Des OVNIs dans l’art ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il existe des peintures, remontant à plusieurs siècles, qui montrent notamment des scènes bibliques où sont présents des « objets » pouvant s’apparenter à des OVNIs. Ainsi :

• Un « OVNI » apparaît sur un tableau du quinzième siècle du peintre italien Carlo Crivelli (1430-1495). Un rayon de lumière émanant de cet « OVNI » vient toucher la Vierge en prière. Sur un autre tableau du quinzième siècle, attribué à Filippo Lippi ou à son école, on voit un « OVNI » au-dessus de l’épaule de la Vierge.

• Sur un tableau de Masolino Da Panicale (1383-1440), Jésus se trouve dans une sorte de « vaisseau-mère » à l’horizontale, d’où sortent une quinzaine de représentations pouvant être identifiées à des « OVNIs ». Et sur un autre tableau datant de 1600, « La glorification de l’Eucharistie », Bonaventura Salimbeni a représenté Jésus sur un petit nuage avec ce qui s’apparente à un satellite artificiel (avec un bouton et deux antennes) !

• Deux images du dix-huitième siècle (1710) semblent représenter un « OVNI » : sur l’une, un personnage regarde, avec une longue-vue, l’engin présumé. Sur la seconde, qui représente le ‘‘baptême du Christ’’ d’Art De Gelder (1645-1727), un « OVNI » (qui envoie des rayons de lumière) fait office de colombe. (1)

Peut-on parler ici d’une confirmation inattendue du lien existant entre certaines manifestations religieuses et les OVNIs ? Ces artistes ont-il été « inspirés » dans leurs œuvres, le but recherché étant la mise en évidence ultérieure du lien existant entre certaines manifestations religieuses et les « futurs » OVNIs ? Comme nous allons le voir, la réponse à ces deux questions est négative.

 

1. L’étude de Diego Cuoghi :

En effet, Diego Cuoghi a montré qu’il existait une explication plus prosaïque à ces représentations religieuses censées montrer des engins extraterrestres. Les objets représentés sur les tableaux ne sont en réalité que des symboles religieux très communs, « un code en vigueur dans les oeuvres de la Renaissance que les historiens de l’art connaissent bien ».

Diego Cuoghi a étudié plusieurs ouvrages de référence sur l’histoire de l’art : « Dictionnaire des sujets et des symboles dans l’art » (James Hall), « Le manuel des symboles dans l’art » (Maurizio Chelli), « Histoire des Anges » (Marco Bussagli)… (2)

Cette étude faite, il s’avère que ce ne sont pas des OVNIs qui sont représentés sur les tableaux mentionnés ci-dessus.

J’ai moi-même brièvement évoqué ces présumés OVNIs dans l’art, dans un numéro de « Le monde de l’inconnu » et dans un numéro de « Top secret ». Mais l’analyse de Diego Cuoghi m’a fait prendre conscience qu’il s’agissait en fait de fausses « soucoupes volantes »…

Voici ce qu’écrit Diego Cuoghi (traduction : Pascal Pediroda) sur le site http://www.sprezzatura.it/Arte/Arte_UFO_fr.htm :

« Dans ces pages, j’examinerai une série ‘d’objets volants’ qui selon certains se trouveraient représentés dans des oeuvres d’art antique. Dans beaucoup de livres, mais aussi et surtout dans les sections de ‘paléoastronautique’ ou ‘clipéologie’ de beaucoup de sites web, ces peintures sont apportées comme preuves de visions d’OVNIs dans le passé. Cependant, après un examen attentif, ces oeuvres d’art se révèlent similaires à beaucoup d’autres, c’est-à-dire non incongrues par rapport à la tradition. En ultime analyse, les ‘objets volants’ ressortent comme facilement identifiables à l’intérieur de l’iconographie chrétienne médiévale et de la Renaissance.

Ci-dessous, quelques-uns des nombreux sites web dans lesquels on trouve ce genre de contenu :

http://66.197.160.136/xt/archeo/affreschi.htmlhttp://digilander.libero.it/mysterica/Ufocrivelli.htm http://www.ufoartwork.com/http://www.geocities.com/jilaens/renai.htmhttp://www.crystalinks.com/ufohistory.html – – – http://www.etcontact.net/AncientAstronauts.htm – – http://www.marsearthconnection.com/ancientart.htmlhttp://www.bibleufo.com/anapaint1.htmhttp://www.igap.dk/bibelske.htm – – http://www.conspiration.cc/sujets/ovni/ovnisdessciecles.htm – http://secretebase.free.fr/ovni/art/art.htm – http://perso.club-internet.fr/gegecast/ovnisite/histoire/histoire.html –

En gros, les images publiées sont toujours les mêmes ; si une nouvelle figure est insérée dans un des sites, on peut être sûr qu’on la verra apparaître rapidement sur les autres et souvent avec les mêmes commentaires.

La première impression, en visitant ces sites, est que la méthode suivie par ces ‘chercheurs d’OVNI’ est vraiment très simple et qu’elle ne nécessite pas la plus infime connaissance en histoire de l’art. Il suffit de prendre un livre avec des reproductions d’art, si possible avec des oeuvres antérieures au XVIIème siècle, et commencer à rechercher dans tous ces cadres des particularités étranges, surtout de forme lenticulaire, ou bien sous forme de ‘disque volant’. De cette manière, il n’est pas difficile de trouver des éléments qui à première vue apparaissent bizarres, et on peut déclarer que cet objet incongru par rapport à l’environnement ou à l’époque de l’oeuvre d’art est du coup sûrement ‘alien’ ou ‘non identifié’.

Aucun des auteurs de ces pages web se préoccupe de s’informer sur la signification symbolique possible de ces éléments étranges dans l’art de cette période. Ainsi, ils les prennent pour des représentations réalistes d’objets volants non identifiés vus en vrai. Comme si un auteur italien de 1400, ou un peintre anonyme d’icônes byzantines, avait vraiment pu insérer dans une peinture à sujet religieux quelque chose de non ‘canonique’ et de codifié. Qui choisissait les sujets et en contrôlait de façon pointilleuse l’exécution était en effet celui qui les commandait (dans ce cas, les institutions religieuses) qui n’aurait jamais permis à l’auteur de représenter autre chose que ce qui avait été préalablement concordé par des contrats précis, surtout dans le cas de sujets sacrés qui devaient respecter des règles et dogmes bien définis.

Qui soutient ces théories sur les OVNI dans l’art s’imagine probablement cette époque comme mystérieuse et lointaine, et voit les peintures comme uniques témoignages cryptiques des expériences ou de l’imagination personnelle des artistes, libres de s’exprimer comme bon leur semblait. Il existe pourtant des archives historiques pleines de documents bien connus, de la main même de ces peintres ou sculpteurs et leurs commanditaires : lettres, agendas, factures, inventaires, contrats, suppliques, sommations, compte-rendus de voyages, note de frais… et ce sont ces documents qui témoignent de quoi et comment était peint et pour qui. Et parmi les motifs, il n’y avait sûrement pas les problèmes existentiels ou les expériences concrètes de la vie que nous sommes habitués à imaginer aujourd’hui comme source ‘d’inspiration’ des artistes.

Dans ces pages, je listerai certaines de ces oeuvres d’art traitées sur de multiples sites web italiens et étrangers, et je chercherai à expliquer de façon simple quels sont les sujets réels et leur signification. Ces pages ont été réalisées avec le but de donner une réponse délibérée à ces sites web qui publient de façon superficielle des images d’art antique et des commentaires comme s’il s’agissait de figurines qui s’échangent, en les recyclant et en les copiant sans faire aucun approfondissement ni aucune vérification. »

Il analyse ensuite les diverses œuvres d’art qui sont censées représenter des OVNIs. Je donne comme premier exemple « L’Annonciation » de Carlo Crivelli :

« Les auteurs de certains sites sur les OVNI s’étonnent devant cette Annonciation de Carlo Crivelli. Ils trouvent étrange que dans une Annonciation il y ait un rayon qui descende du ciel et va toucher la Vierge, et ils soutiennent que ce rayon part d’un objet volant non identifié de forme discoïdale qui se trouve dans les nuages. Toutes les reproductions du détail du cercle de nuages dans le ciel sont horribles, floues, indéchiffrables. Personne ne semble avoir cherché une reproduction meilleure, ils s’échangent simplement toujours celle-ci :

Je rapporte le commentaire, dans ce cas assez modéré, de Edicolaweb :Peinture de Carlo Crivelli, connue en tant que ‘Annonciation’, exposée dans la Galerie Nationale de Londres. Dans le ciel de l’œuvre, stationne un grand disque brillant, duquel descend un rayon de lumière qui arrive jusqu’à une couronne posée sur la tête de Marie.

Mais dans un autre commentaire, extrait d’un autre site web intitulé Gli UFO del Crivelli, on affirme sans retenue que l’objet dans le ciel ressemblerait à un OVNI aperçu dans la région de Venise en 1999 : Ce qui a attiré notre curiosité est la particularité du corps nuageux : il apparaît comme quasi solide, avec une structure circulaire et vraiment différente des nuages autour. Il pourrait s’agir seulement du cercle solaire (émanation directe de l’énergie divine) ou plutôt d’un objet vu réellement par Crivelli et qu’il a ainsi représenté. Comme preuve de cette seconde hypothèse, c’est vraiment l’aspect solide de l’objet, qui n’est pas une entité abstraite ; de plus, on peut reconnaître la ressemblance du ‘nuage’ avec un OVNI récemment aperçu en janvier 1999 dans le Vénète. Au lecteur de juger.

Est-il possible que celui qui publie ces choses ne soit jamais entré dans un musée, même par erreur, et encore moins en voyage scolaire ? Cela doit vraiment être ça, sinon il se serait rendu compte de la quantité d’Annonciations dans lesquelles un rayon descend du ciel pour frapper la Vierge. Et si ensuite il avait aussi regardé avec attention la peinture de Crivelli, il se serait aperçu que l’objet dans le ciel est formé d’un cercle de nuages à l’intérieur duquel on peut trouver des cercles de petits anges.

Il s’agit d’une représentation très commune de la divinité, visible dans une multitude d’œuvres d’art sacré, par exemple cette Annonciation de Luca Signorelli :

Ici nous voyons la coupole du Dôme de Parme avec les fresques de Correggio, et une Vierge à l’Enfant de Lorenzo Lotto :

Même Gustave Doré, à la moitié du XVIIIème, reprend le thème du tourbillon d’anges entre les nuages, dans cette illustration pour le chant XXXI du Paradis de Dante :


regarde les cercles jusqu’au plus éloigné,
jusqu’à ce que tu voies siéger la reine
dont ce royaume est sujet dévot ».

Voici quelques Annonciations avec le cercle de nuages, les anges et les rayons :

Ici, une série d’Annonciations byzantines avec des rayons qui sortent du ciel, en partant d’une forme abstraite que représente la divinité :


Conclusion :

Dans la peinture de Carlo Crivelli intitulée ‘L’Annonciation’, il n’y a pas d’OVNI. Le rayon qui atteint la Vierge qui écoute les paroles de l’Ange part de deux cercles de petits anges à l’intérieur d’un cercle de nuages. Ce type de représentation de la Grâce de Dieu comparait dans une multitude d’autres oeuvres d’art médiéval et de la Renaissance, mais surtout dans la majorité des Annonciations et des Baptêmes du Christ. »

Voici un autre exemple, « Exaltation de l’Eucharistie » (part. de la Trinité),de Ventura Salimbeni, Eglise de Saint Pierre, Montalcino :


« Nous voilà finalement arrivés au tant discuté UFO o « Sputnik » de Montalcino. C’est comme ça en effet que cet objet, représenté dans l’église de Saint Pierre à Montalcino, est souvent nommé sur les sites qui traitent des OVNI. Par exemple, dans la page de Edicolaweb on trouve qu’il ‘rappelle justement les satellites artificiels russes’. Dans ce cas, il faut dire que ces hypothèses ont perdu récemment du terrain, surtout après la publication de l’article de Samuele Ghilardi, Amos Migliavacca et Elenio Salmistraro, intitulé ‘IL SATELLITE DI MONTALCINO’.

Les auteurs décrivent comment a été analysée la peinture avec des photos à faible distance et comment leurs conclusions sont en droite ligne avec ce qu’avait affirmé Ion Hobana : ‘Il est intéressant de présenter l’interprétation de l’ufologue roumain Ion Hobana, grand expert de clipéologie et auteur de l’excellent volume ‘Enigme pe cerul istoriei’, selon lequel l’objet serait une mappemonde antique, représentant la Création, dans laquelle on voit le Soleil et une forme primitive de tracé des méridiens et parallèles ; de plus, le petit cylindre serait l’axe pour pouvoir fixer la sphère à un support. Un exemple de l’ensemble se trouve dans une salle du Vatican. A partir des analyses effectuées sur les photographies et sur la toile originale, on ne peut trouver objectivement des éléments qui fassent supposer à un événement lié aux OVNI, puisqu’on a trouvé beaucoup de points en commun avec les représentations religieuses greco-orthodoxes. Dans de nombreuses icônes provenant des Pays de l’Est, il est possible de noter des sphères avec les mêmes symboles et traits, accompagnés soit du visage du Christ seul, soit de toute la Trinité.’

En effet, même cette peinture n’est pas très différente de beaucoup d’autres du même type dans lesquelles est représentée la Trinité. Dans toutes ces toiles, nous voyons Jésus, Dieu le Père et l’Esprit Saint sous forme de colombe. Il y a presque toujours le ‘Globe de Création’ ou ‘Sphère Céleste’, qui ne représente pas en particulier la Terre, mais l’Univers entier. Et dans beaucoup de ces exemples apparaissent aussi les ‘bâtons’ dans la main de Jésus et de Dieu le Père, et qui pourtant sont souvent décrits comme étant les antennes du sputnik.

Une toile représentant La Trinité, la plus identique a celle de Montalcino, exposée à l’Eglise du Saint-Sépulcre de Jérusalem (photo de Marco Bianchini) :

Les deux exemples suivants sont ‘L’Adoration de la Sainte Trinité’ (1640), de Johann Heinrich Schonfeld, et La Messe de Fondation de l’ordre des Trinitaires (1666), de Juan Carreno De Miranda. Tous les deux sont exposés au Louvre :

Le détail qui apparaît comme le plus ‘étrange’ dans la sphère de la peinture de Montalcino est celui qui se trouve en bas, prêt des pieds de Jésus, et que certains définissent comme étant un ‘périscope’. L’ufologue roumain Ion Hobana trouve une ressemblance avec l’axe central utilisé pour certaines mappemondes, et il en cite une en particulier qui se trouverait au Vatican. Mais ce qui est peint n’est ni un périscope, ni un axe. On voit en effet clairement que sur la sphère (sur laquelle sont marqués les bords des ‘faces’ qui forment un T à l’envers, visibles également dans d’autres exemples) sont représentés le Soleil et la Lune, respectivement en haut au centre et en bas à gauche.

Si nous observons le globe, nous pouvons noter la face du Zodiaque, le Soleil, la Terre avec le cône d’ombre, et la Lune, beaucoup plus petite en bas.

Une autre représentation de la Sphère Céleste dans une peinture du début du XVème intitulée ‘Allégorie Chrétienne’ de Jan Provost, exposée au Louvre :

Voici une autre représentation, comme les autres, de la Sphaera Mundi, avec la Terre au centre de l’Univers, érigée de la main de Dieu :

Dans cette illustration, extraite de Minerva Britanna de Henry Peacham, au centre de la sphère se trouve l’Homme, et autour de lui tournent le Soleil, la Lune et les Etoiles :

Conclusion :

La sphère représentée parmi les personnages de la Trinité dans la peinture de Salimbeni intitulée ‘L’exaltation de l’Eucharistie’ n’est pas un OVNI. Cet objet, présent dans une multitude de toiles qui traitent du sujet de ‘La Trinité’, est le symbole de la Sphère Céleste, et en particulier dans ce cas il contient la représentation du Soleil et de la Lune. »

Diego Cuoghi démystifie aussi les autres représentations de pseudo OVNIs dans les œuvres d’art. Pour prendre connaissance de ces commentaires, je renvoie le lecteur ou la lectrice au site référencé plus haut. Ces autres représentations comprennent notamment les suivantes :

 

2. L’article de « Nexus » :

On trouve, dans le numéro de mai-juin 2011 de « Nexus », un article de J.-P. Delac sur ce lien présumé art/OVNIs :

Des OVNIs ont-il été représentés dans certaines œuvres picturales anciennes ?

L’iconographie et la sculpture montrent certaines représentations qui s’apparentent à des « soucoupes volantes ». Témoignent-elles de rencontres avec des OVNIs, ou s’agit-il plutôt d’éléments picturaux aisément reconnaissables pour peu que l’on possède des rudiments d’histoire de l’art ? Dans ce dernier cas, les prétendues « soucoupes » n’en sont pas et ne relèvent que de la symbolique sacrée, les figurations de celle-ci mimant étonnamment l’imagerie ufologique contemporaine.

« Le baptême du Christ » est est une œuvre du peintre Aert De Gelder (1645-1727). On y voit Jean-Baptiste et Jésus avec, haut dans le ciel, un grand disque. Au centre du disque d’où partent quatre rayons qui illuminent la scène du baptême, on distingue un point blanc. En fait, ce point lumineux central est une colombe stylisée comme il y en a de nombreux exemples dans l’art chrétien. Pour contourner la difficulté de la représentation de Dieu, les peintres ont évoqué « le Saint-Esprit » descendant « sous une forme corporelle, comme une colombe » (Luc, 3.21-22).

Un autre cas est celui du Christ en croix de la cathédrale Svetitskhoveli de Mtskheta, dans les montagnes du Caucase géorgien. On distingue, à droite et à gauche du Christ en croix, un objet en mouvement ou produisant des flammes. Or, la représentation des corps célestes a toujours stimulé l’imagination des artistes :

« Héritage des arts grec et perse, le Soleil et la Lune sont très souvent représentés de manière anthropomorphe dans l’iconographie chrétienne : homme et femme assis dans une sphère suspendue dans le ciel, visages complets ou stylisés sont courants, souvent de deux couleurs différentes (rouge ou jaune pour l’un, argenté ou bleu pâle pour l’autre, etc.) ; la stylisation est allée jusqu’au schéma d’un simple demi-cercle. Parce que célestes et en mouvement, ces demi-cercles ou ces cercles étaient alors agrémentés de flammèches ondulantes ou droites, donnant un dessin ressemblant à une méduse ou au fameux satellite Spoutnik. Ainsi, les deux ‘objets’ du Christ de la cathédrale géorgienne ne seraient que nos deux astres du jour et de la nuit, comme on en voit des dizaines d’exemples partout dans le monde chrétien. » (J.-P. Delac)

 

– Pas d’alien égyptien :

La tombe (mastaba D64) du vizir Ptah-Hotep, située dans la partie nord de Saqqara, représente ce qui pourrait s’apparenter à la tête d’un « alien » que l’on voit en contrebas d’une représentation du vizir auquel l’Egypte doit d’avoir (il y a 45 siècles) formulé par écrit la pensée traditionnelle (sociale, morale) dont il était porteur.

On voit des yeux globuleux en forme de goutte, un visage allongé… Mais les égyptologues et les historiens de l’art ont précisé que cette image est celle d’une partie de la grande scène du panneau central du mur ouest de la tombe. Devant le vizir, des offrandes sont déposées par divers personnages de haut rang, la prétendue tête « alien » n’étant en fait constituée que de deux grandes feuilles (les « yeux ») débordant d’un vase (le « visage ») à offrandes funéraires !

 

– Un cas inexpliqué :

Une gravure sur bois datée de 1565 évoque la « bataille de Nuremberg » d’avril 1561. Intitulée Phénomène céleste au-dessus de Nuremberg du 14 avril 1561, elle est déposée à la Bibliothèque centrale de Zurich (Suisse). Elle a appartenu à un théologien suisse contemporain des faits, Johann Jacob Wick, et elle était accompagnée d’un texte (dont on ne connaît pas l’auteur) relatant l’événement. Le graveur est Hans Glaser.

Le 14 avril 1561 au matin, plusieurs objets colorés, tubulaires ou sphériques, sont apparus dans le ciel de Nuremberg en Allemagne, et un autre objet, noir et en forme de flèche, est apparu à son tour, ce qui a déclenché ce qui s’est apparenté à une bataille.

Si on ne peut pas savoir ce qui s’est réellement passé ce jour-là à Nuremberg, il est sûr qu’il ne s’agissait pas d’un feu d’artifice et probablement pas d’une chute de météores. (3)

Alain Moreau

 

Références :

1. « Le monde de l’inconnu », n° 296, mars-avril 2002, p. 32-35.

2. « Des OVNIs dans l’art ? », in « Science et inexpliqué », n° 2, mars/avril 2008, p. 10-17.

3. J.-P. Delac, « Ovnis dans l’art : soucoupes ou symboles ? », in « Nexus », n° 74, mai-juin 2011, p. 90-93.

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