ACTU : Un immense océan découvert sous la surface de la Terre

immense-oceanDes chercheurs russes, français et allemands ont découvert un immense océan souterrain qui s’est formé il y a 2,7 milliards d’années.
Situé entre 410 et 660 kilomètres de profondeur, ce réservoir d’eau contient l’équivalent de trois fois le volume de tous les océans de la planète, rapporte une étude publiée par la revue Nature.
L’océan souterrain s’est formé sous l’effet de hautes pressions et de températures élevées (1530°C). Après avoir analysé des échantillons de lave pétrifiée, les chercheurs ont conclu qu’il s’agissait d’un réservoir ayant une structure cristalline minérale.
Découverts sur le territoire du Canada, les minéraux étudiés représentent des coulées de komatiite prisonnières de certaines roches rares, dont l’olivine. L’analyse des échantillons a permis d’évaluer les quantités d’eau se trouvant sous la surface de la Terre.
Les chercheurs soupçonnaient depuis longtemps l’existence d’un océan souterrain, mais ils en ignoraient la taille. Tout porte à croire que cet immense réservoir d’eau est apparu aux étapes initiales du développement de notre planète.

« Cela nous indique que s’il y a des ringwoodites humides similaires dans la zone de transition, nous nous attendons à ce qu’elles produisent un liquide. Et puisque les liquides transforment la façon dont les ondes sismiques se propagent, c’est une cible que je peux viser avec un sismographe« , explique à LiveScience Brandon Schmandt, sismologue à l’Université du Nouveau-Mexique et co-auteur.

Résultat, les scientifiques ont rapidement trouvé des signes de ringwoodites dans la zone de transition entre le manteau supérieur et le manteau inférieur. À cette profondeur, la pression et la température sont assez élevées pour extraire l’eau des roches. « C’est une couche de roche avec de l’eau le long des arêtes entre les grains, un peu comme si elles transpiraient », détaille le chercheur.

Un réservoir bénéfique

Ces découvertes des deux chercheurs viennent soutenir une étude récente menée par Graham Pearson, de l’Université d’Alberta. Le scientifique avait pu étudier un diamant provenant de la zone de transition et amené jusqu’à la surface grâce à un volcan. Il avait ainsi découvert qu’il contenait des ringwoodites porteuses d’eau. Ses résultats constituaient la première preuve réel qu’un large volume d’eau était dissimulé dans la zone de transition.

« Nous devrions nous réjouir de la présence de ce réservoir. S’il n’était pas là, il serait à la surface de la Terre et les sommets des montagnes constitueraient la seule terre visible », explique Steven Jacobsen. « 

La zone de transition peut contenir beaucoup d’eau, peut-être le même volume que l’ensemble des océans de la planète », affirme Brandon Schmandt.

« Cette étude apporte un soutien expérimental au rôle important que joue la zone de transition dans le contrôle du flux d’hydrogène sur Terre« , ajoute Graham Pearson.

L’équipe de chercheurs espère désormais pouvoir récolter d’autres données sismiques à travers le globe pour déterminer si la fonte du manteau est commune ou non. Les résultats devraient également aider les scientifiques à comprendre le cycle de l’eau sur Terre. « L’eau de la surface que nous possédons actuellement provient du dégazage de l’eau des roches fondues. Quel volume d’eau est toujours présent à l’intérieur de la Terre par rapport à la surface ? », s’interroge Brandon Schmandt.

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