Les crop circles (10) Les hypothèses sur l’origine des agroglyphes

 Crop-Circle_xDans certaines revues abordant le sujet des crop circles, on trouve, chaque année, un catalogue des formations les plus belles et « réussies » de la saison écoulée ou en cours. Mais ce qui est fondamental, dans ce dossier, c’est bien sûr la question centrale : qui est à l’origine de ces formations géométriques dans des champs de céréales ?

Pour essayer de répondre à cette question essentielle, il convient d’abord d’établir une « hiérarchie » des hypothèses émises. Il y a d’abord celles qu’on peut écarter d’office, puis celles qui sont susceptibles d’expliquer tout ou partie du phénomène. Le tableau ci-après liste ces diverses hypothèses :

 

– Hypothèses à rejeter :

< « Nids » d’animaux, vortex plasmatiques, pales de rotor d’hélicoptères…

< Explications relevant de la « pataphysique » : « forces psychiques », Gaïa…

 

– Hypothèses à prendre en considération :

< Artistes du paysage et « hoaxers » (mystificateurs ou farceurs).

< Origine militaire.

< Origine « exotique » : extraterrestre ou « multidimensionnelle ».

 

A. Les théories fantaisistes :

Pietin-VerseLes hypothèses fantaisistes (ou à rejeter) incluent, d’une part celles qui furent émises dans les premières phases du phénomène, lorsque les formations étaient simples et se cantonnaient à de simples cercles, d’autre part celles qui relèvent de la « pataphysique ».

Les premières incluent des hypothèses comme celles faisant intervenir des nids de hérissons ou les pales d’un rotor d’hélicoptère… On évoqua des champignons parasites, tel le Piétin Verse (P. Herpotrichoides), s’attaquant aux graines des céréales en provoquant un changement de couleur et une flétrissure des épis.

« En 1990, dans le quotidien ‘‘The Sun’’, la journaliste Amanda Cable évoque – sérieusement – la chute de grêlons d’une taille gigantesque pour expliquer le phénomène. Des animaux, comme des cerfs en rut, tournant en cercle autour des femelles lors de la saison des amours, sont également incriminés. Tout comme des ‘‘hérissons fous’’, tournant encore et encore jusqu’à épuisement dans les cultures sous l’effet de furieux accès de démence. » (1)

Le météorologue Terence Meaden, quant à lui, avait mis en avant la théorie selon laquelle les crop circles sont faits par des vortex plasmatiques, sortes de tourbillons chargés d’électricité. Selon lui, un vent tourbillonnant balayant la hauteur d’une colline « pourrait créer une ‘‘mini-tornade’’ chargée d’électricité statique lorsqu’il rencontre, sur l’autre versant, une masse d’air immobile ». En se déplaçant de façon centripète ou centrifuge, cette ‘‘mini-tornade’’ pourrait fondre sur un champ de céréales et former un (ou plusieurs) cercle. (2)

Patrick Gross, qui est persuadé de l’origine exclusivement humaine de l’ensemble des crop circles, écrit que les « Meadenites » croyaient à une théorie concoctée par un météorologue, le docteur G. Terence Meaden, lequel était persuadé que des crop circles étaient le résultat de “tourbillons atmosphériques”.

Voici ce que note, à ce sujet, Patrick Gross :

L’idée a pu avoir quelque apparence de bien fondé initialement, mais en réalité elle sombrait dans le ridicule le plus pur au fur et à mesure que les farceurs piégeaient Meaden en créant des figures qui ridiculisaient sa théorie. Ainsi, lorsque Meaden a affirmé que les crop circles étaient faits par des tourbillons de vents, et que ce qui le “prouvait” était que les plantes étaient toujours aplaties dans le sens des aiguilles d’une montre, Bower et Chorley ont aussitôt réalisé des crop circles en aplatissant les plantes dans le sens contraire. Lorsque l’on a commencé à raconter que l’on voyait d’étranges lumières ou des “OVNIS”, dans les champs où les crop circles étaient trouvés, Meaden a concocté que ses “tourbillons” se chargeaient en électricité statique, devenaient lumineux et étaient pris pour des OVNIS. Ces OVNIS là, vite baptisés “plasmas”, avaient ce quelque chose de “naturel” qui, avec la caution “scientifique” de Meaden, plaisait énormément à certains ufologues du BUFORA qui estimaient que les OVNIS étaient quelque chose de réel et de sérieux, mais pas extraterrestre. Les Meadenites, autour du BUFORA, posaient donc en “ufologues sérieux” qui ne “croyaient pas aux petits hommes verts” mais n’étaient pas non plus de “vils debunkers” qui “nieraient les témoignages”. (P. Gross)

Paul Fuller, ufologue du BUFORA, était, écrit Patrick Gross, « un Meadenite acharné ». Jenny Randles partageait aussi la thèse de Paul Fuller. (Paul Fuller et Jenny Randles : « Crop circles : a mystery solved », 1993.) Patrick Gross précise que Paul Fuller finit cependant par « reconnaître et admettre que les farceurs sont l’explication, et que les tourbillons de vents, lumineux ou non, n’avaient eu aucun rôle réel dans les apparitions de crop circles ».

Le caractère absurde de ces « explications » est rapidement apparu lorsque des formations plus complexes ont commencé à faire leur apparition. On n’insistera pas là-dessus, l’unanimité étant faite, chez les gens sensés, pour dénoncer ces explications ridicules. Ces explications ont pourtant toujours leurs adeptes. Patrick Gross note en effet que William Levengood (du groupe BLT) assure que les crop circles sont créés par des tourbillons d’air électrisés qui apparaissent quand des météores tombent, et que John Burke (également du groupe BLT) assure que les crop circles sont créés par des “vortex de plasma”. (3) De deux choses l’une : ou ces deux chercheurs pensent que ces phénomènes atmosphériques créent d’eux-mêmes les agroglyphes, et alors ils sont stupides, ou ils supposent (mais préfèrent ne pas insister là-dessus) qu’une « intelligence extérieure » utilise ces phénomènes atmosphériques pour produire les crop circles…

Voici, à propos des « vortex », une curieuse observation faite par Claude Burkel :

Le 1er juillet 2007, un cercle de culture est apparu près de Saint Dizier. Or, un curieux phénomène s’est produit à cet endroit le 21 août 2008 à 12 heures 40, un phénomène auquel Claude Burkel a assisté et qu’il a photographié. Cela s’est produit à 4 kilomètres au sud de la base militaire 113 de Saint Dizier, où se trouvent les avions rafales. Claude Burkel s’était donc rendu à cet endroit ce jour-là, avec un ami : Dominique Lacour. Ils voulaient prendre des photos. C’est alors qu’ils virent, à la verticale d’Eclaron, un vortex atmosphérique (composé d’un « trou » principal et de deux autres « trous » moindres). Le vortex (diamètre estimé : 2000 mètres) commença à se « fermer » à 12 heures 55 pour disparaître à 13 heures. Claude Burkel note que le phénomène observé fait écho aux « trois tourbillons en cheminée » observés au-dessus du champ dans la période où sont apparus les crop circles de Montélier (Drôme, juin 2008). (4)

Le deuxième type d’hypothèses fantaisistes relève du domaine de la « pataphysique » :

Il existe une catégorie d’hypothèses fantaisistes qui fait appel à des concepts tels que : la matérialisation de symboles culturels rendue possible grâce au psychisme collectif de l’humanité (selon Johannes Von Butlar), l’action de « forces psychiques » (selon Andy Thomas), ou l’intervention de Gaïa (la conscience de la Terre).

Patrick Gross précise que Nancy Talbot (du groupe BLT) pense que les OVNIs et les crop circles sont un même phénomène qui est dû à “quelque chose” qui a à voir avec “la conscience”, et que 90% des crop circles sont “authentiques”. Si ce pourcentage est très certainement fortement exagéré, l’intervention de la « conscience » dans le phénomène n’est pas davantage sérieuse.

pataphysiqueWerner Anderhub et Hans Peter Roth ont ingénument posé cette question : pourquoi ne serait-il donc pas possible « de projeter volontairement des figures dans un champ de céréales en concentrant sa force de pensée » ? Ils citent notamment K. H. Türk pour qui les pictogrammes sont un reflet de notre état d’âme, leur évolution allant de pair avec celle de la conscience des humains. Ces derniers seraient eux-mêmes les auteurs des « cercles » ! On est ici, effectivement, en pleine « pataphysique ». Prétendre, par exemple, que des gens peuvent former inconsciemment (et même consciemment, d’ailleurs) par la pensée de telles formations géométriques dans des champs de céréales, cela relève du domaine du fantastique. Évitons d’avoir recours à des inepties pareilles, sous peine de se décrédibiliser encore un peu plus dans l’étude du phénomène. Évitons aussi de recourir à la thèse farfelue des voyageurs temporels ou à la thèse, mise en avant par Andreas Müller mais également dépourvue de validité compte tenu de la complexité des formes observées, d’un phénomène naturel encore inconnu.

 

B. Les autres hypothèses :

DougBower2Ces derniers étaient les “experts en crop circles” originaux tel que Pat Delgado et Colin Andrews, qui s’étaient persuadés que les crop circles étaient faits par des extraterrestres, et prétendaient que ces “vrais” crop circles se distinguaient des “faux” crop circles faits par des hommes. Leur tribune était la ‘‘Flying Saucer Review’’ et moult associations de “recherche” avec leurs bulletins de “céréalogie”. Ce sont eux qui ont peu à peu fait du “mystère des crop circles” une véritable industrie, un marché complet de livres, revues, conférences payantes, cassettes VHS, puis CD et DVDs, et c’est leur exploitation éhontée de la crédulité populaire qui avait poussé Bower et Chorley a révéler qui faisait vraiment les crop circles : eux, et leurs imitateurs de plus en plus nombreux. (P. Gross)

On aura noté, bien sûr, que Patrick Gross fait partie d’une troisième catégorie d’individus, ceux qui affirment que tous les crop circles sont le fait de simples humains. D’ailleurs, c’est cette thèse purement humaine qui est généralement mise en évidence dans les grands médias. Patrick Gross cite le cas de Jim Schnabel (auteur de « Round in circles » en 1994) qui a fait un certain nombre de crop circles. En 1992, Jim Schnabel a montré à Rupert Sheldrake un crop circle qu’il venait de faire, Rupert Sheldrake ayant organisé une compétition de fabrication de crop circles… Le crop circle de 1992 fait par Jim Schnabel à Silbury Hill, nommé le “Dharmic Wheel”, avait été qualifié d’« authentique » par Michael Green, alors directeur de l’International Centre of Crop Circle Studies.

Patrick Gross écrit que le fait de croire à l’existence de « vrais » et « faux » crop circles constitue un parti pris. Mais affirmer péremptoirement, comme il le fait, qu’il n’y a que de « faux » crop circles, ce n’est donc pas un parti pris ?

ButterflyCropCircleNetherlandsIl convient de faire observer une chose : au minimum, un grand nombre de « crops » sont dus à des artistes du paysage et à des « hoxers » (faussaires). Les plus sérieux des tenants d’une intervention « exotique », dans la réalisation de certains agroglyphes, sont d’accord sur ce point. Ceux qui croient, par exemple, que tous les ‘‘crops’’ sont le fait de « frères et sœurs de l’espace » ne sont que des rêveurs et des crédules qui méconnaissent totalement le sujet. On lisait par exemple, sur un certain site, l’introduction suivante à un texte relatif à la formation en forme de papillon « apparue » en 2007 en Angleterre :

« Nos Frères de l’espace viennent de nous envoyer un merveilleux crop circle en forme de papillon pour nous montrer le chemin qui conduira prochainement notre humanité à son Ascension. »

Cette attribution exclusive du phénomène à des visiteurs de l’espace étant à écarter, je suis amené à considérer qu’une telle intervention ne peut être envisagée que pour une partie (dont le pourcentage est impossible à déterminer) du phénomène.

Il n’existe, en réalité, que trois hypothèses a priori envisageables quant à l’origine des agroglyphes. Ce sont :

1° L’origine exclusivement humaine, les agents à l’œuvre étant des artistes du paysage et des faussaires. C’est cette explication simple qui a la faveur des médias qui se veulent « sérieux », et c’est aussi celle qui est défendue par de nombreux ufologues (comme Patrick Gross, Jacques Scornaux et Thierry Pinvidic).

2° L’existence combinée d’artistes du paysage et d’essais militaires, certains agroglyphes étant imputables aux premiers et les autres aux seconds.

3° L’existence d’un phénomène authentique de base, d’origine « exotique » (étrangère à l’espèce humaine), ce phénomène étant « parasité » par des faussaires et des artistes du paysage. Les faussaires sont à l’origine de la plupart des crop circles. A noter que la nature de l’intelligence extérieure à l’humanité peut ne pas être uniquement extraterrestre, comme nous le verrons plus loin.

 

1. Faussaires et artistes du paysage :

DougBower5Dans une séquence d’une émission diffusée le 13 décembre 2006 sur TF1 (et présentée par Julien Courbet), le phénomène a été expliqué par le travail réalisé, pendant quatorze ans, par deux hommes âgés (Doug Bower et David Chorley), lesquels ont « révélé », au début des années 1990, être les auteurs des formations avec l’aide de simples planches et cordes. Le phénomène a été circonscrit à ces deux individus, comme si celui-ci s’était achevé à la date de la « confession » ! Rien n’a été dit sur tout ce qui s’est passé durant la période postérieure à cette date, le phénomène ayant perduré jusqu’à nos jours.

Sur son site Web (), Patrick Gross a identifié Doug Bower à « l’homme qui a créé le phénomène des crop circles ». Il prétend que les premiers crop circles ont été faits en 1978 par Doug Bower et Dave Chorley, ceux-ci ayant continué à en faire jusqu’en 1991, date à laquelle ils ont révélé « le pot au roses ». Il écrit qu’à l’époque d’un article de Paul Fuller (1994), « les ufologues britanniques avaient déjà réalisé que les crop circles n’étaient nullement des traces d’atterrissages de soucoupes, que les extraterrestres ne créaient pas les crop circles », qu’ils « avaient réalisé que des farceurs pouvaient les faire », tout le monde n’ayant pas compris « qu’il ne s’agissait que de cela : un gigantesque canular uniquement ». Cette affirmation du « gigantesque canular » et de l’absence totale de l’implication d’une intelligence extraterrestre nécessite d’être évaluée. Patrick Gross réfute, bien sûr, qu’il puisse y avoir de « vrais » et « faux » crop circles, puisque, pour lui, tous les crop circles sont simplement d’origine humaine.

Voici la version des faits selon les « papys farceurs » :

dougBowedr2Doug Bower dit s’être rappelé, un jour, un article qu’il avait lu quand il était en Australie, cet article concernant quelques cercles dans des roseaux et herbes à Tully, dans le Queensland. Lui et son collègue David Chorley ont alors eu l’idée de faire des cercles, pensant que les gens penseraient qu’un OVNI avait atterri.

Pendant les deux premières années, leurs cercles n’ont pas été vus car ils étaient faits dans des champs que le public ne pouvait pas voir depuis les routes. Leur premier cercle « dans la cuvette de Punch » a été fait en 1981. Les « soucoupes volantes » étant circulaires, Doug Bower dit que lui et son ami avaient eu l’idée de réaliser des cercles dans les champs. A propos d’un cercle réalisé en 1981, à Cheesefoot Head, Pat Delgado avait dit que c’était un OVNI qui avait fait ce cercle.

Terence Meaden ayant mis en avant la théorie selon laquelle les crop circles sont faits par des tornades particulières, une preuve en étant que tous les crop circles se développaient en spirales dans le sens des aiguilles d’une montre, les « papys farceurs » firent un crop circle dont la spirale se déroulait dans le sens contraire des aiguilles d’une montre…

C’était dans la nuit des vendredis que les deux acolytes faisaient leurs cercles dans les champs. Ayant finalement annoncé à leurs épouses qu’ils étaient à l’origine du « phénomène », ils purent en faire d’autres jours de la semaine. Le côté argent, disait Doug Bower, n’est jamais entré en ligne de compte. Quant aux sons « mystérieux » parfois enregistrés dans les champs, ils étaient dus, dit-on, au gazouillis d’un oiseau : la « locustelle ». A propos des « marques » que l’on voit parfois sur des photos prises en relation avec des crop circles, Doug Bower pensait que le lien entre les deux relevait de l’imagination.

Doug Bower donna en outre une explication très simple au fait que le phénomène des crop cercles s’était étendu à d’autres régions du monde. Lorsque lui et David Chorley réalisaient leurs cercles, certains visiteurs leur ont dit qu’ils en feraient à leur tour dans leur pays. Ces visiteurs ont donc réalisé, dit Doug Bower, leurs propres cercles en Amérique, au Canada, en Allemagne, au Japon…

Dans une interview téléphonique datée du 9 septembre 1991, David Chorley (décédé en 1996) a dit que lui et Doug Bower venaient de révéler, pour deux raisons, qu’ils étaient à l’origine des crop circles. D’abord, les « experts » en crop circles harcelaient le ministère de la Défense au Royaume-Uni pour lui faire entreprendre des recherches sur le mystère des crop circles. Doug Bower et David Chorley ont réalisé que ce serait un gaspillage de l’argent des contribuables, et c’était l’une des raisons qui les a décidés à mettre fin à la plaisanterie. Une autre raison était que les « experts » comme Pat Delgado, Colin Andrews et d’autres, gagnaient de l’argent en vendant des livres et des vidéos, en faisant des tournées de conférences. Les deux acolytes ont jugé que ces « experts » faisaient de l’argent sur le dos de la crédulité des gens.

Voilà donc les « révélations » des « papys farceurs » : ils sont à l’origine du phénomène, leur œuvre ayant été ensuite poursuivie et développée (avec une complexification des formes géométriques) par des « artistes du paysage » et autres mystificateurs. Le « mystère » est donc résolu et le débat est clos.

Il ne faut pas s’étonner que de nombreux auteurs aient relayé cette explication de l’ensemble des crop circles, tous les grands médias s’en étant fait l’écho. L’ufologue Thierry Pinvidic avait « expliqué », dans le numéro de novembre 1990 de « Science et vie », que les crop circles étaient le résultat de supercheries.

Pour Patrick Gross, le seul lien véritable avec la question des OVNIs concerne les déclarations de Doug Bower et David Chorley à propos de l’observation au Queensland australien en 1966, des plaisantins de la région ayant commencé à faire des cercles en aplatissant des céréales dans les champs. Cette plaisanterie avait pour objectif que l’on dise : « Regardez, là une soucoupe a dû se poser. » Doug Bower, qui vivait à l’époque dans cette région, a alors eu l’idée de faire la même chose en Angleterre. D’autres personnes ont alors exporté le « phénomène » dans d’autres pays, et c’est ainsi, dit Patrick Gross, que le « mystère » est né.

Quelle n’a pas été ma surprise de lire, dans le numéro 6 de novembre/décembre 2008 (p. 10) de “Science et inexpliqué”, ceci :

doug_gathering_02En 1998, dans une interview réalisée pour le compte du quotidien anglais “Sunday People”, l’un des deux  “papys farceurs”, Doug Bower (David Chorley est décédé en 1996), se rétracte soudain et avoue qu’en définitive il n’est pas l’auteur de tous les crop circles. Tout juste d’une petite dizaine et encore… Pour l’occasion – et contre toute attente – le retraité livre le fond de sa pensée : il en est fermement convaincu, des forces inconnues sont bien à l’origine de la plupart des dessins, surtout les plus compliqués, comme les célèbres pictogrammes apparus au début des années quatre-vingt-dix. Panique dans les rangs de ceux qui pensaient l’affaire définitivement reléguée au rang de canular !

Voilà une rétractation qui n’est nulle part mentionnée dans l’argumentaire des négateurs (comme Patrick Gross) de toute intervention “exotique” dans la réalisation de certains agroglyphes, et pas davantage dans les séquences ou documentaires consacrés aux crop circles… Que faut-il donc penser des « révélations » antérieures de Doug Bower et David Chorley ? Ont-ils été payés (par des membres d’un « service » ou par les responsables d’un journal) afin de faire ces « révélations » ? C’est une question que l’on peut se poser. Ceci précisé, il faut reconnaître que l’origine purement humaine d’au moins une grande partie des crop circles est mise en évidence par les éléments suivants :

– La création revendiquée de crop circles par des « faiseurs de cercles » (Jim Schnabel, Matt Ridley, etc.)

– L’existence de concours de fabrication de crop circles.

circlemakers15Voici un exemple. Le 3 août 2000, les artistes du groupe « CircleMakers » ont annoncé qu’ils allaient créer, dans les 48 heures, une formation de seize anneaux intriqués, quelque part en Angleterre. Ils ont publié le plan de la formation qu’ils allaient faire, cette formation devant être faite de nuit. Ils estimèrent qu’ils avaient besoin, pour réaliser celle-ci, de trois heures. Cette construction a été filmée par la chaîne télévisée “Channel 4” en utilisant des caméras infrarouges, le tournage ayant été réalisé le 5 août 2000.

Le même groupe a fait publiquement de nombreuses autres formations céréalières. L’une d’elles a été réalisée en 2001, la nuit, pour la chaîne télévisée “HTV West”. En août 2004, la chaîne télévisée “National Geographics” a demandé aux membres du groupe « CircleMakers » : John Lundberg, Rod Dickinson et Will Russell, une démonstration, de jour, dans le Wiltshire. Ceux-ci réalisèrent une « spirale carrée », une formation qui leur a demandé cinq heures (avec des pauses pour le tournage) de travail.

Les « démystifications » des « circles makers » ont évidemment amené certaines personnes à réviser leur croyance en l’origine « exotique » des agroglyphes. Patrick Gross, un virulent adversaire de l’origine « exotique » de certains crop circles, a ainsi signalé, sur son site www.ufologie.net, les déclarations suivantes de Kerry Blower, le 4 octobre 1998, « quand elle a réalisé ce qu’il en était des crop circles » :

« Nous [Kerry et Tom] nous étions, pendant 8 ans, sentis faire partie d’un culte. Je ne m’en rendais pas compte, mais j’avais mis tous mes sentiments, volontés et désirs dans les crop circles. Par exemple, chaque fois que l’hiver arrivait, j’étais dévastée intérieurement parce qu’il n’y avait plus de crop circles, et je me traînais à attendre le foutu été. »

« La formation pour la BBC [une démonstration des artistes] a tué les crop circles pour moi, mais Paul (Damon) et Matt (Williams) ont mis le clou final dans le cercueil parce que je leur avais totalement fait confiance. C’était une période incroyablement triste dans ma vie. J’ai voulu me suicider. »

« Je voulais me suicider avec les comprimés que Paul avait laissés ici, j’ai pleuré pendant trois jours, et la seule chose qui m’a empêché de le faire était de voir le visage de ma fille. Alors j’ai fait le tour de la maison, et, tout ce qui avait à voir avec les crop circles, je l’ai balancé à la poubelle. Et j’ai alors pensé à toutes les choses que les gens ont écrit et obtenues par channeling, et j’ai pensé que ce n’était que de la m… et qu’il y a des illusions de masse dans le monde. Mais aussi douloureux que cela soit, les gens doivent accepter la vérité. »

« Les crop circles étaient mon Jésus Christ, et quelqu’un est venu et a dit ‘‘c’est une fraude’’. Je ne crois pas à un phénomène authentique et je dis ça sans douleur ou colère. Je suis passée à autre chose. »

Non, contrairement à ce que dit cette « déçue », les messages reçus en channeling, à propos des agroglyphes, ne sont pas de la m… (Voir mon texte : « Les crop circles. (11) L’origine des agroglyphes selon les sources ‘‘extraordinaires’’ ».)

 

– L’étude du groupe VECA :

J’ai déjà évoqué, dans un précédent texte consacré aux crop circles, le groupe VECA. L’étude du groupe français VECA, réalisée au début des années 1990 en Angleterre, a été mise en ligne, le 25 avril 2008, sur le site Web du GEIPAN (Groupement d’Etude et d’Information sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés).

groupe-veca2Chaque été, pendant plusieurs années, Gilles Munsch (professeur de génie mécanique) et plusieurs amis sont allés en Angleterre afin d’étudier les dessins céréaliers. Chaque voyage prévoyait des photos aériennes et l’utilisation d’un mat télescopique de six mètres, une cartographie, des mesures topologiques, des relevés météo, une surveillance nocturne, un prélèvement d’échantillons…

Le groupe VECA a élaboré un « modèle » permettant d’inférer une possible origine humaine. Les membres de ce groupe ont observé les « traces céréalières », après quoi ils ont vérifié sur les sites les « prédictions » que le « modèle » les avait incités à élaborer (avant de pénétrer dans les champs).

Le groupe a ainsi découvert des « constantes de structure » au sein des zones dites de « recouvrement des épis ». De discrets « sentiers », cheminant sous les épis couchés, ont aussi été découverts.

L’hypothèse de travail suivante fut alors privilégiée : les crop circles sont très certainement l’oeuvre de plusieurs équipes bien organisées agissant généralement de nuit avec des moyens logistiques réduits. Sur la base de ce travail de terrain, Gilles Munsch considère que « trop d’éléments vont dans le sens de l’hypothèse purement humaine ». (« Science et inexpliqué », n° 6, novembre/décembre 2008.)

Un Crop circle dans un champ de Sarraltroff rue du moulinEn juillet 2009, un article de presse paru dans le journal « Le Républicain Lorrain » a fait état d’un crop circle apparu dans un champ en Moselle. Une équipe du CNEGU (Comité nord-est des groupements ufologiques) s’est rendue sur place pour en faire l’étude. Son objectif : vérifier si on pouvait y trouver un ou plusieurs principes énoncés dans le rapport VECA (Voyage d’étude dans les cercles anglais). Parmi les constats réalisés, il y a :

– La découverte, dès le premier cercle, d’un « sentier caché ».

– La découverte, au centre de huit cercles, d’”un trou très net” (entre deux et dix centimètres de profondeur), ce qui correspond, bien sûr, à des trous de piquets.

– L’existence de plusieurs « ratés » causés par les « tramelines » qui ont certainement perturbé le ou les fabricants.

Associés aux anomalies flagrantes de conception, deux principes Veca sont respectés (‘‘sentiers cachés’’ et trous de piquet). (Francine Cordier et Patrice Seray)

Le pictogramme, qui contient neuf cercles et deux demi-lunes ou lunules, montre des défauts visibles sur la photo aérienne. Par exemple un défaut, visible au niveau d’une « demi-lune », trahit un débordement sur un gros cercle plein.

La fabrication humaine de cette figure ne fait aucun doute. (5)

 

– « Vrais » et « faux » cercles de culture ?

Tous les agroglyphes sont-ils d’origine humaine ?

William-LevengoodLes tenants d’une origine « exotique » ou « inexpliquée » de certains crop circles mettent en avant certaines caractéristiques censées différencier les « vrais » des « faux » agroglyphes. J’ai développé, dans d’autres textes consacrés aux crop circles, le dossier polémique relatif à ces « anomalies » : l’allongement des nœuds, les cavités d’expulsion, etc. Patrick Gross s’est efforcé de démontrer, sur son site Web, que toutes ces anomalies n’ont rien d’inexpliqué et qu’il n’est donc pas nécessaire, pour en rendre compte, de faire intervenir des micro-ondes, contrairement à ce que suggère, par exemple, le biophysicien William Levengood.

Dans le « listing » des anomalies, la prudence s’impose. Dans le numéro 325 (daté d’avril/mai 2007) de « Le monde de l’inconnu », j’ai ainsi listé six caractéristiques censées s’opposer à la thèse de l’origine uniquement humaine. Or, l’exemple des « mouches mortes », la première de ces caractéristiques jugées inexpliquées, n’a pas le caractère probant que l’on croyait. mouche-morteOn a en effet trouvé, dans certains crop circles, des mouches mortes collées sur les grains des épis de blé. Patrick Gross rappelle qu’Eltjo Haselhoff a écrit qu’un tel phénomène n’avait jamais été vu et qu’aucune solution satisfaisante n’a pu être trouvée, ce que conteste Patrick Gross. Ce dernier écrit que la plupart des cercles de récolte n’ont pas d’insectes morts, car peu d’entre eux en ont. Sur seize rapports d’enquête de crop circles listés par William Levengood, seul un (celui de juillet 1998, Cherhill, Wiltshire, Angleterre) comporte la mention d’insectes morts. Les mouches mortes ne sont donc pas une caractéristique habituelle des crop circles. Il y a, ajoute Patrick Gross, une explication naturelle à ce prétendu mystère. Comme je l’ai déjà évoqué dans de précédents textes sur les crop circles, cette solution a été trouvée en 2003 par l’ingénieur Francesco Grassi, membre d’un organisme italien, le CICAP, semblable au CSICOP américain :

Eltjo Haselhoff a rappelé que le mystère des mouches mortes a débuté le 17 juillet 1998 quand Janet Ossebaard a constaté que beaucoup de mouches mortes étaient collées aux graines des blés dans un crop circle. Les insectes étaient morts, et beaucoup avaient leurs ailes tendues. Certains étaient comme éclatés : les pattes, les parties des corps, les ailes et les têtes étaient déployées. D’autres étaient encore vivants mais avaient l’air paralysés. Janet Ossebaard a prélevé certains insectes morts pour les envoyer au Musée d’Histoire Naturelle de Londres. L’expert a immédiatement trouvé la solution, mais une analyse plus approfondie avait exclu, dit-on, cette solution, la nature de cette analyse plus approfondie n’étant pas indiquée. Francesco Grassi a remarqué que le livre d’Eltjo Haselhoff ne contient aucune photo du crop circle contenant ces mouches mortes, l’emplacement de la formation n’étant même pas indiqué. Francesco Grassi a trouvé que ce crop circle était à Cherhill dans le Wiltshire (Angleterre), et il a trouvé la photo correspondante. Or, il s’avère que ce crop circle n’a rien d’impressionnant, au point que l’on pourrait même penser qu’il résulte d’une simple tornade ! En outre, le cas cité par William Levengood correspond à ce crop circle !

J’ai aussi apporté les précisions suivantes :

Deux photos de mouches mortes dans des crop circles se trouvent dans le livre d’Eltjo Haselhoff : « Les cercles des blés et leurs mystères » (éditions Favre, 2002). L’une est de Janet Ossebaard, l’autre de Uwe Engelmann. Les insectes ne sont pas « explosés », mais accrochés sur les blés avec les ailes ouvertes. Aucune documentation n’est donnée, aucun lieu, aucune date. L’expert du Musée d’Histoire Naturelle de Londres avait d’abord précisé à Janet Ossebaard que les mouches étaient mortes à cause du champignon ‘‘Entomophthora muscae’’. Ce mycète attaque et détruit les organismes des insectes tandis qu’ils sont encore vivants. Janet Ossebaard a envoyé une photo qui montrait une substance blanche. Or, quand les champignons ont fini de manger l’insecte, ils se propagent autour de lui, ils sporulent. C’est la substance blanche. En outre les mouches mises dans un four à micro-ondes n’éclatent pas, n’écartent pas leurs ailes, ne collent pas, et montrent un aspect « cuit » très différent de celui vu dans les mouches mortes des crop circles, qui paraissent vivantes, pas cuites.

Ainsi donc, le mystère des mouches mortes dans un crop circle semble ne pas en être un, et on ne peut donc pas considérer cette « étrangeté » comme l’une des caractéristiques suggérant une origine « inexpliquée » des crop circles concernés. Ce genre d’erreur me fait penser à cette histoire d’« OVNIs dans l’art », dont on trouve les illustrations dans diverses revues et sur certains sites Web. J’ai moi-même brièvement évoqué ces prétendus « OVNIs » dans deux articles : « Le monde de l’inconnu » n° 304 (2003, p. 35) et « Top secret » n° 18 (2005, p. 32-33). Or, Diego Cuoghi a montré que les objets représentés sur les tableaux ne sont en réalité que des symboles religieux très communs, « un code en vigueur dans les oeuvres de la Renaissance que les historiens de l’art connaissent bien ». Les vrais OVNIs sont ainsi absents de ces représentations de scènes religieuses. Méfions-nous donc des apparences, et… errare humanum est.

A contrario, il convient de se méfier tout autant des affirmations péremptoires « du camp d’en face », celui des rationalistes qui ont réponse à tout. Ainsi, le 24 octobre 2007, la première partie d’une émission (« Questions à la Une ») de la télévision belge (RTBF) a été consacrée aux crop-circles. Le reportage était de Bruno Clément et Michel Mees. Depuis deux ans, lisait-on dans le texte de présentation de cette émission, les « cercles » sont aussi massivement visibles en Belgique. On en a compté dix en 2007, dont trois dans la seule région de Waterloo. On ‘‘apprend’’ que Questions à la Une « a percé le mystère de ces graffitis champêtres et a, pour la première fois en Belgique, trouvé l’explication définitive du phénomène ». On se doute bien que la prétendue « explication définitive » est celle faisant intervenir les artistes du paysage. Or, l’affirmation de ces journalistes est à la fois péremptoire et erronée, certains éléments (qui ne sont pas mentionnés par eux) invalidant celle-ci. C’est ici qu’il convient de mettre l’accent sur le point suivant : il n’existe aucun documentaire objectif, télévisé ou vidéo, sur les crop circles, que la thèse défendue soit celle de la fabrication par des humains ou toute autre explication. Nous avons chaque fois affaire soit à des rationalistes qui mettent en exergue les éléments démonstratifs allant dans le sens de leurs préjugés, soit à des « croyants » qui, souvent, présentent des thèses plus ou moins fantaisistes.

Si l’on veut être objectif, il est nécessaire, pour évaluer scientifiquement des échantillons extraits de crop circles, de :

– Procéder à une étude en « double aveugle ». Le chercheur examinant les plants ne doit pas savoir si ceux qu’il analyse appartiennent au crop circle supposé être « vrai » ou au « faux ».

Le problème majeur, c’est que ces deux procédures n’ont toujours pas été suivies. Et on comprend donc pourquoi les sceptiques (comme Patrick Gross) « jubilent ».

Un Crop circle dans un champ de Sarraltroff rue du moulinUne étude a été faite sur un crop circle découvert en Moselle le 10 juillet 2008. Il était composé de deux croissants de lune enlacés et de plusieurs cercles de diamètres différents. L’étude a été réalisée par Jérôme Frasson et Michel Desnoes, du groupe « UFO-Science » créé par Jean-Pierre Petit. Comme on peut le voir sur les clichés pris par Michel Desnoes, le pliage intervient à la base des tiges de blé, en dehors des noeuds, ce qui est compatible avec l’obtention de ce résultat par « une planchette ».

Jean-Pierre Petit note qu’un autre crop circle avait été découvert dans l’Est de la France. Hervé Lamarre s’était rendu sur les lieux et avait cette fois constaté que les plis avaient été ménagés au niveau des nœuds, phénomène que Jérôme Frasson avait pu reconstituer en soumettant des graminées à des micro-ondes.

Il y a ainsi « deux sortes de crop circles » :

 

– La signature d’une société secrète ?

Pierre Oul’Chen a évoqué quelques crop circles apparus en 2008 en France (Lorraine, Saône-et-Loire, Drôme) et en Suisse.

Il observe qu’aux Etats-Unis et au Canada plusieurs sociétés secrètes ou « pseudo-secrètes », « les fraternités ou sororités », se donnent des noms composés de deux ou trois lettres grecques. Comme, à Montélier (Drôme), les crop circles montraient deux lettres grecques : gamma et dzêta, Pierre Oul’Chen a posé cette question : une telle société secrète aurait-elle apposé sa signature dans les blés ?

Il évoque aussi la piste de « l’extrême droite occultiste ».

“Les travaux récents de Nicholas Goodrick-Clarke, ancien professeur de l’Université d’Oxford et historien, signalent que nous connaissons actuellement sur l’Europe une résurgence de groupes néo-nazis occultistes. Il cite l’Ordre Blanc de Thulé et l’Ordre des Neuf Angles (ONA). Ces groupuscules sont liés au Black Metal et autres mouvements musicaux à tendance gothique, mêlant satanisme et magie noire.

logo-Black_SunCes groupes, qui commencent à intéresser certains services de renseignements, ont un signe de ralliement : le Soleil noir, ‘‘the black Sun’’. Deux versions sont connues pour leur signe, au travers de logos. Dans les deux cas, il s’agit d’un cercle. L’un représente un cercle avec douze gamma majuscules en son centre, et un plus petit cercle au milieu ; l’autre, toujours un cercle, avec un disque noir en son centre et comme des rayons solaires qui sortent du cercle. Dans les deux cas, ces deux signes de reconnaissance ressemblent graphiquement à des crop circles. Certains, semblables, ont été vus dans des champs de blé. De plus, ces groupes néo-nazis occultistes (l’appellation est importante, ces groupes se différentient des mouvements néo-nazis ‘‘conventionnels’’) pratiquent des cérémonies en pleine nature, de façon nocturne. On sait notamment que le fait de réaliser des tâches ardues (les dessins des crop circles par exemple), avec une certaine bravoure (le risque d’être pris pouvant entraîner les fautifs devant les tribunaux), fait partie de leur logique. L’endurance est aussi dans les conditions requises. Il en faut pour tracer avec peu de moyens d’immenses graphismes dans les champs. De plus, les cérémonies incluent des symboles astrologiques et alchimiques. Les cercles céréaliers peuvent donner des correspondances célestes, les lieux comme Montélier renvoient à un langage alchimique (Parlanges, gamma, mont ailé…). Autre point clef pour le fonctionnement de ces groupes ésotériques : les cérémonies doivent coïncider avec les équinoxes ou les solstices. Le 21 juin, solstice d’été, est souvent une période où les crop circles apparaissent. Paganisme, combat contre le christianisme et ‘‘retour aux sources’’ se mélangent dans une dissonance totale.

Le gamma était présent à Montélier. S’agit-il là encore d’une coïncidence ? On sait qu’une cérémonie nocturne, ou en tout cas un rassemblement dans le plus simple appareil, s’est déroulée à Montélier dans les crop circles. Le site de Montélier se nomme le loup, animal emblématique des guerriers, ce que prétendent être les membres de ces groupes. Que venaient faire ces gens ? Illuminés ou bien membres d’une organisation structurée ? Délires agraires ou bien cérémonies codifiées ?” (P. Oul’Chen)

Pour Pierre Oul’Chen, la ressemblance entre le ‘‘black Sun’’ et les cercles céréaliers est troublante.

« Cette hypothèse expliquerait globalement beaucoup de choses : mouvements sectaires agissant de façon organisée, quasi militaire, pour ne pas se faire prendre, et qui jamais ne revendiqueront leur acte. Leurs signatures dans les blés ne sont pas destinées au grand public, mais juste aux adeptes et pour leur culte. » (P. Oul’Chen)

Le Soleil noir est un symbole de la forme d’une roue solaire.

Elle comprend douze runes de la victoire inversées – ou quatre svastikas – et est aujourd’hui visible surtout dans les mouvements néonazis, ainsi que dans le contexte néo païen.

“Le Soleil noir ou ‘‘black Sun’’ est apparu durant la seconde guerre mondiale, imaginé par les dirigeants occultes du Troisième Reich, et par ceux de la SS en particulier. Heinrich Himmler, chef suprême de la SS, avait voulu ce symbole comme représentatif de l’Ordre Noir. Le dirigeant nazi l’a laissé en ornement vert foncé, sous forme d’une mosaïque circulaire, dont le milieu se trouvait sur un disque d’or. L’ensemble se trouve sur le sol en marbre de l’ancien ‘‘Obergrup-penführer-saal’’ (salle des généraux) de la tour Nord du château de Wewelsburg, en Westphalie. Le château allemand de Wewelsburg a été acheté par Himmler, avant la deuxième guerre mondiale, en vue d’en faire un centre de recherche sur la ‘‘religion raciale’’ et un centre d’initiation pour les cadres de ses troupes d’élite, dans le contexte de la montée idéologique nazie. La tour du Nord devait être, selon les architectes et idéologues de l’époque, l’axe du monde. Heinrich Himmler, Grand Maître des SS, voulait y établir le ‘‘centre du nouveau monde’’ après la ‘‘victoire finale’’. Himmler avait organisé la SS sur le modèle des chevaliers teutoniques et voulait faire, des sections spéciales, un ordre de chevalerie moderne, sur fond d’occultisme. Les camps de concentration nazis dépendaient de Himmler, qui mit en œuvre la ‘‘solution finale’’. On est loin ici de tout idéal de chevalerie. La SS a fonctionné comme un contre-ordre initiatique, où le mal destructeur a pris la prépondérance sur tout son fonctionnement.

Le Soleil noir existait sous la forme de fibule de bronze à l’époque mérovingienne, comme une représentation visible de la course du Soleil ou de son cycle, par les douze mois de l’année.

Le terme ‘‘Soleil noir’’ pour la roue solaire de Wewelsburg a été repris après la seconde guerre mondiale. Le Soleil noir est aujourd’hui le signe de ralliement et le symbole de certains partis néonazis à tendance occultiste. Il est désormais considéré comme un signe de reconnaissance dans cette mouvance de groupements extrémistes, souvent dans le collimateur de la justice et étroitement surveillés par certains services de police et par Interpol.” (P. Oul’Chen)

Faisant référence à un crop circle découvert en juillet 2008 en Lorraine, Pierre Oul’Chen note que le graphisme général de cet agroglyphe rappelle un symbole runique. Or, les runes, écriture du nord de l’Europe, appartiennent entre autres à la tradition de l’extrême droite occultiste.

Concernant ces ‘‘crops’’ de l’été 2008, Pierre Oul’Chen note qu’aucun coupable n’a été surpris et qu’aucun faussaire ne s’est déclaré.

« Les mouvements écologiques et le land art ne semblent pas crédibles. Effectivement, les écologistes et les artistes concernés revendiqueraient à un moment donné leurs traces champêtres. Personne ne l’a fait jusqu’à aujourd’hui. Reste le canular pur et dur, mais personne n’a jamais été pris sur le fait. Ainsi, les canulars ne résistent pas longtemps, d’autant qu’il y a toujours à un moment donné quelqu’un qui vend la mèche. Il faut donc chercher une autre logique. Si – à en croire le rapport VECA sur le site du GEIPAN – le coupable est terrestre, la piste des groupes occultistes paraît la plus défendable à ce jour. En effet, si les crop circles sont leur œuvre, tout est fait pour que personne ne puisse remonter la filière, et aucun porte-parole ne viendra jamais revendiquer son acte. Par contre, le message circule, et les intéressés concernés sont touchés. C’est une thèse dérangeante mais qui repose sur quelques déductions logiques, nous l’avons vu plus haut. » (P. Oul’Chen)

Sur un gros plan d’une dague allemande de 1937 – une dague de cérémonie -, on voit, sur la garde, la croix gammée et deux épis de blé.

dague-RAD“Il s’agit d’une dague du RAD, la communauté du travail obligatoire imaginée par le Troisième Reich. On distingue les entrelacs décoratifs du fourreau inspirés de la tradition de l’alphabet des runes. La dague est encore appelée couteau d’abattage. Le RAD, ‘‘Reichsarbeltsdienst’’, correspondait aux chantiers de jeunesse de Vichy, pour le système allemand. Il est intéressant de voir que le blé est associé à un tracé pouvant évoquer certains détails de crop circles, au plan graphique. Ceci nous ramène à l’hypothèse de la filière extrémiste pour les crop circles. La coïncidence est troublante.” (P. Oul’Chen)

Selon Pierre Oul’Chen, la « piste inédite des réseaux occultes, ces organisations paramilitaires structurées autour du secret et s’adonnant à des rituels de magie, est une piste qui séduit par sa cohérence ». La thèse d’une organisation secrète héritière d’une tradition occulte ayant subsisté dans certains milieux après la Seconde Guerre mondiale, « perpétuant des rituels de magie noire et se propageant lentement en Europe, à la faveur de la montée de l’extrémisme, est une piste que privilégient aujourd’hui certains enquêteurs ». (6)

 

* Mon commentaire :

On sait que de nombreux crop circles sont d’origine humaine, et rien ne s’oppose donc à ce que quelques-uns, en l’occurrence ceux évoqués par Pierre Oul’Chen, soient l’oeuvre de membres d’un groupuscule néonazi occultiste (si l’on tient compte de certains indices retenus par l’auteur de l’article de « Top secret », les ‘‘crops’’ concernés ayant d’ailleurs été créés dans une zone géographique proche des pays germaniques). Il est par contre impossible que l’ensemble des ‘‘crops’’ soit l’œuvre de groupuscules néonazis, et cela pour plusieurs raisons. Donnons ici une bonne raison en relation avec l’historique des crop circles : Doug Bower et David Chorley, ceux qui, d’après certains individus, ont été à l’origine des agroglyphes, n’étaient pas des néonazis, pas plus que ne l’étaient et ne le sont les ‘‘circlemakers’’ (faiseurs de cercles) connus pour être à l’origine de certains ‘‘crops’’ : Jim Schnabel, Matt Ridley, etc. ! Ce simple constat suffit à « faire prendre l’eau » à la thèse néonazie occultiste, si on a la prétention d’appliquer celle-ci à la totalité des crop circles !

Autre point : Pierre Oul’Chen a relevé, dans certains ‘‘crops’’, des symboles nordiques ayant une connotation germanique. Mais pourquoi ne parle-t-il pas de la kyrielle d’autres symboles utilisés, notamment en Angleterre, par les créateurs (humains et éventuellement ‘‘non-humains’’) de cercles ? Les agroglyphes de type maya, par exemple, peuvent-ils être suspectés d’être créés par des néonazis ? Et il existe de nombreuses représentations symboliques n’ayant rien à voir avec « l’occultisme nazi »…

Il convient de se méfier des généralisations abusives à partir de quelques cas particuliers. C’est là le problème de ces théoriciens qui, partant de l’étude de quelques agroglyphes, élaborent une thèse en passant sous silence les éléments qui l’invalident à la base. Ce qui est peut-être vrai pour quelques cas particuliers ne peut pas être appliqué à l’ensemble du phénomène.

 

2. L’hypothèse militaire :

Certains individus ont soutenu la thèse que les crop circles sont d’origine militaire.

PM403323ANicolas Montigiani a ainsi défendu, dans « Crop circles : Manœuvres dans le ciel » (éditions Carnot, 2003), la thèse selon laquelle les formations géométriques dans les champs de céréales sont imputables à des masers émis par un système aéroporté d’origine militaire, donc terrestre, les masers étant des lasers adaptés à l’amplification de micro-ondes. Il s’est basé, pour soutenir cette thèse, sur l’analyse faite par un ingénieur travaillant dans un grand centre de recherche militaire en région parisienne, et dont le nom n’a pas été divulgué. Selon cet ingénieur, ce sont les militaires britanniques, l’état-major de la British Army, qui sont responsables des agroglyphes.

Nicolas Montigiani n’est pas le seul à avoir défendu, à un moment donné, la thèse militaire. Jean-Pierre Petit, par exemple, avait aussi (sur son site Web : www.jp-petit.org) soutenu cette thèse. Dans le numéro 6 (novembre/décembre 2008) de « Science et inexpliqué » (page 12), une revue fondée par Nicolas Montigiani, le nom d’un scientifique français (probablement celui mentionné dans le livre de Nicolas Montigiani) est donné : Jean-Paul Piton. Selon ce dernier, les crop circles seraient le résultat « d’opaques expériences militaires » en relation avec l’expérimentation d’une « nouvelle arme terrifiante », une sorte de rayon de la mort (armes électromagnétiques ou à hyperfréquences).

L’hypothèse militaire a été aussi envisagée par Jacques Vallée. Voici ce qu’il écrit dans un texte daté du 23 mars 2010 (le texte anglais original ayant été traduit sur le site www.ovnis-usa.com) :

En septembre 1991, j’avais publié dans un magazine New Age mon hypothèse personnelle sur le phénomène des crop circles.

J’émettais l’idée qu’ils étaient produits par un dispositif militaire aérien (pas en orbite), qui réalise ces dessins en utilisant des faisceaux de micro-ondes concentrés, tel qu’un “maser”.

A l’époque, personne n’avait voulu admettre que ces merveilleux schémas dans les champs de blés anglais pouvaient avoir été faits par une équipe de techniciens depuis un labo, utilisant une plate-forme en vol stationnaire pour réfléchir leurs signaux, et se servant des épis de blé comme autant de pixels afin de calibrer une arme mortelle. Mon article fut simplement ignoré.

Cependant, plus récemment, le ‘‘New Scientist’’ a publié un article titré : “Les micro-ondes pourraient désamorcer des bombes à distance” (18 avril 2009). Cela commence ainsi : “La nouvelle arme de l’armée américaine pourrait bien être un canon à micro-ondes guidé par laser, conçu pour détruire des explosifs. Ce ‘‘Multimode Directed Energy Armament System’’ utilise un laser à haute puissance pour ioniser l’air, créant un canal de plasma qui sert à guider le flux de micro-ondes.’’

On notera que l’information nous parvient 30 ans après les premiers tests, ce qui cadre bien avec le pic d’intérêt pour les crop circles.

Il est intéressant de constater – et ça donne à réfléchir également – que personne n’avait relevé non plus l’article du ‘‘New Scientist’’. Les adeptes du New Age étaient trop occupés à déchiffrer les Symboles Aliens… tandis que la communauté scientifique, après avoir été bernée par quelques canulars habilement démontés et largement popularisés, s’était depuis longtemps désintéressée du sujet.

Le ‘‘New Scientist’’ poursuivait : “Ce dispositif serait capable de détruire le déclencheur électronique d’un explosif ou d’un missile, comme d’une bombe placée sur le côté d’une route, ou d’immobiliser un véhicule en court-circuitant son démarreur…

En améliorant le système, on pourrait aussi l’utiliser contre des individus pour leur administrer des chocs électriques. La portée d’une telle arme dépendra du canal produit par le laser. Jusqu’ici, elle se réduisait à quelques dizaines de mètres, mais (les militaires) pensent qu’il serait possible de l’étendre à un kilomètre ou peut-être davantage.”

Tout ceci est conforme à l’hypothèse que j’avais formulée, en évoquant des rayonnements émis par un dirigeable à basse altitude (tel que cet objet observé par un ami britannique, professeur de physique à Oxford, qui constituait un cylindre parfaitement réfléchissant), en utilisant les champs de blé comme une parfaite cible de calibrage.

Pourquoi la communauté des chercheurs dans le domaine du paranormal n’a-t-elle pas souhaité considérer cette idée ? Cela reste un mystère complet pour moi.

La réalité est cachée sous notre nez, et c’est la meilleure manière de protéger un secret.

Le camouflage est également sociologique, par une désinformation soigneusement entretenue (des canulars qui sont ensuite “révélés” à la presse mondiale), et parce que la croyance perdure dans le public en faveur d’une communication de premier niveau avec des aliens.

Aurions-nous une leçon à en tirer ? 

Je suis consterné de voir que Jacques Vallée agite encore l’origine militaire des crop circles. Dans le numéro 6 de « Science et inexpliqué », Gilles Munsch (du groupe VECA) a fait cette objection incontournable : l’usage de faisceaux énergétiques cohérents « serait très coûteux et surtout très dangereux pour tout être vivant qui se trouverait accidentellement au mauvais endroit »… Outre le fait qu’un grand nombre de crop circles sont simplement réalisés par des « hoaxers », l’attribution de l’ensemble des formations à des essais militaires se heurte à certaines objections « de bon sens » bien mises en évidence par Christel Seval. Il mentionne l’extension du phénomène au monde entier, ce qui est incompatible avec la manie du secret des militaires, surtout s’agissant du développement d’armes futuristes.

« Alors, comment comprendre un seul instant cette propension bizarre et subite qui les aurait poussés à s’étaler à la vue du monde entier en générant un certain tapage médiatique ? Pourquoi ne pas confiner ces essais, qui devaient rester secrets, dans les polygones de tir dont ils étaient propriétaires ? Parce que les bases sont dépourvues de blés ? L’argument ne tient pas un instant, le blé aurait pu être cultivé à l’intérieur des bases mêmes. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des zones militaires, qui sont parfois immenses, cultivées par des fermiers locaux. De surcroît, l’alliance avec les Américains, qui sont réputés pour camoufler leurs activités, aurait dû orienter l’ensemble du projet vers plus d’obscurité. Dans un autre domaine, l’usage des micro-ondes est dangereux, voire mortel pour tout être humain se trouvant irradié. Un four à micro-ondes domestique, par exemple, est une arme mortelle, et c’est heureux s’il refuse de se déclencher quand sa porte est ouverte. » (C. Seval)

Malgré la rareté de la présence humaine la nuit dans les cultures, « un accident ne peut être écarté, et donc le risque concomitant de tuer quelqu’un et de voir ce type d’activités étalé au grand jour et soumis à des enquêtes de police criminelle ».

Autre bizarrerie : la durée du phénomène qui persiste depuis une trentaine d’années ! Trente années de tests d’une arme, écrit Christel Seval, « quasiment dans les mêmes conditions (mêmes champs, même époque de l’année), est-ce réellement imaginable ? » Eh bien non, justement : cela n’est pas imaginable ! Des « tests » qui durent depuis une trentaine d’années ? Totalement absurde. En outre, ces « tests militaires » auraient lieu dans des enceintes militaires et non en pleine campagne anglaise ! Il faut d’abord être discret et ensuite éviter, autant que faire se peut, de « cramer » quelques passants…

« Et la croix celtique apparue aux portes de la résidence secondaire de John Major, est-ce de l’humour anglais ? Une erreur de pointage de quelques mètres aurait pu faire basculer l’opération et la transformer en bavure monumentale. Est-ce un trait militaire que de se livrer à ce genre de blagues à risques ? Et que dire des dessins eux-mêmes ? Qu’il s’agit, comme certains l’avancent, de désinformation de la part des militaires qui agitent la thèse extraterrestre ? Alors que les gouvernements et leurs bras armés nous ont habitués à la chape de plomb en guise de communication sur le phénomène extraterrestre, voici qu’on nous servirait la thèse extraterrestre dans le simple but de cacher la véritable provenance des cercles ? » (C. Seval)

Christel Seval écrit que ce qui finit de discréditer l’hypothèse purement militaire, c’est l’ensemble des témoignages recueillis relatifs à l’observation de boules de lumière « qui planent, s’immobilisent, jouent à saute-mouton, tournent à toute allure, soulèvent un mini vortex de vent tourbillonnant et disparaissent aussi soudainement ». Un canon à micro-ondes de forte puissance « tire un faisceau rectiligne qui se propage à une vitesse phénoménale, et le témoin d’une opération militaire pourrait observer les blés se coucher au fur et à mesure du balayage du rayon, et certainement pas un ballet de feux follets indécis qui se lanceraient brusquement dans l’action ». (7) Et n’oublions pas, ajoute Christel Seval, les observations d’OVNIs recensées par exemple par Michael Hessemann dans son livre « Messages ». Les témoignages, photos et films relatifs aux « boules de lumière » sont considérés comme non valables par Patrick Gross, mais je ne pense pas que l’on puisse se débarrasser aussi aisément, comme il le fait, de ce dossier. Voyez, à ce sujet, mon texte : « Les crop circles. (6) La critique de Patrick Gross. Troisième partie. » En tout cas, on peut sérieusement laisser de côté la thèse militaire, laquelle ne pourrait rendre compte, dans le pire des cas, que de quelques réalisations d’agroglyphes. On exclura pour les mêmes raisons l’intervention de satellites gouvernementaux projetant une énergie qui serait à l’origine des crop circles.

 

3. L’hypothèse « exotique » :

Nous venons de voir que l’hypothèse militaire est à exclure. Des trois hypothèses envisageables il n’en reste donc que deux : celle faisant intervenir exclusivement des artistes du paysage et des faussaires (thèse ayant la faveur des « rationalistes » et autres « zététitiens », mais aussi de nombreux ufologues), et celle faisant intervenir l’action indépendante d’une intelligence extérieure à l’Homme (extraterrestre et/ou « multidimensionnelle ») et de faussaires.

Si un certain nombre d’ufologues soutiennent la simple thèse de la fabrication humaine des crop circles, d’autres considèrent que la réalité est plus complexe que cela.

Jacques Garnier et Joël Mesnard ont ainsi distingué quatre « mouvances de mauvais aloi » qui parasitent l’authentique phénomène (qui n’est pas imputable à une origine humaine), ce qui rend ce dernier pratiquement indiscernable dans le fatras des faux, eux-mêmes d’inspirations diverses. Ce parasitage du phénomène est le fait de quatre catégories possibles de faussaires :

– Les « hoaxers » (farceurs ou mystificateurs).

– Les « land artists » (artistes du paysage).

– Les « opportunistes ».

– Les « services ».

Les « hoaxers » sont les rationalistes militants qui déploient une énergie considérable dans le seul but de ridiculiser les « croyants » et peut-être de les amener à « ouvrir les yeux ».

Les « land artists » sont des mystiques du tag rural, « d’authentiques allumés du rouleau de jardinier ».

Un business est né du phénomène crop circles, et il ne fait guère de doute que certaines personnes, qui sont de simples opportunistes, ont intérêt à ce qu’apparaissent chaque année, en quantité suffisante, des crops circles esthétiquement remarquables. Il s’agit de faire venir, dans un but commercial, des visiteurs.

En outre, des « services » auraient œuvré, depuis des années, pour saborder la recherche sur les crop circles « et tempérer l’ardeur des chercheurs sincères ». (8)

Si on laisse de côté la polémique relative aux anomalies des plantes et à d’autres effets qualifiés d’« inexpliqués », il existe quelques caractéristiques qui semblent étayer l’affirmation selon laquelle tous les crop circles ne sont pas de fabrication humaine. Ce sont :

– Les observations visuelles du phénomène.

– Les observations de boules lumineuses.

– Certains effets « perturbateurs » sur des appareils.

 

a) Un cas d’observation visuelle :

Il existe quelques cas d’observation visuelle de la formation de crop circles. Voici un exemple particulièrement intéressant, d’autant plus qu’il remonte à… 1946, bien avant l’époque des « papys farceurs » ! Ce cas, que j’ai déjà mentionné dans un précédent texte sur les crop circles, est relaté par Andreas Müller.

Cela s’est donc passé durant l’été 1946, à Welspang, dans le Schleswig-Holstein. Le temps était « agréablement chaud », avec un ciel sans nuage et pas le moindre souffle de vent. Le témoin, H. Lagies (qui vivait au Canada au moment de la parution du livre d’Andreas Müller), marchait sur un chemin de terre qui le conduisait vers une petite hauteur d’où il pouvait bien voir le champ à côté de lui. Soudain, il entendit « un sifflement doux mais clair, accompagné d’une légère brise qui agitait les haies en bordure du champ ».

« Puis je remarquai, à environ 25 mètres sur ma gauche, dans le champ, une colonne d’air, haute d’abord d’environ 3 mètres, qui s’agrandit jusqu’à peu près 18 mètres et à l’intérieur de laquelle les plantes étaient aplaties contre le sol dans un mouvement tourbillonnaire s’effectuant dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. L’instant d’après, apparurent successivement quatre autres colonnes d’air disposées à 90° les unes des autres autour du tourbillon central, et à une même distance d’à peu près 2 mètres de celui-ci. Chacune était d’un diamètre d’environ 1,50 mètre. » (H. Lagies)

L’une des colonnes disparut peu de temps après, tandis que les autres grandirent en hauteur et rejoignirent la colonne centrale à dix-huit mètres de haut.

« Lorsque leurs sommets se touchèrent, l’ensemble se mit à tourner et à tourbillonner avec force pour disparaître vers le haut dans un seul tourbillon s’évasant vers le bas. Après une ascension d’environ 80 mètres, le tourbillon disparut à ma vue. Il ne resta qu’une légère brise venue de différentes directions et l’empreinte claire de trois cercles satellites ainsi que d’un quatrième, plus pâle, autour d’un gros cercle central. » (H. Lagies) (9)

 

b) Les boules lumineuses :

Sur son site Web, Patrick Gross a consacré un long texte à la critique du lien allégué « boules lumineuses/crop circles ». Il a pris pour « cible » le texte (que je viens de mentionner) de Gildas Bourdais. Evidemment, pour Patrick Gross, il n’y a rien de mystérieux dans toutes ces observations de « boules lumineuses » associées à des cercles de culture. Selon lui, les données « se résument à quelques lignes, tellement résumées qu’elles en sont inexploitables, déformées, débarrassées de tout ce qui dérangerait la croyance aux “mystérieux crop circles” ». Il ajoute qu’absolument « aucune enquête digne de ce nom n’est faite, pas même de niveau débutant, et les explications ordinaires les plus évidentes ne viennent même pas à l’esprit des prétendus “experts en crop circles” ».

« Dans les rares cas ou au moins quelque chose est montré, une vidéo, une photo, on ne voit là que les confusions et canulars bien classiques ; oiseaux, orbes, rayons de soleil perçant les nuages, reflets sur des vitres, surexpositions, insectes, etc.

Pas un seul de ces quelque 60 cas n’a fait l’objet d’une enquête ufologique. Jamais les causes triviales possibles ne sont même envisagées. » (P. Gross)

Je consacre un texte à la critique de Patrick Gross à propos de ce lien allégué entre des boules lumineuses et certains crop circles : “Les crop circles. (6) La critique de Patrick Gross. Troisième partie.” N’en déplaise à ce critique, il existe quand même quelques documents sérieux permettant de soutenir l’authenticité de ce lien. Je mentionne notamment les boules lumineuses filmées par les membres de l’équipe de Pierre Beake. A la fin de mon texte cité ci-dessus, j’évoque la contribution de l’équipe du coldeVence.com à propos des boules lumineuses qui ont été filmées par cette dernière.

 

c) Quelques effets « inexpliqués » :

J’ai évoqué, dans de précédents textes consacrés aux crop circles, des « anomalies » revendiquées par certains « céréalogistes » : allongement des nœuds, etc. Les critiques comme Patrick Gross ne trouvent cependant rien d’anormal à ces caractéristiques censées différencier les « vrais » et les « faux » agroglyphes.

Un point débattu concerne la radioactivité notée dans certains « cercles ». En 1991, Marshall Dudley avait reçu, aux Etats-Unis, des échantillons prélevés dans un crop circle à Beckhampton (Wiltshire), et on avait trouvé de la radioactivité. Mais, en 1992, une étude faite en Angleterre n’a pas confirmé cette présence de radioactivité. Patrick Gross explique la présence de radioactivité sur les échantillons de 1991 par le transport en avion…

Disons-le : le dossier des crop circles est complexe et il est très difficile d’y voir clair. Afin de déterminer réellement si les effets constatés au niveau des plantes sont « normaux » ou constituent des « anomalies », il faudrait, d’une part, prélever des échantillons sur les formations céréalières et à l’extérieur de celles-ci, puis comparer l’ensemble avec des échantillons extraits de formations faites de main d’homme (avec piquets, planches et rouleaux), le tout devant être fait en « double-aveugle » (le chercheur ne devant pas savoir, avant l’obtention des résultats, quels sont les échantillons extraits de formations céréalières qui pourraient être « authentiques » et quels sont ceux qui sont de simples échantillons de « contrôle »). Il est aberrant de constater que ce travail n’ait pas encore été fait plusieurs décennies après le début du « phénomène » !

Le dossier est-il donc vide ? Il existe quand même quelques curieux effets constatés sur des appareils. Pour Patrick Gross, cependant, les histoires de batteries qui se vident (dans des crop circles) sont des coïncidences montées en épingle. Cette prétention à rendre compte de tous ces cas par de simples coïncidences se heurte à ce constat d’Eltjo Haselhoff (le témoignage de ce dernier ayant déjà été évoqué dans de précédents textes sur les crop circles) :

Un jour, Eltjo Haselhoff a constaté que ses enregistrements vidéo d’un agroglyphe ont été perturbés. Au même endroit, son Minolta 7000i n’a produit que des photos surexposées, et uniquement à l’intérieur de la formation. Les photos prises à l’extérieur de l’agroglyphe étaient correctement exposées. L’appareil n’a ensuite pas eu de problème de fonctionnement pendant deux ans, jusqu’à la photographie d’une autre formation. Le moteur d’avancement du film s’était alors bloqué. Depuis, Eltjo Haselhoff n’a pas rencontré d’autre problème, à l’exclusion de la présence, en plusieurs occasions, d’étranges points noirs sur les photographies d’agroglyphes, en particulier sur les films infrarouges. La montre (de haute qualité) d’Eltjo Haselhoff a retardé d’un quart d’heure ou plus, certains jours où il travaillait dans des agroglyphes. Je ne pense pas que l’on puisse parler, ici, de « coïncidences ».

Notons également qu’il n’est pas surprenant que ce type d’effet ne soit pas constaté dans tous les crop circles, puisqu’il est avéré que beaucoup d’entre eux sont effectivement fabriqués par des “plaisantins”.

 

– Les sources « exotiques » :

Il existe deux origines « exotiques » envisageables :

– L’origine extraterrestre, de type physique (3 D) ou de type « multidimensionnel » (4 D/5 D, ou de niveaux « éthériques »).

– L’origine « dévique » (en relation avec le royaume angélique) ou « élémentale ».

L’étude de diverses sources « psychiques » (channeling, sorties hors du corps) et de récits de « contactés » met en évidence l’existence de deux catégories de visiteurs de l’espace : des êtres de nature physique, en provenance d’autres systèmes solaires que le nôtre, et des êtres évoluant sur des niveaux fréquentiels (« 4ème/5ème dimension ») distincts du niveau physique des planètes (Vénus, etc.) dont ils sont originaires. Ces niveaux fréquentiels sont intermédiaires entre les niveaux physiques (ceux de l’Univers matériel observable à l’œil nu et aux télescopes) et les niveaux spirituels (ceux de « l’Au-delà ») à proprement parler. Les êtres et les vaisseaux appartenant à cette seconde catégorie de « visiteurs » ont la capacité de se densifier momentanément dans notre Univers tridimensionnel. Certains crop circles pourraient être créés par des êtres physiques ou « énergétiques » en provenance d’autres planètes.

L’autre variante de l’origine « exotique » fait intervenir des entités du royaume angélique ou des « esprits de la nature » (« élémentaux »).

 

– Des esprits de la nature ?

StonehengeDaniel-harranDaniel Harran
, maître de conférences en physique, a un doctorat en thermodynamique. Il a exercé comme enseignant-chercheur à l’université de Pau. Aussi, il est pour le moins surprenant de constater que, dans son analyse du phénomène des crop circles, il privilégie l’explication par… les esprits de la nature !

Il évoque d’abord les deux formations parues en 2001 (près de l’observatoire de Chibolton) et 2002 (près de Winchester). La première montre un visage humanoïde et un message codé, la seconde montre un autre visage associé à un message codé… Dans les deux cas, les auteurs se présentent comme des représentants de civilisations extraterrestres, et ces deux crop circles sont, dans leur genre, absolument uniques.

Les autres agroglyphes sont des dessins purement géométriques qui peuvent être symboliques mais sans langage structuré.

« Les agroglyphes peuvent ainsi être classés en deux catégories (si nous laissons de côté les quelques copies humaines sans intérêt) : ceux contenant un message codé associé à un visage (deux exemples à ce jour), et tous ceux de type géométrique (des milliers). En conséquence, on peut penser que leurs auteurs appartiennent aussi à deux catégories différentes (au moins). » (D. Harran)

On constate ici que Daniel Harran sous-estime largement l’implication des faussaires dans la réalisation de crop circles. Ce ne sont pas en effet seulement « quelques copies humaines » qu’il faut comptabiliser, mais de très nombreuses copies humaines ! Manifestement, Daniel Harran ignore notamment (il est loin d’être le seul) l’argumentation de Patrick Gross, et il n’a pas une large vue d’ensemble du phénomène (une vue d’ensemble qui, contrairement à l’argumentation de Patrick Gross et du groupe VECA, notamment, doit prendre en considération la possible origine « exotique » de certains crop circles).

Daniel Harran précise que si les êtres humains ne sont pas les seuls êtres intelligents dans l’Univers, ils ne sont pas non plus les seuls êtres intelligents sur Terre. Il fait ainsi référence à deux catégories d’êtres spirituels :

– Les anges et archanges.

– Les êtres de la nature.

Les esprits de la nature sont associés aux divers « éléments » (terre, eau, air, feu). Ils sont généralement décrits comme des esprits purs au service de la nature.

« Ils sont chargés pour les uns de la croissance des plantes, pour d’autres de mettre de l’harmonie dans des lieux, ou encore de guider les oiseaux ou les insectes dans leurs déplacements, etc.

Certains parmi nous, qui ont reçu en don une plus grande sensibilité au subtil, les clairvoyants mais surtout les enfants en bas âge, ont la capacité de percevoir ou même de voir les êtres de la nature. » (D. Harran)

Afin d’étayer l’hypothèse des esprits de la nature, Daniel Harran utilise des arguments qui, à vrai dire, ne résistent pas à une simple analyse :

– Il y a d’abord l’absence, dans les agroglyphes, d’un langage structuré et intelligible, des « esprits purs » n’ayant pas besoin de langage pour communiquer entre eux. Les « êtres élémentaires », qui se trouvent à un niveau d’évolution limité, ne savent pas et ne peuvent pas utiliser le langage de l’Homme. Mais le défenseur de l’origine purement humaine des agroglyphes fera observer que rien ne s’oppose à ce que des artistes du paysage fassent l’usage d’une absence de langage structuré dans l’expression de leurs dessins céréaliers !

– Il y a aussi l’évolution progressive de la dimension et de la complexité des motifs, ce qui suggère, de la part des auteurs, une « période d’apprentissage » en vue de l’amélioration de la technique. Voilà une particularité qui cadre en fait parfaitement, malheureusement, avec l’origine simplement humaine ! Il est étonnant que Daniel Harran n’exprime pas cette évidence !

– Il y a ensuite l’existence de disparités dans un même pays et selon les pays, le même niveau d’évolution ne semblant pas partagé par tous les auteurs. Là aussi, on ne voit pas ce qui s’opposerait à une origine humaine, chaque groupe d’individus ayant son style propre.

Daniel Harran rappelle que les motifs les plus complexes et spectaculaires sont concentrés en Angleterre, mais les sceptiques expliquent ce fait tout simplement par la plus grande expérience des « circle makers », les « faiseurs de cercles » anglais (n’oublions pas que c’est en Angleterre que les premiers ‘‘crops’’ sont apparus) étant plus expérimentés et donc plus performants !

“Si les agroglyphes étaient des messages envoyés à l’humanité par des êtres très évolués, nous comprendrions mal qu’ils fassent apparaître ainsi des disparités dans un même pays et selon les pays. Par contre, ces disparités peuvent être comprises si les agroglyphes sont attribués à des êtres ‘‘élémentaires’’, puisque ceux-ci ont très peu de relations entre-eux, et a fortiori d’une région du monde à une autre, et qu’ils peuvent avoir des niveaux d’évolution très différents, d’après R. Steiner.” (D. Harran)

L’anthroposophe Rudolf Steiner avait ainsi noté que les gnomes (‘‘élémentaux’’ de la terre) sont caractérisés par leur instinct d’indépendance et de liberté, toute leur attention étant tournée vers le monde extérieur. Ils ne se préoccupent pratiquement pas les uns des autres.

Daniel Harran écrit qu’il peut y avoir d’autres raisons à ces disparités. Mais, curieusement, il ne soupçonne pas que ces disparités puissent tout simplement être… d’origine humaine. Elles peuvent en effet parfaitement s’expliquer par la plus ou moins grande maîtrise des artistes humains à l’origine des crop circles concernés !

Un autre aspect évoqué par Daniel Harran est celui qui concerne l’existence d’imperfections, celles-ci étant aussi constatées dans les œuvres anglaises les plus spectaculaires. Il écrit que ces imperfections « semblent indiquer que leurs auteurs n’ont pas une maîtrise totale des méthodes mises en œuvre, ce qui va encore dans le sens de l’hypothèse des élémentaux ». Voilà un curieux raisonnement, surtout pour un scientifique ayant un doctorat en thermodynamique ! Ces imperfections s’expliquent évidemment très bien par l’œuvre d’artistes humains, sans qu’il soit nécessaire d’imputer celles-ci à des esprits de la nature n’ayant pas bien fait leur boulot !

Daniel Harran évoque un cas mentionné par Michael Hesemann, celui d’un agroglyphe apparu en Allemagne (à Grasdorf) en 1991, cette formation ayant été découverte dans un lieu sacré daté de plus de 4000 ans.

« Un chercheur muni d’un détecteur de métaux a découvert trois disques métalliques de mêmes dimensions (d’une trentaine de centimètres de diamètre chacun), enfouis dans le sol au centre des trois cercles entourés par un demi anneau : l’un était en or pur, le deuxième était en argent à 99,9% – c’est-à-dire plus pur que l’argent utilisé de nos jours ! – et pesait près de 5 kilogrammes, le troisième était en bronze. Michaël Hesemann a pu les étudier de près et les a exposés au public lors d’une conférence en 1992, ce qui garantit la véracité de ces faits malgré leur étrangeté.

Mais le plus étonnant est que sur chacun de ces disques était représenté le même pictogramme que celui qui venait d’être dessiné dans le champ de blé, alors qu’on peut supposer que ces disques étaient enfouis et oubliés dans le sol depuis des milliers d’années.

Cette coïncidence des motifs est bien sûr très troublante. Il est évident que les auteurs du pictogramme avaient connaissance de ces trois disques enterrés. Ce sont donc des êtres dont la vision n’est pas arrêtée par l’élément matériel terre, et ceci confirme l’hypothèse que ce sont des esprits. Et dans ce cas précis, les êtres élémentaires liés à la terre paraissent les mieux placés pour répondre à la question de l’identité des auteurs. » (D. Harran)

Daniel Harran cite Rudolf Steiner qui expliquait que « les gnomes peuvent se déplacer librement dans la terre et qu’on les trouve plus souvent près des veines métalliques terrestres ». Il sont donc « plus attirés par l’élément métal ! ».

Dans sa conclusion, Daniel Harran écrit que l’analyse des caractéristiques des agroglyphes de type géométrique montre que les auteurs de ces derniers sont des êtres intelligents qui possèdent cependant « des moyens d’expression limités ». Selon Daniel Harran, ces caractéristiques ne sont pas compatibles avec une origine extraterrestre car des extraterrestres « seraient nécessairement des êtres très évolués », mais elles sont compatibles avec une origine en relation avec des « êtres élémentaires ». Ce qu’il « omet » de préciser, c’est que ces caractéristiques sont surtout compatibles avec une simple origine humaine ! Cet auteur mentionne encore Rudolf Steiner (décédé en 1925) qui disait que les êtres élémentaires « sont d’un naturel très indépendant et ne s’intéressent pas à l’Homme », leur attention étant essentiellement dirigée vers le milieu naturel dans lequel ils vivent et dont ils sont responsables.

« Mais depuis plusieurs décades, on peut comprendre qu’ils souffrent des dégradations et des pollutions de plus en plus graves que l’Homme inflige à la nature. Il semble donc qu’ils aient décidé de s’adresser directement à nous aujourd’hui, avec leurs moyens, pour nous faire prendre conscience de notre responsabilité vis-à-vis de la Terre. C’est effectivement ce que comprennent les géobiologues qui ont appris à contacter et à écouter les êtres de la nature. » (D. Harran)

Daniel Harran ajoute que le fait que la majorité des agroglyphes, les plus anciens et les plus spectaculaires, soit concentrée dans une certaine région d’Angleterre, près d’anciens sites sacrés, « donne également matière à réflexion ». (12)

Je ne doute pas de l’existence des « êtres élémentaires », et il est possible que certains agroglyphes soient de leur fait. Néanmoins, les arguments avancés par Daniel Harran pour les rendre responsables de la quasi-totalité des crop circles ne résistent pas à une analyse élémentaire, ainsi que nous l’avons vu ! Car les caractéristiques invoquées par cet auteur pour attribuer les crop circles aux ‘‘élémentaux’’ peuvent très bien s’appliquer à la réalisation de motifs d’origine simplement humaine.

On notera que la thèse des « êtres élémentaires » est peut-être compatible avec la théorie faisant intervenir des « lignes de force », plusieurs sourciers ayant remarqué qu’un nombre important d’agroglyphes « épouse les lignes telluriques détectées et tracées dès la préhistoire ». (13) Pour l’architecte et « géobiologiste » Stéphane Cardinaux, les ‘‘crops’’ sont en relation avec Gaïa (la conscience de la Terre), la géométrie sacrée et les énergies « cosmotelluriques ». Il pense que les boules de lumière aperçues sont des ‘‘élémentaux’’ (des ‘‘esprits de la nature’’ associés aux « éléments » air, terre, eau et feu). Ces dessins, « quels qu’en soient les auteurs (humains, ‘‘dévas’’ ou autres), permettent à la Terre de se rééquilibrer, et en même temps celle-ci nous permet d’expérimenter ses énergies ». La beauté des tracés géométriques et la force des énergies cosmotelluriques « sont là pour élargir notre conscience ». (14)

La conception de Stéphane Cardinaux et celle de David Harran sont peut-être vraies en partie. Voici en effet, à propos de l’origine des « vrais » crop circles, l’information « canalisée » par Aurelia Louise Jones, information provenant d’Adama (le grand prêtre de la cité souterraine de Telos, sous le mont Shasta en Californie) :

« Les agroglyphes sont d’abord des jardins appartenant aux quatrième et cinquième dimensions. Ils sont effectivement le fruit d’une collaboration entre les intraterrestres, les extraterrestres et l’évolution du royaume dévique. Mais il s’agit surtout de l’œuvre des extraterrestres. Ce sont des créations temporaires dans votre réalité tridimensionnelle qui visent à éveiller votre curiosité, à élargir votre perception, à vous ouvrir à une nouvelle façon de penser. » (15)

On aura noté, dans cette citation, la référence au « royaume dévique ». Ce dernier, qui correspond au royaume angélique, peut inclure les esprits de la nature.

 

4. Crop circles et Atlantide :

Daniel Harran, que j’ai évoqué plus haut en relation avec l’explication de la formation des crop circles par des « esprits de la nature », défend aussi l’idée d’une relation entre ces formations céréalières et la civilisation disparue de l’Atlantide. J’évoque aussi cette “analyse” de Daniel Harran dans un texte sur les fausses Atlantides. (Rubrique “Continents disparus”.)

De nombreux crop circles sont créés chaque année dans le comté du Wiltshire et ses alentours, en Angleterre. Daniel Harran note que la majorité des agroglyphes en Angleterre sont créés :

– Soit à proximité des sites mégalithiques anciens tels que Stonehenge et surtout Avebury.

– Soit près des nombreux tumulus présents dans cette région.

– Soit près des « chevaux blancs » qui sont une tradition propre à cette région du Wiltshire.

L’âge des temples sacrés de Stonehenge et d’Avebury est estimé à au moins 5500 ans. A Stonehenge, les pierres les plus lourdes pèsent une vingtaine de tonnes, environ six tonnes pour celles disposées en linteaux.

“Une étude géologique a montré que les plus lourdes ont été extraites d’une carrière située à plus de vingt kilomètres, alors que les autres proviennent d’une carrière située au Pays de Galles, à 220 km.

Comment, il y a 5500 ans, à l’époque néolithique, les hommes ont-ils pu transporter et ériger des pierres aussi énormes ? Cette question se pose de la même façon pour tous les très nombreux sites mégalithiques d’Europe et du monde entier. Partout, ces constructions remontent ‘‘à la nuit des temps’’. En France, par exemple, la pierre la plus imposante est le monolithe de Locmariaquer en Bretagne (fragmenté en trois morceaux) qui est estimé à 280 tonnes, alors qu’il a été extrait d’une carrière située à une douzaine de kilomètres du lieu actuel !

Il faut avouer que les explications ‘‘officielles’’ des historiens, qui mettent en jeu des cordes, des rondins en bois pour le transport, des plans inclinés en terre et la force musculaire d’un grand nombre d’hommes, ne sont pas crédibles. Les rondins seraient écrasés dans la terre par le poids des pierres, sans compter les obstacles du relief entre les carrières et les lieux d’érection ; et le nombre d’hommes qui pourraient joindre leurs forces pour soulever puis déplacer les pierres serait limité par la place disponible autour de ces pierres.

Or, la précision du jointement des linteaux à Stonehenge est excellente et témoigne d’une parfaite maîtrise des techniques de construction. D’autre part, la disposition des pierres a révélé que les hommes de l’époque avaient des connaissances très avancées sur les mouvements de la Terre, du Soleil et de la Lune : c’était un véritable observatoire astronomique.

Il faut le reconnaître : ces mégalithes impliquent que les bâtisseurs détenaient des connaissances et avaient développé des capacités qui leur permettaient une maîtrise de la force de pesanteur, capacités oubliées depuis longtemps par l’Homme. Tout ceci nous amène à penser que les bâtisseurs appartenaient à une civilisation antique développée qui aurait disparu avant d’être oubliée.” (D. Harran)

Daniel Harran évoque l’Atlantide disparue, localisée, d’après Platon, « au-delà des colonnes d’Hercule » (c’est-à-dire le détroit de Gibraltar), et engloutie environ 9000 ans avant son époque.

L’Atlantide fait partie de l’histoire orale de la plupart des peuples amérindiens. D’après les Anciens de ces tribus, leurs ancêtres sont venus de l’Atlantide. Ce sont ces ancêtres qui ont construit les pyramides en Amérique centrale.

« D’autre part, il a été observé que la description faite par Platon de l’empire atlante en Europe correspond presque rigoureusement à l’implantation territoriale des mégalithes. » (D. Harran)

Daniel Harran donne cette citation d’un auteur :

« Alors que la civilisation de l’Atlantide a disparu brutalement il y a 10 000 ans environ, les migrations atlantéennes ont amené les descendants de cette civilisation à prendre pied sur notre continent en Grande-Bretagne, avant de traverser l’Europe et de poursuivre vers l’Est quelques millénaires plus tard jusqu’en Asie. De plus, les Atlantes avaient développé des capacités qui leur permettaient de soulever des charges énormes. »

Un autre auteur est cité :

« L’Egypte fut à l’origine peuplée par des survivants de l’Atlantide, après que deux cataclysmes l’eurent détruite ; le Sphinx et les pyramides de Gizeh ont été construits par les Atlantes. »

Daniel Harran propose l’idée que la proximité de nombreux agroglyphes avec les sites mégalithiques en Angleterre indique que les auteurs cherchent à nous rappeler la civilisation oubliée de l’Atlantide.

Le peuple scythe a vécu dans le Caucase (sur les rives de la mer Noire) pendant le premier millénaire avant notre ère. L’écrivain grec Hérodote a consacré un livre à ce peuple d’éleveurs nomades et de cavaliers intrépides. Ce peuple s’est distingué par la construction de kourganes, des tumulus souvent de grandes dimensions (jusqu’à 300 mètres de diamètre) qui recouvraient les tombes de rois ou de personnages importants… Le cheval occupait, pour ce peuple, une grande place.

« Ainsi, il y a 3000 ans environ, vivait dans cette région d’Asie un peuple qui s’est distingué par la construction de très nombreux tumulus, par une large place faite aux chevaux et un art étonnamment développé. L’origine de ce peuple est encore considérée comme un mystère. Nicolas Witsen fut l’un des premiers chercheurs à s’y intéresser. Le fait que ce peuple ait fait preuve d’une étonnante maîtrise des techniques artistiques qui s’est perdue par la suite, nous porte à penser que ces techniques devaient être un héritage d’une époque antérieure. Or, nous savons aujourd’hui que ce peuple scythe se trouvait au bout du chemin des grandes migrations post-alantéennes, et nous pouvons comprendre ainsi qu’il était, en fait, un lointain descendant des Atlantes.

Par les très nombreux tumulus et la large place accordée aux chevaux, nous remarquons l’analogie entre le peuple qui habitait le Wiltshire il y a 5000 ans environ et le peuple scythe présent dans le Caucase il y a 3000 ans. Or, ils se trouvaient tous les deux sur le chemin des migrations post-atlantéennes, le premier ayant bien sûr vécu à une période antérieure au second. Ce rapprochement nous permet de comprendre que les tumulus et la place particulière accordée aux chevaux étaient des caractéristiques des peuples descendant des Atlantes. Nous proposons alors l’idée qu’en attirant notre attention sur ces endroits, les auteurs des agroglyphes cherchent encore à nous rappeler la civilisation oubliée de l’Atlantide. » (D. Harran)

Pourquoi l’Atlantide ?

« Tous les auteurs qui ont mentionné cette civilisation de l’Atlantide ont indiqué qu’après une période de décadence et de guerres intérieures, elle a disparu il y a 12000 ans environ par l’engloutissement de l’île dans les profondeurs de l’océan Atlantique.

Or, chacun de nous se rend compte que l’humanité vit actuellement une période très critique où tous les signaux d’alarme se sont allumés successivement, du fait de l’exploitation inconsidérée des richesses naturelles de notre planète, des pollutions très graves qui ont rompu les équilibres écologiques, des très nombreuses disparitions d’espèces animales et végétales, du fait des inégalités économiques et sociales toujours plus criantes dans nos sociétés génératrices de conflits et de guerres incessantes, etc. » (D. Harran)

L’Homme est en train de détruire sa planète.

« Tout cela montre que notre civilisation traverse une crise sans précédent… sans précédent dans notre histoire connue, mais les auteurs des agroglyphes semblent faire leur possible pour nous alerter en nous rappelant que des événements aussi tragiques ont déjà existé dans le passé, qu’une civilisation a précédé la nôtre et a effectivement disparu suite aux troubles et aux dissensions intérieures qu’elle n’avait pas su maîtriser. (…)

Ainsi, on peut comprendre que le message des agroglyphes, lié à leur localisation privilégiée en Angleterre près des vestiges atlantes, est une mise en garde qui nous est adressée contre le risque réel de disparition de notre civilisation, en nous rappelant le précédent de l’Atlantide. » (D. Harran)

La conclusion de Daniel Harran est la suivante :

“L’interprétation que je propose est que des êtres spirituels bienveillants liés à la Terre, des élémentaux, nous interpellent avec insistance pour nous dire :

‘‘Nous existons’’, et, au-delà, pour nous aider à prendre conscience du monde des esprits, de l’existence d’autres êtres intelligents présents sur Terre mais qui vivent dans d’autres plans.

‘‘Respectez la nature’’, dont ils sont les gardiens.

‘‘Rappelez-vous l’Atlantide’’. Ils veulent nous faire comprendre que nous devons choisir aujourd’hui entre autodestruction et disparition de l’espèce humaine, ou bien évolution par l’éveil de notre conscience.

Les élémentaux, qui vivent dans le monde invisible, sont attachés à cette région du Wiltshire. Ils ont conservé la mémoire des relations harmonieuses que le peuple atlante entretenait avec eux, et ils sont aujourd’hui témoins de la grave dégradation de la Terre et de la dangereuse dérive de notre civilisation humaine. C’est pourquoi ils se manifestent à nous, avec leurs moyens, pour nous mettre en garde. Mais ces êtres sont aussi caractérisés par un profond instinct d’indépendance et n’ont pas de relation avec ceux des autres régions et des autres pays. Ceci explique la singularité de cette région d’Angleterre et le fait que les agroglyphes soient là les plus anciens, les plus nombreux, les plus spectaculaires et… les plus expressifs.” (16)

Que penser réellement de cette corrélation agroglyphes/Atlantide ? Si je suis d’accord avec les propos de Daniel Harran sur l’Atlantide, j’ai déjà précisé que les élémentaux sont loin d’être les seuls responsables des crop circles. Ce dernier point est d’ailleurs confirmé par les sources « extraordinaires » (« paranormales », etc.) à propos de l’origine des formations céréalières « authentiques » (non imputables à des humains). Ces sources font l’objet de mon dernier texte sur les crop circles : “Les crop circles. (11). Les agroglyphes selon les sources extraordinaires.” Il semble cependant que le lien avec l’Atlantide n’est pas complètement erroné, si l’on se réfère à cette déclaration de l’ésotériste britannique Benjamin Creme, selon lequel nous reconnaîtrions certains motifs des agroglyphes si nous étions familiers « de l’idéographie de l’ancienne Atlantide ». (17)

Alain Moreau

 alain_moreau

Références :

1. « Science et inexpliqué », n° 6, novembre/décembre 2008, p. 11.

2. Ibid., p. 11.

3.

4. « Top secret », n° 39, octobre/novembre 2008, p. 35.

5. Francine Cordier et Patrice Seray, « Science et inexpliqué », n° 12, novembre/décembre 2009, p. 30-33.

6. Pierre Oul’Chen, « Top secret », numéro 39, octobre/novembre 2008, p. 18-27.

7. Christel Seval, « Le plan pour sauver la Terre », JMG éditions, 2005, p. 107-108.

8. Jacques Garnier et Joël Mesnard, « Lumières dans la nuit », n° 383, daté de novembre 2006, p. 15-18.

9. Andreas Müller, « Crop circles », éditions Véga, 2003, p. 63-64.

10. Michael Hesemann, « Messages », éditions Trajectoire, 2003.

11. Gildas Bourdais, « Lumières dans la nuit », n° 383, daté de novembre 2006, p. 19-21 ; n° 384, daté de janvier 2007, p. 15-18.

12. Daniel Harran, « Sacrée planète », n° 35, août/septembre 2009, p. 36-41.

13. « Science et inexpliqué », n° 6, novembre/décembre 2008, p. 11.

14. « Nexus », n° 52, septembre/octobre 2007, p. 54.

15. Aurelia Louise Jones et Dianne Robbins, « Telos », tome 1, éditions Ariane, 2002, p. 81.

16. Daniel Harran, « Sacrée planète », n° 36, octobre/novembre 2009, p. 15-21.

17. Benjamin Creme, « La mission de Maitreya », tome 2, Association Partage, 1995, p. 233.

 



Share This:

Les commentaires sont fermés