Le processus de la transition et les premières phases de l’après-vie. 1ère partie

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Certaines personnes interrogées sur le sujet de l’Au-delà en sont réduites à des considérations « creuses » et inexactes. Ainsi, Marie de Hennezel, qui spécule sur « l’au-delà au-dedans » (1), a dit en 2004, dans une émission télévisée sur France 3 (« Culture et… dépendances »), que personne ne pouvait dire ce qui se passe après la mort, une allégation que je ne partage évidemment pas, de nombreuses personnes ayant eu des aperçus plus ou moins importants des réalités de l’« après-vie », lors de NDE (Near Death Experiences), de « voyages astraux », ou grâce à des informations reçues par voie médiumnique.

On trouve, dans le n° 9 de « Le monde des religions » (janvier/février 2005), une interview d’Hubert Reeves. Interrogé sur ses « intimes convictions », cet astrophysicien dit qu’il voudrait demander à Dieu : « Etait-il possible de faire autrement ? » On lui a demandé s’il s’est posé la question d’une vie possible après la mort. Sa réponse fut :

« On vit en sachant qu’on va mourir, mais sans la moindre idée de ce qu’il y a après. C’est tellement au-delà de nos capacités de penser ! C’est aussi impensable que d’enseigner la géométrie à un chat. » (2)

Les propos d’Hubert Reeves font penser à ceux de Marie de Hennezel et à ceux de Pascale Catala. (3). Selon cette dernière, personne ne peut prétendre savoir ce qui se passe après la mort, toute « affirmation péremptoire sur l’au-delà » devant éveiller la méfiance. De même, dans la quatrième émission (diffusée sur M6 en juin 2010) de la série documentaire « Expériences extraordinaires« , on a entendu le médecin David Servan-Schreiber (1961-2011) dire que personne ne sait (ou ne peut dire) ce qui se passe après la mort. Quant à Charlotte Valandrey, elle a aussi déclaré que personne ne sait ce qui se passe après la mort, et elle a également dit que l’Homme peut tout expliquer sauf la mort. (« Inexploré », n° 16, octobre/novembre/décembre 2012, page 59.) Et dans l’émission « On n’est pas couché » diffusée (sur France 2) dans la nuit du 25 au 26 avril 2015, j’ai entendu Jean Leonetti déclarer qu’il est tout aussi faux d’avoir la certitude qu’il y a le néant après la mort que d’avoir la certitude qu’il y a quelque chose après celle-ci.

Ces affirmations sont erronées. Quiconque s’intéresse de près (avec un esprit d’ouverture) à la littérature médiumnique et ésotérique contemporaine a accès à un grand nombre d’informations sur l’« après-vie ». Et s’il est vrai qu’on ne peut pas encore apporter la preuve formelle de la « non-localité » de la conscience, le recoupement de multiples sources permet de dégager des éléments fondamentaux que l’on retrouve dans de nombreux récits. En fait, les propos de ceux qui disent que personne ne sait (ou ne peut prétendre savoir) ce qui se passe après la mort ne relèvent que de l’ignorance et d’un manque d’ouverture envers certaines sources. La réalité de l’Au-delà n’est absolument pas au-delà de notre capacité de compréhension. Et il est infiniment plus difficile d’enseigner la géométrie à un chat !

Je développe, ci-après, les informations relatives au processus de la mort et aux premières phases de l’« après-vie ».

 

I. Les NDE :

moodyDans plusieurs textes consacrés aux expériences proches de la mort (voyez les textes correspondants dans la même rubrique), je montre que les explications neurologiques, physiologiques et psychologiques réductionnistes (et matérialistes) des NDE sont inaptes à rendre compte des milliers de témoignages recueillis de personnes qui, ayant approché de très près la mort, en ont réchappé. Il n’est pas question, ici, de détailler le contenu des multiples témoignages recueillis. Contentons-nous d’évoquer les traits essentiels en prenant pour référence les deux premiers livres de Raymond Moody.

nde2De nombreux patients attestent qu’ils ont entendu leur médecin ou d’autres personnes présentes annoncer leur mort. Bien des gens décrivent des pensées et des sensations extrêmement agréables se produisant au début. Une personne fit état d’une « douce chaleur » et d’un « immense bien-être », et une autre mentionna la paix, le réconfort, le bien-être et un grand calme…

Beaucoup de personnes se réfèrent à des sensations auditives survenant au moment de la mort ou aux approches de celle-ci. La sensation peut être désagréable (vrombissement pénible, bourdonnement aigu, fort claquement, grondement, détonation). Un sifflement semblable à celui du vent a aussi été cité. Le phénomène auditif peut aussi prendre un aspect musical plus agréable : un tintement de cloches dans le lointain évoquant des harpes éoliennes, une musique très belle et majestueuse.

Souvent, conjointement au surgissement des bruits, les mourants éprouvent la sensation d’être emportés très rapidement à travers une sorte d’espace obscur, qualifié de : « caverne », « puits », « enclos », « tunnel », « cylindre », « vallée », « cuve », « cheminée », « vacuité », « vide », « cloaque ».

 

nde-salle-operation1. Le « corps » :

La personne qui contemple son propre corps vu de l’extérieur peut assister à tout le travail de réanimation. Les individus déclarent, pour la grande majorité d’entre eux, qu’ils se sont vus nantis d’un autre « corps » dont les propriétés sont les suivantes :

– Absence de poids, absence de solidité.

– Impossibilité de saisir les objets.

– Sensation de « flotter », d’absence de pesanteur.

– Possibilité de traverser les obstacles matériels (portes, murs…).

– Déplacements presque instantanés.

Ce « corps » est parfois comparé à un nuage, sphérique ou sans contour précis, mais il affecte aussi souvent l’aspect général du corps physique. L’équivalent de parties corporelles peut être perçu : bras, jambes, tête, etc. Les mots utilisés pour décrire ce « corps » sont divers : « un nuage, un brouillard, une sorte de fumée, une vapeur, une transparence, une nuée colorée, une fumerolle, un centre énergétique »… Certains « expérienceurs » ont fait état de l’identité de forme entre leur corps physique et leur nouveau corps.

 

2. Les perceptions :

Cet état s’accompagne d’une absence de temps. En outre, la pensée est plus lucide et plus rapide que dans l’existence physique.

Certaines personnes évoquent aussi une agréable « chaleur ». Les odeurs et goûts sont absents. La vue et l’ouïe paraissent considérablement aiguisées, plus parfaites que dans l’existence physique. Une femme, qui s’était « décorporée » à la suite d’un accident, fit cette déclaration :

« (…) chaque fois que je regardais quelqu’un en cherchant à deviner ses pensées, il se produisait un effet de ‘‘zoom’’, comme avec une caméra nantie d’une lentille ad hoc, et j’étais brusquement là, toute proche. (…) Quand je souhaitais voir quelqu’un qui se trouvait au loin, c’était comme si quelque chose de moi, une espèce de tête chercheuse, s’élançait vers cette personne. Et j’avais alors l’impression que si n’importe quoi se produisait n’importe où dans le monde, il me serait facile d’y assister. »

Les « expérienceurs » n’entendent pas vraiment, mais ils semblent percevoir directement les pensées de ceux qui les entourent. Il s’agit ici d’une communication directe de conscience à conscience.

Une détérioration même grave du corps physique n’affecte en rien l’intégrité du corps spirituel. Ainsi, un homme partiellement amputé d’une jambe se vit « entier » de l’autre côté…

 

3. Les entités et l’être de lumière :

Toute communication avec les êtres humains est impossible, l’être étant invisible. Si cet état se prolonge, l’individu finit par éprouver une impression de profonde solitude. Cette impression de solitude ne tarde cependant pas à se dissiper car d’autres entités viennent à la rencontre du nouveau venu. Il s’agit de parents ou d’amis décédés, ou d’une entité spirituelle de nature différente.

nde8Des témoins parlent d’une lumière pâle, de plus en plus éclatante, qui ne brûle pas les yeux et n’éblouit pas. Cette lumière est identifiée à un être de qui émane une chaleur et un amour indescriptibles. Si sa description est identique, son identification, par contre, dépend en grande partie des croyances religieuses de l’individu. Les chrétiens auront tendance à assimiler cette lumière au Christ. Une communication directe de pensée à pensée s’établit entre le « décorporé » et l’être. Ce dernier peut poser une question du genre :

« Es-tu préparé à la mort ? »

« Qu’as-tu fait de ta vie que tu puisses me montrer ? »

Aucune condamnation n’est perceptible dans l’attitude de l’être de lumière. Le but de la question semble être d’amener les mourants à réfléchir sur leur existence passée…

 

4. Le panorama de la vie :

nde9L’entité présente ensuite au mourant une vision panoramique de la vie écoulée. Les souvenirs se succèdent à une vitesse vertigineuse, dans l’ordre chronologique. D’autres personnes ne mentionnent pas de succession dans le temps : le rappel est instantané, tout se présente simultanément. Si la vision15 est brève, cette évocation est cependant vivante et réaliste. Certains individus parlent de tableaux en couleurs, en relief, en mouvement. Les sentiments et émotions associés à chaque scène renaissent au passage.

Certaines personnes voient tous les actes de leur vie, du plus insignifiant au plus décisif, alors que d’autres individus ne perçoivent que les faits majeurs de leur vie. Certains « expérienceurs » ont vu dans ce défilé d’images l’effet d’une volonté éducative de la part de l’être de lumière. Tout au long de cette rétrospective, l’être souligne l’importance de deux devoirs fondamentaux :

– Apprendre à aimer le prochain.

– Acquérir la connaissance.

Dans certains cas, la vision rétrospective a lieu en l’absence d’être de lumière. (4)

 

5. La connaissance intégrale :

nde12Certains « expérienceurs » ont éprouvé des impressions de connaissance intégrale : toutes les connaissances, celles du passé, du présent et de l’avenir, « se fondaient en une sorte d’état intemporel ». Ce phénomène a été comparé à un éclair de conscience intégrale, à un « institut d’études supérieures », à une « école », à une « bibliothèque ».

Ainsi, une femme eut la sensation de posséder la connaissance de toutes choses – de tout ce qui avait eu lieu depuis le commencement du monde et de tout ce qui allait avoir lieu indéfiniment. Cette connaissance était présentée sous la forme d’images, de sons, de pensées.

Un jeune homme mentionna s’être retrouvé à l’école. On y respire la connaissance, dit-il, on connaît brusquement toutes les réponses…

Une dame avait le sentiment que tout ce qu’elle aurait voulu savoir pouvait être immédiatement connu.

 

6. Paysages et villes de lumière :

cite-au-delaUn homme se vit entouré d’une très belle lumière dorée dont il ne parvint pas à discerner la source. Il entendit de la musique et vit un paysage de campagne avec des ruisseaux, des arbres, des montagnes. Il précisa cependant que « ce n’était pas vraiment des arbres, ni rien de connu ».

Certaines personnes ont fait état de « villes de lumière ». Une femme, décorporée, vit ses grands-parents, son père et son frère, tous morts. Elle perçut aussi une très belle lumière, très brillante, et des couleurs vives, pas du tout comme sur Terre, indescriptibles. Elle aperçut au loin une ville avec de grandes maisons qui étincelaient, avec des fontaines. Elle employa l’expression « ville de lumière » pour qualifier sa perception. Une belle musique se faisait aussi entendre. On a dit à cette femme que, si elle allait « là-bas », elle ne pourrait plus jamais revenir… et que c’était à elle de décider.

 

7. Les êtres égarés :

Certains rescapés de la mort perçurent également des êtres paraissant « piégés » dans un état apparemment très malheureux. Ils paraissaient incapables de se détacher des liens relatifs au monde physique : ils restaient attachés à quelque personne, à quelque habitude… Ces entités semblaient comme « hébétées », comme si leur conscience se trouvait diminuée. Elles furent confrontées à cette situation jusqu’à ce qu’elles fussent parvenues à résoudre le problème les maintenant dans cet état de confusion.

– Une femme vit ainsi des individus ayant la tête orientée vers le bas, paraissant tristes, déprimés. Ils paraissaient n’avoir conscience ni du monde physique, ni du monde spirituel, et étaient extrêmement désorientés, ne sachant pas qui ils sont, ni ce qu’ils sont. Leur regard était toujours tourné vers le bas, jamais vers le haut.

– Un homme vit un homme (vivant) déambuler dans une rue sans se rendre compte qu’un « Esprit » flottait au-dessus de lui. Il lui semblait que celui-ci avait été la mère du marcheur et que, « incapable de renoncer au rôle qui avait été le sien » sur Terre, « elle essayait de dicter à son fils la conduite à suivre ».

– Une femme vit des êtres essayer, vainement, d’établir le contact avec des vivants. Parmi eux, il y avait une femme qui essayait de se manifester à des enfants et à une autre femme plus âgée, et qui semblait essayer de leur expliquer qu’ils devaient changer, modifier leur style de vie, de crainte qu’ils ne soient, eux aussi, réduits à l’état où elle se trouvait elle-même… (5)

 

II. Observations de mourants :

Les éléments précédents concernent plus spécifiquement les NDE.

Deux pionniers de la recherche psi ont décrit plusieurs cas de visions précédant la mort, mais ils n’ont pas mené d’enquête proprement dite sur ce sujet. Il s’agit de Frédéric Myers et de James H. Hyslop (philosophe de l’Université Columbia).

 

1. William Barrett :

SirWilliamBarrettSir William Barrett (professeur de physique du Royal College of Science à Dublin) recueillit aussi des cas. Les traits essentiels de ceux-ci étaient les suivants :

1. Les visions des mourants mettaient souvent en scène des personnes décédées venues les emporter vers une demeure céleste.

2. De nombreuses visions se produisaient lorsque le patient était tout à fait lucide.

3. Fréquemment, l’« expérienceur » percevait des choses auxquelles il ne s’attendait pas. Ainsi, des enfants furent surpris d’apercevoir des « anges » sans ailes.

4. Parfois, les apparitions furent accueillies de façon exaltée, alors que dans d’autres cas elles furent accueillies avec sérénité et quiétude.

William Barrett a aussi rapporté quelques rares cas où un proche, une infirmière, présents au chevet du mourant, ont semblé partager les visions de celui-ci. (6)

 

2. Karlis Osis :

Karlis-OsisKarlis Osis a notamment occupé, de 1962 à 1975, le poste de directeur de recherches à la Société Américaine de Recherches Psychiques. Il a entrepris une vaste enquête auprès de milliers de médecins et d’infirmières en leur demandant de lui faire part des visions qu’avaient eues leurs patients avant de mourir :

– L’enquête-pilote fut menée en 1959-60.

– Une deuxième enquête eut lieu entre 1961 et 1964 dans cinq Etats américains.

– La troisième étude se déroula dans le nord de l’Inde, en 1972-1973. Elle fut réalisée par Karlis Osis et Erlendur Haraldsson.

Comme il n’est pas possible, ici, de détailler les résultats obtenus, je me contenterai de donner les éléments fondamentaux.

livre-Karlis-OsisL’étude-pilote comprenait 35.540 observations de patients au seuil de la mort. Sur ce nombre, 1318 individus avaient eu des apparitions, et 884 personnes avaient eu des visions. Chez 753 patients, on avait noté une modification soudaine de l’humeur peu de temps avant la mort. Si certaines visions pouvaient être attribuées à des causes pathologiques, le mourant était, dans la plupart des cas, parfaitement lucide et maître de lui. 90% des apparitions dont l’identité put être établie mirent en scène des parents très proches : père, mère, conjoint, fratrie, progéniture.

On regroupa tous les patients que leur fiche médicale pouvait prédisposer aux hallucinations (exemple : troubles ou lésions affectant le cerveau) et on compara leur dossier à celui des autres patients. Le groupe prédisposé aux hallucinations n’avait pas eu plus d’apparitions de parents décédés que l’autre groupe. En outre, les hallucinations du premier groupe étaient plus décousues, plus incohérentes et portaient davantage sur des sujets terre à terre (rappels de souvenirs, conversations avec des personnages imaginaires en visite à l’hôpital). Dans le second groupe, les patients avaient eu, dans leur majorité, des apparitions dont la mission était de les conduire dans l’Au-delà.

Des facteurs tels que la fièvre et l’administration de calmants n’accrurent pas la fréquence des apparitions. Karlis Osis nota que les mourants « parfaitement lucides et suffisamment conscients du milieu environnant pour pouvoir ‘‘interagir’’ avec lui ont plus souvent d’apparitions que ceux dont l’esprit est troublé et dont l’aptitude à communiquer est limitée ». Les analyses démontrent que « le délire ne constitue pas la base des apparitions qui précèdent la mort »… En bref, disons que les données recueillies par l’enquête-pilote coïncidaient parfaitement avec l’hypothèse de la survie.

Qu’en est-il de la description de l’Au-delà dans les études de Karlis Osis et d’Erlendur Haraldsson ? Il semble que sa représentation varie selon l’acquis culturel du patient, tandis que certains éléments fondamentaux caractérisent toutes les visions, et ce, que le patient soit chrétien, hindou, juif ou musulman. Ces éléments fondamentaux sont :

1. L’éclat.

2. Les riches couleurs.

3. La quiétude, l’harmonie et l’extraordinaire beauté.

Cependant, cette représentation de l’Au-delà ne s’accorde pas toujours avec le symbolisme inhérent à la religion du patient. Elle se fonde parfois sur la mythologie gréco-latine, que le patient a appris à l’école. (7)

Dans 17% des cas, la vision a duré de six à quinze minutes, et, dans 27% des cas, le patient a expiré moins d’une heure après. Les visions ont le plus souvent porté sur des personnes décédées (47%). Les apparitions identifiées (91%) étaient, dans l’immense majorité des cas, des parents du patient. Ces parents étaient, dans 90% des cas, des proches. En ce qui concerne les figures religieuses, les figures prédominantes ont été, chez les chrétiens, les anges, Jésus et la Vierge. Les hindous ont vu surtout Yama (le dieu de la mort), l’un de ses messagers, Krishna ou quelque autre divinité.

L’intention d’« emporter le patient » a été notée dans 76% des cas lors de l’étude-pilote, dans 69% des cas dans l’enquête américaine, et dans 79% des cas dans l’enquête indienne. 72% des sujets ont accepté d’accompagner l’apparition, et 41% des patients ont réagi à l’apparition par une amélioration de leur humeur. (Sentiments négatifs : 29%.) Les accueils « positifs » se répartissent à peu près également entre l’exaltation, la sérénité et la quiétude.

Sur les 425 patients sur qui on disposait de renseignements en ce qui concerne la médication, 61% n’étaient sous l’influence d’aucun calmant. Sur 442 patients, 58% n’avaient aucune fièvre. De plus, les patients ayant eu des visions étaient, dans la majorité des cas, éveillés et lucides. Les troubles prédisposant aux hallucinations (lésions cérébrales…) n’ont affecté que 12 à 13% des patients américains et 11% des patients indiens.

Une femme de 76 ans vit « des fleurs partout et de la musique ».

Les analyses faites ont montré que les visions des patients en phase terminale :

– N’ont pas mis en scène les personnes que les sujets avaient exprimé le désir de voir.

– Ne sont apparemment pas liées à certains facteurs comme le stress, l’humeur ou les préoccupations.

– Touchent également les sujets qui espéraient se rétablir.

Ces éléments cadrent très bien avec l’hypothèse selon laquelle les apparitions sont des entités distinctes et non de simples projections issues du cerveau des patients.

Il y a quatre types d’apparitions :

* Une personne vivante.

* Une personne décédée.

* Une figure religieuse.

* Un être mythologique.

Il n’y a que quelques cas d’apparition de personnes vivantes. Le nombre de visions axées sur l’Au-delà (personnes décédées et figures religieuses) est approximativement le même dans les deux pays (USA : 78% ; Inde : 77%). Cependant, la proportion de personnes décédées et de figures religieuses se trouve inversée dans chacun des pays. Les Américains ont eu cinq fois plus d’apparitions de personnes décédées que de figures religieuses (66% contre 12%). Les Indiens ont eu environ deux fois plus d’apparitions de figures religieuses que de personnes décédées (48% contre 28%). Il semblerait donc que la nationalité et la culture n’influent pas sur la fréquence des apparitions axées sur l’Au-delà, mais qu’elles exercent une influence sur la figure qu’elles mettent en scène. Le fait de voir des messagers d’un autre monde serait donc commun à toutes les cultures, alors que son contenu serait assujetti aux particularités de la conscience nationale.

nde45Notons qu’en Inde les visions d’entités féminines sont rares (23%), alors qu’aux Etats-Unis elles atteignent les 61%… L’importance, en Inde, des figures religieuses, est manifestement corrélée à la relation intime, personnelle, que les Indiens ont souvent avec leurs « dieux » (ce qui se traduit par des dons de nourriture et de fleurs aux statues qui les représentent…). On constate donc une similitude frappante entre les deux cultures au niveau du phénomène principal et certains écarts de détail attribuables aux facteurs d’ordre culturel. L’essentiel des phénomènes vécus par les mourants n’est cependant influencé que dans une faible mesure par les facteurs individuels, nationaux et culturels. De plus, on peut affirmer que, dans l’ensemble, les facteurs d’ordre médical n’influencent aucunement sur la fréquence des apparitions axées sur la survie. Une conscience « active » du monde extérieur semble essentielle aux expériences d’apparition.

On a recensé 12 cas d’« incrédules avoués » par rapport à la survie : 2 patients ont vu des personnes décédées, 7 ont vu des personnes vivantes, 1 a vu une figure religieuse, 2 apparitions n’ont pu être identifiées.

Les sentiments de nature religieuse n’ont marqué aucune apparition de personnes vivantes.

Il semble que les sentiments de sérénité et de quiétude touchent surtout les patients dont l’organisme est exempt de prédispositions aux hallucinations (maladie ou médicaments).

Quatre indices de modification de l’humeur ont été analysés : changement du discours du patient, du comportement et des contacts sociaux, gestes de nature religieuse. Les phénomènes se répartissent en deux catégories principales :

* Sérénité et quiétude.

* Joie et exaltation.

Il est apparu que les cas de modification de l’humeur se sont produits, pour la plupart d’entre eux, peu de temps avant le décès du patient. 85% des personnes n’étaient pas dans un état pouvant, selon les observateurs, expliquer les modifications soudaines de leur humeur quelques instants avant leur mort. En bref, les patients étaient, dans la majorité des cas, très lucides, ils n’avaient pas de fièvre, ils n’étaient pas affectés par les médicaments et ils ne souffraient pas de troubles cérébraux ou d’autres affections prédisposant aux hallucinations ou aux états euphoriques. Ce qui va certes à l’encontre de l’hypothèse selon laquelle les facteurs d’ordre médical sont la cause principale de la modification de l’humeur chez les patients.

Une infirmière, attachée à un grand hôpital de New Delhi, a rapporté le cas, qui l’a fortement impressionnée, d’une femme souffrant d’un cancer et qui, depuis plusieurs jours, était déprimée, somnolente… Soudain, une expression de joie et de bonheur illumina ses traits jusqu’à sa mort cinq minutes plus tard.

Le visage d’un homme exprima une « quiétude infinie ». Un autre homme déclara : « Comme c’est beau ! »… Karlis Osis (1961) a rapporté les cas de deux psychotiques chroniques qui, au dire des observateurs médicaux, avaient retrouvé leur personnalité normale peu de temps avant de mourir. Elisabeth Kübler-Ross constata que des schizophrènes chroniques étaient redevenus lucides et normaux peu de temps avant leur mort…

On n’a pu établir de lien entre les changements d’humeur et les médicaments administrés.

On a recueilli 120 cas de patients ramenés à la vie et qui se souvenaient avoir eu une apparition. Les apparitions axées sur la survie ont touché dans une même proportion les personnes ramenés à la vie (80%) et les individus qui sont décédés (81%). Les réactions émotionnelles ont été à peu près semblables dans les deux groupes : prédominance de la sérénité, de la quiétude et des sentiments de nature religieuse.

On a recueilli 112 cas de patients ayant rapporté des visions d’un autre monde :

Une patiente évoqua « un site merveilleux couvert d’herbes et de fleurs ».

Une autre patiente vit un « portail ouvert », et, au-delà, « un lieu plein de fleurs, de lumières, de couleurs ».

Une octogénaire vit « des jardins remplis de fleurs de toutes sortes ».

Le dénominateur commun des visions reste la beauté extraordinaire des lieux.

Une femme vit un « jardin merveilleux auquel on avait accès par un portail ».

Une infirmière vit un portail donnant accès à une vaste étendue de terre.

Une autre femme vit des portes « étincelantes et très belles ».

Une autre personne parla de « vaste portail étincelant » et d’une lumière beaucoup plus intense que ce que l’on connaît sur Terre.

Dans 16% des cas, il est fait référence à des jardins et des paysages merveilleux, éblouissants de couleurs et de lumières. 5% des patients ont vu des structures architecturales symboliques, et, dans 6% des cas, les visions axées sur l’Au-delà ont été accompagnées de musique sacrée et de chœurs célestes : « une musique céleste », un « chœur immense », de la « musique d’orgue », un chant d’anges…

Les visions de lumières et de couleurs, vives et d’une beauté incomparable, sont courantes. 72% des patients ont vécu des expériences d’« une grande beauté ».

Les visions d’une grande beauté accompagnées de quiétude ont dominé dans les deux cultures : Etats-Unis, 82% ; Inde, 94%. Les visions des Indiens, comme celles des Américains, se réfèrent à une lumière étincelante.

* Un ingénieur mentionna « une lumière très brillante ».

* Une Hindoue d’Allahabad vit des « jardins magnifiques parsemés de fleurs ».

* Un étudiant hindou vit « des édifices et des jardins très beaux entourés de collines ».

* Un Hindou vit « un palais magnifique », des « jardins très beaux et un temple où demeuraient plusieurs dieux ».

* Une infirmière indienne de foi chrétienne vit « un merveilleux jardin plein de fleurs », une « lumière étincelante », et crut voir Jésus.

Des patients rapportèrent des expériences de dédoublement :

* Une femme, par exemple, « vola dans l’espace ».

* Un Indien se sentit « voler dans les nuages ». Très léger, il entendit de la musique et des chants en sourdine…

* Un commis de bureau du Bengale vit notamment « un paysage magnifique, des fleurs très belles »

Karlis Osis et Erlendur Haraldsson ont dressé un tableau comparatif des phénomènes axés sur l’Au-delà, relatif aux patients indiens et américains. Les similitudes observées entre les deux pays, quant à l’essentiel des phénomènes de visions précédant la mort, appuient de toute évidence l’hypothèse de la survie. Dans l’ensemble, on retrouve dans les trois enquêtes les mêmes éléments structurels prédominants.

Elisabeth Kübler-Ross a confié en 1976 à Karlis Osis et Erlendur Haraldsson qu’elle avait fréquemment observé des phénomènes ayant les mêmes caractéristiques fondamentales que ceux étudiés par eux : prédominance des apparitions axées sur la survie, intention d’emporter le patient manifestée par le « spectre », réactions émotionnelles de sérénité et de quiétude…

Karlis Osis et Erlendur Haraldsson mentionnent les symptômes du syndrome de dépersonnalisation décrits par Noyes et Kletti (sensations d’étrangeté et d’irréalité, etc.). Les rapports recueillis par ces derniers concernaient des rescapés de chutes, de noyades ou d’accidents de voiture, l’échantillon ne comprenant aucun patient en phase terminale. Les sujets devaient répondre, par oui ou non, à un certain nombre de questions, ce qui ne leur permettait pas de détailler leurs expériences. Selon Noyes et Kletti, il ne s’agissait que de mécanismes de défense psychologiques destinés à voiler à l’individu l’imminence de sa mort. Karlis Osis et Erlendur Haraldsson précisent que leurs propres résultats ne coïncident pas du tout avec ces explications de type psychiatrique, et ce, même après une analyse des facteurs d’ordre médical, psychologique et culturel. Ils ont aussi découvert des similitudes entre les expériences des mourants et celles des mystiques. (8)

 

3. L’étude d’Ernest Bozzano :

Bien avant Karlis Osis et Erlendur Haraldsson, le « métapsychiste » italien Ernest Bozzano (1862-1943) avait collecté une série de cas d’apparitions au chevet des mourants. Il avait divisé ses cas en plusieurs catégories :

1° Cas dans lesquels les apparitions des décédés sont perçues uniquement par le mourant et se rapportent à des personnes dont il connaît la mort.

2° Cas dans lesquels les apparitions de défunts sont également perçues uniquement par le malade, mais en relation avec des personnes dont il ignore la mort.

3° Cas dans lesquels d’autres personnes, en plus du mourant, perçoivent le défunt.

4° Cas d’apparitions au lit de mort, coïncidant avec des « pré-annonces » ou des confirmations analogues obtenues par médiumnité.

5° Cas dans lesquels les familiers du mourant sont seuls à percevoir les défunts.

6° Cas de « musique transcendantale » au chevet du mourant.

Ne sont répertoriés ci-dessus que les cas en rapport avec les visions de mourants, en laissant de côté d’autres phénomènes mentionnés par Ernesto Bozzano (apparitions de défunts peu de temps après le décès, etc.).

 

– Le cas Daisy :

L’un des cas les plus intéressants rapportés par Ernest Bozzano est celui de la petite Daisy, décédée en 1864 à l’âge de dix ans. Son père était David Anderson Dryden, missionnaire de l’Eglise Méthodiste. Atteinte de fièvre typhoïde, elle eut le pressentiment de sa fin, et, trois jours avant son décès, elle devint clairvoyante. Elle communiqua avec Allie, son petit frère mort sept mois auparavant de scarlatine. Elle déclara à son entourage qu’Allie lui avait dit qu’elle pourrait revenir quelquefois, mais qu’elle ne serait pas visible. Tout au plus pourrait-elle communiquer par la pensée. Son esprit, dit-elle, « est maintenant lié au corps par un fil très faible de vie ». Allie est vêtu d’un « manteau » blanc resplendissant. Les anges n’ont pas d’ailes, dit-elle, ils ne volent pas mais « se transportent ». Daisy avait de plus conscience qu’elle possédait un corps spirituel qui remplacerait le corps qu’elle devait abandonner.

« Avant qu’apparaisse l’aurore de demain, je ne serai plus. »

Lorsque 11 heures et demie du soir sonneront, dit-elle, « Allie viendra me chercher ». Elle expira en effet à cette heure. La sœur de la petite « voyante », Madame Loulou Dryden, confirma au professeur Hyslop la véracité des faits. (9)

 

– Autres cas :

Dans certains cas, d’autres personnes que le mourant ont aperçu un défunt.

Madame Laura C. Homers aperçut à côté du lit d’un malade, M. Quimby, « une espèce de luminosité plutôt opaque (…), ayant la forme d’une grosse betterave avec la pointe vers le sol »… Le malade eut le sentiment qu’il s’agissait de sa mère.

En décembre 1864, Emma M. Pearson et Elisa Quinton perçurent une figure de femme, petite, enveloppée dans un vieux châle, avec un chapeau démodé et une perruque ornée de trois rangs de boucles. Cette apparition était une sœur trépassée de la malade. La tante Harriet mourut le soir de ce même jour… Avant de mourir, elle avait dit avoir vu sa sœur venue la chercher.

Parmi d’autres cas, Ernest Bozzano cite celui relatif à une infirmière, Madame Joy Snell. Elle-même clairvoyante, elle relata ses propres expériences au chevet des malades assistés. Elle aperçut, en même temps que les mourants, les personnalités spirituelles venues pour les accueillir et les aider pour le « grand passage ». Elle perçut ainsi la présence, autour d’une jeune fille de dix-sept ans qui mourait, de deux formes spirituelles qui n’étaient autres que deux jeunes filles qui avaient été les meilleures amies de la malade. La mourante reconnut ses amies. Un sourire de joie suprême illumina son visage… Elle tint les bras levés au ciel, ses mains serrées dans celles de ses amies défuntes.

Un fait intéressant eut lieu au lit de mort du poète et penseur nord-américain Horace Traubel (1859-1919). Ce dernier dit avoir vu son ami Walt Whitman, le poète décédé, lequel « semblait entouré d’une auréole d’or ». Il déclara au mourant : « Viens ; je t’attends ». Walt Whitman fut aussi aperçu par le colonel Cosgrave. Ce dernier vit un petit nuage qui grandit rapidement et prit une forme humaine (avec un veston léger, un chapeau en feutre…). Cette forme fut identifiée à Walt Whitman. Ce dernier se dirigea vers le colonel dont il toucha la main. Le colonel ressentit ce contact comme une légère secousse électrique. Walt Whitman sourit à Horace Traubel et disparut… Ceci se produisit deux heures avant le décès d’Horace Traubel. (10)

Le 30 décembre 1874, le docteur Vincent Gubernari mourut. A l’agonie, il disait qu’il voyait près de son lit l’« Esprit » du docteur Panattoni, ainsi que les « Esprits » de sa mère et de sa tante. Son décès avait été annoncé lors de séances spirites. (11)

Ces quelques cas, choisis parmi d’autres cités par Ernest Bozzano, s’ajoutent aux récits recueillis par Karlis Osis et Erlendur Haraldsson, et à ceux de rescapés NDE, qui font état de parents ou amis venant chercher le mourant.

Le premier novembre 1905, une infirmière, qui assistait une femme atteinte d’un cancer et qui était à l’agonie, vit une forme humaine semblant constituée « de brouillard ou vapeur condensée avec des bords incertains et confus ».

En 1894, une femme vit, deux nuits avant le décès de sa fille, une vive lumière qui éclaira la chambre. L’infirmière vit au pied du lit le mari de la dame, celui-ci étant mort six mois auparavant.

Le 23 mai 1902, le mari d’une dame qui allait mourir ce jour-là aperçut trois petits nuages qui se rapprochèrent du lit de la mourante. Il vit une silhouette féminine, transparente, avec une lumière aux reflets dorés, vêtue d’un costume grec aux manches longues et larges. Sur la tête, on voyait une couronne. D’autres formes étaient présentes, dont deux vêtues de blanc. Au-dessus de l’épouse du témoin, une forme blanche nue était suspendue dans une position horizontale. Cette forme :

« … était rattachée au corps de la mourante par un cordon qui touchait au-dessus de l’œil gauche, comme s’il s’était agi de son corps ‘‘astral’’. A certains moments, la forme suspendue restait parfaitement immobile ; puis elle se contractait et diminuait (…). »

Après une période de calme, le « corps astral » recommença à grandir et à diminuer de nouveau. Lorsque la moribonde cessa de respirer, la « forme astrale » redoubla d’efforts pour se libérer. Mais la mourante recommença à respirer. Il en fut ainsi à deux ou trois reprises, puis tout fut fini.

« Avec le dernier soupir et le dernier spasme, le cordon qui la rattachait au ‘‘corps astral’’ se brisa, et je vis le ‘‘corps astral’’ s’évanouir. Les autres formes spirituelles aussi, ainsi que la nébulosité dont la chambre était envahie, s’évanouirent subitement. » (12)

chant-des-anges2On a recensé de nombreux cas d’auditions de musiques inconnues au chevet de mourants. Souvent, la musique est perçue par d’autres personnes que le mourant. Dans la plupart des cas, les assistants la perçoivent seuls, le mourant se trouvant dans un état comateux.

Le mystique allemand Jacob Böhme (1575-1624) disait percevoir, au moment de l’agonie, une musique très douce exécutée par les anges venus recueillir son esprit… Louis XVII entendit aussi une belle musique.

La petite Daisy Dryden, dont j’ai cité le cas plus haut, entendit aussi une « musique céleste ». Ce sont les anges qui chantent, disait-elle.

En 1880, le frère, âgé de quinze ans, de E. W. Barnet, entendit une « musique délicieuse »… Il survécut néanmoins.

La fille d’un ministre de l’Eglise Ecossaise écrivit à Arthur Lovell, son professeur, pour lui signaler le décès de son père, survenu trois semaines auparavant. Alors que le père était agonisant, la mère entendit un « chant merveilleux » qui s’éteignit en même temps que le mourant. L’infirmière entendit aussi ce chant…

Lors du décès de Wolfgang Goethe, en mars 1832, on entendit « des accords musicaux suaves »… La musique mystérieuse se fit entendre jusqu’au décès de Wolfgang Goethe.

Parmi les autres cas cités par Ernest Bozzano il y a notamment ceux faisant référence à une « musique de paradis », à un « chant divinement mélodieux », à de « majestueux accords musicaux », aux « notes tristes d’une harpe éolienne ». Dans ce dernier cas, survenu en 1863 et rapporté par Madame Sarah A. Sewell, la musique a été perçue trois fois, trois jours différents, par plusieurs personnes. La malade était une fillette. Le mari et la fille confirmèrent le phénomène… Le mari écrivit, en avril 1885, qu’il avait la conviction absolue que cette musique ne venait pas de musiciens vivants. La mourante, elle, ne perçut rien…

Un autre cas se produisit en 1872. Le beau-frère, sourd-muet, de Septimus Allen, tomba gravement malade. Le narrateur et sa femme entendirent « une musique merveilleuse » venant de la chambre de John (le beau-frère). Ce dernier avait les yeux fixés vers le plafond, « le visage illuminé par un sourire extatique ». Il annonça la visite de deux personnes qui, effectivement, arrivèrent un quart d’heure après, ce qu’il ne pouvait pas normalement savoir. Il déclara qu’il avait contemplé « les beautés du Paradis » et écouté une merveilleuse « musique angélique ». Le patient put cependant se rétablir… (13)

 

4. Cas cités par Kenneth Ring :

Kenneth Ring mentionne la conception des Tahitiens qui croient, selon un missionnaire du dix-neuvième siècle, qu’au moment de la mort l’âme sort du corps. Une substance, prenant forme humaine, sort par la tête :

corps-vaporeux-nde« Car, parmi les rares privilégiés ayant le don sacré de voyance, certains affirment que, peu après l’arrêt de la respiration du corps humain, une vapeur s’élève de la tête et plane un peu au-dessus, en lui restant reliée par une corde vaporeuse. La substance, dit-on, augmente peu à peu de volume et prend la forme d’un corps inerte. »

La corde de liaison finit par disparaître et l’âme s’éloigne en flottant…

Robert Crookall, qui a écrit plusieurs ouvrages sur les expériences extracorporelles, a recensé environ une vingtaine de narrations d’observations relatives aux perceptions des agonisants. Kenneth Ring a donné les deux exemples suivants, tous deux très intéressants : celui d’Estelle Roberts et celui d’un médecin nommé R. B. Hout.

 

a) Le cas Estelle Roberts :

Estelle Roberts vit, au moment de la transition de son mari, l’esprit de ce dernier sortir par la tête et se modeler peu à peu « en une réplique exacte de son corps terrestre » :

« Il est resté en suspension à peu près à trente centimètres au-dessus de son corps, étendu dans la même position horizontale, et relié à la tête par une corde. Puis la corde s’est brisée et la forme spirituelle s’est éloignée en flottant et a traversé le mur. »

 

b) Le témoignage de R. B. Hout :

A l’occasion de la mort de sa tante, R. B. Hout vit d’abord, à environ une soixantaine de centimètres au-dessus du lit, « le vague contour d’une substance brumeuse semblable à du brouillard ».

Cette vapeur « prit du volume, devint plus dense, compacte, et se condensa » pour finalement prendre une forme humaine ressemblant au corps physique de la moribonde. Le corps astral (l’expression est employée par R. B. Hout) « restait en suspension, horizontalement, à moins d’un mètre au-dessus de sa contrepartie physique »…

nde-46R. B. Hout distingua nettement les traits du visage qui étaient similaires à ceux du visage physique, mais qui « rayonnaient de paix et exprimaient la vigueur au lieu de la vieillesse et la douleur ».

« Les yeux étaient fermés comme sur un sommeil paisible et une luminosité paraissait irradier du corps de l’esprit. »

L’attention de R. B. Hout fut attirée « par une substance argentée qui ruisselait de la tête du corps physique vers celle de l’esprit » du « double ».

« Puis je vis la corde de liaison entre les deux corps. Et tout en regardant, je me disais intérieurement : ‘‘La corde d’argent !’’ Je comprenais sa signification pour la première fois. Cette ‘‘corde d’argent’’ était le lien de connexion entre les corps physique et spirituel, de même que le cordon ombilical unit l’enfant à sa mère …
La corde était attachée après chacun des corps à la protubérance occipitale, juste à la base du crâne. A son point de liaison avec le corps physique, elle s’épanouissait en éventail, et de nombreuses brindilles séparées se rattachaient séparément à la base du crâne. corde-d-argent-ndeMais en dehors de ses points d’attache, la corde était ronde et d’un diamètre d’environ deux centimètres et demi. Sa couleur était celle d’un rayonnement lumineux translucide et argenté. Elle semblait vibrer sous l’effet d’une énergie intense. Je voyais des pulsations lumineuses la parcourir depuis le corps physique en direction de l’esprit du ‘‘double’’. A chaque pulsation, le corps de l’esprit prenait vigueur et densité, tandis que le corps physique paraissait plus apaisé et inerte… A ce moment, les traits devinrent très distincts. Toute la vie se trouvait dans le corps astral… les pulsations de la corde s’étaient arrêtées… Je regardai les brindilles de la corde épanouies en éventail à la base du crâne. Chaque brindille claqua… la séparation finale était imminente. Un double processus de mort et de naissance allait s’ensuivre… la dernière brindille de connexion de la corde d’argent craqua et le corps de l’esprit fut libre.

Le corps de l’esprit, qui se trouvait jusque-là en lévitation (étendu sur le dos), se redressa… Les yeux fermés s’ouvrirent et un sourire éclaira les traits rayonnants. Elle m’adressa un sourire d’adieu et disparut. »

 

c) Le cas de A. S. Wiltse :

Un cas ancien est celui d’un docteur en médecine, A. S. Wiltse, qui faillit mourir de la typhoïde en 1889. Son dossier a été établi par deux chercheurs de la SPR britannique, Richard Hodgson et Frédéric Myers.

A. S. Wiltse passa environ quatre heures dans le coma. Durant cet état, il lui sembla « ressentir et entendre la cassure d’innombrables petites cordes ».

« Quand cela fut fini, je commençai lentement à m’éloigner des pieds, en direction de la tête. (…) A ma sortie de la tête, je flottai de haut en bas et latéralement, comme une bulle de savon attachée au fourneau d’une pipe, jusqu’à ce que je me sépare du corps et tombe légèrement sur le plancher, d’où je me relevai lentement et me développai en prenant la pleine stature d’un homme. J’avais un aspect translucide avec un reflet bleuâtre et j’étais totalement nu. (…) ».

En se retournant, son coude « heurta » le bras d’un homme, passa à travers celui-ci sans résistance apparente. A. S. Wiltse vit son propre corps étendu sur le lit… Puis il reprit conscience dans son corps physique.

 

d) Charles Hampton :

Kenneth Ring cite aussi un auteur ésotérique, Charles Hampton, qui, dans un petit livre publié en 1943, décrit le processus de la mort.

Lorsque la transition s’annonce, écrit-il, la tête « se met à briller intensément » :

« Elle ressemble à une boule dorée. Pendant tout ce temps, la corde d’argent prend également de la vigueur : une matière éthérique la parcourt rapidement sous l’aspect d’une lumière fluorescente qui extrait imperceptiblement de plus en plus de force vitale, en quelque sorte comme par succion. Là où la corde d’argent est reliée aux principaux ganglions nerveux, elle se compose de milliers de fils très fins. A mesure que les forces vitales refluent vers le monde supérieur, ces fils commencent à casser. »

Charles Hampton mentionne ensuite le « double éthérique », lequel a l’apparence d’une brume d’un blanc bleuâtre et est une réplique du corps physique. Ce double éthérique, qui n’est pas un « véhicule de conscience », a pour fonction de transmettre la vitalité au corps par l’intermédiaire du système nerveux. Il se désintègre quand il est abandonné :

« Au moment même de l’éveil dans le monde astral, la matière éthérique se dissout comme une brume. » (14)

 

III. La corde d’argent :

La corde d’argent est mentionnée par de nombreux ésotéristes ou occultistes : Max Heindel, Lobsang Rampa, etc. Elle est aussi mentionnée par les spécialistes de la décorporation :

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1. Sylvan Muldoon :

Sylvan Muldoon écrivit en 1929 un ouvrage sur ses propres expériences extracorporelles. Voici ce qu’il écrivit à propos de ce qu’il appelait le « câble d’argent », dont il eut souvent l’occasion d’observer l’activité particulière :

Sylvan-muldoon-projection-corps-astral« Son élasticité dépasse l’imagination et n’est comparable à celle d’aucun objet matériel car il s’agit d’un organe véritablement vivant. La corde astrale s’étend toujours d’un corps à l’autre sans tenir compte de l’espace ou de la distance qui les sépare. »

Le diamètre du câble « diminue à mesure que s’accroît la séparation des deux corps, jusqu’à atteindre son minimum à une certaine distance – minimum qu’il gardera alors en permanence -, son calibre étant celui d’un fil à coudre ordinaire ».

« Du début de la séparation des corps à la distance où le câble astral arrive à son calibre minimum, celui-ci est toujours parcouru d’une activité intense ; cette distance est appelée le ‘‘champ d’activité du câble’’. »

Apparemment, note Sylvan Muldoon, « le câble astral est d’une couleur gris-blanc, et lorsqu’il s’allonge il fait penser à un long fil d’araignée ».

Le but de la « ligne de force astrale » est de délivrer le souffle de vie au corps physique quand le corps astral est projeté. (15)

 

2. Robert Monroe :

Robert A. Monroe eut un jour la sensation, alors qu’il était sorti de son corps, que quelque chose le retenait, et il ressentit une traction, non douloureuse, au niveau de la nuque. Il réintégra son corps.

« Qu’est-ce donc qui m’a ainsi ramené en arrière ? Le ‘‘ câble’’ dont j’ai entendu parler depuis lors. »

Une nuit, Robert Monroe décida de vérifier s’il était vrai qu’un « câble » reliait le « Corps Second » (le corps astral) au corps physique.

robert_monroe« Je n’avais jamais remarqué sa présence par le passé, hormis en certaine occasion une sensation de traction vers l’arrière. (…) Je quittai le physique par rotation axiale et demeurai dans la chambre à quelques dizaines de centimètres au-dessus de mon corps physique. Je me retournai en quête du ‘‘câble’’ que je ne vis pas : soit il faisait trop sombre dans la pièce, soit il n’existait pas. Je tâtai ensuite l’arrière de ma tête, le sommet de mon crâne et mon front, me disant que je le toucherais peut-être. Vers la nuque, ma main rencontra quelque chose que j’examinai des deux mains. Cela s’étendait à partir d’un point situé sensiblement entre mes omoplates, pour autant que je puisse le déterminer. Je fus surpris de ne pas le découvrir au niveau de la tête proprement dite. Il semblait s’agir des racines d’un arbre irradiant à partir du tronc principal. Les racines pénétraient dans mon dos et en sortaient depuis le milieu de mon torse environ jusqu’à mon cou et mes épaules. Je les suivis en éloignant mes mains de mon corps et constatai qu’elles formaient un ‘‘câble’’, s’il est permis de parler de ‘‘câble’’ dans le cas d’un élément d’une épaisseur de près de cinq centimètres. Il pendait librement et je sentais très nettement sa texture. Il avait la chaleur d’un corps et paraissait formé de centaines (milliers) de fils faisant songer à des tendons soigneusement réunis mais pas torsadés ni disposés en spirale. Le ‘‘câble’’ était souple et ne paraissait pas recouvert de peau. Convaincu de son existence je décidai de poursuivre mon incursion dans cet autre univers. »

Il semble, nota Robert Monroe, que des messages du corps physique atteignent le « Corps Second » par l’intermédiaire du « câble », « ainsi que le suggèrent les retours provoqués par une mauvaise position » du corps physique « entraînant une mauvaise circulation, ainsi que le coup frappé à la porte »

« Si la liaison est maintenue en permanence, il doit s’agir d’une substance hautement élastique à l’instar du Corps Second, étant donné qu’elle est capable de s’allonger de manière apparemment infinie. » (16)

 

3. Raymond Réant :

Le sujet psi Raymond Réant pratiquait aussi la décorporation.

Raymond-reant« (…) Je me sentis sortir de mon corps avec un bruissement semblable à celui que produisent deux étoffes frottées l’une contre l’autre. J’eus l’impression de me diriger vers un point lumineux qui grandissait progressivement, comme si je sortais d’un tunnel sombre. J’éprouvai tout à coup une sorte de décompression, puis un sentiment d’ineffable légèreté. Je me trouvai au même instant en contact avec le plafond qui ne m’opposait aucune résistance, comme s’il n’était qu’un gaz. Un fin conduit lumineux me reliait à mon corps physique. »

Il précisa que son corps astral est relié par un cordon lumineux à un endroit de sa personne proche du nombril. C’était, chez Raymond Réant, la place naturelle du cordon, « mais ce n’est pas un point fixe, et, pour d’autres personnes, il peut partir de la glande pinéale » ou d’un autre point du corps. Ce cordon, écrivit-il, « est une onde, si je peux l’appeler ainsi ». Il ressemble « à un fin rayon lumineux ». (17)

 

4. William Buhlman :

William Buhlman précise que, d’après ses observations, la corde d’argent est « une substance fibreuse filiforme ressemblant au fil d’une toile d’araignée ».

Lorsque la corde est rompue, « la vie biologique se termine ».

Le 17 octobre 1983, lors d’une décorporation, William Buhlman remarqua la présence, dans la pièce, de son jeune chien beagle, lui aussi « décorporé » !

William-Buhlman« Je suis au comble de la surprise car je n’ai jamais vu un animal durant mes sorties hors-corps. Il a l’air étonnamment naturel et solide alors qu’il remue la queue et lève les yeux vers moi. Je remarque qu’il a les yeux brillants et puis je vois quelque chose d’autre : il y a un mince filament semblable à un fil d’araignée s’étirant depuis son corps et s’étendant derrière lui jusqu’à la chambre. Par curiosité, je me penche et touche la petite corde argentée. Instantanément, le jeune chien disparaît. Je suis surpris par le changement subit et réintègre brusquement mon corps physique. » (18)

 

5. Anne Givaudan et Daniel Meurois :

Anne Givaudan et Daniel Meurois ont pu suivre, en état de décorporation, pendant les neuf mois que dure une grossesse, l’itinéraire de Rebecca, une âme qui s’apprêtait à revêtir un corps de chair.

Peu avant la naissance, deux grands êtres de Lumière entreprirent « un patient et délicat massage » de la corde d’argent qu’ils étiraient, jouant avec sa fluidité :

Anne-Givaudan-et-Daniel-Meurois« Enfin, soudain, en saisissant pleinement l’extrémité qui s’effiloche à la façon d’une vapeur, ils la plongent en un point précis du ventre de la jeune femme, juste sous l’ombilic. Là, leurs mains se livrent à une sorte de danse dans laquelle chaque geste est étudié… Tout est si ordonné ! »

Rebecca qualifia ces êtres d’« anges ». Elle dit que ses amis « ont seulement évoqué l’existence d’un monde où la lumière est limpide comme le diamant, un monde qui est leur demeure et leur source ».

« La tâche de ces êtres, voyez-vous, est de cheviller la conscience au corps physique à l’heure précise de la naissance. Ce sont les Sages de la Corde d’Argent. » (19)

 

* Oui, la corde d’argent existe !

Il y a le cas de cette femme qui, alors qu’elle était inanimée, s’était retrouvée en possession d’un nouveau « corps », une seule chose lui étant impossible : trancher un cordon de matière presque impalpable qui la rattachait à son ancien corps. Ce cordon s’allongeait indéfiniment, mais gênait sa locomotion. Elle s’y « empêtrait ». (20)

C’est un fait que les personnes qui expérimentent une sortie hors du corps ne signalent pas, pour la majorité d’entre elles, la présence de la corde d’argent. Ce constat est à l’origine d’une grosse erreur commise par Ian Wilson. Celui-ci, dans un livre publié en 1997 (en France : en 1998), a écrit qu’une « corde d’argent » entre le « corps spirituel » et le corps physique « est un aspect régulièrement rapporté par les faux médiums spiritualistes depuis au moins un siècle, mais n’a pas d’équivalent dans l’ensemble des témoignages de quasi-mort »… (21) Or, absolument rien n’autorise à qualifier de « faux médiums spiritualistes » les personnes ayant témoigné de l’existence de la corde d’argent. Cette dernière est signalée non seulement par les auteurs de type « ésotérique » ou « occultiste » et par des sujets pratiquant la décorporation, mais aussi dans diverses cultures… Toutes ces sources convergent remarquablement pour attester l’existence de la corde d’argent.

Le problème est de savoir pourquoi les personnes expérimentant la décorporation ne perçoivent pas, pour la majorité d’entre elles, ce lien énergétique unissant le corps physique et le corps spirituel. Un « décorporé » comme Robert Monroe, par exemple, n’a que très rarement perçu ce lien. Or, comme nous l’avons vu plus haut, il a pu se rendre compte de l’existence de celui-ci en cherchant à déterminer sa réalité ou non…

Ian Wilson prétend qu’aucun « sujet crédible de quasi-mort » (NDE) n’a mentionné la corde d’argent. Or, dans une note en fin de volume, cet auteur mentionne l’ouvrage de Peter et Elizabeth Fenwick (Londres, 1995), dans lequel sont répertoriés des cas de personnes ayant aperçu un tel cordon lors d’une NDE ! (22)

Si j’ai insisté sur la corde d’argent, c’est parce que la rupture de celle-ci correspond à la mort biologique définitive.

Notons, au passage, que la corde d’argent est mentionnée… dans la Bible ! Voici la citation :

« L’homme s’en va vers sa maison d’éternité ! Et les pleureurs tournent déjà dans la rue ; avant que le fil d’argent lâche, que la lampe d’or se brise, que la jarre se casse à la fontaine, que la poulie se rompe au puits. » (Ecclésiaste, XII, 6) (23)

temoin-jehovaVoilà une citation qui va à l’encontre des affirmations de nombreux « croyants », comme les Témoins de Jéhovah, lesquels enseignent que la Bible n’enseigne pas l’existence de l’âme ! De surcroît, les Témoins de Jéhovah se réfèrent notamment à certains passages de l’Ecclésiaste (pas de chance !) pour justifier leur négation de l’existence de l’âme ! Or, pour l’« ésotériste » que je suis, qui dit « fil d’argent » se rompant à la mort, dit aussi « corps spirituel » se séparant du corps physique… Je signale, par ailleurs, que Wilfried Chettéoui a, dans un livre paru en 1983, publié des photographies prises au chevet d’une mourante. Sur ces documents exceptionnels, on voit la « corde d’argent » reliant le corps physique à la tête, au cœur et au plexus. (24)

corde-argent2

Et n’oublions pas la mythologie grecque. On connaît le mythe des trois Parques, dans lequel la vie est symbolisée par un fil. Clotho, la première des trois Parques, le file, Lachésis le tisse, et Atropos le coupe quand l’heure de la mort a sonné… (25) La vie, effectivement, tient toujours… à un fil.

 

IV. Le cas d’Elisabeth :

A l’aide de la méthode de décorporation qui leur est propre, Anne Givaudan et Daniel Meurois ont pu suivre, pendant les derniers mois de la vie d’Elisabeth, l’itinéraire de cette femme atteinte d’un cancer généralisé. Semaine après semaine, ils ont retranscrit le vécu de son être profond au seuil de la mort, ses métamorphoses et ses découvertes.

Ils prirent contact avec elle en état de décorporation et entamèrent à différentes reprises une discussion avec le corps de son âme ou, si l’on préfère, son corps de lumière. A un moment donné, Elisabeth fit l’observation suivante :

« Dans les livres, il était question d’une sorte de cordon d’argent, mais à aucun moment je ne l’ai perçu. »

L’un des deux « voyageurs extracorporels » fit cette réponse :

« Ne t’en préoccupe pas ; rares sont ceux qui l’aperçoivent. » (26)

Chacun de nous a une date précise, prévue, pour quitter son corps : celle-ci, qui n’est pas arbitraire, a été déterminée en fonction de l’histoire de notre être, de ce que nous avons à accomplir « et de l’impact que nous laissons nécessairement sur autrui et le monde ».

« Cette heure juste, nous l’acceptons ou nous la refusons plus ou moins consciemment. Le suicide, ou certaines maladies graves qui rongent les unes après les autres les défenses d’un organisme, sont les manifestations d’un tel refus dans l’immense majorité des cas. Elles témoignent d’une façon de dire ‘‘non’’ à la poursuite d’un itinéraire ». (27)

nde78En se déplaçant, en décorporation, dans le parc de l’hôpital, Anne, Daniel et Elisabeth perçurent d’autres formes de lumière : des silhouettes humaines assemblées par petits groupes de deux ou trois…

« Les abords des lieux où des êtres souffrent sont toujours peuplés de la sorte. Dès qu’une âme demande de l’aide et s’ouvre réellement à cette aide, ce que l’on appelle d’une façon un peu naïve ‘‘l’Au-delà’’ y répond. Ainsi, vois-tu, les couloirs des hôpitaux sont-ils très souvent visités par des consciences qui viennent réconforter et épauler d’autres consciences. » (28)

Alors qu’elle se trouvait dans le coma, Elisabeth se retrouva dans l’espace de ses pensées, généré par sa conscience. Les sièges présents dans la « pièce » qu’elle occupait étaient issus de son imaginaire. Ce qu’elle voyait sur ces sièges était constitué par des images du passé reconstituées par sa conscience. Elle assista, à diverses reprises, à des scènes de sa vie passée. (29)

Et puis, un jour, elle prévint, toujours hors de son corps, qu’elle allait s’en aller. Une tante, « partie » il y a longtemps, était venue la voir. Elle l’avait beaucoup aimée lorsqu’elle était toute petite :

« … elle me semblait tellement plus jeune que dans mes souvenirs. (…) Alors elle m’a serrée dans ses bras comme lorsque j’étais encore la petite fille d’autrefois, puis elle m’a juste dit : ‘‘Tu sais, Elisabeth, il est bientôt l’heure… je viens te chercher’’. Et ensuite elle est partie… » (30)

Les auteurs notent que la corde d’argent « n’apparaît pratiquement jamais à ceux qui quittent leur enveloppe de chair ».

« Sa rupture, au moment de la mort, ou plutôt sa dissolution, n’est pas non plus perceptible en tant que telle. Elle procure simplement un sentiment intense de libération, sentiment qui est vécu plus ou moins pleinement en fonction de l’ouverture de conscience de celui qui part, et donc de son non-attachement, de sa non-identification au corps physique. » (31)

Le corps physique décharné d’Elisabeth était allongé sur le lit, et le fin halo de lumière grise qui l’entourait était maintenant à peine perceptible :

« De temps à autre, il est encore parcouru par de petites décharges aux accents électriques, puis il se colore d’une teinte ambrée. Alors, entre la rate et le cœur, un très léger tourbillon y apparaît soudain, frénétique, presque joyeux. Puis, plus rien.

La robe de chair d’Elisabeth s’éteint pour toujours, en silence, tranquillement.

Avec une certaine émotion, nous voyons son enveloppe vitale s’estomper, se dissoudre et rejoindre l’infini de l’éther, non pas d’un seul élan, mais en souplesse, avec une extrême lenteur, particule après particule. »

Cette « enveloppe vitale » correspond à l’aura éthérique, laquelle disparaît au moment de la mort, alors que le corps éthérique lui-même met environ trois jours à se dégager complètement de l’enveloppe de chair.

Elisabeth, dans sa forme lumineuse, éprouva le besoin de promener ses mains le long de son corps :

« Oui, elle est bien là, cette nuque qui lui faisait tellement mal… autrefois. Il est là aussi, ce sein dont on l’avait amputée… en d’autres temps. Oui, elle est là ‘‘tout entière’’, telle une jeune femme qui se découvre et s’étonne de sa propre beauté. » (32)

Elisabeth assista à son propre enterrement :

« Mon enterrement… mon enterrement », murmure alors avec hésitation notre amie. « Ce mot me paraît soudain tellement dérisoire ! J’ai peine à croire que c’est moi que l’on enterre… Qu’est-ce que cela veut dire ‘‘enterrer’’ ? Cette seule sonorité me faisait si peur autrefois… et voilà que maintenant j’éprouve une telle indifférence par rapport à ce cercueil et à ce qui reste dedans ! Je voudrais crier que ce n’est pas moi afin que chacun puisse m’entendre ! Oh, dites-moi, comment peut-on se tromper à ce point sur ce qu’est la vie ? Je suis là comme une spectatrice, tellement plus vivante que tous les vivants ! » (33)

Lorsque son corps fut déposé dans le véhicule, Elisabeth vit comme une masse grisâtre et poisseuse sortir de la gorge de Sonia (sa fille), qui ressemblait à une espèce de glue vivante, sans forme, et qui faisait presque mal à Elisabeth. Cette dernière comprit qu’il s’agissait du rayonnement de toute la peine que sa fille ne pouvait exprimer et que c’était un poison pour toutes les deux.

Dans l’allée centrale du cimetière apparut – ceci fut aperçu en décorporation – une sorte de brouillard opaque englobant les personnes présentes. De temps à autre, au-dessus de celles-ci, une volute de lumière brune s’éleva pour se dissoudre, alors que de petites masses bleutées tentaient ça et là de percer l’écran de grisaille. Ces dernières étaient produites par les prières ou pensées d’amour émises par quelques individus. Le cortège parti, Elisabeth et ses amis perçurent la présence de l’âme d’un vieil homme qui n’était pas parvenu à s’extraire du monde terrestre : « Vous aussi, vous êtes morts ? », leur demanda-t-il. Personne ne l’entend, dit-il, il ne peut plus aller chez lui car « il y a des gens »… Seul leur canari s’arrête de chanter – et donc perçoit sa présence – quand il entre dans la maison… Il n’avait pas voulu suivre un guide spirituel (qualifié de genre de « type tout blanc, tout transparent » !) venu à sa rencontre. Cette âme désorientée était en fait obsédée par la perte de sa maison vendue par un neveu après son départ…

Elisabeth quitta ensuite le monde terrestre pour fusionner avec la lumière et rejoindre sa demeure céleste, plus précisément un lieu faisant encore partie de l’âme de la Terre : « un grand jardin gorgé de fleurs, une maison de pierres sèches perdue dans la lavande, et une vieille barrière de bois », quelques montagnes bleutées dans le lointain. Il y a aussi « une pinède où chantent les cigales et, tout là-bas, près d’un figuier, Elisabeth dans les bras d’une femme portant un chapeau de paille ». Elle rejoignit ainsi les siens, parmi lesquels ses parents… La maison qui était maintenant celle d’Elisabeth correspondait à celle dont elle n’avait jamais cessé de rêver, celle qu’elle idéalisait avec son cœur d’enfant.

Quelques semaines après son départ, Elisabeth établit un dernier contact avec ses deux amis restés sur Terre, ceux qui l’avaient accompagnée lors de ses derniers moments sur Terre et dans la première étape de l’« après-vie ». Ce contact eut lieu lors d’une décorporation d’Anne Givaudan et de Daniel Meurois. Après avoir retrouvé toute sa famille, elle avait éprouvé le besoin de dormir dans la maison de son enfance, reconstituée par son souvenir, parce que, dit-elle, c’était le lieu le plus rassurant qu’elle pouvait imaginer. Elle vit « deux beaux êtres de lumière » qui venaient la chercher pour l’amener dans « un lieu tout blanc ».

Toute sa vie se mit à défiler devant elle, « avec une vitesse incroyable, mais encore avec une telle précision, une telle acuité dans le revécu ! ». Elle revit sa vie, comme elle l’avait vécue au plus profond d’elle-même, mais aussi comme elle l’avait fait vivre aux autres : depuis le berceau, en passant par les anniversaires, les Noël en famille, ses mensonges, son adolescence, ses études, son mariage, etc. Elle vit que c’était elle qui pesait sa conscience, donc qui se jugeait, et personne d’autre.

Elle retrouva son gros chat noir qui avait disparu un jour (sur Terre).

La maison n’était plus la même. Elle correspondait maintenant à celle qui avait été la sienne avant de quitter la Terre. C’est la pensée qui génère tout cela… Elle éprouva un besoin de solitude. Ultérieurement, elle vit Anita, son amie d’enfance qui avait conservé son apparence de petite fille. Celle-ci déclara à Elisabeth que tout ce qu’elle voyait autour d’elle était un décor issu de sa propre conscience, un peu comme un hologramme :

« Jusqu’à présent, comme la plupart de ceux qui viennent en ce monde, tu n’as pas pu faire autrement. Alors, ceux que tu aimes et qui t’aiment ont joué le jeu de ce décor. Ici, vois-tu, tu es encore presque semblable à un petit enfant qui commence seulement à apercevoir le monde au-delà de son berceau. »

Anita apparut alors sous la forme d’une belle jeune femme rousse.

Elisabeth rejoignit ensuite sa « vraie famille ». Les liens étroits, familiaux ou sociaux, dit-elle, « et toutes les conventions qui en dérivent dans la matière physique, se volatilisent ici les uns après les autres ». Son père, par exemple, « est déjà en train de devenir un frère, un ami, un confident » pour elle.

« Purgatoire », « enfer » et « paradis » sont des états d’être. Et là où elle se trouve, Elisabeth sait que la réincarnation est une loi naturelle. Elle a déjà vu autour d’elle des êtres, parfois ses amis, revenir sur Terre. (34)

A la fin de leur ouvrage, Anne Givaudan et Daniel Meurois donnent un certain nombre de conseils en ce qui concerne l’accompagnement des mourants. Vous pouvez consulter à ce sujet leur livre. Donnons seulement ici un élément d’information relatif à la période succédant à la mort. Un corps éthérique « met globalement une quarantaine de jours à se dissoudre dans l’univers qui est le sien après la mort de l’organisme physique ».

« Tant qu’il n’est pas intégralement dissout et que les particules qui le constituent n’ont pas rejoint les différents éléments de la nature, il existe encore un fil conducteur, parfois tenace, entre la conscience et le monde quotidien dans lequel elle évoluait.

La cérémonie religieuse traditionnellement célébrée quarante jours après un décès résulte de cette connaissance. Elle facilite, si cela n’est déjà fait, une libération définitive de la conscience de l’être par rapport à ses habitudes et à ses attaches matérielles.

Une pensée, une prière commune ou individuelle, peuvent donc constituer à ce moment-là une aide ultime à celui que l’on a accompagné. » (35)

Alain Moreau

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Références :

1. « Actualités des religions », n° 21, novembre 2000, p. 40-41.

2. « Le monde des religions », n° 9, janvier – février 2005.

3. Pascale Catala, « Apparitions et maisons hantées », Presses du Châtelet, 2004, p. 147.

4. Raymond Moody, « La vie après la vie », éditions Robert Laffont, 1977, p. 43-88.

5. Raymond Moody, « Lumières nouvelles sur la vie après la vie », éditions Robert Laffont, 1978, p. 45-59.

6. Karlis Osis et Erlendur Haraldsson, « Ce qu’ils ont vu… au seuil de la mort », éditions du Rocher, 1982, p. 39-41.

7. Ibid., p. 55-61, 73.

8. Ibid., p. 106-108, 110-111, 114-118, 130-131, 140-141, 145-150, 163-165, 169-170, 173, 188-190, 194, 205-206, 223-225, 243-268, 281-291.

9. Ernest Bozzano, « Phénomènes psychiques au moment de la mort » (1923), JMG éditions, 1998, p. 43-49.

10. Ibid., p. 60-72.

11. Ibid., p. 77-81.

12. Ibid., p. 90-92, 101-104.

13. Ibid., p. 208-231.

14. Kenneth Ring, « Sur la frontière de la vie », éditions Robert Laffont, 1982, p. 252-259.

15. Sylvan Muldoon et Hereward Carrington (1929), « La projection du corps astral », éditions du Rocher, 1980, p. 84-87.

16. Robert A. Monroe, « Le voyage hors du corps », éditions Garancière, 1986, p. 187-192.

17. Raymond Réant et Alain Sotto, « Pouvoirs étranges d’un clairvoyant », éditions Tchou, 1977, p. 128, 140.

18. William Buhlman, « Voyage au-delà du corps », éditions L’Art de S’Apprivoiser, 1998, p. 288-289, 43.

19. Anne et Daniel Meurois-Givaudan, « Les neuf marches », éditions Arista, 1991, p. 234-235.

20. Alexandra David-Neel, « Mystiques et magiciens du Tibet », éditions Plon, 1929, p. 39-40.

21. Ian Wilson, « Enquête aux frontières de la mort », éditions Exergue, 1998, p. 111-112.

22. Ibid., p. 304.

23. Pierre Riffard, « Dictionnaire de l’ésotérisme », éditions Payot, 1983, p. 88 (édition1993).

24. Wilfried Chettéoui, « La nouvelle parapsychologie », éditions Sorlot/Lanore, 1983, photos entre les pages 96 et 97.

25. Jérôme Bourgine, « Le voyage astral », éditions du Rocher, 1993, p. 130-131.

26. Anne et Daniel Meurois-Givaudan, « Chronique d’un départ », éditions Amrita, 1993, p. 37.

27. Ibid., p. 61-62.

28. Ibid., p. 66.

29. Ibid., p. 105-113.

30. Ibid., p. 128.

31. Ibid., p. 129, en note.

32. Ibid., p. 130-131.

33. Ibid., p. 147.

34. Ibid., p. 149, 153, 161-162, 170-171, 173-185.

35. Ibid., p. 204.

 

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