Les mythes et la mémoire foetale selon François Dor

foetus2Des spéculations fantaisistes, il n’en manque pas en relation avec certains sujets associés à « l’extraordinaire ».

Nous avons eu, par exemple, les délires de Jean Sider relatifs aux entités fluidiques et énergétiques trompeuses censées prendre des identités fallacieuses (« Esprits », extraterrestres, « fées », etc.) en adaptant leurs manifestations à l’univers conceptuel de l’époque concernée, le but étant de tromper les témoins… (Voyez, dans la rubrique « Présence extraterrestre », mes textes : « Critique de la théorie de Jean Sider ».)

Nous avons eu ensuite la thèse absurde de Jean Goupil (décédé en 2014) attribuant les phénomènes spirites, les apparitions, les hantises, les phénomènes mystiques, etc., à une intelligence extraterrestre artificielle…

Et puis, nous avons, aussi, les interprétations psychanalytiques de François Dor à propos de l’origine des « mythes », ces derniers étant attribués à des souvenirs de notre vie foetale !

C’est en me procurant le numéro 30, de novembre-décembre 2012, de « Science et inexpliqué », que j’ai eu connaissance de cette dernière « théorie ». (1) Voici ce qu’on lit en préambule :

« Cet article inspiré d’un ouvrage est une révolution. Imaginez que les mythes fondateurs de l’imaginaire humain – et auxquels certains accordent une origine bien réelle – soient ”autre chose”. Une chose à laquelle personne n’avait jamais songé jusqu’alors. Imaginez que l’Atlantide, le Jardin d’Eden, le Déluge, etc., soient une résurgence de notre mémoire foetale. Impensable ? Oubliez vos idées préconçues et lisez ce texte. Vous risquez d’en ressortir transformés. »

Cette présentation, qui est sûrement le fait de Nicolas Montigiani (le rédacteur en chef de la revue), appelle un commentaire approprié. Cet article est une révolution ? Une telle déclaration est absurde, comme est absurde cette autre déclaration, de la même veine, que l’on trouve dans le texte de présentation du livre référencé (« De l’ancien monde »), et selon laquelle cette « découverte » (sic) est aussi fondamentale que celles de Copernic ou de Darwin en leur temps, une découverte qui, ajoute-t-on, « est essentielle à la bonne marche de la civilisation ». (!?)

Ainsi donc, nous dit-on, le fœtus garde le souvenir de sa vie, de la conception jusqu’à la naissance, et l’humain exprime inconsciemment cette mémoire dans les récits mythologiques. Je veux bien croire qu’il y ait une mémoire fœtale, comme il y a, d’ailleurs, une mémoire cellulaire (voyez à ce sujet mon texte dans la rubrique “Spiritualité du troisième millénaire” : “A propos des doutes de Jean-Jacques Charbonnier sur la réincarnation”), mais de là à insinuer que cette mémoire soit exprimée dans les récits mythologiques, il y a un pas qu’il n’est pas sérieusement envisageable de franchir. Et pour ma part, loin de ressortir « transformé » par la lecture de l’article de “Science et inexpliqué”, j’ai en fait été abasourdi par l’absurdité de la thèse défendue…

F.DOR1

Ainsi donc, selon François Dor :

* Le serpent du Paradis figure le cordon ombilical !

* L’Arbre de vie, où se tient ce serpent, est le placenta !

* Le Déluge correspond à la chute prénatale des eaux amniotiques !

* L’Arche des légendes est la membrane qui accompagne le fœtus à la naissance !

* Les trois fils de Noé correspondent aux trois fonctions du placenta !

(Dans le texte, à la place d’Apollon, il y a écrit : Apollo ! Ne voilà-t-il pas que l’on saute directement à l’ère spatiale contemporaine… Donc, les missions Apollo n’ont pas existé ? Ah, voilà la « preuve », par la psychanalyse, que la théorie conspirationniste des « astronautes qui ne sont pas allés sur la Lune » est vraie, puisque tout cela, finalement, relève du fœtus et du placenta… )

François Dor, l’auteur de cette thèse, m’a envoyé à plusieurs reprises un email pour faire état de son mécontement par rapport au présent texte, me reprochant notamment de ne pas avoir lu son livre – je réponds que la présentation de sa “thèse”, dans “Science et inexpliqué”, a suffi à mon édification, tout en me citant quelques noms d’intellectuels (appartenant au sérail académique et médiatique) qui opinent dans le sens de sa thèse. Parmi ces intellectuels, il y a un linguiste bien connu (familer des plateaux télévisés, dont l’émission de Frédéric Taddéi). Pourtant, il m’est difficile de ne pas me mettre à “rire” à la lecture des propos rapportés dans “Science et inexpliqué”. De plus, il est par ailleurs écrit que la gestation de cet ouvrage a demandé vingt années. Vingt longues années pour mettre au monde ces spéculations psychanalytiques « nostradamiennes » (car on peut leur faire dire beaucoup de choses) ! C’est, on en conviendra, beaucoup plus long que le processus de gestation du fœtus. Avant cet ouvrage, lit-on aussi, la mythologie « nous restait aussi incompréhensible qu’une langue étrangère », mais l’approche des mythes par la mémoire foetale explicite ceux-ci. Il s’agit là d’une affirmation qui est, bien sûr, totalement erronée. Un caractère totalement erroné qui échappe complètement à des individus connus comme le linguiste Claude Hagège, le mythologue Joël Schmidt et le psychanalyste Willy Barral. Claude Hagège a ainsi écrit à l’auteur que l’originalité de son idée centrale, à savoir que la mythologie figure la mémoire foetale de l’embryogenèse, devrait lui valoir auprès des spécialistes de ces questions la réputation d’un chercheur de haut niveau. Joël Schmidt a déclaré qu’avec l’ouvrage de François Dor, la question posée semble enfin résolue : nous portons tous en nous, dès notre conception, le panel de toutes les mythologies, quelles que soient leurs origines. Et la démonstration est « si fournie, si argumentée, si convaincante, et relayée par un appareil de notes considérables, qu’elle me paraît fiable et crédible, et, pour le moment, incontestable », l’ouvrage étant, selon Joël Schmidt, révolutionnaire. Quant à Willy Barral, il dit qu’une grande majorité des mythes retrace certainement nos mémoires archaïques foetales et il applaudit « avec bonheur » (sic) François Dor pour sa « recherche exemplaire » faite « avec une rigueur intellectuelle peu commune » (sic)…

En fait, si ce genre d’élucubrations a la faveur de certains intellectuels, c’est simplement parce que tous sont d’abord intimement convaincus, à la base, que certains « mythes » n’ont aucun ancrage dans la réalité historique, comme il en va de même pour les archéologues et les préhistoriens dans leur ensemble. Incapables de concevoir la possibilité de l’existence, dans la prétendue « préhistoire », de civilisations (dont l’Atlantide) ayant été détruites à la suite de catastrophes d’ampleur planétaire (le Déluge), ils s’accrochent désespérément à toute théorie réductrice satisfaisant leurs a priori. La seule différence, ici, par rapport aux négateurs traditionnels, c’est la mise à contribution de la mémoire foetale archaïque.

Bien sûr, il existe, à propos de certains « mythes » évoqués par François Dor, d’autres grilles de lecture que celle faisant intervenir la mémoire foetale. Encore faut-il pouvoir s’ouvrir l’esprit à d’autres sources et à d’autres conceptions que celles qui sont privilégiées par ceux qui mettent en avant des considérations réductionnistes qui, si elles satisfont leur univers mental ou conceptuel, sont néanmoins loin de refléter la réalité.

 

1. Le serpent de la Genèse :

Le serpent incarnerait une réminiscence du cordon ombilical nourricier. François Dor observe que « ce serpent primordial représente l’éternel renouvellement ; il régénère à l’intérieur de ses anneaux tout ce qui est périssable et vieilli : c’est justement la fonction du cordon ». Les contes khmers attestent que les serpents sont nés du ventre d’une femme.

statues-des-Nâgas« En Inde, les statues des Nâgas sont toujours placées sous un arbre (le placenta). Les femmes sans enfants viennent prier ces divinités-serpents avant de faire le tour de l’arbre pour mettre fin à leur stérilité. Une image courante est celle de Krishna dans l’arbre de vie, le pied posé sur un grand serpent (…). Selon les Dayak de Bornéo, la terre, domaine des hommes, repose sur l’eau qui fut le milieu primordial : au-dessus le ciel, au-dessous le monde inférieur, domaine de Djata, qui est figuré tantôt par le grand serpent d’eau, tantôt par le buceros, qui est le calao à gros bec cornu. De ces dualités naît l’arbre de vie qui lie entre eux le monde supérieur et le monde inférieur, en passant par la terre ; de leurs luttes, viendront les cataclysmes ; si le serpent d’eau s’agite dans le monde inférieur, il provoque un tremblement de terre. Le déluge dayak ne sera qu’une forme de ces mouvements. » (F. Dor)

Dans l’Egypte antique, le serpent Nehebkaou symbolisait la force vitale dans l’Univers. Ehecatl, le dieu aztèque de la pluie et du vent, qui tenait un serpent à la main, apportait la vie aux choses inertes. Le philosophe alexandrin Horapollon écrivit, dans “Hieroglyphica”, qu’un « Serpent tout entier est l’image du Tout-Puissant » et que c’est aussi le symbole de l’esprit qui pénètre tout, qui anime tout. Question : le rôle du cordon ombilical n’est-il pas précisément d’« animer » la vie du monde foetal ?

On attribue (voir ci-dessus) au serpent primordial une fonction de renouvellement et de régénération de ce qui est périssable et vieilli. C’est justement la fonction du cordon ombilical, dit François Dor.

Mais le serpent de la Genèse n’a évidemment aucun lien avec une réminiscence du cordon ombilical nourricier.

Serpent_Kundalini1Certains ont évoqué à son propos une référence implicite à la Kundalini, ce « Feu-Serpent » que les yogis expérimentés s’efforcent de faire s’élever afin d’atteindre « l’illumination »… Le serpent Nehebkaou de l’Egypte antique, qui symbolisait la force vitale dans l’Univers, peut s’intégrer dans cette conception (ainsi que la référence au dieu aztèque tenant un serpent à la main et qui apportait la vie aux choses inertes). Voici, à cet égard, ce qu’a précisé Earlyne Chaney dans son récit relatif à son incarnation à l’époque du roi Zoser, vers 3000 avant J.-C. :

Earlyne-Chaney« Mes parents étaient tous deux Hiérophantes de l’Ordre des Serpents à Plumes, constitué par les plus sages des Melchisédechs. On les appelait les Ah-Hi, les dragons de sagesse. Dans ma jeunesse, j’eus plusieurs fois l’occasion de voir mes parents revêtus de leur ample robe blanche ourlée d’or, portant la coiffure du Serpent à Plumes, l’Uraeus, le cobra dressé, symbole de la kundalini éveillée. L’Uraeus personnifiait la plus haute sagesse des Mystères. Il représentait aussi le serpent cosmique, le soleil de l’espace infini. Quand la coiffure comportait la triple couronne des Mystères, l’Atef (les deux plumes et l’Uraeus sur le devant), elle symbolisait l’homme septuple, l’âme ayant intégré les sept principes du cosmos au cours de la septième Initiation.

C’était la tenue des juges que portaient mes parents lorsqu’ils allaient assister à la cérémonie d’initiation qui se déroulait à l’intérieur de Knout, la Maison de Lumière. Les quarante-neuf juges (parfois quarante-deux) jouaient un rôle important dans cette cérémonie, et l’Ordre de Melchisédech considérait mes parents comme des juges de grande compétence.

Rares étaient les prêtres et prêtresses à être admis dans la congrégation des Serpents à Plumes. Il fallait pour cela qu’ils se soient totalement voués au service de la hiérarchie et qu’ils soient doués de pouvoirs psychiques et spirituels exceptionnels. En général, le destin les avait fait naître dans une famille de prêtres pour servir le peuple et enseigner au temple. Ces remarquables initiés étaient honorés du titre de Serpents à Plumes parce qu’ils avaient pris conscience du Moi supérieur, le merveilleux Aumakhua. Ils s’étaient unis à leur Moi divin ; ils étaient devenus les dépositaires de la lumière et possédaient la sagesse des dieux.

serpent-plume-templeserpentAinsi, le Serpent à Plumes symbolisait la couronne du Fils de Dieu, l’homme ayant atteint la perfection après un douloureux labeur dans le monde de la matière. Le Serpent de la région inférieure, la kundalini, doit s’élever le long de la colonne vertébrale, depuis la base de l’Arbre de Vie, les organes de la génération, jusqu’au sommet de la pyramide, le cerveau. Le Serpent à Plumes était celui dont les énergies sexuelles étaient sublimées, transmutées. Avec la transmutation de cette énergie créatrice, apparaissait autour de la tête de l’homme-dieu une aura de lumière spirituelle qui ressemblait à une couronne de plumes blanches, visible à ceux dont l’oeil intérieur était ouvert. Seuls de tels initiés pouvaient devenir juges de l’Ordre des Serpents à Plumes, et leur nombre était toujours très réduit. » (2)

d.meuroisVoici ce qu’a précisé le guide de Daniel Meurois, lors d’une sortie hors du corps de ce dernier :

« Le premier chakra est lié au principe de la terre et trouve sa place près du coccyx. En lui se tient enroulée sur elle-même une force terrible, la Kundalini. C’est elle qui est utilisée, bien que très partiellement, lors de l’acte sexuel. La Kundalini a joué un rôle très particulier dans l’histoire de l’humanité.

Toute la force énergétique de l’axe cérébro-spinal se concentre en cet endroit. Elle est lovée tel un serpent et agit sur ce qu’on appelle les nerfs sacrés. C’est ce serpent qu’il faut voir dans la Genèse. Retiens bien cela !

Le serpent des temps bibliques, c’est la force bestiale instinctive et purement sexuelle qui domine l’Homme, les sexes étant symbolisés par la pomme. » (3)

anton-parks2Autre allégation, celle-ci provenant de l’écrivain Anton Parks : le « serpent » fait référence au dieu Enlil, un visiteur de l’espace du type reptilien qui était le « Satam » (l’administrateur territorial) de l‘Edin (le Jardin d’Eden) en Mésopotamie… Voici ce qu’on lit page 514 de “Le réveil du phénix” (Anton Parks, éditions Nouvelle Terre, 2010) :

« Satam = administrateur territorial en sumérien. En lui est le grand Satam de la colonie Gina’abul qui vit sur le Dukug (la montagne sainte) et en Edin, la plaine mésopotamienne. »

Quoiqu’il en soit, le cordon ombilical n’a rien à faire dans cette histoire !

Si François Dor écrit que les statues des Nâgas sont toujours placées sous un arbre, ce dernier n’a évidemment rien à voir, contrairement à ce qu’il imagine, avec le placenta ! Nous venons de voir que l’Arbre de Vie est en fait, dans le récit d’Earlyne Chaney, la colonne vertébrale.

Les femmes sans enfants viennent prier les divinités-serpents (les Nâgas) pour mettre fin à leur stérilité, a noté François Dor. Voici ce que dit Michel Coquet à propos du serpent et des Nâgas :

Michel-Coquet« Point de cosmogonie où n’intervienne la figure du serpent. Au début de la Création, Brahma le Créateur naît du nombril de Vishnou profondément ensommeillé sur sa couche formée par le serpent Ananta. Tout comme le serpent au printemps, l’univers sort de son long sommeil cosmique et se déploie. Le serpent est alors une image idéale pour représenter ce premier mouvement, apparaissant sous la forme d’une longue traînée de poussières cosmiques éthérées, se mouvant tel un reptile, phénomène ainsi traduit dans la Genèse : L’Esprit de Dieu planait sur les eaux, cela jusqu’à ce que le souffle de Dieu ait pénétré la matière et qu’il lui ait imposé un mouvement de rotation, ce qui lui donna une forme annulaire (l’oeuf d’or, Hiranyagarbha ou svayambhu-linga), celle d’un serpent se mordant la queue.

La Terre était appelée par les Aryas Sarpa-Rajni, la Reine des Serpents, du fait qu’à l’image des reptiles elle change de peau. La Terre opère ce changement sept fois et sept fois elle ressuscite. Comme les sept périodes de sommeil sont identifiées à des déluges, on a assimilé le serpent à l’eau et à la fertilité.

Le mot naga (serpent) en Inde est rendu en sumérien par le mot nag, boire (l’eau de vie). C’est peut-être parce que le naga représente l’adepte accompli, celui qui a bu l’eau pure ou l’amrita.

dragon-chinois-feteEn Chine, le dragon remplace généralement le serpent, à la manière de Mushrusshu, l’emblème du dieu babylonien Mardouk, qui apparaît sous la forme d’un dragon-serpent muni de cornes, de pattes de lion et de serres d’oiseau de proie. Dans les temps anciens, la puissance primordiale de l’Esprit était représentée par un dragon, lui-même dominé par un héros solaire.

Comme nous l’avons déjà mentionné dans les précédents chapitres, les sept premières Puissances créatrices qui s’éveillèrent au début du grand cycle d’évolution, ont été les Ahi, le mot sanskrit pour serpent, mais qui en senzar s’écrit Ah-Hi. Ces puissances sont assimilables aux premières hiérarchies reflétant collectivement le Mental universel. Au cours de l’involution et de la densification de la matière, de flammes divines qu’elles étaient, elles prennent une forme plus dense sur le deuxième plan et apparaissent comme les Sept Rishis de la tradition hindoue. Enfin, sur le troisième plan, elles deviennent collectivement les manasaputra, parmi lesquels on distingue des ordres différents, tels que les rudra, les kumara, les naga, etc. Ce dernier ordre nous intéresse tout particulièrement. Bien que ce soient eux qui furent les instructeurs de la race lémurienne, c’est de leur propre instructeur qu’ils reçurent le nom de Dragon de la Sagesse. Pour cette même raison, après eux, tous les grands instructeurs porteront le titre de Serpent de la Sagesse, comme on peut le constater à travers des noms comme Nagarjuna ou Nagabodhi.

L’expression naga, en tant que se référant à une forme de sacerdoce et de perfection, se retrouve dans Nergal-Serezer, le nom du dieu assyrien, chez les narrgal ou prêtres chaldéens, chez les nagaal, initiés indiens du Mexique, et même dans le mot hébreu nahas.

Arjuna, le disciple de Krishna, alla, selon les écrits sacrés, au Patala afin d’y épouser Ulupi, une Nagini, fille de Kauravya, le roi des naga. Au-delà de l’allégorie, H. P. Blavatsky a fait remarquer que Patala ne voulait pas seulement dire enfer, mais antipodes, et que les antipodes de l’Inde archaïque se trouvaient en Amérique ; de même, Kauravya était un grand roi toltèque, l’un des nombreux adeptes qui habitèrent ce continent.

Livre-Chilam-BalamLivre-de-Chilam-BalamDans la plupart des mythes sud-américains, les instructeurs arrivent par la mer afin d’instruire les populations. Ces Dragons de Sagesse ou initiés toltèques sont mentionnés dans toute la littérature maya. Dans le Livre de Chilam Balam, on décrit les premiers occupants du Yukatan comme un peuple de serpents arrivé par la mer de l’Est à bord de bateaux, avec pour chef Itzamana, le serpent de l’Orient. Cet étrange soldat guérissait avec les mains et ressuscitait les morts. Ce héros n’est pas un cas unique. Mentionnons parmi les plus connus : Gucumatz, Chichen Itza, Kukulkan ou encore Votan, le grand civilisateur. Tous avaient en commun d’être des maîtres à penser et des instructeurs, et tous avaient une relation avec le symbole du serpent. Ils étaient en tout point identiques à Oannes, l’homme-poisson chaldéen qui, chaque jour, sortait de la mer afin d’instruire les peuples. L’eau a donc souvent été associée avec le serpent dans la mémoire des traditions. Ainsi, dans la tribu des Issa-Japura, au nord-ouest de l’Amazonie, le sorcier médecin qui va prophétiser revêt une peau de serpent pour entrer en contact avec l’esprit du serpent géant.

Nagarjuna, onzième patriarche après Bouddha, alors qu’il prêchait la doctrine devant quarante mille moines élèves de l’université de Nalanda, aperçut deux étrangers qui l’écoutaient attentivement. Intrigué par leur aspect, Nagarjuna se les fit présenter. Ils lui apprirent qu’ils étaient des nagas et lui proposèrent d’approfondir sa compréhension de la doctrine du Béni, s’il acceptait de les suivre dans leur royaume, car ils étaient en possession de rares manuscrits. Parvenu dans la région du roi des nagas (cela nous rappelle l’histoire d’Arjuna), il fut conduit dans la mer, et on ouvrit pour lui le trésor des sept joyaux du Souverain Universel. De ce voyage, Nagarjuna rapportera en Inde plusieurs textes tantriques très secrets comme la Mahaprajnaparamita. Ces connaissances effrayèrent certains groupes de brahmanes qui, redoutant la divulgation de leurs secrets, chassèrent Nagarjuna hors de l’Inde.

Bien qu’il faille rester prudent sur l’authenticité de cette histoire, on retiendra cependant un certain nombre de faits intéressants, dont la démystification de cette croyance des orientalistes occidentaux qui ont fait des naga des êtres mythiques mi-hommes mi-serpents. On en sera tout à fait convaincu en lisant la biographie du Bouddha, qui fut en contact avec eux de sa naissance jusqu’à sa mort. Il est même dit que plusieurs d’entre eux se convertirent à sa doctrine. »

A propos du lien entre le serpent et l’initiation, Michel Coquet fait le commentaire suivant :

Michel-Coquet« L’initiation est un legs des instructeurs des troisième et quatrième races. Il existait en Egypte (et en Chaldée) de nombreuses catacombes, dont les plus célèbres se trouvaient à Thèbes et à Memphis. Ce sont dans ces cryptes, connues sous le nom de passage du Serpent, qui s’étendaient de la rive occidentale du Nil jusqu’au désert de Lybie, que les mystères sacrés du kuklas anankes étaient célébrés. Dans la vallée du Nil, les représentations de serpents ont une signification absolument identique à celles de l’Inde ou de l’Amérique. Parmi les serpents connus, citons celui qui possédait des vertus de guérison et à qui Diodore attribue l’invention d’une herbe d’immortalité qui permit de ressusciter Horus, seconde personne de la trinité égyptienne. Le rôle d’initiateur du serpent est ici indéniable. »

Chez les gnostiques chrétiens appelés naaseniens ou adorateurs du serpent, le reptile est une figure allégorique qui représentait le Fils ou Deuxième Personne de la Trinité. Son symbole était la constellation du Dragon, et dans l’Apocalypse de saint Jean, le Dragon c’est Neptune, « l’image de la magie atlante ».

bouddha-naga« L’étrange vénération que les Ophites avaient pour le serpent, qui est le symbole du Christ, devient moins embarrassante si l’on réfléchit que dans tous les siècles le serpent a été le symbole de la sagesse divine, qui tue pour ressusciter, qui détruit afin de mieux reconstruire. On nous représente Moïse comme un descendant de Lévi, une tribu de serpents. Gautama Bouddha est issu d’une lignée de serpents, par la race des rois Naga (serpent) qui régnaient au Magadha. Hermès ou le dieu Taaut (Thoth) est Têt dans son symbole de serpent ; et, suivant les légendes ophites, Jésus ou le Christos est né d’un serpent (la sagesse divine ou le Saint-Esprit), c’est-à-dire qu’il devint le Fils de Dieu par son initiation à la Science du Serpent. Vishnu, identique au Kneph égyptien, se tient sur le serpent céleste à sept têtes. » (H. P. Blavatsky, dans Isis dévoilée, vol. IV, p. 153)

Michel coquet apporte les précisions suivantes :

Michel-Coquet« Le serpent occupe une place non négligeable dans les mystères d’Eleusis, où il est fait état de chars munis d’ailes portées par des serpents, sur terre et sur mer. Dans la tradition religieuse helléno-méditerranéenne, un grand nombre d’anciens démons, plus ou moins associés à des héros ou demi-dieux, se manifestaient sous la forme de reptiles, comme ce fut le cas pour Kadmos, Kekrops et Erichthonios, ce dernier ayant été, paraît-il, gardé par un naga ! img_kekrops

Les Celtes primitifs, détenteurs de la doctrine secrète de l’Egypte et de l’Inde, appelaient leurs druides des serpents, et plusieurs ensembles mégalithiques ont un nom évoquant un serpent ; Carnac signifie précisément la montagne du Serpent.

Voilà quelques années, alors que je faisais des recherches en Angleterre sur la tradition du saint Graal, il me fut donné l’occasion de visiter des sites archéologiques et tout particulièrement ces fameuses gravures géantes creusées à même le flanc des collines, gravures ne pouvant être entièrement visibles que du ciel. L’une d’elles, le White Horse d’Uffington, a la particularité d’être proche d’un tertre qui a, non sans de bonnes raisons, été appelé la colline du Dragon.

Quel que soit le pays, toutes les écoles de Mystères enseignent les mêmes connaissances et confèrent des initiations comportant un symbolisme unique et universel. Il est une règle que nous retrouvons dans toutes ces écoles et qui veut que tout homme ayant reçu une initiation d’un certain degré perde son ancien nom et devienne un naga ou adepte, dont le seul but sera d’instruire et de protéger la race humaine.

Votan, le héros venu de l’Est et dont le père était, d’après les manuscrits mayas, un serpent-roi, était un tel adepte et le premier de la race de Chan (serpent). A ce titre, il enseigna des sciences comme l’astronomie et l’astrologie. Dans l’ouvrage de de Bourbourg, Votan, le demi-dieu mexicain, au cours du récit qu’il fit sur son expédition, décrit un passage souterrain qui s’étend sous le sol avant d’aboutir à la racine des cieux (allégorie se rapportant au phénomène de l’élévation du feu-serpent dans l’épine dorsale vers le sommet du crâne ou trou de Brahma), et il ajoute que ce passage est un trou de serpent dans lequel il fut admis parce qu’il était lui-même un fils de serpent, en d’autres termes un initié aux mystères.

Dans de nombreux écrits sacrés, les naga ont pour demeures des cavernes souterraines et profondes dont nos cryptes modernes perpétuent la mémoire. Il existe dans toute l’Asie des légendes et des traditions au sujet d’hommes exceptionnels vivant dans des grottes ou des palais souterrains.

lac-Manasarovar mont Kailash mount-kailash

Lorsqu’en 1987 je fis avec mon épouse le pèlerinage du mont Kailash, nous collectâmes un certain nombre de légendes se rapportant à l’existence de naga. Les Tibétains croient fermement que sous les eaux sacrées du lac Manasarovar, situé au pied du Kailash, se trouve la demeure du roi des naga. Cette croyance, parmi tant d’autres, s’explique par la connaissance que les Orientaux se transmettent de génération en génération depuis longtemps, non seulement en ce qui concerne les races anciennes, mais également en ce qui concerne les pratiques libératrices.

La conviction d’un monde souterrain s’explique par le fait que le Patala est dans la tradition populaire considéré comme l’enfer, l’opposé du mont Meru ou paradis. Mais sur un autre plan, l’enfer est identifié à un gouffre, c’est le tombeau obscur dans lequel descend tout adepte avant sa résurrection finale dans la lumière de Dieu.

le-mont-meru-08Dans la mythologie hindoue, c’est le serpent Vasuki qui est la divinité régnante du Patala. Il est aussi le grand serpent de l’énergie originelle (Maha-Naga), utilisé comme cordage autour de l’axe central du mont Meru, afin que puisse être baratté l’Océan primordial par les dieux (forces positives) et les non-dieux (forces négatives). De ce barattage surgit l’amrita ou elixir d’immortalité. De la même manière, chaque homme possède son Patala sis dans le centre coccygien où git endormi le serpent Vasuki, sous la forme de la puissante kundalini, dont nous savons qu’elle doit être élevée vers le Meru ou paradis, sis dans le centre coronal de l’adepte.

Le battage signifie, pour le yogi ou le disciple engagé dans la voie de la réalisation, le tapas grâce auquel les énergies asuriques (situées sous le diaphragme) sont élevées dans le monde des dieux (énergies situées au-dessus du diaphragme). Après le barattage des énergies lunaire et solaire, le disciple trouve en lui-même la source de l’élixir et devient de facto un saint et immortel naga.

Le sens profond qu’il faut conférer à l’image du serpent a, comme bien d’autres figures symboliques, dégénéré au sein des populations non instruites, et l’on a fait passer le symbole pour l’image qu’il était censé représenter, un reptile !

Python-Selwanga2Python-SelwangaLe cobra est, de nos jours, vénéré dans toute l’Asie. Dans les villages de l’Inde, il est adoré comme génie des eaux, des étangs et de la pluie. En Afrique du Sud, le python a une place importante chez les Bechuana, mais surtout chez les Baganda, où le dieu Python Selwanga possède même son temple près de la rivière Mizuji. On dit que ce dieu possède un puissant pouvoir sur la rivière et ses poissons.

Au Cachemire, où Apollonius rencontra des adeptes naga, la population associe ces reptiles à des génies serpentaires vivant dans les eaux des sources et des lacs. Elle leur attribue le pouvoir de contrôler les nuages et les tempêtes. D’où l’importance pour les Indiens de se les propitier par des offrandes. Cela a donné naissance à un grand festival annuel appelé Sarpabali ou Nagabali, et fêté soit au début de la saison des pluies lorsque l’eau fait sortir les serpents de leurs trous, soit à la fin de la saison sèche pour faire venir la pluie.

Le serpent est supposé avoir le pouvoir d’attirer la pluie qui féconde la terre, de même que le naga-adepte, par sa pureté et sa science du yoga, féconde l’esprit du disciple, lui apportant bonheur et sagesse. Tout comme les anciens naga-adeptes vivaient en reclus dans des grottes souterraines, de même les serpents vivent dans des trous ou des couloirs de termitière abandonnée. Il est dommage de lire encore aujourd’hui, sous la plume d’orientalistes occidentaux, que les naga sont des hommes à queue de serpent ! Ce ne sera certainement pas de cette manière que l’on éliminera la superstition, cause d’ignorance et par conséquent de souffrance, et que le monde occidental comprendra la grandeur de l’Orient. » (4)

Dans tout cela, il n’est évidemment pas question de cordon ombilical et de placenta !

On a vu que François Dor se réfère à Krishna qui, dans l’arbre de vie, a le pied posé sur un grand serpent, et aux contes khmers qui attestent que les serpents sont nés du ventre d’une femme. Personnellement, je ne vois rien qui puisse s’expliquer par une allusion au placenta et au cordon ombilical. Il s’agit là, encore une fois, d’une spéculation gratuite.

Quant aux conceptions des Dayak de Bornéo, je ne vois pas, non plus, de rapport avec le cordon ombilical :

Que l’eau soit le milieu primordial, cela fait penser au fait que la vie a pris naissance dans les océans, sans qu’il soit pour autant nécessaire de se référer au monde foetal et au cordon ombilical.

Que penser de la figuration du « monde inférieur » par le grand serpent d’eau ou le calao ? Le « monde inférieur » correspond au monde souterrain, et il n’a donc rien à voir avec le monde foetal, d’autant qu’il est fait référence à l’arbre de vie liant le monde supérieur (le ciel) au monde inférieur, en passant par la terre. On nous parle de cataclysmes, ce qui constitue une image un peu trop forte pour caractériser ce qui se passe dans le monde foetal ! D’autant plus qu’on précise que « le serpent d’eau s’agitant dans le monde inférieur provoque un tremblement de terre », le déluge dayak n’étant qu’une « forme de ces mouvements »… Il faut avoir une imagination débridée pour voir dans ces formulations des allusions au monde foetal !

Quant à l’allusion du philosophe Horapollon au Serpent représentant le Tout-Puissant et le symbole de l’esprit qui pénètre et anime tout, il est gratuit de suggérer qu’il s’agit là d’une allusion au fait que le cordon ombilical « anime » la vie du monde foetal.

 

2. L’Arbre de vie et l’expulsion du paradis :

Des traditions antiques parlent d’un premier homme évoluant dans un endroit décrit comme paradisiaque où un « arbre de vie » était planté, ce qui est interprété par François Dor comme étant une figuration inconsciente de l’alimentation du fœtus par le placenta. Raison invoquée : le placenta ressemble curieusement à un arbre ! Les embryologues parlent à ce propos d’arborisation des vaisseaux ombilicaux et d’arbres villositaires.

La légende sumérienne mentionne l’existence d’« un seul arbre », d’un « arbre unique ». Dans les religions du monde archaïque, l’Arbre de vie se réfère à l’arbre qui était supposé croître au centre du monde, par exemple à Eridu, lieu de culte du dieu Ea, et d’où jaillissaient « des liqueurs réparatrices de vie ». L’image est « forte », écrit Nicolas Montigiani dans son article.

Arbre-de-vie-7-8 arbre-de-vie2

Anton Parks évoque le Codex Laud, planche 37, dans lequel on voit une prêtresse initiant un homme aux secrets de l’arbre de vie au cœur duquel apparaît une fente (rouge sur l’original) symbolisant distinctement un vagin. (5) Néanmoins, l’Arbre de vie n’a pas de rapport avec le placenta.

arbre-de-vie-gamaeQuant à l’expulsion du paradis, elle n’a évidemment rien à voir avec l’expulsion du fœtus du ventre de la mère (étant entendu qu’il s’agit ici, en outre, du « paradis terrestre » originel, et non de la zone de l’Au-delà à laquelle certaines religions se réfèrent). Si l’on se réfère par exemple au récit d’Anton Parks, l’Eden correspond au jardin de Ninmah à Kharsag, Ninmah étant la grande prêtresse de Nalulkara, la planète mère des Gina’abul dans le système solaire Anduruna situé dans la constellation de Margid’da (la Grande Ourse). L’Edin (la plaine, la steppe, en sumérien) était le lieu où les Adam travaillaient pour les Gina’abul. (6)

 

3. Le Déluge :

Voltaire disait que l’« on nous parle d’un déluge universel, physiquement impossible, et dont tous les gens sensés rient ». Il doit donc exister une autre explication, lit-on dans l’article de “Science et inexpliqué” évoqué plus haut. Parvenir à cette conclusion sur la base de ces quelques propos de l’auteur illustre, c’est aller bien vite en besogne. D’abord, le fait de rire de quelque chose ne rend pas cette chose inexistante et ne prouve pas non plus le caractère « sensé » de ceux qui rigolent. Ensuite, le fait de mettre en exergue le caractère prétendument physiquement impossible du « déluge universel » témoigne d’une ignorance de l’histoire réelle de notre planète, le déluge auquel il est fait référence, sans être « universel » (mondial), ayant cependant été à l’origine de la disparition d’une civilisation (atlante).

Le fœtus aurait la faculté de se souvenir de la chute des eaux, lit-on.

« Dans ces conditions, est-il illogique de songer qu’un sauvetage des eaux puisse figurer… la naissance ? Dans l’Ancien Testament, Dieu est courroucé par la conduite perverse des hommes. Pour Dor, cette ”perversion” n’est autre que le liquide amniotique continuellement pollué par les déchets organiques du fœtus, les mauvais projets quotidiens (dixit la Bible). L’ancienne tradition japonaise, il n’y a pas qu’elle, confirme : le dieu Susanoo défèque dans le temple de ses sœurs avant que ne survienne un grand déluge. Autre indice : chez les Kiangans philippins, c’est le manque de place sur terre (traduisez : le fœtus arrivé à terme) qui cause une inondation catastrophique… » (N. Montigiani)

Ici, l’interprétation de François Dor est aberrante. Oui, il est illogique de penser qu’un « sauvetage des eaux » soit une figuration de la naissance, et il est beaucoup plus logique de considérer, vu le contexte du récit de la Genèse, qu’il s’agit d’une allusion à un lointain événement du passé de la planète (cet événement remontant, en fait, à environ 12 000 ans). Quant à la « perversion », elle relève du libre arbitre humain et n’a strictement rien à voir avec le liquide amniotique pollué ! Je ne pense pas, par ailleurs, que toutes les traditions « se valent » au niveau de leur ancrage par rapport à une réalité historique, certaines représentations étant réellement « mythiques ». Il en va ainsi de la défécation du dieu Susanoo et, chez les Kiangans, du manque de place sur terre à l’origine d’une inondation. Par contre, si l’on veut invoquer, comme le fait François Dor, une mémoire relationnelle archaïque, pour rendre compte de ce type d’allusions, on peut penser qu’il y a, dans ce type d’élucubrations archaïques, un petit fond de vérité passant à travers le filtre de l’univers conceptuel propre à l’ethnie concernée, ce petit fond de vérité renvoyant à une mémoire inconsciente relative à un réel « déluge ».

Le Déluge, qui n’a évidemment aucun rapport avec la chute prénatale des eaux amniotiques, est simplement une référence à une réalité historique remontant à environ 12 000 ans et ayant eu pour conséquence la fin de l’Atlantide. (Voyez mon texte : « Noé l’Atlante, Osiris et Isis », même rubrique.) Sur ce point, de multiples sources convergentes (émanant de « canaux », de « contactés, etc. ) sont unanimes. Voici, parmi beaucoup d’autres, l’une de ces sources :

d.meuroisDaniel Meurois a appris, lors de sorties hors du corps, que le Déluge a bel et bien existé sur Terre et qu’il a anéanti la civilisation la plus élaborée, la plus perfectionnée que l’Homme ait jamais produite.

« Le Déluge n’a pas été, comme l’ont affirmé pompeusement certains universitaires, une inondation catastrophique du Tigre et de l’Euphrate sortis de leurs lits. »

atlantide2Des continents comme l’Europe, l’Afrique, l’Amérique, ont été en grande partie remodelés, des pays entiers ont disparu, d’autres ont surgi des océans. Les derniers grands sursauts de la croûte terrestre remontent à beaucoup moins longtemps que ne le pensent les gens car ils eurent lieu il y a de cela entre 12 000 et 9000 ans. Le Tibet est l’une des rares contrées n’ayant pas souffert du Déluge, et on peut encore y trouver des villes entières de 12 000 ans et plus.

La Terre a connu plusieurs fois des catastrophes gigantesques dues à la faute de l’Homme, aux interventions d’êtres de l’espace et aux « lois naturelles perturbées ». L’histoire du Déluge que l’on retrouve dans toutes les mythologies n’est autre que celle de la chute décisive de l’Atlantide il y a 12 000 ans.

L’Homme n’a pas toujours été morphologiquement identique à ce qu’il est maintenant.

Les Mayas ont parlé de quatre « Soleils ». Le disque solaire n’est pas toujours apparu à l’est, du côté de l’Asie, le sens de rotation de la planète ayant été renversé à plusieurs reprises. (7)

 

4. L’Atlantide :

C’est, lit-on, « le continent mythique par excellence que l’on cherche partout depuis des siècles, en vain ».

Effectivement, on l’a cherché et on le cherche partout, dans les endroits les plus invraisemblables, ajouterai-je, à l’exclusion, la plupart du temps, du bon endroit : au niveau de l’océan Atlantique, là où il se trouvait réellement. Pour la critique des localisations fantaisistes (et donc en effet vaines), voyez mes textes dans cette rubrique.

Evidemment, l’absence de preuve archéologique ou océanique d’une terre émergée, dans le passé, dans l’océan Atlantique, ainsi que l’impossibilité de concevoir l’existence, dans ce même passé, d’une civilisation « avancée », ont conduit tous les gens prétendument sensés à ranger l’Atlantide atlantique au niveau du mythe et à nier par conséquent son existence passée, ce qui a amené moult spéculateurs-chercheurs soit à situer leur fausse Atlantide dans les endroits les plus improbables qui soient, soit à présenter l’Atlantide comme une simple « fable philosophique »… Et une variante de la « fable » ou du « mythe », c’est évidemment l’interprétation farfelue de François Dor, l’énigme de l’Atlantide étant censée, chez lui, trouver sa solution en faisant intervenir la mémoire de la vie foetale.

Selon l’historien et chroniqueur grec Diodore de Sicile, les Atlantes habitaient un pays très fertile et prétendaient que leur pays était le berceau des dieux. François Dor donne cette description (probablement extraite du récit platonicien) :

mythe_atlantideroyaume-de-Krishna-Dvaraka« Un pays situé par-delà une porte étroite. La terre la plus fertile. Un pays entouré d’un mur circulaire. Des aliments variés et abondants. Un premier roi, souverain installé dans la demeure de sa mère. Des hommes infectés d’un mélange mortel, cause de leur perte (…). Une force à son apogée, qui se projette d’un seul élan par-delà un détroit dans un autre monde. Un monde entier englouti dans un cataclysme sans retour. La plus grande destruction par les eaux libéra les peuples. En un seul jour et une seule nuit… »

Question posée par l’auteur de l’article :

Ce récit d’un « monde englouti » ne dépeint-il pas à merveille l’image du monde foetal qui disparaît à la naissance ? Et de citer le psychanalyste Willy Barral qui « approuve », ce dernier évoquant une forme de « mémoire relationnelle archaïque » ou une « nostalgie de l’état d’ange » (sic)…

Pour ma part, je ne puis qu’être consterné par le caractère inepte de cette suggestion/conclusion. D’abord, la « porte étroite » et le « détroit » sont bien sûr une référence au détroit de Gibraltar, Platon ayant, dans son récit, situé l’Atlantide « au-delà des colonnes d’Hercule », c’est-à-dire au-delà du détroit de Gibraltar. Cela n’a rien à voir avec l’utérus ! Quant à « l’autre monde », c’est celui, bien sûr, de la force opposée impliquée dans le conflit évoqué dans le récit de Platon, mais ce n’est, en aucun cas, le monde foetal.

La terre est fertile, la cité a un mur circulaire (qu’aurait dit François Dor s’il avait été carré, rectangulaire ou triangulaire ?), il y a des aliments variés et abondants, on se réfère à un souverain résidant chez sa mère : tout cela ne permet absolument pas d’insinuer que nous sommes ici en présence d’une allusion inconsciente au monde foetal. Quant à l’allusion à l’infection par un « mélange mortel », rien ne permet non plus de suggérer qu’il s’agit d’une référence au milieu (pollution par les déchets) dans lequel baigne le fœtus. Il faut par ailleurs « pousser loin » pour assimiler l’expulsion du fœtus à un « cataclysme » provoqué par les « eaux » (amniotiques)… L’Atlantide ayant été une terre émergée dans l’océan Atlantique, il est normal qu’elle ait été, lors du cataclysme (d’origine humaine ou céleste), engloutie par les eaux. Et je suppose que les victimes du tsunami de décembre 2004 et celles de Fukushima en mars 2011, pour ne citer que celles-là, relèvent aussi de morts fantasmatiques et mythiques relevant du monde foetal…

En fait, ce que fait François Dor, c’est du « Nostradamus psychanalytique », et on nage, avec sa thèse, en plein délire. On sait que les interprétations des exégètes de Nostradamus (qui la plupart se contredisent) sont aussi, pour la plupart, fantaisistes, les divers auteurs ayant profité de l’obscurité d’un texte se prêtant à moult interprétations (contradictoires). Eh bien, il en va de même pour les interprétations de François Dor. Ce qui est consternant (mais faut-il s’en étonner ?), c’est que certains « intellectuels » adhèrent à ces inepties…

 

5. L’Arche :

L’Arche est, loin d’être une référence à la membrane accompagnant le fœtus à la naissance (!?), une allusion au processus de sauvetage (impliquant l’utilisation de bateaux et/ou de vaisseaux aériens) d’une partie des espèces vivantes, ce sauvetage ayant été initié lors du déclenchement des cataclysmes consécutifs à la fin de l’Atlantide.

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6. Noé :

Noé était en fait un Atlante (voyez mon texte : « Noé l’Atlante, Osiris et Isis », même rubrique), et le fait qu’il ait eu trois fils, selon le récit de la Genèse, n’a évidemment rien à voir avec les trois fonctions du placenta ! (Attention, encore une fois, aux interprétations psychanalytiques de type « nostradamien », celles qui consistent, en l’occurrence, à faire dire aux prétendus « mythes », un peu tout et n’importe quoi !)

Voici ce que le guide de Daniel Meurois a précisé, lors d’une sortie hors du corps de ce dernier :

« Le monde que tu connais aujourd’hui a commencé le jour où NoéNepht en langue atlante – a fait passer le flambeau de la connaissance d’une civilisation à une autre. Il ne faut pas que tu croies cependant que Noé et ses proches furent les seuls à survivre au Déluge.

Noé fut un être de chair et d’os, mais aussi un symbole. Ainsi, je peux t’assurer qu’il y eut de nombreux Noé dans l’histoire de l’humanité.

Toutes les fois qu’un monde a été détruit, quelle qu’en soit la raison, des êtres privilégiés se chargèrent d’établir des relais entre une époque et l’autre.

Les archéologues ont trouvé sur Terre des quantités de noms correspondant à celui de Noé, même dans les plus petites îles du Pacifique. Ces noms sont très connus et je t’en cite quelques-uns pour mémoire :

Nu Wah pour les Chinois, Tapi pour les Aztèques, Nu-nu pour les Hawaïens.

Mais il y a une chose à laquelle je voudrais que tu fasses particulièrement attention. Te souviens-tu de l’histoire de Deucalion et Pyrrha rapportée par Ovide ? On assimile leur histoire à celle de Noé. Là, il n’y a rien de plus faux, Deucalion n’est pas Noé. Il a bel et bien existé, il a même eu un rôle identique à celui de Noé, mais des millénaires plus tard.

Le dernier déluge en date n’est pas celui dont parle la Bible. Quand on te parle du déluge d’Ogygès, ne commets pas non plus la même erreur, il s’agit encore d’une autre catastrophe. Si la mémoire humaine a principalement retenu le déluge de Noé, c’est qu’il fut plus violent, de plus longue durée, et qu’il a anéanti la civilisation technologiquement la plus puissante que la Terre ait jamais portée. » (8)

Alain Moreau

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Références :

1. “Science et inexpliqué”, n° 30, novembre – décembre 2012, p. 28-31, 51.

2. Earlyne Chaney, “Initiation dans la Grande Pyramide”, éditions Arista, 1991, p. 80-81.

3. Anne et Daniel Meurois-Givaudan, “Récits d’un voyageur de l’Astral”, éditions Arista, 1983, p. 119.

4. Michel Coquet, “Histoire des peuples et des civilisations, de la Création jusqu’à nos jours”, éditions Nouvelles Réalités, 2002, p. 144-149.

5. Anton Parks, “Le secret des étoiles sombres”, éditions Nenki, 2005, p. 321.

6. Anton Parks, “Adam Genisis”, éditions Nouvelle Terre, 2007, p. 507, 510.

7. Anne et Daniel Meurois-Givaudan, “Récits d’un voyageur de l’Astral”, op. cit., p. 70, 141-142, 146, 176-177.

8. Ibid., p. 197-198.

 

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