Les crop circles (4) La critique de Patrick Gross. 1ère partie

 avalonLa théorie “rationnelle”, à propos des crop circles, est bien sûr celle qui les attribue à des mystificateurs et à des artistes du paysage. Nombreux sont les individus qui considèrent que cette théorie a été démontrée. Les grands médias, qui diffusent cette « vérité », sont d’ailleurs largement responsables de cet état d’esprit, et les rationalistes et autres « zététiciens » n’ont donc pas de difficultés à imposer cette « évidence ». Quant aux ufologues, ils sont divisés. La plupart soutiennent néanmoins l’opinion dominante relative aux artistes du paysage. Parmi ces ufologues, il y a par exemple Jacques Scornaux et Patrick Gross. D’autres ufologues, comme Joël Mesnard et Gildas Bourdais, ont une conviction plus nuancée. Ils reconnaissent l’existence d’un lien entre certains crop circles et des observations de type OVNI…

Le présent texte s’intéresse plus particulièrement à l’argumentation de Patrick Gross, celui-ci étant l’un des ufologues convaincus de l’origine purement humaine de la totalité des crop circles. Il a notamment été invité sur l’antenne de Sud Radio, le 19 août 2006, pour évoquer ce sujet dans le cadre de l’émission de Louis Benhedi : « Les aventuriers de l’etrange ». Peu de temps avant, en mai 2006, Patrick Gross avait participé, sur une liste de discussion d’ufologie en France, à un débat sur les crop circles. Il a présenté l’information et les arguments qui, écrit-il, « indiquent que les crop circles sont faits par des artistes bien humains ». Son argumentation était développée sur son site :

S’agissant des anomalies revendiquées par les tenants de l’origine “non-humaine”, cet ufologue soutient que les anomalies constatées sur les plantes sont normales. C’est, dit-il, l’interprétation de ces anomalies par William Levengood qui est fausse.

Il note que William Levengood et Eltjo Haselhoff n’ont pas conclu qu’il est prouvé que des ondes sont responsables de ces anomalies. Ils disent seulement que ces anomalies sont compatibles avec l’action de ce qui pourrait être des micro-ondes. Patrick Gross prétend, lui, que ces anomalies sont « surtout parfaitement compatibles avec un écrasement des plantes par des hommes ». Il ajoute que l’inexistence « de la moindre trace de l’action de ces ‘‘ondes’’ dans le sol et sur les animaux et insectes rend très indéfendable que ce soient des ondes qui aient créé les anomalies des plantes ».

Il précise qu’en 1993 Colin Andrews avait rapporté que les recherches de William Levengood avaient été niées par la biologiste allemande Susanne Lenzner, laquelle déclara avoir reproduit l’effet sur les parois des cellules dans des plantes piétinées par des pieds, des dégâts du vent, etc. Elle prétendit aussi que les nœuds gonflés ne sont pas anormaux, mais formés par un processus naturel qui est entièrement compris.

Pour les sceptiques, c’est très simple : pour entrer dans le champ, les “faiseurs de cercles” utilisent les chemins créés par les machines agricoles (les « tramlines »).

Il arrive que des “faiseurs de cercles” qui n’ont rien à voir avec la réalisation d’un agroglyphe prétendent l’avoir réalisé. Dans le monde des équipes concurrentes de « land artists », le mensonge et l’intoxication règnent. Ils ne peuvent pas non plus formellement revendiquer les formations faites en toute illégalité puisqu’ils auraient des ennuis avec la justice. Selon Patrick Gross, les faussaires « veulent le prestige et savent que s’il devient trop évident que tous les cercles sont des faux, plus personne ne prêtera attention à leur travail ». Ils ne veulent pas « tuer le mystère » tout en faisant connaître leur talent. Dans le cas contraire, leurs figures ne rempliront plus de livres, ne seront plus montrées sur Internet ni à la télévision.

Patrick Gross précise que William Levengood a usurpé le titre de ‘‘docteur’’, « hélas pour sa crédibilité ». On peut cependant noter que William Levengood n’est pas le seul à s’être intéressé à l’étude scientifique des crop circles. Outre William Levengood, ont ainsi participé à l’étude réalisée sur le crop circle trouvé le 21 septembre 1999 à Edmonton (Alberta, Canada) : la géologue Diane L. Conrad, le géochimiste/minéralogiste Sampath S. Lyengar, l’ingénieur chimiste/statisticien Ravi Raghavan, le géologue/minéralogiste de l’argile Robert C. Reynolds. Tout ne repose donc pas sur William Levengood, ce dernier ayant tout de même un M. S. en biophysique de l’Université du Michigan et un M. A. en sciences biologiques de la “Ball State University”.

 

1. Des formations “explicables” :

Sur son site Web, Patrick Gross s’est efforcé de montrer que certains agroglyphes, réputés être d’origine “non- humaine”, sont en fait explicables en termes d’action humaine. Il en donne quelques exemples, dont « The Julia Set » (7 juillet 1996) et « L’abeille » de Milk Hill (juin 2004).

 

“The Julia Set”, 7 juillet 1996, Stonehenge :

indexLes spécialistes des crop circles ont été divisés quant à l’authenticité ou non de la formation “Julia”. Janet Ossebaard, Eltjo Haselhoff, Andreas Muller et William Levengood ont penché pour l’authenticité de la formation. Parmi les tenants de l’origine simplement humaine, Patrick Gross range Paul Vigay, Michael Lindemann et Colin Andrews. Patrick Gross précise que Colin Andrews a attribué la formation à Robert Irving et à des faussaires que le « céréalogiste » connaissait. Cette déclaration est pour le moins surprenante car, si je me réfère à un livre de Colin Andrews (et Stephen Spignesi), paru début 2007 (la publication britannique originale étant datée de 2003), ceci n’est pas exact. L’auteur britannique écrit en effet que l’un des arguments les plus convaincants de l’authenticité de l’Ensemble de Julia « est que des personnes honnêtes et respectables attestèrent de son apparition presque instantanée ». Cette formation commence par un cercle, se déplace en spirale à partir de ce cercle central par des cercles plus petits augmentant progressivement en diamètre, jusqu’à atteindre la taille d’un grand cercle, puis ces cercles se déplacent de nouveau en spirale par des cercles allant en se rétrécissant. Des cercles « lune » minuscules sont en orbite autour de chacun des cercles de l’Ensemble, cette formation imitant la spirale créée par le Nombre d’Or dans la nature.

crop-circle-Ensemble-de-JuliaA propos de cette formation, Patrick Gross a réalisé des tableaux afin de montrer que les auteurs ayant évoqué ce cas ont donné des nombres différents pour la longueur et la largeur de la formation, pour le nombre de cercles, etc. Ils sont aussi en désaccord sur le temps de réalisation de la formation, sur les gens qui ont découvert celle-ci, etc. Des 31 points d’étrangeté potentiels pour la formation “Julia”, Patrick Gross a conclu, de son analyse, qu’il n’y en a que 9 qui pourraient s’y appliquer, et que de ces 9 points il n’y en a aucun qui prouverait que la formation n’a pas été faite par des hommes. En outre, cette formation, contrairement aux apparences, n’est pas parfaite.

Colin Andrews, quant à lui, précise qu’un pilote survolait le champ à 17 heures 15 dans la direction de Stonehenge, un docteur se trouvant à bord ayant réservé ce vol afin de photographier le site archéologique. Aucun des deux hommes ne remarqua quoi que ce soit dans le champ à ce moment-là. Aux alentours de 18 heures, ils survolèrent le champ à nouveau pour revenir à l’aéroport, et c’est alors qu’ils aperçurent la formation. A 18 heures 15, la police commença à recevoir des appels à propos de celle-ci. Les partisans de la “non-authenticité” de ce motif affirmèrent qu’il avait été réalisé la nuit précédente, que personne ne l’avait remarqué avant 18 heures le jour suivant, et que cette formation, de 180 mètres, fut réalisée en quelques heures à peine. Parmi les arguments avancés par Colin Andrews en faveur de l’authenticité de l’Ensemble de Julia, il y a ceux-ci :

L’Ensemble de Julia était clairement visible à partir de l’autoroute située à proximité du champ, et il est donc difficile de croire que personne n’a vu la formation pendant un jour entier.

Le site de Stonehenge, qui se trouve de l’autre côté de la route par rapport au champ où la formation est apparue, est gardé par plusieurs agents de sécurité. Alors qu’ils pouvaient apercevoir le champ de l’endroit élevé où ils se trouvaient, ils ne purent voir le motif qu’après 18 heures, le jour de son apparition. Colin Andrews a parlé à ces agents, et ceux-ci ont confirmé n’avoir remarqué rien de spécial dans le champ jusqu’à 18 heures.

Des officiels du Ministère de la Défense ont confirmé à Colin Andrews que le premier témoignage concernant le motif fut obtenu, ce jour-là, après 18 heures 30.

David Probert, un ingénieur qui enquêta et surveilla le site à la requête de Colin Andrews, utilisa un équipement à infrarouge pour mesurer et évaluer la formation, et il assura au « céréalogiste » qu’il lui aurait fallu à peu près deux jours pour réaliser le dessin tel qu’il se présentait dans le champ.

crop-circle-Ensemble-de-Julia2Le cercle central de l’Ensemble de Julia est directement aligné avec le cercle formé par la formation de Stonehenge, « et cette ligne invisible passant au travers de la formation de cercles et Stonehenge est alignée au pôle magnétique nord de la Terre ». Il semble improbable, écrit Colin Andrews, que ce méticuleux alignement soit une pure coïncidence et que des falsificateurs se soient embarrassés à exécuter les calculs nécessaires pour réaliser un tel ajustement.

Le biophysicien William Levengood a observé des changements biophysiques au niveau cellulaire des plantes issues de la formation de l’Ensemble Julia, qu’il pensait ne pas pouvoir avoir été causée par des falsificateurs. Une analyse indépendante faite aux Laboratoires Agricoles de Springborn (Massachusetts) mit en évidence une réduction équivalant à cinq fois moins de quantité de pesticides dans les plantes issues de l’Ensemble de Julia. Ces deux résultats, note Colin Andrews, sont incompatibles avec des plantes foulées aux pieds ou par des planches de bois.

Colin Andrews précise qu’un ami de l’ancien Président russe Mikhail Gorbatchev, qui travaillait en collaboration avec l’Institut de Thérapie Résonnante en Allemagne, a conçu une expérience dans laquelle « l’énergie orgone » de l’Ensemble de Julia fut quantifiée puis transférée à des fréquences de résonance spécifiques sur les plantes en Russie. On constata, dit-on, une nette amélioration au niveau de la croissance et de la santé des plantes testées. Ce procédé aurait depuis été appliqué aux plantes en péril dans d’autres pays, avec des résultats positifs. Il est fort possible, commente Colin Andrews, que les crop circles authentiques fassent partie d’un réseau interconnecté de « mécanismes » biologiques dont le seul but est de maintenir les formes de vie de la planète Terre. (1)

 

« L’abeille » de Milk Hill, juin 2004 :

Cette formation a été découverte par William Betts le 26 juin 2004 dans un champ en dessous de la colline de Milk Hill.

crop-circle-abeille

mouche-collee-crop-circleDes mouches mortes ont été trouvées dans cette formation.

Il y a, dans ce dessin, un défaut de construction au niveau des arcs de cercle constituant les ailes (ce qui ne constitue pas un « bon point » pour son origine “non-humaine”). Selon les calculs de Patrick Gross, pour lequel, évidemment, cette formation est d’origine humaine (comme toutes les autres), il a fallu un peu plus de deux heures avec une personne seule pour aplatir et un seul accompagnateur pour tenir le ruban utilisé. Il s’agit là de l’option « la plus pessimiste », celle d’une équipe de deux personnes, dont une seule aplatit avec une seule planche de seulement un mètre de large.

 

2. Arguments contre l’origine “exotique” ou “paranormale” :

Voici l’argumentation de Patrick Gross contre les allégations de certains « croyants » à l’origine extraterrestre ou « paranormale » de certains agroglyphes :

Les fameux champs magnétiques allégués sont ténus, et il n’y a rien qui agite les boussoles. Il s’agit simplement de la détection par des appareils ultrasensibles du magnétisme naturel des poussières ferreuses des micrométéorites qui tombent aussi bien dans les crop circles qu’à côté.

L’objection est intéressante, mais il faudrait une étude pour la valider.

Les histoires de batteries qui se vident (dans des crop circles) sont des coïncidences montées en épingle. Les « croyants » n’écoutent jamais les gens qui disent que leur batterie ne s’est pas vidée, mais quand quelqu’un dans un crop circle a sa batterie de caméra vide, « ils en font tout un pataquès et vous font croire que cela se produit tout le temps ».

Cette objection semble pertinente, mais rend-elle compte de tous les cas ? Je rappelle ce qu’Eltjo Haselhoff dit à propos de sa propre expérience dans ce domaine :

Un jour, Eltjo Haselhoff a constaté que ses enregistrements vidéo d’un agroglyphe ont été perturbés. Au même endroit, son Minolta 7000i n’a produit que des photos surexposées, et uniquement à l’intérieur de la formation. Les photos prises à l’extérieur de l’agroglyphe étaient correctement exposées. L’appareil n’a ensuite pas eu de problème de fonctionnement pendant deux ans, jusqu’à la photographie d’une autre formation. Le moteur d’avancement du film s’était alors bloqué. Depuis, Eltjo Haselhoff n’a pas rencontré d’autre problème, à l’exclusion de la présence, en plusieurs occasions, d’étranges points noirs sur les photographies d’agroglyphes, en particulier sur les films infrarouges. La montre (de haute qualité) d’Eltjo Haselhoff a retardé d’un quart d’heure ou plus, certains jours où il travaillait dans des agroglyphes.

Notons également qu’il n’est pas surprenant, si cet effet existe réellement, que celui-ci ne soit pas constaté dans tous les crop circles, puisqu’il est avéré que beaucoup d’entre-eux sont effectivement fabriqués par des plaisantins.

Seuls quelques scientifiques, écrit Patrick Gross, « qui ne comprennent rien aux crop circles », les attribuent à de possibles effets fantastiques de micro-ondes réfutées par ailleurs, les anomalies des plantes, comme l’allongement des noeuds, étant parfaitement naturels.

dilatation-tige-crop-circle– Selon Patrick Gross, l’allongement des nœuds se produit quand la tige, après avoir été couchée, tente de se redresser. Une preuve que Patrick Gross dit avoir trouvé à ce sujet est celle-ci : sur des plants de son jardin, ce sont bien les tiges coudées qui ont un allongement de leurs nœuds, et pas les tiges droites. Et bien entendu, on observe cet allongement des nœuds dans les crop circles où les plants ont été couchés, et pas en dehors des crop circles dans le même champ sur les plants restés debout. Il ajoute que c’est ce que l’on voit sur des photos comparatives. Ces déclarations de Patrick Gross se heurtent pourtant à ce qui suit :

Gildas Bourdais a mentionné que, selon Nancy Talbott, il existe des cas de dilatation des nœuds sur des tiges encore debout et non coudées. (2) Ce qui est confirmé par Andreas Müller :

« De semblables dilatations des nœuds de croissance se produisent lorsque les tiges se redressent sous l’effet des forces gravitationnelles (gravitropisme) ou de leur tendance à s’orienter vers la lumière (phototropisme). Dans beaucoup de cas, cependant, la confusion n’est pas possible. La courbure naturelle provoquée par le gravitropisme ou le phototropisme redresse en général la plante.

Ces causes naturelles ne peuvent donc pas être invoquées pour expliquer les modifications significatives affectant les nœuds de croissance des plantes appartenant à des cercles de culture, car ces anomalies s’observent d’une part sur des plantes qui ne se sont pas encore redressées – c’est-à-dire qui sont encore couchées au sol – et d’autre part sur des plantes provenant de surfaces restées debout dans les cercles de culture, et qui n’ont donc jamais été couchées.

Ce point peut être clairement illustré à partir de l’exemple d’une figure en forme de double spirale découverte le 2 juillet 1998 dans un champ de seigle près d’Ehlen, dans le land de Hesse (BLT Lab Report, 2000).

A la différence des noeuds normaux des plantes témoins provenant du champ alentour, tous ceux des plantes couchées présentaient une dilatation significative de 32%. Presque le même pourcentage (+ 30%) s’appliquait aussi aux plantes restées debout à l’intérieur de la formation. Ce fait indique clairement que l’explication naturelle par le gravitropisme et le phototropisme n’est pas applicable, puisque ce phénomène concerne uniquement les plantes qui se sont redressées après avoir été couchées. » (3)

Bien sûr, Patrick Gross n’est pas d’accord avec ce type d’objection. Voyez à ce sujet mon texte : “Les Crop circles. (5) La critique de Patrick Gross. Deuxième partie.”

 

* Des sons dans les champs :

Les « sons étranges » entendus en 1989 par Colin Andrews et les membres du CNEGU français se sont avérés n’être émis, écrit Patrick Gross, que par un oiseau connu des ornithologues sous le nom de “locustelle”.

Dans un livre paru en France début 2007, Colin Andrews évoque ce qui lui est arrivé en 1987 lors de la visite d’un crop circle apparu dans le Hampshire. Après qu’il se soit mis à prier (« donne-moi un indice de ce qui se passe ici »…), il entendit « un étrange craquement » venant d’une distance approximative de 1 mètre 50 ou 2 mètres 50 devant lui, qui s’apparentait légèrement au bruit de l’électricité statique, « mais avec une sonorité métallique ». C’était un « son vrombissant inhabituel et continu proche du sol ». Colin Andrews écarta l’hypothèse d’un insecte et celle d’un rongeur, car l’aspect mécanique de cette sonorité était trop prononcé. Il eut peur mais, alors qu’il s’apprêtait à partir, le son s’arrêta, ce que Colin Andrews interpréta comme une réaction délibérée de l’intelligence à l’origine du cercle. Les crop circles étant des « présences douces et bienveillantes » sur Terre, Colin Andrews pense qu’une émotion opposée comme la peur a causé une réaction ayant abouti au rétablissement du silence. Les énergies positives du site étaient « en train d’être détruites » par la peur, « et la nature y répondit ». C’était évident pour lui : il avait prié pour recevoir une réponse et il l’avait reçue.

En juillet 1989, la BBC enregistra le même son des crop circles. Colin Andrews, qui possède maintenant un enregistrement de ce son, apprit que celui-ci correspondait à une fréquence de 5,2 kilohertz.

Ce qui convainquit Colin Andrews que ce son provenait bien des crop circles, ce fut l’Opération Corbeau Blanc, la première opération de surveillance des crop circles. Celle-ci eut lieu en 1989 dans le Hampshire. C’est à cette occasion que Colin Andrews entendit, pour la seconde fois, le « son étrange » d’un crop circle. Alors que les personnes présentes (dont Colin Andrews) étaient assises dans un crop circle, un son se fit entendre, l’obscurité étant totale. Celui-ci augmenta de volume et se mit à « se déplacer » autour des gens présents, lesquels furent quelque peu effrayés. Puis le son s’arrêta de se déplacer et cessa complètement. Pat Delgado se leva et marcha jusqu’au bord du “cercle”, il mit sa main gauche en forme de coupe et commença à « ramasser » de l’air au-dessus des plantes les plus proches du son, puis à pousser cette énergie dans la direction de Colin Andrews… A un moment donné, Pat Delgado marcha vers ses collègues avant de s’arrêter brusquement à quelques mètres de ceux-ci. Sa tête bascula alors vers l’arrière comme s’il allait tomber à la renverse. Son corps se pencha en arrière à un angle de 10° à 15°, et il resta dans cette position, en suspension, comme s’il était appuyé contre un coussin ou peut-être contre quelque chose de plus solide.

Pat Delgado était alors terrifié, et Colin Andrews essaya de l’aider à se redresser. Colin Andrews sentit une pression énorme tirant à l’opposé, et il avait l’impression que Pat Delgado était englué. Colin Andrews ayant continué à tirer son ami, ce dernier fut brusquement libéré. On aurait dit qu’un lien s’était brisé et que le corps de Pat Delgado s’était libéré de la force qui l’avait retenu. Au moment précis où il fut libre, le son du crop circle s’arrêta.

Le matin suivant, un sergent de police arriva en voiture pour demander aux observateurs s’ils étaient au courant de l’existence d’un cercle avec un anneau, « là-bas ». Il indiquait du doigt la direction d’où provenait le son la nuit précédente. Les observateurs ayant répondu qu’ils n’étaient pas au courant d’aucune nouvelle formation, le sergent leur proposa de les y conduire. Arrivés sur les lieux, ils purent voir un nouveau crop circle dans la direction exacte où le son avait semblé se diriger lorsqu’il s’était éloigné d’eux. Les plantes étaient encore debout “et bougeaient comme si une puissante main les avait aplaties”. Elles “se redressaient de nouveau juste à ce moment-là”.

Colin Andrews croit que, la nuit précédente, les personnes présentes s’étaient immiscées par inadvertance dans la création d’un crop circle.

Colin-AndrewsDans leur livre, Colin Andrews et Stephen Spignesi évoquent la “locustelle”, celle identifiée, par les critiques comme Patrick Gross, comme étant la responsable des « sons étranges » entendus dans un crop circle. Il s’agit d’un oiseau originaire d’Angleterre qui émet un son très aigu et trillé. Lorsque Colin Andrews entendit pour la première fois le son provenant des crop circles, un entomologiste proclama que le son provenait en fait de la locustelle tachetée, « sans tenir compte du fait que le mouvement, la durée, le volume et les variations dynamiques du son semblaient clairement écarter la possibilité qu’il provenait d’un oiseau ». locustelleEn outre, la locustelle tachetée est un oiseau très rare qui est presque toujours trouvé dans les marais. De plus, le son enregistré par Colin Andrews est de 5,2 kilohertz, alors que celui de la locustelle est de 6 kilohertz. Un autre point important à considérer « est que le son a également été enregistré en tant qu’ondes radio, excluant par conséquent qu’il provienne d’un oiseau ». (4)

 

 

3. Critique d’une vidéo et d’une séquence télévisée sur les crop circles :

Dans une critique du contenu d’une cassette vidéo sur les crop circles, diffusée en 1998 en France, Patrick Gross montre la faiblesse démonstrative du contenu en faveur d’une origine “non-humaine” du phénomène. Il est vrai que ce type de vidéo, à visée commerciale, ne constitue pas une garantie de sérieux.

William-LevengoodDans ce documentaire, Andy Thomas raconte que le « professeur » William Levengood a découvert des « mutations biologiques » dans les plantes qui « ne peuvent pas être expliquées » par l’aplatissement mécanique des plantes, « ce qui est faux », écrit Patrick Gross. Andy Thomas dit que seul un « chauffage de quelques secondes » peut expliquer l’éclatement des nœuds des tiges, « ce qui est encore faux », déclare Patrick Gross.

On parle aussi de l’astronome et physicien Gerald Hawkins, à qui Colin Andrews a envoyé des plans de crop circles. Gerald Hawkins les a trouvés « harmonieux comme de la musique diatonique ». Patrick Gross écrit que le « grand-guignolesque » est atteint quand, à partir de dix crop circles choisis de 1988 à 1996, Gerald Hawkins fait des « calculs » et trouve que les dix cercles donnent « les initiales des 25 premiers présidents de la Society for Psychical Research de Londres ».

A propos de la radioactivité décelée, on oublie de vérifier, écrit Patrick Gross, quels produits chimiques ont été utilisés par les fermiers, on oublie les irradiations causées par le transport en avion des échantillons…

Le documentaire montre Colin Andrews en conversation avec Steven Greer et ses amis.

Steven Greer prétend entrer en communication avec les extraterrestres qui font les crop circles. Il raconte qu’assis dans un crop circle, lui et ses amis ont vu quelques OVNIs à l’horizon, dont deux en même temps « à une altitude d’environ 3000 mètres ». (S’agissait-il d’avions ?). Il a ensuite plu et des lueurs sont apparues dans les nuages…

Patrick Gross parle des inventions d’un Steven Greer « pourtant largement discrédité pour ses présentations aux Etats-Unis mêlant vrais et faux témoins d’OVNIs, ses annonces d’inventions qui mettraient fin à la crise d’énergie, et autres séances de guitare acoustique dans la nature, la nuit, pour faire venir les extraterrestres »…

Patrick Gross n’omet pas de signaler que la vidéo d’Olivier Castle, montrant le déplacement d’une boule lumineuse, est un montage.

Patrick Gross dénonce aussi, à propos du documentaire critiqué, l’utilisation, par certains intervenants, d’une forme de « charabia pataphysique » : « rayonnement antigravitationnel » (Thomas Roy Dutton), etc. Sur ce point, on ne peut pas lui donner tort.

Parmi les hypothèses fantaisistes, nous avons celle de Johannes Von Butlar, évoquée dans le documentaire, qui dit que les OVNIs extraterrestres viennent voir les crop circles, que ces derniers ne sont pas d’origine extraterrestre, mais qu’ils sont en fait des matérialisations de symboles culturels, cette matérialisation étant rendue possible par l’action du « psychisme collectif » de l’humanité ! Andy Thomas dit ensuite, dans le documentaire, que ce sont nos forces psychiques qui créent les crop circles ! Il s’agit là encore, en fait, de « pataphysique ».

Dans le documentaire incriminé, George Wingfield conclut que « personne ne sait ce que sont les crop circles ». Le commentateur renchérit là-dessus et conclut : personne n’a de réponse. Quant à Patrick Gross, il conclut que la réponse existe mais qu’elle n’est pas dans ce documentaire. La réponse du critique, c’est bien sûr celle-ci : tous les crop circles sont dus à des « artistes de paysage ». Pour faire le tri entre les hypothèses valables et celles qui ne le sont pas, veuillez vous reporter à mon texte : « Les crop circles. (7) Les hypothèses. »

 

– La critique de Patrick Gross à propos de la séquence télévisée de mars 2007 :

Après l’émission de TFI consacrée aux « 30 impostures les plus incroyables », le 13 décembre 2006, dans laquelle une séquence consacrée aux crop circles a expliqué le « mystère » par le canular de Doug Bower et de David Chorley, une nouvelle émission, sur la même chaîne, a abordé de nouveau le sujet le 3 mars 2007. Il s’agissait de l’émission de divertissement « La soirée de l’étrange », présentée par Christophe Dechavanne et Patrice Carmouze, une séquence de cette émission ayant été consacrée aux agroglyphes.

Sur son site Web, Patrick Gross a fait une virulente critique de cette séquence, sous le titre : « Comment on vous fait prendre des vessies pour des lanternes. » Le jugement de Patrick Gross, à propos de la séquence sur les crop circles, est sans appel : « Tout cela était sommaire, irréfléchi, erroné, partial, tronqué, faussé… » Ce jugement, certes, n’est pas faux, mais je dois ajouter que celui-ci est applicable, en fait, à tous les documentaires ou séquences télévisés ou vidéo qui ont, jusqu’à présent, été commercialisés ou télédiffusés sur le sujet des agroglyphes. Et ce, qu’il s’agisse de séquences ou documentaires défendant la thèse des artistes du paysage ou des thèses différentes. A ce titre, la séquence de mars 2007 n’a pas échappé à la règle. Patrick Gross raille par exemple la naïveté du chanteur Francis Lalanne (qui a salué « la qualité de ce reportage » !)…

alain_moreauJe précise, pour ma part, que le seul avantage de la séquence de mars 2007, par rapport à la séquence de décembre 2006, est d’avoir montré que le phénomène n’était pas réductible aux seuls « papys farceurs ».

Patrick Gross, trop sûr de détenir la vérité sur le dossier crop circles, ne s’est pas gêné pour écrire, sur la page de son site consacrée à la critique de la séquence télévisée, que pour « apprendre quelque chose sur les crop circles et ce qu’il y a réellement dans les arguments prétendant les trouver ‘‘mystérieux’’ ou ‘‘extraterrestres’’, ou ‘‘paranormaux’’, pour ne pas parler des ‘esprits’’ et des ‘‘tornades’’, il vous suffit de vous reporter » sur ce qu’il en dit sur son site !

Dans la séquence consacrée aux crop circles, on a évoqué aussi les lignes de Nazca, ce qui fait dire à Patrick Gross que tout a été fait pour « gonfler » le mystère et associer celui-ci aux extraterrestres, en mettant ensemble des choses qui, écrit-il, n’ont pas à être mélangées. Pour Patrick Gross, bien sûr, les lignes de Nazca ont été faites par des hommes et n’ont rien d’extraterrestre. Sur ce dernier sujet, je suis aussi, comme pour les crop circles, beaucoup plus nuancé…

Corrigeant certaines informations erronées données par les animateurs de l’émission, Patrick Gross « rappelle » plusieurs choses. Les personnes qui ont d’abord vu ces crop circles dans les champs, à savoir les agriculteurs britanniques en un secteur limité, ont haussé les épaules et passé leur chemin. Il a fallu que « les inventeurs de l’art du crop circle » (sic), Doug Bower et David Chorley, réalisent qu’ils doivent les faire plus près des routes pour que plus de gens les voient, dont des ufologues. C’est seulement alors que l’affaire a pris de l’ampleur et que « le canular » a enfin commencé à fonctionner. Doug Bower et David Chorley avaient, nous dit-on, failli renoncer.

faux_crop_circles_desfauxcropcircles312334_pictogramLes premiers crop circles n’étaient pas des « cercles immenses », l’intention ayant été de faire croire que des soucoupes volantes s’étaient posées. Les crop circles étaient donc de simples ronds de la taille d’une « soucoupe volante typique ». En outre, ces premiers « cercles de céréales » n’étaient pas « extrêmement symétriques », mais ils étaient des cercles symétriques par définition, faciles à réaliser correctement. Les cercles de céréales représentant « des formes tout à fait étonnantes » ne sont venus que bien plus tard, une fois que les « papys farceurs » eussent commencé à entrevoir qu’au-delà du « cercle de soucoupe » il y avait un certain sens artistique à élaborer des figures plus complexes. De nombreux autres groupes, inspirés par cela, se sont ensuite constitués, et c’est ainsi que les figures sont devenues de plus en plus élaborées. Non pas parce que des extraterrestres auraient appris à mieux dessiner que des ronds, mais parce que simplement la création de ces figures est devenue un art, les équipes rivalisant par émulation afin de faire « toujours mieux ».

cropcircleVECA3On a prétendu qu’il n’y avait « pas de trace » menant ou sortant des cercles de céréales, ce qui est faux. En réalité, écrit Patrick Gross, il y a les traces de pas des artistes, les traces des auteurs étant, dit-il, en dessous des plantes couchées. Allez dans un cercle de céréales, ajoute-t-il, « soulevez les plantes aux bons endroits, vous trouverez ces ‘‘sentiers cachés’’ ». L’entrée des artistes dans le champ se fait en empruntant les traces des machines agricoles, les « tramlines ». De toute façon, lorsque ces traces d’entrée ou de sortie sont trouvées, les fans de cercles de céréales « ont beau jeu » de dire que ce sont des traces de curieux venus voir la formation. C’est pourquoi les « traces cachées » sont, écrit Patrick Gross, « tellement éloquentes ». Mais, ajoute-t-il, les soi-disant « experts » en cercles de céréales « ne vous expliquent jamais cela », car le « mystère en serait ruiné ».

L’animateur de l’émission s’étant demandé si les “cercles de céréales” étaient faits par des « vents tourbillonnaires », Patrick Gross précise, à juste titre, que ce n’est pas le cas. Si le vent cause parfois la « verse des blés », des zones plutôt irrégulières où le blé a été couché par des vents, tornades, tempêtes, en aucun cas ce n’est la bonne explication pour les formations géométriques céréalières. Après cette conclusion correcte, Patrick Gross assène encore une fois “sa vérité” : la bonne explication est que ces formations ont été faites par des farceurs pour faire croire à des atterrissages de “soucoupes volantes”, puis par des artistes créant des figures de plus en plus complexes, lesquelles ne peuvent absolument pas être créées par des tornades ou des vents.

Le défenseur d’un phénomène authentique originel émettra pourtant l’hypothèse que si Doug Bower et David Chorley ont créé des « cercles » pour imiter des traces de « soucoupes volantes », c’est peut être en réalité afin de discréditer un phénomène émergent qui inquiétait certaines autorités politiques ou militaires. De plus, que des artistes de paysage aient ensuite relayé les « papys farceurs », en faisant mieux, ce n’est pas incompatible avec l’hypothèse des « quatre sources de mauvais aloi » parasitant un authentique phénomène de base.

Patrick Gross écrit à juste titre que ce ne sont pas les « esprits » qui font les “cercles de céréales”. La raison qu’il invoque pour justifier cela n’est pas, cependant, recevable. Il écrit en effet que les « esprits » n’existent pas ! En ma qualité de « survivaliste » convaincu, je ne suis évidemment pas d’accord avec cette déclaration péremptoire. Multiples sont, en fait, les phénomènes (communications médiumniques, sorties hors du corps, etc.) suggérant la survie de la conscience après la mort et l’existence d’un « Au-delà ». Voyez, à ce sujet, mon ouvrage intitulé : « Communications interdimensionnelles » (JMG éditions, 2007), ainsi que les textes sur le présent site (dans la rubrique : “Au-delà et médiumnité”).

Patrick Gross écrit que les « artistes » existent, eux, qu’ils font des démonstrations, participent à des documentaires, expliquent comment faire des “cercles de céréales”, et ce, depuis plus d’une décennie. Mais cela, « on ne vous le dira pas parce que cela tuerait le mystère ». En fait, on peut reconnaître, ainsi que nous l’avons vu, l’existence simultanée d’un phénomène authentique de base et de « faiseurs de cercles » humains, les deux origines ne s’excluant pas mutuellement.

Le reportage prétend que jamais personne n’a réussi à percer le secret des crop circles, ce qui, commente Patrick Gross, est « totalement faux ». Lui, évidemment, prétend (comme ceux qui pensent comme lui) que le secret est percé depuis longtemps, « mais les reportages de ce genre prétendant le contraire, les gens ainsi désinformés ne sont pas prêts à le savoir ». Cependant, contrairement à ce qu’insinue Patrick Gross, la désinformation, car désinformation il y a effectivement, ne se situe pas là où il affirme qu’elle se trouve. (Voyez par exemple la calamiteuse séquence dans l’émission de Julien Courbet de décembre 2006.)

Ce « personne ne le sait », écrit Patrick Gross, est répété ad nauseam, mais en réalité « bien sûr que si, des chercheurs le savent : ce sont des farceurs puis des artistes qui ont fait tout cela, et c’est seulement les auteurs de reportages sensationnels et ceux qui gobent ces salades qui ne ‘‘savent pas’’ ». Rectifions : des chercheurs croient que tous les agroglyphes sont créés par des plaisantins et des artistes, mais ils ne le savent pas !

Le reportage évoque Doug Bower et David Chorley, assurant qu’ils ont revendiqué être les auteurs de plus de 200 crop circles. Mais ils ne se sont pas contentés de l’affirmer, écrit Patrick Gross, ils ont expliqué quand, comment et pourquoi ils l’avaient fait, ils en ont fait devant les caméras, et ils ont bien « attrapé » un « expert », Pat Delgado, qui avait assuré qu’un cercle qu’ils avaient fait devant les caméras la veille était « troublant ». Mais, outre le fait que ces prestations ne démontrent pas l’inexistence d’un phénomène de base indépendant des productions des artistes du paysage, on pourrait aussi poser la question : combien y a-t-il d’éventuels « vrais » crop circles considérés à tort comme étant des faux par les adeptes de l’explication humaine à 100 % ?

Dans la séquence télévisée incriminée, un « expert » en crop circles déclara que « les OVNIs comme les crop circles sont vus dans le monde entier ». Patrick Gross parle à ce propos d’une double « escroquerie intellectuelle ». La première est, dit-il, d’associer OVNIs et crop circles. Il s’agit là, prétend-il, d’une « sorte de chantage affectif » : « Si vous aimez les OVNIs, ne niez pas les crop circles extraterrestres », « nier que ce sont les extraterrestres qui font les crop circles, ce serait ipso facto nier les OVNIs ». Bel exemple de terrorisme intellectuel, prétend Patrick Gross ! Il n’y a pas de rapport entre OVNIs et crop circles, car, écrit-il, « aucun lien réel n’a jamais été démontré entre OVNIs et crop circles ».

Le “deuxième volet de l’astuce” (sic) est de dire, selon Patrick Gross, que les crop circles sont faits dans le monde entier. Ce n’est pas vrai, dit-il, car il n’y a que très peu de crop circles ailleurs, et ils sont bien moins beaux que ceux du sud de l’Angleterre, « seule zone où ils sont réellement nombreux et réellement d’une beauté sans cesse croissante ». L’astuce est, selon Patrick Gross, de faire comme s’il y avait partout autant de crop circles qu’en Angleterre, comme s’ils étaient ailleurs aussi impressionnants, et de ne pas expliquer pourquoi il y en a aussi un peu dans le reste du monde mais tout à fait peu impressionnants sur le plan artistique. Selon Patrick Gross, l’explication à cela a été donnée « il y a des lustres » par Doug Bower et David Chorley, ainsi que par les « vrais experts en crop circles qui ne vous cachent pas les choses pour vous vendre le frisson du ‘‘mystère’’ » : tout simplement, les touristes venus voir les crop circles, en Angleterre, ont, une fois rentrés chez eux, produit à leur tour des cercles de céréales. C’est pourquoi on a commencé, au bout de quelques années, à en trouver aux Etats-Unis, au Canada, en France, mais très peu, les formations étant par ailleurs très simples. Les Anglais sont bien meilleurs à ce jeu, ajoute Patrick Gross, car ils ont, derrière eux, des décennies d’expérience. Car s’il est extrêmement facile de faire un simple cercle, ou quelques simples cercles avec quelques fioritures, rivaliser avec les équipes championnes bien connues en crop circles qui exercent en Angleterre, cela demande de passer, comme leurs membres, des années de perfectionnement. Bien entendu, il y a aussi des crop circles peu impressionnants en Angleterre, « mais ce ne sont pas ceux-là que l’on vous montrera à la télévision et dans les livres sur les ‘‘mystérieux crop circles’’ ».”

Résumons : il y a très peu de crop circles ailleurs qu’en Angleterre, et ceux-ci sont, de surcroît, de bien moindre qualité artistique que les pictogrammes britanniques, ce qui tend à prouver, selon l’ufologue critique, que les pictogrammes réalisés ailleurs qu’en Angleterre ont été réalisés, conformément à ce qu’ont déclaré les « papys farceurs », par des émules de ces derniers, les « faiseurs de cercles » britanniques étant, pour la plupart, des « pro » du « land art » pouvant produire des pictogrammes d’une qualité esthétique supérieure. Est-ce si simple ? Peut-être pas. Ainsi que je le signale dans “Les crop circles. (3)”, le physicien hollandais Eltjo Haselhoff, qui est arrivé à la conclusion que toutes les observations documentées ne s’expliquent pas par le recours à des planches, des cordes et autres outils, a été amené à distinguer trois types d’agroglyphes, « ce qui impliquerait qu’ils pourraient avoir trois origines différentes » :

– La première catégorie comprend les cercles simples. Eltjo Haselhoff a noté que tous les témoins qui prétendent avoir assisté à la création d’un agroglyphe n’ont vu que ces formations circulaires.

– La deuxième catégorie inclurait les agroglyphes de type cercles, anneaux et barres (apparus pour la première fois en 1990 dans le sud de l’Angleterre).

– La troisième catégorie comprend les agroglyphes extrêmement élaborés et complexes, lesquels seraient l’œuvre de mystificateurs.

Eltjo Haselhoff reconnaît qu’il est difficile, sinon impossible, de définir une frontière stricte entre ces trois catégories, mais il est légitime de supposer que tous les agroglyphes n’ont pas la même origine. Il note que les recherches à venir devraient s’occuper d’échantillonner abondamment les formations à motifs géométriques complexes, afin d’appliquer des tests aux échantillons recueillis de plantes.

Ainsi, la complexité des figures ne constitue pas un gage d’authenticité (en termes d’origine “non-humaine”). Il n’est pas impossible que ces formations soient uniquement le fait d’artistes du paysage, et que les authentiques pictogrammes céréaliers ne soient pas les plus complexes et les plus beaux, mais les plus simples. Mais pour vérifier cela, il faudrait évidemment procéder, ainsi que le suggère Eltjo Haselhoff, à des tests sur des échantillons de motifs complexes.

Revenons à la critique de Patrick Gross. Ce dernier écrit que le summum de l’escroquerie intellectuelle réside dans les propos d’un « expert » ayant déclaré ce « mensonge pur et simple » consistant à dire que ce qui lui semble totalement ridicule c’est d’imaginer que deux « piliers de bars » anglais aient pu faire la navette d’un bout à l’autre de la planète pour faire « ça ». « Ne gobez pas ce mensonge éhonté », clame Patrick Gross, qui rappelle que Doug Bower et David Chorley n’ont jamais prétendu qu’ils avaient fait le tour du monde, les crop circles manifestés ailleurs dans le monde ayant été faits, selon eux, par d’autres « faussaires » qu’ils avaient « inspirés ». Il y a toujours de nos jours, déplore Patrick Gross, « d’inlassables menteurs » qui appellent Doug Bower et David Chorley des « piliers de bars » et « mentent, mentent et mentent » (ouf !) comme ils respirent. Pourquoi font-ils cela ? Tout simplement, accuse l’ufologue, pour vendre leurs livres, conférences, CD-Rom, T-shirts, visites touristiques organisées de ces crop circles, tout simplement. « Ne vous faites pas rouler ainsi », recommande-t-il.

DougBowerOn a bien compris que les « papys farceurs » n’ont pas prétendu avoir effectué tous les crop circles relevés dans divers pays de la planète, et que l’argument de certains « céréalogistes », en ce qui concerne l’existence de pictogrammes ailleurs qu’en Angleterre, ne constitue évidemment pas une évidence du caractère « non-humain » des agroglyphes. Mais, a contrario, les propos de Doug Bower et David Chorley ne constituent pas non plus une preuve du caractère « humain » de la totalité des pictogrammes extérieurs au sol britannique.

Patrick Gross écrit que, dans le reportage, la « désinformation » continue lorsqu’on prétend que les « vrais » crop circles n’ont « rien à voir » avec les « faux ».

Figurez-vous, argumente Patrick Gross, que tout cela tient à ce qu’un scientifique le dit (il s’agit bien sûr de William Levengood), lequel s’est prétendu « docteur » en science « en mentant » (sic). Mais outre que les rares scientifiques (il ajoute manifestement Eltjo Haselhoff) qui disent cela « se trompent », insinue Patrick Gross, « on ne les entend plus ». Patrick Gross interprète ce silence par l’insinuation selon laquelle « ils ont fini par réaliser qu’ils s’étaient complètement trompés » ! Et il ajoute que tout scientifique qui prendra la peine d’écouter ce que les gens comme lui ont à dire sur le sujet « comprendront vite ce qu’il en est », deux ou trois scientifiques ne constituant pas, ajoute-t-il, tous les scientifiques. En réalité, continue-t-il, les scientifiques « se fichent bien des crop circles puisqu’ils ont compris depuis longtemps qu’ils sont une invention » de Doug Bower et David Chorley, « et que les ‘‘arguments’’ qu’on y oppose sont mensongers et stupides », comme par exemple celui des deux piliers de bar qui n’auraient pas sillonné toute la planète pour faire partout des crop circles. Un scientifique, écrit Patrick Gross, « a un cerveau et se rend vite compte de la situation quand on le prend pour un demeuré ».

Que répondre à ce qui précède ? On notera d’abord que William Levengood n’est pas le seul scientifique à avoir participé à des études faisant état de résultats “non-conformes” à ce que l’on pourrait expliquer par des formations uniquement réalisées par des « land artists ». C’est le cas pour l’étude du crop circle d’Edmonton (Alberta, Canada, 1999).

Qu’en est-il de l’affirmation selon laquelle William Levengood et Eltjo Haselhoff – ce dernier est implicitement évoqué lorsque Patrick Gross se réfère aux “rares scientifiques” qui font une distinction entre “vrais” et “faux” crop circles – ont fini par « comprendre » qu’ils se sont trompés ? Je peux affirmer que c’est faux car :

– Linda Moulton Howe a évoqué l’analyse que William Levengood a faite à propos d’un « crop » apparu en Angleterre en 2007…

– On trouve, à la page 17 du numéro 6 de “Science et inexpliqué”, daté de novembre/décembre 2008, une petite interview d’Eltjo Haselhoff. Voici ce qu’il dit :

“Il existe effectivement un vrai et un faux  phénomènes. Par faux phénomène, le plus courant, j’entends le résultat d’un travail tout à fait humain réalisé à l’aide de planches et de cordes…”

Et le “vrai” ?

dossier_scientifique_2_neige3“Certaines réalisations tout à fait extraordinaires, comme celle apparue dans la neige en 1996 dans le sud des Pays-Bas, sans qu’aucune trace de pas ne soit visible alentour, sont véritablement énigmatiques. Pour résumer, je dirais que le vrai phénomène possède certaines particularités anormales évidentes au niveau des épis de blé, comme l’allongement ou l’éclatement des noeuds de croissance. Ou encore certaines anomalies à l’échelle de germination de graines prélevées dans un crop circle… Ce qui est scientifiquement prouvé ! Et que penser des mouches retrouvées mortes, colées ou éclatées, sur les grains des épis de blé à l’intérieur d’un dessin ?”

Quelles sont ses propres découvertes ?

dossier_scientifique_2_noeuds“Je me suis particulièrement investi pour tenter de déterminer s’il existait une variation dans la longueur des noeuds de plantes récoltées à l’intérieur de plusieurs figures considérées comme authentiques. J’ai donc mesuré ces noeuds avec d’autres, provenant de plantes de contrôle saines, à l’aide d’un programme informatique. Les résultats sont sans équivoque : les noeuds des plantes situées au centre des formations ont subi un allongement de 200% ! Ce qui est impossible de façon naturelle.”

A-t-il été témoin, dans ces formations, de phénomènes “étranges” ?

“Oui, plusieurs fois. C’est très impressionnant !”

Quelle pourrait être la “force” qui produit ces dessins ?

“Je n’en ai aucune idée ! Aucune explication n’est véritablement convaincante. Hormis dans le cas des dessins réalisés de main d’homme…”

Quel est son avis sur la théorie faisant intervenir un rayon laser pour fabriquer les dessins ?

“Jamais de la vie ! Le laser brûlerait les épis avant de les plier…”

Retient-il l’hypothèse extraterrestre comme probable ?

“Je ne peux dire qu’une seule chose : il est totalement impossible de la réfuter au stade où en sont les choses…”

Ainsi, si Eltjo Haselhoff n’a pas publié sur les crop circles depuis la parution de son livre au début des années 2000, sa position sur le sujet n’a pas varié.

Quant à ce que des gens comme Patrick Gross ont à dire sur le sujet, leurs propos et leurs arguments sont biaisés par leur démonstration orientée, et ces derniers ne reflètent donc pas nécessairement la réalité. Cette démonstration partielle et partiale a pour effet pervers d’orienter certains scientifiques vers de fausses conclusions éventuelles, ce qui ne peut évidemment que les dissuader de s’intéresser au sujet vilipendé. S’il est vrai que de nombreux propos émanant de défenseurs de la réalité « exotique » de certains crop circles ne sont pas sérieux (expressions relevant de la pataphysique, etc.), il n’en demeure pas moins qu’il subsiste des éléments intéressants (comme l’observation de boules de lumière) qui, loin d’être mensongers et stupides, ne se laissent pas aussi aisément intégrer dans la vision restrictive du phénomène des agroglyphes, celle des négateurs de toute intervention émanant d’une intelligence extérieure à l’Homme. (Pour la critique de la critique de Patrick Gross à propos du lien “boules de lumière/crop circles, voyez mon texte : “Les crop circles. (6) La critique de Patrick Gross. Troisième partie.”)

A propos de Colin Andrews, qualifié bien sûr d’« expert » (donc avec les guillemets) par Patrick Gross, ce dernier précise qu’il gagne sa vie avec les crop circles : conseiller à Hollywood pour le film « Signes », vente de CD-Rom, de livres, sans oublier les conférences. C’est, écrit Patrick Gross, « un job à plein temps ». Patrick Gross n’accepte pas que l’on fasse passer du commerce pour de la recherche. Colin Andrews dit qu’il y a des différences entre les vrais et les faux crop circles, alors que Patrick Gross dit que ces différences sont naturelles. Je me contente seulement de préciser, pour ma part, que le « commerce » et la sincérité ne sont pas nécessairement incompatibles.

faux_crop_circles_desfauxcropcircles9tige-aplatie-crop-circleDans le reportage, on explique qu’en prélevant des échantillons des plantes dans et hors du crop circle et en les comparant, on trouve des différences. C’est vrai, mais, selon Patrick Gross, cette différence est simple : des plantes qui ont été aplaties et des plantes que l’on n’a pas touché montrent évidemment des différences. Dans les reportages comme celui-ci, on n’interviewe pas les gens, ajoute Patrick Gross, qui ont résolu l’énigme, mais les gens « qui perpétuent l’énigme ». Sur son site Web, il a prétendu expliquer, « preuves à l’appui », pourquoi il y a telle ou telle différence entre des plantes aplaties et des plantes qui n’ont pas été touchées.

Patrick Gross relève une phrase du reportage, qualifiée de « bêtifiante à l’extrême » : « Le plus étrange, c’est que les crop circles continuent aujourd’hui d’envahir la planète. » Il n’y a rien d’étrange à cela, écrit-il, et sur ce point je ne peux qu’être d’accord. Mais pas, bien sûr, pour la même raison qu’il invoque. Il pose la question : est-ce que ce ne serait pas plutôt une disparition soudaine des « apparitions » de crop circles qui serait vraiment étrange ? Son explication est évidemment que les « land artists » continuent à œuvrer dans les champs. Mais il y a une autre explication possible : si les “artistes” humains opèrent évidemment toujours, il en est de même de l’éventuel phénomène authentique de base.

tiges-non-aplatiesble-courbe-crop-circle3En conclusion, Patrick Gross écrit que, « phrase bêtifiante après ‘‘argument’’ inepte, les télévisions, les journaux, les magazines », et, regrette-t-il, « des ufologues également, perpétuent le mythe des crop circles, et beaucoup de gens n’y voient que du feu : le frisson du mystère est bien plus valorisé que la solution du mystère ». Dans le reportage, on nous « roule dans la farine » en affichant des ‘‘1995’’, ‘‘2001’’, qui ne sont nullement des nombres de crop circles, mais des années à partir desquelles on nous dit que cela commence dans d’autres pays que l’Angleterre. « Voyez ces trois énormes ‘‘ronds’’ sur la Russie, totalement bidons, inventés, sans signification ! ».

J’ai déjà signalé, plus haut, qu’il n’existait aucun documentaire (télévisé ou vidéo) réellement valable sur les crop circles. En outre, si Patrick Gross est prompt à dénoncer les séquences “pro-crop circles“, que ce soit à la télévision ou ailleurs, il passe sous silence les nombreux reportages “anti-crop circles” ayant présenté le phénomène sous un angle terriblement restrictif, comme ce fut le cas par exemple, je le rappelle, de l’émission de Julien Courbet du 13 décembre 2006. Quant aux articles de magazines, ils sont souvent partiaux ou incomplets. Télévisons, journaux, magazines et certains ufologues (comme Patrick Gross) perpétuent ainsi une vision partielle et donc incomplète du phénomène, la solution du mystère n’étant probablement pas aussi simple que Patrick Gross (entre autres) le prétend.

 

4. Peut-on réaliser des motifs complexes en une nuit ?

L’un des arguments de ceux qui soutiennent qu’il existe de « vrais » crop circles (que l’on ne peut pas imputer à des hommes) est la rapidité avec laquelle certains agroglyphes complexes sont réalisés.

Par contre, ceux qui soutiennent que tous les crop circles sont le fait d’artistes du paysage signalent que de tels motifs complexes ont bien été réalisés par des individus. Précisons tout de même que ceci ne prouve pas l’inexistence de crop circles réalisés par une source extérieure à l’Homme. En outre, il est possible, comme cela a été signalé plus haut, que les formations les plus esthétiquement réussies soient uniquement le fait d’humains, les critères de différenciation entre « vrais » et « faux » agroglyphes devant être recherchés dans d’autres particularités que celle relative à la complexité ou à la beauté.

Des individus ont publiquement montré qu’ils étaient capables de réaliser des crop circles. A ce propos, Patrick Gross distingue ce qu’il appelle les démonstrations « risibles » de celles qui sont qualifiées par lui de « convaincantes ». Créer de beaux crop circles demande, ajoute-t-il, de l’expérience et de la préparation.

Comme exemple de démonstration « risible », il décrit la démonstration réalisée par le zététitien américain Joe Nickell, membre du CSICOP. Il mentionne auparavant que dans le numéro 109 (décembre 2004) de la revue ufologique « Inforespace », Jean-Michel Abrassart a écrit que Joe Nickell est considéré par la « communauté scientifique » comme un auteur de référence au sujet des agroglyphes. En 2002, la démonstration de Joe Nickell sur la façon dont « on crée les crop circles » (sic) fut diffusée sur CNBC. Il utilisa, avec un ami, une corde et une planche pour créer, dans l’herbe sauvage, un cercle de 17 mètres de diamètre. Cela leur prit deux heures. Le 9 août 2002, ils furent trois à faire une autre tentative dans un champ d’avoine : un cercle entouré d’un anneau, un autre plus petit cercle le touchant. Dans les deux cas, il y avait des irrégularités évidentes. Patrick Gross note qu’ils auraient dû, avant, s’exercer pendant des mois, comme, écrit-il, « le font les artistes entraînés qui font ces crop circles ». Les gens qui ont vu cela à la télévision « doivent être restés sur l’impression fausse que les crop circles ne s’expliquent pas du tout comme cela ! ».

Les démonstrations que Patrick Gross trouve « convaincantes » sont les suivantes :

Un groupe d’ufologues du CNEGU a fait appel, en 1990, à un spécialiste des effets spéciaux du cinéma. Celui-ci a réalisé, en présence d’un huissier, un « quintuplet ». Il s’agissait d’une figure faite pour le groupe VECA (Voyage d’Etude des Cercles Anglais). (Voir « Science et vie » de novembre 1990.)

Le 17 août 1991, trois semaines avant la « confession » de Doug Bower et David Chorley, Becky Long et Larry Johnson ont créé en trente minutes trois cercles dans un champ de foin à Atlanta (Etats-Unis). Becky Long a dit que chaque sorte de grain qu’ils ont prélevée est restée intacte sans casser, et il ne comprend pas pourquoi on pense qu’il soit si remarquable que les plantes des crop circles sont pliées sans être cassées.

En 1991, Doug Bower et David Chorley (tous deux peintres) ont déclaré avoir fait, depuis treize ans, des crop circles. Ils ont commencé à faire des cercles, disent-ils, en 1975. (De 1975 à 1991, il y a seize ans !) Selon Patrick Gross, de plus en plus de personnes ont compris à quel point il était facile de les faire et ont fait la même chose, ce qui explique que le « phénomène » s’est étendu dans d’autres pays. L’ufologue ajoute que les « autres farceurs, plus jeunes », ont alors fait une rude concurrence à Doug Bower et David Chorley en commençant à réaliser de meilleures figures que les leurs… Doug Bower et David Chorley ont donc décidé de parler, d’autant plus qu’ils étaient dégoûtés, ajoute Patrick Gross, par le fait que tant de gens fassent de l’argent en vendant des livres sur les crop circles. Avec l’aide du tabloïd « Today » de Londres, ils ont montré leur art devant des caméras de télévision et des journalistes rassemblés dans un champ du Hampshire. Le tabloïd a invité l’expert en crop circles Pat Delgado, lequel déclara que le crop circle était authentique et donc impossible à faire par des hommes.

Le 3 août 2000, les artistes du groupe « CircleMakers » ont annoncé qu’ils allaient créer, dans les 48 heures, une formation de seize anneaux intriqués, quelque part en Angleterre. Ils ont publié le plan de la formation qu’ils allaient faire, cette formation devant être faite de nuit. Ils estimèrent qu’ils avaient besoin, pour réaliser celle-ci, de trois heures. Cette construction a été filmée par la chaîne télévisée “Channel 4 en utilisant des caméras infrarouges, le tournage ayant été réalisé le 5 août 2000. Le même groupe a fait publiquement de nombreuses autres formations céréalières. L’une d’elles a été réalisée en 2001, la nuit, pour la chaîne télévisée “HTV West”. En août 2004, la chaîne télévisée “National Geographics” a demandé aux membres du groupe « CircleMakers » : John Lundberg, Rod Dickinson et Will Russell, une démonstration, de jour, dans le Wiltshire. Ceux-ci réalisèrent une “spirale carrée”, une formation qui leur a demandé cinq heures (avec des pauses pour le tournage) de travail.

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5. La totalité des agroglyphes est-elle d’origine humaine ?

Les deux arguments mis en avant par Patrick Gross pour étayer son affirmation que les crop circles sont tous d’origine humaine sont :

– La création revendiquée de crop circles par des « faiseurs de cercles ». C’est ce que nous venons de voir.

– L’existence de concours de fabrication de crop circles.

Un concours de ce type a par exemple été organisé par le magazine « The cerealogist », avec Rupert Sheldrake, le journal « The guardian », un magazine allemand et le soutien financier de la fondation Arthur Koestler. C’était dans la nuit du 11 au 12 juillet 1992 en Angleterre. 5200 dollars avaient été offerts pour la meilleure réalisation. Douze équipes s’étaient présentées, et douze crop circles furent réalisés de nuit, sans éclairage, avec des planches, des tuyaux de PVC, des échelles, des cordes, des rouleaux de jardinier. Parmi les compétiteurs, il y avait Jim Schnabel. Celui-ci avait commencé à rédiger un livre, publié en 1994, expliquant comment faire les crop circles. Il fut ainsi démontré, lors de ce concours, que les “cercles” les plus complexes pouvaient être faits de nuit avec du matériel simple. L’équipe gagnante, un groupe de trois ingénieurs, gagna les 5200 dollars. C’est à cette époque que John Lundberg a formé, avec trois amis, le groupe des « CircleMakers ».

On a donc la certitude que des gens peuvent réaliser des crop circles complexes en un temps relativement court, puisque des individus l’ont revendiqué et montré devant des caméras, en dehors de « concours » ou lors de ceux-ci. Cela prouve-t-il pour autant qu’il n’y a aucun phénomène authentique « de base », non imputable à une intervention humaine ? La réponse est non si l’on se réfère aux témoignages recueillis à propos de la formation d’agroglyphes, et aux observations de boules de lumières et autres « OVNIs » aperçus dans les parages d’un crop circle, ces « OVNIs » ayant été parfois photographiés ou filmés. (Pour la critique de la critique, par Patrick Gross, du lien “boules de lumière/crop circles”, voyez le texte : “Les crop circles. (6) La critique de Patrick Gross. Troisième partie.”)

Il y a aussi les anomalies constatées sur les échantillons de plantes extraites de certains crop circles, ces anomalies n’étant pas explicables, selon divers spécialistes, par l’action de planches ou de rouleaux de jardiniers. Ces anomalies sont mises en avant par les tenants de l’origine « exotique » de certains crop circles. Le caractère inexpliqué des effets constatés fait cependant débat. Voici, à propos de certains de ces effets, l’argumentation de Patrick Gross, celui-ci faisant intervenir de simples anomalies naturelles.

 

a) L’allongement des nœuds des plantes à tiges rigides :

Ainsi que je le précise dans le texte : “Les crop circles. (3)”, William C. Levengood et Marilyn J. Ruben ont écrit qu’il y avait, dans les crop circles, quatorze caractéristiques d’étrangeté. La première concerne les nœuds apicaux (« pulvini ») sensiblement prolongés ou gonflés sur les tiges des plantes.

Dans un article publié sur Internet en 2002, Eltjo Haselhoff indique, comme cause naturelle pour l’expansion des nœuds, le fait que les tiges des plantes de type maïs se caractérisent par de petites « articulations » en plusieurs endroits le long des tiges. Ces nœuds agissent comme des sortes de ligaments et ils permettent aux plantes de se plier vers la lumière, même après qu’elles aient achevé leur croissance. Eltjo Haselhoff ajoute que bien qu’il y ait des effets biologiques connus qui peuvent créer ce rallongement des nœuds, ces effets connus ont pu être facilement éliminés. Patrick Gross lui reproche de ne rien dire sur les raisons de cette élimination facile, ni lesquels de ces effets biologiques connus sont éliminés, ni s’ils le sont tous.

Eltjo Haselhoff a ajouté que l’effet de rallongement des nœuds peut être provoqué par l’action de la chaleur, probablement par un rayonnement à micro-ondes.

L’explication de Patrick Gross est la suivante : les plantes ayant été aplaties, elles tentent de redresser leurs tiges pour se tenir de nouveau à la verticale, ce qui donne l’explication banale de la caractéristique d’expansion de nœuds des plantes à tige rigide dans les crop circles. L’expansion des nœuds est la manière naturelle dont les plantes à tiges rigides réagissent après avoir été couchées. Patrick Gross conclut que la caractéristique d’étrangeté attribuée, par William Levengood, aux crop circles, « est donc sans étrangeté ».

Une photo, prise par Patrick Gross, de quatre tiges d’herbe à tige rigide de son jardin, montre que plus la tige doit plier pour atteindre le Soleil, plus le nœud est allongé. Ainsi donc, pour Patrick Gross, l’explication est simple : les plantes dans le crop circle ont tenté de se redresser, et c’est pour cela que leurs nœuds sont allongés. Mais si elle est si simple, on s’étonne que des spécialistes comme ceux qui constituent l’équipe du BLT ne l’aient pas trouvée !

 

b) Les cavités d’expulsion :

Le deuxième point d’étrangeté, dans la liste de Wiliam Levengood et Marylin Ruben, concerne la présence de « cavités d’expulsion » ou de derniers nœuds éclatés, due à une accumulation rapide de pression provoquée par le chauffage par micro-ondes.

Patrick Gross mentionne les propos d’un créateur de crop circles répondant à des questions de « croyants » sur un “chat” Internet. Ce créateur de crop circles déclare que les farceurs obtiennent naturellement, en aplatissant les plantes, l’allongement des nœuds et les cavités d’expulsion.

Crop-circle-cavites-expulsionUne première image est présentée comme montrant « une grande cavité d’expulsion » dans une tige de maïs d’un crop circle américain. Or, il n’y a pas de cavité d’expulsion, mais un éclatement en plusieurs points qui présente en fait des signes d’action mécanique.

Une deuxième image montre des tiges d’orge prises dans un crop circle à Edmonton (Canada), cette origine étant considérée incertaine sur un autre site Web. On dit que cette image montre des cavités d’expulsion. En réalité, il s’agit, selon Patrick Gross, d’une croissance anormale des nœuds due au phototropisme des tiges après couchage mécanique.

Une troisième image montre la base d’une tige de colza prise dans un crop circle réalisé dans un champ de colza. Il y a là, écrit Patrick Gross, les effets d’une action mécanique de pliage et torsion de la tige, et de la réaction de la plante par phototropisme.

Une quatrième image montre deux tiges de blé pliées.

Une cinquième image est celle d’une tige photographiée par un chercheur italien, qui montre « également les dommages mécaniques ».

Une sixième image, qui montre un nœud sur une tige, est présentée comme « preuve », sur un site Internet défendant l’idée stupide que ce sont les « illuminatis » (un ancien groupe ésotérique bavarois) qui créent les crop circles.

Un autre facteur joue également, dit Patrick Gross, pour rendre les plantes plus fragiles aux attaques mécaniques : les champs sont parfois saturés de trop de fertilisants.

Patrick Gross déclare que les « rapports scientifiques » se résument à quelques rapports de laboratoire, d’initiatives privées, rarement publiés. Il ne s’agit pas de textes parus dans des journaux scientifiques professionnels à comité de lecture, cette absence de « documentation sérieuse » étant en contradiction avec les affirmations de « céréalogistes » prétendant qu’il y a eu « 25 ans de recherches scientifiques ». Ceux-ci tentent de faire croire que ces recherches sont nombreuses, sérieuses et probantes, et qu’elles sont en faveur des thèses d’origine extraterrestre ou paranormale des crop circles.

Comparer des tiges provenant de crop circles avec des tiges intactes, en disant qu’il y a là une anomalie inexpliquée, cela relève, écrit Patrick Gross, de la pseudoscience de la pire espèce. Les seules comparaisons valables seraient de comparer des plantes de crop circles avec des plantes aplaties par les planches.

Ce qui est faux, ajoute-t-il, est de dire que l’anomalie constatée ne peut être expliquée que par des micro-ondes. Ces anomalies sont en réalité « naturelles, prévisibles, logiques et entièrement compatibles avec la falsification humaine des crop circles ». Il y a plusieurs causes mécaniques naturelles : l’accumulation de la sève dans les tiges pliées qui finit par faire éclater les nœuds, et la pliure mécanique des tiges qui fait se fendre les nœuds. Tout ceci, écrit Patrick Gross, se voit sur les photographies.

Ainsi donc, pour Patrick Gross, il existe une explication naturelle à l’explosion des nœuds des plantes des crop circles, cette explosion étant une conséquence attendue du couchage des plantes et de leur piétinement. Il est donc inutile, conclut-il, d’invoquer de prétendus appareils émettant des micro-ondes, « que personne n’a vu faire de crop circles », qui causeraient des « dégâts visibles dans les champs sans pour autant pouvoir coucher les plantes ».

 

* A propos de l’allongement des nœuds et des cavités d’expulsion :

Nous venons de prendre connaissance des explications naturelles données par Patrick Gross à propos des deux premières « étrangetés » répertoriées par William Levengood et Marylin Ruben.

Je rappelle ce que Jacques Garnier et Joël Mesnard ont écrit dans un numéro de la revue « Lumières dans la nuit ». Selon les « debunkers », écrivent-ils, les tiges couchées mécaniquement, par les « faiseurs de cercles », ont leur partie supérieure (à partir du nœud apical) qui se relève spontanément, la plante cherchant à orienter son épi vers le Soleil. C’est le phototropisme. Quant aux cavités d’expulsion, elles résulteraient de la surpression interne causée par l’écrasement. Il s’agit là, déclarent Jacques Garnier et Joël Mesnard, de deux assertions fallacieuses, car il est aisé de constater que ni l’une ni l’autre ne résiste à l’expérience. Lorsqu’on aplatit mécaniquement quelques tiges de blé, aucun coude n’apparaît au niveau du nœud apical (ni sur les céréales couchées par le vent et la pluie). Et afin d’avoir quelque chance d’observer, par simple écrasement mécanique, des cavités d’expulsion, il doit falloir superposer plusieurs couches de rouleaux compresseurs !

L’ufologue britannique William Betts a visité le “crop” de West Overton, deux jours après l’apparition de ce dernier. William Betts y est retourné dix jours plus tard. Les tiges n’avaient pas progressé dans leur supposé effort phototropique pour se tourner vers la lumière, « comme si elles avaient été figées dans leur état par l’énergie qui avait créé l’agroglyphe ». William Betts avait aussi constaté cela dans le “crop” de Windmill Hill, 24 heures seulement après sa création. Les tiges étaient trop fortement déviées pour que cela ait pu être, au bout d’une journée seulement, l’œuvre du phototropisme. (5)

Patrick Gross ayant eu connaissance de ces objections, il y a évidemment répondu. (Voir : “Les crop circles. (6) La critique de Patrick Gross. Troisième partie.”)

 

c) Les mouches mortes :

21886343 On a trouvé, dans certains crop circles, des mouches mortes collées sur les grains des épis de blé.

Dans la liste en quatorze points de William Levengood et Marylin Ruben, la douzième caractéristique « étrange » constatée dans certains crop circles est celle qui concerne des insectes adhérant aux épis dans les blés. Patrick Gross rappelle qu’Eltjo Haselhoff a écrit qu’un tel phénomène n’avait jamais été vu et qu’aucune solution satisfaisante n’a pu être trouvée, ce que conteste bien sûr Patrick Gross.

Ce dernier écrit que la plupart des cercles de récolte n’ont pas d’insectes morts, car peu d’entre eux en ont. Sur seize rapports d’enquête de crop circles listés par William Levengood, seul un (celui de juillet 1998, Cherhill, Wiltshire, Angleterre) comporte la mention d’insectes morts. Les mouches mortes ne sont donc pas une caractéristique habituelle des crop circles.

mouches-mortes-crop-circle2Il y a, ajoute Patrick Gross, une explication naturelle à ce prétendu mystère. Cette solution a été trouvée en 2003 par l’ingénieur Francesco Grassi, membre d’un organisme italien, le CICAP, semblable au CSICOP américain :

Eltjo Haselhoff a rappelé que le mystère des mouches mortes a débuté le 17 juillet 1998 quand Janet Ossebaard a constaté que beaucoup de mouches mortes étaient collées aux graines des blés dans un crop circle. Les insectes étaient morts et beaucoup avaient leurs ailes tendues. Certains étaient comme éclatés : les pattes, les parties des corps, les ailes et les têtes étaient déployées. D’autres étaient encore vivants mais avaient l’air paralysés.

Janet Ossebaard a prélevé certains insectes morts pour les envoyer au Musée d’Histoire Naturelle de Londres. L’expert a immédiatement trouvé la solution, mais une analyse plus approfondie avait exclu, dit-on, cette solution, la nature de cette analyse plus approfondie n’étant pas indiquée.

mouche-collee-crop-circle

Francesco Grassi a remarqué que le livre d’Eltjo Haselhoff ne contient aucune photo du crop circle contenant ces mouches mortes, l’emplacement de la formation n’étant même pas indiqué. Francesco Grassi a trouvé que ce crop circle était à Cherhill dans le Wiltshire (Angleterre), et il a trouvé la photo correspondante. Or, il s’avère que ce crop circle n’a rien d’impressionnant, au point que l’on pourrait même penser qu’il résulte d’une simple tornade ! En outre, le cas cité par William Levengood correspond à ce crop circle !

Deux photos de mouches mortes dans des crop circles se trouvent dans le livre d’Eltjo Haselhoff : « Les cercles des blés et leurs mystères » (éditions Favre, 2002, p. 20). L’une est de Janet Ossebaard, l’autre de Uwe Engelmann. Les insectes ne sont pas « explosés » mais accrochés sur les blés avec les ailes ouvertes. Aucune documentation n’est donnée, aucun lieu, aucune date.

L’expert du Musée d’Histoire Naturelle de Londres avait d’abord précisé à Janet Ossebaard que les mouches étaient mortes à cause du champignon “Entomophthora muscae”. En latin, « muscae » signifie « mouche ». Quant au mot « entomophthora », dérivé du grec, il se décompose ainsi : « ento » (insecte), « tomo » (coupé, creusé), « phthora » (destruction). Ce mycète attaque et détruit les organismes des insectes tandis qu’ils sont encore vivants.

Janet Ossebaard a envoyé une photo qui montrait une substance blanche. Or, quand les champignons ont fini de manger l’insecte, ils se propagent autour de lui, ils sporulent. C’est la substance blanche.

En outre, les mouches mises dans un four à micro-ondes n’éclatent pas, n’écartent pas leurs ailes, ne collent pas, et montrent un aspect « cuit » très différent de celui vu dans les mouches mortes des crop circles, qui paraissent vivantes, non cuites.

Ainsi donc, le mystère des mouches mortes dans un crop circle semble ne pas en être un, et on ne peut donc considérer cette « étrangeté » comme l’une des caractéristiques suggérant une origine « exotique » des crop circles concernés. La première des « six notions-clés » mentionnées dans mon article du n° 325 (paru en mars 2007, mais daté d’avril/mai 2007) de la revue « Le monde de l’inconnu », perd ainsi de son intérêt.

 

d) Les « traces fantômes » de crop circles qui persistent l’année suivante :

Après qu’un crop circle ait été fait, on peut parfois observer, avec des nettetés diverses, que son dessin reste marqué dans le champ, parfois des semaines, des mois, mais aussi parfois jusqu’à une ou plusieurs années.

Ceci est en fait naturel. Ce qui se passe est que les grains tombés au sol, quand les plantes ont été couchées, ont germé et ont commencé à pousser. Il y a d’autres causes naturelles à ces « traces fantômes » :

• L’herbe, qui peut se mettre à coloniser le sol là où le blé a été aplati, épuise certains nutriments et diffuse des toxines dans le sol, ce qui gêne la croissance des céréales dans l’année, voire les années suivantes.

• Il peut y avoir des champignons, des moisissures, des maladies, qui profitent de la dégradation des végétaux aplatis, et de l’ombre et de l’humidité qu’ils procurent, pour coloniser le sol et épuiser les nutriments.

Ces effets peuvent se cumuler les uns aux autres. On les trouve dans le cas de la « verse des blés ». Quand des rafales violentes de vent ou des tornades ont aplati le blé comme dans les crop circles, on retrouve, par la suite, le même type de « traces fantômes ».

On a objecté qu’il serait impossible que les traces subsistent d’une année sur l’autre car, chaque année, les paysans labourent leurs champs sur une profondeur telle que toute trace ne peut que disparaître. Mais en réalité, note Patrick Gross, les paysans ne labourent justement pas toujours leurs champs en profondeur chaque année.

 

e) Les plantes aplaties entrelacées :

Patrick Gross cite un « amateur » (sic) faisant le compte rendu d’une conférence du « céréalogiste » anglais William Betts. Ce dernier évoqua les chaumes couchés dans plusieurs directions, à angle droit les uns des autres. William Betts souligna que le passage d’une planche n’aurait sans doute pas fait cela. Il montra aussi que dans un “cercle” les chaumes de blés étaient couchés dans un sens, mais que le périmètre de ce “cercle” était aplati dans le sens opposé sur une épaisseur très réduite (de quelques chaumes).

Patrick Gross qualifie cette particularité de « pseudo étrangeté », les « céréalogistes » qui disent cela ne comprenant pas, ajoute-t-il, « comment les artistes bien humains font les crop circles ». Il faudrait, écrit-il, que les « céréalogistes » comprennent qu’avant d’utiliser les planches, les artistes utilisent les pieds.

Cropcircle-surfaces-aplatie-entrelace« Ces ‘‘petites surfaces’’ aplaties dans un sens différent des surfaces aplaties par les planches, on les trouve souvent ‘‘cachées en dessous’’ des tiges plus nombreuses aplaties par les planches. Ce sont tout simplement les traces des passages à pied des artistes qui font les crop circles. Mais la plupart des céréalogistes n’arrivent pas à s’en rendre compte et, c’est un comble, font de la preuve du passage des hommes dans la formation une preuve de son origine non-humaine (…) ». (P. Gross)

Après presque trente ans de crop circles, ajoute Patrick Gross, les « experts en crop circles » ne savent toujours pas cela.

Quand on fait un crop circle, on commence par marquer, avec les pieds, le tour du cercle. Un partenaire, qui est au centre, tient une ficelle. Si l’artiste est seul, il plantera un piquet. L’autre partenaire tient l’autre bout de la ficelle et marche en aplatissant le pourtour du cercle avec les pieds. Le pourtour étant fait, l’intérieur du cercle peut être aplati avec la planche. On peut faire le pourtour en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre et aplatir l’intérieur en tournant dans le sens contraire des aiguilles d’une montre.

Patrick Gross conclut que ces entrecroisements et traces moins larges sur les contours sont simplement les signes du passage et des techniques des artistes dans le champ avant qu’ils n’aplatissent le gros des surfaces avec les planches.

Patrick Gross mentionne le livre, paru en Angleterre en 2006, de deux « faiseurs de cercles » (Rob Irving et John Lundberg) : « The field guide – The art, history and philosophy of crop circles making ».

 

f) Planche et rouleau de jardinier :

Patrick Gross critique aussi l’assertion selon laquelle les tiges des plantes montrent, dans les faux crop circles, des dommages causés par l’aplatissement mécanique produit par la planche utilisée par les farceurs, alors que dans les crop circles authentiques il n’y a aucune marque de ce genre, ce qui constitue la preuve que les plantes n’ont pas été aplaties mécaniquement.

Patrick Gross répond que parfois les dommages des tiges ne sont simplement pas visibles parce qu’ils ne sont pas assez marqués. Les tiges ne sont pas toujours assez fragiles pour être éraflées. Ceci se produit mieux quand la plante est verte et fragile, et moins quand la tige est bien sèche. Parfois, de nombreux touristes et curieux visitent un crop circle avant la venue des experts, ce qui compromet l’étude de l’état des tiges.

En outre, les artistes et les farceurs n’emploient pas toujours une planche pour aplatir les plantes. Un autre outil est également utilisé : le rouleau de jardinier.

 

g) Le sol chauffé et cristallisé sous un crop circle :

Le docteur Sampath Iyengar a signalé qu’un chercheur minéralogiste de San Diego en Californie a découvert que les échantillons d’argile prélevés dans les crop circles ont montré un modèle de cristallisation si ordonnée qu’il aurait fallu que ces échantillons aient été prélevés dans des sédiments géologiques soumis à de très fortes pressions sur plusieurs millions d’années.

Reynolds, dont Talbott dit qu’il a validé l’étude, n’a reçu les données que de 15 échantillons sur un total de 83.

L’index Kubler (mesure du développement de cristaux) ne montre aucune différence significative entre les échantillons pris dans le crop circle et en-dehors, et même la spectroscopie par rayon X ne montre aucune différence claire.

Le NIDS précise que l’étude n’est pas concluante car il n’y a pas eu un assez grand nombre de prélèvements. Cette étude n’a pas de valeur probante pour les raisons suivantes :

• Les racines des plantes n’ont pas été collectées pour examiner des évidences de dommage par la chaleur des minerais d’argile adjacents.

• Pas assez d’échantillons ont été rassemblés et analysés pour surmonter l’incertitude.

• Les résultats d’un seul crop circle ne sont pas suffisants pour valider les conclusions.

• Le rapport ne met pas en référence les études sur de l’argile minéral qui montrent le changement minéral dû au chauffage dans l’argile.

• Le rapport ne met pas en référence les études minérales d’argile qui montrent pourquoi des statistiques sont nécessaires pour l’analyse d’index de Kubler.

• Le rapport n’a pas été publié dans un journal à comité de lecture.

Le docteur Sampath S. Iyengar, minéralogiste, est le directeur du “Technology of Materials Laboratory”, en Californie. Ce n’est pas un laboratoire de recherches universitaire, mais une société privée. Leur site est www.xraydiffrac.com. Sampath Yyengar a publié plus d’une vingtaine de papiers scientifiques relatifs à des analyses de matériaux au moyen de rayons X, mais son rapport au BLT n’est en aucune manière un papier scientifique. C’est un “lab report”, un rapport de laboratoire, qui n’est nullement soumis à la moindre appréciation ou revue, mais est simplement le résultat de l’analyse demandée par le client, en l’occurrence le BLT.

Ce que le BLT lui a demandé est de faire une analyse de minéralogie complète. En l’occurrence, sa technique, la mesure de la diffraction de rayons X dans les matériaux, a comme résultat de montrer comment les rayons sont diffractés. Quand les rayons sont diffractés, cela indique la présence de matériaux cristallins. N’importe quel sol montrera plus ou moins un matériau cristallin (quartz, mica, feldspath etc.), ce qui correspond au genre de “poussières de pierre” se trouvant dans ce sol. Ces matériaux peuvent être distingués les uns des autres parce que la manière dont les rayons X y sont diffractés varie selon le genre de cristal. Il suffit de mesurer le genre de diffraction et de comparer avec une base de données internationale qui les recense pour identifier quartz, feldspath, mica. Les mesures indiquent naturellement également la quantité de ces cristaux. Un logiciel informatique récolte les données des appareils et fait la recherche dans la base de données.

Il s’agit simplement de dire quelles sortes de “poussières de pierre” se trouvent dans chaque prélèvement de terre, et quelles en sont les quantités respectives.

En fait, à une telle étape, l’analyste ne doit rien savoir de ce que les chiffres seront censés prouver ou réfuter, afin que cette connaissance ne puisse pas l’inciter consciemment ou inconsciemment à altérer les résultats de manière à satisfaire sa propre préférence ou celle de son client. En l’occurrence, la procédure scientifique correcte serait que le docteur Sampath S. Iyengar ne sache pas que les échantillons ont quoi que ce soit à voir avec les crop circles. Ce serait ce que l’on appelle un “test en aveugle”.

Le docteur Iyengar savait que ses analyses concernaient un crop circle et il a été informé sur la localisation des échantillons dans ou hors du crop circle. Or, il n’y avait pas la moindre nécessité de l’en informer du tout. Il y avait là au contraire une bonne occasion de faire effectivement une analyse en aveugle. Patrick Gross écrit qu’au lieu de faire de la bonne science et de saisir l’occasion d’une analyse en aveugle, BLT Research, le “client”, a fait tout le contraire en informant le “fournisseur” sur ses attentes : l’espoir de trouver une “anomalie”. Une opportunité de faire de la science valable aurait été de ne pas indiquer à Sampath Iyengar quels échantillons viennent du crop circle et quels échantillons ont été pris en dehors du crop circle. BLT Research n’a, écrit Patrick Gross, apparemment aucune notion de ce qu’est un test en aveugle… Ici, la règle pourtant basique et évidente du “test en aveugle” a été bafouée, et l’affirmation qu’il ne peut y avoir de biais est simplement fausse. BLT Research a dépensé 20.000 $ en se privant de donner l’assise de sérieux qu’il fallait donner à ce travail.

Supposons qu’il y ait effectivement plus de grains de mica aux emplacements des « cercles » qui constituent la formation qu’à côté. Cela, en réalité, ne prouve absolument rien. Le sol aurait tout aussi bien pu être moins cristallin à l’emplacement du “cercle” et plus cristallin à côté. Tous les géologues et minéralogistes le savent : le sol n’est pas une sorte de grande étendue homogène. Il y a des affleurements rocheux prononcés ici, des épaisseurs de terre plus loin, un lit sédimentaire encore ailleurs, des vents et des ruissellements qui rendent le sol hétérogène. La géologie serait d’une totale inutilité, une fantaisie pure, si ce n’était pas le cas. Et bien entendu, le sol sous un crop circle n’a absolument aucune raison d’être identique au sol d’à côté. A un certain endroit où un crop circle a été fait, le sol peut être différent à l’emplacement du crop circle et à côté de celui-ci. A n’importe quel moment, n’importe quelle étude parfaitement valide du sol sous un crop circle peut montrer que le sol sous le crop circle n’est pas le même qu’à côté.

On nous dit qu’il aurait fallu au moins 600° ou 800° de chaleur en laboratoire pour arriver aux cristallisations constatées. Or, un sol cristallin n’a pas besoin de crop circle car il se forme au fil des temps géologiques. Les auteurs assurent que la proportion plus importante de cristaux de mica dans ce sol est géologiquement impossible parce que le processus géologique qui y aboutirait demanderait que ce sol soit écrasé par la pression d’une massive couche de sol par-dessus ce sol pendant des temps géologiques, ce qui est impossible puisque cela aurait écrasé les plantes. Le raisonnement confine, écrit Patrick Gross, au ridicule. A croire, ajoute-t-il, que les auteurs n’ont absolument pas la moindre notion de géologie.

Oui, c’est vrai, il y a un mécanisme géologique qui par la pression altère les couches de sédiments lorsqu’au fil de millions d’années elles sont recouvertes par d’autres couches qui exercent pression et température sur les couches inférieures. Cela s’appelle le métamorphisme. Sur des couches sédimentaires argileuses, ce métamorphisme aboutit à des changements tels que la cristallisation. L’un des résultats de ce mécanisme est l’apparition de micaschistes, de mica. Ce que BLT Research assure, c’est que ce mécanisme est impossible à Edmonton puisque cela se trouve à la surface du sol et que ce mécanisme ne peut avoir lieu qu’en profondeur. C’est exact, ce mécanisme ne peut avoir lieu qu’en profondeur. Mais BLT Research semble ne jamais avoir réalisé que la croûte terrestre est sujette à des mouvements tectoniques et des érosions qui amènent les couches géologiques profondes en surface. C’est pourtant le B-A-BA de la géologie. Et le BLT Research semble tout simplement également ignorer que le mica, qui ne se forme pas dans l’argile, peut tout naturellement être transporté vers des argiles par le ruissellement des eaux ou le vent.

Les mesures, qui n’ont aucune réelle signification statistique puisqu’elles varient bien plus d’un “cercle” à l’autre qu’entre les “cercles” et les échantillons de contrôle, ont été données par le BLT Research au docteur Ravi Raghavan, un statisticien.

Patrick Gross évoque des erreurs. Les échantillons sont considérés comme étant deux groupes : ceux pris dans le “cercle” et ceux de contrôle pris en dehors des “cercles”. Cela fait disparaître le fait capital que la variation dite anormale est plus importante d’un “cercle” à l’autre qu’entre les “cercles” et l’ensemble de contrôle !

Le test Wilcoxon a été pratiqué. Ce test exige que la distribution des échantillons et des échantillons de contrôle soit similaire. Le plan des prélèvements montre que ce n’est pas du tout le cas. Le test Wilcoxon ne peut donc pas être utilisé. Le NIDS avait bien raison de se demander pourquoi cette manipulation statistique est faite.

L’allongement des noeuds constaté est parfaitement naturel lorsque des plantes sont aplaties par des farceurs. Comme les échantillons sont pris dans deux groupes, celui des “cercles” et celui de contrôle, il est évident qu’il y a une corrélation puisque la variation d’un “cercle” à l’autre a été gommée.

Pour chaque échantillon, deux mesures sont données. L’une des mesures est la température du laboratoire, l’autre est la mesure faite sur les échantillons plongés dans du glycol d’éthylène ou du glycérol. Robert C. Reynolds Jr signale que, sans la “glycolation”, on peut prendre à tort pour du mica ce qui est en fait des « smectites ». C’est pourquoi dans sa revue il demande d’en tenir compte.

Les auteurs indiquent que les statistiques démontrent qu’il n’y a pas de différence entre les mesures avec ou sans “glycolation”.

BLT Research a remis à Robert Reynolds seulement neuf échantillons. Ce dernier a confirmé la présence de mica. Il confirme en fait que les analyses par diffraction des rayons X par le docteur Sampath Iyengar sont correctes. Il assure qu’il n’existe aucun mécanisme connu permettant d’expliquer la plus grande présence de mica dans le crop circle par rapport au dehors. Patrick Gross n’est absolument pas d’accord car la Terre n’est pas couverte d’une quantité homogène de mica dans tous les terrains du monde.

Robert Reynolds évoque une température de 600 à 800 °C qui serait nécessaire en laboratoire. Mais, écrit Patrick Gross, il n’y a absolument aucune raison de faire comme si ce mica n’aurait pas été là depuis des millions d’années et serait “apparu” par le fait de la création du crop circle.

Mais ce qui est important ici, c’est que, selon Robert Reynolds, plus on “va” vers le centre des crop circles, plus il y a de mica. Or, on voit qu’il y a moins de mica au centre qu’au bord quand on mesure à la température de la pièce, et plus quand on a « glycolisé » les échantillons. Ici, la “glycolation” change tout. Sur la traversée du cercle B, il y a un manque de mica au centre. Les courbes montrent que cette cristallisation est tout à fait aléatoire.

A un certain endroit où un crop circle a été fait, le sol peut être géologiquement différent de ce qui se trouve à côté.

Une prétendue anomalie devrait être comparée à un “contrôle”. Le “contrôle” nécessite la comparaison de deux sortes de crop circles : celui qui est prétendu être “extraterrestre” ou “paranormal” (ou “mystérieux”), et un crop circle ayant été fait de manière certaine par des gens.

L’analyse de Patrick Gross semble pertinente, mais qu’en penseraient les personnes incriminées ?

 

h) La nature de la « boule de lumière » :

Selon William C Levengood, l’intervention d’un rayonnement de micro-ondes a été confirmée « par l’application du modèle de Beer-Lambert pour l’absorption de l’énergie électromagnétique par la matière ».

Comment des tiges peuvent-elles présenter des noeuds plus allongés vers le centre des crop circles que vers les bords ? Patrick Gross écrit que cela peut simplement s’expliquer par un plus grand nombre de gens marchant au centre des formations qu’aux bords. L’allongement des noeuds des plantes à tiges rigides survient tout naturellement, écrit-il, quand ces plantes sont aplaties mécaniquement. La plante tente de se redresser. Pour se redresser, elle ne peut pas courber sa tige rigide. Elle a pour cela des “noeuds”. Il lui suffit de les faire croître d’un côté plus que d’un autre, ce qui les allonge, pour changer l’orientation de la tige.

Joe Nickel, du CSICOP, a reproché à Eltjo Haselhoff de ne pas avoir pratiqué son étude en double aveugle, le but étant d’éviter des “tricheries”. Or, dit Patrick Gross, le vrai manque réside dans le fait de ne pas avoir comparé des plants d’un crop circle allégué “non-humain” avec des plants de crop circles “garantis humains”. Ce qui doit être comparé est le crop circle prétendument paranormal ou extraterrestre et plusieurs crop circles que l’on a soi-même réalisés dans les environs immédiats du premier et dans la même période de temps. Cette méthodologie évidente n’a, écrit Patrick Gross, jamais été suivie dans aucun “papier scientifique”, ni par Eltjo Haselhoff, ni par aucun partisan des “mystérieux crop circles”.

Trois étudiantes en Maîtrise de Pharmacie ont évoqué, dans le cadre d’une initiation à l’esprit critique, l’étude d’Eltjo Haselhoff. Le « travail critique » de ces étudiantes se limite en fait à indiquer et résumer le texte du CICAP (la branche italienne du CSICOP), les auteurs de ce dernier groupe suggérant que les données auraient été sélectionnées afin d’aboutir à la conclusion désirée. Il y aurait donc eu une “falsification des données”. Des membres du CICAP ont publié leur étude dans le “Skeptical inquirer”, le magazine du CSICOP (l’organisation américaine des « sceptiques » pourfendeurs du paranormal et des phénomènes “extraordinaires”). Cet article est également paru dans le “Journal of scientific exploration”, un journal scientifique à comité de lecture. L’argumentation est basée sur le nombre insuffisant ou bizarrement réparti des prélèvements (plus “dans” que “hors”, différents d’un cercle à l’autre composant la formation), sur des données éliminées, altérées, sur une absence de protocole de prélèvement… Il est aussi indiqué que le crop circle étudié ne correspond pas à celui montré en photo dans l’ouvrage d’Eltjo Haselhoff.

Selon le scientifique hollandais Eltjo Haselhoff, le rallongement des nœuds correspond à l’effet qui serait créé par une boule de lumière, cette dernière ayant stationné au-dessus. Patrick Gross prétend, quant à lui, identifier cette « boule de lumière », cette identification lui ayant été, écrit-il, facile. Selon lui, cette boule de lumière approche du crop circle depuis l’horizon, elle est très chaude, et elle a un effet démontré sur la croissance des plantes. A cause du déplacement, dans la journée, de la boule de lumière, la surface au milieu du crop circle est bien plus longtemps soumise à sa lumière que les parties qui sont sur les bords. C’est bel et bien, prétend Patrick Gross, l’effet mesuré par Eltjo Haselhoff. Si ce dernier ne dit pas comment de la lumière peut allonger des nœuds de plantes, Patrick Gross prétend, lui, l’expliquer. Pour que les noeuds s’allongent, il faut que la plante ait l’énergie qu’il lui faut pour cela. Aux endroits où elle reçoit bien cette énergie, venue de la boule de lumière, cela ira bien mieux que vers les bords où la boule de lumière éclaire bien moins longtemps. Pour Patrick Gross, il y a bien une boule de lumière qui éclaire plus le centre des “cercles” que les bords qui sont plus longtemps dans l’ombre, et qui apporte aux plantes leur énergie pour croître : c’est le Soleil. Eltjo Haselhoff, ajoute Patrick Gross, « n’y a pas pensé ». Il précise en outre que le scientifique hollandais a retiré la totalité de ses articles sur Internet. Le site Web du “DCCCS” est ensuite réapparu (www.dcccs.org), mais on n’y trouve plus rien d’intéressant…

L’explication par le Soleil se heurte cependant à un fait incontournable : de nombreux témoins ont signalé la présence de boules de lumière se déplaçant dans le voisinage de certains crop circles. Bien sûr, la validité de cet indice de la manifestation d’une intelligence extérieure à l’Homme est niée par Patrick Gross. (Voir mon texte : “Les crop circles. (6) La critique de Patrick Gross. Troisième partie.”)

 

i) Des cas expliqués :

Patrick Gross se réfère à l’auteur d’un site Web qui a donné l’explication de certaines anomalies relatives à certains crop circles. Au bilan, écrit Patrick Gross, nous avons :

– Des boules de lumières sur des photos, qui ne sont que de la diffraction sur des poussières, insectes, gouttes.

– Des tracés de crop circles supposés de nature mystique, dont le dessin vient en fait d’un album à colorier.

– Un cercle dans de l’herbe créé par des chèvres qui broutent.

– De prétendues mystérieuses particules de fer qui ne sont que de la limaille de fer saupoudrée par le farceur.

– Des escargots morts qui n’ont rien de spécial.

– Une poudre mystérieuse dans un crop circle, qui n’est que du sable et du ciment.

– Quelques plantes abîmées dans un bout de crop circle, qui n’ont rien d’extraordinaire.

– Des défauts de développement sur des photos.

– Une soi-disant anomalie temporelle qui n’est qu’une double exposition de photo.

 

j) Les traces cachées :

cropcircleVECA3“Lorsque des gens font un crop circle, selon la configuration de la figure qu’ils tracent, selon la disposition des lieux, selon la disposition des tramlines – les lignes tracées par les machines agricoles -, selon la logique séquentielle de la construction de la figure, il peut arriver que l’un des créateurs du crop circle doive à un certain moment marcher dans les plantes encore debout pour se rendre à un certain point servant à tracer le crop circle.

Sur une certaine portion du champ, il marche dans les plantes encore dressées, et en marchant il aplatit ces plantes. Cela constitue une trace, une mince ligne de plantes aplaties dans le sens de sa marche.

Cette trace trahirait évidemment son passage. Or, il s’agit de ne pas trahir de tels passages.

Mais de tels passages ne se laissent généralement pas voir parce que là où se trouve ce passage, les plantes sont ensuite aplaties avec des planches, chaînes, barres, rouleau de jardinage, selon la technique choisie, et du coup la trace de passage initiale est dissimulée sous les plantes aplaties.

Elle est alors une trace cachée.” (P. Gross)

Patrick Gross présente un schéma qui illustre le cas d’une formation qui montre où se trouveront logiquement de telles traces cachées. Il fait, à ce propos, le commentaire suivant :

“La ligne verte [A] à gauche est sur une tramline. Les créateurs du crop circle entrent dans le champ par cette tramline. Comme sur cette ligne, les plantes sont déjà écrasées par les machines agricoles, leur passage n’est pas visible.

A un certain moment, un des créateurs du crop circle doit tout de même marcher dans le champ. Dans le cas de figure montré ici, il quitte la tramline  pour aller en un point qui servira de centre au rond qui va être aplati ensuite. C’est le trait rouge [T1].

Cette portion va devenir une trace cachée, un chemin caché. Une fois arrivé au centre, le créateur du crop circle, équipé d’une corde, se tient là. Un autre est resté dans la tramline en tenant l’autre bout de la corde. Il va se déplacer dans la tramline jusqu’à ce que la corde soit tendue, puis il va tracer un cercle en tournant autour du centre, corde tendue, en aplatissant les plantes avec ses pieds.

Une fois ce cercle fait, il ne restera plus qu’à aplatir les plantes à l’intérieur du cercle en utilisant par exemple un accessoire fort efficace et maintenant bien connu : une planche, avec une corde pour la tenir à la main, tandis qu’on l’utilise au pied pour aplatir les plantes.

Quand cela est fait, la trace [T1] est alors cachée. En regardant les plantes aplaties du rond, on ne la voit plus. Les plantes aplaties du rond recouvrent cette trace initiale.

Les promoteurs de crop circles prétendument non-humains ne vous le diront pas, mais maintenant vous savez : si vous explorez ce crop circle, vous pourrez ainsi par la logique de la construction trouver à l’avance, prédire, où se trouveront vraisemblablement des traces cachées. Et vous pourrez à ces endroits soulever les plantes et mettre ces traces cachées à jour.

Sur mon exemple, un rond plus petit est montré.

Dans la logique de cette construction, une fois le grand rond tracé, un des créateurs de la formation entreprend de tracer d’autres ronds. Pour ce deuxième rond, ici, il n’y a pas de tramline pour s’y rendre sans laisser de trace. Il saute pardessus les plantes [B] et va se placer en un point qui sera le centre d’un deuxième rond. Après son saut, il va devoir marcher un peu, et cela aboutira à une deuxième trace cachée [T2].” (P. Gross)

On ne trouve pas forcément des traces cachées dans tous les crop circles. Par exemple, écrit Patrick Gross, si le crop circle est “centré” sur une tramline et a une certaine configuration, un certain dessin, il n’y aura aucune trace cachée. Le critique illustre cela par un crop circle particulier où la totalité de la figure est faite avec une tramline comme axe central.

“Dans ce cas-là,  il n’y a absolument aucune raison pour les créateurs d’avoir marché hors de la tramline dans les plantes encore debout pour aller se placer où que ce soit. Ils ont très bien pu tracer toute la figure sans jamais la trahir par une telle trace cachée.” (P. Gross)

Un autre exemple concerne les cercles simples créés par ceux que Patrick Gross prétend être les inventeurs des crop circles : Doug Bower et David Chorley.

Ainsi, le fait de ne pas trouver de trace cachée dans un crop circle ne suffit pas à affirmer qu’il est fait par des extraterrestres ou des forces paranormales, ou je ne sais quelles autres causes non-humaines encore.” (P. Gross)

En quoi ces traces cachées sont-elles importantes ?

“Lorsque les experts visitent des crop circles, s’ils ne veulent pas croire qu’ils sont faits par des gens, ils vous raconteront qu’on n’a pas trouvé de passages d’humains.

Mais en réalité, les passages d’humains ne sont pas forcément visibles, et lorsqu’ils le sont, lorsqu’il y en a, que quelqu’un le leur fait remarquer, ces experts auront vite fait de vous raconter que ce sont des touristes qui les ont faits, que quelqu’un a dû visiter la formation avant eux et que ces traces de passages humains ne prouvent rien puisqu’on ne sait pas si elles ont été faites par des gens faisant les crop circles ou par des gens qui les ont visités une fois qu’ils étaient faits.

Mais avec les traces cachées, ce genre de raisonnements ad-hoc s’écroule.

Les traces cachées sont sous les plantes aplaties du crop circle. Elle ne peuvent pas avoir été faites par des touristes après l’apparition de la formation. Ce sont des traces qui ont été faites avant l’aplatissement et dont la localisation correspond à la logique de la fabrication humaine.

Pour les experts qui veulent vous convaincre que des crop circles sont faits par des extraterrestres ou je ne sais quels militaires avec des ondes, ou je ne sais quelle intelligence supraterrrestre, c’est évidemment très gênant.

Alors, comme c’est très gênant, ils ne vous parleront pas de cela.

Vous pourrez lire tous les livres et articles défendant les crop circles non-humains, visiter tous les sites Web des soi-disant experts, vous verrez bien : la trace cachée, on n’en parle pas !

Si l’on en parlait, les ufologues et enquêteurs sérieux comprendraient que c’est le genre de chose à rechercher lorsque l’on visite un crop circle. Et ça, les experts préfèrent que cela n’arrive pas.” (P. Gross)

Des tas d’enquêteurs, dans le monde de l’ufologie comme dans les groupes “sceptiques”, ont déjà expliqué tout cela. Dès 1991, deux scientifiques, les docteurs Robin Allen et Martin Hempstead, de l’Université de Southampton, avaient expliqué tout cela.

“Mais comme ils étaient les membres d’un groupe sceptique, les Wessex Skeptics, qui cherchait de possibles explications simples à toutes sortes de mystères, et que d’évidence ils n’étaient pas d’accord avec les experts qui voulaient que les crop circles soient autre chose que des fabrications humaines, ils ont été purement et simplement ignorés. Les ci-devant experts vous cachent tout simplement et très systématiquement tout ce qui les dérange !

En France, le mystère des crop circles a été mis en avant dans le monde ufologique surtout par l’auteur Jean Sider. Il écrivait alors des articles, par exemple dans le magazine ufologique Lumières dans la nuit, en avançant que les crop circles sont créés par de mystérieuses forces, fluidiques, qui spiralent, etc. Il a confronté des ufologues : est-ce que vous vous rendez compte que nous avons maintenant des preuves matérielles en grand nombre de la présence d’intelligences supérieures sur Terre ? Pourquoi n’allez-vous pas en Angleterre, où elles se trouvent, pour les étudier ?

Les discours ufologiques français à cette époque étaient en effet du genre recherche en fauteuil, c’est-à-dire des spéculations de toutes sortes sur ces crop circles, mais guère plus. Un petit groupe d’ufologues l’a alors tout de même pris au mot. Ils se sont rendus sur place en été quatre années de suite, histoire de constater ces preuves extraterrestres pour les uns, vérifier s’il y a vraiment de quoi parler de preuves pour les autres. Le groupe s’est appelé VECA, et peu à peu a découvert toutes sortes de faits sur les crop circles que les ufologues français avaient ignoré. L’une des choses découvertes par le groupe VECA a été qu’il y a une logique de construction, de construction humaine : des tramlines pour entrer dans les champs sans laisser trop de traces, un aplatissement des plantes dans un ordre logique, dans un sens logique, séquentiel, parfaitement prévisible pour des créations humaines et tout de même un peu curieux pour des créations prétendument extraterrestres. Ils ont été en contact avec les Wessex Skeptics, sceptiques comme leur nom l’indique, mais aussi avec les experts convaincus, et ont fini par se rendre compte que l’on pouvait assez facilement comprendre la logique de fabrication et prédire les emplacements des traces cachées, les chercher, les trouver !

Inutile de le dire : aucun des acharnés partisans français de l’origine extraterrestre ou paranormale, ou autrement étrange, de crop circles, n’a rien voulu entendre… Ce sont des debunkers, cela ne vaut rien, cela ne prouve rien, ont été les rarissimes réactions, la plupart des convaincus ne connaissant de toute façon pas du tout le travail de VECA. Je l’ai constaté d’innombrables fois : l’ufologie française est totalement sous informée en matière de crop circles, les gens gobent simplement tout ce qu’on leur raconte, toutes les inventions et mensonges de quelques experts anglais totalement discrédités là-bas depuis des décennies, ils ne connaissent pas du tout l’histoire, les protagonistes, les argumentaires, les recherches, les expériences en la matière.” (P. Gross)

 

CONCLUSION :

Récapitulons les divers éléments qui suggèrent une origine « exotique » de certains crop circles, et voyons leur pertinence ou non par rapport à celle-ci.

Nous venons de voir que certaines caractéristiques de certains crop circles ne peuvent être utilisées pour justifier une origine « exotique » de ces formations. Il s’agit des mouches mortes et des « traces fantômes ».

D’autres caractéristiques font débat. C’est le cas pour l’allongement des nœuds et les cavités d’expulsion. Je me suis efforcé de montrer que le débat n’est pas clos en faveur de l’origine purement humaine. Néanmoins, il va de soi que des études plus approfondies devraient être réalisées à ce sujet.

Il est nécessaire de comparer les résultats obtenus sur des échantillons extraits de crop circles susceptibles d’être « authentiques », avec ceux obtenus sur des échantillons prélevés sur des crop circles réalisés de main d’homme.

Deux éléments peuvent réellement suggérer une origine « exotique » de certains crop circles :

• L’observation, par des témoins, du processus de formation de certains crop circles.

• L’observation, avec parfois une prise de photo ou un film, de boules lumineuses ou autres « OVNIs » sur des sites de crop circles.

Bien sûr, le caractère probant de ces éléments est réfuté par des gens comme Patrick Gross. Je développe ces sujets dans d’autres pages. (Voyez, pour les boules lumineuses, le texte : “Les crop circles. (6) La critique de Patrick Gross. Troisième partie.”)

1. Colin Andrews et Stephen J. Spignesi, « Crop circles », éditions Exclusif, 2007, p. 96-99.

2. « Lumières dans la nuit », n° 384, daté de janvier 2007, p. 18.

3. Andreas Müller, « Crop circles », éditions Véga, 2003, p. 114-115.

4. Colin Andrews et Stephen J. Spignesi, op. cit., p. 110-117, 207.

5. Jacques Garnier et Joël Mesnard, « Lumières dans la nuit », n° 383, daté de novembre 2006, p. 17-18.

 

Suite : “Les crop circles. (5) La critique de Patrick Gross. Deuxième partie.”

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