuvent encore connaître. L’un des éléments manquants entraîne la destruction de toute forme de vie là où il apparaît. Les crop circles fabriqués par les plus doués de vos scientifiques ne seront jamais que des images vides d’énergie et de sens ; mais que cela ne vous inquiète pas, il y en a peu de la sorte… Juste de quoi créer le doute et la division.” (« Alliance », éditions SOIS, 2000, p. 131-133)

On peut donc penser que le phénomène est « moderne » et non pas ancien, contrairement à ce qu’ont déclaré (et déclarent) certains auteurs pas très « regardants » sur la pertinence des « vieux » cas allégués. Quant aux éléments suggérant fortement l’existence de « vrais crop circles » (et qui ne sont donc pas d’origine humaine), je renvoie notamment à mon texte sur les hypothèses explicatives. Je rectifie, pour ma part, la déclaration de la “personne particulière” ayant informé Anne Givaudan : il n’y a pas peu de faux crops, mais beaucoup ! Voyez mon texte : “Les crop circles. (8) Les crop circles sont, pour la plupart, d’origine humaine”, ainsi que sa suite : “Les crop circles. (9)…” Quant aux crop circles fabriqués par les plus doués de nos scientifiques, je ne vois pas à quoi fait référence la personne ayant informé la “décorporée”, sachant que ce ne sont pas des scientifiques qui créent dans les champs ces figures géométriques, mais de simples “quidams” férus de “land art”

Alain Moreau

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