Les fausses Atlantides (4) Antarctique, île du cap Spartel…

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AUTRES EXEMPLES DE FAUSSES ATLANTIDES

Depuis le récit de Platon, le sujet de l’Atlantide a enflammé les imaginations, notamment celles des spéculateurs qui placèrent (et continuent de placer) le « continent perdu » dans les endroits les plus fantaisistes : mer Méditerranée, mer du Nord, mer d’Azov, mer Caspienne, mer Rouge, Europe, Asie, Afrique (Tunisie, Sahara, etc.), Amérique, Antarctique, etc. Un autre spéculateur a localisé l’Atlantide, de façon erronée, du côté de l’Indonésie. (Voir Robert Schoch, « Les constructeurs des pyramides », éditions du Rocher, 2004.)

Tout cela, évidemment, ne correspond pas à l’emplacement initialement donné par Platon : « au-delà des colonnes d’Hercule » (détroit de Gibraltar), donc dans l’Atlantique ! La réponse à cette pléthore de localisations absurdes est simple :

« Il y a deux aspects du récit qui donnent au problème de l’Atlantide de Platon un caractère d’improbabilité fantastique : la situation dans l’océan Atlantique, où depuis longtemps devait exister un océan et non une terre ; l’existence sur cette terre d’un clan civilisé des Atlantes, alors que le reste de l’humanité se trouvait encore au stade néolithique.

Cela explique que beaucoup d’atlantologues, ne pouvant pas dépasser ces obstacles sus-indiqués, refusent la base même de la légende, la date de la disparition de l’Atlantide et sa situation dans l’océan Atlantique. C’est pour cette raison qu’ils situent leur pseudo-Atlantide dans différents endroits du globe terrestre. » (Pierre Carnac) (1)

 

1. Autres localisations fantaisistes :

Je mentionne, dans les trois premières pages consacrées aux localisations fantaisistes de l’Atlantide, les fausses Atlantides suivantes : d’abord l’île Socotra, puis Santorin, et enfin une île de la mer du Nord et un empire européen entre 5000 et 1000 avant notre ère.

Parmi les autres localisations fantaisistes, citons celles-ci, listées par Jacques Hébert :

• L’Amérique de Christophe Colomb, selon Lopez de Gomora – fin du quinzième siècle – et tous les lettrés de son temps.

• Dans le nord de l’Europe, selon le biologiste suédois Olav Rudbeck (1679). Ce dernier voyait dans l’Atlantide une allégorie de son propre pays comme berceau de la civilisation.

• La ville de Tartessos, à l’embouchure du Guadalquivir en Espagne, selon Schulten.

• Entre l’Inde et la corne de l’Afrique (« Atlantide » primitive) et entre la Lybie et l’Italie (« Atlantide » ‘‘postcataclysmique’’ et occidentale), selon l’Allemand Joseph Karst.

• Le Lac Poopô en Bolivie, selon le colonel britannique John Blashford-Snell (1997).

Selon l’universitaire russe Viatcheslav Koudriavtsev (1997), « la capitale du royaume d’Atlas » se trouve sur le site de Little Sole Bank, au large des côtes de la Cornouaille anglaise, par quarante-neuf mètres de profondeur… (2)

2 . L’île du cap Spartel :

Dans le numéro de novembre 2002 de la revue « Science et vie », François Herbaux évoque une localisation défendue par le géologue et préhistorien Jacques Collina-Girard, lequel identifie l’Atlantide à l’île du cap Spartel (au débouché du détroit de Gibraltar). Cette île ne mesurait que quatorze kilomètres de long et cinq kilomètres de large avant son « engloutissement » il y a environ 19.000 ans.

201004_Mauguio_Collina-Girard_petitj.collina.girardJacques Collina-Girard a publié, en 2009, un livre sur sa localisation de l’Atlantide. Son titre : “L’Atlantide retrouvée ?” (éditions Belin). Dans le numéro 10 (juillet/août 2009) de “Science et inexpliqué”, on lit, à propos de ce livre, que le scénario de l’auteur “est assez convaincant”, une déclaration que je ne partage évidemment pas. Le commentateur pose aussi la question : ce livre “va-t-il mettre un terme à la quête de l’Atlantide ?” Ma réponse, bien sûr, est non, car la terre atlante ne peut pas en fait être identifiée à l’île du cap Spartel. Le seul point avec lequel je suis d’accord concerne le désaccord de l’auteur de l’ouvrage avec l’argument de l’historien (décédé) Pierre Vidal-Naquet, lequel pensait que les tentatives de faire coïncider le mythe platonicien à une localisation géographique (et donc à une matérialité) sont critiquables car elles participent d’une volonté de trouver systématiquement “un noyau factuel aux mythes”. Selon cet historien, le mythe de Platon n’a pas pour but de donner des informations sur une civilisation disparue, mais de délivrer “une démonstration politique et philosophique”. Pour Pierre Vidal-Naquet, chercher l’Atlantide est aussi pertinent que de chercher la maison du Petit-Poucet. Jacques Collina-Girard exprime son désaccord sur ce point. On peut d’ailleurs noter que, dès la génération qui a suivi celle de Platon, on a commencé à s’interroger sur la réalité de l’Atlantide. (3)

spartel-atlantide-03Dans une émission télévisée, diffusée le 25 septembre 2009 dans le cadre du magazine “Thalassa” (France 3), une séquence a été consacrée à l’identification de l’Atlantide à l’île du cap Spartel. On a eu droit, bien sûr, à l’affirmation erronée classique : “Il n’y avait pas, il y a 12 000 ans, de civilisation avancée.” On a aussi entendu dire que les caractéristiques (localisation, etc.) de l’île du cap Spartel semblent coïncider avec le récit platonicien. Or, on peut rejeter cette localisation pour diverses raisons, dont celles-ci :

Premièrement, dans le texte de Platon il est bien précisé : « au-delà des colonnes d’Hercule », donc au-delà du détroit de Gibraltar, ce qui positionne clairement l’île atlante dans l’Océan Atlantique et non au niveau du détroit de Gibraltar.

Deuxièmement, les dimensions fort modestes de l’île du cap Spartel n’ont strictement rien à voir avec la superficie de l’« île » de Platon : « plus grande que la Libye et l’Asie réunies » ! Jacques Collina-Girard en est réduit à postuler que « le souvenir du naufrage progressif de l’île, causé par la remontée des eaux à la fonte des calottes glaciaires, a été transmis par la tradition orale (…) jusqu’à l’époque de Platon, qui l’aurait magnifié pour les besoins de sa démonstration en inventant l’Atlantide »…

200909_thalassa_atlantideTroisièmement, on ne peut pas vraiment parler d’engloutissement soudain, cette fausse Atlantide n’ayant subi aucun cataclysme. Edouard Bard évoque à ce propos une remontée des eaux estimée à dix mètres par siècle au maximum ! Evidemment, l’« Atlantide » de Jacques Collina-Girard n’a pu être peuplée que d’hommes de Cro-Magnon, la « riche et fabuleuse Atlantide » étant réduite à une pure fiction imaginée par Platon… (Nous retrouvons ici le « conte philosophique » !)

Donc, contrairement à ce qu’on lit dans le numéro 335 (décembre 2008/janvier 2009) de “Le monde de l’inconnu”, et contrairement à ce qui a été suggéré dans “Thalassa” en septembre 2009, on ne peut pas dire que de nombreux points correspondent avec les descriptions données par Platon !

Un article du numéro 19 (janvier/février 2011) de « Science et inexpliqué » est consacré à la thèse du géologue et préhistorien Jacques Collina-Girard. Notons d’abord le caractère erroné du titre de l’article : « Atlantide : un scientifique l’a localisée ! ». Il aurait fallu écrire : « un scientifique pense avoir localisé l’Atlantide ». L’article débute bien, avec notamment la réfutation de l’identification des vestiges de l’Atlantide à l’île de Socotra (la thèse de Jacques Hébert, à la réfutation de laquelle je consacre un texte dans la même rubrique).

atlantide-02En 2001, dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, Jacques Collina-Girard avance que les fonds marins situés à l’ouest du détroit de Gibraltar montrent des caractéristiques conciliables avec l’existence, il y a quelque 12 000 ans (date correspondant au récit de Platon), d’une île aujourd’hui submergée. Il avait noté, sur une carte marine du Détroit de Gibraltar, un relief sous-marin qui avait été une île, un archipel englouti depuis 10 000 ans…

L’helléniste décédé Pierre Vidal-Naquet voyait dans les propos de Platon une simple invention, et pour l’agrégé de lettres classiques Antoine Thivel, l’Atlantide est « un mythe des origines, qui utilise une fois de plus le Déluge comme instrument de la colère divine », le récit platonicien étant réduit à une fable morale à forte signification politique. Cela est faux, mais l’identification de l’Atlantide à l’île du Cap Spartel n’est pas meilleure, n’en déplaise à Jacques Collina-Girard et à d’autres. Dominique Commelin, du CNRS, qualifie le travail de Jacques Collina-Girard de « mise au point moderne », le travail du géologue ayant par ailleurs été appuyé par le préhistorien François Djindjian (CNRS, Université de Paris 1), le docteur Jean Nicod (professeur à l’Institut de géographie d’Aix-en-Provence) et le professeur Christian Boudignon (maître de conférence à l’Université d’Aix-Marseille). Et dans une note de lecture datée de novembre 2009, l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS), une association rationaliste bien connue, indique que « loin des fréquents ouvrages d’archéologie fantastique d’inspiration plus ou moins ésotérique, nous avons ici la démarche d’un scientifique qui appuie son argumentaire sur un large corpus scientifique, faisant appel aux données de diverses disciplines ».

Faut-il s’étonner de ces appuis scientifiques et “rationalistes” ? Non, bien sûr, car la fausse Atlantide prônée par Jacques Collina-Girard ne bouscule pas les dogmes préhistoriques et géologiques ! Rien de bien « méchant » et d’« inquiétant », pour les tenants de la « science », que de reconnaître l’immersion d’une île ayant pu donner naissance au « mythe » de l’Atlantide, d’autant plus que la localisation et la date de la disparition de cette île sont cohérentes avec le récit platonicien !

“Quels éléments vous ont poussé à localiser l’île devant Gibraltar, et non, comme c’est généralement le cas, au milieu de l’Atlantique ?”

A cette question, Jacques Collina-Girard a fait cette réponse :

« Pour la bonne et simple raison qu’il y avait bien une île devant Gibraltar et qu’il n’y en a jamais eu aucune au milieu de l’Atlantique ! Platon, d’ailleurs, parle d’une île située à la sortie du détroit… »

ColonnesHerculePlaton avait écrit « au-delà des colonnes d’Hercule », donc, de toute façon, dans l’océan Atlantique. Mais la réponse du géologue, avec son affirmation péremptoire relative à l’inexistence passée d’une île au centre de l’océan Atlantique, est tout à fait conforme au dogme qui prévaut en matière de géologie des fonds marins. Cette affirmation se heurte à l’affirmation contraire de nombreuses sources « extraordinaires » (canalisées, etc.). Jacques Collina-Girard dit qu’il y a un faisceau d’arguments qui montrent que son hypothèse est la bonne, mais la réalité est différente, le fait « qu’à l’endroit dit, au lieu dit et à la date dite, il y a bien eu un événement géologique réel qui évoque fortement l’histoire de Platon », pouvant très bien s’expliquer de la sorte : l’immersion de cette petite île « pointée » par Jacques Collina-Girard n’est qu’une partie localisée et ponctuelle d’un événement de bien plus grande ampleur ayant affecté une masse territoriale bien plus importante qui se trouvait, n’en déplaise à Jacques Collina-Girard, au milieu de l’océan Atlantique (du côté des Canaries, des Açores, au large de la Floride).

Bien sûr, dans son récit, Platon n’a pas évoqué de civilisation technologiquement avancée (cela aurait d’ailleurs été incompréhensible à son époque), et, comme le note Jacques Collina-Girard, ce qu’il a décrit ressemble plutôt aux cités grecques de l’époque :

« Nous sommes plus, à mon avis, dans la partie fiction et modèle philosophique. »

Certains individus prétendent que le récit est une invention du philosophe grec dans le but de dépeindre une cité « idéale ». Ceci n’exclut pas, rétorque Jacques Collina-Girard, la possibilité que « cette histoire soit une invention qui brode sur une autre, véritable, héritée de la tradition orale, ce que dit explicitement le philosophe au début du ‘‘Timée’’ – il transpose une fiction de cité idéale dans une histoire vraie héritée des Egyptiens ». (4) J’ajoute que ceci est parfaitement compatible avec la version « ésotérique » de l’Atlantide que je défends ! Les prêtres égyptiens n’ont donné que quelques éléments (dont la date et la localisation géographique), et Platon a ensuite “brodé” sur la base de ce qui était acceptable pour son époque.

Contrairement à ce que croient les hellénistes, le récit platonicien ne se limite pas à une allégorie philosophique et politique et n’a pas eu comme seul objectif, contrairement à ce que dit le géologue Guy Kieffer chargé de recherche au CNRS, de « donner une leçon de civisme et de bonne conduite ».

Dans un article publié dans le numéro de mai-juin 2016 de sa revue « Science et inexpliqué », Nicolas Montigiani note qu’en 2002, le préhistorien français Jacques Collina-Girard a défendu la thèse (qui, contrairement à ce que rapporte Nicolas Montigiani, n’était pas « plutôt séduisante ») selon laquelle l’île atlante aurait été celle de cap Spartel, au débouché de Gibraltar.

« Bien qu’en accord avec les dires du philosophe grec, elle n’a pas tardé à subir le feu de la critique, notamment parce qu’elle gomme l’idée d’une civilisation raffinée en la remplaçant par de modestes populations préhistoriques en proie à divers cataclysmes géologiques sur une longue période. » (N. Montigiani) (5)

 

3. L’Antarctique :

Certains auteurs, tout en défendant l’idée d’une civilisation scientifiquement avancée dans la « préhistoire », donnent cependant de celle-ci une localisation erronée : l’Italien Flavio Barbiero (1974), l’Espagnol Javier Sierra (2000), le couple Flem-Ath et l’Américain Graham Hancock localisent en effet cette civilisation dans l’Antarctique !

atlzntide-antaticGraham Hancock considère comme « imparable » l’argument de Galanopoulos et Bacon selon lesquels aucune terre n’a jamais relié l’Ancien Monde au Nouveau par-delà l’Atlantique. Il « n’y a pas de continent englouti au fond de l’Atlantique : l’océan Atlantique existe dans sa forme actuelle depuis au moins un million d’années ». L’existence d’une Atlantide ayant les dimensions décrites par Platon « constitue tout simplement une impossibilité géophysique ». Graham Hancock note que les océanographes « ont méticuleusement cartographié le fond de l’océan Atlantique et n’y ont pas trouvé la moindre trace d’un continent perdu ». Cet auteur s’est donc rallié à l’hypothèse antarctique soutenue par les époux Flem-Ath… (6) Or, le caractère prétendu imparable de cet argument n’est manifestement pas partagé par tout le monde, si l’on se réfère à Pierre Carnac :

plan5« Lorsque des scientifiques, tels B. C. Heezen, M. Ewing, D. Ericson et D. B. Bentley, démontrent dans un article rigoureusement scientifique que les actuelles montagnes sous-marines du Grand Météore et de Cruiser se trouvaient il y a 12 000 ans au-dessus du niveau de la mer et qu’elles faisaient partie, à l’époque, d’une terre insulaire assez grande, c’est un fait avéré, mais nul ne l’utilise comme il se doit pour mettre au pas des idées contraires. Dans le contexte des changements d’ordre géologique et géographique survenus dans l’Atlantique, l’existence d’une Atlantide est scientifiquement envisageable ; il est inversement bien peu scientifique de la rejeter. »

plan6Pierre Carnac ajoute que la géologie « laisse ouverte la possibilité que l’Atlantide ait pu se situer sur le plateau sous-marin açorien, et plus précisément sur la plaine située à environ 2000 m sous le niveau de l’océan, entre la crête sous-marine qui touche au sud le plateau des Açores et au nord la dorsale nord-atlantique ». Rien ne s’oppose à une telle identification, écrit-il. Il y a aussi le comportement des anguilles européennes qui ont choisi la région atlantique de la mer des Sargasses pour s’y assembler et accomplir leur ponte. Ces poissons « sont les descendants de ceux qui peuplaient les rivières et les estuaires de la côte nord-ouest de l’Atlantide ; lorsque cette dernière a commencé à s’effondrer à partir de l’ouest, les anguilles ont continué de fréquenter leurs anciens lieux de ponte ». René Thévenin a précisé qu’on ne peut comprendre autrement les mœurs des anguilles. (7)

On notera, en outre, que toutes les sources valables de type ésotérique ou médiumnique situent l’Atlantide au niveau de l’Atlantique… Ce qui rend également absurde la prétention de la localisation de l’Atlantide dans l’Antarctique grâce à…. la pyramide de Khéops ! On “apprend” cette absurdité dans un texte (dont le lien m’a été donné, par email, par un internaute souscrivant à cette localisation) daté du 29 mai 2015 et extrait du “blog de Merlin” : http://homme-et-espace.over-blog.com/2015/05/l-atlantide-localisee-grace-a-la-pyramide-de-kheops.html

Il existe par contre une source “psychique” qui situe l’Atlantide en Antarctique. L’écrivain Placide Gaboury reprend en effet à son compte, à tort, la “confirmation”, par l’entité “Imhotep”, de la localisation de l’Atlantide dans l’Antarctique, cette “information” ayant été obtenue par l’intermédiaire d’une médium prénommée Louise. “Imhotep” est censé être, évidemment, le grand prêtre d’Héliopolis qui a construit la pyramide de Saqqara (vers – 2900). On me permettra de douter qu’il s’agisse réellement de lui, car je ne pense pas que le vrai Imhotep puisse “confirmer” la localisation dans l’Antarctique. Je pense que Placide Gaboury a été convaincu de la localisation antarctique de l’Atlantide par la lecture d’ouvrages d’auteurs (les Flem-Ath, Graham Hancock ou un autre auteur) défendant cette thèse. Et, comme par hasard, il a obtenu une réponse positive en posant cette question à “Imhotep” : “Et l’Atlantide n’était pas située, comme on l’a cru, dans le nord de l’Atlantique (les Açores, etc.), mais dans l’Antarctique, qui était alors un peu plus haut qu’actuellement grâce au déplacement des continents ?” (8)

Voici ce que note par ailleurs Nicolas Montigiani dans le numéro de mai-juin 2016 de sa revue « Science et inexpliqué » :

« Le continent Antarctique a aussi été proposé un temps, sans plus de succès, des carottes glacières prélevées in situ attestent d’une glaciation intégrale depuis plusieurs centaines de milliers d’années. » (9)

 

mernoireCertains spéculateurs ont postulé que l’origine du “mythe” du Déluge pouvait être associé au remplissage de la mer Noire par la Méditerranée, suite à une violente montée des eaux. (William Rayan, Walter Pitman et G. Lericolais.) Siegfried G. Schoppe et Christian M. Schoppe défendent ainsi la thèse erronée selon laquelle l’Atlantide se trouvait au bord de la mer Noire, ceci étant censé expliquer sa brusque immersion. (10)

Mais là encore, outre la localisation erronée, il y a le fait que cet événement s’est produit à une date bien postérieure à la date communément admise (comme dans le récit platonicien) pour la destruction finale de l’Atlantide : il y a environ 12 000 ans.

 

 

Conclusion :

On trouve, dans le numéro 335 de décembre 2008/janvier 2009 de la revue “Le monde de l’inconnu”, un petit texte mentionnant trois localisations de l’Atlantide : au bord de la mer Noire, dans l’Antarctique, et au niveau du détroit de Gibraltar (île du cap Spartel). Je viens de critiquer ces thèses.

Quant aux émissions télévisées sur le sujet de l’Atlantide qui sont périodiquement diffusées, elles se ressemblent toutes, aucune ne mettant en exergue la réelle localisation passée de l’Atlantide : dans l’océan Atlantique, avec sa disparition datant d’environ 12 000 ans. En 2017, il y a eu trois autres exemples de ce type de « documentaires » : une émission sur Planète +, une deuxième émission diffusée le 26 septembre 2017 sur RMC Découverte, intitulée : « Atlantide, la cité perdue ».  Rien que le titre de ce « documentaire » (de James Cameron et Simcha Jacobovici) montre que les responsables de ce dernier sont « à côté de la plaque », l’Atlantide n’ayant pas été une simple cité, mais un continent. Je n’ai pas pu voir ces deux émissions, mais je ne doute pas qu’elles sont aussi mauvaises que les autres, comme pour la rediffusion sur France 5, le 10 octobre 2017, d’une émission intitulée “Le mythe de l’Atlantide”, émission durant laquelle a été défendue la stupide identification de “l’Atlantide” à la civilisation minoenne vers 1600 avant notre ère… Deux rediffusions mettant en avant l’identification de l’Atlantide à Santorin ont encore été programmées en décembre 2017 (la même soirée) sur RMC Découverte. Et cela durera tant que persistera dans la prétendue « intelligentsia » le mythe (réel celui-là) de l’impossibilité d’une civilisation avancée dans la prétendue « préhistoire ».

Alain Moreau

 

1. Pierre Carnac, « L’Atlantide. Autopsie d’un mythe », éditions du Rocher, 2001, p. 67.

2. Jacques Hébert, Atlantide, la solution oubliée”, éditions Carnot, 2003, p. 173-174, 176, 178.

3. “Science et inexpliqué”, n° 10, juillet/août 2009, p. 51.

4. « Science et inexpliqué », n° 19, janvier/février 2011, p. 44-47.

5. « Science et inexpliqué », n° 51, mai-juin 2016, p. 16-17.

6. Graham Hancock, L’empreinte des dieux”, éditions Pygamalion, 1996, p. 434-443.

7. Pierre Carnac, op. cit., p. 216, 221-222.

8. Placide Gaboury, “Les compagnons du Ciel”, Les éditions Quebecor, 2006, p. 152, 156-157.

9. « Science et inexpliqué », n° 51, mai-juin 2016, p. 17.

10. “Le monde de l’inconnu”, n° 335, décembre 2008/janvier 2009, p. 21.

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