La Grande Pyramide et le Sphinx (1)

Sphinx and the Great pyramid in Egypt, Giza

 La grande pyramide de Kheops est la dernière des 7 merveilles du monde encore existante. Il s’agit du plus volumineux monument en pierre de taille jamais réalisé. A l’origine, l’édifice devait mesurer 230,34 mètres de largeur à la base, sa hauteur s’élevant alors à plus de 146 mètres. Son volume actuel est de 2.340.000 mètres cubes, et son poids est de 4,7 millions de tonnes. Cet édifice a été érigé, selon les égyptologues, 2600 avant notre ère dans le but d’abriter la dépouille de Kheops (2560-2535 avant J.-C.), dépouille que l’on n’a toujours pas trouvée. Certains spécialistes se sont d’ailleurs demandé si la dépouille du pharaon avait occupé la pyramide.

 

I. Chambres secrètes et construction de la Grande Pyramide :

En septembre 2004, est paru chez Fayard un livre de l’architecte Gilles Dormion, préfacé par Nicolas Grimal (du Collège de France), intitulé : « La chambre de Chéops ». Le magazine « Sciences et avenir » s’en est fait l’écho en avant-première dans son numéro de septembre 2004. Selon Gilles Dormion et Jean-Yves Verd’hurt, il existe une pièce inconnue au cœur de la Grande Pyramide et plus précisément sous la chambre de la Reine. C’est là que se trouverait le corps du pharaon. Les chercheurs ont détecté des indices qui les ont menés, après des années de recherche, à localiser une cavité inconnue : une « niche » étrangement aménagée dans la paroi est de la chambre de la Reine, la disposition – qui semble incohérente – des dalles couvrant le sol de la chambre de la Reine, etc. Pour les détails, veuillez vous référer au livre de Gilles Dormion.

kheops12A l’automne 2003, Nicolas Grimal a formulé une demande officielle (au nom du Collège de France) pour vérifier in situ cette hypothèse. Mais le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes s’y est opposé. Le professeur Valloggia a fait la même démarche, au nom de l’Université de Genève, également sans succès. Une conférence sur le sujet a été donnée le 8 septembre 2004 à Grenoble lors du Neuvième Congrès International des Egyptologiques. Pour vérifier la présence de cette chambre inconnue, il suffirait d’introduire un endoscope, sur quelques mètres, dans un joint de la chambre de la Reine, ce qui permettrait de voir ce qui se trouve dessous et de voir si l’on détecte du granit (lequel implique l’existence de herses et d’un accès). (1)

Dans un article de la revue « Science et vie » (numéro de novembre 2004), on qualifie de « bidon » cette hypothèse, Gilles Dormion ayant droit au titre d’« égyptomane ». L’auteur anonyme n’omet pas de déclarer (ce dont on est sûr, prétend-il) que la pyramide de Kheops a été construite vers 2540 avant J.-C.

Mentionnons aussi qu’en 2004 les éditions Jean-Cyrille Godefroy ont publié un livre de Joseph Davidovits intitulé : « La nouvelle histoire des pyramides ». Cet auteur nie évidemment toute vraisemblance aux théories « fantastiques » (comme l’utilisation de la lévitation) relatives à la construction de ces pyramides.

Egyptologues, archéologues et médias affirment donc que la pyramide de Kheops a été érigée vers 2600 ans avant notre ère, à l’époque de Kheops, deuxième souverain de la quatrième dynastie (2625-2470 avant J.-C.). Ceci est présenté comme un fait acquis qui ne saurait souffrir la moindre contestation, la pyramide la plus ancienne étant censée être la pyramide de Saqqara. Dans le numéro de juin 2011 de « Science et vie », on lit ainsi, dans un encadré titré « Ce dont on est sûr », que la Grande Pyramide date de la quatrième Dynastie, une affirmation que je conteste, comme on le verra plus loin. Il est vrai que cette datation est parfaitement conforme avec l’histoire enseignée de l’Egypte, laquelle s’inscrit dans l’histoire de l’humanité rapportée par les préhistoriens et archéologues. Selon ce scénario, nos civilisations ont débuté à Sumer, il y a environ 6000 ans. Auparavant, il n’y aurait eu que des « primitifs », le tout s’inscrivant dans la théorie darwinienne de l’évolution (largement acceptée par les scientifiques et par les médias).

construction-pyramide2On trouve, dans le numéro d’avril 2007 de « Sciences et avenir », un dossier sur l’explication, par un architecte français, du mystère de la construction de la Grande Pyramide. Pour rendre compte de cette construction, les égyptologues avaient émis diverses hypothèses, deux options principales ayant été retenues au cours des siècles : celle des rampes pour tracter les pierres et celle des machines pour les élever.

Selon l’option des « rampes », la construction a été réalisée à l’aide de plans inclinés sur lesquels les blocs de pierre ont été tractés. Les principales propositions émises sont :

– la rampe unique ou frontale (perpendiculaire au monument) ;

– la rampe en spirale, enveloppante ou hélicoïdale ;

– la rampe zigzagante sur une face ;

– une configuration à rampes multiples.

La seconde grande option est celle des « machinistes ». Mais les systèmes de levage posent problème car, à partir d’une certaine hauteur du monument, les manœuvres deviennent impossibles. Soulever des blocs de plusieurs tonnes aurait en outre nécessité des systèmes dévoreurs d’une quantité de bois non disponible. Et puis, en 2500 avant J.-C. en Egypte – date donnée par les égyptologues pour la construction de la pyramide -, on ignorait les dispositifs mécaniques à axe permettant la rotation (poulie, palan, etc.).

Il y a aussi l’hypothèse du béton soutenue par le géochimiste Joseph Davidovits. La pyramide aurait été bâtie à partir de blocs de pierre reconstituée coulés sur place à l’aide d’un antique béton géopolymère. On peut se demander pourquoi, ayant découvert une technique si pratique, les Egyptiens ne l’ont plus utilisée ensuite, notamment dans la construction des vastes temples du Nouvel Empire.

La nouvelle hypothèse évoquée est celle de l’architecte Jean-Pierre Houdin. Selon lui, il aurait fallu 4000 hommes et une vingtaine d’années pour construire la Grande Pyramide en combinant deux rampes. houdin-theoriehoudinLa première, extérieure, permet de construire la base de la pyramide jusqu’à 43 mètres de haut, niveau de la chambre du Roi, soit plus de 70 % du volume de l’édifice. Cette première phase dure environ jusqu’à l’an 14. Le relais est ensuite pris, pour les parties hautes, par une rampe intérieure. Celle-ci est intégrée dans le corps du bâtiment dès la sixième assise, montant avec lui sans jamais gêner le chantier…

interieur_pyramideOn trouve, dans le numéro 2 de la revue « Science et inexpliqué », paru en mars 2008, une interview de Joseph Davidovits et de Jean-Pierre Houdin. Leurs théories y sont détaillées, la page de couverture titrant : « Pyramides. Quand la science résout l’énigme ! ». Le responsable de la revue écrit notamment en introduction que, pour expliquer la construction de la Grande Pyramide, les extraterrestres et les Atlantes « ont même été, un temps, de la partie ». Il ajoute que les deux thèses de Joseph Davidovits et de Jean-Pierre Houdin « ont définitivement éclipsé toutes les autres ». En d’autres termes, l’explication par les extraterrestres et les Atlantes, par exemple, serait définitivement invalidée par ces deux théories (qui, il faut le rappeler, ne sont que des théories), une affirmation que je ne partage évidemment pas. Ceci pour deux raisons :

D’abord, nous allons voir, dans cette page et la suivante (la partie II), qu’il existe de bonnes raisons pour soutenir que la Grande Pyramide et le Sphinx sont bien plus anciens que ne le prétendent les archéologues et égyptologues, ou d’autres chercheurs.

Dans un email daté du 19 septembre 2011, Michel Sabater m’écrit :

« Les fondations de la grande pyramide ont été réalisées deux siècles avant le règne de Khéops !

Le Sphinx représentait à cette époque (vers 2718 av. J.-C.) un visage féminin, celui de Bolon Ik ! C’est écrit dans le 21e verset (Prophétie du Grand Prêtre Maya, Pacal Votan) :

Il s’avère que de nombreuses sources « extraordinaires » (« canalisations », sorties hors du corps, etc.) font état, dans la construction de la Grande Pyramide, de l’implication d’architectes atlantes (avec aussi, selon certaines sources, l’intervention d’êtres d’autres mondes). Je considère que ces sources sont parfaitement fiables, et c’est à elles qu’une partie du dossier de ces deux pages est consacrée. La thèse atlante/extraterrestre ne fait pas partie du passé, contrairement à ce qu’insinue le rédacteur de la revue mentionnée ci-dessus, mais elle est toujours d’actualité.

 

* Deux chambres inviolées ?

Dans le numéro 20 (mars/avril 2011, pages 37-41) de « Science et inexpliqué », un article revient sur la thèse de Jean-Pierre Houdin relative à l’utilisation d’une rampe interne qui aurait servi à la construction de la pyramide de Kheops.

chambre-roi-grande-pyramide-1Le 27 janvier 2011, à la Géode, la projection d’un film en 3D, « Kheops Renaissance », a permis à Jean-Pierre Houdin de présenter « ses nouvelles découvertes ». Selon lui, il existe en effet dans la pyramide deux chambres inviolées, ainsi qu’un second circuit de corridors, véritable passage du sarcophage… L’une des deux chambres pourrait être la vraie chambre mortuaire du roi.

houdin« Fin 2010, Houdin et Dassault Systèmes ont passé un accord avec une équipe spécialisée en thermographie infrarouge (Université de Laval, Québec). La technique envisagée ? Installer une caméra sur le toit d’un immeuble de la ville du Caire afin de prendre un cliché toutes les heures (les rayons infrarouges ont la particularité de déceler la structure des objets grâce à leur émission de chaleur). Comme le précise le professeur Xavier Maldague, titulaire de la chaire de recherche du Canada en vision infrarouge multipolaire, le principe de base est lié au subtil décalage entre les variations du chauffage solaire et la réponse thermique de la pyramide à celui-ci, ce décalage étant en fonction de la construction du monument. Si elles existent, rampe interne et chambres secrètes seront démasquées ! »

1. On notera, d’abord, que de nombreuses sources « ésotériques » font référence à l’existence de « chambres secrètes » à l’intérieur de la pyramide de Kheops. La découverte éventuelle de ces chambres accréditerait donc tout autant ces sources que la théorie de Jean-Pierre Houdin. La question qui se pose est néanmoins celle-ci :

Ces chambres sont-elles « banales » (elles ne se distingueraient donc pas des autres) – et dans ce cas-là, il ne faudra pas s’attendre à une révision de l’histoire de la pyramide de Khéops (et du Sphinx, ajouterai-je) -, ou sont-elles « particulières » ? Dans ce dernier cas, contiennent-elles, par exemple, des archives remontant à l’Atlantide ? Dans ce dernier cas, évidemment, les égyptologues, archéologues, architectes et « préhistoriens » se trouveraient (avec les grands médias, d’ailleurs) sérieusement commotionnés et traumatisés !

2. Bien sûr, Jean-Pierre Houdin ne remet pas en cause la date officielle de la construction de la pyramide de Khéops : il la situe à l’époque de la quatrième dynastie. Et sa thèse de la rampe interne respecte, dit-il, les moyens dont disposaient les Egyptiens. On peut cependant observer une chose, dans la perspective d’une ancienneté plus grande, et donc d’une origine atlante/extraterrestre, de la pyramide dite de Kheops (et du Sphinx) : l’utilisation d’une rampe interne pour la construction de l’édifice n’est sûrement pas en contradiction avec l’utilisation préalable (pour l’acheminement des matériaux sur le site) de techniques sophistiquées telles que l’extraction au laser et la lévitation sonique…

On trouve, dans le numéro de juin 2011 de « Science et vie », un dossier relatif à l’existence présumée de « chambres secrètes », deux contributions de chercheurs y étant développées, dont celle de Jean-Pierre Houdin

 

* A propos du Sphinx :

sphinx3Dans le numéro 20 (mars/avril 2011) de « Science et inexpliqué », Nicolas Montigiani fait ce commentaire :

« Dans le film Kheops Renaissance, projeté à la Géode, le Grand Sphinx est déjà présent sur le plateau de Gizeh tandis que la pyramide de Khephren n’a pas encore été construite. Est-ce à dire que vous attribuez cette sculpture au pharaon Kheops ? »

« Vous êtes très observateur ! » Dans les images de « Kheops Renaissance », il y a une rampe qui relie le port à la rampe extérieure de la pyramide.

Or, en réalité, le Sphinx est, comme la Grande Pyramide, beaucoup plus ancien que la quatrième dynastie. (Voir plus loin.) Il n’a donc pas pu être construit par Kheops (pas plus que par Khephren, bien sûr), contrairement à ce qu’affirment moult égyptologues.

Notons que, fin octobre 2015, une mission nommée « ScanPyramids » a été lancée sous l’égide de la Faculté des ingénieurs de l’université du Caire et de l’Institut français HIP, le but ayant d’abord été de réaliser une thermographie infrarouge complète des structures les plus massives (dont la pyramide de Kheops)… (Voir notamment le numéro 49 – janvier-février 2016 – de « Science et inexpliqué », p. 30-32.)

 

II. Remise en cause de la datation de la Grande Pyramide et du Sphinx :

Dans les manuels scolaires, les revues, les journaux, les émissions télévisées, les sites Internet, etc., on affirme à satiété, à l’unisson des archéologues et égyptologues qui se veulent « sérieux », que la Grande Pyramide et le Sphinx ont été construits il y a 4500 ans. Cela a été encore le cas dans les diverses publications ayant annoncé la diffusion, pour le 19 octobre 2016 sur France 5, d’un documentaire britannique (daté de 2016) sur la Grande Pyramide. Pourtant, certaines personnes ont contesté la date de construction de la Grande Pyramide et du Sphinx, mais celles-ci sont évidemment considérées, par les « pontifes du savoir », comme des illuminés ou des charlatans. Ces sources incluent :

• Des chercheurs « marginaux » et de prétendus « archéomanes ».

• Des auteurs « ésotériques ».

• Des individus ayant possédé (ou possédant pour certains) une aptitude « psychique » particulière (channeling, décorporation ou sortie hors du corps), capacité qui leur a permis d’être en contact avec des entités ou des sources « non-physiques », ces sources leur ayant donné des informations sur la véritable histoire de l’humanité et, notamment, sur la date et la construction de la Grande Pyramide et du Sphinx.

Ce sont ces différents éléments dont je vous propose de prendre maintenant connaissance.

 

1. Remise en cause de la datation et de la fonction de la Grande Pyramide :

bauvalGraham-HancockPrenons, comme exemples de prétendus « archéomanes », les cas de Robert Bauval, Graham Hancock et John Anthony West, et voyons leurs analyses relatives à la Grande Pyramide et au Sphinx.

Selon la version « officielle », les trois principales pyramides seraient les tombes de Khoufoui, Khâfrê et Menkaourê*, trois pharaons de la quatrième dynastie. Or, celles-ci n’ont livré aucune dépouille royale… (* Khéops, Khéphren et Mykérinos)

plaqueferpyramide

plaie9vyseAu dix-neuvième siècle, le colonel britannique Howard Vyse et son équipe ont découvert, dans la Grande Pyramide, un fragment de plaque de fer (dans la maçonnerie de la face sud de la pyramide), ainsi que des « marques de carrière » (hiéroglyphes) peintes dans les chambres dites « de décharge » situées au-dessus de la chambre du Roi. Ces hiéroglyphes mentionnent le nom de Khoufoui, le pharaon de la quatrième dynastie en qui les égyptologues reconnaissent le bâtisseur de la pyramide. Depuis, ces derniers clament que cette découverte démontre que l’édifice est l’œuvre de Khoufoui. La plaque de fer, quant à elle, serait un faux (car, selon les spécialistes, les débuts de l’Âge du fer ne remontent pas, en Egypte, avant 650 avant J.-C.). Robert Bauval et Graham Hancock se demandent par contre si ce n’est pas l’inverse qui est vrai : les « marques de carrière » seraient fausses et la plaque de fer serait authentique !

Certains éléments permettent d’envisager l’hypothèse que les « marques de carrière » ont pu être fabriquées par Howard Vyse lui-même : elles sont (comme le fit observer Samuel Birch au dix-neuvième siècle) rédigées dans les styles de différentes périodes, réunis de façon anormale. Le nom de Khoufoui contient une faute (un point entouré d’un cercle au lieu d’un cercle vide), erreur qui apparaît dans deux livres consacrés aux hiéroglyphes (« Le voyage de l’Arabie Petrée » de Léon de Laborde, le « Materia hieroglyphica » de John Gardner Wilkinson), ces deux ouvrages étant les seuls disponibles sur le sujet en 1837, date de la « découverte » d’Howard Vyse

Si les marques de carrière ne sont pas l’œuvre d’Howard Vyse, que prouvent-elles ?

« En s’appuyant sur quelques lignes de graffitis pour attribuer la Grande Pyramide à Khoufoui, ne fait-on pas comme si l’on donnait les clés de l’Empire State Building à un homme nommé Kilroy, sous prétexte que son nom est bombé sur la paroi de l’ascenseur ?

Nous constatons avec stupeur que ces questions ne se posent jamais et que la plupart des égyptologues considèrent volontiers les marques de carrière comme la preuve que Khoufoui a fait construire la pyramide. Qu’ils fassent montre de crédulité en la matière, c’est leur affaire ! Néanmoins, nous pensons qu’il y a de la malhonnêteté intellectuelle à reproduire cette attribution douteuse dans tous les livres, sans mentionner en note les problèmes, les anachronismes ou les contradictions qui font planer le doute sur l’authenticité et l’importance de cette première ‘découverte’ de Vyse. » (Robert Bauval et Graham Hancock)

En 1989, un fragment de la plaque de fer a été analysé par deux scientifiques, M. P. Jones (« Imperial College » de Londres) et Sayed El-Gayer (maître de conférences à l’Université de Suez, Egypte). Ils ont constaté que la plaque de fer n’était pas d’origine météoritique (elle ne contient que des traces de nickel), qu’elle avait été fondue à une température comprise entre 1000 et 1100 degrés (une de ses faces ayant conservé « des traces d’or »), qu’elle est « très ancienne » et qu’elle a été incorporée à la Grande Pyramide à l’époque de son édification. Ces conclusions, bien qu’émanant de spécialistes reconnus des métaux, ont été jugées « extrêmement douteuses » (on s’en serait douté !) par le « British Museum » (version de cette institution rapportée par A. J. Spencer). (2)

Dans son deuxième ouvrage, Zecharia Sitchin s’est efforcé d’établir que le célèbre cartouche cité comme preuve que la construction fut bâtie par Khufu était en fait une falsification. Il démontre que, en réalité, le colonel Howard Vyse fabriqua de toutes pièces les signes dans les salles situées au-dessus de la Chambre du Roi où il déclara les avoir découverts.

Des corroborations ont été apportées par l’arrière-petit-fils du maître maçon qui assista Howard Vyse.

« Il semble que le Colonel fut aperçu pénétrant dans la pyramide la nuit en question, avec une brosse et un pot de peinture à la main, et qu’on l’entendit dire qu’il avait l’intention de renforcer certaines des marques qu’il avait trouvées, ostensiblement pour les rendre plus lisibles. Le maçon donna sa démission, n’étant pas parvenu à dissuader Howard Vyse d’abandonner son projet. Cependant, l’histoire se propagea et fut racontée dans la famille, jusqu’à ce qu’elle parvienne finalement à Sitchin, renforçant encore davantage sa conviction inébranlable de la véritable antiquité de la Grande Pyramide. » (J. Douglas Kenyon) (3)

On notera que les anciens Egyptiens ont gardé le souvenir de trois ères de royauté distinctes : celle des « Neterou » (pluriel de « neter », « dieu »), celle des « Chemsou Hor » ou « Suivants d’Horus », le premier pharaon de race humaine étant Menès, à l’origine des souverains qualifiés de « dynastiques » (dont les noms sont consignés dans les listes royales). Le règne de Menès est situé aux alentours de 3000 avant J.-C., et, pour les égyptologues, les êtres qualifiés de « dieux » sont imaginaires, ce qui est une erreur. Dans les textes d’Edfou, le « commencement du monde » est synonyme de « Premier Temps », période également évoquée par l’expression « Ancien Âge primordial ». Ces textes mentionnent sept « Sages » qui, avec Thot, avaient lancé certains travaux de construction sur « le Grand Tertre primitif » Ces sept Sages avaient présidé à l’édification d’une structure appelée « hout-neter », « la demeure du dieu ». On trouve, dans ces textes, une référence à une imagerie ‘‘diluvienne’’, « dans laquelle on décrit la baisse graduelle des ‘‘eaux primordiales’’ (d’où a émergé le Grand Tertre primitif) ». On fera le parallèle avec les sept Sages (les « Apkallou ») de la civilisation babylonienne, qui avaient « vécu avant le Déluge » (et avaient construit les murs de la ville sainte d’Ourouk), et avec les sept Sages (les « Rishis ») de la tradition indienne, ces derniers ayant survécu au Déluge « afin de préserver et de transmettre la sagesse du monde antédiluvien aux générations à venir ».

Selon les textes d’Edfou, les sept Sages et les autres dieux étaient originaires d’une île, la « Patrie des Primordiaux ». Un déluge a détruit cette terre…

buavalSelon Robert Bauval et Graham Hancock, le plan des trois grandes pyramides a peut-être été établi en 10.500 avant J.-C. Ou les « Suivants d’Horus » ont préservé, puis transmis aux prêtres d’Héliopolis, des archives astronomiques datant de cette époque. Les deux auteurs pensent que l’Egypte a abrité, du paléolithique à la période dynastique, des « individus extrêmement éclairés : les mystérieux Akhous qui, s’il faut en croire les textes, détenaient une ‘‘Connaissance d’origine divine’’ ». En se basant sur des considérations d’ordre astronomique, Robert Bauval et Graham Hancock ont conclu que la genèse du site remonte à 10.500 avant J.-C. pyramides-constellationEn outre, le symbolisme astronomique et léonin de la statue du Sphinx « n’a de sens que si elle a été conçue comme un indicateur équinoxial de l’Âge du Lion », la date correspondant à 10.500 avant J.-C. (4) Les calculs astronomiques de Robert Bauval révèlent que les monuments de Gizeh « pris en bloc sont disposés de telle manière qu’ils fournissent une image des cieux (qui changent à travers les âges à cause de la précession des équinoxes) tels qu’ils se présentaient non pas à l’époque de la Quatrième Dynastie (vers – 2500), mais aux alentours de l’an 10450 av. J.-C. ! ». (5)

Lors de l’équinoxe de printemps de 10.500 avant J.-C., au moment précis où le disque solaire point à l’horizon, « plein est, dans l’alignement direct du regard du sphinx, les étoiles du Baudrier d’Orion culminent au méridien, dans une configuration reproduite au sol par les trois grandes pyramides ». Sphinx et pyramides « semblent donc ‘‘s’organiser’’ en représentation architecturale de cette conjonction céleste unique ». (6)

Christopher Dunn est l’auteur d’un livre dans lequel il soutient que la grande pyramide de Gizeh était une machine qui capturait les énergies acoustiques de la Terre. Selon lui, la Grande Pyramide était une « centrale énergétique », la Chambre du Roi en étant le cœur. Les constructeurs de pyramides utilisaient, selon lui, une technologie avancée.

En dépit du fait qu’aucun corps ou objet funéraire n’y a été découvert, les égyptologues affirment que toutes les pyramides sont des tombeaux et uniquement des tombeaux construits pour abriter les corps des pharaons. Parmi les véritables fonctions de la Grande Pyramide, Marshall Payn envisage celles-ci : observatoire astronomique, monument servant à la préservation de connaissances. (7)

 

2. Le Sphinx :

On sait que, selon les archéologues et égyptologues, le Sphinx a été construit sous la quatrième dynastie, sur ordre de Khâfrê (Khéphren), qui a régné de 2520 à 2494 avant J.-C. Toutes les sources (encyclopédies, revues d’archéologie, etc.) affirment aussi que le Sphinx est conçu à l’image du souverain. (C’est cette thèse qui est soutenue dans une émission télévisée rediffusée en France en juillet 2015.) Mais le spécialiste de la technique du portrait-robot, Frank Domingo, de la police municipale de New York, est arrivé à la conclusion que le Sphinx et la statue de Khâfrê ne correspondaient pas, ce qui s’oppose à la conclusion de l’égyptologue Mark Lehner. Et la syllabe « Khaf », que l’on trouve sur la stèle de granite dressée entre les pattes antérieures du Sphinx, ne constitue pas une preuve de l’attribution du monument à Khéphren : outre l’absence de « cartouche », on aurait pu inclure le nom du souverain au texte afin de rappeler une action qu’il aurait accomplie (restauration du Sphinx). En 1949, l’égyptologue Selim Hassan précisait qu’en dehors de « la ligne tronquée inscrite sur la stèle de granite de Thoutmès IV et ne prouvant rien, aucune inscription ancienne ne relie le sphinx à Khâfrê »… De plus, en 1989, John West a contacté le géologue Robert Schoch, lequel a confirmé que le monument avait visiblement souffert d’une érosion par l’eau (eaux de pluie, et non eaux de crue). Comme les intenses précipitations capables d’engendrer les formes d’érosion caractéristiques du Sphinx ont cessé de s’abattre sur l’Egypte plusieurs millénaires avant 2500 avant J.-C., le Sphinx aurait été sculpté, au bas mot, entre 7000 et 5000 av. J.-C.

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On se doute, évidemment, que les égyptologues et archéologues n’ont pas « apprécié » : « Ridicule ! » (Peter Lecovara), « absolument impossible » (Carol Redmont), « hallucinations de Nord-Américains » (Zaï Hawas), etc. (8) Mark Lehner qualifia John West et Robert Schoch « d’ignorants et sans discernement ». (9) John West, lui, considère que le Sphinx est antérieur à 7000 avant J.-C. Le visage de ce monument n’est pas celui de Khéphren ou de Khéops (ces deux identifications ayant été évoquées dans une émission d’Arte du 31 août 2002).

Robert Bauval et Graham Hancock penchent pour l’existence d’un réseau de chambres et de passages aménagé sous le Grand Sphinx.

Un passage des Textes des Sarcophages évoque un grand « secret » d’Osiris qui serait caché à l’intérieur d’un réceptacle « scellé », dans ou sous les monuments de « Ro-setaou/Gizeh ». On évoque un objet (la « khetemet ») entouré de « feu » et reposant dans les « ténèbres »… La simulation informatique des cieux de Gizeh en 10.500 avant J.-C. montre, juste avant l’aube de l’équinoxe de printemps, la constellation du Lion se levant lentement à l’est.

« Vers 5 heures du matin, elle apparaissait dans son ensemble, étendue au beau milieu de l’axe du plein est, le ventre reposant sur la ligne d’horizon. Au même instant, le point vernal marqué par le Soleil se situait à quelque 12° entre ses pattes de derrière.

Si nous transposons ces données célestes au sol, nous retrouvons un monument équinoxial sous la forme d’un lion colossal dont le ventre repose sur le soubassement rocheux d’un site réel : l’Horizon de Gizeh. » (Robert Bauval et Graham Hancock)

hall-archive-sphinxLe « trésor » serait situé sous les pattes postérieures du Sphinx, à une profondeur estimée à une trentaine de mètres. (10) Nous reviendrons plus loin sur le problème de la « Salle des archives » ou « Salle des inscriptions »

 

* Le visage du Sphinx :

sphinx3Le numéro de mars 2005 de « Science et vie » contient un dossier sur la théorie d’un archéologue français, Vassil Dobrev (de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire), selon lequel le visage du Sphinx est la représentation du pharaon Khéops et non celle du pharaon Képhren.

Cette théorie (évoquée aussi dans le journal de France 2) n’est en fait pas nouvelle. Elle avait déjà été mentionnée dans une émission d’Arte. En ce qui me concerne, cependant, que le visage représente Képhren ou que ce soit celui de Khéops, c’est la même chose. Nous nous trouvons toujours ici en présence de la même affirmation dominant l’archéologie officielle : le Sphinx et la Pyramide (dite) de Khéops datent de la quatrième Dynastie (égyptienne). D’ailleurs, le texte de présentation de « Science et vie » – article écrit par Isabelle Bourdial et Nassera Zaïd – débute par ce « rappel » (faux) :

« Qui représente le grand Sphinx qui garde depuis quelque 4600 ans les pyramides d’Egypte ? »

sphinx-pyramide-egypteAinsi donc, pour Vassil Dobrev, c’est le pharaon Djedefrê, fils de Khéops, qui serait le véritable commanditaire du Sphinx, les plus anciennes représentations du Sphinx datant du règne de celui-ci. Et le vrai modèle du Sphinx serait Khéops, le plus célèbre bâtisseur de l’Ancien Empire (de – 2700 à – 2200 avant notre ère, de la troisième à la sixème dynastie). Un autre archéologue, l’Allemand Rainer Stadelmann, défend cette hypothèse depuis plusieurs années. Selon Vassil Dobrev, cependant, Khéops serait décédé avant de voir le Sphinx, le commanditaire ayant été Djedefrê, le demi-frère de Khéphren et le fils de Khéops.

Ceci contredit une étude antérieure. En 1991-1992, en effet, l’égyptologue américain Mark Lehner avait publié les résultats d’une étude fondée sur des données photogrammétriques, une technique utilisant la photographie stéréoscopique. Les résultats avaient révélé des similitudes entre le visage léonin et celui de la statue de Khéphren en diorite noire conservée au musée du Caire. Ainsi, les spécialistes se contredisent sur la paternité du Sphinx : Khéphren (pour Christiane Zivie-Coche et Mark Lehner) ou Djedefrê, fils de Khéops (pour Vassil Dobrev). Inutile d’entrer ici dans les détails de la « controverse », sa validité étant, pour moi, nulle. La thèse que je défends, en effet, est la grande ancienneté de la Grande Pyramide et du Sphinx : ce n’est pas Khéops (de – 2600 à – 2570 avant J.-C.) qui est à l’origine de la Grande Pyramide – contrairement à ce que « rappellent » Isabelle Bourdial et Nassera Zaïd -, la construction de cette dernière remontant à plus de 10.000 ans. Il en va de même du Sphinx, Djedefrê (de – 2570 à – 2545 av. J.-C.) n’étant pas « sans doute à l’origine du Sphinx » (sic).

L’article de « Science et vie » contient bien, dans deux encadrés, des références aux thèses « invraisemblables », mais c’est pour dénoncer leur absurdité prétendue :

• La légende (qualifiée de « tenace ») relative à l’existence d’une chambre souterraine entre les pattes antérieures du Sphinx, reliée aux grandes pyramides, et concernant une « salle des inscriptions » où serait conservé le savoir d’une culture disparue.

• On mentionne la détection au début des années 1990, par le géophysicien américain Thomas Dobecki, d’anomalies semblant correspondre à des cavités. Cette conclusion a été contestée « par d’autres spécialistes ».

• En 1989, le géologue américain Robert Schoch attribua aux eaux de pluie l’érosion du Sphinx, ce qui repousserait la sculpture de ce dernier à 5000 ou 7000 ans avant notre ère, avant la fin des intenses précipitations que l’Egypte a connues à cette époque. « Des conclusions aussi très contestées. »

• Un « égyptologue amateur » est aussi évoqué. (Il s’agit en fait de Robert Bauval.) Grâce à une simulation informatique de la carte du ciel des temps anciens, il a découvert que le Sphinx regardait vers la constellation du Lion lors de l’équinoxe de printemps de l’an 10.500 avant notre ère, les trois grandes pyramides étant alors alignées sur les étoiles formant le baudrier d’Orion.

« Mais le Sphinx génère aussi de nouvelles thèses beaucoup plus sérieuses et étayées, comme celle de Vassil Dobrev. »

Mais, contrairement à ce qu’insinuent les rédacteurs de cet article, la thèse de Vassil Dobrev n’est absolument pas beaucoup plus sérieuse et étayée que l’hypothèse « incroyable » de Robert Bauval ou de Robert Schoch. Elle est seulement tout à fait conforme (la thèse « Khéphren » n’étant qu’une variante) à l’enseignement officiel de l’histoire de l’humanité matraqué dans les médias. Par contre, pour le défenseur de l’origine « antédiluvienne » du Sphinx (et de la Grande Pyramide), l’identification possible du visage du Sphinx à celui de Khéops ne constitue pas une preuve du caractère erroné de la très grande ancienneté du monument car on peut fort bien concevoir que le visage de celui-ci ait été, à l’époque de Djedefrê, modifié afin de lui donner l’apparence du visage de Khéops. Ce qui serait aussi tout à fait compatible avec l’idée que ce dernier s’est approprié la Grande Pyramide qui existait avant son époque…

On notera une chose intéressante. Intégré au complexe funéraire de Khéphren, le Sphinx n’est pas aligné avec l’axe de sa pyramide, « comme s’il n’en faisait pas partie à l’origine »… Une photo montre le Sphinx tel qu’il se présentait aux yeux des Egyptiens de l’Antiquité pénétrant à Gîza : « c’est bien à la pyramide de Khéops qu’il semble associé ». Cet élément, qui semble ruiner l’association Sphinx/Khéphren, est aussi intéressant, en fait, dans la perspective d’une grande ancienneté des deux monuments : Sphinx et Grande Pyramide, les autres monuments (dont celui de Khéphren) étant bien postérieurs. edgar-cayce-2Rappelons, à ce sujet, que, pour Edgar Cayce (décédé en 1945), le Sphinx a été construit avant la Grande Pyramide, la date de construction de cette dernière étant, selon ce clairvoyant, celle-ci : entre 10.490 et 10.390 avant J.-C. C’est « Arsrha » qui aurait été le constructeur du Sphinx, lequel serait le portrait d’« Asriario », conseiller du roi.

 

3. Des polémiques :

A propos de la Grande Pyramide, on notera que les chroniqueurs arabes du Moyen Âge voyaient dans celle-ci un « temple dédié aux étoiles », qu’ils associaient souvent au « Déluge » biblique, lequel était daté des alentours de 10.300 avant J.-C. (11)

Les conclusions auxquelles sont parvenus Robert Bauval et Graham Hancock sont les suivantes :

– Le Sphinx, les trois grandes pyramides, les chaussées et les monuments annexes de la nécropole de Gizeh « sont autant d’éléments d’un immense diagramme astronomique », celui-ci représentant les cieux de Gizeh en 10.500 avant J.-C.

– Le Sphinx porte des marques d’érosion indiquant qu’il a été sculpté avant la désertification du Sahara.

– Les anciens Egyptiens attribuaient leur civilisation aux « dieux » et aux « Suivants d’Horus », l’arrivée de ces êtres dans la vallée du Nil étant réputée s’être produite lors du « Zep Tepi » ou « Premier Temps ». Ce « Premier Temps » est décrit comme appartenant à un lointain passé, à une époque antérieure de plusieurs millénaires à celle des pharaons. (12)

isis4Comme on s’en doute, on a contesté la validité des conclusions ci-dessus en rapport avec la Grande Pyramide et le Sphinx. Selon Ian Lawton, Chris Ogilvie-Herald et Anthony Fairall, il n’existe pas de corrélation astronomique entre Gizeh et le Baudrier d’Orion, et l’égyptologue David Rohl reproche à Robert Bauval et Graham Hancock de s’accrocher, envers et contre tout, à cette date de 10.500 avant J.-C. Robin Cook relève une conjonction entre le Baudrier d’Orion et les pyramides de Gizeh, non pas en 10.450 avant J.-C., mais en 2450 avant J.-C., une autre conjonction de même nature ayant cependant eu lieu en 12.000 avant notre ère. L’archéo-astronome E. C. Krupp soutient que si l’on doit assimiler « Horakhti » (le Sphinx) à la constellation du Lion, on doit s’attendre à ce que le monument soit « sur la rive du Nil opposée à celle sur laquelle il se dresse »… Selon les journalistes Lynn Picknett et Clive Prince, l’insistance de Robert Bauval et Graham Hancock à propos de la date de 10.500 avant J.-C. « ne repose sur rien de solide ». L’égyptologue Mark Lehner, qui défendait, dans un livre paru en 1974, les thèses du médium américain Edgar Cayce (décédé en 1945) et de ses disciples, a révisé depuis sa position et critique maintenant « l’archéologie New Age, fondée sur des révélations ». Mark Lehner avait été pourtant incité, par un fils d’Edgar Cayce (Hugh Lynn Cayce), à suivre une formation d’égyptologue. Plus étonnant, Zaï Hawass, l’ennemi juré des « fanas des pyramides » (sic), qui est responsable des monuments de Gizeh, est proche de l’A. R. E., l’association qui promeut les enseignements d’Edgar Cayce (qui affirmait que la Grande Pyramide avait été construite entre 10.490 et 10.390 avant J.-C.) !! (13)

Le lecteur désireux de connaître les théories relatives à la construction de la Grande Pyramide pourra se référer, par exemple, aux numéros de décembre 2001, janvier 2002 et octobre 2002 de « Science et vie ». On constatera que les archéologues, égyptologues et architectes, pas vraiment d’accord entre eux, en sont réduits aux hypothèses, y compris celle des « fausses pierres » ! Un architecte français, Jean-Pierre Houdin, pense (ou s’imagine) avoir trouvé le secret de construction. (Voir plus haut.) Will Hart fait ce commentaire :

« Est-il vraisemblable qu’un scientifique hautement qualifié puisse croire que 2.300.000 tonnes de pierres, dont certaines pèsent 70 tonnes pièce, puissent avoir été déplacées et élevées par des méthodes primitives ?

(…) Les égyptologues n’ont rien fait d’autre que de réfuter, par des méthodes sournoises, les théories alternatives.

(…) Leurs motivations sont transparentes. Si l’on peut prouver que ce ne sont pas les Egyptiens qui ont construit la grande pyramide 2.500 ans av. J.-C. avec des méthodes primitives, ou que la date du Sphinx peut être reculée à 9.000 ans av. J.-C., alors tout un château de cartes s’écroule. La thèse officielle de l’évolution culturelle est fondée sur une chronologie de civilisation dont l’origine ne remonte pas au-delà de Sumer, 4.000 ans av. J.-C. La théorie ne permet pas d’envisager qu’une civilisation avancée ait pu exister avant cette époque. Fin de la discussion. Faute d’une date fixe comme point de référence, l’archéologie et l’histoire perdent leur sens.

L’enjeu s’aggrave encore du fait que l’évolution culturelle a été liée à la théorie générale darwinienne de l’évolution. Cela explique-t-il que des faits, des anomalies et des énigmes soient déniés, cachés et/ou ignorés ? Certainement. Les sciences biologiques aujourd’hui sont fondées sur le darwinisme. » (14)

Les sources auxquelles je me réfère, pour défendre l’origine multi-millénaire de la Grande Pyramide et du Sphinx (vers 10.000 avant J.-C.), impliquent l’absence d’adhésion au scénario de l’histoire de l’humanité imposé par les représentants de la science officielle et par les grands médias : évolution à partir du règne animal, conception linéaire – et non cyclique – de l’histoire de l’humanité, etc. Ces sources posent, évidemment, le problème des rapports entre créationnisme et évolutionnisme.

Voici ce qu’a écrit Charles Berlitz (dont la conception de l’Atlantide est comparable à la mienne) :

« Les calendriers hindous, égyptiens et babyloniens débutent ou commencent un nouveau cycle vers 11.500 – 11.000 avant J.-C., une date assez proche de celle donnée par Platon pour la fin de l’Atlantide, soit 9000 avant son temps. Ces dates correspondent également à la fonte des derniers glaciers, ainsi qu’à la pénétration des eaux chaudes de l’Atlantique dans la partie nordique de l’océan – comme si une barrière de terre, qui empêchait autrefois un courant chaud venant du sud de remonter jusqu’au nord, avait disparu.

Selon les historiens égyptiens, le Règne des Dieux légendaire – ceux qui régirent le pays avant la période protodynastique – commença il y a 10.000 ans. » (15)

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  Les annales et traditions des premiers temps de l’Egypte pharaonique évoquent une époque pendant laquelle les dieux auraient régné sur la Terre : le « Premier Temps«  ou « Zep Tepi ». Durant cet « âge d’or », les eaux des abysses avaient reflué… Les Egyptiens évoquaient les dieux, les « Neterou », et les « Ourshou » (« les Gardiens »), une catégorie de divinités inférieures intermédiaires entre les dieux et les hommes. Comme la Pierre de Palerme (qui daterait du vingt-cinquième siècle avant J.-C.) et le Papyrus de Turin (qui daterait du treizième siècle avant J.-C.), l’Histoire du prêtre hiéropolitain Manéthon évoque l’époque lointaine où les dieux régnaient sur la vallée du Nil. Le texte de Manéthon (troisième siècle avant J.-C.) ne nous est parvenu que sous forme de fragments conservés dans les écrits de Flavius Josèphe (60 après J.-C.), d’Africanus (300), d’Eusèbe (340) et de Syncellus (800). Les égyptologues ne retiennent de Manéthon que les fragments relatifs à la période historique (dynastique) et rejettent le reste ! Grosse erreur… Pendant 13.900 ans, selon le texte de Manéthon, les « dieux » (, Osiris, Isis, Horus, Set, etc.) régnèrent en Egypte. Sont évoqués ensuite les « demi-dieux », des lignées de rois, et le règne des « Esprits des Morts ». Ainsi, si l’on en croit Manéthon, les souverains ayant précédé les « rois mortels » de l’Egypte auraient régné pendant pas moins de 24.925 ans… Manéthon semble donc nous dire que des êtres civilisés étaient présents en Egypte pendant une très longue période avant la Première Dynastie vers 3100 avant J.-C. (16)

Albert Slosman a émis, quant à lui, l’hypothèse que le mot « Egypte » proviendrait d’une déformation de « AHA-KA-PTAH » (« le deuxième cœur de Dieu »), « AHA-MEN-PTAH » (le « cœur aîné de Dieu ») étant l’origine présumée du terme « Atlantide ». (17)

 

4. Salle des Archives et ville souterraine :

edgar-cayce2Le clairvoyant américain Edgar Cayce, décédé en janvier 1945, a évoqué l’existence d’une Salle des inscriptions ou Salle des archives, une pièce qui se trouverait entre le Nil et le Sphinx, « auquel elle serait reliée par un tunnel débouchant dans la patte avant droite de l’animal ».

Dans les années 1920, le médium britannique H. C. Randall-Stevens avait évoqué des passages creusés sous le Sphinx, celui-ci surmontant une salle « qui communique avec les pyramides par un réseau de souterrains ». Il mentionna un temple enseveli à l’arrière du Sphinx, « relié à d’autres pièces et à un grand temple ou à une grande chambre sous la Grande Pyramide ». Randall-Stevens disait avoir obtenu ces renseignements de survivants de l’Atlantide réfugiés en Egypte, sous la conduite d’un astronome appelé « Mizrahiml ».

Harvey Spencer Lewis, le fondateur de l’Ordre Rosicrucien AMORC – l’une des expressions de la Rose-Croix contemporaine -, faisait aussi référence à l’existence d’un réseau de tunnels et de salles sous la nécropole de Gizeh, reliant le Sphinx aux trois pyramides. Le schéma des pièces et passages souterrains figurant dans les documents rosicruciens ressemble à celui donné par Randall-Stevens.

salle-archiveAu dix-neuvième siècle, déjà, des égyptologues pensaient qu’il existait plusieurs salles sous le Sphinx. En 1926, l’égyptologue français Emile Baraize découvrit un tunnel auquel on accède par la croupe du Sphinx, qu’il explorera avant d’en condamner l’entrée. Diverses tentatives ont été faites pour découvrir des salles souterraines sous la Grande Pyramide ou sous le Sphinx : Luis Alvarez (Grande Pyramide, 1968), Lambert Dolphin et le Stanford Research Institute (1973, salles sous le Sphinx), Thomas Dobecki (dans les années 1990, salles sous le Sphinx ; on détecta, avec un sismographe, la présence d’une sorte de grotte mesurant 9 mètres sur 12, à quelque 5 mètres de profondeur, sous les pattes du Sphinx), équipe de Joseph Schor (1995, recherche de la Salle des inscriptions), Nigel Appleby et l’opération Hermès (organisée par l’armée britannique), laquelle n’eut finalement pas lieu…

Passons sur les oppositions, réconciliations, etc., des tenants de la « nouvelle école de pensée égyptologique », détaillées par Lynn Picknett et Clive Prince. Ces derniers notent que Robert Bauval et Graham Hancock semblent chercher à exercer un monopole « sur cette nouvelle orthodoxie »… Il y a aussi les rumeurs. Un journaliste politique égyptien a ainsi déclaré que l’on avait découvert des pièces sous le Sphinx, avec notamment des textes évoquant la venue céleste d’Aton et celle de lointains ancêtres ayant construit les pyramides. James Hurtak, lui, évoqua une prétendue ville souterraine sillonnée de canaux, renfermant des temples et des salles immenses. Signalons enfin qu’en août 1999, Zaï Hawass a accordé à la Fondation Schor et à l’Université de Floride l’autorisation de reprendre les recherches relatives à la Salle des inscriptions. (18)

giza_plateauDes témoignages historiques ou contemporains suggèrent la présence, sous le plateau de Guizèh et l’ancienne cité du Caire, d’un enchevêtrement de passages, conduits, salles, cavernes naturelles, lacs, sans oublier une grande cité, le tout renfermant des artefacts sophistiqués qui révèleraient un très haut degré de technicité. Veuillez consulter, à ce propos, l’article de Tony Bushby paru dans le n° 33 (juillet/août 2004) de la revue « Nexus ». (19).

Sur le site www.erenouvelle.com, on lisait une affirmation de Gary Smith selon lequel un groupe de recherche égyptien, dirigé par un homme de 63 ans, a accédé au Hall des Archives (relatif à l’Atlantide) sur le plateau de Gizeh. Cet homme aurait reçu la permission, en 2002, d’accéder aux niveaux externes du Hall des Archives. Ce groupe de 46 personnes aurait enfin pu accéder, fin août 2003, au Hall proprement dit. On trouverait, dans ce Hall, une incroyable base de données incluant l’histoire de la Création, l’histoire de l’humanité terrestre, « les principes pour guérir son Ka ou Corps de Lumière, les principes pour guérir son corps physique », les détails relatifs à la séparation du corps et de l’âme au moment de la mort (ainsi que sur la vie après la mort), etc. Cette extraordinaire nouvelle correspond-elle à la réalité ? Et si oui, où sont les preuves ? Le fait que les preuves n’aient pas été divulguées jette une grande ombre sur ce type de « révélation ».

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A noter :

Je me suis référé, dans ce texte, à l’ensemble des sources qui contestent notamment la datation donnée, dans les manuels scolaires et les grands médias, à la Grande Pyramide et au Sphinx.

Je vous conseille, à titre complémentaire, les textes d’Antoine Gigal (pseudonyme d’une égyptologue, contrairement à ce que le prénom laisse croire). Ils ont été publiés dans divers numéros de la revue « Top secret » et ont également été rassemblés dans deux « Hors Série » (dont le numéro 4 paru en 2007) de cette revue. Il s’agit de : « Les chroniques des secrets de Giza ». Quelques articles d’Antoine Gigal ont aussi été publiés dans la revue « Sacrée planète ».

 

* Stéphanie Martin et Philippe Lheureux :

Suite à une vision de Stéphanie Martin décrite dans le livre « Petit manuel de dépannage spirituel » (JMG éditions, 2006), Philippe Lheureux, technicien de bureau d’études en plomberie, à voulu vérifier les dires de sa meilleure amie.

« En discutant avec moi de psychologie, Stéphanie prend dans sa main une petite pyramide de Chéops qui se trouvait sur une étagère. Tout à coup, sans aucun rapport avec la conversation en cours, elle s’exclame : ‘C’est bizarre, je ressens comme un mécanisme qui fonctionne avec de l’eau dans cette pyramide, je ne sais pas ce que c’est, mais toi qui est technicien en plomberie tu devrais pouvoir me le dire.’ Voilà comment mes recherches techniques sur la pyramide ont commencé, et elle ne se trompait pas. » (P. Lheureux)

D’après Philippe Lheureux, il y a bien un mécanisme à pression hydraulique au sein de cette pyramide. Son étude est visible, vidéos à l’appui, sur le site http://autospeed.celeonet.fr/khufu et dans le livre : « Le mécanisme d’ouverture de la pyramide de Chéops ».

Et si toutes les parties connues de la grande pyramide de Chéops étaient en fait autre chose qu’un tombeau ? Au terme d’une enquête reprenant point par point toutes les anomalies architecturales constatées, les auteurs démontrent que celles-ci s’expliquent parfaitement dans le cadre d’un mécanisme d’ouverture, déclenché par la mise en eau d’une cuve étanche en granite prise à tort pour la chambre du roi.

« Que se serait-il vraiment passé si les hommes, au lieu d’avoir pénétré par effraction dans cette pyramide, avaient simplement eu l’idée de la remplir d’eau à l’aide d’un des conduits dit ‘de ventilation’ débouchant en façade ? Une théorie très difficile à prendre en défaut et qui, si elle se vérifie ‘in situ’, aura un retentissement mondial encore plus important que la découverte du tombeau de Toutankhamon. » (P. Lheureux)

Si le mécanisme décrit par Philippe Lheureux existe vraiment, alors c’est la preuve qu’il existe bien une ou plusieurs salles inviolées situées dans le tiers supérieur de la pyramide de Chéops. Son étude apporte donc de l’eau au moulin de George Hunt Williamson qui situait au même endroit les salles les plus importantes. Une différence de taille cependant : maintenant, grâce au livre de Philippe Lheureux, on sait comment y accéder.

Pour les développements de la pensée de l’auteur, veuillez vous reporter au site de ce dernier : http://autospeed.celeonet.fr/khufu

Sur ce site sont aussi présentés les livres de Philippe Lheureux :

« Le mécanisme secret de la Grande Pyramide d’Egypte » (avec Stéphanie Martin), aux éditions Le Temps Présent, 2008.

« Le mécanisme d’ouverture de la pyramide de Khéops » (2009), livre uniquement disponible sur Internet.

Alain Moreau

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Références :

2. Robert Bauval et Graham Hancock, « Le mystère du grand Sphinx », éditions du Rocher, 1999, p. 34, 117-123 ; Graham Hancock, « L’empreinte des dieux », éd. Pygmalion, 1996, p. 291-293.

3. J. Douglas Kenyon, « Histoires interdites », éditions Cristal, 2006, p. 239.

4. Robert Bauval et Graham Hancock, op. cit., p. 213-215, 222-225, 274-275.

5. Graham Hancock, « L’empreinte des dieux », op. cit., p. 336.

6. Robert Bauval et Graham Hancock, op. cit., p. 91.

7. Contribution de Marshall Payn dans le livre de J. Douglas Kenyon, « Histoires interdites », op. cit., p. 190, 193, 231-232.

8. Robert Bauval et Graham Hancock, op. cit., p. 16-33.

9. Will Hart, « Nexus », n° 21, juillet/août 2002, p. 54.

10. Robert Bauval et Graham Hancock, op. cit., p. 292-293.

11. Ibid., p. 268.

12. Ibid., p. 298.

13. Lynn Picknett et Clive Prince, « La porte des étoiles », éditions du Rocher, 2001, p. 356, 60-69, 74-75, 360.

14. Will Hart, op. cit., p. 54.

15. Charles Berlitz, « L’Atlantide retrouvée », éditions du Rocher, 1984, p. 155.

16. Graham Hancock, « L’empreinte des dieux », op. cit., p. 357-361.

17. Patrick Drouot, « Nous sommes immortels », éditions Garancière, 1987, p. 101-102.

18. Lynn Picknett et Cleve Prince, op. cit., p. 70, 80-83, 94-113, 361-363.

19. Tony Bushby, « Nexus », n° 33, juillet/août 2004, p. 50-58.

 

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