Les crop circles (3)

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I. L’étude du groupe VECA :

VECA1Les “rationalistes” ne manquent pas de citer l’étude du groupe français VECA, réalisée au début des années 1990 en Angleterre. La conclusion de ce groupe, ce dernier ayant attribué les pictogrammes à des « land artists », a été publiée notamment, à l’époque, dans la revue « Science et vie ». Depuis, cette étude fait office de référence chez les “rationalistes” de toute tendance, y compris, bien sûr, chez les « ufologues sceptiques ». On notera en outre que l’étude du groupe VECA a été mise en ligne, le 25 avril 2008, sur le site Web du GEIPAN (Groupement d’Etude et d’Information sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés).

cropcircleVECA3En 1989 est né le projet VECA (“Voyage d’étude dans les cercles anglais”), une expérience qui a duré jusqu’en 1993. Chaque été, Gilles Munsch (professeur de génie mécanique) et plusieurs amis sont allés en Angleterre afin d’étudier les dessins céréaliers. Chaque voyage prévoyait des photos aériennes et l’utilisation d’un mat télescopique de six mètres, une cartographie, des mesures topologiques, des relevés météo, une surveillance nocturne, un prélèvement d’échantillons… Le groupe VECA a élaboré un « modèle » permettant d’inférer une possible origine humaine. Les membres du groupe ont observé les « traces céréalières », après quoi ils ont vérifié sur les sites les « prédictions » que le « modèle » les avait incités à élaborer (avant de pénétrer dans les champs). Le groupe a découvert des « constantes de structure » au sein des zones dites de « recouvrement des épis ». De discrets « sentiers », cheminant sous les épis couchés, ont aussi été découverts.

cropcircleVECA2« Peu à peu, nous vint la conviction que les figures se construisaient à partir de points clés (notamment les centres) et que, pour atteindre ces ponts stratégiques, les ‘‘entités’’ bien humaines que nous envisagions ne s’embarrassaient pas de précautions extrêmes, contrairement à nos idées de départ. A terme, il nous fut même possible de ‘‘prédire’’ tel ou tel détail de structure avant même d’en faire la recherche. » (G. Munsch)

L’hypothèse de travail suivante fut alors privilégiée : les crop circles sont très certainement l’oeuvre de plusieurs équipes bien organisées agissant généralement de nuit avec des moyens logistiques réduits. Plusieurs « principes » découlent de cette « logique humaine » :

– Le principe de visibilité : les crop circles sont faits pour être vus.

– Le principe d’économie : la réalisation obéit « au moindre effort ».

– Le principe de limitation : l’Homme ne peut pas faire ce qu’il veut mais ce qu’il peut.

– Le principe d’optimisme : naïveté de celui qui fait et/ou naïveté de celui qui constate ?

– Le principe de faillibilité : l’Homme commet toujours des erreurs. Cherchons-les !

– Le principe de feed-back : un éternel besoin de reconnaissance et de communication.

– Le principe d’imitation : imiter est un réflexe, voire un besoin !

– Le principe d’indiscernabilité : vrai ou faux ? Original ou copie ? Qui peut le dire ?

Sur la base de ce travail de terrain, Gilles Munsch considère que « trop d’éléments vont dans le sens de l’hypothèse purement humaine ».

Gilles Munsch a eu l’occasion, dès 1993, d’aller examiner des « cercles » en Hongrie puis, en 1994, en Roumanie et en France, et il en a vu d’autres en France « très récemment » (par rapport à la date de l’interview). Les membres du groupe avaient prédit, en 1989, que le phénomène allait se complexifier et s’étendre à d’autres pays.

Les membres du groupe VECA, qui ont eux-mêmes réalisé des « cercles » dès 1990, ont rencontré des « faiseurs de cercles ».

Peut-on envisager l’utilisation d’un rayon laser ? Gilles Munsch répond que l’usage de faisceaux énergétiques cohérents « serait très coûteux et surtout très dangereux pour tout être vivant qui se trouverait accidentellement au mauvais endroit »… Et puis, si tel était le cas, « comment expliquer la présence systématique dans les ‘‘crops’’ d’indices évidents d’une intervention humaine in situ ? ».

Les évidences du passage de l’Homme au sein des épis « sont légion ».

Qu’en est-il des phénomènes « étranges » parfois rapportés à proximité des dessins céréaliers ?

« En 1989, lors de notre premier voyage, nous avions sympathisé avec les spécialistes de l’époque : Colin Andrews et Pat Delgado. Ceux-ci nous firent écouter des enregistrements insolites réalisés à l’intérieur des cercles – même la BBC fut de la partie – dans le secteur de Cheesefoot Head. De retour en France, il nous fut aisé de les identifier comme produits par le chant d’un oiseau, en l’occurrence une ‘‘locustelle’’. Quant aux prétendues sensations de malaise, ou de bien-être, c’est selon ! -, personne dans le groupe n’en a jamais ressenties malgré les centaines d’heures de présence cumulées au cœur des formations… Il nous est même arrivé, dès 1989, de dormir dans un ‘‘cercle’’, d’autres restant volontairement éveillés pour voir ce qu’il adviendrait. Résultat : au petit matin, les uns bien reposés et les autres bien fatigués, rien de plus ! » (G. Munsch)

A propos de l’épisode de la ‘‘locustelle’’, voyez ce qu’en dit Colin Andrews à la page : “Crop circles. (4) La critique de Patrick Gross. Première partie.”

Quant aux phénomènes associés aux ‘‘crops’’, voyez le témoignage d’Eltjo Haselhoff (à propos d’enregistrements vidéo et d’un appareil photo) à la page : “Crop circles. (2)”

A propos du spectaculaire ‘‘crop’’ apparu en 2001 à Milk Hill (Angleterre), Gilles Munsch fait (sur photo) l’analyse suivante :

crop-circle-Milk-Hill« Aucun doute. Cette figure est tout simplement superbe ! Une simple étude de la photographie trahit immédiatement le respect de certains ‘‘principes Veca’’, comme le principe d’économie (le dessin a été réalisé sur le bord du champ, une vue plus large montrerait l’étendue réelle de ce champ). La proximité immédiate d’un chemin d’accès est flagrante (praticable, en outre, par un véhicule). On se doute que la route ne doit pas être très éloignée… Le centre principal est très proche d’une ‘‘trameline’’. A l’identique des autres figures (ou presque…), celle-ci n’est constituée que de cercles ou arcs de cercles (pas de segment de droite ici), de courbes aisées à réaliser (principe de limitation). Certaines erreurs sont manifestes, la ‘‘perfection’’ n’étant qu’une grossière illusion (comparer les diamètres des cercles homologues ou les perturbations induites par les ‘‘tramelines’’). J’avoue sans mal que j’aurais adoré visiter ce ‘‘crop’’ ! Je suis pour ainsi dire convaincu que des ‘‘sentiers cachés’’ y étaient largement présents… Par exemple, il devait y en avoir un très court pour passer de la ‘‘trameline’’ au centre principal (parfois difficile à voir car vraiment très court). Tout comme il devait exister, à mon avis, un sentier reliant les centres des cercles situés sur les ‘‘rayons’’ courbes de cette ‘‘roue’’ (‘‘pré-traçage’’). Il aurait suffi de relever les épis pour mettre en évidence ces sentiers. Cela a-t-il été fait ? Enfin, on retrouve le nombre 6 (6 rayons ou « bras »), donc la division du cercle par 6 (360°/6 = 60), ce qui est le plus facile pour diviser un cercle. Un détail que l’on retrouve bien souvent dans les dessins, comme par exemple à Barbury Castle en 1991… » (1)

 

II. Faussaires et “vrais cercles” :

Dans une émission de « Les aventuriers de l’étrange » (Sud Radio), datée du 10 mars 2007, Jacques Scornaux s’est appuyé sur l’étude du groupe VECA pour décréter que les pictogrammes sont l’œuvre de « land artists ». Il a ajouté que le Britannique Nick Pope, qui venait de faire une conférence aux « Repas Ufologiques Parisiens », le 6 mars 2007, était de cet avis. Ceci m’a surpris car je venais de lire, ce jour-là, dans le livre de Colin Andrews et Stephen Spignesi acheté ce même jour, que Nick Pope a dit à Colin Andrews qu’il croyait en l’existence d’un véritable phénomène des crop circles, « et que, comme dans 5% des rapports communiqués à son département concernant les OVNIs, et que l’on croit être d’ordre extraterrestre, un pourcentage similaire peut probablement être attribué aux véritables cercles ». Colin Andrews eut plusieurs réunions avec Nick Pope au cours de l’office de ce dernier. (Voir : « Crop circles », éditions Exclusif, 2007, p. 220.) Sur son site Web, Nick Pope écrit que bien qu’il soit convaincu de l’origine humaine de la plupart des crop circles, il ne rejette pas totalement d’autres possibilités « exotiques ».

Comme Jacques Scornaux, Patrick Gross explique les crop circles par l’œuvre d’artistes du paysage, une thèse qu’il a présentée comme étant l’explication du phénomène, non seulement dans « Les aventuriers de l’étrange », le 19 août 2006 sur Sud Radio, mais aussi sur son propre site Web. (Voyez mes textes dans la même rubrique : « Les crop circles. La critique de Patrick Gross ».) C’est cette allégation qui a été reprise par Louis Benhedi, l’animateur de cette émission, lorsqu’il a reçu à nouveau Patrick Gross lors d’une soirée consacrée au recueil de témoignages d’OVNIs. Lors de cette émission, datée du 14 avril 2007, l’animateur a déclaré que les crop circles étaient essentiellement l’œuvre d’artistes du paysage et qu’ils n’avaient donc rien à voir avec l’ufologie.

On a pu entendre, le 9 juin 2007, un « son de cloche » un peu différent dans une autre émission de « Les aventuriers de l’étrange », et ce, grâce à l’intervenant du jour : l’ufologue Christian Comtesse. Ce dernier a reconnu que la plupart des crop circles sont d’origine humaine, mais que certains d’entre-eux posaient néanmoins « problème ». S’il a pu montrer que le crop circle qui était apparu quelques jours auparavant en France n’était qu’un canular, il a aussi évoqué quelques caractéristiques observées sur certains crop circles, caractéristiques qui ne cadrent pas, selon lui, avec une simple origine humaine, notamment l’existence, dans certains “crop circles“, d’une radioactivité plus importante que la normale. (Il s’agit là d’un point qui est contesté par Patrick Gross. Voyez, dans la même rubrique, mon texte : “Crop circles. (5) La critique de Patrick Gross. Deuxième partie.”) Il a aussi pu comparer la croissance des plantes dans son champ en utilisant trois variétés de plantes : celles trouvées à l’intérieur d’un crop circle que l’on pouvait suspecter être « authentique », celles prises à l’extérieur de celui-ci, et celles de son propre champ. Il a constaté, dit-il, une croissance supérieure de 30% sur les plantes extraites de l’intérieur du crop circle… Il faudrait pouvoir refaire ce type d’étude avec des spécialistes confirmés…

 

III. Des études qui montreraient l’existence de “vrais crop circles” :

Diverses études semblent avoir montré que le phénomène ne se réduit pas uniquement à des figures produites par des « artistes » humains. Évoquons quelques-uns de ces travaux. Je donne, ici, les arguments des « pro » crop circles, ceux qui soutiennent que tous les crop circles ne sont pas dus à des artistes du paysage. L’argumentation des « anti », ceux qui affirment que tous les crop circles sont réalisés par des humains, est développée dans les textes : “Les crop circles. La critique de Patrick Gross”.

 

a) Gerald S. Hawkins et Bert Janssen :

geometrie-Gerald-S-Hawkins2Gerald.S.HawkinsGerald S. Hawkins, ex-président du département d’astronomie de l’Université de Boston, a analysé toutes les formations décrites et illustrées dans « Circular evidence », l’ouvrage publié en 1989 par Pat Delgado et Colin Andrews. Ce livre présente une vue d’ensemble complète des agroglyphes apparus en Angleterre entre 1978 et 1988.

A cette époque, les motifs avaient encore des formes simples : cercles isolés, cercles multiples, et cercles entourés d’anneaux concentriques. Les proportions des diamètres et des aires de ces formations furent calculées. Vingt-cinq pictogrammes furent pris en compte, et Gerald Hawkins découvrit que les rapports obtenus révélaient une forte correspondance avec les touches blanches d’un piano.

geometrie-Gerald.S.HawkinsLes touches blanches d’un piano peuvent être apparentées aux nombres 0, 2, 4, 5, 7, 9, 11 et 12, alors que les touches noires peuvent être représentées par les nombres 1, 3, 6, 8 et 10.

Les rapports géométriques découverts correspondaient tous à des nombres entiers. Or, des cercles de dimensions arbitraires donneraient le plus souvent des nombres fractionnaires.

Le fait que chacun des nombres dérivés corresponde à une touche blanche d’un piano, et jamais à une touche noire, est très surprenant, la probabilité que cette situation ne soit qu’une coïncidence étant de 1 sur 400 000.

Les proportions des fréquences acoustiques correspondant à une gamme musicale sont telles que la combinaison de sons qui en résulte est plaisante à l’oreille, toute déviation par rapport à la hauteur d’un des sons étant immédiatement entendue comme une « fausse note ». On pourrait donc croire que les rapports diatoniques déterminés par Gerald Hawkins constituent un « prérequis » pour une harmonie géométrique en relation avec la perception humaine du son.

L’Anglais Paul Vigay a transformé à l’aide d’un programme informatique les motifs géométriques en sons. Pendant un symposium qui s’est tenu en 1998 à Glastonbury (Angleterre), Paul Vigay a joué quelques mélodies produites par son programme d’ordinateur. On notera que le même programme informatique ne produisait rien de pareillement agréable à partir d’agroglyphes dont on était sûr qu’ils avaient été fabriqués par des hommes. On ne peut cependant pas évaluer la valeur des découvertes de Paul Vigay tant qu’on ne connaît pas l’algorithme qu’il a utilisé.

En 1996, Gerald Hawkins écrivit, dans “Science news, que ses découvertes sur les rapports diatoniques étaient à mettre en relation avec quatre théorèmes qu’il avait formulés. Ces théorèmes pouvaient être représentés graphiquement en faisant tenir trois droites, un triangle équilatéral, un carré et un hexagone régulier entre les éléments séparés des pictogrammes.

Le premier théorème décrit la position relative des trois cercles, et les trois autres décrivent les proportions des cercles et des anneaux qui les entourent. Gerald Hawkins avait découvert que, entre un cercle central et un anneau qui l’entoure, on pouvait souvent placer exactement un triangle (théorème 2), un carré (théorème 3) ou un hexagone régulier (théorème 4).

geometrie_issue_des_crop_circles_geometrie1 geometrie_issue_des_crop_circles_geometrie2 geometrie_issue_des_crop_circles_geometrie3 geometrie_issue_des_crop_circles_geometrie4 geometrie_issue_des_crop_circles_geometrie5 geometrie_issue_des_crop_circles_geometrie6

5eme-theoreme-cropgeometrie_issue_des_crop_circles_geometrie5Gerald Hawkins avait en plus défini un cinquième théorème général à partir duquel les quatre autres pouvaient être dérivés. Les quatre premiers théorèmes étaient donc des cas particuliers du cinquième. Gerald Hawkins n’a pas publié ce cinquième théorème, choisissant de mettre plutôt les lecteurs de “Science news et de “Mathematic teacher” au défi de le dériver eux-mêmes des quatre premiers. Il n’y eut aucune réponse correcte jusqu’à ce que, en été 1996, apparût une formation qui se trouvait être une représentation exacte du cinquième théorème de Gerald Hawkins. C’était, note Eltjo Haselhoff, comme si seuls les créateurs « anonymes » d’agroglyphes savaient répondre correctement au défi lancé par Gerald Hawkins.

5eme-theorme-crop-circleEltjo Haselhoff mentionne l’agroglyphe apparu en 1998 dans un champ de blé en Hollande. Une première analyse fut faite par Nancy Polet et Roeland Beljon. Cet agroglyphe comportait six triples tangentes, c’est-à-dire six droites dont chacune touchait les bords de trois éléments circulaires. Ce pictogramme semblait presque être un dérivé avancé du premier théorème de Gerald Hawkins. La position des éléments est en relation avec les traces laissées dans le champ par le tracteur quand l’agriculteur effectue ses traitements. La position des éléments les uns par rapport aux autres a été choisie soigneusement, de manière à obtenir six triples tangentes. De plus, la position et la taille du motif dans son entier ont été soigneusement déterminées par rapport aux traces du tracteur. En outre, l’analyse des quatre éléments de base (deux cercles, un anneau et un cercle avec un anneau concentrique) montre que les règles de Gerald Hawkins sont aussi respectées.

L’agroglyphe créé selon des règles si précises ne peut avoir été fait par les deux jeunes gens qui, selon le journal local, déclarèrent avoir spontanément décidé de faire deux ou trois cercles pour s’amuser alors qu’ils longeaient par hasard le champ de blé. Cette formation n’aurait pu être créée sans une préparation soignée et des méthodes de travail très précises.

De nombreuses formations peuvent être inscrites dans un pentagramme (étoile à cinq branches), lui-même s’inscrivant dans un cercle tangent à deux traces de tracteur.

Prenons le cas des cercles apparus en été 1997 près du village de Melick, en Hollande, l’agroglyphe étant composé d’un petit cercle et de trois anneaux concentriques. Le motif mesurait environ 50 mètres de diamètre.

– On peut dessiner un triangle équilatéral dans la surface entre le cercle et le premier anneau (deuxième théorème de Gerald Hawkins).

– On peut dessiner un carré dans la surface entre le premier et le deuxième anneau (troisième théorème de Gerald Hawkins).

– On peut dessiner un pentagone régulier entre le deuxième et le troisième anneau.

– Le pentagone pouvait en outre contenir un pentagramme reliant le bord intérieur du premier anneau au bord intérieur du troisième anneau.

Pour satisfaire aux conditions 1 à 4, il ne suffit pas que chaque anneau ait le diamètre requis par rapport au cercle intérieur et aux autres anneaux, mais il faut aussi que l’épaisseur des anneaux soit précisément calculée. Pour déterminer ces largeurs au stade de la conception de la figure, il faut résoudre un ensemble d’équations à plusieurs variables, ce qui représente, note Eltjo Haselhoff, un problème mathématique que peu de personnes sont capables de résoudre.

Eltjo Haselhoff a pu dessiner un autre pentagramme, lequel reliait le cercle central au bord extérieur du premier anneau, ainsi qu’un hexagone tangent au bord extérieur du troisième anneau. Cela signifiait qu’une géométrie triple, quadruple, quintuple et sextuple, dans cet ordre croissant, était cachée entre le cercle et ses trois anneaux concentriques. Si l’on compare les valeurs mesurées dans le champ avec les valeurs théoriques nécessaires pour obtenir toutes les figures géométriques découvertes, on s’aperçoit que les six valeurs calculées correspondent aux valeurs mesurées. Selon le calcul des probabilités, il y aurait une chance sur 46 millions que cela soit dû au hasard. (2)

crop9408bLe chercheur hollandais Bert Janssen a poursuivi avec succès le travail de Gerald Hawkins sur la géométrie des agroglyphes. Le 9 juillet 1998, un agroglyphe est apparu sur la commune d’Alton Barnes, en Angleterre. Bert Janssen a montré que le contour de celui-ci pouvait se construire à partir d’une combinaison d’heptagones concentriques et d’« heptagrammes » (étoiles à sept branches). On peut remarquer deux fins anneaux brillants concentriques situés près du bord. Bert Janssen a découvert que ces deux cercles sont nécessaires pour mettre les autres lignes de construction à l’échelle et assurer des proportions correctes. Ces lignes de construction ont été mises à jour sous la forme d’étroites lignes de plantes aplaties, sous la végétation couchée de la formation.

Bert Janssen a découvert des lignes de construction similaires dans plusieurs autres formations. (3)

 

b) L’allongement des nœuds :

C’est dans un article publié en 1994 que le biophysicien William C. Levengood a évoqué l’existence de nœuds enflés (ou “pulvinii”) sur des plantes de céréales dans un agroglyphe.

William-LevengoodSelon William Levengood, le gonflement constaté pourrait être la conséquence d’un effet de chaleur, peut-être causé par une radiation de micro-ondes, qui provoque l’expansion du liquide contenu dans les cellules de la plante, dans un processus similaire à celui du mercure dans un thermomètre. William Levengood a avancé l’hypothèse que cette supposée radiation de micro-ondes pourrait être rattachée à des énergies plasma créées d’une manière ou d’une autre dans l’atmosphère. Il a signalé un rapport entre la longueur des nœuds et la distance au centre géométrique de la formation, des variations qu’il attribue au caractère électromagnétique de la source de radiations.

noeux-cropcircleDans la nuit du 7 juin 1999, un jeune Hollandais observa une boule de lumière et vit, après s’être précipité dans le champ, un cercle de blé couché. Moins d’une semaine après, une seconde formation apparut non loin de la première, un bref éclair de lumière ayant été observé au-dessus du champ. Eltjo Haselhoff, immédiatement informé, procéda à un échantillonnage complet des deux formations et conduisit quelques expériences simples sur le matériel récolté. Dans les deux cercles de neuf mètres de diamètre, il a pris vingt-sept échantillons d’une vingtaine de plantes chacun, le but étant de mesurer la longueur moyenne des nœuds de chaque échantillon et de la comparer avec des plantes de contrôle récoltées loin des agroglyphes, dans le blé resté droit. Plus de 1500 plantes furent récoltées, mises en bouquets et étiquetées. Après un séchage naturel, on a procédé aux mesures. Pour mesurer précisément 1500 nœuds de quelques millimètres, Eltjo Haselhoff a écrit un programme informatique. Il a fixé les tiges à l’aide d’épingles métalliques et il a pris une photo numérique. Le programme mesurait alors les nœuds avec une précision d’un dixième de millimètre. Les nœuds des paquets de plantes servant au contrôle mesurent environ deux millimètres, ce qui est une taille normale pour cette variété de blé à ce stade de son développement. Par contre, la longueur moyenne des nœuds mesurée sur les échantillons pris à l’intérieur du cercle de blé couché est différente. Au centre (échantillon a4), elle atteint 4,28 millimètres, soit plus de deux fois celle des plantes de contrôle. Le mécanisme naturel qui permet d’expliquer une augmentation de la taille du nœud est connu sous le nom de « gravitropisme », lequel résulte de l’effet qui permet à une plante de se redresser après avoir été inclinée. Dans un tel cas, cependant, le taux d’allongement des nœuds est de 10 à 20 % par semaine. Les quelque 200 % d’allongement mesurés au centre de la formation constituent donc un phénomène remarquable. On voit, sur les graphiques, que la longueur des barres jaunes croît du bord gauche de la formation jusqu’au centre, puis décroît du centre au bord droit, dans une progression presque parfaitement symétrique.

« Si l’on suppose que le cercle est l’œuvre de mystificateurs utilisant une planche et une corde – comme beaucoup prétendent le faire -, comment expliquer d’une part l’allongement hors normes des nœuds et, d’autre part, les différences dans l’allongement en fonction de la distance au centre de la formation ? En effet, dans ce cas, toutes les tiges auraient subi le même traitement et auraient été affectées par les mêmes conditions, tant en ce qui concerne la température et l’humidité que l’ensoleillement. » (E. Haselhoff)

La déclaration du témoin oculaire qui mentionne une chaleur intense dans la formation peu après sa création est une autre indication concernant la cause de l’allongement des nœuds : la chaleur, qui a provoqué une expansion des nœuds pleins d’eau.

Eltjo Haselhoff avait précédemment conduit d’autres analyses sur la base des résultats publiés par William Levengood, qui l’avaient amené à suspecter que l’allongement des nœuds était la conséquence des boules lumineuses.

Comme William Levengood l’a suggéré, l’allongement des nœuds pourrait être dû à un effet d’expansion thermique. Le liquide contenu dans les cellules chauffe en augmentant la flexibilité des parois cellulaires. En conséquence, les cellules de la plante se dilatent. Les cellules conservent, après le refroidissement, leur nouvelle taille.

Si l’on part du principe que la longueur des nœuds est proportionnelle à l’augmentation de la température, on peut considérer que la longueur des nœuds indique la température subie lors de la création de l’agroglyphe à l’endroit où les plantes ont été ramassées.

L’intensité d’une source électromagnétique diminue proportionnellement au carré de la distance. A deux fois une distance donnée, la lumière est quatre fois moins intense, à trois fois la distance elle est neuf fois moins intense, etc. Par la méthode d’analyse de régression linéaire, les mesures sont représentées par des points sur un graphique de telle manière que le modèle mathématique est confirmé quand les points se trouvent sur une ligne droite. L’axe vertical représente l’augmentation de la longueur des nœuds, et l’axe horizontal représente la distance entre la boule de lumière et les endroits où les échantillons furent cueillis. On constate que les valeurs mesurées indiquées par les points rouges se placent effectivement le long d’une droite. Cela confirme que la distribution de la chaleur sur le sol était identique à la température qu’aurait produite une petite source électromagnétique, placée dans ce cas à 4,10 mètres au-dessus du sol. La concordance entre les mesures et le modèle peut être exprimée par une valeur appelée coefficient de corrélation : plus le nombre est proche de 1, plus grande est la corrélation. Dans ce cas, le coefficient est de 0,988, ce qui indique une correspondance quasiment parfaite.

William Levengood a publié une analyse similaire réalisée sur la longueur de nœuds provenant de trois agroglyphes aux Etats-Unis et en Angleterre, avec des résultats identiques : les coefficients de régression linéaire étaient proches de 1, indiquant qu’une source électromagnétique était la cause de l’allongement des nœuds.

Eltjo Haselhoff a conduit une analyse à partir de plantes prises dans un agroglyphe élaboré créé par des hommes (Dreischor, Hollande, 1997). Cette analyse a révélé, comme on pouvait s’y attendre, une très mauvaise corrélation linéaire. Eltjo Haselhoff a proposé un article pour publication dans la revue “Physiologia Plantarum, une revue de biophysique et de physiologie des plantes. Cet article fut accepté. (4)

 

c) Les tests de germination :

Eltjo Haselhoff a fait un simple test de germination. Il a pris, dans chaque échantillon, un grain de blé dans dix épis. Afin d’assurer un environnement identique à chaque échantillon pendant la germination, les grains ont été semés dans les petits compartiments d’un bac de jardin contenant le même substrat. Chaque compartiment a été arrosé, tous les deux jours, avec la même quantité d’eau. Le bac a été placé devant une grande fenêtre, de sorte que chaque graine reçoive la même quantité de lumière. Au bout de quelques jours, déjà, on a constaté d’importantes variations dans le développement des graines.

Des sceptiques ont suggéré que les différences de croissance pourraient être dues à des dommages physiques subis par les grains lors de l’aplatissement des plantes. Or, il convient de rappeler que l’un des traits remarquables des agroglyphes est le caractère intact des plantes, sans le moindre dommage résultant de forces mécaniques. Et les épis étaient tous intacts. On n’a pas non plus observé de différence visible entre les grains des différents échantillons.

On s’aperçoit en outre que les différences de taille entre les jeunes pousses d’un compartiment donné (correspondant aux échantillons recueillis à un endroit précis de l’agroglyphe) sont beaucoup plus faibles que les différences entre les plants de différents compartiments, donc provenant de différents endroits de l’agroglyphe. Toutes les pousses d’un échantillon donné présentent donc les mêmes caractéristiques de germination. Comme chaque compartiment contenait dix grains pris sur dix épis différents, il est impossible qu’un éventuel dommage mécanique puisse produire des différences si constantes dans le processus de germination.

Au bout de deux semaines, les jeunes plants ont été soigneusement déterrés, rincés à l’eau et mesurés.

Les plantes de contrôle (en dehors de l’agroglyphe) mesurent en moyenne 140 millimètres, les variations constatées étant normales. En ce qui concerne la taille et la variation de la germination des grains pris à l’intérieur de l’agroglyphe, la vitesse de germination a donné, en plusieurs endroits, des plants quatre fois plus petits. De plus, les plants de chaque échantillon sont plus ou moins de la même taille.

L’équipe de chercheurs du BLT a plusieurs fois rapporté une diminution de la vitesse de germination.

Les anomalies de germination sont moins structurées que l’allongement des nœuds, et la perturbation de germination n’est donc pas un processus linéaire. On peut cependant remarquer que les pousses issues des graines prises au centre de l’agroglyphe (où l’allongement des nœuds était le plus marqué) ont tendance à croître moins vite que celles qui ont été récoltées au bord de la formation. Ceci pourrait indiquer que les radiations émises par les boules de lumière endommagent les grains en même temps qu’elles chauffent les plantes.

La longueur moyenne des plants diminue en fonction de la longueur moyenne des nœuds. Cette observation confirme des découvertes antérieures de William Levengood. Dans les agroglyphes qui apparaissent tôt dans la saison, comme c’est le cas pour l’étude d’Eltjo Haselhoff, la vitesse de germination tend à diminuer, alors qu’il y a une tendance à l’augmentation de celle-ci lorsque les mêmes tests sont conduits avec des grains provenant d’agroglyphes apparus dans des récoltes mûres. (5)

 

d) Les isotopes radioactifs :

Marshall Dudley et Michael Chorost ont fait état de la découverte de treize radionucléides à courte durée de vie dans des échantillons de sol prélevés dans un agroglyphe anglais. Entre autres isotopes radioactifs, il y avait du tellure-119, du plomb-203 et du rhodium-102, avec une durée de vie de seulement quelques jours. Ces isotopes étaient absents des échantillons de sol prélevés une dizaine de mètres à l’extérieur de l’agroglyphe.

La présence de ces radionucléides à courte durée de vie est surprenante car ceux-ci doivent en principe être synthétisés dans des accélérateurs de particules ou dans des réacteurs nucléaires expérimentaux. Selon les auteurs, la présence simultanée de tous ces isotopes pourrait s’expliquer par l’activation d’éléments qui se produit naturellement en présence de noyaux de deutérium (hydrogène lourd). Le deutérium (un isotope de l’hydrogène) existe dans la nature, mais les noyaux de deutérium ne pourraient créer les isotopes découverts que s’ils s’étaient trouvés dans l’état hautement énergétique d’un million de volts. (6)

Patrick Gross conteste la validité de ce résultat. (Voyez, dans la même rubrique, mon texte : “Crop circles. (5) La critique de Patrick Gross. Deuxième partie.”)

 

e) L’équipe du BLT :

L’équipe du BLT est un groupe de chercheurs composé des Américains William C. Levengood, John Burke et Nancy P. Talbott. Le BLT a effectué différents types de tests en laboratoire.

Ils ont découvert que la taille des épis était significativement réduite par comparaison avec les autres épis du champ, lorsque la formation était apparue dans une récolte immature. Parfois, quelques semaines après l’apparition de l’agroglyphe, les épis de l’intérieur de la formation avaient perdu tous leurs grains. Quand ces derniers subsistaient, ils pouvaient être singulièrement chétifs, plus petits et plus légers que les autres. Ils produisaient des plants faibles à croissance sévèrement réduite, et parfois ne survivaient pas aux expériences de laboratoire.

William Levengood a aussi découvert des creux surdimensionnés dans la paroi cellulaire du tissu des bractées. Ce tissu est la fine membrane qui entoure les grains, et les creux sont des petits trous servant au transport des ions. L’hypothèse de William Levengood est que les creux cellulaires s’agrandissent quand la chaleur atteint les plantes au moment où l’agroglyphe est créé.

Ce sont les conclusions amenées par les tests de germination qui constituent la découverte la plus significative du BLT. Quand l’agroglyphe est formé dans une culture immature, les plants issus des graines de l’intérieur de la formation ne se développent pas ou se développent très lentement. Mais lorsque le phénomène se produit dans une culture mûre pour la récolte, les plants peuvent croître à une vitesse jusqu’à cinq fois supérieure à la normale.

Ces essais ont été répétés des milliers de fois. Le BLT considère que ces découvertes renforcent l’hypothèse selon laquelle des systèmes de vortex de plasma ionisés à haute énergie sont impliqués dans la formation des agroglyphes, et que des changements dans l’atmosphère supérieure de la Terre (perte d’ozone ?) pourraient y être pour quelque chose. Les chercheurs du BLT ont aussi conclu que les interférences humaines ne constituent pas un facteur causatif dans la formation de la plupart des agroglyphes, comme ils le notent dans leur article de 1999 paru dans “Physiologia Plantarum” :

« Aucune de ces altérations clairement anormales n’a été mentionnée – et encore moins expliquée – par les tenants de la théorie des vandales ; elles ne peuvent pas non plus s’expliquer par les méthodes que les soi-disant vandales prétendent employer pour créer des agroglyphes. » (7)

 

* Les 14 points d’étrangeté de William Levengood et Marilyn Ruben :

Sur son site Web, l’ufologue Patrick Gross a signalé que William C. Levengood et Marilyn J. Ruben ont écrit en 2003 qu’il existe, dans les crop circles, 14 caractéristiques d’étrangeté :

• L’allongement des nœuds des plantes à tiges rigides.

• La présence de « cavités d’expulsion » ou de derniers nœuds éclatés, due à une accumulation rapide de pression provoquée par le chauffage par micro-ondes.

• Des structures de creux augmentées le long des parois internes des cellules des plantes.

• L’influence d’énergies interactives sur la réduction de poids dans des graines prises dans des crop circles.

• Des dépôts anormalement élevés de matériel magnétique dans le sol.

• Des énergies peu communes et des charges d’énergie libre dans l’eau

• Des anomalies de développement prononcées, dans les tissus somatiques situés dans des organes spécifiques des plantes.

• La participation du rayonnement de micro-ondes confirmée par l’application du modèle de Beer-Lambert pour l’absorption de l’énergie électromagnétique par la matière.

• Des changements significatifs du taux de croissance, positifs et négatifs, aux graines et aux plantes moissonnées dans des crop circles.

• La présence d’oxyde de fer fondu sur les feuilles et le sol dans des crop circles.

• De grands anneaux blancs trouvés sur les champs nouvellement labourés en Orégon.

• Les insectes adhérant à la tête des graines sur des blés dans des crop circles.

• Des changements fondamentaux dans les modèles de réduction d’oxydation ou de respiration dans des plantes et des graines moissonnées dans des crop circles.

• La découverte de ronds d’herbes dans des cours et des parcs, qui ont le même type de changement dans les modèles respiratoires des plantes que ceux dans certains crop circles.

Le caractère « étrange » de ces anomalies n’est évidemment pas reconnu par ceux (dont Patrick Gross) qui soutiennent que tous les crop circles sont dus à des artistes de paysage. Ils en donnent des explications naturelles. Voyez, pour le débat sur ce sujet, les textes : « Les crop circles. La critique de Patrick Gross. »

 

IV. Les conclusions d’Eltjo Haselhoff :

Voici les conclusions auxquelles Eltjo Haselhoff est parvenu lors de son étude des agroglyphes :

Conclusion 1. L’hypothèse selon laquelle tous les agroglyphes sont l’oeuvre de plaisantins armés d’outils simples utilisés pour coucher les plantes ne suffit en aucune manière à expliquer toutes les observations qui ont été faites.

Conclusion 2. Le phénomène des agroglyphes est souvent ridiculisé à tort et largement sous-estimé dans sa complexité.

Conclusion 3. La vraie nature du phénomène des agroglyphes est inconnue du grand public.

Conclusion 4. « Ceux qui n’ont pas qualité pour juger devraient s’abstenir de tout commentaire. » (Terence Meaden)

Conclusion 5. De petites sources de radiations à caractère électromagnétique – les « boules lumineuses », dont l’origine reste inconnue – sont directement impliquées dans la création de certains cercles d’agroglyphes.

Conclusion 6. Quelque chose de très étrange est en train de se produire.

Quelques observations relativement élémentaires semblent défier toute explication simple : les anomalies biophysiques (germination et allongement des nœuds), l’absence d’indication de présence humaine ou d’aplatissement mécanique (observée bien souvent dans les cultures les plus fragiles), la complexité et la géométrie cachée de nombreux agroglyphes, l’observation de boules lumineuses.

Eltjo-Haselhoff2« Même une observation aussi extraordinaire qu’une boule lumineuse suspendue au-dessus d’un champ pour créer un cercle de plantes couchées satisfait à l’exigence selon laquelle des affirmations extraordinaires demandent des preuves extraordinaires. Ces preuves ont été apportées par la parfaite symétrie dans les mesures de la longueur des nœuds en fonction de la position dans le cercle, et la parfaite corrélation entre les nœuds et le modèle d’irradiation d’une source électromagnétique. Cette découverte devrait au moins ouvrir les esprits aux dizaines d’autres preuves que constituent les témoignages oculaires et les vidéos des boules lumineuses volantes. Comme, en outre, des découvertes identiques ont été acceptées dans la littérature scientifique, il est aujourd’hui légitime de dire que l’implication de boules lumineuses dans la formation de certains agroglyphes est un fait scientifiquement accepté. Et il y a encore bien d’autres signes peu ordinaires, tels que les brûlures sur le nichoir à oiseaux, les feuilles de carottes délicatement ciselées restées intactes, un cercle vierge dans un champ de neige gelée, des mouches mortes, etc. » (Eltjo Haselhoff)

La seule conclusion à laquelle on peut arriver pour l’instant, c’est que les explications triviales qui veulent que les agroglyphes soient fabriqués à l’aide de planches, de cordes ou d’autres outils servant à aplatir, ne peuvent en aucun cas expliquer toutes les observations documentées. Cela n’est pas une hypothèse, mais, selon Eltjo Haselhoff, un fait. (La pertinence de ces preuves, y compris les témoignages sur les boules lumineuses, est évidemment niée par les tenants de l’origine exclusivement humaine des agroglyphes. Voyez, dans la même rubrique, “Crop circles. La critique de Patrick Gross.” Plusieurs pages sont consacrées à cette critique.)

Eltjo Haselhoff suggère l’existence de trois types d’agroglyphes :

simples-cercles-crop-circle* La première catégorie comprendrait les simples cercles, du type du « Diable fauchant » qui nous vient du dix-septième siècle, qui auraient été vus dès le début du vingtième siècle et qui sont apparus en nombre croissant dans le sud de l’Angleterre au cours des années 1970 et 1980. Ils continuent à apparaître dans le monde entier. Il est intéressant de noter que, autant qu’Eltjo Haselhoff le sache, tous les témoins qui prétendent avoir assisté à la création d’un agroglyphe n’ont vu que ces formations circulaires. Certains témoins auraient vu plusieurs “cercles” se former simultanément, mais personne n’aurait assisté à la création d’un des motifs très complexes dont on dit qu’ils se sont formés en très peu de temps. En conséquence, tous les témoignages qui font état de boules lumineuses ne concernent que la formation de cercles. Eltjo Haselhoff écrit que ces faits semblent confirmer l’hypothèse de Terence Meaden selon laquelle les “cercles” sont le résultat de courants aériens qui proviendraient des couches supérieures de l’atmosphère, en s’accompagnant d’effets électriques lumineux.

cercles-barres-crop-circle* Dans la deuxième catégorie, on placerait les agroglyphes de type cercles, anneaux et barres, qui sont apparus pour la première fois en 1990 dans le sud de l’Angleterre, et ailleurs dans le monde quelques années plus tard, comme la formation de Melick. Eltjo Haselhoff considère que les agroglyphes de ce type sont les plus étranges car ils contiennent, malgré leur apparente simplicité, une géométrie très complexe qui, contrairement aux nombreux « agroglyphes-oeuvres d’art » dont la complexité saute aux yeux, ne se révèle qu’à ceux qui ont assez de temps et de connaissances mathématiques. Bien que cela n’exclut pas une origine humaine, ils soulèvent bien des questions en ce qui concerne les comment et pourquoi. Les formes et les motifs de ces agroglyphes correspondent à des pictogrammes de type « mystique », comme s’ils représentaient une espèce d’étrange langage symbolique.

mandala-crop-circle* Eltjo Haselhoff écrit qu’il ne serait pas surpris si la troisième catégorie, composée d’agroglyphes extrêmement élaborés et complexes, était l’œuvre de mystificateurs. La plupart de ces formations sont conçues autour d’une symétrie circulaire, comme le mandala, et ne semblent avoir été créées que pour leur beauté, dans le cadre de l’« art du paysage », comme certains de leurs prétendus créateurs aiment appeler leurs œuvres.

Il est difficile, sinon impossible, de définir une frontière stricte entre ces trois catégories. Il n’empêche qu’il y a différents types d’agroglyphes, avec des caractères propres, et qu’il est légitime de supposer que tous les agroglyphes n’ont pas la même origine. Il doit y avoir plusieurs sources. En outre, certaines anomalies biophysiques sont découvertes dans des motifs géométriques très élaborés. On note une complexité croissante des agroglyphes avec une absence fréquente de toute trace d’activité humaine. Les recherches à venir devraient s’occuper d’échantillonner abondamment ces formations à motifs géométriques complexes et d’appliquer aux échantillons de plantes des tests selon un protocole bien établi, comme c’est le cas pour les noeuds et la germination… (8)

Nous avons vu qu’Eltjo Haselhoff se réfère à la thèse de Terence Meaden, un météorologue qui faisait intervenir un phénomène atmosphérique dans la création des “cercles”. Cette thèse est abandonnée depuis longtemps, à cause notamment de son incompatibilité avec la complexité des formes géométriques constatées depuis de nombreuses années. Seuls les “cercles” du début du phénomène permettaient de s’interroger sur cette origine alléguée. Aujourd’hui, William Levengood et John Burke se réfèrent à une thèse analogue, mais il faut bien comprendre que, si ces éléments atmosphériques intervenaient dans l’élaboration des agroglyphes, ce ne pourrait pas être le fait d’un simple phénomène naturel, un tel phénomène ne pouvant produire les motifs complexes. A la limite, seule une intelligence extérieure à l’Homme pourrait utiliser en partie certains phénomènes atmosphériques (comme des “vortex de plasma”) pour former ces pictogrammes.

Alain Moreau

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Références :

1. “Science et inexpliqué”, n° 6, novembre/décembre 2008, p. 12, 14-16.

2. Eltjo Haselhoff, « Les cercles dans les blés et leurs mystères », éditions Favre SA, 2002,, p. 71-72, 74, 76-77, 80-82, 84-85.

3. Ibid., p. 86-88.

4. Ibid., p. 88, 90-98.

5. Ibid., p. 98-99, 102.

6. Ibid., p. 110.

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